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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Des parlementaires de différentes sensibilités, dont les députés de la majorité Matthieu Orphelin et Barbara Pompili estiment que « nous avons vingt ans de retard ».
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Plus de 200 parlementaires de différents bords politiques pour « un plan vélo ambitieux »

Des parlementaires de différentes sensibilités, dont les députés de la majorité Matthieu Orphelin et Barbara Pompili estiment que « nous avons vingt ans de retard ».



Le Monde
 |    22.04.2018 à 17h48
   





                        



   


Ils dénoncent « vingt ans de retard ». Plus de 200 parlementaires de différentes sensibilités politiques, dont les députés de la majorité Matthieu Orphelin et Barbara Pompili, signent dans Le Journal du dimanche une tribune appelant le gouvernement « à mener un grand plan vélo ».
« Nous avons vingt ans de retard par rapport à d’autres pays européens », déplorent les signataires qui appellent « le gouvernement à mener un grand plan vélo dans le cadre de la future loi d’orientation des mobilités ».
« Les collectivités locales prennent aujourd’hui une large part, mais ne peuvent pas porter à elles seules cet enjeu national », estiment-ils, soulignant qu’en France « plus des deux tiers des déplacements domicile-travail de moins de cinq kilomètres sont encore faits en voiture ».

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« Impasse » du tout-voiture
« Le tout-voiture est aujourd’hui dans une impasse », affirment-ils, jugeant qu’« une volonté des pouvoirs publics d’investir dans des infrastructures est essentielle afin de développer l’usage du vélo ». Les signataires réclament, en particulier, « le développement de liaisons dites “autoroutes vélo” entre différents pôles de vie sur un même territoire ».
Rappelant que le conseil d’orientation des infrastructures a préconisé la mise en place d’un plan vélo de 350 millions sur quatre ans, ils estiment que cette enveloppe financière serait « un engagement fort à retranscrire dans la future loi d’orientation des mobilités ».

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Les signataires plaident en faveur de l’encouragement du vélo à assistance électrique, ainsi que de la généralisation de l’indemnité kilométrique vélo « pour tous les employeurs privés et publics ».
« Ce plan vélo doit être complet et s’accompagner de mesures de sécurité routière », soulignent-ils encore, rappelant que l’Assemblée nationale vient d’être endeuillée par l’accident mortel d’une collaboratrice, renversée à vélo.
Les députés constituent le gros du bataillon des signataires, parmi lesquels Amélie de Montchalin (LREM), Gilles Le Gendre (LREM) Sébastien Leclerc (LR), Marc Fesneau (MoDem), Delphine Batho (PS), Jean-Christophe Lagarde (UDI), Adrien Quattenens (LFI). On compte aussi quelques sénateurs, dont Françoise Cartron (PS) et Ronan Dantec (RDSE).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Si, pour la plupart des tâches routinières, la machine est en passe de l’emporter, l’homme devrait continuer à remplir certaines activités que même l’intelligence artificielle ne pourra satisfaire. Dans ce nouveau monde du travail, le savoir-être et la créativité seront déterminants.
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Intelligence artificielle : ces emplois qui résistent à la machine

Si, pour la plupart des tâches routinières, la machine est en passe de l’emporter, l’homme devrait continuer à remplir certaines activités que même l’intelligence artificielle ne pourra satisfaire. Dans ce nouveau monde du travail, le savoir-être et la créativité seront déterminants.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 17h00
    |

                            Nadine Bayle








                        



                                


                            

L’intelligence artificielle est sur toutes les lèvres. Inutile, pourtant, de chercher le moindre robot dans la maroquinerie dernier cri inaugurée le 6 avril par Hermès à Allenjoie (Doubs) : façonner des sacs Kelly reste affaire de tours de main. Des gestes aussi difficiles à décrire qu’à décomposer, témoigne Adeline Vassal, une artisane penchée sur la plaque d’un fermoir de sac. C’est « à l’oreille » qu’elle guide son marteau pour donner la rondeur et la douceur d’une perle à des têtes-de-clou. Le résultat se jugera « du bout du doigt ».
Son collègue coupeur montre, de son côté, comment interpréter le grain d’une peau qui fournira les cinquante-deux pièces du Kelly : « du plat de la main ». « Ce que font les artisans est hors de portée des machines pour cinquante ans au moins, estime Emmanuel Pommier, le directeur général du pôle maroquinerie-sellerie du groupe de luxe. Ils doivent s’adapter en permanence et prendre des décisions qui les engagent. »

Nombre de ces savoirs que l’on trouve chez l’artisan sont de plus en plus prisés par le marché du travail. Ils illustrent la façon dont l’homme pourrait continuer à remplir, dans les décennies à venir, certains besoins que les technologies ne satisfont pas, ou alors très imparfaitement. Une multitude de travaux récents appuient cette recherche, alors que la course contre la machine est déjà perdue dans la plupart des tâches routinières.

Ce sont ceux, par exemple, du cabinet de conseil McKinsey, qui juge peu automatisable les professions de jardinier, plombier, garde d’enfants et, plus généralement, toutes les activités impliquant de l’interaction entre les individus, de l’encadrement ou de la prise de décision. Ou encore ceux d’Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee, chercheurs au Massachusetts Institute of Technology (MIT), qui reconnaissent dans Des machines, des plateformes et des foules (Odile Jacob, 384 pages, 27,90 euros)...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Le neurobiologiste Pierre-Marie LLedo explique que le changement est une véritable fontaine de jouvence et la production de neurones cesse seulement lorsque l’on arrête d’apprendre.
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« Le cerveau se nourrit du changement »

Le neurobiologiste Pierre-Marie LLedo explique que le changement est une véritable fontaine de jouvence et la production de neurones cesse seulement lorsque l’on arrête d’apprendre.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 17h00
    |

                            Nadine Bayle








                        



                                


                            

Pierre-Marie Lledo est neurobiologiste et dirige le département neurosciences de l’Institut Pasteur. Le monde du travail s’intéresse à ses travaux sur l’épanouissement du cerveau, repris dans Le Cerveau, la machine et l’humain (Odile Jacob, 2017).
Vous restez optimiste pour l’homme, malgré les menaces que font peser les technologies numériques sur son travail. Pourquoi ?
L’homme, on le sait, a commencé à s’épanouir lorsqu’il a été confronté à l’inconnu, à de nouveaux obstacles. Le cerveau se nourrit du changement, c’est une véritable fontaine de jouvence et la production de neurones cesse seulement lorsque l’on arrête d’apprendre ; ce n’est une question ni d’âge, ni de métier, ni de milieu social. Nous permettre de nous adapter à des ruptures est tout simplement sa raison d’être. C’est le cas avec les technologies numériques, comme à l’apparition de tout nouvel outil.
Nos capacités en seront-elles transformées ?
On le voit à travers l’évolution des processus de mémorisation. En évoquant l’invention de l’écriture par les Egyptiens, Socrate mettait en garde ses contemporains contre cette mémoire artificielle qui allait leur faire perdre la mémoire véritable. C’est vrai que cette capacité est devenue moins nécessaire à l’homme.
D’ici dix ans, je pense que la communication passera essentiellement par la voix, pour nous libérer du goulot d’étranglement dans la transmission de nos idées qu’est l’écriture
Les stratégies sont à nouveau en train de changer : si vous demandez à un millenial ce que lui inspire la date 1515, il va tout de suite faire appel à son smartphone et trouver en cinq minutes François 1er et la bataille de Marignan. Si vous lui reposez la question un mois plus tard, il aura oublié les réponses. En revanche, il saura retrouver le cheminement pour parvenir à ces informations. Il aura donc développé une mémoire du « process » plutôt qu’une mémoire sémantique.





                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Davantage que le test, pour nombre de recruteurs, c’est l’échange qui le suit qui permettra surtout d’évaluer les compétences comportementales d’un futur collaborateur.
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La grande vogue des tests de personnalité

Davantage que le test, pour nombre de recruteurs, c’est l’échange qui le suit qui permettra surtout d’évaluer les compétences comportementales d’un futur collaborateur.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 17h00
    |

                            Nadine Bayle








                        



                                


                            

Carl Gustav Jung (1875 - 1961) est à la mode auprès des recruteurs. Près de cent ans après la publication de la théorie du psychiatre suisse sur l’existence des « types psychologiques » (en 1921), on ne peut que constater la vogue des tests de personnalité et de comportement inspirés par ses travaux. Leur but ? Se faire une idée des réactions d’un individu confronté à certaines situations, notamment de stress.
Surfant sur la vague du développement personnel et des « soft skills » (compétences comportementales), de nombreuses propositions pour s’autoévaluer pullulent sur Internet. Elles sont toutefois jugées peu sérieuses par les entreprises, chasseurs de têtes et coachs, qui leur préfèrent des outils élaborés par des psychologues et des chercheurs. Le plus utilisé au monde : le Myers Briggs Type Indicator (MBTI) fait l’objet de 20 000 tests par jour, peut-on lire sur le site de Pôle emploi.
Chez les cadres, 23 % des candidats reçus en entretien en 2016 avaient ainsi passé des tests de personnalité, montre l’enquête « sourcing cadres » de l’APEC. Et la demande des entreprises se renforce, de l’avis de divers chasseurs de têtes.
Ni bons ni mauvais profils
Les récentes découvertes des neurosciences ouvrent à présent de nouvelles perspectives à ce type d’évaluations. « Alors que l’on a longtemps cru que nos réactions ne pouvaient pas évoluer, on sait à présent que, une fois que l’on a pris conscience de nos zones de confort et d’inconfort, notre cerveau adaptatif et notre agilité peuvent se travailler », explique Michel Zylbermann, directeur général du groupe Erudia, qui distribue la marque Assessments 24x7 dans les pays européens et francophones.
Tous ces questionnaires, qui prennent quinze à trente minutes en moyenne, déroulent des questions du type « Choisissez le mot qui vous décrit le mieux : fabriquer ou créer », ou encore « Classez par ordre de préférence, parmi sept propositions de sujets, l’article que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ La semaine va débuter par deux journées de grève chez Air France et à la SNCF, lundi et mardi.
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Grèves dans les transports : Air France prévoit d’assurer 75 % de vols lundi, la SNCF 35 % des TGV

La semaine va débuter par deux journées de grève chez Air France et à la SNCF, lundi et mardi.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 12h26
 • Mis à jour le
22.04.2018 à 17h04
   





                        


La semaine va débuter par deux journées de grève chez Air France et à la SNCF, lundi 23 et mardi 24 avril. Côté aérien, la direction d’Air France prévoit le maintien de 75 % des vols lundi, et côté rail, selon le PDG de la SNCF, Guillaume Pepy, 35 % des TGV en circulation, 30 % des Intercités, 40 % des TER, RER et Transiliens.
Air France
La compagnie aérienne, dont les salariés sont appelés à une dixième journée de grève en deux mois pour les salaires, prévoit d’assurer 75 % de ses vols, lundi. La proportion de vols maintenus sera de 65 % pour les long et moyen-courriers à l’aéroport Paris - Charles-de-Gaulle et de 85 % pour les court-courriers à Paris-Orly et en province, précise Air France dans un communiqué.
Depuis sept semaines, l’intersyndicale réclame toujours un « rattrapage » de 6 % sur les salaires, une demande revue à la baisse à 5,1 % la semaine dernière, tous métiers confondus (pilotes, hôtesses, stewards, agents au sol), afin de couvrir le gel de la grille salariale, et donc l’inflation, depuis 2011. Un projet d’accord de la direction qui prévoyait une augmentation immédiate de 2 % et une hausse de 5 % sur la période 2019-2021 a été refusé, jeudi, par les syndicats.
Le PDG d’Air France, Jean-Marc Janaillac, a lancé une consultation auprès des salariés, alors que l’intersyndicale doit se réunir, jeudi 26 avril, pour planifier de nouvelles dates de grève au mois de mai. Du 26 avril à début mai, les salariés devront ainsi donner leur avis sur la proposition salariale de la direction. En cas de refus, le président a annoncé qu’il quitterait ses fonctions.

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SNCF
Le trafic des trains sera de nouveau très perturbé, lundi, avec 35 % des TGV en circulation, 30 % des Intercités, 40 % des TER, RER et Transiliens, a déclaré, dimanche, le patron de la SNCF, Guillaume Pepy.
Ces chiffres sont proches de ceux de la précédente journée de grève mercredi, mais M. Pepy a assuré au « Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro » que « le trafic sera en amélioration » et que « la grève s’érode lentement », évoquant un taux de grévistes de 60 % parmi les conducteurs.
Le dirigeant de la SNCF a déclaré que sa « porte est toujours ouverte, les ponts ne sont pas rompus, on est au contact avec les organisations syndicales tous les jours ». Depuis début avril, les syndicats de cheminots CGT, UNSA, SUD-Rail et CFDT sont en grève à intervalles réguliers pour protester contre la réforme de la SNCF, entraînant de fortes perturbations du trafic.
La menace de la CGT de prolonger la grève pourrait devenir réalité, selon Le Parisien. « On étudie un calendrier, indique une source syndicale. On souhaite prévenir les Français le plus tôt possible pour qu’ils puissent organiser leurs vacances. » Pour rappel, l’intersyndicale doit se réunir au cours de la semaine. Cette décision intervient alors que les discussions ont été arrêtées entre l’exécutif et les partenaires sociaux, la semaine dernière.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Près de 15 % des étudiants inscrits à l’université en formation continue sont des retraités. Cette population cherche à se former pour rester en forme, se socialiser, mais aussi pour pouvoir cumuler emploi et retraite. Le phénomène débute et devrait s’accroître.
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Les retraités plébiscitent la formation continue

Près de 15 % des étudiants inscrits à l’université en formation continue sont des retraités. Cette population cherche à se former pour rester en forme, se socialiser, mais aussi pour pouvoir cumuler emploi et retraite. Le phénomène débute et devrait s’accroître.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 09h00
    |

                            Gwenole Guiomard








                        



   


La formation pour les retraités ? « La demande est forte. L’ensemble de nos clubs ­dispensent déjà des cursus d’informatique ou de langues. » Pierre Erbs, président de la Confédération française des retraités, est un homme heureux. A la tête d’une structure regroupant 1,5 million de membres sur les 17 millions de retraités français, il représente une ­population en fort développement.
Selon la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statis­tiques (Drees) du ministère des solidarités et de la santé, les retraités français étaient 12 millions en 2000 et atteindront les 19 millions à l’horizon 2030, selon le Conseil d’orientation des retraites. Une population jeune – ceux qui arrivent à la retraite sont nés en 1955 – et en pleine forme. Et qui entend le rester. La formation fait partie de ce bain de jouvence. Tant et si bien que ces anciens constituent de « 13 % à 14 % des ­effectifs de la formation continue universitaire », précise la Conférence des ­directeurs des services universitaires de formation continue. Soit quelque 60 000 stagiaires chaque année.
Dénommés « public inter-âge » par l’administration, ces plus de 60 ans ­intègrent l’enseignement supérieur dans des filières en général non sélectives constituées de cours magistraux. Leur coût tourne autour de 300 euros pour un cursus qualifiant de trente heures. Ce peut être des for­mations « universitaires » de type histoire, philosophie, langues étrangères mais aussi des cours liés au bénévolat.
Nouveau projet de vie
« Beaucoup de nos membres se forment pour représenter les personnes âgées par exemple au conseil départemental de la citoyenneté et de l’autonomie, ou en tant que RU ­[représentant d’usagers] des cliniques et des ­hôpitaux », explique Philippe Serre, ­président de la Fédération nationale des ­associations de retraités, qui comptent 100 500 adhérents.
Le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), l’un des leadeurs de la formation continue en France, par­ticipe aussi à ce développement. Les retraités et préretraités de plus de 60 ans représentent ainsi de 15 % à 20 % des inscrits aux différents MOOC de l’école. Ces anciens « suivent des cours de mathéma­tiques, d’informatique – avec notre MOOC “écrivez votre premier program­me avec Java”. Nous avons autant de retraités ­inscrits que de jeunes de moins de 20 ans », commente Isabelle Gonon, la respon­sable des MOOC du CNAM.
Les motivations de ce public « inter-âge » sont en lien avec ce que Dominique Thierry, auteur de Soyez un retraité heureux (ESF Editeur, 2014), considère être les quatre piliers d’une retraite ­réussie. « Pour les 60 ans et plus, il est essentiel de structurer un nouveau projet de vie autour de l’entretien de son ca­pital santé, de ses ressources intellectuelles, ­affectives et des liens sociaux », précise ce coach certifié en transition professionnelle, qui réalise des formations ­financées par les employeurs (1 300 euros la journée) sur la préparation à la retraite.
« Comme vous pouvez le remarquer, les trois derniers piliers sont directement en lien avec l’inscription en université », souligne cet ancien DRH qui fut dirigeant d’un organisme de formation. La formation est alors vécue comme un moyen de se faire plaisir pour des salariés n’ayant pas exercé un métier qui leur plaisait. La motivation est aussi portée par la volonté de ­s’investir dans le monde associatif en professionnalisant sa démarche.
De faibles pensions, qui favorisent le cumul emploi-retraite
« Enfin, ces retraités décrochent des ­formations diplômantes dans le cadre du cumul emploi-retraite », poursuit Anna Dubreuil, coauteure de Préparer et bien vivre sa retraite (Prat Edition, 2017). L’idée est « qu’ils puissent refaire un petit bout de chemin professionnel en se formant. Tout cela est lié à la baisse de revenu occasionnée par l’entrée en ­retraite. Il faut alors travailler pour maintenir son niveau de vie ou réaliser de nouveaux projets ».
Car la pension moyenne du retraité est peu élevée. ­Selon la Drees, en 2015, elle s’élevait à 1 728 euros par mois pour les hommes et à 1 050 euros pour les femmes (1 283 euros net en moyenne).
Le nombre de retraités du régime général qui travaillent a augmenté de 50% entre 2009 et 2016.
La formation est donc soutenue par un fort développement du cumul ­emploi-retraite. Le nombre de retraités du régime général qui travaillent (cette caisse représentant 68 % des actifs) est, aujourd’hui, estimé à 368 504 (chiffre 2016). « Soit une augmentation de près de 50 % entre 2009 et 2016 », précise la branche statistiques, recherches et prospective de la Caisse nationale d’assurance vieillesse. D’autres chiffres englobant les autres régimes annoncent même 700 000 retraités ­cumulant ­emploi et retraite en 2017.
Se financer, comment et combien ?
Cette hausse s’explique avant tout par un changement de politique. « Nous étions dans une logique d’exclusion des seniors du marché du travail. C’est fini. On bascule vers une logique d’inclusion », explique Arnaud Chéron, directeur du pôle de recherche en économie de l’Edhec et l’un des auteurs de l’étude « Maintenir la formation continue pour les seniors : pourquoi, comment, combien ? », réalisée au sein de l’école de commerce, sur les dispositifs de soutien à la formation continue en faveur des salariés de plus de 50 ans.
Pour assurer ce financement de leur formation, les retraités peuvent utiliser leur compte personnel de formation (CPF) et le congé individuel de formation (CIF). Mais il faut le faire avant de partir à la retraite.
Cela a été la stratégie de Laurence Zanna, 58 ans, en retraite depuis deux ans. Cadre à la SNCF, cette spécialiste des ressources humaines a, en 2015, postulé auprès de l’Unagecif (l’organisme paritaire collecteur agréé pour les industries électriques et gazières, de transports et de services) pour ­financer un cursus de 1 080 heures (16 000 euros) de formatrice en arts plastiques de niveau bac + 2.
« J’ai déposé mon dossier en 2015 sans vraiment y croire. Je voulais éviter une mise à l’écart liée à des réorganisations, raconte-t-elle. Je savais que je pouvais me faire financer ce cursus, non pas pour une question de fin de carrière mais du fait de mon engagement associatif. Mon employeur a joué le jeu. » Son ­dossier a été accepté, moyennant 2 000 euros « payés de ma poche », précise-t-elle : « J’ai fini mon parcours à la SNCF par ce cursus. Cela a ­arrangé tout le monde. J’ai formé mon remplaçant. J’assure aujourd’hui des cours à raison d’un jour par semaine de façon ­bénévole dans une association liée à la SNCF. »
Reste que les employeurs demeurent, en général, réticents à financer des cursus diplômants pour leurs salariés les plus anciens. Même si les choses évoluent. De nombreuses manifestations se développent un peu partout en France. A chaque fois, le thème est le même : gérer la rupture créée par le passage d’une vie professionnelle accaparante à une retraite moins stressante. Avec comme conseil de se former pour développer son réseau, se maintenir en forme intellectuelle, voire trouver une nouvelle âme sœur.

Découvrez notre dossier spécial formation continue diplômante
Le Monde publie, dans son édition datée du jeudi 12 avril, un supplément dédié à la formation continue dipômante. Car le projet de loi « avenir professionnel », qui sera présenté le 27 avril en conseil des ministres, impose une nouvelle philosophie, celle de salariés en mouvement « tout au long de leur vie », pour qui les diplômes et certifications seront une garantie d’emploi.
Les différents articles du supplément sont progressivement mis en ligne sur Le Monde.fr Campus, rubrique Formation des cadres et Le Monde.fr Economie, rubrique Emploi/Formation.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Jusque-là opposé à toute augmentation, Washington a finalement changé de position et a obtenu des concessions, dont un meilleur contrôle des dépenses de la Banque mondiale.
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La Banque mondiale augmente son capital de 10,5 milliards d’euros

Jusque-là opposé à toute augmentation, Washington a finalement changé de position et a obtenu des concessions, dont un meilleur contrôle des dépenses de la Banque mondiale.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 01h14
 • Mis à jour le
22.04.2018 à 12h53
   





                        



   


Un revirement des Etats-Unis, qui étaient jusqu’à présent opposés à une augmentation du financement des pays les plus pauvres, a changé la donne. Les pays membres de la Banque mondiale ont ainsi approuvé, samedi 21 avril, un accroissement de capital de 13 milliards de dollars (10, 5 milliards d’euros). Au terme des réunions de printemps avec le Fonds monétaire international (FMI) à Washington, le Comité de développement, qui regroupe les membres de l’institution, s’est « félicité » de l’approbation de cette mesure défendue depuis plus d’une année par le président Jim Yong-kim, pour faire face à la concurrence de nouveaux acteurs du développement.
Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, dont le pays est le principal actionnaire de la Banque mondiale et dont le feu vert est nécessaire pour toute décision, a apporté le soutien de son pays à l’augmentation de capital, saluant une mesure qui « permettra d’orienter les prêts vers les clients les plus pauvres ». En octobre, lors de la réunion annuelle de l’institution à Washington, le ministre des finances américain avait pourtant écarté fermement cette augmentation, exigeant « un changement important dans l’attribution des financements afin de soutenir des pays qui ont le plus besoin de financer leur développement ».

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Steven Mnuchin s’était alors plaint que la banque ait encore des programmes avec la Chine, la deuxième économie mondiale, estimant qu’elle ne devait plus bénéficier du soutien financier de la Banque mondiale.
Des concessions faites pour les Etats-Unis
L’administration Trump a manifestement obtenu des concessions. Dans son communiqué, le comité de développement s’est engagé à ce que « les ressources de la Banque mondiale soient orientées vers les régions qui ont le plus besoin de financements », comme l’exigeait Washington. En outre, il a aussi accepté que les budgets et les salaires de la direction de l’institution soient « examinés par les organes compétents afin de définir éventuellement des mesures additionnelles de réduction des coûts », une décision qui devrait ravir M. Mnuchin qui avait déjà souhaité à l’automne un meilleur contrôle des dépenses.

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Le vice-ministre des finances chinois Guangyao Zhu s’est également félicité de cette augmentation. « Des fondements solides sont une garantie importante pour que la Banque mondiale (…) atteigne ses propres objectifs de développement », a-t-il expliqué devant le comité de développement. « Cette augmentation de capital est une mesure fondamentale pour que la Banque mondiale devienne plus grande, mais aussi une décision concrète de soutien au multilatéralisme », a-t-il réagi, dans une allusion à peine voilée aux tensions commerciales actuelles entre Washington et Pékin.

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Le ministre français des finances, Bruno Le Maire, a également salué cette décision : « Cela prouve que, au moins sur certains aspects, l’approche multilatérale fonctionne », a-t-il affirmé, en référence à l’unilatéralisme américain sur les sujets commerciaux. Avec cette augmentation de capital, la France demande à la Banque mondiale « une plus grande implication dans les projets de lutte contre les changements climatiques » et un soutien aux pays les plus pauvres, notamment dans la région du Sahel.
Pendant l’année fiscale 2016-2017, qui s’est terminée en juin, les prêts de la Banque mondiale ont atteint 58,8 milliards de dollars. L’année précédente, ils s’étaient élevés à 61,3 milliards.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Toys’ R’ Us avait annoncé en mars sa faillite, qui va se solder par la fermeture de ses 735 magasins restants aux Etats-Unis, avec la suppression de 33 000 emplois à la clé.
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L’irlandais Smyths Toys reprend les magasins Toys’ R’ Us en Allemagne, Autriche et Suisse

Toys’ R’ Us avait annoncé en mars sa faillite, qui va se solder par la fermeture de ses 735 magasins restants aux Etats-Unis, avec la suppression de 33 000 emplois à la clé.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 18h15
 • Mis à jour le
22.04.2018 à 13h12
   





                        



   


La chaîne de magasins de jouets irlandais Smyths Toys a fait savoir, samedi 21 avril, qu’elle allait acquérir les 93 magasins de son concurrent américain en faillite Toys’ R’ Us, situés en Allemagne, Autriche et Suisse, pour un montant non dévoilé.
« Toys’ R’ Us dans la région est bénéficiaire, a une équipe de direction compétente et de nombreux clients fidèles », a estimé Tony Smyth, l’un des dirigeants de l’entreprise familiale irlandaise. « C’est une bonne base pour notre expansion », a-t-il estimé. Smyths Toys dispose déjà de 110 magasins en Irlande et en Grande-Bretagne.
Sous réserve de l’approbation des autorités et tribunaux compétents, le groupe irlandais deviendrait ainsi le « premier distributeur européen de jouets et articles pour bébés en Europe », souligne la filiale de Toys’ R’ Us en Allemagne dans le communiqué, samedi 21 avril. L’ensemble des employés du réseau dans les trois pays, ainsi que le siège de Cologne, seront conservés, ajoute la filiale.
L’américain Toys’ R’ Us avait annoncé en mars sa faillite, qui va se solder par la fermeture de ses 735 magasins restants aux Etats-Unis, avec la suppression de 33 000 emplois à la clé.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Les autorités veulent commencer par interdire les pailles et les Coton-Tige faits avec cette matière dérivée du pétrole.
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Le gouvernement britannique déclare la guerre au plastique

Les autorités veulent commencer par interdire les pailles et les Coton-Tige faits avec cette matière dérivée du pétrole.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 15h00
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Dans l’océan de plastique utilisé chaque année, cela ne représente qu’une goutte d’eau. Mais en annonçant, jeudi 19 avril, sa volonté d’interdire les pailles, les Cotons-Tiges et les touillettes en plastique, le ­gouvernement britannique a su attirer l’attention avec une mesure symbolique. « Les plastiques à usage unique sont un fléau pour nos océans et sont mortels pour notre environnement et sa faune. Il est donc vital d’agir ­maintenant », explique Michael Gove, le ministre britannique de l’environnement.
Cette mesure fait partie d’un plan plus large de lutte contre le plastique annoncé en janvier. L’objectif est de supprimer tous les « plastiques évitables » d’ici vingt-cinq ans. Depuis janvier, la fabrication de produits contenant des microbilles de plastique, comme des crèmes de beauté ou des dentifrices, est interdite. Une taxe de 5 pence (6 centimes) sur les sacs en plastique, qui était déjà en vigueur dans les grands magasins, a été étendue à tous les commerces. Un programme de consignes de bouteille est à l’étude et devrait être lancé avant la fin de l’année. Il fonctionnerait comme dans les pays scandinaves ou en Allemagne, où des distributeurs de boisson sont aussi utilisés comme réceptacles pour les bouteilles usagées.
Enfin, jeudi, à l’occasion du sommet du Commonwealth – qui comprend de nombreuses petites îles directement concernées par la pollution des océans –, les autorités du Royaume-Uni ont fait part de leur intention d’interdire les pailles. Cette mesure ne devrait entrer en vigueur qu’en 2020. Ses modalités seront précisées dans le courant de l’année. Des exceptions pourraient être autorisées, notamment pour les usages médicaux.

Personne ne semble savoir combien de pailles sont utilisées au Royaume-Uni chaque année : 8,5 milliards, selon le gouvernement ; 42 milliards, d’après une étude menée pour l’association WWF. Mais cela fait beaucoup de plastique et l’annonce a été saluée par la plupart...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ En cent cinquante ans, la France a construit l’un des systèmes ferroviaires les plus denses et les plus performants au monde.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales explique que la trajectoire chinoise peut aboutir à un mode de croissance apte à proposer un ordre mondial alternatif au capitalisme financier.
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Michel Aglietta : « La Chine développe un capitalisme qui ouvre une voie originale vers le XXIe siècle »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales explique que la trajectoire chinoise peut aboutir à un mode de croissance apte à proposer un ordre mondial alternatif au capitalisme financier.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 12h00
    |

                            Michel Aglietta (Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii), université de Paris-Nanterr)








                        



                                


                            

[Quatre économistes s’interrogent sur les raisons du succès de la politique du président Xi Jinping, dont le pouvoir n’a jamais été aussi grand]
Tribune. En 1950, après un siècle de pillages par les Occidentaux, puis le Japon, la Chine était, de très loin, le pays le plus pauvre du monde. Selon les données historiques d’Angus Maddison (publiées par l’Organisation de coopération et de développement économiques), le produit intérieur brut par habitant y était deux fois plus faible que celui de l’Afrique, vingt fois plus faible que celui des Etats-Unis. En 2010, il était environ quatre fois et demie plus faible que celui des Etats-Unis.
Au fil de la trajectoire historique de 1950 à 2050, dont les deux tiers sont réalisés et un tiers en devenir, Mao a rétabli l’unité et l’indépendance d’un pays très pauvre, dont la population était à 95 % rurale, et Deng a trouvé la voie vers la prospérité en éveillant les intérêts privés, en établissant la responsabilité des échanges, en reconnaissant les droits de propriété et en ouvrant l’économie au monde. Le succès se mesure à la performance réalisée : 50 millions de personnes ont été arrachées à la pauvreté absolue en vingt ans.
Enfin, Xi ouvre une « nouvelle ère » qui a une double dimension : le passage de la croissance quantitative à la croissance qualitative pour corriger les déséquilibres accumulés par l’industrialisation, d’une part ; la transformation de la globalisation vers un nouvel ordre mondial à travers le projet « One Belt, one Road » (OBOR, « une ceinture, une route »), d’autre part. L’objectif est de rétablir l’autorité de l’empire du Milieu dans la communauté mondiale. La nouvelle ère est divisée en deux périodes : 2020-2035 pour achever la « modernisation socialiste », 2035-2050 pour « harmoniser le bien-être social et la civilisation écologique ».
Les Occidentaux rencontrent une difficulté majeure à comprendre les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ L’interdépendance sociale entre entrepreneurs et personnel politique est le moteur, et non le handicap, du système chinois, explique l’économiste à l’Institut des Amériques, dans une tribune au « Monde ».
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Robert Boyer : « Comprendre l’évolution de la Chine est un un défi adressé aux théories économiques »

L’interdépendance sociale entre entrepreneurs et personnel politique est le moteur, et non le handicap, du système chinois, explique l’économiste à l’Institut des Amériques, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    21.04.2018 à 12h00
    |

                            Robert Boyer (Economiste, ancien directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) et Directeur de recherche au CNRS, auteur de La Théorie de la Régulation. Les Fondamentaux, La Découverte, 2004)








                        



                                


                            

[Quatre économistes s’interrogent sur les raisons du succès de la politique du président Xi Jinping, dont le pouvoir n’a jamais été aussi grand]
Tribune. Avec l’effondrement de l’Union soviétique, nombre d’intellectuels avaient anticipé la « fin de l’histoire » : marché et démocratie allaient remplacer le Gosplan et la domination du Parti communiste. Or la trajectoire chinoise invalide le pronostic qui ferait de la démocratie le régime politique nécessaire à la modernité et à la performance économique.
Depuis deux décennies, comprendre la surprenante évolution de la Chine est un défi adressé à la plupart des théories économiques. Toutes s’y sont essayées, sans jusqu’à présent faire consensus. Pour les tenants de la concurrence, la libération des forces du marché a permis la réduction de la pauvreté. Pour ceux qui insistent sur le rôle de l’Etat, l’équivalent d’une planification originale explique ces succès. Les théories de la croissance pointent le rôle du rattrapage technologique comme facteur explicatif majeur. Pour les chercheurs en socio-économie, ce sont la variété et la puissance des réseaux liant l’économique et le politique qui distinguent la Chine.
La Chine a en effet inventé un moyen d’aligner, au moins partiellement, les intérêts de la classe politique avec ceux des entrepreneurs au niveau local, puis national. Les autorités locales sont fortement encouragées à faciliter l’émergence des entrepreneurs, source de création de richesse et, par conséquent, d’une base d’imposition plus importante. L’existence d’une série de « corporatismes locaux » organise ainsi la coopération entre la classe politique et les entrepreneurs. C’est le résultat logique de la complémentarité de leurs objectifs respectifs : d’un côté récolter le maximum d’impôts, de l’autre améliorer l’avantage concurrentiel de chaque localité par le biais du dynamisme économique.
La concurrence entre toutes les localités ne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune, l’économiste indien réfute l’idée que le modèle chinois soit efficace et transposable à d’autres pays.
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Pranab Bardhan : « Le modèle chinois est fondamentalement défaillant et difficilement applicable aillleurs »

Dans une tribune, l’économiste indien réfute l’idée que le modèle chinois soit efficace et transposable à d’autres pays.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 12h00
   





                        



                                


                            

[Quatre économistes s’interrogent sur les raisons du succès de la politique du président Xi Jinping, dont le pouvoir n’a jamais été aussi grand]
Tribune. Il semble que les dirigeants chinois aient oublié l’un des conseils de Deng Xiaoping : « tao guang yang hui » (« maintenez un profil bas »). En proclamant une « nouvelle ère », le président Xi Jinping a présenté le système de gouvernance de la Chine comme un modèle dont les autres pays devraient s’inspirer. Les chefs d’Etat « désireux d’accélérer le développement de leur pays, tout en préservant l’indépendance », doivent considérer la Chine comme « une nouvelle option », a déclaré M. Xi. L’agence de presse officielle Xinhua a même suggéré qu’à mesure du déclin des démocraties occidentales, la « démocratie chinoise éclairée » pouvait constituer une nouvelle voie d’avenir.
Le modèle de développement économique et politique de la Chine présente différentes caractéristiques parmi lesquelles une gouvernance autoritaire ancrée sur la recherche de la stabilité, une politique industrielle et une finance conduites par l’Etat, des investissements massifs dans les infrastructures, une industrialisation rurale fondée sur une agriculture à petite échelle, ainsi qu’une ouverture au commerce étranger et aux technologies. Ce modèle a incontestablement produit une croissance économique rapide ces trente dernières années.
Mais l’idée selon laquelle le premier de ces éléments – l’autoritarisme – serait nécessaire à un développement rapide est une erreur.
La démocratie permet d’apaiser les conflits
Les voisins de la Chine – Japon, Corée du Sud, Taïwan – ont atteint une forte croissance par le biais d’une politique industrielle étatique, de l’industrialisation du monde rural et de l’ouverture au commerce. Mais le Japon a atteint ces objectifs dans un cadre démocratique d’après-guerre, et la Corée du Sud et Taïwan connaissent la démocratie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine rejette l’idée d’un conflit entre modèles chinois et américain, pour décrire plutôt leur convergence pour contrôler la finance internationale.
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Alain Cotta : « En Chine, le capitalisme d’Etat s’est dressé en rival du capitalisme d’entreprise »

Dans une tribune au « Monde », le professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine rejette l’idée d’un conflit entre modèles chinois et américain, pour décrire plutôt leur convergence pour contrôler la finance internationale.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 12h00
   





                        



                                


                            

[Quatre économistes s’interrogent sur les raisons du succès de la politique du président Xi Jinping, dont le pouvoir n’a jamais été aussi grand]
Tribune. Dans l’esprit de l’oligarchie américaine qui initia la mondialisation économique, la Chine devait être un marché multipliant à l’envi la masse des consommateurs avides de produits occidentaux et fournir une main-d’œuvre à bas coût à qui voudrait l’utiliser.
Il a fallu un peu plus d’une génération pour que cette anticipation soit démentie par la réalité. La Chine a relevé le défi de l’Occident jusqu’à l’affronter sur son propre terrain, en utilisant ses armes, non sans réserver à ses dirigeants politiques un rôle beaucoup plus actif que dans les nations occidentales. Le capitalisme d’Etat s’est dressé en rival du capitalisme d’entreprise. La Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale, elle sera bientôt la première.
La volonté chinoise de développer au plus vite les industries les plus rayonnantes des nations occidentales – robotique, automobile, aviation, défense – en subventionnant massivement leur développement et en leur ouvrant, par les « nouvelles routes de la soie », un accès africain et européen, inquiète. D’autant plus que Pékin manifeste son intention de développer les innovations de l’intelligence artificielle grâce à l’accumulation de moyens publics. La Chine pourrait devenir la nation la plus puissante dans ce domaine, profitant des hésitations américaines et du retard européen dans la révolution numérique.
Dans le domaine social, la critique occidentale essentielle concerne les inégalités. En moins d’une génération, le nombre des « super riches » chinois s’est élevé, pour atteindre aujourd’hui plus du tiers (180 environ) de leur effectif mondial (500). Les inégalités qui fracturent la société chinoise sont les plus grandes de l’histoire de l’économie monétaire, sans commune mesure avec celles de la société américaine au XIXe siècle.
Pourtant,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ A New York, les spéculateurs ont fait perdre près de 20 % de sa valeur à la poudre blanche depuis janvier. Une véritable déconfiture liée à l’obésité des stocks, explique la journaliste du « Monde », Laurence Girard, dans sa chronique.
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« Les cours du sucre n’ont cessé de fondre »

A New York, les spéculateurs ont fait perdre près de 20 % de sa valeur à la poudre blanche depuis janvier. Une véritable déconfiture liée à l’obésité des stocks, explique la journaliste du « Monde », Laurence Girard, dans sa chronique.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 11h27
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Chronique « Matières premières ». Quand le temps est pourri, l’agriculteur reste à l’abri. Cela aurait pu être le dicton du début de l’année dans une grande partie de la France. En particulier dans le nord. Les semoirs ont été mis sous l’éteignoir. Retour du grand soleil et tout s’éveille. L’activité bat son plein dans les champs. Dans quelques jours, les semis de betterave seront achevés. Enfin.
« Nous avons trois semaines de retard par rapport à une année normale », affirme Timothé Masson, de la Confédération générale des planteurs de betteraves. Même si rien n’est joué, Dame Météo ayant les dés en main, cela peut être dommageable. « La probabilité d’un très bon rendement est plus faible », ajoute-t-il. Verdict à l’automne.
Ce retard à l’allumage n’est pas le seul souci des agriculteurs. Le climat n’est guère plus radieux en Bourse. Les cours du sucre n’ont cessé de fondre. A New York, les spéculateurs ont fait perdre près de 20 % de sa valeur à la poudre blanche depuis janvier, signant ainsi l’une des moins bonnes performances du marché des matières premières. Or, elle avait déjà été dépréciée d’autant en 2017. Résultat, elle tutoie la barre des 12 cents la livre. Vendredi 20 avril, elle se négociait à 11,87 cents la livre.
Une véritable déconfiture pour le sucre. Il souffre de l’obésité de ses stocks. En Inde, en Thaïlande comme au Brésil, les récoltes ont été nourries. Au moment même où l’Europe ouvrait les vannes, avec la fin des quotas sucriers, décrétée le 1er octobre 2017.

« Le prix est à la cave »
Les grands sucriers européens, les coopératives françaises Tereos et Cristal Union comme les allemands Südzucker et Nordzucker, ont incité les agriculteurs à planter à tour de bras. En France, les champs de betteraves se sont étendus de 20 %.
Ajoutez un rendement quasi historique et vous obtenez une production record : 21 millions de tonnes de sucre en Europe, dont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Les entreprises de l’espace unique de paiements en euros (SEPA) ne doivent plus exiger de leurs clients que leur compte bancaire soit domicilié dans le même Etat membre qu’elles, rappelle dans sa chronique la journaliste Rafaële Rivais.
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« Payer ses achats ou ses factures dans toute la zone euro comme dans son propre son pays »

Les entreprises de l’espace unique de paiements en euros (SEPA) ne doivent plus exiger de leurs clients que leur compte bancaire soit domicilié dans le même Etat membre qu’elles, rappelle dans sa chronique la journaliste Rafaële Rivais.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 11h19
    |

            Rafaële Rivais








                        



                                


                            

SOS Conso. Depuis le 1er août 2014, le consommateur européen est censé bénéficier du SEPA, l’espace unique de paiements en euros (Single Euro Payments Area), qui comprend 34 pays : il doit notamment pouvoir payer ses achats ou ses factures dans l’ensemble de la zone euro aussi facilement que dans son propre pays.
A cette fin, les identifiants des comptes bancaires et des banques ont été harmonisés. Les numéros des comptes sont désormais représentés sous la forme d’un IBAN (International Bank Account Number) et les banques sont identifiées par un code BIC (Business Identifier Code).
Les entreprises de la zone SEPA qui se font régler par prélèvement ou par virement ne doivent donc plus exiger de leurs clients que leur compte soit domicilié dans le même Etat membre qu’elles, faute de quoi elles se trouveraient en infraction avec le texte communautaire qui régit ces dispositions (règlement 260/2012).
Or, c’est encore souvent le cas, déplore le Centre européen des consommateurs France, basé à Kehl, en Allemagne, sur la rive droite du Rhin. « Nous recevons énormément de réclamations contre des professionnels qui refusent d’enregistrer les coordonnées bancaires d’autres pays de la zone SEPA », souligne ainsi Bianca Schulz, sa responsable.
Tel Français, possédant une résidence secondaire au Portugal, se plaint ainsi de ne pouvoir payer son fournisseur d’eau portugais par prélèvement automatique sur son compte en France. Tel citoyen belge, propriétaire d’une maison en France, regrette de ne pouvoir s’acquitter, par prélèvement sur son compte belge, des mensualités de son assurance multirisque habitation.
« Peur des frais exorbitants »
Le centre de Kehl a aussi été contacté par de modestes clients, établis en France, de la banque mobile allemande N26, comme Mehdi, ancien cariste dans l’agroalimentaire, ou Enrique, ancien installateur de canapés. Le premier, dont nous avons évoqué l’histoire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Des ouvrages récents ont réévalué l’apport du mercantilisme, en passe d’être réhabilité par le programme économique du président américain, dans l’histoire économique des nations, explique l’économiste Loïc Charles.
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Trump ou « le retour du mercantilisme »

Des ouvrages récents ont réévalué l’apport du mercantilisme, en passe d’être réhabilité par le programme économique du président américain, dans l’histoire économique des nations, explique l’économiste Loïc Charles.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 11h04
    |

Loïc Charles (Professeur d’économie à l’université Paris-VIII)







                        



                                


                            

Recherches. Après les annonces par le président Donald Trump d’augmentations des droits de douane sur de nombreux produits d’importation, en particulier chinois, et les menaces de mesures de rétorsion exprimées tant en Europe qu’en Chine, le retour des guerres commerciales semble désormais inévitable, et avec elles la question du mercantilisme.
Dominant les débats économiques du XVIe au milieu du XVIIIe siècle, le mercantilisme repose sur l’idée que les rapports commerciaux entre nations visent à augmenter leur puissance. Le commerce n’est pas conçu comme relevant d’une sphère indépendante (l’économie), mais fait au contraire partie de celle de la « raison d’Etat ».

Comme l’écrivait un anonyme dans la France du milieu des années 1760 : « Le plus grand malheur d’un Etat est d’être moins riche que ses ennemis naturels, depuis que la balance des pouvoirs est la même que celle des richesses. » Aux yeux des mercantilistes, la prospérité économique et la puissance politique sont à rechercher dans une balance commerciale positive. Elle permet à la fois d’accumuler de l’argent, le nerf de la guerre, et d’augmenter l’emploi. La volonté affichée par Donald Trump de restaurer l’équilibre de la balance commerciale américaine avec la Chine, le Japon et l’Union européenne le place dans cette tradition mercantiliste.
Un courant de pensée alternatif
Or les économistes sont très critiques vis-à-vis du mercantilisme, depuis Adam Smith (1723-1790), qui y a consacré de nombreuses pages dans son ouvrage La Richesse des nations, au Prix Nobel d’économie (2008) américain Paul Krugman qui, le 5 avril, a qualifié les idées de Trump de « junk economics » (littéralement « science économique à deux balles ») dans sa chronique du New York Times.
Il faut toutefois rappeler que les économistes démontrent l’inefficacité des politiques mercantilistes en utilisant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le PDG de « Corse-Matin » assure qu’il n’a « rien à voir » avec les activités de la bande criminelle ajacienne du « Petit Bar ».
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Antony Perrino : « Je n’ai rien à me reprocher »

Dans un entretien au « Monde », le PDG de « Corse-Matin » assure qu’il n’a « rien à voir » avec les activités de la bande criminelle ajacienne du « Petit Bar ».



Le Monde
 |    21.04.2018 à 10h55
    |

            Yves Bordenave (propos recueillis)








                        



                                


                            
Depuis novembre 2017, la justice enquête sur les relations entre Antony Perrino, désigné PDG de Corse-Matin, et la bande criminelle ajaccienne du « Petit Bar », dont plusieurs membres ont été condamnés et restent soupçonnés dans des affaires de meurtre.

Vous venez d’être nommé à la tête de « Corse-Matin ». Parallèlement, la justice s’interroge sur vos relations avec la bande du « Petit Bar », une équipe de voyous connus sur l’île. Quels sont vos liens avec ce groupe ?
J’ai grandi à Ajaccio. J’ai fréquenté les écoles publiques de la ville. L’école primaire d’abord, puis le lycée Fesch, avant d’aller à la faculté d’Aix-en-Provence. Comme beaucoup de jeunes Ajacciens, j’ai été élevé dans la mixité sociale. A 10 ans, j’étais en classe avec Jacques Santoni [l’une des principales figures de la bande du « Petit Bar », devenue tétraplégique après un accident de moto survenu en 2003]. Ensuite, nous faisions de la moto ensemble. Pareil avec Mika Ettori [une autre figure de la bande], qui est un ami. Nous avons fait du sport ensemble, et plus tard, nous avons fréquenté les mêmes boîtes. Le lien entre eux et moi remonte à l’enfance, mais je n’ai rien à voir avec leurs activités.
Dans quelles conditions, Pascal Porri, figure du « Petit Bar », plusieurs fois condamné par la justice, occupe-t-il un logement de grand standing qui vous appartient boulevard Albert Ier à Ajaccio, alors qu’il ne dispose d’aucun revenu connu ?
Par amitié, je lui loue cet appartement à un prix légèrement inférieur à ceux pratiqués dans cet ensemble. Je suis prêt à m’en expliquer devant la justice quand elle me convoquera. Je le dis et le répète, il n’y a aucune relation contraignante entre moi et Pascal Porri. En Corse, tout le monde connaît tout le monde et, souvent, les amis d’enfance restent liés quand ils deviennent adultes, même lorsque leurs parcours peuvent les éloigner.
La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Editorial. le PDG d’Air France-KLM a annoncé, le 20 avril, qu’il allait consulter l’ensemble des salariés, dès le 26 avril, sur les propositions salariales refusées par les syndicats.
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Air France : le pari du référendum

Editorial. le PDG d’Air France-KLM a annoncé, le 20 avril, qu’il allait consulter l’ensemble des salariés, dès le 26 avril, sur les propositions salariales refusées par les syndicats.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 10h57
   





                        


Editorial du « Monde ». Coup de théâtre dans le conflit qui empoisonne Air France – et des dizaines de milliers de passagers – depuis plus d’un mois, avec déjà neuf jours de grève : Jean-Marc Janaillac, le PDG d’Air France-KLM, a annoncé vendredi 20 avril qu’il allait consulter l’ensemble des salariés sur les propositions refusées par les syndicats, qui se trouvent ainsi court-circuités.
La direction de la compagnie aérienne a fait plusieurs propositions depuis le début du conflit, toutes rejetées comme insuffisantes par l’intersyndicale, qui réclamait une augmentation salariale générale de 6 %. Le 16 avril, la direction a mis sur la table un projet d’accord portant sur une augmentation de 7 % sur quatre ans, dont 2 % en 2018 et 5 % sur les trois prochaines années ; cet accord a été soumis à la signature des syndicats jusqu’au 20 avril à midi.

        Lire aussi :
         

                Air France : M. Janaillac lance un référendum sur les salaires



Ce délai écoulé sans résultat, M. Janaillac a radicalement changé de méthode. Refusant « d’accepter ce gâchis après des années d’efforts » et misant sur un soutien minoritaire des personnels non grévistes à l’action de pilotes qui passent pour des enfants gâtés, le PDG en appelle maintenant à la base ; celle-ci sera consultée par voie électronique à partir du 26 avril, jusqu’à début mai. Mieux : M. Janaillac met sa démission dans la balance et s’engage à partir si la consultation aboutit au rejet de l’accord proposé.
Le pari est osé mais en dit long sur l’évolution des relations sociales au sein de la compagnie nationale. Aucune compagnie aérienne ne peut faire voler ses avions sans ses pilotes ; à Air France s’était donc installée une sorte de cogestion tacite entre la direction et les pilotes. Alexandre de Juniac, le prédécesseur de M.Janaillac, y a mis fin abruptement. Le syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), très majoritaire chez les pilotes, a depuis adopté une ligne dure ; il est en pointe dans le mouvement de grève actuelle.
Amélioration fragile
Contrairement aux cheminots de la SNCF, orphelins d’un âge d’or de l’Etat-providence, les pilotes d’Air France, eux, sont les gagnants de la mondialisation. Leurs qualifications sont recherchées dans le monde entier par des compagnies qui cherchent à satisfaire une demande de voyages en hausse constante. Air France, en revanche, fait face à une concurrence très rude. Sa situation s’est améliorée ; la compagnie a enregistré, en 2017, sa troisième année d’affilée de résultats positifs – dont les pilotes veulent toucher les dividendes, après six ans de blocage des salaires, en dehors des augmentations et primes individuelles. Mais cette amélioration est fragile, et la rentabilité de la compagne française reste inférieure à celle de ses grandes concurrentes européennes, Lufthansa et British Airways.
M. Janaillac fait valoir que, dans la situation actuelle, avec, notamment, un prix du pétrole reparti à la hausse, Air France ne supporterait pas le coût de l’augmentation immédiate demandée par les syndicats. Ce coût aurait aussi pour conséquence d’affaiblir Air France par rapport à KLM au sein de la compagnie.
Dans un climat social tendu au niveau national, où la perte d’influence des syndicats est visible, le PDG d’Air France-KLM réussira-t-il à faire plier le puissant SNPL ? L’accord qu’il propose n’est pas déraisonnable. Si le référendum organisé n’a pas de valeur légale, il peut en revanche complètement inverser la dynamique sociale. C’est ce qu’avait tenté Christian Blanc, alors patron d’Air France, en 1994. Avec succès.

        Lire aussi :
         

                Air France : dialogue de sourds entre syndicats et direction






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Analyse. Nous continuons à soustraire à la vue d’une opinion publique dégoûtée par le sang la réalité de la production de viande, à savoir que trois millions d’animaux sont tués chaque jour en France, le plus souvent à la chaîne, rappelle la journaliste du « Monde » Audrey Garric.
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La société face au « paradoxe de la viande »

Analyse. Nous continuons à soustraire à la vue d’une opinion publique dégoûtée par le sang la réalité de la production de viande, à savoir que trois millions d’animaux sont tués chaque jour en France, le plus souvent à la chaîne, rappelle la journaliste du « Monde » Audrey Garric.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 12h27
    |

            Audrey Garric








                        



                                


                            

Analyse. Que savons-nous des conditions de vie des animaux d’élevage, ou plutôt, que voulons-nous savoir ? La question se pose à la lecture d’une tribune publiée par Libération le 18 mars, intitulée « Pourquoi les végans ont tout faux ». Les trois auteurs, le politologue Paul Ariès, le journaliste Frédéric Denhez et la sociologue et directrice de recherches à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) Jocelyne Porcher, pourfendent les individus qui excluent de leur quotidien tout produit d’origine animale (viande, poisson, œufs, lait, fromage, laine, cuir, cosmétiques, etc.).
Non, clament-ils, les végans ne vont sauver ni les animaux, ni les humains de la famine, ni l’agriculture, non plus l’écologie, notre alimentation ou notre santé. Le véganisme est dépeint comme « un monde terrifiant », « dangereux », qui « menace de nous faire perdre notre humanité », de « dépendre d’une alimentation industrielle 4.0 » et « d’uniformiser nos paysages ».
Parmi les arguments développés par les signataires en figure un cher aux amateurs de viande : l’intérêt des animaux. « Nous avons des intérêts respectifs à vivre ensemble plutôt que séparés », assurent les auteurs. « Ainsi est-il probable, tempèrent-ils à peine, qu’ils ne demandent pas à être libérés (…). Les animaux demandent à vivre avec nous, et nous avec eux, ils demandent à vivre une existence intéressante, intelligente et digne. »
Mon steak n’est pas un animal
Bien habile celui qui peut dire ce que veulent les animaux domestiques quand même l’éthologie, malgré ses progrès, n’a toujours pas réussi à le déterminer. Rien n’indique qu’ils acceptent les conditions de vie qu’on leur réserve dans les exploitations industrielles – une situation que dénoncent par ailleurs les auteurs de la tribune.
En France, 69 % des poules pondeuses sont enfermées...




                        

                        

