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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Le neurobiologiste Pierre-Marie LLedo explique que le changement est une véritable fontaine de jouvence et la production de neurones cesse seulement lorsque l’on arrête d’apprendre.
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« Le cerveau se nourrit du changement »

Le neurobiologiste Pierre-Marie LLedo explique que le changement est une véritable fontaine de jouvence et la production de neurones cesse seulement lorsque l’on arrête d’apprendre.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 17h00
    |

                            Nadine Bayle








                        



                                


                            

Pierre-Marie Lledo est neurobiologiste et dirige le département neurosciences de l’Institut Pasteur. Le monde du travail s’intéresse à ses travaux sur l’épanouissement du cerveau, repris dans Le Cerveau, la machine et l’humain (Odile Jacob, 2017).
Vous restez optimiste pour l’homme, malgré les menaces que font peser les technologies numériques sur son travail. Pourquoi ?
L’homme, on le sait, a commencé à s’épanouir lorsqu’il a été confronté à l’inconnu, à de nouveaux obstacles. Le cerveau se nourrit du changement, c’est une véritable fontaine de jouvence et la production de neurones cesse seulement lorsque l’on arrête d’apprendre ; ce n’est une question ni d’âge, ni de métier, ni de milieu social. Nous permettre de nous adapter à des ruptures est tout simplement sa raison d’être. C’est le cas avec les technologies numériques, comme à l’apparition de tout nouvel outil.
Nos capacités en seront-elles transformées ?
On le voit à travers l’évolution des processus de mémorisation. En évoquant l’invention de l’écriture par les Egyptiens, Socrate mettait en garde ses contemporains contre cette mémoire artificielle qui allait leur faire perdre la mémoire véritable. C’est vrai que cette capacité est devenue moins nécessaire à l’homme.
D’ici dix ans, je pense que la communication passera essentiellement par la voix, pour nous libérer du goulot d’étranglement dans la transmission de nos idées qu’est l’écriture
Les stratégies sont à nouveau en train de changer : si vous demandez à un millenial ce que lui inspire la date 1515, il va tout de suite faire appel à son smartphone et trouver en cinq minutes François 1er et la bataille de Marignan. Si vous lui reposez la question un mois plus tard, il aura oublié les réponses. En revanche, il saura retrouver le cheminement pour parvenir à ces informations. Il aura donc développé une mémoire du « process » plutôt qu’une mémoire sémantique.





                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Résonances. Hier comme aujourd’hui, le travail de l’historien, comme celui du journaliste d’investigation ou du détective, s’appuie sur la patiente recherche d’indices et de microdétails.
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Pourquoi le Big Data ne change rien à l’enquête

Résonances. Hier comme aujourd’hui, le travail de l’historien, comme celui du journaliste d’investigation ou du détective, s’appuie sur la patiente recherche d’indices et de microdétails.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 12h30
    |

                            Claire Judde de Larivière (historienne)








                        



                                


                            
Facebook nous espionne ! On le savait déjà, mais les enquêtes récentes ont montré l’ampleur de la surveillance. Facebook nous manipule ! Là encore, personne n’est véritablement surpris, même si l’utilisation des données confidentielles de plus de 80 millions d’Américains durant la campagne présidentielle de 2016 a de quoi faire frémir les plus cyniques ou résignés d’entre nous.
Parallèles évidents
Les articles récemment publiés par plusieurs journaux, dont The Guardian et The Observer au Royaume-Uni, sont le fruit d’un travail collaboratif mené en particulier par Carole Cadwalladr, une journaliste britannique dont les investigations sont au cœur des révélations actuelles. En remontant le fil de ses textes, on voit comment son enquête s’est construite, des premiers questionnements sur l’influence des nouvelles technologies sur la démocratie – en particulier le racisme latent et répugnant des recherches suggérées par ­Google – jusqu’à son article, en février 2017, sur le financement de la campagne du Brexit par Robert Mercer, un milliardaire américain étrangement lié à une compagnie nommée Cambridge Analytica, elle-même impliquée dans l’élection de Donald Trump.
Depuis plus de deux ans, je suis avec fascination son travail d’investigation, saisie par les parallèles évidents entre ses méthodes et celles de la démarche historienne que j'applique et développe dans mes recherches. D’un article à l’autre, ses sources se multiplient et se diversifient. Les données s’accumulent : informations anecdotiques d’abord, qui deviennent des indices, puis les clés essentielles par lesquelles les scandales sont révélés.
L’enquête sur les acteurs de cet immense puzzle rappelle comment les historiens reconstituent les configurations politiques qu’ils étudient, les réseaux de collaboration et de sociabilité sur lesquels le pouvoir se fonde. Dans le cas de Facebook, Cambridge Analytica, les campagnes de Trump et du Brexit, les milliers de photos qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Chaque avancée du droit des femmes a été suivie d’une offensive réactionnaire, démontrait en 1991 la féministe américaine Susan Faludi dans « Backlash ». Son essai est plus que jamais d’actualité.
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Après #metoo, gare au retour de bâton

Chaque avancée du droit des femmes a été suivie d’une offensive réactionnaire, démontrait en 1991 la féministe américaine Susan Faludi dans « Backlash ». Son essai est plus que jamais d’actualité.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 12h30
    |

                            Clémentine Gallot








                        



                                


                            
« Rien n’abîme davantage les pétales masculins que la plus légère ondée féministe » :à chaque progrès vers la justice sociale correspondrait une revanche, souvent brutale, des dominants, lit-on dans Backlash. La guerre froide contre les femmes. Cet essai reten­tissant de Susan Faludi, publié en 1991 et traduit en français en 1993 (éditions Des Femmes), interroge en effet une « excessive réactivité des hommes aux victoires les plus microscopiques des femmes ». Ses sept cents pages posent ainsi un regard rétrospectif sur les deux décennies précédant leur écriture, aussi riches en avancées pour les droits des femmes qu’en régressions. Car si les années 1970, aux Etats-Unis, ont vu fleurir des progrès sur les fronts de l’emploi féminin et du contrôle des naissances, les représailles ne se sont pas fait attendre : elles se sont traduites, dans les années 1980, par des mesures concrètes, comme le vote de réglementations draconiennes sur l’emploi des femmes ou l’interruption de la recherche sur la contraception.
Dans son ouvrage, l’ancienne journaliste du Wall Street Journal, récipiendaire du prix Pulitzer, compare le parcours des droits des femmes à une « valse-hésitation », tant ceux-ci sont constamment freinés par des mécanismes insidieux. Ainsi, détaille-t-elle, la société se servirait des avancées des femmes contre elles, en tenant le féminisme pour responsable de tous les maux. Il s’agit là d’un « prix énorme que la société leur fait payer pour leur avoir accordé quelques maigres faveurs ». En effet, durant les années 1980, des études scientifiques bâclées ou mal interprétées serviront de socle à la propagation de mythes pernicieux : fausses couches, enfants mort-nés ou prématurés, voilà ce qui attendrait les femmes actives, des « arrivistes » aux « ambitions égoïstes ». De plus, les femmes célibataires et émancipées seraient davantage sujettes à la maladie mentale et à l’infertilité. Autant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Historien du socialisme, le nouveau président de l’Ecole des hautes études en sciences sociales, qui a conseillé François Hollande, souhaite que la recherche nourrisse le débat public.
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Christophe Prochasson : comprendre le monde sans le fuir

Historien du socialisme, le nouveau président de l’Ecole des hautes études en sciences sociales, qui a conseillé François Hollande, souhaite que la recherche nourrisse le débat public.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
22.04.2018 à 12h16
    |

                            Catherine Portevin








                        



                                


                            

« Vous contemplerez la plus belle vue de Paris ! », avait-il promis, comme s’il voulait d’abord nous faire sentir le génie du lieu. Certes, depuis son bureau présidentiel, au dernier étage de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), la vue est imprenable sur les toits du 6e arrondissement de Paris. Mais plus remarquables encore sont les deux affiches placardées au mur, que l’historien Christophe Prochasson ne se lasse pas de commenter.
La première date de 1948 et donne le programme de la toute nouvelle VIe section « Sciences économiques et sociales » de l’Ecole pratique des hautes études. Avec les cours de Lucien Febvre, président – le fondateur, avec Marc Bloch, de la revue Annales –, Fernand Braudel, André Leroi-Gourhan, Claude Lévi-Strauss, Ernest Labrousse…
La seconde donne celui de l’année universitaire 1975-1976, qui inaugure l’Ecole des hautes études en sciences sociales, créée par l’autonomie de cette VIe section, avec les séminaires de Jacques Le Goff, président, François Furet, Marc Augé, Raymond Aron, Pierre Bourdieu, Françoise Héritier, Nicole ­Loraux, Pierre Vidal-Naquet… Tous les grands noms des sciences humaines françaises du XXe siècle, reconnus dans le monde : la voilà, la plus belle vue de Paris, voilà le génie du lieu. Le nouveau président, élu en novembre 2017 par l’assemblée générale de ses pairs, n’en est que l’hôte. S’il aime recevoir « au 54 » (du boulevard Raspail), c’est en se situant d’emblée dans un arbre généalogique plus grand que lui.
A ce sens de l’histoire, Christophe Prochasson ajoute un lien intime : « Je dois tout à cette maison, jusqu’aux recoins de ma vie personnelle, confie-t-il. L’EHESS, c’est pour moi le lieu par excellence de la liberté intellectuelle. » Normalien, il y est entré en 1991, son doctorat d’histoire contemporaine en poche sur, déjà, le rôle des intellectuels dans le socialisme de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ La série espagnole diffusée sur Netflix s’empare du thème du braquage pour en faire une utopie sociale, explique le chercheur Pierre Sérisier.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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« La Casa de papel », une incitation à la rébellion ?

La série espagnole diffusée sur Netflix s’empare du thème du braquage pour en faire une utopie sociale, explique le chercheur Pierre Sérisier.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 06h30
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            
Pierre Sérisier, enseignant à l’Ecole supérieure de journalisme de Lille, est l’auteur du blog « Le Monde des séries ».
Vous avez qualifié la série télévisée espagnole « La Casa de papel », d’Alex Pina, diffusée sur la plate-forme Netflix depuis décembre 2017, d’allégorie de la rébellion. Comment cela se manifeste-t-il, sur la forme et sur le fond ?
Le thème de la rébellion structure le scénario. Huit braqueurs s’enferment avec soixante-sept otages dans la Maison de la monnaie et du timbre, à Madrid, pour imprimer leur propre monnaie. Le personnage du « Professeur », cerveau du braquage qui, pendant cinq mois, forme ses coéquipiers à ce « casse du siècle », donne ses motivations : remettre en cause le fonctionnement du système économique et financier.
Cette contestation très nette est inscrite au cœur des dialogues comme à travers de nombreux détails : l’utilisation récurrente de la chanson révolutionnaire italienne Bella Ciao, les tenues portées par les braqueurs rappelant celles des prisonniers de Guantanamo, ou leurs masques évoquant ceux des Anonymous ainsi que le visage de Salvador Dali, briseur de codes par excellence. Formellement, la construction du scénario procède elle aussi d’une rupture. Toutes les fictions de braquage obéissent à certaines normes, prenant la forme d’une lutte contre le temps. Ici, l’idée de départ est révolutionnaire : le braquage doit durer le plus longtemps possible, chaque minute gagnée permettant un tour de plus de la planche à billets.

De nombreuses histoires humaines et d’amour se tissent et n’épargnent aucun personnage, rapprochant la série du soap opera. Est-ce une concession au genre ou un choix signifiant sur le plan des idées ?
Ce dispositif narratif soutient la réflexion politique de la série. Une fois enfermés dans la Maison de la monnaie et du timbre, les personnages n’ont rien d’autre à faire que d’attendre que les rotatives tournent....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ L’alliance avec les populistes est une stratégie officielle pour le parti social-démocrate danois, s’indigne l’écrivain et journaliste Carsten Jensen dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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L’honneur perdu des sociaux-démocrates danois

L’alliance avec les populistes est une stratégie officielle pour le parti social-démocrate danois, s’indigne l’écrivain et journaliste Carsten Jensen dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    21.04.2018 à 12h30
   





                        



                                


                            
Tribune. Pour l’instant, tout ne va pas si mal pour le Parti social-démocrate danois, mieux en tout cas que pour un grand nombre d’autres formations sociales-démocrates en Europe. Le parti des travailleurs existe toujours. Certes, il ne représente plus un tiers des électeurs comme au temps de sa splendeur. Désormais, il doit se contenter d’un quart mais, au sein d’un corps électoral toujours plus fragmenté, il demeure le plus important parti du Danemark. Et si l’on demande aux sociaux-démocrates la recette de ce succès, ils répondent sans hésiter : ils ont choisi d’assumer la politique la plus à droite possible concernant les réfugiés et l’intégration. Par ailleurs, pour eux, l’alliance avec le populisme n’a rien d’un vilain petit secret. Il s’agit d’une stratégie officielle, qu’ils revendiquent haut et fort.
Déconnectés des réalités
Pendant quatre ans, le Parti social-démocrate a gouverné le pays avec un petit parti centriste social-libéral, et sa défaite aux élections législatives de 2015, contre une coalition entre des partis bourgeois et le populiste Parti du peuple danois, fut comme le crash d’un ovni. Pendant quatre ans, ses dirigeants, en manageurs froids et déconnectés des réalités, avaient mené une prétendue « politique de la nécessité », imposant dans la foulée de la crise financière de 2008 des coupes claires dans le budget de l’Etat. Ils avaient entrepris de démanteler ce modèle danois si fameux à l’étranger, garant pendant de longues années de la stabilité et du bien-être social du pays. Ils ont compris trop tard que le parti était en train de se couper de ses racines populaires et, quand la défaite est venue, les deux figures-clés du parti, la première ministre et le ministre des finances, ont abandonné la politique danoise au profit de postes lucratifs à l’étranger.
Les hommes et les femmes de la défaite ont pris acte. L’éminence grise du parti, Henrik Sass Larsen, est un ­populiste-né, antimondialisation,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Rapport d’étonnement. La matière artificielle qui enthousiasmait les années pop nous a entraînés dans une spirale de destruction naturelle. Dès 2050, les océans pourraient contenir plus de plastique que de poissons. Est-il encore temps de réagir ?
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La plastification du monde serait irréversible

Rapport d’étonnement. La matière artificielle qui enthousiasmait les années pop nous a entraînés dans une spirale de destruction naturelle. Dès 2050, les océans pourraient contenir plus de plastique que de poissons. Est-il encore temps de réagir ?



Le Monde
 |    21.04.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
22.04.2018 à 12h53
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
La passion d’une époque peut devenir le drame de la suivante. Dans les années 1950, les industriels produisent en série de nouveaux objets légers et résistants, fabriqués avec une substance chimique facilement modelable : le plastique. Dans ses Mythologies (1957), Roland Barthes décrit l’enthousiasme pour cette « substance alchimique » bon marché, qui nous offre des meubles multicolores et des téléphones en bakélite, des cuisines en formica et des sacs souples imprimés. « Pour la première fois, écrit le philosophe, l’artifice vise au commun, non au rare (…). Le monde entier peut-être plastifié. »
Données alarmantes
Le monde artificiel que prédisait Barthes s’est réalisé : une étude américaine publiée dans Science Advances en juillet 2017 estime qu’entre 1950 et 2015, 8,3 milliards de tonnes de plastique ont été produites. Conséquence, les mers et les océans, grandes poubelles du monde, ont commencé à se plastifier. Le clip de la campagne « Plastic Ocean », lancée le 10 avril par l’ONG Sea ­Shepherd, nous le rappelle. Réalisé par l’agence de communication FF New York, le film montre des raies, des tortues, des dauphins et des requins étouffant dans des vagues de plastique scintillant : il est sur YouTube et il fait peur.

Un panel de données alarmantes accompagne ces images. D’après le site Planétoscope, qui compile statistiques et données sur l’environnement, 6,5 à 8 millions de tonnes de déchets en plastique sont rejetées chaque année en mer. L’ONG Expéditions Méditerranée en danger, qui lutte contre cette pollution, estimait en 2010 que 250 milliards de microfragments flottaient au large des côtes françaises, italiennes et espagnoles. Le résultat est fatal : d’après Sea Shepherd, 36 % des espèces d’oiseaux de mer et 43 % des mammifères marins sont affectées par ces déchets – et pour longtemps : les polymères mettent mille ans à se dégrader entièrement.
C’est au printemps 1997, quand...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales explique que la trajectoire chinoise peut aboutir à un mode de croissance apte à proposer un ordre mondial alternatif au capitalisme financier.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Michel Aglietta : « La Chine développe un capitalisme qui ouvre une voie originale vers le XXIe siècle »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales explique que la trajectoire chinoise peut aboutir à un mode de croissance apte à proposer un ordre mondial alternatif au capitalisme financier.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 12h00
    |

                            Michel Aglietta (Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii), université de Paris-Nanterr)








                        



                                


                            

[Quatre économistes s’interrogent sur les raisons du succès de la politique du président Xi Jinping, dont le pouvoir n’a jamais été aussi grand]
Tribune. En 1950, après un siècle de pillages par les Occidentaux, puis le Japon, la Chine était, de très loin, le pays le plus pauvre du monde. Selon les données historiques d’Angus Maddison (publiées par l’Organisation de coopération et de développement économiques), le produit intérieur brut par habitant y était deux fois plus faible que celui de l’Afrique, vingt fois plus faible que celui des Etats-Unis. En 2010, il était environ quatre fois et demie plus faible que celui des Etats-Unis.
Au fil de la trajectoire historique de 1950 à 2050, dont les deux tiers sont réalisés et un tiers en devenir, Mao a rétabli l’unité et l’indépendance d’un pays très pauvre, dont la population était à 95 % rurale, et Deng a trouvé la voie vers la prospérité en éveillant les intérêts privés, en établissant la responsabilité des échanges, en reconnaissant les droits de propriété et en ouvrant l’économie au monde. Le succès se mesure à la performance réalisée : 50 millions de personnes ont été arrachées à la pauvreté absolue en vingt ans.
Enfin, Xi ouvre une « nouvelle ère » qui a une double dimension : le passage de la croissance quantitative à la croissance qualitative pour corriger les déséquilibres accumulés par l’industrialisation, d’une part ; la transformation de la globalisation vers un nouvel ordre mondial à travers le projet « One Belt, one Road » (OBOR, « une ceinture, une route »), d’autre part. L’objectif est de rétablir l’autorité de l’empire du Milieu dans la communauté mondiale. La nouvelle ère est divisée en deux périodes : 2020-2035 pour achever la « modernisation socialiste », 2035-2050 pour « harmoniser le bien-être social et la civilisation écologique ».
Les Occidentaux rencontrent une difficulté majeure à comprendre les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ L’interdépendance sociale entre entrepreneurs et personnel politique est le moteur, et non le handicap, du système chinois, explique l’économiste à l’Institut des Amériques, dans une tribune au « Monde ».
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Robert Boyer : « Comprendre l’évolution de la Chine est un un défi adressé aux théories économiques »

L’interdépendance sociale entre entrepreneurs et personnel politique est le moteur, et non le handicap, du système chinois, explique l’économiste à l’Institut des Amériques, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    21.04.2018 à 12h00
    |

                            Robert Boyer (Economiste, ancien directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) et Directeur de recherche au CNRS, auteur de La Théorie de la Régulation. Les Fondamentaux, La Découverte, 2004)








                        



                                


                            

[Quatre économistes s’interrogent sur les raisons du succès de la politique du président Xi Jinping, dont le pouvoir n’a jamais été aussi grand]
Tribune. Avec l’effondrement de l’Union soviétique, nombre d’intellectuels avaient anticipé la « fin de l’histoire » : marché et démocratie allaient remplacer le Gosplan et la domination du Parti communiste. Or la trajectoire chinoise invalide le pronostic qui ferait de la démocratie le régime politique nécessaire à la modernité et à la performance économique.
Depuis deux décennies, comprendre la surprenante évolution de la Chine est un défi adressé à la plupart des théories économiques. Toutes s’y sont essayées, sans jusqu’à présent faire consensus. Pour les tenants de la concurrence, la libération des forces du marché a permis la réduction de la pauvreté. Pour ceux qui insistent sur le rôle de l’Etat, l’équivalent d’une planification originale explique ces succès. Les théories de la croissance pointent le rôle du rattrapage technologique comme facteur explicatif majeur. Pour les chercheurs en socio-économie, ce sont la variété et la puissance des réseaux liant l’économique et le politique qui distinguent la Chine.
La Chine a en effet inventé un moyen d’aligner, au moins partiellement, les intérêts de la classe politique avec ceux des entrepreneurs au niveau local, puis national. Les autorités locales sont fortement encouragées à faciliter l’émergence des entrepreneurs, source de création de richesse et, par conséquent, d’une base d’imposition plus importante. L’existence d’une série de « corporatismes locaux » organise ainsi la coopération entre la classe politique et les entrepreneurs. C’est le résultat logique de la complémentarité de leurs objectifs respectifs : d’un côté récolter le maximum d’impôts, de l’autre améliorer l’avantage concurrentiel de chaque localité par le biais du dynamisme économique.
La concurrence entre toutes les localités ne...




                        

                        


<article-nb="2018/04/22/18-10">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune, l’économiste indien réfute l’idée que le modèle chinois soit efficace et transposable à d’autres pays.
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Pranab Bardhan : « Le modèle chinois est fondamentalement défaillant et difficilement applicable aillleurs »

Dans une tribune, l’économiste indien réfute l’idée que le modèle chinois soit efficace et transposable à d’autres pays.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 12h00
   





                        



                                


                            

[Quatre économistes s’interrogent sur les raisons du succès de la politique du président Xi Jinping, dont le pouvoir n’a jamais été aussi grand]
Tribune. Il semble que les dirigeants chinois aient oublié l’un des conseils de Deng Xiaoping : « tao guang yang hui » (« maintenez un profil bas »). En proclamant une « nouvelle ère », le président Xi Jinping a présenté le système de gouvernance de la Chine comme un modèle dont les autres pays devraient s’inspirer. Les chefs d’Etat « désireux d’accélérer le développement de leur pays, tout en préservant l’indépendance », doivent considérer la Chine comme « une nouvelle option », a déclaré M. Xi. L’agence de presse officielle Xinhua a même suggéré qu’à mesure du déclin des démocraties occidentales, la « démocratie chinoise éclairée » pouvait constituer une nouvelle voie d’avenir.
Le modèle de développement économique et politique de la Chine présente différentes caractéristiques parmi lesquelles une gouvernance autoritaire ancrée sur la recherche de la stabilité, une politique industrielle et une finance conduites par l’Etat, des investissements massifs dans les infrastructures, une industrialisation rurale fondée sur une agriculture à petite échelle, ainsi qu’une ouverture au commerce étranger et aux technologies. Ce modèle a incontestablement produit une croissance économique rapide ces trente dernières années.
Mais l’idée selon laquelle le premier de ces éléments – l’autoritarisme – serait nécessaire à un développement rapide est une erreur.
La démocratie permet d’apaiser les conflits
Les voisins de la Chine – Japon, Corée du Sud, Taïwan – ont atteint une forte croissance par le biais d’une politique industrielle étatique, de l’industrialisation du monde rural et de l’ouverture au commerce. Mais le Japon a atteint ces objectifs dans un cadre démocratique d’après-guerre, et la Corée du Sud et Taïwan connaissent la démocratie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine rejette l’idée d’un conflit entre modèles chinois et américain, pour décrire plutôt leur convergence pour contrôler la finance internationale.
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Alain Cotta : « En Chine, le capitalisme d’Etat s’est dressé en rival du capitalisme d’entreprise »

Dans une tribune au « Monde », le professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine rejette l’idée d’un conflit entre modèles chinois et américain, pour décrire plutôt leur convergence pour contrôler la finance internationale.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 12h00
   





                        



                                


                            

[Quatre économistes s’interrogent sur les raisons du succès de la politique du président Xi Jinping, dont le pouvoir n’a jamais été aussi grand]
Tribune. Dans l’esprit de l’oligarchie américaine qui initia la mondialisation économique, la Chine devait être un marché multipliant à l’envi la masse des consommateurs avides de produits occidentaux et fournir une main-d’œuvre à bas coût à qui voudrait l’utiliser.
Il a fallu un peu plus d’une génération pour que cette anticipation soit démentie par la réalité. La Chine a relevé le défi de l’Occident jusqu’à l’affronter sur son propre terrain, en utilisant ses armes, non sans réserver à ses dirigeants politiques un rôle beaucoup plus actif que dans les nations occidentales. Le capitalisme d’Etat s’est dressé en rival du capitalisme d’entreprise. La Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale, elle sera bientôt la première.
La volonté chinoise de développer au plus vite les industries les plus rayonnantes des nations occidentales – robotique, automobile, aviation, défense – en subventionnant massivement leur développement et en leur ouvrant, par les « nouvelles routes de la soie », un accès africain et européen, inquiète. D’autant plus que Pékin manifeste son intention de développer les innovations de l’intelligence artificielle grâce à l’accumulation de moyens publics. La Chine pourrait devenir la nation la plus puissante dans ce domaine, profitant des hésitations américaines et du retard européen dans la révolution numérique.
Dans le domaine social, la critique occidentale essentielle concerne les inégalités. En moins d’une génération, le nombre des « super riches » chinois s’est élevé, pour atteindre aujourd’hui plus du tiers (180 environ) de leur effectif mondial (500). Les inégalités qui fracturent la société chinoise sont les plus grandes de l’histoire de l’économie monétaire, sans commune mesure avec celles de la société américaine au XIXe siècle.
Pourtant,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Les entreprises de l’espace unique de paiements en euros (SEPA) ne doivent plus exiger de leurs clients que leur compte bancaire soit domicilié dans le même Etat membre qu’elles, rappelle dans sa chronique la journaliste Rafaële Rivais.
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« Payer ses achats ou ses factures dans toute la zone euro comme dans son propre son pays »

Les entreprises de l’espace unique de paiements en euros (SEPA) ne doivent plus exiger de leurs clients que leur compte bancaire soit domicilié dans le même Etat membre qu’elles, rappelle dans sa chronique la journaliste Rafaële Rivais.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 11h19
    |

            Rafaële Rivais








                        



                                


                            

SOS Conso. Depuis le 1er août 2014, le consommateur européen est censé bénéficier du SEPA, l’espace unique de paiements en euros (Single Euro Payments Area), qui comprend 34 pays : il doit notamment pouvoir payer ses achats ou ses factures dans l’ensemble de la zone euro aussi facilement que dans son propre pays.
A cette fin, les identifiants des comptes bancaires et des banques ont été harmonisés. Les numéros des comptes sont désormais représentés sous la forme d’un IBAN (International Bank Account Number) et les banques sont identifiées par un code BIC (Business Identifier Code).
Les entreprises de la zone SEPA qui se font régler par prélèvement ou par virement ne doivent donc plus exiger de leurs clients que leur compte soit domicilié dans le même Etat membre qu’elles, faute de quoi elles se trouveraient en infraction avec le texte communautaire qui régit ces dispositions (règlement 260/2012).
Or, c’est encore souvent le cas, déplore le Centre européen des consommateurs France, basé à Kehl, en Allemagne, sur la rive droite du Rhin. « Nous recevons énormément de réclamations contre des professionnels qui refusent d’enregistrer les coordonnées bancaires d’autres pays de la zone SEPA », souligne ainsi Bianca Schulz, sa responsable.
Tel Français, possédant une résidence secondaire au Portugal, se plaint ainsi de ne pouvoir payer son fournisseur d’eau portugais par prélèvement automatique sur son compte en France. Tel citoyen belge, propriétaire d’une maison en France, regrette de ne pouvoir s’acquitter, par prélèvement sur son compte belge, des mensualités de son assurance multirisque habitation.
« Peur des frais exorbitants »
Le centre de Kehl a aussi été contacté par de modestes clients, établis en France, de la banque mobile allemande N26, comme Mehdi, ancien cariste dans l’agroalimentaire, ou Enrique, ancien installateur de canapés. Le premier, dont nous avons évoqué l’histoire...




                        

                        


<article-nb="2018/04/22/18-13">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Des ouvrages récents ont réévalué l’apport du mercantilisme, en passe d’être réhabilité par le programme économique du président américain, dans l’histoire économique des nations, explique l’économiste Loïc Charles.
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Trump ou « le retour du mercantilisme »

Des ouvrages récents ont réévalué l’apport du mercantilisme, en passe d’être réhabilité par le programme économique du président américain, dans l’histoire économique des nations, explique l’économiste Loïc Charles.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 11h04
    |

Loïc Charles (Professeur d’économie à l’université Paris-VIII)







                        



                                


                            

Recherches. Après les annonces par le président Donald Trump d’augmentations des droits de douane sur de nombreux produits d’importation, en particulier chinois, et les menaces de mesures de rétorsion exprimées tant en Europe qu’en Chine, le retour des guerres commerciales semble désormais inévitable, et avec elles la question du mercantilisme.
Dominant les débats économiques du XVIe au milieu du XVIIIe siècle, le mercantilisme repose sur l’idée que les rapports commerciaux entre nations visent à augmenter leur puissance. Le commerce n’est pas conçu comme relevant d’une sphère indépendante (l’économie), mais fait au contraire partie de celle de la « raison d’Etat ».

Comme l’écrivait un anonyme dans la France du milieu des années 1760 : « Le plus grand malheur d’un Etat est d’être moins riche que ses ennemis naturels, depuis que la balance des pouvoirs est la même que celle des richesses. » Aux yeux des mercantilistes, la prospérité économique et la puissance politique sont à rechercher dans une balance commerciale positive. Elle permet à la fois d’accumuler de l’argent, le nerf de la guerre, et d’augmenter l’emploi. La volonté affichée par Donald Trump de restaurer l’équilibre de la balance commerciale américaine avec la Chine, le Japon et l’Union européenne le place dans cette tradition mercantiliste.
Un courant de pensée alternatif
Or les économistes sont très critiques vis-à-vis du mercantilisme, depuis Adam Smith (1723-1790), qui y a consacré de nombreuses pages dans son ouvrage La Richesse des nations, au Prix Nobel d’économie (2008) américain Paul Krugman qui, le 5 avril, a qualifié les idées de Trump de « junk economics » (littéralement « science économique à deux balles ») dans sa chronique du New York Times.
Il faut toutefois rappeler que les économistes démontrent l’inefficacité des politiques mercantilistes en utilisant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde », raconte les expérimentations du château, racheté par 25 000 personnes à travers une plate-forme de crowdfunding.
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« Au château de la Mothe-Chandeniers, un nouveau modèle économique pour les monuments menacés »

Dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde », raconte les expérimentations du château, racheté par 25 000 personnes à travers une plate-forme de crowdfunding.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 10h53
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            

Chronique. Chargé par le président de la République d’une mission d’identification du patrimoine en péril et de recherche de nouvelles solutions économiques pour sa sauvegarde, Stéphane Bern connaît bien le cas du château de la Mothe-Chandeniers, même s’il n’y a jamais mis les pieds. L’animateur de radio et de télévision fait partie des 25 000 personnes ayant acquis cette bâtisse en ruine du nord de la Vienne, mise en vente collectivement, fin 2017, par une plate-forme de crowdfunding spécialisée dans le patrimoine culturel, Dartagnans.

La collecte avait alors enflammé le secteur du financement participatif : 1,617 million d’euros avaient été réunis en 80 jours pour le rachat du château à son propriétaire, un ancien enseignant qui en demandait 500 000. Une dépêche de l’AFP, reprise par de nombreux médias dans le monde, participa largement au succès de l’opération : des contributeurs originaires de 115 pays devinrent ainsi copropriétaires, moyennant 50 euros, de cet édifice aux murs dévorés par une végétation envahissante. Qui sait si Stéphane Bern, qui a lancé le projet d’un Loto du patrimoine (censé rapporter entre 15 et 20 millions d’euros, en septembre), ne trouvera pas dans le sauvetage du château de la Mothe-Chandeniers une idée à copier : celle d’un nouveau modèle économique pour les monuments menacés par le chiendent.
Pour l’heure, on s’active sur place. Fermée au public depuis des décennies, la forteresse devrait accueillir ses premiers visiteurs en juin. Ce week-end, une trentaine de coactionnaires seront sur le pont pour installer un grillage autour du parc, dans le cadre d’un des nombreux chantiers participatifs qui se succéderont pendant les prochaines années. Une phase de travaux de « cristallisation », destinée à empêcher la structure de s’affaisser plus encore, devrait prochainement commencer. Son coût : 5 millions d’euros. Remettre le château dans son état originel reviendrait entre 70 et 100 millions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Editorial. le PDG d’Air France-KLM a annoncé, le 20 avril, qu’il allait consulter l’ensemble des salariés, dès le 26 avril, sur les propositions salariales refusées par les syndicats.
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Air France : le pari du référendum

Editorial. le PDG d’Air France-KLM a annoncé, le 20 avril, qu’il allait consulter l’ensemble des salariés, dès le 26 avril, sur les propositions salariales refusées par les syndicats.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 10h57
   





                        


Editorial du « Monde ». Coup de théâtre dans le conflit qui empoisonne Air France – et des dizaines de milliers de passagers – depuis plus d’un mois, avec déjà neuf jours de grève : Jean-Marc Janaillac, le PDG d’Air France-KLM, a annoncé vendredi 20 avril qu’il allait consulter l’ensemble des salariés sur les propositions refusées par les syndicats, qui se trouvent ainsi court-circuités.
La direction de la compagnie aérienne a fait plusieurs propositions depuis le début du conflit, toutes rejetées comme insuffisantes par l’intersyndicale, qui réclamait une augmentation salariale générale de 6 %. Le 16 avril, la direction a mis sur la table un projet d’accord portant sur une augmentation de 7 % sur quatre ans, dont 2 % en 2018 et 5 % sur les trois prochaines années ; cet accord a été soumis à la signature des syndicats jusqu’au 20 avril à midi.

        Lire aussi :
         

                Air France : M. Janaillac lance un référendum sur les salaires



Ce délai écoulé sans résultat, M. Janaillac a radicalement changé de méthode. Refusant « d’accepter ce gâchis après des années d’efforts » et misant sur un soutien minoritaire des personnels non grévistes à l’action de pilotes qui passent pour des enfants gâtés, le PDG en appelle maintenant à la base ; celle-ci sera consultée par voie électronique à partir du 26 avril, jusqu’à début mai. Mieux : M. Janaillac met sa démission dans la balance et s’engage à partir si la consultation aboutit au rejet de l’accord proposé.
Le pari est osé mais en dit long sur l’évolution des relations sociales au sein de la compagnie nationale. Aucune compagnie aérienne ne peut faire voler ses avions sans ses pilotes ; à Air France s’était donc installée une sorte de cogestion tacite entre la direction et les pilotes. Alexandre de Juniac, le prédécesseur de M.Janaillac, y a mis fin abruptement. Le syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), très majoritaire chez les pilotes, a depuis adopté une ligne dure ; il est en pointe dans le mouvement de grève actuelle.
Amélioration fragile
Contrairement aux cheminots de la SNCF, orphelins d’un âge d’or de l’Etat-providence, les pilotes d’Air France, eux, sont les gagnants de la mondialisation. Leurs qualifications sont recherchées dans le monde entier par des compagnies qui cherchent à satisfaire une demande de voyages en hausse constante. Air France, en revanche, fait face à une concurrence très rude. Sa situation s’est améliorée ; la compagnie a enregistré, en 2017, sa troisième année d’affilée de résultats positifs – dont les pilotes veulent toucher les dividendes, après six ans de blocage des salaires, en dehors des augmentations et primes individuelles. Mais cette amélioration est fragile, et la rentabilité de la compagne française reste inférieure à celle de ses grandes concurrentes européennes, Lufthansa et British Airways.
M. Janaillac fait valoir que, dans la situation actuelle, avec, notamment, un prix du pétrole reparti à la hausse, Air France ne supporterait pas le coût de l’augmentation immédiate demandée par les syndicats. Ce coût aurait aussi pour conséquence d’affaiblir Air France par rapport à KLM au sein de la compagnie.
Dans un climat social tendu au niveau national, où la perte d’influence des syndicats est visible, le PDG d’Air France-KLM réussira-t-il à faire plier le puissant SNPL ? L’accord qu’il propose n’est pas déraisonnable. Si le référendum organisé n’a pas de valeur légale, il peut en revanche complètement inverser la dynamique sociale. C’est ce qu’avait tenté Christian Blanc, alors patron d’Air France, en 1994. Avec succès.

        Lire aussi :
         

                Air France : dialogue de sourds entre syndicats et direction






                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/22/18-16">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Analyse. Nous continuons à soustraire à la vue d’une opinion publique dégoûtée par le sang la réalité de la production de viande, à savoir que trois millions d’animaux sont tués chaque jour en France, le plus souvent à la chaîne, rappelle la journaliste du « Monde » Audrey Garric.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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La société face au « paradoxe de la viande »

Analyse. Nous continuons à soustraire à la vue d’une opinion publique dégoûtée par le sang la réalité de la production de viande, à savoir que trois millions d’animaux sont tués chaque jour en France, le plus souvent à la chaîne, rappelle la journaliste du « Monde » Audrey Garric.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 12h27
    |

            Audrey Garric








                        



                                


                            

Analyse. Que savons-nous des conditions de vie des animaux d’élevage, ou plutôt, que voulons-nous savoir ? La question se pose à la lecture d’une tribune publiée par Libération le 18 mars, intitulée « Pourquoi les végans ont tout faux ». Les trois auteurs, le politologue Paul Ariès, le journaliste Frédéric Denhez et la sociologue et directrice de recherches à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) Jocelyne Porcher, pourfendent les individus qui excluent de leur quotidien tout produit d’origine animale (viande, poisson, œufs, lait, fromage, laine, cuir, cosmétiques, etc.).
Non, clament-ils, les végans ne vont sauver ni les animaux, ni les humains de la famine, ni l’agriculture, non plus l’écologie, notre alimentation ou notre santé. Le véganisme est dépeint comme « un monde terrifiant », « dangereux », qui « menace de nous faire perdre notre humanité », de « dépendre d’une alimentation industrielle 4.0 » et « d’uniformiser nos paysages ».
Parmi les arguments développés par les signataires en figure un cher aux amateurs de viande : l’intérêt des animaux. « Nous avons des intérêts respectifs à vivre ensemble plutôt que séparés », assurent les auteurs. « Ainsi est-il probable, tempèrent-ils à peine, qu’ils ne demandent pas à être libérés (…). Les animaux demandent à vivre avec nous, et nous avec eux, ils demandent à vivre une existence intéressante, intelligente et digne. »
Mon steak n’est pas un animal
Bien habile celui qui peut dire ce que veulent les animaux domestiques quand même l’éthologie, malgré ses progrès, n’a toujours pas réussi à le déterminer. Rien n’indique qu’ils acceptent les conditions de vie qu’on leur réserve dans les exploitations industrielles – une situation que dénoncent par ailleurs les auteurs de la tribune.
En France, 69 % des poules pondeuses sont enfermées...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Le mouvement végan demande à ce que l’on ne consomme plus de produits d’origine animale. Mais comment se nourrir et sortir d’un modèle agro-industriel ? Le journaliste Aymeric Caron et la sociologue Jocelyne Porcher en débattent.
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/04/2018
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Pourquoi faudrait-il être végan  ?

Le mouvement végan demande à ce que l’on ne consomme plus de produits d’origine animale. Mais comment se nourrir et sortir d’un modèle agro-industriel ? Le journaliste Aymeric Caron et la sociologue Jocelyne Porcher en débattent.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 10h09
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            

Le véganisme, à la fois pratique alimentaire excluant la consommation de produits d’origine animale et mouvement de défense des animaux qui connaît un développement important en France, commence à être remis en cause.
Le Monde a proposé à l’une des signataires de cet article, la sociologue Jocelyne Porcher, auteure de Vivre avec les animaux : une utopie pour le XXIe siècle (La Découverte, 2011), d’échanger avec le journaliste Aymeric Caron, figure du mouvement antispéciste en France et auteur de l’ouvrage Antispéciste (Don Quichotte, 2016).
Mme Porcher, vous dénoncez les arguments avancés par le mouvement végan. Pouvez-vous nous dire pourquoi vous estimez que les végans sont dans l’erreur ?
Jocelyne Porcher : Les végans font fausse route parce qu’ils méconnaissent la manière dont ont émergé les relations de domestication. Elles ne sont pas seulement le fruit de la volonté humaine, mais aussi de celle des animaux. La plupart des espèces domestiques sont des proies et elles ont, dans la nature, une espérance de vie assez courte.
On peut penser que les relations de domestication ont rencontré l’intérêt de certaines espèces parce qu’elles leur apportent protection et sécurité alimentaire. La domestication n’est donc pas un rapport de domination et d’exploitation. C’est au contraire fondamentalement un rapport de pacification et de communication, l’inverse des rapports de prédation auxquels veulent nous ramener certains « libérateurs » des animaux.
« La collaboration entre humains et animaux nous permet de partager un monde commun beaucoup plus riche en affects et en expériences que nos mondes séparés. »
Il faut encore évoquer un point qui fonde cette relation, qui est pour moi le plus important et que j’étudie maintenant depuis une dizaine d’années, ce sont les relations de travail entre humains et animaux. La collaboration entre humains et animaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Libéraliser le secteur ferroviaire est une « bonne chose », affirme Emmanuel Macron. Il rompt ainsi, explique l’économiste David Spector, avec vingt-cinq ans de discours gouvernemental. Mais les bénéfices de l’opération risquent d’être peu perceptibles.
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Assumer l’ouverture de la SNCF à la concurrence, un pari osé

Libéraliser le secteur ferroviaire est une « bonne chose », affirme Emmanuel Macron. Il rompt ainsi, explique l’économiste David Spector, avec vingt-cinq ans de discours gouvernemental. Mais les bénéfices de l’opération risquent d’être peu perceptibles.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 10h14
    |

David Spector (Economiste)







                        



                                


                            
« Cela fait vingt ans que toutes les majorités confondues ont décidé que l’on devait ouvrir le transport ferroviaire à la concurrence et, d’ailleurs, c’est plutôt une bonne chose. La concurrence permet de mieux faire fonctionner les choses, même si ce n’est pas un but en soi. » Ces remarques d’Emmanuel ­Macron en réponse à une question sur la réforme de la SNCF, jeudi 12 avril sur TF1, comprennent une part de continuité et une part de nouveauté.
Rigueur budgétaire
La continuité tient à ce que, comme c’est souvent le cas depuis vingt-cinq ans, une réforme est présentée comme une adaptation nécessaire à un contexte résultant de choix effectués au niveau européen. La part de nouveauté tient à ce que, contrairement à ce qui était devenu une figure de style dans les discours des gouvernements successifs, le président ne feint pas de regretter une contrainte européenne dans laquelle la France n’aurait aucune part.
Depuis le traité de Maastricht en 1992, on invoque les règles européennes plutôt qu’un souci de bonne gestion pour justifier une relative rigueur budgétaire. Aux chefs d’entreprise qui quémandent des subventions, les ministres des finances répondent qu’à leur grand regret, le droit communautaire interdit les aides d’Etat. A ceux qui réclament des mesures protectionnistes ou la préférence nationale pour les commandes publiques, on oppose les règles du marché unique et le monopole de la Commission européenne sur les négociations commerciales.
Cette rhétorique est fallacieuse, parce que toutes les règles européennes trouvent leur source dans des traités et directives adoptés à l’unanimité des Etats membres, donc avec l’accord de la France. Elle est hypocrite, parce que ceux qui feignent de déplorer la contrainte extérieure l’utilisent en réalité souvent pour justifier des mesures impopulaires qu’ils jugent fondées en elles-mêmes, ce qui contribue depuis longtemps à la perception du projet européen comme antidémocratique.
Cheval de...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans les revues. Les grandes marques de parfumerie aiment faire figurer dans la composition de leurs « jus » le noms de fleurs rares. Les flacons les plus célèbres sont pourtant de véritables cocktails chimiques, explique le nouveau numéro de « Nez ».
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Parfums : le fétichisme du naturel

Dans les revues. Les grandes marques de parfumerie aiment faire figurer dans la composition de leurs « jus » le noms de fleurs rares. Les flacons les plus célèbres sont pourtant de véritables cocktails chimiques, explique le nouveau numéro de « Nez ».



Le Monde
 |    21.04.2018 à 06h30
    |

            Frédéric Joignot








                        


Connaissez-vous le paradoxe de l’odeur du magnolia ? Cette fleur qui embaume au printemps fascine depuis longtemps la parfumerie. Seulement, son extrait n’ayant pas la senteur de la plante, elle n’était pas employée. Et puis, dans les années 1990, le parfumeur Maurice Roucel en introduisit, dit-il, « un poil de poil » dans Tocade, de Rochas, puis dans Faubourg, d’Hermès, et cette essence nouvelle leur a apporté « une fraîcheur, de l’ouverture, un coup de laser ! »
Rien à voir avec l’odeur naturelle de la fleur, mais les grandes marques de parfum peuvent désormais faire entrer ce nom magique, magnolia, dans la composition des parfums. C’est important pour vendre des flacons au coût certain.
Pavot bleu et vanille
Car, aujourd’hui, nous apprend la revue Nez dans son cinquième numéro, le « fétichisme du naturel » règne chez les amateurs de parfumerie. Le public aime à découvrir des noms évocateurs de fleurs rares – le pavot bleu de l’Himalaya dans Poème, de Lancôme – et de plantes mythiques – la vanille dans Shalimar, de Guerlain – dans la liste des ingrédients. Il croit la nature « toujours bonne » pour faire de « vrais parfums », et préfère ces appellations enchantées à celles, chimiques, en usage chez les fabricants des jus. Maurice Roucel ironise : « La vanille se prête au rêve, la vanilline le fait tourner au cauchemar. » 
Pourtant, comme le montre le passionnant dossier de Nez, les parfums le plus célèbres sont de véritables cocktails chimiques obtenus à la suite de distillations fractionnées, d’extractions au dioxyde de carbone, en synthétisant des molécules. C’est justement là que résident le génie et le savoir-faire des parfumeurs. Reconstituer une émotion humaine, une odeur envoûtante perdue, le parfum rare d’une fleur, grâce à leur cuisine moléculaire.
Nez. La revue olfactive, éd. Agent trouble, 144 p., 19,90 €, en librairie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ A l’heure où Israël fête ses 70 ans d’existence, l’ancien chef du Mossad, qui soutient la solution dite à deux Etats, s’inquiète des divisions au sein des institutions et de la société, notamment sur les questions religieuses.
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Efraïm Halevy : « Les problèmes intérieurs d’Israël pourraient devenir une menace existentielle »

A l’heure où Israël fête ses 70 ans d’existence, l’ancien chef du Mossad, qui soutient la solution dite à deux Etats, s’inquiète des divisions au sein des institutions et de la société, notamment sur les questions religieuses.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 13h54
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 10h24
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



                                


                            
Efraïm Halevy, 83 ans, fut le directeur du Mossad entre 1988 et 2002, service secret dans lequel il a passé l’essentiel de sa carrière. Cette voix très respectée du débat public en Israël a servi sous cinq premiers ministres. Il a été aussi ambassadeur auprès de l’Union européenne. Alors que l’Etat d’Israël a fêté cette semaine le 70e anniversaire de son existence, il revient sur les conditions de survie de son pays, mais aussi sur la crise qu’il traverse.
Vous êtes né à Londres, en 1934, et vous êtes arrivé en Israël en 1948. Que représente pour vous le 70e anniversaire de la naissance de l’Etat ?
On ne peut séparer les 70 ans de l’histoire d’Israël de celle de la nation juive. Celle-ci a préservé son identité sous la forme d’une diaspora pendant deux mille ans en se répandant sur la majeure partie du globe, malgré les distances entre communautés et alors que les moyens de transports et de communication étaient limités. La naissance d’Israël a fait suite à la seconde guerre mondiale. Je suis arrivé ici en avril 1948, quelques semaines avant la naissance de l’Etat [l’indépendance a été déclarée le 14 mai 1948 par David Ben Gourion]. Jérusalem était assiégée, on a dû attendre le premier cessez-le-feu pour y parvenir.
A l’époque, il n’y avait ici que 600 000 juifs. La question de leur survie, avec des armées régulières nous entourant au sud, à l’est et au nord, se posait. La quantité de nos forces combattantes représentait 10 % de la population. Le nombre de victimes fut de 6 000, soit 10 % de ces 10 %. La question du soutien international n’était pas claire. Le général américain George Marshall [alors secrétaire d’Etat], par exemple, ne croyait pas à la survie de notre Etat. Il voulait qu’on reporte la déclaration d’indépendance. Les juifs américains qui voulaient nous faire parvenir des armes se retrouvaient devant les tribunaux. Ce sont surtout les Soviétiques qui nous ont aidés.





                        

                        

