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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Co-produite par la BBC, la série documentaire de James Honeyborne et Mark Brownlow est proprement « bluffante » (sur France 2 à 20 h 55).
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TV – « Planète bleue, Voyage au cœur des océans »

Notre choix du soir. Co-produite par la BBC, la série documentaire de James Honeyborne et Mark Brownlow est proprement « bluffante » (sur France 2 à 20 h 55).



Le Monde
 |    21.04.2018 à 18h00
    |

                            Camille Langlade








                        


Documentaire sur France 2 à 20 h 55

Après avoir sondé les ­secrets du monde marin dans Planète bleue (2001), la BBC propose une nouvelle série documentaire. Coproduite avec plusieurs chaînes étrangères, dont France Télévisions, cette suite, composée de sept épisodes, sera diffusée en deux parties.
Près de quatre ans de production à travers trente-neuf pays ont été nécessaires à la réalisation de cette odyssée au cœur des océans et de leurs rivages. Le résultat est bluffant. On plonge volontiers dans les entrailles de cette planète bleue, à la rencontre de ses habitants et de ses curiosités.
Se nourrir, se reproduire et survivre. Appuyée par un socle de données scientifiques, Planète bleue révèle le quotidien des animaux marins, à la surface de l’eau comme dans les abysses. Théâtre de tous les dangers, la vie aquatique illustre parfaitement la notion de chaîne alimentaire, où chaque prédateur se fait proie. Une famille de poissons-clowns à la recherche d’un cocon familial, des hordes de mérous se reproduisant au péril de leur vie ou encore de jeunes sternes prenant leur envol : on assiste à une véritable épopée, faite de combats, de délivrances, d’allégresse et de moments de poésie. Le film varie habilement les registres, de la saynète comique aux épilogues tragiques ou inattendus, comme lorsqu’on découvre que certains poissons – en l’occurrence les labres à tête de mouton femelles – se transforment, après un certain âge, en mâles.
Dans Planète bleue, les animaux constituent des personnages à part entière. Des héros dont les ­caméras se sont approchées au plus près, pour capter leurs mouvements, mais aussi leurs émotions. En témoigne notamment une scène de chasse filmée à dos d’orque. Les dernières innovations en matière de techno­logie et de plongée ont en effet permis aux équipes du film de tourner des scènes inédites, en allant toujours plus profond, plus longtemps et le plus discrètement possible.

Mais les animaux et autres crustacés n’ont pas le monopole du grand bleu. Les forces de la nature, les marées et les vagues, restent de véritables architectes marins, qui sculptent le littoral. Rien d’étonnant quand on sait que lorsqu’elles se brisent sur les ­côtes, au large du Portugal, certaines vagues dégagent une puissance phénoménale
Le documentaire alterne dramatisation et contemplation. Mention spéciale pour le ballet aquatique des raies Mobula, au large de la mer de Cortez, au nord du Mexique, qui, après avoir sauté au-dessus de l’eau, s’élancent à la poursuite de planctons phosphorescents, dans une séquence magique. Toutes ces ­tranches de vie sont commentées avec saveur par le comédien François Morel. Une place importante est aussi donnée aux bruitages, qui viennent s’ajouter à des partitions orchestrales ­omniprésentes.
Performances visuelles
Si les transitions sont parfois laborieuses – conséquence, sans doute, du redécoupage des épisodes –, l’ensemble reste captivant. Destiné aux petits comme aux grands, le film n’en oublie pas la problématique du réchauffement climatique, abordée dans une ultime séquence. Un ennemi tacite aux répercussions tragiques, qui vient s’immiscer dans cette vie sauvage vide d’homme. Riche en performances visuelles plus qu’en démonstrations scientifiques, ce spectacle ravira autant les amateurs de documentaire animalier que les ­néophytes.
Planète bleue, Voyage au cœur des océans, de James Honeyborne et Mark Brownlow, 1/2 (GB, 2018, 90 min). Suivi du « making of ». La seconde partie sera diffusée le samedi 28 avril.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde », raconte les expérimentations du château, racheté par 25 000 personnes à travers une plate-forme de crowdfunding.
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« Au château de la Mothe-Chandeniers, un nouveau modèle économique pour les monuments menacés »

Dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde », raconte les expérimentations du château, racheté par 25 000 personnes à travers une plate-forme de crowdfunding.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 10h53
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            

Chronique. Chargé par le président de la République d’une mission d’identification du patrimoine en péril et de recherche de nouvelles solutions économiques pour sa sauvegarde, Stéphane Bern connaît bien le cas du château de la Mothe-Chandeniers, même s’il n’y a jamais mis les pieds. L’animateur de radio et de télévision fait partie des 25 000 personnes ayant acquis cette bâtisse en ruine du nord de la Vienne, mise en vente collectivement, fin 2017, par une plate-forme de crowdfunding spécialisée dans le patrimoine culturel, Dartagnans.

La collecte avait alors enflammé le secteur du financement participatif : 1,617 million d’euros avaient été réunis en 80 jours pour le rachat du château à son propriétaire, un ancien enseignant qui en demandait 500 000. Une dépêche de l’AFP, reprise par de nombreux médias dans le monde, participa largement au succès de l’opération : des contributeurs originaires de 115 pays devinrent ainsi copropriétaires, moyennant 50 euros, de cet édifice aux murs dévorés par une végétation envahissante. Qui sait si Stéphane Bern, qui a lancé le projet d’un Loto du patrimoine (censé rapporter entre 15 et 20 millions d’euros, en septembre), ne trouvera pas dans le sauvetage du château de la Mothe-Chandeniers une idée à copier : celle d’un nouveau modèle économique pour les monuments menacés par le chiendent.
Pour l’heure, on s’active sur place. Fermée au public depuis des décennies, la forteresse devrait accueillir ses premiers visiteurs en juin. Ce week-end, une trentaine de coactionnaires seront sur le pont pour installer un grillage autour du parc, dans le cadre d’un des nombreux chantiers participatifs qui se succéderont pendant les prochaines années. Une phase de travaux de « cristallisation », destinée à empêcher la structure de s’affaisser plus encore, devrait prochainement commencer. Son coût : 5 millions d’euros. Remettre le château dans son état originel reviendrait entre 70 et 100 millions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Polyvalente et irrévérente, joueuse et partageuse, la jeune scène belge est l’attraction de la 42e édition du festival berruyer, d’Angèle à Damso, d’Hamza à JeanJass & Caballero.
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édition abonné


Les Diables rouges du Printemps de Bourges

Polyvalente et irrévérente, joueuse et partageuse, la jeune scène belge est l’attraction de la 42e édition du festival berruyer, d’Angèle à Damso, d’Hamza à JeanJass & Caballero.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 10h48
    |

            Aureliano Tonet








                        



                                


                            

Dans une autre vie, Henri était chauffeur de bus. A 82 ans, le voilà chauffeur de salle : « Allez gégèèèèle ! » Quand il ne donne pas de la voix, Henri joue des mains : voyez-le filmant, smartphone en pogne, les prouesses vocales d’Angèle Van Laeken, sa petite-fille, sinon de sang, du moins de cœur. A son bras, sa femme épousée en secondes noces, Cornélie ; Angèle, elle, l’appelle « mamie Pilou ». En « septante-neuf ans d’existence », comme elle dit avec son accent made in Molenbeek, l’étalagiste retraitée est restée fidèle à ce quartier populaire de la capitale belge. Alors, si Henri et Cornélie ont bravé, en ce 17 avril, la trentaine de kilomètres qui séparent Bruxelles de Louvain-la-Neuve, c’est que le jeu en vaut la chandelle : ce soir, c’est soir de premières.
Première fois qu’Angèle présente en Belgique le tour de chant qu’elle donnera, le 26 avril, au palais d’Auron, l’une des scènes principales du Printemps de Bourges. Première fois, surtout, qu’Henri et Cornélie se rendent à un « vrai » spectacle de celle qui, de mémoire de mamie, a toujours chanté, « même quand elle était haute comme trois pommes ». Depuis, la gamine a grandi. Jusqu’à rassembler, du haut de ses 22 ans et sur la foi de deux hits (La Loi de Murphy et Je veux tes yeux), plusieurs centaines d’ados dans une grosse grange incongrue, La Ferme du Biéreau.
De fait, papy et mamie ne sont pas les seuls anciens à se trémousser dans la salle ; Marka et Laurence, alias papa et maman, vibrionnent à leurs côtés. Lui aussi est chanteur ; elle, humoriste. Dans la famille Van Laeken, ne manque que le frérot-rappeur, Roméo Elvis, 25 ans au compteur : « Il est sur la route, d’ailleurs sa tournée passera par La Ferme dans moins d’un mois !, plastronne papa Marka. Quant à moi, j’ai joué ici il y a un an, avec Angèle aux claviers… » Sous ses airs de coq en cuir, le rockeur est un vrai papa poule : un an durant,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix d’émissions et de podcasts à savourer en différé.
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/04/2018
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Ecologie, politique et gastronomie : des replays pour tous les goûts

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix d’émissions et de podcasts à savourer en différé.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 07h16
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Harrassé par la chaleur ? Fermez les volets et offrez-vous une pause au calme avec trois documentaires, une série et un podcast à voir ou écouter quand vous voulez.
La Méditerranée au bord de l’asphyxie

La Méditerranée était appelée par les anciens « Mare nostrum », c’est-à-dire « notre mer » en latin. Qu’en est-il de ce bien commun ?
A en juger au titre et au propos, très analysé, de l’excellent documentaire d’Alexis Marrant, elle n’en a pas pour très longtemps : paquebots de croisière hauts comme des immeubles (deux fois plus nombreux qu’il y a dix ans) qui font monter, à leur approche du port, les particules nocives dix fois plus haut que le seuil toléré ; pollutions diverses affectant gravement la santé des hommes et des cultures côtières ; constructions et bétonnages qui défigurent les côtes, etc. Tout cela mène cette mer au bord de l’asphyxie.
Traquant les malversations de certains pouvoirs politiques et financiers, montrant en quoi le tourisme de masse au faible pouvoir d’achat ne profite pas à l’économie de certains pays ayant construit des ports d’accueil, ce récit laisse pantois et dégoûté de l’absolu cynisme avec lequel ce bien commun est maltraité par son pire ennemi : l’homme. Renaud Machart
« La Méditerranée va-t-elle passer l’été ? », d’Alexis Marrant (France, 2017, 91 minutes) Arte + 7 jusqu’au 15 juin et sur YouTube. Prochaine diffusion sur Arte : mercredi 16 mai à 9 h 25.
Marine Le Pen, impair et passe



Après la débâcle de François Fillon, Bruce Toussaint a choisi de se pencher sur le parcours de Marine Le Pen pour ce deuxième numéro de « C’était écrit ». Plus précisément, il s’attache à retracer les dix derniers jours de campagne de la présidente du Front national (FN) et à en décrypter « la mécanique cachée », par un utile jeu de retours en arrière.
De sa victoire en demi-teinte, le 23 avril, à sa défaite le 7 mai, de ses multiples coups de barre à gauche puis à droite, les différentes étapes de cette déroute sont scandées et commentées par les principaux protagonistes. A commencer par celui dont l’ombre, n’aura cessé de planer – sinon de hanter – le parcours politique de la candidate : Jean-Marie Le Pen.
A travers ce nœud filial qui double le récit pour mieux l’éclairer, Bruce Toussaint analyse, entre autres, la tentative de dédiabolisation du parti qui a conduit à l’exclusion de son fondateur, mais aussi la relation quasi fusionnelle avec Florian Philippot. Relation qui s’achèvera par une défaite, dont tous ici – ou presque –, entre fiel, rancœur et amertume, reconnaissent leur responsabilité. Christine Rousseau
« C’était écrit : les dix derniers jours de Marine Le Pen », de Bruce Toussaint et Yannick Adam de Villiers (France, 2018, 90 minutes). Sur France.tv jusqu’au 22 avril.
Prostitution en mode « mineure »



Après s’être penché sur le rejet du sexe féminin en Asie dans La Malédiction de naître fille (2006, avec Manon Loizeau) puis aux drogués du sexe dans Sex Addicts (2015, avec Florence Sandis), Alexis Marant s’intéresse à un sujet ­tabou mais bien réel : la prostitution des mineures françaises. Celles-ci seraient toujours plus nombreuses à marchander leur corps, sans avoir conscience de leurs ­actes. Des femmes-enfants qui ­finissent par fuguer ou faire des ­allers-retours entre leur chambre d’enfant et celle d’un hôtel.
Le documentaire retrace l’histoire de plusieurs adolescentes. A travers elles, le réalisateur Marant filme aussi la ­détresse de parents désemparés mais tenaces, essayant de faire face à l’inertie des services de ­police en menant eux-mêmes l’enquête pour retrouver leur enfant.
Si ce film soulève des questions, il n’apporte pas véritablement de réponse. La solution miracle n’existe pas, et les éducateurs semblent être dans une ­impasse. Reste qu’en suivant le parcours de ces adolescentes mais aussi en donnant la parole aux différents acteurs (policiers, éducateurs, parents) Jeunesse à vendre a le mérite d’alerter sur l’ampleur de ce phénomène. Camille Langlade
« Jeunesse à vendre », d’Alexis Marant (France, 2017, 70 minutes). Sur France.tv jusqu’au 25 avril.
Tour du monde en haute gastronomie

La série culinaire très sophistiquée et avant-gardiste de Netflix en est à sa cinquième saison (si l’on compte la quatrième, dévolue aux pâtissiers, et un numéro exclusivement français). Elle continue de faire le portrait de chefs de cuisine parmi les plus singuliers de la planète.
On conseillera, au sein des six documentaires qui constituent la saison 3 de Chef’s Table, celui dévolu à Jeong Kwan, cuisinière révérée par les plus grands, mais qui ne sort que rarement de son pays, la Corée du Sud, et de son monastère bouddhiste, où elle prépare les repas depuis des lustres. La voir organiser ses assemblages végétaliens (ni viande, ni poisson, ni dérivés) est une expérience d’un esthétisme d’autant plus fort qu’il tient surtout à la justesse du geste. R. Ma
« Chef’s Table », saison 3, série documentaire créée par David Gelb (Etats-Unis, 2017, 6 x 54 minutes) Netflix à la demande.
« Que sont-ils devenus ? » : suivi scolaire

   


Entre 2001 et 2006, Delphine Selton, professeur de français dans un collège classé ZEP près de Meaux, a tenu son Journal d’une jeune prof, diffusé sur Arte radio. Malgré les difficultés et les frustrations, elle y témoignait de sa passion pour un métier qu’elle considérait comme une « mission ». Quinze ans après cette expérience, elle s’est mise en quête de retrouver ses élèves pour découvrir ce qu’ils étaient devenus.
Au fil de cette série documentaire, la jeune femme, confronte les contradictions entre les voix de ces enfants et leurs récits d’adulte. Elle découvre le destin gâché d’Abdelkader, un « cancre attendrissant » qui a basculé en petit revendeur de drogue. Mais aussi la surprenante métamorphose d’Ange, un caïd qui s’est révélé être, dix ans plus, tard un salarié modèle.
L’ex-prof devenue documentariste analyse avec finesse et sensibilité les échecs et les réussites de ces parcours. Elle mesure aussi, a posteriori et avec intelligence, les limites de l’école dans la réalisation de chacun de ces destins. Antoine Laurent
« Que sont-ils devenus ? », série documentaire de Delphine Saltel (4 x 25 minutes). Sur Arteradio.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ La mort du musicien, âgé de 28 ans, dont le titre « Wake me up » connut un succès mondial, suscite une vive émotion dans le royaume
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La Suède pleure le DJ Avicii

La mort du musicien, âgé de 28 ans, dont le titre « Wake me up » connut un succès mondial, suscite une vive émotion dans le royaume



Le Monde
 |    21.04.2018 à 02h09
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 18h27
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



   


La nouvelle est tombée en début de soirée, vendredi 20 avril, faisant l’effet d’une bombe en Suède. Tim « Avicii » Bergling est mort. Son corps a été découvert sans vie à Mascate, capitale du sultanat d’Oman, a annoncé son agent, sans préciser les causes du décès. A 28 ans, il n’était pas seulement, comme le rappellent les médias nationaux, « un des plus grands producteurs de musique et artistes que la Suède ait engendrés ». Il était aussi le symbole d’un succès étonnant : celui de l’industrie musicale d’un pays de seulement 10 millions d’habitants, qui est parvenu, ces dernières décennies, à s’imposer sur la scène internationale, avec des artistes comme la chanteuse Zara Larsson ou le faiseur de tubes Max Martin.
Avicii avait notamment animé, en 2015, la fête de mariage du prince Carl Philip et de sa femme, la princesse Sofia
Il avait aussi travaillé avec Madonna, qui a posté ce commentaire sur Instagram : « Tellement triste… Tellement tragique. » David Guetta, qui avait collaboré avec lui en 2012, a publié sur son compte Twitter une photo de lui avec Avicii accompagnée de ce commentaire : « Merci pour tes belles mélodies et pour le temps que nous avons partagé au studio, à jouer ensemble en tant que DJ, ou simplement en savourant la vie en tant qu’amis. »
C’est autant au talent du jeune homme qu’au rôle qu’il a joué pour le rayonnement du royaume que les Suédois rendaient hommage, vendredi. Sur Instagram, le premier ministre, Stefan Löfven, salue la mémoire d’« un des plus grands artistes contemporains qu’ait connus la Suède ». Le leadeur de l’opposition, Ulf Kristersson, évoque, lui, « un des plus grands succès musicaux » du pays. Tim Bergling, rappelle-t-il, « appartient à ce groupe important qui a placé la Suède sur la carte musicale internationale ».
Même la famille royale a réagi, par le biais du prince Carl Philip et de sa femme, la princesse Sofia. Avicii avait animé la fête de leur mariage en 2015. « Nous sommes reconnaissants d’avoir pu apprendre à le connaître comme artiste et comme la belle personne qu’il était », écrit le couple. Le fondateur d’Abba, Björn Ulvaeus, regrette, lui, la disparition d’un artiste « très talentueux ».
Salles combles
En février 2014, Wake Me Up, le tube du DJ, avait battu tous les records sur le service de streaming musical suédois Spotify, en devenant le titre le plus écouté, avec plus de 200 millions d’écoute en ligne. Le patron de la plate-forme, Daniel Ek, écrit sur Twitter : « Les mots ne peuvent exprimer la tristesse que je ressens en apprenant qu’Avicii nous a quittés bien trop tôt. Je suis reconnaissant pour le peu de temps que nous t’avons eu sur Terre. » Spotify proposait d’ailleurs, vendredi soir, une playlist « This is Avicii », regroupant 49 chansons de l’artiste, qui totalisait plus de 230 000 abonnés vers 23 heures.

        Lire aussi :
         

                Mort du DJ Avicii : cinq titres qui ont marqué sa carrière



En Suède, la nouvelle de sa mort a dominé tous les sites d’information pendant la soirée. « C’est complètement choquant, mais son héritage va se répercuter sur l’histoire de la musique pendant longtemps », constate le quotidien Svenska Dagbladet. La journaliste Annah Björk se souvient d’un soir de mars 2012 : « Quelqu’un du nom d’Avicii avait fait salle comble à Globen [la plus grande scène suédoise]. Pas une fois, ni deux, mais trois soirs de suite. En principe, personne de plus de 30 ans n’avait entendu parler de lui et tout d’un coup, il était le plus grand artiste du pays. »
La journaliste se rappelle avoir évoqué les Beatles dans l’article qu’elle a ensuite rédigé : « Je faisais allusion au chaos qu’il créait, à l’incompréhension totale qu’il semblait susciter chez les adultes, ceux qui n’acceptaient pas le fait qu’une seule personne, qui appuyait sur des boutons sur son ordinateur, pouvait attirer un public énorme dans le monde entier. » Six ans plus tard, la comparaison tient toujours : « Il a créé un style musical qui a changé le monde autour de lui », écrit-elle.
Star sous pression
Le quotidien Dagens Nyheter évoque, pour sa part, les disparitions de Kurt Cobain, en 1994, et d’Amy Winehouse, en 2011. « Un froid glacial, particulièrement brutal et anxiogène, s’abat quand la mort emporte de jeunes gens », note le journal. Avant de rappeler que si Avicii était « un artiste avant-gardiste », il était aussi « un business », ce qui lui a valu des critiques, à lui et à son manager, Arash « Ash » Pournouri, dont le rôle a été essentiel dans la création du phénomène. Le magazine Forbes avait calculé qu’il était devenu l’un des DJ les mieux payés au monde, avec des revenus estimés à 28 millions de dollars pour la seule année 2014.
Les journaux suédois évoquent aussi les démons de l’artiste, révélés dans le documentaire Avicii : True Stories, de Levan Tsikurishvili. Tim Bergling se confiait sur ses angoisses, son état de santé qui se dégradait. Il souffrait d’une pancréatite, avait dû annuler des concerts et subir une opération.
La pression était énorme pour un jeune homme considéré comme « le David Guetta suédois », qui ne semblait jamais complètement à son aise dans son rôle de superstar. Rien qu’en 2011, il avait totalisé 300 concerts. Cinq ans plus tard, au sommet de sa gloire, il annonçait sa décision de renoncer à la scène, pour se consacrer uniquement à la production de musique.
Plusieurs critiques encouragent à réécouter les titres de l’artiste. « De nombreuses personnes plus âgées ont encore un trésor de chansons à découvrir, si elles renoncent à l’image d’un Avicii dont l’œuvre n’était destinée qu’aux ados fêtards, commente le quotidien Sydsvenskan. Malheureusement, ce n’est peut-être que maintenant qu’elles vont enfin donner une chance aux mélodies de ce compagnon de Garbo de 28 ans. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Retour sur la carrière d’Avicii, célèbre DJ et producteur suédois, mort à 28 ans vendredi.
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Mort du DJ Avicii : cinq titres qui ont marqué sa carrière

Retour sur la carrière d’Avicii, célèbre DJ et producteur suédois, mort à 28 ans vendredi.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 22h05
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 18h27
   





                        


DJ depuis ses 16 ans, Avicii était un monstre de travail et un pionnier de la scène Electronic Dance Music (EDM). Ce mouvement, qui désigne la fraction commerciale de la scène électronique, est connu pour avoir fait sortir cette musique des clubs fermés pour se produire dans des festivals en plein air.
Sélection, forcément subjective, des plus grands titres du DJ suédois, mort à 28 ans vendredi 20 avril.
Le titre qui l’a fait connaître dans les clubs : « Levels » (2011)



Le titre qui l’a révélé au grand public : « Wake Me up » (duo avec Aloe Blacc, 2013)



Un titre qui célèbre sa renaissance, après avoir annulé des concerts à cause de sa pancréatite aiguë : « Feeling Good » (duo avec Audra Mae, 2015)



Son dernier tube : « Lonely Together » (avec Rita Ora, 2017)



Et aussi :
L’un des titres qui lui a fait prendre conscience des dangers de la culture de la fête (« Mike Posner, I Took a Pill in Ibiza », 2015)



Dans I Took a Pill in Ibiza, son ami le chanteur Mike Posner déclare : « I took a pill in Ibiza, to show Avicii I was cool and when I finally got sober, felt ten years older. » (« J’ai pris un cachet [de drogue] à Ibiza, pour montrer à Avicii  que j’étais cool, et quand je suis enfin redevenu sobre, je me sentais plus vieux de dix ans. »)
Ces paroles ont participé à la prise de conscience d’Avicii du caractère parfois dangereux de la fête, comme il le racontait à Rolling Stone en septembre 2017 :
« Mike est un bon ami, donc je l’ai pris comme un honneur. Et je suis d’accord avec lui : les fêtes peuvent être géniales, mais c’est très facile de devenir accro à la fête dans des endroits comme Ibiza. Tu deviens esseulé et anxieux. Ça en devient toxique. »
La bande-annonce du documentaire de Levan Tsikurishvil sur le DJ suédois, « Avicii : True Stories » (2017)






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ L’artiste avait connu un succès mondial avec son titre « Wake Me Up » en 2013. Son corps a été retrouvé à Mascate, la capitale du sultanat d’Oman.
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/04/2018
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Avicii, célèbre DJ et producteur suédois, est mort à 28 ans

L’artiste avait connu un succès mondial avec son titre « Wake Me Up » en 2013. Son corps a été retrouvé à Mascate, la capitale du sultanat d’Oman.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 19h59
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 18h27
   





                        



   


Le Suédois Avicii, de son vrai nom Tim Bergling, un des DJ les plus célèbres de la scène musicale électronique, est mort vendredi 20 avril. Son corps a été retrouvé à Mascate, la capitale du sultanat d’Oman, a annoncé son agente, Diana Baron, dans un communiqué, qui précise : « Sa famille est dévastée et nous demandons à tous de respecter leur besoin de vie privée en cette période difficile. »
Le corps d’Avicii a été autopsié deux fois et les enquêteurs ont écarté toute piste criminelle, a déclaré, samedi 21 avril, une source au sein de la police omanaise. La police de ce pays du Golfe a « toutes les informations sur la mort » du DJ de 28 ans, mais « refuse de les rendre publiques pour des raisons de confidentialité » à la demande de la famille, a poursuivi cette source.
Avicii avait connu un succès mondial lors de la sortie de son titre Wake Me Up en 2013.

Un pionnier de l’Electronic Dance Music
Avicii était un pionnier de la scène Electronic Dance Music (EDM), un mouvement qui désigne la fraction commerciale de la scène électronique, qui est sortie des clubs fermés pour se produire dans des festivals en plein air. Son nom de scène venait du mot sanskrit désignant un des cercles de l’enfer bouddhiste, auquel il a rajouté un « i » pour des raisons stylistiques.
Il a collaboré avec des artistes d’horizons différents, comme Madonna, Coldplay ou David Guetta, et s’est hissé à deux reprises à la troisième place du classement des meilleurs DJ du monde, en 2012 et 2013, selon DJ Magazine, la référence en la matière.

        Lire aussi :
         

          Retour sur cinq titres qui ont marqué la carrière d’Avicii



Signe de son succès commercial, Avicii a d’ailleurs reçu deux MTV Music Awards, un Billboard Music Award et il avait été nominé deux fois aux Grammy. Il était l’une des stars de l’électro les mieux payées pendant des années : jusqu’à 15 millions de dollars (12,2 millions d’euros) en 2016, selon le magazine Forbes.
Sa mort survient quelques jours après sa nomination aux Billboard Music Award pour le meilleur album de musique électronique/dance de l’année, pour son dernier opus Avicii (01).
Il souffrait de problèmes de santé depuis 2014
Avicii avait été atteint dans le passé d’une pancréatite aiguë, notamment due à une consommation excessive d’alcool et de boissons énergisantes. Après s’être fait retirer la vésicule biliaire et l’appendice en 2014, il avait dû annuler une série de concerts pour récupérer.

   


« Ma vie a été un voyage complètement fou. J’ai commencé à composer quand j’avais 16 ans. J’ai commencé à faire des tournées quand j’avais 18 ans. A partir de ce moment-là, j’ai juste sauté dedans à 100 % », affirmait-il dans une interview à Billboard en 2016.
Il y a deux ans, il avait surpris ses fans en annonçant sa retraite : « J’ai décidé que cette tournée 2016 serait la dernière et que ça serait mes derniers spectacles », avait-il écrit en justifiant cette décision par l’envie de faire « plus [de choses] de sa vie ».
De nombreux musiciens lui rendent hommage
Dès l’annonce de sa mort, vendredi soir, les réactions de fans mais aussi de célébrités se sont multipliées sur les réseaux sociaux. « Tellement triste… Tellement tragique », a commenté Madonna sur Instagram.
« Le monde a perdu un musicien incroyablement talentueux », a réagi la star française David Guetta, qui a publié sur son compte Twitter une photo de lui avec Avicii. « Merci pour tes belles mélodies et pour le temps que nous avons partagé au studio, à jouer ensemble en tant que DJ, ou simplement en savourant la vie en tant qu’amis. »

Something really horrible happened. We lost a friend with such a beautiful heart and the world lost an incredibly t… https://t.co/etdJHQY897— davidguetta (@David Guetta)


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Le musicien suédois était « une âme belle, passionnée et extrêmement talentueuse, qui avait encore tant de choses à faire », lui a rendu hommage le Britannique Calvin Harris, le DJ le mieux payé du monde l’an dernier selon Forbes.
Charlie Puth, autre grand nom de la pop, a réagi en rendant hommage à « l’homme qui [lui] a ouvert les yeux sur ce à quoi la production de musique pourrait un jour ressembler ». « Avicii était un génie et un innovateur dans le monde de la musique. Je n’arrive pas à croire qu’il ne soit plus avec nous. RIP au tout meilleur », a-t-il écrit sur Twitter.
Deadmau5, un autre DJ de renom qui s’était moqué de la retraite précoce d’Avicii, a présenté sur le réseau social « ses condoléances les plus sincères ». « Toute moquerie mise de côté, personne ne peut nier ce qu’il a apporté à la dance, et je suis très fier de lui », a-t-il ajouté, en regrettant ne plus pouvoir « s’en prendre à lui bien après leurs 60 ans ».

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                La Suède pleure le DJ Avicii



Le fondateur de Spotify, le suédois Daniel Ek, a également réagi sur Twitter : « Les mots ne suffisent pas pour exprimer la tristesse que j’ai ressentie lorsque j’ai appris qu’Avicii nous avait quittés bien trop tôt. Je suis reconnaissant pour la petite période pendant laquelle nous t’avons eu sur Terre. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Immersion, en images, au sein de la très sélective Ecole supérieure des arts du cirque (ESAC) de Bruxelles, où les étudiants français sont bien représentés.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ A écouter cette semaine : le pianiste Piotr Anderszweski avec le Quatuor Belcea, des chansons sans paroles, une voix sénégalaise remarquable…
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Sélection albums : Dimitri Chostakovitch, Ellinoa, Cheikh Lô…

A écouter cette semaine : le pianiste Piotr Anderszweski avec le Quatuor Belcea, des chansons sans paroles, une voix sénégalaise remarquable…



Le Monde
 |    20.04.2018 à 17h47
   





                        


Dimitri Chostakovitch Quintette pour piano. Quatuor à cordes n° 3 Piotr Anderszewski (piano), Quatuor Belcea

   


Adepte de la distorsion des repères, Dimitri Chostakovitch (1906-1975) est aujourd’hui souvent cité en modèle par les jeunes compositeurs qui se détournent des voies novatrices. Sa musique a, en effet, de quoi fasciner lorsqu’elle parvient à s’inscrire hors du temps avec la maestria du Quintette pour piano (1940). Chaque registre expressif y est investi jusqu’à la saturation. A l’instar de cette fugue qui répand la désolation de manière inéluctable. Une démonstration du fataliste « c’était écrit », que le Quatuor Belcea (cordes sensibles, archets incisifs) et Piotr Anderszweski (piano doté d’un poids de balancier et d’une mouvance de sonde) réalisent à la perfection, tout comme le parcours de cette partition qui se referme sur un sourire aussi mystérieux que celui de La Joconde. Plus imagé, le Quatuor n° 3 (1946) évoque la fantasmagorie d’un Jérôme Bosch qui aurait connu la seconde guerre mondiale. Pierre Gervasoni
1 CD Alpha Classics/Outhere Music.
Ellinoa Wanderlust

   


Chanteuse et compositrice, Ellinoa a choisi huit mots de différentes langues (japonais, inuit, anglais…), en titres d’autant de pièces instrumentales dans son premier album Wanderlust. Des mots inspirations à ses superbes compositions, comme une alliance du jazz et de la musique de chambre, interprétées par le Wanderlust Orchestra. La nature et l’amour en sont deux des thèmes principaux. Une promenade en forêt avec Waldeinsamkeit, le reflet de la lune sur l’eau dans Mangata, l’impatience en attente de la venue de quelqu’un qu’évoque le tourbillonnant Iktsuarpok… Déliée, précise, envoûtante, la voix d’Ellinoa est, dans ses chansons sans paroles, l’un des instruments de la formation, qui comprend un quartette à cordes, une petite section de vents (flûte, hautbois, saxophones, trombone) et une section rythmique toute de fluidité et légèreté swing. Quatre interludes, variations sur un motif mélodique, complètent ce remarquable premier album, qui révèle une grande qualité d’écriture autant que d’exécution. Sylvain Siclier
1 CD Music Box/Inouïe Distribution. www.wanderlustorchestra.net
Cheikh Lô Né la Thiass

   


Réédité à partir des masters de la cassette originale parue en 1995, cet enregistrement de Cheikh Lô, sorti l’année suivante en CD pour le marché international, révélait une voix sénégalaise remarquable, une vision feutrée et aérée du mbalax, le rythme emblématique du Sénégal que Youssou N’Dour a propulsé à travers le monde. La star sénégalaise avait produit ce premier album de Cheikh Lô dans ses studios Xippi à Dakar. Il y avait prêté sa voix et permis la reprise de l’un de ses plus grands succès, Set, dont Cheikh Lô s’est emparé avec maestria. Les compositions du jeune chanteur, créées avec l’arrangeur et guitariste Omar Sow, dans lesquelles dansent les tambours sabar et tama du Sénégal, résonnent d’influences latines. Une veine dans laquelle il poursuivra dans ses enregistrements suivants, reprenant notamment El Carretero, une guajira du chanteur et guitariste cubain Guillermo Portabales. Patrick Labesse
1 disque vinyle World Circuit/PIAS (parution pour le Disquaire Day, le CD suivra le 11 mai).
Michael Barenboim 6 Capricci, de Sciarrino. Sonate pour violon en sol mineur « Les Trilles du Diable », de Tartini. Sequenza VIII, de Berio. Caprices op. 1 n° 1, 2, 3, 4, 5 et 6, de Paganini Michael Barenboim (violon)

   


Comme son premier album en 2017 (Bach, Bartok, Boulez), le violoniste Michael Barenboim consacre son second disque au répertoire pour violon seul. Un exercice exigeant de la musique digne de son père, Daniel Barenboim, dont il est le rejeton très doué. On ne savait pas le répertoire italien si naturellement sensuel sous les doigts du jeune musicien, qui mêle avec une manière d’élégante évidence partitions contemporaines et répertoire virtuose, entre expressivité et exubérance, rigueur et précision. Il faut entendre avec quelle maîtrise d’archet et inventivité sonore le violoniste rend les diaprures quasi immatérielles de Sciarrino, préparant en quelque sorte la fantastique injonction des fameux Trilles du Diable de Tartini débarrassés ici de la morgue léguée par le violon de Fritz Kreisler. Souplesse, fantaisie et technique superlative rivalisent dans la terrible Sequenza de Berio, hommage à la célèbre Chaconne de Bach. Six Caprices de Paganini poussés aux limites termineront en miroir du début ce programme qui révèle en Michael Barenboim un musicien d’exception. Bon sang ne saurait effectivement mentir. Marie-Aude Roux
1 CD Accentus.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ A voir aussi ce soir. A travers Jeff Stryker, un narrateur fictif, Sylvain Desmille entrecroise l’histoire d’une famille à celle d’un pays, les Etats-Unis, de 1918 à 1945 (sur LCP à 20 h 30).
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TV – « My American Way of War », une histoire familiale de l’Amérique

A voir aussi ce soir. A travers Jeff Stryker, un narrateur fictif, Sylvain Desmille entrecroise l’histoire d’une famille à celle d’un pays, les Etats-Unis, de 1918 à 1945 (sur LCP à 20 h 30).



Le Monde
 |    20.04.2018 à 17h30
    |

                            Antoine Flandrin








                        


Docu-fiction sur LCP à 20 h 30

Jeff Stryker, narrateur fictif, raconte la vie des siens de l’armistice de 1918 au largage de la bombe atomique sur Hiroshima, le 6 août 1945, jour de sa naissance. « Peu après la mort de mon père, Mike Stryker, j’ai découvert les carnets de voyage, bobines de film, brouillons de lettres et les photographies qu’il avait laissés à mon intention », annonce-t-il d’emblée.
Jeff Stryker se rend compte qu’il connaît mal sa famille. Ce qui le pousse à mener l’enquête. Chemin faisant, il s’aperçoit à quel point l’histoire des siens coïncide avec celle du siècle américain.
Le documentariste Sylvain Desmille use ainsi de ce matériau souple qu’est la mémoire familiale pour interroger le destin des Etats-Unis. Le narrateur s’évertue à restituer, de manière certes un peu mécanique, les dynamiques à l’œuvre dans la société américaine pendant l’entre-deux-guerres : attentats anarchistes, essor des mouvements nationalistes et isolationnistes, affirmation des théories racistes et antisémites, crise et dépression économique…
Un pastiche
Au fil de cette trame, Jeff Stryker revient sur les pérégrinations des membres de sa famille emblématique du melting-pot. Son père, Mike, est né dans le Dakota du Sud, dans un milieu rural et conservateur. Sa mère, Gisèle, est une juive new-yorkaise dont les parents ont fui les pogroms en Russie. Le grand-père trempe dans le crime organisé durant les Roaring Twenties (« années 20 rugissantes ») et l’oncle, attiré par le Bund germano-américain, organisation nazie née aux Etats-Unis dans les années 1930, apparaissent pour leur part comme des archétypes dont la fonction est d’ordonner un récit donnant à voir une société gagnée par les excès.

A coup sûr, ce film n’est pas un documentaire critique qui viserait à convaincre par le fruit de la démonstration. Il faut le voir pour ce qu’il est : un pastiche. Comme il l’avait fait dans son My American Way of Life, Sylvain Desmille multiplie les références aux cultures visuelle et musicale qui ont contribué à façonner l’histoire des Etats-Unis. S’il a formaté son film au 16/9, il ne s’est pas privé de jouer avec les rayures, les saturations et le grain des images d’archives. A cette aune, l’accent américain du narrateur apparaît comme un gimmick dans un film qui ne manque pas de coquetterie.
My American Way of War, de Sylvain Desmille (Fr., 2016, 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a donné son aval après la prise par SFR de nouveaux engagements en faveur de la diversité.
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Le CSA agrée la prise de contrôle de NextRadioTV par SFR

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a donné son aval après la prise par SFR de nouveaux engagements en faveur de la diversité.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 17h28
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 18h12
   





                        



   


Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a annoncé, vendredi 20 avril, avoir donné son agrément à la prise de contrôle exclusif de NextRadioTV par SFR (groupe Altice), qui a pris de nouveaux engagements en faveur de la diversité pour la chaîne Numéro 23.

Le CSA a pris sa décision à l’issue d’une procédure qui a notamment comporté une étude d’impact sur les effets du rachat de Numéro 23 par NextRadioTV.
« Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a agréé, ce jour, la prise de contrôle exclusif par le groupe SFR de la société Groupe News Participations, actionnaire majoritaire du groupe NextRadioTV », écrit-il dans un communiqué.
« Cet agrément de modification de contrôle se traduira par des avenants aux conventions des services de NextRadioTV. Ceux-ci tiendront compte du changement de répartition du capital et des nouveaux engagements en faveur de la diversité pris par SFR pour la chaîne Numéro 23. »
Une intégration déjà validée par l’autorité de la concurrence
L’Autorité de la concurrence avait donné son feu vert début 2017 à cette intégration de NextRadioTV – qui détient aussi les chaînes de télévision BFM-TV et RMC Découverte et les stations de radio RMC et BFM Business – en estimant qu’elle n’était pas de nature à porter atteinte à la concurrence sur ces marchés de la télévision, notamment vis-à-vis du groupe Canal+, filiale de Vivendi.

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                SFR fait le pari du mariage des médias et des télécoms






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Dans plusieurs langues, selon plusieurs écritures, l’artiste écrit sur toutes sortes de supports, de la feuille de papier au drap de lit, du tee-shirt au mur.
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Sélection galerie : Babi Badalov chez Jérôme Poggi

Dans plusieurs langues, selon plusieurs écritures, l’artiste écrit sur toutes sortes de supports, de la feuille de papier au drap de lit, du tee-shirt au mur.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 17h22
    |

                            Philippe Dagen








                        



   


Babi Badalov est né en Azerbaïdjan en 1959. Il a vécu en Russie, a été expulsé du Royaume-Uni et a fini par venir vivre en France en 2011, protégé par son statut d’exilé politique. Dans plusieurs langues, selon plusieurs écritures, Badalov écrit sur toutes sortes de supports, de la feuille de papier au drap de lit, du tee-shirt au mur, en noir et blanc et en couleurs. Calligraphe, il a le génie de l’allitération, de l’assonance, du glissement ­progressif d’un mot à un autre, du néologisme aussi. Ce ne sont pas des jeux d’esprit ni des calembours ­scabreux à la façon de Rrose Sélavy – Marcel Duchamp –, mais une forme à la fois ­poétique et conceptuelle, entre poème et aphorisme, haïku et ­litanie. Les réflexions politiques et esthétiques y sont aussi fréquentes qu’irrévérencieuses et ­libres. Il y a autant d’invention, d’ironie et de subtilité dans ses « poupées », masques et coiffes cousus avec des bouts de tissus récupérés. En un mot, voici un grand et profond artiste.
« De More Cry Sea », de Babi Badalov. Galerie Jérôme Poggi, 2, rue Beaubourg, Paris 4e. Tél. : 09-84-38-87-74. Du mardi au samedi de 11 heures à 19 heures. Jusqu’au 27 mai. www.galeriepoggi.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Le président syrien Bachar Al-Assad a rendu son titre de grand-croix dont il avait été décoré en 2001.
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Cinq questions sur la Légion d’honneur

Le président syrien Bachar Al-Assad a rendu son titre de grand-croix dont il avait été décoré en 2001.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 17h17
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 18h10
    |

            Maxime Vaudano








                        



   


La présidence syrienne a annoncé, jeudi 19 avril, avoir rendu la Légion d’honneur attribuée par la France en 2001 à Bachar Al-Assad. L’entourage du président français, Emmanuel Macron, avait annoncé lundi que la France avait engagé une procédure de retrait de la Légion d’honneur au président Assad, deux jours après la participation de Paris à des frappes contre des sites du régime syrien.
Cette décoration française, créée par Napoléon Bonaparte au début du XIXe siècle, récompense toutes sortes de personnalités qui se sont distinguées dans leur domaine. Mais elle est parfois critiquée. Emmanuel Macron avait annoncé en novembre qu’il allait réduire de 50 % le nombre de décorés civils et de 25 % les remises à des personnalités étrangères pour « redonner du sens » à cette distinction.
Doit-on demander la Légion d’honneur pour l’obtenir ?
Non. Comme l’expliquait déjà Rue89 en 2009, il est impossible de se porter candidat à un grade de la légion d’honneur. C’est une tierce personne qui doit proposer votre nom :
soit un ministre, qui reçoit généralement des propositions des préfets, des élus ou des associations ;soit 50 citoyens, grâce à la procédure d’initiative citoyenne introduite en 2008.
Par le biais de ces deux procédures, près de 4 000 dossiers sont constitués chaque année puis étudiés par le conseil de l’ordre de la Légion d’honneur, qui sélectionne ensuite 3 000 lauréats, avant l’approbation définitive du président de la République, qui signe de sa main les décrets.
Peut-on refuser la Légion d’honneur ?
Oui. Plusieurs personnalités ont choisi de bouder la décoration : Hector Berlioz, Pierre et Marie Curie, Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, Marcel Aymé, Bourvil, Philippe Séguin…
En général, pour éviter un incident diplomatique, les potentiels décorés sont avertis en amont. Dans tous les cas, on ne peut pas être honoré à son corps défendant. Pour entrer officiellement dans l’ordre de la Légion d’honneur, il faut en effet se faire remettre physiquement la décoration.
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le compositeur Hector Berlioz, ici célébré par des artistes russes en 1953, à Moscou, à l'occasion du 150e anniversaire de sa naissance, a refusé la Légion d'honneur en 1864. Celui auquel l'Etat désargenté entendait payer une messe de Requiem avec le ruban rouge au lieu de lui verser les 3 000 francs promis s'était alors emporté : « Je me fous de votre croix. Donnez-moi mon argent ! »"
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            data-slide-description="Pierre et Marie Curie ont été plus sobres dans leur manière de repousser la prestigieuse distinction : « En sciences, nous devons nous intéresser aux choses, non aux personnes », justifiait Marie Curie. « Je n'en vois pas la nécessité », avait pour sa part commenté Pierre Curie. Le couple n'a toutefois pas échappé à l'hommage post-mortem, puisqu'il repose dans le sanctuaire du Panthéon."
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            data-slide-description="La romancière George Sand a usé d'humour pour refuser l'insigne au ministre qui le lui proposait : « Ne faites pas cela cher ami, je ne veux pas avoir l'air d'une vieille cantinière ! »"
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            data-slide-description="Les écrivains et philosophes Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, ci-dessus sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro, en 1960, ont aussi dit non à la Légion d'honneur. En 1945, Jean-Paul Sartre argue de la liberté : « L'écrivain doit refuser de se laisser transformer en institution, même si cela a lieu sous les formes les plus honorables, comme c'est le cas. » Il refusera également le prix Nobel de littérature en 1964."
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            data-slide-description="L'écrivain et dramaturge Marcel Aymé a adopté une posture plus directe. A ceux qui la lui proposaient, il répondit en 1949, dans un article, qu'ils pouvaient « se la carrer dans le train »."
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            data-slide-description="L'acteur Bourvil, ici avec Annie Cordy en 1966 à Paris, avait refusé par modestie cette distinction que le général de Gaulle se proposait pourtant de lui remettre en personne."
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            data-slide-description="« Ce petit hochet à la boutonnière/Vous le condamne à de bonnes manières/Car ça la fout mal avec la rosette/De tâter, flatter, des filles les appas… ». Le chanteur-compositeur Georges Brassens, ici en 1972, a consacré une satire à la Légion d'honneur, dans laquelle il dénonce « le fatal insigne qui ne pardonne pas »."
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            data-slide-description="Léo Ferré, ici lors de la première de son tour de chant au Théâtre Dejazet, à Paris, le 25 avril 1988, a chanté et décrit la Légion d'honneur dans Il n'y a plus rien : « Ce ruban malheureux et rouge comme la honte dont vous ne vous êtes jamais décidé à empourprer votre visage. »"
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            data-slide-description="Le comédien et humoriste Coluche avait prévenu : « Si on voulait me donner la Légion d'honneur, j'irais la chercher en slip pour qu'ils ne sachent pas où la mettre. »"
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            data-slide-description="Philippe Séguin, ministre puis président de la Cour des comptes, ici devant une photo du général de Gaulle, à Colombey-les-Deux-Eglises, avait refusé la Légion d'honneur, car son père, Robert Séguin, mort au combat en 1944, ne l'avait pas reçue."
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            data-slide-description="C'est pour dénoncer l'« indifférence » qui touche la santé au travail et l'impunité des « crimes industriels » que la spécialiste des cancers professionnels Annie Thébaud-Mony a refusé la Légion d'honneur que lui avait décernée la ministre du logement Cécile Duflot à l'été 2012."
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            data-slide-description="En 2013, l'auteur et dessinateur de bande dessinée Jacques Tardi expliquait ainsi son refus : « Je ne suis pas intéressé, je ne demande rien et je n'ai jamais rien demandé. On n'est pas forcément content d'être reconnu par des gens qu'on n'estime pas. »"
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Le compositeur Hector Berlioz, ici célébré par des artistes russes en 1953, à Moscou, à l'occasion du 150e anniversaire de sa naissance, a refusé la Légion d'honneur en 1864. Celui auquel l'Etat désargenté entendait payer une messe de Requiem avec le ruban rouge au lieu de lui verser les 3 000 francs promis s'était alors emporté : « Je me fous de votre croix. Donnez-moi mon argent ! »


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Sur quel critère peut-on l’obtenir ?
L’ordre de la Légion précise dans son code que la décoration récompense « des mérites éminents acquis au service de la nation soit à titre civil, soit sous les armes », tout en reconnaissant qu’il n’existe pas de définition stricte ou de liste exhaustive desdits mérites. « C’est la mission du conseil de l’ordre de juger, à partir des éléments de carrière qui lui sont donnés et selon la jurisprudence de l’ordre », précise l’institution.
Pour être décoré, il vaut mieux en tout cas posséder la nationalité française (les étrangers peuvent être distingués s’ils ont rendu des services à la France ou occupent des fonctions importantes, mais ne sont pas membres de plein droit de l’institution), cumuler au moins vingt ans d’activité (sauf cas exceptionnel, comme un exploit sportif ou militaire), avoir un casier judiciaire vierge et « une bonne moralité » (une enquête est diligentée sur ce plan avant chaque attribution).
Contrairement aux idées reçues, il y a moins de légionnaires qu’avant. Créé par Napoléon en 1802, l’ordre a vu le nombre de ses membres exploser avec les grands conflits militaires du XXe siècle. Il a ainsi connu jusqu’à 300 000 membres en 1962. Comme le racontait en 2012 la revue Charles, le général De Gaulle a alors décidé d’agir pour éviter que la décoration ne se galvaude. Un quota de 125 000 légionnaires vivants est alors fixé, et une nouvelle décoration (l’ordre national du mérite) est créée comme lot de consolation.
Quels avantages confère-t-elle ?
Tout d’abord, on peut bien sûr porter la décoration au ruban rouge à la boutonnière, comme les 93 000 autres décorés, et faire apparaître son grade après sa signature dans les papiers officiels.
Ensuite, on peut adhérer à la société des membres de la Légion d’honneur, un réseau de 55 000 sociétaires qui se donne pour mission de « concourir au prestige de l’ordre national de la Légion d’honneur et contribuer au rayonnement des valeurs et de la culture de la France sur le territoire national comme à l’étranger ».
Contrairement à certaines rumeurs, la Légion d’honneur ne rapporte pas d’argent, au contraire. Comme le rappelle Francetvinfo, les décorés doivent s’acquitter depuis 2003 de droits de chancellerie (de 20,28 euros pour un simple chevalier à 101,38 euros pour les grand-croix) pour l’expédition de leur diplôme. Ils doivent en outre acheter leur décoration auprès d’un joaillier spécialisé ou de la monnaie de Paris (75 euros pour le modèle réduit, 180 euros pour la décoration standard et jusqu’à 990 euros pour la plaque de grand-croix).

   


De quoi engouffrer rapidement le maigre traitement que propose l’institution à ses membres. La « somme symbolique héritage de l’histoire » – entre 6,10 euros par an pour les chevaliers et 36,59 euros pour les grand-croix – n’est souvent même pas réclamée par les décorés.
Entrer dans la famille de la Légion d’honneur ouvre également le droit à votre descendance féminine, jusqu’aux arrière-petites-filles, de candidater dans les prestigieuses maisons d’éducation de l’institution : Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) pour le collège, puis Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) pour le lycée et le post-bac. Mais l’acceptation n’est pas systématique. En 2011, seules 55 places étaient disponibles au lycée de Saint-Denis, pour près de 400 demandes, comme le rapportait L’Etudiant.fr.
En revanche, il est formellement interdit aux membres de votre entourage d’arborer votre étoile à cinq branches : le port illégal de décoration est passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.
Peut-on la perdre ?
Oui. Un titulaire de la légion d’honneur peut être déchu de sa décoration en cas de condamnation pénale, de déchéance de la nationalité française ou s’il « a commis des actes contraires à l’honneur ou de nature à nuire aux intérêts de la France ».
C’est ce qui est arrivé à Maurice Papon, déchu en 1999 de l’ordre de commandant de la Légion d’honneur après sa condamnation définitive pour crime contre l’humanité, en raison de son implication dans la déportation de Juifs sous le régime de Vichy. Malgré les protestations, l’ancien ministre a toutefois continué d’arborer la décoration à sa boutonnière jusque dans sa dernière demeure, puisqu’il a été enterré avec sa Légion d’honneur.
Ce type de mesure reste extrêmement rare. L’une des dernières en date est l’exclusion, en janvier 2013, de l’ordre Jean-François Collin, un ancien membre de l’Organisation de l’armée secrète (OAS), décoré deux ans plus tôt comme mutilé de guerre en Algérie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ La décision de présenter un dossier de candidature relève du ministère de la culture qui ne peut en présenter qu’un seul tous les deux ans. Et beaucoup sont en lice.
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Les bouquinistes de Paris se verraient bien au patrimoine culturel de l’Unesco

La décision de présenter un dossier de candidature relève du ministère de la culture qui ne peut en présenter qu’un seul tous les deux ans. Et beaucoup sont en lice.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 16h58
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 22h35
    |

            Béatrice Jérôme








                        


Sur les quais de la Seine, chaque jour, flâneurs et visiteurs de la capitale peuvent s’attarder devant les quelque 300 000 livres d’occasion, gravures, revues vendus chez les 210 bouquinistes de Paris. Les bords du fleuve sont les seuls au monde à offrir cette librairie à ciel ouvert. Mais depuis longtemps, les porte-clés, tours Eiffel et autres souvenirs touristiques disputent la place aux ouvrages anciens dans les coffres en bois vert wagon.
La Ville de Paris dresse des procès-verbaux aux marchands qui déballent trop de babioles sur leurs étals. Les contrôles ne suffisent pas à enrayer un commerce attrape-touristes.
« Ces objets sont un mal nécessaire pour nous permettre de vivre, même si chacun d’entre nous ne devrait consacrer qu’une boîte sur quatre à la petite brocante, en vertu du règlement municipal », rappelle Jérôme Callais, président de l’association culturelle des bouquinistes de Paris. 
Pour freiner cette dérive, ce passionné de littérature pense avoir la parade. M. Callais milite pour l’inscription des bouquinistes à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel (PCI) de l’humanité établi par l’Unesco. « Le dernier petit métier de Paris » mériterait de figurer au registre des arts et traditions populaires de l’Organisation des nations unies pour l’éducation et la culture, plaide-t-il. Au même titre que la dentelle d’Alençon, le repas gastronomique français ou le fest-noz breton déjà répertoriés. Selon lui, une consécration par l’Unesco dissuaderait les bouquinistes de vendre trop de cadenas d’amour.
« La liste des dossiers éligibles est longue »
Pour Florence Berthout, maire (Les Républicains) du 5e arrondissement, l’idée de M. Callais n’a rien d’une lubie. L’élue dont l’arrondissement compte le plus fort contingent de bouquinistes du Quartier latin défend le projet avec force. « Une inscription au patrimoine de l’Unesco donnerait un coup de projecteur sur une activité qui fait l’identité intellectuelle de Paris et participe de l’exception culturelle française », s’enthousiasme-t-elle.
Présidente du groupe LR de la capitale, Mme Berthout compte interpeller Anne Hidalgo lors du Conseil de Paris qui s’ouvre le 2 mai. La maire de Paris se verra soumettre par la droite parisienne un « vœu » lui demandant de relayer auprès de l’Unesco la demande d’inscription des bouquinistes au PCI. L’idée fédère les maires LR du 1er, 6e et 7e et celui (PS) du 4e qui comptent tous des bouquinistes sur leurs quais.
Mais la bataille est loin d’être gagnée. La décision de présenter un dossier de candidature au PCI de l’Unesco relève du ministère de la culture rappelle, Olivia Polski, adjointe chargée du commerce. Mme Polski a écrit, le 30 mars, à Françoise Nyssen pour demander « avis et soutien » à ce projet.
« La richesse du patrimoine culturel immatériel français met paradoxalement la France dans une situation délicate, explique au Monde le ministère de la culture. La liste des dossiers éligibles est longue. Ce qui suppose une instruction minutieuse des candidatures pour que les chances de succès de la procédure d’inscription soient maximales. »
La France ne peut déposer qu’une seule candidature au PCI de l’Unesco tous les deux ans. Sous réserve que la ministre de la culture sélectionne ce dossier parmi beaucoup d’autres, il n’est pas certain qu’il soit retenu par l’organisation internationale. « Le projet est intéressant mais la porte sera très étroite », prévient Laurent Stefanini, ambassadeur de France auprès de l’Unesco.
« Trésor extraordinaire »
L’activité des bouquinistes devra être, au préalable, inscrite à l’inventaire français du patrimoine culturel immatériel. L’instruction prend entre huit mois et deux ans. Ce qui renverrait la possibilité d’un éventuel dépôt de leur dossier à l’Unesco au plus tôt en 2021, voire 2023. « Nous soutiendrons la démarche des bouquinistes, promet Véronique Levieux, adjointe chargée du patrimoine au sein de l’exécutif parisien. Mais les obstacles sont très nombreux. »
« L’important, c’est qu’on nous fasse un peu de communication », se rassure M. Callais. Le marchand de livres compte sur les auteurs qu’il connaît pour participer à un comité de soutien. La romancière Anna Gavalda est la première à lui avoir donné son accord.
« L’idée est géniale. Je suis étonnée que si peu de Parisiens connaissent le trésor extraordinaire que sont les bouquinistes. A chaque fois que j’attends le bus, je ne peux m’empêcher de leur acheter un livre. Paris sans les bouquinistes ne serait plus une fête ! », sourit-elle, en pensant à Hemingway.
M. Callais a prévu de solliciter l’écrivaine franco-canadienne Nancy Huston et l’historien Jean Tulard. Il a également contacté deux dessinateurs et amis, Wiaz et Sempé. Il s’apprête à envoyer un petit mot à Xavier Darcos, chancelier de l’Institut de France. La vénérable institution est à deux pas de ses coffres, quai Conti. Un quai truffé de bouquinistes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Le rendez-vous belge, qui fête ses 50 ans, s’est spécialisé dans l’art le plus contemporain.
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Une Foire de Bruxelles au parfum de Cologne

Le rendez-vous belge, qui fête ses 50 ans, s’est spécialisé dans l’art le plus contemporain.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 16h58
    |

            Harry Bellet (Bruxelles)








                        



                                


                            

Bruxelles, ou Cologne ? Ah, que voilà bien des problèmes d’amateurs d’art ! Les deux plus anciennes foires d’art contemporain du monde (Art Cologne a été fondé en 1967, Art Brussels fête ses 50 ans) ouvrent cette année la même semaine. Les plus acharnés feront les deux, un Thalys relie les deux villes. Pour les autres, laquelle choisir ? Disons pour faire simple que les gros calibres sont allés à la pêche aux riches collectionneurs allemands : on trouve à Cologne 200 galeries venues de 31 pays montrer de l’art contemporain, mais aussi de l’art moderne, dont Kamel Mennour, Lelong, Lisson, David Zwirner, Hauser & Wirth, Thaddaeus Ropac, White Cube et l’inévitable Gagosian.
Inévitable ? Mais non, il suffit de choisir Bruxelles ! Les galeries présentes (147 issues de 32 pays) n’ont pas moins de mérite et montrent des artistes moins attendus. C’est qu’elles s’adressent aux mythiques collectionneurs belges qui ne sont pas moins argentés que leurs confrères du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, mais n’aiment rien tant que la nouveauté.
Un tiers des participants sont belges, contre 17 % en 2017
Ce n’est pas ici qu’on aurait pu inventer, comme en Allemagne, le « Kunstkompass » (« La Boussole de l’art »), ce classement annuel qui conseille les acheteurs en évaluant la notoriété d’un artiste : le Belge achète avec les yeux plus qu’avec les oreilles. Et les yeux étaient gâtés pour ce jubilé, même si la concurrence de Cologne avait dissuadé quelques grandes enseignes étrangères de venir : un tiers des participants sont belges, contre 17 % en 2017. « Il faut bien constater que les années fastes, avec la venue de galeries prestigieuses de Londres ou de New York, sont passées, et l’on ne compte plus que quinze galeries non européennes… » remarque, avec regret, Le Soir de Bruxelles. Certes, mais parmi lesquelles HdM, basée à Pékin, venue avec tout plein d’artistes chinois passionnants, dont l’étonnant Yang Yongliang, et un intrus sympathique,...




                        

                        


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Piers Faccini met le Disquaire Day à l’heure du « folk du XXIe siècle »

Le chanteur anglo-italien lance une collection de vinyles, « Hear My Voice ».



Le Monde
 |    20.04.2018 à 16h43
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 07h03
    |

                            Patrick Labesse








                        



                                


                            

Réunissant quelque 230 disquaires indépendants dans 90 villes en France, le Disquaire Day, dont la 8e édition a lieu samedi 21 avril, a du sens pour Piers Faccini. Même si l’événement n’est plus tout à fait ce qu’il était pour le chanteur anglo-italien, installé depuis 2005 à Saint-Hippolyte-du-Fort, un village dans les Cévennes gardoises. Pensé à l’origine comme « une sorte de journée solidaire autour du vinyle et pour les labels et disquaires indépendants », il a été, ­selon lui, « en partie récupéré par les majors, qui en profitent pour ressortir en vinyle leurs albums ».

En 2017, Piers Faccini avait enregistré pour cette occasion un 45-tours avec le chanteur Blick Bassy. Cette année, il choisit de publier le premier volume de « Hear My Voice », nouvelle collection d’EP 4 titres qu’il crée au sein de son ­label, Beating Drum Records. « J’ai trouvé qu’il y avait une logique à utiliser cette opération pour lancer cette collection et donner une ­petite visibilité à ce que l’on essaie de faire. » Soit de beaux objets, disques, livres ou livres-disques, publiés en tirage limité, vendus en ligne ou chez des disquaires ­indépendants, et disponibles en streaming. Un travail d’artisan, création et marketing compris, mené à cinq dont sa femme. Lui-même dessine ou peint pochettes et couvertures.
Disquaire ambulant
L’idée de « Hear My Voice », ­explique le chanteur, est de mettre en avant des artistes représentatifs « d’une espèce de folk du XXIe siècle, des projets qui ne rentrent pas forcément dans des cases très évidentes et du coup passent un peu a côté du filet ». Première découverte, le 21 avril : Gnut, alias Claudio Domestico. Ce chanteur auteur-compositeur a déjà réalisé plusieurs albums en Italie – dont Rumore della luce, qu’avait produit Piers Faccini en 2009 –, introuvables en France. L’EP propose quatre nouvelles chansons, écrites en dialecte napolitain.

Suivront...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Dans « Foxtrot », Lion d’argent à Venise, le réalisateur s’intéresse au quotidien difficile des jeunes conscrits israéliens. Pour la ministre de la culture israélienne, le film nuirait à l’image de l’armée.
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Samuel Maoz, un cinéaste sur le front en Israël


                      Dans « Foxtrot », Lion d’argent à Venise, le réalisateur s’intéresse au quotidien difficile des jeunes conscrits israéliens. Pour la ministre de la culture israélienne, le film nuirait à l’image de l’armée.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 14h27
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 14h52
    |

            Samuel Blumenfeld








                              

                        

Après « Lebanon », le réalisateur israélien choisit d’explorer à nouveau le thème de la guerre dans son nouvel opus « Foxtrot ». Il avait 20 ans quand il a tué un homme pour la première fois. C’était en 1982, Samuel Maoz était tireur à bord d’un tank, lors de la première guerre menée par Israël au Liban contre les forces palestiniennes et l’armée syrienne. Cette offensive, prévue pour durer trois semaines, s’étala finalement sur près de trois mois. « Cette guerre, se souvient le cinéaste, était différente des autres conflits dans lesquels avait été impliqué Israël. En 1967 par exemple, vous aviez deux armées face à face, avec deux uniformes différents, et qui se battaient pour un enjeu territorial. Au moins, les choses étaient claires. Au Liban, en 1982, vous aviez dix ennemis différents, la plupart ne portaient pas d’uniformes mais des jeans. C’était le chaos. »
« Lebanon », l’un des meilleurs films de guerre
Mais ce qui était déjà clair, en revanche, c’était la véritable vocation de ce tankiste : il voulait devenir réalisateur. Au moins depuis ses 13 ans et sa bar-mitsva, à l’occasion de laquelle il avait reçu en cadeau une caméra 8 mm, et une bobine de pellicule. La suite de l’histoire est connue. Samuel Maoz a tiré un long-métrage de son expérience de soldat. Lebanon (2009), a reçu le Lion d’or à la Mostra de Venise, soit la plus haute récompense jamais obtenue par un film israélien dans un grand festival international. Lebanon est l’un des meilleurs films de guerre jamais réalisé, par un metteur en scène qui a combattu avant de filmer ce sujet. « La première chose qui me venait à l’esprit en repensant à la guerre, se souvient le réalisateur, était l’odeur de la chair calcinée. D’un tank, vous sortez soit vivant, soit atomisé, sans qu’il reste quoi que ce soit de vous à enterrer. Il n’existe aucune autre alternative. »
« Le point de départ de “Foxtrot” est lié à un événement...



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ A la mort de son mentor, Patrice Chéreau, en 2013, Clément Hervieu-Léger a décidé de monter « Le Pays lointain » de Jean-Luc Lagarce, pièce-fleuve sur l’amour et la mort. Rencontre avec le metteur en scène et ses comédiens.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤                
                                       
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« Comme Lagarce, j’ai eu envie de rassembler ma famille »


                      A la mort de son mentor, Patrice Chéreau, en 2013, Clément Hervieu-Léger a décidé de monter « Le Pays lointain » de Jean-Luc Lagarce, pièce-fleuve sur l’amour et la mort. Rencontre avec le metteur en scène et ses comédiens.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 14h24
    |

                            Emilie Grangeray








                              

                        

Jean-Luc Lagarce meurt du sida en 1995. Quelques mois plus tôt, le dramaturge a publié Le Pays lointain. Dans cette pièce-fleuve (quatre heures, onze comédiens sur scène), il donne à entendre ce que le personnage de Louis, 40 ans, n’arrivera finalement pas à avouer à sa famille : il va mourir. Une intrigue très similaire à celle de Juste la fin du monde, que Lagarce avait écrit cinq ans plus tôt. L’impossibilité de dire, voilà ce qui a intéressé Clément Hervieu-Léger quand il a senti, à la mort de Patrice Chéreau en 2013, « la nécessité sensible de monter cette pièce ». « Patrice n’a jamais monté Lagarce, alors même que c’est sans doute l’un des auteurs qui lui ressemblent le plus : le désir, l’amour et la mort mêlés sont des thèmes que l’on retrouve dans toute son œuvre », dit, avec pudeur, celui qui a travaillé dix ans avec le metteur en scène. « Ce qui m’intéressait, aussi, c’était la façon dont Lagarce est un classique contemporain. Comment, tout à la fois, il raconte et une époque (les années sida) et nous, toujours, nous posant, comme Molière ou Marivaux que j’ai précédemment mis en scène, la question du désir et des conventions sociales. »
« Le théâtre de Lagarce nous permet de convoquer nos fantômes pour raconter notre propre histoire. » Clément Hervieu-Léger, metteur en scène
Ce Pays lointain arrive à point nommé dans la vie de Clément Hervieu-Léger. A 40 ans, celui qui a souvent été qualifié de jeune prodige de la Comédie-Française, vient d’y être nommé sociétaire. « C’est une période particulièrement heureuse, c’est vrai, humainement et artistiquement », confie-t-il. Ce n’est pas un hasard non plus si, créé au TNS (« c’est une chance de travailler avec cette équipe et la confiance totale de Stanislas Nordey, son directeur »), Le Pays lointain a été produit par La Compagnie des petits champs, que Clément Hervieu-Léger a fondée avec Daniel San-Pedro en...




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Chronique

Bande dessinée : cahier d’un départ du pays natal

La chronique BD de Kidi Bebey. Dans « Un voyage sans retour », l’auteur camerounais Gaspard Njock raconte les désillusions d’un migrant en Italie.

Par                Kidi Bebey



LE MONDE
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        Le 20.04.2018 à 12h27

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        Mis à jour le 20.04.2018 à 15h00






    
Extrait d’« Un voyage sans retour », de Gaspard Njock.
Crédits : NOUVEAU MONDE EDITIONS


Chronique. Après une traversée de tous les dangers, des migrants font naufrage au large de l’Italie. Quand leur embarcation chavire, c’est la panique. Nombreux sont ceux qui disparaissent, happés par le gouffre aquatique. Quelques-uns sont repêchés in extremis par un bateau de garde-côtes qui les emmène sur l’île de Lampedusa.
Parmi les rescapés se trouve Malik, un jeune homme frêle, trop légèrement vêtu d’un short, d’une chemisette et de simples sandales. Les yeux encore emplis d’épouvante, il avance, mâchoire serrée, vers son destin. Pour lui, dès ses premiers pas sur la terre ferme, le futur s’annonce amer. Car le jeune garçon se confronte à la raideur des hommes en uniforme et à la dureté d’une administration qui place les arrivants en zones de rétention.

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Lorsque Malik parvient à échapper à ce cantonnement, c’est par une solitude sans nom qu’il doit payer la rançon de sa liberté. En passionné de cinéma, il rêvait d’un avenir en technicolor, mais il découvre que certains rêves s’avèrent de mauvais films teintés de sépia. Comment ne pas penser alors avec nostalgie aux couleurs du pays laissé derrière soi ? Vu de loin, il n’est plus que fantasias chatoyantes, marchés traditionnels et dolce vita. Mais le voyage a fermé des portes derrière Malik. D’autres s’ouvriront-elles devant lui ?
« Fantasme absolu »
« L’Europe est devenue le fantasme absolu de trop nombreux jeunes qui n’arrivent plus à se projeter chez eux. C’est ainsi que je m’explique qu’on puisse être capable à 16 ans de tout quitter en laissant derrière soi une famille, des amis, un toit et en prenant des risques extrêmes, tout ça pour essayer de connaître autre chose que l’on croit mieux… », explique l’auteur et illustrateur Gaspard Njock. Il lui aura fallu dix ans pour mettre la bulle finale à ce Voyage sans retour.
Gaspard Njock n’a pas vécu le destin de Malik, même si au Cameroun, lorsqu’il était adolescent, le désir d’un ailleurs le tenaillait parfois comme un fantasme. « Entre potes, au quartier, on parlait de partir. Autour de nous, ça pullulait d’exemples de ce qu’il fallait faire pour rater sa vie… » New Bell, son quartier natal à Douala, mélange trépidant de bars mal famés et d’espaces interlopes, regorge sans aucun doute de « débrouillards » de toutes sortes. « Moi, j’ai grandi au sein d’une famille modeste, raconte Gaspard Njock. Ma mère était ménagère et mon père simple tailleur. J’adorais sa façon de faire naître des vêtements entre ses mains. Il rêvait les yeux ouverts et c’est ce qu’il m’a appris. Il me disait toujours : “Tout ce que tu veux vraiment, tu peux faire que ça arrive”. »

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Pendant que papa coud, Gaspard dessine, lit, étudie et se repaît des bandes dessinées qui lui passent entre les mains. Après son bac, il s’inscrit à la fac de médecine mais assiste également, en curieux, aux réunions de Traits noirs, une association d’illustrateurs camerounais. Un jour, il participe à un concours de dessin. Bingo ! On lui propose une bourse d’étude à la Scuola Romana dei Fumetti, la prestigieuse école italienne de bande dessinée. Après trois ans d’hésitation familiale, en 2008, Gaspard Njock prend finalement l’avion pour Rome. Il a 21 ans.
« Faire l’aventure »
Après un premier album signé d’un scénariste italien paraît enfin, début 2018, Un voyage sans retour, qu’il a entièrement écrit et dessiné. Entre-temps, il a eu la tristesse de voir un très proche ami partir « faire l’aventure » ainsi qu’une cousine enceinte, qui y a, elle, perdu la vie.

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« Je portais cette histoire, mais j’ai mis du temps à savoir ce que je voulais dire. Je n’avais pas envie de raconter encore une fois une traversée tragique. D’ailleurs, elle tient en très peu de pages dans la BD. Avant tout, je voulais poser des questions. Est-ce que risquer la mort est vraiment choisir sa vie ? Comment donner de la valeur à ce qu’on a autour de soi pour qu’on ne s’en aperçoive pas seulement une fois qu’on est au loin ? Je me demande aussi si on est vraiment maître de ses choix ou si le hasard et la chance ne font pas tout, car le départ ferme des portes derrière soi, mais devant il n’en ouvre pas toujours… Au fond, je n’ai pas vraiment de réponses… »
Et c’est tout le charme de cette BD dont le héros ouvre sur le monde de grands yeux étonnés, curieux et naïfs. De son trait vigoureux, adouci par l’aquarelle, Gaspard Njock nous rappelle que la vie n’est pas toujours un songe et que la réalité peut dépasser, souvent, la fiction.
Un voyage sans retour, de Gaspard Njock, éditions Nouveau Monde, 104 pages.

    

Crédits : NOUVEAU MONDE EDITIONS




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Netflix se veut plus global qu’américain

Reed Hastings, le PDG de la plate-forme de vidéo pense avoir, à terme, 85 % d’abonnés hors des Etats-Unis.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 11h43
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 12h21
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Netflix est-il touché par les critiques qui visent Facebook dans l’affaire Cambridge Analytica et, plus largement, par la défiance croissante à l’égard des géants du numérique comme Google, Amazon ou Apple ?
« La polémique est centrée sur les entreprises dont le cœur d’activité est la publicité, comme Facebook ou YouTube. Or, nous ne faisons pas de publicité », répond Reed Hastings, le PDG du leadeur mondial de la vidéo à la demande par abonnement, qui avait invité la presse européenne pour une présentation à Rome, le 19 avril. Contrairement à Facebook, accusé d’avoir laissé un prestataire utiliser les profils de millions d’usagers au profit de la campagne de Donald Trump, « Netflix ne partage pas et ne collecte pas de données : nous avons seulement votre nom et votre historique de visionnage, qui nous permet de vous proposer les séries et films les plus adaptés », poursuit le fondateur.
Si Netflix peut se tenir à distance des débats sur la vie privée, il essuie des reproches dans d’autres domaines : la plate-forme, forte de 125 millions d’abonnés dans le monde, est accusée de ne pas respecter les régulations des pays dans lesquels elle se déploie. En France, par exemple, Netflix ne sort pas ses films en salles car la chronologie des médias lui imposerait d’attendre trois ans avant de les mettre en ligne sur son service.

Netflix veut montrer qu’il investit dans le contenu local
Signe de ces tensions, le festival de Cannes a privé de sélection les films de Netflix, qui l’a boycotté en retour. M. Hastings se garde pourtant de critiquer le système français, « unique et positif », qui « par ses aides permet à la France de produire plus de films par habitant et d’avoir plus de salles » que les autres pays. Le groupe américain n’a pour autant aucune intention de demander des aménagements de la chronologie des médias. « Nous n’entrons pas dans ce débat », explique M. Hastings, arguant...




                        

                        

