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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-1"> ¤ L’OM surclasse le Losc (5-1) dans ce match de la 34e journée de Ligue 1.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-2"> ¤ L’OL a signé sa sixième victoire de rang en Ligue 1 en s’imposant à Dijon (2-5). Un peu plus tôt dans la soirée, Nantes a été accroché par Rennes (1-1).
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Ligue 1 : Lyon talonne Monaco, Nantes et Rennes au coude-à-coude

L’OL a signé sa sixième victoire de rang en Ligue 1 en s’imposant à Dijon (2-5). Un peu plus tôt dans la soirée, Nantes a été accroché par Rennes (1-1).



Le Monde
 |    21.04.2018 à 03h06
   





                        



   


Lyon a mis la pression à la fois sur Marseille pour la troisième place et sur Monaco pour la deuxième en s’imposant sur le terrain de Dijon (5-2), vendredi 20 avril, lors de la 34e journée de Ligue 1. L’OL reste sur six victoires de suite et égale son record de buts inscrits sur une saison datant de 2016-2017 (77). Il possède trois points d’avance avec une meilleure différence (+39 contre + 27) sur l’OM qui joue samedi contre Lille. Les Lyonnais, qui ont réussi à marquer cinq buts à l’extérieur pour la cinquième fois cette saison, sont aussi revenus à une longueur des Monégasques, sur lesquels la différence est un peu meilleure (+2), et qui se déplacent à Guingamp samedi.

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Pourtant, les Rhodaniens, toujours en 4-4-2 avec le retour de Nabil Fekir comme titulaire au poste de meneur de jeu, n’ont pas livré une grande performance, notamment sur le plan défensif face à une valeureuse formation dijonnaise et ce, jusqu’au but libérateur de Bertrand Traoré, servi par Maxwel Cornet (4-2, 77e). Ce dernier ajoutait même un cinquième but pour Lyon en fin de partie après une action menée par Aouar et Traoré (5-2, 83e) qui donne une allure très flatteuse à la victoire de l’OL.
Les Lyonnais sont retombés dans leurs travers, manque de concentration et de rigueur, d’impact dans les duels, qui leur ont fait perdre seize points cette saison contre des équipes de la seconde moitié du classement telles Dijon (12e, 42 points) qui avait d’ailleurs obtenu le résultat nul à l’aller (3-3). Cela a failli encore leur coûter cher cette fois-ci.
Nantes et Rennes inséparables

   


Nantes et Rennes n’ont pu se départager vendredi (1-1) au terme d’un match tendu où l’expulsion de Sala au tout début de la seconde période aura certainement été un tournant. Rennes reste 5e avec 48 points, mais menacé par Nice (6e, 47) et Montpellier (7e, 46) qui s’affrontent dimanche, et même par Saint-Étienne (9e, 46) qui reçoit Troyes le même jour.
Nantes est lui intercalé à la 8e place avec 46 unités, mais les Girondins de Bordeaux, 10e avec 43 points, rejoindraient les hommes de Claudio Ranieri s’ils réussissaient l’exploit de battre le PSG.

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« Ce n’est pas un derby qui restera dans les annales », a déploré l’entraîneur rennais Sabri Lamouchi après le match. Ni par son contenu, ni par ses conséquences quasi-inexistantes dans la course à l’Europe. Un derby qui ne laissera que des frustrés.
Nantes reverra avec incrédulité cette 64e minute où Jules Iloki, Prejuce Nakoulma et Abdoulaye Touré ont tour à tour raté le but du break. Pour Rennes, la tête de Diafra Sakho a frôlé la transversale. Celle, quelques secondes plus tard, de Wahbi Khazri, a miraculeusement été détournée sur le poteau par Ciprian Tatarusanu, encore bien présent sur une tête de Joris Gnagnon, le tout dans les cinq dernières minutes.
Les Canaris pourront aussi se mordre les doigts de cet excès d’engagement d’Emiliano Sala, averti en première période pour un coup de coude et expulsé dès la 46e pour une intervention maladroite sur James Léa-Siliki. « Je pense que l’arbitre a été un peu sévère avec nous. En France, les joueurs font toujours ça, à chaque tacle : ils font “aaaaah” comme s’ils allaient mourir et l’arbitre donne le carton jaune », s’est plaint le coach des Canaris, Claudio Ranieri.

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Dans un match tendu, disputé par une chaleur inhabituelle pour un soir de fin avril, ce jeu en infériorité numérique a sans doute coûté cher aux Nantais, permettant aux Rennais de rester invaincus à la Beaujoire depuis janvier 2005.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-3"> ¤ Le club valide le titre de champion de Ligue 2. La fête a cependant été gâchée par la grave blessure de deux supporters tombés des tribunes en voulant aller sur la pelouse.
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Football : Reims valide son retour en Ligue 1 en battant l’AC Ajaccio (1-0)

Le club valide le titre de champion de Ligue 2. La fête a cependant été gâchée par la grave blessure de deux supporters tombés des tribunes en voulant aller sur la pelouse.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 02h35
   





                        



   


Leader depuis mi-septembre, Reims retrouve l’élite en Ligue 1 grâce à sa victoire, vendredi 20 avril au soir, face à l’AC Ajaccio (1-0), alors qu’il s’était donné trois ans pour atteindre cet objectif. Le club champenois a survolé la saison de Ligue 2 : vainqueur de son match inaugural à Nîmes (1-0), il s’est définitivement installé en tête du championnat dès la 8e journée, pour ne jamais lâcher les commandes. Ce n’est que son deuxième titre de champion de L2, après celui de 1966.
Les Rémois, longtemps stériles face à la défense compacte des visiteurs, ont triomphé sur un but de Grejohn Kyei, 22 ans, à la 76e minute. Ils totalisent 78 points, soit 13 d’avance sur le deuxième, Nîmes, et 15 sur le troisième, l’AC Ajaccio, qui n’ont plus que quatre journées à disputer (et 12 points au maximum à marquer).
Alors qu’on pensait que la fête allait être reportée, il aura fallu attendre le dernier quart d’heure de la rencontre pour voir le stade Auguste-Delaune rugir de plaisir. Tout juste entré en jeu, Kyei a libéré ses coéquipiers suite à une action collective : servi en retrait par Chavarria, Da Cruz a frappé fort devant le but et l’attaquant des Bleuets a coupé la trajectoire. Leca, qui a touché le ballon, n’a pas pu empêcher le ballon de franchir la ligne (1-0). Cela suffisait largement au bonheur des Marnais et de tout un stade, qui pouvait alors scander comme un seul homme : « On est en Ligue 1, on est en Ligue 1 ! ».
Une profusion de joie qui fait deux blessés
Une certitude, l’AC Ajaccio n’était pas venue jusqu’à Reims pour jouer un match d’attente. Dans un stade Auguste-Delaune où régnait l’ambiance des grands soirs, les deux formations ont attaqué la rencontre pied au plancher.
Siebatcheu, bien lancé par Métanire dans la profondeur, tombait sur Leca (10e). La première période, rythmée, voyait les Ajacciens jouer sans complexe et poser des problèmes aux hommes de David Guion, mais sans parvenir à trouver l’ouverture.
À la pause (0-0), l’entraîneur rémois opérait un ajustement en sortant Ndom et en faisant rentrer Diego. Puis un nouveau choix de coaching allait faire la différence en faveur du Stade de Reims, le but de la victoire et de la montée étant signé Kyei. Malgré cette courte défaite, les Corses ont montré qu’il faudrait compter avec eux jusqu’au terme de la saison, pour la course à la montée. Le Stade de Reims, qui y était déjà virtuellement depuis plusieurs semaines, peut se préparer à reprendre l’ascenseur.
La plupart des 15 945 spectateurs du stade Auguste-Delaune est alors descendue sur la pelouse pour communier avec ses héros du soir. Deux personnes se sont gravement blessées en tombant des tribunes, selon les sapeurs-pompiers qui leur ont apporté les premiers soins avant de les transporter au CHU de Reims.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-4"> ¤ Si l’entraîneur alsacien était très respecté, la colère s’intensifiait dans les tribunes face au manque de résultats du club anglais.
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Football : après le départ d’Arsène Wenger, le soulagement des supporteurs d’Arsenal

Si l’entraîneur alsacien était très respecté, la colère s’intensifiait dans les tribunes face au manque de résultats du club anglais.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 20h41
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 06h38
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


« On est venus pour célébrer ! » La réponse d’Oliver Charlton fuse, sans appel. Supporteur d’Arsenal de père en fils, le jeune homme de 21 ans ne cache pas son bonheur de voir Arsène Wenger enfin quitter le club. En ce vendredi 20 avril ensoleillé, il est venu devant le stade Emirates, avec son maillot de l’équipe sur le dos, pour fêter ce départ. « J’ai vraiment cru qu’il ne partirait jamais », renchérit son ami Harry Burden.
Après l’annonce de la démission de l’entraîneur français, les hommages des professionnels du football se sont enchaînés, à commencer par celui de son ancien rival, le mythique entraîneur de Manchester united Alex Ferguson ; ce dernier a estimé que Wenger était « l’un des plus grands de la Premier League [le championnat élite de football anglais] ».
Mais autour du stade du club, situé dans le Nord de Londres, le soulagement dominait. Si les supporteurs saluent, bien entendu, la première décennie d’Arsène Wenger – le manager collectionnait alors les trophées –, les dernières saisons ont été trop difficiles et trop acrimonieuses pour que ce sentiment s’efface d’un coup.
Unis contre leur ancien héros
« Cette saison, l’atmosphère dans le stade était horrible, personne ne quittait le lieu avec le sourire », raconte Harry Burden. Depuis quelques mois, les Gunners (surnom de l’équipe d’Arsenal et donc de ses fans) boudaient les matchs et les tribunes de l’Emirates se vidaient. A chaque rencontre, les supporteurs appelaient au départ du technicien alsacien, désormais quasiment tous unis contre leur ancien héros.
« Le même problème revenait, saison après saison, commente Mo Rizwan, 35 ans, qui préférait ne plus aller au stade, faute d’espoir. A chaque fois, on s’enfonce un peu plus dans le classement. On devrait être une équipe qui se bat pour le titre, on a les moyens pour ça, mais on n’y arrive pas. »
Arsenal est actuellement sixième de la Premier League. La saison passée, l’équipe a fini en cinquième position, ne se qualifiant pas pour la Ligue des champions pour la première fois en deux décennies. Pire encore, pour ses supporteurs, l’équipe voisine, Tottenham Hotspur, éternelle grande rivale, leur est passée devant lors des deux derniers championnats.
Même ceux qui ont de la mémoire estiment qu’Arsène Wenger avait fait son temps. Au Drayton Park, un pub situé juste en face du stade, Cliff sirote sa pinte de bière. Chez lui, il a conservé les enregistrements de tous les matchs de l’incroyable saison des « Invincibles », quand Arsenal a remporté la Premier League en 2003-2004 sans perdre une seule rencontre : « De temps en temps, je les regarde encore. Cette équipe a joué le meilleur football de toute l’histoire de la Premier League. » Mais l’artiste qui était alors à la manœuvre, Arsène Wenger, n’arrive plus à suivre. « En arrivant, il a tout changé : la façon de jouer, l’alimentation des joueurs, ce qu’ils boivent… C’était révolutionnaire. Mais il n’a pas su s’adapter ces dernières années, face à un football qui a évolué. Aujourd’hui, on n’a plus que des joueurs médiocres. »
Un bilan spectaculaire
Bien sûr, tous les supporteurs veulent maintenant un départ honorable pour Arsène Wenger. Avec trois titres de champions d’Angleterre et sept coupes d’Angleterre en vingt-deux ans, la construction d’un nouveau stade et une équipe dont la solidité financière ne dépend pas du bon vouloir d’un milliardaire, l’Alsacien possède un bilan spectaculaire.
Beaucoup souhaitent qu’une statue lui soit construite, pour accompagner notamment celles de Thierry Henry et de Dennis Bergkamp, deux des meilleurs joueurs qu’il a dirigés. Mais cela fait déjà quelques années que les Gunners voulaient ranger leur entraîneur dans les cartons de l’histoire et passer à autre chose.
« Cela fait dix ans qu’il aurait dû partir », s’agace Runc Bergseth, un Norvégien qui a fait le déplacement à Londres pour le match de ce dimanche contre West Ham.
Pour oublier le goût amer de ces dernières années, les supporteurs rêvent maintenant d’un départ en fanfare. Jeudi 26 avril, Arsenal reçoit l’Atletico de Madrid en demi-finales de la Ligue Europa. Une victoire, et l’équipe aurait un pied en finale – à Lyon le 16 mai. La saison anglaise serait alors finie et ce serait le tout dernier match d’Arsène Wenger. Pour une fin en forme d’apothéose ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-5"> ¤ D’abord bâtie sur une forte ossature britannique, l’équipe des Gunners a construit ses succès avec un effectif international. Avant d’être battue par plus riche qu’elle.
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D’« Arsène who ? » à « Wenger out », les quatre moments de l’ère Wenger à Arsenal

D’abord bâtie sur une forte ossature britannique, l’équipe des Gunners a construit ses succès avec un effectif international. Avant d’être battue par plus riche qu’elle.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 17h57
   





                        


1996-1999 : la transformation à petites touches

   


« Il n’a aucune expérience du football anglais, il vient du Japon » : le tacle, les deux pieds décollés du sol, vient d’Alex Ferguson, pas encore « sir », déjà brut de décoffrage. Il résume l’opinion générale en Angleterre lorsqu’Arsenal annonce l’arrivée d’un inconnu nommé Arsène Wenger. « Arsène who ? », demande l’Evening Standard, rapidement copié par le reste de la presse londonienne. Les lunettes rondes et le costume mal taillé – nous sommes dans les années 1990 – n’aident pas et, pourtant, Arsène Wenger, moqué par le vestiaire d’Arsenal, ramène vite les joueurs à ses opinions. En matière de jeu comme de diététique.
Wenger conserve le « back four » 100 % britannique qui fait la force d’Arsenal, mais bannit la culture de la bière, les écarts caloriques et les relances loin devant. Il finit troisième dès la première année. Un tour de force, tant l’équipe a peu changé. Patrick Vieira, jeune milieu de terrain arrivé à l’intersaison, et Dennis Bergkamp, déjà au club, sont les seuls étrangers titulaires. L’année suivante, avec une équipe plus à son image – Emmanuel Petit, Marc Overmars, Nicolas Anelka –, Wenger réussit le doublé Coupe-championnat.
1999-2004 : les « Invincibles » d’outre-Manche

   


Arsenal prend une teinte franchement internationale et particulièrement française, avec le renfort de Thierry Henry. Pas une semaine sans que Téléfoot ne mette les pieds à Highbury, où brillent aussi Vieira, Petit, Gilles Grimandi puis Robert Pirès et Sylvain Wiltord. Nouveau doublé national en 2002. Outre Sol Campbell en patron de la défense, Ljungberg, Bergkamp et Nwanko Kanu apportent aussi leur écot à une succession de campagnes réussies, qui culminera en 2003-2004 avec la saison des « Invincibles », jamais battus en Premier League toute la saison.
Mais les difficultés européennes sont déjà là : une défaite inattendue en finale de la Coupe de l’UEFA en 2000, contre Galatasaray, et aucune présence dans le dernier carré de la Ligue des champions.
2005-2012 : à la diète

   


Lorsque Arsenal remporte la Coupe d’Angleterre contre Manchester United en 2005, peu imagine que les Gunners ne lèveront plus de trophée pendant neuf ans. Et pourtant : Arsenal est en fin de cycle et la finale perdue au Stade de France contre le FC Barcelone, en 2006, n’est qu’une illusion. Pour la première fois cette saison-là, Arsène Wenger ne finit pas dans les deux premiers du championnat.
Thierry Henry quitte le club l’année suivante – comme le vice-président David Dein, allié de Wenger à la direction – et Arsenal n’a plus les moyens de lutter pour acheter les meilleurs attaquants du monde : les finances du club sont grevées par la construction de l’Emirates Stadium, qui sort de terre en 2006 pour remplacer Highbury. Wenger s’en remet à de jeunes joueurs (Fabregas, Van Persie) et tente de faire des coups sur le marché des transferts, certains réussis (Nasri, Adebayor), d’autres ratés (Arshavine, Chamakh).
Lassées de ne pas gagner, ses vedettes quittent généralement le navire pour la concurrence, qui les paye d’autant mieux que l’argent russe et émirati a inondé Chelsea et Manchester City. Wenger, lui, s’émeut régulièrement des montants investis par ses adversaires pour recruter.
2013-2018 : le dernier baroud

   


C’est l’heure des premiers doutes dans les tribunes d’Arsenal, où la statue du commandeur ne semble plus indéboulonnable. Wenger perd certaines de ses prérogatives au sein du club, au moment où il a à nouveau les coudées franches financièrement pour recruter. Il mise gros sur des joueurs offensifs comme Mesut Özil ou Alexis Sanchez, sans jamais se résoudre à recruter une mégastar qui mettrait l’équilibre de l’équipe en péril.
Le jeu, pourtant, n’est plus si flamboyant. Quelques défaites humiliantes, dont un 6-0 à Chelsea pour son 1 000e match à Arsenal, déstabilisent l’Alsacien. Il se console dans les Coupes nationales et avec une qualification chaque année en Ligue des champions, qui garantit son maintien en poste, mais l’écart avec le haut niveau européen est chaque année plus flagrant encore, jusqu’à une claque 10-2 en match aller-retour face au Bayern Munich, l’an dernier, en huitièmes de finale de la Ligue des champions.
Paradoxalement, Wenger pourrait finir sa carrière à Arsenal sur un premier titre européen au terme de la plus laborieuse de ses 22 saisons : il affrontera l’Atletico Madrid en demi-finales de la Ligue Europa.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-6"> ¤ L’ex-joueur d’Arsenal et champion du monde 1998 rend hommage à son ancien entraîneur. Et espère qu’il ne quittera pas le monde du football.
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Emmanuel Petit : « Arsène Wenger a révolutionné le football anglais »

L’ex-joueur d’Arsenal et champion du monde 1998 rend hommage à son ancien entraîneur. Et espère qu’il ne quittera pas le monde du football.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 16h09
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 18h11
    |

            Rémi Dupré








                        



   


Ancien milieu d’Arsenal (1997-2000), Emmanuel Petit a connu les premières heures de gloire de l’ère Arsène Wenger à Arsenal. L’ex-international français a notamment remporté le fameux doublé (championnat et Coupe d’Angleterre) de 1998 avec son compatriote, nommé sur le banc des Gunners deux ans plus tôt. Consultant RMC et SFR Sport, le champion du monde 1998 réagit pour Le Monde à l’annonce du départ, à la fin de la saison, d’Arsène Wenger d’Arsenal après un règne inédit de vingt-deux ans (1996-2018).

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Que retiendra-t-on du règne de vingt-deux années d’Arsène Wenger à Arsenal ?
Pour moi, il n’y a qu’une seule comparaison possible : Arsène est à l’image d’Alex Ferguson [manageur historique de Manchester United pendant vingt-sept ans, de 1986 à 2013] même si ses titres sont moins ronflants [trois titres de Premier League] que ceux de son ex-confrère [13 titres de Premier League, deux Ligues des champions]. Comme Ferguson, il a révolutionné le foot anglais et la Premier League. Il a été un précurseur et a ouvert la porte du championnat anglais aux manageurs étrangers et aux joueurs français. On a vu avec Arsène un exode massif de footballeurs venus de l’Hexagone.

   


Etait-il davantage un bâtisseur qu’un entraîneur ?
Arsène Wenger, c’est une marque reconnue. En dehors de la construction de l’Emirates Stadium [inauguré en 2006] et du centre d’entraînement d’Arsenal, il s’est distingué par ses diplômes d’économiste. C’est un formidable gestionnaire sur le terrain et aussi en coulisses. Il a su vendre des joueurs.

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Comment expliquez-vous sa longévité à Arsenal ?
Il a réussi à construire des fondations solides. Il a eu ensuite le luxe de disposer d’un crédit pour mettre en place ses idées qui s’inscrivent dans le temps long, dans un environnement où tout va très vite. Loin de l’impératif des résultats à court terme, il a amené sa patte sur plusieurs années. Il a aussi eu une relation très amicale avec David Dein, le patron du club [vice-président de 1983 à 2007]. J’ai connu « l’Arsène who ? » [question posée à ses débuts par la presse anglaise] et l’incrédulité des gens. Mais après le doublé championnat-Coupe de 1998, il a entretenu une relation très forte avec les actionnaires. Ce fut une véritable histoire d’amour entre le club et lui.
« Lui qui était très “old school” n’avait pas les mêmes codes et valeurs que la nouvelle génération »Sur les deux, trois dernières années, il a été fatigué mentalement par les critiques accumulées. Il était cerné de toutes parts. Cela a eu un impact sur l’homme, sa relation avec les joueurs. A mon sens, son dilemme était de pouvoir s’adapter aux codes de la nouvelle génération après avoir partagé ceux des joueurs avec lesquels il a gagné des titres. Lui qui était très « old school » n’avait pas les mêmes codes et valeurs que ceux de la nouvelle génération.
Certes, il n’a remporté que trois Coupes d’Angleterre ces dernières années (2014, 2015, 2017). Mais pour juger son bilan avec honnêteté, il faut le regarder du début à la fin, sur et en dehors du terrain. C’est un manageur intègre, qui a laissé une trace par sa relation avec les joueurs et les salariés du club. A Arsenal, il était respecté, aimé en tant qu’homme.
Comment voyez-vous son avenir ?
Il a un jour dit, lors d’un entretien, qu’il aurait le sentiment de mourir s’il prenait sa retraite. Quand je vois maintenant Ferguson en tribunes, cela paraît très bizarre. Alors pour Arsène… Je ne sais pas quelles seront ses intentions. J’espère qu’il va rester au contact du foot.
Cela me paraît impossible qu’il entraîne un autre club anglais, mais il peut devenir, pourquoi pas, patron d’une sélection nationale. Ce serait dommage de se passer de son expérience, sa vision, sa droiture, son professionnalisme, son intelligence. Il pourrait rendre des services à la gouvernance du football, surtout par les temps qui courent. Par sa probité, il a su gagner le respect unanime du monde du foot. Ce serait un énorme gâchis qu’il ne reste pas au contact du foot.

Nicolas Anelka, ex-attaquant d’Arsenal (1997-1999) : « C’est un grand monsieur »
« C’est un grand monsieur. Il a révolutionné le foot anglais et Arsenal. J’ai appris la nouvelle avec une grande tristesse par quelqu’un dans la rue. Cela fait mal. C’est une grande surprise. Arsène Wenger est un homme extraordinaire qui a fait beaucoup pour le club. Même s’il a été très décrié, je pense que les supporteurs, ceux qui l’accablent actuellement, regretteront leurs critiques. La nouvelle génération de supporteurs n’a pas vécu les titres d’Arsenal. Arsène Wenger m’a fait confiance, il venait alors du Japon et m’a donné un statut différent. Je ne l’oublierai jamais. 
C’était quelqu’un de très intelligent, qui a compris le foot moderne. Il n’avait pas besoin de faire d’énormes dépenses pour gagner des titres. Il a formé, sorti de grands joueurs. Il était très bon avec les jeunes. Il a construit le club sans faire des achats aussi importants que ceux de ses concurrents. Il s’est qualifié pendant dix-huit ans pour la Ligue des champions : c’est qu’il a été bon dans sa méthode. Arsenal a été le seul club qui gagnait de l’argent et c’est compliqué dans le football moderne. Le club n’était jamais en déficit. Il fait partie des entraîneurs qui m’ont marqué.
J’aurais aimé qu’il gagne le titre en Premier League avant de partir… Afin que les supporteurs le respectent. A la fin, il n’a pas eu droit au respect qu’il méritait. Mais cela fait partie du foot moderne. Il a fait vingt ans dans un club : cela ne sert à rien de parler. Qui l’a fait à part Ferguson ? Je ne sais pas ce qu’il fera à l’avenir, quelle est sa décision. Il maîtrise toujours aussi bien le football. Mais, à la fin, il méritait autre chose. »





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-7"> ¤ En plus de vingt ans de règne, l’entraîneur français a eu de grands joueurs sous ses ordres à Arsenal. Voici ce qui pourrait être son équipe idéale.
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Football : le onze type de l’ère Wenger

En plus de vingt ans de règne, l’entraîneur français a eu de grands joueurs sous ses ordres à Arsenal. Voici ce qui pourrait être son équipe idéale.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 15h53
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 16h30
    |

            Anthony Hernandez








                        


La longue histoire d’amour, riche et tumultueuse, entre Arsenal et Arsène Wenger prendra fin dans un mois. L’occasion de revenir sur les grands joueurs que le manageur français a entraînés au sein des Gunners, avec lesquels il a notamment remporté trois titres de champion et sept coupes d’Angleterre.

        Lire aussi :
         

          Wenger le bâtisseur quitte sa maison d’Arsenal



Le Monde propose son onze type de l’ère Wenger, un 4-3-3 forcément subjectif.
Gardien de but : David Seaman (564 matchs avec Arsenal)

   


Déjà installé depuis six ans dans les cages londoniennes lorsque Wenger arrive, le célèbre gardien au catogan et à la moustache, en avance sur son temps, a été l’un des piliers des succès de l’Alsacien. Il a joué 253 matchs sous ses ordres et remporté deux titres de champions et trois coupes. Portier au style typiquement british, Seaman a également disputé une finale de coupe de l’UEFA perdue en 2000 face à Galatasaray.
Latéral droit : Lee Dixon (616 matchs)

   


Autre grognard des Gunners, Dixon évoluait depuis 1987 à Arsenal, du temps où l’équipe était surnommée « Boring Arsenal ». A son arrivée, Wenger s’est appuyé sur ce latéral infatigable et à l’état d’esprit irréprochable (233 matchs). Pas de quoi développer un amour fou du côté du défenseur anglais, qui s’est payé son ancien coach dans la presse en mars : « Si Ashley Cole est devenu l’un des meilleurs arrière gauche au monde, le mérite revient entièrement à Tony Adams qui s’est comporté comme un entraîneur pour lui. »
Latéral gauche : Ashley Cole (228 matchs)

   


Ashley Cole, justement, est sans conteste le meilleur latéral gauche ayant joué sous les ordres du technicien français. Cole a arpenté inlassablement son couloir gauche, prototype du latéral moderne, rapide et ultra-offensif. Finaliste malheureux de la Ligue des champions en 2006 avec le club de ses débuts, il remportera la prestigieuse compétition en 2012 avec… Chelsea, rival qu’il avait rejoint six ans plus tôt.
Défenseur central : Sol Campbell (211 matchs)

Son arrivée en 2001 en provenance de Tottenham, considéré comme le rival historique d’Arsenal, fait se lever une tempête. Il devient un traître aux yeux des Spurs, d’autant qu’il participe grandement aux belles années des Gunners. Il remporte deux titres de champion et une Cup. Il est même le buteur d’Arsenal lors de la finale perdue de Ligue des champions face à Barcelone en 2006.
Défenseur central : Martin Keown (444 matchs)

   


On aurait pu – dû ? – sélectionner l’emblématique Tony Adams pour épauler Sol Campbell mais on a choisi de mettre en valeur son fidèle partenaire, Martin Keown. Les deux hommes ont sans doute formé la meilleure charnière centrale de l’histoire d’Arsenal. Keown aura été un titulaire indiscutable, à l’exception de sa dernière saison en 2003-2004 où le jeune Kolo Touré le supplante. Mais il dispute quand même trois matchs et participe à la saison des records, celle où Arsenal demeure invaincue en Premier League. Il est le dernier joueur de l’ère George Graham, le prédécesseur de Wenger, à quitter le club.
Milieu de terrain : Patrick Vieira (406 matchs)

Patrick Vieira est l’une des premières recrues de Wenger à Arsenal. Il symbolise l’inflexion française que l’Alsacien a donnée à ce club du nord de Londres. Les recrues tricolores seront nombreuses, avec plus ou moins de réussite : de Guillaume Warmuz au dernier en date, Alexandre Lacazette. Vieira, parti trop jeune au Milan AC, s’impose immédiatement à Arsenal dont il est nommé capitaine. De 1996 à 2005, il est incontournable au milieu de terrain et ses duels avec l’Irlandais de Manchester United Roy Keane sont devenus mythiques. Il pourrait bien être le successeur de son mentor sur le banc d’Arsenal.
Milieu de terrain : Fredrik Ljungberg (318 matchs)

   


Le Suédois a évolué neuf ans à Arsenal. Très offensif, il a inscrit 72 buts durant sa carrière chez les Gunners. Lors de la saison du doublé championnat-Cup, en 2001-2002, Ljungberg est élu joueur de l’année en Premier League. A son départ en 2007, à l’âge de 30 ans, sa carrière déclinera avec des passages aux Etats-Unis (Seattle et Chicago), au Japon et même en Inde.
Milieu de terrain : Ray Parlour (464 matchs)

   


Le palmarès a fait pencher la balance au bénéfice de Ray Parlour, au détriment de Cesc Fabregas. Le premier, qui a disputé 327 rencontres avec Wenger, est un pur produit des Gunners. A l’inverse de l’Espagnol, formé au Barça et qui n’a gagné qu’une Cup avec les Gunners, ce milieu de terrain anglais a notamment participé aux titres de 1998, 2002 et 2004. Les supporteurs lensois se souviennent de son altercation avec Cyril Rool en Ligue des champions en 1998. Parlour avait été exclu.
Attaquant : Thierry Henry (370 matchs)

Plus qu’un autre, « Titi » a symbolisé l’Arsenal de Wenger. Pendant son passage chez les Gunners, il a battu tous les records. Devant Ian Wright et ses 185 buts (deux saisons avec Wenger), il est devenu le meilleur buteur de l’histoire du club grâce à ses 228 buts. Il a été à quatre reprises meilleur buteur de Premier League. Un seul regret pour lui : comme d’autres joueurs emblématiques, Thierry Henry n’a jamais gagné la Ligue des champions avec Arsenal. Il a dû attendre son départ à Barcelone pour ajouter ce trophée à son palmarès.
Attaquant : Dennis Bergkamp (423 matchs)

Le génial attaquant néerlandais a débarqué dans la capitale anglaise un an avant la prise de pouvoir d’Arsène Wenger. Cela n’a pas empêché l’entraîneur français d’en faire l’un de ses hommes de base pendant dix saisons. Très élégant, capable d’inscrire des buts fantastiques, Bergkamp est peut-être le joueur le plus fin et le plus doué de l’histoire d’Arsenal.
Attaquant : Robert Pirès (370 matchs)

   


En six saisons à Arsenal, Pirès a marqué l’histoire du club. Sa barbichette, alliée à sa virtuosité, lui ont valu en Angleterre le surnom de « Mousquetaire ». En compagnie, de Vieira, d’Henry, mais aussi de son compère Sylvain Wiltord, il a grandement participé aux belles campagnes des années Wenger : deux titres de champion et deux coupes. Sa présence aux côtés des incontournables Thierry Henry et Dennis Bergkamp n’est donc pas usurpée, même si la lutte a été rude avec des joueurs comme Robin van Persie, Nwankwo Kanu ou Marc Overmars.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-8"> ¤ EN UN GRAPHIQUE – Le Français, ancien joueur et ex-entraîneur de Monaco, aura passé vingt-deux saisons sur le banc des « Gunners ».
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Huit chiffres sur la fin de l’ère Arsène Wenger, entraîneur du club anglais Arsenal

EN UN GRAPHIQUE – Le Français, ancien joueur et ex-entraîneur de Monaco, aura passé vingt-deux saisons sur le banc des « Gunners ».



Le Monde
 |    20.04.2018 à 14h09
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 14h36
    |

            Alexandre Pouchard








                        


Premier entraîneur étranger du club londonien d’Arsenal, le Français Arsène Wenger aura marqué l’histoire des « Gunners », dont il a annoncé, vendredi 20 avril, son départ à la fin de la saison. Sa longévité détonne-t-elle outre-Manche ? Oui. Dans le championnat d’Angleterre, les entraîneurs changent très régulièrement — au bout de quatorze mois, en moyenne.

   



        Lire l’article :
         

          Football : Arsène Wenger dit au revoir à Arsenal






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-9"> ¤ Dimanche, les Franciliens affrontent à Bordeaux les Irlandais du Munster en demi-finales de Coupe d’Europe. Ils compteront sur un soutien tout relatif des tribunes.
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Racing 92 : grand club de rugby cherche public et ferveur

Dimanche, les Franciliens affrontent à Bordeaux les Irlandais du Munster en demi-finales de Coupe d’Europe. Ils compteront sur un soutien tout relatif des tribunes.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 11h48
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 12h26
    |

                            Alexandre Pedro








                        



   


Jean-Pierre Chivrac lance le pari : « Si, un jour, j’arrive à lancer un clapping au stade, je descends les Champs-Elysées tout nu. » Mais le président de Génération Yves du Manoir, principal groupe de supporteurs du Racing 92, rassure très vite les pudibonds : « Cela n’arrivera jamais, je ne prends pas trop de risques ! » 
Après presque trente ans à pousser derrière son équipe, il s’est fait une raison : « On a un public de spectateurs, pas de supporteurs, déplore-t-il. On a quelques jeunes qui se démènent en tribune pour faire chanter les gens, mais ça ne prend pas. C’est comme ça ! »
Dan Carter et ses coéquipiers auraient pourtant bien besoin d’un 16e homme pour défier le redoutable Munster à Bordeaux, dimanche 22 avril, en demi-finales de Coupe d’Europe. La « Red Army » (le surnom des supporteurs de la franchise irlandaise) risque de monter le volume sonore au stade Chaban-Delmas, avec ses deux mille soldats attendus. Côté Racing, on table aussi sur deux mille personnes. Encore faut-il arriver à destination. « J’espère que nos supporteurs ne seront pas trop impactés par la grève des trains, s’inquiète l’entraîneur, Laurent Travers. Les Irlandais ont, eux, la chance d’être bien desservis par l’avion. » Merci le low-cost aérien, autre grande spécialité irlandaise.
« Il faut arrêter de dire que nous n’avons pas de public ! Nos supporteurs sont de plus en plus en nombreux, et nous sommes fiers d’eux », Laurent Travers, entraîneur du Racing
Grève ou pas, le Racing 92 ne charrie pas une ferveur populaire comparable à celle de ses rivaux nationaux, comme Clermont, Toulon ou Toulouse. Quand on avance ce constat à Laurent Travers, une tempête sous un crâne chauve menace d’éclater. « Il faut arrêter de dire que nous n’avons pas de public ! Nos supporteurs sont de plus en plus en nombreux, et nous sommes fiers d’eux. Regardez plutôt les affluences de nos derniers matchs. Il y avait vingt mille personnes à l’Arena 92 face à Clermont. » Mais la communauté auvergnate d’Ile-de-France avait bien aidé à gonfler l’affluence ce soir-là.
A mi-chemin entre le stade et la salle de concert, l’Arena 92 est le grand projet de Jacky Lorenzetti. En 2006, le fondateur du groupe Foncia devient le président et mécène du Racing Club de France, bel endormi du rugby français, qui végète alors en deuxième division. Depuis, le club a été rebaptisé Racing 92 (pour souligner son attachement aux Hauts-de-Seine), a remporté un titre de champion de France en 2016 et déménagé du vétuste stade Yves-du-Manoir de Colombes pour l’Arena 92, où Beyoncé et Jay-Z roderont bientôt leur tournée mondiale, obligeant à délocaliser la réception d’Agen le 5 mai à… Vannes, en Bretagne.
Le club « mal aimé »
Une réussite incontestable sur le papier, en dépit de ce désagrément géographique. Mais pourquoi, malgré les résultats et les stars ramenées par Jacky Lorenzetti (Chabal, Steyn, Sexton, Carter), le Racing 92 reste-t-il cet objet froid, souvent caricaturé comme le grand méchant club professionnel ? Quand les champions de France 2016 promènent le bouclier de Brennus devant un petit millier de personnes dans les rues du Plessis-Robinson (commune où est implanté le centre d’entraînement du club), les réseaux sociaux ironisent sur cet AS Monaco du rugby.

Pour la Boucherie Ovalie, le site parodique qui moque les turpitudes du rugby français, le Racing est une source d’inspiration presque inépuisable. « Au départ, on n’avait rien contre, mais la personnalité de Lorenzetti a bien déteint sur le club, explique Ovale Masqué, l’un des rédacteurs du site. Il raconte dans ses interviews qu’il est surtout venu pour monter un projet immobilier autour de l’Arena 92. C’est son choix. Mais le club élitiste avec son grand gymnase à la Défense pour ramener un public VIP, les stands qui proposent de manger des pizzas à la truffe — je n’invente pas, ça existe —, ça ne correspond pas vraiment à l’esprit rugby, pour nous. »

Ça va on va pas s'offusquer pour la délocalisation du Racing à cause d'un concert.
— BoucherieOvalie (@Boucherie Ovalie)


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Il n’a pas encore prévu de le chanter, mais Jacky Lorenzetti assume parfaitement d’être le président d’un club « mal aimé », comme il le revendiquait, en 2014, juste avant une demi-finale de Top 14 contre Toulon. « Au Racing, on est pudiques et respectueux, et plutôt du genre laborieux », expliquait-il pour prendre le contre-pied de son homologue du RCT, le volubile Mourad Boudjellal. Dans les Hauts-de-Seine, l’époque n’est plus à la folie douce de la bande du show-biz des années 1980-1990, quand les Mesnel, Lafond, Blanc ou Guillard pouvaient porter le béret pendant un match contre Bayonne, oser le nœud papillon en finale du championnat en 1990 avec champagne à la mi-temps pour se désaltérer.
« Une histoire ne se décrète pas, elle se construit dans le temps », Jacky Lorenzetti
Avant de rejoindre le Stade français, Thomas Lombard a fait ses classes chez cette bande de joyeux drilles. « Il n’y avait pas grand monde à Colombes pour nous voir jouer, se souvient-il. Son président a voulu tourner la page de l’époque du show-biz pour créer une nouvelle histoire, et c’est louable, poursuit l’ancien international, qui a terminé sa carrière au début de l’ère Lorenzetti. Une histoire ne se décrète pas, elle se construit dans le temps. Au niveau de la popularité, le club n’a pas fait la bascule après le titre de 2016. »
Quand Antoine Blondin défendait le Racing
Pour l’actuel consultant de Canal+, l’Arena 92 donne « déjà une attractivité nouvelle au club », mais une enceinte, aussi moderne et climatisée soit-elle, ne fait pas tout. « Il manque un marqueur pour mieux identifier le Racing. Quand vous parlez du Stade toulousain, vous pensez au beau jeu, Toulon ça sera la ferveur. Même le Stade français garde encore cette image du club avec les maillots roses, le calendrier. Si vous demandez aux gens pour le Racing, c’est plus compliqué. Déjà, ce n’est pas le club d’une ville, mais d’un département. »
Un premier trophée européen, le 12 mai à Bilbao (Espagne), aiderait à gagner davantage les cœurs. Mais avant, il s’agit déjà de se confronter au Munster. Et Laurent Travers compte bien sur le soutien des autres spectateurs. « Nous sommes le dernier club français encore qualifié, et j’ose espérer que les Français présents au stade seront derrière nous. » Jean-Pierre Chivrac, lui, en « doute un peu ». Il connaît la réputation de son équipe loin de l’Ile-de-France : « On a toujours eu cette image de club bourgeois. Il suffisait juste de dire “Racing Club de France” pour voir la réaction des mecs dans le Sud-Ouest. »
Et si tout le charme et l’identité du Racing se trouvaient là ? Le jeune Antoine Blondin écrivait, en 1936, du haut de ses 16 ans, ces quelques mots dans une lettre :
« Le Racing est en butte aux sarcasmes et l’animosité de la foule. C’est pourquoi je serai toujours un fidèle supporteur dans les mauvais comme dans les bons moments. »
Jacky Lorenzetti cite souvent les mots de l’écrivain. Mieux, il a même fait encadrer sa lettre dans l’un des salons du centre d’entraînement du Plessis-Robinson. Les tweets de Boucherie Ovalie attendront encore un peu.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-10"> ¤ L’entraîneur français, contesté par les supporteurs, quittera le club en fin de saison. En vingt-deux saisons à Arsenal, il a révolutionné le football anglais.
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Football : Wenger le bâtisseur quitte sa maison d’Arsenal

L’entraîneur français, contesté par les supporteurs, quittera le club en fin de saison. En vingt-deux saisons à Arsenal, il a révolutionné le football anglais.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 20h48
    |

            Clément Guillou








                        



   


A l’humiliation d’un licenciement, Arsène Wenger, entraîneur légendaire et orgueilleux, a préféré un départ à la première personne :
« Après mûre réflexion et après des discussions avec le club, j’estime qu’il est temps pour moi de démissionner à la fin de la saison. Je suis reconnaissant d’avoir eu le privilège de servir le club durant tant d’années mémorables. J’ai dirigé le club avec un engagement et une intégrité absolus. »
Ainsi l’obstiné Arsène Wenger a-t-il mis un terme, sous pression de la direction d’Arsenal et à un an de la fin de son contrat, à son aventure hors norme à la tête du club anglais. Arrivé en parfait inconnu (« Arsène who ? », titrait le perfide Evening Standard au lendemain de sa nomination en septembre 1996), l’Alsacien au regard sévère aura passé vingt-deux saisons sur le banc du club londonien. Depuis la retraite de son meilleur ennemi, sir Alex Ferguson (Manchester United), en 2013, cette longévité en faisait un cas à part dans le football de haut niveau. En Angleterre, la durée de vie d’un manageur est de quatorze mois.

#MerciArsène https://t.co/bjP0wLMgee— Arsenal (@Arsenal FC)


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Ce dénouement était espéré par la majorité des supporteurs d’Arsenal, qui le préfèrent désormais en statue devant l’Emirates Stadium que sur le banc. Le slogan « Wenger out », affiché de toutes les manières possibles dans les tribunes et jusque dans le ciel londonien, tracté par un avion, divisait les fans jusqu’à la saison en cours. Au fil des défaites de 2018, les supporteurs se sont mis d’accord : la seule issue était une séparation. Dans quelques semaines, Arsenal ratera pour la deuxième année de suite la qualification en Ligue des champions. Les Gunners, sixièmes de Premier League, sont en route vers leur pire classement sous l’ère Wenger.
La Premier League lui doit tant
Le chiffre dit un peu de ce que l’Alsacien de 68 ans a apporté au club – une stabilité remarquable dans les hauteurs du football anglais –, mais il ne raconte pas tout : le jeu rapide et léché, qui n’existait pas en Angleterre avant lui, la saison d’invincibilité en 2003-2004 (série de 49 matchs sans défaite, le record tient toujours), l’ouverture sur le monde et le goût de la post-formation de jeunes joueurs. L’amour de la Premier League pour la France vient de lui, et les Bleus lui doivent Henry, Vieira, Wiltord, Pirès, Petit, Anelka, Gallas, Nasri ou Koscielny.
« Il était très élégant, et ne ressemblait pas à un entraîneur de foot normal. » David Dein, vice-président d’Arsenal, sur leur première rencontre.
Il avait beau être fils de bistrotiers, l’ascétisme de l’ancien joueur de Strasbourg collait mal avec l’image d’Arsenal, ses défenseurs britishs portés sur le houblon et son système de jeu consistant le plus souvent à balancer le ballon devant. David Dein, le vice-président d’Arsenal qui le recruta, avait observé lors de leur première rencontre dans une loge d’Highbury en 1989 : « Il était très élégant et ne ressemblait pas à un entraîneur de foot normal. (…) J’ai pensé que ce type avait la classe. Il est différent. Arsène parlait cinq langues, avait un diplôme d’économie, avait étudié la médecine et n’était clairement pas la caricature du joueur devenu entraîneur. »
Le coup de l’entraîneur polyglotte avait bien fait rire sir Alex Ferguson – « j’ai un joueur ivoirien de 15 ans qui parle aussi cinq langues » –, qui ne riait plus au bout de quelques mois, quand Wenger imposait déjà sa patte à Arsenal. L’intellectuel de Duttlenheim (Alsace) laissera dans l’armoire à trophées des Gunners trois titres de champion et sept Coupes d’Angleterre. C’est beaucoup moins que le prolétaire de Glasgow, mais au concours de celui ayant le plus contribué à faire de la Premier League le meilleur championnat du monde, Wenger sort vainqueur.
L’Europe s’est refusée à lui : rarement gâté par le tirage au sort dans les derniers tours de Ligue des champions, il s’est souvent arrêté en huitièmes de finale et n’a disputé qu’une fois le titre, battu (2-1) par le FC Barcelone de Ronaldinho au Stade de France en 2006. La Ligue Europa, dont Arsenal disputera les demi-finales face à l’Atlético Madrid le 26 avril et le 3 mai, peut encore lui offrir une sortie par le haut.
Insuffisant, estiment les supporteurs, qui commençaient à déserter l’Emirates Stadium ces dernières semaines – un fardeau financier qui aura fini de faire céder le propriétaire américain Stan Kroenke. Soutien indéfectible de Wenger malgré les pressions de la presse et des tribunes, celui-ci a rendu hommage au technicien français vendredi :
« C’est l’un des jours les plus douloureux de toutes nos années passées dans le monde du sport. L’une des raisons principales pour lesquelles nous avons investi dans Arsenal était l’apport d’Arsène dans ce club, sur le terrain et en dehors. (…) La classe d’Arsène est inégalée et nous lui sommes redevables à tout jamais. (…) Il a transformé l’identité de notre jeu et du football anglais par sa vision du jeu. »

https://t.co/Q9saKdTZOT— Arsenal (@Arsenal FC)


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Précurseur
De fait, arrivé du Japon sous les regards moqueurs, le Français à la dégaine de prof d’histoire se révéla précurseur : premier entraîneur non britannique sacré champion d’Angleterre, dès son deuxième exercice (1998), premier entraîneur à aligner en Premier League une équipe sans joueurs anglais – remplaçants compris.
« Pas un seul jour, je me suis dit que je pourrais vivre sans le football. »
Le succès de sa première décennie au club n’a rien fait pour éroder sa confiance en lui. Arsène knows best (Arsène sait), disait-on dans les cercles des supporteurs d’Arsenal, et c’était pour une fois au premier degré. L’intéressé semblait parfois évoluer hors sol, rétif à toute remise en cause personnelle et semblant croire que son talent lui permettrait de surmonter le décalage financier avec ses adversaires. C’est parce que sa relation avec le club était fusionnelle, au point que les rouge et blanc soient rebaptisés « Arsènal ».
Toujours un œil sur les finances de son club et sur l’évolution du football mondial, Wenger déplorait l’inflation du coût des transferts et le recours permanent au mercato comme moyen de faire progresser une équipe. Il avait, jusqu’à peu, gardé comme credo de ne pas payer un joueur au-delà d’un certain montant hebdomadaire ; il pensait que ses vedettes – Nasri, Fabregas – n’oseraient pas le quitter. Désireuses de gagner plus de livres et de trophées, elles partaient évidemment.
Lui-même avait cédé à la folle course aux dépenses, ces dernières années, mais avec l’Alsacien, les finances de l’actionnaire étaient sous bonne garde : sans dépenses somptuaires, Wenger garantissait chaque saison (jusqu’en 2017) une qualification pour la lucrative Ligue des champions et il avait accompagné, après la fermeture d’Highbury, le défi de la construction du nouveau stade avec les économies du club.
C’est cette contrainte économique, dès 2006, qui avait signé le basculement de la carrière du Français à Arsenal. Lui se satisfaisait de faire les meilleurs résultats possibles dans un cadre financier contraint, les supporteurs ne voulaient plus retourner aux saucisses après avoir mangé tant de caviar, pour reprendre sa métaphore culinaire. Dans quelques semaines, sauf victoire en Ligue Europa, Arsenal ratera pour la deuxieme année de suite la qualification en Ligue des champions.
Stan Kroenke lui offrait l’un des meilleurs salaires de Premier League pour un entraîneur et Wenger, sollicité par exemple par le Paris-Saint-Germain version qatarie, n’avait jamais poussé bien loin les négociations pour un départ. Il envisageait de finir sa carrière dans le club du nord de Londres. Dans son communiqué de départ, il n’évoque pas la suite.
Régulièrement poussé à la retraite par la presse anglaise, Wenger avait eu l’occasion d’affiner ses formules sur la question. En 2009 : « Pas un seul jour, je me suis dit que je pourrais vivre sans le football. Je sais que ça arrivera un jour. Mais vous ne pouvez vivre en vous disant que vous allez mourir. Vous vivez en sachant que vous voulez vivre. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-11"> ¤ Menacé de relégation sportive et de sanction administrative, le club lillois, criblé de dettes, avait pourtant obtenu il y a dix mois le feu vert de la DNCG pour recruter.
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Le LOSC vers une « catastrophe industrielle »

Menacé de relégation sportive et de sanction administrative, le club lillois, criblé de dettes, avait pourtant obtenu il y a dix mois le feu vert de la DNCG pour recruter.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 09h09
    |

            Clément Martel et 
Rémi Dupré








                        



                                


                            

Le « gendarme financier » du football français a-t-il fait preuve de laxisme à l’égard du Lille olympique sporting club (LOSC) ? Dix mois seulement après que le club a été autorisé à recruter sans limite par la Direction nationale de contrôle de gestion (DNCG), la situation sportive et financière du club nordiste fait craindre « la plus grande catastrophe industrielle du football français », selon les mots d’un dirigeant de Ligue 1 bien informé. Elle pose la question du bien-fondé de la décision, en juin 2017, de laisser le nouveau propriétaire du club, Gérard Lopez, acheter pour quelque 70 millions d’euros de joueurs – sans compter leurs salaires – grâce à des emprunts obtenus auprès d’Elliott Management, un fonds américain d’investissement spéculatif.

En janvier 2017, l’homme d’affaires hispano-luxembourgeois rachetait en grande pompe ce fleuron du football français par l’entremise de Victory Soccer, une holding britannique contrôlée par des sociétés offshore. Dans un premier temps, la DNCG n’avait pas validé le budget lillois pour la saison actuelle. Mais après avoir requis et obtenu des « des éléments complémentaires », le gendarme financier avait laissé les mains libres à l’ancien patron de l’écurie de formule 1 Lotus.
La DNCG « a laissé passer le dossier LOSC en juin 2017 sans demander toutes les garanties », en dépit d’un « certain nombre d’interrogations posées », déplore un influent président de club. Il met en cause la Ligue de football professionnel (LFP), laquelle « n’a pas les fesses propres dans cette affaire ». Selon lui, c’est « sur intervention de la LFP » que la DNCG a agi. Cette dernière est officiellement indépendante mais « hébergée » par la Ligue.
« Psychose »
Appâtée par le clinquant du projet lillois et l’aura du nom de Marcelo Bielsa, l’entraîneur star attaché au projet, la LFP n’aurait « pas demandé les garanties financières qu’elle a par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-12"> ¤ Racheté il y a un an grâce à un prêt du fonds d’investissement américain Elliott, l’ancien club de Silvio Berlusconi va être sanctionné dans le cadre du fair-play financier.
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Le supplice chinois du Milan AC

Racheté il y a un an grâce à un prêt du fonds d’investissement américain Elliott, l’ancien club de Silvio Berlusconi va être sanctionné dans le cadre du fair-play financier.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 09h08
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 09h59
    |

            Rémi Dupré








                        



   


Quel est le point commun entre le LOSC de Gérard Lopez et le Milan AC de l’homme d’affaires chinois Li Yonghong ? La réponse tient en sept lettres : Elliott, un fonds américain d’investissement spéculatif. A l’instar du dirigeant de Lille, le patron du groupe Rossoneri Sport Investment Lux a obtenu un prêt de 303 millions d’euros d’Elliott Management pour acheter la formation milanaise, en avril 2017, à Silvio Berlusconi, propriétaire du club depuis 1986. Grâce à son créancier, Li Yonghong a dépensé 740 millions pour prendre les rênes de l’institution lombarde, alors criblée de dettes (220 millions d’euros) et à bout de souffle sur le plan sportif.

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Mais Elliott Management, qualifié généralement de « fonds vautour » et plus connu pour posséder des dettes souveraines que pour ses investissements dans le sport, a prêté à un taux très élevé : 11 % pour le Milan AC. Et le fonds n’est pas connu pour laisser ses débiteurs tranquilles.
Depuis cette acquisition très médiatisée, le septuple vainqueur de la Ligue des champions tente de revenir sur le devant de la scène italienne. Les nouveaux propriétaires chinois se sont engagés à injecter 350 millions d’euros en trois ans, afin de « ramener le Milan tout en haut ». Plus de la moitié de la somme a déjà été investie sur le marché des transferts, mais le Milan AC stagne à la sixième place de la Serie A. A neuf points de son rival historique, l’Inter Milan, racheté en 2016 par un autre groupe chinois, Suning.
« Transactions douteuses »
Arrivé sur le banc en novembre 2017 en remplacement de Vincenzo Montella, l’entraîneur Gennaro Gattuso (ex-milieu du Milan AC de 1999 à 2012, sous contrat jusqu’en 2021) « a montré qu’il était capable de changer la situation », assure au Monde Marco Fassone, l’administrateur délégué et « patron exécutif » du Milan AC. Qualifié pour la finale de la Coupe d’Italie, le club s’accroche à cette dernière place qualificative pour la Ligue Europa, dont il a été éliminé en huitièmes de finale cette saison.
Davantage que ses performances sportives, le club rossonero se distingue actuellement par ses difficultés financières. Pour boucler les comptes de la fin de saison, Li Yonghong est en train de procéder à une augmentation progressive du capital de 37,4 millions d’euros. Quant à ses créanciers, les dirigeants d’Elliott, ceux-ci trépignent d’impatience : le propriétaire du Milan AC doit rembourser la somme due d’ici au mois d’octobre… sous peine de devoir donner les rênes au fonds américain.
« Le président est sur la bonne voie pour honorer tous ses engagements », assure Marco Fassone. Pourtant, la solvabilité de Li Yonghong est mise en cause.
Selon La Gazzetta dello Sport, la justice italienne a ouvert une enquête relative à la vente du Milan AC, à la suite de signalements de « transactions douteuses » faits par la Banque d’Italie à la police financière. La justice sportive se mêle aussi des finances du septuple champion d’Europe : l’Instance de contrôle financier des clubs (ICFC) de l’UEFA a engagé une procédure dans le cadre du fair-play financier (FPF), ce mécanisme en vertu duquel les équipes européennes ne doivent pas dépenser plus qu’elles ne gagnent, sous peine de sanction.
Contactée par Le Monde, une source proche de l’enquête de l’ICFC émet des doutes sur la « solidité financière » du propriétaire du Milan AC et sur le montage de la vente réalisée grâce au prêt d’Elliott. « Je ne vois aucune raison justifiant un tel scepticisme, réplique M. Fassone. Autant que je sache, l’achat de notre société s’est fait dans la plus grande transparence, sous la supervision de conseillers juridiques et financiers internationaux. »
Le Milan AC est déjà assuré d’être sanctionné puisque l’ICFC a rejeté, en décembre 2017, la demande d’« accord volontaire » du club, qui souhaitait pouvoir sortir des clous du fair-play financier à condition de présenter un plan fiable de retour à l’équilibre dans les quatre ans.
« Nous allons revenir dans l’élite »
« Malheureusement, nous nous attendions à une telle résolution. L’UEFA avait demandé aux actionnaires des garanties bancaires si élevées qu’il était impossible de les obtenir, reconnaît Marco Fassone. Il aussi vrai que le Milan AC, au cours des trois années précédant notre gestion, n’a malheureusement pas respecté les règles du FPF [255 millions de pertes]. Par conséquent, l’ICFC devra juger quelles sanctions nous imposer. » 
Ces sanctions, déjà imposées par le passé à des clubs comme le Paris-Saint-Germain ou l’AS Monaco, peuvent aller d’une simple amende à l’exclusion des compétitions européennes. La rencontre, vendredi 20 avril, au siège de l’UEFA, entre Marco Fassone et les experts du fair-play financier devait être décisive : le directeur exécutif du club devait y présenter son plan de retour progressif à l’équilibre financier – qui pourrait passer par la vente de son gardien prodige, Gianluigi Donnarumma – et des garanties de la solidité financière du propriétaire chinois.
Le patron « exécutif » du club promet de respecter le FPF à l’avenir et table sur une participation en Ligue Europa, la saison prochaine, plutôt qu’en Ligue des champions. « Nous allons grandir et revenir dans l’élite du football international », jure toutefois le dirigeant milanais. Si tant est que le fonds Elliott lui en laisse le temps.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-13"> ¤ La Red Bull Air Race s’invite pour la première fois en France, berceau de la voltige aérienne. Un siècle après, les voltigeurs tricolores dominent cette discipline spectaculaire.
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La France, terre de voltige

La Red Bull Air Race s’invite pour la première fois en France, berceau de la voltige aérienne. Un siècle après, les voltigeurs tricolores dominent cette discipline spectaculaire.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 07h01
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 18h20
    |

            Catherine Pacary








                        



Comme la tarte Tatin, la voltige aérienne est née en France d’une erreur. Red Bull ne le sait pas : c’est pour la beauté de sa Côte d’Azur et son impact international que le limonadier autrichien a choisi d’organiser au-dessus de la baie de Cannes une étape de la Red Bull Air Race, impressionnante course de slalom aéronautique, les 21 et 22 avril. Une première en dix ans que l’organisation justifie par la présence cette saison de cinq Français parmi les 24 concurrents. Car oui, cette discipline est une excellence nationale méconnue, fruit d’une histoire et d’une législation uniques.
Dix-neuf août 1913. Dans le ciel francilien, un homme, Célestin Adolphe Pégoud (1889-1915), réussit l’un des premiers sauts en parachute. Il oublie juste de couper le moteur de l’avion qui l’a élevé à 250 mètres de hauteur, et l’appareil tournoie, descend en piquet avant de remonter sur l’aile, puis finalement s’écraser. « Mon coucou fait le guignol », annote Célestin Adolphe Pégoud sur son carnet, qui vient d’inventer sans le savoir la voltige aérienne. Dès le 1erseptembre, il réussit, volontairement cette fois, le premier looping de l’histoire à bord d’un Blériot-XI. Mobilisé un an plus tard, l’inventeur de la voltige aérienne meurt le 31 août 1915 sous les balles allemandes.

   


Riche de ce passé, l’Etat français a favorisé après-guerre l’implantation d’aérodromes en leur donnant une structure associative unique, garante de tarifs accessibles.
Aujourd’hui, 600 aérodromes – soit un terrain d’aviation tous les 50 kilomètres – perpétuent cet héritage et accueillent 42 000 licenciés à la Fédération française d’aéronautique (FFA). Ils représentent la moitié du contingent de pilotes européens et placent la France au 2e rang mondial derrière les Etats-Unis. En autorisant l’implantation de 200 aires réservées à la voltige, quand la Suisse, la Belgique ou le Luxembourg par exemple n’en ont qu’une, la France continue de défendre ce patrimoine.

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                Voltige aérienne : Mélanie Astles, fille de l’air



A ces structures s’ajoute une industrie aéronautique performante qui, pour se cantonner à la voltige, a produit le CAP 10, l’avion qui permet aux élèves voltigeurs de voler à moindre coût depuis les années 1970. A la différence de l’Allemagne ou du Royaume-Uni, « où l’avion-école appartient à une entreprise commerciale qui doit rentabiliser les cours », précise Philippe Prinet, responsable pédagogique au club de voltige de Cannes-Mandelieu.
« La voltige aérienne s’est développée pendant la guerre froide, pour valoriser la dextérité plutôt que la puissance de feu », rappelle Loïc Logeais, directeur technique national de la FFA. Les meilleurs sont alors les Russes et les Américains. Mais depuis la fin des années 1990, « la voltige aérienne mondiale est aux mains des Français. Cela fait vingt-cinq ans que cela dure », enchaîne Philippe Prinet.
Formation des écoles de l’armée de l’air
Ainsi, lors des 28es championnats du monde de voltige aérienne à Châteauroux, en 2015, les Français ont remporté les trois titres en jeu. Et le public était au rendez-vous. « Plus de 50 000 spectateurs en une semaine et 60 000 en clôture », se souvient Loïc Logeais. Une réussite telle que la France organisera à nouveau les Mondiaux de 2019, peut-être encore à Châteauroux.
« Il est plus facile de pratiquer la voltige aérienne en France, confirme Mika Brageot, voltigueur de 30 ans engagé sur la Red Bull Air Race. La France est riche de son histoire aéronautique. Cela lui donne une structure d’entraînement exceptionnelle. De plus, elle offre la possibilité de se lancer jeune, dès 13 ans avec le brevet d’initiation aéronautique, reconnu par l’Education nationale, et de bénéficier de bourses. »
« Pour entraîner quelques équipes étrangères, anglaises, allemandes, australiennes, je peux [témoigner que] nous sommes encore largement en avance, notamment en voltige », estime également François Le Vot. Le champion du monde en individuel et par équipe insiste sur « les formations extrêmement solides fournies par les écoles de l’armée de l’air », dont il a fait partie durant vingt-quatre ans.
Le climat venteux est aussi « idéal pour apprendre », loue Baptiste Vignes, formé sur les côtes normandes au Havre. Mélanie Astles, seule femme engagée sur le Red Bull Air Race, nuance : « J’aimerais vous dire qu’il est plus facile de pratiquer la voltige en France qu’ailleurs, mais le meilleur endroit me semble être les Etats-Unis. »
Là-bas, l’espace infini est un atout. En France, les riverains se plaignent des nuisances sonores et plusieurs aéroclubs, comme Cuers (Var) ou Eyguières (Bouches-du-Rhône), sont menacés. A Cannes, Philippe Prinet aimerait à l’inverse ouvrir trois axes de voltige supplémentaires. Un succès populaire de la Red Bull Air Race pourrait l’y aider.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-14"> ¤ Dans le mâle univers des compétitions de lutte traditionnelle, la présence des femmes se limite encore aux tribunes. Au nom d’une « tradition » finalement assez tardive.
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Le sumo s’enlise dans le sexisme

Dans le mâle univers des compétitions de lutte traditionnelle, la présence des femmes se limite encore aux tribunes. Au nom d’une « tradition » finalement assez tardive.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 09h27
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



                                


                            LETTRE DE TOKYO
De nouvelles affaires confirment le conservatisme de la politique et du sumo sur la position des femmes dans la société japonaise. Mercredi 18 avril, Junichi Fukuda, vice-ministre administratif du ministère des finances a démissionné après des révélations – qu’il conteste – selon lesquelles il aurait harcelé des journalistes femmes.
Dans un premier temps, son ministre de tutelle, Taro Aso, avait tenté de minimiser l’incident en expliquant que M. Fukuda avait promis de ne pas recommencer. Cette réaction jugée « légère » avait suscité de vives réactions.
Observé dans un pays classé 114e en 2017 par le Forum économique mondial en matière d’égalité entre les hommes et les femmes, le traitement de l’affaire ne surprend guère. Il en va de même pour les polémiques ayant récemment secoué le monde du sumo professionnel.
Il existe pourtant, dans le sumo amateur, des compétitions ouvertes aux femmes. Mais, dans le mâle univers de la lutte traditionnelle pratiquée par des rikishis (lutteurs professionnels), leur présence se limite aux tribunes enserrant le dohyo, le « ring » des combattants qui leur est interdit d’accès.
Le 8 avril se tenait, comme tous les ans depuis 2015 à Shizuoka (Centre) un Chibikko-zumo (« sumo des enfants »). L’événement réunit des petits lutteurs qui viennent « affronter » des professionnels. Or cette année, les petites filles n’ont pas pu participer comme elles le faisaient auparavant, l’association japonaise de sumo (JSA), arguant que certaines avaient été blessées les autres années.
La polémique n’est pas nouvelle
La décision a fait réagir car elle suivait de peu le drame survenu le 4 avril, quand Ryozo Tatami, le maire de Maizuru dans le département de Kyoto (Ouest), fut victime d’une attaque cardiaque alors qu’il prononçait un discours debout sur un dohyo. Plusieurs femmes se sont précipitées pour lui faire un massage cardiaque. Un gyoji (arbitre) a alors...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-15"> ¤ L’ancien meneur de l’équipe US Postal a accepté de verser 5 millions de dollars aux autorités fédérales américaines qui le poursuivaient pour fraude.
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Dopage : Armstrong s’offre un épilogue judiciaire à 5 millions de dollars

L’ancien meneur de l’équipe US Postal a accepté de verser 5 millions de dollars aux autorités fédérales américaines qui le poursuivaient pour fraude.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 03h22
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 07h00
   





                        



   


La star déchue du cyclisme Lance Armstrong en a fini avec la justice américaine : il a accepté, jeudi 19 avril, de payer 5 millions de dollars (4 millions d’euros) d’indemnisation à l’un de ses anciens sponsors qui lui réclamait 100 millions de dollars, au titre de dédommagement pour avoir eu recours au dopage.
« Je suis heureux d’avoir résolu cette affaire et de pouvoir avancer dans ma vie » : à 46 ans, cinq ans après ses aveux face à la prêtresse de la télévision américaine Oprah Winfrey, Lance Armstrong a sans doute définitivement tourné la page de ses années dopage.
Sa réputation restera à jamais ternie et son palmarès amputé de ses sept victoires consécutives, entre 1999 et 2005, dans le Tour de France mais l’ancien « boss » du peloton professionnel s’en tire à bon compte.
A quelques semaines d’un procès devant un tribunal fédéral de Washington qui aurait pu le ruiner et exposer à nouveau ses agissements les plus sombres, il a trouvé un accord avec le ministère américain de la justice. L’ancien leader de l’équipe US Postal (1998-2005) a accepté de verser 5 millions de dollars aux autorités fédérales qui le poursuivaient pour fraude.
« Personne n’est au-dessus de la loi »
Il était en effet sponsorisé par la Poste américaine alors qu’il avait mis en place, selon l’Agence antidopage américaine (Usada), « le programme de dopage le plus sophistiqué jamais vu dans l’histoire du sport ». « Personne n’est au-dessus de la loi. (…) Cet accord démontre que tous ceux qui fraudent le gouvernement sont sanctionnés », a insisté Chad A. Readler, avocat qui représentait le gouvernement.
Lance Armstrong s’est également engagé à verser 1,65 million de dollars à son ancien coéquipier Floyd Landis pour le remboursement de ses frais d’avocat. Landis – lui aussi convaincu de dopage et déchu de sa victoire dans le Tour de France 2006 – avait été à l’origine de la chute d’Armstrong avec ses révélations. Il avait déposé une plainte, en 2010, pour fraude, avant d’être rejoint par le gouvernement. Selon le New York Times citant son avocat, 1,1 million des 5 millions de dollars payés par Armstrong reviendra à Landis.
En février 2015, Lance Armstrong – banni à vie du cyclisme en 2012 – avait été condamné par la justice américaine à verser 10 millions de dollars à l’un de ses anciens parraineurs, la société SCA Promotions.
« Faire amende honorable »
Le camp Armstrong ne cachait pas sa satisfaction jeudi. « Cela met un terme à toutes les procédures liées à ses aveux faits, en 2013, de recours à des substances dopantes durant sa carrière de coureur professionnel », s’est félicité son avocat Elliot Peters.
Le principal intéressé, qui aurait cumulé durant sa carrière – qui s’est achevée en 2011 – près de 125 millions de dollars grâce à ses primes de course, salaires et contrats de partenariat, a fait part de son soulagement, tout en se présentant comme un repenti qui assume pleinement ses erreurs.
« Je suis particulièrement satisfait d’avoir fait la paix avec US Postal. Même si je trouvais la procédure injustifiée et injuste. J’essaie, depuis 2013, d’assumer mes responsabilités pour mes erreurs et de faire amende honorable quand c’est possible », a-t-il expliqué.
« J’ai hâte de pouvoir me consacrer aux choses importantes dans ma vie, mes cinq enfants, ma femme, mes podcasts, mes projets d’écriture et de film, mon travail comme survivant du cancer et ma passion pour le sport et la compétition », a conclu Lance Armstrong.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-16"> ¤ Depuis cent trente ans, le club argentin n’a rien gagné ou presque, contrairement à ses rivaux de Estudiantes. Ce qui n’empêche pas la fidélité à toute épreuve de ses supporteurs.
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Gimnasia La Plata, doyen maudit des clubs de foot d’Amérique

Depuis cent trente ans, le club argentin n’a rien gagné ou presque, contrairement à ses rivaux de Estudiantes. Ce qui n’empêche pas la fidélité à toute épreuve de ses supporteurs.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 12h00
    |

                            Léo Ruiz (Buenos Aires, correspondance)








                        


Jusqu’à cette 57e minute de jeu, tout allait bien pour Gimnasia y Esgrima La Plata. Nous sommes le 22 septembre 2013 et pour la première fois depuis trois ans – la faute à un passage par la deuxième division –, le club affronte Estudiantes, dans la 150e édition du clasico de La Plata. Le Lobo (« le loup », surnom du Gimnasia) mène 1-0 quand l’arbitre siffle faute pour son adversaire. Une main imaginaire synonyme d’expulsion et d’égalisation du Pincha. C’en est trop pour Alberto Raimundi, supporter du Gimnasia et commentateur pour une radio partisane :
« Voleur, voleur, voleur, voleur ! Et eux, ils vont fêter ce but, parce qu’ils aiment ça : fêter le mensonge, fêter la tromperie. Ils ont toujours été comme ça. Ils sont tout ce qu’on ne veut pas être, d’aujourd’hui au dernier jour de notre vie. »
Une tirade agrémentée d’insultes que les Argentins aiment écouter et réécouter, et que l’auteur ne regrette pas une seconde. « Eux et nous, ce sont deux cultures opposées. Gimnasia s’est toujours battu avec courage, loyauté et noblesse. Estudiantes, qui n’est qu’un avortement de Gimnasia [le Pincha est fondé en 1905 par un groupe issu du Lobo], est une école de la triche. Ils se prostituent, ils trompent, ils simulent, ils spéculent. Le pire, c’est que ça donne des résultats. »
Dans sa salle des trophées, le Pincha compte en effet cinq titres de champion d’Argentine, une Coupe intercontinentale et quatre Copa Libertadores (l’équivalent sud-américain de la Ligue des champions). Seuls les mythiques Independiente, Boca Juniors et Peñarol font mieux sur le continent. De quoi rendre fous les fans du Lobo, qui malgré leur statut de « doyen de l’Amérique » (le plus vieux club toujours en activité, fondé en 1887), n’ont que deux petites lignes à leur palmarès : un titre de champion pendant l’ère amateur (1929) et la Copa Centenario (1994). Un tournoi inventé par le fédération argentine pour célébrer son centenaire, dont personne, hormis Gimnasia, ne reconnaît la valeur.
Une ville, deux ambiances
A l’instar de Rosario (partagée entre Rosario Central et Newell’s Old Boys), La Plata, située à une heure de route de Buenos Aires, est divisée en deux. Ici, on est bleu marine et blanc ou rouge et blanc. A l’origine destiné aux classes aisées de Buenos Aires, Gimnasia y Esgrima s’est popularisé dès le début du XXe siècle avec le développement de l’industrie de la viande à La Plata (qui a donné aux joueurs le surnom de triperos, les bouchers). Malgré les succès sportifs d’Estudiantes, le Lobo s’est maintenu comme le club le plus populaire de la ville – mais aussi le préféré de l’ancienne présidente argentine Cristina Kirchner. Une fidélité, y compris dans la défaite, caractéristique des fans argentins. « Ils ont plus de titres et de pages dans les journaux, mais du point de vue des supporters, Gimnasia n’a rien à envier à son rival », assure Delio Onnis.
Avant de devenir le meilleur buteur de l’histoire du championnat de France (299 buts entre 1971 et 1986), Delio Onnis enchaînait les pions avec le Gimnasia. C’était la fin des années 1960 et Estudiantes marchait sur l’Amérique du Sud, guidé par son milieu défensif Carlos Bilardo, futur sélectionneur de l’Argentine championne du monde en 1986. Un joueur capable de se mettre des aiguilles dans les chaussettes pour piquer les adversaires sur le terrain. « Une ordure, tant sur le plan humain que sportif », juge Onnis.
« C’est être un perdant que d’avoir été la première équipe à battre le Barça et le Real en Espagne ? »
Dans l’imaginaire collectif argentin, La Plata abrite deux spécimens opposés : l’un gagne un peu n’importe comment, l’autre n’est qu’un beau et éternel perdant. « C’est être un perdant que d’avoir été la première équipe à battre le Barça et le Real en Espagne ? répond Jorge Babaglio, architecte à la tête d’un groupe de supporters du Lobo. D’avoir remporté le premier clasico ? D’être l’équipe qui a mis la plus grosse raclée à River Plate (10-1) ? » La liste des « exploits » s’arrête là.
C’est un fait : Gimnasia est un habitué des deuxièmes places et des occasions manquées, et son rival le lui rappelle sans cesse. « En 2003 et en 2007, ils ont joué la Copa Libertadores : éliminés à la différence de buts au premier tour, retrace Facundo Bernardo Aché, qui a couvert l’actualité des deux équipes de La Plata ces vingt-cinq dernières années. Il y a aussi ce championnat de 1996 : à la dernière journée, Gimnasia peut être champion, mais il concède le nul sur la pelouse d’Estudiantes et laisse le titre au Velez Sarsfield de Marcelo Bielsa. En 2014, le Lobo dispute la Copa Sudamericana. Devinez qui l’élimine ? » Estudiantes, évidemment.

A cette époque, le coach était Pedro Troglio, ancien international argentin (vice-champion du monde en 1990), viré en 2016 de Gimnasia après cinq ans de bons et loyaux services, suite à un énième clasico perdu. Un 0-3 à domicile. « Avec Gimnasia, j’ai fini deux fois deuxième en tant que joueur et une fois en tant qu’entraîneur, regrette-t-il. Mais mon pire moment, c’est la défaite 7-0 en 2006. Celle-là, elle a fait particulièrement mal. »
Un géant endormi
Gustavo Orduña, aujourd’hui photographe à Copacabana, la célèbre plage de Rio de Janeiro, est sans doute une bonne définition du supporter tripero. D’abord : malade. « Tant que je vivais à La Plata, j’allais à tous les matchs de l’équipe, à domicile comme à l’extérieur. Je me suis embrouillé avec un paquet de filles et de patrons, car les jours de match, je ne travaille pas, c’est comme ça. Sur la plage ici, quand on entend mon accent argentin, on me dit : “Maradona”, “Messi”. Moi, je réponds : “Non, Gimnasia”. » Ensuite : frustré :
« Les titres, c’est pour les avocats. Nous, on est plus important que ça. Mes idoles, ce ne sont pas des voleurs et des tricheurs, ce sont tous les autres supporters du Lobo. Nous, personne ne nous aide. Estudiantes flirte sur ces coupes à la con, mais il n’existait pratiquement pas jusqu’à la fin des années 60. »
A l’époque, Gimnasia a aussi eu l’occasion d’écrire l’histoire. Mais encore une fois, il rature. « C’est un sac très lourd que l’on a sur le dos, reconnaît Delio Onnis. On n’a d’autre choix que de se taire et demander pardon aux supporters, qui font partie des plus fidèles d’Argentine. » L’homme se réfère au tournant de l’année 1970. Alors qu’Estudiantes gagne sa troisième Copa Libertadores d’affilée, Gimnasia se qualifie pour la demi-finale du championnat, contre Rosario Central. Mais les joueurs, non payés depuis des mois, refusent de jouer. Le président du club ne veut rien savoir et présente l’équipe réserve, qui s’incline 3-0. « Alors que dans la saison, on leur avait mis 5-0, regrette Onnis, qui prendra dans la foulée la direction du Stade de Reims. C’est vraiment con : cette année-là, on était les plus forts. »
« Le cœur d’un supporteur de Gimnasia est cassé, marqué, et cependant il brûle comme un combustible qui ne s’éteint jamais »
Ricardo Rezza, l’homme qui a lancé David Trezeguet à Platense, faisait aussi partie de l’aventure. « Secrétaire technique » du Lobo jusqu’à fin 2016, il n’a pu que constater le fossé qui se creusait avec le voisin de La Plata. « Quand Estudiantes a commencé à remporter des titres, ça a été une pression extra pour nous. On fait une grande saison en 1970, on les bat même 4-1 ! Mais eux ont réussi à mieux structurer le club à partir de leurs succès. Gimnasia avait le même potentiel, mais il était plus désuni et il n’a pas su maintenir son effectif. Quand je suis revenu au club, en 1988, c’était la même désorganisation, voire pire. »
Aujourd’hui, le club croule sous les dettes et n’a remporté qu’un seul clasico depuis 2005. Le Lobo est-il condamné à souffrir ? « Le cœur d’un supporter de Gimnasia est cassé, marqué, et cependant il brûle comme un combustible qui ne s’éteint jamais », poétise l’écrivain Martin Felipe Castagnet.
Avant de reprendre le micro pour cracher ses insultes, Alberto Raimundi offre quelques minutes de lucidité. « Ce qui me fait le plus souffrir, c’est de voir ce club s’enfoncer, alors qu’il a un gros potentiel : une longue histoire, de fidèles supporteurs, de bonnes infrastructures. Nous aussi, on pourrait être un géant. On l’est, d’ailleurs. Mais il est endormi depuis trop longtemps. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-17"> ¤ Le Paris SG a battu Caen 3-1 mercredi soir, en demi-finales de la Coupe de France.
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Coupe de France : le PSG retrouvera les Herbiers en finale

Le Paris SG a battu Caen 3-1 mercredi soir, en demi-finales de la Coupe de France.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 00h14
 • Mis à jour le
19.04.2018 à 10h38
   





                        



   


Le Paris-SG a battu difficilement une valeureuse équipe de Caen (1-3), mercredi 18 avril en demi-finales de la Coupe de France, et aura l’occasion d’ajouter un record à sa collection le 8 mai, celui du record de victoires consécutives dans cette compétition.
Au Stade de France, en quête d’un quatrième trophée d’affilée, Paris-SG affrontera les modestes Vendéens des Herbiers, club de Division 3, dans un choc des extrêmes qu’affectionne la Coupe de France.

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On aurait pu penser que le Paris-SG encore euphorique après avoir récupéré son trône de champion de France d’un 7-1 magistral contre Monaco ce week-end.
Soutenu par 850 supporters souvent plus bruyants que les 20 000 Caennais dans les tribunes, Paris a mis beaucoup d’application pour décrocher sa 41e victoire consécutive en Coupe nationale. Mais les Parisiens, en noir, pas toujours suffisamment précis ou tranchants, ont buté sur des Malherbistes dans leur tenue porte-bonheur orange.

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Samba retarde l’échéance
Les hommes de Patrice Garande ont été plus que méritants, à l’image de leur gardien Brice Samba et leur capitaine Damien Da Silva. Ce dernier a sauvé devant Angel Di Maria, qui allait servir Edinson Cavani seul devant le but (4), puis en déviant une reprise de l’Uruguayen aux six mètres (12), alors que le portier s’interposait sur une frappe de Di Maria (17), un corner direct de l’Argentin (45) ou encore une volée magnifique toujours du même joueur (54).
Paris a pourtant bien cru faire le plus dur en ouvrant le score sur un but de renard de Mbappé, à l’affût pour pousser dans la cage d’une frappe trop croisée de Cavani (0-1, 25).
C’était sans compter sur la très grande fébrilité dans les cages de Kevin Trapp. Peu rassurant sur des frappes pourtant sans grand danger de Stef Peeters (18), d’Ivan Santini (41), ou sur une volée plus appuyée mais lointaine de Ronny Rodelin (54e), le gardien allemand a été d’une lenteur phénoménale pour se retourner sur un tir de 30 mètres dévié d’Ismaël Diomandé, ne pouvant l’empêcher de rentrer (1-1, 45).
Mais il a suffi à Paris de retrouver sa magie en un éclair pour faire, finalement, basculer ce match bien plus indécis qu’attendu du « bon » côté. Une talonnade géniale de Di Maria dans la course de Cavani, un centre au cordeau pour Mbappé qui n’a plus eu qu’à pousser le ballon dans le but (1-2, 81).
Le troisième but dans le temps additionnel, par Christopher Nkunku, tout juste entré en jeu, est une anecdote. Sans vouloir faire offense aux Vendéens, Paris est favori pour remporter le 8 mai sa quatrième Coupe de France consécutive, un record qu’il serait le seul à détenir, devançant le Red Star et Lille (3).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-18"> ¤ Pensant n’être que deuxième, le puncheur de Quick-Step n’a pas levé les bras en remportant la Flèche wallonne. Il s’agit pourtant de la première victoire française dans cette épreuve depuis 1997.
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Flèche wallonne : la victoire sans le savoir de Julian Alaphilippe

Pensant n’être que deuxième, le puncheur de Quick-Step n’a pas levé les bras en remportant la Flèche wallonne. Il s’agit pourtant de la première victoire française dans cette épreuve depuis 1997.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
19.04.2018 à 15h00
   





                        



   


Depuis le temps qu’il attendait de remporter une grande course, il aurait pu, pensait-on, se permettre de lever les bras. Mais lorsque Julian Alaphilippe a franchi la ligne d’arrivée de la Flèche wallonne sans rien manifester, ce n’était pas l’attitude d’un champion blasé, seulement celle d’un homme qui pensait avoir perdu :
« Je ne savais même pas que j’avais gagné ! Je pensais que [Vincenzo] Nibali était encore devant. C’est mon cousin [et entraîneur, Franck Alaphilippe] qui m’a dit après la ligne que c’était bon. »
Ça l’était : après avoir tourné autour d’une grande course d’un jour depuis son éclosion, en 2015, sur cette même Flèche wallonne (2e), Julian Alaphilippe a, à 25 ans, enfin satisfait les espoirs placés en lui en remportant la semi-classique belge au sommet du mur de Huy. Le terrible « chemin des chapelles », son autre nom, sied parfaitement aux qualités d’explosivité d’Alaphilippe, qui a fait de cette semaine ardennaise son grand objectif de l’année.

La dernière victoire française sur cette course remontait à 1997 (Laurent Jalabert) et Romain Bardet, qui venait pour préparer Liège-Bastogne-Liège, n’a pas été ridicule non plus (9e).
« Une victoire méritée », selon Valverde
Alejandro Valverde, vainqueur des quatre dernières éditions, était trop loin de Julian Alaphilippe lorsque le Français a suivi l’accélération du revenant belge Jelle Vanendert à 200 mètres de l’arrivée. Il ne restait plus au coureur de Quick-Step qu’à contrer, 50 mètres plus loin, et à sprinter jusqu’à franchir la ligne blanche pendant que Valverde, dans son dos, était contraint de couper son effort, les jambes saisies par la montée d’acide lactique.
« C’est une victoire méritée pour Alaphilippe qui est un grand coureur, a commenté l’Espagnol de 37 ans, impressionnant depuis le début de la saison. On a dû beaucoup travailler pour reprendre l’échappée de Nibali, qui était très fort. On s’est fatigués, j’ai dû produire un effort avant le final. Mais c’est dans le mur que j’ai perdu la course, pas avant. »
L’Italien s’était en effet isolé à l’avant dans une échappée de six coureurs, partie à 45 kilomètres de l’arrivée mais reprise à l’entame du mur de Huy. La présence à l’avant de Maximilian Schachmann, coéquipier d’Alaphilippe, avait permis à la Quick-Step de se reposer dans les roues de la Movistar de Valverde.
« Dans le final, ça s’est plutôt bien passé pour nous, confirme Alaphilippe. Pieter Serry a fait un bel effort dans la côte de Cherave, j’ai eu le renfort de Bob Jungels qui m’a bien placé avec Philippe Gilbert au pied du mur. Une fois devant, je me suis concentré sur mon effort. [...] Il fallait mettre la pression sur l’équipe de Valverde. Ensuite, les jambes ont parlé. »

📊 First HUYctory for @alafpolak , @alejanvalverde runner-up.
— flechewallonne (@La Flèche Wallonne)


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Parleront-elles aussi fort dimanche, sur le parcours, plus long, de Liège-Bastogne-Liège ? Le Français aura en tout cas la confiance de son équipe sur la plus réputée des classiques ardennaises. Mais il serait étonnant de voir Alejandro Valverde faire la même erreur que mercredi et laisser quelques mètres d’avance à celui qui s’affirme comme son possible successeur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-19"> ¤ Vainqueur de Chambly (2-0) mardi, le club de National s’est invité en finale de Coupe de France sans avoir battu une équipe de Ligue 1. Mais l’histoire n’en est pas moins belle pour autant.
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Coupe de France : la folle épopée des Herbiers

Vainqueur de Chambly (2-0) mardi, le club de National s’est invité en finale de Coupe de France sans avoir battu une équipe de Ligue 1. Mais l’histoire n’en est pas moins belle pour autant.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 12h02
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 13h38
    |

                            Alexandre Pedro








                        



   


Il s’agit d’une tradition bien française, celle du Petit Poucet qui fraye son chemin jusqu’à la finale de la Coupe nationale. Cette « fameuse magie de la Coupe », dont le charme remonte à loin. En 1927, les amateurs de Quevilly atteignent déjà la finale de 10e édition et s’inclinent 3-0 face à Marseille au stade de Colombes sous les yeux du président Gaston Doumergue.
Les joueurs des Herbiers (tous sous contrats fédéraux et qui vivent du foot) ont, eux, gagné le droit de rencontrer le président Emmanuel Macron avant la finale du 8 mai prochain au Stade de France. Ils attendent de savoir s’il s’agira de défier de Caen ou l’ogre du PSG (l’autre demi-finale est programmée ce mercredi 18 avril à 21 h 05).

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Mardi à la Beaujoire de Nantes, les hommes de Stéphane Masala ont disposé (2-0) de Chambly, une formation de National (3e division) comme eux. Pas de quoi crier à l’exploit donc. Les Vendéens n’y sont pour rien, mais ils n’ont pas croisé la route d’une équipe de Ligue 1 sur leur chemin. Ils ne sont pas les premiers. Ce cas de figure s’est déjà produit à quatre reprises avec Orléans (D 2) en 1979-1920, Metz (D 1) en 1987-1988, Sedan (D 2) en 1998-1999 et le PSG (Ligue 1) en 2007-2008.

LES HERBIERS AU STADE DE FRANCE ! LES HERBIERS EN FINALE DE LA COUPE DE FRANCE ! Victoire sur Chambly 2-0👏👏👏… https://t.co/TCjbnH8GkT— Eurosport_FR (@Eurosport.fr)


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Voilà ce qui différencie l’épopée du VHF de celles des quatre autres clubs d’un niveau inférieur à la L 2 qui se sont invités en finale. En 1996, le Nîmes Olympique (National) avait sorti trois équipes de D 1, Saint-Etienne, Strasbourg et surtout le voisin Montpellier en demi-finales. Les Gardois avaient même mené 1-0 en finale, avant de s’incliner 2-1 contre Auxerre, futur champion de France.
Quatre ans plus tard, l’aventure de Calais tient la France en haleine. Le club de CFA (4e division) élimine Strasbourg et Bordeaux avant de perdre 2-1 en finale contre Nantes, malgré l’ouverture du score de Jérôme Dutitre. La saison suivante, Amiens (National) est battu en finale par Strasbourg aux tirs au but après avoir sorti Troyes en demi-finales. En 2012, les Normands de Quevilly (CFA) perpétuent leur tradition de coupeurs de têtes (Marseille en quarts, puis Rennes en demi-finales), avant de chuter avec les honneurs face à Lyon en finale (1-0).

Petit miracle face à Romorantin
Les Herbiers ont bien éliminé Auxerre (huitième), Lens (quarts), deux bastions historiques du football français peut-être, mais qui luttent plutôt pour le maintien en Ligue 2 cette saison. « Tous mes joueurs souhaitaient prendre le PSG, confiait l’entraîneur Stéphane Masala au Monde. De mon côté, je partais du principe que, lorsqu’on est en demi-finales, c’est pour aller en finale et que c’était Chambly qui nous offrait le plus de chance d’y arriver. »
A défaut d’exploit contre une Ligue 1, le parcours des Herbiers a réservé quelques émotions fortes. Lors du 8e tour, les Vendéens passent très près de prendre la porte face à Romorantin (National 2). Kévin Rocheteau libère alors son équipe dans les arrêts de jeu sur un coup franc qu’il n’aurait jamais dû tirer. « Ce jour-là, on était mal embarqué, raconte Masala. On était dominé et je nous voyais perdre en prolongation. Je dois sortir Kévin, mais je n’ai pas le temps d’effectuer le changement. Il reste sur le terrain et marque sur le coup franc à la 90e minute. A quoi ça tient parfois… »

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          Reportage: Les Herbiers-Chambly, duel à l’italienne



Après la qualification contre Chambly, l’entraîneur a préféré sortir son « joker » à la question de savoir s’il préférait affronter Caen ou le PSG en finale. Quelques jours plus tôt, il avait pourtant confié au Monde une inclinaison pour les Normands : « Je pense vraiment qu’on peut les battre, alors que le PSG… » Son président, Michel Landreau, votait plutôt Paris mardi soir. « Moi, je veux jouer le PSG depuis les trente-deuxièmes, alors là… Mais, attendons le match de demain (mercredi). » Peu importe l’adversaire, les Herbiers entreront dans l’histoire de la Coupe de France en cas de victoire le 8 mai.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-20"> ¤ Candidat à l’organisation du Mondial de football, le royaume devrait pouvoir compter sur le soutien de la majorité des fédérations du continent, qui se prononceront le 13 juin.
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Enquête

Coupe du monde 2026 : toute l’Afrique (ou presque) vote pour le Maroc

Candidat à l’organisation du Mondial de football, le royaume devrait pouvoir compter sur le soutien de la majorité des fédérations du continent, qui se prononceront le 13 juin.

Par                                            Alexis Billebault (contributeur Le Monde Afrique)




LE MONDE
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        Le 18.04.2018 à 11h35

     •
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        Mis à jour le 18.04.2018 à 11h39






    
A Moscou, le 1er décembre 2017.
Crédits : Kai Pfaffenbach / REUTERS


Quoi qu’il arrive, un vent de nouveauté soufflera sur la Coupe du monde de football 2026. D’abord parce qu’elle concernera 48 sélections, contre 32 actuellement. Mais aussi parce qu’elle pourrait être organisée pour la première fois par trois pays (Canada, Etats-Unis, Mexique), alors que seuls le Japon et la Corée du Sud, en 2002, avaient jusqu’à maintenant pu s’associer pour accueillir cet événement planétaire. Autre scénario : si la candidature adverse, celle du Maroc, devait être choisie, le royaume deviendrait le second pays musulman, après le Qatar en 2022, à recevoir l’élite du football mondial.

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Le 13 juin à Moscou, veille de l’ouverture de la Coupe du monde en Russie, 207 des 211 fédérations affiliées à la Fédération internationale de football, la FIFA, vont devoir se prononcer (les quatre pays faisant acte de candidature ne votant pas). Pour le Maroc, le soutien des pays membres de la Confédération africaine de football (CAF), forte de 55 membres, représente un enjeu majeur. Et pour l’instant, les Africains semblent se ranger massivement derrière le royaume chérifien.
C’est ce que souhaite Patrick Mboma, l’ancien buteur des Lions indomptables du Cameroun : « J’espère que la quasi-totalité des voix du continent iront au Maroc, car son dossier est solide. Ce pays, qui a retrouvé sa place en février 2017 au sein de l’Union africaine [UA], fait preuve d’un activisme certain en Afrique. Son rôle, diplomatique et économique, est concret, réel. L’Africain doit aider l’Africain ! »
Soutien de l’Algérie
Selon les estimations les plus sérieuses, dont celle récemment publiée par la BBC, au moins 49 des 54 votants ont déjà l’intention de se prononcer en faveur du Maroc, qui a prévu un plan de dépenses de 12,8 milliards d’euros s’il est désigné. « Il peut toujours y avoir un peu de déperdition de voix, mais ce sera à la marge. Le Liberia [fondé par d’anciens esclaves revenus des Etats-Unis], a fait savoir par George Weah, son chef de l’Etat, qu’il votera pour le Maroc, rappelle un ancien diplomate français, bon connaisseur du contexte africain. Le royaume a également de nombreux partenariats avec une quarantaine de fédérations africaines dans le cadre de sa politique diplomatique sportive. »

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Outre le Liberia, plusieurs pays anglophones, tels le Botswana, le Ghana, l’Ouganda et le Nigeria, ont publiquement annoncé leur choix en faveur du dossier marocain. Et l’Algérie, rival régional, a entériné son soutien au Maroc le 5 avril par la voix du président Abdelaziz Bouteflika, imitant la Tunisie, l’Egypte et la Guinée-Bissau. Qui pourrait faire faux bond ? Pour l’instant, la discrétion est de mise dans les autres fédérations. Ahmad Ahmad, le président malgache de la CAF, ne cache pas, en privé, que le ralliement de la totalité des pays africains est envisageable. L’instance qu’il préside a d’ailleurs officiellement annoncé son soutien au Maroc.
Influente et longtemps en froid avec Rabat, l’Afrique du Sud entretient également désormais de bonnes relations avec le Maroc. Cyril Ramaphosa, son président, est marié à Tshepo Motsepe, la sœur du milliardaire Patrice Motsepe, patron du groupe Sanlam qui a racheté en mars le pôle assurances du marocain Saham pour 1,2 milliard d’euros. « N’oublions pas que Saham est la propriété de Moulay Hafid Elalamy [ministre marocain de l’industrie et président du comité d’organisation de la Coupe du monde 2026]. Ce genre d’opération confirme que les relations entre le Maroc et l’Afrique du Sud se renforcent. Avant le vote du 13 juin, cela n’est pas anodin », poursuit notre source diplomatique.
Et les Européens ?
Sans entrer dans ces considérations politiques et économiques, l’ancien international algérien Anthar Yahia appelle de ses vœux un soutien franc et massif de l’Afrique : « Le continent a besoin d’organiser des événements d’ampleur internationale. Le Maroc en a les capacités. Je me souviens que pour le Mondial en Afrique du Sud en 2010, il y avait beaucoup d’interrogations sur l’organisation, la sécurité… et tout s’était bien passé. Il y a toujours des préjugés sur l’Afrique. Quoi de mieux qu’une Coupe du monde sur ses terres pour lutter contre ce sentiment ? »

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Le Maroc espère séduire les Africains grâce aux atouts de son dossier. « Ce sera plus facile pour les supporteurs d’obtenir des visas pour le Maroc que pour les Etats-Unis, le Canada ou le Mexique, et le voyage sera moins cher. Par ailleurs, il n’y a pas de problèmes de fuseaux horaires, un argument auquel les diffuseurs sont sensibles. Enfin, le pays, à dimension humaine, est relativement sûr et stable et a une tradition d’hospitalité », détaille Patrick Mboma.
En Afrique, l’image des Etats-Unis s’est en effet détériorée ces derniers mois. Les déclarations du président, Donald Trump, qui a qualifié les pays africains de « pays de merde », ont choqué sur le continent. Anthar Yahia, qui se veut « optimiste sur la candidature marocaine », est convaincu que de nombreux pays européens se rangeront également derrière elle. Récemment, la France, la Belgique, la Russie, le Luxembourg et la Serbie se sont prononcés en faveur du Maroc. Des soutiens venus s’ajouter à ceux du Qatar, de la Palestine, de la République dominicaine et de Sainte-Lucie.

