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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Toys’R’Us avait annoncé en mars sa faillite, qui va se solder par la fermeture de ses 735 magasins restants aux Etats-Unis avec la suppression de 33 000 emplois à la clé.
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L’irlandais Smyths Toys reprend les magasins Toys’R’Us en Allemagne, Autriche et Suisse

Toys’R’Us avait annoncé en mars sa faillite, qui va se solder par la fermeture de ses 735 magasins restants aux Etats-Unis avec la suppression de 33 000 emplois à la clé.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 18h15
   





                        



   


La chaîne de magasins de jouets irlandais Smyths Toys a fait savoir, samedi 21 avril, qu’elle allait acquérir les 93 magasins de son concurrent américain en faillite Toys’R’Us situés en Allemagne, Autriche et Suisse, pour un montant non dévoilé.
« Toys’R’Us dans la région est bénéficiaire, a une équipe de direction compétente et de nombreux clients fidèles », a estimé Tony Smyth, l’un des dirigeants de l’entreprise familiale irlandaise. « C’est une bonne base pour notre expansion », a-t-il estimé. Smyths Toys dispose déjà de 110 magasins en Irlande et en Grande-Bretagne.
Sous réserve de l’approbation des autorités et tribunaux compétents, le groupe irlandais deviendrait ainsi le « premier distributeur européen de jouets et articles pour bébés en Europe », souligne la filiale de Toys’R’Us en Allemagne dans le communiqué, samedi 21 avril. L’ensemble des employés du réseau dans les trois pays, ainsi que le siège de Cologne, seront conservés, ajoute la filiale.
L’américain Toys’R’Us avait annoncé en mars sa faillite, qui va se solder par la fermeture de ses 735 magasins restants aux Etats-Unis avec la suppression de 33 000 emplois à la clé.

        Lire aussi :
         

                Toys’R’Us près de disparaître aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, 35 000 salariés menacés






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Les autorités veulent commencer par interdire les pailles et les Coton-Tige faits avec cette matière dérivée du pétrole.
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Le gouvernement britannique déclare la guerre au plastique

Les autorités veulent commencer par interdire les pailles et les Coton-Tige faits avec cette matière dérivée du pétrole.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 15h00
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Dans l’océan de plastique utilisé chaque année, cela ne représente qu’une goutte d’eau. Mais en annonçant, jeudi 19 avril, sa volonté d’interdire les pailles, les Cotons-Tiges et les touillettes en plastique, le ­gouvernement britannique a su attirer l’attention avec une mesure symbolique. « Les plastiques à usage unique sont un fléau pour nos océans et sont mortels pour notre environnement et sa faune. Il est donc vital d’agir ­maintenant », explique Michael Gove, le ministre britannique de l’environnement.
Cette mesure fait partie d’un plan plus large de lutte contre le plastique annoncé en janvier. L’objectif est de supprimer tous les « plastiques évitables » d’ici vingt-cinq ans. Depuis janvier, la fabrication de produits contenant des microbilles de plastique, comme des crèmes de beauté ou des dentifrices, est interdite. Une taxe de 5 pence (6 centimes) sur les sacs en plastique, qui était déjà en vigueur dans les grands magasins, a été étendue à tous les commerces. Un programme de consignes de bouteille est à l’étude et devrait être lancé avant la fin de l’année. Il fonctionnerait comme dans les pays scandinaves ou en Allemagne, où des distributeurs de boisson sont aussi utilisés comme réceptacles pour les bouteilles usagées.
Enfin, jeudi, à l’occasion du sommet du Commonwealth – qui comprend de nombreuses petites îles directement concernées par la pollution des océans –, les autorités du Royaume-Uni ont fait part de leur intention d’interdire les pailles. Cette mesure ne devrait entrer en vigueur qu’en 2020. Ses modalités seront précisées dans le courant de l’année. Des exceptions pourraient être autorisées, notamment pour les usages médicaux.

Personne ne semble savoir combien de pailles sont utilisées au Royaume-Uni chaque année : 8,5 milliards, selon le gouvernement ; 42 milliards, d’après une étude menée pour l’association WWF. Mais cela fait beaucoup de plastique et l’annonce a été saluée par la plupart...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ En cent cinquante ans, la France a construit l’un des systèmes ferroviaires les plus denses et les plus performants au monde.
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<article-nb="2018/04/21/18-4">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales explique que la trajectoire chinoise peut aboutir à un mode de croissance apte à proposer un ordre mondial alternatif au capitalisme financier.
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Michel Aglietta : « La Chine développe un capitalisme qui ouvre une voie originale vers le XXIe siècle »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales explique que la trajectoire chinoise peut aboutir à un mode de croissance apte à proposer un ordre mondial alternatif au capitalisme financier.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 12h00
    |

                            Michel Aglietta (Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii), université de Paris-Nanterr)








                        



                                


                            

[Quatre économistes s’interrogent sur les raisons du succès de la politique du président Xi Jinping, dont le pouvoir n’a jamais été aussi grand]
Tribune. En 1950, après un siècle de pillages par les Occidentaux, puis le Japon, la Chine était, de très loin, le pays le plus pauvre du monde. Selon les données historiques d’Angus Maddison (publiées par l’Organisation de coopération et de développement économiques), le produit intérieur brut par habitant y était deux fois plus faible que celui de l’Afrique, vingt fois plus faible que celui des Etats-Unis. En 2010, il était environ quatre fois et demie plus faible que celui des Etats-Unis.
Au fil de la trajectoire historique de 1950 à 2050, dont les deux tiers sont réalisés et un tiers en devenir, Mao a rétabli l’unité et l’indépendance d’un pays très pauvre, dont la population était à 95 % rurale, et Deng a trouvé la voie vers la prospérité en éveillant les intérêts privés, en établissant la responsabilité des échanges, en reconnaissant les droits de propriété et en ouvrant l’économie au monde. Le succès se mesure à la performance réalisée : 50 millions de personnes ont été arrachées à la pauvreté absolue en vingt ans.
Enfin, Xi ouvre une « nouvelle ère » qui a une double dimension : le passage de la croissance quantitative à la croissance qualitative pour corriger les déséquilibres accumulés par l’industrialisation, d’une part ; la transformation de la globalisation vers un nouvel ordre mondial à travers le projet « One Belt, one Road » (OBOR, « une ceinture, une route »), d’autre part. L’objectif est de rétablir l’autorité de l’empire du Milieu dans la communauté mondiale. La nouvelle ère est divisée en deux périodes : 2020-2035 pour achever la « modernisation socialiste », 2035-2050 pour « harmoniser le bien-être social et la civilisation écologique ».
Les Occidentaux rencontrent une difficulté majeure à comprendre les...




                        

                        


<article-nb="2018/04/21/18-5">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ L’interdépendance sociale entre entrepreneurs et personnel politique est le moteur, et non le handicap, du système chinois, explique l’économiste à l’Institut des Amériques, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Robert Boyer : « Comprendre l’évolution de la Chine est un un défi adressé aux théories économiques »

L’interdépendance sociale entre entrepreneurs et personnel politique est le moteur, et non le handicap, du système chinois, explique l’économiste à l’Institut des Amériques, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    21.04.2018 à 12h00
    |

                            Robert Boyer (Economiste, ancien directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) et Directeur de recherche au CNRS, auteur de La Théorie de la Régulation. Les Fondamentaux, La Découverte, 2004)








                        



                                


                            

[Quatre économistes s’interrogent sur les raisons du succès de la politique du président Xi Jinping, dont le pouvoir n’a jamais été aussi grand]
Tribune. Avec l’effondrement de l’Union soviétique, nombre d’intellectuels avaient anticipé la « fin de l’histoire » : marché et démocratie allaient remplacer le Gosplan et la domination du Parti communiste. Or la trajectoire chinoise invalide le pronostic qui ferait de la démocratie le régime politique nécessaire à la modernité et à la performance économique.
Depuis deux décennies, comprendre la surprenante évolution de la Chine est un défi adressé à la plupart des théories économiques. Toutes s’y sont essayées, sans jusqu’à présent faire consensus. Pour les tenants de la concurrence, la libération des forces du marché a permis la réduction de la pauvreté. Pour ceux qui insistent sur le rôle de l’Etat, l’équivalent d’une planification originale explique ces succès. Les théories de la croissance pointent le rôle du rattrapage technologique comme facteur explicatif majeur. Pour les chercheurs en socio-économie, ce sont la variété et la puissance des réseaux liant l’économique et le politique qui distinguent la Chine.
La Chine a en effet inventé un moyen d’aligner, au moins partiellement, les intérêts de la classe politique avec ceux des entrepreneurs au niveau local, puis national. Les autorités locales sont fortement encouragées à faciliter l’émergence des entrepreneurs, source de création de richesse et, par conséquent, d’une base d’imposition plus importante. L’existence d’une série de « corporatismes locaux » organise ainsi la coopération entre la classe politique et les entrepreneurs. C’est le résultat logique de la complémentarité de leurs objectifs respectifs : d’un côté récolter le maximum d’impôts, de l’autre améliorer l’avantage concurrentiel de chaque localité par le biais du dynamisme économique.
La concurrence entre toutes les localités ne...




                        

                        


<article-nb="2018/04/21/18-6">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Dans une tribune, l’économiste indien réfute l’idée que le modèle chinois soit efficace et transposable à d’autres pays.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Pranab Bardhan : « Le modèle chinois est fondamentalement défaillant et difficilement applicable aillleurs »

Dans une tribune, l’économiste indien réfute l’idée que le modèle chinois soit efficace et transposable à d’autres pays.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 12h00
   





                        



                                


                            

[Quatre économistes s’interrogent sur les raisons du succès de la politique du président Xi Jinping, dont le pouvoir n’a jamais été aussi grand]
Tribune. Il semble que les dirigeants chinois aient oublié l’un des conseils de Deng Xiaoping : « tao guang yang hui » (« maintenez un profil bas »). En proclamant une « nouvelle ère », le président Xi Jinping a présenté le système de gouvernance de la Chine comme un modèle dont les autres pays devraient s’inspirer. Les chefs d’Etat « désireux d’accélérer le développement de leur pays, tout en préservant l’indépendance », doivent considérer la Chine comme « une nouvelle option », a déclaré M. Xi. L’agence de presse officielle Xinhua a même suggéré qu’à mesure du déclin des démocraties occidentales, la « démocratie chinoise éclairée » pouvait constituer une nouvelle voie d’avenir.
Le modèle de développement économique et politique de la Chine présente différentes caractéristiques parmi lesquelles une gouvernance autoritaire ancrée sur la recherche de la stabilité, une politique industrielle et une finance conduites par l’Etat, des investissements massifs dans les infrastructures, une industrialisation rurale fondée sur une agriculture à petite échelle, ainsi qu’une ouverture au commerce étranger et aux technologies. Ce modèle a incontestablement produit une croissance économique rapide ces trente dernières années.
Mais l’idée selon laquelle le premier de ces éléments – l’autoritarisme – serait nécessaire à un développement rapide est une erreur.
La démocratie permet d’apaiser les conflits
Les voisins de la Chine – Japon, Corée du Sud, Taïwan – ont atteint une forte croissance par le biais d’une politique industrielle étatique, de l’industrialisation du monde rural et de l’ouverture au commerce. Mais le Japon a atteint ces objectifs dans un cadre démocratique d’après-guerre, et la Corée du Sud et Taïwan connaissent la démocratie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine rejette l’idée d’un conflit entre modèles chinois et américain, pour décrire plutôt leur convergence pour contrôler la finance internationale.
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Alain Cotta : « En Chine, le capitalisme d’Etat s’est dressé en rival du capitalisme d’entreprise »

Dans une tribune au « Monde », le professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine rejette l’idée d’un conflit entre modèles chinois et américain, pour décrire plutôt leur convergence pour contrôler la finance internationale.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 12h00
   





                        



                                


                            

[Quatre économistes s’interrogent sur les raisons du succès de la politique du président Xi Jinping, dont le pouvoir n’a jamais été aussi grand]
Tribune. Dans l’esprit de l’oligarchie américaine qui initia la mondialisation économique, la Chine devait être un marché multipliant à l’envi la masse des consommateurs avides de produits occidentaux et fournir une main-d’œuvre à bas coût à qui voudrait l’utiliser.
Il a fallu un peu plus d’une génération pour que cette anticipation soit démentie par la réalité. La Chine a relevé le défi de l’Occident jusqu’à l’affronter sur son propre terrain, en utilisant ses armes, non sans réserver à ses dirigeants politiques un rôle beaucoup plus actif que dans les nations occidentales. Le capitalisme d’Etat s’est dressé en rival du capitalisme d’entreprise. La Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale, elle sera bientôt la première.
La volonté chinoise de développer au plus vite les industries les plus rayonnantes des nations occidentales – robotique, automobile, aviation, défense – en subventionnant massivement leur développement et en leur ouvrant, par les « nouvelles routes de la soie », un accès africain et européen, inquiète. D’autant plus que Pékin manifeste son intention de développer les innovations de l’intelligence artificielle grâce à l’accumulation de moyens publics. La Chine pourrait devenir la nation la plus puissante dans ce domaine, profitant des hésitations américaines et du retard européen dans la révolution numérique.
Dans le domaine social, la critique occidentale essentielle concerne les inégalités. En moins d’une génération, le nombre des « super riches » chinois s’est élevé, pour atteindre aujourd’hui plus du tiers (180 environ) de leur effectif mondial (500). Les inégalités qui fracturent la société chinoise sont les plus grandes de l’histoire de l’économie monétaire, sans commune mesure avec celles de la société américaine au XIXe siècle.
Pourtant,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ A New York, les spéculateurs ont fait perdre près de 20 % de sa valeur à la poudre blanche depuis janvier. Une véritable déconfiture liée à l’obésité des stocks, explique la journaliste du « Monde », Laurence Girard, dans sa chronique.
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« Les cours du sucre n’ont cessé de fondre »

A New York, les spéculateurs ont fait perdre près de 20 % de sa valeur à la poudre blanche depuis janvier. Une véritable déconfiture liée à l’obésité des stocks, explique la journaliste du « Monde », Laurence Girard, dans sa chronique.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 11h27
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Chronique « Matières premières ». Quand le temps est pourri, l’agriculteur reste à l’abri. Cela aurait pu être le dicton du début de l’année dans une grande partie de la France. En particulier dans le nord. Les semoirs ont été mis sous l’éteignoir. Retour du grand soleil et tout s’éveille. L’activité bat son plein dans les champs. Dans quelques jours, les semis de betterave seront achevés. Enfin.
« Nous avons trois semaines de retard par rapport à une année normale », affirme Timothé Masson, de la Confédération générale des planteurs de betteraves. Même si rien n’est joué, Dame Météo ayant les dés en main, cela peut être dommageable. « La probabilité d’un très bon rendement est plus faible », ajoute-t-il. Verdict à l’automne.
Ce retard à l’allumage n’est pas le seul souci des agriculteurs. Le climat n’est guère plus radieux en Bourse. Les cours du sucre n’ont cessé de fondre. A New York, les spéculateurs ont fait perdre près de 20 % de sa valeur à la poudre blanche depuis janvier, signant ainsi l’une des moins bonnes performances du marché des matières premières. Or, elle avait déjà été dépréciée d’autant en 2017. Résultat, elle tutoie la barre des 12 cents la livre. Vendredi 20 avril, elle se négociait à 11,87 cents la livre.
Une véritable déconfiture pour le sucre. Il souffre de l’obésité de ses stocks. En Inde, en Thaïlande comme au Brésil, les récoltes ont été nourries. Au moment même où l’Europe ouvrait les vannes, avec la fin des quotas sucriers, décrétée le 1er octobre 2017.

« Le prix est à la cave »
Les grands sucriers européens, les coopératives françaises Tereos et Cristal Union comme les allemands Südzucker et Nordzucker, ont incité les agriculteurs à planter à tour de bras. En France, les champs de betteraves se sont étendus de 20 %.
Ajoutez un rendement quasi historique et vous obtenez une production record : 21 millions de tonnes de sucre en Europe, dont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Les entreprises de l’espace unique de paiements en euros (SEPA) ne doivent plus exiger de leurs clients que leur compte bancaire soit domicilié dans le même Etat membre qu’elles, rappelle dans sa chronique la journaliste Rafaële Rivais.
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« Payer ses achats ou ses factures dans toute la zone euro comme dans son propre son pays »

Les entreprises de l’espace unique de paiements en euros (SEPA) ne doivent plus exiger de leurs clients que leur compte bancaire soit domicilié dans le même Etat membre qu’elles, rappelle dans sa chronique la journaliste Rafaële Rivais.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 11h19
    |

            Rafaële Rivais








                        



                                


                            

SOS Conso. Depuis le 1er août 2014, le consommateur européen est censé bénéficier du SEPA, l’espace unique de paiements en euros (Single Euro Payments Area), qui comprend 34 pays : il doit notamment pouvoir payer ses achats ou ses factures dans l’ensemble de la zone euro aussi facilement que dans son propre pays.
A cette fin, les identifiants des comptes bancaires et des banques ont été harmonisés. Les numéros des comptes sont désormais représentés sous la forme d’un IBAN (International Bank Account Number) et les banques sont identifiées par un code BIC (Business Identifier Code).
Les entreprises de la zone SEPA qui se font régler par prélèvement ou par virement ne doivent donc plus exiger de leurs clients que leur compte soit domicilié dans le même Etat membre qu’elles, faute de quoi elles se trouveraient en infraction avec le texte communautaire qui régit ces dispositions (règlement 260/2012).
Or, c’est encore souvent le cas, déplore le Centre européen des consommateurs France, basé à Kehl, en Allemagne, sur la rive droite du Rhin. « Nous recevons énormément de réclamations contre des professionnels qui refusent d’enregistrer les coordonnées bancaires d’autres pays de la zone SEPA », souligne ainsi Bianca Schulz, sa responsable.
Tel Français, possédant une résidence secondaire au Portugal, se plaint ainsi de ne pouvoir payer son fournisseur d’eau portugais par prélèvement automatique sur son compte en France. Tel citoyen belge, propriétaire d’une maison en France, regrette de ne pouvoir s’acquitter, par prélèvement sur son compte belge, des mensualités de son assurance multirisque habitation.
« Peur des frais exorbitants »
Le centre de Kehl a aussi été contacté par de modestes clients, établis en France, de la banque mobile allemande N26, comme Mehdi, ancien cariste dans l’agroalimentaire, ou Enrique, ancien installateur de canapés. Le premier, dont nous avons évoqué l’histoire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Des ouvrages récents ont réévalué l’apport du mercantilisme, en passe d’être réhabilité par le programme économique du président américain, dans l’histoire économique des nations, explique l’économiste Loïc Charles.
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Trump ou « le retour du mercantilisme »

Des ouvrages récents ont réévalué l’apport du mercantilisme, en passe d’être réhabilité par le programme économique du président américain, dans l’histoire économique des nations, explique l’économiste Loïc Charles.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 11h04
    |

Loïc Charles (Professeur d’économie à l’université Paris-VIII)







                        



                                


                            

Recherches. Après les annonces par le président Donald Trump d’augmentations des droits de douane sur de nombreux produits d’importation, en particulier chinois, et les menaces de mesures de rétorsion exprimées tant en Europe qu’en Chine, le retour des guerres commerciales semble désormais inévitable, et avec elles la question du mercantilisme.
Dominant les débats économiques du XVIe au milieu du XVIIIe siècle, le mercantilisme repose sur l’idée que les rapports commerciaux entre nations visent à augmenter leur puissance. Le commerce n’est pas conçu comme relevant d’une sphère indépendante (l’économie), mais fait au contraire partie de celle de la « raison d’Etat ».

Comme l’écrivait un anonyme dans la France du milieu des années 1760 : « Le plus grand malheur d’un Etat est d’être moins riche que ses ennemis naturels, depuis que la balance des pouvoirs est la même que celle des richesses. » Aux yeux des mercantilistes, la prospérité économique et la puissance politique sont à rechercher dans une balance commerciale positive. Elle permet à la fois d’accumuler de l’argent, le nerf de la guerre, et d’augmenter l’emploi. La volonté affichée par Donald Trump de restaurer l’équilibre de la balance commerciale américaine avec la Chine, le Japon et l’Union européenne le place dans cette tradition mercantiliste.
Un courant de pensée alternatif
Or les économistes sont très critiques vis-à-vis du mercantilisme, depuis Adam Smith (1723-1790), qui y a consacré de nombreuses pages dans son ouvrage La Richesse des nations, au Prix Nobel d’économie (2008) américain Paul Krugman qui, le 5 avril, a qualifié les idées de Trump de « junk economics » (littéralement « science économique à deux balles ») dans sa chronique du New York Times.
Il faut toutefois rappeler que les économistes démontrent l’inefficacité des politiques mercantilistes en utilisant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le PDG de « Corse-Matin » assure qu’il n’a « rien à voir » avec les activités de la bande criminelle ajacienne du « Petit Bar ».
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Antony Perrino : « Je n’ai rien à me reprocher »

Dans un entretien au « Monde », le PDG de « Corse-Matin » assure qu’il n’a « rien à voir » avec les activités de la bande criminelle ajacienne du « Petit Bar ».



Le Monde
 |    21.04.2018 à 10h55
    |

            Yves Bordenave (propos recueillis)








                        



                                


                            
Depuis novembre 2017, la justice enquête sur les relations entre Antony Perrino, désigné PDG de Corse-Matin, et la bande criminelle ajaccienne du « Petit Bar », dont plusieurs membres ont été condamnés et restent soupçonnés dans des affaires de meurtre.

Vous venez d’être nommé à la tête de « Corse-Matin ». Parallèlement, la justice s’interroge sur vos relations avec la bande du « Petit Bar », une équipe de voyous connus sur l’île. Quels sont vos liens avec ce groupe ?
J’ai grandi à Ajaccio. J’ai fréquenté les écoles publiques de la ville. L’école primaire d’abord, puis le lycée Fesch, avant d’aller à la faculté d’Aix-en-Provence. Comme beaucoup de jeunes Ajacciens, j’ai été élevé dans la mixité sociale. A 10 ans, j’étais en classe avec Jacques Santoni [l’une des principales figures de la bande du « Petit Bar », devenue tétraplégique après un accident de moto survenu en 2003]. Ensuite, nous faisions de la moto ensemble. Pareil avec Mika Ettori [une autre figure de la bande], qui est un ami. Nous avons fait du sport ensemble, et plus tard, nous avons fréquenté les mêmes boîtes. Le lien entre eux et moi remonte à l’enfance, mais je n’ai rien à voir avec leurs activités.
Dans quelles conditions, Pascal Porri, figure du « Petit Bar », plusieurs fois condamné par la justice, occupe-t-il un logement de grand standing qui vous appartient boulevard Albert Ier à Ajaccio, alors qu’il ne dispose d’aucun revenu connu ?
Par amitié, je lui loue cet appartement à un prix légèrement inférieur à ceux pratiqués dans cet ensemble. Je suis prêt à m’en expliquer devant la justice quand elle me convoquera. Je le dis et le répète, il n’y a aucune relation contraignante entre moi et Pascal Porri. En Corse, tout le monde connaît tout le monde et, souvent, les amis d’enfance restent liés quand ils deviennent adultes, même lorsque leurs parcours peuvent les éloigner.
La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Editorial. le PDG d’Air France-KLM a annoncé, le 20 avril, qu’il allait consulter l’ensemble des salariés, dès le 26 avril, sur les propositions salariales refusées par les syndicats.
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Air France : le pari du référendum

Editorial. le PDG d’Air France-KLM a annoncé, le 20 avril, qu’il allait consulter l’ensemble des salariés, dès le 26 avril, sur les propositions salariales refusées par les syndicats.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 10h57
   





                        


Editorial du « Monde ». Coup de théâtre dans le conflit qui empoisonne Air France – et des dizaines de milliers de passagers – depuis plus d’un mois, avec déjà neuf jours de grève : Jean-Marc Janaillac, le PDG d’Air France-KLM, a annoncé vendredi 20 avril qu’il allait consulter l’ensemble des salariés sur les propositions refusées par les syndicats, qui se trouvent ainsi court-circuités.
La direction de la compagnie aérienne a fait plusieurs propositions depuis le début du conflit, toutes rejetées comme insuffisantes par l’intersyndicale, qui réclamait une augmentation salariale générale de 6 %. Le 16 avril, la direction a mis sur la table un projet d’accord portant sur une augmentation de 7 % sur quatre ans, dont 2 % en 2018 et 5 % sur les trois prochaines années ; cet accord a été soumis à la signature des syndicats jusqu’au 20 avril à midi.

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                Air France : M. Janaillac lance un référendum sur les salaires



Ce délai écoulé sans résultat, M. Janaillac a radicalement changé de méthode. Refusant « d’accepter ce gâchis après des années d’efforts » et misant sur un soutien minoritaire des personnels non grévistes à l’action de pilotes qui passent pour des enfants gâtés, le PDG en appelle maintenant à la base ; celle-ci sera consultée par voie électronique à partir du 26 avril, jusqu’à début mai. Mieux : M. Janaillac met sa démission dans la balance et s’engage à partir si la consultation aboutit au rejet de l’accord proposé.
Le pari est osé mais en dit long sur l’évolution des relations sociales au sein de la compagnie nationale. Aucune compagnie aérienne ne peut faire voler ses avions sans ses pilotes ; à Air France s’était donc installée une sorte de cogestion tacite entre la direction et les pilotes. Alexandre de Juniac, le prédécesseur de M.Janaillac, y a mis fin abruptement. Le syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), très majoritaire chez les pilotes, a depuis adopté une ligne dure ; il est en pointe dans le mouvement de grève actuelle.
Amélioration fragile
Contrairement aux cheminots de la SNCF, orphelins d’un âge d’or de l’Etat-providence, les pilotes d’Air France, eux, sont les gagnants de la mondialisation. Leurs qualifications sont recherchées dans le monde entier par des compagnies qui cherchent à satisfaire une demande de voyages en hausse constante. Air France, en revanche, fait face à une concurrence très rude. Sa situation s’est améliorée ; la compagnie a enregistré, en 2017, sa troisième année d’affilée de résultats positifs – dont les pilotes veulent toucher les dividendes, après six ans de blocage des salaires, en dehors des augmentations et primes individuelles. Mais cette amélioration est fragile, et la rentabilité de la compagne française reste inférieure à celle de ses grandes concurrentes européennes, Lufthansa et British Airways.
M. Janaillac fait valoir que, dans la situation actuelle, avec, notamment, un prix du pétrole reparti à la hausse, Air France ne supporterait pas le coût de l’augmentation immédiate demandée par les syndicats. Ce coût aurait aussi pour conséquence d’affaiblir Air France par rapport à KLM au sein de la compagnie.
Dans un climat social tendu au niveau national, où la perte d’influence des syndicats est visible, le PDG d’Air France-KLM réussira-t-il à faire plier le puissant SNPL ? L’accord qu’il propose n’est pas déraisonnable. Si le référendum organisé n’a pas de valeur légale, il peut en revanche complètement inverser la dynamique sociale. C’est ce qu’avait tenté Christian Blanc, alors patron d’Air France, en 1994. Avec succès.

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                Air France : dialogue de sourds entre syndicats et direction






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Analyse. Nous continuons à soustraire à la vue d’une opinion publique dégoûtée par le sang la réalité de la production de viande, à savoir que trois millions d’animaux sont tués chaque jour en France, le plus souvent à la chaîne, rappelle la journaliste du « Monde » Audrey Garric.
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La société face au « paradoxe de la viande »

Analyse. Nous continuons à soustraire à la vue d’une opinion publique dégoûtée par le sang la réalité de la production de viande, à savoir que trois millions d’animaux sont tués chaque jour en France, le plus souvent à la chaîne, rappelle la journaliste du « Monde » Audrey Garric.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 12h27
    |

            Audrey Garric








                        



                                


                            

Analyse. Que savons-nous des conditions de vie des animaux d’élevage, ou plutôt, que voulons-nous savoir ? La question se pose à la lecture d’une tribune publiée par Libération le 18 mars, intitulée « Pourquoi les végans ont tout faux ». Les trois auteurs, le politologue Paul Ariès, le journaliste Frédéric Denhez et la sociologue et directrice de recherches à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) Jocelyne Porcher, pourfendent les individus qui excluent de leur quotidien tout produit d’origine animale (viande, poisson, œufs, lait, fromage, laine, cuir, cosmétiques, etc.).
Non, clament-ils, les végans ne vont sauver ni les animaux, ni les humains de la famine, ni l’agriculture, non plus l’écologie, notre alimentation ou notre santé. Le véganisme est dépeint comme « un monde terrifiant », « dangereux », qui « menace de nous faire perdre notre humanité », de « dépendre d’une alimentation industrielle 4.0 » et « d’uniformiser nos paysages ».
Parmi les arguments développés par les signataires en figure un cher aux amateurs de viande : l’intérêt des animaux. « Nous avons des intérêts respectifs à vivre ensemble plutôt que séparés », assurent les auteurs. « Ainsi est-il probable, tempèrent-ils à peine, qu’ils ne demandent pas à être libérés (…). Les animaux demandent à vivre avec nous, et nous avec eux, ils demandent à vivre une existence intéressante, intelligente et digne. »
Mon steak n’est pas un animal
Bien habile celui qui peut dire ce que veulent les animaux domestiques quand même l’éthologie, malgré ses progrès, n’a toujours pas réussi à le déterminer. Rien n’indique qu’ils acceptent les conditions de vie qu’on leur réserve dans les exploitations industrielles – une situation que dénoncent par ailleurs les auteurs de la tribune.
En France, 69 % des poules pondeuses sont enfermées...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Le marché tchèque se partage entre une poignée d’hommes d’affaires qui, depuis 2008, se livrent à une bataille d’influence.
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A Prague, une guerre d’oligarques par médias interposés

Le marché tchèque se partage entre une poignée d’hommes d’affaires qui, depuis 2008, se livrent à une bataille d’influence.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 10h39
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



   


La démarche du milliardaire Daniel Kretinsky en France ne constitue-t-elle qu’une nouvelle étape dans la guerre que se livrent les oligarques de son pays, par médias interposés ? En 2017, la République tchèque était classée à une très honorable 23e place au classement de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse (RSF). Mais elle risque de dégringoler dans le tableau que l’association compte dévoiler ces prochains jours, car la concentration des médias y atteint des seuils critiques.
Avant la crise, les journaux étaient détenus à 80 % par des investisseurs étrangers. Mais depuis 2008, de nouveaux oligarques se livrent à une bataille d’influence, à laquelle participe, à sa manière feutrée, M. Kretinsky. Le marché tchèque, à l’image d’une tendance que l’on peut observer dans tous les pays ayant rejoint l’Union européenne depuis 2004, se partage désormais entre quelques hommes d’affaires devant leurs fortunes aux privatisations des années 1990.

        Lire aussi :
         

                Daniel Kretinsky, l’ambitieux milliardaire tchèque à la conquête de la presse de l’Ouest



La fin d’une parenthèse enchantée
Parmi eux, on trouve le premier ministre Andrej Babis, qui possède plusieurs quotidiens très prescripteurs (Mlada fronta DNES, Lidové noviny et Metro), un hebdomadaire, des sites Internet et la radio Impuls.
Egalement dans le paysage, un certain Zdenek Bakala, ancien propriétaire d’un complexe minier, qui s’est offert un quotidien économique, un hebdomadaire et un site d’information il y a dix ans. Quant à Marek Dospiva, il domine le secteur de la presse régionale depuis 2015, alors que Jaromir Soukup a acheté une chaîne de télévision et deux hebdomadaires.
En 2016, RSF évoquait des oligarques se servant de la presse pour « réduire au silence leurs adversaires » et dénonçait une « confiscation des pouvoirs économique, politique et médiatique » dans une zone géographique en transition démocratique, encore marquée par des décennies de régime communiste et où la culture de l’indépendance journalistique n’est pas vraiment la même qu’en Europe occidentale. La parenthèse enchantée des décennies 1990 et 2000, qui fut marquée par une liberté de ton inédite, semble en tout cas bel et bien refermée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Syndicats et patronat danois ont jusqu’au 1er mai pour s’entendre sur les accords collectifs dans le public et éviter une grève, puis une fermeture des établissements, qui pourraient paralyser le pays.
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Au Danemark, des négociations de la dernière chance pour les salariés du public

Syndicats et patronat danois ont jusqu’au 1er mai pour s’entendre sur les accords collectifs dans le public et éviter une grève, puis une fermeture des établissements, qui pourraient paralyser le pays.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 09h03
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 13h21
    |

                            Anne-Françoise Hivert (envoyée spéciale à Copenhague)








                        



                                


                            

Quand elle a mis dehors les partenaires sociaux, le 18 avril, à 5 heures du matin, après dix-neuf heures de tractations sans résultat, la médiatrice danoise Mette Christensen leur a donné des instructions très claires avant la reprise du dialogue, vendredi 20 avril, à dix heures. « Elle nous a dit de venir avec notre brosse à dents et notre sac de couchage », raconte Jesper K. Hansen, patron du principal syndicat de l’armée (CS). Pour le militaire, il ne fait aucun doute : « Soit les négociations aboutissent avant la fin du week-end, soit elles sont définitivement rompues et la grève commence. »
Engagées en décembre 2017, ces négociations portent sur le renouvellement, pour les trois prochaines années, des accords collectifs dans le secteur public, couvrant 745 000 fonctionnaires de l’Etat et des collectivités territoriales. Vendredi matin, plusieurs milliers d’entre eux se sont rassemblés devant les locaux de la direction de l’arbitrage, au centre de Copenhague, avec un mot d’ordre : « En losning för alle » (« Une solution pour tous »).

La situation « se dégrade » partout
« C’est l’avenir du service public qui est en jeu », affirme Helena Otte, anesthésiste dans un hôpital de la capitale. En congé maternité, elle est venue en blouse blanche, avec sa fille de cinq mois dans son landau. « Dans tous les secteurs, la situation se dégrade. On travaille toujours plus, dans des conditions de plus en plus difficiles, au point d’en oublier pour qui nous sommes là », dit-elle.
En tee-shirt et lunettes roses, la couleur du syndicat de la petite enfance (BUPL), Claus Nielsen, employé d’une crèche à Aarhus, deuxième ville du Danemark, explique qu’en dix ans, « le nombre d’enfants à la charge des employés communaux a augmenté de 70 000 sans nouveau recrutement ». Dans l’armée, « les salaires des soldats sont tellement faibles que nous ne parvenons plus à recruter », renchérit une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Le constructeur français, propriétaire de la marque allemande, a annoncé un gel des investissements. L’affaire a pris un tour politique.
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PSA sous le feu des critiques en Allemagne pour sa gestion d’Opel

Le constructeur français, propriétaire de la marque allemande, a annoncé un gel des investissements. L’affaire a pris un tour politique.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 08h43
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Opel, l’homme malade de l’automobile allemande, est toujours dans un état critique. Et il n’est pas certain que les potions amères qu’on lui administre actuellement ne sont pas en train de lui retirer ses dernières forces. Le plan de redressement en cours chez le constructeur malmène la confiance dans la nouvelle maison mère, PSA. Célébré encore récemment à Berlin et à Rüsselsheim (Hesse), au siège du groupe, comme le sauveur de la marque à l’éclair, le constructeur français est, depuis quelques jours, sous le feu des critiques. En plus d’un conflit dur sur la réduction des coûts, c’est l’hémorragie des meilleurs éléments qui menace aujourd’hui Opel.
L’ambiance a commencé à se dégrader en février, quand le syndicat IG Metall a obtenu, pour les salariés de l’industrie, 4,3 % d’augmentation, ainsi que des avancées sur la flexibilité du temps de travail. La nouvelle convention collective est mise en œuvre sans difficultés par la plupart des industriels de l’automobile en Allemagne, mais elle pose problème à Opel, qui doit urgemment réduire ses coûts. La direction a proposé au syndicat de ne pas l’appliquer, dans le contexte précis du plan de redressement, puis, face à la résistance farouche d’IG Metall, elle s’est finalement inclinée, lundi 16 avril. Mais en annonçant, dans le même temps, le gel des investissements sur le site d’Eisenach (Thuringe).

Le conflit s’est immédiatement envenimé. Depuis des semaines, le syndicat réclame des engagements concrets de PSA sur l’avenir des sites de Rüsselsheim, d’Eisenach et de Kaiserslautern (Rhénanie-Palatinat), alors que les usines espagnoles et britanniques ont déjà obtenu des promesses de lignes de production. IG Metall accuse le groupe français de vouloir faire pression sur les salaires en menaçant de ne pas confier de production aux sites allemands.
La moitié des 1 800 emplois pourraient disparaître à Eisenach
Si les plans actuels de PSA pour Eisenach étaient mis en exécution, a précisé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Les 2,3 millions de salariés des services publics et les fonctionnaires verront leur rémunération augmenter progressivement de 7,5 %, en trois périodes, d’ici à 2020.
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En Allemagne, l’augmentation des salaires record dans le secteur public

Les 2,3 millions de salariés des services publics et les fonctionnaires verront leur rémunération augmenter progressivement de 7,5 %, en trois périodes, d’ici à 2020.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 08h36
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

La grande vague de grèves d’avertissement, qui a paralysé de nombreux services publics en Allemagne ces derniers jours, a pris fin mercredi 18 avril. Les parties prenantes ont trouvé un accord sur une hausse des salaires très importante : les 2,3 millions de salariés des services publics et les fonctionnaires verront leur rémunération augmenter progressivement de 7,5 %, en trois périodes, d’ici à 2020. C’est bien au-delà des 6 % que réclamait le grand syndicat des services, Verdi, qui s’en est félicité. Selon le ministère de l’intérieur, le salaire d’entrée, dans toutes les professions, augmentera de 10 %. La durée de la nouvelle convention collective a été fixée à trente mois, ce qui signifie qu’aucun conflit salarial ne devrait se produire durant cette période.
Le fossé entre les différentes régions d’Allemagne aggravé

Comme dans l’industrie, les parties ont fini par s’entendre. Globalement, tous avaient intérêt à une amélioration de la situation. Verdi, qui compte de nombreux membres parmi les bas salariés de la fonction publique, a obtenu pour eux une hausse immédiate de 200 euros. Les communes, qui subissent de plus en plus la concurrence des entreprises privées dans la lutte pour attirer des travailleurs qualifiés, seront mieux armées pour se défendre dans un contexte de quasi-plein-emploi. Et, pour finir, le nouveau ministre de l’intérieur, Horst Seehofer, est personnellement intervenu pour que les négociations aboutissent rapidement.

Reste que ce résultat risque d’aggraver encore le fossé entre les différentes régions d’Allemagne. Là où les communes du sud du pays, qui profitent de l’opulence actuelle de l’industrie, pourront amortir sans problème cette hausse des salaires, celles du nord et de l’ouest risquent d’accuser le coup, voire de devoir supprimer des emplois. « La hausse des salaires de la convention collective va avoir pour conséquence que les communes au budget serré devront réduire leurs investissements »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Malgré la volonté de Donald Trump d’ouvrir largement les côtes américaines aux compagnies pétrolières, celles-ci sont restées très timides.
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Aux Etats-Unis, les forages offshore peinent à trouver preneur

Malgré la volonté de Donald Trump d’ouvrir largement les côtes américaines aux compagnies pétrolières, celles-ci sont restées très timides.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 08h29
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

Qui veut du pétrole offshore américain ? Les enchères du mois de mars pour des millions d’hectares offshore dans le golfe du Mexique devaient illustrer le soutien actif de Donald Trump à l’industrie pétrolière. L’administration américaine s’attendait à voir les compagnies multiplier les projets, permettant ainsi d’augmenter encore la production des Etats-Unis. Selon le secrétaire d’Etat à l’intérieur, Ryan Zinke, cela devait être le « baromètre » de la « domination énergétique » américaine théorisée par le président américain. Las, selon une étude minutieuse menée par l’agence Reuters, seul 1 % des 31 millions d’hectares ouverts aux forages potentiels a trouvé preneur.
Début janvier, M. Trump annonçait son intention d’ouvrir la quasi-totalité du littoral des Etats-Unis à l’exploitation du pétrole et du gaz offshore, y compris au large de la Californie, de la Floride et de l’Arctique. Une mesure qui revenait à annuler un certain nombre de dispositions de protection de l’environnement prises par Barack Obama et qui avait suscité les inquiétudes des écologistes.

Même si le processus de cette enchère avait commencé avant l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, elle était présentée par l’administration américaine comme une première étape, un signe que les compagnies américaines étaient prêtes à investir massivement dans l’exploitation offshore. Mais les pétroliers sont restés timides : sur les 9 088 blocs maritimes ouverts à l’exploration, seuls 105 ont reçu des offres. Plus encore, la quasi-totalité concerne des extensions d’opérations déjà existantes.
Explosion du pétrole de schiste

Alors que la production américaine a atteint un record de 10 millions de barils par jour fin 2017, les investissements se concentrent davantage sur terre qu’en mer. Et pour cause : la croissance de la production pétrolière américaine provient principalement de l’explosion du pétrole de schiste, particulièrement au Texas, où les...




                        

                        


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Le Japon et la Suisse, ces deux pays où les trains partent et arrivent à l’heure

Les compagnies ferroviaires nippones et helvètes sont réputées pour leur ponctualité.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 08h17
    |

                            Marie Maurisse (Genève, correspondance) et 
Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



                                


                            

Qu’elles soient privées, semi-publiques ou publiques, comme au Japon, ou détenues à 100 % par l’Etat, comme en Suisse, les compagnies de chemins de fer nippones et helvétiques affichent des performances à faire pâlir d’envie la SNCF, notamment en termes de qualité de service. Enquête dans ces deux pays où les trains arrivent à l’heure.
Au Japon, un mode de transport plébiscité
« Nous sommes profondément désolés pour le grave préjudice causé à nos clients. » Le 14 novembre 2017, le Tsukuba Express, reliant Tokyo à Tsukuba, dans le département d’Ibaraki, au nord de la capitale, est parti à 9 h 44 et 20 secondes et non à 9 h 44 et 40 secondes, comme prévu. Ces vingt secondes de départ anticipé sont à l’origine des excuses de l’opérateur, la compagnie ferroviaire métropolitaine intercités (MIRC).
Au Japon, la ponctualité reste sacrée. La moyenne des retards du Shinkansen, le très rentable train à grande vitesse, ne dépasse pas trente secondes, depuis son entrée en service en 1964. Le système ferroviaire nippon, dont la première ligne, entre Tokyo et Yokohama, date de 1872, transporte plus de 23 milliards de passagers par an. Propre, ponctuel, fiable, sûr, le train demeure le mode transport favori des Japonais (72 % des voyageurs), malgré une certaine complexité.
Le secteur est divisé entre 211 opérateurs répartis en trois catégories : privés (l’immense majorité), publics et semi-publics. Le voyageur devant emprunter des lignes de plusieurs compagnies doit payer à chacune un ticket. Dans Tokyo, le prix de base d’un trajet tourne autour de 160 yens (1,20 euro).
Au Japon, un retard peut être sanctionné financièrement ou par des « journées d’éducation » pour le conducteur
Les trois premières compagnies, JR-East, JR-Central et JR-West (près de 60 % du marché) sont issues de la privatisation, en 1987, de la compagnie nationale Japanese National Railways (JNR), qui avait été créée en 1906. La JNR avait accumulé une dette de 27 000 milliards...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Le mouvement végan demande à ce que l’on ne consomme plus de produits d’origine animale. Mais comment se nourrir et sortir d’un modèle agro-industriel ? Le journaliste Aymeric Caron et la sociologue Jocelyne Porcher en débattent.
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/04/2018
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Pourquoi faudrait-il être végan  ?

Le mouvement végan demande à ce que l’on ne consomme plus de produits d’origine animale. Mais comment se nourrir et sortir d’un modèle agro-industriel ? Le journaliste Aymeric Caron et la sociologue Jocelyne Porcher en débattent.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 10h09
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            

Le véganisme, à la fois pratique alimentaire excluant la consommation de produits d’origine animale et mouvement de défense des animaux qui connaît un développement important en France, commence à être remis en cause.
Le Monde a proposé à l’une des signataires de cet article, la sociologue Jocelyne Porcher, auteure de Vivre avec les animaux : une utopie pour le XXIe siècle (La Découverte, 2011), d’échanger avec le journaliste Aymeric Caron, figure du mouvement antispéciste en France et auteur de l’ouvrage Antispéciste (Don Quichotte, 2016).
Mme Porcher, vous dénoncez les arguments avancés par le mouvement végan. Pouvez-vous nous dire pourquoi vous estimez que les végans sont dans l’erreur ?
Jocelyne Porcher : Les végans font fausse route parce qu’ils méconnaissent la manière dont ont émergé les relations de domestication. Elles ne sont pas seulement le fruit de la volonté humaine, mais aussi de celle des animaux. La plupart des espèces domestiques sont des proies et elles ont, dans la nature, une espérance de vie assez courte.
On peut penser que les relations de domestication ont rencontré l’intérêt de certaines espèces parce qu’elles leur apportent protection et sécurité alimentaire. La domestication n’est donc pas un rapport de domination et d’exploitation. C’est au contraire fondamentalement un rapport de pacification et de communication, l’inverse des rapports de prédation auxquels veulent nous ramener certains « libérateurs » des animaux.
« La collaboration entre humains et animaux nous permet de partager un monde commun beaucoup plus riche en affects et en expériences que nos mondes séparés. »
Il faut encore évoquer un point qui fonde cette relation, qui est pour moi le plus important et que j’étudie maintenant depuis une dizaine d’années, ce sont les relations de travail entre humains et animaux. La collaboration entre humains et animaux...




                        

                        

