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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ La décision de présenter un dossier de candidature relève du ministère de la culture qui ne peut en présenter qu’un seul tous les deux ans. Et beaucoup sont en lice.
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Les bouquinistes de Paris se verraient bien au patrimoine culturel de l’Unesco

La décision de présenter un dossier de candidature relève du ministère de la culture qui ne peut en présenter qu’un seul tous les deux ans. Et beaucoup sont en lice.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 16h58
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 17h03
    |

            Béatrice Jérôme








                        


Sur les quais de la Seine, chaque jour, flâneurs et visiteurs de la capitale peuvent s’attarder devant les quelque 300 000 livres d’occasion, gravures, revues vendus chez les 210 bouquinistes de Paris. Les bords du fleuve sont les seuls au monde à offrir cette librairie à ciel ouvert. Mais depuis longtemps, les porte-clés, tours Eiffel et autres souvenirs touristiques disputent la place aux ouvrages anciens dans les coffres en bois vert wagon.
La Ville de Paris dresse des procès-verbaux aux marchands qui déballent trop de babioles sur leurs étals. Les contrôles ne suffisent pas à enrayer un commerce attrape-touristes.
« Ces objets sont un mal nécessaire pour nous permettre de vivre, même si chacun d’entre nous ne devrait consacrer qu’une boîte sur quatre à la petite brocante, en vertu du règlement municipal », rappelle Jérôme Callais, président de l’association culturelle des bouquinistes de Paris. 
Pour freiner cette dérive, ce passionné de littérature pense avoir la parade. M. Callais milite pour l’inscription des bouquinistes à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel (PCI) de l’humanité établi par l’Unesco. « Le dernier petit métier de Paris » mériterait de figurer au registre des arts et traditions populaires de l’Organisation des nations unies pour l’éducation et la culture, plaide-t-il. Au même titre que la dentelle d’Alençon, le repas gastronomique français ou le fest-noz breton déjà répertoriés. Selon lui, une consécration par l’Unesco dissuaderait les bouquinistes de vendre trop de cadenas d’amour.
« La liste des dossiers éligibles est longue »
Pour Florence Berthout, maire (Les Républicains) du 5e arrondissement, l’idée de M. Callais n’a rien d’une lubie. L’élue dont l’arrondissement compte le plus fort contingent de bouquinistes du Quartier latin défend le projet avec force. « Une inscription au patrimoine de l’Unesco donnerait un coup de projecteur sur une activité qui fait l’identité intellectuelle de Paris et participe de l’exception culturelle française », s’enthousiasme-t-elle.
Présidente du groupe LR de la capitale, Mme Berthout compte interpeller Anne Hidalgo lors du Conseil de Paris qui s’ouvre le 2 mai. La maire de Paris se verra soumettre par la droite parisienne un « vœu » lui demandant de relayer auprès de l’Unesco la demande d’inscription des bouquinistes au PCI. L’idée fédère les maires LR du 1er, 6e et 7e et celui (PS) du 4e qui comptent tous des bouquinistes sur leurs quais.
Mais la bataille est loin d’être gagnée. La décision de présenter un dossier de candidature au PCI de l’Unesco relève du ministère de la culture rappelle, Olivia Polski, adjointe chargée du commerce. Mme Polski a écrit, le 30 mars, à Françoise Nyssen pour demander « avis et soutien » à ce projet.
« La richesse du patrimoine culturel immatériel français met paradoxalement la France dans une situation délicate, explique au Monde le ministère de la culture. La liste des dossiers éligibles est longue. Ce qui suppose une instruction minutieuse des candidatures pour que les chances de succès de la procédure d’inscription soient maximales. »
La France ne peut déposer qu’une seule candidature au PCI de l’Unesco tous les deux ans. Sous réserve que la ministre de la culture sélectionne ce dossier parmi beaucoup d’autres, il n’est pas certain qu’il soit retenu par l’organisation internationale. « Le projet est intéressant mais la porte sera très étroite », prévient Laurent Stefanini, ambassadeur de France auprès de l’Unesco.
« Trésor extraordinaire »
L’activité des bouquinistes devra être, au préalable, inscrite à l’inventaire français du patrimoine culturel immatériel. L’instruction prend entre huit mois et deux ans. Ce qui renverrait la possibilité d’un éventuel dépôt de leur dossier à l’Unesco au plus tôt en 2021, voire 2023. « Nous soutiendrons la démarche des bouquinistes, promet Véronique Levieux, adjointe chargée du patrimoine au sein de l’exécutif parisien. Mais les obstacles sont très nombreux. »
« L’important, c’est qu’on nous fasse un peu de communication », se rassure M. Callais. Le marchand de livres compte sur les auteurs qu’il connaît pour participer à un comité de soutien. La romancière Anna Gavalda est la première à lui avoir donné son accord.
« L’idée est géniale. Je suis étonnée que si peu de Parisiens connaissent le trésor extraordinaire que sont les bouquinistes. A chaque fois que j’attends le bus, je ne peux m’empêcher de leur acheter un livre. Paris sans les bouquinistes ne serait plus une fête ! », sourit-elle, en pensant à Hemingway.
M. Callais a prévu de solliciter l’écrivaine franco-canadienne Nancy Huston et l’historien Jean Tulard. Il a également contacté deux dessinateurs et amis, Wiaz et Sempé. Il s’apprête à envoyer un petit mot à Xavier Darcos, chancelier de l’Institut de France. La vénérable institution est à deux pas de ses coffres, quai Conti. Un quai truffé de bouquinistes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Le rendez-vous belge, qui fête ses 50 ans, s’est spécialisé dans l’art le plus contemporain.
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Une Foire de Bruxelles au parfum de Cologne

Le rendez-vous belge, qui fête ses 50 ans, s’est spécialisé dans l’art le plus contemporain.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 16h58
    |

            Harry Bellet (Bruxelles)








                        



                                


                            

Bruxelles, ou Cologne ? Ah, que voilà bien des problèmes d’amateurs d’art ! Les deux plus anciennes foires d’art contemporain du monde (Art Cologne a été fondé en 1967, Art Brussels fête ses 50 ans) ouvrent cette année la même semaine. Les plus acharnés feront les deux, un Thalys relie les deux villes. Pour les autres, laquelle choisir ? Disons pour faire simple que les gros calibres sont allés à la pêche aux riches collectionneurs allemands : on trouve à Cologne 200 galeries venues de 31 pays montrer de l’art contemporain, mais aussi de l’art moderne, dont Kamel Mennour, Lelong, Lisson, David Zwirner, Hauser & Wirth, Thaddaeus Ropac, White Cube et l’inévitable Gagosian.
Inévitable ? Mais non, il suffit de choisir Bruxelles ! Les galeries présentes (147 issues de 32 pays) n’ont pas moins de mérite et montrent des artistes moins attendus. C’est qu’elles s’adressent aux mythiques collectionneurs belges qui ne sont pas moins argentés que leurs confrères du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, mais n’aiment rien tant que la nouveauté.
Un tiers des participants sont belges, contre 17 % en 2017
Ce n’est pas ici qu’on aurait pu inventer, comme en Allemagne, le « Kunstkompass » (« La Boussole de l’art »), ce classement annuel qui conseille les acheteurs en évaluant la notoriété d’un artiste : le Belge achète avec les yeux plus qu’avec les oreilles. Et les yeux étaient gâtés pour ce jubilé, même si la concurrence de Cologne avait dissuadé quelques grandes enseignes étrangères de venir : un tiers des participants sont belges, contre 17 % en 2017. « Il faut bien constater que les années fastes, avec la venue de galeries prestigieuses de Londres ou de New York, sont passées, et l’on ne compte plus que quinze galeries non européennes… » remarque, avec regret, Le Soir de Bruxelles. Certes, mais parmi lesquelles HdM, basée à Pékin, venue avec tout plein d’artistes chinois passionnants, dont l’étonnant Yang Yongliang, et un intrus sympathique,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Le chanteur anglo-italien profite de l’événement pour lancer une collection de vinyles, « Hear My Voice ».
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Piers Faccini met le Disquaire Day à l’heure du « folk du XXIe siècle »

Le chanteur anglo-italien profite de l’événement pour lancer une collection de vinyles, « Hear My Voice ».



Le Monde
 |    20.04.2018 à 16h43
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 16h45
    |

                            Patrick Labesse








                        



                                


                            

Réunissant quelques 230 disquaires indépendants dans 90 villes en France, le Disquaire Day, dont la 8e édition a lieu samedi 21 avril, a du sens pour Piers Faccini. Même si l’événement n’est plus tout à fait ce qu’il était pour le chanteur anglo-italien, installé depuis 2005 à Saint-Hippolyte-du-Fort, un village dans les Cévennes gardoises. Pensé à l’origine comme « une sorte de journée solidaire autour du vinyle et pour les labels et disquaires indépendants », il a été, ­selon lui, « en partie récupéré par les majors, qui en profitent pour ressortir en vinyle leurs albums ».

En 2017, Piers Faccini avait enregistré pour cette occasion un 45-tours avec le chanteur Blick Bassy. Cette année, il choisit de publier le premier volume de « Hear My Voice », nouvelle collection d’EP 4 titres qu’il crée au sein de son ­label, Beating Drum Records. « J’ai trouvé qu’il y avait une logique à utiliser cette opération pour lancer cette collection et donner une ­petite visibilité à ce que l’on essaie de faire. » Soit de beaux objets, disques, livres ou livres-disques, publiés en tirage limité, vendus en ligne ou chez des disquaires ­indépendants, et disponibles en streaming. Un travail d’artisan, création et marketing compris, mené à cinq, avec sa femme qui dessine ou peint les pochettes.
Disquaire ambulant
L’idée de « Hear My Voice », ­explique le chanteur, est de mettre en avant des artistes représentatifs « d’une espèce de folk du XXIe siècle, des projets qui ne rentrent pas forcément dans des cases très évidentes et du coup passent un peu a côté du filet ». Première découverte, le 21 avril : Gnut, alias Claudio Domestico. Ce chanteur auteur-compositeur a déjà réalisé plusieurs albums en Italie – dont Rumore della luce, qu’avait produit Piers Faccini en 2009 –, introuvables en France. L’EP propose quatre nouvelles chansons, écrites en dialecte napolitain.

Suivront...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Dans « Foxtrot », Lion d’argent à Venise, le réalisateur s’intéresse au quotidien difficile des jeunes conscrits israéliens. Pour la ministre de la culture israélienne, le film nuirait à l’image de l’armée.
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Samuel Maoz, un cinéaste sur le front en Israël


                      Dans « Foxtrot », Lion d’argent à Venise, le réalisateur s’intéresse au quotidien difficile des jeunes conscrits israéliens. Pour la ministre de la culture israélienne, le film nuirait à l’image de l’armée.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 14h27
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 14h52
    |

            Samuel Blumenfeld








                              

                        

Après « Lebanon », le réalisateur israélien choisit d’explorer à nouveau le thème de la guerre dans son nouvel opus « Foxtrot ». Il avait 20 ans quand il a tué un homme pour la première fois. C’était en 1982, Samuel Maoz était tireur à bord d’un tank, lors de la première guerre menée par Israël au Liban contre les forces palestiniennes et l’armée syrienne. Cette offensive, prévue pour durer trois semaines, s’étala finalement sur près de trois mois. « Cette guerre, se souvient le cinéaste, était différente des autres conflits dans lesquels avait été impliqué Israël. En 1967 par exemple, vous aviez deux armées face à face, avec deux uniformes différents, et qui se battaient pour un enjeu territorial. Au moins, les choses étaient claires. Au Liban, en 1982, vous aviez dix ennemis différents, la plupart ne portaient pas d’uniformes mais des jeans. C’était le chaos. »
« Lebanon », l’un des meilleurs films de guerre
Mais ce qui était déjà clair, en revanche, c’était la véritable vocation de ce tankiste : il voulait devenir réalisateur. Au moins depuis ses 13 ans et sa bar-mitsva, à l’occasion de laquelle il avait reçu en cadeau une caméra 8 mm, et une bobine de pellicule. La suite de l’histoire est connue. Samuel Maoz a tiré un long-métrage de son expérience de soldat. Lebanon (2009), a reçu le Lion d’or à la Mostra de Venise, soit la plus haute récompense jamais obtenue par un film israélien dans un grand festival international. Lebanon est l’un des meilleurs films de guerre jamais réalisé, par un metteur en scène qui a combattu avant de filmer ce sujet. « La première chose qui me venait à l’esprit en repensant à la guerre, se souvient le réalisateur, était l’odeur de la chair calcinée. D’un tank, vous sortez soit vivant, soit atomisé, sans qu’il reste quoi que ce soit de vous à enterrer. Il n’existe aucune autre alternative. »
« Le point de départ de “Foxtrot” est lié à un événement...



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ A la mort de son mentor, Patrice Chéreau, en 2013, Clément Hervieu-Léger a décidé de monter « Le Pays lointain » de Jean-Luc Lagarce, pièce-fleuve sur l’amour et la mort. Rencontre avec le metteur en scène et ses comédiens.
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« Comme Lagarce, j’ai eu envie de rassembler ma famille »


                      A la mort de son mentor, Patrice Chéreau, en 2013, Clément Hervieu-Léger a décidé de monter « Le Pays lointain » de Jean-Luc Lagarce, pièce-fleuve sur l’amour et la mort. Rencontre avec le metteur en scène et ses comédiens.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 14h24
    |

                            Emilie Grangeray








                              

                        

Jean-Luc Lagarce meurt du sida en 1995. Quelques mois plus tôt, le dramaturge a publié Le Pays lointain. Dans cette pièce-fleuve (quatre heures, onze comédiens sur scène), il donne à entendre ce que le personnage de Louis, 40 ans, n’arrivera finalement pas à avouer à sa famille : il va mourir. Une intrigue très similaire à celle de Juste la fin du monde, que Lagarce avait écrit cinq ans plus tôt. L’impossibilité de dire, voilà ce qui a intéressé Clément Hervieu-Léger quand il a senti, à la mort de Patrice Chéreau en 2013, « la nécessité sensible de monter cette pièce ». « Patrice n’a jamais monté Lagarce, alors même que c’est sans doute l’un des auteurs qui lui ressemblent le plus : le désir, l’amour et la mort mêlés sont des thèmes que l’on retrouve dans toute son œuvre », dit, avec pudeur, celui qui a travaillé dix ans avec le metteur en scène. « Ce qui m’intéressait, aussi, c’était la façon dont Lagarce est un classique contemporain. Comment, tout à la fois, il raconte et une époque (les années sida) et nous, toujours, nous posant, comme Molière ou Marivaux que j’ai précédemment mis en scène, la question du désir et des conventions sociales. »
« Le théâtre de Lagarce nous permet de convoquer nos fantômes pour raconter notre propre histoire. » Clément Hervieu-Léger, metteur en scène
Ce Pays lointain arrive à point nommé dans la vie de Clément Hervieu-Léger. A 40 ans, celui qui a souvent été qualifié de jeune prodige de la Comédie-Française, vient d’y être nommé sociétaire. « C’est une période particulièrement heureuse, c’est vrai, humainement et artistiquement », confie-t-il. Ce n’est pas un hasard non plus si, créé au TNS (« c’est une chance de travailler avec cette équipe et la confiance totale de Stanislas Nordey, son directeur »), Le Pays lointain a été produit par La Compagnie des petits champs, que Clément Hervieu-Léger a fondée avec Daniel San-Pedro en...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ La chronique BD de Kidi Bebey. Dans « Un voyage sans retour », l’auteur camerounais Gaspard Njock raconte les désillusions d’un migrant en Italie.
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Chronique

Bande dessinée : cahier d’un départ du pays natal

La chronique BD de Kidi Bebey. Dans « Un voyage sans retour », l’auteur camerounais Gaspard Njock raconte les désillusions d’un migrant en Italie.

Par                Kidi Bebey



LE MONDE
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        Le 20.04.2018 à 12h27

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        Mis à jour le 20.04.2018 à 15h00






    
Extrait d’« Un voyage sans retour », de Gaspard Njock.
Crédits : NOUVEAU MONDE EDITIONS


Chronique. Après une traversée de tous les dangers, des migrants font naufrage au large de l’Italie. Quand leur embarcation chavire, c’est la panique. Nombreux sont ceux qui disparaissent, happés par le gouffre aquatique. Quelques-uns sont repêchés in extremis par un bateau de garde-côtes qui les emmène sur l’île de Lampedusa.
Parmi les rescapés se trouve Malik, un jeune homme frêle, trop légèrement vêtu d’un short, d’une chemisette et de simples sandales. Les yeux encore emplis d’épouvante, il avance, mâchoire serrée, vers son destin. Pour lui, dès ses premiers pas sur la terre ferme, le futur s’annonce amer. Car le jeune garçon se confronte à la raideur des hommes en uniforme et à la dureté d’une administration qui place les arrivants en zones de rétention.

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Lorsque Malik parvient à échapper à ce cantonnement, c’est par une solitude sans nom qu’il doit payer la rançon de sa liberté. En passionné de cinéma, il rêvait d’un avenir en technicolor, mais il découvre que certains rêves s’avèrent de mauvais films teintés de sépia. Comment ne pas penser alors avec nostalgie aux couleurs du pays laissé derrière soi ? Vu de loin, il n’est plus que fantasias chatoyantes, marchés traditionnels et dolce vita. Mais le voyage a fermé des portes derrière Malik. D’autres s’ouvriront-elles devant lui ?
« Fantasme absolu »
« L’Europe est devenue le fantasme absolu de trop nombreux jeunes qui n’arrivent plus à se projeter chez eux. C’est ainsi que je m’explique qu’on puisse être capable à 16 ans de tout quitter en laissant derrière soi une famille, des amis, un toit et en prenant des risques extrêmes, tout ça pour essayer de connaître autre chose que l’on croit mieux… », explique l’auteur et illustrateur Gaspard Njock. Il lui aura fallu dix ans pour mettre la bulle finale à ce Voyage sans retour.
Gaspard Njock n’a pas vécu le destin de Malik, même si au Cameroun, lorsqu’il était adolescent, le désir d’un ailleurs le tenaillait parfois comme un fantasme. « Entre potes, au quartier, on parlait de partir. Autour de nous, ça pullulait d’exemples de ce qu’il fallait faire pour rater sa vie… » New Bell, son quartier natal à Douala, mélange trépidant de bars mal famés et d’espaces interlopes, regorge sans aucun doute de « débrouillards » de toutes sortes. « Moi, j’ai grandi au sein d’une famille modeste, raconte Gaspard Njock. Ma mère était ménagère et mon père simple tailleur. J’adorais sa façon de faire naître des vêtements entre ses mains. Il rêvait les yeux ouverts et c’est ce qu’il m’a appris. Il me disait toujours : “Tout ce que tu veux vraiment, tu peux faire que ça arrive”. »

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Pendant que papa coud, Gaspard dessine, lit, étudie et se repaît des bandes dessinées qui lui passent entre les mains. Après son bac, il s’inscrit à la fac de médecine mais assiste également, en curieux, aux réunions de Traits noirs, une association d’illustrateurs camerounais. Un jour, il participe à un concours de dessin. Bingo ! On lui propose une bourse d’étude à la Scuola Romana dei Fumetti, la prestigieuse école italienne de bande dessinée. Après trois ans d’hésitation familiale, en 2008, Gaspard Njock prend finalement l’avion pour Rome. Il a 21 ans.
« Faire l’aventure »
Après un premier album signé d’un scénariste italien paraît enfin, début 2018, Un voyage sans retour, qu’il a entièrement écrit et dessiné. Entre-temps, il a eu la tristesse de voir un très proche ami partir « faire l’aventure » ainsi qu’une cousine enceinte, qui y a, elle, perdu la vie.

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« Je portais cette histoire, mais j’ai mis du temps à savoir ce que je voulais dire. Je n’avais pas envie de raconter encore une fois une traversée tragique. D’ailleurs, elle tient en très peu de pages dans la BD. Avant tout, je voulais poser des questions. Est-ce que risquer la mort est vraiment choisir sa vie ? Comment donner de la valeur à ce qu’on a autour de soi pour qu’on ne s’en aperçoive pas seulement une fois qu’on est au loin ? Je me demande aussi si on est vraiment maître de ses choix ou si le hasard et la chance ne font pas tout, car le départ ferme des portes derrière soi, mais devant il n’en ouvre pas toujours… Au fond, je n’ai pas vraiment de réponses… »
Et c’est tout le charme de cette BD dont le héros ouvre sur le monde de grands yeux étonnés, curieux et naïfs. De son trait vigoureux, adouci par l’aquarelle, Gaspard Njock nous rappelle que la vie n’est pas toujours un songe et que la réalité peut dépasser, souvent, la fiction.
Un voyage sans retour, de Gaspard Njock, éditions Nouveau Monde, 104 pages.

    

Crédits : NOUVEAU MONDE EDITIONS




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Le Monde
 |    20.04.2018 à 11h43
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 12h21
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Netflix est-il touché par les critiques qui visent Facebook dans l’affaire Cambridge Analytica et, plus largement, par la défiance croissante à l’égard des géants du numérique comme Google, Amazon ou Apple ?
« La polémique est centrée sur les entreprises dont le cœur d’activité est la publicité, comme Facebook ou YouTube. Or, nous ne faisons pas de publicité », répond Reed Hastings, le PDG du leadeur mondial de la vidéo à la demande par abonnement, qui avait invité la presse européenne pour une présentation à Rome, le 19 avril. Contrairement à Facebook, accusé d’avoir laissé un prestataire utiliser les profils de millions d’usagers au profit de la campagne de Donald Trump, « Netflix ne partage pas et ne collecte pas de données : nous avons seulement votre nom et votre historique de visionnage, qui nous permet de vous proposer les séries et films les plus adaptés », poursuit le fondateur.
Si Netflix peut se tenir à distance des débats sur la vie privée, il essuie des reproches dans d’autres domaines : la plate-forme, forte de 125 millions d’abonnés dans le monde, est accusée de ne pas respecter les régulations des pays dans lesquels elle se déploie. En France, par exemple, Netflix ne sort pas ses films en salles car la chronologie des médias lui imposerait d’attendre trois ans avant de les mettre en ligne sur son service.

Netflix veut montrer qu’il investit dans le contenu local
Signe de ces tensions, le festival de Cannes a privé de sélection les films de Netflix, qui l’a boycotté en retour. M. Hastings se garde pourtant de critiquer le système français, « unique et positif », qui « par ses aides permet à la France de produire plus de films par habitant et d’avoir plus de salles » que les autres pays. Le groupe américain n’a pour autant aucune intention de demander des aménagements de la chronologie des médias. « Nous n’entrons pas dans ce débat », explique M. Hastings, arguant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le musée consacre, pour la première fois en Europe, une rétrospective à la dynastie des Qajars qui a régné sur l’Iran, de 1786 à 1925.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Chaque fois que le cinéma se sent en danger, renaît l’idée que les critiques lui font du mal. Une idée plutôt fausse, défend dans sa chronique Thomas Sotinel, journaliste au service Culture du « Monde ».
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Cannes 2018 : « Cinéma et presse vieilliront-ils ensemble ? »

Chaque fois que le cinéma se sent en danger, renaît l’idée que les critiques lui font du mal. Une idée plutôt fausse, défend dans sa chronique Thomas Sotinel, journaliste au service Culture du « Monde ».



Le Monde
 |    20.04.2018 à 09h13
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            
Chronique. C’était une liturgie presque aussi bien établie que celle de Pie X. Depuis son installation dans le bâtiment de béton au bout de la Croisette, en 1983, le Festival de Cannes organisait les projections des films en compétition de façon à ce que les journalistes accrédités voient le film le matin ou la veille de sa présentation de gala, celle qui est précédée de la montée des marches recouvertes de rouge. A partir de la 71e édition, qui débutera le 8 mai, Thierry Frémaux, le délégué général du Festival, a annoncé que « la “première mondiale”, c’est-à-dire la projection en présence de l’équipe du film, (…) sera la première projection de chaque film à Cannes ». 

Désormais « les médias » comme on désigne une corporation qui rassemble des professions de plus en plus diverses, de l’animateur d’un compte Twitter au cameraman en passant par le traditionnel critique qui exerce pour la presse écrite, espèce menacée, verront les films en compétition en même temps que la projection officielle ou le lendemain.
Dans Sélection officielle (Grasset, 2017), journal de l’année qui a précédé le Festival 2016, Thierry Frémaux fait un récit très vivant de la présentation de The Last Face, de Sean Penn, mal accueilli lors de la projection de presse, ce dont le réalisateur et son équipe (Charlize Theron, Javier Bardem) avaient été informés bien avant de devoir gravir l’escalier qui mène au Théâtre Lumière où a lieu la « première ».
Pureté originelle
Il ne s’agit pas seulement de préserver la sérénité des équipes qui viennent présenter leurs films à Cannes. L’Union des producteurs de cinéma, qui regroupe nombre de poids lourds du cinéma français, a salué avec enthousiasme la décision de Thierry Frémaux, y voyant l’avènement de « véritables premières mondiales réunissant en un moment privilégié le public et les professionnels ». Michel Hazanavicius avait développé ce point de vue...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ La Fondation Louis Vuitton donne un aperçu de ses collections, sous le prisme des rapports entre l’homme et la nature.
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Exposition : Vuitton ouvre ses malles pleines de méduses

La Fondation Louis Vuitton donne un aperçu de ses collections, sous le prisme des rapports entre l’homme et la nature.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 09h14
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            

Exercice de virtuosité pour commissaire talentueux : présenter, dans une architecture compliquée, une sélection d’œuvres d’une collection privée en s’efforçant de trouver une cohérence ­entre elles en dépit de leur hétérogénéité. La commissaire est ­Suzanne Pagé, le lieu la Fondation Louis Vuitton, la collection est celle de la maison. Les artistes sont 28. On y trouve des morts ­illustres dont Henri Matisse, ­Alberto Giacometti, Yves Klein, Sigmar Polke ; des vivants de la ­catégorie star internationale : Christian Boltanski, Maurizio ­Cattelan, Takashi Murakami, ­Gerhard Richter ; d’autres qui ne le sont pas encore et ne le seront peut-être jamais, mais ont été ou sont à la mode du marché : Kiki Smith, Mark Bradford, Matthew Barney, Adrian Villar Rojas.
Le seul point commun entre ces artistes est que la fondation en a acquis des pièces. Prétendre que l’on saurait distinguer selon quelle empathie ou quelle logique ces acquisitions ont été décidées serait forfanterie. Les unes répondent à une exigence de type patrimonial, d’autres à des engouements du monde de l’art international. La plupart des collections privées ou publiques se constituent ainsi, par sédimentations successives, dans lesquelles les historiens du goût et de la critique pratiquent plus tard des coupes instructives. C’était déjà le cas lors des trois précédentes présentations partielles du fonds Vuitton.
Végétal et animal
Pour plus petit commun dénominateur, Suzanne Pagé a trouvé les rapports de l’humain et de la nature, avec, pour celle-ci, une prédilection marquée pour le ­végétal et l’animal. Sujet immense qui, selon les époques, est compris de façon très différente, sur le mode contemplatif, cosmique ou mystique parfois, sur le mode tragique ou satirique quand les circonstances y contraignent. Or, celles-ci, ces derniers temps, s’appellent Fukushima, réchauffement climatique, pol­lution des océans. Les œuvres qui s’y réfèrent, de façon directe ou ­allusive, sont celles devant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ L’actuel directeur éditorial de la Philharmonie de Paris succède à Jean-Dominique Marco.
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Stéphane Roth, nouveau directeur général de Musica

L’actuel directeur éditorial de la Philharmonie de Paris succède à Jean-Dominique Marco.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 08h38
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 08h58
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



   


Très attendue dans le milieu de la musique contemporaine, la désignation du successeur de Jean-Dominique Marco à la tête du festival Musica de Strasbourg a été rendue publique, mercredi 18 avril, par un communiqué du ministère de la culture. C’est Stéphane Roth, 36 ans, le plus jeune des cinq candidats auditionnés, qui a été retenu. Son projet s’inscrit dans la continuité d’une politique de soutien aux compositeurs par des commandes avec l’ambition, toutefois, de « décloisonner les expressions en franchissant les frontières esthétiques ». Les frontières géographiques devraient être également franchies par l’ouverture de la région Grand-Est aux pays voisins, le Luxembourg (des collaborations avec la Philharmonie sont envisagées), l’Allemagne (terre historique des festivals de création) et la Suisse (riche en interprètes, en compositeurs et en fondations).
Pour avoir fait ses études universitaires (musicologie, histoire de l’art, sciences du langage) à Strasbourg, Stéphane Roth connaît le public potentiel de la ville. Là encore, son action aura pour objectif l’élargissement de la plate-forme actuelle, notamment « en mettant en place des appels à projets citoyens ». Maurice Fleuret aurait pu y penser lorsqu’il fonda le festival, en 1982, un an après avoir été nommé directeur de la musique par Jack Lang. En s’attachant au fait que le nouveau directeur général du festival (qui prendra ses fonctions le 1er janvier 2019) vient de passer près de cinq ans aux côtés de Laurent Bayle (premier patron de Musica et président de l’association qui gère le festival) comme directeur éditorial de la Cité de la musique (puis de la Philharmonie de Paris), on peut considérer que la boucle est bouclée.
En 1983, la première édition du Festival international des musiques d’aujourd’hui de Strasbourg avait surpris le public
Pourtant, Musica a beaucoup changé depuis son origine. Laurent Bayle s’était imposé « de sortir de la structure d’un festival de quelques jours replié sur les professionnels, de l’éclater sur un minimum de trois semaines et d’investir la ville à la fois dans des sites institutionnels, tels que l’Opéra ou le Palais des congrès, et dans des lieux insolites, comme une centrale électrique sur le point de fermer ». En 1983, la première édition du Festival international des musiques d’aujourd’hui de Strasbourg avait surpris le public en lui apportant des œuvres sur un plateau ferroviaire – celles d’Edgard Varèse interprétées par un duo de percussionnistes sillonnant l’Alsace en train – ou en le conviant à des créations dans une boîte de nuit.
Cette double orientation (rappel des grands repères du XXe siècle et découverte du présent) allait perdurer dans la programmation de Laurent Spielmann, appelé à succéder en 1987 à celui dont il avait été l’adjoint, et dans celle de Jean-Dominique Marco qui, de 1990 à 2018, aura tenté toutes les approches possibles du répertoire, de la thématique nationale (l’Italie, la Finlande, le monde hispanique) ou générationnelle (celle, par exemple, des compositeurs nés dans les années 1950) au principe panoramique de la tête d’affiche (Kaija Saariaho, Magnus Lindberg, Pascal Dusapin, Wolfgang Rihm, Philippe Manoury) ou à la simple confrontation (face à face).
Expériences inédites
Conscient, au début des années 2000, de la nécessité d’un renouvellement, Marco a tenté d’officier en binôme, d’abord avec Frank Madlener (en provenance, en 2002, du festival Ars Musica de Bruxelles, avant de prendre, en 2005, la direction de l’Ircam, à Paris) puis avec Antoine Gindt (ancien assistant de Laurent Spielmann). A l’actif de celui qui assurera encore l’édition 2018 de Musica, il faut porter les collaborations réussies avec le Conservatoire de Strasbourg, les écarts aventureux vers les musiques actuelles et les expériences inédites dans le domaine du spectacle. Celles conduites avec l’Opéra du Rhin ont toutefois contribué à une perte de visibilité, sinon d’identité, du festival.
Le nouveau directeur devra plancher sur le bien-fondé d’intégrer une production lyrique au week-end d’ouverture, mi-septembre. Autre piste de réflexion : la présence de plus en plus importante des ensembles invités, qui assurent la promotion de leur écurie de compositeurs au détriment d’une ligne de programmation plus fine. Avec le risque de réduire le festival à ce qu’il n’avait pas voulu être à l’origine : un rendez-vous de professionnels.
Sur le Web : www.festivalmusica.org et www.culture.gouv.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Ils protestent contre la suppression de l’obligation du concours pour les logements sociaux.
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La mobilisation des architectes contre la loi ELAN ne faiblit pas

Ils protestent contre la suppression de l’obligation du concours pour les logements sociaux.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 08h27
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 15h54
    |

            Isabelle Regnier








                        



                                


                            

Pour qu’une profession aussi peu soudée se mobilise comme un seul homme, il faut que l’affaire soit grave. La suppression de l’obligation du concours d’architecture pour les logements sociaux qu’entérine la future loi ELAN (pour « Evolution du logement et aménagement numérique ») l’est suffisamment pour avoir poussé, en ­février, plus de mille architectes à écrire une lettre ouverte à Emmanuel Macron. Alors que, rappellent-ils, les conditions de l’habitat en France ne cessent de se dégrader – 15 millions de Français fragilisés, mal logés ou privés de domicile, qualité des logements neufs qui se détériore, réduction continue de la surface habitable par pièce… –, ils mettaient en garde contre les risques d’une loi qui ne prendrait pas en considération les dimensions sociales, environnementales, culturelles et humaines de l’architecture.

Cette lettre fut le coup d’envoi d’une mobilisation comme on n’en avait pas vu depuis 2004 et l’ordonnance sur les partenariats public-privé (PPP), visant à faire intégrer dans la loi un volet architecture et cadre de vie, une ambition pluridisciplinaire qui anticipe l’avenir. Les demandes répétées de l’ordre des architectes pour être entendu par le ministère de la cohésion des territoires, où la loi s’élaborait (sans concertation avec le ministère de la culture), étaient restées sans réponse. « C’est la première fois que les choses se passent ainsi, confie Denis Dessus, le président du conseil national de l’ordre des architectes. Jusqu’à présent, nous étions toujours consultés sur ce genre de loi. » Les représentants de l’ordre ont finalement été reçus à l’Elysée, mais « pour [s’]entendre dire que tous les arbitrages avaient finalement été rendus ». La loi est passée le 4 avril en conseil des ministres, avec l’objectif-slogan de « construire plus, plus vite, moins cher ».

Selon Denis Dessus, les grands ­gagnants sont les géants du BTP, qui pourront...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ William Christie et Robert Carsen se retrouvent pour « The Beggar’s Opera », ancêtre de la comédie musicale, aux Bouffes du Nord.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/04/2018
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Satire et chansons avec les gueux de John Gay

William Christie et Robert Carsen se retrouvent pour « The Beggar’s Opera », ancêtre de la comédie musicale, aux Bouffes du Nord.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 08h08
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



                                


                            

Bill Christie éclate de rire : la partition numérique posée pour la première fois sur le pupitre de son clavecin vient d’afficher la mention « cloches de vache ». Une notation apportée sur sa tablette par la percussionniste Marie-Ange Petit, et qui n’aurait pas dû s’échapper. Mais le système, encore expérimental pour l’ensemble Les Arts florissants, connaît quelques ratés. Ces bribes de répétition ont été volées lundi 16 avril, juste après le réglage des saluts du très attendu Opéra des gueux (The Beggar’s Opera), de John Gay, mis en scène par Robert Carsen. Elles témoignent de l’ambiance décontractée sur le plateau des Bouffes du Nord, où se produisent les comédiens-chanteurs et danseurs de la troupe britannique et les musiciens.
« L’idée de monter ce ballad opera de 1728, considéré par d’aucuns comme la première comédie musicale anglaise, appartient entièrement à Bill Christie », souligne d’emblée le metteur en scène canadien, dont vingt-cinq ans de collaboration avec le claveciniste et chef d’orchestre franco-américain ont produit nombre de chefs-d’œuvre : La Flûte enchantée, de Mozart (1994), Alcina, de Haendel (1999), Les Boréades (2003) et Platée (2014), de Rameau, Armide, de Lully (2008), Les Fêtes vénitiennes, de Campra (2015)…
e siècle en argot londonien, mais aussi resserré les trois actes
Après avoir répété durant trois semaines à Londres, Robert Carsen ne cache pas son émotion de se retrouver pour la première fois dans ce théâtre, où il a assisté dès 1975 au travail de Peter Brook, l’un de ses mentors. « La réécriture de The Beggar’s Opera que nous avons faite avec Ian Burton va dans le sens de ce que Brook a élaboré dans son propre travail de condensation sur l’opéra, de Carmen à La Flûte enchantée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Notre choix du soir. L’équipe de l’émission raconte vingt-cinq anecdotes de tournage dans un documentaire anniversaire décalé (sur MyCanal à la demande).
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TV – « Top 25 GRD » célèbre l’irrévérence de « Groland »

Notre choix du soir. L’équipe de l’émission raconte vingt-cinq anecdotes de tournage dans un documentaire anniversaire décalé (sur MyCanal à la demande).



Le Monde
 |    20.04.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 07h35
    |

            Mustapha Kessous








                        



   


Documentaire sur MyCanal à la demande



Depuis vingt-cinq ans, une émission de ­Canal+ résiste à toutes les polémiques, à toutes les couleurs politiques et à tous les changements de direction à la tête de la chaîne. « Groland », avec son faux journal télévisé, son monde imaginaire et son ­humour absurde qui frise parfois la vulgarité, a su conserver ­intacte, durant toutes ces années, sa liberté de ton.
Le programme, qui a d’abord été une chronique dans diverses émissions de ­Canal+ avant d’avoir la sienne propre en 2001, relate l’actualité délirante de la « Présipauté de Groland », une nation fictive mais limitrophe de la France, qui ­possède son propre drapeau, son emblème (une amphore) et sa ­devise (« Groland, je mourrirai pour toi ! »).
Rire de tout
Deux personnages – deux experts en « grand n’importe quoi » – animent cette parodie de l’actualité française et internationale. Le présentateur et grand ­flagorneur Jules-Edouard Moustic (Christian Borde) et le journaliste incompétent et malchanceux – et obsédé sexuel notoire – Michael Kael (Benoît Delépine). Ils sont également épaulés par le reporter Francis Kuntz, ouvertement ­raciste, misogyne, homophobe et nostalgique du régime nazi, et par Gustave de Kervern, correspondant local alcoolique.
« Groland » incarne aussi un mode de vie. Au milieu de ses ­consulats, de ses chevaliers « des arts et des litres », de ses clochers et de ses personnes âgées dévergondées, on a le droit de ne rien faire, de flâner dans les bars et d’enchaîner les pintes de bière jusqu’à plus soif. On y suit les aventures libertaires du président élu à vie, interprété par Christophe Salengro, mort le 30 mars à l’âge de 64 ans. On peut aussi y montrer son postérieur en guise de protestation. « Et ne pas avoir honte », souligne Gustave de Kervern.
En deux décennies, l’émission et ses sketchs sont devenus ­cultes, preuves que l’on peut rire de tout et même qu’il ne faut rire « que de tout », ajoute Pierre Bellemare. A 88 ans, l’animateur a été choisi pour présenter Top 25 GRD, un ­documentaire qui raconte « vingt-cinq histoires vraies esstraordinaires », vécues par les auteurs, les comédiens, les réalisateurs ou la directrice de casting du programme.
Sketchs extrêmement préparés
Assis derrière son bureau, Pierre Bellemare raconte d’un ton grave, dans le style des « Enquêtes ­impossibles » qu’il a présentées durant presque dix ans, les anecdotes de tournage, toutes plus ­improbables les unes que les autres. Des membres de l’équipe expliquent ainsi que, pour les besoins d’une saynète, ils ont dû mettre des culottes à des cochons et des faux seins à un pigeon. Les auteurs racontent aussi de quelle manière ils ont réussi à convaincre des personnes âgées de jouer des gags pornographiques.

   


Ce documentaire décalé est une plongée réjouissante dans les coulisses de « Groland », sa fabrication, son casting et sa réalisation. Même les sketchs les plus potaches se révèlent extrêmement préparés.
En vingt-cinq ans d’antenne, l’émission a su conserver son identité et susciter la ­sympathie des Français, qui parfois rêveraient sans doute de ­vivre dans un pavillon de Groville, la ­ capitale de la « Présipauté ». ­« Groland » est l’une des dernières émissions irrévérencieuses de la télévision française. Un patrimoine immatériel que Top 25 GRD sait mettre en valeur.
« Top 25 GRD », de Sylvain Fusée, (France, 2018, 80 minutes).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Chaque vendredi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix d’événements pour le week-end.
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Des océans, des balades, des paroles et des disques : nos sorties du week-end

Chaque vendredi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix d’événements pour le week-end.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 07h25
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Pourquoi ne pas profiter de ce week-end ensoleillé pour plonger dans les « Océans » à Tourcoing (Nord) ; s’offrir des balades littéraires en Seine-Maritime, avec le festival Terres de paroles ; fêter les 10 ans du Festi’Mots à Amblainville (Oise) ; fouiner dans les magasins de disques lors du Disquaire Day ; découvrir la première comédie musicale du XVIIIe siècle aux Bouffes du Nord ; écouter les histoires d’Isabelle Lacordaire au Funambule Montmartre ; danser au festival Panoramas à Morlaix-Garlan (Finistère) ; voir le duo chorégraphié par Jefta Van Dinther au Centre Pompidou.
EXPOSITION. Une plongée dans les « Océans » au Fresnoy, à Tourcoing

   


Dernier week-end pour plonger dans cette magnifique exposition, qui nous mène d’un océan à l’autre au gré des courants. En guise de capitaines, des artistes désireux de s’engager contre le réchauffement climatique et d’éveiller les consciences sur le désastre écologique. Invités par l’Académie TBA21, département de recherche de la Fondation Thyssen-Bornemisza Art Contemporary, qui s’engage à lier questions artistiques et environnementales, ils sont partis naviguer sur les mers, aux côtés de chercheurs. C’est à partir de leurs explorations qu’est montée l’exposition, stupéfiante de beauté sous la nef du Fresnoy, à Tourcoing (Nord). Il est vivement conseillé de la visiter au moment du changement de marée (heure de Dunkerque) : des sons envahissent alors tout l’espace, pendant une demi-heure. Souffle du krill et frottement des phoques sur la glace, bruit des bulles et respiration du plancton : la Norvégienne Jana Winderen a plongé sous la banquise pour rapporter ces sons d’outre-monde. Ils accompagnent une série de vidéos qui célèbrent la beauté des océans tout en soulignant les menaces qui pèsent sur eux : essais nucléaires de Bikini à Mururoa, évoqués par Julian Charrière ou Atif Akin, ou fonte des glaces décrite dans une parabole romantique d’Edith Dekyndt. Le tout s’achève sur une vidéo de Simon Faithfull, tournée sur les îles Malouines, dans une ruine de port de pêche à la baleine, désaffecté et colonisé par les phoques. Le monde de demain ? Pour ce week-end de finissage, l’école d’art organise toutes sortes d’événements, avec tea time, visites guidées et plein d’animations pour les enfants, qui hériteront de ce monde mal en point. Emmanuelle Lequeux
« Océans. Une vision du monde au rythme des vagues ». Jusqu’au 22 avril. Studio national des arts contemporains, 22, rue du Fresnoy, Tourcoing (Nord). Tél. : 03-20-28-38-00.
THÉÂTRE ET LITTÉRATURE. Les belles Terres de paroles, en Seine-Maritime

   


Créé il y a trois ans, le festival Terres de paroles irrigue les villes et les villages de Seine-Maritime, pendant tout le mois d’avril. Particulièrement prometteur, ce week-end offre une Grande Académie de printemps, avec des ateliers (ouverts à tous et gratuits), pour « découvrir et comprendre la littérature d’aujourd’hui ». Le comédien Jacques Bonnaffé et l’écrivaine Agnès Desarthe sont de la partie, et cela se passe à Duclair. Au Havre, vendredi 20, le Portugais Tiago Rodrigues présente dans la salle Tétris son très beau Sopro (« souffle ») qui met en scène une souffleuse de théâtre ; ce même jour, Thomas Quillardet est à Pont-Audemer, dans la salle L’Eclair, avec Où les cœurs s’éprennent, un très joli spectacle qui met au goût du jour deux scénarios d’Eric Rohmer, Les Nuits de la pleine lune et Le Rayon vert. Samedi 21, Nicolas Pignon invite à une balade littéraire dans le parc de Clères, pour entendre La Vie secrète des arbres, de Peter Wolhleben. Brigitte Salino
Festival Terres de paroles, en Seine-Maritime. Tél. : 02-32-10-07-87.
CONTES, SLAM ET POÉSIE. Le Festi’Mots fête ses 10 ans à Amblainville

   


Pour célébrer comme il se doit sa 10e édition, les 21 et 22 avril, le Festi’Mots à Amblainville (Oise) propose un tour du monde à travers une série de spectacles mêlant contes, poésie et slam. Plusieurs conteurs et conteuses feront voyager le public aux quatre coins de la planète : Mélancolie Motte avec La Femme moustique (récit inspiré de contes du Moyen-Orient) ; Diana Sakalauskaité (accompagnée par la musicienne Isabelle Serrand) avec Eglé, la reine des serpents (un conte venu de Lituanie) ; Magguy Faraux avec Ti Doudou (une compilation de contes antillais) ; Pedro Vianna et Eric Meyleuc avec leurs Contes zen d’Asie et du monde ; Thomas Dupont et Hugo Cordonnier avec Les UkuléContes (des histoires en musique, de l’Ecosse à l’Italie) ; Nathalie Krajcik avec Le Rire de l’amulette (conte inuit) et L’Œil bleu de la baleine (conte de l’Arctique) ; Abbi Patrix (accompagné par le violoniste Jean-François Vrod) avec Le Compagnon (conte norvégien). En dehors des contes seront également au programme : un atelier d’écriture slam et un grand tournoi de slam-poésie proposés par l’association Rimes croisées ; un atelier philo animé par Jean-Pierre Thullier sur le thème « Qu’est-ce qu’être citoyen du monde ? » ; un atelier de danse antillaise intitulé « Biguine par-ci, biguine par-là » et animé par Magguy Faraux ; un spectacle de magie et de poésie présenté par Didier Bernard, Tour(s) du monde ; un spectacle de dessin sur sable, Des rêves dans le sable, avec Lorène Bihorel. Plusieurs événements seront aussi organisés dans le cadre des 10 ans du Festi’Mots : un Tour du monde en chansons par les élèves de l’école élémentaire d’Amblainville ; une balade contée aux lampions, A mi-chemin, avec Les Toqués du Conte et Weyland & Cie ; un apéro-conté-chanté avec Didier Bernard et son accordéon, Thomas Dupont et Hugo Cordonnier avec leurs ukulélés ; une déambulation musicale, Les Sorciers africains, avec la compagnie Zizanie, en guise de spectacle final pour clore en beauté cette édition 2018. Cristina Marino
Festi’Mots, 10e édition, à Amblainville (Oise), les 21 et 22 avril, samedi de 13 heures à 22 heures et dimanche de midi à 19 h 30. Tél. : 03-44-52-03-09. Entrée gratuite.
MUSIQUES. Le Disquaire Day dans plus de 200 magasins de disques en France

   


Inauguré le 19 avril 2008 aux Etats-Unis, pour célébrer les magasins de disques, lieux de découvertes et de conseils, le Record Store Day (le jour du magasin de disques), est depuis devenu une importante opération commerciale avec éditions limitées de disques et concerts. Sa déclinaison française, intitulée le Disquaire Day, remonte à 2011. Pour la 8e édition, samedi 21 avril, les organisateurs annoncent la participation de 230 disquaires indépendants dans 90 villes. Lesquels proposeront à la vente des tirages spéciaux et des éditions numérotées de 45 tours et de 33 tours. Soit près de 250 références, dont beaucoup sont des rééditions de chansons et de musiques déjà disponibles (album ou single original) pour l’occasion présentées sur des vinyles de couleurs variées ou des formats inédits (par exemple un album sorti en CD qui bénéficie d’une présentation en 33 tours vinyle). Pour amateurs de fouilles au long cours. Sylvain Siclier
Samedi 21 avril, adresses et listes des disques sur Disquaireday.fr, le site Internet de la manifestation.
LYRIQUE. Première comédie musicale du XVIIIe siècle aux Bouffes du Nord, à Paris

   


Un bandit romantique, un policier corrompu, des dealeurs sans foi ni loi et quelques putes voleuses, The Beggar’s Opera (L’Opéra des gueux), pièce de théâtre composée en 1728 par John Gay autour de chansons populaires, ballades écossaises ou irlandaises, hymnes religieux voire airs d’opéra compilés par Johann Christoph Pepusch, est à l’affiche au Théâtre des Bouffes du Nord du 20 avril au 3 mai. Le metteur en scène canadien Robert Carsen et le claveciniste et chef des Arts florissants, William Christie, dont la riche collaboration court sur plus de vingt ans, se sont mutuellement encanaillés pour présenter cet ouvrage considéré comme la première comédie musicale de l’histoire de la musique et l’un des apports les plus caractéristiques des Anglais dans le domaine de l’opéra. Pour narrer cette satire politique et sociale qui met dans le même sac riches et pauvres, les magiciens des Arts florissants et une troupe anglaise de jeunes acteurs-chanteurs mèneront la danse du crime, de la cupidité et de la corruption. Celle-là même qui n’a pas varié d’un « inch » depuis le XVIIIe siècle. Marie-Aude Roux
« The Beggar’s Opera », de John Gay et Johann Christoph Pepusch. Avec Robert Carsen (mise en scène), Les Arts florissants, William Christie (clavecin et direction). Théâtre des Bouffes du Nord, 37 bis, boulevard de la Chapelle, Paris 10e. Du 20 avril au 3 mai. Tél. : 01-46-07-34-50. Tarifs : de 18 € à 40 €.
JEUNE PUBLIC. Le voyage d’Isabelle Lacordaire au Funambule Montmartre, à Paris

   


Après le Théâtre Pixel, la comédienne Isabelle Lacordaire (La Compagnie Verseurs d’oubli), alias Miss Ouiz sur scène, a posé ses valises dans un nouveau théâtre parisien, Le Funambule Montmartre, toujours dans le 18e. Mais son spectacle Dis-moi pourquoi…, à voir en famille (dès 4 ans), reste le même et raconte les aventures de l’aigle et du jeune coyote (une attachante marionnette pleine de poils) partis à la recherche du soleil et de la lune, capturés par d’étranges créatures, afin de sauver la Terre des ténèbres. Ce récit plein de péripéties permet à la conteuse, « exploratrice des histoires », de faire voyager petits et grands aux quatre coins de la planète, de leur faire rencontrer toute une galerie de personnages insolites comme Maman Grenouille, l’Empereur du Ciel, le Génie de la Pluie, Méga Grand Super Chef Bison, les Katchinas, etc. Tout au long de la représentation, les enfants sont invités à participer en chantant et en dansant avec les héros de cette légende poétique et musicale. C. Mo.
« Dis-moi pourquoi… », de et par Isabelle Lacordaire. Le Funambule Montmartre, 53, rue des Saules, Paris 18e. Tél. : 01-42-23-88-83. Jusqu’au 20 juin. Pendant les vacances scolaires de Pâques, du mardi au dimanche à 14 heures et représentations supplémentaires tous les jours fériés en mai, à 14 heures. Tarifs : 7 € et 9 €.
ELECTRO. Le festival Panoramas grandit à Morlaix-Garlan

Depuis vingt ans, le festival Panoramas grandit et se diversifie au rythme de l’expansion spectaculaire des musiques électroniques. Dans le parc des expositions de Langolvas, en périphérie de Morlaix (Finistère), une quarantaine d’artistes devraient rassembler plus de 30 000 personnes, les 20 et 21 avril. Si on note la présence de quelques figures historiques – Manu le Malin, les Svinkels ou le Black Devil Disco Club de Bernard Fèvre –, Panoramas mise, comme toujours, sur le dynamisme et la variété d’une scène en perpétuelle renouvellement. Vendredi 20, la programmation témoignera, en particulier, des échanges de plus en plus fréquents entre électro, pop et hip-hop avec Bagarre, Myth Syzer, Polo & Pan, Romeo Elvis, Contrefaçon, Svinkels… Quand le samedi se concentrera surtout sur les plaisirs de la danse avec, entre autres, Anetha, Krampf, Casual Gabberz, Jennifer Cardini, Patrice Bäumel, I Hate Models ou la fanfare aux cuivres techno des Allemands de Meute. Stéphane Davet
Festival Panoramas, 21e édition. Les 20 et 21 avril, 20 h 30. Parc des expositions de Langolvas, Morlaix-Garlan (Finistère). Tarifs : 40,50 €, forfait 2 jours : 79,75 €.
DANSE. Le sang en fil rouge d’un duo chorégraphié au Centre Pompidou, à Paris

   


Dark Field Analysis, conçu par Jefta Van Dinther, prend appui sur une expérience vécue par le chorégraphe. Il s’est fait faire une analyse sanguine dans le contexte d’une pratique médicale alternative nommée « Dark Field Analysis » (microscopie « en champ sombre »). Cette découverte, apparemment bouleversante, lui a donné l’idée de cette pièce où le sang est le fil rouge d’un duo dansé, parlé et chanté entre deux hommes nus. Ce sont les performeurs Juan Pablo Camara et Roger Sala Reyner qui ont collaboré à l’écriture du texte. Sur un plateau sombre, le duo tente de revivre cette traversée de la peau en surfant sur le liquide rouge de la vie. Depuis le début des années 2000, le chorégraphe suédois Jefta Van Dinther aime mettre en scène des spectacles où espace, sons, lumières et corps se mélangent pour créer une sorte de « drogue performative ». Rosita Boisseau
« Dark Field Analysis », de Jefta Van Dinther. Centre Pompidou, Paris 4e. Du 19 au 21 avril, 20 h 30. Tarifs : de 9 € à 18 €. 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Joël Santoni, réalisateur de cinéma et de la comédie familiale, est mort mercredi à l’âge de 74 ans.
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Joël Santoni, le réalisateur d’« Une famille formidable » est mort

Joël Santoni, réalisateur de cinéma et de la comédie familiale, est mort mercredi à l’âge de 74 ans.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 18h51
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 13h22
   





                        



   


Il a réalisé jusqu’en 2016 la série Une famille formidable, comédie familiale diffusée depuis 1992 sur TF1, avec Anny Duperey et Bernard Le Coq dans les rôles de Catherine et Jacques Beaumont. Joël Santoni, réalisateur de cinéma, est mort mercredi à l’âge de 74 ans, a annoncé son agent jeudi 19 avril.
Il était aussi le réalisateur de la comédie Les Œufs brouillés (1976), avec Jean Carmet, Jean-Claude Brialy, Anna Karina et Jean-Pierre Cassel ; Ils sont grands, ces petits (1979), avec Catherine Deneuve et Claude Brasseur ; et Mort un dimanche de pluie, avec Nicole Garcia et Jean-Pierre Bacri.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Notre choix du soir. Cédric Tourbe décortique le mouvement social qui s’empara de la France en 1995 contre le plan de réformes élaboré par le premier ministre (sur France 3 à 23 h 45).
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TV – « Juppé et les grandes grèves de 1995 »

Notre choix du soir. Cédric Tourbe décortique le mouvement social qui s’empara de la France en 1995 contre le plan de réformes élaboré par le premier ministre (sur France 3 à 23 h 45).



Le Monde
 |    19.04.2018 à 17h45
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur France 3 à 23 h 45

En ce mois de novembre 1995, le ciel est plombé, et les températures très fraîches, comme le climat social d’une France ­présidée par Jacques Chirac, qui a fait d’Alain Juppé, « le meilleur d’entre nous », son premier ministre. Et qui, après avoir été élu en mai pour résorber la « fracture ­sociale », ­annonce en novembre que la ­nation doit faire de douloureux ­efforts pour ­réduire ses déficits. L’objectif est clair : en deux ans, il faut arriver à l’équilibre afin de répondre aux critères de Maastricht.
1995, drôle d’année : la Sécurité sociale fête son demi-siècle, la CGT son centenaire. Et Alain Juppé est chargé du chantier des réformes. Bon courage. « Juppé avait un petit côté officier de cavalerie », estime Alain Duhamel, journaliste, l’un des nombreux témoins interrogés dans ce documentaire aussi instructif qu’agréable, avec des commentaires parfois ironiques et de nombreuses archives. La tentation existe, en voyant ces images aux couleurs un peu ternies de cheminots en colère, de transports à l’arrêt, de manifs monstres et de premier ministre droit dans ses bottes, de faire un lien avec celles qui défilent ce printemps sur les chaînes françaises. Mais l’histoire repasse rarement les plats.
Malice et précision
Alain Juppé ne doute de rien : aucun ministre n’est parvenu en trente ans à reboucher le trou de la Sécu ? Lui pense y parvenir en deux ans. Le 15 novembre, sa ­réforme, beaucoup plus large et ­radicale que prévu, est dévoilée à l’Assemblée nationale : « Le gouvernement ne se contentera pas d’un nouveau replâtrage de la ­Sécurité sociale. Il veut une réforme faite pour durer », lance-t-il. Standing ovation, commentaires flatteurs, même dans les rangs de la gauche, tout semble bien débuter pour le gouvernement.
Si les sondages annoncent que 70 % des Français sont favorables à la réforme, il en reste tout de même 30 % qui n’ont pas l’intention d’avaler la potion amère du docteur Juppé. Et c’est là que le ­documentaire de Cédric Tourbe entre dans une autre dimension, en décortiquant avec malice et précision les multiples jeux de pouvoir, notamment entre syndicats : avec une CGT qui joue la centenaire combative, une CFDT en plein recentrage et FO, gestionnaire de l’assurance-maladie ­depuis trente ans et qui n’a pas l’intention de l’abandonner. Louis Viannet (CGT), Nicole Notat (CFDT), Marc Blondel (FO), trois fortes personnalités qui vont, au cours des jours suivants, se ­retrouver dans la tourmente.

   


Le 16 novembre, dans un entretien accordé au quotidien Sud-Ouest, Alain Juppé lance : « Si deux millions de personnes descendent dans la rue, mon gouvernement n’y survivra pas. Mais je ne crois pas à cette hypothèse. » En politique comme au casino, on perd parfois sa mise. Car, au fil des événements, les « coalitions de colères » vont ­petit à petit ­devenir réalité.
La France du service public gronde et bloque le pays sans que le secteur privé ne se montre hostile. Le 5 décembre, une vague de froid enveloppe l’Hexagone ­enneigé. « Je ne retirerai pas le plan de réforme et de sauvegarde de la Sécurité sociale ! », lance Juppé pendant que « Les Guignols » de Canal+ font rire avec leur « ­Juppéthon ». Au bout de trois longues semaines, la plus grande grève du secteur public depuis 1968 s’achève. Lâché par Chirac, Juppé a perdu son pari.
Juppé et les grandes grèves de 1995,de Cédric Tourbe (Fr., 2016, 65 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ A voir aussi ce soir. Un documentaire revient sur le destin tragique de la communauté juive de Vilnius lors de la seconde guerre mondiale (sur Planète+ à 20 h 55).
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TV – « 1944, un tunnel en enfer »

A voir aussi ce soir. Un documentaire revient sur le destin tragique de la communauté juive de Vilnius lors de la seconde guerre mondiale (sur Planète+ à 20 h 55).



Le Monde
 |    19.04.2018 à 17h30
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Planète+ à 20 h 55

   


Si ce documentaire américain ne brille pas par son originalité formelle, il a le mérite de mettre en lumière un épisode douloureux de l’histoire contemporaine. En suivant le ­travail d’une équipe d’archéo­logues à la recherche de fosses communes et d’un tunnel ­d’évasion mystérieux, c’est le destin tragique de la communauté juive de Vilna (aujourd’hui Vilnius) qui est évoqué en détail, archives filmées et photographiques à l’appui.
Surnommée « la Jérusalem du Nord », la capitale de la Lituanie était avant-guerre peuplée de 40 % de juifs. S’y trouvaient ­notamment des dizaines de ­synagogues et la plus grande ­bibliothèque juive au monde. ­Occupée par les Soviétiques en 1940, la ville passe aux mains des Allemands en juin 1941. Très vite, des massacres de masse sont perpétrés dans la grande ­forêt de Paneriai, à une dizaine de kilomètres du centre-ville.
Une douzaine réussit à s’évader
Aidés par les commandos spéciaux lituaniens (environ 150 volontaires), les nazis expérimentent pendant des mois la « Shoah par balles » sur le sol lituanien, notamment en périphérie de Vilna. A Paneriai, des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants sont exécutés et enterrés dans des fosses communes.
Les archéologues américains et israéliens filmés ici travaillent au centre-ville pour retrouver les traces de la grande synagogue, détruite par les Allemands puis rasée par les Soviétiques en 1944. Mais ils cherchent aussi à retracer le parcours d’un tunnel creusé en secret par soixante-seize hommes et quatre femmes, rassemblés par les Allemands fin 1943, en attente de leur exécution prochaine. En janvier 1944, pour échapper à la mort, ils décident de tenter une évasion. Durant soixante-seize jours, avec l’aide d’un ingénieur, ils vont creuser, dans le plus grand secret, un étroit tunnel long de près de 35 mètres. Sur les 80 prisonniers, une douzaine réussira à s’échapper. Puis à témoigner. En découvrant le tracé de ce tunnel devenu mythique, les archéologues ne ­cachent pas leur émotion. Les ­enfants des rescapés non plus.
1944, un tunnel en enfer, de Paula S. Apsell et Kirk Wolfinger (EU, 2017, 50 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le danseur est le seul homme à pratiquer le « baladi », chorégraphie ultra-féminine au Liban et au Proche-Orient.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

A l’IMA, Alexandre Paulikevitch mêle féminin et masculin

Le danseur est le seul homme à pratiquer le « baladi », chorégraphie ultra-féminine au Liban et au Proche-Orient.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 17h01
    |

                            Rosita Boisseau








                        



   


Les injures mitraillent le solo Tajwal, d’Alexandre Paulikevitch, expert en « baladi », nom égyptien de la danse orientale, et seul homme sur le terrain de cette pratique ultra-féminine au Liban et au Proche-Orient. « Tafiolle, tantouze, fiotte, enculé de pédé, suceur de bite… », ces insultes déchirent mentalement sa longue jupe rouge, arrachent sa ceinture dorée, le tabassent tandis qu’il poursuit sa route torse nu en tourbillonnant dans ses voiles.
Ce spectacle saisissant, créé en 2012, met en scène ce qu’Alexandre Paulikevitch subissait de façon quasi-quotidienne dans les rues de Beyrouth où il vit et travaille. « Ça se passe mieux aujourd’hui pour moi, raconte le danseur et chorégraphe. J’étais sans doute aussi assez provocateur à l’époque. Aujourd’hui, je me suis isolé. Je marche toujours longuement dans la ville mais pas aux heures où il y a le plus de monde. »

Tajwal ouvrait, mercredi 18 avril, la première édition du festival Le Printemps de la danse arabe, qui se déroule jusqu’au 23 juin, à l’Institut du monde arabe, mais aussi dans différents lieux dont le Théâtre de Chaillot et l’Atelier de Paris. Après le nouveau rendez-vous « Week-end humour », qui s’est déroulé du 6 au 8 avril, c’est au tour de la danse contemporaine de grimper à l’affiche de l’IMA avec une dizaine de chorégraphes dont Imed Jemaa, Yara Al Hasbani, Alexandre Roccoli, Radhouane El Meddeb, Nejib Khalfallah, originaires de différents pays dont le Liban, la Tunisie et la Syrie.
« Mon oxygène »
Alexandre Paulikevitch, 36 ans, illumine intensément le paysage du spectacle vivant aujourd’hui. Courage, générosité, appétit à partager ses expériences, sa voix porte et sans faillir. Toujours souriant, il irradie d’une ardeur qui emporte. Né à Beyrouth, il vient faire ses études de droit à Paris en 2000. Il a 18 ans, se libère en testant d’une « matière aride » dans le tango, le contemporain et le modern jazz. « Je m’en souviens très bien, raconte-t-il. J’étais en train de prendre un cours de flamenco au Centre du Marais lorsqu’en tournant, j’ai entraperçu des danseuses orientales. Immédiatement, j’ai été happé. » Il travaille avec Leïla Haddad, décroche parallèlement un diplôme en danse et théâtre à l’Université Paris-VIII. « C’était peut-être un repli identitaire comme on dit mais d’abord mon oxygène, poursuit-il. J’ai surtout pu affirmé ma féminité à travers cette pratique. »
De retour à Beyrouth en 2006, il commence à y créer des performances, donner des cours, en revendiquant ce « baladi » qu’il refuse d’appeler « danse du ventre ». « C’est évidemment briser un grand tabou lorsqu’on est un homme que de pratiquer ce style féminin, explique-t-il. Dans le monde arabe, il y a des codes très spécifiques de la masculinité. L’homme est un chevalier, il a beaucoup de privilèges, il peut éventuellement se retrouver à danser le folklore mais c’est tout. Choisir le “baladi” et imiter une femme, c’est mettre en danger son identité. Sans compter que dans cette région du monde, la danse est considérée comme une affaire de prostitution. »
Alexandre Paulikevitch, danseur : « Ce solo est une pièce de résilience. Au-delà, c’est aussi un outil de libération des genres »
Sur des mélopées percussives prenantes, Alexandre Paulikevitch rayonne sans surjouer à aucun moment la féminité. Entre offrande joyeuse et sacrifice tragique, il balaye d’un coup la beauté pour se retrouver démembré, ligoté, homme-tronc sans visage toujours frémissant dans une gangue de tissu. « Même à genoux et mutilé, je continue à danser, déclare-t-il. Ce solo est une pièce de résilience. Au-delà, c’est aussi un outil de libération des genres. En surfant sur les codes du féminin et du masculin, en jouant avec aussi, on les subvertit et on sort de la binarité femme-homme. Je suis certain qu’à l’avenir, il y aura une multitude de genres. »

        Lire la critique (en février 2014) :
         

          Les danseuses n'ont pas le monopole du ventre



Si Alexandre Paulikevitch se produit régulièrement au Liban « où finalement les gens découvrent leur culture sous un autre angle et s’y intéresse » mais aussi en Suisse et en Allemagne, il n’a jamais présenté ses pièces en Egypte. « J’y ai été programmé à quatre reprises et à chaque fois, au dernier moment, les représentations ont été annulées », précise-t-il. Invité par Olivier Py pour l’édition 2018 du Festival d’Avignon, avec son spectacle Elgha, pièce téméraire et durement politique « sur les viols de femmes en pleine révolution égyptienne » à l’ombre d’une barbe géante, il a malheureusement dû décliner la proposition pour des raisons pratiques et techniques.

Le Printemps de la danse arabe. Institut du monde arabe (IMA), 1, rue des Fossés-Saint-Bernard. Paris 5e. Jusqu’au 23 juin. Tél. : 01-40-51-38-38. www.imarabe.org



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Plus d’un siècle après avoir été écrite, la pièce de Frank Wedekind entre enfin au répertoire de la Comédie-Française.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Théâtre : « L’Eveil du printemps » brisé entre les murailles

Plus d’un siècle après avoir été écrite, la pièce de Frank Wedekind entre enfin au répertoire de la Comédie-Française.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 16h07
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 14h57
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                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

Les fleurs du printemps donnent parfois des fruits bien amers. Les jeunes héros de Frank Wedekind vont en faire l’expérience douloureuse, dans cette pièce si belle qu’est L’Eveil du printemps et qui, plus d’un siècle après avoir été écrite par son auteur, entre enfin au répertoire de la Comédie-Française. Ce spectacle mis en scène par Clément Hervieu-Léger offre une autre première, puisque Richard Peduzzi, le scénographe historique de Patrice Chéreau, qui n’avait jamais été invité dans la Maison de Molière, en signe le décor.

Peu de pièces ont su parler avec tant d’acuité de ce que l’on n’appelait pas encore, à la fin du XIXe siècle, l’adolescence – ses élans, ses courses folles, son intranquille et lyrique découverte de la sensation d’être au monde. Et son initiation à ce mystère suprême qu’est le sexe, dont Frank Wedekind (1864-1918), qui était fils de gynécologue, fait le point central de sa pièce, en précurseur de Freud.

Melchior, Wendla, Moritz, Ilse, Martha, Hans, Théa et Ernst sont les héros de cette « tragédie enfantine » qui les saisit, en une succession de tableaux, dans l’éveil de leurs désirs, en butte à l’éducation répressive et cadenassée en vigueur dans la Prusse de la fin du XIXe siècle. Melchior et Wendla s’approchent et se rapprochent, dans la forêt et au fond d’un grenier à foin. Hans, qui rêve d’être millionnaire, et Ernst, qui s’imagine pasteur, avec femme et enfants, s’embrassent dans la beauté d’un soir, au soleil couchant. Melchior se fait professeur d’éducation sexuelle pour son ami Moritz, qui avoue son ignorance face aux « mystères de la vie »…

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