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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Pour le spécialiste de l’extrême droite Jean-Yves Camus, en Europe, l’hostilité envers les juifs puise dans des sources différentes selon les pays.
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Jean-Yves Camus : « Il y a une convergence entre les stéréotypes antisémites »

Pour le spécialiste de l’extrême droite Jean-Yves Camus, en Europe, l’hostilité envers les juifs puise dans des sources différentes selon les pays.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 12h02
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 14h57
    |

            Benoît Vitkine








                        



                                


                            

Le politologue Jean-Yves Camus, directeur de l’Observatoire des radicalités politiques (Fondation Jean-Jaurès), détaille les évolutions de l’antisémitisme en Europe.
A-t-on raison de distinguer un antisémitisme de l’Ouest et un antisémitisme de l’Est ?
Il y a d’une manière générale une grande convergence entre les stéréotypes antisémites, d’où qu’ils viennent. Un certain nombre d’études ont montré que les clichés utilisés dans les milieux issus de l’immigration ou par les jeunes musulmans rejoignent ceux de l’antisémitisme occidental « classique » : les juifs et l’argent, les juifs et le pouvoir, le mythe de la domination et du complot… Cela rend la distinction entre un ancien et un nouvel antisémitisme difficile à établir.
Toutefois, les sources ne sont pas les mêmes, ni culturellement ni religieusement. Les sources religieuses émanent de textes différents, ou de la déformation de textes différents. L’antijudaïsme professé par l’Eglise catholique avant Vatican II et certains passages du Coran produisent les mêmes clichés mais sont issus de constructions intellectuelles différentes.

Les modalités, elles aussi, divergent. En Europe occidentale, l’antisémitisme dit traditionnel n’est plus responsable que d’une petite minorité des actes violents. Les attentats ou les agressions graves que l’on a connus en France ne sont pas le fait de l’extrême droite, même si une partie de celle-ci reste antisémite et continue de se faire entendre sur le sujet. C’est pour cela qu’un certain nombre de juifs se demandent s’il faut continuer à mettre le Front national au premier rang des formations ou idéologies à ostraciser.
Ces antisémitismes – ancien et nouveau – se nourrissent-ils l’un l’autre ?
La question se pose plutôt avec l’extrême gauche. A une certaine époque, une partie de la gauche a considéré que les populations d’origine immigrée allaient devenir le nouveau prolétariat, et le fer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Dans ces dernières déclarations sur la situation sur l’économie mondiale, le Fonds Monétaire International souffle le chaud et le froid juge dans sa chronique pour Le Monde Jean Paul Betbeze, membre du cercle des économistes
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Si on écoute le FMI : « Tout va mieux et tout est plus risqué ! »

Dans ces dernières déclarations sur la situation sur l’économie mondiale, le Fonds Monétaire International souffle le chaud et le froid juge dans sa chronique pour Le Monde Jean Paul Betbeze, membre du cercle des économistes



Le Monde
 |    20.04.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 12h34
    |

Jean-Paul Betbeze (Président de Betbeze Conseil, membre du Cercle des économistes)







                        



   


Le Fonds monétaire international (FMI) nous le dit le 17 avril, pour préparer sa grande réunion de printemps à Washington : « L’expansion économique mondiale qui a débuté aux environs du milieu de l’année 2016 est devenue plus large et plus vigoureuse… La croissance mondiale semble en voie d’atteindre 3,9 % cette année et l’année prochaine, soit bien plus que notre prévision d’octobre dernier. » On retrouve derrière cette expansion les « usual suspects » : Etats-Unis et Chine, Japon et zone euro.
Mais, le « Rapport sur la stabilité financière dans le monde », de ce même FMI, s’inquiète… le 8 avril ! « Les risques à court terme pesant sur la stabilité financière se sont quelque peu accentués depuis la parution de l’édition précédente du “Rapport sur la stabilité financière dans le monde” et les risques à moyen terme demeurent élevés. » Et tout y passe : dans les pays avancés, les banques centrales vont devoir monter leurs taux, en liaison avec la montée de l’inflation, mais en tenant compte des « vulnérabilités financières à moyen terme de ces économies ». Monter les taux parce que l’inflation monte bien sûr, mais surtout les banques centrales expliquant mieux ce qu’elles font. Pas facile.
Crédits non performants
Pire, les risques de bulle sont là, ce qui n’est pas « sans rappeler la période qui a précédé la crise (de 2008) » quand les taux monteront. Diantre ! Le secteur bancaire va certes mieux, mais des crédits non performants demeurent (pensons à l’Italie) et certaines banques peuvent se trouver exposées à des manques de dollars. Sans oublier des pays émergents exposés eux aussi à la montée des taux, notamment pour des crédits particulièrement risqués et libellés en dollars !

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                Le FMI sonne l’alerte sur la dette mondiale



Bref, tout va mieux et tout est plus risqué !
On pourra dire que le FMI ne prend pas beaucoup de risques, ou alors qu’il ne sait pas bien comment intégrer les actions de Donald Trump et la stratégie des nouvelles « routes de la soie » de Xi Jinping, ou bien qu’il s’inquiète de la montée des crédits publics et privés dans le monde, soit pour accélérer sa croissance, soit pour en précipiter la crise, à moins qu’il ne comprenne pas bien cette sortie de crise !
Un peu de tout sans doute, mais joue surtout la concurrence mondiale des deux économies dominantes, dans un nouveau cadre économique. Les États-Unis veulent pousser leur croissance par tous les moyens : baisse des impôts sur les sociétés, taxation des importations pour rapatrier des activités, plus de grands travaux, ce qui creuse le déficit public et le déficit commercial.

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La Chine veut maintenir sa croissance « officielle » à 6,75 %, celle qui est prévue par le Parti communiste, ce qui implique de soutenir des banques et des entreprises publiques un peu zombies, tout en finançant largement les grands travaux de communication destinés à relier l’Asie à l’Europe. Les Etats-Unis veulent maintenir leur hégémonie, la Chine diriger les émergents. Pour tout cela, il faut beaucoup de financement à long et très long terme, autrement dit assumer beaucoup de risques.
Mais ce qui est commun à tous les pays, et à la prudente analyse du FMI, est un souhait politique évident et économiquement ardu. Le FMI veut que tous les pays (avancés, émergents et en développement) aient deux objectifs : augmenter leur croissance potentielle par des réformes structurelles et renforcer leur résistance aux chocs, notamment financiers, quand viendra la hausse des taux courts et longs qu’il craint tant.
Dans l’embarras
Mais pourquoi donc y a-t-il si peu d’inflation en plein-emploi aux Etats-Unis ? Pourquoi le crédit est-il si peu cher, et donc si risqué, quand les taux monteront ? Pourquoi les marchés financiers ne s’inquiètent-ils pas plus de ce qui peut se passer, et en fait, le permettent ? Pourquoi pas plus de soucis devant la montagne de crédits inquiétants en Chine ? Le FMI est dans l’embarras, répétant que, les choses allant mieux, elles pourront aller plus mal.

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                Christine Lagarde : « Quand Trump dit qu’il faut réduire les déséquilibres globaux, il a raison »



Pourquoi ne pas expliquer ce qui se passe, la bataille hégémonique mondiale pour piloter la révolution industrielle en cours, le robot piloté par l’intelligence artificielle ? Il faut plus de matheux et surtout plus de crédit pour les robots, des robots qui déclassent les emplois intermédiaires et demandent des emplois de base. Plus de crédit sans inflation salariale donne aujourd’hui plus de croissance. Mais demain ?
Le FMI ne cesse de s’inquiéter des munitions qu’il faut pour résister à la récession qui se prépare, par la hausse des taux. Il veut des banques plus fortes, des entreprises et des Etats moins endettés. Voilà la source de sa contradiction : il oublie qu’il faut des salariés mieux formés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Romain Perez et le stratégiste Julien Pillot estiment que l’Union européenne doit tenir compte des disparités des modèles sociaux afin de mener une politique commerciale plus juste.
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« L’Europe doit rétablir des conditions de concurrence équilibrées au sein de la zone euro »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Romain Perez et le stratégiste Julien Pillot estiment que l’Union européenne doit tenir compte des disparités des modèles sociaux afin de mener une politique commerciale plus juste.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 11h57
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 11h58
    |

Romain Perez (Economiste) et Julien Pillot (Stratégistes, coordinateurs du groupe de réflexion Le Jour d'après)







                        



                                


                            

Tribune. Dans le monde idéal de la Commission européenne, il suffirait d’interdire aux Etats membres d’aider leurs entreprises pour garantir le bon fonctionnement des marchés. C’est, selon elle, l’esprit du traité de Rome, qui interdit aux Etats d’user « des aides (…) qui faussent ou qui menacent de fausser la concurrence en favorisant certaines entreprises ou certaines productions ».
Toutefois, la réalité du commerce international est fort éloignée de cet idéal économique. Les Etats ont trouvé bien d’autres moyens que les subventions ou les exonérations fiscales pour tirer avantage du jeu concurrentiel. Le maintien de normes sociales peu contraignantes par exemple.
Entre l’est et l’ouest de l’Europe, les obligations en termes de salaire minimal s’échelonnent ainsi de un à cinq, et le niveau des charges sociales varie de un à dix. La sous-évaluation monétaire aussi. La Chine a fait de cette sous-évaluation un outil puissant au service de la compétitivité de ses entreprises. Et que dire de l’utilisation du travail forcé et de l’exploitation des enfants dans nombre de pays émergents…
Finalement, les restrictions draconiennes imposées par Bruxelles sur les subventions et les exonérations publiques sont surtout utiles aux concurrents commerciaux de l’Europe et aux Etats européens les moins avancés socialement, qui pratiquent sans le dire un dumping social efficace.
Les autres nations européennes, celles qui ont construit un modèle social avancé et donc coûteux, sont en revanche mises en difficulté par cette approche de la politique concurrentielle. Elles ne peuvent exempter leurs exportateurs du coin fiscal et social et doivent se résoudre soit à démanteler leur système social pour s’ajuster au niveau des pays les moins-disants, soit à accepter la désindustrialisation et le déclin économique comme une conséquence inévitable des avancées sociales du passé.
Commerce déloyal
Mais est-il juste d’interdire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ A une époque où les services bancaires étaient réservés aux élites, cette société anonyme privée avait pour vocation d’encourager l’épargne populaire. Le développement des Caisses d’épargne conduisit l’Etat à inventer pour elles le statut original d’entreprise privée d’utilité publique, explique dans sa chronique l’économiste Pierre-Yves Gomez.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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Les Caisses d’épargne, des « entreprises à mission »

A une époque où les services bancaires étaient réservés aux élites, cette société anonyme privée avait pour vocation d’encourager l’épargne populaire. Le développement des Caisses d’épargne conduisit l’Etat à inventer pour elles le statut original d’entreprise privée d’utilité publique, explique dans sa chronique l’économiste Pierre-Yves Gomez.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 11h29
    |

                            Pierre-Yves Gomez (Economiste et professeur de stratégie à l’EM Lyon)








                        



                                


                            

Entreprises. Il y a deux siècles, en mai 1818, des hommes d’affaires philanthropes fondaient la première Caisse d’épargne. A une époque où les services bancaires étaient réservés aux élites, cette société anonyme privée se donnait une mission sociale : encourager l’épargne populaire. Il s’agissait de proposer des livrets d’épargne, mais aussi d’éduquer le peuple à l’économie et de lui donner le goût et les moyens de constituer un patrimoine, pour éviter la misère en cas de coup dur. Sur le modèle parisien, des initiatives privées, soutenues par les pouvoirs publics locaux, créèrent des caisses identiques dans toute la France.
Leur développement conduisit l’Etat à inventer pour elles le statut original d’entreprise privée d’utilité publique. Ce statut inscrivait dans le droit que la logique économique était soumise à une mission sociale, déterminant l’orientation stratégique de l’entreprise. C’était en 1835.
D’abord simples collectrices d’épargne, les caisses furent autorisées en 1895 à financer les logements sociaux, les infrastructures d’aides aux personnes en difficulté et à soutenir pécuniairement des œuvres d’intérêt général. En 1950, leur activité fut étendue au crédit aux collectivités. L’objet social restait en résonance avec l’activité économique de proximité et de développement local, dont les Caisses d’épargne ont été les leadeuses pendant plus d’un siècle, tout en demeurant des sociétés privées.
En 1999, elles changent de statut pour devenir des banques coopératives. Les parts sociales sont détenues par les clients sociétaires. Gouvernée par un conseil d’administration et un directeur, chaque caisse reste autonome quant à la collecte des dépôts et à l’investissement des résultats. Les administrateurs des sociétés d’épargne locales composent l’assemblée générale des caisses régionales, elles aussi autonomes et gérées par un directoire, nommé par un comité d’orientation élu par l’assemblée générale. La même logique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Le bio-informaticien Frédéric Cazals s’inquiète dans une tribune au « Monde » de l’absence des acteurs français dans les grands congrès scientifiques et de ses conséquences, notamment sur les performances économiques.
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Recherche et développement : les entreprises françaises n’ont pas de vision

Le bio-informaticien Frédéric Cazals s’inquiète dans une tribune au « Monde » de l’absence des acteurs français dans les grands congrès scientifiques et de ses conséquences, notamment sur les performances économiques.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 11h05
    |

Frédéric Cazals (Directeur de recherche, Inria Sophia Antipolis Méditerranée, professeur associé à Centrale-Supélec)







                        



                                


                            

Tribune. En examinant la participation d’entreprises françaises à certains événements académiques de premier plan, dans deux registres très différents, on constate que le niveau de culture R&D (recherche & développement) au sein des entreprises françaises peut être anormalement bas et obère la compétitivité du pays. J’en prendrai deux exemples.
Dans le domaine de l’Intelligence artificielle et de la société digitale, tout d’abord. Chacun sait à quel point les sciences et techniques du numérique ont bouleversé notre quotidien. Divertissement, véhicules autonomes, santé, ingénierie, finance sont en effet autant de domaines pour lesquels ordinateurs et algorithmes jouent un rôle sans cesse croissant. La recherche d’aujourd’hui augurant des innovations de demain, un examen des tendances perceptibles lors de la conférence de référence de l’intelligence artificielle (IA) est instructif.
Avec 8 000 participants en 2017, « Neural Information Processing Systems » (« NIPS ») est à la fois une conférence académique sur les fondements mathématiques et algorithmiques de l’IA, et une exhibition technologique de premier plan. Alors que la diversité des domaines abordés n’a d’égal que celle des pays représentés, voici la statistique qui alerte : 85 sponsors d’origine variée avec un fort biais anglo-saxon et asiatique ; du côté européen, présence allemande et anglaise marquée ; cependant, une seule entreprise française.
Des algorithmes sophistiqués
On notera que l’engouement pour l’IA au sens large est attesté par la fréquentation de cette conférence, multipliée par 8 en dix ans (l’édition 2017 était la 31e). Nombre d’entreprises accordent une importance particulière au salon, critique pour la visibilité et le recrutement, la matière grise faisant l’objet de la convoitise que chacun sait. Les sponsors déboursent entre 5 000 et 80 000 dollars en fonction du statut convoité.
Pour comprendre à quel point...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Chaque fois que le cinéma se sent en danger, renaît l’idée que les critiques lui font du mal. Une idée plutôt fausse, défend dans sa chronique Thomas Sotinel, journaliste au service Culture du « Monde ».
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Cannes 2018 : « Cinéma et presse vieilliront-ils ensemble ? »

Chaque fois que le cinéma se sent en danger, renaît l’idée que les critiques lui font du mal. Une idée plutôt fausse, défend dans sa chronique Thomas Sotinel, journaliste au service Culture du « Monde ».



Le Monde
 |    20.04.2018 à 09h13
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            
Chronique. C’était une liturgie presque aussi bien établie que celle de Pie X. Depuis son installation dans le bâtiment de béton au bout de la Croisette, en 1983, le Festival de Cannes organisait les projections des films en compétition de façon à ce que les journalistes accrédités voient le film le matin ou la veille de sa présentation de gala, celle qui est précédée de la montée des marches recouvertes de rouge. A partir de la 71e édition, qui débutera le 8 mai, Thierry Frémaux, le délégué général du Festival, a annoncé que « la “première mondiale”, c’est-à-dire la projection en présence de l’équipe du film, (…) sera la première projection de chaque film à Cannes ». 

Désormais « les médias » comme on désigne une corporation qui rassemble des professions de plus en plus diverses, de l’animateur d’un compte Twitter au cameraman en passant par le traditionnel critique qui exerce pour la presse écrite, espèce menacée, verront les films en compétition en même temps que la projection officielle ou le lendemain.
Dans Sélection officielle (Grasset, 2017), journal de l’année qui a précédé le Festival 2016, Thierry Frémaux fait un récit très vivant de la présentation de The Last Face, de Sean Penn, mal accueilli lors de la projection de presse, ce dont le réalisateur et son équipe (Charlize Theron, Javier Bardem) avaient été informés bien avant de devoir gravir l’escalier qui mène au Théâtre Lumière où a lieu la « première ».
Pureté originelle
Il ne s’agit pas seulement de préserver la sérénité des équipes qui viennent présenter leurs films à Cannes. L’Union des producteurs de cinéma, qui regroupe nombre de poids lourds du cinéma français, a salué avec enthousiasme la décision de Thierry Frémaux, y voyant l’avènement de « véritables premières mondiales réunissant en un moment privilégié le public et les professionnels ». Michel Hazanavicius avait développé ce point de vue...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Le FMI a revu à la hausse ses prévisions de croissance mondiale, mais sa directrice voit se profiler des nuages menaçants. Elle s’en explique dans un entretien au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/04/2018
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Christine Lagarde : « Quand Trump dit qu’il faut réduire les déséquilibres globaux, il a raison »

Le FMI a revu à la hausse ses prévisions de croissance mondiale, mais sa directrice voit se profiler des nuages menaçants. Elle s’en explique dans un entretien au « Monde ».



Le Monde
 |    20.04.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 11h32
    |

            Arnaud Leparmentier (Washington, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la hausse ses prévisions de croissance mondiale pour 2018 à 2019, qui sont passées de + 3,7 % à + 3,9 %. Mais sa directrice générale, Christine Lagarde, voit se profiler des nuages menaçants pour l’économie mondiale. A l’occasion des réunions de printemps de l’institution internationale à Washington, Mme Lagarde s’en explique dans un entretien au Monde.
Vous disiez en 2017, à propos de l’économie mondiale, qu’il fallait réparer la toiture quand le soleil brille. Il y a déjà des orages ?
Je ne pense pas qu’on soit encore dans un orage mais on voit de gros nuages s’accumuler à l’horizon. Il y a bien entendu la remise en cause du système multilatéral, notamment en matière de commerce, qui nous paraît préoccupante car aujourd’hui le commerce et les investissements sont les deux moteurs réarmés pour soutenir la croissance alors qu’elle était précédemment largement soutenue par la consommation. Les remettre en cause et ajouter de l’incertitude dans le climat des investissements nous parait néfaste.

Deuxième nuage, les conditions financières, qui résultent d’ailleurs de facteurs positifs : l’amélioration de la croissance aux Etats-Unis provoque une augmentation des salaires générale supérieure à 2 % qui entraînera une augmentation de l’inflation laquelle déclenchera un relèvement des taux d’intérêts probablement dans des proportions plus importantes que ce que l’on imaginait il y a six mois.
Ce mouvement suscitera probablement un réajustement de prix des actifs financiers et des mouvements de capitaux en provenance des pays émergents et à faible revenu. S’il s’y ajoute, ce que l’on ne voit pas encore, une appréciation du dollar, cela donnera un poids de dette et un service de la dette encore supérieurs pour tous ceux qui ont beaucoup emprunté en dollar ces trois ou quatre années, notamment les pays à faible revenu.

Troisième nuage,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Un manifestant en robe de bure brandit un tonfa. Que dit cette photographie sur les affrontements entre forces de l’ordre et zadistes à Notre-Dame-des-Landes ?
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Un moine dans la ZAD : décryptage d’une image

Un manifestant en robe de bure brandit un tonfa. Que dit cette photographie sur les affrontements entre forces de l’ordre et zadistes à Notre-Dame-des-Landes ?



Le Monde
 |    20.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 15h06
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            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Il semble tout droit sorti du jeu ­vidéo ­Assassin’s Creed, avec ses combattants au visage masqué traversant l’histoire. Il rappelle un moine soldat du Moyen Age, templier ou chevalier de Malte chargé de protéger les croisés en Terre sainte. Ou peut-être participe-t-il à un jeu de rôle médiéval inspiré de Game of Thrones ? Mais non. Nous sommes mercredi 11 avril, sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, près de la fameuse « route des chicanes », la D281, où les forces de l’ordre ont pris position.
Toute la journée, elles se sont affrontées avec les zadistes, envoyant des grenades lacrymogènes à ceux qui résistaient pied à pied. Stéphane Mahé, le photographe de ­Reuters qui a pris cette image, raconte. « Soudain, ce personnage est sorti des sous-bois. Il s’est posté face aux ­policiers dans cette posture, brandissant un tonfa. Il les a ­défiés, malgré le grenadage, puis il est reparti. »
Qui est-il ? Stéphane Mahé l’ignore. Mais il dit l’avoir vu plusieurs fois immobile au milieu des manifestants, dans cette robe de moine, le visage invisible, la matraque dressée. « Il apparaît de temps en temps, ­prend cette pose, montre son trophée. Parfois il crie quelque chose, je n’ai ­jamais compris quoi. Et puis, il disparaît. »
« Un acte de résistance »
D’après des témoignages publiés sur le site de Reporterre, c’est ce 11 avril, à 8 h 30, que le manifestant en robe de bure a récupéré le tonfa. Embusqué avec d’autres dans un champ, il a lancé trois seaux d’eau sur un groupe de gendarmes, leur criant : « Un baptême au nom de la ZAD ! » Les militaires ont riposté avec leurs bombes lacrymo­gènes, puis se sont éloignés préci­pitamment. L’un d’eux a alors perdu sa ­matraque, que le zadiste moine a récupérée au milieu des vivats.
Depuis, il provoque les policiers et se laisse photographier. Que veut-il symboliser avec cette tenue de moine ? « Cela reste un mystère pour moi, répond le photographe....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Des députés issus de tous les groupes parlementaires parmi lesquels Eric Woerth, Valérie Rabault, Eric Coquerel ou Amélie de Montchalin demandent, dans une tribune au « Monde », la création d’un office d’évaluation des politiques publiques, dans le cadre de la réforme constitutionnelle.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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« Pour un débat budgétaire responsable et libéré de l’arbitraire »

Des députés issus de tous les groupes parlementaires parmi lesquels Eric Woerth, Valérie Rabault, Eric Coquerel ou Amélie de Montchalin demandent, dans une tribune au « Monde », la création d’un office d’évaluation des politiques publiques, dans le cadre de la réforme constitutionnelle.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 20h00
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 08h56
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. « La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration. » Députés, membres de la commission des finances et des affaires sociales de l’Assemblée nationale, notre premier devoir constitutionnel devant les Français est de faire vivre cette vigilance citoyenne sur le budget de l’Etat. A chaque projet de loi de finances, pourtant, la promesse de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 est déçue.
Nous partageons tous le constat, quelle que soit notre appartenance politique, du déficit criant de moyens d’évaluation économique et financière du Parlement, qu’il s’agisse tant des textes budgétaires qui lui sont soumis par le gouvernement que de ses propres propositions législatives.
Loin d’être un débat technique, c’est un combat démocratique. Nos concitoyens seraient en effet surpris de constater le décalage entre les pouvoirs constitutionnels qui nous sont confiés dans les textes et les moyens concrets mis à notre disposition. Pour voter en pleine conscience, nous devons aux Français de disposer de mesures sérieuses, chiffrées et applicables, forgées sur la base d’un avis indépendant des administrations et des groupes d’intérêts.

Il est temps de nous mettre au niveau des démocraties les plus avancées, qui ont fait de leurs Parlements des lieux de décision et de responsabilité. Cela passe par un contrat de transparence réciproque entre les administrations et les parlementaires sur les données économiques et budgétaires. Car c’est aux Français qu’appartiennent ces données brutes conservées jalousement par les ministères.
Une vision claire de la répartition des revenus
Ceux qui légifèrent en leur nom doivent avoir une vision claire de la répartition des revenus dans notre pays, de l’impact de notre fiscalité sur leurs vies, des prévisions de recettes et de dépenses du gouvernement. Le brouillard sur ces données crée un climat de défiance institutionnelle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ De l’Alaska à la Terre de Feu, des Amérindiens à aujourd’hui, de Toronto à Ushuaia, l’épopée de ce continent est fascinante et bouleversante. Marquées par la colonisation européenne, l’esclavage, la discrimination raciale, les Amériques c’est aussi, le tango, le cinéma, le jazz ou les chefs-d’œuvre de la littérature sud-américaine, symboles d’un insatiable esprit de liberté et de conquête que raconte ce « hors-série » du « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

A la poursuite du rêve américain

De l’Alaska à la Terre de Feu, des Amérindiens à aujourd’hui, de Toronto à Ushuaia, l’épopée de ce continent est fascinante et bouleversante. Marquées par la colonisation européenne, l’esclavage, la discrimination raciale, les Amériques c’est aussi, le tango, le cinéma, le jazz ou les chefs-d’œuvre de la littérature sud-américaine, symboles d’un insatiable esprit de liberté et de conquête que raconte ce « hors-série » du « Monde ».



Le Monde
 |    19.04.2018 à 18h16
 • Mis à jour le
19.04.2018 à 18h17
    |

Chantal Cabé (Rédactrice en chef adjointe de « La Vie ») et Michel Lefebvre (Responsable des hors-séries du « Monde »)







                        



   


Hors-série. En 1492, Christophe Colomb ouvrait la porte d’un monde inconnu. L’espace habitable de notre planète devenait subitement beaucoup plus vaste grâce à cette « découverte ». Mieux, ce « nouveau » monde se révélait habité par une humanité déroutante et singulière. Jusqu’alors, jamais les Européens n’avaient imaginé l’existence et les richesses de cette Terra incognita. À l’étroit, les capitales du Vieux Continent se prirent à rêver de gloire, d’espace et de conquêtes. Ainsi depuis cinq siècles, l’Amérique n’a cessé d’attirer les hommes en quête de liberté ou de fortune et de hanter nos imaginaires.
De la conquête de l’Ouest à la quête de l’Eldorado, des pyramides incas aux gratte-ciel new-yorkais, des mystérieux géoglyphes de Nazca au prolixe cinéma d’Hollywood, de l’écriture maya au français québécois, des perles de la littérature sud-américaine au music-hall de Broadway, du jazz au tango, de Zapata à Malcolm X, de Buffalo Bill à Sacco et Vanzetti ou du brouhaha des mégapoles à la solitude des forêts primaires d’Amazonie, le désir fou de cette Amérique que chantait Jacques Brel à son ami Jef se perpétue.
Le lieu de tous les possibles
Bien sûr, les peuples et les nations de ce continent ont en partage un passé meurtri par le triste sort des Amérindiens, descendants des premières populations à avoir franchi le détroit de Béring depuis la Sibérie orientale, il y a probablement 30 000 ou 40 000 ans et décimés par les pandémies, une histoire marquée par la colonisation, hantée par l’esclavage et la traite des Noirs. Evidemment, à partir de la fin du XVIIIe siècle, si le continent gagne son indépendance sur les métropoles européennes avec la naissance des États-Unis et des nations sud-américaines, c’est le plus souvent dans la violence que ces projets se construisent.
Tenochtitlan était l’une des plus grandes villes du monde avec au moins 300 000 habitants à l’époque de la conquête, alors que Paris n’en comptait que 25 000
Pourtant l’Amérique reste et demeure le lieu de tous les possibles. Car ce continent fut tour à tour capable de faire de la capitale aztèque, Tenochtitlan, l’une des plus grandes villes du monde – avec au moins 300 000 habitants à l’époque de la conquête lorsque Paris n’en comptait que 25 000 et Séville, alors la plus grande ville d’Europe, 40 000 –, d’inaugurer l’abolition de l’esclavage grâce à la toute première révolution noire (Haïti), de consacrer l’indépendance des États-Unis et, plus récemment, d’élire le premier président noir américain (Barack Obama), juste avant de le remplacer par un animateur-milliardaire (Donald Trump) aussi curieux qu’imprévisible.
C’est pour revivre les étapes de cette longue épopée transcontinentale que les rédactions de La Vie et du Monde, accompagnées des meilleurs spécialistes, images et cartes inédites à l’appui, ont souhaité vous (re) parler de ces fascinantes Amériques. Plus qu’un voyage, c’est une exploration dans les lointains et nouveaux méandres du rêve américain que nous vous proposons.
« L’Histoire des Amériques », « hors-série » du « Monde », 188 pages, 12 euros, en vente en kiosques auprès de la boutique du « Monde ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, et Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT-Cheminots, dénoncent un déni de démocratie sociale et invitent le gouvernement à de véritables négociations.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/04/2018
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Réforme de la SNCF : la CFDT appelle le gouvernement à sortir de sa « posture »

Dans une tribune au « Monde », Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, et Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT-Cheminots, dénoncent un déni de démocratie sociale et invitent le gouvernement à de véritables négociations.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 17h51
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 11h38
    |

Laurent Berger (Secrétaire général de la CFDT) et Didier Aubert (Secrétaire général de la CFDT-Cheminots)







                        



                                


                            

Tribune. Alors que les mobilités explosent et se transforment, le rail est un élément essentiel de l’aménagement du territoire dans le respect de l’environnement. La CFDT le martèle, il est impératif de tracer une véritable transition écologique en se donnant les moyens d’atteindre les engagements de réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030. Pour cela, le rail est un formidable outil.
La réforme ferroviaire a été lancée par le gouvernement à la suite du rapport Spinetta, mais elle n’a pas été débattue, dans le cadre des Assises de la mobilité. C’était une première erreur. Elle a été mise au centre du débat public à coups de caricatures et de chiffres brandis sans explications. C’était une deuxième profonde erreur. Mais, comme si ces deux premières ne suffisaient pas, le gouvernement en commet une troisième.
Un financement public pérenne
Les concertations patinent. La CFDT fait des propositions, mais le gouvernement n’a toujours pas esquissé un écosystème politique, économique et social à même de rassurer les citoyens, les élus et le corps social cheminot. Au contraire, il distille des annonces importantes (filialisation du fret, fin du statut en 2020) sans même une information préalable de ses interlocuteurs syndicaux. Quelle étrange conception de la concertation !
Il faut donc en finir avec les postures, telle celle consistant à échanger le statut actuel des cheminots contre une reprise de la dette. Cette dernière n’est pas celle des cheminots, mais celle de l’Etat et de ses politiques publiques depuis trente ans.
Pour la CFDT, cette réforme doit donner lieu à un large débat public et être étayée par une profonde et sincère négociation
Il faut aussi assumer qu’il ne peut pas y avoir de système ferroviaire efficace sans financement public pérenne. L’abandon de l’écotaxe et l’absence de décision claire sur la reprise intégrale de la dette et ses modalités soulèvent de graves inquiétudes.
La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ La journaliste Anne-Louise Sautreuil s’attache à nous faire découvrir cette planète bio qui promet de « vivre mieux, plus vieux et en meilleure santé ». Ou comment elle a mené une guerre sans merci contre les perturbateurs endocriniens et traumatisé son entourage en leur cuisinant des graines de chia et des spaghettis au kombu.
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Un an à la découverte de la planète bio

La journaliste Anne-Louise Sautreuil s’attache à nous faire découvrir cette planète bio qui promet de « vivre mieux, plus vieux et en meilleure santé ». Ou comment elle a mené une guerre sans merci contre les perturbateurs endocriniens et traumatisé son entourage en leur cuisinant des graines de chia et des spaghettis au kombu.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 16h27
    |

                            Léa Delage








                        



                                


                            

Le livre. Vivre à Paris, être maman de deux jeunes enfants, mariée à un  »viandard », aimer fumer et boire de temps en temps, tout en étant hypocondriaque à plein-temps, et voir la vie en bio, est-ce possible ? Tel est le défi de la journaliste Anne-Louise Sautreuil. Et la réponse à cette question se trouve dans le titre : « Chronique d’une année (PRESQUE) 100 % bio ». Tout le livre repose sur cette prédication qui n’atteint pas son but même s’il s’en approche de près. Anne-Louise Sautreuil aura eu le courage et la ténacité d’essayer.
Cette journaliste et baroudeuse des temps modernes (son premier titre, « RER, mon amour » aux Editions Fayard, retrace une année passée sur les rails d’Ile-de-France) s’attache dans ce second ouvrage à nous faire découvrir cette planète bio qui promet de « vivre mieux, plus vieux et en meilleure santé ». Ou comment elle a mené une guerre sans merci contre les perturbateurs endocriniens et traumatisé son entourage en leur cuisinant des graines de chia et des spaghettis au kombu. Sans jamais faire la morale, l’auteure s’attelle à expérimenter un monde nouveau afin de devenir, et non ce n’est pas une insulte, la parfaite bobo, bio, écolo d’aujourd’hui.
Un chemin compliqué
Les convertis y verront une Bible de plus, les hypocondriaques d’autres nouvelles sources de maladies inexpliquées, les sceptiques se laisseront-ils tenter ? Au risque de tout plaquer pour une cabane au fin fond du Morvan pour respirer l’air pur et « faire une overdose de pommes », il faut commencer ce livre comme une histoire d’amour : oublier qu’on n’a aucune chance et foncer.

Car Anne-Louise Sautreuil sait que le chemin vers le « Saint-Bio » va être compliqué. Elle donne pourtant du sens à son engagement quand elle gagne la bataille contre la gastro d’hiver à coups d’huiles essentielles, et donne envie avec ses recettes vegan. Le tout en gérant les railleries des amis proches et...




                        

                        


<article-nb="2018/04/20/17-13">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ En réservant les procès d’assises aux crimes « les plus graves », le projet de réforme de la justice, présenté vendredi 20 avril en conseil des ministres, restreint encore le rôle des jurys populaires. Retour sur l’évolution de cette institution.
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Le jury d’assises, survivance de la Révolution

En réservant les procès d’assises aux crimes « les plus graves », le projet de réforme de la justice, présenté vendredi 20 avril en conseil des ministres, restreint encore le rôle des jurys populaires. Retour sur l’évolution de cette institution.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 16h18
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 12h03
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            
Le jury populaire des cours d’assises est-il la survivance d’un idéal révolutionnaire trahi, ou bien le garant d’une justice démocratique à son acmé ? Le débat sur sa nature et son fonctionnement ressurgit au moment où le gouvernement souhaite expérimenter, grâce au projet de loi de programmation de la justice présenté en conseil des ministres vendredi 20 avril, un tribunal criminel départemental sans juré.
Ce tribunal, composé de magistrats professionnels, jugerait les crimes passibles de peines de quinze ou vingt ans d’emprisonnement (viols, coups mortels, vols à main armée). Pratiquement six crimes sur dix quitteraient ainsi la cour d’assises et son jury.

Son histoire commence à la Révolution française. Deux grandes lois, d’août 1790 et de septembre 1791, balayent la justice de l’Ancien Régime. La nouvelle organisation judiciaire met en œuvre le principe selon lequel la seule légitimité qui vaille est celle du peuple.
« Chasser les juges de la justice »
En matière criminelle, un jury de douze citoyens tirés au sort est instauré pour statuer sur la culpabilité tandis que le juge voit son intervention cantonnée au débat sur la peine. Un jury est également créé pour porter l’accusation, aujourd’hui dévolue au procureur. La méfiance envers les juges est alors telle qu’il a même été envisagé d’imposer un jury en matière civile. « L’esprit initial était de chasser les juges de la justice », explique Anne Rousselet-Pimont, professeure d’histoire du droit à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne. Les juges sont élus pour six ans au suffrage direct.
Le jury populaire pour juger les crimes est la seule innovation à survivre à Napoléon. « C’est la part résiduelle du rêve révolutionnaire », analyse l’historienne Anne Rousselet-Pimont
Le jury populaire pour juger les crimes est finalement la seule innovation à survivre à Napoléon. « C’est la part résiduelle du rêve révolutionnaire », analyse l’historienne. Devenu totémique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ L’entreprise est une entité politique, et doit donc être gouvernée selon les règles de la démocratie avec la participation, à égalité, des travailleurs et des investisseurs, affirme la sociologue Isabelle Ferreras, dans une tribune au « Monde ».
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« Il faut faire bénéficier les entreprises françaises d’un choc de compétitivité démocratique »

L’entreprise est une entité politique, et doit donc être gouvernée selon les règles de la démocratie avec la participation, à égalité, des travailleurs et des investisseurs, affirme la sociologue Isabelle Ferreras, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    19.04.2018 à 14h51
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 09h13
    |

                            Isabelle Ferreras (Professeure de sociologie à l'université de Louvain (Belgique)








                        



                                


                            

[La loi Pacte (« plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises ») a pour objectif l’évolution du tissu entrepreneurial français et une association plus grande des salariés aux résultats de l’entreprise. L’un des volets du projet de loi, incarné par le rapport Senard-Notat, propose une réécriture du code civil, pour mieux intégrer les enjeux sociaux et environnementaux dans les problématiques des sociétés commerciales. Le ministre de l’économie Bruno Le Maire l’a confirmé. Mais la présentation du projet de loi en conseil des ministres, prévue initialement le 18 avril, a été repoussée successivement au 2 mai, au 16 mai, puis au 23 mai, et pourrait l’être plus tard encore. Le texte suscite une forte opposition de la part d’une partie du patronat et de certains économistes]
Tribune. Ravivant les réflexions menées en leur temps par Charles de Gaulle, Pierre Mendès France et Michel Rocard, le récent rapport Notat-Senard commandé par le gouvernement français fait un diagnostic correct : l’entreprise du XXIe siècle est bien plus qu’une « société anonyme », cet instrument juridique au service des actionnaires. Mais elle est également plus qu’un « objet d’intérêt collectif », comme la qualifie pudiquement le rapport.
En réalité, elle est devenue une véritable entité politique. Elle a aujourd’hui nettement plus d’influence que la plupart des élus du peuple. Volkswagen se mêle de nos poumons. Apple échappe à nos contributions. Caterpillar exporte nos emplois. Monsanto veille sur nos cancers. Enfin, au cas où vous douteriez encore que tout cela soit politique, Facebook intervient dans nos élections…

Mais les entreprises ne sont pas seulement des entités politiques par leurs externalités. Comme le pointe le rapport Notat-Senard, elles sont faites de parties « constituantes » : tous les jours, les « apporteurs en capitaux » et les « investisseurs...




                        

                        


<article-nb="2018/04/20/17-15">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ En posant la raison d’être de l’entreprise comme différente de celle du marché, le rapport Notat Senard propose de dépasser la raison actionnariale par la raison entrepreneuriale, explique Rodolphe Durand et Patrick d’Humières, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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L’entreprise et la « gestion des communs »

En posant la raison d’être de l’entreprise comme différente de celle du marché, le rapport Notat Senard propose de dépasser la raison actionnariale par la raison entrepreneuriale, explique Rodolphe Durand et Patrick d’Humières, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    19.04.2018 à 13h42
 • Mis à jour le
19.04.2018 à 14h54
    |

Rodolphe Durand (Professeur de stratégie à HEC) et Patrick d'Humières (Directeur de l’Académie durable)







                        



                                


                            

[La loi Pacte (« plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises ») a pour objectif l’évolution du tissu entrepreneurial français et une association plus grande des salariés aux résultats de l’entreprise. L’un des volets du projet de loi, incarné par le rapport Senard-Notat, propose une réécriture du code civil, pour mieux intégrer les enjeux sociaux et environnementaux dans les problématiques des sociétés commerciales. Le ministre de l’économie Bruno Le Maire l’a confirmé. Mais la présentation du projet de loi en conseil des ministres, prévue initialement le 18 avril, a été repoussée successivement au 2 mai, au 16 mai, puis au 23 mai, et pourrait l’être plus tard encore. Le texte suscite une forte opposition de la part d’une partie du patronat et de certains économistes]
Tribune. Le concept de « raison d’être », proposé par le rapport de Jean-Dominique Senard et Nicole Notat, peut modifier en profondeur la gouvernance de l’entreprise. En posant la raison d’être de l’entreprise comme autonome et différente de celle du marché, la maximisation du profit apparaît comme un moyen en vue d’une fin plus large, qui est la contribution aux attentes de toutes les parties impliquées dans le pacte entrepreneurial. Ceci renvoie à sa gouvernance la définition de la finalité de l’entreprise, et au management le devoir de la mettre en œuvre, sans confusion des rôles.

Cette idée audacieuse n’a pas encore été bien comprise par la communauté économique qui se demande si on va introduire dans les statuts un slogan creux ou un nouveau périmètre de responsabilité engageant les administrateurs. En fait, cette proposition vise à dépasser la raison actionnariale qui structure le modèle de création de valeur depuis l’ère industrielle, au profit d’une raison entrepreneuriale qui ajoute au contrat entre les associés un bénéfice global pour la société.
Mondialisation et mercantilisme anglo-saxon
C’est aussi une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ L’économiste Jean-Marc Daniel estime, dans une tribune au « Monde », que la concurrence et la fiscalité suffisent à inciter l’entreprise à assumer sa responsabilité sociale.
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« La meilleure garantie de la responsabilité sociale de l’entreprise, c’est la concurrence »

L’économiste Jean-Marc Daniel estime, dans une tribune au « Monde », que la concurrence et la fiscalité suffisent à inciter l’entreprise à assumer sa responsabilité sociale.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 13h30
 • Mis à jour le
19.04.2018 à 14h53
    |

                            Jean-Marc Daniel (Professeur à l'ESCP-Europe)








                        



                                


                            

[La loi Pacte (« plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises ») a pour objectif l’évolution du tissu entrepreneurial français et une association plus grande des salariés aux résultats de l’entreprise. L’un des volets du projet de loi, incarné par le rapport Senard-Notat, propose une réécriture du code civil, pour mieux intégrer les enjeux sociaux et environnementaux dans les problématiques des sociétés commerciales. Le ministre de l’économie Bruno Le Maire l’a confirmé. Mais la présentation du projet de loi en conseil des ministres, prévue initialement le 18 avril, a été repoussée successivement au 2 mai, au 16 mai, puis au 23 mai, et pourrait l’être plus tard encore. Le texte suscite une forte opposition de la part d’une partie du patronat et de certains économistes]
Tribune. Le 9 mars, Jean-Dominique Senard et Nicole Notat ont présenté leur rapport sur l’« entreprise et l’intérêt général ». Ils y abordent en particulier la possible réécriture des articles du code civil définissant le rôle de l’entreprise. Ils proposent de les compléter en y ajoutant les deux formules suivantes : « La société doit être gérée dans son intérêt propre, en considérant les enjeux sociaux et environnementaux de son activité » ; et « L’objet social peut préciser la raison d’être de l’entreprise constituée ».
Nous assistons ainsi à la réactivation d’un débat ancien, qui s’est nourri à diverses époques de contributions très fouillées comme les rapports Bloch-Lainé de 1962 ou Sudreau de 1975. Ce débat a même déjà conduit, on l’oublie souvent, à des modifications de notre corpus juridique, jusque dans le préambule de la Constitution de 1946, repris par celle de 1958. On y trouve en effet une maxime forte : « Tout travailleur participe, par l’intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu’à la gestion des entreprises. »

Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Le recours à la médiation privée devrait se généraliser, explique l’économiste Philippe Askenazy. Payé par les deux parties, le médiateur propose une solution, les avocats devenant alors superflus, puisque la médiation peut être assurée directement par les legaltechs.
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« Les plates-formes numériques, qui offrent des conseils juridiques, pourraient être les grandes gagnantes de la réforme de la justice »

Le recours à la médiation privée devrait se généraliser, explique l’économiste Philippe Askenazy. Payé par les deux parties, le médiateur propose une solution, les avocats devenant alors superflus, puisque la médiation peut être assurée directement par les legaltechs.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 13h06
    |

                            Philippe Askenazy (Chercheur au CNRS/ENS/Centre Maurice-Halbwachs)








                        



                                


                            

Tendances France. La possibilité de convergence des luttes entre un avocat et un cheminot semble quasi nulle. En revanche, la simultanéité des deux réformes présente un avantage pour le gouvernement : celle de la SNCF occulte celle de la justice, dont la portée est sous-estimée dans le débat public.
On retrouve d’ailleurs la même méthode gouvernementale avec des annonces rassurantes pour les usagers (pas de fermeture de tribunaux ni de petites lignes), une concertation fictive qui fait bouillir les acteurs et l’opacité sur les détails des réformes. Et derrière des objectifs « de bon sens » (exécution effective des peines, bienfaits de la concurrence) ou l’affirmation de la « nécessité de réformer », des acteurs privés attendent…

En face, le mode de réaction est proche : journées nationales, grèves par intermittence, y compris blocages de tribunaux par des avocats, sensibilisation des usagers. Dans cette bataille de l’opinion, cheminots, juges et avocats partent de loin : ces professions sont très mal appréciées de l’opinion et régulièrement accusées de corporatisme. Le gouvernement le sait bien.
Essor des « legaltechs »
L’économie peut cependant éclairer les conséquences de la réforme de la justice. Les regroupements de tribunaux et la possibilité de concentrer certains contentieux dans un tribunal départemental augmenteront mécaniquement la distance moyenne, notamment en milieu rural, entre le justiciable et le tribunal pertinent. Les avocats ont-ils raison de prétendre que cela compliquera l’accès à la justice ?
Du point de vue de l’économiste empirique, la réponse est évidemment oui. Par exemple, pour estimer l’impact du droit du travail sur les décisions de licenciement, la comparaison statistique entre une entreprise proche d’un conseil des prud’hommes et une plus lointaine montre que la seconde est moins exposée au risque contentieux – ses salariés étant éloignés des tribunaux et des avocats.

Ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Analyse. Mis en place en 2014, le dispositif de la loi Perben II qui offre à la fois une protection physique au repenti et une réduction de peine n’a bénéficié qu’à deux personnes. Signe que la France n’assume qu’à moitié ce programme, selon le journaliste du « Monde » Jacques Follorou.
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Une hypocrisie française : le statut du repenti

Analyse. Mis en place en 2014, le dispositif de la loi Perben II qui offre à la fois une protection physique au repenti et une réduction de peine n’a bénéficié qu’à deux personnes. Signe que la France n’assume qu’à moitié ce programme, selon le journaliste du « Monde » Jacques Follorou.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 12h42
    |

            Jacques Follorou








                        



                                


                            

Analyse. On hésite entre la peur de son ombre et une vision très judéo-chrétienne du bien et du mal. Il y a sans doute un peu des deux. La France avait déjà mis du temps, par rapport aux autres démocraties occidentales, à accepter l’existence d’un crime organisé sur son sol. Il a fallu attendre 2004 que la loi dite Perben II soit adoptée spécifiquement sur la criminalité organisée.
Puis dix années supplémentaires ont été nécessaires pour que la mesure clé de ce texte, le statut du repenti, entre en vigueur. Quatre ans plus tard, Bruno Sturlèse, le président de la Commission nationale de protection et de réinsertion des repentis, vient d’écrire aux ministres de la justice et de l’intérieur pour dénoncer les « lacunes incompréhensibles » d’un programme qui n’a profité qu’à deux personnes.
Le dispositif mis en place pour offrir à la fois une protection physique au repenti et à sa famille ainsi qu’une réduction de peine au terme de la phase de jugement était censé rééquilibrer le jeu judiciaire entre un phénomène mafieux sophistiqué et un Etat dont les règles de droit commun étaient inadaptées face aux organisations criminelles. Grâce aux informations fournies par le repenti, la justice peut accéder au cœur d’un système complexe qui dispose de moyens financiers, juridiques et relationnels pour dissimuler ses activités et tenir à distance, voire en échec, la puissance publique.
Degré de proximité avec le mal
Le repenti livre en effet des éléments précieux sur la sociologie du crime organisé, sur la structuration des organisations, sur la répartition des rôles, sur les tensions internes et sur les règlements de compte. Il permet aussi de lever le voile sur ce qui fait la force d’un système mafieux, ses liens avec la société civile, politique ou économique et son emprise sur le monde légal. Enfin, disposer d’une source issue de cet univers occulte, c’est commencer à maîtriser la géographie d’un monde clos, et savoir,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Des revues radicales ou des livres d’universitaires, sur l’histoire du capitalisme notamment, s’inspirent des thèses du philosophe allemand.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/04/2018
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Comment les idées marxistes circulent aux Etats-Unis

Des revues radicales ou des livres d’universitaires, sur l’histoire du capitalisme notamment, s’inspirent des thèses du philosophe allemand.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 06h39
    |

                            Anne Dujin








                        



                                


                            

« La bourgeoisie du XIXe siècle utilisait l’argument de la moralité pour assurer la dominance de classe – ce que les élites actuelles font encore. » C’est par ces mots que commence un article de la revue américaine Jacobin, fondée en 2010 par de jeunes diplômés d’universités, qui compte 30 000 abonnés et attire un million de visites mensuelles sur son site.
L’article procède à une analyse critique des habitudes de vie des classes supérieures aux Etats-Unis et en Europe. Et les compare aux comportements caractéristiques des classes bourgeoises du XIXe siècle, à travers lesquels elles affirmaient leur supériorité morale sur le reste de la société.
Domination de classe et idéologie
Si les pratiques ont changé, affirme l’auteur, un jeune historien, le mécanisme d’imposition de la supériorité morale reste bien actif : « Les cours de yoga, la nourriture artisanale et le parcours de candidature à l’université ont remplacé les promenades du dimanche, les cours du soir et les salons mondains. Mais ne vous y trompez pas, ils poursuivent le même but : donner au privilège de classe le visage de la vertu individuelle et, par là même, consolider la domination sociale. »

Une telle analyse s’appuie explicitement sur un certain nombre de concepts marxistes : celui de domination de classe évidemment, et celui d’idéologie – mécanisme par lequel ladite classe dominante produit des représentations qui la confortent.
Son fondateur, Bhaskar Sunkara, a présenté Jacobin au moment de son lancement comme une « publication radicale », « largement le fait d’une jeune génération qui se sent moins liée par les paradigmes de la guerre froide que les milieux de gauche traditionnels », représentés par des revues telles que Dissent ou New Politics.
La philosophe Nancy Fraser, qui appartient à la génération de la guerre du Vietnam, abonde dans ce sens : « Jacobin...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Une partie de la jeunesse américaine trouve dans les idées du philosophe allemand des outils pour comprendre la société. Enquête sur le renouveau du marxisme au pays du maccarthysme.
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Karl Marx fait son come-back aux Etats-Unis

Une partie de la jeunesse américaine trouve dans les idées du philosophe allemand des outils pour comprendre la société. Enquête sur le renouveau du marxisme au pays du maccarthysme.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 12h07
    |

                            Anne Dujin








                        



                                


                            
Karl Marx aurait eu 200 ans en mai. A l’heure de ce bicentenaire, toute une actualité éditoriale et événementielle revient sur la vie et l’œuvre du philosophe, aujourd’hui unanimement reconnu comme un auteur majeur, et sans doute le meilleur penseur du capitalisme. Mais qu’en est-il du Marx militant qui inspira les révolutions socialistes du XXe siècle, celui qu’évoque Raoul Peck dans son film Le Jeune Karl Marx (2017) ? A-t-il encore des disciples, trente ans après la chute du rideau de fer ? La réponse est oui. Mais contre toute attente, ils ont 20 ans et ils sont… américains !
Critique du capitalisme
L’organisation Democratic Socialists of America (DSA), issue de la scission du Parti socialiste d’Amérique en 1973, a vu ses effectifs multipliés par quatre ces deux dernières années, dépassant les 32 000 adhérents. Considéré jusque-là comme représentant l’aile gauche du Parti démocrate, mais en réalité dans une situation de dépendance à son égard et donc peu radical dans ses prises de position, le mouvement a récemment été investi par de jeunes militants désireux d’écrire une nouvelle page de l’histoire de la gauche américaine, sur un ton beaucoup plus critique du capitalisme que celui de leurs prédécesseurs.
Conséquence de cet afflux, l’âge médian de ses membres est passé de 68 ans en 2013 à 33 actuellement. Alors que le qualificatif de « socialiste » effrayait leurs aînés, qui le jugeaient indissociable des régimes totalitaires du XXe siècle, une nouvelle génération n’hésite plus à se définir comme tel, et à revendiquer une lecture « marxiste » des événements. Seth Ackerman, rédacteur en chef de la revue de gauche radicale Jacobin, confirme : « Quand j’avais 20 ans [il en a 35], se déclarer socialiste relevait de l’excentricité. Aujourd’hui, c’est un qualificatif que de nombreux jeunes assument. »
Dans un pays où l’anticommunisme et l’antimarxisme ont souvent paru aller de soi, comment...




                        

                        

