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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ A partir de 2020, le taux de rendement de ce produit d’épargne n’aura plus vocation à couvrir l’inflation. Mais il ne pourra pas descendre sous 0,5 %.
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Le gouvernement porte un coup au Livret A

A partir de 2020, le taux de rendement de ce produit d’épargne n’aura plus vocation à couvrir l’inflation. Mais il ne pourra pas descendre sous 0,5 %.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 18h37
    |

                            Véronique Chocron








                        



   


Le Livret A va perdre l’un des attributs qui faisaient de lui le placement préféré des Français. Ce produit d’épargne, souscrit par 56 millions de personnes, cumulait jusqu’à présent plusieurs avantages : l’accès à tout moment à ses économies, des intérêts exempts de fiscalité et la promesse d’un rendement au moins égal à l’inflation.
C’est sur ce dernier point que les épargnants seront à l’avenir perdants. Le ministère des finances a en effet confirmé, jeudi 19 avril, que « le taux du Livret A n’aura plus vocation à couvrir celui de l’inflation ». Les organismes de logement social, financés par le fonds d’épargne de la Caisse des dépôts, dont la ressource est indexée sur le taux du Livret A, en sortiront en revanche gagnants.

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La nouvelle formule du calcul du taux ne s’appliquera pas tout de suite. Comme l’a décidé le gouvernement en novembre dernier, sa rémunération restera gelée à 0,75 % (son plus bas historique) jusqu’au 31 janvier 2020, pour offrir au secteur du logement social des conditions de financement attractives en échange d’une baisse de leurs loyers. Et ce, afin de permettre à l’Etat de diminuer les aides personnalisées au logement.
Un taux plancher à 0,5 %
Puis, à compter du 1er février 2020, les nouvelles règles entreront en vigueur. Elles simplifieront la formule de calcul du taux (la moyenne semestrielle du taux d’inflation et des taux interbancaires à court terme), avec un taux plancher fixé à 0,5 %, très en deçà du taux d’inflation actuel.
Bercy voit dans ce seuil minimum une « protection du pouvoir d’achat des épargnants », mais dans les faits, le taux du Livret A n’a jamais atteint cet étiage, les ministres des finances successifs ayant toujours préféré déroger à la formule de calcul plutôt que de pénaliser trop fortement les épargnants.

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Au cours des prochaines années, avec un taux d’inflation qui devrait augmenter graduellement vers 1,7 % d’ici à 2022 et des taux courts qui dépasseraient péniblement 1 %, selon les estimations du ministère, le rendement réel du Livret A devrait donc être négatif.
Les nouvelles règles prévoient enfin un ajustement du taux plus précis, puisque l’arrondi se fera au dixième de point le plus proche, au lieu de l’arrondi au quart de point pratiqué actuellement.
Impopulaire
Cette réforme promet d’être impopulaire, mais, tempère-t-on à Bercy, « pour les trois-quarts des épargnants, une baisse de 0,5 % du taux du livret A représente un moindre rendement de 11 euros par an, soit moins d’un euro par mois ». Le ministère fait également valoir que « cette réforme réduira globalement et de manière durable les charges financières du secteur du logement social d’environ 675 millions d’euros par an ».
Pour ne pas pénaliser les populations les moins aisées, le gouvernement va par ailleurs « demander aux banques d’accentuer la promotion du Livret d’épargne populaire (LEP), de manière à ce que toutes les personnes éligibles, qui représentent près de 40 % de la population, puissent en disposer ». Bercy s’engageant à ce qu’à l’avenir « le taux du LEP couvre à tout moment celui de l’inflation ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Le projet de loi « avenir professionnel », qui sera présenté en conseil des ministres le 27 avril, renforce le compte personnel de formation. Le CPF devient le cœur d’un dispositif d’acquisition de diplômes et de certifications par le salarié tout au long de sa vie. Avec un enjeu majeur : l’employabilité.
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L’employabilité, enjeu majeur de la réforme Pénicaud

Le projet de loi « avenir professionnel », qui sera présenté en conseil des ministres le 27 avril, renforce le compte personnel de formation. Le CPF devient le cœur d’un dispositif d’acquisition de diplômes et de certifications par le salarié tout au long de sa vie. Avec un enjeu majeur : l’employabilité.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 18h00
   





                        


Brillamment diplômé ? Nouvellement embauché ? Plus rien à prouver ? Pas si vite ! La vie professionnelle n’est pas un long fleuve tranquille. Il va falloir ­entretenir votre valeur sur le marché, vous former tout au long de votre vie professionnelle, valider les futures compétences acquises au fil du temps par l’obtention de nouvelles ­certifications…
«Vous devrez bouger, car tout bouge, le monde et les entreprises»
Ce n’est rien moins que le vice-président de la commission ­­for­ma­tion et insertion profes­sionnelle de la Conférence des présidents d’université (et administrateur général du Conservatoire national des arts et ­métiers), Olivier Faron, qui le conseille.
« Bravo pour votre ­diplôme d’aujourd’hui, mais ­pensez à ­demain, prévient-il. Pensez au compte personnel de formation [CPF], car, dans dix, quinze ou vingt ans, vous devrez bouger, car tout bouge, le monde et les entreprises. Le CPF sera le vecteur de ­votre ascenseur social et, en partie, le garant de votre qualité de vie. Il favorise l’individualisation des parcours et est ouvert à différents statuts. Il va s’imposer comme un outil central dans la formation et la gestion des talents. »
Compte personnel de formation ? Ce CPF, créé en 2014, est ­actuellement l’objet d’une ­réforme qui vise à lui donner une nouvelle dimension. Tout salarié ou demandeur d’emploi peut l’activer, et 270 000 salariés ont d’ores et déjà suivi une formation par son intermédiaire. Mais, le 5 mars, Muriel Pénicaud, la ministre du travail, a annoncé une réforme de la formation professionnelle, dont le CPF est un élément, et chacun a tout intérêt à en saisir l’importance.
5000 euros sur dix ans
Un projet de loi devrait ainsi être présenté en conseil des ­ministres, le 27 avril, et les décisions importantes qu’il porte ­devraient être adoptées par le Parlement d’ici à l’été ou en septembre. Il va changer beaucoup de choses.
Tout d’abord, tous les salariés verront leur CPF crédité de 500 euros par an (financés par un impôt payé par les entreprises) pour « choisir leurs formations en toute liberté », promet Muriel Pénicaud.
Au bout de dix ans, ce crédit CPF atteindra 5 000 euros, son plafond. Pour les salariés en CDD, le compte sera crédité prorata temporis. Pour les personnes sans qualification, le crédit sera de 800 euros par an, plafonné à 8 000 euros. « Le CPF permettra à tous de rapidement évoluer professionnellement », ­assure la ministre.
Les mêmes droits pour les temps partiels
Ensuite, tous les salariés à temps partiel, qui sont en très large majorité (80 %) des femmes, bénéficieront des mêmes droits que les salariés à temps plein.
Enfin, une application ­mobile sera créée pour aider chacun et chacune dans la gestion de son CPF. Elle permettra de connaître les droits acquis sur son compte, les différentes formations certifiantes proposées dans son bassin d’emploi ou sa région, et les dates de session des différentes formations, précise la ministre.
Un accès aux diplômes
Toute personne intéressée pourra ainsi « choisir sa formation en connaissant le taux d’insertion dans l’emploi à l’issue de cette dernière, le salaire prévisionnel à l’embauche et la différence de coût entre des formations similaires », explique-t-on au ministère – mais également en connaissant « les commen­taires laissés par les anciens ­salariés et demandeurs d’emploi formés » ! Il ne restera plus qu’à s’inscrire à la formation et à la payer directement, sans validation administrative.
L’impact de ce changement ­risque d’être puissant, et l’accès aux certifications qu’il offre ­(diplômes de l’éducation nationale, titres de tous les autres ­ministères, certifications spécifiques de branches profession­nelles…) va créer un appel d’air sur le diplômant au sens large.
A noter que toutes les formes d’apprentissage seront encouragées, aussi bien les cours en présentiel classiques (amphi, TD, etc.) que les formations à distance (MOOC, e-learning, classes virtuelles…). L’important est de fluidifier l’accès à l’apprentissage et aux certifications.
Contreparties
Mais attention ! En contrepartie des opportunités offertes aux salariés par le futur CPF, les ­entreprises attendent qu’ils ne restent pas les deux pieds dans le même sabot…
« Le nouveau CPF est axé sur plus d’initiative et d’auto­nomie : les jeunes diplômés auront tout intérêt à élargir leurs compétences initiales en n’hésitant pas à se former régulièrement via leur CPF, conseille Christophe Chollet, responsable des politiques de financement de formation à la direction des ressources humaines d’Orange. Tous les projets de mobilisation de ce nouveau droit, dans le cadre de développement de compétences au bénéfice du salarié et de son entreprise, seront particulièrement bienvenus. »
Les jeunes diplômés prochainement ou nouvellement embauchés ont donc tout intérêt à prendre l’habitude d’utiliser leur CPF, et à négocier avec leur ­employeur des financements complémentaires.

Découvrez notre dossier spécial formation continue diplômante
Le Monde publie, dans son édition datée du jeudi 12 avril, un supplément dédié à la formation continue dipômante. Car le projet de loi « avenir professionnel », qui sera présenté le 27 avril en conseil des ministres, impose une nouvelle philosophie, celle de salariés en mouvement « tout au long de leur vie », pour qui les diplômes et certifications seront une garantie d’emploi.
Les différents articles du supplément sont progressivement mis en ligne sur Le Monde.fr Campus, rubrique Formation des cadres et Le Monde.fr Economie, rubrique Emploi/Formation.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, et Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT-Cheminots, dénoncent, dans une tribune au « Monde », un déni de démocratie sociale et invitent le gouvernement à de véritables négociations.
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Réforme de la SNCF : la CFDT appelle le gouvernement à sortir de sa « posture »

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, et Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT-Cheminots, dénoncent, dans une tribune au « Monde », un déni de démocratie sociale et invitent le gouvernement à de véritables négociations.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 17h51
 • Mis à jour le
19.04.2018 à 18h01
    |

Laurent Berger (secrétaire général de la CFDT) et Didier Aubert (secrétaire général de la CFDT-Cheminots)







                        



                                


                            
Tribune. Alors que les mobilités explosent et se transforment, le rail est un élément essentiel de l’aménagement du territoire dans le respect de l’environnement. La CFDT le martèle, il est impératif de tracer une véritable transition écologique en se donnant les moyens d’atteindre les engagements de réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030. Pour cela, le ferroviaire est un formidable outil.
La réforme ferroviaire a été lancée par le gouvernement à la suite du rapport Spinetta, mais n’a pas été débattue, dans le cadre des Assises de la mobilité. C’était une première erreur. Elle a été mise au centre du débat public à coups de caricatures et de chiffres brandis sans explications. C’était une deuxième profonde erreur. Mais, comme si ces deux premières ne suffisaient pas, le gouvernement en commet une troisième.
Les concertations patinent. La CFDT fait des propositions, mais le gouvernement n’a toujours pas esquissé un écosystème politique, économique et social à même de rassurer les citoyens, les élus et le corps social cheminot. Au contraire, il distille des annonces importantes (filialisation du fret, fin du statut en 2020) sans même une information préalable de ses interlocuteurs syndicaux. Quelle étrange conception de la concertation !
Un large débat public
Il faut donc en finir avec les postures, telle celle consistant à échanger le statut actuel des cheminots contre une reprise de la dette. Cette dette n’est pas celle des cheminots, mais celle de l’Etat et de ses politiques publiques depuis trente ans. Il faut aussi assumer qu’il ne peut pas y avoir de système ferroviaire efficace sans financement public pérenne. L’abandon de l’écotaxe et l’absence de décision claire sur la reprise intégrale de la dette et ses modalités soulèvent de graves inquiétudes.
La CFDT n’a pas souhaité l’ouverture à la concurrence. Mais c’est un fait politique qui s’impose. Et il est de notre responsabilité d’organisation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Le réseau social s’apprête à priver plus d’un milliard et demi de ses utilisateurs hors d’Europe des nouveaux droits qu’offrira la nouvelle loi européenne.
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Facebook prive 1,5 milliard d’utilisateurs du droit européen sur les données

Le réseau social s’apprête à priver plus d’un milliard et demi de ses utilisateurs hors d’Europe des nouveaux droits qu’offrira la nouvelle loi européenne.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 17h01
    |

            Martin Untersinger








                        



   


Facebook, contrairement à ce qu’a laissé entendre son patron, Mark Zuckerberg, ne compte pas appliquer la nouvelle loi européenne sur les données personnelles de manière uniforme dans le monde entier.
Au contraire : le réseau social s’apprête — selon des informations de l’agence Reuters de jeudi 19 avril confirmées par Facebook — à priver plus d’un milliard et demi de ses utilisateurs des nouveaux droits qu’offre le Règlement général sur la protection des données (RGPD).

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                Le mea culpa de Facebook ne suffira pas



Actuellement, les utilisateurs de Facebook résidant aux Etats-Unis ou au Canada entrent dans une forme de contrat avec le siège californien de Facebook. Le réseau social se place ainsi sous l’égide du droit américain en matière de données personnelles. Tous les autres utilisateurs, dans le monde entier, font affaire avec Facebook Irlande, où le droit européen — déjà très protecteur même avant le RGPD — prévaut en théorie.
Changement des conditions d’utilisation
D’ici à un mois, Facebook va changer ses conditions d’utilisation pour que les utilisateurs hors d’Europe et d’Amérique du Nord soient eux aussi dépendants du siège global de Facebook, dans la Silicon Valley. Concrètement, après avoir récolté et exploité les données de tous ses utilisateurs non américains et non européens par l’intermédiaire de son siège européen de Dublin, le réseau social s’apprête à le faire depuis la Californie. Cette opération, explique Reuters, ne change rien pour les 239 millions d’utilisateurs nord-américains, pas plus que pour les 370 millions d’inscrits en Europe, qui resteront protégés par le droit européen, musclé à partir du 25 mai par le RGPD.
Pour le milliard et demi d’utilisateurs en Amérique du Sud, en Afrique, en Asie et en Océanie, en revanche, c’est désormais le droit américain sur les données personnelles, quasi inexistant, qui s’appliquera d’ici à un mois. Les utilisateurs de ces zones du monde perdront la possibilité, théorique mais réelle, de porter réclamation auprès de l’autorité irlandaise de protection des données s’ils estiment que Facebook maltraite leurs données. Ces précautions prises par le réseau social pour éviter qu’ils ne puissent faire jouer le très contraignant droit européen s’expliquent car ce dernier prévoit, entre autres, des amendes massives en cas de fraude.
Comment Facebook va-t-il appliquer le RGPD ?
La question de la manière dont Facebook va appliquer le droit européen est revenue au premier plan depuis le scandale Cambridge Analytica. Au début d’avril, Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, avait déclaré aux journalistes : « Tous les réglages et les paramètres [de confidentialité] seront les mêmes dans le monde entier, pas seulement en Europe. » Une promesse répétée quelques jours plus tard devant les sénateurs américains.
Facebook a justifié auprès de Reuters sa décision par les exigences de formulation des conditions d’utilisation que requiert le RGPD et affirmé appliquer « les mêmes protections partout », que vous soyez rattaché à Facebook Irlande ou à son siège mondial.

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Il faut lire entre les lignes : les réglages, les paramètres et les « protections » seront peut-être harmonisés au niveau mondial. Mais ce n’est pas la partie la plus cruciale du RGPD, celle qui permettra aux utilisateurs de faire valoir leurs droits, aux autorités européennes de contrôler Facebook et d’infliger des amendes. Hors d’Europe, le réseau social compte bien se mettre le plus possible à l’abri de ces aspects les plus répressifs de la nouvelle loi européenne. L’entreprise a fait fortune avec la publicité ciblée : elle sait aussi parfaitement cibler les juridictions qui lui sont favorables.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ L’entreprise est une entité politique, et doit donc être gouvernée selon les règles de la démocratie avec la participation, à égalité, des travailleurs et des investisseurs, affirme la sociologue Isabelle Ferreras, dans une tribune au « Monde ».
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« Il est nécessaire de faire bénéficier les entreprises françaises d’un choc de compétitivité démocratique »

L’entreprise est une entité politique, et doit donc être gouvernée selon les règles de la démocratie avec la participation, à égalité, des travailleurs et des investisseurs, affirme la sociologue Isabelle Ferreras, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    19.04.2018 à 14h51
    |

                            Isabelle Ferreras (Professeure de sociologie à l'université de Louvain (Belgique)








                        



                                


                            

[La loi Pacte (« plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises ») a pour objectif l’évolution du tissu entrepreneurial français et une association plus grande des salariés aux résultats de l’entreprise. L’un des volets du projet de loi, incarné par le rapport Senard-Notat, propose une réécriture du code civil, pour mieux intégrer les enjeux sociaux et environnementaux dans les problématiques des sociétés commerciales. Le ministre de l’économie Bruno Le Maire l’a confirmé. Mais la présentation du projet de loi en conseil des ministres, prévue initialement le 18 avril, a été repoussée successivement au 2 mai, au 16 mai, puis au 23 mai, et pourrait l’être plus tard encore. Le texte suscite une forte opposition de la part d’une partie du patronat et de certains économistes]
Tribune. Ravivant les réflexions menées en leur temps par Charles de Gaulle, Pierre Mendès France et Michel Rocard, le récent rapport Notat-Senard commandé par le gouvernement français fait un diagnostic correct : l’entreprise du XXIe siècle est bien plus qu’une « société anonyme », cet instrument juridique au service des actionnaires. Mais elle est également plus qu’un « objet d’intérêt collectif », comme la qualifie pudiquement le rapport.
En réalité, elle est devenue une véritable entité politique. Elle a aujourd’hui nettement plus d’influence que la plupart des élus du peuple. Volkswagen se mêle de nos poumons. Apple échappe à nos contributions. Caterpillar exporte nos emplois. Monsanto veille sur nos cancers. Enfin, au cas où vous douteriez encore que tout cela soit politique, Facebook intervient dans nos élections…

Mais les entreprises ne sont pas seulement des entités politiques par leurs externalités. Comme le pointe le rapport Notat-Senard, elles sont faites de parties « constituantes » : tous les jours, les « apporteurs en capitaux » et les « investisseurs...




                        

                        


<article-nb="2018/04/19/19-6">
<filnamedate="20180419"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180419"><AAMMJJHH="2018041919">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Pour boucler son budget, l’organisation s’est ouverte à des partenariats avec des entreprises en 2017.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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L’arrivée de financeurs privés agite le concours des Meilleurs Ouvriers de France

Pour boucler son budget, l’organisation s’est ouverte à des partenariats avec des entreprises en 2017.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 14h50
 • Mis à jour le
19.04.2018 à 18h52
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            
L’organisation du concours des Meilleurs Ouvriers de France (MOF) vit une réforme en profondeur. D’où des tensions parfois vives. En témoigne la fronde menée par le maître fromager-affineur Christian Janier. A la tête du mouvement « 100 MOF en colère ! », il dit s’inquiéter d’un nivellement du concours et de l’arrivée de partenaires privés dans cette attribution d’un diplôme d’Etat très valorisé.
Jean-Luc Chabanne, secrétaire général du COET-MOF (Comité d’organisation des expositions du travail et du concours « Un des meilleurs ouvriers de France »), l’association en charge de l’attribution du précieux titre, qui concerne plusieurs métiers dont ceux de la cuisine et la gastronomie, réfute toute tendance à la « banalisation du concours ». Il précise que 2 850 candidats se sont présentés à la 26e édition, actuellement en cours. Parmi eux, 857 ont franchi l’étape des épreuves de sélection et se mesureront lors de la finale organisée en fin d’année : « 8 à 10 % des candidats devraient décrocher le diplôme », selon M. Chabanne.
Mais M. Chabanne reconnaît que la question du financement est complexe. « Jusqu’en 2000, l’Etat contribuait à hauteur de 800 000 euros par an. Désormais la dotation est de 200 000 euros, dont 100 000 versés par l’Education nationale ». Le reste se partage entre les ministères du travail, de l’artisanat et de l’agriculture. Or, le budget annuel se chiffre à près d’un million d’euros. L’association compte sur la taxe professionnelle (300 000 euros), l’apport des régions (150 000 euros) et les revenus liés au droit d’inscription au concours (100 000 euros).
La liste des partenaires s’allonge
« Pour compléter le financement, nous avons décidé lors d’un conseil d’administration, début février 2017, de faire appel à des partenariats privés pour trois ans », raconte M. Chabanne. « Nous avons signé un contrat avec les Caisses régionales du Crédit agricole pour un montant de 200 000 euros par...




                        

                        


<article-nb="2018/04/19/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Quelques jours après avoir annoncé son retrait des instances dirigeantes de Canal+, l’industriel breton a annoncé jeudi son départ du conseil de surveillance de Vivendi.
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Vivendi : Vincent Bolloré propose son fils pour lui succéder à la tête du groupe

Quelques jours après avoir annoncé son retrait des instances dirigeantes de Canal+, l’industriel breton a annoncé jeudi son départ du conseil de surveillance de Vivendi.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 14h45
   





                        


Vincent Bolloré a annoncé, jeudi 19 avril, qu’il allait quitter la présidence du conseil de surveillance de Vivendi et proposer que son fils Yannick, actuellement à la tête du groupe de publicité Havas, prenne sa place. L’industriel breton, qui occupait ce poste depuis 2014, en a fait l’annonce lors de l’assemblée générale du groupe de médias. Quelques jours plus tôt, Vincent Bolloré avait déjà annoncé son départ des instances dirigeantes de Canal+.
« C’est la dernière assemblée que je préside », a-t-il ajouté, précisant qu’il resterait néanmoins membre du conseil de surveillance. Yannick Bolloré est actuellement le PDG d’Havas, absorbé par Vivendi l’an dernier.
Vivendi traverse en ce moment une période difficile, plusieurs de ses projets étant remis en cause, notamment en Italie. Son ambition de faire alliance avec le groupe Mediaset pour créer un géant latin des médias a fait un flop. Le groupe est en conflit avec la famille Berlusconi, principal actionnaire de Mediaset, depuis sa décision de revenir sur le rachat du bouquet Mediaset Premium.

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Et son autre investissement en Italie, une part de 23,9 % dans l’opérateur Telecom Italia (Tim) est aussi en danger. Le fonds activiste Elliott, monté jusqu’à près de 9 % du capital de Tim, dénonce la gestion de l’opérateur par Vivendi et pourrait remettre en cause son contrôle sur son conseil d’administration. Pis, Elliott a obtenu le soutien de l’Etat italien dans son offensive.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Refusant le projet d’accord mis sur la table par la direction de la compagnie aérienne, l’intersyndicale appelle la mobilisation des salariés à « s’accentuer ».
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L’intersyndicale d’Air France annonce de nouvelles grèves « début mai »

Refusant le projet d’accord mis sur la table par la direction de la compagnie aérienne, l’intersyndicale appelle la mobilisation des salariés à « s’accentuer ».



Le Monde
 |    19.04.2018 à 14h20
   





                        



   


L’intersyndicale d’Air France a appelé, jeudi 19 avril, la mobilisation des salariés à « s’accentuer » pour appuyer leurs revendications salariales et annoncé de nouvelles journées de grève « début mai », sans donner de date.
Après neuf jours de grève depuis février, et alors que deux sont déjà programmés lundi 23 et mardi 24 avril, l’intersyndicale assure que le projet d’accord mis sur la table par la compagnie aérienne n’obtiendra « pas l’adhésion » d’une majorité de syndicats. Lundi, la direction d’Air France a proposé un projet d’accord final – soumis à signature jusqu’à vendredi midi – prévoyant une augmentation de 2 % immédiatement et une hausse de 5 % sur trois ans.
« Il n’est pas possible de faire semblant de croire que les augmentations futures de 2019-2020-2021 vont remplacer l’inflation passée », a considéré, mercredi, Philippe Evain, le président du syndicat majoritaire de pilotes d’Air France (SNPL). Les syndicats souhaitent « un rattrapage parce qu’on a été bloqués pendant six ans », a-t-il souligné alors que l’intersyndicale avait fait lundi « un geste », selon lui, en revoyant à la baisse sa revendication initiale pour la passer de 6 % à 5,1 % en 2018.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ L’intersyndicale CGT-UNSA-CFDT-SUD va demander à être reçue par le premier ministre. Elisabeth Borne a dit « regretter » cette décision.
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SNCF : l’intersyndicale suspend la concertation avec la ministre des transports, Elisabeth Borne

L’intersyndicale CGT-UNSA-CFDT-SUD va demander à être reçue par le premier ministre. Elisabeth Borne a dit « regretter » cette décision.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 14h01
 • Mis à jour le
19.04.2018 à 16h21
   





                        



   


L’intersyndicale CGT-UNSA-CFDT-SUD de la SNCF a décidé « collectivement de suspendre », jeudi 19 avril, sa participation à la concertation avec la ministre des transports, Elisabeth Borne.
Ces quatre syndicats représentatifs de la société ferroviaire vont adresser un courrier à Matignon pour demander à être reçus par le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots. C’est, « semble-t-il, lui qui prend toutes les décisions concernant l’évolution du dossier », a-t-il justifié.
Les syndicats de cheminots ont établi cette « position unitaire sur la négociation » après « les annonces du premier ministre ces derniers jours qui [les] ont tous surpris », a déclaré M. Brun. Il fait ainsi référence à l’annonce, lundi, du projet de filialisation du fret de la SNCF et celle, mercredi, de la fin du recrutement au statut de cheminot au 1er janvier 2020.
La réforme de la SNCF est « nécessaire » et sera « conduite jusqu’à son terme », a réagi la ministre des transports dans un e-mail à l’Agence France-Presse, disant « regretter » cette décision :
« Cette posture intervient alors que l’essentiel de la concertation a été mené et qu’elle doit s’achever la semaine prochaine »

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« On verra si on est obligé d’aller plus loin que juin »
Le trio CGT-Cheminots, UNSA-Ferroviaire et CFDT-Cheminots a confirmé la poursuite de la grève, selon « le calendrier annoncé », par épisode de deux jours sur cinq jusqu’à fin juin. Ce mouvement est entré jeudi dans sa huitième journée, au deuxième jour de sa quatrième séquence.
SUD-Rail appelle, pour sa part, à une grève illimitée depuis le lancement début avril du mouvement de protestation contre la réforme de la SNCF, dont la fin des embauches au statut de cheminot.
« L’unité syndicale est totale sur l’interprétation de la situation, sur la colère par rapport aux annonces gouvernementales et sur l’appel aux cheminots de renforcer la mobilisation », a ajouté M. Brun. « On verra si on est obligés d’aller plus loin que juin. »

Notre sélection d’articles pour comprendre la réforme de la SNCF
Retrouvez les publications du Monde.fr concernant le « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire » présenté par le gouvernement, et ses conséquences :
La synthèse pour tout comprendre à la réforme en 9 pointsle contenu du projet de loi sur la réforme de la SNCFles explications : que signifie l’ouverture de la SNCF à la concurrence ?les détails du calendrier des perturbationsen données : effectif, statut, rémunération, trois questions sur les cheminotsle point sur le supposé service minimumle récit : comment s’est déroulée l’harmonisation des statuts à Orange comme à La Postele panorama (en édition abonnés) : comment l’ouverture du rail à la concurrence s’est faite en Europeles explications en cinq points sur la dette de la SNCFl’état des lieux sur la retraite des cheminots, un régime spécial déficitaire





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ En posant la raison d’être de l’entreprise comme différente de celle du marché, le rapport Notat Senard propose de dépasser la raison actionnariale par la raison entrepreneuriale, explique Rodolphe Durand et Patrick d’Humières, dans une tribune au « Monde ».
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L’entreprise et la « gestion des communs »

En posant la raison d’être de l’entreprise comme différente de celle du marché, le rapport Notat Senard propose de dépasser la raison actionnariale par la raison entrepreneuriale, explique Rodolphe Durand et Patrick d’Humières, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    19.04.2018 à 13h42
 • Mis à jour le
19.04.2018 à 14h54
    |

Rodolphe Durand (Professeur de stratégie à HEC) et Patrick d'Humières (Directeur de l’Académie durable)







                        



                                


                            

[La loi Pacte (« plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises ») a pour objectif l’évolution du tissu entrepreneurial français et une association plus grande des salariés aux résultats de l’entreprise. L’un des volets du projet de loi, incarné par le rapport Senard-Notat, propose une réécriture du code civil, pour mieux intégrer les enjeux sociaux et environnementaux dans les problématiques des sociétés commerciales. Le ministre de l’économie Bruno Le Maire l’a confirmé. Mais la présentation du projet de loi en conseil des ministres, prévue initialement le 18 avril, a été repoussée successivement au 2 mai, au 16 mai, puis au 23 mai, et pourrait l’être plus tard encore. Le texte suscite une forte opposition de la part d’une partie du patronat et de certains économistes]
Tribune. Le concept de « raison d’être », proposé par le rapport de Jean-Dominique Senard et Nicole Notat, peut modifier en profondeur la gouvernance de l’entreprise. En posant la raison d’être de l’entreprise comme autonome et différente de celle du marché, la maximisation du profit apparaît comme un moyen en vue d’une fin plus large, qui est la contribution aux attentes de toutes les parties impliquées dans le pacte entrepreneurial. Ceci renvoie à sa gouvernance la définition de la finalité de l’entreprise, et au management le devoir de la mettre en œuvre, sans confusion des rôles.

Cette idée audacieuse n’a pas encore été bien comprise par la communauté économique qui se demande si on va introduire dans les statuts un slogan creux ou un nouveau périmètre de responsabilité engageant les administrateurs. En fait, cette proposition vise à dépasser la raison actionnariale qui structure le modèle de création de valeur depuis l’ère industrielle, au profit d’une raison entrepreneuriale qui ajoute au contrat entre les associés un bénéfice global pour la société.
Mondialisation et mercantilisme anglo-saxon
C’est aussi une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ L’économiste Jean-Marc Daniel estime, dans une tribune au « Monde », que la concurrence et la fiscalité suffisent à inciter l’entreprise à assumer sa responsabilité sociale.
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« La meilleure garantie de la responsabilité sociale de l’entreprise, c’est la concurrence »

L’économiste Jean-Marc Daniel estime, dans une tribune au « Monde », que la concurrence et la fiscalité suffisent à inciter l’entreprise à assumer sa responsabilité sociale.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 13h30
 • Mis à jour le
19.04.2018 à 14h53
    |

                            Jean-Marc Daniel (Professeur à l'ESCP-Europe)








                        



                                


                            

[La loi Pacte (« plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises ») a pour objectif l’évolution du tissu entrepreneurial français et une association plus grande des salariés aux résultats de l’entreprise. L’un des volets du projet de loi, incarné par le rapport Senard-Notat, propose une réécriture du code civil, pour mieux intégrer les enjeux sociaux et environnementaux dans les problématiques des sociétés commerciales. Le ministre de l’économie Bruno Le Maire l’a confirmé. Mais la présentation du projet de loi en conseil des ministres, prévue initialement le 18 avril, a été repoussée successivement au 2 mai, au 16 mai, puis au 23 mai, et pourrait l’être plus tard encore. Le texte suscite une forte opposition de la part d’une partie du patronat et de certains économistes]
Tribune. Le 9 mars, Jean-Dominique Senard et Nicole Notat ont présenté leur rapport sur l’« entreprise et l’intérêt général ». Ils y abordent en particulier la possible réécriture des articles du code civil définissant le rôle de l’entreprise. Ils proposent de les compléter en y ajoutant les deux formules suivantes : « La société doit être gérée dans son intérêt propre, en considérant les enjeux sociaux et environnementaux de son activité » ; et « L’objet social peut préciser la raison d’être de l’entreprise constituée ».
Nous assistons ainsi à la réactivation d’un débat ancien, qui s’est nourri à diverses époques de contributions très fouillées comme les rapports Bloch-Lainé de 1962 ou Sudreau de 1975. Ce débat a même déjà conduit, on l’oublie souvent, à des modifications de notre corpus juridique, jusque dans le préambule de la Constitution de 1946, repris par celle de 1958. On y trouve en effet une maxime forte : « Tout travailleur participe, par l’intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu’à la gestion des entreprises. »

Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Le recours à la médiation privée devrait se généraliser, explique l’économiste Philippe Askenazy. Payé par les deux parties, le médiateur propose une solution, les avocats devenant alors superflus, puisque la médiation peut être assurée directement par les legaltechs.
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« Les plates-formes numériques, qui offrent des conseils juridiques, pourraient être les grandes gagnantes de la réforme de la justice »

Le recours à la médiation privée devrait se généraliser, explique l’économiste Philippe Askenazy. Payé par les deux parties, le médiateur propose une solution, les avocats devenant alors superflus, puisque la médiation peut être assurée directement par les legaltechs.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 13h06
    |

                            Philippe Askenazy (Chercheur au CNRS/ENS/Centre Maurice-Halbwachs)








                        



                                


                            

Tendances France. La possibilité de convergence des luttes entre un avocat et un cheminot semble quasi nulle. En revanche, la simultanéité des deux réformes présente un avantage pour le gouvernement : celle de la SNCF occulte celle de la justice, dont la portée est sous-estimée dans le débat public.
On retrouve d’ailleurs la même méthode gouvernementale avec des annonces rassurantes pour les usagers (pas de fermeture de tribunaux ni de petites lignes), une concertation fictive qui fait bouillir les acteurs et l’opacité sur les détails des réformes. Et derrière des objectifs « de bon sens » (exécution effective des peines, bienfaits de la concurrence) ou l’affirmation de la « nécessité de réformer », des acteurs privés attendent…

En face, le mode de réaction est proche : journées nationales, grèves par intermittence, y compris blocages de tribunaux par des avocats, sensibilisation des usagers. Dans cette bataille de l’opinion, cheminots, juges et avocats partent de loin : ces professions sont très mal appréciées de l’opinion et régulièrement accusées de corporatisme. Le gouvernement le sait bien.
Essor des « legaltechs »
L’économie peut cependant éclairer les conséquences de la réforme de la justice. Les regroupements de tribunaux et la possibilité de concentrer certains contentieux dans un tribunal départemental augmenteront mécaniquement la distance moyenne, notamment en milieu rural, entre le justiciable et le tribunal pertinent. Les avocats ont-ils raison de prétendre que cela compliquera l’accès à la justice ?
Du point de vue de l’économiste empirique, la réponse est évidemment oui. Par exemple, pour estimer l’impact du droit du travail sur les décisions de licenciement, la comparaison statistique entre une entreprise proche d’un conseil des prud’hommes et une plus lointaine montre que la seconde est moins exposée au risque contentieux – ses salariés étant éloignés des tribunaux et des avocats.

Ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Le groupe pétrolier a annoncé le rachat de Direct Energie, le secteur de l’électricité aiguise les appétits, explique dans sa chronique, l’éditorialiste économique, Philippe Escande.
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« Si les pétroliers suivent l’exemple de Total, les électriciens sont dans de beaux draps »

Le groupe pétrolier a annoncé le rachat de Direct Energie, le secteur de l’électricité aiguise les appétits, explique dans sa chronique, l’éditorialiste économique, Philippe Escande.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 12h21
    |

            Philippe Escande (éditorialiste économique)








                        



                                


                            

Chronique. La Fée électricité a perdu la tête. Entrée timidement dans les foyers à la fin du XIXe siècle, elle est devenue la grande affaire du XXe… et tourne au casse-tête en ce début de XXIe siècle. Dernier épisode en date, le rachat annoncé, mercredi 18 avril, du troisième électricien français, Direct Energie, par le groupe pétrolier Total. Le roi français de l’or noir utilise ses milliards pour concurrencer EDF. On le suivait du puits à la pompe, il faudra s’habituer à le trouver derrière nos prises. Si tous les prospecteurs et raffineurs de la planète se mettent à vouloir jeter leurs milliards pour suivre son exemple, les électriciens sont dans de beaux draps.
Ils n’avaient pourtant pas besoin de cela. Depuis la libéralisation du marché de l’électricité en 2007 puis l’accident de Fukushima en 2011, plus rien ne tourne rond dans ce métier. Le retrait brutal du nucléaire des Allemands, suivis par de nombreux pays d’Europe, a déstabilisé les marchés et fragilisé les acteurs. EDF traîne ses grands chantiers et sa dette comme un boulet. Il perd 1 million de clients par an, tandis que ses deux concurrents d’outre-Rhin ont été contraints en mars de se partager le marché allemand, la production pour l’un (RWE), les services pour l’autre (E.ON). Etrange domaine dont ceux qui sont dedans peinent à sortir quand ceux qui sont dehors rêvent d’y entrer. Rien qu’en France, on ne compte plus les candidats à la fourniture d’électricité, y compris des commerçants comme Cdiscount ou ­Leclerc. Sans parler de Google ou d’Apple, toujours à l’affût.

Tout est à réinventer
Pour Total, ce n’est évidemment pas un bouleversement majeur. Le rachat d’un acteur pesant 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires ne va pas changer la face d’un mastodonte de 170 milliards. Mais, après l’acquisition d’un fabricant de panneaux solaires, puis d’un autre de batteries, puis d’un opérateur belge de gaz et d’électricité, et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ La ministre de la culture Françoise Nyssen envisage cette mesure pour lutter contre le piratage des films sur Internet.
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Vers une liste noire des sites illégaux de streaming en France

La ministre de la culture Françoise Nyssen envisage cette mesure pour lutter contre le piratage des films sur Internet.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 12h19
 • Mis à jour le
19.04.2018 à 15h57
    |

            Nicole Vulser








                        


Du billard à trois bandes. Dans le cadre de la difficile réforme de la chronologie des médias (l’ordre et les délais dans lesquels un film peut être diffusé à la télévision, en vidéo ou en vidéo à la demande après sa sortie en salle), treize organisations du septième art, représentant la totalité de la filière cinéma, ainsi que trois chaînes de télévision (Canal+, M6 et TF1) avaient demandé en urgence à Françoise Nyssen, la ministre de la culture, des mesures concrètes contre le piratage des films. Une pratique qui représenterait 1,3 milliard d’euros de manque à gagner annuel en France pour toute la filière.
Ces professionnels ont été entendus. Mercredi 18 avril, la ministre a annoncé qu’elle réfléchit à des « listes noires » de sites illégaux de streaming, qui seraient établies par la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi). Ces listes mises à jour régulièrement devraient permettre aux fournisseurs d’accès, aux moteurs de recherches et aux annonceurs de bloquer l’accès à ces sites et de supprimer leur référencement.
« Placer la priorité sur la lutte contre les sites pirates »
Selon Mme Nyssen, « l’essentiel de notre arsenal porte sur le téléchargement pair à pair, aujourd’hui, alors que le piratage se fait dans 80 % des cas en streaming ou en téléchargement direct ». Signe que la Hadopi, créée en 2009 pour envoyer des avertissements aux internautes fraudeurs, n’est plus adaptée aux pratiques actuelles des pirates.
La ministre reconnaît donc qu’il faut faire « évoluer le mécanisme de riposte graduée, en plaçant la priorité sur la lutte contre les sites pirates pour les assécher (…) et les faire disparaître ».
Ces propositions interviennent alors que plusieurs organisations représentant le cinéma indépendant menaçaient de boycotter mercredi une réception au ministère si aucune mesure anti-piratage n’était annoncée.
Un système obsolète
Quant à la chronologie des médias, la ministre a affirmé qu’« elle n’est plus adaptée, qu’elle est décalée par rapport aux usages » et « à l’évolution du paysage audiovisuel ». Malgré la médiation qu’elle a engagée pour réformer cet accord, « les discussions ne parviennent pas à aboutir », a-t-elle constaté.
« J’ai décidé de reprendre la main », a-t-elle dit, avec l’ambition d’avancer courant mai. Elle compte repartir sur la base des recommandations des médiateurs. Quitte à légiférer sans doute si aucun accord interprofessionnel n’a pu être signé.
Le système actuel est jugé totalement obsolète, en raison à la fois du piratage des films mais aussi de l’essor de plates-formes comme Netflix, qui finance désormais de façon importante la production cinématographique. Or, si un long-métrage financé par Netflix était projeté en salles en France, il devrait attendre… trois ans avant de pouvoir être mis en ligne sur sa propre plate-forme.

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Une concurrence « inéquitable »
La chronologie des médias reste une exception française : ailleurs, des contrats ad hoc lient les détenteurs des films aux exploitants de salles, aux télévisions, aux éditeurs vidéo ou aux plates-formes de services de vidéo à la demande par abonnement (SVoD), comme Amazon ou Netflix. Sans que personne n’y trouve à redire.
Toujours dans un souci d’éviter une concurrence qu’elle juge « inéquitable », la ministre souhaite imposer, dans le cadre de la révision de la directive européenne sur les Services de médias audiovisuels, les mêmes obligations de financement dans la création aux chaînes et plates-formes vidéos établies hors de l’Hexagone que celles auxquelles doivent se plier les acteurs français. Dans la même veine, elle espère imposer « un quota d’œuvres européennes sur les plates-formes de vidéo à la demande ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Sur un agenda similaire à celui des cheminots, les éboueurs ont commencé une grève, début avril, réclamant notamment la « reconnaissance de la pénibilité ».
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Une matinée avec les éboueurs : « Dégage, espèce de bon à rien ! »

Sur un agenda similaire à celui des cheminots, les éboueurs ont commencé une grève, début avril, réclamant notamment la « reconnaissance de la pénibilité ».



Le Monde
 |    19.04.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
19.04.2018 à 16h35
    |

            Cécile Bouanchaud








                        



   


Place Bernard-Halpern, dans le 5e arrondissement de Paris, le ballet des camions-poubelles vient rompre le silence du petit matin. Il est 6 heures et il fait encore nuit noire. Pour une vingtaine d’éboueurs de cet atelier — le local du personnel de la propreté de Paris — d’un quartier cossu de la capitale, la journée de travail commence. Jusqu’à midi, quatre équipes de trois personnes — deux éboueurs et un chauffeur — vont sillonner les rues, selon un itinéraire précis, pour débarrasser les souillures des habitants, commerçants et restaurateurs.
Il est tôt, mais la journée de Frédéric a commencé au cœur de la nuit, à 4 heures. Comme beaucoup de ses collègues, ce père de famille de 36 ans vit en banlieue, à une heure de son lieu de travail. En ce mercredi 18 avril, jour de grève à la SNCF, le chef d’équipe de l’atelier de Frédéric, à l’essai depuis près d’un an, s’est assuré que ses effectifs étaient bien au complet : « Avec le mouvement social, comme de nombreux éboueurs vivent loin, c’est difficile d’arriver à l’heure », explique Laurent Meunier, chargé de coordonner une partie du 5e arrondissement. En ce moment, il est fréquent qu’il envoie des personnels en renfort sur certaines rues, pour que tout le secteur soit collecté. Car il faut prendre en charge les « rues prioritaires » le plus tôt possible, à l’heure où les passants et les véhicules ne les ont pas encore envahies.
« Insultes, klaxons, menaces et tutoiement »
« Très vite, les camions de livraison arrivent, et ça devient ingérable », résume Stéphane, quadragénaire à la carrure imposante, au volant de son camion. Chauffeur depuis onze ans, il s’attache à répondre toujours de manière flegmatique, souriant aux nombreux automobilistes qui l’invectivent pour circuler rue Mouffetard, une artère touristique au charme villageois, où sont massés sur cinq cents mètres commerces de bouche, restaurants bon marché, primeurs, boutiques de souvenirs et bars étudiants.
« Insultes, klaxons, menaces et tutoiement, c’est tous les jours quand on est conducteur d’un camion benne », énumère le père de famille de 45 ans. « Dégage, espèce de bon à rien », « tu vas bouger branleur, c’est moi qui te paye avec mes impôts », « fainéant, t’as que ça à faire de me bloquer », citent encore les trois collègues, avec le ton las de l’habitude, mais qui jamais ne se plaignent. Si le métier d’éboueur « fascine les enfants », il reste « un métier qui n’est pas valorisant », et qui souffre d’une « mauvaise image ».
D’une même voix, les éboueurs interrogés décrivent ce sentiment « d’être invisibles aux yeux de tous ». Stéphane est celui qui le résume le mieux :
« On a l’impression de faire partie du mobilier urbain, les gens ne nous regardent pas, ne nous disent pas bonjour. »
« Une indifférence généralisée » qui vire parfois à l’incivilité, confie une balayeuse de la Ville de Paris, croisée alors qu’elle passait derrière le camion benne pour ramasser ce qui avait pu en tomber. L’employée, qui a, elle aussi, commencé sa journée au petit matin, évoque « ces piétons qui jettent devant nous, par terre, leurs détritus, cannette, mouchoir… » Les éboueurs décrivent aussi les scooters et les voitures, qui les frôlent pour passer, alors qu’ils sont sur leur marchepied.

   


Les commerçants, qui côtoient les éboueurs chaque jour aux aurores, sont solidaires de leurs « compagnons du petit matin », qu’ils croisent les jours de pluie ou sous la neige. Un boulanger, dont les poubelles n’étaient pas suffisamment grandes pour contenir tous ses déchets, aide les deux éboueurs à jeter le surplus dans la benne. Le camion reprend sa route, laissant derrière lui une odeur âcre qui se mélange à celle du pain chaud des boulangeries.
L’odeur. « Au début, c’est affreux, après, on s’y habitue », commente Yoan, qui a arrêté « parce que c’était trop d’heures de travail pour un salaire de misère ».
« On ne peut pas se mentir, éboueur, ce n’est pas un métier qu’on apprécie à la base, personne ne veut se lever avant 6 heures et sentir les poubelles. »
Il y a trois semaines, ce boulanger de formation a reçu en plein visage « la projection d’odeur d’une poubelle » qui venait d’être renversée dans la benne. « Ça sentait la couche pour bébé et les fruits pourris », détaille-t-il, avant d’évoquer le cas de « collègues qui ont essuyé des projections de produits corrosifs », comme l’eau de javel que des riverains mettent dans leur poubelle.
Sept tonnes de déchets par service
Aux odeurs nauséabondes s’ajoutent des conditions de travail néfastes pour la santé. Durant leur service, Yoan et Frédéric ont transporté près de sept tonnes de déchets, parcourant huit kilomètres à pied. Alors qu’il ramasse les lourdes poubelles de la grande mosquée de Paris (jusqu’à 300 kg), Yoan évoque les problèmes de dos dont souffrent tous les éboueurs. A cela s’ajoutent souvent les entorses, les tendinites et les problèmes d’audition liés aux bruits des véhicules.
Poissonnier, restaurateur, boulanger, caissière, nourrice… avant d’être agents de propreté, les employés interrogés occupaient tous des métiers fatigants physiquement, aux larges amplitudes horaires. Désormais, la plupart du temps, ils bénéficient de trois jours de repos d’affilée, et connaissent leur planning un an à l’avance. En contrepartie, ils travaillent en horaires décalés, parfois plus de neuf heures par jour, et pour certains, les week-ends.

   


Le tout pour à peine plus d’un smic, surtout quand on débute. Frédéric, stagiaire, touche 1 500 euros net par mois, Yoan qui cumule quinze ans d’ancienneté, 1 700 euros, et Hervé, qui travaille à la propreté de Paris depuis trente-sept ans, 2 200 euros. « Entre quelqu’un qui a deux ans d’expérience et quelqu’un qui en a quinze, le salaire est presque le même », déplore Patrick, éboueur depuis vingt-deux ans, croisé à l’atelier, lors de la pause, vers 9 heures. « Comme de nombreux éboueurs », il aimerait faire grève, mais ne peut pas se « le permettre », avec sa paye de 1 700 euros net par mois.
Les fédérations CGT des transports et des services publics, qui ont lancé un appel commun à la grève dans l’ensemble de la filière déchets, revendiquent la création d’un « statut unique public » pour les travailleurs de la filière. Objectif : la « reconnaissance de la pénibilité » dans ce secteur, en élargissant à l’ensemble des salariés la possibilité d’un départ anticipé. Dans quelques mois, Patrick, lui, partira « comme tout le monde, à 65 ans, avec une minuscule retraite de 1 300 euros ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ En hausse pour la troisième année consécutive, la station réalise la meilleure part d’audience radiophonique française depuis 10 ans.
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Audiences radio : RTL conforte sa première place

En hausse pour la troisième année consécutive, la station réalise la meilleure part d’audience radiophonique française depuis 10 ans.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
19.04.2018 à 18h14
    |

                            Yassine El Azzaz








                        



   


« Nos efforts sont récompensés. » A la direction de RTL, l’heure est à la satisfaction. Selon les chiffres publiés par Médiamétrie jeudi 19 avril, la radio généraliste conserve sa place de leadeur avec 13,2 % de part d’audience lors de la vague allant de janvier à mars 2018. En progression régulière depuis quelques années, la station fondée en 1933 enregistre le meilleur résultat pour une station depuis dix ans.
« La force de RTL est sa capacité à maintenir un équilibre entre l’information et le reste de la grille, renouvelée à 90 % ces dernières années, puisque tous nos programmes sont en progression », se félicite Christopher Baldelli, président de la station.
Chaque jour, la radio du groupe M6 attire près de 6,64 millions d’auditeurs, son plus haut niveau depuis quinze ans. RTL réussit même l’exploit de faire mieux que l’année précédente à la même période, dans un contexte marqué par la campagne pour l’élection présidentielle.

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Stabilité à Radio France
Radio France tire pour sa part son épingle du jeu, malgré une ambiance troublée par la condamnation en justice de son président Mathieu Gallet et son départ de la Maison ronde. France Inter affiche des résultats stables par rapport à la vague précédente, avec 11,3 % d’audiences cumulées. La station perd 0,3 points par rapport à la même période de l’année précédente mais demeure leadeur sur « l’ensemble des carrefours d’information » et conserve son titre de matinale la plus écoutée de France.

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« Ces chiffres sont une validation de nos choix par les auditeurs. Ils valident également une ligne dont les marqueurs forts sont l’information, le débat d’idées et une grande variété d’invités à l’antenne », explique Catherine Nayl, directrice de l’information à France Inter.
Après avoir plafonné à 8,5 % d’audiences cumulées lors de la vague de novembre à décembre 2017, Franceinfo reste relativement stable, avec 8,3 % en audiences cumulées et 4,5 millions d’auditeurs chaque jour, malgré une actualité moins forte. « Pour une radio dont l’audience est fortement corrélée à l’actualité, nous considérons que c’est une performance », déclare Vincent Giret, directeur de Franceinfo. Autre motif de satisfaction, chaque matin, l’interview politique de Jean-Michel Aphatie et Bruce Toussaint rassemble 753 000 auditeurs, soit une hausse de 54 000 auditeurs sur un an.
En légère baisse par rapport à la vague d’audiences précédente, France Culture « maintient un niveau d’audiences élevé » (2,2 % d’audiences cumulées), explique Sandrine Treiner sa directrice. La direction de la station met en avant de très bons résultats en termes d’audience numérique : « Nous observons une réelle transformation de l’audience, avec une forte accélération sur nos supports numériques », affirme sa directrice. Un exemple : pour le seul mois de mars, plus de 23 millions de podcasts ont été téléchargés.
Disposant d’un maillage territorial fort de 44 antennes, France Bleu (7,1 % d’audiences cumulées), le réseau local du service public, conforte sa sixième position et confirme également les bons résultats des nouveaux rendez-vous de sa matinale.

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RMC creuse l’écart avec Europe 1
A l’image de ses consœurs généralistes, RMC est en légère baisse (7,5 %, – 0,4 point sur un an en audiences cumulées). Néanmoins, la station est en hausse par rapport à la même période d’il y a deux ans, une année sans campagne présidentielle.
« La station s’installe durablement à la troisième place et reste première généraliste sur les moins de 50 ans, affirme sa présidente Cécilia Ragueneau. Nous sommes globalement satisfaits de la dynamique qui est actuellement à l’œuvre. » Portée par une grille assez stable, RMC creuse l’écart avec Europe 1, sa concurrente directe.
Cécilia Ragueneau met toutefois l’accent sur l’importance de ne pas se contenter des audiences radio : « Nous prêtons une grande attention aux audiences numériques. A l’heure où elle porte ses fruits, nous souhaitons poursuivre notre stratégie plurimédias. »
De son côté, Europe 1 ne parvient pas à redresser significativement ses résultats. La station du groupe Lagardère affiche de janvier à mars une audience cumulée de 6,8 %, quittant de peu son plus bas historique atteint en novembre-décembre 2017 (6,6 %), mais perdant 0,9 point sur un an. Avec près de 3,7 millions d’auditeurs chaque jour en moyenne, la grande radio généraliste reste toujours devancée par RMC et France Bleu.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ La proposition de loi est censée trouver un équilibre entre protection des informations sensibles des entreprises et liberté d’informer, mais elle inquiète associations et sociétés de journalistes.
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Secret des affaires : le Sénat durcit le texte

La proposition de loi est censée trouver un équilibre entre protection des informations sensibles des entreprises et liberté d’informer, mais elle inquiète associations et sociétés de journalistes.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 11h10
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



   


Le Sénat a adopté dans la nuit du 18 au 19 avril en première lecture une proposition de loi controversée sur le secret des affaires, en allant même au-delà du texte voté le 28 mars par l’Assemblée nationale. Ce texte, destiné à transposer en droit français une directive européenne de juin 2016, donne une définition large des informations qui doivent être protégées de la concurrence et prévoit l’indemnisation du préjudice civil de l’entreprise victime en cas de détention illégale ou divulgation d’un tel secret.
La proposition de loi, signée Raphaël Gauvain, député de la majorité, a provoqué de très vives oppositions en raison de craintes pour la liberté d’informer et d’entraves mises aux lanceurs d’alerte.

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Un grand nombre de sociétés de journalistes (dont celles du Monde, de Radio France ou des Echos), le Syndicat national des journalistes ainsi que de nombreuses associations de défense des libertés et de lutte contre la corruption (Transparency International, la Ligue des droits de l’homme, Greenpeace, etc.) ont signé lundi 16 avril une lettre ouverte au président de la République pour dénoncer un texte qui inverse les principes, où « le secret devient la règle, et les libertés des exceptions ». Selon cette lettre, « des scandales tels ceux du Mediator, du bisphénol A ou des “Panama Papers” pourraient ainsi ne plus être portés à la connaissance des citoyens ».
Procédures « bâillons »
Nicole Belloubet, ministre de la justice, a réaffirmé mercredi devant le Sénat que cette transposition est « équilibrée » et ne comporte « aucune restriction des libertés publiques ». La proposition de loi prévoit de fait que le secret des affaires n’est pas opposable lorsque l’obtention ou la divulgation d’une information est « intervenue pour exercer le droit à la liberté d’expression et de communication, y compris le respect de la liberté de la presse, et à la liberté d’information ».
Contre l’avis du gouvernement, le Sénat a durci le texte en élargissant la définition du secret des affaires aux informations qui ont « une valeur économique », alors que le texte initial parlait de « valeur commerciale ». Le Sénat a également supprimé l’article introduit à l’Assemblée pour instaurer une amende civile destinée à sanctionner les procédures abusives qui seraient intentées contre des journalistes ou des lanceurs d’alerte.
Ces « procédures bâillons », même si elles échouent au fond, sont destinées à décourager associations et organes de presse en raison du coût des longues procédures judiciaires. Une commission mixte paritaire devrait être convoquée pour trouver un compromis entre les deux assemblées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Les propositions du syndicat semblent rarement entendues par l’exécutif et encore moins prises en compte.
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La CGT ne fait plus peur au gouvernement

Les propositions du syndicat semblent rarement entendues par l’exécutif et encore moins prises en compte.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 11h08
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        



                                


                            

Le slogan exhale un petit parfum soixante-huitard : « Convergence des luttes ! » Il sert de fil conducteur à la « journée d’action interprofessionnelle » organisée, jeudi 19 avril, par la CGT et par l’Union syndicale Solidaires. Quelque 133 mobilisations ont été annoncées dans tout le territoire pour s’opposer à la politique de « régression sociale » d’Emmanuel Macron. Avec l’espoir qu’elles préfigurent un front commun de plus en plus large. Officiellement, le gouvernement se montre « attentif à tous les signaux, cette journée en faisant partie », comme le confie un conseiller. Mais d’autres sources au sein de l’exécutif ne masquent pas une forme d’indifférence : « La CGT ? On ne se pose pas la question de savoir ce qu’elle pense, elle ne fait plus peur du tout. »
Les temps ont bien changé. Il y a un peu plus de dix ans, au tout début de son quinquennat, Nicolas Sarkozy avait élevé la CGT au rang d’interlocutrice privilégiée. A l’époque, le président de la République avait su nouer des contacts étroits avec Bernard Thibault, le numéro un du syndicat, pour mettre fin au conflit provoqué par la réforme des régimes spéciaux de retraite.
Aujourd’hui, la donne n’est plus du tout la même. Bien sûr, le discours, à Matignon, consiste à assurer que la CGT n’est absolument pas déconsidérée ou mise au ban. « Notre ligne de conduite depuis le début de la législature reste la même, dit un collaborateur d’Edouard Philippe. Il s’agit d’être ouvert à tous et de répondre favorablement aux demandes d’entretien et d’échanges, ce que le premier ministre a d’ailleurs fait, encore récemment, en recevant, le 13 mars, Philippe Martinez pour que ce dernier présente ses contre-propositions sur la réforme ferroviaire. »

« Absence complète de dialogue »
L’entourage du chef du gouvernement avance une autre preuve de son souci d’être à l’écoute : fin 2017, « il avait été proposé à la CGT de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ La firme européenne a signé jeudi un contrat avec l’opérateur nippon B-Sat pour la mise en orbite d’un satellite de télécommunications.
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Ariane conforte sa domination sur le marché japonais

La firme européenne a signé jeudi un contrat avec l’opérateur nippon B-Sat pour la mise en orbite d’un satellite de télécommunications.



Le Monde
 |    19.04.2018 à 11h07
    |

            Dominique Gallois








                        



                                


                            

C’est devenu un rite. Chaque année au printemps, Arianespace organise à Tokyo une « Japan Week » dans ce pays dont, depuis plus de trente ans, les trois quarts des lancements de satellites géostationnaires commerciaux sont effectués par la fusée européenne. Jeudi 19 avril, l’opérateur japonais B-Sat a signé un contrat pour la mise en orbite d’un satellite de télécommunications depuis Kourou (Guyane), qui conforte la position de la firme européenne dans l’archipel nippon.
« L’une des raisons de ce succès tient à la durée des relations nouées dans le pays », estime Stéphane Israël, le président exécutif d’Arianespace. « La longévité et la continuité sont des valeurs-clés au Japon et elles sont très fortement ancrées chez nous », insiste Kiyoshi Takamatsu, responsable local de l’entreprise, le deuxième en trois décennies de présence. L’histoire d’Arianespace au Japon a commencé en 1986, avec l’ouverture d’un bureau de représentation à Tokyo, dans le sillage de la libéralisation du marché des télécommunications. « En matière d’aéronautique et de spatial, nous sommes toujours les plus présents des Européens au Japon avec 75 % du marché depuis trente ans », souligne M. Israël « Airbus n’a pu pénétrer le marché tenu par Boeing que très récemment. De plus, tous les satellites commandés par les Japonais sont américains. » 
Changement de paradigme
Si, pendant des années, Ariane a eu comme concurrent le russe Proton pour les lancements, le paysage a changé radicalement depuis cinq ans avec l’arrivée de l’américain SpaceX et les lancements low cost de sa fusée Falcon. « La pression à la baisse sur les prix s’observe aussi sur le marché japonais », reconnaît M. Israël dans ce pays où la firme d’Elon Musk décroche des contrats.

Dans le monde spatial, le changement de paradigme imposé par le milliardaire américain a contraint les Européens à revoir leur stratégie et à envisager un successeur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ L’intersyndicale devrait rejeter vendredi le projet d’accord avancé par la direction, qui évoque « un gâchis après des années d’effort ».
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Air France : dialogue de sourds entre syndicats et direction

L’intersyndicale devrait rejeter vendredi le projet d’accord avancé par la direction, qui évoque « un gâchis après des années d’effort ».



Le Monde
 |    19.04.2018 à 10h51
 • Mis à jour le
19.04.2018 à 11h13
    |

            Guy Dutheil








                        



                                


                            

Bientôt deux mois de conflit, déjà ponctués de neuf jours de grève, et toujours aucune sortie de crise en vue chez Air France. Les grévistes n’en démordent pas : ils réclament toujours 6 % d’augmentation générale, pour rattraper l’inflation après six années de blocage des salaires.
Face à cette exigence, la direction de la compagnie aérienne a présenté un projet d’accord à l’intersyndicale. Il est soumis à la signature des syndicats jusqu’au 20 avril à midi. Passé cette date, il sera caduc. Cette grève est « un gâchis après des années d’efforts », a estimé, mercredi 18 avril, le directeur général de la compagnie, Franck Terner, dans un entretien à La Tribune. « La grève est un droit, mais je crois que notre proposition, si j’en juge par les interactions que j’ai avec les salariés, est plutôt bien reçue. D’ailleurs, si je peux me permettre, je suggérerais bien à l’intersyndicale de consulter les salariés », a-t-il poursuivi dans cette interview.

La proposition comprend une hausse des rémunérations de 2 % pour 2018, puis une revalorisation générale des salaires de 5 % pour la période 2019-2021. Soit une augmentation de 1,65 % par an. Ce « pacte de croissance », comme l’a qualifié Air France, est soumis à conditions. Il prévoit notamment « d’adapter l’augmentation dans le cas où le résultat d’exploitation d’Air France serait inférieur à 200 millions d’euros et d’appliquer une clause de revoyure en cas d’inflation plus élevée ou de résultat négatif ».
Proposition « indécente »
Selon nos informations, l’intersyndicale, qui devait se réunir jeudi 19 avril pour arrêter sa position, devrait rejeter la proposition de la direction. Karim Taibi, le délégué FO, déplore que la direction n’ait pas accepté « notre main tendue » d’une augmentation de 5,1 % pour 2018, contre 6 % demandés à l’origine. Même son de cloche du côté des pilotes. Philippe Evain, le président du Syndicat national des pilotes...




                        

                        

