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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ De Creve Coeur à Saint-Louis, dans l’Etat américain du Missouri, plongée dans le fief de la multinationale de l’agrochimie Monsanto Chemical Works.
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<article-nb="2018/04/18/19-2">
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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Une bactérie modifiée pour s’attaquer plus rapidement à un type de plastique viendra-t-elle sauver les océans et réparer les bêtises des humains ?
<filname="PROF-env_sciences-2"> ¤                     
                                                

L’enzyme dévoreuse de plastique, une idée pas si fantastique ?

Une bactérie modifiée pour s’attaquer plus rapidement à un type de plastique viendra-t-elle sauver les océans et réparer les bêtises des humains ?



Le Monde
 |    18.04.2018 à 16h23
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 19h02
    |

                            Claire Courbet








                        



Pouf, une seconde passe. Et avec elle, 634 000 kg de déchets viennent de rejoindre les océans et menacer la faune et la flore marines. Quelques projets ont été pensés pour tenter de réduire la quantité de déchets plastique dans les océans, comme une machine inventée par un ingénieur néerlandais. En attendant la réalisation ou la massification de ces derniers, la mare de plastiques continue de prendre de l’avance. Le mois dernier, la revue Scientific Reports, estimait l’aire de la plus grande décharge de plastique des océans à 1,6 million de kilomètres carrés, soit trois fois la France métropolitaine.
Une découverte scientifique pourrait changer la donne. Des chercheurs américains et britanniques ont, par inadvertance – mais ce n’est qu’un détail –, développé une enzyme qui serait capable de détruire du plastique en un temps record. Issus de l’université britannique de Portsmouth et du Laboratoire national des énergies renouvelables du ministère à l’énergie américain, ils travaillaient sur une bactérie découverte au Japon il y a quelques années, l’Ideonella sakaiensis, qui se nourrit uniquement d’un type de plastique, le polytéréphtalate d’éthylène (PET) qui entre dans la composition de très nombreuses bouteilles en plastique. L’objectif de l’équipe était de comprendre le fonctionnement de l’une de ses enzymes appelée PETase. Mais leurs expérimentations ont débouché sur une enzyme beaucoup plus efficace que la PETase naturelle.
Les scientifiques s’activent désormais à en améliorer les performances dans l’espoir de pouvoir un jour l’utiliser dans un processus industriel de destruction des plastiques. L’espoir est donc permis : bientôt la science viendra à la rescousse des océans. Bientôt, une minuscule enzyme viendra réparer les erreurs accumulées de milliards d’humains. A la lecture de ces lignes, vous craignez que ce soit quelque peu exagéré ? Que cette découverte se transforme en une porte ouverte au laisser-aller ? Ou un moyen de se dédouaner tout trouvé pour ceux qui préfèrent jeter leurs bouteilles en plastique à la mer plutôt que leurs vieilles habitudes ? Eh bien le quotidien suisse Le Temps, aussi.
Selon un éditorial publié mardi 17 avril, « la nature travaille à un rythme souvent incompatible avec la frénésie consumériste des êtres humains ». Le quotidien rappelle que l’enzyme de base met six semaines à grignoter un film de PET de 2 cm et que celle qui est modifiée travaille certes plus vite, mais jamais que 20 % de fois plus rapidement. Un chiffre qu’avait balayé de la main le professeur à la tête de l’étude, John McGeehan. « C’est une petite amélioration, mais ce n’est pas la question, déclarait-il ainsi auprès du Guardian, c’est incroyable parce que ça nous dit que l’enzyme n’est pas encore à son maximum. Cela nous permet d’utiliser toute la technologie utilisée dans d’autres développements enzymatiques pendant des années et des années et de fabriquer une enzyme ultrarapide. » 
Pourtant Le Temps l’assure, cette récente découverte ne sauvera pas les océans du plastique qui les gangrène. Pis, « elle risque de faire croire, à tort, qu’il est possible de continuer à consommer du plastique au rythme actuel, puisque des inventions vont toujours nous sauver la mise », et peut inciter les gens à « se bercer d’illusions en espérant qu’une enzyme, un bateau éboueur, des barrages géants ou toute autre technologie nous débarrasseront rapidement de cette pollution ». 

        Lire :
         

          Depuis 1950, l’homme a fabriqué 8,3 milliards de tonnes de plastiques







                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/18/19-3">
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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Ses capacités de camouflage, la distribution de ses neurones dans tous ses membres et son comportement sont décryptés par le biologiste australien Peter Godfrey-Smith.
<filname="PROF-env_sciences-3"> ¤                     
                                                   
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L’intelligence tentaculaire du poulpe

Ses capacités de camouflage, la distribution de ses neurones dans tous ses membres et son comportement sont décryptés par le biologiste australien Peter Godfrey-Smith.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 16h00
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Le livre. Si vous ne connaissez rien au poulpe, ce livre est pour vous ; si vous pensez le connaître, également. Le voyage auquel nous invite Peter Godfrey-Smith tient, en effet, à la fois de la plaisante promenade naturaliste et de la vertigineuse expédition intellectuelle. On y croise, au large de l’Australie, de gentils céphalopodes, que ­notre biologiste baptise Matisse ou encore Kandinsky, en raison des incroyables motifs qui ornent sa peau. Des bestioles capables de tendre un tentacule pour « flairer » le visiteur, puis se saisir de sa main pour le ­conduire jusqu’à sa tanière. Expert en ­camouflage, il sait imiter à la perfection le fond de sables ou de végétaux sur lequel il repose. Maître en manipulation – d’objets comme de sens –, il peut également transporter deux moitiés de noix de coco, s’installer dans l’une et refermer l’autre pour se cacher, laissant juste ce qu’il faut d’ouverture pour observer le monde alentour.
Charles Darwin, déjà, racontait les jets d’eau avec lesquels les poulpes le saluaient lors de ses observations au large du Cap-Vert, en 1832. Les scientifiques contemporains décrivent la façon dont les céphalopodes arrosent les installations électriques pour éteindre la lumière dans les laboratoires. Ou encore comment, de leur aquarium, ils « bizutent » les nouveaux venus en les ­aspergeant copieusement.
Profondes énigmes
Mais ces curiosités cachent de profondes énigmes. Ainsi, l’animal peut reproduire sur son corps n’importe quelle couleur, alors même qu’il ne semble pas capable de les percevoir. Ses yeux ne disposent, en effet, que d’un seul type de chromatophores, les cellules de captation des ondes lumineuses. Or il en faut normalement deux, voire trois types, comme chez les humains, pour analyser correctement les ondes lumineuses. Les scientifiques avancent plusieurs hypothèses, explique Peter Godfrey-Smith, dont l’une voudrait que l’animal ne voie pas seulement avec les yeux, mais aussi avec la peau.
Farfelu ?...




                        

                        


<article-nb="2018/04/18/19-4">
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Cinquième volet de la collection « Génie des mathématiques », Henri Poincaré fut un des plus grands vulgarisateurs des mathématiques. Pourtant, n’ayant pas suffisamment cherché à adapter son texte au public général, il fut pris sous le feu de la polémique.
<filname="PROF-env_sciences-4"> ¤                     
                                                   
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Henri Poincaré, le dernier universaliste

Cinquième volet de la collection « Génie des mathématiques », Henri Poincaré fut un des plus grands vulgarisateurs des mathématiques. Pourtant, n’ayant pas suffisamment cherché à adapter son texte au public général, il fut pris sous le feu de la polémique.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 14h00
    |

                            Etienne Ghys (mathématicien, directeur de recherche au CNRS à l'Ecole normale supérieure de Lyon)








                        



                                


                            
Collection « Génies des maths ». Pour évoquer Henri Poincaré, il y a deux erreurs à ne pas commettre. Tout d’abord, il ne faut pas le confondre avec son cousin Raymond, président de la République pendant la première guerre mondiale. Ensuite, il ne faut pas écrire Poincarré, avec deux r : Le Figaro le présentait d’ailleurs en 1898 comme le « plus malheureux des mathématiciens parce que son nom choque la définition géométrique du point ».
Henri était tout à la fois mathématicien, physicien théoricien et philosophe. On le présente souvent comme le dernier universaliste tant ses contributions couvrent un large spectre : on lui doit par exemple la création de la topologie algébrique et de la théorie du chaos, mais il a aussi des contributions importantes sur la théorie des marées ou sur les ondes hertziennes. Il pouvait écrire le même mois un article sur les fonctions analytiques et un autre sur le ­récepteur téléphonique. Il a révolutionné les mathématiques de son temps.
Né en 1854 et mort en 1912, il connaît l’époque de la science triomphante qui allait résoudre tous les problèmes du monde. C’est aussi la période de la IIIe République laïque où la science prend souvent la place de la religion. La vulgarisation devient alors un phénomène important et on ne compte plus les savants qui s’y investissent : il faut instruire le peuple et lui révéler les merveilles de la science.
Henri Poincaré fut l’un des plus grands vulgarisateurs des mathématiques, mais tout cela n’a été finalement qu’un malentendu. Ses ou­vrages philosophiques, au premier rang desquels La Science et l’Hypothèse, publiéen 1902, ont remporté un succès populaire incroyable… à sa grande surprise.
On ne compte plus les éditions et les traductions de ces livres, beaucoup trop difficiles pour le grand public, mais si fascinants et si bien écrits.
Théorie du conventionnalisme
A vrai dire, il ne s’agit que d’une compilation...




                        

                        


<article-nb="2018/04/18/19-5">
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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Les personnes génétiquement prédisposées aux maladies cardio-vasculaires peuvent réduire leurs risques d’infarctus grâce à une activité physique régulière.
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Quand faire du sport s’oppose au destin génétique

Les personnes génétiquement prédisposées aux maladies cardio-vasculaires peuvent réduire leurs risques d’infarctus grâce à une activité physique régulière.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 09h29
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. On ne naît pas tous égaux face aux maladies, c’est une évidence. Mais lorsqu’on présente des gènes prédisposant à certaines patho­logies, ceux-ci peuvent s’exprimer… ou pas, être utilisés par une cellule… ou ne pas l’être, c’est ce qu’on appelle l’épigénétique. Un fascinant processus qui module l’expression de notre patrimoine génétique en fonction du contexte. Le mode de vie peut avoir une influence négative, ou positive, sur cet héritage et peut donc le contrarier dans un sens ou un autre.
Ainsi les personnes génétiquement prédisposées aux maladies cardio-vasculaires peuvent réduire leurs risques d’infarctus grâce à l’arrêt du tabac, une alimentation saine et… une activité physique régulière. Si on sait depuis des dizaines d’années que l’activité physique réduit le risque de maladies cardio-vasculaires, les études sont moins nombreuses sur ses effets pour les personnes à risque génétique.
Une étude parue le 9 avril dans la revue Circulation de l’American Heart Association vient de le montrer. Des chercheurs de la Stanford University School of Medicine (Etats-Unis) et de l’Uppsala University (Suède) ont examiné les données de 482 702 Britanniques, âgés de 40 à 69 ans, dont 19 311 avaient un risque génétique de maladies cardio-vasculaires.
D’un côté, ils ont évalué leurs niveaux de forme physique et d’activité, en mesurant leur force de préhension, leur condition physique cardio-respiratoire, leur performance sur un vélo en salle, et les sujets ont aussi répondu à des questionnaires sur leurs niveaux d’activité et ont porté des accéléromètres au poignet sur une période de sept jours. De l’autre, les chercheurs ont analysé les données génétiques de cette même cohorte, notamment ceux présentant un risque génétique plus important de maladie coronarienne et de fibrillation auriculaire (troubles du rythme cardiaque pouvant entraîner des caillots sanguins, des attaques cérébrales ou cardiaques).
Pas...



                        

                        


<article-nb="2018/04/18/19-6">
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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Cette prouesse inédite est à mettre au crédit de l’équipe du professeur Laurent Lantieri, à l’hôpital européen Georges-Pompidou, de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris.
<filname="PROF-env_sciences-6"> ¤ 
<article-nb="2018/04/18/19-7">
<filnamedate="20180418"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180418"><AAMMJJHH="2018041819">
<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Les « saisons polliniques » sont des périodes à risque pour les personnes allergiques. Comment expliquer ce pic au printemps et mesurer le risque ?
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 17/04/2018
Découvrir l’application


                        

Cinq questions sur les allergies aux pollens

Les « saisons polliniques » sont des périodes à risque pour les personnes allergiques. Comment expliquer ce pic au printemps et mesurer le risque ?



Le Monde
 |    17.04.2018 à 14h06
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 18h22
    |

            Samuel Laurent








                        



   


1. Un Français sur cinq souffre d’allergies respiratoires
Selon le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA), 20 % de la population est atteinte, à des degrés divers, par des problèmes d’allergie respiratoire. Une allergie est une réponse immunologique inadaptée et exagérée du corps à des substances étrangères. Ses symptômes sont variés : rhinite allergique (nez bouché, éternuements), conjonctivite allergique (yeux rouges et irrités), asthmes du fait des pollens, et, plus rarement et plus gravement, œdèmes et urticaire cutanée.
L’allergie se déclenche selon des éléments là encore assez divers : acariens, moisissures, poils d’animaux, composés organiques volatils, et surtout pollens. Ce sont ces derniers, qui se diffusent par voie aérienne, qui sont particulièrement suivis par le RNSA.
2. Des « saisons polliniques » qui s’allongent
Au début de l’année, pendant ce qu’on appelle les « saisons polliniques », les arbres et les fleurs sont pollinisés :
les arbres de février à avril dans le Nord, et de décembre à juin dans le Sud ;les graminées, de mai à août dans toute la France ;les herbacées, de juillet à septembre, voire octobre ;les spores de moisissures, de juin à octobre, voire novembre.
Depuis une décennie, une conjonction de facteurs (pollution de l’air, plantations en masse de certaines variétés comme l’olivier dans le Sud) contribue à l’allongement des saisons polliniques, et donc aux périodes à risque pour les personnes allergiques.
Tous les pollens ne sont pas aussi allergisants. Par exemple, ceux des cyprès le sont plus que ceux des ormes. Ce graphique présente les espèces par niveau de risque allergique, du plus élevé, en haut, au plus faible, en bas.

Ambroisie
AmbroisieArmoise
ArmoiseAulne
AulneBouleau
BouleauCharme
CharmeChâtaignier
ChâtaignierChêne
ChêneChenopode
ChenopodeCyprès
CyprèsFrêne
FrêneGraminées
GraminéesHêtre
HêtreMûrier
MûrierNoisetier
NoisetierOlivier
OlivierOrme
OrmeOrtie
OrtieOseille
OseillePariétaire
PariétairePeuplier
PeuplierPin
PinPlantain
PlantainPlatane
PlataneSaule
SauleTilleul
Tilleularbre
arbreherbacée
herbacée

3. Une concentration importante dans l’air
Cette semaine, ce sont les pollens de bouleau et de platane qui sont responsables du pic allergique qui touche la population d’une grande partie de la France, comme le montre la carte de vigilance des pollens, valable jusqu’au 20 avril :

   


Pour calculer ce risque, le RNSA dispose de soixante-dix capteurs, installés dans les grandes villes françaises, généralement sur des toits, explique Charlotte Sindt, directrice du réseau. « Nous mesurons la concentration des pollens et des spores de moisissures dans l’air. » Cette échelle permet d’établir une carte des risques.
Selon Mme Sindt, le RNSA constate, depuis une décennie, « un allongement de la saison de pollinisation dans l’air pour certaines espèces, sans doute du fait du changement climatique ». Autre constat, le rôle joué par la pollution aérienne, qui « sensibilise » encore plus les personnes allergiques, et « joue sur les pollens, qui sont détériorés par la pollution et libèrent plus d’allergènes ».
4. Comment être informé ?
Sur son site, le RNSA propose des lectures détaillées des données, notamment par ville, mais aussi des prévisions de pollinisation à trois jours pour les principaux allergènes (bouleau, aulne, cyprès, graminées, selon la saison).
Les Parisiens pourront également se référer au bulletin allergo-pollinique émis par Airparif à partir des données d’un capteur de l’Institut Pasteur. Autre ressource : une carte anamorphosée (la taille des zones grandit selon l’échelle de risque) proposée par OpenHealth.fr.
5. Quels conseils pour les personnes allergiques ?
La période est donc difficile pour les personnes allergiques. Le RNSA diffuse cependant plusieurs recommandations :
aérer sa maison tôt le matin ou tard le soir, car les pollens bougent avec les mouvements d’air chaud, plus fréquents en journée ;éviter de faire sécher draps et vêtements à l’extérieur ;se changer complètement quand on rentre à la maison, se brosser les cheveux, voire se laver les cheveux le soir.
Autres conseils classiques : éviter le sport à l’extérieur ; porter des lunettes de soleil ; dans votre véhicule, rouler vitres fermées ; jardiner avec des lunettes, voire un masque, et même, éviter de tondre le gazon dans les périodes où la concentration en pollens est la plus forte.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Deux études françaises sur le déclin des oiseaux ont été partiellement financées et coordonnées par les fabricants de produits phytosanitaires BASF et Bayer. Les effets des pesticides auraient été minimisés.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤                     
                                                   
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Liaisons troubles entre recherche publique et agrochimie

Deux études françaises sur le déclin des oiseaux ont été partiellement financées et coordonnées par les fabricants de produits phytosanitaires BASF et Bayer. Les effets des pesticides auraient été minimisés.



Le Monde
 |    17.04.2018 à 12h45
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 15h08
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
Influence discrète de financements privés sur une recherche publique ? A deux reprises, des travaux de chercheurs du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), portant sur les effets des pesticides sur la bio­diversité, ont été partiellement financés par les sociétés agrochimiques Bayer et/ou BASF. Or les choix scientifiques opérés dans le cadre de ce partenariat ont potentiellement conduit à minimiser les effets négatifs de produits phytosanitaires sur les oiseaux, par rapport à d’autres variables comme l’habitat et la structure du paysage.
La question est brûlante. Elle est revenue dans l’actualité, fin mars, avec l’annonce conjointe du MNHN et du CNRS des derniers chiffres de deux réseaux d’observation : environ 30 % des oiseaux des campagnes françaises ont disparu en quinze ans, du fait de l’intensification des pratiques agricoles. Pesticides, agrandissement des parcelles et disparition des haies, fin de la politique de jachères… les causes de cet effondrement, décrit par les chercheurs comme « proche de la catastrophe écologique », sont multiples, mais la conversation publique s’est vite orientée sur la question des pesticides.
A tort, à raison ? Dans le débat médiatique qui a suivi, des travaux conduits par des chercheurs du MNHN – dont certains à l’origine de la communication alertant sur le déclin des oiseaux – ont été cités pour relativiser le rôle des intrants chimiques. De fait, deux études, publiées en 2014 et 2016 dans la revue Agriculture, Environment & Ecosystems, suggèrent que l’impact des pesti­cides sur l’abondance et la diversité des oiseaux des champs est jusqu’à trois fois moins important que celui du paysage. La première précise qu’elle a été financée par Bayer et BASF ; la ­seconde qu’elle l’a été par BASF seulement.
Ce n’est pas tout : en pied du premier article, les auteurs remercient « Juan Pascual, Markus Ebeling, Ralf Barfknecht et Emmanuelle Bonneris pour leurs très utiles commentaires sur le...




                        

                        


<article-nb="2018/04/18/19-9">
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Les élèves ne hiérarchisant plus leurs vœux, ils peuvent être admis dans plusieurs formations à la fois. Ces dernières prévoient donc large, en anticipant des défections, au risque d’admettre trop de candidats, explique notre blogueur Guillaume Ouattara.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤ 
<article-nb="2018/04/18/19-10">
<filnamedate="20180418"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180418"><AAMMJJHH="2018041819">
<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ La moitié nord est touchée par un risque très élevé d’allergie aux pollens de bouleaux, tandis que les pollens de platanes gagnent du terrain au sud, alerte le RNSA.
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤                     
                                                

Allergies au pollen : semaine critique en France

La moitié nord est touchée par un risque très élevé d’allergie aux pollens de bouleaux, tandis que les pollens de platanes gagnent du terrain au sud, alerte le RNSA.



Le Monde
 |    17.04.2018 à 11h06
   





                        


« Les quantités de pollens explosent sur l’ensemble du territoire et la carte de vigilance des pollens se colore en rouge », alerte le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) dans un bulletin valable jusqu’au vendredi 20 avril.
Tandis que la moitié nord est touchée par un risque très élevé d’allergie pour les pollens de bouleaux, les pollens de platanes gagneront du terrain au sud.

   


« Les pollens de frêne sont en forte augmentation sur l’ensemble du territoire avec un risque d’allergie élevé » et, au fil de la semaine, « les pollens de charme seront de plus en plus présents avec un risque d’allergie pouvant atteindre le niveau élevé », précise le RNSA.

        Lire l’entretien :
         

          « L’allergie est un phénomène de civilisation »



« Des gestes simples » pour se protéger
La pollinisation est favorisée par les conditions anticycloniques de ces prochains jours. Le bulletin d’alerte conseille aux personnes allergiques de se protéger avec « des gestes simples » : « Se rincer les cheveux le soir, favoriser l’ouverture des fenêtres avant le lever et après le coucher du soleil, bien suivre son traitement et consulter son médecin en cas de symptômes… »
Parmi les recommandations pour réduire les émissions d’allergisants, diversifier les végétaux d’ornement plutôt que planter les mêmes espèces qui polliniseront en même temps, et adopter certains protocoles de taille des végétaux, soulignait récemment un rapport du RNSA, des Associations de surveillance de la qualité de l’air (Atmo France) et de l’Association des pollinariums sentinelles de France.
La situation des différents types de pollens allergisants peut varier d’une année à l’autre, mais globalement depuis plusieurs années « leurs quantités croissent, quelles que soient les régions », avec « une tendance à la précocité », résumait en mars l’allergologue Béatrice Benabes, référente d’Atmo France sur les pollens.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Greffé une première fois en 2010, Jérôme Hamon a subi une seconde transplantation du visage en janvier à l’hôpital Georges-Pompidou, à Paris.
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Jérôme Hamon, le premier homme à subir deux greffes du visage

Greffé une première fois en 2010, Jérôme Hamon a subi une seconde transplantation du visage en janvier à l’hôpital Georges-Pompidou, à Paris.



Le Monde
 |    17.04.2018 à 10h01
 • Mis à jour le
17.04.2018 à 18h39
   





                        



Il est le premier homme au monde à avoir subi deux greffes du visage. Toujours hospitalisé trois mois après son opération à Paris, Jérôme Hamon s’est dévoilé avec un visage encore lisse et immobile, qui n’a pas épousé les traits de son crâne. Cela devrait venir peu à peu, à condition que soit bien suivi le traitement immunodépresseur empêchant un nouveau rejet.
« Je me sens très bien », a assuré le greffé, âgé de 43 ans, ayant subi son opération dans la nuit du 15 au 16 janvier. « J’ai hâte d’être libéré de tout ça », ajoute-t-il, fatigué par le lourd traitement qu’il doit subir, et s’exprimant avec difficulté.
Cette prouesse inédite est à mettre au crédit de l’équipe du Pr Laurent Lantieri, à l’hôpital européen Georges-Pompidou, de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Ce chirurgien plastique avait déjà réalisé, sur le même patient, une première greffe totale du visage, en 2010 à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil, près de Paris.
Jérôme Hamon est atteint de neurofibromatose de type 1 (maladie de von Recklinghausen), une maladie génétique qui a déformé son visage. La première greffe avait été un succès, mais en 2015, à l’occasion d’un banal rhume, il est soigné par un antibiotique incompatible avec son traitement immunodépresseur. En 2016, il commence à montrer des signes de rejet chronique, et le visage se dégrade. A l’été 2017 il est hospitalisé, et en novembre, son visage greffé, qui présente des zones de nécrose, doit lui être retiré.

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                Un grand brûlé survit grâce à une greffe de peau de son jumeau



Deux mois « sans visage »
Il restera deux mois « sans visage » en réanimation à Pompidou, le temps que l’Agence de la biomédecine signale un donneur compatible. Le donneur de visage sera un jeune homme de 22 ans, décédé à plusieurs centaines de kilomètres de Paris. Le Pr Lantieri l’apprend un dimanche soir, le 14 janvier, ce qui déclenche une grosse logistique.
Avec l’accord de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), une technique révolutionnaire a été employée pour la conservation du greffon : en plus d’être plongé dans un soluté classique, il a bénéficié des propriétés de l’hémoglobine de ver marin pour retenir l’oxygène.
Jérôme Hamon entre au bloc opératoire le lundi 15 janvier. Le patient ressortira du bloc le mardi en fin de matinée, au terme d’une opération hors norme.
« L’opération répond à une question qui était de l’ordre de la recherche : est-ce qu’on peut refaire une greffe du visage ? Oui, on peut retransplanter, et voilà ce qu’on obtient », a expliqué le Pr Lantieri.
Pour éviter un rejet, l’opération a exigé de « nettoyer le sang d’anticorps », par une plasmaphérèse, et de « bloquer la production de ces anticorps » par traitement médicamenteux pendant « les trois mois qui ont précédé la transplantation », a détaillé Éric Thervet, néphrologue.
« La première greffe, j’ai accepté immédiatement le greffon. J’ai considéré que c’était un nouveau visage et maintenant c’est pareil, dit aujourd’hui Jérôme Hamon. Si je n’avais pas accepté ce nouveau visage, ç’aurait été un drame. Effectivement, c’est une question d’identité. (…) Mais là, c’est bon, c’est moi. ».
Depuis 2005, date de la première greffe du visage la Française Isabelle Dinoire en 2005, on compte 40 opérations de ce type dans le monde.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Une vaste étude montre que le risque de décès prématuré est plus grand  chez les couche-tard, indépendamment de la durée totale de sommeil.
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Se coucher tard, mourir plus tôt

Une vaste étude montre que le risque de décès prématuré est plus grand  chez les couche-tard, indépendamment de la durée totale de sommeil.



Le Monde
 |    17.04.2018 à 06h40
    |

                            Anne Mellier








                        



                                


                            
Se coucher tard est mauvais pour la santé. Jusque-là rien de nouveau. Les études se sont en effet multipliées ces dernières années pour démontrer les dangers du manque de sommeil associés à une telle habitude. A savoir, entre autres, le développement de maladies cardio-vasculaires, de diabète et d’insomnies. Mais une étude publiée jeudi 12 avril dans la revue Chronobiology International vient de mettre en évidence un risque de mortalité accru pour les personnes se couchant tard, indépendamment de leur durée de sommeil.
Kristen Knutson, de la North­western University de Chicago, et Malcolm von Schantz, de l’université du Surrey, se sont intéressés aux données de la Biobank du Royaume-Uni. Un programme qui étudie la part de la génétique et de l’environnement dans le développement de certaines maladies, auprès d’une large cohorte d’environ 500 000 Britanniques.
Différence de chronotype
Tous ces participants ont répondu à des questionnaires très précis sur leur mode de vie. Une question concernait leurs préférences en matière de coucher : « Vous considérez-vous comme étant : indéniablement du matin, plus du matin que du soir, plus du soir que du matin, ou indéniablement du soir ? » Elle a permis aux chercheurs de classer les participants en quatre catégories, et d’étudier leur risque de mourir ou de développer certaines ma­ladies selon le « chronotype » auquel ils appartiennent.
Les résultats ne donnent pas envie de se coucher tard. Les personnes déclarant être vraiment du soir ont quasiment deux fois plus de risques de développer des troubles psychologiques que ceux qui se déclarent être vraiment du ­matin. Les couche-tard ont par ailleurs plus de risques de développer du diabète (30 %), des troubles neurologiques (25 %), gastro-intestinaux (23 %) et respiratoires (22 %) que les couche-tôt. L’étude montre également une surmortalité précoce de 2 % associée au fait d’être un couche-tard, mais les oiseaux de nuit ont 10 % de risques...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ La Fédération nationale des centres de conservation des œufs et du sperme propose pour la première fois que les futurs enfants conçus par don et les futurs couples receveurs puissent avoir accès à des données non identifiantes concernant les donneurs.
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/04/2018
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Les banques de gamètes favorables à une levée partielle de l’anonymat des donneurs

La Fédération nationale des centres de conservation des œufs et du sperme propose pour la première fois que les futurs enfants conçus par don et les futurs couples receveurs puissent avoir accès à des données non identifiantes concernant les donneurs.



Le Monde
 |    17.04.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
17.04.2018 à 11h49
    |

            Gaëlle Dupont








                        



                                


                            
C’est une évolution significative de la part d’une institution considérée jusqu’ici comme la gardienne de l’anonymat des donneurs de gamètes utilisés dans la procréation médicalement assistée. La Fédération nationale des centres de conservation des œufs et du sperme (Cecos) regroupe 29 centres qui organisent le don de gamètes en France, et conservent à − 196 °C spermatozoïdes, ovules et embryons. Elle se prononce aujourd’hui en faveur d’une levée partielle de l’anonymat des donneurs, et propose que les futurs enfants conçus par don et les futurs couples receveurs puissent avoir accès à des données non identifiantes les concernant.
« Cela permettrait de répondre aux attentes de certains enfants ou jeunes adultes conçus par don, en humanisant le donneur, sans déstabiliser l’édifice actuel », explique au Monde la présidente de la fédération, Nathalie Rives. Ces propositions vaudraient pour les donneurs de sperme, mais aussi pour les donneuses d’ovocytes et les couples donneurs d’embryons « surnuméraires » conçus dans le cadre de fécondations in vitro. Ces données pourraient être un texte décrivant les motivations du donneur, son origine géographique, son secteur d’activité professionnelle, ses antécédents médicaux (même si les personnes présentant des risques sont dès à présent écartées), s’il a des enfants ou non, le nombre d’enfants issus du don… Cette proposition a été élaborée dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique, préalable à la révision de la loi qui doit intervenir au deuxième semestre 2018.
« Nous sommes attentifs aux demandes de certains jeunes adultes nés par don » Nathalie Rives, présidente de la fédération nationale des centres de conservation des œufs et du sperme (Cecos)
La fédération des Cecos ne va pas aussi loin que le souhaitent certains enfants conçus par don, comme ceux regroupés dans l’association PMAnonymes, qui réclament la possibilité pour les enfants d’accéder à l’identité du donneur à leur majorité.
Cette...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Alors que chaque molécule peut en principe avoir deux formes jumelles dans l’espace, la nature n’en retient qu’une. Cette asymétrie était au centre d’un symposium qui a fait le point sur cette singularité.
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L’asymétrie est à l’origine de la vie

Alors que chaque molécule peut en principe avoir deux formes jumelles dans l’espace, la nature n’en retient qu’une. Cette asymétrie était au centre d’un symposium qui a fait le point sur cette singularité.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 16h16
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 20h10
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            

Qu’est-ce qui a bien pu attirer à Nice, les 15 et 16 mars, une centaine de chercheurs aux profils aussi variés que des chimistes, des physiciens, des biologistes, des mathématiciens mais aussi des géographes, des économistes, des sociologues ou des rhétoriciens ? Tout simplement la force d’un mot : « asymétrie ». Autrement dit, le contraire de ce qui est pourtant souvent associé à l’ordre et à la beauté.
Autant de monde pour de la laideur et du chaos ? Pas vraiment, car les visiteurs savent que derrière ce mot se cache un concept fondamental et ô combien fructueux dans bien des domaines. Et chacun voulait voir ce que l’un pouvait ­apporter à l’autre. « J’ai voulu créer cette conférence pour faire tomber des murs dans ma tête, m’ouvrir l’esprit, témoigne Uwe Meierhenrich, ­directeur de l’Institut de chimie de l’université de Nice Côte d’Azur. Aux conférences spécialisées, on voit toujours un peu les mêmes personnes. »
Sans asymétrie, ou sans brisure de symétrie, sans rupture de l’ordre, sans un événement qui élimine d’un coup la moitié d’un paysage, pas de matière, pas de vie, pas de corps… Les particules, les molécules, les cellules, jusqu’aux organes, ne sont, à leur manière, pas symétriques, comme le sont a contrario deux objets dans un miroir. La vie, en quelque sorte, c’est la victoire d’une forme sur son reflet. Tout l’enjeu est de comprendre pourquoi. Une tâche immense à laquelle veulent s’atteler les participants de ce premier Symposium européen sur l’asymétrie à Nice.

Dès le début, tambour battant, Denes Nagy, président de la Société internationale de la symétrie, a dressé un panorama historique du mot « symétrie » et de ses dérivés : asymétrie, dissymétrie… Puis, l’orateur passionné, qui a failli tomber sur le premier rang, a offert une seconde intervention tout aussi enflammée. D’autres ont mis leur corps à contribution. Un biologiste a esquissé des pas de danse pour montrer qu’une protéine avec deux...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ En s’intéressant aux cristaux de sels, les chercheurs ont observé des réactions chimiques asymétriques... qui ne sont toujours pas élucidées.
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Asymétrie : le mystère des cristaux disparus

En s’intéressant aux cristaux de sels, les chercheurs ont observé des réactions chimiques asymétriques... qui ne sont toujours pas élucidées.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 16h13
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Quelque chose ne tourne pas rond dans les laboratoires depuis une vingtaine ­d’années. « Les langues commencent à se délier. Avant, les chercheurs passaient sous silence cette anomalie ; maintenant, elle devient un sujet d’étude », résume Jean-Claude Micheau, de l’université Paul-Sabatier de Toulouse, présent lors du premier Symposium européen sur l’asymétrie à Nice avec son collègue Thomas Buhse, de l’université autonome de l’Etat de Morelos (Mexique), chargé d’exposer une anomalie mystérieuse.
Le reflet dans un miroir d’une main droite est une main gauche, mais nos deux mains ne se superposent pas. Pour les molécules, c’est pareil, on peut définir des molécules droites et gauches. Mais en théorie, une réaction chimique produit indifféremment à parts égales l’une ou l’autre de ces formes. Il y a plus d’un siècle, c’est ce que Pasteur avait observé avec l’acide tartrique, présent dans le vin. Il avait obtenu des cristaux gauches et droits, les avait séparés, puis dissous et constaté que chaque solution ainsi obtenue faisait « tourner » la polarisation de la lumière dans deux sens opposés. Depuis, cette ­symétrie des proportions a été confirmée et c’est d’ailleurs souvent une plaie pour l’industrie car les deux formes n’ont pas la même activité chimique et il convient d’éliminer celle qui ne convient pas.
Un intrigant déséquilibre
Mais voilà, en 1995, le Japonais Kenso Soai, de l’université de Tokyo, tombe sur une réaction chimique très asymétrique : elle produit naturellement plus d’une forme que d’une autre. Ces molécules sont assez complexes et, depuis, d’autres équipes ont trouvé des réactions plus simples mais tout aussi étranges. Un simple sel de chlorate de sodium (utilisé dans des désherbants ou des feux d’artifice), lorsque l’eau s’évapore, laisse dans le tube des cristaux gauches et des cristaux droits, mais dans des proportions qui ne sont pas identiques. Quelle malice fait pencher la balance plutôt d’un côté que de l’autre ?

« J’ai...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ La discipline est partagée entre deux sociétés savantes et journaux rivaux... une mise en abyme de cette gémellité en miroir.
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La science de la symétrie divisée en deux

La discipline est partagée entre deux sociétés savantes et journaux rivaux... une mise en abyme de cette gémellité en miroir.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 16h13
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Les spécialistes de la symétrie voient double. Pour satisfaire leur soif de connaissance, ils ont le choix entre deux associations internationales sur le sujet, la Société internationale de symétrie (SIS) et l’Association internationale de symétrie (ISA), deux journaux, deux ­cycles de conférences et deux leadeurs charismatiques… qui se détestent ! Denes Nagy (SIS) et György Darvas (ISA) sont hongrois tous les deux, à la retraite, et ­depuis 2003 sont en conflit.
« Pour parler de cette histoire, votre article devra quitter les pages Sciences pour aller vers les pages médicales », prévient Denes Nagy, considérant que son homologue est un malade, qui « cherche à l’ébranler ». « Il n’a pas accepté un vote unanime contre lui et a été écarté de la présidence », rétorque György Darvas, qui note, perfide, que son ancien collègue « n’est pas un savant à succès ». Seule unanimité, « on ne se parle pas », avouent-ils chacun de leur côté.
Denes Nagy se définit comme mathématicien et historien des sciences. Il a ­enseigné dans diverses universités, en Arizona, au Japon, en Australie… Le ­second, physicien et philosophe des sciences de formation, a travaillé pour l’Académie des sciences hongroises.
Dialogue impossible
A l’origine, ils étaient ensemble pour ­l’organisation de premières conférences originales mêlant scientifiques de diverses disciplines et artistes, en 1989 (Budapest), 1992 (Hiroshima), 1995 (Washington, D.C.) et 1998 (Haïfa). L’idée était ­venue sur le campus de l’université d’Arizona, très ouvert aux différents domaines scientifiques.
Ensuite, chacun dans son association respective a poursuivi l’organisation de ces événements. Pour Denes Nagy et la SIS, à Sydney, Buenos Aires, Adelaïde, et au Japon pour le prochain congrès en 2019. Pour György Darvas et l’ISA, Budapest, Delft, Vienne et l’Allemagne en 2019.
L’histoire des journaux regroupant ­articles et comptes rendus des conférences...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Leur mobilité et leur rôle dans la communication se sont développés alors que les interactions sociales se renforçaient chez l’homme moderne.
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L’évolution a fait bouger nos sourcils

Leur mobilité et leur rôle dans la communication se sont développés alors que les interactions sociales se renforçaient chez l’homme moderne.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 15h57
 • Mis à jour le
17.04.2018 à 06h39
   





                        



                                


                            
Imagineriez-vous Jack Nicholson sans son fameux haus­sement de sourcils ? Sûrement pas, et d’ailleurs l’évolution pourrait vous donner raison. Une équipe des universités de York (Royaume-Uni) et d’Algarve (Portugal) pense que ce sont les échanges sociaux qui ont modelé la forme et la mobilité actuelle de nos sourcils, comme ils l’expliquent dans une étude parue le 9 avril dans Nature Ecology & Evolution.
Différentes hypothèses ont déjà été évoquées pour expliquer que cette zone soit moins marquée chez l’homme moderne, Homo sapiens, que chez ses ancêtres. Certains d’entre eux, comme l’homme de Neandertal, étaient dotés d’une arcade sourcilière plus proéminente, un épaissis­sement osseux enveloppé d’un coussinet adipeux moins mobile que dans notre espèce.
A l’ère de la réalité virtuelle, comment étudie-t-on la structure du crâne de nos ancêtres ? Avec des reconstitutions 3D et des simulations informatiques. Pour ce faire, les chercheurs ont pour la première fois recréé virtuellement le crâne de l’Homo rhodesiensis, découvert en 1921 par un mineur suisse dans la région de Kabwe, en Zambie. Cet homme dit « de Kabwe » aurait vécu il y a entre 300 000 et 700 000 ans. Bien que son statut phylogénétique soit encore largement débattu, il est un de nos proches ancêtres.
Sociabilité accrue
A l’aide de cette reconstruction, les chercheurs ont notamment pu démontrer que la taille de notre bourrelet osseux sus-orbitaire n’est pas directement liée à la pression exercée sur la mâchoire pendant la mastication ou à la place laissée au cerveau. Ces deux explications avaient été avancées par le passé pour justifier la disparition du bourrelet sus-orbitaire. Les nouvelles observations laissent donc la place à d’autres hypothèses, comme les interactions sociales. La diminution osseuse de notre région frontale va de pair avec une augmentation de la mobilité de nos sourcils. C’est ainsi tout le haut de notre visage qui est plus expressif.
Le...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Au Sahel, une stratégie médicamenteuse durant la saison des pluies évite les trois quarts des accès palustres et de leurs complications graves chez l’enfant. Peu onéreuse, bien tolérée et relativement simple, elle pourrait éviter de 100 000 à 120 000 décès par an chez les moins de 5 ans.
<filname="PROF-env_sciences-18"> ¤                     
                                                

En Afrique subsaharienne, le succès de la chimioprévention contre le paludisme

Au Sahel, une stratégie médicamenteuse durant la saison des pluies évite les trois quarts des accès palustres et de leurs complications graves chez l’enfant. Peu onéreuse, bien tolérée et relativement simple, elle pourrait éviter de 100 000 à 120 000 décès par an chez les moins de 5 ans.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 14h48
    |

                            Par Florence Rosier








                        


Reportage
A12 kilomètres du centre de Dakar, le site de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) conserve un charme ­suranné. Au milieu des filaos, des eucalyptus et des cocotiers, de longs bâtiments aux volets verts ou bleus hébergent labos et bureaux des chercheurs. C’est ici qu’est née l’idée d’un traitement préventif innovant : il protège les jeunes enfants des ravages du paludisme durant la saison des pluies, dans les zones du ­Sahel où il est appliqué.

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D’une grande élégance, dans son costume blanc, El-Hadji Bâ nous reçoit. « Nous travaillons sur cette stratégie ­depuis 2002, raconte ce responsable des ­essais cliniques à l’IRD. Nous avons d’abord instauré ce traitement préventif saisonnier chez les enfants de moins de 5 ans [les principales victimes de la maladie] au Sénégal. »
Car le projet est né d’un constat sans appel : au Mali, au Sénégal et au Burkina Faso, de 60 % à 80 % de la mortalité et de la morbidité du paludisme chez les moins de 5 ans se concentrent sur trois ou quatre mois, durant la saison humide, entre juillet-août et octobre-novembre. D’où l’idée, pour éteindre l’endémie, faire un effort particulier ­durant cette saison.

   


« L’une des stratégies préventives les plus explorées est ce traitement préventif intermittent », témoigne Cheikh Sokhna, directeur de recherche à l’IRD, à Marseille et à Dakar. En 2002, l’équipe d’El-Hadji Bâ, avec ­Badara Cissé de l’Ecole d’hygiène et de médecine tropicale de Londres, évalue ce traitement chez 1 200 enfants.
Le traitement a fait chuter le nombre d’accès de fortes fièvres de 86 %, la mortalité directe de 50 %.
Résultat : il a fait chuter le nombre d’accès palustres (de fortes fièvres) de 86 %, la mortalité directe de 50 % et la mortalité indirecte de 70 %, quand il est administré durant les trois mois humides, en une dose par mois. Cette prévention est à base de pyriméthamine, un médicament utilisé contre des infections à protozoaire.
En 2003, la même politique est explorée au Mali. « Nous avons constaté une réduction de 60 % à 70 % de la morbidité [le taux de personnes infectées] », résume le professeur Ogobara Doumbo, qui dirige le Malaria Research and Training Center (MRTC), à Bamako.
Mais cette intervention ­sou­levait une crainte, celle d’amoindrir l’immunité des enfants. Ce n’est pas le cas, ont répondu les équipes de l’IRD en 2003 : quand ceux-ci reçoivent ce traitement la première année, le taux de morbidité chute. Mais s’ils ne sont plus traités l’année suivante, ils n’ont pas plus d’accès palustres que les enfants non traités. Leur immunité est donc intacte.
Il fallait ensuite identifier les meilleures combinaisons thérapeutiques. « En 2004, l’association sulfadoxine-pyrimé­thamine et amodiaquine est apparue comme la plus efficace et la mieux tolérée », indique El-Hadji Bâ.

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L’étape suivante fut de définir le mode de distribution le plus pertinent. Ce traitement est-il mieux accepté quand il est distribué au domicile ou quand il est disponible dans des centres de santé ? Le porte-à-porte est plus efficace, montreront l’IRD et l’université de Londres en 2007.
Enfin, les chercheurs devaient passer à l’évaluation à grande échelle. De 2008 à 2010, celle-ci sera menée chez 200 000 en­fants du Sénégal par l’IRD, avec les universités de Dakar et de ­Londres, avec l’aide de la Fondation Bill et Melinda Gates. Verdict : l’effet préventif est confirmé. Et la faisabilité ­démontrée : elle repose sur une formation graduelle des agents de santé communautaires, qui formeront à leur tour leurs collègues.
Surveillance de la toxicité
Quid des effets indésirables ? Ils sont rares mais potentiel­lement graves : hépatites ­toxiques, syndrome de Lyell (une affection dermatologique très sévère)… L’IRD a mis en place un système de surveillance de la toxicité. Aucun effet n’a été trouvé parmi les 200 000 en­fants traités.
Le traitement coûte entre 1,50 et 3,40 dollars par an et par enfant traité
Le coût de cette intervention a par ailleurs été évalué. Il est compris entre 1,50 et 3,40 dollars (1,20 et 2,75 €) par an et par enfant traité, estiment l’IRD et le MRTC. Un bilan des ­résultats montrera que cette chimioprévention saisonnière diminue de 75 % le nombre d’accès palustres et de 75 % les ­palu­dismes graves. « En 2011, nous sommes allés présenter ces données à l’OMS, ­raconte Ogobara Doumbo. Et, en mars 2012, l’OMSa recommandé cette ­stra­tégie dans les régions du Sahel où le paludisme est répandu. »
L’enjeu est désormais le déploiement de la chimioprévention. « Au départ, personne n’y croyait », se rappelle Philippe Duneton, directeur exécutif adjoint d’Unitaid. Depuis 2015, cette organisation internationale, spécialisée dans le financement d’innovations en santé, a financé, à hauteur de 68 millions de dollars, la fourniture de ce traitement sur quatre ans à près de 7 millions d’enfants de sept pays : Burkina Faso, Tchad, Guinée, Mali, Niger, Nigeria et Gambie. ­ « Evalué dans cinq de ces pays, ce projet a montré une efficacité préventive de 89 %, supérieure même à celle des essais cliniques », se félicite ­Philippe Duneton.
Désormais une priorité
Aujourd’hui, cette prévention est une priorité pour plusieurs pays du Sahel, dans leurs plans nationaux de lutte contre le paludisme. D’autres acteurs interviennent. « Au ­début des années 2000, nous avons rencontré la direction de Médecins sans frontières [MSF]. En septembre 2012, MSF a déployé la chimioprévention saisonnière dans une zone du Mali très touchée, où de nombreux enfants étaient hospitalisés pour un paludisme grave. En un mois, l’hôpital de cette ­région a été vidé », raconte Ogobara Doumbo.
En octobre 2017, cet outil de prévention a reçu le prix Afrique de la Royal Society, qui ­récompense des innovations biomédi­cales. En février 2018, un ­bilan de cette stratégie a été effectué au ­Niger. « Sur les 28 à 34 millions d’enfants de la région sub­saharienne qui pourraient en ­bénéficier, 16 millions ont été traités en 2017, résume ­Ogobara Doumbo. Si l’on ­développait cette stratégie dans tous les pays ­concernés, y compris le Nigeria, on éviterait de 100 000 à 120 000 décès d’enfants de moins de 5 ans chaque année. »

Paludisme : les chiffres-clés
216 millions 
C’est le nombre de personnes qui ont contracté le paludisme en 2016, soit 5 millions de plus que l’année précédente. Une remontée inquiétante, qui succède à des années de baisse : au niveau mondial, l’incidence du paludisme a diminué de 18 % entre 2010 et 2016, descendant de 76 cas pour 1 000 habitants exposés au risque de paludisme à 63 pour 1 000 en 2016. La région Asie du Sud-Est enregistrait la baisse la plus prononcée (48 %), suivie des régions Amériques (22 %) et Afrique (20 %), selon l’OMS.
445 000 
Nombre de décès liés au paludisme pour l’année 2016, ce qui équivaut à plus de 1 200 personnes qui meurent chaque jour. L’Afrique compte 90 % de ces décès, et les enfants de moins de 5 ans sont les principales victimes. Sur les quinze pays affichant 80 % du fardeau mondial du paludisme, tous sauf l’Inde se situent en Afrique subsaharienne.
De 28 à 34 millions
Nombre d’enfants vivant dans la région du Sahel en Afrique subsaharienne qui pourraient bénéficier de la chimioprévention saisonnière (CPS) : l’administration intermittente d’un traitement antipaludique complet durant la saison des pluies.
3,40 dollars américains 
C’est le coût annuel maximal pour protéger un enfant grâce à la CPS. Le paludisme engendre 12 milliards de dollars de pertes au niveau du produit intérieur brut par an dans les pays africains.


Ce dossier a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec Unitaid.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Pour la première fois en dix ans, le nombre de personnes ayant contracté la maladie a augmenté en 2016. L’Organisation mondiale de la santé dénonce un « niveau d’investissement inadéquat ».
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Le retour en force du paludisme

Pour la première fois en dix ans, le nombre de personnes ayant contracté la maladie a augmenté en 2016. L’Organisation mondiale de la santé dénonce un « niveau d’investissement inadéquat ».



Le Monde
 |    16.04.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 17h51
    |

            Paul Benkimoun








                        



   


Les réunions internationales destinées à donner un nouvel élan à la lutte contre le paludisme se multiplient en ce mois d’avril. Dakar accueille, du 15 au 29 avril, la septième conférence panafricaine sur le paludisme organisée par l’Initiative multilatérale sur le paludisme (MIM). Londres reçoit, le 18 avril, le Sommet mondial sur le paludisme, convoqué à l’initiative du partenariat international Faire reculer le paludisme (RBM), avec le soutien de la Fondation Bill et Melinda Gates. Une mobilisation bien nécessaire, tant la crainte d’une recrudescence de la maladie grandit.
Un enfant tué toutes les deux minutes
Ces dernières années, les progrès de la lutte contre une maladie qui tue un enfant toutes les deux minutes, principalement en Afrique subsaharienne, ont été à juste titre mis en avant. Depuis l’année 2000, le nombre des décès dus au paludisme a été réduit de plus de la moitié, et les institutions internationales estiment que 7 millions de vies ont été sauvées grâce aux actions menées contre ce fléau.

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Entre 2010 et 2016, le nombre de pays notifiant moins de 100 000 cas de pa­ludisme a augmenté, passant de 37 à 44, et l’accès aux outils de prévention tels que les moustiquaires imprégnées d’insecticide s’est accru. Introduite en 2012, la chimioprévention saisonnière (CPS) – utilisation préventive d’antipaludéens pendant la saison des pluies – permet de réduire fortement les cas de ­paludisme simples.
Dans son rapport en 2015, ­l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pouvait donc se réjouir quand elle soulignait : « La cible 6C des Objectifs du millénaire pour le développement liée au paludisme appelait à maîtriser cette maladie d’ici à 2015. De toute évidence, elle a été atteinte. »
« En décembre 2016, moins de la moitié des pays d’endémie étaient en passe d’atteindre les objectifs de la lutte contre le paludisme. »
C’est une tout autre tonalité qu’a adoptée le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans son avant-propos au rapport 2017, le plus récemment paru : « En décembre [2016], nous avions noté que la lutte antipaludique suivait une trajectoire inquiétante. En effet, les données indiquaient que moins de la moitié des pays d’endémie étaient en passe d’atteindre les objectifs de baisse de la morbidité [taux de personnes atteintes]et de la mortalitéliées au paludisme. Les progrès semblaient alors s’arrêter. Le rapport 2017 sur le paludisme dans le monde montre que cette trajectoire inquiétante se poursuit. »
Et le « Dr Tedros », comme il est plus familièrement appelé, de remarquer que, malgré des points positifs, « la baisse du poids du ­paludisme au niveau mondial s’est incontestablement ralentie. Par ailleurs, dans certaines régions et certains pays, la lutte contre cette maladie est même en recul ».
Pour la première fois en dix ans, le nombre de cas de paludisme a en effet augmenté de nouveau. En 2016, ce sont 216 millions de personnes qui ont contracté la maladie dans le monde, soit 5 millions de plus que l’année précédente, et un retour au niveau de 2012.
Certains pays ont connu une hausse de plus de 20 % des cas de paludisme entre 2015 et 2016. La plupart des cas (90 %) ont été ­enregistrés en Afrique, loin devant l’Asie du Sud-Est (7 %) et la Méditerranée orientale (2 %), selon l’OMS. Le nombre des décès, lui, est resté stable : 445 000 morts en 2016, comparable aux 446 000 morts en 2015.
2,7 milliards de dollars investis, sur les 6,5 nécessaires
A ce constat sanitaire préoccupant s’ajoute une autre source d’inquiétude : « Les financements mondiaux obtenus en faveur du contrôle et de l’éradication du paludisme représentent moins de la moitié des fonds nécessaires pour atteindre les cibles mondiales », alerte RBM. Dans son avant-propos au rapport annuel 2017 sur le paludisme, le Dr Tedros confirme « un niveau d’investissement inadéquat » : « Un niveau d’investissement annuel de l’ordre de 6,5 milliards de dollars [5,2 milliards d’euros] au moins est requis d’ici à 2020 pour atteindre les cibles de la stratégie technique mondiale de lutte contre le paludisme de l’OMS. »
Or, en 2016, seulement 2,7 milliards de dollars (2,2 milliards d’euros) y étaient consacrés et, depuis 2014, ces investissements ont diminué dans de nombreux pays très touchés.
Initiatives
Des signes de régression, alors que, dans le même temps, sont prises des initiatives comme ­celles d’Unitaid (organisation internationale, spécialisée dans le financement d’innovations en santé). A travers le partenariat Medicines for Malaria Venture, Unitaid a­ ­consacré 20 millions de dollars pendant la période 2013-2016 pour répondre à l’accélération de la demande et à l’adoption de la forme injectable d’artésunate – un médicament antipaludéen majeur –, plus efficace et moins cher que la quinine. Un programme qui pourrait sauver la vie de 66 000 enfants supplémentaires chaque année d’ici à 2021, selon l’institution internationale.

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La lutte contre le paludisme est donc à la croisée des chemins. Les objectifs fixés sont raisonnables. Reste à savoir si la volonté politique et la mobilisation internationale seront au rendez-vous.
Ce dossier a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec Unitaid.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ L’apparition de résistances aux antipaludiques est un enjeu majeur de santé publique. Les dérivés de l’artémisinine, la classe thérapeutique la plus récente, sont utilisés en association, et non en monothérapie, afin de préserver leur efficacité.
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Paludisme : l’urgence de trouver de nouveaux traitements

L’apparition de résistances aux antipaludiques est un enjeu majeur de santé publique. Les dérivés de l’artémisinine, la classe thérapeutique la plus récente, sont utilisés en association, et non en monothérapie, afin de préserver leur efficacité.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 14h00
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            Paul Benkimoun








                        



   


La prévention du paludisme vise à se mettre à l’abri des piqûres (vêtements, répulsifs, moustiquaires) et inclut, dans le cas des voyageurs, la prophylaxie (prévention) médicamenteuse.
S’y ajoute la lutte contre les moustiques vecteurs de la maladie au moyen d’insecticides. Dans cette lutte vectorielle, des expériences de modifications génétiques sont également menées sur les moustiques, visant à les rendre stériles.
Le traitement des personnes infectées consiste quant à lui à détruire le parasite. En ciblant en premier lieu sa vacuole nutritive, petite cavitéoù le parasite digère l’hémoglobine, ou bien son cytoplasme, où peuvent être synthétisés les acides nucléiques (ADN, ARN).
Les principaux médicaments antipaludiques ciblent soit la forme à laquelle aboutit le parasite dans les globules ­rouges (le schizonte), soit les acides ­nucléiques. Agissant rapidement, les « schizonticides » comprennent deux ­types de médicaments : les dérivés quinoléiques et les dérivés de l’artémisinine, principe actif extrait d’une plante, Artemisia annua, variété d’armoise ­chinoise. Dans les deux cas, le médicament interfère avec l’utilisation de l’hémoglobine. Parmi les dérivés quino­léiques, on retrouve les ­antipaludiques historiques (quinine, chloroquine) et d’autres plus récents : amodiaquine, ­méfloquine, halofantrine, luméfantrine.
Les dérivés de l’artémisinine constituent la classe thérapeutique la plus ­récemment apparue. Ils sont également actifs sur les gamètes du plasmodium et sont utilisés en association et non en ­monothérapie afin de limiter l’apparition de résistances, comme cela s’est produit avec les antipaludiques classiques. De plus, afin d’améliorer l’efficacité des dérivés de l’artémisinine, d’autres voies que la prise orale d’artésunate (sel d’artémisinine) sont utilisées chez l’enfant et l’adulte, comme l’injection – intraveineuse ou intramusculaire – ou la voie rectale (suppositoires).
L’autre grande classe d’antipaludiques est représentée par les médicaments qui ciblent les acides nucléiques. Elle comprend trois familles : les antifoliques (l’acide folique est impliqué dans la synthèse des acides nucléiques) tel le proguanil, les molécules qui inhibent les fonctions des mitochondries du plasmodium, comme l’atovaquone, et certains antibiotiques comme les macro­lides ou les tétracyclines.
Parasites mutants
Le traitement varie selon l’espèce de plasmodium en cause (elle diffère selon les régions du globe). La plus fréquemment rencontrée, Plasmodium falci­parum, est a priori traitée soit par une ­association artémisinine-luméfantrine, soit par la combinaison atovaquone-proguanil (commercialisée sous le nom de ­Malarone). D’autres associations telle la combinaison de deux antifoliques (sulfadoxine-pyriméthamine ou Fansidar)ont l’inconvénient de faire rapi­dement émerger des parasites mutants devenus résistants au traitement.
Comme avec tous les anti-infectieux, qu’ils s’attaquent à des bactéries, des ­virus ou des parasites, le problème ­majeur des traitements du paludisme ­demeure le phénomène des résistances du plasmodium. Des monothérapies avec de l’artésunate ont ainsi engendré des résistances qui se sont étendues aux cinq pays de la région du Grand Mékong : Cambodge, Laos, Myanmar (Birmanie), Thaïlande et Vietnam. La crainte, ­évidemment, est de les voir s’exporter en Afrique subsaharienne, comme ­précédemment avec la chloroquine. D’où ­l’urgence de développer de nouveaux ­traitements.
Ce dossier a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec Unitaid.



                            


                        

                        

