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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ A dix jours de l’ouverture du festival qui se tiendra pour la première fois à Lille, du 27 avril au 5 mai, les responsables de production expliquent les différents rouages de la manifestation.
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Dans les coulisses de Séries Mania

A dix jours de l’ouverture du festival qui se tiendra pour la première fois à Lille, du 27 avril au 5 mai, les responsables de production expliquent les différents rouages de la manifestation.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 18h25
    |

                            Martine Delahaye








                        



   


Jeffrey Bledsoe et Jeanne Pélissier, directeur et directrice adjointe de production du festival Séries Mania, sont ceux qui, depuis sa naissance en 2010, prévoient et dirigent tous les postes participant à son bon fonctionnement. Entretien à dix jours de Séries Mania, qui, du 27 avril au 5 mai, s’installera pour la première fois à Lille, dans les Hauts-de-France.
Que signifie le terme « production », s’agissant d’un festival ?
Cela consiste avant tout à mettre en place et coordonner une équipe capable de faire face à tout type de problème dans l’urgence : matériel défectueux, recherche d’un invité donnant une masterclass mais introuvable ou exigence non prévue d’un studio. Les responsables de la production doivent faire en sorte que le festival fonctionne au mieux, sans que les rouages soient visibles.
Comment vous y prenez-vous ?
Bien en amont de l’événement, nous bâtissons un budget prévisionnel pour un programme qui n’existe pas encore, et sans connaître la hauteur des financements disponibles. Cette année, pour faire sortir ce festival de terre, nous avons dû très vite recruter une équipe lilloise, d’une dizaine de personnes, en plus de la petite équipe parisienne. Une fois constituée, nous avons commencé le repérage des structures culturelles à même d’accueillir tous les événements de Séries Mania. Ce qui n’a plus rien à voir avec ce que l’on faisait au Forum des images à Paris. A partir de cette édition, nous investissons une ville entière, avec des actions ou des animations dans différentes parties de Lille. Ce qui suppose beaucoup de temps passé sur le terrain.
Le dossier « anti-piratage » des séries fait-il partie de votre mission ?
Nous avons monté, pour la ville et la préfecture, un plan d’occupation de l’espace public, et avons recruté des prestataires en sécurité, qu’il s’agisse du contrôle de passage du public ou de la garde rapprochée de certains de nos invités. Sans oublier bien sûr la sécurité infrarouge : dans la mesure où la plupart des séries que nous proposons sont projetées en première mondiale, certains studios américains exigent des agents de sécurité munis de lunettes à infrarouge afin d’éviter tout piratage de leur série et leur divulgation sur Internet.

   


Beaucoup ne se joue-t-il pas pour vous le dernier mois avant l’ouverture du festival ?
Dès qu’une ébauche de programme se dessine, vers février, il s’agit pour nous de transformer ce programme en événement. Et dès que les premiers noms des invités nous sont connus, commence l’aspect plus précisément logistique de leur transport, leur hébergement, etc. Mais il est vrai que ce n’est qu’une fois la programmation définitivement établie, soit un mois avant l’ouverture du festival, que le plus gros du travail débute.
Nous devons alors organiser l’arrivée et le retour de 70 à 80 personnes du monde entier. Chacun devant disposer d’une feuille de route très détaillée (transport, hébergement, interprètes, planning des créneaux presse, coiffure, maquillage, des visites et des dîners). A quoi s’ajoute éventuellement le ou la conjoint(e), ainsi que leur entourage. C’est donc parfois tout un petit groupe qui se déplace et qu’il faut installer, certains invités venant aussi avec leur propre coiffeur ou maquilleur.
Cela vaut surtout pour les invités américains ?
Les talents américains sont souvent hyper-protégés par leur entourage, qui peut comprendre leur représentant pour la presse, leur manager, un assistant, un représentant-presse spécifique à leur série, le studio qui a produit la série, et la direction de communication de ce studio. Sans oublier les représentants de la chaîne de diffusion en France. Si on oublie un ou des membres de cet entourage, ils se rappellent à nous. Or chacun a sa propre idée de ce que l’invité de marque souhaitera pendant son séjour en France. Il est donc souvent délicat, pour nous, de déterminer ce que veut réellement la star, faute d’un coordinateur de l’ensemble de cet entourage. Un exemple : lorsque c’est nous qui leur choisissons un coiffeur et un maquilleur, il faut aussi les convaincre que ces professionnels seront parfaits pour eux, ce qui n’est pas la chose la plus aisée à faire par téléphone ou mail.

   


Le déplacement des invités de Paris à Lille en plein mouvement social de la SNCF doit être un véritable casse-tête ?
Quatre jours de grève sont prévus, sur les dix jours que dure le festival. Cela bouleverse tous nos plans. Nous devons mettre en place des solutions pour faire venir les invités comme prévu. Notre budget ne permettant pas d’envisager des hélicoptères, nous prévoyons des rotations en car jusqu’à Charles-de-Gaulle et Bruxelles, les aéroports internationaux les plus proches de Lille, et d’autres jusqu’à Paris intra-muros. C’est un énorme travail supplémentaire, alors que le dernier mois est déjà le plus chargé pour la production.
Fort heureusement, nous pouvons compter sur une très belle équipe de 150 bénévoles environ pour nous seconder. Avec l’arrivée de Séries Mania à Lille, nous avons reçu un accueil absolument extraordinaire : extrêmement chaleureux et enthousiaste, avec beaucoup de gens prêts à s’impliquer. Ce qui nous a beaucoup aidés. En fait, nous découvrons une ville qui a la culture du bénévolat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Engagé dans les Forces françaises libres pendant la seconde guerre mondiale, le résistant et père du chanteur Axel Bauer était aussi un pianiste de jazz.
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Franck Bauer, la voix de Radio Londres, est mort

Engagé dans les Forces françaises libres pendant la seconde guerre mondiale, le résistant et père du chanteur Axel Bauer était aussi un pianiste de jazz.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 18h09
    |

                            Antoine Flandrin








                        



   


« Ici Londres… Les Français parlent aux Français… » Franck Bauer prononça 578 fois ces mots célèbres sur Radio Londres. Celui qui fut la voix de la résistance contre l’occupant nazi est mort le 6 avril, au Cateau-Cambresis (Nord) à l’âge de 99 ans.
Né le 2 juillet 1918 à Troyes (Aube), Franck Bauer grandit dans une famille tournée vers l’art et la musique. Son père est architecte des monuments historiques et du diocèse, sa mère joue du piano. Jeune batteur et pianiste de jazz, Franck Bauer s’oriente vers des études d’architecture.
Sur le chantier de l’Exposition universelle de 1937, à Paris, il se fait embaucher comme assistant de l’architecte Albert Speer sur le pavillon de l’Allemagne, face à celui de l’URSS. L’expérience tourne court : son père lui ordonne de renoncer à travailler pour l’architecte d’Hitler. Franck Bauer n’ignorait pourtant rien des dangers du nazisme. En 1933, lors d’un voyage scolaire en Allemagne, il avait été frappé par l’accueil des étudiants le bras tendu au cri de « Heil Hitler ! ». « On va avoir la guerre et on va la perdre », avait-il annoncé à ses parents à son retour.
Le choix de la Résistance
Pas mobilisable au début de la guerre, il remplace des musiciens professionnels appelés sous les drapeaux dans différents orchestres à Paris. Dès que le maréchal Pétain annonce aux Français, le 17 juin 1940, la demande de l’armistice, il fait le choix de la Résistance. Avec sa sœur Denise, il traverse la France à vélo, mais celle-ci, blessée à un genou, doit se réfugier dans un presbytère. Il arrive seul au Verdon-sur-Mer (Gironde), d’où il s’embarque pour le Royaume-Uni sur un paquebot polonais, sous le bombardement de la Luftwaffe. Arrivé à Londres, il s’engage dans les Forces françaises libres (FFL).
Envoyé dans les Cornouailles, il a pour mission d’établir des relations avec les pêcheurs bretons pour organiser des passages clandestins entre l’Angleterre et la France. En novembre 1940, il part aux Etats-Unis, afin d’espionner les actions des autorités de Vichy qui s’efforcent de convaincre les marins français de la marine marchande qui s’y trouvent de ne pas rejoindre la France libre.
« Je dois dire que mon plus grand courage, pendant cette guerre, est de ne pas être resté aux Etats-Unis en 1941. Il y avait tout dans ce pays »
A New York, puis à La Nouvelle-Orléans, il en profite pour fréquenter les petits clubs de jazz et rencontrer des musiciens tels Benny Carter ou Coleman Hawkins. « Je dois dire que mon plus grand courage, pendant cette guerre, est de ne pas être resté aux Etats-Unis en 1941. Il y avait tout dans ce pays, surtout pour un jeune homme, tout ce dont on pouvait rêver : l’automobile, l’opulence… », confiera-t-il, en 1999, à Jazz Hot, revue à laquelle il contribua pendant de longues années.
« Messages personnels »
A son retour à Londres, il rejoint en mars 1941 l’équipe de Radio Londres où il devient l’un des deux annonceurs de l’émission « Les Français parlent aux Français ». De mars 1941 à avril 1943, il fait ainsi partie de cette petite équipe de journalistes qui, sur les ondes de la BBC, se relaient pour porter l’espoir durant les heures les plus sombres de l’histoire de France. Outre les « messages personnels », il assure la présentation d’une émission hebdomadaire de jazz, Radio Swing Club.
Dans 40 à Londres, l’espion qui venait du jazz (Bayard, 2004), Franck Bauer expliquera qu’avant de partir en avril 1943 à Madagascar, pour y prendre en main la radio des Français libres, il avait fait promettre à Maurice Schumann, camarade de Radio Londres, de le prévenir à temps pour prendre part au Débarquement en France. Il ne pourra réaliser ce souhait : après avoir rejoint Alger, puis l’Ecosse, Franck Bauer ne touche le sol normand qu’en juillet 1944.
Après la Libération, il part en Extrême-Orient comme reporter couvrir la guerre d’Indochine, d’abord pour Les Nouvelles du matin, puis pour l’Agence France-Presse (AFP). De retour à Paris, il devient chef de cabinet de son ancien collègue de Radio Londres, Pierre Bourdan, alors ministre de la jeunesse, des arts et des lettres (1947), puis conseiller d’Eugène Claudius-Petit, ministre de la reconstruction (1948-1953). De 1953 à 1979, il dirige Franck Bauer Conseil, cabinet de relations publiques. S’il se retire du milieu du jazz après la guerre, il n’en transmet pas moins son goût de la musique à son fils Axel, figure de la pop française.

Franck Bauer en quelques dates
2 juillet 1918 Naissance à Troyes (Aube)
1940 S’engage dans les Forces françaises libres
1941-1943 Rejoint l’équipe de Radio Londres
1943 Lance la radio des Français libres à Madagascar
1953-1979 Crée et dirige un cabinet de relations publiques
6 avril 2018 Mort au Cateau-Cambresis (Nord)





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ De Creve Coeur à Saint-Louis, dans l’Etat américain du Missouri, plongée dans le fief de la multinationale de l’agrochimie Monsanto Chemical Works.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Le théâtre avait promis une entrée gratuite à qui accepterait de porter des brassards frappés d’une croix gammée lors de la première de la pièce.
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La justice allemande refuse d’interdire une représentation théâtrale satirique de « Mein Kampf »

Le théâtre avait promis une entrée gratuite à qui accepterait de porter des brassards frappés d’une croix gammée lors de la première de la pièce.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 17h56
   





                        



   


Le parquet de Constance en Allemagne a refusé, mercredi 18 avril, d’interdire une représentation théâtrale satirique de Mein Kampf lors de laquelle une distribution de croix gammées et d’étoiles jaunes est prévue.
Selon l’agence de presse allemande DPA, le parquet a ainsi rejeté, au nom de la liberté artistique, plusieurs plaintes déposées après que le théâtre de Constance eut promis une entrée gratuite à qui accepterait de porter des brassards frappés d’une croix gammée lors de la première de la pièce, vendredi 20 avril, date de naissance d’Hitler.
A ceux qui achèteraient leur billet, « nous (…) proposons de porter une étoile de David dans l’enceinte du théâtre en signe de solidarité avec les victimes de la barbarie nationale-socialiste [nazie] », écrivent les responsables du théâtre sur leur site Internet. Les symboles nazis sont prohibés en Allemagne, mais le théâtre dit vouloir ainsi démontrer à quel point il est facile de corrompre.

        Lire aussi :
         

                Allemagne : « Mein Kampf » réédité, succès de librairie



La pièce Mein Kampf, une farce noire et grinçante du Hongrois George Tabori (1914-2007) datant de 1987, fait référence au pamphlet programmatique rédigé par Adolf Hitler lorsqu’il était en prison avant de prendre le pouvoir, en 1924-1925.
La Société germano-israélienne dans la région du lac de Constance et la Société pour la coopération judéo-chrétienne ont appelé au boycottage de la pièce. Cette polémique survient alors que les autorités allemandes s’inquiètent de la montée de l’antisémitisme.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Notre choix du soir. Le documentaire d’Alexis Marant met au jour un phénomène inquiétant qui tend à se répandre (sur France 5 à 20 h 55).
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TV – « Jeunesse à vendre » : enquête sur la prostitution des mineures

Notre choix du soir. Le documentaire d’Alexis Marant met au jour un phénomène inquiétant qui tend à se répandre (sur France 5 à 20 h 55).



Le Monde
 |    18.04.2018 à 17h45
    |

                            Camille Langlade








                        


Documentaire sur France 5 à 20 h 55



« Une pipe contre un McDo. » Voilà la transaction, effarante, à l’œuvre dans la cour du collège où travaille Nathalie, une assistante sociale, qui, comme la plupart des intervenants de ­Jeunesse à vendre, s’exprime sous couvert d’anonymat. Selon elle, la cour de récréation reste « une zone grise, loin du radar des adultes » ; là où se nouent les prémices d’un commerce sexuel de plus en plus répandu chez les jeunes.
Après s’être penché sur le rejet du sexe féminin en Asie dans La Malédiction de naître fille (2006, avec Manon Loizeau) puis aux drogués du sexe dans Sex Addicts (2015, avec Florence Sandis), Alexis Marant s’intéresse à un sujet ­tabou mais bien réel : la prostitution des mineures françaises. Celles-ci seraient toujours plus nombreuses à marchander leur corps, sans avoir conscience de leurs ­actes. Des femmes-enfants qui ­finissent par fuguer ou faire des ­allers-retours entre leur chambre d’enfant et celle d’un hôtel.
Le documentaire retrace l’histoire de plusieurs adolescentes. Parmi elles, Océane, en fugue ­depuis plus de six mois. Son père épluche tous les jours les messages d’un site d’annonces à sa ­recherche. A côté des voitures et des maisons à vendre se trouve sa fille, légèrement vêtue. Un véritable « crève-cœur » pour ce père de famille. Alexis Marant filme la ­détresse de parents désemparés mais tenaces, essayant de faire face à l’inertie des services de ­police en menant eux-mêmes l’enquête pour retrouver leur enfant.

   


Car la police peine à enrayer le phénomène, face à des jeunes filles qui se disent libres de leurs actes. « La prostitution n’est pas un délit, le proxénétisme oui », rappelle le commissaire Vianney Dyevre, de la brigade de protection des mineurs de Paris (BPM). Et dans ces cas de figure, il s’agit souvent de réseaux peu structurés, improvisés, difficiles à cibler, qui ­oscillent plus du côté de l’expérimentation que du grand banditisme. Mais les dossiers s’accumulent pour proxénétisme à la BPM.
Selon Armelle Le Bigot-Macaux, présidente de l’association Agir contre la prostitution des enfants (ACPE), entre 5 000 et 8 000 enfants se prostitueraient en France. « Tout le monde peut être ­concerné », assure-t-elle. Et cette pratique touche aussi bien les ­familles modestes que les nantis. Les jeunes filles commencent par se prostituer par « jeu », par curiosité, avant de tomber dans un véritable engrenage. Léa, 15 ans, pouvait avoir jusqu’à 10 passes par jour, à 100 euros la demi-heure, 200 euros l’heure. De quoi « s’acheter ses vêtements sans l’aide de ses parents ».
Une société hypersexualisée
Pour Hélène David, directrice adjointe de l’association Charonne, qui lutte contre la toxicomanie, ce « mal » prend racine dans la ­société hypersexualisée au sein de laquelle évoluent ces jeunes, irriguée notamment par le porno. « Le cul, le sexe, la thune », autant de valeurs véhiculées selon elle par la télé-réalité et la publicité. Et les principaux artisans de cette prostitution restent les réseaux sociaux.
Si le documentaire soulève des questions, il n’apporte pas véritablement de réponse. La solution miracle n’existe pas et les éducateurs semblent être dans une ­impasse. Jeunesse à vendre a ­cependant le mérite de suivre le parcours de ces jeunes filles sur plusieurs mois, montrant l’ampleur du phénomène.
Jeunesse à vendre, d’Alexis Marant (Fr., 2017, 70 min)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Un documentaire retrace la quête d’excellence de quatre cuisiniers, de Paris à Tokyo en passant par Madrid et Oslo (sur Canal+ à 20 h 55).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

TV – « Etoilé.e.s » : un voyage sans saveur

Un documentaire retrace la quête d’excellence de quatre cuisiniers, de Paris à Tokyo en passant par Madrid et Oslo (sur Canal+ à 20 h 55).



Le Monde
 |    18.04.2018 à 17h30
    |

            Mustapha Kessous








                        


Documentaire sur Canal+ à 20 h 55

   


Certains cherchent à décrocher la lune, eux ont la tête dans les étoiles. Et pas n’importe lesquelles : celles qui sont décernées par le fameux guide Michelin, qui distingue chaque année les meilleures tables du monde. Pour Maria Marte, Sylvestre Wahid, Yoshihiro Narisawa et Esben Holmboe Bang,ces étoiles représentent la récompense ultime, celle qui vient couronner une vie pleinement consacrée à l’art culinaire.
Pendant un an, les auteurs du documentaire Etoilé.e.s ont suivi quatre grands noms de la haute gastronomie dans leur quête d’excellence, avant de croiser le parcours de ces chefs tout au long du film. Maria Marte (2 étoiles à Madrid), Sylvestre Wahid (2 étoiles à Paris), Yoshihiro Narisawa (2 étoiles à Tokyo) et Esben Holmboe Bang (3 étoiles à Oslo) ont beau avoir des styles culinaires différents, ils partagent la même obsession pour une table sans fausse note. « La cuisine, c’est un art à réaction directe : tout de suite, tu sais si ça va plaire ou si ça va pas plaire. C’est difficile de vivre avec ça tous les jours », assure Sylvestre Wahid, chef du restaurant Sylvestre.
« Comprendre le produit »
Pas question de décevoir les clients ou les critiques. Ces cuisiniers hors pair doivent perpétuellement inventer de nouveaux plats pour continuer à ­séduire et conserver leurs étoiles, tout en « comprenant le produit », comme le martèle Esben Holmboe Bang, chef du restaurant Maaemo. Yoshihiro Narisawa ajoute : « Aujourd’hui, un chef de cuisine ne peut pas se contenter de faire des choses délicieuses, c’est fini cette époque. La prochaine étape est celle où le chef devra penser à l’environnement, beaucoup plus. »
Etoilé.e.s montre à quel point les grands cuisiniers sont obnubilés par le guide Michelin. Cela peut aller jusqu’à ne pas en dormir la nuit, comme le raconte Sylvestre Wahid, ou, à l’instar de Maria Marte, à être prêt à tous les sacrifices pour décrocher une troisième étoile.
Si le parti pris esthétique est extrêmement fort, il se fait malheureusement au détriment de la narration. Construit, sans commentaire, sur l’enchevêtrement de ces quatre parcours, ce long documentaire égare plus qu’il n’éclaire.
Etoilé.e.s, de Charlotte Altschul et Nicolas Boero (France, 2017, 110 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Si la filiation dans la musique peut être un atout pour réussir une carrière, les fils et les filles d’artistes africains reconnus doivent néanmoins se renouveler pour s’imposer.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤         

La playlist de Binetou : les dynasties musicales en Afrique, entre héritage et innovation



LE MONDE
              datetime="2018-04-18T17:00:36+02:00"

        Le 18.04.2018 à 17h00






Durée : 05:12 | 

Les grandes familles de musiciens ont toujours fasciné le public. Sur le continent africain et dans ses diasporas, les enfants des stars du soukous congolais, comme Maître Gims et Dadju, ou du mbalax sénégalais, comme Waly Seck, s’imposent aujourd’hui dans des styles musicaux très différents.
Impossible de parler de dynastie musicale africaine sans évoquer les griots d’Afrique de l’Ouest. Ce terme français issu de la colonisation se traduit par « djeli » dans la société mandingue. « Djeli » signifie « le sang » : c’est une métaphore pour désigner celui qui fait le lien entre toutes les strates de la société, à l’image du sang qui circule dans les organes.
On ne devient pas djeli, on naît djeli. Malgré cette hérédité, les djeli contemporains, comme Sidiki Diabaté, ne cessent de faire évoluer leur style musical pour s’ancrer dans leur époque.
Retrouvez sur Spotify les titres de cette playlist sélectionnés par Binetou Sylla : https://spoti.fi/2JWDeFl.
Binetou Sylla est directrice de Syllart Records, un label de musiques africaines et afro-latines basé à Paris, créé par Ibrahima Sylla en 1978. Elle décrypte pour Le Monde Afrique les nouvelles tendances musicales africaines et nous fait redécouvrir les artistes emblématiques du continent.


                

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Il y a tout juste trente ans, le 18 avril 1988, Pierre Desproges mourait d’un cancer du poumon.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ 
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<filnamedate="20180418"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180418"><AAMMJJHH="2018041819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Années 1920, Oklahoma. De riches Indiens Osages sont assassinés, jusqu’à ce que les fédéraux s’en mêle. « La Note américaine » : une part sombre de l’histoire des Etats-Unis décryptée dans un récit captivant.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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David Grann danse avec le bien et le mal

Années 1920, Oklahoma. De riches Indiens Osages sont assassinés, jusqu’à ce que les fédéraux s’en mêle. « La Note américaine » : une part sombre de l’histoire des Etats-Unis décryptée dans un récit captivant.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 17h45
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            
La Note américaine (Killers of the Flower Moon. The Osage Murders and the Birth of the FBI), de David Grann, Globe, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Cyril Gay, Globe, 352 p., 22 €.

En ce printemps 1921, le grand Wah’Kon-Tah commençait à abandonner son peuple. L’Esprit, la force mystérieuse qui habite le soleil, le Dieu de la tribu des Osages ne protégeait plus ses enfants. L’une des plus anciennes nations indiennes de l’Ouest américain était de nouveau à l’épreuve : une série de mystérieux assassinats frappait les plus riches d’entre les Osages. Et les prières adressées à Wah’Kon-Tah restaient sans suite.
Les Osages ont compté dans l’histoire des Amérindiens. A l’origine, la tribu s’étendait sur ce qui est aujourd’hui le territoire combiné de trois Etats : la Louisiane, le Missouri et le Kansas. Elle était sortie décimée des guerres contre les Blancs. La Conquête de l’Ouest l’avait chassée de ses terres. Une mauvaise paix conclue avec le gouvernement fédéral, en 1870, l’avait reléguée sur un coin de collines rocailleuses surplombant une prairie poussiéreuse, quelque part dans l’Oklahoma. L’exode et la variole avaient ramené le peuple osage à quelques dizaines de milliers d’âmes, sur cette réserve de Gray Horse, chef-lieu Pawhuska.
Des Cadillac autour des tipis
Mais les anciens avaient bien négocié : la tribu était propriétaire du sol et du sous-sol. Or Gray Horse abritait l’une des plus importantes nappes pétrolifères des Etats-Unis. Très vite, les Osages allaient devenir richissimes. Ils étaient les seuls à pouvoir accorder les droits d’exploitation sur leurs parcelles de rocaille. Au tournant du siècle, ils passaient pour disposer du plus gros revenu sur terre par tête d’habitant. Ils alignaient les Cadillac autour de leurs tipis. Ils se faisaient construire des manoirs, disposaient de serviteurs asiatiques, latinos et même blancs, allaient à l’opéra et envoyaient leurs enfants étudier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Egarées ou subtilisées, nombre d’œuvres d’art déposées dans les administrations et les collectivités françaises manquent à l’appel. Dernières en date, quatre pièces se sont volatilisées de la Chambre des députés.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤                
                                    

Ces œuvres d’art qui disparaissent des administrations françaises


                      Egarées ou subtilisées, nombre d’œuvres d’art déposées dans les administrations et les collectivités françaises manquent à l’appel. Dernières en date, quatre pièces se sont volatilisées de la Chambre des députés.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 12h15
    |

                            Roxana Azimi







A l’Elysée, à l’Assemblée, dans des ambassades, de nombreuses œuvres se sont volatilisées.
2018, volatilisation d’œuvres à l’Assemblée

   


Le 4 avril, Le Canard enchaîné a révélé que quatre œuvres accrochées dans les bureaux de l’Assemblée nationale se seraient volatilisées, selon le dernier inventaire annuel, réalisé en décembre 2017. Et non des moindres : une sculpture de Takis, deux tableaux – l’un d’Hervé Télémaque, l’autre de Richard Texier – et une gravure d’un artiste non identifié. Trois des quatre œuvres d’art ont été retrouvées, selon la présidence, confirmant une information du Canard enchaîné.
2017, pillage dans les musées niçois

   


En 2017, les conclusions d’un récolement mené sur dix ans par la Ville de Nice sont sidérantes : un millier d’œuvres des musées municipaux se seraient évanouis. Pire, un quart des collections du Musée Masséna manquent à l’appel. Fausse polémique selon la Mairie, qui estime que certaines œuvres non localisées ont pu être déplacées par les services des bâtiments communaux à l’occasion de travaux.
2014, carton plein à l’Elysée

   


En 2014, un rapport de la Cour des comptes épingle l’Elysée : 32 œuvres et quelque 625 objets auraient disparu du palais présidentiel. Il est fréquent que, à l’occasion d’un changement de bureau ou d’affectation, des conseillers embarquent ou déplacent des objets. Le ministère de l’intérieur a aussi repéré, sur le site d’enchères eBay, des services en porcelaine de la manufacture de Sèvres issus de l’Elysée.
2010, détournement de biens publics en Lozère

   


Accusée d’avoir subtilisé meubles et tableaux de son logement de fonction, l’ex-préfète de Lozère Françoise Debaisieux a été mise en examen, en 2010, pour vol et « détournement d’objets liés à sa fonction » d’une valeur de 14 000 euros. Dans le lot figuraient des fauteuils Louis XVI et des chaises Napoléon III. La majorité des objets a été restituée, mais l’intéressée a été condamnée, en 2012, à un an de prison ferme.
2006, fuites colossales à l’ambassade de France en Guinée

   


L’affaire n’a pas fait grand bruit, malgré la taille du larcin. En 2006, cinq tapisseries monumentales de deux à six mètres de large se sont volatilisées à l’ambassade de France à Conakry, en Guinée. Les représentations de la France sont particulièrement exposées au problème : 123 plaintes ont été déposées pour vol ou disparition d’œuvres d’art installées dans les ambassades.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ En métropole, le département est l’un des quatre qui doivent être aidés en priorité dans le cadre du plan « Culture près de chez vous ».
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Culture : la Moselle, une zone blanche chez les gueules noires

En métropole, le département est l’un des quatre qui doivent être aidés en priorité dans le cadre du plan « Culture près de chez vous ».



Le Monde
 |    18.04.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 12h30
    |

            Laurent Carpentier (Moselle, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Le visage rond, le débit rapide, en tee-shirt malgré la nuit qui tombe sur Metz, Christian Schnell constate : « Ça a étonné tout le monde ici que la Moselle soit classée zone blanche. Mais ça a filé une claque. » Longtemps au département, aujourd’hui directeur du pôle culture de la ville de Metz, l’homme est un fin connaisseur du territoire. « C’est en tout cas le signe d’une régression, et pour moi l’échec de l’intercommunalité, c’est là que la question doit se régler, ajoute-t-il. Mais c’est aussi celui de l’Etat. En vingt ans, j’ai connu au moins trois plans sur la ruralité. Alors que, dans le même temps, on assistait, marche après marche, à son désengagement progressif. »

Lorsque, le 29 mars, la ministre de la culture, Françoise Nyssen, présente son plan « Culture près de chez vous » visant à combattre la « ségrégation culturelle » qui serait aussi une ségrégation géographique, elle ne pense pas essuyer une salve de critiques. L’idée est louable : définir des « zones blanches » à aider prioritairement. Le ministère en a pointé 86 sur la base de moins d’un équipement culturel public pour 10 000 habitants. Quatre départements en métropole sont montrés du doigt : l’Eure, le Loiret, les Vosges et la Moselle. « Le fait que le ministère reconnaisse enfin qu’il y a un différentiel insupportable entre Paris et le reste du territoire, c’est bien, convient Pascal Mangin, responsable de la culture à la région Grand-Est. Mais il ne faut pas que le constat conduise à de mauvaises constructions. On nous montre qu’il n’y a rien, on installe un truc comme les Micro-Folies [lieux culturels de proximité inspirés par les pavillons du Parc de La Villette], on part, et de nouveau il n’y a rien… »

La Moselle. Une histoire nourrie d’exodes et de déplacements. Marquée par l’annexion allemande en 1871 qui l’a vidée de ses forces économiques et culturelles....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ L’actrice et metteuse en scène Daria Lippi et la communicante Barbara Forestier y ont créé, en 2014, avec le renfort de la comédienne Juliette Salmon, la Fabrique autonome des acteurs.
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A Bataville, un trio de choc pour ranimer une ville fantôme

L’actrice et metteuse en scène Daria Lippi et la communicante Barbara Forestier y ont créé, en 2014, avec le renfort de la comédienne Juliette Salmon, la Fabrique autonome des acteurs.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 10h39
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 10h41
    |

            Laurent Carpentier (Moselle, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Bataville, en Moselle. Au milieu de nulle part. C’est là que Tomas Bata, le fondateur de cette multinationale de la chaussure, décida en 1931 d’implanter en France l’une de ces cités productivistes dont il avait le secret (une trentaine dans le monde), avec église, piscine, stade, cantine, habitations, dans la lignée d’une architecture Bauhaus. En 2001, l’usine, qui emploie 850 salariés, ferme. Conflit social. Reste, aujourd’hui, au milieu de la campagne, une ville semi-fantôme.

C’est ici que l’actrice et metteuse en scène Daria Lippi, qui a longtemps œuvré aux ­côtés de l’homme de théâtre Eric Lacascade, et la communicante Barbara Forestier ont créé, en 2014, avec le renfort de la comédienne Juliette Salmon, la Fabrique autonome des acteurs, dans l’ancien foyer des travailleurs. Des lieux magnifiques et immenses qui ouvrent sur la campagne et que la commune a mis à disposition. Un projet utopiste sur un lieu d’utopie.
« C’est un espace de recherche fondamentale, explique Daria Lippi. La question, c’est : que fait l’acteur ? Contrairement à la danse, d’où je viens, le métier d’acteur est devenu quelque chose de très flou. D’où ce lieu conçu comme un centre de formation permanente pour poser les fondamentaux du jeu, de la scène et transposer cela en outils. »
Des artistes débarquent
Comme ce projet, financé par la Fondation Carasso, avec des éthologues de Rennes et des neuroscientifiques de Dundee (Ecosse) sur les techniques inconscientes de l’acteur pour manipuler l’empathie. Dans la foulée débarquent à Bataville, depuis quatre ans, des artistes qui filment, dansent, agitent ce monde endormi. « Quand on est arrivées, c’était du David Lynch, on croyait que c’était inhabité, on voyait juste les rideaux bouger quand on passait. On se disait : on va finir égorgées dans la forêt ! », rit Daria Lippi.
« Pour le premier rendez-vous devant la communauté de communes, il y a quatorze agriculteurs qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Un rapport interne et confidentiel, relatant des cas de harcèlement, a fuité dans la presse.
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L’Opéra national de Paris sous tension

Un rapport interne et confidentiel, relatant des cas de harcèlement, a fuité dans la presse.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 10h22
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 12h03
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

L’Opéra national de Paris est secoué par une ­affaire visant Aurélie Dupont. La divulgation, dimanche 15 avril, par Le ­Figaro, d’un rapport interne et confidentiel, mystérieusement envoyé à certains journalistes, « met en lumière la crise de confiance que traverse » la directrice de la danse, en poste depuis deux ans. A l’origine de ce document, une série de 130 questions ­envoyées aux 154 danseurs de la compagnie par la commission d’expression artistique (CEA), rassemblant quatre interprètes non syndiqués élus chaque année par la troupe – comme le veut la ­convention collective –, pour ­garantir les relations artistiques entre les interprètes et la direction.
Cette enquête était censée servir de base à un dialogue sur des sujets comme « le manque de communication, d’écoute et le fonctionnement de la troupe ». Ce sont 108 danseurs qui y ont répondu anonymement. Mercredi 11 avril, les résultats de ce sondage ont été envoyés, « bruts et sans être synthétisés », à tous les interprètes, et le soir même à quelques médias. Les mises en cause sont particulièrement lourdes : 90 % des danseurs estiment « ne pas faire l’objet d’un management de haute qualité », 77 % ­disent avoir été victimes de harcèlement moral ou avoir vu un collègue subir un tel traitement, et 26 % affirment avoir fait l’objet d’un harcèlement sexuel ou avoir été témoin d’un tel agissement.

« A l’origine, le questionnaire partait d’un bon sentiment : celui d’ouvrir une discussion autour d’un état des lieux, commente un danseur qui, comme tous ceux que Le Monde a pu joindre, a souhaité garder l’anonymat. Mais tout a dérapé avec cet envoi à la presse, qui a divisé la compagnie. Il faut rappeler qu’une majorité des interprètes y a participé. Il serait dommage de ne pas prendre en compte leurs opinions. J’étais personnellement content d’y répondre pour exprimer mon avis. Il y a une tendance à nous infantiliser...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ La Fondation Cartier, à Paris, rend hommage au Japonais, qui défie les lois de la physique.
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Junya Ishigami, l’architecture grandeur nature

La Fondation Cartier, à Paris, rend hommage au Japonais, qui défie les lois de la physique.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 09h45
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



                                


                            

Présenter ses projets d’architecture à Paris, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, ­Junya Ishigami ne pouvait rêver mieux. C’est, dit-il, le bâtiment de Jean Nouvel qu’il préfère. La raison ? La relation particulière qui se crée entre l’intérieur et l’extérieur, l’interaction que permet la transparence des principaux espaces d’exposition, ouverts sur le jardin. L’architecte japonais a toujours ­revendiqué ce libre-échange entre ses constructions et la nature. Et va même plus loin : son architecture ne s’inscrit pas seulement dans un contexte, un paysage, elle devient le paysage, qu’il s’agisse de montagne, de nuage ou de forêt.
La formule, qui nécessite de réviser son approche du fait bâti, est à prendre au sens littéral. Les dernières fois qu’il a présenté son travail en France, à Bordeaux, à Arc en rêve, ou au Centre Georges-Pompidou, à Paris, Junya Ishigami, 44 ans, avait déployé sa pensée dans des projets d’apparence ­inconcevable. La tête dans les étoiles, leur auteur semblait faire fi des lois de la physique.
Chacun des dix-sept projets présentés est en cours de construction ou doit l’être prochainement
Il définissait certains projets ­selon un rapport d’échelle qui se mesurait à la dimension de la planète. Comme, par exemple, pour la Maison du ciel bleu, où une enveloppe céleste en forme de pavillon de phonographe renversé, d’une hauteur « réellement » stratosphérique, abriterait une petite maison. « La journée, le ciel est bleu et limpide sur toute la surface du plafond, expliquait l’architecte, alors que, durant la nuit, il s’emplit d’étoiles. » Ailleurs, un escalier devenait montagne, à moins que ce ne soit l’inverse ; le Japonais s’amusait aussi, tant qu’à faire, à repenser l’organisation des planètes…
Il n’en fallait pas moins pour que ses desseins architecturaux soient fourgués au catalogue des utopies, dont on doutait qu’elles puissent un jour être réalisées. L’autre ­interrogation qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ La Semaine de la critique, la Quinzaine et l’Acid parient sur l’émergence féminine, tout en conviant des têtes d’affiche.
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Cinéma : parallèles et audacieuses sections cannoises

La Semaine de la critique, la Quinzaine et l’Acid parient sur l’émergence féminine, tout en conviant des têtes d’affiche.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 09h16
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

On connaît tout désormais, ou presque, de la programmation cannoise 2018. Après le dévoilement de la Compétition officielle par Thierry Frémaux, délégué général du Festival, voici le temps des sections dites parallèles : la Semaine de la critique présente sept longs-métrages en compétition (premiers et seconds films), l’Acid (Association du cinéma indépendant pour sa distribution) en a sélectionné neuf, et la Quinzaine des réalisateurs, festival dans le Festival qui fête cette année sa 50e édition, en propose vingt (sur un total de 1 609 longs-métrages visionnés). Pour son délégué général, Edouard Waintrop, c’est la septième et dernière édition –, il sera remplacé par l’Italien Paolo Moretti en 2019.


Waintrop finit la Quinzaine comme il l’a commencée, en mettant l’accent sur les films latino-américains, a-t-il lui-même reconnu, le 17 avril, lors de sa conférence de presse au Forum des images, à Paris. Il y aura donc un film colombien en ouverture, Pajaros de verano/Les Oiseaux de passage, de Ciro Guerra et Cristina Gallego. Puis un film espagnol, Carmen y Lola, une histoire d’amour entre deux femmes en milieu gitan, de la réalisatrice basque Arantxa Echevarria – « un pari sur un nouveau talent », a résumé Waintrop. Mais aussi un film argentin, El Motoarrebatador, d’Augustin Toscano. Puis un autre mexicain, Comprame un revolver (Buy Me A Gun), de Julio Hernandez Cordon, dans un univers oscillant « entre Peter Pan et Mad Max ». Enfin un drame brésilien, Los Silencios, deuxième long-métrage de la réalisatrice Beatriz Seigner sur fond de conflits armés colombiens, à la frontière du Brésil. La Quinzaine a reçu beaucoup de films de candidats chinois, mais un seul a été élu, The Pluto Moment, de Ming Zhang. Le décor est celui d’une forêt, et le ton serait proche d’Hong Sang-soo… Un maître de l’animation japonaise, Mamoru Hosada, présentera...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Ce jury composé de cinq femmes et quatre hommes sera présidé par l’actrice australienne Cate Blanchett. Le réalisateur canadien Denis Villeneuve en sera également membre.
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Kristen Stewart, Léa Seydoux et Robert Guédiguian rejoignent le jury du Festival de Cannes

Ce jury composé de cinq femmes et quatre hommes sera présidé par l’actrice australienne Cate Blanchett. Le réalisateur canadien Denis Villeneuve en sera également membre.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 08h30
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 08h57
   





                        


Les Français Léa Seydoux et Robert Guédiguian feront partie du jury du 71e Festival de Cannes, présidé par l’actrice Cate Blanchett, a annoncé, mercredi 18 avril, le festival de cinéma dans un communiqué.
Ce jury, composé de cinq femmes et quatre hommes, comprend également l’actrice américaine Kristen Stewart, le réalisateur canadien Denis Villeneuve, l’acteur chinois Chang Chen, la scénariste américaine Ava DuVernay, la chanteuse burundaise Khadja Nin et le réalisateur russe Andreï Zviaguintsev.
Des vétérans comme le Franco-Suisse Jean-Luc Godard et l’Américain Spike Lee, mais aussi des cinéastes sous surveillance dans leur pays comme l’Iranien Jafar Panahi et le Russe Kirill Serebrennikov seront en compétition lors de ce 71e Festival, dont la sélection officielle a été dévoilée la semaine dernière et qui s’ouvrira le 8 mai. Le palmarès du jury sera dévoilé le 19 mai.

        Lire aussi :
         

                Festival de Cannes 2018 : Jean-Luc Godard, Spike Lee et Asghar Farhadi en compétition



Présidé l’année dernière par l’Espagnol Pedro Almodovar, Cannes avait attribué la Palme d’or au film The Square du Suédois Ruben Östlund.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Susanna Nicchiarelli retrace la dernière année de la vie de la chanteuse sans sacrifier à l’iconographie rock.
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« Nico, 1988 » : le crépuscule d’une légende underground

Susanna Nicchiarelli retrace la dernière année de la vie de la chanteuse sans sacrifier à l’iconographie rock.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 08h12
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 11h31
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Christa Päfggen est née en 1938, deux semaines après les accords de Munich. Elle est morte d’une chute à vélo, un après-midi d’été à Ibiza, à peine un demi-siècle plus tard, en 1988, un an avant la chute du mur de Berlin. Entre les deux dates, la petite fille qui avait fui Cologne pour échapper aux bombardements s’était fait mannequin, à Berlin puis à Paris. Devenue Nico, elle passe dans La Dolce Vita et atterrit au milieu des années 1960 à New York, où elle est embauchée dans la Factory d’Andy Warhol, qui en fait, au grand dam de Lou Reed, la chanteuse du Velvet Underground. La gloire du groupe (dont Nico est éjectée après la sortie du premier album, en 1967) est si confidentielle qu’on peine à décerner le douteux titre de rock-star à la chanteuse.
Il faut convenir qu’elle est devenue une légende underground et elle consacrera les deux décennies suivantes à l’édification de ce mythe, marchande ambulante d’une musique funèbre et parfois sublime, muse de générations entières de rebelles (punk, new wave). Il lui fallait aussi survivre, échapper à la misère matérielle et à son addiction à l’héroïne.
Mieux vaut se familiariser avec cet itinéraire avant de rencontrer la Nico du film de Susanna Nicchiarelli, interprétée par Trine Dyrholm. C’est une femme prématurément vieillie, dont le discours mêle les traces d’une enfance en Allemagne nazie (poussées d’antisémitisme) et le souvenir d’une gloire passée. C’est la mère rongée par la culpabilité d’Ari Boulogne, un enfant qui a été élevé par les parents d’Alain Delon, qui ne l’a jamais reconnu, un garçon fragile. C’est aussi, et surtout, une artiste qui tente de préserver son art de ses propres faiblesses et de la brutalité du monde.
Instantané et masque mortuaire
Appliquant à la lettre le programme énoncé dans son titre, Nico, 1988 suit pas à pas les dernières tribulations de la musicienne pour en faire un portrait qui tient à la fois de l’instantané et du masque mortuaire. Embarquée par son manageur britannique, ici baptisé Richard (John Gordon Sinclair), dans une tournée sans fin, on la voit passer de soirées catastrophique, comme cette étape mélancolique et dérisoire dans une station balnéaire italienne, en moments fulgurants – un concert à Prague, sous le nez des bureaucrates d’un régime à l’agonie.
Le terme de composition conviendrait assez bien au travail de l’actrice danoise Trine Dyrholm, vue, entre autres, chez Thomas Vinterberg (elle a obtenu un prix d’interprétation à Berlin pour son travail dans La Communauté), s’il n’impliquait pas une part de calcul. Or l’interprète se jette dans le personnage avec une absence de retenue et une témérité admirables. Les ingrédients du personnage, l’enfant gâtée (dont on soupçonne qu’elle fait des caprices pour effacer les privations de ses premières années), la mère indigne mais aimante, la musicienne inconstante traversée de temps à autre par l’inspiration, l’idole adorée pour de mauvaises raisons font mieux que s’additionner : elles constituent un portrait dont on ne saura jamais – à moins d’avoir rencontré Nico – s’il est ressemblant, mais dont on est sûr qu’il constitue un formidable personnage de cinéma.
On sent la réalisatrice en terrain connu et pourtant, elle ne se départ jamais d’un étonnement bienveillant
Susanna Nicchiarelli filme les rituels du rock – les tournées, les interviews, la recherche de substances stupéfiantes en milieu hostile – en se plaçant à une distance inédite : on sent la réalisatrice en terrain connu et pourtant, elle ne se départ jamais d’un étonnement amusé et bienveillant. Les mystères de la gestion des droits d’auteur empêchent Trine Dyrholm de chanter autre choses que des classiques (Nature Boy) ou des pastiches du style de Nico (on n’entendra jamais les remarquables compositions de ses albums solos), ce qui n’empêche pas le film de toucher, presque incidemment, à la vérité de la vie en tournée. L’ennui généré par le perpétuel recommencement, les rivalités qui valent souvent celles de la plus mesquine des bureaucraties, tout est capturé par la réalisatrice pour mieux mettre en lumière la naissance, certains soirs, d’une musique unique, qui ne reviendra jamais.
Filmé presque brutalement par la chef opératrice Crystel Fournier (Bande de filles), Nico, 1988 ne sacrifie jamais à l’iconographie rock tout en approchant la réalité de cette musique comme rarement on l’a fait au cinéma.

Film italien de Susanna Nicchiarelli. Avec Trine Dyrholm, John Gordon Sinclair, Anamaria Marinca (1 h 33). Sur le Web : kinovista.com/film/nico-1988 et www.new-story.eu/films/nico-1988



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ La réalisatrice Eloïse Lang met en scène un trio d’actrices dans une comédie très bien interprétée.
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« Larguées » : le burlesque en rythme et au féminin

La réalisatrice Eloïse Lang met en scène un trio d’actrices dans une comédie très bien interprétée.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 08h10
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Rose et Alice (Camille ­Chamoux et Camille ­Cottin), deux sœurs que tout sépare, décident de s’occuper de leur mère Françoise (Miou-Miou), qui vient de se faire larguer par leur père, parti avec une femme beaucoup plus jeune. L’opération de sauvetage consiste à l’emmener dans un camp de ­vacances situé sur l’île de La Réunion pour qu’elle puisse se changer les idées. Si l’idée part d’une bonne intention, Françoise a du mal à s’extirper de sa ­dépression, et les trois ­femmes, de tempéraments très différents, vont devoir apprendre à ­cohabiter harmonieusement pendant ces ­quelques jours ponctués par de nombreuses rencontres.
Il faut patienter pour voir le film basculer dans une voie beaucoup plus personnelle et étonnante
Après le succès de la minisérie ­­Con­n­asse, et son adaptation cinématographique Connasse, princesse des cœurs, Eloïse Lang ­retrouve sa vedette Camille ­Cottin, rejointe par l’humoriste et ­actrice Camille Chamoux pour un ­remake d’une comédie ­suédoise. Si Larguées peut d’abord donner le sentiment de se tenir sagement dans les clous de la comédie formatée, il faut patienter pour voir le film basculer dans une voie beaucoup plus personnelle et étonnante.
Cette franche et modeste réussite tient à des ­qualités pourtant ­essentielles que l’on croise de moins en moins dans le genre pourtant très technique de la comédie burlesque : le sens du rythme, un véritable souci d’écriture qui ne se ­limite pas à enchaîner les gags, et une capacité à ­instiller ­continûment le chaos au sein de son dispositif. On doit cette ­électricité à son tandem d’actrices ­attachantes et enfantines qui, depuis ­quelques années, ont ­permis de renouveler l’image que l’on pouvait se faire du corps ­comique féminin.
Loin de la ringardise ambiante
Survoltées et pleines d’autodérision, Camille Chamoux et ­Camille Cottin réussissent un numéro d’équilibriste qui consiste à être à la fois archétypal (l’une est trop sage, l’autre excessivement ­délurée) et ­réaliste, et à porter à bout de bras un scénario chargé en catastrophes, gags et autres péripéties burlesques.
Autour d’elles et de Miou-Miou, incarnant une indécrottable dépressive, s’agglutine également toute une galerie d’acteurs savamment choisis et charismatiques (Johan Heldenbergh, Thomas Scimeca), à qui quelques scènes suffisent pour marquer le film de leur présence. Si Larguées ne restera pas forcément dans les mémoires pour son sens de la mise en scène – très limité –, on est néanmoins pris d’une franche sympathie ­devant cette comédie habitée par un véritable amour des acteurs et qui s’établit loin de la ­ringardise ambiante.

Film français d’Eloïse Lang. Avec Camille Chamoux, Camille Cottin, Miou-Miou, Johan Heldenberg, Thomas Scimeca, Olivia Côte (1 h 32). Sur le Web : www.pathefilms.com/film/larguees et fr-fr.facebook.com/LargueesLeFilm



                            


                        

                        


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« Mes provinciales » : un bel endormi happé par la ville

Le neuvième long-métrage de Jean-Paul Civeyrac est la version filmée d’un roman d’apprentissage.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 08h09
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 08h38
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Le roman français par ­excellence n’est-il pas, en quelque sorte, celui de la « montée » à Paris, cette ville monstre que l’on dompte ou qui nous dévore ? C’est le chemin que prirent, en leur temps, le ­Lucien de Rubempré de Balzac ou le Frédéric Moreau de Flaubert, et la tradition littéraire dans ­laquelle s’inscrit, pour son nouveau film, le cinéaste Jean-Paul Civeyrac. Comme si, ­par-delà les époques, persistaient de grands invariants, de grandes structures d’expériences que nous sommes tous amenés à traverser. Mes provinciales, neuvième long-métrage d’une filmographie marquée au sceau du sensible, affiche tout du moins l’ambition romanesque de plonger ses personnages étudiants dans le temps long et exfoliant de la formation, et d’observer ce qui, peu à peu, en chacun d’eux, se transforme ou se maintient.
« Provinciales » donc, car c’est de sa province, plus précisément de Lyon, qu’Etienne (Andranic Manet) se lance pour entreprendre des études de cinéma à l’université Paris-VIII Saint-Denis, laissant derrière lui sur le quai de la gare ses parents et sa petite amie. Colocation, soirées, cours, nouvelles amours, nouveaux ­trajets, discussions à bâtons rompus, petits boulots… et le ­tégument adolescent d’Etienne se défait à mesure que la grande ville lui entre dans la peau.
L’amitié, surtout, avec Jean-Noël (Gonzague Van Bervesselès) et Mathias (Corentin Fila), deux camarades de classe, fait table rase dans sa vie : cinéphiles purs et durs, ils se flairent et se ­reconnaissent, forment une « bande à part », crâne et immodeste, imbibée de films, d’idées, de poésie et de musique. « Provinciales » enfin, parce que l‘ouvrage épistolaire de Pascal, déniché chez un bouquiniste, ­devient le nouveau viatique d’Etienne, prônant une intransigeance janséniste dans un monde où grouillent les « petits arrangements ». Jusqu’à sa rencontre avec Annabelle (Sophie Verbeeck), activiste humanitaire révoltée, qui lui en remontre en termes d’accord concret entre la parole et les principes.
Interférence des temps
A quel temps appartiennent ces jeunes gens romantiques et ces filles de feu, inconditionnels de Bach, de Novalis et de Gérard de Nerval ? A la jeunesse éternelle, au Paris des années 1970 et du Diable probablement (1977) de Robert Bresson, ou à l’époque contemporaine ? Ce qu’attestent la présence des smartphones ou certaines références à l’actualité (la campagne d’Emmanuel ­Macron) est sans cesse antidaté par l’usage d’un noir et blanc atemporel, qui semble ressusciter les figures d’un passé encore proche, spectres du bouillonnement culturel et politique de l’après-Mai 68. Mes provinciales tire toute son originalité, et peut-être aussi son caractère « hors-sol », de cette drôle d’interférence des temps, annonçant que les époques révolues se rejouent continûment dans l’apprentissage des jeunes générations.
Ainsi le film se montre à la fois étonnamment attentif à la ­spécificité d’une certaine jeunesse (les évocations des Femen ou des ZAD) et rêvant à travers elle à autre chose : une pérennité, un vœu de beauté reconduit de génération en génération. Sa grande question est celle, bien connue, vertigineuse, de la ­croisée des chemins : à aspirations égales, pourquoi finit-on par devenir ce que l’on ne se doutait pas être ? A ce titre, Civeyrac fait de son protagoniste, Etienne, un caractère certes sensible, mais peu brillant, un bel endormi, souvent saisi en posture allongée, gagné par la lassitude ou le sommeil.
Sa grande question : à aspirations égales, pourquoi finit-on par devenir ce que l’on ne se doutait pas être ?
C’est sans doute là la plus belle part du film : Etienne se révélant un jeune homme happé par les « soleils » dans les orbites desquels il gravite. Comme ­l’impétuosité et le charisme de Mathias, modèle d’exigence artistique, mais aussi mirage insaisissable, qui apparaît et disparaît de manière imprévisible, puis explose en plein vol. Ou la témérité sans partage d’Annabelle, qui trouve, elle, la force d’agir, face aux trois étudiants absolutistes qui s’abreuvent de paroles.
La parole, jusque dans son ­dogmatisme, est peut-être le véritable sujet du film : comment elle constitue un monde en soi, une alcôve protectrice, un refuge qui retarde l’inévitable (l’âge adulte, les compromissions). C’est par son exercice seul que l’on devient, selon le rêve des ­personnages – et d’après les Lettres luthériennes, de Pasolini – « continuellement irreconnaissable, éternellement contraire ».

Film français de Jean-Paul Civeyrac. Avec Andranic Manet, Gonzague Van Bervesselès, Corentin Fila, Diane Rouxel, Jenna Thiam, Sophie Verbeeck (2 h 17). Sur le Web : www.arpselection.com/category/tous-nos-films/drame/mes-provinciales-428.html et www.filmsdulosange.fr/fr/film/244/mes-provinciales



                            


                        

                        


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« My Wonder Women » : Wonder Woman a deux mamans et un papa

Angela Robinson filme la genèse de l’héroïne de comics, entre comédie de spéculation et désir de transgression.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 08h08
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Quels que soient les défauts de My Wonder Women, le film d’Angela Robinson a le mérite d’offrir une conversation inédite, qui rassemblerait les féministes et les geeks, deux communautés qui ne s’adressent pas souvent la parole. En exhumant, sur les traces de la journaliste Jill Lepore qui y a consacré un ouvrage, la genèse de Wonder Woman, l’héroïne de bande dessinée qui vient de connaître un succès planétaire grâce à Patty Jenkins, Gal Gadot et la maison Warner, Angela Robinson, qui est également l’auteure du scénario, explique aux premières que les comics furent le vecteur d’une propagande clandestine en faveur de l’égalité des genres, et aux seconds que leur art favori n’est pas forcément destiné à la célébration de la virilité triomphante.
Dans cette version de l’histoire de Wonder Woman, la superhéroïne naît non pas d’un père et d’une mère, mais des tribulations d’un trio amoureux, qui s’est formé sur un campus du nord-est des Etats-Unis, au temps du New Deal. Là, le professeur William Marston (Luke Evans) et son épouse et collaboratrice Elizabeth Holloway (Rebecca Hall) embauchent une étudiante, Olive Byrne (Bella Heathcote) pour les aider dans leurs recherches, consacrées, pour l’essentiel à l’élaboration d’un détecteur de mensonge.
Les premières séquences de My Wonder Women atteignent un équilibre exquis, entre la comédie et la spéculation historique et philosophique. Le professeur Marston est un homme qui exerce son charme à bon escient sur ses ouailles (l’action est située à Radcliffe, établissement pour jeunes filles, jumelé avec Harvard, c’est l’une des nombreuses libertés que le scénario prend avec les faits, Marston enseignait dans un établissement bien moins prestigieux).
Scènes gentiment érotiques
Olive Byrne est d’abord séduite par l’universitaire, puis mortifiée lorsque l’épouse de ce dernier lui demande de promettre qu’elle ne « baisera pas son mari ». Dans le rôle d’Elizabeth Marston Holloway, Rebecca Hall fait un dragon très attrayant, dont on sent bien que l’agressivité n’est pas mue par la jalousie, mais par des pulsions plus positives. Elizabeth est tombée amoureuse d’Olive, et réciproquement. Quant à William, il ne demande qu’à répartir équitablement ses inépuisables provisions de désir et d’affection. Olive, dont la blondeur pourrait faire croire à l’innocence, révèle à ses amants qu’elle est la nièce de Margaret Sanger, mère fondatrice du féminisme moderne aux Etats-Unis (ce fait-là est exact).
Les efforts du trio pour parvenir à un modus vivendi donnent lieu à une succession de scènes gentiment érotiques, à des heurts avec les autorités, progrès et revers qui sont généralement traités sur un ton presque badin, auquel contribuent les acteurs, qui semblent s’amuser comme rarement. Mais on est à la fin des années 1930 et le manque de discrétion du trio lui vaut d’être expulsé de l’éden universitaire. Etablis dans une banlieue new-yorkaise, l’étudiante, la chercheuse et le professeur y fondent une famille (chacune des femmes donne naissance à deux enfants) dont la structure est dissimulée au voisinage par un voile de pieux mensonges. Dans le même temps, le trio découvre les joies du bondage et du sadomasochisme (et c’est en mettant en scène cette initiation que la douceur extrême qui règne sur My Wonder Women atteint ses limites) Pour arrondir des fins de mois bien difficiles, William Marston propose ses services à un éditeur de comics, qui accepte d’éditer les aventures de Wonder Woman.
Les yeux des spectateurs de 2018 se dessillent alors, aidés par un montage très pédagogique
Les yeux des spectateurs de 2018 se dessillent alors, aidés par un montage très pédagogique : tout ce qui fait la singularité de l’héroïne – le mystère de son identité, sa propension à se faire ligoter, les propriétés divinatoires de son lasso – trouve son explication dans l’épopée amoureuse à laquelle son créateur a pris part. Le film prend alors un tournant plus sombre : on est arrivé à l’immédiat après-guerre et les comics qui ont diverti les GI et les femmes américaines qui ont pris leur place dans les usines ont mauvaise presse. Anticipant un peu la vraie répression qui s’est abattue sur la bande dessinée (elle a pris toute son ampleur en 1954), le scénario montre William Marston comme une victime par anticipation (il est mort en 1947) de la réaction des années Eisenhower.
Ce ne sont pas tant les libertés que prend My Wonder Women avec la chronologie, ou le rapport des forces en présence qui entravent les efforts d’Angela Robinson pour approcher la vérité de ces trois êtres hors du commun. C’est plutôt son parti pris de réaliser un film normal sur la transgression. On devine bien l’envie d’attirer un public non averti vers les sexualités alternatives, à la manière de Marston glissant son discours féministe et érotique dans les cases de Wonder Woman. Mais on ne peut s’empêcher de penser que cette anomalie séduisante appelait un film hors normes.

Film américain d’Angela Robinson. Avec Luke Evans, Rebecca Hall, Bella Heathcote (1 h 48). Sur le Web : www.facebook.com/marstonmovie et professorm.movie



                            


                        

                        

