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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ La CGT et Solidaires ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle jeudi, dont le mot d’ordre est la « convergence des luttes » contre la politique du gouvernement.
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Grèves : RATP, énergies, fonctionnaires… la contestation sociale gagne de nouveaux secteurs

La CGT et Solidaires ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle jeudi, dont le mot d’ordre est la « convergence des luttes » contre la politique du gouvernement.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 18h12
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 18h33
   





                        


La « convergence des luttes » tant attendue des syndicats est-elle en train de se mettre en place ? Alors que les cheminots de la SNCF entament, mercredi 18 avril, leur quatrième séquence de grève contre la réforme ferroviaire, de nouveaux secteurs se lancent dans le mouvement de contestation : la RATP, les électriciens ou encore les fonctionnaires.
Ces nouveaux foyers de contestation apparaissent alors que la CGT et Solidaires ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle jeudi, dont le mot d’ordre est la « convergence des luttes » contre la politique du gouvernement.

        Lire l’entretien avec Philippe Martinez :
         

          « Macron doit descendre de son piédestal »



RATP : préavis de grève pour la fin de semaine
Les lignes A et B du RER, cogérées par la SNCF et la RATP, en Ile-de-France, vont être perturbées dans les prochains jours. Quatre syndicats de la RATP – CGT, UNSA, SUD et FO – ont en effet déposé un préavis de grève. Celui de la CGT court de mercredi 22 heures jusqu’à samedi 7 heures.
Dans un communiqué sur la « Journée de convergence des luttes », le premier syndicat du secteur dénonce « une politique sociale quasi au point mort, une politique salariale qui impacte négativement la rémunération pérenne des agents, des suppressions de postes par centaines qui génèrent des dégradations importantes de conditions de travail ».

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          SNCF, la contestation d’usagers s’organise



Ce mouvement de grève est également lié à celui des cheminots de la SNCF. Pour la CGT, la réforme de l’entreprise publique ferroviaire aura « inévitablement et de manière indiscutable des impacts pour la RATP ». Pour se faire entendre et défendre « la double question de la défense du service public et des conditions de sa réalisation », une manifestation est organisée jeudi après-midi devant la gare Montparnasse.
De son côté, FO, l’UNSA et SUD ont également déposé un préavis pour jeudi, mais sans appeler à la grève, afin de permettre aux agents qui le souhaitent de participer au rassemblement.
Les usagers des métros et tramways devraient toutefois être peu touchés par ce mouvement de grève, avance la direction de la RATP. Le trafic sera ainsi « normal » dans les métros et les tramways, « quasi normal » dans les bus. En revanche, il sera perturbé sur la ligne A du RER avec trois trains sur quatre (un sur deux sur la branche Cergy-Poissy, exploitée par la SNCF), ainsi que sur la ligne B, avec un RER sur deux et un changement de train nécessaire en gare du Nord pour accéder à la zone SNCF.
Etant gérées par l’entreprise publique ferroviaire, les lignes RER C, D et E seront touchés par la grève SNCF. 
Energie : la CGT prévoit « des coupures ciblées » jusqu’à la fin de juin
Les électriciens et les gaziers de la CGT appellent également à « la convergence des luttes » pour bloquer la politique menée par le gouvernement. Pour cela, la FNME-CGT (Fédération nationale des mines et de l’énergie CGT), première organisation syndicale dans le secteur de l’énergie, a ainsi annoncé mercredi son intention de faire grève jusqu’à la fin de juin, avec plusieurs actions ciblées.
La fédération énergie souhaite notamment « un nouveau service de l’électricité et du gaz », a expliqué à l’Agence France-Presse Sébastien Menesplier, secrétaire général de la CGT-Mines-énergie.
Ces actions peuvent être « des coupures ciblées en direction des entreprises où les employeurs licencient » ou « criminalisent l’action syndicale », a-t-il avancé, citant Carrefour en exemple. « Des actions en direction des usagers pour ceux qui ont subi des coupures d’énergie » à la suite notamment d’impayés sont également envisagées, ainsi que « des basculements d’heures pleines en heures creuses » pour faire baisser la facture des usagers, a-t-il ajouté. D’autres « temps forts » sont prévus les 24 et 26 avril, ainsi que le 1er mai, les dates suivantes restant encore à déterminer, a prévenu M. Menesplier.

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          Non, le gouvernement n’a pas annoncé vouloir limiter le droit de grève



Et dans une interview au Parisien, ce dernier explique également vouloir mener des actions conjointes avec les cheminots :
« Lorsque nous avons appris que Guillaume Pepy [président de la SNCF] voulait mettre sur les rails deux cents TGV supplémentaires pour assurer les départs en vacances, nous avons réfléchi à la manière dont nous pourrions intervenir. Sur les lignes, mais aussi dans les gares. Pas forcément pour que ces TGV ne roulent pas, mais au moins pour leur faire prendre du retard. »
Sur Franceinfo, mercredi matin, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a dit regretter ce nouveau foyer de contestation. Couper l’électricité d’entreprises « qui ne vont pas bien et donc qui licencient, je ne suis pas sûr que ça améliorera la situation, a-t-il critiqué. Ce n’est sans doute pas la meilleure des manières d’aider cette entreprise et d’aider ses salariés ».
Fonctionnaires : les syndicats souhaitent une mobilisation « dans la durée »
Comme lors de la journée de mobilisation du 10 octobre, les neuf syndicats représentant la fonction publique ont lancé un appel unitaire pour un nouveau rassemblement le 22 mai. Ils appellent également à soutenir tous les mouvements de contestation qui ont lieu dans les services de la fonction publique (hôpitaux, ministère de l’économie et des finances, Météo France…).
L’intersyndicale espère « faire encore mieux que le 22 mars », journée d’actions à laquelle seuls sept d’entre eux avaient appelé, et qui avait réuni entre 32 500, selon la préfecture, et 40 000 fonctionnaires, selon la CGT à Paris. Rejoints ce jour-là par les cheminots, les syndicats souhaitent que le 22 mai soit cette fois « dédié » à la fonction publique. « Nous appelons l’ensemble des personnels à se réunir partout où c’est possible » en « assemblées générales », a expliqué Denis Turbet-Delof (Solidaires).

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Réformes sociales : la mobilité des fonctionnaires encouragée



Les syndicats de la fonction publique dénoncent la réforme du gouvernement, qui prévoit la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires sur cinq ans, ainsi que des restructurations touchant aux instances de représentation du personnel, au statut, à la rémunération et aux modalités de recrutement.
L’intersyndicale souhaite que la mobilisation se poursuive « dans la perspective du fameux rendez-vous salarial » annuel, avancé cette année à la mi-juin – au lieu d’octobre habituellement – par le gouvernement à la demande des syndicats.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ De Creve Coeur à Saint-Louis, dans l’Etat américain du Missouri, plongée dans le fief de la multinationale de l’agrochimie Monsanto Chemical Works.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Endettés en dollars, les groupes peinent à rembourser leurs crédits, détenus à 80 % par des banques turques.
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En Turquie, la chute de la monnaie pénalise les entreprises

Endettés en dollars, les groupes peinent à rembourser leurs crédits, détenus à 80 % par des banques turques.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 18h00
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

Malgré un taux de croissance record, 7,4 % pour 2017, soit le plus élevé des pays du G20, l’économie turque est entrée en zones de turbulences, menacée de surchauffe, selon le Fonds monétaire international. Largement vantée par le président Recep Tayyip Erdogan, en campagne électorale pour la présidentielle de 2019, cette forte croissance, tirée par la consommation et le crédit, est source d’inquiétudes.
Principal souci, la livre turque (TL) n’arrête pas de se déprécier. La monnaie locale a perdu près de 43 % de sa valeur face au dollar depuis le putsch manqué de juillet 2016, en raison, notamment, du déficit de la balance courante et d’une inflation à deux chiffres (10,26 % en février), loin de l’objectif de 5 % affiché par la banque centrale. « La hausse des risques géopolitiques dans notre région explique en grande partie cette situation. A cela, s’ajoute la réduction du bilan de la Réserve fédérale [Fed, banque centrale américaine] ainsi que la hausse de ses taux, qui entraînent une dépréciation de la monnaie de la plupart des pays émergents », explique Seltem Iyigün, économiste de l’assureur-crédit Coface à Istanbul.
Zümrüt Imamoglu, économiste à la Tüsiad, l’équivalent turc du Medef, déplore l’inaction de la banque centrale, peu encline à juguler la hausse des prix. « Cela fait bien longtemps que l’inflation gagne du terrain. Si le gouvernement et la banque centrale avaient pris des mesures pour l’enrayer, la livre turque n’en serait pas là. »

Ce retour de l’inflation rappelle l’instabilité économique et politique qui prévalait au début des années 2000, ce qui est un mauvais point pour le gouvernement islamo-conservateur. Par ailleurs, l’investissement étranger est inférieur de moitié à ce qu’il était il y a dix ans.
Plusieurs holdings turques ont demandé des reports
Autant de tendances négatives que le président Erdogan veut à tout prix corriger, alors que trois scrutins se profilent en 2019 :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Le trafic sera encore très perturbé au deuxième jour de la quatrième séquence de grève contre la réforme ferroviaire.
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Grève à la SNCF : un TGV sur trois et deux TER et Transilien sur cinq circuleront jeudi

Le trafic sera encore très perturbé au deuxième jour de la quatrième séquence de grève contre la réforme ferroviaire.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 16h28
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 18h46
   





                        


Le trafic sera encore très perturbé à la SNCF, jeudi 19 avril, au deuxième jour de la quatrième séquence de grève contre la réforme ferroviaire, avec un TGV sur trois ainsi que deux TER et Transilien sur cinq, a annoncé la direction mercredi.
Identiques à celles publiées pour mercredi, les prévisions de trafic pour jeudi annoncent également un train Intercités sur quatre, selon le groupe. A l’international, il y aura trois trains sur quatre « en moyenne » : quatre Eurostar sur cinq, un train Lyria sur trois, tandis que le trafic des Thalys sera « quasi normal », selon la SNCF. Le groupe prévoit de faire circuler « 250 TGV » jeudi.

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En Ile-de-France, les lignes exploitées par la SNCF en commun avec la RATP seront aussi touchées jeudi par un appel à la grève lancé par quatre syndicats de cette régie de transports en commun. Selon la direction de la RATP, le trafic sera ainsi perturbé sur la ligne B du RER, avec un train sur deux et un changement de train nécessaire en gare du Nord pour accéder à la zone SNCF. Sur la ligne A du RER, trois trains sur quatre sont prévus, avec un sur deux pour la branche Cergy-Poissy, exploitée par la SNCF.
Les agents de la RATP sont appelés à la grève notamment à l’occasion de la journée de mobilisation interprofessionnelle jeudi à l’appel de la CGT et de Solidaires, mais aussi pour des motifs propres à l’entreprise.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Un amendement, adopté lors de l’examen du texte en commission des affaires économiques, entend renforcer l’efficacité du dispositif de sanctions prévues par la loi Sapin 2.
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Vers des sanctions accrues contre les groupes agroalimentaires qui ne publient pas leurs comptes

Un amendement, adopté lors de l’examen du texte en commission des affaires économiques, entend renforcer l’efficacité du dispositif de sanctions prévues par la loi Sapin 2.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 16h13
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 16h32
   





                        



   


Les entreprises comme Lactalis ou Bigard sont prévenues : dans le cadre de l’examen du projet de loi agriculture et alimentation, les députés ont décidé en commission, mercredi 18 avril, que les groupes agroalimentaires qui ne publient pas leurs comptes annuels seront davantage sanctionnés.
Un amendement, adopté lors de l’examen du texte en commission des affaires économiques, entend renforcer l’efficacité du dispositif de sanctions prévues par la loi Sapin 2. Porté par l’élu MoDem Richard Ramos, il était cosigné par plus de 60 députés issus des sept groupes politiques et du Front national.

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Un dispositif « insuffisant »
Avant la loi Sapin 2, toute infraction à l’obligation de déposer ses comptes pouvait être sanctionnée d’une amende de 1 500 euros, portée à 3 000 euros en cas de récidive. La loi Sapin 2 a prévu que le président de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires puisse « saisir le président du tribunal de commerce afin que ce dernier adresse à la société une injonction de le faire à bref délai sous astreinte ».
Jugeant ce dispositif « insuffisant », l’amendement adopté supprime l’intervention du président de l’Observatoire et confie directement au président du tribunal de commerce la mission d’adresser à ces sociétés des injonctions sous astreinte. L’astreinte peut aller jusqu’à « 2 % du chiffre d’affaires journalier moyen » par jour de retard.
En janvier, le même amendement avait été soumis au vote dans le cadre de l’examen du projet de loi sur le droit à l’erreur, mais il n’avait pas été adopté, le gouvernement renvoyant alors au texte porté par le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert.
Refus de publier les comptes
En septembre 2017, Maxence Bigard, fils du PDG du numéro un français de la viande, Jean-Paul Bigard, avait provoqué un tollé lors d’une audition en refusant de répondre aux questions des députés, notamment sur la non-publication des comptes de son entreprise.
Interrogé par la même commission, un représentant du grand groupe laitier Lactalis avait également fermement refusé à la mi-septembre la divulgation des comptes du groupe. Depuis, l’entreprise a déposé les comptes de plusieurs dizaines de ses sociétés, mais pas les comptes consolidés du groupe.
Les députés avaient examiné mercredi à la mi-journée un tiers des plus de 1 800 amendements au projet de loi, un record. Le texte arrivera dans l’Hémicycle à compter du 22 mai.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Malgré son taux historiquement bas, le compte d’épargne rémunéré protège mieux les épargnants de l’inflation que ses cousins européens, selon une étude.
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Rémunération du livret A : les Français ne sont pas si mal lotis par rapport à leurs voisins européens…

Malgré son taux historiquement bas, le compte d’épargne rémunéré protège mieux les épargnants de l’inflation que ses cousins européens, selon une étude.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 16h05
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 16h20
    |

                            Aurélie Blondel








                        



   


Un tout petit 0,75 %. Soit le niveau le plus bas de son histoire. C’est le taux de rémunération du livret A depuis la mi-2015, et cela le restera, au moins, jusqu’à 2020. Ainsi en a décidé le gouvernement en fin d’année dernière, par arrêté. Alors que ce taux est habituellement revu deux fois l’an, en fonction, notamment, de l’inflation, ce gel a été décidé dans l’attente d’une « réforme pérenne » de la formule de calcul, annoncée pour l’après-2020.

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De quoi faire grincer les dents des épargnants, dans un contexte où l’inflation grimpe légèrement et alors que les montants placés sur ce fameux livret A ont atteint 276,4 milliards d’euros en février. C’est 381,1 milliards, même, en comptabilisant les sommes du LDDS (livret de développement durable et solidaire). Mais les Français ne sont pas si mal lotis en matière de rendement de l’épargne, révèle une étude publiée mardi 17 avril.
Une rémunération négative partout
« Les taux administrés du livret A et des produits apparentés ont permis de mieux protéger les revenus de l’épargne des ménages en France que dans la plupart des autres pays de la zone euro », explique en effet Eric Dor, directeur des études économiques à l’Ieseg School of Management.

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A partir des données de la Banque centrale européenne (BCE), il a comparé les taux de rendement moyens des dépôts d’épargne français (livret A, LDDS, livret d’épargne populaire et livrets ordinaires, principalement) à ceux des autres pays de la zone euro. Les taux nominaux bien sûr, c’est-à-dire les taux affichés, mais surtout les taux réels : ce que rapportent les livrets si on déduit l’inflation.
Sans surprise, le taux réel de rémunération moyen est négatif dans tous les pays étudiés, ce qui veut dire que la valeur des sommes placées diminuera cette année si on prend en compte la hausse générale des prix telle qu’elle est anticipée pour 2018 dans chaque pays.
La France à la troisième place
Mais la France affiche un taux réel de rémunération de - 0,81 %, contre - 1,06 % en moyenne pour la zone euro. Parmi les treize pays étudiés, elle se place troisième. C’est l’Italie qui s’en sort le mieux, avec - 0,05 %, devant Chypre (- 0,59 %). La Lettonie est en revanche le pays où les épargnants sont le moins bien protégés de l’inflation, avec un taux réel à - 3,05 %.

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« On a particulièrement bien limité les dégâts en France, où le taux d’intérêt réel est moins négatif que chez la plupart des autres pays de la zone euro, note M. Dor. La France est donc un des pays de la zone euro où les ménages perdent le moins de pouvoir d’achat sur leurs dépôts d’épargne. C’est évidemment à cause du taux des livrets A maintenu à 0,75 % par les pouvoirs publics, ce qui a également provoqué, par concurrence, un certain maintien des taux des autres catégories de dépôts d’épargne. »
L’Italie en tête
Pour Eric Dor, le bon niveau de la protection italienne s’explique cependant en partie par la mauvaise santé des banques du pays. « Il y a une corrélation entre le niveau des taux de rémunération offerts et la fragilité des banques. Les plus fragiles sont celles qui ont le plus besoin de financement et qui sont donc les plus susceptibles de proposer des taux élevés pour attirer les clients. Je n’ai pas pu recueillir auprès de la BCE les données pour l’Espagne et le Portugal, mais les chiffres dont je dispose laissent penser que ces pays sont dans la même configuration que l’Italie. Ce qui confirmerait ce lien entre fragilité de l’environnement bancaire et niveau de rémunération. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Benoît Assemat, inspecteur général de santé, explique dans une tribune au « Monde » que la résurgence des scandales alimentaires est due au cloisonnement des services de contrôle, au niveau national.
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Sécurité alimentaire : « Les autorités de contrôle ne se sont pas adaptées »

Benoît Assemat, inspecteur général de santé, explique dans une tribune au « Monde » que la résurgence des scandales alimentaires est due au cloisonnement des services de contrôle, au niveau national.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 16h00
    |

Benoît Assemat (Conseiller sécurité sanitaire à l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice/INHESJ)







                        



                                


                            

Tribune. La confiance de nos concitoyens dans leur alimentation s’érode un peu plus à chaque nouvelle crise. Le baromètre annuel de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) montre que les risques liés à l’agriculture et à l’alimentation sont globalement perçus par les Français comme étant élevés. Ils ont par ailleurs faible niveau de confiance dans l’action des autorités de contrôle.
La commission d’enquête parlementaire chargée de tirer les enseignements de l’affaire Lactalis doit permettre d’analyser le fonctionnement des systèmes de contrôle et de proposer une gouvernance plus efficace du dispositif de sécurité sanitaire de la chaîne agroalimentaire.
Cette situation n’est pas liée à une dégradation de la sécurité de la chaîne agroalimentaire. Elle s’explique par notre rapport intime à l’alimentation, avec une conséquence particulière au regard des autres biens de consommation : le fait d’avoir été trompé sur la qualité ou les caractéristiques d’un aliment suscite toujours une forte indignation et ravive un sentiment de défiance de la part de nos concitoyens.
« En tuyau d’orgue »
Or, les scandales alimentaires sont de plus en plus fréquents. Comment l’expliquer ? La raison principale est simple : les filières alimentaires sont devenues un terrain favorable au développement de nouvelles formes de délinquance. La pression toujours plus forte sur les prix et la complexification des circuits commerciaux, dans le cadre d’une mondialisation des échanges de matières premières agricoles, permettent à des opérateurs peu scrupuleux de gagner beaucoup, tout en prenant peu de risques.
Le dernier rapport de l’OCDE sur le commerce des biens de contrefaçon montre que le secteur alimentaire fait partie, avec l’électronique et les médicaments, des trois secteurs clairement ciblés par le crime organisé. Dans ce nouveau contexte, la sécurité de la chaîne alimentaire ne peut être assurée qu’en associant aux enjeux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ En affirmant être responsable des contenus publiés sur ses plates-formes, Mark Zuckerberg met fin au statut d’hébergeur, considère l’avocate Zoé Vilain, dans une tribune au « Monde ».
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« Facebook est un média au même titre que les autres éditeurs »

En affirmant être responsable des contenus publiés sur ses plates-formes, Mark Zuckerberg met fin au statut d’hébergeur, considère l’avocate Zoé Vilain, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    18.04.2018 à 15h00
    |

Zoé Vilain (Avocate en droit des nouvelles technologies)







                        



                                


                            

Tribune. Lors de son audition devant le Congrès, le 11 avril, Mark Zuckerberg a déclaré : « Je suis d’accord sur le fait que nous sommes responsables du contenu. » Par cette réponse claire et univoque à l’une des questions qui lui étaient posées par les parlementaires américains, le PDG de Facebook a-t-il durablement ébranlé le statut des plates-formes d’hébergement en ligne ? Depuis fin 2014, le réseau social permet à ses utilisateurs de publier des vidéos et est devenu une des plates-formes les plus consultées au monde, avec plus de 4 milliards de contenus mis en ligne par jour.
La question de savoir si Facebook est responsable des contenus (photos, vidéos, écrits) est cruciale pour les ayants droit. Le nombre d’usagers qui mettent en ligne des vidéos dont ils ne détiennent pas les droits de propriété intellectuelle est très important et représente une perte de revenus non négligeable pour l’industrie audiovisuelle et musicale.
Rassurer le grand public
Jusqu’à présent, Facebook se présentait comme une plate-forme technologique, ce qui lui permet de bénéficier de facto du statut d’hébergeur et ainsi de ne pas être responsable pour les contenus publiés par ses utilisateurs.
Par ce statut prévu par la loi américaine (proche de celui de la loi française de 2004 pour la confiance dans l’économie numérique), un site Internet qui a le statut d’hébergeur n’est pas responsable des contenus générés par les utilisateurs, à moins que le côté illicite du contenu ait été porté à sa connaissance.

La demande de retrait, qui ne peut être effectuée que par les ayants droit ou leurs mandataires, doit répondre à un certain formalisme. Pour certaines sociétés qui ont de grands catalogues de films, musiques, et séries, cela représente des équipes entières dévolues aux demandes de retrait sur YouTube ou Facebook.
Alors pourquoi ce revirement ? Dans une très mauvaise passe depuis le scandale Cambridge Analytica,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Deux ans après avoir acquis l’entreprise française spécialisée dans la santé numérique, le groupe finlandais, en difficulté, souhaite s’en séparer.
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Nokia met en vente la start-up de santé connectée Withings

Deux ans après avoir acquis l’entreprise française spécialisée dans la santé numérique, le groupe finlandais, en difficulté, souhaite s’en séparer.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 15h00
    |

                            Yassine El Azzaz








                        



                                


                            

La greffe n’a pas pris. En difficulté sur le marché prometteur de la santé connectée, Nokia s’apprête à se séparer de Withings, une start-up française installée à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Selon nos informations, des entreprises françaises, européennes ainsi que Google et Samsung, qui développent une large panoplie d’objets connectés, seraient en lice pour la reprise de Withings. Dans un marché qui nécessite des moyens colossaux pour accompagner le lancement de nouveaux produits, ces derniers font office de favoris.
Si l’identité du repreneur demeure inconnue, il devrait néanmoins débourser une somme bien inférieure aux 170 millions d’euros versés par Nokia en 2016. En octobre 2017, l’entreprise finlandaise a ainsi annoncé, dans son rapport financier trimestriel, avoir surévalué les actifs de Withings d’un montant avoisinant les 140 millions d’euros.
Bercy et le secrétariat d’Etat chargé du numérique suivent de près l’avancée des négociations autour de ce dossier stratégique, qui dépasse les enjeux liés à la santé publique et au maintien de près de 200 postes en France. « Les secteurs liés à l’intelligence artificielle, surtout dans le domaine de la santé, sont d’une importance primordiale, explique une source proche du dossier. Pour assurer les meilleurs services, il faut des entreprises qui soient à la source des données. Withings est de cette trempe-là. A l’heure où l’intérêt des Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft pour le secteur de la santé se confirme, il faut que l’Europe s’active pour rester dans le jeu. »
Considérée comme un fleuron de la French Tech
La direction de Nokia France refuse, pour le moment, de commenter les informations. Acquise par le géant finlandais en avril 2016 et rebaptisée Nokia Health depuis, Withings a mis sur le marché des pèse-personnes connectés, des montres et des bracelets permettant de mesurer l’activité physique en visualisant les données relatives...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ La thématique de l’environnement a le vent en poupe dans le monde de la gestion collective, selon une étude de Novethic. Elle reste cependant très marginale
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Les fonds de placement se mettent au vert

La thématique de l’environnement a le vent en poupe dans le monde de la gestion collective, selon une étude de Novethic. Elle reste cependant très marginale



Le Monde
 |    18.04.2018 à 14h13
    |

            Joël Morio








                        



   


Les encours des sicav et des fonds communs de placement (FCP) « verts » ont fortement progressé (49 %) entre 2016 et 2017 en Europe, selon une étude de Novethic, un cabinet d’expertise spécialisé dans la finance durable, rendue publique mercredi 18 avril. Ils s’élevaient à la fin 2017 à 32,2 milliards d’euros.
La croissance de ces produits privilégiant les thématiques environnementales s’accélère après les effets de la crise financière de la fin des années 2000, qui avait eu pour conséquence le tassement des en-cours et du nombre de fonds commercialisés. Elle est quatre fois plus importante que celle de l’ensemble des fonds du Vieux Continent.

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La progression des en-cours des produits de placement verts s’explique par un effet de performance (10,3 % en moyenne sur un an) pour un volume de 3 milliards d’euros, mais surtout par une collecte qui a atteint 7,2 milliards en d’euros en 2017. « Malgré cette croissance, ces produits ne représentent que 0,3 % des en-cours de sicav et de FCP en Europe », pointe toutefois Dominique Blanc, directeur de la recherche de Novethic.
Le marché des fonds verts est porté par les pays pionniers de l’investissement responsable comme la France (32 % des en-cours) et la Suisse (30 %), qui a développé très tôt une offre environnementale. A l’inverse, l’Allemagne a pris un certain retard dans ce domaine avec seulement 7 % des en-cours, soit le poids des Pays-Bas ou de la Suède.
Attractivité croissante
Le suisse Pictet et les français BNP Paribas et, dans une moindre mesure, Amundi gèrent à eux seuls plus du tiers des fonds verts. Cependant, la présence de l’anglo-saxon BlackRock, ou celle du belge KBC AM, dont le fonds KBC Eco Fund Water a collecté à lui seul 280 millions d’euros, montre que la thématique environnementale a le vent en poupe chez les gérants de fonds.
« Nos analyses du marché des fonds verts européens nous permettent de mesurer l’attractivité croissante de produits financiers qui permettent d’intégrer une dimension environnementale dans sa stratégie d’investissement », souligne Anne-Catherine Husson-Traore, directrice générale de Novethic. « On peut constater l’impérative nécessité de donner plus d’ampleur à ce type de placements pour répondre à la demande croissante non seulement des investisseurs institutionnels mais aussi des épargnants soucieux de contribuer au financement de la transition de l’Union européenne vers une économie bas carbone. »

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A la fin 2017, la thématique de l’eau représentait 11,3 milliards d’euros, suivie de celle de l’environnement (10,5 milliards d’euros), puis de celle du climat (3,9 milliards d’euros). Les fonds dits « low carbon » ont, quant à eux, atteint 2,7 milliards d’euros. Leurs en-cours ont presque doublé en un an grâce à une forte collecte.
Cependant, ces produits misent sur les sociétés ayant la meilleure pratique en ce qui concerne les émissions de carbone, pas forcément les moins polluantes…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ L’entreprise affiche une bonne croissance et de solides marges bénéficiaires à l’approche de la cession des parts de l’Etat.
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La Française des jeux sort ses atouts avant la privatisation

L’entreprise affiche une bonne croissance et de solides marges bénéficiaires à l’approche de la cession des parts de l’Etat.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 14h00
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

Tout pour séduire, ou presque. Première entreprise susceptible d’être privatisée par Emmanuel Macron – avec Aéroports de Paris –, La Française des jeux (FDJ) a dévoilé, mercredi 18 avril, ses comptes de l’année 2017. Ceux grâce auxquels l’Etat espère attirer les investisseurs en masse. Ils montrent une entreprise globalement en grande forme, rentable et en expansion, même si elle conserve quelques points faibles. « Deuxième loterie européenne, la FDJ continue d’améliorer ses performances », et elle est « prête à relever les défis » d’un secteur en pleine évolution, assure sa présidente, Stéphane Pallez, qui se prépare à mener la privatisation.
En un an, le bénéfice net de la société a progressé de 3 %, à 181 millions d’euros. En retenant les multiples auxquels sont actuellement valorisés en Bourse la loterie grecque OPAP et le groupe IGT, qui contrôle l’une des deux loteries italiennes, La Française des jeux pourrait ainsi valoir quelque 3,1 milliards d’euros. De quoi augurer d’une opération à succès, si le gouvernement lance effectivement son projet, dont le principe devrait être soumis au Parlement en mai, dans le cadre de la prochaine loi « plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises » (Pacte).
« Dans la maison, certains pensent déjà faire la culbute, grâce au fonds commun de participation propriétaire de 5 % du capital », confie un salarié de Vitrolles (Bouches-du-Rhône), l’une des principales implantations de La Française des jeux. La perspective de la privatisation excite aussi les actionnaires d’IDSUD, une vieille maison marseillaise qui détient 2,6 % de l’exploitant du Loto, une participation obtenue dans les années 1970. Grâce à ce précieux ticket, l’action d’IDSUD a presque triplé en un an et demi, et se négocie au plus haut niveau de son histoire.
« Une structure financière solide »

Le dispositif précis de la privatisation n’est pas arrêté. Cependant, le scénario se...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Interpellé par des cheminots, le chef de l’Etat a tenté de les convaincre de la nécessité de la réforme de la SNCF, et leur a enjoint de ne pas prendre « tout le monde en otage ».
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SNCF : Emmanuel Macron pris à partie lors d’un déplacement dans les Vosges

Interpellé par des cheminots, le chef de l’Etat a tenté de les convaincre de la nécessité de la réforme de la SNCF, et leur a enjoint de ne pas prendre « tout le monde en otage ».



Le Monde
 |    18.04.2018 à 13h07
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 14h00
    |

            Bastien Bonnefous








                        



   


Le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, a été pris à partie par des manifestants dès son arrivée à la mairie de Saint-Dié-des-Vosges, mercredi 18 avril au matin, au deuxième jour de sa visite dans les Vosges, après un discours prononcé mardi matin devant le Parlement européen, à Strasbourg.
Derrière les applaudissements de ses partisans, les sifflets et les huées ont fusé. L’endroit avait pourtant été circonscrit, et une manifestation de cheminots tenue à distance dans le quartier par les forces de l’ordre.
« La dette, c’est la vôtre, c’est celle de l’Etat, c’est pas le statut des cheminots ! », lance un cheminot au président. M. Macron tente d’argumenter : « Je n’ai jamais dit que le statut était la cause de la dette. Mais si on veut avancer, on a besoin de réformer. »
« Je vais toujours au contact, les yeux dans les yeux. Cette réforme, on en a besoin. Je viens pour parler, mais les sifflets, je n’accepte pas. Ceux qui veulent le désordre et la violence, je n’ai rien à leur dire. »
« On va pas se laisser faire »
En plus de la SNCF, le président est aussi interpellé sur les retraites, la CSG, les Ehpad… « Je ne suis pas une machine à recevoir toutes les récriminations », rétorque-t-il. Sous les huées, il tente de s’expliquer sur la réforme du groupe ferroviaire, largement adoptée mardi soir en première lecture par l’Assemblée nationale : « On reprendra le maximum de la dette en fonction de l’accord qui sera signé. On va réinvestir sur les petites lignes, j’en prends l’engagement. Mais ne prenez pas tout le monde en otage. » Ce à quoi un manifestant lui répond : « Ne dites pas ça, on prend personne en otage ! On n’est pas en Syrie ou en Afghanistan ! On n’est pas des terroristes ! »
Lorsque le président est sorti en fin de matinée de la mairie, où lui avait été présenté le projet de revitalisation du centre-ville, les cheminots étaient encore là, criant « cheminots en colère, on va pas se laisser faire ! ».




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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Le groupe nordiste poursuit ses investissements dans le cadre de sa stratégie de développement sur le marché de la nutrition et de la santé.
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Lesaffre, numéro un mondial de la levure, multiplie les acquisitions

Le groupe nordiste poursuit ses investissements dans le cadre de sa stratégie de développement sur le marché de la nutrition et de la santé.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 13h00
    |

                            Laurie Moniez (Marcq-en-Barœul, Nord)








                        



                                


                            

Comment un champignon microscopique, qui ne dépasse pas les 6 à 8 millièmes de millimètre, peut-il générer un chiffre d’affaires annuel de 2 milliards d’euros ? Bienvenue chez Lesaffre, leadeur mondial sur le marché de la levure de panification et des extraits de levure. Ce groupe familial français indépendant fête ses 165 ans en 2018. Louis Pasteur, le pionnier de la microbiologie, a identifié la levure comme responsable de la fermentation, mais c’est Louis Lesaffre et son ami Louis Bonduelle (à l’origine de l’empire légumier) qui ont su cultiver la levure, vivante, fragile, imprévisible, pour en bâtir un empire.
Plus d’un siècle et demi après sa naissance, – à l’origine sous la forme d’une distillerie de grains et de genièvre à Marquette-lez-Lille (Nord) –, le groupe Lesaffre continue de gonfler comme une pâte à pain. Cet acteur mondial dans les domaines des levures et de la fermentation a annoncé, le 11 avril, une prise de participation majoritaire au capital de la société Rayen Food Industries, située en Tunisie et spécialisée dans la production de levure de boulangerie. En février, le groupe Lesaffre rachetait l’usine serbe d’Alltech spécialisée dans les extraits de levure. A l’été 2017, il investissait dans Intralytix, une société de biotechnologies américaine, avec l’objectif de développer et de commercialiser des produits bactériophages bénéfiques à la santé humaine.
10 500 salariés
L’entreprise familiale nordiste – et ses 10 500 salariés (dont 2 600 en France) – n’en finit plus de grossir et, surtout, de se diversifier. Lesaffre s’est appuyé sur sa maîtrise des technologies de la fermentation pour investir les marchés des probiotiques, de la protection des plantes ou de l’alimentation animale. A titre d’exemple, la levure vivante est un probiotique utilisé chez les animaux comme une alternative naturelle à l’emploi systématique des antibiotiques.
Chez l’homme, la levure et ses dérivés sont utilisés dans des compléments alimentaires....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Une technopole, un quartier d’affaires, un centre-ville : l’opération d’aménagement de la plaine du Var sort de terre, mêlant projet urbain et développement économique.
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Avec le gigantesque projet de l’Eco-Vallée, Nice rêve d’industrie

Une technopole, un quartier d’affaires, un centre-ville : l’opération d’aménagement de la plaine du Var sort de terre, mêlant projet urbain et développement économique.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 12h40
    |

            Grégoire Allix (Nice, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Ce sera le nouveau joyau de Nice la belle : un modèle de « ville méditerranéenne du XXIe siècle », une architecture à l’élégance retenue, soulignée par un ou deux immeubles spectaculaires, un quartier écologique ponctué de places ombragées, habité par la nature, peuplé de petits commerces et de lieux festifs, coiffé d’un réseau de jardins potagers suspendus où partager la merenda, ce casse-croûte niçois… Le projet Joia Méridia, proposé par Pitch Promotion et Eiffage Immobilier avec un attelage de sept architectes, doit devenir le cœur et la vitrine de l’Eco-Vallée de la plaine du Var, dans les Alpes-Maritimes.
Ce gigantesque aménagement est censé tout à la fois accomplir la mutation de Nice d’une économie de rente vers une industrie productive, offrir un « terrain de jeux » aux entreprises du développement durable et doter la métropole d’un nouveau centre géographique, en inventant une déclinaison contemporaine de l’art de vivre niçois. Vaste programme qui, pour ses opposants, se résume à une de ces colossales opérations immobilières dont la Côte d’Azur a le secret. Au total, 300 millions d’euros d’argent public et 2 milliards d’investissements privés, dont 900 millions d’euros de projets déjà engagés. A terme, l’Eco-Vallée doit héberger 50 000 emplois et 30 000 habitants supplémentaires.
Pour l’heure, vue depuis les coteaux boisés, la plaine du Var apparaît comme une couverture rapiécée. Sur la rive gauche du fleuve qui serpente entre des bancs de cailloux, cinq kilomètres séparent les pistes en bord de mer de l’aéroport Nice-Côte d’Azur de la membrane translucide du stade Allianz Riviera : un patchwork d’édifices disparates, de dépôts sauvages, de champs en friches, d’infrastructures routières, de concessionnaires automobiles, de hangars… et de grues au travail. C’est sur ces 350 hectares que se concentre l’essentiel des aménagements.
Marier l’économie et l’écologie
Lancée il y a dix ans, l’opération entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Les MOF ont manifesté devant l’Assemblée nationale mardi. Ils craignent « un nivellement des épreuves vers le bas » et l’arrivée de financeurs privés.
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Vent de fronde chez les Meilleurs Ouvriers de France

Les MOF ont manifesté devant l’Assemblée nationale mardi. Ils craignent « un nivellement des épreuves vers le bas » et l’arrivée de financeurs privés.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 12h30
    |

            Laurence Girard








                        


Les Meilleurs Ouvriers de France (MOF) sont en colère. D’ordinaire habitués à concocter desserts ou plateaux de fromages dans leur atelier, ils ont décidé de descendre dans la rue pour se faire entendre. Ainsi, ils avaient choisi de manifester devant l’Assemblée nationale, mardi 17 avril. A la tête de la fronde, Christian Janier, maître fromager-affineur à Lyon et président de la classe MOF Fromager.
Ce défenseur des fromages artisanaux au lait cru, qui exporte ses sélections jusqu’au Japon, porte le col bleu-blanc-rouge, signe de sa distinction, depuis 2000. En février, à l’occasion du Salon de l’agriculture, il a rajouté du noir. La couleur des nuages qui, selon lui, assombrissent l’avenir d’un concours que beaucoup de pays nous envient et « qui fait rayonner la France à l’étranger ». L’occasion de lancer son mouvement de protestation « 100 MOF en colère ! » avec sa page Facebook.
Les MOF en colère
M. Janier exprime deux craintes. La première, « un nivellement des épreuves vers le bas ». Un comble pour un diplôme qui, depuis 1924, prône l’excellence. Et ce dans de nombreux domaines, car si les MOF de la gastronomie sont les plus médiatisés, la distinction concerne de nombreux secteurs industriels. « Nous avons dû réécrire huit fois les épreuves, explique-t-il. Le comité d’organisation des expositions du travail [COET], l’association qui organise le concours, veut le rendre plus accessible. »
Autre motif d’inquiétude : l’arrivée de financeurs privés. En l’occurrence, la chaîne de distribution allemande Metro. « C’est comme demander à Ikea de sponsoriser le concours du meilleur menuisier de France », s’insurge M. Janier, même s’il se refuse à stigmatiser l’entreprise en tant que tel mais fustige le principe. « On n’a jamais vu un CAP ou un BTS financé par une marque », s’exclame-t-il.
Les MOF en colère ont trouvé une écoute auprès de Richard Ramos. Le député MoDem du Loiret a promis de poser une question au ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, mercredi dans l’Hémicycle. En espérant que l’autorité de tutelle remette de l’ordre dans les cuisines des MOF…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Pour profiter du retour de la croissance, la France doit sortir enfin d’une logique de court terme en matière de dépenses publiques, estime Xavier Ragot, président de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), dans une tribune au « Monde ».
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Réduction de la dette publique et baisse du chômage « brossent enfin un tableau de sortie de crise en France »

Pour profiter du retour de la croissance, la France doit sortir enfin d’une logique de court terme en matière de dépenses publiques, estime Xavier Ragot, président de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    18.04.2018 à 12h26
    |

                            Xavier Ragot (Directeur de recherche au CNRS et président de l’Observatoire français des conjonctures économiques)








                        



                                


                            

Tribune. L’on ne sait décidément pas se féliciter des rares bonnes nouvelles. La croissance plus élevée qu’attendu en 2017 permet de trancher un débat important. Il y avait bien un déficit de demande en France. Ce constat est une bonne nouvelle aussi bien pour la croissance que pour les finances publiques. Il doit nous permettre de sortir d’une lecture comptable de court terme des dépenses publiques pour enfin dessiner des projets cohérents de modernisation de notre Etat-providence.
Il y a encore un an, les perspectives de croissance pour 2017 étaient de 1,5 % et avaient été jugées juste plausibles par le Haut Conseil des finances publiques. La croissance est de 2 % pour 2017. Les prévisions de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) sont de 2 % de croissance en 2018 et du même ordre en 2019. Cette croissance montre que le tissu productif français est moins abîmé par la crise que les plus pessimistes ne le pensaient. La croissance est bien supérieure à la croissance potentielle et sans tensions inflationnistes. Ce qui indique donc une insuffisance de la demande.
Les comptes de l’Etat s’améliorent. Le déficit public décroît plus rapidement qu’attendu, à 2,6 % en 2017, car les impôts augmentent plus vite que la croissance en période de reprise. Les chiffres 2018 et 2019 seront probablement bons même si l’on tient compte du coût de bascule du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisse de charge en 2019. Ils devraient être sous les 2,4 % du PIB.
Retour de la croissance
La France est donc engagée dans une stratégie de réduction de la dette publique et cela est souhaitable. Sans choc majeur, la dette publique devrait passer sous la barre des 90 % du PIB à l’horizon 2022, selon à la fois le gouvernement et l’OFCE, bien que les prévisions de croissance soient un peu différentes pour la fin du quinquennat. Enfin, le chômage devrait baisser progressivement pour passer sous la barre des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Le groupe est entré en négociations exclusives avec Lagardère pour racheter ses magazines en France et reprendre ses radios dans plusieurs pays de l’est de l’Europe.
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Czech Media Invest, numéro un de la presse en République tchèque

Le groupe est entré en négociations exclusives avec Lagardère pour racheter ses magazines en France et reprendre ses radios dans plusieurs pays de l’est de l’Europe.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 12h17
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        


Czech Media Invest (CMI), avec lequel le groupe Lagardère a annoncé, mercredi 18 avril, être entré en négociations exclusives pour lui céder ses magazines en France, dont Elle, domine le marché de la presse en République tchèque.
Son actionnaire majoritaire est un jeune milliardaire, Daniel Kretinsky, qui dirige l’un des groupes énergétiques les plus importants du pays, EPH. Il possède 50 % des parts et avait déjà racheté plusieurs journaux autrefois détenus par la joint-venture des groupes suisse Ringier et allemand Axel Springer, selon un rapport de Reporters sans frontières. Il détient aussi le plus gros club de football, l’AC Sparta Prague.

        Lire aussi :
         

                Lagardère négocie la vente de sa presse magazine, dont « Elle » et « Télé 7 jours », à un groupe tchèque



Un pluralité fragilisée
Le financier slovaque Patrik Tkac (40 %) et l’homme d’affaires Roman Korbacka (10 %) se sont associés à lui et leur branche presse regroupe quatre quotidiens, dont l’influent tabloïd Blesk, mais aussi Aha ! et Sport, ainsi que des dizaines de magazines et de sites Internet. CMI compte aussi racheter les radios de Lagardère en République tchèque, Pologne, Slovaquie et Roumanie, ce qui ferait de lui le leadeur de la bande FM en Pologne et en République tchèque. Il est en tête dans l’édition et la distribution de livres à Prague.
Ce rachat annoncé fragilise encore la pluralité dans les pays ayant rejoint l’Union européenne depuis 2004 et qui subissent actuellement un processus de concentration très rapide, consécutif au départ massif des grands groupes d’Europe occidentale. Il y a quelques années, la presse en République tchèque était contrôlée à 80 % par des investisseurs étrangers, essentiellement allemands. Elle est désormais détenue par plusieurs oligarques, dont Andrej Babis, un populiste qui a gagné les législatives en octobre et qui tente depuis de former un gouvernement, en coalition avec les sociaux-démocrates.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Le droit de ne pas être joignable en dehors de son temps de travail est en pleine évolution dans les accords d’entreprise, explique le juriste Jean-Emmanuel Ray.
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Se déconnecter au bureau

Le droit de ne pas être joignable en dehors de son temps de travail est en pleine évolution dans les accords d’entreprise, explique le juriste Jean-Emmanuel Ray.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 12h13
    |

                            Jean-Emmanuel Ray (Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Question de droit social. Avec la loi du 8 août 2016, la France avait été le premier pays du monde à légiférer sur le droit à la déconnexion, avec des commentaires pas toujours très amènes à l’étranger sur l’air du Droit à la paresse (paru en 1880), de Paul Lafargue, gendre de Karl Marx.
Mais aujourd’hui, à New York et au Québec, en Belgique ou en Suisse, fleurissent des projets identiques, avec parfois sanctions pénales à la clé. Si l’on oublie la « journée sans mail », qui a presque disparu, ou l’interdiction désormais partout rappelée de l’utilisation du téléphone à partir d’un véhicule, même « momentanément arrêté sur une voie de circulation » (Cass. crim. 23 janvier 2018), ce droit « de ne pas être joignable en dehors de son temps de travail » (accord Manpower, 13 novembre 2017) est en pleine évolution dans les accords d’entreprise.

On distingue trois modèles.
– Le plus volontariste : la sensibilisation des clients et prestataires, avec rappel des règles internes de déconnexion et du droit de non-réponse en dehors des heures de joignabilité. Mais mieux vaut être donneur d’ordre que fournisseur…

– Les plages de déconnexion sur le temps de travail : l’accord signé chez Enedis en mars 2018, souligne qu’elles permettent de « préserver les salariés des sursollicitations numériques, de favoriser la concentration et la gestion d’activités sur un temps dédié et continu » ; celui du Credit Agricole Consumer Finance, du 2 décembre 2017, rappelle qu’il convient d’« éviter de regarder ses messages (…) pendant les réunions, quelle qu’en soit la forme : présentielle, vidéo ou téléphonique ».
« Un principe de bienséance et de respect »
Un autre accord signé le 16 janvier 2018 chez Saint-Maclou revient, lui, aux fondamentaux. Evoquant « un principe de bienséance et de respect », il indique que « le fait d’être dérangé en réunion, lors...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Travailler moins et vivre plus: la libération du travail n’est plus un slogan politique. La question qui semble concerner tous les actifs est au cœur de trois ouvrages.
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Des salariés bientôt libérés et délivrés?

Travailler moins et vivre plus: la libération du travail n’est plus un slogan politique. La question qui semble concerner tous les actifs est au cœur de trois ouvrages.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 12h02
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Adam troque un emploi très prenant de programmateur informatique pour un poste de professeur d’anglais à temps partiel au Japon avec, à côté, un petit boulot de programmateur en indépendant. Samantha, avocate spécialisée dans la propriété intellectuelle, quitte tout pour mener une vie plus tranquille comme serveuse à temps partiel et enseignante à domicile. Larry, travailleur social, demande à ses chefs de réduire son temps de travail d’une heure par jour.
Adam, Samantha et Larry ne sont pas des militants engagés, animés par une mission ou un programme politique particulier. Il s’agit d’individus ordinaires, partageant « le simple désir de travailler un peu moins et de vivre un peu plus », relate David Frayne. La libération du travail n’est plus un slogan politique : la question semble concerner tous les actifs. Elle est au cœur de trois ouvrages : Fuck Work !, de James Livingston (Flammarion, 224 p., 10 €), Le Refus du travail, de David Frayne (Détour, 300 p., 22 €), et Libérer le travail, de Thomas Coutrot (Seuil, 320 p., 20 €).
Chômage de masse, insécurité professionnelle et travail précaire « font de l’emploi une source de revenus, de droits et d’appartenance sociale de moins en moins fiable », résume David Frayne. « Souffrance au travail et destruction écologique ont la même source : une organisation néotaylorienne du travail focalisée sur le rendement financier et indifférente à ses autres effets. Cette machine à extraire le profit écrase le travail vivant : celui qui mobilise notre corps, nos sens, notre intelligence, notre sensibilité, notre créativité, notre empathie et fait de nous, dans l’épreuve de la confrontation au monde, des êtres humains », abonde Thomas Coutrot.
Gauche et droite s’accrochent au plein-emploi
Le marché du travail « ne fonctionne plus, et ne peut être réparé », tranche James Livingston. L’historien, professeur à l’université de Rutgers (New Jersey),...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ L’emploi a-t-il un effet sur la santé ? La réponse est oui, sans ambiguïté, pour le pire (accidents, burn-out, etc.) et pour le meilleur, expliquent les économistes Thomas Barnay et Florence Jusot. Et vice versa.
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Soigner le capital santé

L’emploi a-t-il un effet sur la santé ? La réponse est oui, sans ambiguïté, pour le pire (accidents, burn-out, etc.) et pour le meilleur, expliquent les économistes Thomas Barnay et Florence Jusot. Et vice versa.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 11h49
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 18h34
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            

Le livre. Préserver l’état de santé profite à la dynamique du marché du travail, « en particulier dans un contexte de vieillissement de la population ». C’est la conclusion à laquelle arrivent les professeurs d’économie Thomas Barnay (université Paris-Est-Créteil) et Florence Jusot (université Paris-Dauphine), dans Travail et santé. Ce nouvel essai de la collection « Sécuriser l’emploi », aux Presses de Sciences Po, fait un état des lieux des travaux économiques menés depuis dix ans sur les liens de causalité entre santé et travail.
L’emploi a-t-il un effet sur la santé ? La réponse est oui, sans ambiguïté, pour le pire (accidents, burn-out, etc.) et pour le meilleur. En France, « un doublement des revenus est associé à une réduction de 43 % de la probabilité de décéder dans l’année », donnent-ils en exemple. Mais, « outre le revenu qu’il engendre, l’emploi permet de bénéficier plus facilement d’une assurance-santé », rappellent Thomas Barney et Florence Jusot. Or, en France, « l’accès aux soins reste très dépendant de la possession d’un contrat de couverture complémentaire santé et de sa qualité ». Même si la santé dépend de nombreux paramètres, les soins préventifs ou curatifs aident à la préserver.
Un bilan sans surprise
La deuxième partie de l’ouvrage expose les effets de la santé sur l’emploi. « Un mauvais état de santé initial est associé à un doublement du risque de sortie de l’emploi quatre ans plus tard », écrivent les auteurs. Certaines de leurs remarques peuvent laisser sceptique, lorsqu’ils affirment que « le temps consacré aux soins pour recouvrer la santé augmente le sentiment de bien-être associé à ces soins », qui conduirait « l’individu à préférer réduire son offre de travail, à salaire espéré constant »…
La « littérature économique » recensée par cet essai confirme un bilan sans surprise : les problèmes de santé...




                        

                        

