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<filnamedate="20180418"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180418"><AAMMJJHH="2018041819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ De Creve Coeur à Saint-Louis, dans l’Etat américain du Missouri, plongée dans le fief de la multinationale de l’agrochimie Monsanto Chemical Works.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Benoît Assemat, inspecteur général de santé, explique dans une tribune au « Monde » que la résurgence des scandales alimentaires est due au cloisonnement des services de contrôle, au niveau national.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
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Sécurité alimentaire : « Les autorités de contrôle ne se sont pas adaptées »

Benoît Assemat, inspecteur général de santé, explique dans une tribune au « Monde » que la résurgence des scandales alimentaires est due au cloisonnement des services de contrôle, au niveau national.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 16h00
    |

Benoît Assemat (Conseiller sécurité sanitaire à l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice/INHESJ)







                        



                                


                            

Tribune. La confiance de nos concitoyens dans leur alimentation s’érode un peu plus à chaque nouvelle crise. Le baromètre annuel de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) montre que les risques liés à l’agriculture et à l’alimentation sont globalement perçus par les Français comme étant élevés. Ils ont par ailleurs faible niveau de confiance dans l’action des autorités de contrôle.
La commission d’enquête parlementaire chargée de tirer les enseignements de l’affaire Lactalis doit permettre d’analyser le fonctionnement des systèmes de contrôle et de proposer une gouvernance plus efficace du dispositif de sécurité sanitaire de la chaîne agroalimentaire.
Cette situation n’est pas liée à une dégradation de la sécurité de la chaîne agroalimentaire. Elle s’explique par notre rapport intime à l’alimentation, avec une conséquence particulière au regard des autres biens de consommation : le fait d’avoir été trompé sur la qualité ou les caractéristiques d’un aliment suscite toujours une forte indignation et ravive un sentiment de défiance de la part de nos concitoyens.
« En tuyau d’orgue »
Or, les scandales alimentaires sont de plus en plus fréquents. Comment l’expliquer ? La raison principale est simple : les filières alimentaires sont devenues un terrain favorable au développement de nouvelles formes de délinquance. La pression toujours plus forte sur les prix et la complexification des circuits commerciaux, dans le cadre d’une mondialisation des échanges de matières premières agricoles, permettent à des opérateurs peu scrupuleux de gagner beaucoup, tout en prenant peu de risques.
Le dernier rapport de l’OCDE sur le commerce des biens de contrefaçon montre que le secteur alimentaire fait partie, avec l’électronique et les médicaments, des trois secteurs clairement ciblés par le crime organisé. Dans ce nouveau contexte, la sécurité de la chaîne alimentaire ne peut être assurée qu’en associant aux enjeux...




                        

                        


<article-nb="2018/04/18/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ En affirmant être responsable des contenus publiés sur ses plates-formes, Mark Zuckerberg met fin au statut d’hébergeur, considère l’avocate Zoé Vilain, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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« Facebook est un média au même titre que les autres éditeurs »

En affirmant être responsable des contenus publiés sur ses plates-formes, Mark Zuckerberg met fin au statut d’hébergeur, considère l’avocate Zoé Vilain, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    18.04.2018 à 15h00
    |

Zoé Vilain (Avocate en droit des nouvelles technologies)







                        



                                


                            

Tribune. Lors de son audition devant le Congrès, le 11 avril, Mark Zuckerberg a déclaré : « Je suis d’accord sur le fait que nous sommes responsables du contenu. » Par cette réponse claire et univoque à l’une des questions qui lui étaient posées par les parlementaires américains, le PDG de Facebook a-t-il durablement ébranlé le statut des plates-formes d’hébergement en ligne ? Depuis fin 2014, le réseau social permet à ses utilisateurs de publier des vidéos et est devenu une des plates-formes les plus consultées au monde, avec plus de 4 milliards de contenus mis en ligne par jour.
La question de savoir si Facebook est responsable des contenus (photos, vidéos, écrits) est cruciale pour les ayants droit. Le nombre d’usagers qui mettent en ligne des vidéos dont ils ne détiennent pas les droits de propriété intellectuelle est très important et représente une perte de revenus non négligeable pour l’industrie audiovisuelle et musicale.
Rassurer le grand public
Jusqu’à présent, Facebook se présentait comme une plate-forme technologique, ce qui lui permet de bénéficier de facto du statut d’hébergeur et ainsi de ne pas être responsable pour les contenus publiés par ses utilisateurs.
Par ce statut prévu par la loi américaine (proche de celui de la loi française de 2004 pour la confiance dans l’économie numérique), un site Internet qui a le statut d’hébergeur n’est pas responsable des contenus générés par les utilisateurs, à moins que le côté illicite du contenu ait été porté à sa connaissance.

La demande de retrait, qui ne peut être effectuée que par les ayants droit ou leurs mandataires, doit répondre à un certain formalisme. Pour certaines sociétés qui ont de grands catalogues de films, musiques, et séries, cela représente des équipes entières dévolues aux demandes de retrait sur YouTube ou Facebook.
Alors pourquoi ce revirement ? Dans une très mauvaise passe depuis le scandale Cambridge Analytica,...




                        

                        


<article-nb="2018/04/18/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Pour profiter du retour de la croissance, la France doit sortir enfin d’une logique de court terme en matière de dépenses publiques, estime Xavier Ragot, président de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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Réduction de la dette publique et baisse du chômage « brossent enfin un tableau de sortie de crise en France »

Pour profiter du retour de la croissance, la France doit sortir enfin d’une logique de court terme en matière de dépenses publiques, estime Xavier Ragot, président de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    18.04.2018 à 12h26
    |

                            Xavier Ragot (Directeur de recherche au CNRS et président de l’Observatoire français des conjonctures économiques)








                        



                                


                            

Tribune. L’on ne sait décidément pas se féliciter des rares bonnes nouvelles. La croissance plus élevée qu’attendu en 2017 permet de trancher un débat important. Il y avait bien un déficit de demande en France. Ce constat est une bonne nouvelle aussi bien pour la croissance que pour les finances publiques. Il doit nous permettre de sortir d’une lecture comptable de court terme des dépenses publiques pour enfin dessiner des projets cohérents de modernisation de notre Etat-providence.
Il y a encore un an, les perspectives de croissance pour 2017 étaient de 1,5 % et avaient été jugées juste plausibles par le Haut Conseil des finances publiques. La croissance est de 2 % pour 2017. Les prévisions de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) sont de 2 % de croissance en 2018 et du même ordre en 2019. Cette croissance montre que le tissu productif français est moins abîmé par la crise que les plus pessimistes ne le pensaient. La croissance est bien supérieure à la croissance potentielle et sans tensions inflationnistes. Ce qui indique donc une insuffisance de la demande.
Les comptes de l’Etat s’améliorent. Le déficit public décroît plus rapidement qu’attendu, à 2,6 % en 2017, car les impôts augmentent plus vite que la croissance en période de reprise. Les chiffres 2018 et 2019 seront probablement bons même si l’on tient compte du coût de bascule du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisse de charge en 2019. Ils devraient être sous les 2,4 % du PIB.
Retour de la croissance
La France est donc engagée dans une stratégie de réduction de la dette publique et cela est souhaitable. Sans choc majeur, la dette publique devrait passer sous la barre des 90 % du PIB à l’horizon 2022, selon à la fois le gouvernement et l’OFCE, bien que les prévisions de croissance soient un peu différentes pour la fin du quinquennat. Enfin, le chômage devrait baisser progressivement pour passer sous la barre des...




                        

                        


<article-nb="2018/04/18/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Travailler moins et vivre plus: la libération du travail n’est plus un slogan politique. La question qui semble concerner tous les actifs est au cœur de trois ouvrages.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Des salariés bientôt libérés et délivrés?

Travailler moins et vivre plus: la libération du travail n’est plus un slogan politique. La question qui semble concerner tous les actifs est au cœur de trois ouvrages.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 12h02
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Adam troque un emploi très prenant de programmateur informatique pour un poste de professeur d’anglais à temps partiel au Japon avec, à côté, un petit boulot de programmateur en indépendant. Samantha, avocate spécialisée dans la propriété intellectuelle, quitte tout pour mener une vie plus tranquille comme serveuse à temps partiel et enseignante à domicile. Larry, travailleur social, demande à ses chefs de réduire son temps de travail d’une heure par jour.
Adam, Samantha et Larry ne sont pas des militants engagés, animés par une mission ou un programme politique particulier. Il s’agit d’individus ordinaires, partageant « le simple désir de travailler un peu moins et de vivre un peu plus », relate David Frayne. La libération du travail n’est plus un slogan politique : la question semble concerner tous les actifs. Elle est au cœur de trois ouvrages : Fuck Work !, de James Livingston (Flammarion, 224 p., 10 €), Le Refus du travail, de David Frayne (Détour, 300 p., 22 €), et Libérer le travail, de Thomas Coutrot (Seuil, 320 p., 20 €).
Chômage de masse, insécurité professionnelle et travail précaire « font de l’emploi une source de revenus, de droits et d’appartenance sociale de moins en moins fiable », résume David Frayne. « Souffrance au travail et destruction écologique ont la même source : une organisation néotaylorienne du travail focalisée sur le rendement financier et indifférente à ses autres effets. Cette machine à extraire le profit écrase le travail vivant : celui qui mobilise notre corps, nos sens, notre intelligence, notre sensibilité, notre créativité, notre empathie et fait de nous, dans l’épreuve de la confrontation au monde, des êtres humains », abonde Thomas Coutrot.
Gauche et droite s’accrochent au plein-emploi
Le marché du travail « ne fonctionne plus, et ne peut être réparé », tranche James Livingston. L’historien, professeur à l’université de Rutgers (New Jersey),...




                        

                        


<article-nb="2018/04/18/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ L’emploi a-t-il un effet sur la santé ? La réponse est oui, sans ambiguïté, pour le pire (accidents, burn-out, etc.) et pour le meilleur, expliquent les économistes Thomas Barnay et Florence Jusot. Et vice versa.
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Soigner le capital santé

L’emploi a-t-il un effet sur la santé ? La réponse est oui, sans ambiguïté, pour le pire (accidents, burn-out, etc.) et pour le meilleur, expliquent les économistes Thomas Barnay et Florence Jusot. Et vice versa.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 11h49
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 18h34
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            

Le livre. Préserver l’état de santé profite à la dynamique du marché du travail, « en particulier dans un contexte de vieillissement de la population ». C’est la conclusion à laquelle arrivent les professeurs d’économie Thomas Barnay (université Paris-Est-Créteil) et Florence Jusot (université Paris-Dauphine), dans Travail et santé. Ce nouvel essai de la collection « Sécuriser l’emploi », aux Presses de Sciences Po, fait un état des lieux des travaux économiques menés depuis dix ans sur les liens de causalité entre santé et travail.
L’emploi a-t-il un effet sur la santé ? La réponse est oui, sans ambiguïté, pour le pire (accidents, burn-out, etc.) et pour le meilleur. En France, « un doublement des revenus est associé à une réduction de 43 % de la probabilité de décéder dans l’année », donnent-ils en exemple. Mais, « outre le revenu qu’il engendre, l’emploi permet de bénéficier plus facilement d’une assurance-santé », rappellent Thomas Barney et Florence Jusot. Or, en France, « l’accès aux soins reste très dépendant de la possession d’un contrat de couverture complémentaire santé et de sa qualité ». Même si la santé dépend de nombreux paramètres, les soins préventifs ou curatifs aident à la préserver.
Un bilan sans surprise
La deuxième partie de l’ouvrage expose les effets de la santé sur l’emploi. « Un mauvais état de santé initial est associé à un doublement du risque de sortie de l’emploi quatre ans plus tard », écrivent les auteurs. Certaines de leurs remarques peuvent laisser sceptique, lorsqu’ils affirment que « le temps consacré aux soins pour recouvrer la santé augmente le sentiment de bien-être associé à ces soins », qui conduirait « l’individu à préférer réduire son offre de travail, à salaire espéré constant »…
La « littérature économique » recensée par cet essai confirme un bilan sans surprise : les problèmes de santé...




                        

                        


<article-nb="2018/04/18/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Tandis qu’Apple Pay lutte pour se développer aux Etats-Unis, Tencent réalise déjà plus de 600 millions de transactions dématérialisées par jour, constatent les chercheurs Juergen Braunstein, Marion Laboure et Haiyang Zhang.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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« La Chine a une chance de devenir leadeur de l’intelligence artificielle »

Tandis qu’Apple Pay lutte pour se développer aux Etats-Unis, Tencent réalise déjà plus de 600 millions de transactions dématérialisées par jour, constatent les chercheurs Juergen Braunstein, Marion Laboure et Haiyang Zhang.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 11h41
    |

Juergen Braunstein (Chercheur associé au Harvard Kennedy School’s Belfer Center), Marion Laboure (Chercheuse associée au département d’économie de ...







                        



                                


                            

Vu d’ailleurs. A l’avenir, si ce n’est pas déjà le cas, les Silicon Valley de l’intelligence artificielle (IA) devraient être situées en Chine. La Chine a une chance de devenir leadeur dans ce domaine parce qu’elle a adopté les nouvelles technologies très rapidement. Les consommateurs chinois ont sauté l’étape des cartes de crédit pour utiliser directement les plates-formes d’e-paiement.
Tandis qu’Apple Pay lutte pour se développer aux Etats-Unis, Tencent réalise déjà plus de 600 millions de transactions dématérialisées par jour ! Tencent et d’autres plates-formes numériques géantes comme Alibaba ou Baidu disposent ainsi d’énormes stocks de données pour entraîner leurs algorithmes d’apprentissage automatique (machine learning).
En outre, ces sociétés bénéficient des normes culturelles chinoises sur la confidentialité des données. En Occident, celle-ci est considérée comme un droit personnel protégeant l’espace privé. Cette conception est bonne pour les individus et sans doute pour la société ; mais elle est mauvaise pour les développeurs d’IA ! Dans la culture chinoise, elle est considérée comme suspecte : une personne honnête ne doit rien avoir à cacher. A la différence de l’Union européenne, qui a codifié « un droit à l’oubli », il n’y a pas eu de discussion sérieuse à ce sujet en Chine.
Menace d’une répétition de la crise de 2015
L’essor des sociétés technologiques chinoises pourrait néanmoins être contrarié par les difficultés à se financer, en Chine comme à l’étranger.
Les épargnants chinois sont peu enclins à placer leur argent dans les banques chinoises, parce que le taux d’inflation est plus élevé que le taux réel de rendement des dépôts. En outre, les taux de croissance économique sont systématiquement plus élevés que les résultats du marché boursier. Les investisseurs s’inquiètent aussi d’une répétition de la crise de 2015, lorsque les turbulences du marché ont conduit à l’intervention du gouvernement...




                        

                        


<article-nb="2018/04/18/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. Dix-huit médias internationaux, dont « Le Monde », ont regroupé leurs forces pour empêcher que l’assassinat de la journaliste d’investigation Daphne Caruana Galizia, survenu à Malte en octobre 2017, n’éteigne ses enquêtes.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Projet Daphne : s’unir pour traquer la vérité

Editorial. Dix-huit médias internationaux, dont « Le Monde », ont regroupé leurs forces pour empêcher que l’assassinat de la journaliste d’investigation Daphne Caruana Galizia, survenu à Malte en octobre 2017, n’éteigne ses enquêtes.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 15h24
    |

            Jérôme Fenoglio (Directeur du "Monde")








                        


Editorial du « Monde ». Daphne Caruana Galizia a été assassinée le 16 octobre2017. Une bombe a explosé sous le siège de sa voiture, un voisin l’a entendue crier, elle est morte brûlée vive. La journaliste d’investigation maltaise traquait depuis des années la corruption dans son île de Malte, et elle n’avait pas hésité à mettre en cause les plus hautes autorités de son pays.
Daphne se battait, avec hargne, sur un blog très suivi, dans lequel elle ne respectait pas toujours méticuleusement les règles du journalisme. Elle était attaquée de toute part en diffamation mais elle avait ouvert des pistes sérieuses d’enquête et notamment mis au jour l’implication de proches du premier ministre dans les « Panama Papers » ou le compte à Jersey du chef de l’opposition. La journaliste était courageuse, controversée, et profondément pessimiste. Elle n’osait plus sortir de chez elle et avait écrit, avant de mourir, cette ultime phrase : « Il y a désormais des escrocs partout. La situation est désespérée. »

        Lire aussi :
         

                « Projet Daphne » : qui a ordonné l’assassinat de Daphne Caruana Galizia ?



Dix-huit médias internationaux ont regroupé leurs forces pour empêcher que sa mort n’éteigne ses enquêtes. En France, Le Monde, Radio France et Premières Lignes (pour « Envoyé spécial ») ; au Royaume-Uni, le Guardian et l’agence Reuters ; en Allemagne, la Süddeutsche Zeitung ; aux Etats-Unis, le New York Times, et, bien sûr, le Times of Malta se sont regroupés dans une association baptisée Forbidden Stories (« histoires oubliées »).
Etat des lieux complet de l’enquête
Pendant cinq mois, quarante-cinq journalistes ont travaillé ensemble, dans le secret, et ont enquêté sur place. D’abord sur la mort de Daphne : trois hommes ont été assez vite interpellés par la police maltaise, appuyée par le FBI. Mais ces hommes de main n’ont toujours pas dit un mot sur les éventuels commanditaires d’un assassinat techniquement assez sophistiqué. La journaliste avait beaucoup d’ennemis, et l’enquête sur ce point n’avance guère. Le Monde propose aujourd’hui un état des lieux complet de l’enquête judiciaire – et continuera, avec ses partenaires, à chercher le secret de cet assassinat.

   


Défendre la mémoire de Daphne Caruana Galizia imposait encore de poursuivre et d’étayer les propres enquêtes de la journaliste. Les « Panama Papers » et les « Paradise Papers » ont déjà levé un coin du voile sur les paradis fiscaux et notamment les pratiques d’optimisation fiscale, à Malte, sur la vente des yachts. Forbidden Stories va permettre de poursuivre nos révélations sur certaines des pratiques discutables de l’île – quatre pages du Monde présenteront demain les premiers résultats de notre enquête.
Malte est depuis 2004 membre de l’Union européenne et, à ce titre, engage l’ensemble de l’Europe – des passeports maltais ont d’ailleurs été retrouvés par nos enquêteurs chez de puissants personnages, et jusqu’en France.
Soixante-cinq journalistes ont été tués dans le monde en 2017
Le Monde s’attachera à poursuivre avec rigueur et en toute indépendance l’enquête sur ces dossiers – pendant le temps qu’il faudra. Car la transparence des systèmes politiques et financiers, fût-elle stimulée par les révélations de la presse, est une condition essentielle de la démocratie. Au travers de Forbidden Stories, comme auparavant les « Panama Papers » ou les « Paradise Papers », la coopération entre journalistes du monde entier fait une nouvelle fois la démonstration de sa force et de son efficacité. Elle permet en effet de poursuivre et de mener à bien des enquêtes qui exposent souvent dangereusement des journalistes quand ils sont par trop isolés.
Il est en effet inacceptable qu’une journaliste soit attaquée en dehors des tribunaux, en dehors des règles de droit connues de tous et respectées. Soixante-cinq journalistes ont été tués dans le monde en 2017, a recensé Reporters sans frontières. Vingt-six sur le terrain, dans des zones de guerre. Trente-neuf ont été sciemment assassinés. Dont Daphne Caruana Galizia.

« Le projet Daphne », une enquête en plusieurs volets
Une enquête mondiale sur les traces de la journaliste maltaise assassinéeQui a ordonné l’assassinat de Daphne Caruana Galizia ?La piste des commanditaires politiques reste inexploréePilatus, la banque maltaise qui recycle l’argent de l’Azerbaïdjan en Europe





                            


                        

                        


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<filnamedate="20180418"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180418"><AAMMJJHH="2018041819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Face à l’opposition que ses ambitions réformatrices rencontrent en Europe, le président français cherche à réveiller l’esprit de la démocratie libérale, estime Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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« Macron se heurte en Europe à des résistances qui menacent de bloquer son programme »

Face à l’opposition que ses ambitions réformatrices rencontrent en Europe, le président français cherche à réveiller l’esprit de la démocratie libérale, estime Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    18.04.2018 à 11h33
   





                        



                                


                            

Chronique. Quand le moment est grave, en appeler à l’Histoire. Emmanuel Macron connaît cette ficelle de l’art oratoire politique et ne s’en est pas privé, mardi 17 avril, pour son premier discours devant le Parlement européen à Strasbourg. Le jeune président français ne veut pas, a-t-il dit, « appartenir à une génération de somnambules », « une génération qui aura oublié son propre passé ou qui refusera de voir les tourments de son propre présent ». Il veut « appartenir à une génération qui aura décidé fermement de défendre sa démocratie ».
La référence aux somnambules n’est évidemment pas innocente. Les Somnambules, été 1914 : comment l’Europe a marché vers la guerre (Flammarion), c’est le titre d’un livre de l’historien australien Christopher Clark, professeur à Cambridge, publié en 2013 à la veille du centenaire du début de la première guerre mondiale. Pour Clark, les causes de la Grande Guerre ne sont pas à rechercher seulement dans l’impérialisme paranoïaque germanique, mais aussi dans l’irresponsabilité des dirigeants des autres puissances européennes, qui sans vouloir la guerre, s’y laissèrent entraîner inexorablement, incapables de maîtriser l’instabilité d’une Europe déchirée par les tensions nationalistes.

Angela Merkel et son ministre des affaires étrangères de l’époque, Frank-Walter Steinmeier, ont dévoré cet ouvrage, qui a été un immense best-seller en Allemagne ; M. Steinmeier avait même invité l’auteur à débattre à Berlin. Cette version de l’histoire avait été moins appréciée à Paris. Et on peut imaginer sans peine que la référence aux somnambules, mardi à Strasbourg, ait aussi été une façon pour M. Macron, qui aime montrer qu’il n’est pas prisonnier de l’histoire des guerres européennes, de faire un signe à la chancelière allemande, qu’il doit retrouver jeudi à Berlin.
Déconvenues
Car le moment est grave aussi pour Emmanuel Macron. Un an après son élection, le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Analyse. Le cadre d’une reconfiguration de la donne géostratégique en Asie de l’Est, rendue impérative par l’apparition d’une puissance disposant de capacités nucléaires, prises au sérieux désormais par les Etats-Unis et leurs alliés, se met en place, explique le correspondant du « Monde » à Tokyo, Philippe Pons.
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Kim Jong-un fait son entrée sur la scène internationale

Analyse. Le cadre d’une reconfiguration de la donne géostratégique en Asie de l’Est, rendue impérative par l’apparition d’une puissance disposant de capacités nucléaires, prises au sérieux désormais par les Etats-Unis et leurs alliés, se met en place, explique le correspondant du « Monde » à Tokyo, Philippe Pons.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 11h31
    |

            Philippe Pons (Tokyo, correspondant)








                        



                                


                            

Analyse. La République populaire démocratique de Corée (RPDC) sort de son isolement et Kim Jong-un, qui passait pour un lunatique belliqueux, commence à apparaître comme l’initiateur avec le président sud-coréen Moon Jae-in d’une évolution aussi rapide qu’inattendue de la situation dans la péninsule coréenne.
Sa rencontre, annoncée par la presse américaine, avec Mike Pompeo, secrétaire d’Etat désigné qui fait suite à la visite à Pyongyang du président du Comité olympique, Thomas Bach, qui a annoncé la participation de la RPDC aux Olympiades de 2020 et 2022 puis de ses premiers entretiens à Pékin avec le président Xi Jinping à la veille des sommets – avec Moon Jae-in le 27 avril, puis Donald Trump en mai ou juin –, confirment qu’un processus diplomatique d’envergure est en cours.
Le cadre d’une reconfiguration de la donne géostratégique en Asie de l’Est, rendue impérative par l’apparition d’une nouvelle puissance disposant de capacités nucléaires, prises au sérieux désormais par les Etats-Unis et leurs alliés, se met en place. Mais le processus sera laborieux tant les enjeux sont complexes, les positions divergentes.

Jusqu’à présent, hormis les notes écrites des membres de délégation sud-coréenne au cours de leur rencontre avec Kim Jong-un en mars, ce dernier n’a donné aucune indication sur ses intentions précises. Que recouvre son apparente flexibilité ? Il s’est déclaré favorable à une dénucléarisation. Mais s’agit-il d’une dénucléarisation unilatérale ou bien d’une dénucléarisation de toute la péninsule, portant donc aussi sur la protection nucléaire américaine de la Corée du Sud ?
Stratégie parfaitement orchestrée
Il reste que sa stratégie semble moins improvisée que parfaitement orchestrée. « La force nucléaire est avant tout une carte pour négocier d’égal à égal avec les Etats-Unis. C’est l’ambition de Pyongyang depuis la guerre de Corée [1950-1953] », rappelle Andreï Lankov, de l’université...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Les personnes génétiquement prédisposées aux maladies cardio-vasculaires peuvent réduire leurs risques d’infarctus grâce à une activité physique régulière.
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Quand faire du sport s’oppose au destin génétique

Les personnes génétiquement prédisposées aux maladies cardio-vasculaires peuvent réduire leurs risques d’infarctus grâce à une activité physique régulière.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 09h29
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. On ne naît pas tous égaux face aux maladies, c’est une évidence. Mais lorsqu’on présente des gènes prédisposant à certaines patho­logies, ceux-ci peuvent s’exprimer… ou pas, être utilisés par une cellule… ou ne pas l’être, c’est ce qu’on appelle l’épigénétique. Un fascinant processus qui module l’expression de notre patrimoine génétique en fonction du contexte. Le mode de vie peut avoir une influence négative, ou positive, sur cet héritage et peut donc le contrarier dans un sens ou un autre.
Ainsi les personnes génétiquement prédisposées aux maladies cardio-vasculaires peuvent réduire leurs risques d’infarctus grâce à l’arrêt du tabac, une alimentation saine et… une activité physique régulière. Si on sait depuis des dizaines d’années que l’activité physique réduit le risque de maladies cardio-vasculaires, les études sont moins nombreuses sur ses effets pour les personnes à risque génétique.
Une étude parue le 9 avril dans la revue Circulation de l’American Heart Association vient de le montrer. Des chercheurs de la Stanford University School of Medicine (Etats-Unis) et de l’Uppsala University (Suède) ont examiné les données de 482 702 Britanniques, âgés de 40 à 69 ans, dont 19 311 avaient un risque génétique de maladies cardio-vasculaires.
D’un côté, ils ont évalué leurs niveaux de forme physique et d’activité, en mesurant leur force de préhension, leur condition physique cardio-respiratoire, leur performance sur un vélo en salle, et les sujets ont aussi répondu à des questionnaires sur leurs niveaux d’activité et ont porté des accéléromètres au poignet sur une période de sept jours. De l’autre, les chercheurs ont analysé les données génétiques de cette même cohorte, notamment ceux présentant un risque génétique plus important de maladie coronarienne et de fibrillation auriculaire (troubles du rythme cardiaque pouvant entraîner des caillots sanguins, des attaques cérébrales ou cardiaques).
Pas...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les universitaires Joëlle Farchy et Cécile Méadel estiment que la question des algorithmes est au cœur des contestations sur la nouvelle procédure d’affectation des bacheliers. Selon elles, il faut repenser cet outil.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/04/2018
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Parcoursup : « Le dispositif ne résout ni le problème de la déshumanisation ni celui de l’opacité »

Dans une tribune au « Monde », les universitaires Joëlle Farchy et Cécile Méadel estiment que la question des algorithmes est au cœur des contestations sur la nouvelle procédure d’affectation des bacheliers. Selon elles, il faut repenser cet outil.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 09h21
    |

Joëlle Farchy (Professeure de sciences de l'information et de la communication à l'université Paris-I) et Cécile Méadel (Professeure de sciences de...







                        



                                


                            

Tribune. Parcoursup, la nouvelle procédure d’affectation des bacheliers dans l’enseignement supérieur, qui se déroule dans un climat de plus en plus tendu de contestation autour des questions récurrentes de sélection et de moyens de l’université, est emblématique d’une problématique plus nouvelle, celle de la place qu’occupent désormais les algorithmes dans nos vies.

Compte tenu des moyens constants avec lesquels on demande aux universités d’accueillir toujours plus d’étudiants, ce que, bonne pâte, elles font toujours, l’ancienne plate-forme Admission post bac (APB) optimisait la gestion de la pénurie. Après avoir saisi leurs vœux en ligne de manière hiérarchisée, les candidats aux formations non sélectives étaient classés par un algorithme selon les trois seuls critères auparavant autorisés par le code de l’éducation : l’académie du candidat, l’ordre des vœux et la situation familiale.
Dans un dernier temps, un autre algorithme croisait la liste de vœux, les rangs de classement des candidats et le nombre de places disponibles pour chaque formation. Devenu le bouc émissaire de choix sociopolitiques qui n’avaient rien de technique, le système avait progressivement perdu l’essentiel, la confiance de ses usagers.
Opacité de l’ancienne plate-forme APB
APB s’était en effet attiré la foudre des familles, tétanisées par un système vécu comme opaque et déshumanisé. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) avait d’ailleurs rappelé, dans une mise en demeure du ministère d’août 2017, l’interdiction de prendre des décisions à l’égard des personnes sur le seul fondement d’un traitement automatisé, sans intervention humaine.
De plus, en l’absence d’informations sur les critères pris en compte et de transparence sur le fonctionnement de l’algorithme, tous les fantasmes se sont développés. Certes, une circulaire du 24 avril 2017 explicita, mais trop tardivement, les critères retenus et reconnut...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Loin des contre-vérités diffusées par les opposants à Parcoursup, la disparition du tirage au sort et l’obligation des universités d’accueillir tous les bacheliers, leur offrent une chance de réussite supplémentaire, estime Cécile Rilhac, députée de La République en marche, dans une tribune au « Monde ».
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Cécile Rilhac: « Loi orientation et réussite des étudiants : en finir avec la désinformation ! »

Loin des contre-vérités diffusées par les opposants à Parcoursup, la disparition du tirage au sort et l’obligation des universités d’accueillir tous les bacheliers, leur offrent une chance de réussite supplémentaire, estime Cécile Rilhac, députée de La République en marche, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    18.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 09h16
    |

Cécile Rilhac (Députée du Val d’Oise de la République en marche)







                        



                                


                            

Tribune. Face à la campagne de désinformation dont est l’objet ces derniers temps la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants, nous, députés de La République en marche, réaffirmons notre soutien à un texte résolument équilibré et ambitieux.
Car il nous appartient de rétablir la vérité sur une loi qui donne enfin à l’étudiant toutes ses chances de réussir. Premièrement, par l’ampleur – jusqu’à présent inégalée – des moyens financiers consacrés à la mise en place de cette réforme, pour laquelle le gouvernement a décidé un plan d’investissement d’un milliard d’euros sur le quinquennat. Ensuite, s’agissant du volet social, la suppression, dès la rentrée 2018, de la Sécurité sociale étudiante (217 euros par an actuellement) permettra pour chaque étudiant un gain de pouvoir d’achat.
«Remettre de l’humain »
La loi prévoit surtout la disparition pure et simple du tirage au sort, mesure particulièrement injuste qui privait des milliers d’étudiants du droit de jouir d’une formation. Les universités sont tenues d’accueillir tous les bacheliers. Cessons de diffuser des contre-vérités : aucune université ne pourra refuser la candidature d’un bachelier du fait de son dossier scolaire. Soit elle l’accepte, soit elle conditionne son acceptation au suivi d’un parcours d’accompagnement permettant de le mettre à niveau.
S’agit-il là d’une injustice ? D’une sélection ? Non, car nous avons choisi de « remettre de l’humain » dans la procédure d’inscription, comme l’a rappelé la ministre de l’enseignement supérieur, Mme Frédérique Vidal. Et cette nécessité devait passer par une refonte totale du système d’admission dans le supérieur. C’est pourquoi APB a été remplacé par Parcoursup, système plus transparent dont les algorithmes seront rendus publics, suivant ainsi une recommandation du rapport de notre collègue Cédric Villani.
Débattre, de façon argumentée et sereine, voilà ce qui constitue le fondement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ L’enfouissement permet d’écarter la menace d’une vaste contamination de l’environnement, estime Francis Sorin, conseiller à la Société française d’énergie nucléaire, dans une tribune au « Monde ».
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Francis Sorin : « Le stockage géologique est la solution efficace pour gérer les déchets nucléaires »

L’enfouissement permet d’écarter la menace d’une vaste contamination de l’environnement, estime Francis Sorin, conseiller à la Société française d’énergie nucléaire, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    18.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 10h35
    |

Francis Sorin (Conseiller à la Société française d’énergie nucléaire, membre honoraire du Haut Comité pour la transparence et l’information sur la ...







                        



                                


                            
Tribune. Plus de 90 % des déchets nucléaires produits en France sont stockés dans trois centres de surface sans que cela pose de problème particulier. Les 10 % restants comprennent les déchets de haute activité (HA), constitués des « cendres » de combustion de l’uranium, et les déchets de moyenne activité à vie longue.
La loi prévoit pour eux un stockage à environ 500 mètres de profondeur dans une couche géologique adaptée. Conduit par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), le projet de centre industriel de stockage géologique (Cigéo) à Bure (Meuse) définit les bases de ce stockage géologique.

Plébiscité à l’international par les spécialistes de sûreté, ce mode de stockage est qualifié de « crime contre les générations futures » par le mouvement antinucléaire, lequel a de longue date institué le thème des « déchets radioactifs ingérables » au centre de son argumentation.
Un système très robuste
Plus nuancé dans ses appréciations, Bernard Laponche n’en désigne pas moins le stockage géologique comme « la pire des solutions », porteuse d’un « risque inacceptable » (Le Monde daté du 29 mars). Mais il ne dit rien sur le mécanisme par lequel ce risque pourrait se concrétiser, ni sur les dommages encourus. Selon lui, la solution à retenir serait un entreposage provisoire des déchets près de la surface en espérant que « la recherche soit capable de découvrir une solution satisfaisante bien avant deux ou trois siècles ».
Laissons M. Laponche à ses espérances futuristes pour évoquer quant à nous, à la lumière de notre expérience, les quelques avantages déterminants dont peut être crédité le stockage géologique tel qu’il doit être réalisé au Cigéo.

D’abord, cet équipement apparaît comme un système très robuste de confinement des déchets écartant pratiquement la menace d’une vaste contamination de l’environnement....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Face à la montée des populismes, à la déliquescence des partis politiques traditionnels partout en Europe, un sursaut proeuropéen s’impose, insistent plusieurs députés européens dans une tribune au « Monde », alors que le président Emmanuel Macron prononce le 17 avril un discours au Parlement européen.
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« Nous avons les moyens d’entamer une véritable refondation européenne »

Face à la montée des populismes, à la déliquescence des partis politiques traditionnels partout en Europe, un sursaut proeuropéen s’impose, insistent plusieurs députés européens dans une tribune au « Monde », alors que le président Emmanuel Macron prononce le 17 avril un discours au Parlement européen.



Le Monde
 |    17.04.2018 à 17h41
 • Mis à jour le
17.04.2018 à 17h45
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Depuis 1947, l’université de Chicago ajuste chaque année l’horaire de l’horloge de la fin du monde. Cette horloge conceptuelle évalue la proximité de la destruction de notre civilisation. Plus l’on approche de minuit, plus l’on approche de la fin.
Au fur et à mesure des années, les risques écologiques, le terrorisme, la prolifération des armes chimiques, l’absence de leadership international se sont agrégés au risque nucléaire initial. En 2018, il est 23 heures 58. Un record.

L’analogie avec l’Europe n’est pas fortuite. A bien des égards, notre horloge indique minuit moins une. Rarement la construction européenne n’a en effet été autant critiquée, attaquée, calomniée par des forces nationalistes et populistes. Rarement l’idéal de paix sur lequel nous avons construit notre continent n’a été autant bafoué par ces forces qui prospèrent sur le diptyque antieuropéen, anti-immigré et aussi sur des nouveaux clivages Nord-Sud et Est-Ouest.
Aujourd’hui, force est de constater qu’il y a une déliquescence des partis politiques partout en Europe. Il est temps de sonner le tocsin. Un sursaut proeuropéen, loin des calculs d’appareil et des querelles de clochers, s’impose.
Euroscepticisme au mieux, haine au pire
Si depuis 2014, à chaque échéance électorale et partout en Europe, les extrêmes ont opéré une percée, le phénomène prend aujourd’hui une nouvelle ampleur : après la cooptation au pouvoir de l’extrême droite en Autriche, la percée sans précédent de l’AfD en Allemagne, la présence du Front national au deuxième tour de l’élection présidentielle française, la victoire des nationalistes britanniques en faveur du Brexit, l’Italie qui voit les populistes, antieuropéens et nationalistes s’installer dans son paysage politique.
Contrairement à ce que l’on peut lire ou entendre, la déliquescence politique n’est pas l’apanage seulement de la social-démocratie. Ces derniers mois, les partis politiques d’Angela...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Il est temps que la France se dote d’un statut de coopération moderne, efficace et respectueux des droits fondamentaux, en suivant l’exemple italien et non américain, insiste Fabrice Rizzoli, un spécialiste de la criminalité organisée.
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Criminalité : pour un « statut de coopérateur de justice »

Il est temps que la France se dote d’un statut de coopération moderne, efficace et respectueux des droits fondamentaux, en suivant l’exemple italien et non américain, insiste Fabrice Rizzoli, un spécialiste de la criminalité organisée.



Le Monde
 |    17.04.2018 à 16h32
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 13h11
    |

Fabrice Rizzoli (Président de l’association Crim’HALT)







                        



                                


                            

Le 3 mars, la cour d’assises d’Aix-en-Provence condamnait à trente ans de réclusion criminelle Eric Coppolani pour l’assassinat en bande organisée d’Antoine Nivaggioni en octobre 2010 à Ajaccio, en s’appuyant notamment sur le témoignage du premier repenti français.
Ancienne petite main d’une bande de malfaiteurs, Patrick Giovannoni, qui avait obtenu ce statut de repenti dans une autre affaire, a été condamné à cinq ans de prison avec sursis pour complicité d’assassinat. Certains ont vu dans ce résultat le signe d’une réussite. Pourtant, les conditions dans lesquelles s’est déroulée l’audience ainsi que la définition même de ce statut posent question.
Tout d’abord, M. Giovannoni a comparu sur le même banc des accusés que ses anciens complices car il ne doit pas son statut protégé à cette affaire. La loi a exclu toute protection dans un dossier si l’intéressé est lui-même poursuivi pour des faits criminels. Ce qui est absurde. Ce statut devrait avant tout permettre de résoudre des homicides liés à la grande criminalité qui impose la terreur et bénéficie d’une grande impunité.
De même, la notion de « tardif » qui doit être prise en compte, selon la loi, dans l’attribution du statut, en estimant la spontanéité des confidences d’un individu sur des faits criminels, n’a aucun sens. Les motivations des gangsters sont dictées par la peur de se faire assassiner. Leur coopération est toujours tardive : c’est pour cela que cela marche.
Vulgaire marchandage
Il est impossible de connaître pleinement un phénomène clandestin et donc de lutter efficacement contre celui-ci sans informations venant de l’intérieur. C’est grâce aux témoignages de mafieux protégés que l’on connaît « scientifiquement » la mafia italienne a contrario d’autres phénomènes criminels.
En, Italie, les « collaborateurs » de justice sont condamnés à un tiers de la peine. Gaspare Spatuzza a ainsi dû purger une peine de dix ans de prison au lieu de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ En octobre 2016, à l’annonce d’un plan de restructuration, nombre de salariés de TUIfly se mettent en congé maladie, ce qui provoque retards et annulations de vols. Lorsque les passagers demandent à être indemnisés, TUIfly leur dit qu’elle peut s’en dispenser, les problèmes ayant été provoqués par une « grève sauvage », qui constituerait une « circonstance extraordinaire ».
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Les journalistes Rémi Bouton et Emmanuel Legrand estiment, dans une tribune au « Monde », que le modèle économique du streaming qui s’impose est positif, même si la question de la rémunération des artistes demeure entière.
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« L’abonnement ouvre une nouvelle ère où les revenus des industries culturelles vont croître significativement »

Les journalistes Rémi Bouton et Emmanuel Legrand estiment, dans une tribune au « Monde », que le modèle économique du streaming qui s’impose est positif, même si la question de la rémunération des artistes demeure entière.



Le Monde
 |    17.04.2018 à 15h50
 • Mis à jour le
17.04.2018 à 16h08
    |

Rémi Bouton et Emmanuel Legrand (Journalistes)







                        



                                


                            

Tribune. Patrick Zelnik a été un grand créateur d’entreprises culturelles – et un disrupteur –, tant avec la maison de disques Virgin qu’avec les Megastores ou encore Naïve. Mais le modèle des industries culturelles qu’il décrit dans sa tribune (Le Monde daté du 31 mars) est celui d’une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas comprendre.

Effectivement, nous sommes passés de l’ère de l’acquisition de produits culturels à celui de l’accès à ces produits sous forme numérique. On peut le regretter, comme le fait Patrick Zelnik, mais le fait est là : la musique s’écoute en streaming (même le téléchargement s’effondre), la télévision est délinéarisée et se regarde en replay, les films sont sur Netflix ou des plates-formes de vidéo à la demande (VOD), le journal (si on peut encore parler de journal) ou, disons, les informations, se consomment sur une tablette ou smartphone, et les livres, certes, on les achète encore majoritairement dans les librairies, mais nous ne sommes pas loin de la bibliothèque mondiale en ligne !
Nouveaux investissements
C’est cela la nouvelle donne. Il y a eu destruction de valeur ces quinze dernières années dans la musique et, dans une bien moindre mesure, dans l’audiovisuel et le livre. Mais, dans la musique, le curseur est enfin reparti à la hausse. Pourquoi ? Parce qu’après les ravages du [partage] pair à pair, la musique est enfin de nouveau commercialisée de façon plus vertueuse grâce au streaming. Dans le cinéma et l’audiovisuel, de nouveaux acteurs – Netflix, Amazon, Hulu et d’autres – investissent dans la production de contenus. Même Google s’y met. Il y a donc une dynamique qui semble profitable aux industries culturelles.

Le modèle économique devrait s’affiner dans les années à venir avec ce que les Anglo-Saxons appellent « scale », c’est-à-dire l’accès à une masse critique. Netflix est profitable. Spotify ne l’est pas encore, car il doit toujours financer sa...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Une trentaine d’universitaires et d’enseignants, parmi lesquels Patrick Boucheron, Michel Foucher, Sylvain Kahn s’alarment dans une tribune au « Monde » du sort réservé à la Documentation française et à ses publications.
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L’édition publique et « le parti pris de l’ignorance »

Une trentaine d’universitaires et d’enseignants, parmi lesquels Patrick Boucheron, Michel Foucher, Sylvain Kahn s’alarment dans une tribune au « Monde » du sort réservé à la Documentation française et à ses publications.



Le Monde
 |    17.04.2018 à 12h49
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. La Documentation française, éditeur de référence de l’Etat, a pour mission d’informer les citoyens et de nourrir le débat public. Associée aux Journaux officiels, elle forme la direction de l’information légale et administrative (DILA).
A l’heure où l’info-divertissement et les fausses nouvelles gagnent un terrain inquiétant, cette voix ne semble pas de trop pour aider les Français à analyser et à comprendre les grands défis contemporains. Sa direction semble cependant renoncer peu à peu à tenir son rôle dans l’arène publique, sous prétexte de modernisation et de passage au numérique.
Des questions de fond
Fin 2016, la direction de la DILA supprimait Problèmes économiques. Cette revue, pourtant très rentable financièrement, a formé depuis son origine, en 1948, des centaines de milliers de citoyens et de décideurs. Elle a nourri un débat contradictoire, notamment à travers l’éclairage apporté par des articles issus de la presse étrangère. Si l’économie n’est pas au cœur du débat public aujourd’hui, quel domaine peut se targuer de l’être ?
Fin 2017, la direction de la DILA enterrait sa collection « Réflexe Europe », le jour même où le président Macron prononçait un discours enflammé sur l’Europe à la Sorbonne : « L’Europe (…) c’est notre histoire, notre identité, notre horizon, ce qui nous protège et ce qui nous donne un avenir. » Cette collection posait pourtant des questions de fond : la construction européenne est-elle irréversible ? A quoi sert la Banque centrale européenne ? L’Europe peut-elle faire face à la mondialisation ? A croire que l’administration et les citoyens français comprennent si bien les rouages de l’Union européenne qu’ils peuvent désormais se dispenser d’y réfléchir.
Regard occidentalo-centré
Aujourd’hui, la Documentation photographique, revue d’histoire et de géographie depuis 1947, est sur la sellette, malgré ses ventes remarquables. La direction...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ L’intelligence artificielle, telle que décrite dans le rapport Villani, n’est pas l’ennemie de l’emploi, sauf si les dirigeants l’utilisent à cela, assure le professeur des universités Marc-Eric Bobillier-Chaumon dans une tribune au « Monde ».
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Intelligence artificielle : « La médiatisation technologique de l’activité peut se faire au détriment du salarié »

L’intelligence artificielle, telle que décrite dans le rapport Villani, n’est pas l’ennemie de l’emploi, sauf si les dirigeants l’utilisent à cela, assure le professeur des universités Marc-Eric Bobillier-Chaumon dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    17.04.2018 à 12h21
 • Mis à jour le
17.04.2018 à 14h04
    |

Marc-Eric Bobillier-Chaumon (Professeur de psychologie du travail et de psychologie ergonomique, université Lyon-2 et directeur adjoint du laborato...







                        



                                


                            

Tribune. La publication du rapport Villani sur l’intelligence artificielle (IA) propose de « donner du sens » à ces technologies, notamment par rapport aux nombreuses interrogations qu’elles suscitent dans nos sociétés (« Donner un sens à l’intelligence artificielle »). Si ce rapport fait un constat assez exhaustif sur les enjeux de leur diffusion, il reste cependant plus évasif sur leurs incidences dans les sphères professionnelles.
En particulier, sur la façon dont ces dispositifs vont contribuer efficacement à l’activité humaine au travail, en permettant aux salariés de développer leurs compétences, de renouveler leur métier et de préserver ce qui donne sens à leur engagement dans l’activité, à savoir l’utilité et la reconnaissance de leurs actions.
La question qui se pose dès lors n’est pas seulement d’imaginer « ce que peuvent faire encore de mieux ces technologies » mais plutôt de s’interroger pour savoir « ce que nous pouvons faire de mieux avec l’aide de ces systèmes », c’est-à-dire quels services ils devront rendre afin de nous permettre de mieux travailler et de mieux nous accomplir.
Au détriment du salarié
Imaginés comme de réels assistants techniques, ces dispositifs peuvent fournir de véritables ressources pour soulager l’individu de tâches complexes ou dangereuses, mais aussi rébarbatives et peu valorisantes. Le temps et les ressources dégagés permettront aux professionnels de s’impliquer dans des occupations à plus forte valeur ajoutée. Pour autant, si les technologies peuvent revaloriser le travail et requalifier l’individu, elles peuvent aussi contribuer à dénaturer l’activité, en dessaisissant le sujet de tout ce qui faisait sens pour lui : dans ses pratiques et ses liens professionnels, ses marges de manœuvre et ses initiatives.
La médiatisation technologique de l’activité peut donc se faire au détriment du salarié et de son travail. Soit parce que l’intelligence...




                        

                        

