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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ De Creve Coeur à Saint-Louis, dans l’Etat américain du Missouri, plongée dans le fief de la multinationale de l’agrochimie Monsanto Chemical Works.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Endettés en dollars, les groupes peinent à rembourser leurs crédits, détenus à 80 % par des banques turques.
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En Turquie, la chute de la monnaie pénalise les entreprises

Endettés en dollars, les groupes peinent à rembourser leurs crédits, détenus à 80 % par des banques turques.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 18h00
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

Malgré un taux de croissance record, 7,4 % pour 2017, soit le plus élevé des pays du G20, l’économie turque est entrée en zones de turbulences, menacée de surchauffe, selon le Fonds monétaire international. Largement vantée par le président Recep Tayyip Erdogan, en campagne électorale pour la présidentielle de 2019, cette forte croissance, tirée par la consommation et le crédit, est source d’inquiétudes.
Principal souci, la livre turque (TL) n’arrête pas de se déprécier. La monnaie locale a perdu près de 43 % de sa valeur face au dollar depuis le putsch manqué de juillet 2016, en raison, notamment, du déficit de la balance courante et d’une inflation à deux chiffres (10,26 % en février), loin de l’objectif de 5 % affiché par la banque centrale. « La hausse des risques géopolitiques dans notre région explique en grande partie cette situation. A cela, s’ajoute la réduction du bilan de la Réserve fédérale [Fed, banque centrale américaine] ainsi que la hausse de ses taux, qui entraînent une dépréciation de la monnaie de la plupart des pays émergents », explique Seltem Iyigün, économiste de l’assureur-crédit Coface à Istanbul.
Zümrüt Imamoglu, économiste à la Tüsiad, l’équivalent turc du Medef, déplore l’inaction de la banque centrale, peu encline à juguler la hausse des prix. « Cela fait bien longtemps que l’inflation gagne du terrain. Si le gouvernement et la banque centrale avaient pris des mesures pour l’enrayer, la livre turque n’en serait pas là. »

Ce retour de l’inflation rappelle l’instabilité économique et politique qui prévalait au début des années 2000, ce qui est un mauvais point pour le gouvernement islamo-conservateur. Par ailleurs, l’investissement étranger est inférieur de moitié à ce qu’il était il y a dix ans.
Plusieurs holdings turques ont demandé des reports
Autant de tendances négatives que le président Erdogan veut à tout prix corriger, alors que trois scrutins se profilent en 2019 :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ « Le Monde » et les dix-sept autres médias, partenaires de Forbidden Stories, poursuivent l’enquête démarrée par la journaliste assassinée Daphne Caruana Galizia.
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« Projet Daphne » : Pilatus, la banque maltaise qui recycle l’argent de l’Azerbaïdjan dans toute l’Europe

« Le Monde » et les dix-sept autres médias, partenaires de Forbidden Stories, poursuivent l’enquête démarrée par la journaliste assassinée Daphne Caruana Galizia.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 17h59
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 18h06
    |

            Anne Michel et 
Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

Sur les photos et les vidéos encore en ligne il y a quelques semaines, la noce semble avoir été un véritable enchantement. Un débordement de luxe, dans un cadre exceptionnel : les jardins de l’hôtel Four Seasons de Florence. Feux d’artifice, statues de la Renaissance et robes de soirée, rien n’est trop beau pour le golden boy iranien qui célébrait son mariage, ce jour de juin 2015.
A 35 ans, tout sourit à Ali Sadr Hasheminejad, qui compte même parmi ses invités un premier ministre européen : Joseph Muscat a fait le déplacement depuis Malte, avec son plus proche conseiller et chef de cabinet, Keith Schembri. Car depuis la fin 2013, Ali Sadr a ouvert sur la petite île méditerranéenne une discrète banque privée, la Pilatus Bank.
L’homme a beau se savoir surveillé par le FBI américain, les autorités maltaises ont l’avantage d’être peu regardantes. Il a donc obtenu sans problème une licence bancaire, qui lui permet d’opérer dans toute l’Union européenne. Trois ans plus tard, Ali Sadr pense-t-il encore à son luxueux mariage, dans la cellule de la prison américaine où il est enfermé depuis le 19 mars ? Poursuivi aux Etats-Unis pour violation des sanctions américaines contre l’Iran, l’homme risque cent vingt-cinq ans de prison. Sa banque à Malte a été placée sous tutelle, ses actifs gelés. Les invités du mariage ont tous pris soin de retirer les photos du mariage sur Facebook ou Instagram.
La chute spectaculaire du golden boy doit beaucoup à Daphne Caruana Galizia, qui dénonçait la corruption et a été assassinée, le 16 octobre, dans l’explosion de sa voiture. La journaliste maltaise avait découvert les liens d’intérêts entre la banque et le gouvernement maltais, ainsi que l’existence de comptes bancaires ouverts pour des proches du régime azerbaïdjanais. Elle soupçonnait la Pilatus Bank de véhiculer des opérations douteuses – voire de blanchir des fonds. Ali Sadr avait été jusqu’à la poursuivre devant la justice américaine, pour la faire taire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le théâtre avait promis une entrée gratuite à qui accepterait de porter des brassards frappés d’une croix gammée lors de la première de la pièce.
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La justice allemande refuse d’interdire une représentation théâtrale satirique de « Mein Kampf »

Le théâtre avait promis une entrée gratuite à qui accepterait de porter des brassards frappés d’une croix gammée lors de la première de la pièce.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 17h56
   





                        



   


Le parquet de Constance en Allemagne a refusé, mercredi 18 avril, d’interdire une représentation théâtrale satirique de Mein Kampf lors de laquelle une distribution de croix gammées et d’étoiles jaunes est prévue.
Selon l’agence de presse allemande DPA, le parquet a ainsi rejeté, au nom de la liberté artistique, plusieurs plaintes déposées après que le théâtre de Constance eut promis une entrée gratuite à qui accepterait de porter des brassards frappés d’une croix gammée lors de la première de la pièce, vendredi 20 avril, date de naissance d’Hitler.
A ceux qui achèteraient leur billet, « nous (…) proposons de porter une étoile de David dans l’enceinte du théâtre en signe de solidarité avec les victimes de la barbarie nationale-socialiste [nazie] », écrivent les responsables du théâtre sur leur site Internet. Les symboles nazis sont prohibés en Allemagne, mais le théâtre dit vouloir ainsi démontrer à quel point il est facile de corrompre.

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La pièce Mein Kampf, une farce noire et grinçante du Hongrois George Tabori (1914-2007) datant de 1987, fait référence au pamphlet programmatique rédigé par Adolf Hitler lorsqu’il était en prison avant de prendre le pouvoir, en 1924-1925.
La Société germano-israélienne dans la région du lac de Constance et la Société pour la coopération judéo-chrétienne ont appelé au boycottage de la pièce. Cette polémique survient alors que les autorités allemandes s’inquiètent de la montée de l’antisémitisme.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Un assaillant a frappé un jeune avec sa ceinture, répétant à plusieurs reprises le mot arabe pour juif, « Yahudi ». L’une des victimes a filmé la scène.
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Le gouvernement allemand s’inquiète du regain d’antisémitisme après une agression à Berlin

Un assaillant a frappé un jeune avec sa ceinture, répétant à plusieurs reprises le mot arabe pour juif, « Yahudi ». L’une des victimes a filmé la scène.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 16h36
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 16h59
   





                        



   


Une porte-parole de la chancelière allemande, Angela Merkel, ainsi que la ministre de la justice, Katarina Barley, ont dénoncé, mercredi 18 avril, l’agression de deux juifs de 21 et 24 ans, qui a été filmée par l’une des victimes à Berlin.
Dans la vidéo, un assaillant frappe à plusieurs reprises un jeune identifié comme Adam avec sa ceinture, répétant à plusieurs reprises le mot arabe pour juif, « Yahudi ». Adam répond à son assaillant : « Je vous filme. » En arrière-plan, les deux compagnons de l’assaillant le repoussent, tandis qu’une femme dit en anglais : « J’appelle la police. »
« L’antisémitisme ne doit plus jamais retrouver une place en Allemagne », a réagi Mme Barley sur Twitter, tandis que le chef de la diplomatie, Heiko Maas, dénonçait, lui, sur le réseau social une attaque « insupportable », rappelant « la responsabilité » particulière de l’Allemagne à l’égard des juifs.
Le chef du Conseil central des musulmans d’Allemagne, Aiman Mazyek, a exigé la condamnation des auteurs : « Cela me met en colère de voir une telle violence pleine de haine », a-t-il écrit. Le maire de Berlin, Michael Müller, a également condamné l’attaque, affirmant que l’antisémitisme n’avait « aucune place dans le Berlin dans lequel nous voulons vivre ».
Résurgence de la haine à l’égard des juifs
Dans un entretien accordé au site Internet du journal Bild, Adam détaille les circonstances de son agression et dénonce la passivité des passants. Selon lui, le principal agresseur parlait « un dialecte syrien ». « Je suis content qu’on ait pu faire quelque chose avec cette vidéo, j’espère qu’ils vont bientôt trouver les agresseurs. La police s’est montrée très attentionnée », a-t-il encore dit. « J’ai un peu peur désormais, et je suis un peu déçu » que cela arrive en Allemagne, a admis la victime.
La lutte contre l’antisémitisme a une importance particulière pour le gouvernement allemand, toujours hanté par le passé nazi. Ces derniers mois, du fait de l’essor de l’extrême droite et des inquiétudes dues à l’afflux de réfugiés arabes, un débat s’est fait jour sur la résurgence en Allemagne de la haine à l’égard des juifs. Plusieurs responsables du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) ont ainsi tenu des propos haineux sur la Shoah et le devoir de mémoire allemand.
La chancelière a par ailleurs décidé de créer un poste de commissaire à l’antisémitisme à la suite de l’émoi suscité par des images de drapeaux israéliens brûlés au cours d’une manifestation à Berlin contre la décision américaine de reconnaître Jérusalem capitale de l’Etat hébreu. Enfin, depuis plusieurs jours une controverse agite le monde politique et culturel national après que deux rappeurs ont reçu un prix musical malgré des textes accusés de contenir des « provocations antisémites ».

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le président Sergio Mattarella a demandé à Maria Elisabetta Casellati de vérifier l’existence d’une majorité entre le Mouvement 5 étoiles et la coalition des partis de droite et d’extrême droite.
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La présidente du Sénat italien chargée d’« explorer » les possibilités de gouvernement

Le président Sergio Mattarella a demandé à Maria Elisabetta Casellati de vérifier l’existence d’une majorité entre le Mouvement 5 étoiles et la coalition des partis de droite et d’extrême droite.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 16h05
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 17h58
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Il ne s’agit donc que d’un « mandat exploratoire ». Mercredi 18 avril, plutôt que d’« investir » Maria Elisabetta Casellati de la charge de constituer un gouvernement, après plus de six semaines de blocage politique, le président italien Sergio Mattarella a confié à la présidente du Sénat, deuxième personnage de l’Etat, la tâche de faire un tour de table supplémentaire. Dans le monde de nuances et de clairs-obscurs qu’est le jeu parlementaire italien, la nuance sémantique est de taille.
Dans une déclaration faite depuis le palais du Quirinal, mercredi, peu avant midi, la présidence a donc annoncé qu’était confié à Maria Elisabetta Casalleti un « mandat exploratoire » pour « vérifier l’existence d’une majorité entre le Mouvement 5 étoiles [M5S] et le centre droit ». Un schéma auquel les dirigeants du M5S se refusent depuis des semaines, arguant qu’ils ne sauraient figurer dans une coalition comportant un parti – Forza Italia – dirigé par une personne condamnée par la justice, Silvio Berlusconi.
Fidèle de la première heure de Silvio Berlusconi, dont elle a accompagné le parcours depuis son entrée en politique – elle a été élue sénatrice pour la première fois en 1994 –, Maria Elisabetta Casellati est née en 1946 à Rovigo (Vénétie). Magistrate de formation, elle a été désignée au Conseil supérieur de la magistrature en 2014, abandonnant ce mandat pour retourner au Sénat après les élections de 2018. Au sein de la droite italienne, elle représente une tendance libérale, conservatrice et catholique, peu compatible avec l’extrémisme de la Ligue du Nord ou des postfascistes de Fratelli d’Italia.
Coup d’attente
De prime abord, par cette désignation survenant en plein blocage politique, Sergio Mattarella semble surtout vouloir gagner du temps. En réalité, il paraît bien que le président cherche surtout à laisser la situation se décanter d’elle-même. Dans une finale de partie d’échecs, on appelle ça un coup d’attente.
Les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Malgré son taux historiquement bas, le compte d’épargne rémunéré protège mieux les épargnants de l’inflation que ses cousins européens, selon une étude.
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Rémunération du livret A : les Français ne sont pas si mal lotis par rapport à leurs voisins européens…

Malgré son taux historiquement bas, le compte d’épargne rémunéré protège mieux les épargnants de l’inflation que ses cousins européens, selon une étude.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 16h05
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 16h20
    |

                            Aurélie Blondel








                        



   


Un tout petit 0,75 %. Soit le niveau le plus bas de son histoire. C’est le taux de rémunération du livret A depuis la mi-2015, et cela le restera, au moins, jusqu’à 2020. Ainsi en a décidé le gouvernement en fin d’année dernière, par arrêté. Alors que ce taux est habituellement revu deux fois l’an, en fonction, notamment, de l’inflation, ce gel a été décidé dans l’attente d’une « réforme pérenne » de la formule de calcul, annoncée pour l’après-2020.

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De quoi faire grincer les dents des épargnants, dans un contexte où l’inflation grimpe légèrement et alors que les montants placés sur ce fameux livret A ont atteint 276,4 milliards d’euros en février. C’est 381,1 milliards, même, en comptabilisant les sommes du LDDS (livret de développement durable et solidaire). Mais les Français ne sont pas si mal lotis en matière de rendement de l’épargne, révèle une étude publiée mardi 17 avril.
Une rémunération négative partout
« Les taux administrés du livret A et des produits apparentés ont permis de mieux protéger les revenus de l’épargne des ménages en France que dans la plupart des autres pays de la zone euro », explique en effet Eric Dor, directeur des études économiques à l’Ieseg School of Management.

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A partir des données de la Banque centrale européenne (BCE), il a comparé les taux de rendement moyens des dépôts d’épargne français (livret A, LDDS, livret d’épargne populaire et livrets ordinaires, principalement) à ceux des autres pays de la zone euro. Les taux nominaux bien sûr, c’est-à-dire les taux affichés, mais surtout les taux réels : ce que rapportent les livrets si on déduit l’inflation.
Sans surprise, le taux réel de rémunération moyen est négatif dans tous les pays étudiés, ce qui veut dire que la valeur des sommes placées diminuera cette année si on prend en compte la hausse générale des prix telle qu’elle est anticipée pour 2018 dans chaque pays.
La France à la troisième place
Mais la France affiche un taux réel de rémunération de - 0,81 %, contre - 1,06 % en moyenne pour la zone euro. Parmi les treize pays étudiés, elle se place troisième. C’est l’Italie qui s’en sort le mieux, avec - 0,05 %, devant Chypre (- 0,59 %). La Lettonie est en revanche le pays où les épargnants sont le moins bien protégés de l’inflation, avec un taux réel à - 3,05 %.

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« On a particulièrement bien limité les dégâts en France, où le taux d’intérêt réel est moins négatif que chez la plupart des autres pays de la zone euro, note M. Dor. La France est donc un des pays de la zone euro où les ménages perdent le moins de pouvoir d’achat sur leurs dépôts d’épargne. C’est évidemment à cause du taux des livrets A maintenu à 0,75 % par les pouvoirs publics, ce qui a également provoqué, par concurrence, un certain maintien des taux des autres catégories de dépôts d’épargne. »
L’Italie en tête
Pour Eric Dor, le bon niveau de la protection italienne s’explique cependant en partie par la mauvaise santé des banques du pays. « Il y a une corrélation entre le niveau des taux de rémunération offerts et la fragilité des banques. Les plus fragiles sont celles qui ont le plus besoin de financement et qui sont donc les plus susceptibles de proposer des taux élevés pour attirer les clients. Je n’ai pas pu recueillir auprès de la BCE les données pour l’Espagne et le Portugal, mais les chiffres dont je dispose laissent penser que ces pays sont dans la même configuration que l’Italie. Ce qui confirmerait ce lien entre fragilité de l’environnement bancaire et niveau de rémunération. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Benoît Assemat, inspecteur général de santé, explique dans une tribune au « Monde » que la résurgence des scandales alimentaires est due au cloisonnement des services de contrôle, au niveau national.
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Sécurité alimentaire : « Les autorités de contrôle ne se sont pas adaptées »

Benoît Assemat, inspecteur général de santé, explique dans une tribune au « Monde » que la résurgence des scandales alimentaires est due au cloisonnement des services de contrôle, au niveau national.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 16h00
    |

Benoît Assemat (Conseiller sécurité sanitaire à l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice/INHESJ)







                        



                                


                            

Tribune. La confiance de nos concitoyens dans leur alimentation s’érode un peu plus à chaque nouvelle crise. Le baromètre annuel de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) montre que les risques liés à l’agriculture et à l’alimentation sont globalement perçus par les Français comme étant élevés. Ils ont par ailleurs faible niveau de confiance dans l’action des autorités de contrôle.
La commission d’enquête parlementaire chargée de tirer les enseignements de l’affaire Lactalis doit permettre d’analyser le fonctionnement des systèmes de contrôle et de proposer une gouvernance plus efficace du dispositif de sécurité sanitaire de la chaîne agroalimentaire.
Cette situation n’est pas liée à une dégradation de la sécurité de la chaîne agroalimentaire. Elle s’explique par notre rapport intime à l’alimentation, avec une conséquence particulière au regard des autres biens de consommation : le fait d’avoir été trompé sur la qualité ou les caractéristiques d’un aliment suscite toujours une forte indignation et ravive un sentiment de défiance de la part de nos concitoyens.
« En tuyau d’orgue »
Or, les scandales alimentaires sont de plus en plus fréquents. Comment l’expliquer ? La raison principale est simple : les filières alimentaires sont devenues un terrain favorable au développement de nouvelles formes de délinquance. La pression toujours plus forte sur les prix et la complexification des circuits commerciaux, dans le cadre d’une mondialisation des échanges de matières premières agricoles, permettent à des opérateurs peu scrupuleux de gagner beaucoup, tout en prenant peu de risques.
Le dernier rapport de l’OCDE sur le commerce des biens de contrefaçon montre que le secteur alimentaire fait partie, avec l’électronique et les médicaments, des trois secteurs clairement ciblés par le crime organisé. Dans ce nouveau contexte, la sécurité de la chaîne alimentaire ne peut être assurée qu’en associant aux enjeux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ L’UE est accusée par plusieurs membres de La France insoumise de ne pas « avoir le droit » de légiférer dans le domaine social. Elle le fait pourtant régulièrement.
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Les traités européens interdisent-ils vraiment l’harmonisation sociale ?

L’UE est accusée par plusieurs membres de La France insoumise de ne pas « avoir le droit » de légiférer dans le domaine social. Elle le fait pourtant régulièrement.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 15h47
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 16h59
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


L’Union européenne interdit-elle, par ses textes, l’harmonisation sociale ? C’est en tout cas ce qu’affirme Adrien Quatennens, député La France insoumise (LFI) du Nord, dans un tweet publié mardi 17 avril et abondamment partagé sur les réseaux sociaux.

   


Ce n’est pas la première fois que l’harmonisation sociale est remise en question, et ce notamment par des membres de La France insoumise. Le 4 avril 2017, lors du grand débat des onze candidats à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon avait avancé que l’harmonisation sociale était interdite dans les traités européens : « Vous n’avez pas le droit de décider en Europe que tel niveau de cotisations sera le même partout. Vous n’avez pas le droit de décider que telle ou telle activité sociale va être la même partout. Vous n’avez pas le droit », avait-il affirmé.
Des possibilités restreintes, mais des contournements nombreux
La réalité est pourtant plus complexe. L’harmonisation sociale, que l’on pourrait définir par le fait, pour l’Union européenne, de légiférer dans le domaine social afin que les règles soient les mêmes pour tous en Europe, existe. « Les deux exemples les plus concrets sont la directive de 2009 sur la sécurité et la santé au travail et la directive européenne sur le temps de travail, rappelle le juriste Vincent Couronne, auteur d’une thèse sur les compétences des Etats membres de l’Union européenne et membre du collectif de chercheurs en droit Les Surligneurs. Ces deux textes sont des avancées essentielles pour les Européens, et sont des cas concrets d’harmonisation sociale. »
Il est vrai que l’article 153 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne restreint les possibilités d’harmonisation des Etats membres. Ce texte dispose en effet que le Parlement et le Conseil ne peuvent adopter des mesures d’harmonisation « des dispositions législatives et réglementaires des Etats membres ». En pratique, cette règle est contournée. « Ce que fait l’UE, c’est qu’elle passe par sa compétence en marché intérieur, explique Vincent Couronne. Elle peut ainsi légiférer beaucoup plus facilement. »
De nombreuses législations ont ainsi été adoptées sur le fondement des dispositions relatives au marché intérieur. Citons, par exemple, la directive de 2004 relative au droit des citoyens de l’Union et aux membres de leur famille de circuler et séjourner librement – qui harmonise les conditions dans lesquelles un travailleur, un étudiant ou un retraité peuvent séjourner, voire travailler sur le territoire d’un autre Etat membre. Autre cas d’harmonisation adoptée par le biais du marchés intérieur : le règlement de 1971 sur l’application des régimes de sécurité sociale aux travailleurs qui se déplacent dans l’Union.
Travail de nuit, taxes sur l’alcool, TVA… des exemples d’harmonisation fiscale
« Le législateur européen intervient avec des prescriptions minimales en réalité très contraignantes et la Cour de justice en tire des conséquences nécessaires, qui s’appliquent à tous », rappelle Vincent Couronne. Le meilleur exemple est le cas du travail de nuit pour les femmes, qui a connu le même processus (arrêt Stoeckel de la Cour de justice de l’Union européenne, en 1991), dans le cadre de l’égalité de traitement entre hommes et femmes. Désormais, la France ne peut pas interdire aux femmes de travailler la nuit (sauf rares exceptions) et cette règle s’applique de la même manière partout dans l’Union. La France s’est mise en conformité avec le droit de l’Union en 2001.
Pour ce qui est de l’harmonisation fiscale, de nombreux exemples viennent contredire les propos de Jean-Luc Mélenchon et Adrien Quatennens. Le système de TVA fait, par exemple, l’objet d’harmonisations depuis une directive de 1967 (prévoyant par exemple un taux minimal – sauf pour des biens et services jugés essentiels – pour éviter des taux trop différents au sein de l’Union). Les règlements fiscaux des « droits d’accises », taxes touchant l’alcool, les boissons alcooliques, les tabacs et les boissons énergétiques, font également l’objet d’harmonisations – même si certaines d’entre elles ne sont que partielles.
L’Union européenne peut donc bien harmoniser les règles sociales et fiscales de ses Etats membres, et ne se prive pas de le faire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ L’ambassadeur britannique aux Pays-Bas s’est exprimé lors d’une réunion confidentielle de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.
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Affaire Skripal : le Royaume-Uni dénonce le comportement « irresponsable » de la Russie

L’ambassadeur britannique aux Pays-Bas s’est exprimé lors d’une réunion confidentielle de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 13h57
   





                        



   


Les diplomates de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) se sont réunis à huis clos à La Haye, mercredi 18 avril, pour parler de l’affaire Skripal. Cette réunion a été convoquée par le Royaume-Uni.
L’ambassadeur britannique aux Pays-Bas, Peter Wilson, et de hauts diplomates russes, américains et français sont arrivés dans des voitures aux vitres teintées pour assister à la rencontre hautement confidentielle.
« Le comportement irresponsable de la Russie viole l’interdiction mondiale des armes chimiques » et « menace la sécurité mondiale », a notamment déclaré Peter Wilson au cours de cette réunion, désignant à nouveau la Russie comme « le seul » responsable de l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille.
« La Russie a mené une campagne de désinformation éhontée et a attaqué la réputation et l’expertise de l’OIAC », a fustigé la délégation britannique, pour qui « seule la Russie dispose des moyens techniques, de l’expérience opérationnelle et du motif pour cibler les Skripal ».

'We will continue to call out Russia's reckless and indiscriminate behaviour when it violates the CWC, and when it… https://t.co/6HumAhz1Mg— UK_OPCW (@UK Delegation OPCW)


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Analyse de l’OIAC
Après avoir déployé ses experts à Salisbury, l’OIAC a annoncé jeudi 12 avril que les analyses en laboratoire « confirm[ai]ent les découvertes du Royaume-Uni quant à l’identité de l’agent chimique toxique utilisé à Salisbury » pour empoisonner Sergueï Skripal et sa fille.
L’OIAC n’a cependant pas nommé publiquement la substance en cause qui, selon le Royaume-Uni, était un agent neurotoxique de type Novitchok, développé en Union soviétique dans les années 1970. L’OIAC n’a pas non plus établi de responsabilités dans cette affaire. Londres accuse Moscou, qui clame son innocence.

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                Affaire Skripal : le poison employé était bien du Novitchok



Début des opérations de nettoyage
Mardi, les opérations de nettoyage ont démarré à Salisbury. La plus forte concentration du produit innervant a été retrouvée dans la maison de Sergueï Skripal.
Au total neuf sites, dont trois dans le centre-ville, ont été identifiés par la police antiterroriste comme devant être traités par des spécialistes. Parmi eux figurent un pub et un restaurant, où les Skripal ont pris un verre puis déjeuné le 4 mars, peu avant d’être découverts inconscients sur un banc public proche.
L’état de Sergueï Skripal, 66 ans, est en constante amélioration, mais il reste hospitalisé, selon l’hôpital de Salisbury. Sa fille Ioulia, 33 ans, a, elle, pu sortir de l’hôpital.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ La procédure se fonde sur une jurisprudence qui permet de juger et de condamner d’anciens nazis sans qu’il soit nécessaire de prouver que ceux-ci ont activement participé à la mise à mort des déportés.
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Allemagne : un ancien gardien d’Auschwitz poursuivi par la justice pour « complicité d’assassinat »

La procédure se fonde sur une jurisprudence qui permet de juger et de condamner d’anciens nazis sans qu’il soit nécessaire de prouver que ceux-ci ont activement participé à la mise à mort des déportés.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 13h45
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Un ancien gardien du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau pourrait être jugé en Allemagne, a annoncé, lundi 16 avril, le parquet de Stuttgart. Agé de 94 ans, cet ancien SS est accusé de « complicité d’assassinat » d’au moins 13 335 personnes, ce qui correspond au nombre d’individus « considérés comme non aptes au travail et tués dans les chambres à gaz » pendant la période où il fut affecté à Auschwitz, du 1er décembre 1942 au 31 janvier 1943, selon le communiqué du parquet.
Comme c’est l’usage outre-Rhin, le nom de l’accusé n’a pas été rendu public. Il a seulement été précisé qu’il était de nationalité allemande et qu’il était né à Ruma, ville aujourd’hui située en Serbie, à l’ouest de Belgrade. La tenue de son procès dépendra notamment de son état de santé.
Selon son avocate, citée par le parquet, il « ignorait le contexte, l’objectif et le déroulement du processus meurtrier » à l’œuvre à Auschwitz-Birkenau, où environ 1,1 million de personnes ont été assassinées durant la seconde guerre mondiale, dont 90 % de juifs.
Ces poursuites sont la conséquence de ce que l’on a appelé la « jurisprudence Demjanjuk », du nom de John Demjanjuk, un ancien gardien du camp d’extermination de Sobibor, condamné par la cour d’assises de Munich, en 2011, à cinq ans de prison pour complicité d’assassinat de 28 060 juifs.
Tribunal pour mineurs
Cette affaire a marqué un tournant dans l’attitude de la justice allemande vis-à-vis des crimes du IIIe Reich. Contrairement à ce qui était le cas auparavant, il n’est désormais plus nécessaire, pour condamner d’anciens nazis, de prouver que ceux-ci ont activement participé à la mise à mort des déportés. A la suite du procès Demjanjuk, l’Office central sur les crimes du nazisme, créé en 1958 et basé à Ludwigsbourg (Bade-Wurtemberg), a ouvert une trentaine d’enquêtes visant d’anciens nazis ayant été affectés à Auschwitz.

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                Le procès de John Demjanjuk, une victoire sur le temps



Moins d’une dizaine de ces enquêtes ont donné lieu à des condamnations, certaines procédures ayant été interrompues ou ajournées en raison notamment de l’état de santé des accusés. Deux de ces affaires ont néanmoins débouché sur des procès ayant eu un important retentissement en Allemagne. Celui d’Oskar Gröning, ancien comptable à Auschwitz, condamné en 2015 à quatre ans de prison pour complicité d’assassinat de 300 000 personnes. Et celui de Reinhold Hanning, ancien gardien à Auschwitz, jugé coupable, en 2016, de complicité d’assassinat de 170 000 personnes. Les deux sont toutefois morts sans avoir commencé à purger leur peine, Hanning en mai 2017 à 95 ans, Gröning en mars 2018 à 96 ans.

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                Mort d’Oskar Gröning, le « comptable d’Auschwitz »



Si le procès de l’homme contre lequel le parquet de Stuttgart a lancé des poursuites a bien lieu, celui-ci se tiendrait toutefois dans un cadre inédit : âgé de 19 ans au moment des faits, à une époque où la majorité civile était à 21 ans, le vieillard devrait en effet comparaître devant un tribunal pour mineurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Pendant cinq mois, 45 journalistes de quinze pays, représentant 18 médias, réunis dans le partenariat international Forbidden Stories, ont travaillé sur la mort de la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia, qui dénonçait la corruption dans l’île.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ L’opposition de centre droit a demandé « au gouvernement de faire la vérité et d’arrêter de nuire à la réputation du pays ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Scandale à Malte après les premières révélations du « Projet Daphne »

L’opposition de centre droit a demandé « au gouvernement de faire la vérité et d’arrêter de nuire à la réputation du pays ».



Le Monde
 |    18.04.2018 à 12h37
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 18h02
    |

            Anne Michel et 
Jean-Baptiste Chastand








                        



   


Les premières révélations du réseau Forbidden Stories sur l’enquête sur le meurtre de Daphne Caruana Galizia, reprises par toute la presse locale, ont suscité une vive émotion à Malte. Mardi 17 avril, Le Monde et dix-sept autres médias européens et américains réunis dans le « Projet Daphne », visant à continuer les enquêtes de la journaliste maltaise assassinée le 16 octobre 2017, ont notamment révélé que la police maltaise écartait, à ce stade, la piste de commanditaires politiques, en dépit de plusieurs éléments troublants.

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          « Projet Daphne » : qui a ordonné l’assassinat de Daphne Caruana Galizia ?



Or, deux témoins anonymes, rencontrés séparément, ont affirmé aux journalistes du « Projet Daphne » que le ministre de l’économie, Chris Cardona, avait été vu dans un bar du centre de l’île avec l’un des assassins supposés, quelques semaines après le meurtre. Mardi soir, ce ministre, qui avait porté plainte contre Daphne Caruana Galizia pour diffamation, a dit que ces révélations étaient « totalement spéculatives, basées sur des rumeurs sans aucun fondement de vérité ».
Aux membres du « Projet Daphne », M. Cardona avait démenti avoir jamais eu un « rendez-vous » avec les meurtriers arrêtés au début de décembre 2017. Mais il avait ajouté « ne pas se souvenir » s’il avait pu les rencontrer fortuitement.

   


« Culture de la peur et du silence »
Lors d’une séance particulièrement agitée au Parlement, l’ensemble des députés d’opposition a fini par quitter l’enceinte de l’assemblée, faute de réponse du gouvernement sur ces révélations, en dénonçant une « culture de la peur et du silence ». Dans un communiqué, le Parti nationaliste (centre droit) a ensuite demandé « au gouvernement de faire la vérité et d’arrêter de nuire à la réputation du pays par son attitude [favorisant] l’impunité ». Daphne Caruana Galizia était proche du Parti nationaliste, mais elle avait aussi, juste avant sa mort, fait plusieurs révélations sur l’actuel chef de file de l’opposition.
De leur côté, les avocats d’Alfred Degiorgio, l’un des trois assassins supposés, ont saisi la justice, mercredi 18 avril, pour demander que l’ordinateur de la journaliste soit remis à la justice. La famille a jusqu’ici refusé de le faire, arguant du risque que les sources de Daphne Caruana Galizia soient identifiées par les autorités. « Je brûlerais l’ordinateur devant la police [plutôt que de le lui remettre]. C’est de l’ordinateur du premier ministre que la police a besoin, pas de celui de ma mère », a posté sur Facebook le fils aîné de la journaliste, Matthew Caruana Galizia. Premier ministre depuis 2013, le travailliste Joseph Muscat était la principale cible des articles de la blogueuse sur la corruption.
Selon la défense, l’ordinateur de Daphne Caruana Galizia serait toutefois « indispensable » parce qu’il « peut contenir ses informations sensibles sur une tierce partie responsable de ce meurtre ». Jusqu’ici, les trois assassins supposés ont gardé le silence pendant toutes leurs auditions, si ce n’est pour plaider non coupable. Les premières auditions publiques ont présenté des preuves accablantes contre ces trois hommes, connus pour leur proximité avec le crime organisé. Leurs téléphones ont notamment « borné » à plusieurs reprises près du lieu de l’explosion criminelle, à quelques kilomètres du domicile de la journaliste, les jours précédant l’assassinat.
Le « Projet Daphne » a également révélé que les enquêteurs étaient convaincus que les trois malfrats avaient été prévenus de leur arrestation. L’un d’entre eux était par ailleurs sur écoute, dans le cadre d’une autre enquête, mais les services de sécurité ont visiblement été incapables de détecter ce qu’il était en train de préparer.
Malgré ces éléments d’information, les enquêteurs maltais n’ont, jusqu’ici, pas exploré la piste d’un éventuel commanditaire politique. Aucun des responsables politiques sur laquelle la journaliste avait écrit n’a, pour l’instant, été invité à témoigner.

« Le projet Daphne », une enquête en plusieurs volets
Une enquête mondiale sur les traces de la journaliste maltaise assassinéeQui a ordonné l’assassinat de Daphne Caruana Galizia ?La piste des commanditaires politiques reste inexploréePilatus, la banque maltaise qui recycle l’argent de l’Azerbaïdjan en Europe





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Le groupe est entré en négociations exclusives avec Lagardère pour racheter ses magazines en France et reprendre ses radios dans plusieurs pays de l’est de l’Europe.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Czech Media Invest, numéro un de la presse en République tchèque

Le groupe est entré en négociations exclusives avec Lagardère pour racheter ses magazines en France et reprendre ses radios dans plusieurs pays de l’est de l’Europe.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 12h17
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        


Czech Media Invest (CMI), avec lequel le groupe Lagardère a annoncé, mercredi 18 avril, être entré en négociations exclusives pour lui céder ses magazines en France, dont Elle, domine le marché de la presse en République tchèque.
Son actionnaire majoritaire est un jeune milliardaire, Daniel Kretinsky, qui dirige l’un des groupes énergétiques les plus importants du pays, EPH. Il possède 50 % des parts et avait déjà racheté plusieurs journaux autrefois détenus par la joint-venture des groupes suisse Ringier et allemand Axel Springer, selon un rapport de Reporters sans frontières. Il détient aussi le plus gros club de football, l’AC Sparta Prague.

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                Lagardère négocie la vente de sa presse magazine, dont « Elle » et « Télé 7 jours », à un groupe tchèque



Un pluralité fragilisée
Le financier slovaque Patrik Tkac (40 %) et l’homme d’affaires Roman Korbacka (10 %) se sont associés à lui et leur branche presse regroupe quatre quotidiens, dont l’influent tabloïd Blesk, mais aussi Aha ! et Sport, ainsi que des dizaines de magazines et de sites Internet. CMI compte aussi racheter les radios de Lagardère en République tchèque, Pologne, Slovaquie et Roumanie, ce qui ferait de lui le leadeur de la bande FM en Pologne et en République tchèque. Il est en tête dans l’édition et la distribution de livres à Prague.
Ce rachat annoncé fragilise encore la pluralité dans les pays ayant rejoint l’Union européenne depuis 2004 et qui subissent actuellement un processus de concentration très rapide, consécutif au départ massif des grands groupes d’Europe occidentale. Il y a quelques années, la presse en République tchèque était contrôlée à 80 % par des investisseurs étrangers, essentiellement allemands. Elle est désormais détenue par plusieurs oligarques, dont Andrej Babis, un populiste qui a gagné les législatives en octobre et qui tente depuis de former un gouvernement, en coalition avec les sociaux-démocrates.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Le cofondateur de la messagerie Telegram, Pavel Dourov, a appelé à la « résistance numérique » face aux autorités russes qui ont bloqué plus de 15 millions d’adresses IP sur le territoire.
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La Russie lâche un « tapis de bombes » sur Internet pour tenter de censurer Telegram

Le cofondateur de la messagerie Telegram, Pavel Dourov, a appelé à la « résistance numérique » face aux autorités russes qui ont bloqué plus de 15 millions d’adresses IP sur le territoire.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 13h24
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante) et 
Martin Untersinger








                        



   


C’est une bataille féroce qui se joue en ce moment en Russie, avec ses victimes, ses dommages collatéraux, ses communiqués de victoire, sa propagande… A ceci près qu’il s’agit d’un combat numérique entre Roskomnadzor, l’agence fédérale de surveillance des télécommunications, et Pavel Dourov, cofondateur de la messagerie Telegram. La mise en œuvre, lundi 16 avril, du blocage de la messagerie, décidée par la justice sur tout le territoire russe, en raison de son refus de livrer ses clés de chiffrement au FSB, les services de sécurité, est suivie comme un feuilleton haletant par des milliers d’internautes. Roskomnadzor a, en effet, toutes les peines du monde à parvenir à ses fins : Telegram se dérobe en changeant sans cesse d’adresse IP, selon la stratégie définie par Pavel Dourov qui a appelé à la « résistance numérique ».

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                La justice russe ordonne le blocage de Telegram



« Ces deux derniers jours, la Russie a bloqué plus de 15 millions d’adresses IP dans le but d’interdire Telegram sur son territoire. Aucune importance : Telegram est resté disponible pour la majorité des Russes », proclamait Pavel Dourov mercredi matin. « La dégradation de Telegram a atteint 30 % », affirmait, de son côté, Roskomnadzor. Entre-temps, des banques, des PME, des sociétés de commerce en ligne se sont trouvées subitement privées de connexions. Mardi, les musées de Moscou et du Kremlin ont annoncé l’interruption temporaire, « indépendante de leur volonté » des ventes de billets en ligne. Plus de 70 entreprises en détresse se seraient également adressées à Agora, une association formée par des juristes spécialisée dans les droits de l’homme, selon son président Pavel Chikov, qui est aussi l’un des avocats de M. Dourov.
« L’attaque la plus massive contre Internet de toute l’histoire russe »
« Le tapis de bombes de Roskomnadzor sur Internet a provoqué des rumeurs alarmantes, relève Kirill Martinov, chef du service politique du journal indépendant Novaïa Gazeta. Pour atteindre Telegram, l’agence a été obligée de mener l’attaque la plus massive contre l’infrastructure de l’Internet de toute l’histoire de la censure russe. » « Poutine est au courant », a assuré mercredi matin le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, alors que Roskomnadzor est pris sous un tir croisé de critiques.
Pour envoyer un message, chaque application Telegram devait jusqu’ici se connecter à un serveur lui appartenant, via Internet. Afin de bloquer la messagerie, Roskomnadzor a donc ordonné aux fournisseurs d’accès russes de bloquer les adresses IP de ces serveurs –l’équivalent de leur adresse postale. Sauf que les équipes de la messagerie cryptée avaient prévu depuis quelques mois un mécanisme sommaire de contournement de la censure en intégrant dans le code de Telegram un moyen de récupérer au fil de l’eau de nouvelles adresses IP. C’est ce mécanisme qui a été mis en œuvre.

А Телеграм все работает и работает...

— dw_russian (@DW (на русском))


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« Ils font des rotations d’adresse IP pour contourner le blocage, ce qui explique pourquoi ce dernier n’est pas très efficace, explique Jef Mathiot, un ingénieur en informatique qui étudie depuis des mois le fonctionnement de Telegram. C’est un jeu du chat et de la souris : au fur et à mesure que leurs adresses sont bloquées, ils montent de nouveaux serveurs et au fur et à mesure Roskomnadzor les bloque à son tour. »
Problème : plutôt que de bannir spécifiquement les adresses IP utilisées par Telegram et louées chez de grands fournisseurs comme Google ou Amazon, le censeur russe a choisi le bulldozer, ce qui explique les importants dommages collatéraux.
Dourov, en passe de devenir un héros
En Russie, Pavel Dourov, 33 ans, lui-même d’origine russe, est en passe de devenir un héros aux yeux de l’opposition et de milliers d’internautes. Il « va rentrer dans l’histoire de la résistance russe », n’a pas hésité à lancer mardi, sur la radio Echo de Moscou, la journaliste Evguenia Albats. La veille, déjà, quelques manifestants s’étaient rassemblés place de la Loubianka, à Moscou, pour « bombarder » la façade du siège du FSB d’avions de papier multicolores rappelant le logo de Telegram. Plusieurs ont ensuite passé la nuit au poste de police avant d’être relâchés et présentés devant un tribunal où ils ont écopé d’amendes. Parmi eux, Maria Alokhina, ex-membre des Pussy Riots, a été condamnée à 100 heures de travaux obligatoires.

   


Cofondateur de Vkontakt en 2006, le Facebook russe, puis, avec son frère Nikolaï, de Telegram en 2013, l’homme, qui a choisi de quitter l’année suivante la Russie, y est bien connu. Depuis son exil – suivi par une équipe de programmeurs, il se déplacerait de pays en pays –, il annonce, désormais, son intention de subventionner ceux qui, dans le monde des administrateurs de serveurs-relais et VPN, le soutiendront dans son combat pour « la liberté numérique ». « Au cours de cette année, je serai heureux de faire don de millions de dollars de fonds personnels à ces fins. J’appelle tout le monde à me rejoindre », a-t-il proclamé.
Le lanceur d’alerte américain Edward Snowden, réfugié depuis 2014 en Russie, s’est rangé à ses côtés. « J’ai critiqué la sécurité du modèle Telegram dans le passé, mais la réponse de Dourov à la demande totalitaire du gouvernement russe de bloquer l’accès aux communications privées, refus et résistance, est la seule réponse morale et montre un réel leadership », écrit-il sur son compte Twitter.

I have criticized @telegram's security model in the past, but @Durov's response to the Russian government's totalit… https://t.co/WRcHwXEJux— Snowden (@Edward Snowden)


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C’est « un sérieux défi », a reconnu, mercredi, dans un entretien au quotidien pro-gouvernemental, Izvestia Alexandre Jarov, le dirigeant de Roskomnadzor, en appelant les « entreprises américaines à faire en sorte de rendre inaccessible la messagerie sur le territoire de la Russie. Nous espérons que, pour Amazon et Google, le business et non la politique primera. »
Le prochain sur la liste, a ajouté M. Jarov, pourrait bien être Facebook. Si l’entreprise américaine refuse toujours de localiser la base de données des utilisateurs russes en Russie, si elle ne supprime pas « toute information interdite » et ne se conforme pas au « respect des lois », alors, affirme-t-il, « évidemment la question du blocage va se poser ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Editorial. Dix-huit médias internationaux, dont « Le Monde », ont regroupé leurs forces pour empêcher que l’assassinat de la journaliste d’investigation Daphne Caruana Galizia, survenu à Malte en octobre 2017, n’éteigne ses enquêtes.
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Projet Daphne : s’unir pour traquer la vérité

Editorial. Dix-huit médias internationaux, dont « Le Monde », ont regroupé leurs forces pour empêcher que l’assassinat de la journaliste d’investigation Daphne Caruana Galizia, survenu à Malte en octobre 2017, n’éteigne ses enquêtes.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 15h24
    |

            Jérôme Fenoglio (Directeur du "Monde")








                        


Editorial du « Monde ». Daphne Caruana Galizia a été assassinée le 16 octobre2017. Une bombe a explosé sous le siège de sa voiture, un voisin l’a entendue crier, elle est morte brûlée vive. La journaliste d’investigation maltaise traquait depuis des années la corruption dans son île de Malte, et elle n’avait pas hésité à mettre en cause les plus hautes autorités de son pays.
Daphne se battait, avec hargne, sur un blog très suivi, dans lequel elle ne respectait pas toujours méticuleusement les règles du journalisme. Elle était attaquée de toute part en diffamation mais elle avait ouvert des pistes sérieuses d’enquête et notamment mis au jour l’implication de proches du premier ministre dans les « Panama Papers » ou le compte à Jersey du chef de l’opposition. La journaliste était courageuse, controversée, et profondément pessimiste. Elle n’osait plus sortir de chez elle et avait écrit, avant de mourir, cette ultime phrase : « Il y a désormais des escrocs partout. La situation est désespérée. »

        Lire aussi :
         

                « Projet Daphne » : qui a ordonné l’assassinat de Daphne Caruana Galizia ?



Dix-huit médias internationaux ont regroupé leurs forces pour empêcher que sa mort n’éteigne ses enquêtes. En France, Le Monde, Radio France et Premières Lignes (pour « Envoyé spécial ») ; au Royaume-Uni, le Guardian et l’agence Reuters ; en Allemagne, la Süddeutsche Zeitung ; aux Etats-Unis, le New York Times, et, bien sûr, le Times of Malta se sont regroupés dans une association baptisée Forbidden Stories (« histoires oubliées »).
Etat des lieux complet de l’enquête
Pendant cinq mois, quarante-cinq journalistes ont travaillé ensemble, dans le secret, et ont enquêté sur place. D’abord sur la mort de Daphne : trois hommes ont été assez vite interpellés par la police maltaise, appuyée par le FBI. Mais ces hommes de main n’ont toujours pas dit un mot sur les éventuels commanditaires d’un assassinat techniquement assez sophistiqué. La journaliste avait beaucoup d’ennemis, et l’enquête sur ce point n’avance guère. Le Monde propose aujourd’hui un état des lieux complet de l’enquête judiciaire – et continuera, avec ses partenaires, à chercher le secret de cet assassinat.

   


Défendre la mémoire de Daphne Caruana Galizia imposait encore de poursuivre et d’étayer les propres enquêtes de la journaliste. Les « Panama Papers » et les « Paradise Papers » ont déjà levé un coin du voile sur les paradis fiscaux et notamment les pratiques d’optimisation fiscale, à Malte, sur la vente des yachts. Forbidden Stories va permettre de poursuivre nos révélations sur certaines des pratiques discutables de l’île – quatre pages du Monde présenteront demain les premiers résultats de notre enquête.
Malte est depuis 2004 membre de l’Union européenne et, à ce titre, engage l’ensemble de l’Europe – des passeports maltais ont d’ailleurs été retrouvés par nos enquêteurs chez de puissants personnages, et jusqu’en France.
Soixante-cinq journalistes ont été tués dans le monde en 2017
Le Monde s’attachera à poursuivre avec rigueur et en toute indépendance l’enquête sur ces dossiers – pendant le temps qu’il faudra. Car la transparence des systèmes politiques et financiers, fût-elle stimulée par les révélations de la presse, est une condition essentielle de la démocratie. Au travers de Forbidden Stories, comme auparavant les « Panama Papers » ou les « Paradise Papers », la coopération entre journalistes du monde entier fait une nouvelle fois la démonstration de sa force et de son efficacité. Elle permet en effet de poursuivre et de mener à bien des enquêtes qui exposent souvent dangereusement des journalistes quand ils sont par trop isolés.
Il est en effet inacceptable qu’une journaliste soit attaquée en dehors des tribunaux, en dehors des règles de droit connues de tous et respectées. Soixante-cinq journalistes ont été tués dans le monde en 2017, a recensé Reporters sans frontières. Vingt-six sur le terrain, dans des zones de guerre. Trente-neuf ont été sciemment assassinés. Dont Daphne Caruana Galizia.

« Le projet Daphne », une enquête en plusieurs volets
Une enquête mondiale sur les traces de la journaliste maltaise assassinéeQui a ordonné l’assassinat de Daphne Caruana Galizia ?La piste des commanditaires politiques reste inexploréePilatus, la banque maltaise qui recycle l’argent de l’Azerbaïdjan en Europe





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Face à l’opposition que ses ambitions réformatrices rencontrent en Europe, le président français cherche à réveiller l’esprit de la démocratie libérale, estime Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».
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« Macron se heurte en Europe à des résistances qui menacent de bloquer son programme »

Face à l’opposition que ses ambitions réformatrices rencontrent en Europe, le président français cherche à réveiller l’esprit de la démocratie libérale, estime Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    18.04.2018 à 11h33
   





                        



                                


                            

Chronique. Quand le moment est grave, en appeler à l’Histoire. Emmanuel Macron connaît cette ficelle de l’art oratoire politique et ne s’en est pas privé, mardi 17 avril, pour son premier discours devant le Parlement européen à Strasbourg. Le jeune président français ne veut pas, a-t-il dit, « appartenir à une génération de somnambules », « une génération qui aura oublié son propre passé ou qui refusera de voir les tourments de son propre présent ». Il veut « appartenir à une génération qui aura décidé fermement de défendre sa démocratie ».
La référence aux somnambules n’est évidemment pas innocente. Les Somnambules, été 1914 : comment l’Europe a marché vers la guerre (Flammarion), c’est le titre d’un livre de l’historien australien Christopher Clark, professeur à Cambridge, publié en 2013 à la veille du centenaire du début de la première guerre mondiale. Pour Clark, les causes de la Grande Guerre ne sont pas à rechercher seulement dans l’impérialisme paranoïaque germanique, mais aussi dans l’irresponsabilité des dirigeants des autres puissances européennes, qui sans vouloir la guerre, s’y laissèrent entraîner inexorablement, incapables de maîtriser l’instabilité d’une Europe déchirée par les tensions nationalistes.

Angela Merkel et son ministre des affaires étrangères de l’époque, Frank-Walter Steinmeier, ont dévoré cet ouvrage, qui a été un immense best-seller en Allemagne ; M. Steinmeier avait même invité l’auteur à débattre à Berlin. Cette version de l’histoire avait été moins appréciée à Paris. Et on peut imaginer sans peine que la référence aux somnambules, mardi à Strasbourg, ait aussi été une façon pour M. Macron, qui aime montrer qu’il n’est pas prisonnier de l’histoire des guerres européennes, de faire un signe à la chancelière allemande, qu’il doit retrouver jeudi à Berlin.
Déconvenues
Car le moment est grave aussi pour Emmanuel Macron. Un an après son élection, le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ A un an des élections européennes, les eurodéputés sont plutôt séduits par le discours du chef de l’Etat français, mais réticents à l’idée d’un mouvement européen sur le modèle d’En marche !
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Macron revendique son indépendance face aux partis européens

A un an des élections européennes, les eurodéputés sont plutôt séduits par le discours du chef de l’Etat français, mais réticents à l’idée d’un mouvement européen sur le modèle d’En marche !



Le Monde
 |    18.04.2018 à 11h11
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Trois heures durant, dans un Hémicycle plein à craquer, le président français a répondu sans notes aux questions des eurodéputés, mardi 17 avril, au Parlement de Strasbourg. Avec pugnacité, parfois brutalité – à l’endroit du Vert belge, Philippe Lamberts, qui l’attaquait sur la loi asile-immigration –, il en a profité pour réitérer son message volontariste d’une « Europe qui protège ». Il a réaffirmé sa détermination à réformer l’Union européenne malgré les résistances, notamment allemandes.
Aucune proposition nouvelle de sa part – hormis un projet de programme européen de soutien aux collectivités locales qui intègrent des réfugiés –, mais la reprise de thèmes déjà exposés dans ses discours d’Athènes et de la Sorbonne en septembre dernier : la nécessité de préserver un espace démocratique « unique au monde », de le renforcer, en mettant l’accent sur la « souveraineté européenne ».
« C’est ma liberté »
A l’exception de l’aile eurosceptique, la plupart des « représentants des peuples d’Europe », comme il les a qualifiés, ont fait bon accueil au dirigeant français. Même le très droitier Manfred Weber, chef de file allemand des conservateurs du Parti populaire européen (PPE), majoritaire dans l’Hémicycle, a reconnu avoir « longtemps attendu un président français aussi pro-européen que vous ».

C’était malgré tout un sentiment de frustration qui prévalait, mardi, dans les couloirs du Parlement : les élus espéraient une clarification sur la stratégie de M. Macron pour le scrutin des européennes, mais le président français s’est gardé d’annoncer son ralliement à une des grandes chapelles politiques de l’Union, dans la perspective du vote crucial de mai 2019.
Le PPE ? Les sociaux-démocrates du Parti socialiste européen (PSE), deuxième groupe à Strasbourg, ou les libéraux de l’ALDE (l’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe) ? Peu connus du grand public, ces agrégats...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Fragilisée politiquement, la chancelière allemande ne veut pas d’une réforme en profondeur de la zone euro.
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Merkel freine les ambitions européennes de Macron

Fragilisée politiquement, la chancelière allemande ne veut pas d’une réforme en profondeur de la zone euro.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 11h02
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Quand Emmanuel Macron s’était rendu à Berlin au lendemain de sa prise de fonction, le 15 mai 2017, Angela Merkel l’avait accueilli en citant l’écrivain allemand Hermann Hesse : « Au début de toute chose, il y a un charme », avait-elle déclaré à ses côtés, face à la presse. « Mais le charme ne dure que si les résultats sont là », avait-elle aussitôt prévenu.
Un an plus tard, la chancelière allemande n’a pas à se plaindre de la politique du président français. Outre-Rhin, les réformes qu’il a mises en œuvre sont considérées comme positives par la coalition de Mme Merkel ainsi que par les milieux économiques. Pourtant, le charme s’est dissipé. M. Macron devrait en faire le constat en se rendant, jeudi 19 avril, à Berlin, où son volontarisme sur les dossiers européens suscite de vives réticences.
A priori, le programme du nouveau gouvernement allemand devrait pourtant convenir au président français. Intitulé « Un nouvel élan pour l’Europe », le contrat de coalition, laborieusement scellé entre les conservateurs (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates (SPD), entre en résonance avec l’ambition de M. Macron de « refonder » celle-ci.
La réalité est plus prosaïque. Un mois après sa réélection pour un quatrième mandat, la chancelière semble en effet avoir abandonné toute hardiesse réformatrice sur le front européen. Face à M. Macron, « Mme Merkel est-elle en train de devenir Mme Non ? », s’interrogeait ainsi le Spiegel, lundi. Poser la question, c’est déjà y répondre.
Face au président français, « l’Allemagne est passée du tapis rouge aux lignes rouges », estime l’économiste Henrik Enderlein
Officiellement, bien sûr, il n’est pas question de renoncement. « Je pense que l’Allemagne peut apporter sa propre contribution et que nous trouverons d’ici [au Conseil européen de] juin des solutions conjointes avec la France », a déclaré la chancelière, mardi,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Jusqu’en octobre, le gouvernement va aller à la rencontre des Français pour écouter ce qu’ils ont à dire sur le fonctionnement de l’UE et pour « chasser les fausses idées » avant les élections européennes de mai 2019.
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A Epinal, Emmanuel Macron lance la première « consultation citoyenne » sur l’Europe

Jusqu’en octobre, le gouvernement va aller à la rencontre des Français pour écouter ce qu’ils ont à dire sur le fonctionnement de l’UE et pour « chasser les fausses idées » avant les élections européennes de mai 2019.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 10h49
    |

            Bastien Bonnefous (Epinal, envoyé spécial)








                        



   


Comme un air de campagne, déjà… Un an avant les élections européennes de mai 2019, Emmanuel Macron a lancé, mardi 17 avril, à Epinal, la première « consultation citoyenne » sur l’Europe, une idée lancée par la France et reprise par l’ensemble des Etats membres de l’Union. Jusqu’en octobre, le gouvernement a l’intention d’aller à la rencontre des Français pour écouter ce qu’ils ont à dire de l’Europe. Une démarche calquée sur celle lancée par En marche ! et le candidat Macron au démarrage de la campagne présidentielle de 2017.
M. Macron a choisi volontairement les Vosges et Epinal pour inaugurer l’exercice : un département frappé par la désindustrialisation, où le Front national recueille de nombreux suffrages à chaque élection, et une ville qui garde le souvenir d’un de ses illustres anciens, Philippe Séguin, qui avait été la voix du non au traité de Maastricht en 1992.
« A l’époque, j’étais adolescent et je n’ai pas oublié le débat entre François Mitterrand et Philippe Séguin à la Sorbonne, un vrai grand débat honnête, en profondeur », se rappelle Emmanuel Macron. Un type de débat que le chef de l’Etat souhaiterait répéter à l’occasion des prochaines européennes. « Avec ces consultations citoyennes, je veux avoir un débat instruit avec les Français, pour chasser les fausses idées », explique-t-il.
L’Europe de la paix face au « prix du Picon »
Devant quelque 300 personnes, réunies au palais des congrès de la ville, qui s’étaient inscrites pour participer à la rencontre, le président s’est donc prêté, debout au centre de la salle et pendant plus de deux heures, au jeu des questions-réponses. Un jeu très fair-play, tant l’auditoire, composé en majorité de partisans de La République en marche, a peiné à être critique contre l’Europe. Au point qu’Emmanuel Macron lui-même finira par demander « si quelqu’un a des critiques ou des doutes » sur le fonctionnement actuel de l’UE.
Face à ce public largement acquis, M. Macron déroule, sur un ton professoral, son projet pour « une Europe plus démocratique, plus unie et plus souveraine ». Il vante le programme d’échange universitaire Erasmus, exemple parfait, selon lui, de « l’affectio societatis européen ». Citant de Gaulle, il plaide pour une Europe qui « va de l’Atlantique à l’Oural », mais qui serait tirée par un petit groupe de pays, « une avant-garde européenne ».
A l’interpellation d’un homme qui se plaint « qu’avant l’euro le Picon coûtait 5 francs au comptoir et maintenant trois fois plus », Emmanuel Macron répond en rappelant que « l’Europe nous a évité de nous refaire la guerre depuis soixante-dix ans, ce qui n’était jamais arrivé. Rappelez-vous cela face à votre Picon la prochaine fois ».
Les européennes de mai 2019 seront le premier rendez-vous électoral pour le pouvoir en place. Un test majeur pour M. Macron qui a gagné la présidentielle avec un discours pro-européen face à des adversaires eurosceptiques ou antieuropéens qui ont rassemblé près de 50 % des voix au premier tour.
Alors que les élections en Italie et en Hongrie ont vu la victoire de partis eurocritiques, le président a l’intention de faire campagne contre « les tentations autoritaires » qui planent au-dessus du continent. Une façon pour lui d’appliquer à l’Europe le même clivage qu’il avait imposé en France à la présidentielle, entre « une Europe du repli » et « une Europe de la démocratie ».



                            


                        

                        

