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La SNCF n’embauchera plus au statut de cheminot à partir de 2020

Le gouvernement a choisi cette date qui correspond au début de la reprise de la dette de la SNCF et à la transformation des statuts de l’entreprise.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 16h47
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 18h21
   





                        



   


Le gouvernement a choisi la date. Alignant cette échéance sur le reste du calendrier de sa réforme des chemins de fer, il a décidé qu’à partir du 1er janvier 2020 il n’y aurait plus d’embauches au statut de cheminot à la SNCF. « Il était logique de tout aligner sur cette date, qui correspond notamment au début de la reprise de la dette de la SNCF et la transformation du statut de l’entreprise », a expliqué Matignon à l’agence France-Presse (AFP) mercredi 18 avril, confirmant une information de la lettre spécialisée Mobilettre.
« C’est la date qui a été présentée aux organisations syndicales hier [mardi] dans le cadre des concertations menées au ministère des transports », a précisé une source gouvernementale.

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Au 1er janvier 2020, la SNCF doit devenir une société nationale à capitaux publics, selon le projet de loi voté mardi en première lecture par l’Assemblée nationale. C’est également à cette date que l’Etat commencera à reprendre une partie de la dette du groupe public, selon les récentes annonces d’Emmanuel Macron.
Cette date correspond aussi, à quelques semaines près, à l’ouverture du transport ferroviaire de voyageurs à la concurrence, puisque les régions pourront choisir d’autres compagnies pour faire rouler leurs TER à partir du 13 décembre 2019.
L’extinction du statut des cheminots est, pour l’exécutif, un point non négociable de la réforme du secteur ferroviaire. Les syndicats, au contraire, y sont viscéralement attachés. Malgré sa fin programmée, les cheminots qui en bénéficient actuellement, et les nouveaux arrivants jusqu’à la fin 2019, en garderont les avantages.

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Cadre contractuel à définir
Protecteur mais rigide, ce statut représenterait, selon les calculs de la direction, de la SNCF le tiers de ses 27 % de surcoût par rapport à ses concurrents. Il concerne actuellement 131 000 personnes, sur 147 000 employés des trois établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) qui constituent la SNCF en France.
Il définit les bases du contrat de travail des cheminots et fixe l’essentiel des garanties collectives : conditions d’embauche, rémunération, déroulement des carrières selon des grilles très strictes, mobilité, congés, droit syndical, sanctions disciplinaires, etc.
Il met aussi les agents à l’abri d’un licenciement économique, en ne prévoyant que trois cas de départ : démission, retraite ou radiation. Il donne aussi droit à un régime spécial de prévoyance et de retraite.
Les cheminots qui seront embauchés à partir de 2020 le seront dans un cadre contractuel, qui reste à négocier. Ils seront soumis aux futurs accords d’entreprise propres à la SNCF et à la convention collective. Mais celle-ci est encore inachevée : il reste à trouver un accord dans trois domaines, dont la rémunération et la représentation syndicale.
« Tout l’enjeu d’ici là est de faire aboutir les discussions au niveau de la branche pour parvenir à une convention collective de branche, ainsi qu’au niveau de l’entreprise. C’est ce à quoi le gouvernement appelle les différentes parties prenantes », a souligné mercredi le ministère des transports.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ « Le Monde » et les dix-sept autres médias, partenaires de Forbidden Stories, poursuivent l’enquête démarrée par la journaliste assassinée Daphne Caruana Galizia.
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« Projet Daphne » : Pilatus, la banque maltaise qui recycle l’argent de l’Azerbaïdjan dans toute l’Europe

« Le Monde » et les dix-sept autres médias, partenaires de Forbidden Stories, poursuivent l’enquête démarrée par la journaliste assassinée Daphne Caruana Galizia.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 17h59
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 18h06
    |

            Anne Michel et 
Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

Sur les photos et les vidéos encore en ligne il y a quelques semaines, la noce semble avoir été un véritable enchantement. Un débordement de luxe, dans un cadre exceptionnel : les jardins de l’hôtel Four Seasons de Florence. Feux d’artifice, statues de la Renaissance et robes de soirée, rien n’est trop beau pour le golden boy iranien qui célébrait son mariage, ce jour de juin 2015.
A 35 ans, tout sourit à Ali Sadr Hasheminejad, qui compte même parmi ses invités un premier ministre européen : Joseph Muscat a fait le déplacement depuis Malte, avec son plus proche conseiller et chef de cabinet, Keith Schembri. Car depuis la fin 2013, Ali Sadr a ouvert sur la petite île méditerranéenne une discrète banque privée, la Pilatus Bank.
L’homme a beau se savoir surveillé par le FBI américain, les autorités maltaises ont l’avantage d’être peu regardantes. Il a donc obtenu sans problème une licence bancaire, qui lui permet d’opérer dans toute l’Union européenne. Trois ans plus tard, Ali Sadr pense-t-il encore à son luxueux mariage, dans la cellule de la prison américaine où il est enfermé depuis le 19 mars ? Poursuivi aux Etats-Unis pour violation des sanctions américaines contre l’Iran, l’homme risque cent vingt-cinq ans de prison. Sa banque à Malte a été placée sous tutelle, ses actifs gelés. Les invités du mariage ont tous pris soin de retirer les photos du mariage sur Facebook ou Instagram.
La chute spectaculaire du golden boy doit beaucoup à Daphne Caruana Galizia, qui dénonçait la corruption et a été assassinée, le 16 octobre, dans l’explosion de sa voiture. La journaliste maltaise avait découvert les liens d’intérêts entre la banque et le gouvernement maltais, ainsi que l’existence de comptes bancaires ouverts pour des proches du régime azerbaïdjanais. Elle soupçonnait la Pilatus Bank de véhiculer des opérations douteuses – voire de blanchir des fonds. Ali Sadr avait été jusqu’à la poursuivre devant la justice américaine, pour la faire taire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Le cofondateur de la messagerie Telegram, Pavel Dourov, a appelé à la « résistance numérique » face aux autorités russes qui ont bloqué plus de 15 millions d’adresses IP sur le territoire.
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La Russie lâche un « tapis de bombes » sur Internet pour tenter de censurer Telegram

Le cofondateur de la messagerie Telegram, Pavel Dourov, a appelé à la « résistance numérique » face aux autorités russes qui ont bloqué plus de 15 millions d’adresses IP sur le territoire.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 13h24
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante) et 
Martin Untersinger








                        



   


C’est une bataille féroce qui se joue en ce moment en Russie, avec ses victimes, ses dommages collatéraux, ses communiqués de victoire, sa propagande… A ceci près qu’il s’agit d’un combat numérique entre Roskomnadzor, l’agence fédérale de surveillance des télécommunications, et Pavel Dourov, cofondateur de la messagerie Telegram. La mise en œuvre, lundi 16 avril, du blocage de la messagerie, décidée par la justice sur tout le territoire russe, en raison de son refus de livrer ses clés de chiffrement au FSB, les services de sécurité, est suivie comme un feuilleton haletant par des milliers d’internautes. Roskomnadzor a, en effet, toutes les peines du monde à parvenir à ses fins : Telegram se dérobe en changeant sans cesse d’adresse IP, selon la stratégie définie par Pavel Dourov qui a appelé à la « résistance numérique ».

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« Ces deux derniers jours, la Russie a bloqué plus de 15 millions d’adresses IP dans le but d’interdire Telegram sur son territoire. Aucune importance : Telegram est resté disponible pour la majorité des Russes », proclamait Pavel Dourov mercredi matin. « La dégradation de Telegram a atteint 30 % », affirmait, de son côté, Roskomnadzor. Entre-temps, des banques, des PME, des sociétés de commerce en ligne se sont trouvées subitement privées de connexions. Mardi, les musées de Moscou et du Kremlin ont annoncé l’interruption temporaire, « indépendante de leur volonté » des ventes de billets en ligne. Plus de 70 entreprises en détresse se seraient également adressées à Agora, une association formée par des juristes spécialisée dans les droits de l’homme, selon son président Pavel Chikov, qui est aussi l’un des avocats de M. Dourov.
« L’attaque la plus massive contre Internet de toute l’histoire russe »
« Le tapis de bombes de Roskomnadzor sur Internet a provoqué des rumeurs alarmantes, relève Kirill Martinov, chef du service politique du journal indépendant Novaïa Gazeta. Pour atteindre Telegram, l’agence a été obligée de mener l’attaque la plus massive contre l’infrastructure de l’Internet de toute l’histoire de la censure russe. » « Poutine est au courant », a assuré mercredi matin le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, alors que Roskomnadzor est pris sous un tir croisé de critiques.
Pour envoyer un message, chaque application Telegram devait jusqu’ici se connecter à un serveur lui appartenant, via Internet. Afin de bloquer la messagerie, Roskomnadzor a donc ordonné aux fournisseurs d’accès russes de bloquer les adresses IP de ces serveurs –l’équivalent de leur adresse postale. Sauf que les équipes de la messagerie cryptée avaient prévu depuis quelques mois un mécanisme sommaire de contournement de la censure en intégrant dans le code de Telegram un moyen de récupérer au fil de l’eau de nouvelles adresses IP. C’est ce mécanisme qui a été mis en œuvre.

А Телеграм все работает и работает...

— dw_russian (@DW (на русском))


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« Ils font des rotations d’adresse IP pour contourner le blocage, ce qui explique pourquoi ce dernier n’est pas très efficace, explique Jef Mathiot, un ingénieur en informatique qui étudie depuis des mois le fonctionnement de Telegram. C’est un jeu du chat et de la souris : au fur et à mesure que leurs adresses sont bloquées, ils montent de nouveaux serveurs et au fur et à mesure Roskomnadzor les bloque à son tour. »
Problème : plutôt que de bannir spécifiquement les adresses IP utilisées par Telegram et louées chez de grands fournisseurs comme Google ou Amazon, le censeur russe a choisi le bulldozer, ce qui explique les importants dommages collatéraux.
Dourov, en passe de devenir un héros
En Russie, Pavel Dourov, 33 ans, lui-même d’origine russe, est en passe de devenir un héros aux yeux de l’opposition et de milliers d’internautes. Il « va rentrer dans l’histoire de la résistance russe », n’a pas hésité à lancer mardi, sur la radio Echo de Moscou, la journaliste Evguenia Albats. La veille, déjà, quelques manifestants s’étaient rassemblés place de la Loubianka, à Moscou, pour « bombarder » la façade du siège du FSB d’avions de papier multicolores rappelant le logo de Telegram. Plusieurs ont ensuite passé la nuit au poste de police avant d’être relâchés et présentés devant un tribunal où ils ont écopé d’amendes. Parmi eux, Maria Alokhina, ex-membre des Pussy Riots, a été condamnée à 100 heures de travaux obligatoires.

   


Cofondateur de Vkontakt en 2006, le Facebook russe, puis, avec son frère Nikolaï, de Telegram en 2013, l’homme, qui a choisi de quitter l’année suivante la Russie, y est bien connu. Depuis son exil – suivi par une équipe de programmeurs, il se déplacerait de pays en pays –, il annonce, désormais, son intention de subventionner ceux qui, dans le monde des administrateurs de serveurs-relais et VPN, le soutiendront dans son combat pour « la liberté numérique ». « Au cours de cette année, je serai heureux de faire don de millions de dollars de fonds personnels à ces fins. J’appelle tout le monde à me rejoindre », a-t-il proclamé.
Le lanceur d’alerte américain Edward Snowden, réfugié depuis 2014 en Russie, s’est rangé à ses côtés. « J’ai critiqué la sécurité du modèle Telegram dans le passé, mais la réponse de Dourov à la demande totalitaire du gouvernement russe de bloquer l’accès aux communications privées, refus et résistance, est la seule réponse morale et montre un réel leadership », écrit-il sur son compte Twitter.

I have criticized @telegram's security model in the past, but @Durov's response to the Russian government's totalit… https://t.co/WRcHwXEJux— Snowden (@Edward Snowden)


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C’est « un sérieux défi », a reconnu, mercredi, dans un entretien au quotidien pro-gouvernemental, Izvestia Alexandre Jarov, le dirigeant de Roskomnadzor, en appelant les « entreprises américaines à faire en sorte de rendre inaccessible la messagerie sur le territoire de la Russie. Nous espérons que, pour Amazon et Google, le business et non la politique primera. »
Le prochain sur la liste, a ajouté M. Jarov, pourrait bien être Facebook. Si l’entreprise américaine refuse toujours de localiser la base de données des utilisateurs russes en Russie, si elle ne supprime pas « toute information interdite » et ne se conforme pas au « respect des lois », alors, affirme-t-il, « évidemment la question du blocage va se poser ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ En demi-finales de Coupe de France, le club parisien voyage à Caen. Dix ans après y avoir traversé la pire crise sportive de son histoire, loin des fastes du PSG qatari.
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Caen-Paris : il y a dix ans, les heures sombres du PSG

En demi-finales de Coupe de France, le club parisien voyage à Caen. Dix ans après y avoir traversé la pire crise sportive de son histoire, loin des fastes du PSG qatari.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 18h35
    |

                            Alexandre Pedro








                        



   


Ni gâteau ni bougies, c’est le genre d’anniversaire que personne ne fête. Le 19 avril 2008, le Paris-Saint-Germain est promis à la Ligue 2 après une soirée cauchemardesque au stade Michel-d’Ornano, où il retrouve Caen ce mercredi 18 avril en demi-finales de Coupe de France. Après une défaite 3-0, Paris dégringole alors à la 18e place au classement. L’époque n’est pas à pleurer sur cette Ligue des champions qui se refuse au club, le PSG n’est pas encore passé sous pavillon qatari et ne « rêve pas plus grand ». Il serait plutôt en plein cauchemar et menacé de relégation pour la première fois depuis sa montée dans l’élite en 1974.
« Je ne vais pas encore parler de L2, car mon boulot est de l’éviter », tente bien de rassurer après la déroute le président, Alain Cayzac. Sauf que son visage indique le contraire. « Cayzac est détruit après le match, raconte le journaliste Bruno Salomon qui couvrait la saison galère du PSG pour France Bleu Paris. On le sent choqué. Et quand je le vois, je me dis que ce club va tout droit en Ligue 2. » Les joueurs de Paul Le Guen viennent de subir leur 15e défaite de la saison et pointent à trois points du premier non relégable à quatre journées de la fin de la saison.
Que dire du match en question ? Gardien abandonné par sa défense, Mickaël Landreau retarde longtemps l’échéance jusqu’au but d’Anthony Deroin à la 52e minute. « Pour être honnête, je n’ai pas un souvenir particulier de ce match, élude l’actuel entraîneur de Lorient. C’est toute la saison qui avait été pénible. On n’était pas préparé à jouer le maintien et tout le monde voulait voir descendre le club de la capitale. »
Pauleta « choqué »
C’est que le ver est déjà dans le fruit depuis un moment. Le PSG tient du bateau ivre avec à sa tête le fonds de pension américain Colony Capital, critiqué pour son manque d’investissement et déjà prêt à vendre au premier acheteur intéressé. Cayzac apparaît comme un président supporteur dépassé par les événements, Paul Le Guen décontenance par ses choix, comme lorsqu’il confie le brassard de capitaine à Valenciennes à un Mamadou Sakho pas encore majeur. Contre Caen, le Breton pousse l’audace à aligner Sylvain Armand (habituel défenseur) au poste d’ailier gauche. Une innovation pas beaucoup plus payante que le milieu de terrain formé par Chantôme, Bourillon et Clément.
« Ce soir, on se sent la tête au fond du trou », commentera Paul Le Guen, l’entraîneur du PSG
Dominé dans tous les secteurs, Paris rend les armes sans se battre. « Ce soir, je suis choqué, mais je suis choqué depuis longtemps », lâche un Pedro Miguel Pauleta au crépuscule sa carrière. Même Le Guen n’arrive plus à trouver des motifs d’espoir : « Autant la défaite face à Nice [2-3] m’était apparue porteuse d’espoir, autant ce soir, on se sent la tête au fond du trou. »
Et comme pour noircir encore un peu plus le tableau, Landreau est interpellé après le deuxième but caennais par un supporteur parisien descendu sur la pelouse pour lui jeter sa colère au visage. Le destin s’en mêle et se fait ironique : Yoan Gouffran triple la mise dans les dernières minutes, lui qui avait refusé de rejoindre le PSG lors du mercato d’hiver précédent au vu de la situation de son prétendant. « Je n’ai jamais regretté ma décision et encore moins quand je vois où ils en sont aujourd’hui », lâche-t-il après la rencontre.
Jérôme Reijasse a raté le but de Gouffran. Ecrivain et journaliste, il était pourtant ce soir-là à Caen et a même consacré un chapitre au match dans son livre Parc, tribune K-Bleu bas (L’Œil d’Horus, 2009) qui raconte l’annus horribilis de sa formation de cœur vue depuis sa position de supporteur. « Je ne fais jamais ça, mais j’avais quitté le stade avant la fin. J’ai entendu le but de Gouffran à la radio sur le chemin du retour. A ce moment-là, j’en viens à souhaiter la relégation de l’équipe, on se dit qu’on va tout reprendre de zéro, que c’est la seule solution. Je regarde même sur la carte où se trouvent les équipes de L 2 pour voir les déplacements pas trop loin de Paris. »
« Si on descend, on vous descend »
D’autres supporteurs ont la défaite plus énervée. Deux jours plus tôt, la ministre de l’intérieur, Michèle Alliot-Marie, a décidé de dissoudre l’association des Boulogne Boys après l’affaire de la banderole « anti-Ch’tis » lors de la finale de Coupe de la Ligue gagnée contre Lens. Un titre accessoire et déjà lointain pour certains fans, qui se rendent au camp des Loges en pleine nuit.
Bruno Salomon assiste alors à des scènes « dignes de Mad Max ». Avec un confrère, le journaliste effectue un détour par le centre d’entraînement du PSG en rentrant de Caen. « Et là, on aperçoit des types avec des cagoules taguer les murs du centre, un autre sauter sur le capot de la voiture de Sylvain Armand et détruire les vitres. Ce n’est plus une impression, je vois le club brûler devant moi. »
Le lendemain, les joueurs retrouvent leur véhicule caillassé pour certains et des messages qui se passent de sous-texte : « Si on descend, on vous descend. » Les jours qui suivent, une compagnie de CRS forme un cordon de sécurité entre les coéquipiers de Pauleta et leurs propres supporteurs. Et quand le PSG pique sa crise, le nom de Luis Fernandez revient toujours. Sans qu’on ne le pousse trop, l’entraîneur vainqueur de la Coupe des Coupes en 1996 se dit disponible. Mais Colony Capital ignorera la vindicte du Parc des Princes qui propose depuis un moment une nouvelle orientation professionnelle à son entraîneur breton en chantant : « une crêperie pour Le Guen ».
Moulin, Rothen et la taupe
A la différence de Paul Le Guen, Alain Cayzac n’a, lui, pas résisté à la déroute caennaise. Le publicitaire, amoureux du club de la première heure, est poussé à la démission le 21 avril, remplacé par le discret Simon Tahar comme président intérimaire. Cayzac n’a pas accepté que l’actionnaire principal lui impose une cohabitation avec un nouveau venu, l’étonnant Michel Moulin. Avec son accent provençal, le créateur du journal de petites annonces Paru- Vendu arrive comme directeur sportif et chasseur de taupes. « Les joueurs hallucinent, se souvient Bruno Salomon. Ils ne savent pas qui c’est et il vient les secouer dans le vestiaire et s’en prendre à Rothen qu’il accuse d’être la taupe des journalistes. »
La journée suivante, le PSG s’impose 3-1 au Parc des Princes face à l’AJ Auxerre et sa défense commandée par Sammy Traoré… prêté par le club parisien. « Peut-être que le match de Caen a été décisif dans le fond, avance Jérôme Reijasse. Les joueurs ont décidé de se bouger, ils avaient peur de voir encore leur voiture en leasing se faire de nouveau caillasser. » Un doublé salvateur d’Amara Diané lors de la dernière journée à Sochaux permettra au PSG de sauver sa place en Ligue 1. « Cette défaite à Caen, Diané… Si tu en parles à certains supporteurs actuels, ça ne leur dira rien, assure Reijasse. Ils n’ont pas de mémoire ou une mémoire sélective. »
Pour ceux-là, le résumé de ce Caen-PSG est disponible sur Youtube avec une musique pas vraiment de circonstance.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Une bactérie modifiée pour s’attaquer plus rapidement à un type de plastique viendra-t-elle sauver les océans et réparer les bêtises des humains ?
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

L’enzyme dévoreuse de plastique, une idée pas si fantastique ?

Une bactérie modifiée pour s’attaquer plus rapidement à un type de plastique viendra-t-elle sauver les océans et réparer les bêtises des humains ?



Le Monde
 |    18.04.2018 à 16h23
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 19h02
    |

                            Claire Courbet








                        



Pouf, une seconde passe. Et avec elle, 634 000 kg de déchets viennent de rejoindre les océans et menacer la faune et la flore marines. Quelques projets ont été pensés pour tenter de réduire la quantité de déchets plastique dans les océans, comme une machine inventée par un ingénieur néerlandais. En attendant la réalisation ou la massification de ces derniers, la mare de plastiques continue de prendre de l’avance. Le mois dernier, la revue Scientific Reports, estimait l’aire de la plus grande décharge de plastique des océans à 1,6 million de kilomètres carrés, soit trois fois la France métropolitaine.
Une découverte scientifique pourrait changer la donne. Des chercheurs américains et britanniques ont, par inadvertance – mais ce n’est qu’un détail –, développé une enzyme qui serait capable de détruire du plastique en un temps record. Issus de l’université britannique de Portsmouth et du Laboratoire national des énergies renouvelables du ministère à l’énergie américain, ils travaillaient sur une bactérie découverte au Japon il y a quelques années, l’Ideonella sakaiensis, qui se nourrit uniquement d’un type de plastique, le polytéréphtalate d’éthylène (PET) qui entre dans la composition de très nombreuses bouteilles en plastique. L’objectif de l’équipe était de comprendre le fonctionnement de l’une de ses enzymes appelée PETase. Mais leurs expérimentations ont débouché sur une enzyme beaucoup plus efficace que la PETase naturelle.
Les scientifiques s’activent désormais à en améliorer les performances dans l’espoir de pouvoir un jour l’utiliser dans un processus industriel de destruction des plastiques. L’espoir est donc permis : bientôt la science viendra à la rescousse des océans. Bientôt, une minuscule enzyme viendra réparer les erreurs accumulées de milliards d’humains. A la lecture de ces lignes, vous craignez que ce soit quelque peu exagéré ? Que cette découverte se transforme en une porte ouverte au laisser-aller ? Ou un moyen de se dédouaner tout trouvé pour ceux qui préfèrent jeter leurs bouteilles en plastique à la mer plutôt que leurs vieilles habitudes ? Eh bien le quotidien suisse Le Temps, aussi.
Selon un éditorial publié mardi 17 avril, « la nature travaille à un rythme souvent incompatible avec la frénésie consumériste des êtres humains ». Le quotidien rappelle que l’enzyme de base met six semaines à grignoter un film de PET de 2 cm et que celle qui est modifiée travaille certes plus vite, mais jamais que 20 % de fois plus rapidement. Un chiffre qu’avait balayé de la main le professeur à la tête de l’étude, John McGeehan. « C’est une petite amélioration, mais ce n’est pas la question, déclarait-il ainsi auprès du Guardian, c’est incroyable parce que ça nous dit que l’enzyme n’est pas encore à son maximum. Cela nous permet d’utiliser toute la technologie utilisée dans d’autres développements enzymatiques pendant des années et des années et de fabriquer une enzyme ultrarapide. » 
Pourtant Le Temps l’assure, cette récente découverte ne sauvera pas les océans du plastique qui les gangrène. Pis, « elle risque de faire croire, à tort, qu’il est possible de continuer à consommer du plastique au rythme actuel, puisque des inventions vont toujours nous sauver la mise », et peut inciter les gens à « se bercer d’illusions en espérant qu’une enzyme, un bateau éboueur, des barrages géants ou toute autre technologie nous débarrasseront rapidement de cette pollution ». 

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ A l’issue d’une réunion avec la préfète des Pays de la Loire, présidée par Nicolas Hulot, les opposants ont déploré qu’« aucune ligne n’[ait] bougé ». Le ministre les a appelés à « ne pas rentrer dans une spirale de violence ».
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Notre-Dame-des-Landes : Hulot appelle les opposants à « saisir la main du gouvernement »

A l’issue d’une réunion avec la préfète des Pays de la Loire, présidée par Nicolas Hulot, les opposants ont déploré qu’« aucune ligne n’[ait] bougé ». Le ministre les a appelés à « ne pas rentrer dans une spirale de violence ».



Le Monde
 |    18.04.2018 à 10h37
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 18h51
   





                        



   


Les négociations s’annonçaient compliquées, chacun campant sur ses positions. Deux heures et demi de négociations entre l’Etat et les occupants de la « zone à défendre » (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes (NDDL) n’auront pas suffi pour trouver une issue au conflit.
« Aucune ligne n’a bougé » sur le dossier des régularisations, a affirmé une délégation d’opposants à l’ex-projet d’aéroport, au sortir d’une réunion avec la préfète des Pays de la Loire, Nicole Klein, présidée par le ministre de la transition écologique Nicolas Hulot. Ils déplorent que « malheureusement, le gouvernement [soit] toujours sur la même ligne » et que « rien n’[ait] changé ». « On ne cherche pas du tout à rester dans l’anonymat, c’est un faux problème », ont-ils également affirmé.
« Il n’ y a pas d’autre issue que de saisir la main du gouvernement », a de son côté estimé M. Hulot, faisant part d’un « sentiment de tristesse et de gâchis d’une situation qui ne devrait pas prendre cette tournure ». « Ne ratons pas la dernière étape, ne rentrons pas dans une spirale de posture, de confrontation, de violence. Ne confondons pas écologie et anarchie. Et passons à une autre étape », a exhorté le ministre.
Trois mois après l’abandon du projet d’aéroport, cette réunion cruciale qui se tenait à la préfecture de Nantes visait à permettre de trouver une issue au conflit, au dixième jour d’opérations de gendarmerie sur le site de 1 650 hectares, marquées par des heurts entre opposants et forces de l’ordre.

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Un délai fixé au 23 avril
Nicolas Hulot a réitéré lors de cette réunion l’ultimatum fixé par le gouvernement aux opposants, qui ont jusqu’au 23 avril pour se régulariser en remplissant une déclaration d’intention.
Marcel Thébault, l’un des quatre agriculteurs historiques de Notre-Dame-des-Landes et membre de la délégation, a regretté que le gouvernement n’ait pas proposé de « recul du délai ni quoi que ce soit ». « On avait l’idée de venir voir comment les choses bougeaient pour avoir du grain à moudre et chercher la sérénité », a-t-il observéà l’issue de la réunion.
La délégation reçue en préfecture, qui était composée de huit opposants à l’ex-projet d’aéroport, dont trois représentants de la ZAD, doit faire « un retour » mercredi soir lors d’une assemblée réunissant les diverses composantes du mouvement anti-aéroport.
A l’Assemblée nationale, le premier ministre Edouard Philippe a répété mercredi que « les occupants illégaux » qui ne régulariseront pas rapidement leur situation « quitteront les lieux » à Notre-Dame-des-Landes, car « force doit rester à la loi ». Vingt-neuf squats ont été détruits dans les premiers jours des opérations d’expulsion. Les forces de l’ordre poursuivaient mercredi, au dixième jour des opérations de gendarmerie dans la zone, les opérations de déblaiement des deux axes routiers traversant la ZAD, notamment des barricades érigées chaque nuit par des zadistes.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Notre journaliste s’est rendue à Saint-Louis, dans l’Etat américain du Missouri, pour découvrir les coulisses de cette entreprise à la stratégie de communication très élaborée.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/04/2018
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Les gens de Monsanto, la multinationale de l’agrochimie

Notre journaliste s’est rendue à Saint-Louis, dans l’Etat américain du Missouri, pour découvrir les coulisses de cette entreprise à la stratégie de communication très élaborée.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 16h09
    |

            Marie-Béatrice Baudet (Saint-Louis, Missouri, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Aucun dragon en vue dans le ciel bleu azur. L’antre du « diable » semble bien calme en cette fin d’hiver. Les pelouses vert tendre et l’eau qui s’écoule en douces cascades donnent même des allures de jardin japonais au siège américain de Monsanto, à Saint-Louis, dans le Missouri. On ne s’attendait pas à une telle sérénité. L’exécrable réputation de la multinationale spécialiste des pesticides et des OGM, surnommée « MonSatan » par les militants écologistes, renvoie plutôt à des caricatures effrayantes, comme celles de la sorcière qui tend une pomme empoisonnée à Blanche Neige, ou du docteur Frankenstein affairé dans son laboratoire les nuits de pleine lune. Et puis, a-t-on idée d’installer son QG, aussi zen soit-il, dans une localité au nom ­angoissant de Creve Cœur ? L’imagination s’égare vite mais, sur place, le réel peut reprendre ses droits.
Le voyage ne fut pas simple à organiser : la firme présidée par Hugh Grant se méfie du Monde. En mars 2017, le journal a commencé à révéler le contenu des « Monsanto Papers », des milliers de pages de documents internes rendus publics par la justice américaine dans le cadre de procès en cours. On y apprend comment la compagnie a entrepris de dénigrer l’agence des Nations unies contre le cancer qui, le 20 mars 2015, au contraire des institutions réglementaires européennes, a classé le glyphosate, le pesticide le plus utilisé de la planète et commercialisé par l’entreprise sous la marque Roundup, « cancérogène probable » pour l’être humain. Ni démenti ni droit de réponse ne seront envoyés à la rédaction. Juste un lourd silence.
Vivre caché pour commercer heureux
Idéalement, le groupe de Saint-Louis aimerait vivre caché pour commercer heureux, mais son rachat d’ici à juin par l’allemand Bayer ne lui en laisse guère le loisir – business is business. La fusion devrait préserver les marges des deux mastodontes, alors que les prix agricoles restent bas. Autorisée par la Commission...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Ces élections présidentielle et législatives se tiendront un an et demi avant la date prévue initialement. Une annonce qui prend de court de nombreux observateurs.
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Turquie : le président Erdogan annonce des élections anticipées le 24 juin

Ces élections présidentielle et législatives se tiendront un an et demi avant la date prévue initialement. Une annonce qui prend de court de nombreux observateurs.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 15h36
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 17h05
   





                        



   


Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé, mercredi 18 avril, la tenue d’élections présidentielle et législatives anticipées le 24 juin, soit un an et demi avant la date prévue initialement. Ces développements ont pris de court nombre d’observateurs, alors que les dirigeants turcs, dont M. Erdogan, ont plusieurs fois démenti ces dernières semaines les « rumeurs » d’élections anticipées.
« Le Haut comité électoral va immédiatement commencer les préparatifs pour ces élections », a déclaré M. Erdogan lors d’une conférence de presse à Ankara après s’être entretenu avec le chef du parti ultranationaliste MHP, Devlet Bahçeli, qui avait appelé mardi à des élections anticipées. M. Erdogan a cité « l’accélération des développements en Syrie » et la nécessité de prendre rapidement des « décisions importantes » sur l’économie pour justifier l’accélération du calendrier électoral.
L’annonce des élections anticipées survient alors que la Turquie est confrontée à un contexte régional difficile, avec le débordement du conflit en Syrie, et à une situation économique délicate, avec des signes de surchauffe malgré une forte croissance.

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Un double scrutin crucial
Selon le calendrier initial, les élections présidentielle et législatives devaient se tenir simultanément le 3 novembre 2019 et être précédées d’un scrutin municipal en mars de la même année.
Le double scrutin présidentiel et législatif est crucial car il marquera l’entrée en vigueur de la plupart des mesures renforçant les prérogatives du chef de l’Etat, adoptées lors d’un référendum constitutionnel, en avril 2017. Cette révision constitutionnelle permet à M. Erdogan, âgé de 64 ans, de briguer deux nouveaux mandats présidentiels de cinq ans. L’homme fort de la Turquie est au pouvoir depuis 2003, d’abord comme premier ministre, puis comme président depuis 2014.

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Mardi, M. Bahçeli, chef du MHP et vieux routier de la politique turque, avait secoué le pays en appelant à des élections le 26 août, soit plus d’un an avant la date prévue du 3 novembre 2019. Ce politicien de 70 ans, autrefois très critique envers M. Erdogan, s’est imposé depuis plus d’un an comme l’un des principaux alliés du président turc, avec lequel il a d’ailleurs conclu un accord électoral en vue des prochains scrutins.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Le président des Républicains veut ajouter deux conditions pour pouvoir jouir de ce droit fondamental de la République.
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Immigration : Laurent Wauquiez propose de restreindre le droit du sol

Le président des Républicains veut ajouter deux conditions pour pouvoir jouir de ce droit fondamental de la République.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 13h12
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 16h37
   





                        



   


Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, a annoncé, mercredi 18 avril, qu’il souhaitait restreindre le droit du sol dans la procédure d’acquisition de la nationalité française.
« Les Républicains veulent une seule chose : sortir la France de l’immigration de masse », a déclaré le président d’Auvergne - Rhône-Alpes lors d’une convention de son parti, intitulée « Comment réduire l’immigration ». En conséquence, M. Wauquiez préconise de revoir le droit du sol car, dans son esprit, « la France ne doit donner la nationalité que la main tremblante ».
L’ancien ministre veut donc ajouter deux conditions pour pouvoir jouir de ce droit. « Si les parents sont en situation irrégulière sur le sol français, il n’y a pas d’accès et de droit du sol », a-t-il estimé, avant de poursuivre : « On ne peut pas devenir français si on n’a pas un casier judiciaire qui est vierge. »
M. Wauquiez défend, par ailleurs, l’impossibilité pour tout clandestin ayant pénétré illégalement sur le territoire français – hors première demande d’asile – de pouvoir ensuite avoir accès à une régularisation ou à un titre de séjour. Il souhaite aussi que les migrants interceptés sur la mer Méditerranée soient ramenés à leur lieu de départ et non en Europe.

Le droit du sol, c’est quoi ?
En France, la loi reconnaît à la fois le droit du sang et celui du sol. Dans le premier cas, un enfant né d’au moins un parent français obtient automatiquement la nationalité française, par filiation. Dans le second, un enfant né sur le sol français de parents étrangers peut acquérir automatiquement la nationalité française, lorsqu’il devient majeur, à condition qu’il ait vécu au moins cinq années dans le pays depuis l’âge de 11 ans.


Plus tôt dans la matinée, l’ancien ministre avait déjà expliqué au micro de RTL qu’il souhaitait pouvoir « réduire le nombre d’entrées » sur le sol français. Pour le chef de file de la droite, la politique migratoire du gouvernement actuel a conduit à accorder trop de titres de séjour en 2017 ; « 262 000, c’est un record depuis quarante-trois ans », a-t-il affirmé sur RTL, ajoutant que « si rien ne change, il y aura un million d’immigrés en plus sur le quinquennat ». « Si l’ouverture, c’est renoncer à notre identité, on n’est pas d’accord, si l’ouverture, c’est changer de nature, on n’est pas d’accord. Ce qu’on conteste ce n’est pas l’ouverture, c’est la façon dont on gère l’ouverture », a-t-il revendiqué lors de la convention de son parti.
Longue lignée de propositions similaires
La proposition formulée par Laurent Wauquiez s’inscrit dans une longue lignée de propositions plus fermes les unes que les autres portées au sein de la droite ces dernières années. En 2016, la plupart des candidats à la primaire promettaient déjà de restreindre le droit du sol, quand ils ne souhaitaient pas tout simplement le supprimer, comme Jean-François Copé ou Jean-Frédéric Poisson.

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Alain Juppé recommandait ainsi de limiter ce droit à la condition qu’au moins un des deux parents ait été en situation régulière au moment de la naissance – une position assez proche de celle défendue aujourd’hui par M. Wauquiez. Le président de LR reprend quasiment au mot près la proposition que formulait Nicolas Sarkozy, en août 2016 : l’ancien chef de l’Etat souhaitait alors que l’on ne puisse pas accorder la « nationalité à quelqu’un qui aurait un casier judiciaire à sa majorité, ou dont on pourrait prouver que ses parents étaient en situation irrégulière au moment de la naissance ».
François Fillon, enfin, dans son projet pour l’élection présidentielle de 2017, listait, quant à lui, un nombre important de restrictions devant être mises en place pour pouvoir acquérir la nationalité française : « respect de l’obligation scolaire au cours des périodes de résidence en France » ; « absence de condamnation pour un crime, un délit grave ou pour outrage à l’hymne national ou au drapeau tricolore » ; « condition de résidence continue ou discontinue en France de huit ans depuis l’âge de 6 ans (au lieu de cinq ans depuis l’âge de 8 ou 11 ans) » ; « test d’assimilation » éventuel « notamment lorsque les parents sont en situation irrégulière » ; « fin aux abus du droit du sol dans certains territoires d’outre-mer » en le conditionnant à la régularité d’au moins un des parents…

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Les autorités de l’enclave espagnole ont lancé début avril une initiative pour doter de chariots ces porteuses de très lourds colis.
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Compte rendu

Entre le Maroc et Ceuta, le fardeau allégé des « femmes-mulets »

Les autorités de l’enclave espagnole ont lancé début avril une initiative pour doter de chariots ces porteuses de très lourds colis.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-04-18T12:51:57+02:00"

        Le 18.04.2018 à 12h51






    
Des femmes marocaines utilisant des chariots entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta, le 12 avril 2018.
Crédits : FADEL SENNA / AFP


« C’est moins éprouvant », constate Najat, une « porteuse de marchandises » entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta. Comme elle, des milliers de femmes jusqu’ici surnommées « femmes-mulets » transportent désormais leurs marchandises dans des chariots plutôt que sur leur dos fourbu.
Sous la pression des ONG, qui jugeaient leurs conditions indignes, et après une série d’incidents tragiques, les autorités et les commerçants de Ceuta ont lancé début avril une initiative pour que ces femmes utilisent des chariots. La mesure vise à atténuer les souffrances des « hamalates » (porteuses), appelées en Espagne « mujeres mulas » (femmes-mulets) en raison des lourds colis qu’elles transportaient, harnachées comme des bêtes de somme.
Dos courbé
« C’est une bonne chose, surtout pour celles qui ont des problèmes de santé », dit à l’AFP Najat, la quarantaine, mère de deux enfants. Jusqu’ici, cette habitante de Tétouan, dont le mari est au chômage, traversait deux fois par semaine la frontière pour revenir quelques heures plus tard le dos courbé sous le poids de gros ballots de marchandises, livrés à des commerçants locaux contre une vingtaine d’euros en moyenne.
Devant un petit poste frontière réservé aux piétons, sur une colline qui domine les eaux de la Méditerranée entre la ville marocaine de Fnideq et Ceuta, Najat attend désormais de passer les contrôles de routine, munie de son nouveau chariot. Fabriqué chez un soudeur, et vendu une vingtaine d’euros, celui-ci est « beaucoup plus résistant que les chariots vendus dans le commerce », se félicite-t-elle.

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Au petit matin, un groupe composé d’une centaine de femmes est le premier à traverser le poste frontière qui mène directement à une zone commerciale à l’entrée de l’enclave, construite en 2004 pour désengorger le centre-ville. Des hangars de tôles ondulées abritent toutes sortes de marchandises : vêtements importés de Chine, produits ménagers et alimentaires, objets de décoration… « La situation s’améliore, grâce à Dieu », constate avec satisfaction Touria, 35 ans, un foulard sur la tête, venue chercher des colis de produits alimentaires. « Mais le travail reste pénible », nuance-t-elle.
Des porteuses piétinées dans des bousculades
Des milliers de porteurs marocains – hommes ou femmes – traversent au quotidien la frontière, payés par des commerçants marocains pour transporter des marchandises destinées à être revendues au Maroc. Les porteurs ne paient pas de taxes sur les marchandises qu’ils transportent à pied et sur leurs dos, contrairement aux véhicules, ce qui explique l’énorme poids des chargements – plusieurs dizaines de kilos.
Le phénomène a « commencé au début des années 2000 et n’a cessé de prendre de l’ampleur », souligne auprès de l’AFP Mohamed Benaïssa, président de l’Observatoire du nord pour les droits de l’homme, une ONG marocaine. En 2017, au moins quatre porteuses sont mortes, piétinées dans des bousculades sur ce poste frontière entre Fnideq et l’enclave espagnole qui jouit d’un statut de port franc. En janvier, deux femmes ont perdu la vie dans les mêmes conditions. En réaction, les autorités marocaines et espagnoles avaient promis d’agir.

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Depuis, un quota quotidien d’entrée et un système d’alternance entre les hommes et les femmes ont été instaurés. Des agents de sécurité privée ont récemment été engagés dans la zone commerciale, rémunérés par les autorités de Ceuta et les commerçants locaux, selon des témoignages recueillis par l’AFP.
« Mesures superficielles »
« On ne verra plus les images honteuses sur les télévisions. C’est un pas en avant en matière de respect des droits de l’homme », se réjouit un agent de sécurité chargé de faire respecter les files d’attente devant les hangars. Il montre sur son smartphone des « images de chaos » prises il y a un an, qui « faisaient partie du quotidien ». « Tout ça appartient au passé, mais maintenant il faut abaisser les poids des colis », suggère ce grand gaillard marocain vêtu d’une casquette et d’une combinaison noire. « Les mesures proposées ne règlent pas le fond du problème et restent superficielles », estime en revanche Mohamed Benaïssa. « Les diverses formes de violences, de harcèlement sexuel et d’exploitation continueront », juge-t-il.
Sous une pluie battante, Fatima peine à tirer son chariot sur lequel s’entassent des cartons de 60 kg d’une célèbre marque de confiserie espagnole. « Ce n’est pas un deux-roues qui roule tout seul, il faut tirer, et c’est difficile sur les pentes », se lamente cette travailleuse journalière, pour qui la nouvelle mesure « n’a rien changé ». « Avant, j’avais mal au dos et aux genoux. Maintenant, j’ai des douleurs aux bras », poursuit la quinquagénaire, qui vit à Fnideq et « aimerait travailler dans une usine au Maroc, même en gagnant moins d’argent ».


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Paludisme, la guerre d’usure (4/10). Des équipes de chercheurs et de soignants se sont associées aux habitants de Dielmo et Ndiop pour étudier et combattre la maladie.
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Reportage

Au Sénégal, deux villages aux avant-postes de la lutte contre le paludisme

Paludisme, la guerre d’usure (4/10). Des équipes de chercheurs et de soignants se sont associées aux habitants de Dielmo et Ndiop pour étudier et combattre la maladie.

Par                                            Florence Rosier




LE MONDE
              datetime="2018-04-18T10:53:48+02:00"

        Le 18.04.2018 à 10h53






    
Un agent de santé désinfecte une maison inondée à Kaolack, au Sénégal, en 2008, pour en chasser les moustiques vecteurs du paludisme.
Crédits : SEYLLOU DIALLO / AFP


Le 4x4 a quitté Dakar aux aurores, direction le sud. Il a traversé des bourgs aux marchés colorés, a esquivé les deux-roues surgissant de partout, doublé des bus surchargés, dépassé des carrioles tirées par des ânes chétifs et s’est enfoncé dans les terres arides du Sahel. Un défilé de baobabs, de longues files de zébus impavides, des chèvres blotties à l’ombre des acacias…
Puis le véhicule a quitté la route, tourné à gauche, suivi une piste rectiligne entre deux champs de mil. Il a longé de premières cases aux toits de chaume et aux murs de banco. Après cinq heures de route, il s’est enfin arrêté à l’ombre d’un anacardier. Sur le tableau de bord, le thermomètre indique 44 °C.

        Présentation de notre série
         

          Paludisme, la guerre d’usure



Bienvenue à Dielmo, village pilote du Sénégal pour l’étude et la prise en charge du paludisme. A 280 km au sud-est de Dakar, tout près de la frontière avec la Gambie, il abrite plus de 350 habitants. Ici, depuis 1990, tous les volontaires sont suivis régulièrement par des équipes de chercheurs et de soignants de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et de l’Institut Pasteur de Dakar.
La fin d’une hécatombe
Pourquoi ce village ? « Jusqu’en 1989, la mortalité des enfants était très élevée à Dielmo. A certaines périodes, un enfant mourait tous les trois jours. Les habitants des villages voisins fuyaient », raconte Charles Bouganali, technicien entomologiste à l’IRD.
La raison ? Le paludisme. C’est qu’au pied de Dielmo coule une rivière, la Néma. Une chance pour les cultures maraîchères, mais un gîte de choix pour les femelles des anophèles, qui viennent y pondre leurs œufs. Toute l’année, les larves de ces moustiques vecteurs du paludisme se développent dans ce cours d’eau – également infesté de crocodiles –, à une centaine de mètres des premières habitations.
Avant la création du « village-laboratoire », aucune stratégie de prévention n’existait ici. Mais depuis l’installation des chercheurs, le fléau a quasiment disparu. « Les habitants des villages voisins sont revenus. Aujourd’hui ils prennent des épouses à Dielmo », se réjouit Charles Bouganali. Le « protocole » proposé par les scientifiques ? En échange de soins gratuits, les villageois devaient accepter un suivi quotidien et de fréquents prélèvements de sang ou d’autres tissus. « Certains croyaient que les toubabs [les Blancs] allaient vendre leur sang », se souvient M. Bouganali.

        Episode 2
         

          Le paludisme, tueur au quotidien



Le consentement des habitants n’allait pas de soi, il a donc fallu les convaincre. « En 1990, les villageois ont été réunis, on leur a expliqué le protocole. Puis le chef du village et l’imam se sont concertés, raconte Abdou Sonko, l’imam actuel, assis sous un manguier. Il y a eu quelques réticences, mais 90 % des habitants étaient pour. Il y avait tant de décès ! Ils ont compris le bénéfice sanitaire pour le village. » Cet homme de 51 ans nous montre la moustiquaire blanche suspendue au plafond de sa case. Son propre frère, lui, reste obstinément rétif au protocole.
A quand remonte le dernier décès dû au paludisme à Dielmo ? « C’était il y a longtemps », répond l’imam, incapable d’être plus précis. De fait, la mémoire de cette hécatombe s’est estompée.
Moustiquaires imprégnées
Le premier levier de ce succès tient dans la trilogie « diagnostiquer, confirmer, traiter ». Avec un progrès décisif : l’apparition des traitements combinés à base de dérivés d’artémisinine, introduits en 2006 à Dielmo. Mais cette lutte repose aussi sur les moustiquaires imprégnées d’insecticide. « C’est l’outil le plus efficace à ce jour », relève Charles Bouganali.
En 2008, une première campagne de distribution de moustiquaires imprégnées a donc eu lieu à Dielmo. Elle a été renouvelée trois fois : en 2011, en 2014 et en 2016, juste avant la saison des pluies. La première année, le taux de villageois qui dormaient sous une moustiquaire était de 90 %. Mais comme pour tout remède, l’observance tend à fléchir. « En saison humide, 70 % à 80 % des habitants utilisent leur moustiquaire. En saison sèche, ils ne sont que 60 % », résume Cheikh Sokhna, directeur de recherche à l’IRD, à Dakar et Marseille.
Pour autant, l’efficacité de cet arsenal est impressionnante. « Dans les années 1990, le village subissait 500 à 600 accès de paludisme par an. Aujourd’hui il en compte moins de 20 par an », poursuit le chercheur. Les décès liés à cette infection ont disparu. A Dielmo, « le dernier accès de paludisme remonte à une semaine, chez un homme de 40 ans », témoigne Dominique, infirmier au dispensaire.

        Episode 3
         

          Les nouvelles armes de la lutte contre le paludisme



A 5 km de Dielmo se trouve un autre village, Ndiop, environ 450 habitants. Depuis 1993, lui aussi sert de village-laboratoire. Ici, pas de rivière : l’eau vient des puits. Si bien que le paludisme y sévissait, jadis, seulement durant la saison des pluies.
Le chef du village, Mamadou Sarr, 66 ans, se souvient : « Avant l’arrivée des chercheurs, je voulais déjà installer un dispensaire. Quand ils sont venus, j’ai enquêté pour savoir si la population bénéficierait de leurs travaux. Les retours ont été positifs. J’ai réuni et fait informer les villageois. Je suis allé consulter les notables. Il n’y a pas eu de refus. » Assise à ses côtés, Yacine, sa troisième épouse – sur quatre –, épluche un gros tas de cacahuètes. Cette mère de sept enfants l’assure : depuis longtemps, toute la maisonnée dort sous une moustiquaire.
100 000 insectes analysés
Comme toute guerre d’usure, la lutte contre le paludisme fait appel à une fine observation de l’ennemi. « Au total, 101 000 moustiques ont été capturés à Dielmo et Ndiop, disséqués, identifiés, analysés à l’IRD de Dakar puis intégrés dans notre base de données », résume Charles Bouganali. Objectif : décrypter les comportements des anophèles. Par exemple, quelles « proies » ces moustiques piquent-ils ? Les chiens ? Les chevaux ? L’analyse de l’ADN contenu dans leur estomac le révélera.
Comment évoluent les différentes espèces d’anophèles sous l’effet des moustiquaires ? Et comment résistent-elles aux insecticides qui les imprègnent ? « En 2016, nous avons montré que le niveau de résistance des moustiques aux insecticides, à Dielmo, a franchi un seuil », relève Souleymane Doucouré, biologiste à l’IRD de Dakar. Qu’adviendra-t-il si les moustiquaires imprégnées perdent de leur efficacité ? « Ce sera la catastrophe ! », avertit Charles Bouganali, car, du fait d’une moindre exposition au paludisme, l’immunité des villageois a chuté.
Entre 2007 et 2015, à Dielmo, l’équipe de Cheikh Sokhna a analysé l’efficacité des moustiquaires imprégnées. Résultat : 69 % seulement des moustiquaires imprégnées demeurent efficaces après trois ans d’utilisation. « L’élimination du paludisme nécessitera de nouveaux outils », concluaient les auteurs de l’étude, publiée en 2017 dans la revue PLOS One. La guerre d’usure n’est pas terminée.
Cet article a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec Roll Back Malaria (RBM).

Sommaire de notre série : Paludisme, la guerre d’usure
Dans une série en dix épisodes, Le Monde Afrique détaille les enjeux de la lutte contre cette maladie parasitaire qui a provoqué 445 000 décès dans le monde en 2016.

        Présentation de notre série
         

          Paludisme, la guerre d’usure




        Episode 2
         

          Le paludisme, tueur au quotidien




        Episode 3
         

          Les nouvelles armes de la lutte contre le paludisme




        Episode 4
         

          Au Sénégal, deux villages aux avant-postes de la lutte contre le paludisme







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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Cet épisode clôt une période d’instabilité pour l’audiovisuel public alors que se profile une vaste réforme du secteur.
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France Médias Monde retrouve sa dirigeante Marie-Christine Saragosse

Cet épisode clôt une période d’instabilité pour l’audiovisuel public alors que se profile une vaste réforme du secteur.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 18h18
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 18h21
   





                        


Privé de PDG depuis deux mois à cause d’un imbroglio administratif, France Médias Monde (France 24, RFI) va retrouver sa dirigeante Marie-Christine Saragosse, reconduite sans surprise, mercredi 18 avril, par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), au terme d’une nouvelle procédure.
Son mandat durera cinq ans à compter de lundi 23 avril, fait savoir le CSA, qui précise avoir « apprécié l’expérience et la compétence de Mme Saragosse qu’attestent tant son parcours professionnel que les actions qu’elle a engagées depuis son premier mandat à la tête de l’entreprise ».
Cet épisode clôt une période d’instabilité pour l’audiovisuel public alors que se profile une vaste réforme du secteur : Radio France et France Médias Monde avaient perdu leur dirigeant pour des raisons différentes à quelques jours d’intervalle.

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Marie-Christine Saragosse, 58 ans, à la tête de France Médias Monde depuis 2012, avait été reconduite en 2017 pour un mandat de cinq ans. Pour ce nouveau mandat, qui a démarré le 5 octobre, elle aurait dû faire parvenir dans un délai de deux mois à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique une déclaration de situation patrimoniale de fin de fonctions ainsi qu’une nouvelle déclaration d’intérêts.
Sauf qu’elle ne l’a pas fait à temps, faute, selon ses explications, d’avoir été avertie d’un changement des modalités de déclaration ; ce qui a fait automatiquement tomber son mandat.

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Le CSA a alors décidé de relancer une procédure classique de nomination, pour laquelle ne s’est manifesté qu’un seul autre candidat face à la favorite, Mme Saragosse.
Hausse de l’audience ces dernières années
« Peu de pays ont la chance de disposer d’un opérateur audiovisuel mondial et multilingue », un « outil de statut international », qui permet à la France de « porter sa vision singulière dans la bataille des idées qui se joue », a estimé Mme Saragosse lors de son audition.
Se félicitant de la hausse de l’audience ces dernières années, elle a salué le fait que « face à une concurrence violente », « dans laquelle le plus modeste de nos compétiteurs a 50 millions d’euros de budget de plus que nous », « France Médias Monde a tenu son rang et a joué dans la cour des grands ».

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Détaillant son projet, qu’elle avait déjà présenté l’année dernière, elle a insisté sur la nécessité de renforcer la présence du groupe dans le monde, avec le « développement de langues étrangères-clés ».
Elle a rappelé que France Médias Monde était « une jeune entreprise dont la création remonte à 2012 », au sein de laquelle il fallait « mieux travailler ensemble » et poursuivre « l’harmonisation sociale », évoquant notamment des « départs ciblés » prévus pour cette année.
Marie-Christine Saragosse avait été nommée directrice générale chargée de la stratégie à France Médias Monde après l’annulation de son mandat, afin d’« éviter toute rupture » dans les activités du groupe. C’est le doyen des administrateurs du groupe, Francis Huss, qui assurait l’intérim de la présidence.
France Médias Monde, qui regroupe France 24, RFI et la radio française en langue arabe Monte Carlo Doualiya, est présent dans 180 pays. L’Etat a récemment annoncé qu’il aiderait le groupe à porter son audience à 150 millions de personnes par jour, contre 135 millions actuellement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ L’UE est accusée par plusieurs membres de La France insoumise de ne pas « avoir le droit » de légiférer dans le domaine social. Elle le fait pourtant régulièrement.
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Les traités européens interdisent-ils vraiment l’harmonisation sociale ?

L’UE est accusée par plusieurs membres de La France insoumise de ne pas « avoir le droit » de légiférer dans le domaine social. Elle le fait pourtant régulièrement.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 15h47
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 16h59
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


L’Union européenne interdit-elle, par ses textes, l’harmonisation sociale ? C’est en tout cas ce qu’affirme Adrien Quatennens, député La France insoumise (LFI) du Nord, dans un tweet publié mardi 17 avril et abondamment partagé sur les réseaux sociaux.

   


Ce n’est pas la première fois que l’harmonisation sociale est remise en question, et ce notamment par des membres de La France insoumise. Le 4 avril 2017, lors du grand débat des onze candidats à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon avait avancé que l’harmonisation sociale était interdite dans les traités européens : « Vous n’avez pas le droit de décider en Europe que tel niveau de cotisations sera le même partout. Vous n’avez pas le droit de décider que telle ou telle activité sociale va être la même partout. Vous n’avez pas le droit », avait-il affirmé.
Des possibilités restreintes, mais des contournements nombreux
La réalité est pourtant plus complexe. L’harmonisation sociale, que l’on pourrait définir par le fait, pour l’Union européenne, de légiférer dans le domaine social afin que les règles soient les mêmes pour tous en Europe, existe. « Les deux exemples les plus concrets sont la directive de 2009 sur la sécurité et la santé au travail et la directive européenne sur le temps de travail, rappelle le juriste Vincent Couronne, auteur d’une thèse sur les compétences des Etats membres de l’Union européenne et membre du collectif de chercheurs en droit Les Surligneurs. Ces deux textes sont des avancées essentielles pour les Européens, et sont des cas concrets d’harmonisation sociale. »
Il est vrai que l’article 153 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne restreint les possibilités d’harmonisation des Etats membres. Ce texte dispose en effet que le Parlement et le Conseil ne peuvent adopter des mesures d’harmonisation « des dispositions législatives et réglementaires des Etats membres ». En pratique, cette règle est contournée. « Ce que fait l’UE, c’est qu’elle passe par sa compétence en marché intérieur, explique Vincent Couronne. Elle peut ainsi légiférer beaucoup plus facilement. »
De nombreuses législations ont ainsi été adoptées sur le fondement des dispositions relatives au marché intérieur. Citons, par exemple, la directive de 2004 relative au droit des citoyens de l’Union et aux membres de leur famille de circuler et séjourner librement – qui harmonise les conditions dans lesquelles un travailleur, un étudiant ou un retraité peuvent séjourner, voire travailler sur le territoire d’un autre Etat membre. Autre cas d’harmonisation adoptée par le biais du marchés intérieur : le règlement de 1971 sur l’application des régimes de sécurité sociale aux travailleurs qui se déplacent dans l’Union.
Travail de nuit, taxes sur l’alcool, TVA… des exemples d’harmonisation fiscale
« Le législateur européen intervient avec des prescriptions minimales en réalité très contraignantes et la Cour de justice en tire des conséquences nécessaires, qui s’appliquent à tous », rappelle Vincent Couronne. Le meilleur exemple est le cas du travail de nuit pour les femmes, qui a connu le même processus (arrêt Stoeckel de la Cour de justice de l’Union européenne, en 1991), dans le cadre de l’égalité de traitement entre hommes et femmes. Désormais, la France ne peut pas interdire aux femmes de travailler la nuit (sauf rares exceptions) et cette règle s’applique de la même manière partout dans l’Union. La France s’est mise en conformité avec le droit de l’Union en 2001.
Pour ce qui est de l’harmonisation fiscale, de nombreux exemples viennent contredire les propos de Jean-Luc Mélenchon et Adrien Quatennens. Le système de TVA fait, par exemple, l’objet d’harmonisations depuis une directive de 1967 (prévoyant par exemple un taux minimal – sauf pour des biens et services jugés essentiels – pour éviter des taux trop différents au sein de l’Union). Les règlements fiscaux des « droits d’accises », taxes touchant l’alcool, les boissons alcooliques, les tabacs et les boissons énergétiques, font également l’objet d’harmonisations – même si certaines d’entre elles ne sont que partielles.
L’Union européenne peut donc bien harmoniser les règles sociales et fiscales de ses Etats membres, et ne se prive pas de le faire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Années 1920, Oklahoma. De riches Indiens Osages sont assassinés, jusqu’à ce que les fédéraux s’en mêle. « La Note américaine » : une part sombre de l’histoire des Etats-Unis décryptée dans un récit captivant.
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David Grann danse avec le bien et le mal

Années 1920, Oklahoma. De riches Indiens Osages sont assassinés, jusqu’à ce que les fédéraux s’en mêle. « La Note américaine » : une part sombre de l’histoire des Etats-Unis décryptée dans un récit captivant.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 17h45
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            
La Note américaine (Killers of the Flower Moon. The Osage Murders and the Birth of the FBI), de David Grann, Globe, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Cyril Gay, Globe, 352 p., 22 €.

En ce printemps 1921, le grand Wah’Kon-Tah commençait à abandonner son peuple. L’Esprit, la force mystérieuse qui habite le soleil, le Dieu de la tribu des Osages ne protégeait plus ses enfants. L’une des plus anciennes nations indiennes de l’Ouest américain était de nouveau à l’épreuve : une série de mystérieux assassinats frappait les plus riches d’entre les Osages. Et les prières adressées à Wah’Kon-Tah restaient sans suite.
Les Osages ont compté dans l’histoire des Amérindiens. A l’origine, la tribu s’étendait sur ce qui est aujourd’hui le territoire combiné de trois Etats : la Louisiane, le Missouri et le Kansas. Elle était sortie décimée des guerres contre les Blancs. La Conquête de l’Ouest l’avait chassée de ses terres. Une mauvaise paix conclue avec le gouvernement fédéral, en 1870, l’avait reléguée sur un coin de collines rocailleuses surplombant une prairie poussiéreuse, quelque part dans l’Oklahoma. L’exode et la variole avaient ramené le peuple osage à quelques dizaines de milliers d’âmes, sur cette réserve de Gray Horse, chef-lieu Pawhuska.
Des Cadillac autour des tipis
Mais les anciens avaient bien négocié : la tribu était propriétaire du sol et du sous-sol. Or Gray Horse abritait l’une des plus importantes nappes pétrolifères des Etats-Unis. Très vite, les Osages allaient devenir richissimes. Ils étaient les seuls à pouvoir accorder les droits d’exploitation sur leurs parcelles de rocaille. Au tournant du siècle, ils passaient pour disposer du plus gros revenu sur terre par tête d’habitant. Ils alignaient les Cadillac autour de leurs tipis. Ils se faisaient construire des manoirs, disposaient de serviteurs asiatiques, latinos et même blancs, allaient à l’opéra et envoyaient leurs enfants étudier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Selon la préfecture du Nord, l’accident a eu lieu sur l’autoroute reliant Lille à Dunkerque vers 10 h 30, quand « deux minibus sont entrés en collision avec deux autres véhicules légers ».
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Près de Lille, au moins quinze blessés dans l’accident de deux minibus transportant des enfants handicapés

Selon la préfecture du Nord, l’accident a eu lieu sur l’autoroute reliant Lille à Dunkerque vers 10 h 30, quand « deux minibus sont entrés en collision avec deux autres véhicules légers ».



Le Monde
 |    18.04.2018 à 13h10
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 14h17
   





                        


La collision de deux minibus transportant des enfants handicapés avec « deux autres véhicules légers » sur l’autoroute A25 reliant Lille à Dunkerque a fait une quinzaine de blessés, dont trois gravement, mercredi 18 avril. Selon les secours, cités par l’Agence France-Presse (AFP), dix-huit personnes sont blessées ; la préfecture du Nord évoque, elle, un bilan de quinze blessés.
Celle-ci a rapporté à l’AFP que, vers 10 h 30, « deux minibus sont entrés en collision avec deux autres véhicules légers. Au moins dix-huit personnes ont été impliquées : quinze personnes sont blessées, dont cinq enfants en situation de handicap ». Selon France 3, les deux minibus « se sont percutés sur l’A25 à Flêtre [près de Bailleul] ».
Bilan provisoire
Une quarantaine de pompiers sont présents sur les lieux, d’après le centre opérationnel départemental d’incendie et de secours (Codis). Selon les secours, les minibus transportaient chacun neuf personnes.
Le préfet du Nord a activé « le centre opérationnel départemental afin de coordonner l’intervention des services de secours », tandis que le sous-préfet de l’arrondissement de Dunkerque, Eric Etienne, s’est rendu sur place.
« L’autoroute A25 est actuellement fermée dans le sens Lille-Dunkerque », ajoute la préfecture. « Un bilan plus précis sera communiqué ultérieurement et les conditions de l’accident seront déterminées par l’enquête », dit-elle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Un amendement, adopté lors de l’examen du texte en commission des affaires économiques, entend renforcer l’efficacité du dispositif de sanctions prévues par la loi Sapin 2.
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Vers des sanctions accrues contre les groupes agroalimentaires qui ne publient pas leurs comptes

Un amendement, adopté lors de l’examen du texte en commission des affaires économiques, entend renforcer l’efficacité du dispositif de sanctions prévues par la loi Sapin 2.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 16h13
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 16h32
   





                        



   


Les entreprises comme Lactalis ou Bigard sont prévenues : dans le cadre de l’examen du projet de loi agriculture et alimentation, les députés ont décidé en commission, mercredi 18 avril, que les groupes agroalimentaires qui ne publient pas leurs comptes annuels seront davantage sanctionnés.
Un amendement, adopté lors de l’examen du texte en commission des affaires économiques, entend renforcer l’efficacité du dispositif de sanctions prévues par la loi Sapin 2. Porté par l’élu MoDem Richard Ramos, il était cosigné par plus de 60 députés issus des sept groupes politiques et du Front national.

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                Lactalis a déposé une partie de ses comptes au tribunal de commerce, une première depuis 2011 en France



Un dispositif « insuffisant »
Avant la loi Sapin 2, toute infraction à l’obligation de déposer ses comptes pouvait être sanctionnée d’une amende de 1 500 euros, portée à 3 000 euros en cas de récidive. La loi Sapin 2 a prévu que le président de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires puisse « saisir le président du tribunal de commerce afin que ce dernier adresse à la société une injonction de le faire à bref délai sous astreinte ».
Jugeant ce dispositif « insuffisant », l’amendement adopté supprime l’intervention du président de l’Observatoire et confie directement au président du tribunal de commerce la mission d’adresser à ces sociétés des injonctions sous astreinte. L’astreinte peut aller jusqu’à « 2 % du chiffre d’affaires journalier moyen » par jour de retard.
En janvier, le même amendement avait été soumis au vote dans le cadre de l’examen du projet de loi sur le droit à l’erreur, mais il n’avait pas été adopté, le gouvernement renvoyant alors au texte porté par le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert.
Refus de publier les comptes
En septembre 2017, Maxence Bigard, fils du PDG du numéro un français de la viande, Jean-Paul Bigard, avait provoqué un tollé lors d’une audition en refusant de répondre aux questions des députés, notamment sur la non-publication des comptes de son entreprise.
Interrogé par la même commission, un représentant du grand groupe laitier Lactalis avait également fermement refusé à la mi-septembre la divulgation des comptes du groupe. Depuis, l’entreprise a déposé les comptes de plusieurs dizaines de ses sociétés, mais pas les comptes consolidés du groupe.
Les députés avaient examiné mercredi à la mi-journée un tiers des plus de 1 800 amendements au projet de loi, un record. Le texte arrivera dans l’Hémicycle à compter du 22 mai.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ La loi américaine encadre le traitement des données des mineurs de moins de 13 ans. Toutes les applications qui leur sont destinées ne respectent pourtant pas ce cadre.
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Des applications accusées de ne pas suffisamment protéger les données des enfants

La loi américaine encadre le traitement des données des mineurs de moins de 13 ans. Toutes les applications qui leur sont destinées ne respectent pourtant pas ce cadre.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 18h05
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 18h41
    |

                            Perrine Signoret








                        



   


Sept chercheurs en sciences de l’informatique d’universités américaines et canadiennes accusent des milliers d’applications Android destinées aux enfants de ne pas suffisamment protéger les données de ces derniers. Ces chercheurs, issus entre autres de Berkeley, expliquent dans une étude publiée à la mi-avril que des informations personnelles sont partagées à des entreprises tierces, sans toujours respecter les limites fixées par la loi.
Les chercheurs ont étudié au total 5 855 applications gratuites disponibles sur la version américaine du magasin Google Play. Ils ont développé un programme leur permettant de voir en temps réel quelles informations sensibles elles collectaient, et avec qui ces données étaient partagées.
Résultat : environ 57 % des applications « violent potentiellement la Coppa [Children’s Online Privacy Protection Act] », la loi de protection de la vie privée des mineurs de moins de 13 ans en vigueur aux Etats-Unis. Certaines ont été téléchargées des centaines de millions de fois.
Des « consignes » pas toujours respectées
« Nous avons identifié plusieurs violations et tendances inquiétantes », détaille le rapport. Ainsi 4,8 % des applications analysées partagent la géolocalisation ou les coordonnées (adresses e-mail, numéros de téléphone) de leurs utilisateurs sans leur consentement ou celui de leurs parents. Quarante pour cent partagent des données personnelles sans prendre, selon les auteurs de l’étude, de mesures de sécurité suffisantes : elles sont par exemple 2 344 à ne pas avoir utilisé une seule fois le protocole de sécurisation « standard » (TLS) dans le cadre de l’envoi de données.
Enfin, 18,8 % partagent les identifiants permanents – comme l’adresse IMEI, un numéro unique attribué à chaque téléphone – des utilisateurs avec des entreprises tierces, notamment à des fins de ciblage publicitaire.
Ces méthodes sont proscrites par la Coppa dès lors qu’il s’agit des données d’enfants de moins de 13 ans. Pourtant, toutes les applications étudiées faisaient partie, explique le coauteur de l’étude Serge Egelman, du programme « Designed for Families » (« pour la famille »). Un label Google Play qui rassemble des applications « destinées en priorité aux enfants » de moins de 13 ans, détaille Google dans un post de blog. Introduit par l’entreprise en 2015, il garantit en théorie que les développeurs des applications respectent des « consignes et des règles spécifiques ».
Ils doivent notamment être en conformité avec la loi Coppa, et n’utiliser que des outils de développement logiciel (qui permettent de faciliter la création d’un programme comme une application) eux aussi en conformité avec la loi Coppa. De nombreux développeurs n’ont pas pris suffisamment de précautions à ce sujet, selon les chercheurs. Ainsi, plus de 1 000 applications ont utilisé des outils de tracking (« traçage») dont les conditions d’utilisation spécifiaient clairement qu’ils ne devaient pas être utilisés pour des programmes destinés aux enfants.
Minions
Parmi les applications citées par les chercheurs, on trouve des logiciels d’apprentissage des langues, comme Duolingo, l’accordeur de guitare GuitarTuna, mais aussi des jeux. Certaines sont particulièrement populaires, à l’image du jeu Where’s My Water (« jetez-vous à l’eau ! » pour la version française) produit par Disney et téléchargé plus de 100 millions de fois, ou de Minion Rush, inspiré du film Moi, moche et méchant et téléchargé 500 millions de fois selon l’éditeur.
Dans un communiqué transmis au Washington Post, Google a expliqué prendre le rapport « très au sérieux ». L’entreprise a assuré qu’elle en étudierait les résultats, avant d’ajouter : « Si nous observons qu’une application a enfreint nos règles, nous prendrons des mesures. »
Disney, de son côté, a fait savoir au journal que « la protection de la vie privée en ligne des enfants [était] très importante pour [elle] », et qu’elle était « confiante » quant au fait que ses développeurs aient bien respecté la loi. Son application Where’s My Water est accusée d’avoir servi à collecter des données de localisation puis à les avoir transmis à une entreprise tierce sans le consentement explicite des parents des jeunes utilisateurs.
« La vie privée des enfants est de la plus haute importance pour Gameloft, a précisé l’entreprise dans un communiqué transmis au Monde. Et nous examinons de très près ce sujet. Nous avons une politique de collecte de données très stricte chez Gameloft, et nous nous assurons de toujours être en conformité avec les lois sur la protection des données. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Le coureur de Quick-Step met fin à la domination d’Alejandro Valverde sur la semi-classique belge.
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Cyclisme : Le Français Julian Alaphilippe gagne la Flèche Wallonne

Le coureur de Quick-Step met fin à la domination d’Alejandro Valverde sur la semi-classique belge.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 17h25
   





                        



   


Il tournait autour d’une grande victoire depuis le début de sa carrière. A 25 ans, Julien Alaphilippe a remporté ce mercredi 18 avril la 82e édition de la Flèche Wallonne. Deuxième en 2015 et 2016, le Français était tombé à chaque fois sur Alejandro Valverde, vainqueur des quatre dernières éditions.
Mais on savait que le terrible Mur de Huy, théâtre de l’arrivée de la semi-classique belge avec une pente par endroits à plus de 20 %, était taillé pour ses qualités de puncheur. Cette fois, Alaphilippe a tiré le premier, faisant décrocher de sa roue Valverde d’abord, puis le Belge Jelle Vanendert à moins de 200 mètres de l’arrivée.

Alaphilippe n’a pas levé les bras ni manifesté sa joie en franchissant la ligne en vainqueur. « Je ne savais pas si j’avais gagné, a-t-il expliqué au micro d’Eurosport. Je n’ai pas bien entendu à l’oreillette et je pensais que Nibali était encore devant. » L’Italien s’était en effet isolé à l’avant dans une échappée de six coureurs, mais avait été repris au début du Mur de Huy.
Peu importe la célébration, Julian Alaphilippe succède à Laurent Jalabert, dernier vainqueur Français de l’épreuve en 1997. Il prend date aussi pour Liège-Bastogne-Liège ce dimanche. L’occasion d’inscrire peut-être un premier « monument » à son palmarès.

📊 First HUYctory for @alafpolak , @alejanvalverde runner-up.
— flechewallonne (@La Flèche Wallonne)


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Le gouvernement allemand s’inquiète du regain d’antisémitisme après une agression à Berlin

Un assaillant a frappé un jeune avec sa ceinture, répétant à plusieurs reprises le mot arabe pour juif, « Yahudi ». L’une des victimes a filmé la scène.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 16h36
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 16h59
   





                        



   


Une porte-parole de la chancelière allemande, Angela Merkel, ainsi que la ministre de la justice, Katarina Barley, ont dénoncé, mercredi 18 avril, l’agression de deux juifs de 21 et 24 ans, qui a été filmée par l’une des victimes à Berlin.
Dans la vidéo, un assaillant frappe à plusieurs reprises un jeune identifié comme Adam avec sa ceinture, répétant à plusieurs reprises le mot arabe pour juif, « Yahudi ». Adam répond à son assaillant : « Je vous filme. » En arrière-plan, les deux compagnons de l’assaillant le repoussent, tandis qu’une femme dit en anglais : « J’appelle la police. »
« L’antisémitisme ne doit plus jamais retrouver une place en Allemagne », a réagi Mme Barley sur Twitter, tandis que le chef de la diplomatie, Heiko Maas, dénonçait, lui, sur le réseau social une attaque « insupportable », rappelant « la responsabilité » particulière de l’Allemagne à l’égard des juifs.
Le chef du Conseil central des musulmans d’Allemagne, Aiman Mazyek, a exigé la condamnation des auteurs : « Cela me met en colère de voir une telle violence pleine de haine », a-t-il écrit. Le maire de Berlin, Michael Müller, a également condamné l’attaque, affirmant que l’antisémitisme n’avait « aucune place dans le Berlin dans lequel nous voulons vivre ».
Résurgence de la haine à l’égard des juifs
Dans un entretien accordé au site Internet du journal Bild, Adam détaille les circonstances de son agression et dénonce la passivité des passants. Selon lui, le principal agresseur parlait « un dialecte syrien ». « Je suis content qu’on ait pu faire quelque chose avec cette vidéo, j’espère qu’ils vont bientôt trouver les agresseurs. La police s’est montrée très attentionnée », a-t-il encore dit. « J’ai un peu peur désormais, et je suis un peu déçu » que cela arrive en Allemagne, a admis la victime.
La lutte contre l’antisémitisme a une importance particulière pour le gouvernement allemand, toujours hanté par le passé nazi. Ces derniers mois, du fait de l’essor de l’extrême droite et des inquiétudes dues à l’afflux de réfugiés arabes, un débat s’est fait jour sur la résurgence en Allemagne de la haine à l’égard des juifs. Plusieurs responsables du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) ont ainsi tenu des propos haineux sur la Shoah et le devoir de mémoire allemand.
La chancelière a par ailleurs décidé de créer un poste de commissaire à l’antisémitisme à la suite de l’émoi suscité par des images de drapeaux israéliens brûlés au cours d’une manifestation à Berlin contre la décision américaine de reconnaître Jérusalem capitale de l’Etat hébreu. Enfin, depuis plusieurs jours une controverse agite le monde politique et culturel national après que deux rappeurs ont reçu un prix musical malgré des textes accusés de contenir des « provocations antisémites ».

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                Journée de l’Holocauste : l’Autriche et l’Allemagne sonnent l’alarme






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Malgré un embargo de l’UE, trois entreprises flamandes ont exporté vers la Syrie des produits pouvant servir à la fabrication d’armes chimiques, dont du gaz sarin.
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édition abonné


Armes chimiques en Syrie : trois firmes belges mises en cause

Malgré un embargo de l’UE, trois entreprises flamandes ont exporté vers la Syrie des produits pouvant servir à la fabrication d’armes chimiques, dont du gaz sarin.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 17h02
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)








                        



                                


                            

La justice belge a décidé de lancer des poursuites contre trois entreprises flamandes qui ont exporté vers la Syrie des produits pouvant servir à la fabrication d’armes chimiques, dont du gaz sarin. Selon les douanes belges, ces firmes – A.A.E. Chemie Trading, Anex Customs et Danmar Logistics – n’ont pas sollicité les licences – nécessaires depuis juillet 2013 – pour l’exportation, entre mai 2014 et décembre 2016, de 24 lots de composants chimiques. Soit 168 tonnes d’isopropanol, 219 tonnes d’acétone, 77 tonnes de méthanol et 21 tonnes de dichlorométhane.
Selon le magazine néerlandophone Knack, la citation devant le tribunal d’Anvers comporte toutefois un élément troublant : les douanes reprochent aux entreprises de ne pas avoir fait de demande d’autorisation « après » les exportations litigieuses. Or, s’interroge l’hebdomadaire, « les douanes n’auraient-elles pas dû agir de manière proactive ? », à savoir contrôler, avant leur envoi, de telles cargaisons pour faire appliquer l’embargo décrété par l’Union européenne en 2013.
Un porte-parole du ministère belge des finances indique que le service des douanes a, en fait, débusqué l’affaire après une « analyse de risques », les entreprises concernées n’ayant jamais sollicité les licences nécessaires. La Sûreté de l’Etat – les services de renseignement – enquête également sur ce dossier, embarrassant pour un pays qui a, le premier, expérimenté le danger des armes chimiques – lors de la bataille de l’Yser, pendant la première guerre mondiale – et se veut à la pointe de la lutte pour leur interdiction.
Transit par le Liban
C’est surtout la quantité massive d’isopropanol qui inquiète les autorités. Ce produit intervient dans la phase finale de production du sarin, le gaz qui a notamment été utilisé le 4 avril 2017 à Khan Cheikhoun par l’aviation du régime syrien, causant la mort de dizaines de personnes.
Les douanes belges affirment ne pas disposer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ L’organisation d’ateliers réservés aux minorités dans l’université de Tolbiac occupée relance le débat sur cette forme controversée de militantisme.
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Pourquoi la « non-mixité » est-elle critiquée ?

L’organisation d’ateliers réservés aux minorités dans l’université de Tolbiac occupée relance le débat sur cette forme controversée de militantisme.



Le Monde
 |    18.04.2018 à 16h25
 • Mis à jour le
18.04.2018 à 16h55
    |

                            Eléa Pommiers








                        


Les étudiants qui organisent le blocage du campus Tolbiac de l’université Paris-I contre la réforme de l’accès à l’université ont déclenché une polémique, mardi 17 avril, en annonçant l’organisation d’un atelier en « non-mixité raciale », dans le cadre de cours alternatifs :

Au lieu de raconter des calomnies diffamatoires, venez voir par vous même Tolbiac ouverte qui accueille tous les jo… https://t.co/hj0sJHdz2d— TolbiacLibre (@Commune Libre De Tolbiac)


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Cet atelier a finalement été annulé « pour des raisons d’organisation », selon une responsable du syndicat d’étudiants l’UNEF à Tolbiac, qui n’exclut pas la tenue d’autres réunions du même type. Pour la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), réserver un espace de parole à des personnes s’estimant discriminées, en excluant la participation de Blancs, est une « pratique raciste ».

Dans 5 minutes, des étudiants contre la sélection à l’université Paris organisent un « atelier en non mixité racial… https://t.co/SeXcG6ytIs— _LICRA_ (@LICRA)


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En novembre 2017, le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, avait jugé « inconstitutionnel et inacceptable » le projet de réunion non mixte similaire, organisé par le syndicat SUD-Education 93. Une douzaine de militants ont été entendus en avril par la police de Bobigny pour des faits de « discrimination ».
Si la polémique témoigne d’une réelle tension sur le sujet, la « non-mixité » est pourtant un mode de militantisme qui n’a rien de neuf.
La non-mixité, qu’est-ce que c’est ?
Dans les années 1970, la non-mixité est devenue une forme de militantisme, caractéristique de certains mouvements féministes, ou encore des mouvements antiracistes ou LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres). Dans cette perspective, il s’agit de réserver ponctuellement des espaces de réunion et de parole à des groupes perçus comme opprimés, en excluant des personnes considérées comme appartenant à un groupe de « dominants », voire d’« oppresseurs ».

        Lire (en édition abonnés) :
         

          La non-mixité raciale, outil d’émancipation ou repli communautaire ?



Depuis quand cela existe-t-il ?
La non-mixité s’est enracinée comme pratique militante dans les années 1970. Un peu plus tôt, dans les années 1960, le « mouvement des droits civiques » aux Etats-Unis – qui désigne les luttes livrées pour mettre fin à la ségrégation raciale – pratiquait déjà la non-mixité en excluant des personnes blanches de certains rassemblements.
En France, ce sont surtout les mouvements féministes qui en ont fait un mode d’action. Le Mouvement de libération des femmes (MLF), très actif dans la lutte pour le droit à la contraception et à l’avortement dans les années 1970, refusait la présence d’hommes dans ses groupes de parole. Cette pratique perdure au sein de certaines associations féministes. Par exemple, durant le mouvement Nuit debout, en 2016, la « commission féministe » avait suscité la critique en réservant certaines réunions aux « femmes et minorités de genre ».
A l’été 2016 toujours, cette fois dans le cadre de la lutte antiraciste, un « camp d’été décolonial » était réservé aux personnes « non blanches », ce qui a provoqué une polémique. L’année suivante, le festival « afroféministe » Nyansapo, à Paris, avait provoqué la polémique en déclarant trois espaces (sur quatre) « non mixtes ».
Mais si la non-mixité est critiquée, elle est aussi mieux acceptée qu’auparavant, y compris par les pouvoirs publics. La Maison des femmes de Paris, ou celle de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, sont des lieux financés par l’argent public et exclusivement réservés aux femmes.
Pourquoi le principe est-il remis en cause ?
La non-mixité fait régulièrement polémique car elle oppose deux visions de la lutte contre les discriminations et heurte le principe d’égalité entre les individus.
A ce titre, les débats sur le sujet ressemblent souvent à ceux sur la discrimination positive. Il y a d’un côté ceux qui y voient un « racisme à l’envers », qui estiment que la non-mixité recrée une inégalité au lieu de la supprimer et encourage le communautarisme plutôt qu’elle ne le fait reculer. Dans cette conception, la mixité permet un mélange des groupes sociaux nécessaire à leur connaissance, à leur respect mutuel. C’est la diversité qui est la condition de l’égalité entre les personnes.
La Licra ou encore SOS-Racisme s’inscrivent dans cette ligne de pensée. Leurs présidents dénonçaient par exemple dans Le Monde une dérive « identitaire » et un « retour des catégories raciales » à propos du festival Nyansapo.
Le ministre de l’éducation nationale dénonçait fin 2017 « des pratiques contraires à la Constitution » et qui portaient atteinte à la « cohésion nationale ».

        Lire (en édition abonnés) :
         

          « Contre la logique séparatrice, il faut défendre la mixité comme principe sociopolitique »



Pourquoi certaines associations tiennent-elles à la non-mixité ?
Pour les partisans de la non-mixité, cette dernière est « une nécessité » pour atteindre l’égalité. Ils s’inscrivent dans un courant de pensée marxiste et lisent les rapports sociaux au prisme de la domination.
Selon eux, l’exclusion des « groupes dominants » (hétérosexuels, hommes, personnes de couleur blanche…) est la seule façon de permettre aux « opprimés » de s’émanciper d’une domination raciale ou masculine qui les oppresse, et de prendre librement la parole.
Christine Delphy, féministe et sociologue, explique ainsi que la non-mixité est indispensable aux minorités « pour que leur expérience de discrimination et d’humiliation puisse se dire, sans crainte de faire de la peine aux bons Blancs ».
C’est également de cette manière que le collectif Mwasi, initiateur du Festival Nyansapo, justifie l’organisation de réunions « non mixtes » dans un entretien donné à Vice. « Le fait est que les Blancs sont dépositaires d’un pouvoir hégémonique exorbitant, déclarait par exemple au Monde la sociologue Nacira Guénif-Souilamas, professeure à l’université Paris-VIII, proche du collectif. Ces jeunes femmes veulent simplement créer un espace d’échange sûr et rassurant. »



                            


                        

                        

