<FILE-date="2018/04/16/19">

<article-nb="2018/04/16/19-1">
<filnamedate="20180416"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180416"><AAMMJJHH="2018041619">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤ La salle art et essai organisait une ultime projection dimanche 15 avril, mais les salariés veulent reprendre le lieu.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

La dernière séance du cinéma La Clef, à Paris

La salle art et essai organisait une ultime projection dimanche 15 avril, mais les salariés veulent reprendre le lieu.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 09h39
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 11h32
    |

            Clarisse Fabre








                        



   


Le féminin de spectateur ? « C’est spectatriste », tente de sourire Héloïse, 45 ans, une habituée du cinéma La Clef, alors que cette salle emblématique de l’art et essai du cinquième arrondissement de Paris organise sa « dernière séance », dimanche 15 avril. Il y a trois semaines, Héloïse a créé le collectif de spectateurs « Laissez-nous La Clef » pour ne pas rester les bras croisés. Mais ce dimanche soir, elle ne sait plus quoi faire. Avant la projection du film de Jérôme Soubeyrand, Ceci est mon corps (2014), resté plus de trois ans à l’affiche, les habitués de La Clef se retrouvent dans la salle où ont eu lieu tant de débats et de rencontres… Ils boivent des verres et n’arrivent toujours pas à y croire. Le propriétaire de cet espace de 600 mètres carrés situé au cœur du Quartier latin, soit le comité d’entreprise de la Caisse d’épargne d’Ile-de-France, a décidé depuis 2015 de vendre le bâtiment, tout en assurant vouloir y maintenir une activité culturelle. Pendant deux ans, l’exploitant du cinéma, Raphaël Vion, a négocié avec les propriétaires en vue de racheter le lieu, sans succès. Les discussions ont fini par s’interrompre durant l’été 2017.

        Lire l’enquête :
         

          Lumière sur les salles obscures



Les quatre salariés permanents, qui vont être licenciés économiques, estiment avoir été les témoins impuissants de ces échanges infructueux entre l’exploitant et le propriétaire. Ils veulent à présent reprendre ce cinéma qu’ils connaissent par cœur et auquel ils sont tant attachés : Dounia Baba-Aissa, Sébastien Liatard, Nicolas Tarchiani et Giulio Basletti expliquent, dans un communiqué, leur volonté de « sauver coûte que coûte » le cinéma La Clef, et proposent un « projet de reprise en adéquation avec l’histoire du lieu », préservant « la diversité du paysage cinématographique contre l’homogénéité culturelle qui s’étend ». Ils ont le soutien d’élus du 5e arrondissement, du Centre national de la cinématographie et de l’image animée (CNC), de la Ville de Paris, etc. Mais il va falloir à présent des actes concrets pour éviter la disparition de ce cinéma à la programmation exigeante, mêlant des sorties nationales, des films en continuation, avec une attention particulière aux documentaires.
Un lieu de cinéphilie
C’est en 1969 que Maurice Frankfurter a ouvert La Clef, dans un quartier en pleine ébullition post-68. Puis le cinéma a été vendu en 1981 au comité d’entreprise de la Caisse d’épargne. Dans les années 1990, La Clef programmait des films issus des « cultures noires » et de l’Afrique subsaharienne. Puis il a été repris en 2010 par Raphaël Vion et Isabelle Buron, laquelle préside l’association La Clef-L’Usage du monde (en hommage au livre de Nicolas Bouvier, L’Usage du monde, paru en 1963 et réédité en 2014 par La Découverte). La Clef fait partie du réseau des Cinémas indépendants parisiens (CIP), composé du Grand Action, du Max Linder, des Ursulines, etc., autant de lieux de cinéphilie qui contribuent à faire de Paris la capitale mondiale du cinéma.
Raphaël Vion, exploitant du cinéma La Clef : « On ne sait rien. Rien de rien. On espère que les propriétaires vont tenir leur parole et vont préserver l’activité cinéma »
Les spectateurs de La Clef ne sont pas que des gens du quartier. Claire-Marie, qui était étudiante en Mai 68 et fréquente ce cinéma depuis des années, avec son mari qui anime toujours un ciné-club au Carreau du Temple (3e arrondissement), habite « rive droite » et prend le bus 47 pour « venir à La Clef ».
Dans la salle, avant que les lumières ne s’éteignent, l’exploitant Raphaël Vion le répète : « On ne sait rien. Rien de rien. On espère que les propriétaires vont tenir leur parole et vont préserver l’activité cinéma ». Dounia Baba-Aissa prend à son tour le micro et explique que le collectif de salariés attend d’être reçu par le comité d’entreprise de la Caisse d’épargne d’Ile-de-France. Elle annonce qu’un projet de financement participatif a été lancé le 13 avril sur le site www.wejustice.com, afin de faire face aux contraintes financières et de consolider le projet de reprise. Après le film, les spectateurs mettent des euros dans une corbeille. Un spectateur demande, un peu gêné : « Je peux prendre l’affiche de Ouaga Girls ? », le film de Theresa Traore Dahlberg (sorti en 2017), racontant l’histoire de femmes burkinabées qui veulent devenir mécaniciennes. Au comptoir, l’un des quatre salariés de La Clef répond le plus calmement possible : « Oui, bien sûr, c’est maintenant qu’il faut prendre les affiches, car demain matin, ce sera trop tard… ».



Sur le Web : www.cinemalaclef.fr



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/16/19-2">
<filnamedate="20180416"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180416"><AAMMJJHH="2018041619">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ Cet ancien militaire du corps des marines est mort dimanche à l’âge de 74 ans. Il était célèbre pour son interprétation d’un sergent instructeur brutal et sadique dans le film de Stanley Kubrick.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

L’acteur R. Lee Ermey, sergent instructeur dans « Full Metal Jacket », est mort

Cet ancien militaire du corps des marines est mort dimanche à l’âge de 74 ans. Il était célèbre pour son interprétation d’un sergent instructeur brutal et sadique dans le film de Stanley Kubrick.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 08h49
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 09h31
   





                        



   


L’acteur américain Ronald Lee Ermey, connu pour son rôle du sergent Hartman dans le Full Metal Jacket, de Stanley Kubrick, sorti en 1987, est mort dimanche 15 avril à l’âge de 74 ans, a annoncé son agent Bill Rogin. Cet ancien militaire a succombé à des complications d’une pneumonie, a précisé M. Rogin.
Né dans l’Etat du Kansas en 1944, Ronald Lee Ermey a servi onze années dans le corps des marines, passant notamment quatorze mois au Vietnam durant la guerre avant de devenir sergent d’état-major.
Spécialisé dans les rôles militaires
Sa performance dans Full Metal Jacket en sergent instructeur brutal et sadique formant des jeunes recrues pour le Vietnam, lui avait valu d’être nommé pour un Golden Globe du meilleur second rôle. Stanley Kubrick rapporta au journal Rolling Stone que près de 50 % des dialogues du sergent Hartman, dont de nombreuses insultes, étaient inventés par R. Lee Ermey :
« Au cours du casting pour les rôles des jeunes marines, nous avons interviewé des centaines de gars. Nous les avons tous alignés et avons improvisé la première rencontre avec l’instructeur. Ils ne savaient pas ce qu’il allait dire, et nous pouvions voir comment ils réagissaient. Lee est arrivé avec, je ne sais pas, 150 pages d’insultes. »

Ronald Lee Ermey s’est consacré durant quatre décennies au métier d’acteur, se spécialisant dans les rôles militaires. Il a notamment interprété un pilote d’hélicoptère dans Apocalypse Now, de Francis Ford Coppola en 1979, ou prêté sa voix à l’un des petits soldats en plastique de la série d’animation Toy Story.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/16/19-3">
<filnamedate="20180416"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180416"><AAMMJJHH="2018041619">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ Le réalisateur avait tourné avec son frère cadet une quinzaine de longs-métrages, dont « Padre padrone », Palme d’or en 1977.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 15/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Vittorio Taviani, moitié d’une fratrie emblématique du cinéma italien, est mort

Le réalisateur avait tourné avec son frère cadet une quinzaine de longs-métrages, dont « Padre padrone », Palme d’or en 1977.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 15h38
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

S’il en fallait une, voici une nouvelle preuve de l’obtuse stupidité de la camarde, qui a séparé, dimanche 15 avril à Rome, un couple de créateurs dont tout le monde, sauf la mort justement, savait qu’ils étaient inséparables. Vittorio Taviani s’en est donc allé à l’âge de 88 ans, il était né le 20 septembre 1929. Il laisse derrière lui Paolo, de deux ans son cadet, désemparé, ainsi que tous les amateurs de cinéma qui ne sauront plus désormais comment parler de ce couple soudain délié.
Aussi loin qu’on remonte les sources biographiques, il semblerait que ces deux Toscans aient toujours tout fait ensemble. On n’est pas loin de la légende, et pourtant les Taviani, cas d’école d’une fraternité symbiotique, semblent bien avoir tout fait, ou presque, ensemble. Etudiants ensemble (en art à Pise). Amateurs d’art lyrique ensemble. Rosselliniens et néoréalistes ensemble (à la Libération). Fondateurs d’un ciné-club ensemble (à Pise). Dramaturges engagés ensemble (à Livourne), pirandelliens ensemble. Cinéastes ensemble aussi bien, commençant par un chapelet de documentaires exécutés dans les années 1950, dont la pierre de touche – San Miniato, Luglio, 1944 – est consacrée à un massacre perpétré par les nazis.
Consécration internationale
Le poids de l’Histoire et la valeur de l’engagement ne sont pas de vains mots chez les Taviani. Leur passage à la fiction poursuit à ce titre ce qu’ils avaient commencé dans le domaine du documentaire. Adapté d’un fait divers et sur un sujet proche du Salvatore Giuliano de Francesco Rosi qui sort la même année, Un homme à brûler (1962), avec l’incontournable Gian Maria Volonte, porte ainsi sur l’assassinat par la mafia sicilienne d’un syndicaliste qui avait propagé des idées égalitaristes chez les paysans.
Sous le signe du scorpion (1969), de nouveau avec Volonte, est une fable sur les limites du langage et de la communication. Saint Michel avait un coq (1972), se lit comme...




                        

                        


<article-nb="2018/04/16/19-4">
<filnamedate="20180416"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180416"><AAMMJJHH="2018041619">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ Le cinéaste italien est mort à Rome à l’âge de 88 ans. Il a écrit avec son frère Paolo certaines des plus belles pages du cinéma italien, dans une œuvre atypique qui mêle histoire, psychanalyse et poésie.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Le cinéma italien dit adieu à Vittorio Taviani, indissociable de son frère Paolo

Le cinéaste italien est mort à Rome à l’âge de 88 ans. Il a écrit avec son frère Paolo certaines des plus belles pages du cinéma italien, dans une œuvre atypique qui mêle histoire, psychanalyse et poésie.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 07h29
   





                        


Le cinéaste italien Vittorio Taviani est mort à Rome à l’âge de 88 ans. Il a écrit avec son frère Paolo certaines des plus belles pages du cinéma italien, dans une œuvre atypique qui mêle histoire, psychanalyse et poésie.

        Lire la nécrologie :
         

          Vittorio Taviani, moitié d’une fratrie emblématique du cinéma italien, est mort



« Le cinéma est ma vie parce que, sinon, je serais seulement un fantôme et tous les rapports avec les autres se dissoudraient dans le brouillard », disait Vittorio Taviani, indissociable de son frère Paolo, de deux ans son cadet.
Un duo unique (avec peut-être les frères Dardenne) qui parlait toujours d’une même voix et écrivait à quatre mains ses colères, ses indignations, mais aussi son amour de l’art et de la beauté.
« Nous ne voyons pas comment nous pourrions travailler l’un sans l’autre. (…) Tant que nous pourrons mystérieusement respirer au même rythme, nous ferons des films ensemble », affirmaient les deux cinéastes qui, en 1977, se comparaient au café au lait : « impossible de dire où finit le café et où commence le lait ! »
Fortement inspirés par le maître du néoréalisme Roberto Rosselini, mais aussi par Vittorio De Sica, les deux frères, fils d’un avocat antifasciste, se sont intéressés dès leurs débuts, dans les années 1960, aux thèmes sociaux. Et leur cinéma s’est vite distingué par un style singulier où se mêlent histoire, psychanalyse et poésie.

        Lire la critique de « Contes italiens » :
         

          Les frères Taviani dans les pas de Pasolini et Boccace



« Un jour triste pour la culture »
« C’est un jour triste pour la culture, un des plus grands maîtres de notre cinéma s’en va », a déclaré dans un communiqué le ministre italien de la culture, Dario Franceschini.
« Don, bonté, humilité. Classe. L’homme à la casquette, qui le distinguait de Paolo. Je peux dire avec Scola : Nous nous sommes tant aimés. La Nuit de San Lorenzo est leur chef-d’œuvre », a réagi sur Twitter Gilles Jacob, ancien président du Festival de Cannes.
Après une série de documentaires, les frères Taviani réalisent leur premier long-métrage : Un homme à brûler (1962), qui raconte l’histoire d’un syndicaliste marxiste en lutte contre la mafia sicilienne.
Ils s’emparent l’année suivante du thème du divorce avec la comédie Les Hors-la-loi du mariage, interprété par Ugo Tognazzi et Annie Girardot, avant de réaliser Sous le signe du scorpion, une allégorie des événements de l’année 1968.
Ce n’est qu’en 1974, avec Allonsanfan, évocation de l’Italie post-napoléonienne et de l’échec des troubles révolutionnaires qui éclatèrent à l’époque, qu’ils obtiennent leur premier succès international.
Beaucoup de leurs films sont inspirés d’œuvres littéraires : Les Affinités électives, adaptées de Goethe, ou Padre padrone tiré du roman éponyme de Gavino Ledda, qui raconte la rude destinée d’un enfant sarde, élevé par un berger.
La Palme d’or pour « Padre padrone »
Présenté au festival de Cannes où il suscite une polémique en raison de sa dureté, Padre padrone n’en reçoit pas moins la Palme d’or. Le thème de l’enfance est également au cœur de La Nuit de San Lorenzo (1982, grand prix spécial du jury de Cannes).
Vittorio et Paolo se rendent cinq ans plus tard aux Etats-Unis, où ils tournent Good Morning Babylon, peinture satirique de Hollywood.
Grands admirateurs du dramaturge et romancier sicilien Luigi Pirandello, ils adaptent plusieurs de ses récits dans Kaos, film surréaliste en deux volets en forme de réflexion sur les désordres et la cruauté de la vie, qui dénonce le fascisme et la mafia.
Après un retour au documentaire avec Un autre monde est possible, tourné lors du G8 de Gênes (2001) avec le cinéaste Gillo Pontecorvo, qui dénonce les effets dévastateurs de la mondialisation, ils reviennent à la fiction avec Le Mas des alouettes (2007).
En 2012, avec César doit mourir, ils racontent l’univers carcéral autrement, à travers la préparation d’une pièce de Shakespeare dans la prison romaine de Rebibbia.
Le film, récompensé par l’Ours d’or à Berlin, raconte comment des détenus se libèrent de leurs geôles grâce à l’art mais prennent en même temps conscience de leur enfermement. « Jamais on ne capitule. On dit qu’en vieillissant on est plus généreux, plus tolérant. C’est faux. Nous avons toujours le même instinct de rébellion », disaient-ils à l’époque.
Pour la première fois en un demi-siècle, Paolo réalisera seul son premier long-métrage en 2017, Une affaire personnelle, histoire d’amour sur fond de résistance dans le Piémont de 1943.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/16/19-5">
<filnamedate="20180416"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180416"><AAMMJJHH="2018041619">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-5"> ¤ Je ne serais pas arrivée là si… « La Matinale du Monde » interroge une personnalité en partant d’un moment décisif de son existence. Cette semaine, Rossy de Palma raconte comment et pourquoi elle est devenue actrice.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-5"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 14/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Rossy de Palma : « La sororité nous donne des ailes »

Je ne serais pas arrivée là si… « La Matinale du Monde » interroge une personnalité en partant d’un moment décisif de son existence. Cette semaine, Rossy de Palma raconte comment et pourquoi elle est devenue actrice.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 07h24
    |

            Annick Cojean








                        



                                


                            

Egérie du cinéaste espagnol Pedro Almodovar et artiste engagée, l’actrice Rossy de Palma participait récemment à Lausanne au programme « Women in motion » lancé par Kering, pour mettre en lumière la contribution des femmes au cinéma. Attendue dans trois films (dont L’homme qui tua Don Quichotte, de Terry Gilliam), elle évoque ici son parcours et son credo féministe.
Je ne serais pas arrivée là si…
Si je n’avais pas fait preuve d’audace et même de rébellion. Oser ! Je crois que c’est vraiment ce qui me caractérise. Oser sortir des rails. Oser remettre en cause l’ordre établi. Oser refuser le packaging de la vie tel qu’on nous le propose. Oser transformer les choses à ma convenance plutôt que de me couler dans le moule. Prendre mes droits, tous mes droits, sans demander la permission, et inventer ma vie. Sans subir !
Un souvenir de rébellion dans l’enfance ?
Plein ! Je ne supportais pas l’injustice et je montais au créneau, pour d’autres enfants, pour les animaux. Je me forçais à ne pas avoir peur de dire ce que je pensais, je n’ai jamais suivi le courant. Ma mère me dit que j’étais douce et aimable. Mais ça allait de pair avec un caractère têtu et observateur qui remettait tout en question. Déjà, un attrait pour la complexité.
Votre mère était-elle un modèle de ce point de vue ?
Elle était moderne et très cultivée par rapport à mon père. C’est même elle qui lui a appris à lire, lui qui avait grandi tout seul, sans connaître son père, petit gardien de vaches dans la montagne des Asturies, au nord de l’Espagne. A 14 ans, il avait remarqué des maçons qui construisaient une maison et s’était dit que ce métier était à sa portée. Eh bien, à 18 ans, c’était fait : il commandait des ouvriers de 40 ans, portait un costume, conduisait une moto et gagnait sa vie. C’était un bosseur et il s’est vite installé à Majorque pour suivre le boom de l’immobilier. Je ne l’ai jamais...




                        

                        


<article-nb="2018/04/16/19-6">
<filnamedate="20180416"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180416"><AAMMJJHH="2018041619">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤ Précurseur cinématographique du printemps de Prague, le réalisateur d’origine tchèque a réalisé notamment « Vol au-dessus d’un nid de coucou », « Amadeus » et « Hair ».
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 14/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Le cinéaste Milos Forman est mort

Précurseur cinématographique du printemps de Prague, le réalisateur d’origine tchèque a réalisé notamment « Vol au-dessus d’un nid de coucou », « Amadeus » et « Hair ».



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 08h04
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Dans les années 1960, les films que Milos Forman a tournés en Tchécoslovaquie – L’As de pique, Les Amours d’une blonde, Au feu les pompiers – signalaient l’émergence d’une nouvelle vague dans son pays, mais présageaient aussi de l’effervescence du « printemps de Prague ». Exilé aux Etats-Unis après l’invasion de son pays par l’URSS, il est devenu dans les décennies suivantes l’un des auteurs majeurs d’Hollywood, qui lui a décerné à deux reprises l’Oscar du meilleur réalisateur, pour Vol au-dessus d’un nid de coucou et Amadeus. Milos Forman est mort, le vendredi 13 avril à Hartford (Connecticut), des suites d’une maladie, a annoncé son épouse Martina. Il avait 86 ans.
Milos Forman naît le 18 février à Caslav, en Tchécoslovaquie (actuelle République tchèque). Pendant la seconde guerre mondiale, son père, résistant, est tué par la Gestapo, et sa mère, protestante, est déportée et assassinée à Auschwitz. L’enfant est recueilli par son oncle Bolesva, épicier dont la boutique inspirera le décor du premier film de Forman, L’As de pique. Comme il l’a raconté dans ses Mémoires (…Et on dit la vérité, Robert Laffont, 1994), Milos Forman a découvert plus tard que son père biologique était un homme d’affaires juif, Otto Kohn, qui survécut à la Shoah.
Après la défaite de l’Allemagne nazie et l’instauration d’un régime communiste, Milos Forman suit ses études dans un établissement pour orphelins de guerre où il a pour condisciples Vaclav Havel, le futur dramaturge, dissident et président de la République, et Ivan Passer, qui sera au côté de Forman lors de l’émergence du nouveau cinéma tchécoslovaque.
Une nouvelle esthétique
Attiré par le monde du théâtre, le jeune Forman finit par suivre les cours de la FAMU, l’école supérieure de cinéma de Prague. Avec Ivan Passer et le chef opérateur Miroslav Ondricek, il tourne un documentaire, Semafor, sur la troupe de théâtre du même nom et sa première fiction,...




                        

                        


<article-nb="2018/04/16/19-7">
<filnamedate="20180416"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180416"><AAMMJJHH="2018041619">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ Le cinéaste d’origine tchèque, naturalisé américain dans les années 1970, est mort des suites d’une maladie à l’âge de 86 ans, a fait savoir sa veuve.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Milos Forman, réalisateur de « Vol au-dessus d’un nid de coucou », est mort

Le cinéaste d’origine tchèque, naturalisé américain dans les années 1970, est mort des suites d’une maladie à l’âge de 86 ans, a fait savoir sa veuve.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 09h14
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 09h17
   





                        



   


Le réalisateur d’origine tchèque Milos Forman, qui avait remporté à deux reprises l’Oscar du meilleur réalisateur pour ses films Vol au-dessus d’un nid de coucou et Amadeus, est mort vendredi 13 avril aux Etats-Unis des suites d’une maladie à l’âge de 86 ans, a indiqué sa veuve, Martina, à l’agence de presse tchèque CTK. « Il est décédé paisiblement, entouré de sa famille et de ses proches », a t-elle déclaré.

        Lire la nécrologie :
         

          Le cinéaste Milos Forman est mort



Un cinéaste engagé durant la période communiste
Né le 18 février 1932 dans la ville de Caslav à l’est de Prague, Milos Forman a perdu ses parents dans les camps de concentration nazis.
Dans les années 1960, il rejoint la nouvelle vague de cinéastes se dressant contre le régime communiste dans l’ex-Tchécoslovaquie. Il se fait alors connaître grâce à ses films L’As de pique, Les Amours d’une blonde et Au feu, les pompiers.
Peu de temps avant l’occupation de la Tchécoslovaquie par les forces du Pacte de Varsovie en 1968, qui a mis fin à une période libérale connue sous le nom de Printemps de Prague, Forman part vivre aux États-Unis, via la France. Il est naturalisé citoyen américain en 1977.
Sa carrière outre-mer commence avec Taking Off en 1971, suivi quatre ans plus tard par Vol au dessus d’un nid de coucou qui apporte à Forman son premier Oscar du meilleur réalisateur, ainsi que quatre autres oscars (meilleur film, meilleur acteur pour Jack Nicholson, meilleure actrice pour Louise Fletcher et meilleur scénario adapté) et six golden globes.
En 1983, il retourne à Prague, encore sous le régime communiste, pour tourner Amadeus, qui deviendra son deuxième grand succès public. Le film, qui a remporté de nombreuses récompenses, dont huit oscars (meilleur film, réalisateur, scénario, acteur, direction artistique, costumes, maquillage, son), narre l’histoire de la rivalité entre Wolfgang Amadeus Mozart et Antonio Salieri, tous deux à la cour de l’empereur Joseph II à Vienne.

   


Parmi ses autres films, figurent notamment Hair (1979), Ragtime (1981), Valmont (1989) et Larry Flynt (1996), qui lui a valu une nouvelle nomination aux Oscars, ainsi que L’Homme sur la lune (1999) et Les Fantômes de Goya (2006).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/16/19-8">
<filnamedate="20180416"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180416"><AAMMJJHH="2018041619">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ Le programme du 71e Festival, révélé jeudi 12 avril, est éclectique en genres, en générations et en esthétiques.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 12/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Cannes 2018 s’offre une affiche audacieuse

Le programme du 71e Festival, révélé jeudi 12 avril, est éclectique en genres, en générations et en esthétiques.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 08h48
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Jeudi 12 avril, 11 heures. La foule habituelle des affamés de cinéma se presse dans la très belle salle de l’UGC Normandie, sur les Champs-Elysées, pour recevoir, telle la manne au milieu du désert, l’onction de la sélection officielle du soixante-et-onzième Festival de Cannes. Navire amiral du cinéma d’auteur mondial, paquebot du glamour dans la croisière du septième art, l’auguste embarcation vogue cette année sur une mer démontée. Cannes, tel est son privilège et son fardeau, doit en effet prendre acte de tout ce qui touche au cinéma, mais aussi assumer ses propres décisions dans certains dossiers sensibles.
La coupe 2018 est, en ce sens, bien pleine : mœurs (affaire Weinstein), parité (le ratio féminin de la compétition), élégance (bannissement des selfies du tapis rouge) et inélégance (éviction de Gilles Jacob, figure tutélaire du Festival, du conseil d’administration), partenariat (Kering, qui y sponsorise la promotion des femmes dans le cinéma, soupçonné d’évasion fiscale), bouleversement du calendrier des projections (abolition du privilège de la presse qui, jusqu’alors, pouvait voir les films en compétition avant leur présentation officielle) et enfin torchon qui brûle avec la plate-forme américaine Netflix, privant le Festival de quelques œuvres attendues.

Trois Français sélectionnés
Nonobstant, les deux capitaines – le président, Pierre Lescure, et le délégué général, Thierry Frémaux – sont plutôt sereins. Ils savent que l’animal cinéphile est ainsi fait que l’attente de leur auditoire est, à ce moment précis de l’événement, entièrement et fébrilement subordonnée à la révélation du programme. Thierry Frémaux distille la chose à feu doux, révélant, dans l’attente des traditionnelles surprises de dernière minute, les dix-huit films sélectionnés à ce jour dans la compétition. On y trouve trois œuvres françaises : Plaire, aimer et courir vite, de Christophe Honoré, En guerre, de Stéphane Brizé, et Les Filles...




                        

                        


<article-nb="2018/04/16/19-9">
<filnamedate="20180416"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180416"><AAMMJJHH="2018041619">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ L’association Promouvoir , proche des catholiques traditionnalistes, a obtenu que « Cinquante nuances plus claires » soit interdit aux moins de 12 ans malgré le décret de février 2017, conçu pour éviter les révisions en justice des visas d’exploitation, explique dans sa chronique Sylvie Kerviel, journaliste au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 12/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Classification du cinéma : le retour d’un mauvais film

L’association Promouvoir , proche des catholiques traditionnalistes, a obtenu que « Cinquante nuances plus claires » soit interdit aux moins de 12 ans malgré le décret de février 2017, conçu pour éviter les révisions en justice des visas d’exploitation, explique dans sa chronique Sylvie Kerviel, journaliste au « Monde ».



Le Monde
 |    13.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 15h37
    |

            Sylvie Kerviel








                        



                                


                            
Chronique. « Conte de fées moderne » ou promotion « complaisante » du sadomasochisme ? La décision est passée quasi inaperçue et pourtant, elle mérite qu’on s’y arrête. Le 15 mars, la cour administrative d’appel de Paris a suspendu le visa délivré au film Cinquante nuances plus claires, nouvelle déclinaison de la série de bluettes érotiques Cinquante nuances de Grey, demandant que le film soit interdit aux moins de 12 ans.
Le film de James Foley, sorti le 7 février et encore à l’affiche en France, a vu son visa révisé en urgence par la commission de classification du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). La justice avait été saisie par l’association Promouvoir, proche des catholiques traditionalistes, qui avait déposé une requête en référé pour obtenir une classification plus sévère de ce film – les deux premiers volets avaient été interdits aux moins de 12 ans –, « en raison de sa promotion du sadomasochisme ». Le héros collectionne menottes, fouets et autres instruments qu’il utilise pour des jeux sexuels avec sa partenaire.
Cette décision intervient après la mise en application du décret du 8 février 2017 révisant les critères de classification des films
Cette décision, en défaveur du ministère – qui se fonde sur l’avis de la commission pour délivrer les visas d’exploitation –, intervient après la mise en application du décret du 8 février 2017 révisant les critères de classification des films.
Ce texte avait été élaboré justement pour contrer les actions en justice, particulièrement celles entreprises par l’association menée par l’infatigable André Bonnet, « l’homme qui décide de la classification des films en France », comme le qualifie ironiquement Vincent Maraval, producteur et distributeur, dont le film Love, réalisé par Gaspar Noé, s’était vu interdit en 2015 aux moins de 18 ans.

« Une erreur d’appréciation »
Elle avait...




                        

                        


<article-nb="2018/04/16/19-10">
<filnamedate="20180416"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180416"><AAMMJJHH="2018041619">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ La plate-forme de streaming américaine entend réagir à son exclusion de la compétition pour la Palme d’or lors du prochain Festival.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Netflix retire un film d’Orson Welles de la sélection cannoise

La plate-forme de streaming américaine entend réagir à son exclusion de la compétition pour la Palme d’or lors du prochain Festival.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 16h46
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 17h25
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


C’est un rituel lors de l’annonce de la sélection officielle du Festival de Cannes. Thierry Frémaux, le délégué général, refuse d’énumérer les titres qui n’ont pas été retenus, et encore plus de donner les raisons de leur absence. Jeudi 12 avril, en égrenant les titres sélectionnés pour la 71e édition, il a pourtant regretté publiquement l’absence de The Other Side of The Wind, le long-métrage laissé inachevé par Orson Welles, terminé par le réalisateur Peter Bogdanovich et le producteur Frank Marshall. « Ce film avait sa place à Cannes, Orson Welles avait été président du jury », a remarqué Thierry Frémaux.

        Lire le compte-rendu :
         

          Netflix boude le Festival de Cannes par crainte d’un « manque de respect »



Mais ce projet a été financé par Netflix et, dans les heures qui ont précédé la conférence de presse cannoise, Ted Sarandos, le responsable des contenus de la plate-forme de streaming, avait annoncé à la publication professionnelle hollywoodienne Variety que son entreprise ne présenterait plus de films à Cannes, après l’exclusion de la compétition des longs-métrages qui ne sortiraient pas en salle.
Respecter la chronologie française des médias
Le délégué général du festival a par ailleurs évoqué un autre film, qui aurait pu prendre part à la compétition si Netflix avait bien voulu respecter la chronologie française. Il peut s’agir de Roma, du Mexicain Alfonso Cuaron (le premier qu’il ait tourné dans son pays depuis Y tu mama tambien), de Hold the Dark, de l’Américain Jeremy Saulnier, ou de Norway, le film du Britannique Paul Greengrass, qui évoque le massacre commis en 2011 sur l’île d’Utoya et à Oslo par Anders Breivik.
Dans l’état des relations entre le Festival et Netflix, les premières mondiales de ces films auront lieu ailleurs que sur la Croisette. Pour Ted Sarandos, la règle qui veut qu’un film sélectionné en compétition soit exploité en salle « est tout à fait contraire à l’esprit de n’importe quel festival ». Cette disposition a été prise après la sélection en compétition, en 2017, d’Okja, du Coréen Bong Joon-ho, et de The Meyerowitz Stories, de l’Américain Noah Baumbach, qui, dans plusieurs pays, sont sortis simultanément en salle et en ligne. La réglementation nationale interdit cette possibilité, et les deux longs-métrages n’ont jamais été projetés sur un grand écran français.

        Lire la rencontre avec Ted Sarandos (en mai 2017) :
         

          Pour Netflix, « un film peut recevoir la Palme sans sortir en salles »



La direction du Festival de Cannes avait laissé ouverte la possibilité de présenter des films diffusés par Netflix hors compétition, mais M. Sarandos a décliné la proposition : « Il n’y a pas de raison de le faire. Cette règle visait implicitement Netflix, et, quand Thierry l’a annoncée, il nous a explicitement désignés », explique-t-il.
« Dialogue fructueux »
Si le délégué général du Festival de Cannes assure qu’un « dialogue fructueux » se poursuit avec Netflix, le directeur des contenus de la plate-forme rappelle qu’il a « appris la nouvelle réglementation par la presse ». Pierre Lescure, le président du Festival, espère que le débat « ne pourra pas se solder par un “on ne vient plus” ». Mais, pour l’instant, l’impasse est totale, alors que Netflix accroît sans cesse ses investissements dans les longs-métrages – comme The Irishman, de Martin Scorsese, que l’on devrait voir en 2019.
Thierry Frémaux a fait valoir que d’autres acteurs de l’industrie américaine étaient présents à Cannes : des studios comme Universal, qui distribue Black Klansman, de Spike Lee (en compétition), et Un homme de parole, le documentaire que Wim Wenders a consacré au pape François ; Disney, qui dévoilera, hors compétition, Solo, nouvelle déclinaison de l’univers Star Wars ; et, parmi les étoiles montantes du secteur qui feront le voyage de Cannes, le producteur et distributeur A24 (Moonlight), qui présente Under the Silver Lake, de David Robert Mitchell.

        Lire le récit :
         

          Polémique à Cannes après la sélection de deux films financés par Netflix



Evoquant les films américains qui sortent à l’automne en vue de la campagne pour les Oscars, le délégué général a convenu que Cannes « n’est peut-être pas le lieu idéal » pour les montrer, « parce qu’il y a danger ». Il répondait à une question sur l’absence de The Brothers Sisters, le western auquel Jacques Audiard met la dernière main, qui a été cofinancé par un autre pilier du cinéma d’auteur américain, Annapurna Pictures, et n’a pas été soumis au comité de sélection du festival.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/16/19-11">
<filnamedate="20180416"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180416"><AAMMJJHH="2018041619">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ La sélection du 71e Festival a été dévoilée jeudi. Sont notamment invités, le dissident iranien Jafar Panahi et le Russe Kirill Serebrennikov, assigné à résidence à Moscou.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Festival de Cannes 2018 : Jean-Luc Godard, Spike Lee et Asghar Farhadi en compétition

La sélection du 71e Festival a été dévoilée jeudi. Sont notamment invités, le dissident iranien Jafar Panahi et le Russe Kirill Serebrennikov, assigné à résidence à Moscou.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 12h24
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 08h49
   





                        



   


La sélection officielle du 71e Festival de Cannes, qui se tiendra du 8 au 19 mai, a été dévoilée, jeudi 12 avril. A ce jour, 18 films sont sélectionnés pour briguer la Palme d’Or. Quelques ajouts de dernière minute sont possibles, a rappelé le délégué général du festival Thierry Frémaux, précisant que cela était parfois profitable aux heureux élus, comme l’an passé pour The Square, du Suédois Ruben Östlund.

        Lire le récit :
         

          Une compétition cannoise très ouverte



Quatre cinéastes français sont en lice :
Stéphane Brizé avec En guerre ;Christophe Honoré avec Plaire, aimer et courir vite ;le Franco-Suisse Jean-Luc Godard avec Le Livre d’image ;Eva Husson avec Les Filles du soleil. Cette dernière fait partie des trois femmes cinéastes sélectionnées, avec la Libanaise Nadine Labaki et l’Italienne Alice Rohrwacher.
Les 18 films sélectionnés
Yomeddine, 
Film égyptien de A.B Shawky, avec Rady Gamal, Ahmed Abdelhafiz, Shahira Fahmy (1 h 37)
Ce premier long-métrage (le seul de la compétition) met en scène le voyage d’un lépreux, qui a quitté sa colonie, à travers l’Egypte d’aujourd’hui.
Leto (L’Eté), 

   


Film russe de Kirill Serebrennikov, avec Teo Yoo, Irina Starshebaum (2 heures)
Leningrad, début des années 1980. Les prémices de la vague rock en URSS. Viktor Tsoi est un jeune musicien inconnu. Sa rencontre avec Mike Naumenko et sa femme Natasha, avec qui ils vont former un triangle amoureux, va poser les jalons d’un parcours qui fera de lui l’idole de toute l’Union Soviétique, et de la Russie. Le cinéaste, également dramaturge et assigné à résidence dans son pays, avait présenté Le Disciple dans la section Un certain regard en 2016.
Lazzaro Felice, 
Film italien d’Alice Rohrwacher, avec Nicoletta Braschi, Sergi Lopez, Alba Rohrwacher (2 h 10)
Après Les Merveilles en 2014, l’Italienne, adepte de la décroissance écologique et esthétique, revient enchanter la compétition avec ces aventures de Lazzaro, personnage d’innocent né dans un hameau resté à l’écart du monde moderne, la réalisatrice veut étudier, à la manière d’un conte poétique, les bouleversements de la société italienne de ces trente dernières années.
Zimna Wojna (Guerre froide), 

   


Film polonais de Pawel Pawlikowski avec Joanna Kulig, Jeanne Balibar (1 h 25)
La Pologne revient en compétition grâce au réalisateur d’Ida, qui présente une histoire d’amour entre Varsovie et Paris, au temps où le mur était encore debout.
Three Faces,

   


Film iranien de Jafar Panahi (1 h 24)
Une actrice reçoit l’appel au secours d’une jeune femme et traverse le pays en compagnie d’un cinéaste nommé Jafar Panahi. Le réalisateur de Taxi Téhéran a toujours la bougeotte malgré les restrictions que les autorités iraniennes imposent à ses mouvements.
Under the Silver Lake,

   


Film américain de David Robert Mitchell, avec Andrew Garfield, Riley Keough (2 h 20)
Le réalisateur du film de terreur It Follows se lance dans un de ces labyrinthes californiens qui ont déjà tant donné au cinéma, du Grand Sommeil à Inherent Vice, en passant par Chinatown.
BlacKKKlansman,
Film américain de Spike Lee, avec John David Washington, Topher Grace, Adam Driver (2 h 08)
Vingt-sept ans après sa dernière participation à la compétition (Jungle Fever, 1991), Spike Lee revient avec l’histoire d’un policier afro-américain infiltré dans le Ku Klux Klan. L’auteur de Malcolm X est « toujours aussi en colère », selon Thierry Frémaux.
Buh-Ning,

   


Film coréen de Lee Chang-Dong, avec Yoo Ah-in, Steven Yeun (2 h 28)
Le réalisateur et homme politique coréen revient à Cannes avec un thriller huit ans après Poetry, qui avait remporté le prix du scénario.
Capharnaüm,
Film libanais de Nadine Labaki (2 h 30)
De ce film fleuve, on sait seulement qu’il met en scène le procès intenté par un enfant à ses parents et que la réalisatrice l’a elle-même produit.
Shoplifters, 

   


Film japonais d’Hirokazu Kore-Eda, avec Kirin Kii, Lily Franky, Sosuke Ikematsu (2 h 01)
Le réalisateur de Nobody Knows (en compétition 14 ans avant Everybody Knows) ne s’écarte pas de ses thèmes favoris, famille et marginalité : un clan de petits délinquants adopte un enfant trouvé.
Ash Is Purest White,

   


Film chinois de Jia Zhang-Ke, avec Zhao Tao, Fan Liao, Feng Xiaogang (2 h 30)
Comme avec son précédent long-métrage (Au-delà des montagnes, 2015), le réalisateur chinois traverse le temps mettant en scène dix ans de la vie d’une femme, maîtresse d’un voyou devenue notable.
Les Filles du soleil,

   


Film français d’Eva Husson, avec Golshifteh Farahani, Emmanuelle Bercot (2 heures)
Alors qu’elle s'apprête à mener son unité à la reconquête d’une ville passée sous contrôle intégriste, une commandante kurde (Golshifteh Farahani) croise la route d’une journaliste française (Emmanuelle Bercot).
Plaire, aimer et courir vite,

   


Film français de Christophe Honoré, avec Vincent Lacoste, Pierre Deladonchamps, Denis Podalydès (2 h 12)
Dix après Les Chansons d’amour (2007), Christophe Honoré regagne les rangs de la compétition. 1990. Arthur a vingt ans et il est étudiant à Rennes. Sa vie bascule le jour où il rencontre Jacques, un écrivain qui habite à Paris avec son jeune fils. Le temps d’un été, Arthur et Jacques vont se plaire et s’aimer. Mais cet amour, Jacques sait qu’il faut le vivre vite.
Netemo Sametemo (Asako I et II),

   


Film japonais de Ryusuke Hamaguchi, avec Erkika Karata, Masahiro Higashide (1 h 59)
Alors que sort sur les écrans français son film fleuve Senses, Ryusuke Hamaguchi propose l’histoire d’une jeune femme qui perd son amour pour, deux ans plus tard, en rencontrer le double exact.
Le Livre d’image,
Film suisse et français de Jean-Luc Godard (1 h 30)
« Rien que le silence, rien qu’un chant révolutionnaire, une histoire en cinq chapitres, comme les cinq doigts de la main. » En quoi se profile une réflexion en forme d’essai sur le monde arabe en 2017 à travers des images documentaires et de fiction. Un retour sur les cimes cannoises après Adieu au langage en 2014.
Dogman,
Film italien de Matteo Garrone avec Adamo Dionisi, Francesco Acquaroli (2 heures)
L’auteur de Gomorra quitte Naples pour une banlieue de Rome où règne un chef de bande cocaïnomane.
En guerre,

   


Film français de Stéphane Brizé, avec Vincent Lindon (1 h 52)
Todos lo saben, 
Film français, espagnol et iranien d’Asghar Farhadi, avec Penelope Cruz, Javier Bardem, Ricardo Darin (2 h 10)

        Lire le compte-rendu :
         

          « Everybody Knows » ouvrira le Festival de Cannes



L’Iranien Panahi et le Russe Serebrennikov invités
Le Festival de Cannes a invité jeudi le cinéaste dissident iranien Jafar Panahi et le metteur en scène russe assigné à résidence à Moscou Kirill Serebrennikov à venir à la prochaine édition, en mai, pour présenter leurs films en compétition.
Le cinéaste russe est invité pour son film Leto (L’Eté), retenu dans la course à la Palme d’or. Directeur artistique du Centre Gogol, un théâtre contemporain moscovite réputé, Kirill Serebrennikov est visé par une affaire de détournement de fonds publics qu’il dénonce comme « absurde ». Il a reçu le soutien de nombreuses personnalités artistiques russes et étrangères.
Concernant le réalisateur iranien, les autorités iraniennes « recevront une lettre de notre part et des autorités françaises pour autoriser Jafar Panahi à quitter le territoire, à présenter son travail et pouvoir rentrer dans son pays », a annoncé le patron du festival.
Intitulé Three Faces (Trois visages), le film de M. Panahi est en sélection, alors que ce réalisateur est interdit de travailler dans son pays. Couronné en 2015 par l’Ours d’or à Berlin pour Taxi Téhéran, filmé à l’intérieur d’un taxi, le cinéaste iranien est l’un des réalisateurs les plus influents de la nouvelle vague iranienne.

        Lire le compte-rendu :
         

          Netflix boude le Festival de Cannes par crainte d’un « manque de respect »




        Lire aussi le récit :
         

          Netflix retire un film d’Orson Welles de la sélection cannoise






                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/16/19-12">
<filnamedate="20180416"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180416"><AAMMJJHH="2018041619">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ « Amo », de Brillante Mendoza, est vivement critiquée aux Philippines.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Une série de Netflix accusée de faire le jeu des escadrons de la mort

« Amo », de Brillante Mendoza, est vivement critiquée aux Philippines.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 09h09
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 09h28
    |

            Harold Thibault








                        



   


Le vice-président des acquisitions de contenus de Netflix, Robert Roy, la décrit comme « une série audacieuse et à suspense qui a le potentiel pour saisir les spectateurs amateurs de sensations fortes de par le monde ». Certains estiment qu’elle pourrait connaître le même succès que Narcos.
Amo (« maître » ou « boss », en philippin), dont les douze premiers épisodes ont été mis en ligne le 9 avril aux Etats-Unis et dans plusieurs pays – mais pas encore en France –, se déroule dans les rues des Philippines sous la présidence de Rodrigo Duterte et sa sanglante campagne contre la drogue, qui a fait des milliers de morts – les chiffres officiels ne sont pas fiables. Ces petits revendeurs, toxicomanes ou simples voisins dénoncés à tort tombent sans autre forme de procès.
Le réalisateur, Brillante Mendoza, dont le travail a été plusieurs fois distingué à Cannes (Kinatay, prix de la mise en scène en 2009, Ma Rosa, prix d’interprétation féminine 2016), donnait déjà dans l’ultraviolence qui caractérise les mauvais quartiers de Manille. Il reprend ce thème dans Amo, avec ses propres convictions. Il a déjà expliqué qu’il voyait la campagne antidrogue comme une « nécessité », et ce malgré les condamnations des Nations unies et un examen préliminaire de la procureure de la Cour pénale internationale. Depuis deux ans, il n’a pas fait mystère de son soutien à la politique de M. Duterte, dont il a accepté de réaliser pour la télévision le discours le plus important, l’Adresse sur l’état de la nation, deux années d’affilée.
« Tuer n’est pas juste »
La série de Netflix suscite l’indignation des organisations de la société civile et de familles de victimes. Elles accusent M. Mendoza, qui, certes, n’élude ni la corruption ni la gâchette facile des policiers, d’avoir laissé de côté l’aspect le plus central, quoique inavoué de cette guerre sur les quartiers : dans de multiples cas, et comme cela l’a été pendant plus de deux décennies dans la ville dont Duterte a été maire, les escadrons de la mort sont les policiers eux-mêmes, qui enfilent des cagoules à la nuit tombée pour ne pas s’embarrasser de présomption d’innocence et autres procédures judiciaires, afin de liquider les revendeurs qui les savent mouillés dans le trafic et pourraient les dénoncer à la hiérarchie ou les faire chanter, ou par appât pour ces primes qui leur sont versées.
Une mère de famille dont le fils a été tué en avril 2017 de deux balles dans la tête au lendemain d’une dénonciation – infondée, selon elle – d’un voisin avec qui il s’était disputé et qui l’avait en représailles accusé au commissariat de vendre de l’herbe, a lancé une pétition, signée par 7 400 personnes cette semaine. Quatorze hommes masqués avaient enlevé son fils, Raymart Siapo, lui avaient cassé les bras et l’avaient abattu, alors que, souffrant d’un pied-bot, il était dans l’incapacité de courir. « Je voudrais vous demander d’annuler cette série. La guerre contre la drogue n’est pas la solution. Pour moi, tuer n’est pas juste. Chacun mérite une chance de vivre et de changer sa vie », écrit la mère endeuillée, Luzviminda Siapo, à la direction de Netflix.
« Une réécriture des faits indécente »
Joint par What’s App, M. Mendoza s’excuse de ne pas pouvoir donner d’interviews ces jours-ci mais s’est défendu auprès du Telegraph en disant s’intéresser aux « deux facettes de la médaille » : un gouvernement devenu « vraiment dur » sur le problème de la drogue, qui « doit être réglé », mais aussi une police fortement corrompue.
Ses critiques l’accusent de glorifier la campagne de Rodrigo Duterte et de ne pas montrer que le policier de jour et le tueur à moto de nuit sont souvent la même personne dans les Philippines d’aujourd’hui. « Lui présente les meurtres comme le résultat avant tout de conflits entre gangs. Ça ne représente pas la réalité, ça ne montre pas le fait que Duterte a transformé la police en une machine de mort. En ça, il contribue directement à la propagande de Duterte », s’insurge l’activiste Justine Balane, représentant d’un groupe de jeunes dénonçant le sang versé.
M. Balane accuse Netflix d’offrir une plate-forme mondiale à cette lecture des événements. « A voir la série, le public international pourrait croire que ces morts sont justifiées, que c’est légitime. C’est une normalisation, une réécriture des faits complice et indécente pour les familles de victimes », lance-t-il par téléphone. Netflix a estimé qu’il revenait au spectateur de se forger un jugement.

        Lire aussi :
         

                Netflix boude le Festival de Cannes par crainte d’un « manque de respect »



Sur le Web : brillantemamendoza.com/news/tag/amo



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/16/19-13">
<filnamedate="20180416"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180416"><AAMMJJHH="2018041619">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ Les films sans distribution en salles en France sont exclus de la compétition. La plateforme refuse de projeter ses productions qui ne concourraient pas.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 11/04/2018
Découvrir l’application


                        

Netflix boude le Festival de Cannes par crainte d’un « manque de respect »

Les films sans distribution en salles en France sont exclus de la compétition. La plateforme refuse de projeter ses productions qui ne concourraient pas.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 02h47
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 09h13
   





                        



   


Le directeur des contenus de Netflix, Ted Sarandos, a annoncé, mercredi 11 avril, que la plateforme de vidéo à la demande serait absente cette année du Festival de Cannes, dont la sélection sera connue jeudi. La manifestation a mis en place une nouvelle règle interdisant à tout film sans distribution en salles en France d’être en compétition.
Netflix avait fait scandale en 2017. Deux de ses films figuraient en sélection officielle à Cannes, mais la plateforme avait refusé de diffuser en salles Okja, pour pouvoir le fournir sans délai à ses abonnés. L’autre long-métrage en compétition était The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach.
« Nous voulons être sur un plan d’égalité avec les autres cinéastes », a relevé M. Sarandos dans un entretien au magazine spécialisé Variety, mercredi. Il estime par ailleurs que projeter des films hors compétition ferait courir à ces derniers, ainsi qu’aux cinéastes produits par Netflix, le risque de subir un « manque de respect (…) Je ne pense pas que ce serait bien pour nous d’y aller ».

        Lire aussi :
         

          Calendrier modifié et interdiction des selfies sur le tapis rouge pour Cannes 2018



Le nouveau poids lourd de l’audiovisuel mondial a dit être ouvert à une sortie de ses films dans les salles françaises mais sans garantir une fenêtre de trente-six mois après la sortie avant qu’ils fussent disponibles en streaming.
Chronologie obsolète
La réglementation française prévoit pour un film une sortie au cinéma, puis, quatre mois après, une distribution en DVD ou en vidéo à la demande à l’acte et, au bout de dix mois, une diffusion à la télévision. Il ne peut être diffusé sur une plateforme de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) que trente-six mois après sa sortie.
Cette chronologie est considérée en grande partie comme obsolète avec l’essor du piratage et des plateformes de SVOD comme les américains Netflix et Amazon.
Un rapport commandé par le gouvernement pour moderniser ce système proposait en mars de ramener de quatre à trois mois la période d’exclusivité dont disposent les cinémas pour diffuser la plupart des films.
La disponibilité sur les plateformes de vidéo par abonnement serait avancée à quinze mois après la sortie en salles, mais uniquement pour celles dites « vertueuses », c’est-à-dire qui respecteraient une série d’engagements assez stricts en termes de financement de la création française. Des conditions que Netflix et Amazon notamment sont loin de remplir. Les plateformes non vertueuses verraient leur période de diffusion commencer à vingt-sept mois.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/16/19-14">
<filnamedate="20180416"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180416"><AAMMJJHH="2018041619">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ Le documentariste Nicolas Peduzzi suit la dérive d’une jeune millionnaire texane, dont il cherche à comprendre les failles.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

« Southern Belle » : Taelor F., déesse du chaos

Le documentariste Nicolas Peduzzi suit la dérive d’une jeune millionnaire texane, dont il cherche à comprendre les failles.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 07h39
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 14h39
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Dans ce documentaire, qui est aussi son premier long-métrage, Nicolas Peduzzi nous plonge dans le monde de Taelor F., jeune millionnaire texane qui le traverse comme un ange de l’Apocalypse. Des rondeurs camouflées dans de petites robes évasées, de jolies jambes fines invariablement juchées sur des plates-formes, des boucles d’or lui dégoulinant jusqu’au creux des reins, le sac Vuitton greffé au bras et la cigarette au bec, Taelor se pose là. Cette créature dont le regard semble s’ancrer dans la nuit des temps, qui tend au monde le miroir de son vide, de sa violence absurde, évolue au milieu d’une meute de rednecks racistes, sexistes, imbibés d’alcool, de drogue, fascinés par les armes à feu.

        Lire l’entretien avec Nicolas Peduzzi :
         

          « S’attacher à des personnages qui ont des défauts »



Nicolas Peduzzi les a suivis dans leurs virées, dont il restitue l’atmosphère chaotique par flashs. De la cocaïne partout sur la table en plein après-midi, des fusils qui traînent dans tous les coins, des bouteilles d’alcool qu’on ­siphonne au goulot. Tiens, si on allait « buter des Noirs » et « lever quelques putes », lance un des types à la cantonade. « Mais non, je blague, bébé », souffle-t-il à l’oreille de Taelor. Taelor s’en fout. Taelor est anesthésiée. Taelor est une survivante, rescapée du simulacre de télé-poubelle américaine dans lequel elle a grandi, dont elle est le pur produit.
Une certaine idée de l’enfer
Son père a fait fortune dans l’immobilier. Il est mort quand elle avait 14 ans, peu de temps après avoir divorcé de sa mère. Celle-ci aurait alors consacré son énergie à disputer à la gamine l’héritage dont elle s’est retrouvée l’unique légataire – 500 millions de dollars, tout de même –, la ­faisant interner dans un hôpital psychiatrique où on l’aurait droguée, pendant des mois, à haute dose. Le film ne cherche pas à restituer les faits dans leur exactitude. Comment le pourrait-il dans ce monde où l’idée de vérité s’est dissoute dans les vapeurs d’alcool et la morale vérolée de la télé-réalité ? A partir des bribes de récit que la jeune femme livre de son histoire, des images de son quotidien montées comme dans un reportage de MTV, il traque en revanche la vérité de son héroïne.
On retrouve la petite bande la nuit, sur un parking. Celui qui parlait de « buter des Noirs » prête son téléphone à un homme noir en détresse. C’est lui encore qu’on voit chanter à tue-tête, au clair de lune, sur le porche d’une maison de campagne, ce vieil air de country : « Les gens me demandent pourquoi je me défonce : parce que c’est une tradition familiale ! » Puis il se lance dans une longue déclaration d’amour à Taelor, célébrant cet insondable malheur qu’ils ont en partage, la force de caractère de la jeune femme, son génie singulier… Faisant mine de lui répondre, celle-ci se lance à son tour dans un monologue, tandis qu’il poursuit le sien. Aucun des deux n’écoute l’autre. Ils ne parlent que pour eux-mêmes. Une certaine idée de l’enfer émane de cette scène. Ce n’est pas la seule.
Taelor est vivante. Brisée mais bouleversante, comme sa voix qui résonne dans la salle vide d’un karaoké poisseux
Comme toutes les autres, cette nuit qui les aura aussi vus partir dans la brousse à la chasse au lièvre, à bord d’un pick-up transformé en tank de safari, fait place au jour. Taelor se réveille, découvre les bêtes tuées, disposées en rang d’oignon devant la maison. Délicatement, comme si elle ­accomplissait une forme de rituel, elle ferme les yeux de chacune. Taelor est vivante. Brisée mais bouleversante, comme sa voix qui résonne dans la salle vide d’un karaoké poisseux, chantant à pleins poumons A Change is Gonna Come, de Sam Cooke. Comme cette Marilyn des shopping malls qu’elle devient le temps d’un hit de Julio Iglesias craché par son autoradio, en se ­livrant sur le parking désert d’un hypermarché à un numéro de danse sidérant. Ressortie avec la carapace d’une héroïne de Mad Max du tas de cendres qui restait de sa vie, Taelor porte en bandoulière un désespoir teinté d’une fierté punk et chérit tout à la fois la mémoire d’un temps si proche et pourtant si lointain où elle éprouvait encore des sentiments.
Dans ce film qui, sans elle, n’aurait guère plus de profondeur qu’un reportage à la « Strip-tease », elle fait souffler un vent cassavetien. La mélancolie ravageuse qui sourd sous son masque d’indifférence la rend à la fois attachante et sublime. L’Amérique fracassée de Trump a trouvé sa Gena Rowlands.

Documentaire français de Nicolas Peduzzi (1 h 30). Sur le Web : www.septiemefactory.com/southern-belle



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/16/19-15">
<filnamedate="20180416"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180416"><AAMMJJHH="2018041619">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ Le réalisateur revient sur le tournage de son premier film, « Southern Belle », sur l’héritière d’un milliardaire texan, prénommée Taelor.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Nicolas Peduzzi : « Le cinéma permet de s’attacher à des personnages qui ont des défauts »

Le réalisateur revient sur le tournage de son premier film, « Southern Belle », sur l’héritière d’un milliardaire texan, prénommée Taelor.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 07h38
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 12h18
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Une sorte de nonchalance bienvenue ambiance la rencontre avec Nicolas ­Peduzzi, auteur d’un film trash sur l’héritière d’un milliardaire texan, prénommée Taelor. Ce grand garçon calme, trompant peut-être son monde, ne donne l’impression ni de vouloir maîtriser l’art de la communication, ni d’avoir forcé le destin pour réaliser son premier long-métrage, pas davantage d’avoir remué ciel et terre pour obtenir le Grand Prix de la compétition française qui a couronné Southern Belle au Festival international du documentaire de Marseille (FID).

Comment avez-vous rencontré votre sujet ?
Je l’ai rencontré avec Taelor, son personnage principal, qui était ma petite amie pendant deux ans aux Etats-Unis. Mais elle avait de tels problèmes d’addiction qu’elle n’arrivait plus à fonctionner et moi-même je n’arrivais plus à l’aider. Malgré notre ­séparation, Taelor est quelqu’un qu’on n’oublie pas. Nous sommes restés amis. C’est un personnage tellement excentrique, tellement peu commun, à la fois si vivante et si détruite, que l’idée de faire quelque chose avec elle m’est venue très tôt, et m’a poursuivi longtemps. J’avais en tête Gena Rowlands, ce genre de femme. Sauf qu’avec Taelor, tout est réel. Et en même temps, tout tend vers la fiction : son histoire stupéfiante, son conflit atroce avec sa mère, son internement forcé, ses amis politiquement terrifiants. On ne sait d’ailleurs jamais vraiment tout à fait ce qui est vrai ou faux avec elle, et je crois qu’elle-même, parfois, ne le sait plus.
Ces personnages très « limites » animent un film qui, parce qu’il ne ­cherche pas à édulcorer leur décadence, est lui aussi très limite. Avez-vous conscience d’avoir réalisé une œuvre qui pourrait rebuter les ­spectateurs ?
Oui, bien sûr. Certains ont reproché au film son intérêt pour la « pauvre petite fille riche ». Beaucoup d’autres, heureusement, ont été touchés par Taelor, ont vu l’immense détresse qui...




                        

                        


<article-nb="2018/04/16/19-16">
<filnamedate="20180416"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180416"><AAMMJJHH="2018041619">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤ Les réalisateurs Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval signent un documentaire rare et précieux sur la « jungle ».
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

« L’Héroïque Lande » : à Calais, la fin d’un monde

Les réalisateurs Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval signent un documentaire rare et précieux sur la « jungle ».



Le Monde
 |    11.04.2018 à 07h35
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 15h24
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Dès 2006, le réalisateur Nicolas Klotz, en col­laboration avec Elisabeth Perceval, mettait sur le devant de la scène cinéma­tographique française la question des réfugiés et de la politique d’accueil les concernant. Le film s’intitulait La Blessure. C’était, entre l’accueil brutal à Roissy et la vie d’un squat à Paris, une fiction documentée pleine de beauté insolente et de rage poétique, qui s’in­surgeait contre la manière particulièrement violente et cynique dont on traitait, dans notre pays, la personne humaine.
Douze ans plus tard, on reconnaîtra sans mal le style enlevé, l’ambition lyrique et la position morale des coréalisateurs dans L’Héroïque Lande. La frontière brûle, nouveau film sur le sujet, passé cette fois-ci avec armes et bagages du côté documentaire, sans abandonner pour autant le souci esthétique ni les amorces de fiction.
On se trouve ici dans la « jungle » calaisienne, où douze mille réfugiés dans l’attente d’une improbable délivrance sont confinés à l’hiver 2016. Le film, tourné de janvier 2016 à février 2017, semble ­remonter des entrailles d’une ville-monde grouillante de vie, et en même temps portant avec elle très fortement les possibilités de son effacement (qui adviendra). Tentes de fortune, humanité en veille constante, boutiques précaires, tendresse des babioles et des loupiotes, froid qui mord, braseros dans la nuit, boulanger à demeure, troc de puces de téléphone, installations de bric et de broc, réchauds portatifs, tout un chez-soi bricolé les pieds dans la boue…
Une histoire souvent terrifiante
Parmi des foules indistinctes et mouvantes, des personnages reviennent. Le film est suffisamment long, suffisamment posé, pour qu’on les identifie. Ils se nomment Yared, Zeid, Dawitt, Almaz. Ils prennent l’apparence, par exemple, d’une jeune fille qui n’aime rien tant qu’à taquiner son amant et rêver d’un avenir commun plus apaisé. Ils viennent de Syrie, d’Afghanistan, d’Ethiopie, d’Erythrée. Ils parlent, par bribes, de leur histoire, souvent terrifiante, du désespoir infini qui, sournoisement, les saisit.
Ils n’en possèdent pas moins la lueur de leur jeunesse, cette légèreté en dépit de tout, cet espoir en dépit du pire, qui brûle au fond des yeux. Qu’il en faille si peu, de ces yeux, de ces visages, pour nous rappeler à notre fraternité avec eux rend, par contraste, démentielles les raisons qui cherchent à nous la faire oublier.
Yared, Zeid, Dawitt, Almaz… n’en possèdent pas moins la lueur de leur jeunesse, cette légèreté en dépit de tout, cet espoir en dépit du pire, qui brûle au fond des yeux
C’est auprès d’eux que le film se réalise, au plus près, dans ce paysage exclusif qui est le leur, circonscrit par les barbelés, creusé par la nuit, interminable comme la lande, fermé plutôt qu’ouvert sur l’horizon béant. Des policiers passent, inutilement provocateurs et agressifs devant le grand malheur du monde, dispensateurs de honte. Des bateaux et des ferries passent au loin, inaccessibles, tels de grands rêves de fer qui glissent silencieusement et s’abîment dans la brume. Pendant ce temps, la « jungle » se réduit comme peau de chagrin : première destruction de la zone sud au printemps 2016, évacuation totale à l’automne.
Il en restera donc ce film, en ceci rare et précieux, d’ailleurs plus atmosphérique qu’informatif, plus sensible aux êtres, au cadrage, aux sons, aux éléments, au paysage qu’à la tenue d’une chronique ­digne de ce nom. Son propos, d’évidence, fut d’accompagner, de conférer une tenue, de mettre un peu de beauté dans ce désordre, de rendre ceux-là que nous ne voyons pas à leur humanité, c’est-à-dire à notre condition ­commune. La musique – Rihanna (Diamonds), Christophe (Dangereuse), Brahms (Concerto pour piano n° 2), Leonard Cohen (Stanger Song) – y aide beaucoup. L’Héroïque Lande nous fait ainsi entrer à pas de loup dans ces temps futurs qui ont déjà commencé, dans cette ère où il faudra, décidément, choisir de vivre ou de mourir ensemble sur cette lande qu’on appelle la terre, et qu’il dépend encore un peu de nous qu’elle nous nourrisse ou qu’elle nous vomisse.
Exister ou disparaître, telle est l’unique dramaturgie de ce film, telle est l’unique question qu’il nous pose. La « jungle » a été rasée. Un homme seul, silhouette gracieuse, danse sur le rivage. Derrière lui, un bateau, le dernier peut-être, traverse l’écran. Tout est calme, tout est pâle. Leonard chante. Une brume blanche estompe la frontière entre terre et mer, dévore le paysage. Nous sommes à la fin du monde. A moins que ce ne soit le début d’un autre.

Documentaire français de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval (3 h 45). Sur le Web : www.shellac-altern.org/films/437



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/16/19-17">
<filnamedate="20180416"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180416"><AAMMJJHH="2018041619">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ La cinéaste s’essaie à la sitcom familiale dans l’environnement explosif de South Central.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

« Kings » : Deniz Gamze Ergüven perdue dans un ghetto

La cinéaste s’essaie à la sitcom familiale dans l’environnement explosif de South Central.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 07h34
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Un moment, on croit retrouver ce qui faisait la force de Mustang, le premier long-métrage de Deniz Gamze Ergüven : un intérieur surpeuplé où se frottent, se caressent et se heurtent des êtres qui n’osent s’aventurer dans le monde. Mais Kings se situe loin des rivages de la mer Noire, où grandissaient les jeunes filles de Mustang. Le territoire sur lequel s’est aventurée la réalisatrice turque (désormais française, aussi) est l’un des plus périlleux qui s’offre aux cinéastes qui ne sont pas nés dans la communauté afro-américaine. On est à South Central, ghetto de Los Angeles, en 1992, dans les jours qui précèdent le verdict dans le procès des policiers qui ont torturé l’automobiliste afro-américain Rodney King. Et malgré la bravoure de l’auteure, il n’est guère de piège que tend cet environnement explosif dans lequel elle ne tombe.

        Lire le portrait dans « M » :
         

          Deniz Gamze Ergüven, cinéaste de toutes ses forces



L’intérieur, c’est l’appartement de Millie (Halle Berry). C’est une femme merveilleuse : elle a recueilli une demi-douzaine d’enfants (orphelins, fils ou filles de détenus, de toxicomanes…), et, pour nourrir tout ce monde, fait cuire des gâteaux qu’elle livre dans le quartier. Les aînés sont adolescents, les petits parlent à peine. C’est donc en campant ce décor que la réalisatrice entretient, un temps, l’espoir du spectateur. Halle Berry joue une femme toujours sur le point d’être débordée (par ses ouailles, l’administration, le temps qui passe), et, dans le petit espace où vit la fratrie improvisée, on devine les dynamiques qui unissent ou divisent les enfants.

        Lire le portrait (paru en juin 2015) :
         

          Deniz Gamze Ergüven, impatiente inflexible



Le projet de Deniz Gamze Ergüven n’est pas de faire de ce microcosme l’image du monde qui bouillonne à l’extérieur, mais plutôt d’organiser l’affrontement entre ces deux univers. C’est ce mouvement qui défait le film.
Ruptures de ton
Au tout début de Kings, elle choisit de mettre en scène la mort de Latasha Harlins, survenue au printemps 1991. L’adolescente afro-américaine fut tuée d’une balle dans la tête par une boutiquière née en Corée, qui accusait la jeune fille d’avoir volé une brique de jus d’orange. La tireuse fut condamnée à une amende et à des travaux d’intérêt général. Comment faire tenir dans le même espace l’espèce de sitcom familiale qu’esquisse la réalisatrice au début de son film et la tragédie qui gronde, des mois durant, avant d’exploser, à partir du 29 avril 1992, date de l’acquittement des policiers qui avaient passé à tabac Rodney King ?
La tâche était surhumaine. Deniz Gamze Ergüven ne l’a pas allégée en introduisant dans son récit un personnage et des ruptures de ton qui finissent par empêcher de le prendre tout à fait au sérieux. Le personnage, c’est celui d’Obie (Daniel Craig), un écrivain qui se définit comme le seul Blanc du quartier. Peut-être est-il venu à South Central pour nourrir son inspiration – à moins que les loyers du reste de la métropole ne l’aient contraint à ce choix. Le scénario n’en dira rien, pas plus que ce qui conduit Millie à se comporter comme une dame patronnesse du ghetto, incapable de résister aux attraits d’un cas social.
Virage burlesque
Ces zones d’ombre du scénario ne laissent qu’une explication plausible à l’idylle qui se noue entre Millie et Obie : pour ses débuts à Hollywood (enfin, dans les alentours), on ne peut gâcher le concours de deux têtes d’affiche. Peut-être parce que Deniz Gamze Ergüven est consciente de l’incongruité de la situation (on parle d’un épisode de guerre civile, qui a conduit à la destruction du cadre de vie de dizaines de milliers de personnes, et le film s’en sert pour esquisser une comédie romantique entre Catwoman et 007), Kings prend alors un virage burlesque, le long d’une séquence qui voit les deux vedettes enchaînées à un lampadaire par un policier, et leur libération grâce aux performances athlétiques de la star masculine, qui, pour arriver à ses fins, a besoin de débarrasser sa collègue de son pantalon.
Le geste est audacieux, mais on se souviendra surtout de son effet destructeur. Ce qu’il y a de convaincant dans Kings (entre autres le personnage de Nicole, que joue Rachel Hilson, adolescente en voie d’autodestruction) est comme effacé par les dérapages qui font sortir le film du chemin que semblait s’être assigné la réalisatrice.

Film français et chinois de Deniz Gamze Ergüven. Avec Halle Berry, Daniel Craig, Lamar Johnson, Rachel Hilson (1 h 31). Sur le Web : www.advitamdistribution.com/films/kings



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/16/19-18">
<filnamedate="20180416"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180416"><AAMMJJHH="2018041619">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤ Onze ans après le quatrième volet de la saga de Luc Besson, le nouvel opus, avec une équipe d’acteurs renouvelée, peine à convaincre.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 11/04/2018
Découvrir l’application


                        

« Taxi 5 » : retour sans vrombissement dans la cité phocéenne

Onze ans après le quatrième volet de la saga de Luc Besson, le nouvel opus, avec une équipe d’acteurs renouvelée, peine à convaincre.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 07h32
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 06h31
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Les franchises comiques françaises à fort capital de sympathie se comptent sur les doigts d’une main. Leur bonne santé transgénérationnelle explique leur tendance, même tardive, à la résurrection, rarement pour le meilleur.
Les Bronzés étaient ainsi réapparus en 2006, après vingt-sept ans d’éclipse, Les Visiteurs en 2016, à la suite de dix-huit années d’errance spatio-temporelle. Rien d’inoubliable.
Parler aux nouvelles ­générations
Il ne manquait plus que Taxi, comédie d’action marseillaise imaginée, écrite et coproduite en des temps préhis­toriques par Luc Besson, dont la course, inaugurée sous la ­conduite de Gérard Pirès, en 1998, fut stoppée au quatrième titre, en 2007, alors que Gérard Krawczyk était au volant. Le rapport de rentabilité en explique peut-être l’arrêt, le premier opus, financé à hauteur de 8 millions d’euros, ayant généré 6,5 millions de spectateurs, le quatrième « chutant » à 4 millions d’entrées pour une mise de 17 millions d’euros.
L’écurie « Taxi » revient aujourd’hui, mais se distingue – comme le souligne le titre, « La Relève » – en misant sur le renouvellement de ses équipes
En tout état de cause, l’écurie Taxi revient aujourd’hui, mais se distingue – comme le souligne le titre, La Relève – en misant sur le renouvellement de ses équipes.
Exit, donc, Samy Naceri (Daniel, le dingue), Frédéric Diefenthal (Emilien, le gentil flic) et Marion Cotillard (Lily, la fiancée du précédent), celle-ci ayant déjà pris la poudre d’escampette au film précédent. Bernard Farcy (l’indécrottable commissaire Gilbert) est donc un des rares survivants – encore a-t-il dû quitter la police pour exercer sa sagacité comme maire de Marseille. Tout cela relève donc de la prise de risques, étant donné la popularité que ce quatuor avait conquise dans le cœur des fans de la franchise.
Luc Besson, qu’on retrouve à la coécriture du film, a visiblement voulu passer un coup de peinture fraîche sur le véhicule (qui reste curieusement une Peugeot 407, alors que tout change autour d’elle) et parler aux nouvelles ­générations.
Franck Gastambide a donc été choisi pour réaliser le film, fort du succès de ses deux longs-métrages, Les Kaïra (2012) et Pattaya (2016), dispensateurs d’une image plus contemporaine de l’humour des cités. Il y interprète un super-flic parisien muté à la police municipale marseillaise. A ses côtés se trouve ­l’humoriste Malik Bentalha, alias Eddy Maklouf, censément le petit-neveu du mythique Daniel. Se glisse également Sabrina Ouazani, qui interprète la sœur de ce dernier, par ailleurs gonfleuse de moteur hors pair.
Un tandem qui manque de jus
Les méchants étrangers du jour – après être venus de Germanie, du Japon, de Chine et de Belgique – sont des mafieux napolitains dévalisant, au volant de bolides transalpins, les joailleries de la cité phocéenne.
Toutefois, le résultat de cette nouvelle alchimie ne ­convainc pas vraiment. Le film semble moins écrit, les personnages moins attachants, l’intrigue est délaissée, les dialogues inégaux, l’action sans éclat. Le tandem principal manque de jus, avec un Franck Gastambide qui prend le volant sans retrouver le feu et la dinguerie du conducteur originel, et un Malik Bentalha qui paie son écot comique (rendant grâce à Elie Semoun) sans trouver la profondeur d’un caractère. Quant aux méchants – viendraient-ils de la série Gomorra –, ils manquent ­ singulièrement de tenue.
La meilleure part du film vient donc de la fine équipe de la police municipale marseillaise et de ses remarquables interprètes. Cons­tituée d’un idiot logorrhéique, d’un nain agressif, d’une obèse nymphomane, d’un pervers incontrôlable et d’un grand dadais adepte des farces et attrapes, cette exécrable bande de seconds couteaux élève l’humour lourdingue du film (un festival de vomi, de caca et de crachats) vers l’absurde et le cartoon, horizon dont il eût été plaisant qu’il prenne plus hardiment la direction.

« Taxi 5 », film français de Franck Gastambide. Avec Franck Gastambide, Malik Bentalha, Bernard Farcy, Ramzy Bedia, Sabrina Ouazani (1 h 42). Sur le Web : Europacorp.com/fr/films/taxi5 et Arpselection.com/category/tous-nos-films/comedie/taxi-5-429.html



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/16/19-19">
<filnamedate="20180416"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180416"><AAMMJJHH="2018041619">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤ Le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda mène une réflexion austère sur l’éthique et la justice.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

« The Third Murder » : un coupable trop parfait

Le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda mène une réflexion austère sur l’éthique et la justice.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 07h31
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Un homme a été arrêté pour un meurtre brutal, celui de son patron, assommé et brûlé. Son avocat utilise tous les ressorts de la procédure pour accroître sa notoriété, tout en essayant de découvrir la vérité. En plein milieu de son procès, l’accusé, qui risque la peine de mort, va revenir, en effet, sur ses propres aveux.
Qu’est-ce qui guide ce comportement inattendu ? L’avocat, dont la pureté des intentions apparaît parfois douteuse, est-il lui-même l’objet d’une manipulation orchestrée par un personnage particulièrement pervers ?
Dimension démonstrative et rhétorique
Le nouveau film de Kore-eda est tout autant une austère réflexion sur l’éthique et la justice qu’une interrogation proprement métaphysique sur la notion de culpabilité elle-même. Le meurtre est-il justifiable ? Le Mal est-il toujours absolu ? La dimension un peu démonstrative et rhétorique de The Third Murder est compensée par l’intense interprétation de Koji Yakusho, le comédien fétiche d’Imamura sur ses derniers films ainsi que de Kiyoshi Kurosawa.
Film japonais d’Hirokazu Kore-eda. Avec Koji Yakusho, Masaharu Fukuyama, Suzu Hirose (2 h 05). Sur le Web : www.le-pacte.com/france/news/detail/the-third-murder



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/16/19-20">
<filnamedate="20180416"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180416"><AAMMJJHH="2018041619">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ Pour son premier long-métrage en tant que réalisateur, l’acteur Nicolas Giraud s’abîme dans l’image de la jeune Clara Ponsot.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

« Du soleil dans mes yeux » : trop jolie pour être vraie

Pour son premier long-métrage en tant que réalisateur, l’acteur Nicolas Giraud s’abîme dans l’image de la jeune Clara Ponsot.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 07h29
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


L’avis du « Monde » – on peut éviter
S’il y a bien une chose qui s’exprime dans ce premier long-métrage de l’acteur Nicolas Giraud, c’est la fascination que lui inspire Clara Ponsot, jeune actrice qu’il scrute sous toutes les coutures pendant une heure et demie, magnifiant dans chaque plan son corps sensuel, son visage pulpeux, ses grands yeux de chat…
Pour cette raison même, on peine à croire au personnage qu’elle incarne : une jeune veuve traumatisée, fraîchement sortie d’un long séjour en hôpital psychiatrique, qui vient récupérer, après une longue période de séparation, son fils chez sa belle-mère (Hélène Vincent), et fait la connaissance d’un marin de passage (interprété par Nicolas Giraud lui-même, qui est à l’origine acteur).
Drame psychologique naturaliste
Quand bien même y croirait-on qu’on aurait du mal à s’y intéresser tant ce drame psychologique naturaliste semblant sorti du tréfonds des années 1990 laisse peu de place au spectateur : jeu d’acteurs tout en componction, dialogues chuchotés, lumière poudrée estompant la misère des décors, intimisme douceâtre, non-dits qui en disent long… Ecrasée par tant d’esprit de sérieux, verrouillée par une dramaturgie mécanique, l’intrigue en reste au stade de l’esquisse. Une manière comme une autre d’inviter le public à s’abîmer dans l’image de la jolie Clara Ponsot.

Film français de Nicolas Giraud. Avec Clara Ponsot, Hélène Vincent, Nicolas Giraud (1 h 26). Sur le Web : www.mc4-distribution.fr/film.php?id_film=2



                            


                        

                        

