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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Ambitieuse et soignée dans sa mise en scène, cette série dessine la chronique des années pré-Mai 68 (sur France 2 à 20 h 55).
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TV – « Speakerine » : une femme en mal d’émancipation

Notre choix du soir. Ambitieuse et soignée dans sa mise en scène, cette série dessine la chronique des années pré-Mai 68 (sur France 2 à 20 h 55).



Le Monde
 |    16.04.2018 à 17h45
    |

                            Martine Delahaye








                        


Série sur France 2 à 20 h 55

Speakerine et vedette du petit écran – une seule chaîne, en noir et blanc, diffuse quelque trois heures de programmes quotidiens –, Christine Beauval fait la couverture du magazine Jours de France, en ce mois de juillet 1962. Mais à 42 ans, tout en aimant son métier, elle souhaite « faire autre chose que la plante verte », jouer un rôle autre que celui de « l’idiote de service », de « la potiche publique », pour reprendre ses termes. Depuis des mois, elle attend que le vieux crocodile à la tête de la Radiodiffusion télévision française (RTF) lui accorde le droit de monter son émission de télévision,« Portraits de femmes ».
Son mari, qui, pour sa part, dirige l’information à la RTF, n’est pas plus favorable que cela au nouveau projet professionnel de sa femme. D’autant que son passé d’ancien combattant pour la France libre le promet à de plus hautes fonctions encore, dans l’audiovisuel public ou au gouvernement, un jour ou l’autre, en tout cas dès que le général de Gaulle en décidera ainsi. Ce qui devrait amplement suffire à sa femme.
Leurs deux enfants, bien qu’encore mineurs, se montrent eux aussi tentés de prendre leur envol. Colette, lycéenne, amoureuse d’un ami de la famille de quinze ans son aîné, rêve d’une vie de couple. Son frère, Jean-Claude, étouffant dans le cocon familial et en butte à son gaulliste de père, cherche à comprendre les circonstances de la mort de ses deux amis, torturés et assassinés en Algérie – alors que sa mère a tout fait pour qu’il n’y parte pas.

   


S’enracinant dans la France du début des années 1960, autoritaire, corsetée, figée dans un machisme ordinaire, Speakerine bouillonne d’envies de faire sauter les carcans. De désirs d’émancipation. A commencer par ceux de Christine Beauval, qui, sans être animée d’une ambition démesurée, ni prête à oublier son rôle bien codifié d’épouse et de mère, ne consent plus à sacrifier sa carrière au profit de celle de son mari.
Fond politique
Il en va de même pour une nouvelle génération de journalistes, révoltés par la mainmise de l’Etat sur l’information télévisée – sans qu’ils soient pour autant « communistes », comme le pouvoir les qualifie. Cela vaut pour la police judiciaire, certains s’y indignant (en silence et en secret) que leurs enquêtes puissent être téléguidées ou brusquement interrompues par le ministère de l’intérieur, au gré des intérêts de la classe dirigeante. Rares sont les séries françaises dont le fond politique est aussi présent, sans être pesant.
Il y a fort à parier, pour autant, que Speakerine n’attirera guère que le public qui a lui-même connu l’air du temps révolu de ce début des années 1960. Au moins pour la reconstitution de cette époque, une mise en scène soignée – avec des voitures astiquées à souhait, des intérieurs sombres et une grande attention apportée aux coiffures, costumes et accessoires. Ce même public risque malgré tout de ne pas se passionner pour la trame dramatique, parfois empesée et alambiquée, tissée au détriment de la caractérisation des personnages. Il n’en reste pas moins que cette série a presque valeur de témoignage de ce qui allait être mis en cause par le mouvement de Mai 68.
Speakerine, série créée par Nicole Jamet, Véronique Lecharpy, Sylvain Saada, Valentine Milville et José Caltagirone. Avec Marie Gillain, Guillaume de Tonquédec, Christiane Millet (Fr., 2018, 6 × 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A voir aussi ce soir. Sur les traces de son grand-père, Robert Bober propose une traversée dans l’histoire contemporaine de la capitale autrichienne (sur Arte à 00 h 25).
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TV – « Vienne avant la nuit »

A voir aussi ce soir. Sur les traces de son grand-père, Robert Bober propose une traversée dans l’histoire contemporaine de la capitale autrichienne (sur Arte à 00 h 25).



Le Monde
 |    16.04.2018 à 17h30
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Arte à 00 h 25

Musique de Schubert en fond sonore, Vienne s’offre entre ombres et lumières. Le décor est planté, avec des endroits attendus (la Grande Roue du Prater, la place des Héros, le Café Central) et d’autres qui le sont moins, comme ce grand cimetière déserté par les humains mais où des biches viennent jouer près des tombes. Pour Robert Bober, né en 1931, c’est un émouvant voyage qui débute. Ecrivain, documentariste (on lui doit notamment Récits d’Ellis Island, coréalisé avec Georges Perec, 1980), Robert Bober est à Vienne pour retrouver la trace d’un homme qu’il n’a jamais connu mais qui ne cesse de le hanter.
Né en Pologne en 1853 et mort à Vienne en 1929, Wolf Leïb Fränkel était son arrière-grand-père maternel, ferblantier de métier et père de onze enfants. De lui, il a gardé deux chandeliers et retrouvé des photos. En retraçant sa vie, en nous plongeant dans cette quête identitaire nourrie de nombreux extraits littéraires (Joseph Roth, Thomas Bernhard, Stefan Zweig, Arthur Schnitzler, Paul Celan…), Robert Bober réalise un documentaire poignant, oscillant entre nostalgie, tendresse et tristesse. « Obliger les morts à être encore présents ! », comme le dit la voix off.
Temps troublés
Wolf Leïb Fränkel, la cinquantaine venue, quitte l’Europe pour l’Amérique. Mais refoulé à Ellis Island, il est contraint de regagner le Vieux Continent. Il s’installe alors à Vienne, dans le quartier juif de Leopoldstadt. A travers son destin, Robert Bober en rappelle d’autres, ceux d’écrivains ou de dramaturges juifs qui connurent Vienne en des temps souvent troublés.
« Si je suis venu à Vienne, ce n’est pas seulement pour retrouver la tombe de mon arrière-grand-père. Mais aussi parce que le passé à besoin de notre mémoire, les morts de notre fidélité », souligne-t-il. La Vienne impériale, juive, nationale-socialiste, la Vienne des temps troublés et des oublis, tout est évoqué. Après de longues recherches dans les allées silencieuses du grand cimetière, Robert Bober va trouver ce qu’il était venu chercher. Sur la tombe de l’arrière grand-père, entourée de lierre, on peut lire une inscription : « Que son âme soit reliée au faisceau de la vie ». Pas de tombe en revanche pour son épouse et ses onze enfants, morts en Pologne.
Vienne avant la nuit, de Robert Bober (Fr.-Aut., 2016, 74 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Aux Etats-Unis, quatre chercheurs ont travaillé de concert pour mettre en équation les paramètres qui forgent la réussite commerciale d’un livre.
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Le big data, outil de prédiction des best-sellers

Aux Etats-Unis, quatre chercheurs ont travaillé de concert pour mettre en équation les paramètres qui forgent la réussite commerciale d’un livre.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 16h12
    |

            Nicole Vulser








                        



   


Des kyrielles de statistiques et de formules mathématiques pour permettre aux éditeurs américains de savoir quel sera le prochain best-seller parmi les plus de mille nouveaux ouvrages publiés chaque année aux Etats-Unis…
Quatre chercheurs – Burcu Yucesoy, Xindi Wang, Junming Huang et Albert-Laszlo Barabasi – ont travaillé de concert au Centre de recherche des systèmes complexes du département de physique de l’université Northeastern de Boston (Massachusetts) pour mettre en équation les paramètres qui forgent la réussite commerciale d’un livre.
Dans un article publié le 6 avril dans la revue EPJ Data Science (groupe Springer) et consacré à l’analyse du succès des livres à la lumière des méga-données, ils ont tout d’abord relevé des facteurs saisonniers. La logique cartésienne n’est pas mise en défaut : plus on a de temps libre, plus on lit, et il se vend effectivement plus d’ouvrages pendant les vacances.
Modèle statistique
Les romans, qu’ils soient écrits par un homme ou par une femme, trouvent davantage d’acquéreurs que la non-fiction. Les romans et les biographies se situent ainsi dans le peloton de tête de la liste des livres les plus vendus publiée par le New York Times. Celle-ci a été décortiquée, semaine après semaine, depuis que ses données sont numérisées (2008).
Les chercheurs ont mis au point un modèle statistique permettant de prévoir qui fera partie de la poignée d’auteurs capables de rester en tête de la liste des best-sellers. Ils publient plusieurs équations pour calculer la courbe prévisionnelle des ventes d’un livre et même le nombre total d’exemplaires qu’un romancier vendra au cours de sa vie… Ils se fondent sur les résultats des dix premières semaines de mise en place d’un livre, au moment précis du pic, avant que la courbe s’inverse.
Mais ils tiennent aussi compte d’autres paramètres comme l’aptitude à répondre au goût du lecteur, la reconnaissance de l’auteur, son style, la couverture du livre et les efforts marketing de l’éditeur. Sans oublier l’« attachement préférentiel » (les recommandations des proches, des libraires, des critiques…) ou le « délai de vieillissement » attendu du livre. Du marketing scientifique destiné à atténuer les risques pour les éditeurs. A cette aune, rien ne dit que Henry David Thoreau, John Dos Passos ou Willliam Burroughs auraient été publiés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ La nouvelle découverte du label Daptone vient de Cuba. « Orquesta Akokan » réussit à ressusciter l’esprit des big bands cubains des années cinquante.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le Clos normand et le jardin d’eau de Giverny, tant de fois peints par l’artiste, accueillent à nouveau le public, après le repos hivernal de la végétation.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ La salle art et essai organisait une ultime projection dimanche 15 avril, mais les salariés veulent reprendre le lieu.
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La dernière séance du cinéma La Clef, à Paris

La salle art et essai organisait une ultime projection dimanche 15 avril, mais les salariés veulent reprendre le lieu.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 09h39
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 11h32
    |

            Clarisse Fabre








                        



   


Le féminin de spectateur ? « C’est spectatriste », tente de sourire Héloïse, 45 ans, une habituée du cinéma La Clef, alors que cette salle emblématique de l’art et essai du cinquième arrondissement de Paris organise sa « dernière séance », dimanche 15 avril. Il y a trois semaines, Héloïse a créé le collectif de spectateurs « Laissez-nous La Clef » pour ne pas rester les bras croisés. Mais ce dimanche soir, elle ne sait plus quoi faire. Avant la projection du film de Jérôme Soubeyrand, Ceci est mon corps (2014), resté plus de trois ans à l’affiche, les habitués de La Clef se retrouvent dans la salle où ont eu lieu tant de débats et de rencontres… Ils boivent des verres et n’arrivent toujours pas à y croire. Le propriétaire de cet espace de 600 mètres carrés situé au cœur du Quartier latin, soit le comité d’entreprise de la Caisse d’épargne d’Ile-de-France, a décidé depuis 2015 de vendre le bâtiment, tout en assurant vouloir y maintenir une activité culturelle. Pendant deux ans, l’exploitant du cinéma, Raphaël Vion, a négocié avec les propriétaires en vue de racheter le lieu, sans succès. Les discussions ont fini par s’interrompre durant l’été 2017.

        Lire l’enquête :
         

          Lumière sur les salles obscures



Les quatre salariés permanents, qui vont être licenciés économiques, estiment avoir été les témoins impuissants de ces échanges infructueux entre l’exploitant et le propriétaire. Ils veulent à présent reprendre ce cinéma qu’ils connaissent par cœur et auquel ils sont tant attachés : Dounia Baba-Aissa, Sébastien Liatard, Nicolas Tarchiani et Giulio Basletti expliquent, dans un communiqué, leur volonté de « sauver coûte que coûte » le cinéma La Clef, et proposent un « projet de reprise en adéquation avec l’histoire du lieu », préservant « la diversité du paysage cinématographique contre l’homogénéité culturelle qui s’étend ». Ils ont le soutien d’élus du 5e arrondissement, du Centre national de la cinématographie et de l’image animée (CNC), de la Ville de Paris, etc. Mais il va falloir à présent des actes concrets pour éviter la disparition de ce cinéma à la programmation exigeante, mêlant des sorties nationales, des films en continuation, avec une attention particulière aux documentaires.
Un lieu de cinéphilie
C’est en 1969 que Maurice Frankfurter a ouvert La Clef, dans un quartier en pleine ébullition post-68. Puis le cinéma a été vendu en 1981 au comité d’entreprise de la Caisse d’épargne. Dans les années 1990, La Clef programmait des films issus des « cultures noires » et de l’Afrique subsaharienne. Puis il a été repris en 2010 par Raphaël Vion et Isabelle Buron, laquelle préside l’association La Clef-L’Usage du monde (en hommage au livre de Nicolas Bouvier, L’Usage du monde, paru en 1963 et réédité en 2014 par La Découverte). La Clef fait partie du réseau des Cinémas indépendants parisiens (CIP), composé du Grand Action, du Max Linder, des Ursulines, etc., autant de lieux de cinéphilie qui contribuent à faire de Paris la capitale mondiale du cinéma.
Raphaël Vion, exploitant du cinéma La Clef : « On ne sait rien. Rien de rien. On espère que les propriétaires vont tenir leur parole et vont préserver l’activité cinéma »
Les spectateurs de La Clef ne sont pas que des gens du quartier. Claire-Marie, qui était étudiante en Mai 68 et fréquente ce cinéma depuis des années, avec son mari qui anime toujours un ciné-club au Carreau du Temple (3e arrondissement), habite « rive droite » et prend le bus 47 pour « venir à La Clef ».
Dans la salle, avant que les lumières ne s’éteignent, l’exploitant Raphaël Vion le répète : « On ne sait rien. Rien de rien. On espère que les propriétaires vont tenir leur parole et vont préserver l’activité cinéma ». Dounia Baba-Aissa prend à son tour le micro et explique que le collectif de salariés attend d’être reçu par le comité d’entreprise de la Caisse d’épargne d’Ile-de-France. Elle annonce qu’un projet de financement participatif a été lancé le 13 avril sur le site www.wejustice.com, afin de faire face aux contraintes financières et de consolider le projet de reprise. Après le film, les spectateurs mettent des euros dans une corbeille. Un spectateur demande, un peu gêné : « Je peux prendre l’affiche de Ouaga Girls ? », le film de Theresa Traore Dahlberg (sorti en 2017), racontant l’histoire de femmes burkinabées qui veulent devenir mécaniciennes. Au comptoir, l’un des quatre salariés de La Clef répond le plus calmement possible : « Oui, bien sûr, c’est maintenant qu’il faut prendre les affiches, car demain matin, ce sera trop tard… ».



Sur le Web : www.cinemalaclef.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Cet ancien militaire du corps des marines est mort dimanche à l’âge de 74 ans. Il était célèbre pour son interprétation d’un sergent instructeur brutal et sadique dans le film de Stanley Kubrick.
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L’acteur R. Lee Ermey, sergent instructeur dans « Full Metal Jacket », est mort

Cet ancien militaire du corps des marines est mort dimanche à l’âge de 74 ans. Il était célèbre pour son interprétation d’un sergent instructeur brutal et sadique dans le film de Stanley Kubrick.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 08h49
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 09h31
   





                        



   


L’acteur américain Ronald Lee Ermey, connu pour son rôle du sergent Hartman dans le Full Metal Jacket, de Stanley Kubrick, sorti en 1987, est mort dimanche 15 avril à l’âge de 74 ans, a annoncé son agent Bill Rogin. Cet ancien militaire a succombé à des complications d’une pneumonie, a précisé M. Rogin.
Né dans l’Etat du Kansas en 1944, Ronald Lee Ermey a servi onze années dans le corps des marines, passant notamment quatorze mois au Vietnam durant la guerre avant de devenir sergent d’état-major.
Spécialisé dans les rôles militaires
Sa performance dans Full Metal Jacket en sergent instructeur brutal et sadique formant des jeunes recrues pour le Vietnam, lui avait valu d’être nommé pour un Golden Globe du meilleur second rôle. Stanley Kubrick rapporta au journal Rolling Stone que près de 50 % des dialogues du sergent Hartman, dont de nombreuses insultes, étaient inventés par R. Lee Ermey :
« Au cours du casting pour les rôles des jeunes marines, nous avons interviewé des centaines de gars. Nous les avons tous alignés et avons improvisé la première rencontre avec l’instructeur. Ils ne savaient pas ce qu’il allait dire, et nous pouvions voir comment ils réagissaient. Lee est arrivé avec, je ne sais pas, 150 pages d’insultes. »

Ronald Lee Ermey s’est consacré durant quatre décennies au métier d’acteur, se spécialisant dans les rôles militaires. Il a notamment interprété un pilote d’hélicoptère dans Apocalypse Now, de Francis Ford Coppola en 1979, ou prêté sa voix à l’un des petits soldats en plastique de la série d’animation Toy Story.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ L’historien de l’art quitte la direction du Musée d’art contemporain de Lyon et de sa Biennale, qu’il avait créés.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Thierry Raspail : « L’art contemporain a de nouveaux fans »

L’historien de l’art quitte la direction du Musée d’art contemporain de Lyon et de sa Biennale, qu’il avait créés.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 08h21
    |

                            Philippe Dagen et 
Harry Bellet








                        



                                


                            

Thierry Raspail a quitté, le 13 avril, ses fonctions de directeur du Musée d’art contemporain (MAC) et de la Biennale de Lyon, deux institutions qu’il a créées et développées jusqu’à en faire des lieux majeurs. Il revient, pour Le Monde, sur cette histoire.

Comment êtes-vous entré dans l’art contemporain ?
En grande partie grâce à Maurice Besset, qui dirigeait alors le Musée de Grenoble [1969-1978] et enseignait à l’université. Après mon bac de comptabilité, mes parents me donnent deux ans pour trouver ma voie. Je me décide pour l’histoire de l’art, en ne sachant pas très bien si les impressionnistes, c’était au XIIe siècle. Besset nous parle de la Documenta de Cassel, et je me rends compte que l’art, c’est aussi des types qui laissent des traces dans la neige.
Et dans les musées ?
Fin 1983, la ville de Lyon ouvre un poste de conservateur pour l’art contemporain. La feuille de route, c’est la constitution d’une collection et une programmation d’expositions pour le Musée des beaux-arts. Plus la coordination entre un centre d’art, l’ELAC [Espace lyonnais d’art contemporain] et une nouvelle artothèque.
Vous créez une collection…
Avec une idée simple : valoriser la création, la production. C’est ainsi que nous pensons nos expositions, qui sont des « one shot » : faire venir John Baldessari ou Robert Morris pour qu’ils réalisent des projets. Ou Nam June Paik, pour qu’il refasse son exposition de 1963, première intervention d’un artiste sur des téléviseurs. Le musée, conçu dès 1984, n’ouvre qu’en 1995, avec la troisième Biennale. Renzo Piano réhabilitait les îlots de la Cité internationale, et nous y avons trouvé notre place.
Comment la Biennale arrive-t-elle ?
Dès le début, je dois animer une manifestation, en octobre. Ce sera « Octobre des arts ». Pour la première, en 1984, j’ai repris...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Christophe Rauck met en scène avec finesse « Comme il vous plaira », où les femmes et les fous mènent la danse.
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édition abonné


Avec Shakespeare, dans la forêt des désirs

Christophe Rauck met en scène avec finesse « Comme il vous plaira », où les femmes et les fous mènent la danse.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 07h59
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

Il y a des soirs, comme cela, où rien ne peut procurer plus de plaisir que de s’enfoncer dans une des forêts magiques de Shakespeare, avec leurs fous, leurs amoureux, leurs bêtes, les désirs qui s’y affolent, les pulsions qui s’y libèrent, et les secrets qui s’y cachent. Ainsi en va-t-il avec Comme il vous plaira, une des comédies les plus mystérieuses et mélancoliques du grand Will, que met en scène avec grâce et finesse Christophe Rauck, le patron du Théâtre du Nord : un bonheur de théâtre qui, après avoir été créé à Lille en janvier, tourne à travers la France.
Le désir, le plaisir, l’amour, la poésie, le rêve et la réalité s’enlacent sans fin, dans cette pièce où tout marche par double et par paires, où tout peut toujours se retourner comme un gant, et notamment les rôles sociaux et sexuels : roi et mendiant, sage et fou, femme et homme – Shakespeare est le champion incontesté, parmi les précurseurs de nos actuelles théories du genre. Et ce sont les femmes et les fous qui mènent la danse, dans ce jeu de cache-cache à travers la forêt d’Ardennes. Célia et Rosalinde, cousines et amies de cœur, s’y sont enfuies, après que le père de l’une, le duc Frédérick, a démis et exilé le père de l’autre, le vieux duc. Dans les bois courent aussi Olivier et Orlando, frères ennemis qui vont tomber amoureux des deux donzelles, et deux fous-philosophes, l’un triste et l’autre gai, Jaques le mélancolique et Pierre de Touche.
Jeux de miroir
L’intrigue n’a que peu d’importance dans Comme il vous plaira, où Shakespeare multiplie les jeux de miroir de manière vertigineuse, à l’image de son personnage principal, Rosalinde, une femme qui joue un homme qui joue une femme. Dans la lignée de la poésie baroque de la fin du XVIe siècle, c’est bien la question du désir, aussi impérieux qu’évanescent, et celle de la mort, et donc du temps, qui vagabondent à travers bois.
La mise en scène de Christophe Rauck est au diapason de cette dualité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ La discipline, renouvelée au contact du théâtre et de la danse, présentée dans trois festivals, fait toujours plus d’adeptes.
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Les jongleurs emballent la rue et la scène

La discipline, renouvelée au contact du théâtre et de la danse, présentée dans trois festivals, fait toujours plus d’adeptes.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 11h11
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

La dernière barre de la Cité des 4000 sud en fond d’écran, le centre commercial La Tour à deux pas, une belle esplanade pour profiter du printemps en famille. Au milieu, la Maison des jonglages de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) bat le rappel de l’art tout-terrain. Créée en 2008, abritée par le ­Centre culturel Jean-Houdremont, cette résidence des jongleurs fête son dixième anniversaire. « Il y a Cannes pour le ­cinéma, Avignon pour le théâtre, il y a aujourd’hui La Courneuve pour le jonglage », aime à clamer Gilles Poux, maire (PCF) de la ville.
Pour souffler les dix bougies, le festival Rencontre des jonglages, qui essaime dans dix théâtres sur Paris et l’Ile-de-France du 21 mars au 22 avril, a mis les petits plats dans les grands avec 25 spectacles et 82 artistes. « Cette pratique est en pleine explosion depuis cinq ans et se renouvelle sans cesse, note Thomas Renaud, directeur du festival. Le nombre de compagnies augmente et celui des amateurs aussi. Rien de plus facile que de jongler, pas besoin d’un lieu d’entraînement particulier. Quelques balles suffisent ! »
Selon Olivier Palmer, artiste et historien en jonglerie, 500 professionnels sont répertoriés, et environ 3 000 pratiquent régulièrement en France
Les chiffres tombent. Selon Olivier Palmer, artiste et historien en jonglerie, 500 professionnels sont répertoriés, et environ 3 000 pratiquent régulièrement en France. La Fédération française des écoles de cirque compte 27 000 adhérents, dont 9 000 émargent au jonglage. Annuellement, entre Toulouse et Lyon, une dizaine de « conventions », ces rassemblements où les jongleurs échangent et pratiquent, attirent entre 200 et 1 000 pratiquants. « La Maison des jonglages a non seulement permis de donner une visibilité nationale aux créations, mais aussi de drainer la profession au niveau international, commente Olivier Palmer. La particularité de cet art réside dans les liens forts entre amateurs et professionnels...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le réalisateur avait tourné avec son frère cadet une quinzaine de longs-métrages, dont « Padre padrone », Palme d’or en 1977.
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Vittorio Taviani, moitié d’une fratrie emblématique du cinéma italien, est mort

Le réalisateur avait tourné avec son frère cadet une quinzaine de longs-métrages, dont « Padre padrone », Palme d’or en 1977.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 15h38
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

S’il en fallait une, voici une nouvelle preuve de l’obtuse stupidité de la camarde, qui a séparé, dimanche 15 avril à Rome, un couple de créateurs dont tout le monde, sauf la mort justement, savait qu’ils étaient inséparables. Vittorio Taviani s’en est donc allé à l’âge de 88 ans, il était né le 20 septembre 1929. Il laisse derrière lui Paolo, de deux ans son cadet, désemparé, ainsi que tous les amateurs de cinéma qui ne sauront plus désormais comment parler de ce couple soudain délié.
Aussi loin qu’on remonte les sources biographiques, il semblerait que ces deux Toscans aient toujours tout fait ensemble. On n’est pas loin de la légende, et pourtant les Taviani, cas d’école d’une fraternité symbiotique, semblent bien avoir tout fait, ou presque, ensemble. Etudiants ensemble (en art à Pise). Amateurs d’art lyrique ensemble. Rosselliniens et néoréalistes ensemble (à la Libération). Fondateurs d’un ciné-club ensemble (à Pise). Dramaturges engagés ensemble (à Livourne), pirandelliens ensemble. Cinéastes ensemble aussi bien, commençant par un chapelet de documentaires exécutés dans les années 1950, dont la pierre de touche – San Miniato, Luglio, 1944 – est consacrée à un massacre perpétré par les nazis.
Consécration internationale
Le poids de l’Histoire et la valeur de l’engagement ne sont pas de vains mots chez les Taviani. Leur passage à la fiction poursuit à ce titre ce qu’ils avaient commencé dans le domaine du documentaire. Adapté d’un fait divers et sur un sujet proche du Salvatore Giuliano de Francesco Rosi qui sort la même année, Un homme à brûler (1962), avec l’incontournable Gian Maria Volonte, porte ainsi sur l’assassinat par la mafia sicilienne d’un syndicaliste qui avait propagé des idées égalitaristes chez les paysans.
Sous le signe du scorpion (1969), de nouveau avec Volonte, est une fable sur les limites du langage et de la communication. Saint Michel avait un coq (1972), se lit comme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…
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Une semaine musicale pop, rock et jazz

Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…



Le Monde
 |    16.04.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 14h27
    |

            Sylvain Siclier et 
Franck Colombani








                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Au menu : deux festivals, une série de concerts jazz et un clip vidéo de Gruff Rhys.
UN FESTIVAL : Mythos à Rennes, jusqu’au 22 avril

   


Après Les Transmusicales, début décembre 2017, et toutes ses découvertes rock, puis Jazz à l’étage, quasiment durant tout le mois de mars 2018, Rennes continue d’être une ville festivalière en matière de musiques avec Mythos, commencé le 13 avril et qui devrait se terminer dimanche 22. Eddy de Pretto, Fred Pellerin, Cléa Vincent, Camille ont été programmés durant les premiers jours du festival. La suite a toujours belle allure avec notamment le groupe de Fantazio et Théo Ceccaldi, The Ex (ce lundi 16) ; Kimberose, Olivier Mellano, Elias Dris, Selah Sue (le 17) ; Arthur H, Hyphen Hypen, Hollysiz (le 18) ; Pierre Lapointe, Foé, Juliette Armanet (le 19) ; La Poison, Beth Ditto (le 20) ; Airnadette, Svinkels, Arnaud Rebotini (le 21) ; Stephan Eicher et sa fanfare Traktorkestar (le 22). Au-delà de la partie musicale, plutôt rock, pop et chanson, Mythos présente de nombreux spectacles de théâtre, des lectures et récits. Sylvain Siclier
Festival Mythos, dans une vingtaine de lieux à Rennes et dans des communes alentours. Jusqu’au 22 avril. De 10 € à 37 €.
UNE VIDÉO : « Frontier Man », de Gruff Rhys

Non content d’être le chanteur du groupe Super Furry Animals, figure brit pop depuis près de trois décennies, le Gallois Gruff Rhys mène parallèlement une carrière solo non moins enviable, loué pour ses qualités inventives, exotiques voire ludiques. Son cinquième opus, intitulé Babelsberg, est annoncé pour le 8 juin chez Rough Trade et produit par Ali Chant, déjà de l’aventure sur le précédent album, le conceptuel American Interior (2014). Au sujet de l’origine du titre étrange de l’album, son auteur explique : « Je cherchais un nom qui évoquait la Tour de Babel - des gens construisant des tours afin d’accéder à une certaine idée du paradis (mais peut-être débouchant à une sorte d’enfer – je suis athée d’ailleurs !). En tout cas, j’avais écrit sur une note le mot Babelsberg et quand j’ai écouté les chansons ensemble, ça a finalement donné du sens à tout ce que j’avais fait. » Le premier extrait Frontier Man ouvre le bal à la manière d’une classieuse ballade folk sixties, sertie de cordes majestueuses interprétées par le BBC National Orchestra of Wales. On pense à feu « Field commander » Leonard Cohen, mais doublé de ce je-ne-sais-quoi de fantaisie qui fait tout le charme et la griffe de l’ami Gruff. Franck Colombani
UNE SÉRIE DE CONCERTS : le trompettiste Keyon Harrold, au Duc des Lombards, à Paris, du 17 au 19 avril 

   


Trompettiste qui a accompagné sur disque ou lors de tournées des vedettes du r’n’b, du hip hop ou de la soul actuelle (Jay-Z, Beyoncé, Rihanna, Eminem, Mary J. Blige, Erykah Badu, Maxwell, Common…) mais qui a aussi fait son apprentissage dans des formations de jazz de grande rigueur (le Count Basie Orchestra, les groupes de Roy Hargrove, Billy Harper…), Keyon Harrold, né en 1980, a fait ses débuts dans les années 2000. C’est pourtant ces derniers temps qu’il suscite l’excitation dans la presse musicale aux Etats-Unis, au rayon des « nouveaux artistes sur lesquels il faudra compter », en raison de la sortie, fin septembre 2017, d’un deuxième album en leader, The Mugician (Mass Appeal Records-Legacy/Sony Music).
On y entend un son de trompette qui rappelle celui de Miles Davis, des croisements entre le jazz, le rock, le funk, le reggae, le rap, des arrangements de cordes, avec de nombreux invités dont Gary Clark Jr., Bilal et Robert Glasper. Keyon Harrold vient présenter son album en Europe lors d’une courte tournée, commencée le 10 avril et qui devrait se terminer le 21. Avec passage, trois soirs de suite, au Duc des Lombards, à Paris, avec son groupe composé du pianiste Shedrick Mitchell, du guitariste Nir Felder, du bassiste Burniss Travis et du batteur Charles Haynes. S. Si.
Duc des Lombards, 42, rue des Lombards, Paris 1er. Mo Châtelet, Les Halles. Tél. : 01-42-33-22-88. Du mardi 17 au jeudi 19 avril, à 19 h30 et 21 h 30. De 28 € à 35 €, formules avec boisson et restauration de 44 € à 87 €.
A RÉSERVER : Download Festival, à Brétigny-sur-Orge, du 15 au 18 juin 

   


En juin 2017, sous un soleil de plomb et de décibels, la deuxième édition française du Download Festival avait rassemblé avec succès 120 000 spectateurs sur l’ancienne base aérienne 217 de Brétigny-sur-Orge (Essonne). Pour cette édition 2018, prévue du 15 au 18 juin, la manifestation rock, alternatif et métal, organisée par Live Nation France, filiale hexagonale du numéro 1 mondial de la production de concerts, compte bien franchir le palier symbolique des 150 000 spectateurs. Grâce notamment à une programmation qui s’étend désormais sur quatre jours et accueillera plus de 70 artistes sur 5 scènes.
Avec, bien sûr, des têtes d’affiche à la hauteur de l’attente, à commencer par le légendaire “Madman” Ozzy Osbourne (le 15) recordman des tournées d’adieu depuis 1992 et son No More Tour ; l’autre prince des ténèbres Marilyn Manson (le 16), les très populaires Foo Fighters emmenés par Dave Grohl (le 17) et le retour de Guns N’Roses après leur passage au Stade de France l’été dernier (le 18). Mais aussi les punks californiens de The Offspring et les furieux Scandinaves The Hives, les vétérans hexagonaux nu métal Mass Hysteria, celui plus cérébral de Meshuggah et Opeth, les références hardcore Converge, ou encore les bêtes de scène Frank Carter & The Rattlesnakes et Turbonegro… L’organisation promet une nouvelle scénographie toujours inspirée par le thème de l’aéronautique, ainsi qu’un espace ombragé muni d’arrosages, pour palier à une éventuelle canicule. F. C.
Download Festival 2018 à la Base aérienne 217 de Brétigny-sur-Orge/Le Plessis-Pâté (Essonne), du vendredi 15 au lundi 18 juin. Forfaits 1 jour 69 €, 3 jours 165 €, 4 jours 224 €. Camping sur place : 5 €. Transport : RER C (30 minutes de Paris). Des navettes gratuites seront mises en place pour aller et revenir de la base aérienne depuis la gare.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Notre choix du soir. Pour ce deuxième volet de la collection « C’était écrit », Bruce Toussaint analyse l’échec de la candidate du FN lors de la présidentielle de 2017.
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TV – « C’était écrit : les dix derniers jours de Marine Le Pen »

Notre choix du soir. Pour ce deuxième volet de la collection « C’était écrit », Bruce Toussaint analyse l’échec de la candidate du FN lors de la présidentielle de 2017.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 18h00
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur France 5 à 20 h 55



Marine Le Pen-Emmanuel Macron. Ce 3 mai 2017, l’affiche est, à plus d’un titre, inédite. Au-delà des programmes, le style des duellistes promet une confrontation électrique, sinon détonante. Sur ce point, le débat qui oppose, à trois jours du second tour de la présidentielle, les deux prétendants à l’Elysée, ne va pas décevoir. Mieux, il va offrir aux seize millions de téléspectateurs réunis devant leur écran un nouveau coup de théâtre, au terme d’une campagne qui n’en a pas été avare.
En effet, lors des deux heures d’affrontements, ils vont assister en direct au naufrage de la candidate du Front national qui, par sa stratégie agressive, ses outrances, son impréparation conduisant à des erreurs grossières – lui faisant confondre les dossiers SFR et Alstom –, va saborder une campagne jusqu’alors menée sans faux pas.
Après la débâcle de François Fillon, Bruce Toussaint a choisi de se pencher sur le parcours de Marine Le Pen pour ce deuxième numéro de « C’était écrit ». Plus précisément, il s’attache à retracer les dix derniers jours de campagne de la présidente du FN et à en décrypter « la mécanique cachée », par un utile jeu de retours en arrière.
La statue du commandeur
De sa victoire en demi-teinte le 23 avril à sa défaite le 7 mai, de ses multiples coups de barre à gauche – avec, notamment, sa visite surprise à l’usine Whirlpool d’Amiens – puis à droite – symbolisé par son alliance avec Nicolas Dupont-Aignan, le président de Debout la France ! –, au risque de donner le tournis à ses électeurs, les différentes étapes de cette déroute sont scandées et commentées par les principaux protagonistes. A commencer par celui dont l’ombre, telle la statue du commandeur, n’aura cessé de planer – sinon de hanter – le parcours politique de la candidate : Jean-Marie Le Pen.
A travers ce nœud filial qui double le récit pour mieux l’éclairer, Bruce Toussaint analyse, entre autres, la tentative de dédiabolisation du parti qui a conduit à l’exclusion de son fondateur et par là même à un refroidissement avec la base, mais aussi la relation quasi fusionnelle entretenue avec Florian Philippot. Relation qui s’achèvera par une défaite, dont tous ici – ou presque –, entre fiel, rancœur et amertume, reconnaissent leur responsabilité.
C’était écrit : les dix derniers jours de Marine Le Pen, de Bruce Toussaint et Yannick Adam de Villiers (Fr., 2018, 90 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Le cinéaste italien est mort à Rome à l’âge de 88 ans. Il a écrit avec son frère Paolo certaines des plus belles pages du cinéma italien, dans une œuvre atypique qui mêle histoire, psychanalyse et poésie.
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Le cinéma italien dit adieu à Vittorio Taviani, indissociable de son frère Paolo

Le cinéaste italien est mort à Rome à l’âge de 88 ans. Il a écrit avec son frère Paolo certaines des plus belles pages du cinéma italien, dans une œuvre atypique qui mêle histoire, psychanalyse et poésie.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 07h29
   





                        


Le cinéaste italien Vittorio Taviani est mort à Rome à l’âge de 88 ans. Il a écrit avec son frère Paolo certaines des plus belles pages du cinéma italien, dans une œuvre atypique qui mêle histoire, psychanalyse et poésie.

        Lire la nécrologie :
         

          Vittorio Taviani, moitié d’une fratrie emblématique du cinéma italien, est mort



« Le cinéma est ma vie parce que, sinon, je serais seulement un fantôme et tous les rapports avec les autres se dissoudraient dans le brouillard », disait Vittorio Taviani, indissociable de son frère Paolo, de deux ans son cadet.
Un duo unique (avec peut-être les frères Dardenne) qui parlait toujours d’une même voix et écrivait à quatre mains ses colères, ses indignations, mais aussi son amour de l’art et de la beauté.
« Nous ne voyons pas comment nous pourrions travailler l’un sans l’autre. (…) Tant que nous pourrons mystérieusement respirer au même rythme, nous ferons des films ensemble », affirmaient les deux cinéastes qui, en 1977, se comparaient au café au lait : « impossible de dire où finit le café et où commence le lait ! »
Fortement inspirés par le maître du néoréalisme Roberto Rosselini, mais aussi par Vittorio De Sica, les deux frères, fils d’un avocat antifasciste, se sont intéressés dès leurs débuts, dans les années 1960, aux thèmes sociaux. Et leur cinéma s’est vite distingué par un style singulier où se mêlent histoire, psychanalyse et poésie.

        Lire la critique de « Contes italiens » :
         

          Les frères Taviani dans les pas de Pasolini et Boccace



« Un jour triste pour la culture »
« C’est un jour triste pour la culture, un des plus grands maîtres de notre cinéma s’en va », a déclaré dans un communiqué le ministre italien de la culture, Dario Franceschini.
« Don, bonté, humilité. Classe. L’homme à la casquette, qui le distinguait de Paolo. Je peux dire avec Scola : Nous nous sommes tant aimés. La Nuit de San Lorenzo est leur chef-d’œuvre », a réagi sur Twitter Gilles Jacob, ancien président du Festival de Cannes.
Après une série de documentaires, les frères Taviani réalisent leur premier long-métrage : Un homme à brûler (1962), qui raconte l’histoire d’un syndicaliste marxiste en lutte contre la mafia sicilienne.
Ils s’emparent l’année suivante du thème du divorce avec la comédie Les Hors-la-loi du mariage, interprété par Ugo Tognazzi et Annie Girardot, avant de réaliser Sous le signe du scorpion, une allégorie des événements de l’année 1968.
Ce n’est qu’en 1974, avec Allonsanfan, évocation de l’Italie post-napoléonienne et de l’échec des troubles révolutionnaires qui éclatèrent à l’époque, qu’ils obtiennent leur premier succès international.
Beaucoup de leurs films sont inspirés d’œuvres littéraires : Les Affinités électives, adaptées de Goethe, ou Padre padrone tiré du roman éponyme de Gavino Ledda, qui raconte la rude destinée d’un enfant sarde, élevé par un berger.
La Palme d’or pour « Padre padrone »
Présenté au festival de Cannes où il suscite une polémique en raison de sa dureté, Padre padrone n’en reçoit pas moins la Palme d’or. Le thème de l’enfance est également au cœur de La Nuit de San Lorenzo (1982, grand prix spécial du jury de Cannes).
Vittorio et Paolo se rendent cinq ans plus tard aux Etats-Unis, où ils tournent Good Morning Babylon, peinture satirique de Hollywood.
Grands admirateurs du dramaturge et romancier sicilien Luigi Pirandello, ils adaptent plusieurs de ses récits dans Kaos, film surréaliste en deux volets en forme de réflexion sur les désordres et la cruauté de la vie, qui dénonce le fascisme et la mafia.
Après un retour au documentaire avec Un autre monde est possible, tourné lors du G8 de Gênes (2001) avec le cinéaste Gillo Pontecorvo, qui dénonce les effets dévastateurs de la mondialisation, ils reviennent à la fiction avec Le Mas des alouettes (2007).
En 2012, avec César doit mourir, ils racontent l’univers carcéral autrement, à travers la préparation d’une pièce de Shakespeare dans la prison romaine de Rebibbia.
Le film, récompensé par l’Ours d’or à Berlin, raconte comment des détenus se libèrent de leurs geôles grâce à l’art mais prennent en même temps conscience de leur enfermement. « Jamais on ne capitule. On dit qu’en vieillissant on est plus généreux, plus tolérant. C’est faux. Nous avons toujours le même instinct de rébellion », disaient-ils à l’époque.
Pour la première fois en un demi-siècle, Paolo réalisera seul son premier long-métrage en 2017, Une affaire personnelle, histoire d’amour sur fond de résistance dans le Piémont de 1943.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Sara Danius, la secrétaire perpétuelle de l’institution qui attribue le prix Nobel de littérature, a été évincée par ses collègues.
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L’Académie suédoise s’enfonce dans la crise

Sara Danius, la secrétaire perpétuelle de l’institution qui attribue le prix Nobel de littérature, a été évincée par ses collègues.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 16h53
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

La crise qui secoue l’Aca­démie suédoise, chargée d’attribuer le prix Nobel de littérature depuis 1901, a atteint un nouveau paroxysme, jeudi 12 avril. A la sortie de la réunion hebdomadaire des Immortels, dans les locaux l’ancienne Bourse située au cœur de Stockholm, Sara Danius, la secrétaire perpétuelle de l’institution depuis 2015, a annoncé devant un parterre de caméras et de micros qu’elle venait d’être démise de ses fonctions.

Une annonce qui a secoué. « On pensait qu’on avait touché le fond, remarque Lisa Irenius, chef des pages culture du quotidien Svenska Dagbladet. Et pourtant, les choses ne font qu’empirer. » Le premier ministre suédois, Stefan Löfven, a même enjoint aux académiciens de se ressaisir, rappelant que le Nobel et l’Académie étaient « très importants pour la Suède » et qu’il était « indispensable que l’institution fonctionne ».

L’affaire a débuté le 21 novembre 2017, avec la publication, dans le quotidien Dagens Nyheter, des témoignages de dix-huit femmes accusant une « personnalité culturelle de premier plan » de viols et d’agressions sexuelles. En cause, le Français Jean-Claude Arnault, 71 ans, né à Marseille, et mari de l’académicienne Katarina Frostenson. Ensemble, ils dirigent le Forum, un lieu d’événements culturels très prisé de l’élite stock­holmoise, en partie financé par des subventions versées par ­l’Académie. Selon Dagens Nyheter, M. Arnault aurait également ébruité les noms de plusieurs lauréats du prix Nobel avant qu’ils ne soient rendus publics et se serait vanté du rôle qu’il aurait joué dans leur sélection.

Faire la lumière
A la suite de ces révélations, la secrétaire perpétuelle de l’Académie, Sara Danius, a demandé à un cabinet d’avocats stockholmois de faire la lumière sur les relations entre le Français et les académiciens. Si leurs conclusions n’ont pas été rendues publiques, Mme Danius...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ A voir. Cinquante ans après Mai 68, étudiants, policiers, journalistes et autres témoins reviennent sur ce mois qui secoua la France (sur TF1 à 13 h 30).
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TV – « Avoir 20 ans en 68 »

A voir. Cinquante ans après Mai 68, étudiants, policiers, journalistes et autres témoins reviennent sur ce mois qui secoua la France (sur TF1 à 13 h 30).



Le Monde
 |    15.04.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 12h37
    |

            Renaud Machart








                        


Reportage sur TF1 à 13 h 30

   


Al’heure où le cinquantenaire des événements de Mai 68 est célébré par de nombreux programmes télévisés, ce numéro de « Grands reportages », Avoir 20 ans en 68, diffusé dans la foulée du journal de 13 heures, pourrait disparaître dans la masse. Mais il prend un biais qui n’est pas ordinaire, laissant la parole aux anciens contestataires, mais aussi à la police, aux journalistes, à des membres de la Croix-Rouge, à des ouvriers et des témoins « anonymes ». Ils avaient tous, à l’époque, plus ou moins 20 ans.
Les grandes lignes de Mai 68 sont rappelées, du 22 mars – les événements démarrent à l’université de Nanterre – jusqu’à la Pentecôte, quand tout le monde part se mettre au vert après ces semaines de grève et de combats de rue qui firent du Quartier latin, à Paris, un « véritable champ de désolation ». Ce seront, rappelle Charles Diaz, historien de la police, 2,5 millions de nouveaux francs (une somme colossale) de dégâts chiffrés par la Mairie de Paris : 200 arbres détruits, 10 000 mètres carrés de pavés arrachés, des vitrines brisées, des voitures incendiées, etc.
Du sang et des larmes
Les affrontements auront été rudes, même si le préfet de police, Maurice Grimaud, avait demandé qu’on évite la violence. Pour lui, « taper un manifestant au sol était contraire à l’honneur de la police et contre-productif », rappelle l’historien. Gilles Schneider, alors journaliste à Europe 1, qui diffusait en direct depuis la Citroën DS break de la station ses reportages, décrit le préfet comme un « homme très chaleureux, très à l‘écoute, pour l’apaisement. »
Pourtant, les CRS tapaient dur – ce dont témoignent les nombreuses archives filmées. La journaliste Annette Lévy-Willard raconte que, selon elle, les CRS « étaient complètement beurrés… Ils attendaient pendant des heures dans leurs cars et on les arrosait, comme en 14-18 ».
Un ancien CRS, 27 ans à l’époque, détaille la maigre protection de sa tenue et évoque les clavicules cassées dans les rangs policiers. « Le sang et les larmes étaient partout », se souvient un jeune membre de la Croix-Rouge, 18 ans tout juste lorsqu’il fut dépêché pour soigner les blessés (3 000 recensés en 31 jours d’affrontements).
Souvenirs doux-amers
Certains anciens de Mai 68 retournent sur les lieux de leur repliement : dans cette salle de classe de la Sorbonne qui servait de dortoir, de cuisine et de QG, ou dans la cour de l’établissement, une véritable « foire » où tout le monde parlait à tout le monde.
Ou presque : Annette Lévy-Willard se souvient que les filles s’étaient senties mises à l’écart par les garçons, qui dominaient les débats. D’où la création, dans le sillage de Mai 68, du Mouvement de libération des femmes (MLF).
Les anciens de Mai 68 interrogés dans ce documentaire gardent un souvenir doux-amer de cette période. « On ne savait pas trop où cela nous menait, mais on savait qu’il y aurait un avant et un après », dit cette ancienne étudiante de la Sorbonne. Cependant, ajoute Annette Lévy-Willard, « si l’on a beaucoup rigolé, la gueule de bois a été lourde »…
Plus encore quand les étudiants, lâchés par les ouvriers (qui avaient obtenu gain de cause pour leurs revendications syndicales, essentiellement salariales) dont ils espéraient le ralliement idéologique, ont vu la grande manifestation du 30 mai en faveur du général de Gaulle leur signifier que le changement n’était pas tout à fait pour maintenant.
Avoir 20 ans en 68, de Philippe Poiret (Fr., 2018, 60 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Je ne serais pas arrivée là si… « La Matinale du Monde » interroge une personnalité en partant d’un moment décisif de son existence. Cette semaine, Rossy de Palma raconte comment et pourquoi elle est devenue actrice.
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Rossy de Palma : « La sororité nous donne des ailes »

Je ne serais pas arrivée là si… « La Matinale du Monde » interroge une personnalité en partant d’un moment décisif de son existence. Cette semaine, Rossy de Palma raconte comment et pourquoi elle est devenue actrice.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 07h24
    |

            Annick Cojean








                        



                                


                            

Egérie du cinéaste espagnol Pedro Almodovar et artiste engagée, l’actrice Rossy de Palma participait récemment à Lausanne au programme « Women in motion » lancé par Kering, pour mettre en lumière la contribution des femmes au cinéma. Attendue dans trois films (dont L’homme qui tua Don Quichotte, de Terry Gilliam), elle évoque ici son parcours et son credo féministe.
Je ne serais pas arrivée là si…
Si je n’avais pas fait preuve d’audace et même de rébellion. Oser ! Je crois que c’est vraiment ce qui me caractérise. Oser sortir des rails. Oser remettre en cause l’ordre établi. Oser refuser le packaging de la vie tel qu’on nous le propose. Oser transformer les choses à ma convenance plutôt que de me couler dans le moule. Prendre mes droits, tous mes droits, sans demander la permission, et inventer ma vie. Sans subir !
Un souvenir de rébellion dans l’enfance ?
Plein ! Je ne supportais pas l’injustice et je montais au créneau, pour d’autres enfants, pour les animaux. Je me forçais à ne pas avoir peur de dire ce que je pensais, je n’ai jamais suivi le courant. Ma mère me dit que j’étais douce et aimable. Mais ça allait de pair avec un caractère têtu et observateur qui remettait tout en question. Déjà, un attrait pour la complexité.
Votre mère était-elle un modèle de ce point de vue ?
Elle était moderne et très cultivée par rapport à mon père. C’est même elle qui lui a appris à lire, lui qui avait grandi tout seul, sans connaître son père, petit gardien de vaches dans la montagne des Asturies, au nord de l’Espagne. A 14 ans, il avait remarqué des maçons qui construisaient une maison et s’était dit que ce métier était à sa portée. Eh bien, à 18 ans, c’était fait : il commandait des ouvriers de 40 ans, portait un costume, conduisait une moto et gagnait sa vie. C’était un bosseur et il s’est vite installé à Majorque pour suivre le boom de l’immobilier. Je ne l’ai jamais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Quatre-vingts ans qu’il dessine ! Mais le génial auteur des « Trois Brigands » entend bien ne jamais devenir adulte. En témoigne le petit manuel intitulé « Ni oui ni non ».
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Tomi Ungerer, éternel Peter Pan

Quatre-vingts ans qu’il dessine ! Mais le génial auteur des « Trois Brigands » entend bien ne jamais devenir adulte. En témoigne le petit manuel intitulé « Ni oui ni non ».



Le Monde
 |    15.04.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 12h34
    |

                            Florence Noiville








                        



                                


                            

Au figuré comme au propre, Tomi Ungerer est grand. « Je survole mes pieds », dit-il en plaisantant. Il assure pourtant qu’il souffre d’un « complexe d’infériorité ». Lui, « Ingérère », comme l’appelait jadis un de ses professeurs, l’un des esprits les plus originaux de sa génération ! Lui qui sait tout faire, dessiner, écrire, caricaturer, peindre, sculpter, fabriquer des affiches, réaliser des collages, inventer des objets, jongler avec les langues (il parle et écrit, selon les occasions, en allemand, français ou anglais) et même élever des moutons au fin fond de l’Irlande, où il vit depuis plus de quarante ans ! Un complexe d’infériorité ? « Oui, oui… vous pouvez me croire, dit-il avec son accent alsacien. C’est peut-être le fait de ne pas avoir de bachot. C’est pour ça aussi que je me suis essayé à tant de styles. Je n’étais jamais satisfait. »
L’âge ne lui apporte aucune sérénité
Aujourd’hui, alors qu’il va sur ses 87 ans et qu’il collectionne les honneurs – il a même, fait rarissime pour un artiste vivant, inauguré son propre musée, à Strasbourg, en 2007 –, est-il enfin content ? Oui et non. Oui, parce qu’il a compris qu’une œuvre parfaite n’avait « pas d’âme », qu’elle était « stérilisée par sa perfection ». Et non, parce que l’âge ne lui apporte aucune sérénité. De son propre aveu, l’auteur des Trois ­Brigands et du Géant de Zeralda (L’Ecole des loisirs, 1968 et 1971) est toujours dans l’insécurité. Sans cesse, il veut qu’on le rassure, qu’on lui répète que ce qu’il fait est bien et qu’on l’aime. Comme un enfant inquiet.
C’est d’ailleurs ce que dit de lui sa femme. Qu’il n’a jamais grandi. « Elle parle à mon propos d’“arrested ­development”. Une expression utilisée en psychologie pour décrire un état mental non pas arriéré mais, disons, arrêté », ­explique-t-il. « Elle a raison. Je ne deviendrai jamais adulte… »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Pionnier de la musique ancienne et représentant du courant des « Baroqueux », il s’est éteint à l’âge de 77 ans.
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Jean-Claude Malgoire, hautboïste et chef d’orchestre, est mort

Pionnier de la musique ancienne et représentant du courant des « Baroqueux », il s’est éteint à l’âge de 77 ans.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 22h07
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 11h08
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            Renaud Machart








                        



   


Bon vivant à l’accent méridional, barbu jovial à l’indévissable pipe, excellent cuisinier dont la table était réputée (sa fameuse daube…) et, avant tout, grand musicien, le hautboïste et chef d’orchestre Jean-Claude Malgoire est mort brutalement des suites d’une complication post-opératoire dans la nuit du 13 au 14 avril, à l’âge de 77 ans, à l’Institut mutualiste Montsouris, à Paris.
Sur le réseau social Twitter, le violoniste italien Enrico Gatti, entre autres nombreux témoignages, a adressé « une pensée pleine de respect envers l’un de nos pères ». Car Jean-Claude Malgoire fut, en France, avant la généralisation de la pratique historicisante de la musique ancienne, un pionnier décisif, au concert et au disque (pour le grand label CBS).
Aîné de quatre ans de William Christie et de sept ans de Philippe Herreweghe, deux autres grands noms de ce courant d’interprétation en France qu’on surnommera bientôt « les Baroqueux », Jean-Claude Malgoire, né en Avignon le 25 novembre 1940, sera le nom le plus couramment associé à cette pratique pendant une bonne quinzaine d’années, entre la fondation, en 1966, de son orchestre La Grande Ecurie et la chambre du roy, et l’émergence de ses deux collègues au début des années 1980.
« Il découvre avec fascination la classe de hautbois »
Le jeune Malgoire entre au Conservatoire d’Avignon : « Refoulé par un professeur de violon déjà assailli de postulants, il découvre avec fascination, au détour de ses déambulations, la classe de hautbois de Marien Cassan », écrit Virginie Schaefer-Kasriel dans le livre qu’elle a consacré au musicien (Jean-Claude Malgoire, cinquante ans de musiques et d’aventure, Symétrie, 2005).
Admis en 1957 au Conservatoire national supérieur de Paris, il y obtient des premiers prix dans les classes de hautbois et de musique de chambre. Dix ans plus tard, alors que Charles Munch est nommé directeur musical de l’Orchestre de Paris, Jean-Claude Malgoire en devient le cor anglais solo – un hautbois alto, d’une quinte plus grave.
En 1971, Jean-Claude Malgoire est invité par le critique musical du Figaro et producteur de télévision Bernard Gavoty à participer à un numéro d’« Au cœur de la musique », une émission où Malgoire fait non seulement entendre le cor anglais – il joue magnifiquement le solo de Tristan et Isolde, de Wagner –, mais aussi toute une série d’instruments à anches anciens.
Car, au même moment, il se fait connaître à la tête de ses ensembles La Grande Ecurie et la chambre du roy et le Florilegium Musicum de Paris, plus spécifiquement dédié à la musique médiévale, où il joue toutes sortes d’instruments à vent anciens.
Musique médiévale, cantates, musique contemporaine…
Au début des années 1970, Jean-Claude Malgoire organise à la Conciergerie, à Paris, sur les bords de Seine, une série de concerts avec ce dernier ensemble. Aucune publicité, mais le bouche-à-oreille fonctionne : « Il y avait la queue jusqu’au Châtelet ! » dira-t-il au micro de Benjamin François à l’occasion d’une série de « Grands Entretiens » pour France Musique, en mars.
« On jouait de tout, de la musique médiévale, des cantates de Bach et aussi de la musique contemporaine : Georges Aperghis a écrit pour nous. On a joué aussi une pièce de Monnet », poursuivait Malgoire au cours de cet entretien, faisant allusion, au détour d’un jeu de mots, au compositeur Marc Monnet.
Parallèlement, Jean-Claude Malgoire, qui intègre en 1972 l’ensemble de musique contemporaine 2E2M, se dédie aux œuvres de son temps. Il assure la création française de la Sequenza pour hautbois solo de Luciano Berio. Avec la claveciniste et pianiste Danièle Salzer (qui collabore à ses ensembles d’instruments anciens) et le harpiste Francis Pierre, Malgoire grave, pour CBS, un disque intitulé Le Hautbois moderne, avec des pièces d’avant-garde contemporaine.
Il quitte l’Orchestre de Paris pour se consacrer à la direction de La Grande Ecurie, qui devient un ensemble réputé auquel la grande maison de disques demande d’enregistrer de nombreux albums de répertoire médiéval, Renaissance ou baroque. Ce seront notamment de nombreuses intégrales d’opéras de Haendel, avec de grands noms du chant, mais aussi Alceste de Lully, le premier enregistrement sur instruments anciens des Indes galantes de Rameau et celui du fameux Te Deum de Marc-Antoine Charpentier, etc.
Un chef autodidacte
En 1981, Jean-Claude Malgoire prend la tête d’une nouvelle structure, l’Atelier lyrique de Tourcoing, qu’il décrivait comme « un opéra d’art et d’essai, comme on dit au cinéma ». Il y aborde un très vaste répertoire, la musique ancienne, bien sûr, mais aussi Mozart, Rossini, Debussy, Mère Courage, de Paul Dessau, ou L’Opéra de quat’sous, de Kurt Weill.
Il fait confiance aux jeunes et confie leurs premiers rôles à des chanteurs aujourd’hui célèbres mais à l’époque débutants sur scène : la soprano Véronique Gens ou les contre-ténors Philippe Jaroussky et Dominique Visse, entre autres nombreux exemples. C’est dans le cadre de cette structure que Jean-Claude Malgoire aura fait sa dernière apparition publique, en mars, en dirigeant Pelléas et Mélisande, l’opéra de Claude Debussy, qu’il adorait.
Jean-Claude Malgoire était un chef autodidacte qui disait avoir beaucoup appris en observant les chefs venus diriger l’Orchestre de Paris quand il en était membre. Il pouvait parfois faire montre d’une direction brouillonne, mais sa profonde musicalité, son enthousiasme communicatif donnaient souvent à ses interprétations une qualité sans pareille.
En conclusion de leurs entretiens pour France Musique, Benjamin François demandait à Jean-Claude Malgoire quel souvenir il aimerait qu’on garde de lui : « Je voudrais qu’on se souvienne de moi comme du personnage principal du film Il Postino. Il voit, au moment des élections, un bateau passer et faire de la retape pour la droite et crie : “Je suis communiste !” Eh bien, moi, je suis musicien ! »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Une riche exposition propose une lecture de la révolte estudiantine qui a fortement marqué l’histoire contemporaine et dont l’écho résonne encore aujourd’hui.
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