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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Le patron d’Idea Cellular fusionne sa société avec Vodafone India pour donner naissance au deuxième groupe de télécoms au monde, derrière China Mobile. Membre de la vieille noblesse du Rajasthan, il a transformé l’entreprise familiale du textile en vaste conglomérat.
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Kumar Mangalam Birla, Sa Majesté des télécoms

Le patron d’Idea Cellular fusionne sa société avec Vodafone India pour donner naissance au deuxième groupe de télécoms au monde, derrière China Mobile. Membre de la vieille noblesse du Rajasthan, il a transformé l’entreprise familiale du textile en vaste conglomérat.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 15h00
    |

                            Guillaume Delacroix








                        



                                


                            

Portrait. L’Inde, fébrile, se prépare à un combat de milliardaires comme elle en a rarement connu : la guerre des titans des télécoms. Mukesh Ambani, première fortune du sous-continent, à la tête de l’empire Reliance et d’un patrimoine estimé par le magazine américain Forbes à 41 milliards de dollars (33 milliards d’euros), s’apprête à croiser le fer avec Kumar Mangalam Birla, patron du conglomérat Aditya Birla et héritier d’une dynastie dont la richesse dépasse 11 milliards de dollars (9 milliards d’euros).

D’un côté, l’archétype du nouveau riche, perché au sommet d’une tour de 173 mètres au cœur de Bombay, sur les hauteurs de Breach Candy, qui toisent avec arrogance la mer d’Arabie. De l’autre, l’incarnation de la vieille noblesse du Rajasthan, caché dans une villa de trois étages posée à quelques dizaines de mètres de là, ombragée chaque jour par le gratte-ciel de son meilleur ennemi. La quintessence du bling-bling contre un survivant princier de feu l’empire des Indes. Les paparazzis vont se régaler…
C’est Ambani, présent dans la sidérurgie, le pétrole et la grande distribution, qui a lancé les hostilités en septembre 2016, en créant de toutes pièces un opérateur à prix cassés, Jio. Six mois plus tard, Birla, patron d’Idea Cellular, numéro trois en Inde, ripostait en déclarant sa flamme au numéro deux, Vodafone India. Son idée ? Couper l’herbe sous le pied de Jio le challenger, et sous celui du numéro un, Bharti Airtel, en constituant un mastodonte au chiffre d’affaires de 1 550 milliards de roupies (19,5 milliards d’euros).
410 millions d’abonnés
La fusion d’Idea Cellular et de Vodafone India doit accoucher du deuxième plus grand groupe de télécoms au monde, derrière China Mobile, avec plus de 410 millions d’abonnés. Les deux opérateurs capteront 41 % des revenus du marché indien. Kumar Mangalam Birla, « KMB » pour les intimes, l’a annoncé le 6 avril : il en sera le président.
« En bon monarque,...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Pour forcer les opérateurs à diminuer le coût pour l’Etat des futurs parcs éoliens en mer, l’exécutif menace d’annuler les appels d’offres à l’été si aucun accord n’est trouvé.
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Eoliennes offshore : le gouvernement maintient la pression sur la filière

Pour forcer les opérateurs à diminuer le coût pour l’Etat des futurs parcs éoliens en mer, l’exécutif menace d’annuler les appels d’offres à l’été si aucun accord n’est trouvé.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 14h30
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


Trois mois pour négocier. Après plusieurs mois de tergiversations, le gouvernement a finalement mis au point sa stratégie sur l’éolien en mer. « Une négociation va s’engager dans les prochains jours avec les lauréats pour faire baisser les coûts », explique-t-on au ministère de la transition écologique et solidaire. « Ce sera aux professionnels de faire des propositions », prévient-on. Mais si les coûts des projets restent élevés, le gouvernement menace d’annuler purement simplement les appels d’offres octroyés en 2012 et 2014 et d’en relancer de nouveaux sur les mêmes zones.
Pour comprendre cet imbroglio, il faut revenir au lancement de ces premiers appels d’offres offshore en France, en 2011 : trois sont remportés par EDF, allié à Alstom (dont la branche énergie est devenue General Electric), et l’un par l’espagnol Iberdrola. En 2014, Engie et Siemens remportent un autre projet au large du Tréport (Seine-Maritime). A l’époque, le secteur est enthousiaste et affiche son optimisme. Mais les recours se multiplient, le cadre réglementaire n’est pas prêt, les autorisations tardent à venir. Les projets s’embourbent. Tous accusent d’importants retards et aucun ne devrait voir le jour avant 2020, voire 2021.
La France apparaît très à la traîne vis-à-vis de ses voisins : alors que plus de 4 000 éoliennes en mer tournent en Europe et que le pays possède la première façade maritime du continent, l’Hexagone ne compte toujours aucune éolienne offshore en activité.

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« Des baisses de tarifs significatives »
Non seulement tout a pris du retard, mais en outre, les coûts de l’offshore ont drastiquement baissé ailleurs en Europe, particulièrement en Allemagne et au Danemark. Le gouvernement d’Edouard Philippe a pris acte des délais mais estime maintenant que les porteurs de projets doivent accepter de baisser leurs tarifs de rachat.
Elément essentiel : à l’époque, les appels d’offres ont été attribués à des tarifs d’électricité avoisinant les 190 euros le mégawattheure. Autrement dit : l’Etat s’engage à racheter à ce prix extrêmement élevé – six fois plus que le tarif moyen du marché – sur une période de vingt ans, pour soutenir la création d’une filière naissante. Les tarifs ont depuis chuté en Europe : au Royaume-Uni ou en Allemagne, ils se situent aujourd’hui aux environs de 60 euros le MWh.
« On s’attend à des baisses de tarifs significatives compte tenu de celles observées ailleurs en Europe », dit-on au gouvernement. Mais cette comparaison est à relativiser : les projets plus anciens lancés en Allemagne ou au Royaume-Uni, actuellement en cours de construction, l’ont été à des coûts moyens de 160 à 180 euros le MWh, ce qui est « cohérent » avec les prix français, assure le Syndicat des énergies renouvelables (SER).

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« Utiliser le même argent pour en faire plus »
« On ouvre enfin les négociations », se réjouit Jean-Louis Bal, président du SER. « Mais c’est le seul aspect positif : les prix annoncés en Europe du Nord ne concernent pas des projets qui se réalisent actuellement et sont basés sur des éoliennes qui n’existent pas. Si cela aboutissait à remettre en cause tous les projets, la filière industrielle serait anéantie, les usines existantes devraient licencier », prévient-il. Selon le SER, cette filière pourrait générer plus de 15 000 emplois à terme.

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Le gouvernement assure qu’il est déterminé à ce que ces parcs éoliens voient le jour et qu’il souhaite soutenir cette filière industrielle. « Il faut faire plus d’énergies renouvelables avec les mêmes moyens. Il faut utiliser le même argent pour en faire plus », assurait fin mars le ministre de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, au Forum de la transition énergétique des Echos. « C’est une méthode de négociation très ferme », s’inquiète-t-on chez un des porteurs de projet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Les personnes expulsées peuvent prétendre à s’installer sur d’autres terres. Mais que se passera-t-il si certains ne saisissent pas cette opportunité ?
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Notre-Dame-des-Landes : l’ultimatum du 23 avril, nouveau « compte à rebours infernal »

Les personnes expulsées peuvent prétendre à s’installer sur d’autres terres. Mais que se passera-t-il si certains ne saisissent pas cette opportunité ?



Le Monde
 |    16.04.2018 à 08h53
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 11h48
    |

                            Yan Gauchard (Nantes, correspondant)








                        


Une nouvelle pièce dans la machine et le bras de fer continue. L’Etat exige désormais que les zadistes de Notre-Dame-des-Landes remplissent un formulaire simplifié visant à déclarer leur projet d’activités sur la zone à titre individuel. Un petit pas vers la légalité qui exige de décliner un nom, une note d’intention pour leur future activité et les parcelles nécessaires à leur projet.
Emmanuel Macron a rappelé, dimanche 15 avril, le « cadre républicain » et « l’ordre » qui sera rétabli parce que « la République a besoin d’ordre ». La date butoir du 23 avril est fixée pour accomplir cette démarche, « amorce indispensable au processus de régularisation », selon la préfète de Loire-Atlantique, Nicole Klein.
Les personnes expulsées au cours de la semaine écoulée peuvent prétendre à s’installer sur d’autres terres. Que se passera-t-il si les zadistes ne saisissent pas cette main tendue ? « Je ne veux même pas l’envisager », dit Mme Klein, qui rappelle : « On peut avoir un projet individuel et se regrouper. Cela s’est toujours fait dans l’agriculture. Mais il n’y a pas de coopération sans déclaration individuelle, ça n’existe pas. »
Dénonciation d’un « ultimatum »
Dominique Fresneau, coprésident de l’Acipa, principale association ayant lutté contrer l’ex-projet d’aéroport, appelle l’Etat « au dialogue et à l’apaisement », et refuse le nouveau « compte à rebours infernal imposé. Moi, je n’ai jamais travaillé avec un pistolet sur la tempe, on n’a jamais demandé à un agriculteur de monter un projet en six ou deux mois, il faut du temps. »
Sarah, 29 ans, dénonce cet « ultimatum. Ce n’est pas possible de pondre un projet agricole durant un siège militaire comme celui-là. Et puis nous, habitants de [la ferme des] “100 noms”, on déclare quoi comme parcelle ? Les forces de l’ordre nous ont virés, elles ont tout détruit. » Elle insiste sur la nécessité de négocier : « On n’a pas envie de faire un truc bidon, on a envie d’être vrai, de ne pas se cacher. On va essayer de trouver une manière de se régulariser, mais il faut aussi que les autorités fassent avec qui on est. »
Un autre camarade, installé depuis 2012, souffle : « L’Etat nous met le couteau sous la gorge, avec son formulaire de régularisation à déposer avant le 23 avril. Après la semaine qu’on a vécue, les habitats démolis, il faut entendre qu’on a besoin de temps. On a besoin de temps pour digérer l’intervention, pour se poser et pour se parler. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Alors que Macron a promis que « tout ce qui devra être évacué le sera », plusieurs milliers de personnes se sont rendues sur la ZAD pour contester la méthode employée.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/04/2018
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Le gouvernement embourbé dans le dossier de Notre-Dame-des-Landes

Alors que Macron a promis que « tout ce qui devra être évacué le sera », plusieurs milliers de personnes se sont rendues sur la ZAD pour contester la méthode employée.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 06h36
    |

                            Yan Gauchard (Nantes, correspondant) et 
Pierre Bouvier (Notre-Dame-des-Landes, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (NDDL), l’Etat a décidé de mettre les grands moyens. Deux mille cinq gendarmes mobiles se relaient depuis le 9 avril pour expulser les occupants illégaux et détruire leurs installations sur le site l’aéroport dont le projet a été abandonné le 17 janvier.
C’est à ce déploiement de force qu’ont voulu répondre plusieurs milliers de personnes (3 300, qui ont rejoint les 700 présents sur la zone, selon la préfecture, contre 15 000 à 20 000 annoncés par les organisateurs), dimanche 15 avril.
Mobilisés à l’appel des mouvements opposés à la construction de l’aéroport, ils voulaient reconstruire, symboliquement, une cabane. « Ils détruisent, nous reconstruisons » était l’un des nombreux slogans lancés par les participants à cette journée.
Il n’est pas certains que leur message ait été entendu. Le président de la République a expliqué, dimanche soir, lors d’une interview à BFMTV et Mediapart : « tout ce qui devra être évacué le sera » sur la ZAD, à l’issue du délai de régularisation fixé au 23 avril laissé par le gouvernement aux occupants illégaux.
Etre présents malgré les obstacles
La matinée de dimanche a commencé par sa routine traditionnelle : une incursion des gendarmes vers les barricades, donnant lieu à des échanges tendus, projectiles en tous genres contre grenades lacrymogènes.
Pour cette journée que les organisateurs voulaient pacifique, les gendarmes avaient décidé de tester la détermination des partisans en bloquant le périmètre. Pour rejoindre les pâtures humides, nombreux sont ceux qui se sont infligé une dizaine de kilomètres aller-retour en crapahutant à travers les champs détrempés tout en portant du ravitaillement. Venue du Morbihan, Anita, 61 ans, a fermé la boutique qu’elle tient dans une commune touristique : « C’est le début de la saison, le moment pour remplir le tiroir-caisse, mais je m’en fiche. »
Comme elle, nombreux étaient les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Le projet de loi Pacte, présenté en mai, devrait inclure la redéfinition de l’objet social de l’entreprise. Des sociétés et leurs salariés souhaitent donner plus de sens à leur action… et séduire de nouveaux clients.
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L’avènement des entreprises à mission

Le projet de loi Pacte, présenté en mai, devrait inclure la redéfinition de l’objet social de l’entreprise. Des sociétés et leurs salariés souhaitent donner plus de sens à leur action… et séduire de nouveaux clients.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 17h57
    |

                            Béatrice Madeline








                        



                                


                            

Votre mission, si vous l’acceptez : « Proposer des produits et services pour la maison au bénéfice de l’homme et de la planète. Mobiliser notre écosystème, collaborer et agir pour inventer de nouveaux modèles de consommation, de production et d’organisation. » Depuis novembre 2017, la feuille de route des collaborateurs de la Camif n’est plus seulement de vendre des meubles ou du linge de maison par le biais d’Internet. La Camif est en effet l’une des deux premières entreprises françaises, avec le groupe Nutriset, spécialiste de l’alimentation, à s’être dotées dans leurs statuts d’un « objet social étendu », qui va bien au-delà de l’objectif couramment poursuivi par les firmes : faire des profits.
Ces deux entreprises ont une longueur d’avance. Dans la foulée du rapport rédigé par Jean-Dominique Senard, président du groupe Michelin, et Nicole Notat, ancienne secrétaire générale de la CFDT et présidente de Vigeo-Eiris, le projet de loi Pacte, pour « plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises », qui devrait être présenté en conseil des ministres le 16 mai ou le 23 mai, pourrait comprendre une disposition de taille : la réécriture de l’article du Code civil qui définit l’objet de l’entreprise, afin que celui-ci puisse mieux tenir compte « des enjeux sociaux et environnementaux de son activité ».

Par ailleurs, mais sans qu’il s’agisse d’une obligation, « les statuts [pourraient] préciser une raison d’être dont la société entend se doter pour décrire son activité ». Mais cette mesure mécontente le patronat. « On dépossède les associés et les actionnaires de leurs prérogatives. On prend leurs droits à ceux qui apportent les moyens de production », a même déclaré Jean-Charles Simon, l’un des neuf candidats à la présidence du Medef.
Changement de paradigme
« Pour comprendre pourquoi nous nous sommes lancés dans cette aventure,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Des heurts ont éclaté en fin de matinée dimanche : environ 300 personnes ont tenté de forcer le barrage des forces de l’ordre présentes sur la D81.
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Des milliers de personnes rassemblées sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

Des heurts ont éclaté en fin de matinée dimanche : environ 300 personnes ont tenté de forcer le barrage des forces de l’ordre présentes sur la D81.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 13h06
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 00h22
   





                        



   


Le rassemblement pacifique de soutien aux occupants expulsés s’est déroulé dimanche 15 avril sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes dans un calme relatif, émaillé de quelques heurts dans la matinée, puis plus intense en fin d’après-midi.
Selon la préfecture de Loire-Atlantique, environ 4 000 personnes étaient présentes sur l’ensemble de la zone, au plus fort du rassemblement, essentiellement à l’ouest de la D81 où il se déroulait dans la boue et la bonne humeur. Les zadistes ont annoncé pour leur part « 15 000 à 20 000 personnes », dans un communiqué.

Le rassemblement sur la ZAD : il y a du monde, beaucoup, malgré le terrain détrempé et les embûches pour accéder au… https://t.co/2lTpOms4Xr— pibzedog (@Pierre Bouvier)


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À la ferme de Bellevue, les manifestants ont pique-niqué sur de gros troncs de bois, dans une ambiance champêtre, en dansant au son du biniou et de la guimbarde. Côté « Wardine », près de la D81, des stands d’alimentation bordaient le chemin de Suez, tandis qu’un « camping » improvisé s’était installé avec plusieurs tentes.

La charpente avance, la foule est toujours là, malgré les GM et un camion à eau. #nddl https://t.co/ymZ7Q50H0y— pibzedog (@Pierre Bouvier)


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Dimanche matin, la coordination des opposants avait donné rendez-vous à midi à l’ouest de la D81, qui traverse la ZAD, le long du chemin de Suez. Mais à 11 heures et pendant deux heures, environ 300 personnes, armées notamment de fusées et de cocktail Molotov, ont tenté de forcer le barrage des forces de l’ordre, présentes sur la D81, afin d’aller reconstruire les squats détruits depuis lundi à l’est de cette route. Les gendarmes les ont repoussées avec des grenades lacrymogènes et de désencerclement.
Deux personnes en garde à vue
Deux personnes étaient en garde à vue dimanche pour « jets de projectiles sur des gendarmes » après ces affrontements, selon la cour d’appel de Rennes. Un gendarme a été blessé par « un engin explosif artisanal » et conduit au CHU de Nantes, a annoncé le général Richard Lizurey, directeur général de la gendarmerie nationale.
Si la coordination des opposants appelait à un rassemblement pacifique en soutien aux expulsés, des soutiens aux zadistes avaient, eux, lancé un appel à venir reconstruire les squats détruits. « L’objectif, c’est : pas de reconstruction », a cependant rappelé le général Lizurey.

« Ils détruisent, on reconstruit » #nddl https://t.co/WmuoDPKwdY— pibzedog (@Pierre Bouvier)


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        Lire la chronique :
         

          « L’Etat, monstre froid face aux zadistes »



« On sera là demain »
Un homme de 64 ans, habitué de la ZAD, a expliqué être venu « pour leur montrer qu’on est là et qu’on sera là demain ». « Les flics ne vont pas rester six mois. Les cabanes, on va les reconstruire », a-t-il assuré.
« Les gens qui sont là depuis dix ans sur les terres, il faut leur donner une chance. Quand on commence à discuter, on va jusqu’au bout », a plaidé Patrick, venu de Charente-Maritime avec sa femme.
L’Etat a appelé les occupants de la ZAD, expulsés ou non, à régulariser leur situation avant le 23 avril en déclarant leur nom, leur projet agricole et les parcelles concernées.
« Il faut que la préfecture arrête de mettre un ultimatum. Moi, je n’ai jamais travaillé avec un pistolet sur la tempe. On n’a jamais demandé à un agriculteur de monter un projet en six ou deux mois. Il faut du temps », a rétorqué, dimanche, lors d’un point de presse à Bellevue, Dominique Fresneau, coprésident de l’Acipa, l’association historique d’opposants.
Dominique Fresneau a demandé que la violence cesse « des deux côtés ». « Chaque jour de violence qui passe à NDDL, ce sont des semaines avant de pouvoir se remettre autour de la table », a-t-il rappelé.
29 squats détruits, 2 500 gendarmes mobilisés
L’opération d’expulsion des occupants illégaux de la ZAD a commencé lundi et en trois jours 29 squats ont été détruits. 2 500 gendarmes sont mobilisés. « Le dispositif n’a pas évolué, on adaptera le volume des forces aux besoins du maintien de l’ordre, l’objectif est de tenir le temps qu’il faudra », a considéré le général Lizurey.
Depuis jeudi, les opérations de déblaiement et de maintien de l’ordre se poursuivent, au rythme des affrontements avec les soutiens aux zadistes de plus en plus nombreux, dont des black blocs.
Les gendarmes devraient rester de trois semaines à un mois sur place pour déblayer les parcelles, garantir la libre circulation sur la D281 (l’ex- « route des chicanes ») et la D81 et prévenir toute réoccupation illégale.
A l’issue d’une manifestation de soutien aux expulsés samedi à Nantes, rassemblant 6 700 personnes selon la police, et qui a dégénéré, douze personnes sont en garde à vue dimanche, a précisé la cour d’appel de Rennes.

        Lire aussi :
         

                Notre-Dame-des-Landes : des milliers de manifestants à Nantes en soutien aux zadistes



Quarante-trois personnes étaient aussi en garde à vue dimanche à Montpellier ou une autre manifestation de 1 000 à 2 000 personnes, rassemblant soutiens aux zadistes ou encore aux migrants, avait aussi dégénéré.

        Lire aussi :
         

                Une manifestation contre le gouvernement dégénère à Montpellier






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Ils ont exprimé leur soutien aux occupants illégaux de la « zone à défendre », visée depuis six jours par une opération d’expulsion de la gendarmerie.
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Notre-Dame-des-Landes : des milliers de manifestants à Nantes en soutien aux zadistes

Ils ont exprimé leur soutien aux occupants illégaux de la « zone à défendre », visée depuis six jours par une opération d’expulsion de la gendarmerie.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 19h01
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 11h36
   





                        



   


Des milliers de personnes ont participé, samedi 14 avril à Nantes à deux manifestations, la première, en soutien aux cheminots et à la fonction publique, la seconde, en faveur des occupants illégaux de la « zone à défendre » (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes, visée depuis six jours par une opération massive d’expulsion de la gendarmerie.
Si la première manifestation s’est déroulée dans le calme, celle en soutien aux zadistes a été plus mouvementée. « Ils ont voulu nous enterrer, ils ne savaient pas que nous étions des graines », ou « Libérez nos fossés, expulsez les blindés », proclamaient des pancartes et des banderoles.

Aux abords du château, la situation se tend pour la #manif14avril https://t.co/jSd3mSLo10— pibzedog (@Pierre Bouvier)


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Après un début calme, les CRS ont répondu à des jets de pierres et de fusées de détresse sur leurs camions par un premier tir de gaz lacrymogènes, avant de mettre en action leurs canons à eau. Les éléments les plus radicaux avaient descellé des pavés de la ligne de tramway pour s’en servir comme projectiles.
Paniqué, une partie du cortège, composé de familles, s’est dispersé. Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a dénoncé « fermement les violences commises à Nantes » :
« Leurs auteurs n’ont pour objectif qu’entraver le dialogue en cours avec l’Etat et provoquer nos forces de l’ordre. L’avenir de Notre-Dame-des-Landes se construira dans l’apaisement. Pas dans la violence. »

        Lire aussi :
         

                Notre-Dame-des-Landes : la ZAD se prépare à de nouvelles actions



Après la dispersion de la manifestation, quelques incidents ont eu lieu dans les rues du centre-ville, entre des groupes de jeunes et la BAC. Du mobilier urbain ainsi que des vitrines de commerces et de banques du centre-ville ont été dégradés. Les consommateurs aux terrasses des cafés ont été témoins d’échauffourées, recevant au passage des gaz lacrymogènes. En début de soirée, la police a tweeté : « Derniers groupes à risques dans le centre-ville de Nantes. Nous sommes toujours mobilisés pour protection des biens et des personnes. »

Fin [#Manifestation] en soutien des expulsés de la #ZAD.

— PoliceNat44 (@Police Nationale 44)


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Les organisateurs espéraient réunir 4 000 personnes à cette manifestation encadrée par un millier de policiers, selon une source proche du dossier. Ils étaient finalement entre 6 700, selon la préfecture, et 10 000, selon les organisateurs.
Vers 20 heures, la préfecture annonçait sept interpellations et un blessé parmi les forces de l’ordre.
« Mobilisation policière hallucinante »
Selon les zadistes, les forces de l’ordre ont bloqué leur cortège au début du parcours pour l’empêcher de faire jonction avec un cortège syndical et étudiant. « Mobilisation policière hallucinante, barrières anti-émeutes, nuage épais et constant de gaz lacrymogènes et mise en action des canons à eau », ont-ils observé dans un communiqué.
Jennifer, 35 ans, maraîchère, était venue pour dénoncer l’intervention « très violente » des forces de l’ordre cette semaine. « On habite à dix kilomètres de la ZAD et on entend les grenades assourdissantes de chez nous », a-t-elle raconté. Elle a déploré le délai trop court entre la décision d’abandon du projet et les opérations de démolition : « S’il y avait eu plus de temps avant l’intervention, certainement que des personnes seraient parties d’elles-mêmes. »

        Lire notre chronique :
         

          « L’Etat, monstre froid face aux zadistes »



D’autres manifestants, Evelyne, 69 ans, Simone, 65 ans, et Claude, 77 ans, étaient en week-end à Guérande, mais ils ont poussé jusqu’à Nantes, « contre le bétonnage, l’agriculture intensive et pour la protection de la nature » et « en soutien de la liberté ». « J’aime bien l’idée d’une autre manière de vivre », a expliqué Evelyne.

Une lance à incendie pour défendre la préfecture. Prise de parole : la question n’est plus l’aéroport mais l’avenir… https://t.co/ZnwuEzAM5a— pibzedog (@Pierre Bouvier)


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ L’électricien est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Digne-les-Bains pour homicide involontaire en 2011 d’un plongeur de la gendarmerie dans un canal que le groupe exploitait.
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EDF renvoyé devant la justice pour « homicide involontaire » d’un gendarme en Provence

L’électricien est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Digne-les-Bains pour homicide involontaire en 2011 d’un plongeur de la gendarmerie dans un canal que le groupe exploitait.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 14h14
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 14h18
   





                        



   


Le 1er septembre 2011, deux gendarmes de la brigade mixte côtière et fluviale (BMCF) de Martigues avaient plongé dans le canal de la Durance, aux Mées (Alpes-de-Haute-Provence), à 12 mètres de profondeur, pour retrouver une arme de poing découverte deux jours plus tôt par un autre plongeur dans une mission d’entretien.
Un responsable d’EDF présent sur les lieux avait autorisé la plongée. L’usine EDF d’Oraison, située en aval, était à l’arrêt, mais le maréchal des logis-chef Khaled Bentabet avait disparu, sans doute aspiré dans le tunnel sous-marin long de 2,7 km et large d’une dizaine de mètres se trouvant à proximité immédiate des lieux de la plongée.
Six jours plus tard, son corps avait été retrouvé de l’autre côté du tunnel, à plus de 3 km.
De « multiples négligences » selon l’accusation
L’enquête préliminaire ouverte sur cette mort avait été classée sans suite, mais la veuve du militaire avait porté plainte en août 2014.
Le 5 avril, la juge d’instruction Véronique Guetat a décidé de renvoyer en correctionnelle le groupe EDF en tant que personne morale, suivant en cela les réquisitions du parquet, a-t-on appris de source judiciaire.
« Les investigations que nous avions réclamées au juge d’instruction et des experts judiciaires, qui ont accompli un travail remarquable, ont fini par établir la vérité de négligences multiples et particulièrement graves », assure Emmanuel Molina, l’avocat marseillais de la famille de la victime. « Il appartient désormais à la justice d’apprécier les fautes imputées à EDF », ajoute-t-il.
EDF n’a pas souhaité faire de commentaires, disant par la voix de son avocat Christophe Bass qu’elle réservait ses observations pour la justice.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Les acteurs de la location longue durée (LLD) s’attaquent au marché de renouvellement des flottes publiques en véhicules hybrides ou électriques.
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Les loueurs longue durée adaptent leur offre aux collectivités

Les acteurs de la location longue durée (LLD) s’attaquent au marché de renouvellement des flottes publiques en véhicules hybrides ou électriques.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 14h00
    |

                            Jean-Pierre Lagarde








                        



                                


                            

Qu’il s’agisse des établissements publics, des collectivités territoriales, du logement social, de l’aménagement ou de l’économie sociale et solidaire, dans les flottes des différents acteurs de l’Etat, l’heure est à l’introduction de véhicules plus propres. Pour l’ensemble de ces services dont la mission est d’ordre public, plus question en effet de rester à l’écart de la transition énergétique. En clair, les flottes des services de l’Etat doivent montrer l’exemple.
La « circulaire Cazeneuve », qui définit la politique de mutualisation et d’optimisation de la gestion du parc automobile des collectivités, en fixe les règles depuis un an. Désormais, dans les flottes publiques, seules les motorisations essence sont autorisées (le diesel est proscrit sauf pour les utilitaires) et 50 % des nouvelles acquisitions doivent se porter sur des modèles à faibles émissions (moins de 60 g/km de CO2), c’est-à-dire hybrides ou électriques. La gestion des véhicules doit être mutualisée avec un objectif de réduction du parc de 15 % d’ici à 2020.
Par ailleurs, l’acquisition des véhicules doit se faire par l’achat et le parc géré en « fleet management » : en effet, selon cette circulaire, les achats mutualisés doivent passer par l’UGAP (Union des groupements d’achats publics), et le recours à la location longue durée est interdit sauf pour les véhicules hybrides et électriques.
Un parc d’environ 65 000 véhicules
Exclus sans ménagement de cet important marché de renouvellement du parc public, les loueurs longue durée ont cependant bien noté l’opportunité qui leur est laissée de proposer aux collectivités une solution de financement et de gestion adaptée à leur obligation de se doter de véhicules hybrides ou électriques.
« Il existe encore dans le parc de l’Etat beaucoup de voitures diesel, souvent obsolètes, de dix ans d’âge en moyenne et totalement inadaptées aux nouveaux besoins des collectivités », indique Stéphane Spitz, directeur général adjoint...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ L’Organisation maritime internationale a adopté vendredi 13 avril un plan de réduction de 50 % de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050, et a dit travailler à la décarbonation totale du secteur.
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Le transport maritime met le cap vers sa décarbonation

L’Organisation maritime internationale a adopté vendredi 13 avril un plan de réduction de 50 % de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050, et a dit travailler à la décarbonation totale du secteur.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 13h27
    |

            Simon Roger








                        



                                


                            

L’Organisation maritime internationale (OMI) a évité le pire : rester passive alors que l’urgence climatique impose au contraire d’agir tous azimuts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, qui contribuent au réchauffement planétaire. Vendredi 13 avril, l’agence spécialisée des Nations unies sise à Londres s’est dotée d’une stratégie claire, à défaut d’être ambitieuse. Elle s’engage à baisser d’au moins 50 % ses émissions d’ici à 2050 et à « poursuivre les efforts » dans la voie d’une décarbonation totale.
Le transport maritime, dernier grand secteur à s’engager pour le climat
Le transport maritime, qui totalise près de 90 % du transport international de marchandises, est aujourd’hui responsable de moins de 3 % des émissions mondiales de CO2, un chiffre qui pourrait grimper à 17 % au milieu du siècle si rien n’est fait pour réduire cette pollution. Le transport maritime était jusqu’à présent le dernier secteur à ne pas disposer de politique de réduction de ses émissions, après l’accord trouvé en octobre 2016 par le transport aérien, l’autre segment économique non couvert par l’accord de Paris sur le climat du 12 décembre 2015.
Désormais, tous les acteurs de l’économie mondiale s’efforceront donc — officiellement en tout cas — d’aligner leurs pratiques avec l’objectif clé de la conférence sur le climat (COP21), une hausse des températures contenue sous 2 °C. « Cet accord va améliorer un peu la sécurité des pays, s’est félicitée Hilda Heine, la présidente des îles Marshall, l’un des pays déterminants durant cette session de négociations, mais même avec des objectifs clairs pour réduire massivement nos émissions, nous allons devoir parfaire nos engagements dans le temps en nous fondant sur les données scientifiques ».
Des ambitions revues à la baisse
L’archipel du Pacifique, à l’instar des autres petits Etats insulaires menacés de submersion en raison du réchauffement climatique, avait exigé que l’accord...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Deux manifestations sont prévues à Nantes, samedi, et un rassemblement dans la « zone à défendre », dimanche.
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Notre-Dame-des-Landes : la ZAD se prépare à de nouvelles actions

Deux manifestations sont prévues à Nantes, samedi, et un rassemblement dans la « zone à défendre », dimanche.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 12h02
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 12h47
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


Au sixième jour des opérations de déblaiement et malgré l’arrêt officiel des expulsions et la « main tendue » du premier ministre, Edouard Philippe, la tension était loin d’être retombée dans la « zone à défendre » (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes, samedi 14 avril, laissant présager un week-end agité. Deux manifestations « contre la politique antisociale d’Emmanuel Macron et contre les expulsions » sont prévues samedi à Nantes, et un appel a été lancé à un rassemblement, dimanche, le long du chemin de Suez, dans la ZAD.
Dans la matinée de samedi, le ton semblait donné avec de nouveaux tirs de grenades lacrymogènes dans deux endroits de la ZAD, à l’occasion d’une incursion de gendarmes. La veille, déjà, sur la D81, l’un des deux axes traversant la zone du nord vers le sud, un blindé de la gendarmerie s’était enlisé, lors d’une opération coup de poing. Il avait été dégagé après un tir de barrage de grenades lacrymogènes.

        Lire aussi :
         

                Notre-Dame-des-Landes : la ZAD « évacuée », Philippe « tend » la main aux zadistes



Un drone pour surveiller la ZAD

   


Mais, dans l’après-midi, l’accès à la D281, la route des chicanes, était « libre ». Il était possible d’y marcher, à condition de montrer patte blanche et de justifier de sa qualité. Tous les 300 mètres était garé un fourgon de gendarmes mobiles, son équipage observant le « front » — le côté des zadistes — et les arrières, en cas d’une hypothétique attaque à revers ou pour couper le ravitaillement aux zadistes, selon les gendarmes.
Au loin, un hélicoptère survolait la zone, en altitude. A proximité des points chauds que sont les secteurs appelés les Vraies Rouges, Lama Sacré et Youpi Youpi, les gendarmes utilisaient un drone pour épier les moindres gestes des zadistes. « Vous entendez, ils creusent des tranchées », affirmaient-ils. Même si, ont-ils admis, la journée de vendredi a été « calme ».
Les gendarmes sont dispensés de manifestation à Nantes — « en zone urbaine, ce seront les CRS », dit un gradé de la gendarmerie. Mais ils savent qu’ils resteront dans la ZAD pour quelque temps encore, pour surveiller le déblaiement des parcelles, garantir la circulation sur les départementales 281 et 81 et prévenir toute réoccupation illégale, comme l’ont rappelé la préfète de la région Pays de la Loire, Nicole Klein, et le premier ministre.

        Lire aussi la chronique :
         

          « L’Etat, monstre froid face aux zadistes »



Renforts chez les zadistes
De l’autre côté de la « ligne de front », parmi les zadistes, chaque moment de répit est consacré à la récupération de ce qui peut l’être : avec trois cabanes détruites, il est possible d’en reconstruire une nouvelle. Ces moments de calme sont aussi mis à profit pour réparer les barricades endommagées lors des interventions des gendarmes, et pour se livrer aux préparatifs : des projectiles divers sont entassés, des masques de protection rassemblés…
En ce début de week-end, où la zone commence à se remplir de nouveaux venus aux chaussures et vêtements propres, des panneaux détaillant les différents types de grenades utilisés par les gendarmes et leurs dangers sont affichés à leur intention. Les habitués de ce type de luttes ont le visage dissimulé derrière un passe-montagne ; seuls certains avancent à visage découvert, une carte à la main, à la recherche de leur chemin. La lutte s’internationalise aussi : on entend parler espagnol, allemand.

Edouard Philippe a dit 👉🏻 "l'ensemble des objectifs" d'évacuation "que nous nous étions assignés a été atteint". En… https://t.co/pi3I2GTSUP— pibzedog (@Pierre Bouvier)


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Même si la ZAD n’est pas l’abri d’une nouvelle incursion des gendarmes, à l’image de celle de samedi matin, c’est à Nantes, dans l’après-midi, que devrait se cristalliser une partie de la colère contre les expulsions. Dans la matinée de vendredi, plusieurs fourgons étaient déjà disposés aux abords du bâtiment de la préfecture, place Roger-Salengro.
La préfecture a confirmé la tenue des deux manifestations — dont aucune n’a été déclarée —, la première à 14 h 30, à l’appel de l’intersyndicale et d’étudiants, la seconde à 16 h 30, contre les expulsions de la ZAD. En marge de la conférence de presse de la préfète vendredi, son entourage relevait que les manifestations de soutien à Notre-Dame-des-Landes rassemblaient de moins en moins de participants, mais qu’il y avait un « risque », avec le cumul des étudiants et de l’intersyndicale.
Dominique Fesneau, l’un des trois présidents de l’Acipa, la principale association d’opposants à l’ex-projet d’aéroport, s’interrogeait, lui, sur l’opportunité de s’associer à la manifestation de Nantes. « Nous avons peur que la colère et un esprit vengeur — qui s’expliquent — l’emportent. Et des provocations, aussi. » L’Acipa a donc lancé un appel à « venir en masse » dans la ZAD dimanche, à partir de midi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Parce que l’agriculture intensive empoisonne les insectes dont elle se nourrit, « Hirundo rustica » se raréfie en France. Le prélude à un « printemps silencieux », sans chants d’oiseaux ?
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Autoportrait de l’hirondelle rustique avant sa disparition

Parce que l’agriculture intensive empoisonne les insectes dont elle se nourrit, « Hirundo rustica » se raréfie en France. Le prélude à un « printemps silencieux », sans chants d’oiseaux ?



Le Monde
 |    14.04.2018 à 12h00
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Vous souvenez-vous de cette comptine ? « Qu’est-ce qu’elle a donc fait/La p’tite hirondelle ? /Elle nous a volé/Trois p’tits sacs de blé »… Si ça continue, elle va finir par me manquer. Non pas que j’y étais présentée à mon avantage ! Ce qu’elle disait de moi n’est même pas exact – j’y reviendrai. Mais enfin, c’est de moi qu’il s’agissait. Les enfants la chantent-ils encore aujourd’hui, cette comptine ? Et si oui, savent-ils seulement à quoi je ressemble ?
Les savants m’appellent Hirundo rustica : hirondelle rustique – manière de dire que j’affectionne les granges, comme l’exprime plus clairement mon nom anglo-saxon, barn ­swallow. Les autres disent tout simplement ­ « hirondelle » car, des 75 espèces cousines que j’ai dans le monde, je suis, et de très loin, celle dont la famille est la plus nombreuse. Quant à moi, je ne me nomme pas. J’essaie de me nourrir et de me reproduire du mieux possible – ce qui, par les temps qui courent, n’est pas une mince affaire. Et, l’hiver venant, je vole.
Théorie fumeuse
Destination : l’Afrique. Forte de mes ailes et de ma vingtaine de grammes, je trace plusieurs milliers de kilomètres en deux mois, traversant – quand je ne défaille pas en route – la Méditerranée d’une seule traite. Un voyage si incroyable que les hommes, pendant longtemps, n’y ont pas cru.
Des siècles durant, les plus cultivés d’entre eux ont pensé que nous passions la période hivernale sous l’eau, ou enfouies dans la vase ! Tout cela parce que nous nous réunissons en dortoir dans des roselières la veille du départ, pour décoller discrètement avant le lever du soleil… Il fallut attendre ­Buffon et son Histoire naturelle des oiseaux pour que cette théorie fumeuse soit remplacée, en 1770, par l’hypothèse migratoire.
Pourquoi aller si loin, me direz-vous ? Pour le soleil, bien sûr. Mais aussi parce que nous nous nourrissons exclusivement d’insectes volants (c’est pourquoi la comptine d’autrefois...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », estime que l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes marque l’interruption d’une expérience sociale et politique d’autonomie qui aurait pu être une source d’inspiration.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 14/04/2018
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« L’Etat, monstre froid face aux zadistes »

Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », estime que l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes marque l’interruption d’une expérience sociale et politique d’autonomie qui aurait pu être une source d’inspiration.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 10h38
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 10h22
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Chronique. De passage à Paris, un universitaire israélien regarde à la télévision les images de l’intervention des forces de l’ordre, à Notre-Dame-des-Landes. « Tout ça pour quelques gars qui veulent monter un kibboutz… », dit-il goguenard.
Plus votre adversaire est minuscule, plus son écrasement doit être spectaculaire. Dans le bocage nantais, 2 500 gendarmes mobiles, bottés et casqués, équipés de toutes sortes de grenades et d’armes de jet, appuyés de bulldozers et de pelleteuses, de véhicules blindés et d’hélicoptères, ont offert le spectacle d’une certaine forme de faiblesse – celle qui vous fait rouler des épaules devant les plus petits que vous.
Nul ne songerait à nier qu’il y avait, cette semaine dans la « zone à défendre » (ZAD), agrégée aux agriculteurs et à la majorité paisible des zadistes qui vivent là, une population avide d’en découdre. Nul ne songerait non plus à nier que les affrontements furent violents et que, de part et d’autre, plusieurs dizaines de blessés sont à déplorer.
Mais, au final, de quoi s’est-il agi ? Il s’est agi, pour l’Etat, de déloger d’une petite zone humide quelque deux cents personnes désireuses de liberté et d’autonomie. La majorité n’est pas constituée de forcenés radicalisés et « ultraviolents », comme on l’a lu et entendu ici ou là, mais plutôt de femmes et d’hommes engagés dans des projets, formels ou informels, d’agriculture, d’artisanat, etc. Comme l’ont montré les reportages de notre confrère Rémi Barroux, ce qui se joue là-bas est une expérience sociale et politique, la recherche et l’invention de nouvelles formes d’organisation et de vie collectives, d’une autre relation à l’environnement, d’une autre façon d’habiter et d’utiliser le monde.
Le bénéfice de la marge
Dans un livre somptueux (Zomia, ou l’art de ne pas être gouverné, Seuil, 2013), l’anthropologue américain James Scott a raconté l’histoire des peuples nichés dans la Zomia – du nom de cette...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ L’impasse à laquelle conduisent la violence de l’Etat et celle d’une minorité de zadistes est le signe que notre démocratie ne fonctionne plus, estime Cyril Dion, cofondateur du mouvement Colibris, dans une tribune au « Monde ».
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Cyril Dion : « Il n’existe pas d’espace apaisé dans lequel nous pouvons parler des enjeux que NDDL soulève »

L’impasse à laquelle conduisent la violence de l’Etat et celle d’une minorité de zadistes est le signe que notre démocratie ne fonctionne plus, estime Cyril Dion, cofondateur du mouvement Colibris, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    14.04.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 08h50
    |

                            Cyril Dion (Cofondateur du mouvement Colibris)








                        



                                


                            

Tribune. De tout temps, il y eut les faits et l’interprétation des faits. Les êtres humains agrègent des observations, des sensations, des émotions et les transforment en opinions, en interprétations, en points de vue. Les événements de Notre-Dame-des-Landes (NDDL) en sont un exemple frappant. Pour les uns, il est inconcevable que des individus occupent, parfois illégalement, des terres, alors que la raison première de cette occupation – empêcher la construction d’un aéroport – n’a plus lieu d’être. Pour d’autres, il est insupportable que l’Etat veuille déloger les zadistes par la force.

Pour ma part, il me paraît totalement inacceptable de faire usage d’une telle violence. Celle qui consiste à envoyer 2 500 gendarmes (un vrai bataillon militaire, deux fois plus qu’en Syrie et en Irak) avec des pelleteuses, des bulldozers pour détruire des habitations en bois, des yourtes, chasser des agriculteurs, des rêveurs, des utopistes, projeter des grenades, menacer, matraquer. Mais également celle d’une minorité des zadistes qui incendient, utilisent de l’acide ou toute sorte de projectiles avec l’intention de blesser. Je ne parle pas tant du comportement des personnes (gendarmes ou zadistes) qui sont emportées dans une histoire qui souvent les dépasse, mais plus encore de la mécanique qui conduit à cette situation. C’est elle que nous ne devrions pas accepter.
Echec du dialogue
En tant que société, notre rôle n’est pas d’observer ou de commenter cette violence, comme cela est fait à longueur de journée dans de nombreux médias, mais de comprendre ce qui en est la cause et de nous organiser pour qu’elle n’ait pas lieu. Pour moi, elle traduit une réalité : il n’existe pas d’espace apaisé dans lequel nous, en tant que société, pouvons parler des enjeux que NDDL soulève. En toutes circonstances, la violence éclate, là où le dialogue échoue.
« NDDL, qui cristallise une part de la résistance écologique française et européenne, est...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/04/2018
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Frappes en Syrie, expulsion de la ZAD, bilan de Macron : les infos à retenir cette semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 08h21
    |

                            Les Décodeurs








                        



   


Syrie : frappes occidentales contre le régime
Après plusieurs jours de tergiversations, les Etats-Unis et leurs alliés sont entrés en action. Depuis la Maison Blanche, Donald Trump a annoncé vendredi 13 avril que Washington lançait des frappes contre la Syrie, en coordination avec la France et le Royaume-Uni.
« Il y a peu de temps, j’ai ordonné aux forces armées des Etats-Unis de lancer des frappes de précision contre des cibles associées aux capacités chimiques militaires du dictateur syrien Bachar Al-Assad. Une opération combinée est en cours avec la France et le Royaume Uni, nous les remercions tous les deux. »

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                Syrie : ce que l’on sait des frappes américaines, françaises et britanniques



Il s’agit d’une réponse directe à l’attaque chimique présumée menée la semaine dernière à Douma en Syrie. Ces dernières heures, la France et les Etats-Unis avaient affirmé avoir les preuves que le régime syrien était responsable de cette attaque, qui a fait des dizaines de morts.
L’opération durera « aussi longtemps qu’il le faudra », a assuré M. Trump lors de son intervention, alors que les premières explosions résonnaient à Damas. Mais, un peu plus d’une heure plus tard, le général Joe Dunford, chef d’état-major américain, a annoncé que les tirs étaient déjà terminés lors d’une conférence de presse. A son côté, le secrétaire à la défense américain, James Mattis, a souligné qu’il s’agissait de « frappes ponctuelles », d’autres actions militaires n’étant pas prévues pour l’instant.
La ZAD de Notre-Dame-des-Landes évacuée par la force
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            data-slide-description="Si l’opération a débuté vers 3 heures du matin, les expulsions ont débuté vers 6 heures, le 9 avril, heure légale pour une telle procédure."
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            data-slide-description="Tout au long de la journée, des face-à-face tendus ont éclaté entre gendarmes et zadistes."
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            data-slide-description="Un occupant jette de la boue sur des gendarmes."
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            data-slide-description="Les gendarmes tentent de progresser dans la ZAD."
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            data-slide-description="Les gendarmes mobiles ont repoussé les zadistes à l’aide de gaz lacrymogènes."
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            data-slide-description="Un tracteur détruit le chapiteau Lama fâché, l’un des lieux emblématiques de la ZAD."
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            data-slide-description="Les zadistes forment une chaîne pour protéger la ferme des 100 Noms de la destruction."
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            data-slide-description="Parmi les projectiles de toute nature, certains zadistes avaient préparé des cocktails Molotov. Un des manifestants a été placé en garde à vue."
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            data-slide-description="L’avancée des forces de l’ordre sur l’un des accès à la ZAD."
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            data-slide-description="Une opposante à l’expulsion."
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            data-slide-description="Les zadistes forment une chaîne pour construire une barricade pour protéger Les Vrais rouges, un des lieux de la ZAD."
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Si l’opération a débuté vers 3 heures du matin, les expulsions ont débuté vers 6 heures, le 9 avril, heure légale pour une telle procédure.

Vincent Vinont / AP
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Près de 2 500 gendarmes mobiles sont intervenus dès lundi matin 9 avril et jusqu’à vendredi pour procéder à l’évacuation d’une partie de la zone d’aménagement différé (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique. Celle-ci, rebaptisée « zone à défendre » par les opposants au projet d’aéroport définitivement abandonné par le gouvernement en janvier, accueillait encore de nombreux occupants.
Vingt-neuf squats ont été évacués et certains ont été démolis par les forces de l’ordre, selon Nicole Klein, la préfète de la région Pays de la Loire, sur les 97 que les autorités ont recensés. Les zadistes qui restent ont désormais jusqu’au 23 avril pour déposer des projets agricoles légaux, qui doivent être individuels et non collectifs.
Des affrontements ont éclaté entre les gendarmes et les occupants, ces derniers répondant aux projectiles et cocktails Molotov des premiers par des tirs de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes. Plusieurs dizaines de personnes ont été blessées des deux côtés.

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                Notre-Dame-des Landes : fin officielle des expulsions



La mobilisation n’est pas finie, et les forces de l’ordre restent en place, puisqu’une manifestation contre les expulsions est prévue samedi à Nantes, ainsi qu’un rassemblement dimanche dans le bocage. La préfète n’exclut pas de prononcer des interdictions en cas de violences samedi.

        Le chat :
         

          Notre-Dame-des-Landes : retrouvez les réponses à vos questions sur la situation dans la ZAD



Après un an de pouvoir, Macron fait de la pédagogie
En direct d’une école primaire d’un village de l’Orne, le chef de l’Etat a répondu aux questions du présentateur Jean-Pierre Pernaut dans le « 13 heures » de TF1, jeudi, au moment où son prédécesseur, François Hollande, publie un livre critique sur son action, et où approche le premier anniversaire de son élection.
Emmanuel Macron s’est employé durant une heure à chasser l’image de « président des riches » que lui prêtent ses opposants, cherchant à rassurer sur son action à la tête du pays, ciblant notamment les retraités, les ruraux et les classes populaires. Au passage, il a égrené quelques approximations et contrevérités.

        Les vérifications :
         

          ISF, retraités, SNCF…, les « carabistouilles » d’Emmanuel Macron sur TF1



Deux jours plus tôt, le président avait adressé un message aux catholiques de France. Invité à un dîner au collège des Bernardins, à Paris, il a assuré que le lien « abîmé » entre l’Eglise catholique et la République devait être « réparé », et que la laïcité n’avait « pas pour fonction de nier le spirituel ». Son discours, applaudi par les évêques, a en revanche soulevé de vives critiques à gauche.
Comment Total a aidé le Congo à berner le FMI

Une enquête publiée par Le Monde mardi révèle les montages offshore de la société Total destinés à aider la République du Congo à berner le Fonds monétaire international (FMI). En 2003, l’entreprise française a cédé à Brazzaville ses parts dans une concession pétrolière, et a permis au pays, via des sociétés écrans, d’emprunter de l’argent en anticipant les profits de ce champ. Or le FMI, qui a aidé le pays, lourdement endetté, interdit ce type de pratique.

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                Total, le Congo, le FMI et le « fonds vautour » : l’histoire d’un montage offshore



Ces révélations font partie de l’enquête des Paradise Papers, une plongée dans les méandres de la finance offshore réalisée en partenariat avec le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).
Facebook : Zuckerberg devant les élus américains
Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a été auditionné mardi au Sénat américain, puis le lendemain à la Chambre des représentants, sur la façon dont le réseau social a échoué à protéger des données personnelles de ses utilisateurs après le scandale Cambridge Analytica. Il s’est excusé platement, une stratégie souvent utilisée mais qui semble ne plus suffire à convaincre.

        L’analyse :
         

          Facebook : face au Congrès américain, la stratégie des excuses ne suffit plus



Et aussi
Tarnac. Dix ans après son déclenchement, l’affaire Tarnac s’est conclue jeudi par la relaxe, entre autres, de Julien Coupat et de Yildune Lévy.Universités. Une quinzaine de campus ont été bloqués ou très perturbés toute la semaine dans le cadre du mouvement contre la réforme de l’entrée dans le supérieur et contre la plateforme Parcoursup. Des évacuations par les CRS se sont produites notamment à La Sorbonne jeudi.Crash. Un avion militaire algérien s’est écrasé peu après son décollage, mercredi, près d’Alger, faisant 257 morts, majoritairement des militaires et des membres de leur famille.Magnanville. Six personnes ont été interpellées lundi puis relâchées, dans le cadre de l’enquête sur le double meurtre d’un couple de fonctionnaires en juin 2016.Arabie saoudite. En visite dans l’Hexagone, le prince héritier Mohammed Ben Salman a été visé par une plainte, à Paris, pour complicité d’actes de torture au Yémen.Economie. L’intersyndicale d’Air France a accepté une négociation avec la direction.Radio France. Sibyle Veil a été nommée jeudi présidente de Radio France en remplacement de Mathieu Gallet.Djihadisme. Quatre hommes ont été condamnés à des peines allant jusqu’à sept ans d’emprisonnement et un cinquième a été relaxé, à l’issue du procès de la « filière de Lunel » (Hérault).Johnny Hallyday. La justice a ordonné le gel des biens du chanteur mais elle a refusé le droit de regard à ses enfants, David et Laura, sur son album posthume.
Disparitions
Morris Halle. Proche de l’intellectuel américain Noam Chomsky, le linguiste est mort à l’âge de 94 ans à Cambridge (Massachusetts), le 2 avril.Nathan Davis. Le musicien, compositeur et professeur de jazz américain est décédé à l’âge de 81 ans, à Palm Beach (Floride) le 10 avril.F’murr. Le scénariste et dessinateur Richard Peyzaret, alias F’murr, s’est éteint le 10 avril à l’âge de 72 ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ La fin des expulsions sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, annoncée officiellement par la préfète Nicole Klein vendredi, ne signifie pas la fin de l’engagement des gendarmes mobiles sur la zone. Ni celle des violences.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Le gouvernement de Colombie-Britannique est opposé au projet d’agrandissement de ce pipeline transportant les sables bitumineux de l’Alberta à côté de Vancouver.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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Canada : coup dur pour l’oléoduc Trans Mountain

Le gouvernement de Colombie-Britannique est opposé au projet d’agrandissement de ce pipeline transportant les sables bitumineux de l’Alberta à côté de Vancouver.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 17h11
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 17h14
    |

                            Olivier Mougeot (Québec, correspondance)








                        



                                


                            

Coup dur pour l’industrie pétrolière canadienne : dimanche 8 avril, la compagnie Kinder Morgan a annoncé la suspension de « toutes les activités non essentielles et toutes les dépenses » relatives au projet d’élargissement de l’oléoduc Trans Mountain. La compagnie pétrolière américaine a expliqué avoir pris cette décision à cause de l’opposition du gouvernement de Colombie-Britannique à son projet.
En effet, le gouvernement néodémocrate de cette province de l’Ouest canadien demande à Kinder Morgan davantage d’assurances dans le cas de fuites durant l’acheminement de bitume dilué. Depuis son accession au pouvoir à l’été 2017, le gouvernement de John Horgan – qui s’est allié au Parti vert pour obtenir une majorité – fourbit ses armes contre ce projet. Il a, par exemple, engagé un ancien juge de la Cour suprême de Colombie-Britannique comme conseiller dans ce dossier et a assuré de son soutien les communautés autochtones en procès contre la pétrolière sise au Texas. Le gouvernement britanno-colombien a aussi mis en avant la catastrophe de la plateforme Deepwater Horizon survenue au large des côtes de Louisiane en 2010, pour justifier sa position.
Pourtant, les travaux d’agrandissement qui prévoient le quasi-triplement de la capacité de l’oléoduc, à 890 000 barils par jour, ont reçu l’approbation de l’Office national de l’énergie, l’organisme canadien chargé de réglementer le commerce dans le domaine du pétrole, du gaz naturel et de l’électricité. Le gouvernement libéral de Justin Trudeau le soutient également.
« Dans l’intérêt de tous les Canadiens »
Le premier ministre canadien, de passage à Montréal lundi 9 avril, a d’ailleurs expliqué sa position : « C’est dans l’intérêt de tous les Canadiens qu’on ait de nouveaux marchés pour nos produits pétroliers. On est prisonnier du marché américain et à cause de ça, on fait bien moins d’argent pour nos ressources que l’on devrait. C’est un moteur économique important pas seulement pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Lors d’un tchat, l’envoyé spécial du « Monde » à Notre-Dame-des-Landes a répondu aux questions d’internautes sur l’évacuation de la ZAD et sur les perspectives d’avenir du lieu.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

NDDL : « Les zadistes ont développé une société échappant à de nombreuses règles »

Lors d’un tchat, l’envoyé spécial du « Monde » à Notre-Dame-des-Landes a répondu aux questions d’internautes sur l’évacuation de la ZAD et sur les perspectives d’avenir du lieu.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 16h42
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 18h20
   





                        



   


La fin des expulsions de la « zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes, officialisée vendredi 13 avril, est loin de clore le débat sur l’avenir du secteur. De retour du bocage nantais après avoir couvert l’opération d’évacuation, l’envoyé spécial du Monde Rémi Barroux a répondu à des questions d’internautes.
Antoine : Combien de personnes habitent encore la ZAD ?
Rémi Barroux : Même la préfecture l’ignore. On pouvait parler de 150 habitants réguliers avant l’intervention de cette semaine. Il y a aussi beaucoup de passage, des personnes s’installant pendant deux ou trois mois. Avec les renforts venus pour la défense de la zone, le nombre de personnes dans la ZAD est passé probablement à plus de 500, voire 600 ou 700. La grande majorité repartira dès que la situation se sera calmée.
Lalla : Avez-vous pu observer tout ce que vous souhaitiez pendant l’évacuation, ou en avez-vous été en partie empêché par les forces de l’ordre ?
Sur une zone aussi importante — quelque dix kilomètres de large sur 5 à 6 de long —, il est difficile d’être partout. La circulation était relativement facile, pour quelqu’un qui connaît un peu l’endroit. Par contre, les routes — deux principalement, les RD 81 et RD 281 — étaient inaccessibles dès lors que les gendarmes étaient présents. Cela explique sans doute que des journalistes connaissant moins le terrain se soient retrouvés bloqués.

        Lire aussi :
         

          La gendarmerie a-t-elle empêché la presse d’accéder à la ZAD ?



Côté zadiste, ils avaient plutôt envie que des images soient faites, ce qui n’a pas toujours été le cas, et à condition qu’ils ne soient pas identifiables. Reste que les journalistes, pour la grande majorité, n’ont pas bonne presse historiquement dans la ZAD. Personnellement, je n’ai eu aucun problème durant mon reportage.
Patrice B. : Les expulsions sont-elles légales ou fragiles juridiquement ?
Des recours ont été ou vont être engagés, notamment sur l’expulsion de la ferme des 100 noms. De nombreux avocats, dont le Syndicat des avocats de France au niveau national, ont dénoncé le caractère illégal de ces expulsions, car elles n’avaient pas été jugées de manière contradictoire. Les autorités expliquent qu’elles n’ont pu procéder à l’identification des habitants de ces squats, et que leurs expulsions sont légales. L’intervention des gendarmes se faisait avec la présence d’huissiers. La plupart du temps, comme on peut l’imaginer, plus personne n’était là pour attendre la troupe.
Youri D. : Quels sont les arguments des zadistes pour justifier leur droit à rester sur ces terres ?
Ils ne peuvent plus se prévaloir de la lutte contre le projet d’aéroport et expliquent qu’ils ont développé une société, une communauté échappant à de nombreuses règles tant économiques que politiques. Cela ne veut pas dire que tous les habitants qui résidaient dans la zone vivaient en dehors de tout. Les enfants étaient inscrits à une halte-garderie ou à la crèche, étaient suivis par un pédiatre. Un éleveur (illégal, donc), qui ne fait pas partie des historiques installés avant la création de la ZAD, vend ainsi son lait à Biolait, qui passe le ramasser régulièrement.
Tous ces occupants espéraient pouvoir faire perdurer leur expérience de vie. Comme cela s’est fait au Larzac, et comme il existe aussi des collectivités du type de Longo Maï, dans les Alpes du Sud.

   


Chris : Quels sont les critères de pérennisation pour les installations des occupants de la ZAD ? A quel titre peuvent-ils prétendre conserver des installations sur des terrains dont ils ne sont pas propriétaires ?
Les critères, malgré ce qui est affirmé par les autorités, sont assez flous. Il faut déposer un projet (élevage, boulangerie, maraîchage, apiculture, conserverie…), donner une identité, quitte à en regrouper plusieurs dans un projet associatif, et localiser le projet sur telle ou telle parcelle. Mais l’important semble pour la préfète de voir les zadistes volontaires s’asseoir autour d’une table, quitte à ce que les dossiers ne soient pas finalisés.
En plus de ce questionnaire, les agriculteurs historiques ou récents font des demandes de convention d’occupation précaire.
Nat78730 : La tendance sur la ZAD est-elle de vouloir négocier et accepter des projets individuels ou de rester dans une démarche 100 % collective du tout ou rien ?
Les positions sont diverses, et encore plus dans un moment de grande fébrilité comme actuellement. Mais globalement, la ZAD communique sur ses projets et veut les valider. Une conférence de presse s’est tenue dans la ZAD avec une trentaine de porteurs de projet, pour certains installés depuis plusieurs années. Vont-ils faire le pas — la concession, pourrait-on dire — de la déclaration individuelle ? Difficile à dire.
La destruction de la ferme des 100 noms a eu plutôt l’effet inverse de celui recherché par le gouvernement, qui était de dire en substance « certes, il y avait des projets agricoles sur ce site, mais sans déclaration individuelle en bonne et due forme, alors on détruit ». Les zadistes ont alors dénoncé un chantage.
Ifig : Combien de projets d’installation ont-ils déjà été acceptés par l’Etat ?
Officiellement aucun, même si la préfète a exclu de la liste des sites expulsables les quatre fermes historiques, ainsi que tous les bâtiments en dur, dont certains abritent déjà des activités d’élevage, agricoles ou artisanales (ferme de Bellevue, Saint-Jean-du-Tertre, les Fosses noires, la Rolandière…).

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AlexSG : Que pense la population environnante de la ZAD ?
Quand on habite à Notre-Dame-des-Landes ou à Vigneux-de-Bretagne, soit au nord et au sud de la ZAD, on est assez loin de la zone d’affrontement — 5 à 6 kilomètres voire plus. Mais la fermeture des deux routes, qui oblige à faire des détours importants (15, 20 kilomètres parfois) complique la vie quotidienne.
Surtout, qu’ils aient été pour ou contre le projet d’aéroport, les habitants dans leur grande majorité veulent que cette zone retrouve sa vocation agricole, et surtout sa tranquillité. Beaucoup ne voyaient pas non plus d’un bon œil des zadistes ne pas payer de loyer, d’électricité ou pour l’enlèvement des nombreux déchets.
Antoine : Pourquoi était-il si urgent pour l’Etat d’intervenir à partir du moment où le projet d’aéroport a été abandonné ? Pourquoi ne pas construire quelque chose dans le dialogue ? Surtout que Nicolas Hulot est censé être réceptif à ce genre de projet…
Le ministre de la transition écologique a été très discret depuis le début de l’intervention. Satisfait sans doute par l’abandon du projet d’aéroport, il a toujours avancé, comme les autres membres du gouvernement, la nécessité du retour à l’Etat de droit. Comme Ségolène Royal avant lui, peu convaincue par le projet d’aéroport mais favorable à ce que le problème de la ZAD soit réglé.
Eric K. : Quelles sont les relations entre les agriculteurs historiques et les occupants de la ZAD ?
Elles ont évolué après la victoire contre le projet d’aéroport. Historiquement, quand la zone d’aménagement différé (ZAD) est devenue « zone à défendre », en 2009, la cohabitation entre les nouveaux arrivants et les agriculteurs déjà en lutte a été compliquée. Puis l’opération avortée d’évacuation de la ZAD, « César », en novembre 2012, a soudé les rangs, les zadistes s’appuyant sur la légitimité historique des paysans et sur leur image, ceux-ci profitant de la capacité de résistance des nouveaux venus.
Aujourd’hui, le projet d’aéroport n’est plus. Les agriculteurs sont tournés vers la discussion sur l’avenir des terres ainsi libérées. S’ils restent solidaires, ils estiment pour la plupart, ainsi que dans les associations historiques de la lutte, que le passage par un dossier individuel de même que la libération des routes doivent être concédés.




                            


                        

                        


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<filnamedate="20180416"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180416"><AAMMJJHH="2018041619">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ La fin officielle des expulsions, vendredi, est loin de clore le débat sur l’avenir de la « zone à défendre ». Notre journaliste Rémi Barroux vous répond.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Emmanuel Macron et Justin Trudeau doivent reconnaître les risques que le traité commercial entre l’Europe et le Canada fait peser sur les droits des consommateurs et des citoyens, plaide Karine Jacquemart, directrice générale de l’ONG Foodwatch France, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Libre-échange : « Le CETA va ébranler notre démocratie »

Emmanuel Macron et Justin Trudeau doivent reconnaître les risques que le traité commercial entre l’Europe et le Canada fait peser sur les droits des consommateurs et des citoyens, plaide Karine Jacquemart, directrice générale de l’ONG Foodwatch France, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    13.04.2018 à 14h00
    |

Karine Jacquemart (Directrice générale de Foodwatch France)







                        



                                


                            
Tribune. Justin Trudeau arrive en France dimanche 15 avril pour une visite de trois jours. Il y a fort à parier que les photographes se régaleront en immortalisant la rencontre du premier ministre canadien et d’Emmanuel Macron, ces deux quadragénaires qui incarnent une nouvelle génération de leadeurs politiques. « Nouvelle génération », c’est aussi le terme accolé à l’accord de libre-échange CETA qui lie l’Europe et le Canada. Le CETA est en effet le premier d’une série d’accords qui ne se contentent plus de réduire les barrières tarifaires (les droits de douane), mais visent à supprimer tous les « obstacles au commerce », ce qui inclut les différences de réglementation qui nous protègent sur le plan sanitaire, social et environnemental.
en matière de commerce le Canada n’est pas le pays inoffensif de notre imaginaire collectif
Les sourires confiants et les poignées de main des deux hommes qui ne manqueront pas pendant cette visite ne doivent pas faire oublier les risques du CETA et le fait qu’en matière de commerce le Canada n’est pas le pays inoffensif de notre imaginaire collectif. Loin de là ! Justin Trudeau déclarait il y a un an au Parlement européen que « le CETA est un accord moderne », qui va « améliorer la vie des Canadiens et des Européens ».
Or, c’est faux. Aujourd’hui, nombre d’analyses – y compris celles produites par la commission d’évaluation de l’impact du CETA, présidée par l’économiste Katheline Schubert et dont les membres sont nommées par M. Macron – montrent que le CETA va ébranler notre démocratie et fait peser des risques considérables sur les droits des consommateurs et des citoyens, sur l’agriculture, l’alimentation et même sur la protection de notre environnement et de notre planète.

Nous ne sommes pas opposés aux accords de commerce. Mais la pilule du CETA est trop grosse à avaler. Les tactiques employées par cet accord d’un nouveau genre montrent bien que les intérêts...




                        

                        

