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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Peu visibles dans les AG des universités perturbées, des étudiants opposés aux blocages se mobilisent, notamment avec des pétitions en ligne ou des recours devant la justice.
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Universités : les étudiants opposés aux blocages essaient de faire entendre leur voix

Peu visibles dans les AG des universités perturbées, des étudiants opposés aux blocages se mobilisent, notamment avec des pétitions en ligne ou des recours devant la justice.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 18h12
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 18h19
    |

            Séverin Graveleau








                        



                                


                            

On ne les entend pas souvent dans les assemblées générales (AG) étudiantes, qui depuis plus de trois semaines, se réunissent pour voter les suites du mouvement contre la loi Orientation et réussite des étudiants, accusée d’instaurer la sélection à l’entrée à l’université. Plutôt que de prendre la parole dans un amphithéâtre plein à craquer, ce qui est d’autant moins facile s’il est majoritairement acquis à la cause du mouvement, des étudiants opposés aux blocages de leur université essaient d’exister sur Internet. Une quinzaine d’universités (sur soixante-dix) restaient touchées par le mouvement, lundi 16 avril, dont quatre étaient totalement bloquées. Certaines connaissent déjà des annulations ou un report des examens.

Pétitions, création de groupes Facebook pour débattre ou s’organiser, de hashtag permettant de se faire connaître sur les réseaux sociaux (#JeVeuxEtudier, #MaFacMonAvenir, #RendsLaFac, etc.)… les moyens d’action des étudiants opposés au blocage sont encore limités, mais la volonté est là. Capacité à mobiliser les étudiants, à communiquer massivement sur les réseaux sociaux, à contacter les médias, etc. : « On voit bien que ceux qui sont “pour” les blocus sont très bien organisés. On doit l’être aussi », commente Jim Sermeth, étudiant en troisième année d’histoire à l’université Paris-Sorbonne (Paris-IV) et l’un des porte-parole de ce qu’il définit déjà comme le « mouvement #JeVeuxEtudier ».

Mouvements d’étudiants contre les blocages
Lancé par des étudiants de Paris-IV début avril, alors que le campus de Clignancourt de l’université commençait à être bloqué, ce mouvement a pour objectif de réunir « tous ceux » qui souhaitent la fin du blocus au sein de cette université, « mais aussi dans toute la France », précise sa page Facebook forte de 851 membres, le 16 avril. « Nous sommes apolitiques, et on ne demande pas aux gens qui nous rejoignent s’ils...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ La Fédération nationale solidarité femmes pourra « obtenir des diffusions gracieuses de sa campagne de communication et d’information sur les radios et les télévisions publiques ».
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Le label « Grande cause nationale » décerné aux associations contre les violences faites aux femmes

La Fédération nationale solidarité femmes pourra « obtenir des diffusions gracieuses de sa campagne de communication et d’information sur les radios et les télévisions publiques ».



Le Monde
 |    16.04.2018 à 17h58
   





                        


Le label « Grande cause nationale 2018 » a été attribué lundi 16 avril à la Fédération nationale solidarité femmes (FNSV), groupement d’associations luttant contre les violences faites aux femmes, a annoncé Matignon.
« A travers cette distinction, le premier ministre, Edouard Philippe, a souhaité encourager et remercier toutes les associations regroupées au sein de la fédération, qui interviennent dans la lutte contre les violences faites aux femmes, notamment en venant en aide aux victimes », a expliqué Matignon dans un communiqué.

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Par ce choix, le gouvernement « réaffirme son engagement en faveur de la lutte contre les violences faites aux femmes, qui s’inscrit dans le cadre de sa mobilisation pour l’égalité entre les femmes et les hommes, érigée en grande cause du quinquennat », ont ajouté les services du premier ministre.
L’attribution du label « Grande cause nationale » accorde, selon Matignon, « le droit à cette fédération d’obtenir des diffusions gracieuses de sa campagne de communication et d’information sur les radios et les télévisions publiques ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Le projet de loi asile et immigration, examiné à partir de lundi 16 avril à l’Assemblée nationale, restreint sensiblement les conditions de l’asile en France.
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Le droit d’asile, un parcours complexe fragilisé par le projet de loi Collomb

Le projet de loi asile et immigration, examiné à partir de lundi 16 avril à l’Assemblée nationale, restreint sensiblement les conditions de l’asile en France.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 17h47
    |

            Francesca Fattori








                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Les premières audiences se sont tenues, lundi, dans le nouveau tribunal, qui a quitté l’île de la Cité pour le nord-est de la capitale.
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Cinq questions sur le déménagement historique du palais de justice de Paris

Les premières audiences se sont tenues, lundi, dans le nouveau tribunal, qui a quitté l’île de la Cité pour le nord-est de la capitale.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 17h27
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 17h44
    |

            Cécile Bouanchaud (avec AFP)








                        



   


Après plusieurs siècles sur l’île de la Cité, le tribunal de Paris a quitté son écrin historique où Marie-Antoinette, Emile Zola ou encore Philippe Pétain ont été jugés. Alors que le déménagement a été amorcé début mars, le nouveau palais de justice, un grand bâtiment moderne dans le quartier des Batignolles, au nord-ouest de la capitale, a accueilli, lundi 16 avril, sa première audience.
Dessiné par Renzo Piano, le nouveau tribunal de grande instance (TGI) trône au centre d’une « cité judiciaire », qui comprend également les nouveaux locaux de la police judiciaire, transférée du fameux 36, quai des Orfèvres, et une Maison de l’ordre des avocats.
Qu’est-ce qui motive ce déménagement ?
Envisagé depuis longtemps, le déménagement a été relancé en 2003 par le président Jacques Chirac. En 2009, son successeur, Nicolas Sarkozy, a tranché en faveur des Batignolles, dans le cadre du projet du Grand Paris. Près de dix ans plus tard, le quartier est toujours en chantier, alors que le prolongement de la ligne 14 du métro accuse deux ans de retard.
« Il fallait absolument déménager. On ne pouvait plus rendre la justice dans des conditions satisfaisantes » dans l’ancien palais de justice, justifie Jean-Michel Hayat, président du TGI de Paris. La principale difficulté tenait dans l’exiguïté des bureaux des magistrats et fonctionnaires du greffe. Les salles d’audience étaient utilisées au maximum de leur capacité, a confirmé le ministère de la justice : les études ont « démontré que même au prix d’importants travaux, le palais avait atteint les limites possibles de son extension ».
Magistrats, greffiers et fonctionnaires de justice saluent ainsi des conditions de travail qui vont s’améliorer grâce à des bureaux souvent plus spacieux, plus lumineux, et surtout mieux répartis. Le déménagement du TGI permettra, par ailleurs, d’accueillir le service de l’aide juridictionnelle, actuellement installé dans les locaux du tribunal de commerce.
A quoi ressemble le nouveau bâtiment ?
Culminant à cent soixante mètres, répartis sur trente-huit étages, le nouveau tribunal, situé à quelques mètres du périphérique, s’impose depuis plusieurs mois dans le paysage de la capitale : c’est la deuxième tour la plus haute de Paris intra-muros, après la tour Montparnasse. Jusqu’à neuf mille personnes se rendront chaque jour dans ce bâtiment, formé d’un socle sur lequel sont posés trois énormes parallélépipèdes, le tout avec des parois réfléchissant le ciel.
Il a été conçu par l’architecte Bernard Plattner, de l’agence RPBW, fondée par le célèbre Renzo Piano, qui a conçu le Centre Pompidou. Une équipe de vingt personnes a travaillé pendant sept ans sur ce projet.

   


« On ne va pas changer la justice, mais on peut œuvrer pour que les gens disent : “On se sent bien dans ce bâtiment” », a commenté l’architecte franco-suisse. « Tout de suite, on a eu envie de détruire les symboles des anciens palais », ajoute M. Plattner, qui ne voulait pas d’une justice « impressionnante » où, pour accéder au tribunal, « il vous faut d’abord monter des marches pour bien comprendre que vous êtes en bas et que la justice est bien supérieure à vous ».
A l’entrée des justiciables est affiché l’article 9 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : « Tout homme est présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable. » Le bâtiment lumineux joue sur les transparences, surtout dans la salle des pas perdus, derrière une grande façade vitrée. De grands escaliers mécaniques montent vers les salles d’audience. Le TGI et les vingt tribunaux d’instance d’arrondissement seront regroupés dans ce bâtiment qui compte quatre-vingt-dix salles d’audience.
Comment s’organise le déménagement ?
Au total, environ deux mille personnes, venues de vingt-six sites distincts (palais de justice, pôle financier, tribunaux d’instance, etc.) intègre le nouveau site. Les opérations de déménagement ont commencé début mars et doivent s’étaler jusqu’à la mi-juillet. Environ 1 300 camions sont mobilisés pour transférer les quarante-deux kilomètres de documents, soit près de 100 000 cartons.
Depuis la mi-février, à l’approche de la première audience de lundi, celle des référés civils, des audiences à blanc et des visites ont été organisées. En correctionnelle, les procès démarreront mi-mai. Les procès d’assises se tiendront, eux, toujours sur l’île de la Cité : la cour d’appel, dont dépendent les cours d’assises, et la Cour de cassation resteront dans les murs historiques du palais de justice.

   


Combien ça coûte ?
Le financement du tribunal, sous la forme d’un partenariat public-privé (PPP), est controversé. L’association La Justice dans la cité, composée pour l’essentiel d’avocats, a mené une longue bataille judiciaire pour le maintien du TGI sur l’île de la Cité et réclamait l’annulation du contrat de PPP.
Le groupe Bouygues finance la construction du bâtiment et en assurera l’entretien et la maintenance pendant vingt-sept ans. En contrepartie, l’Etat versera un loyer pendant la durée du contrat à l’issue duquel il deviendra propriétaire de l’édifice. Le coût total du nouveau palais est de 2,35 milliards d’euros sur vingt-sept ans, soit 50 millions d’euros de loyer par an, correspondant au remboursement de l’investissement, et 35 millions d’euros de redevances de fonctionnement (prestations d’entretien, de maintenance, de renouvellement du bâtiment et de services).
Des loyers annuels « qui pèseront fortement sur le budget du ministère de la justice », a critiqué la Cour des comptes. En mars, la ministre de la justice, Nicole Belloubet, a d’ailleurs annoncé l’abandon des PPP pour les futures constructions de prisons et de tribunaux. Les travaux ont, eux, coûté 495 millions d’euros, en valeur 2012 – date de la signature du contrat de partenariat.
Ce déménagement suscite-t-il des critiques ?
Le point noir de ce déménagement est l’accès par les transports en commun, en raison du report à 2020 de l’arrivée de la ligne 14 du métro. La ligne 13, déjà surchargée, sera le principal moyen d’accès du personnel du tribunal, des centaines d’avocats et des quelque six mille particuliers qui devront s’y rendre chaque jour. « C’est un problème majeur », a reconnu le président du tribunal de grande instance de Paris.
Des critiques émergent également sur l’aménagement de l’espace : les quinze juges des enfants sont situés au onzième étage, auquel le public n’est pas censé avoir accès, alors qu’ils reçoivent des familles et des enfants.
Pour Marie-Aimée Peyron, bâtonnière de Paris, l’un des principaux problèmes du nouveau tribunal vient des « cages de verre installées dans toutes les salles d’audience ». Ces « box », réservés aux prévenus qui comparaissent détenus, « empêchent à l’avocat de s’entretenir avec son client pendant l’audience, ce qui est totalement inadmissible ». Le président du tribunal de grande instance de Paris a fait savoir qu’il souhaiterait « que l’espace non vitré soit plus important, pour faciliter la communication entre le prévenu et son avocat ».




                            


                        

                        


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Logement social : une « bourse d’échange » sera créée en Ile-de-France

Ce dispositif, qui concernera 1,2 million de logements en 2019, est destiné à favoriser la mobilité des locataires du parc social.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 17h26
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 17h42
   





                        


L’Etat souhaite fluidifier la mobilité des locataires du parc social en Ile-de-France. Ceux qui souhaitent déménager pour habiter un logement plus petit, plus grand ou plus abordable, auront, accès à une « bourse d’échange » à Paris dès le mois de septembre, a annoncé le gouvernement lundi 16 avril. Ce dispositif sera étendu à toute l’Ile-de-France à partir de 2019.
Elle concernera ainsi, à partir de l’an prochain, les locataires de tout le parc social de la région, soit 1,2 million de logements, gérés par 141 organismes.

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Les locataires des bailleurs sociaux adhérents à un « engagement-cadre en faveur de la mobilité résidentielle dans le parc social d’Ile-de-France » signé lundi devront, lorsqu’ils souhaiteront changer de logement, s’inscrire sur une plate-forme Internet.
Sur celle-ci, ils pourront déposer une annonce pour leur propre logement mais aussi rechercher des logements correspondant à leurs attentes, mis en ligne par d’autres locataires et prendre contact avec ces derniers pour organiser les visites.
La commission d’attribution des logements (CAL) devra ensuite valider ces demandes de changement, a précisé le ministère à l’Agence France-Presse (AFP).
Territoire tendu
Sur quelque 700 000 demandes de logement social en attente en Ile-de-France, 30 % sont des demandes de mutation émanant de quelque 210 000 ménages, dont le logement ne correspond plus aux attentes.
L’objectif de l’engagement-cadre signé lundi est de « renforcer la mobilité » de ces locataires afin « d’obtenir une meilleure adéquation entre l’offre et la demande », a assuré le ministère.
« L’Ile-de-France est le territoire français le plus tendu en matière de logement à travers la hausse continue des prix de l’immobilier dans le secteur privé », laquelle « s’accompagne, par rebond, d’un nombre croissant de demandeurs de logements sociaux mais d’un nombre stable d’attributions », a poursuivi le ministère.

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Or, « dans ce contexte, les perspectives de mobilité résidentielle s’avèrent souvent difficiles pour un ménage déjà logé dans le patrimoine d’un bailleur social francilien », alors que « les besoins des locataires du parc social évoluent au cours de leur vie ».
Cet engagement-cadre a été notamment signé par l’Etat, les bailleurs sociaux d’Ile-de-France représentés par Jean-Luc Vidon, président de l’AORIF et Action logement (ex-1 % logement) en la personne de son directeur général Bruno Arbouet, en présence du ministre de la cohésion des territoires, Jacques Mézard, et de son secrétaire d’Etat, Julien Denormandie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Reportage à l’université de Paris-Nanterre, lundi, où les étudiants opposés à la loi Vidal empêchaient la tenue des examens. Au grand dam des étudiants non bloqueurs qui crient à l’injustice.
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A Nanterre, le blocage des partiels divise les étudiants

Reportage à l’université de Paris-Nanterre, lundi, où les étudiants opposés à la loi Vidal empêchaient la tenue des examens. Au grand dam des étudiants non bloqueurs qui crient à l’injustice.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 16h50
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 17h01
    |

            Eric Nunès et 
Soazig Le Nevé








                        



   


Prestement, l’étudiant saisit la table renversée qui bloque l’accès à la fac de droit. Aussitôt la rumeur gronde : « Non ! Arrêtez-le ! » Deux secondes plus tard, il se retire, sa tentative ayant échoué. Une voix s’élève par-derrière : « On veut nos partiels, putain ! » L’ambiance est électrique, lundi 16 avril, à Nanterre. Il est 8 heures, et des centaines d’étudiants viennent d’apprendre que leurs partiels n’auront pas lieu, du fait du blocage organisé pour protester contre la réforme de l’accès à l’université.
« Je ne me suis pas fait chier à bosser pendant trois mois pour être stoppée le jour J devant la salle d’examen ! » Inès, étudiante en 3e année de droit, fulmine. La jeune femme, debout depuis 6 heures du matin pour passer ses partiels, a commencé la journée par deux heures de transports en commun avant d’échouer, comme plusieurs centaines de ses camarades, devant les portes fermées du bâtiment de droit. Au mégaphone, un leader du mouvement problocage explique : « Nous bloquons l’entrée, car nous demandons l’annulation de nos partiels et leur validation automatique pour ne pas pénaliser les étudiants tant qu’il y a grève. » Des huées s’ensuivent : « Ouh ! Tais-toi sale gauchiste de merde ! Nos partiels ! » 

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« En somme, ceux qui auront bossé et ceux qui n’auront rien fait auront la même note… Ce n’est pas juste », estime Anaelle, en deuxième année de double licence économie-allemand. Pis, « cela va complètement décrédibiliser nos diplômes, ajoute Guillaume, et lorsqu’on arrivera à la porte d’un master et qu’on candidatera avec notre diplôme de Nanterre, en concurrence avec des étudiants d’autres universités, qui sera reçu ? »
La méthode des bloqueurs est trop « radicale », selon Samadhi, en L3 de psychologie : « Les bloqueurs disent qu’ils se battent pour nos intérêts mais, en fait, ils ne respectent pas un instant ceux qui veulent passer et obtenir leurs examens. » « Ils ont le droit de manifester, et nous avons le droit d’étudier », témoigne également Guillaume, en 1re année de psychologie.
Alignés et solidaires entre eux, les dizaines d’étudiants qui barrent l’entrée de la fac entonnent leur refrain « Facs ouvertes aux enfants des quartiers ! Facs fermées aux intérêts privés ! » Pour faire baisser la tension, Pascal Beauvais, codirecteur de l’UFR de droit et sciences politiques, demande à parler dans le mégaphone. « Il faut rester calme. S’il vous plaît, respectez les points de vue qui sont légitimes des deux côtés. La situation est délicate, il ne faut pas tomber dans des échauffourées entre nous. »

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En tout point du campus, les entrées des bâtiments sont barricadées de chaises et de tables. Seule la bibliothèque universitaire (BU) ouvre ses portes à 8 h 30, drainant un flux d’étudiants dépités. « Nos universités ont du talent ! », rigole un étudiant devant la BU. Il rejoint un groupe de filles en train de parler de l’interview télévisée du chef de l’Etat la veille au soir. « Il ne sait vraiment pas nous parler, Macron, tranche une étudiante. Moi, je ne dis pas qu’il faut tout bloquer tout le temps, je dis qu’on doit nous écouter. Ils ne comprennent pas ça au gouvernement. J’en ai parlé une heure avec ma mère, elle était d’accord. » 
Mais alors, comment finir et valider cette année d’études ? Les questions fusent et restent sans réponse parmi les étudiants interrogés. « Les partiels pourraient être reportés à l’été », envisage une étudiante. « Moi, j’ai bossé pour être en mesure d’avoir mon diplôme maintenant. J’ai trouvé un stage en entreprise en juin, du travail durant l’été… Je devrais recommencer ? Lâcher mon stage ? Mon job ? Pourquoi ? s’étrangle Inès. Je veux passer mes partiels, comme les trois quarts de la fac. »
Bloquer la fac de droit, une opération stratégique
Un peu plus loin, devant le bâtiment réservé à la formation continue, on est en plein conciliabule. Un étudiant tente de justifier le mouvement auprès d’une dizaine de salariés, dont la formation est annulée. « Ma tante, qui est professeure à la faculté de Saint-Etienne, m’a dit que pour sélectionner, les profs allaient jusqu’à regarder les notes qu’avait le candidat au collège ! Elles étaient bonnes vos notes au collège, vous ? On va priver des jeunes de faire des études alors que l’université est le lieu du partage des savoirs. » L’échange est courtois, mais l’auditoire n’est pas convaincu. « Vous nous empêchez de suivre une formation en vue d’une reconversion professionnelle. On vient de province et ça nous coûte cher. Vous n’avez pas conscience de cela », reproche une femme avec amertume.
Aux yeux de Yaël et Adem*, la matinée est un succès. « Bloquer l’accès de la fac de droit et ses 15 000 étudiants, c’est stratégique », explique la première. Cela élargit un mouvement jusqu’ici cantonné à l’UFR Phillia (arts, lettres, langues) et aux SSA (sciences sociales et administration). « Depuis l’intervention des CRS le 9 avril, personne ne peut avoir la tête à passer ses partiels. C’est d’ailleurs pour ça que les profs réunis en AG le 12 avril ont voté pour l’attribution d’un 20/20 politique pour les partiels », complète Adem.

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Décidés à voter la poursuite du blocage lors de l’assemblée générale prévue mardi 17 avril à 10 heures, et à obtenir l’annulation de la tenue de tous les examens prévus cette semaine, les bloqueurs déployés sur le campus demandent en sus la démission du président de l’université, Jean-François Balaudé. « Sa communication mensongère, nous n’en voulons plus », clame Yaël, en référence à l’appel aux CRS le 9 avril, que le président avait justifié par la présence d’« individus non identifiés », et qui s’était soldé par sept interpellations. « C’est faux, ce sont des étudiants, nous les connaissons bien », martèle la jeune fille.

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Dans le bâtiment E occupé nuit et jour par 60 à 200 étudiants, la presse n’a pas le droit de pénétrer. « Nous avons eu trop de problèmes avec des propos déformés. Et puis nous ne pouvons pas nous exposer davantage en photo, car on reçoit des menaces quotidiennes de groupes fascistes. C’est devenu dangereux pour nous », explique Yaël.
Elle qui a fait ses premiers pas d’étudiante à Nanterre en auditrice libre parce qu’à 18 ans elle ne savait pas quelles études embrasser, voudrait que l’université ouverte qu’elle affectionne ne puisse jamais fermer ses portes à quiconque. C’est le message qu’elle est allée porter le 13 avril devant les grilles de plusieurs lycées. « Les lycéens ne se rendent pas compte de ce qui s’annonce. Ils sont super stressés par Parcoursup et se contentent de faire scrupuleusement ce que leurs professeurs leur disent. C’est dur pour eux de se mobiliser », reconnaît la jeune fille.
Yaël et Adem font le pari que leur mouvement à eux est « construit et unifié ». « Contrairement aux lycéens, nous avons les moyens de faire pression. Ce que nous vivons dans le bâtiment que nous occupons, c’est une forme alternative d’éducation. Les professeurs nous demandent de faire des listes de sujets de cours qu’ils dispensent ensuite, et nous vivons en autogestion. Cela donne de l’espoir à tous. »
A tous, ou presque. A deux pas de là, une étudiante est affairée à coller des affiches sur les murs du bâtiment autogéré. Comme si de rien n’était, l’association des étudiants en droit La Vieille de Nanterre annonce la tenue de son gala annuel, le 18 mai. Ce soir-là doit s’achever la principale période de partiels, censée débuter le 2 mai, et dont l’avenir paraît incertain.
*Les prénoms ont été modifiés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Pour gâcher la vue de Philippe, son voisin, Bruno entrepose des encombrants dans son propre jardin. Philippe estime que la vue sur ces objets constitue un trouble anormal de voisinage, dont il demande réparation.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Didier Leschi, ancien militant d’extrême gauche devenu grand commis de l’Etat, raconte avec drôlerie et délicatesse les espoirs, les coups de folie et les regrets de la génération post-68.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Hommage aux militants de l’après-Mai 1968

Didier Leschi, ancien militant d’extrême gauche devenu grand commis de l’Etat, raconte avec drôlerie et délicatesse les espoirs, les coups de folie et les regrets de la génération post-68.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 14h51
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 15h00
    |

            Sylvia Zappi








                        



                                


                            

Le livre. Se replonger dans une époque riche en hauts faits militants et en héros positifs pour raconter sa propre épopée n’est jamais chose aisée. C’est encore plus délicat quand la période évoquée est celle de ces « années rouges » qui suivirent Mai 68 et qu’on est entre-temps devenu préfet de la République.
Didier Leschi, ancien militant d’extrême gauche devenu grand commis de l’Etat, a pourtant réussi à coucher sur le papier, avec drôlerie et délicatesse, les espoirs, les coups de folie et les regrets de cette génération post-68. Celle coincée entre Dany Cohn-Bendit, Alain Geismar et Alain Krivine du côté des anciens et celle encore plus éphémère qui vécut le mouvement de 1986.
Scandé en quatre saisons, l’ouvrage raconte le parcours militant de son auteur et, avec lui, de tous ces jeunes qui, venant après les barricades de mai, regardaient sans cesse vers leurs arrières ou par-delà les frontières pour sentir l’histoire leur mordre la nuque. Ces années 1970 qui sentaient la poudre, où l’on s’affiliait à un groupe comme à une famille, où les amours plus éphémères se vivaient, elles aussi, dans l’urgence.
Ce livre parsemé de tracts, d’extraits de journaux, de déclarations politiques ou de citations d’ouvrages restitue parfaitement l’atmosphère survoltée. Les souvenirs adolescents des premiers émois amoureux se mélangent aux disputes politiques et aux excommunications. C’est drôle et touchant.
L’espoir enterré des tribus exaltées
Le haut fonctionnaire sait coucher des pages particulièrement savoureuses quand il dépeint chacune des branches de la famille trotskiste avec ses us et coutumes. L’occasion pour lui de relater le parcours de quelques-uns de ses amis d’antan : Thomas, son double, Diego sombrant dans la folie, Edwige basculant dans la clandestinité. Et d’évoquer aussi quelques figures comme Daniel Bensaïd et, bien sûr, Jean-Pierre Chevènement, qui le marquèrent. « Dans ces années de l’après-Mai, chaque...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Refusé dans le DUT informatique qu’il visait, Lucas a commencé deux licences, beaucoup douté et fait des petits boulots avant de s’expatrier en Belgique pour étudier la bio-ingénierie.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

« Mes deux ans de “retard” m’ont permis de trouver ma voie, donc ce n’est pas grave ! »

Refusé dans le DUT informatique qu’il visait, Lucas a commencé deux licences, beaucoup douté et fait des petits boulots avant de s’expatrier en Belgique pour étudier la bio-ingénierie.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 12h07
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 12h41
   





                        



   


Voix d’orientation. Le Monde Campus et La ZEP, média jeune et participatif, s’associent pour faire témoigner lycéens et étudiants de leurs parcours d’orientation. Cette semaine, Lucas S., 20 ans, étudiant en bio-ingénierie à Bruxelles. 
Après mon bac technologique STI2D, j’ai voulu me diriger vers un DUT informatique. Les technologies me passionnaient et je voulais devenir ingénieur en informatique. Mais je n’ai pas été pris malgré mon dossier, entre 12 et 13 de moyenne sur l’année, et mon bac avec mention assez bien ! J’ai appelé un des DUT, on m’a répondu qu’il y avait trop de demandes. Ils annonçaient que ce DUT comptait à peu près un équilibre entre les bacheliers S et STI2D. Mais j’ai appris que ce quota n’était pas respecté sous prétexte que… « les STI2D réussissent moins ». Ils privilégiaient les S pour avoir un meilleur taux de réussite.

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J’ai finalement été accepté en licence maths-info. Il y avait de l’informatique et c’était le plus important pour moi, mais après un bac technologique, je n’étais pas préparé pour l’université. Le niveau était bien trop élevé (j’ai dû me mettre à niveau en maths et en physique, en plus des cours qui avançaient assez vite). J’ai décroché en décembre et arrêté les cours. J’étais découragé, mais j’ai quand même postulé à nouveau en DUT informatique pour la rentrée décalée de février. Une fois encore, j’ai été refusé. Ç’a été le coup de grâce. Cet échec m’a dégoûté de l’informatique en général et même de continuer un parcours scientifique. Je me sentais très mal, à ne pas savoir quoi faire de ma vie. Depuis notre plus jeune âge, on nous bassine qu’il faut trouver sa voie rapidement sous peine de devenir inutile à la société. Les profs nous « menaçaient » de redoublement si on ne travaillait pas correctement. J’ai donc vu ce refus comme une punition plutôt qu’une nouvelle chance de réussir.
Pression sociale
J’ai alors travaillé en fast-food de février à septembre puis je me suis réorienté, par défaut, en LEA (langues étrangère appliquées) anglais-espagnol. Je me disais : « J’aime bien les langues, on verra bien, peut-être que ça me plaira. » J’ai de nouveau arrêté, parce que, cette fois, ça ne me correspondait pas. Je n’étais pas très littéraire, ce qui pose un peu problème dans cette filière...
Retour à la case départ, à me poser des questions existentielles et à douter de mes capacités. Avec en plus la pression de mes parents qui s’inquiétaient que je ne trouve pas ma voie et de me voir malheureux. Une pression sociale aussi. Voir mes amis quasiment finir leur deuxième année et entamer la troisième. Je savais que je n’étais pas seul dans cette situation, mais ça ne m’aidait pas à me sentir mieux. Ils me soutenaient, mais je me sentais nul à côté d’eux. Eux qui étaient en train de réussir. J’évitais donc le sujet autant que possible.
Pour ne pas rester inactif, j’ai trouvé un job de livreur à vélo. Puis j’ai pris rendez-vous avec une conseillère d’orientation, j’ai fait des tests de personnalité et des recherches Internet vraiment approfondies sur différentes filières et débouchés. J’ai finalement « trouvé » ma voie : l’environnement. Mais je savais qu’après deux échecs j’avais très peu de chances d’être pris dans un DUT ou en BTS, car ils ont des places limitées et sélectionnent sur dossier, et le mien n’était pas fameux. Je suis allé en Belgique en bio-ingénierie. C’est un bachelier [équivalent belge pour une licence] qui mène à un master dans les métiers de l’environnement, l’agronomie, les énergies renouvelables. J’ai repris goût aux sciences et je me sens mieux.
Je n’ai pas choisi un cursus simple
J’ai deux ans de « retard » par rapport aux gens de mon âge mais ce n’est pas un problème. Quitte à redoubler à nouveau si besoin (les sciences, ce n’est pas comme le vélo, ça se perd, donc c’est possible...) ! Je ne vois plus ça comme une punition. Il faut s’habituer de nouveau aux horaires de cours, à travailler à la maison ensuite, à retrouver un rythme d’étudiant, en fait.
Pour l’instant, j’ai du retard, car je me retrouve avec certains cours dont je n’ai jamais entendu parler au lycée, comme la biologie ou la chimie organique. Et j’ai du retard par rapport aux étudiants fraîchement sortis du lycée et qui ont moins oublié les notions importantes. Je sens que je galère. Vraiment. Je n’ai pas choisi un cursus simple, en plus. Mais le fait que cela me plaise et que j’y voie un avenir me motive. Peu importe le temps que je mettrai pour réussir (pas trop si possible, j’aimerais en voir le bout !). En tout cas, l’échec me fait bien moins peur qu’avant.

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La zone d’expression prioritaire (ZEP) accompagne la prise de parole des 15-25 ans
La zone d’expression prioritaire (ZEP) est un dispositif d’accompagnement à l’expression des jeunes de 15 à 25 ans par des journalistes professionnels. Par l’intermédiaire d’ateliers d’écriture dans des lycées, universités, associations étudiantes ou encore dans des structures d’insertion, ils témoignent de leur quotidien et de l’actualité qui les concernent.
Tous leurs récits sont à retrouver sur la-zep.fr, et, pour la plupart, ci-dessous :

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« Le Monde » aide les jeunes à s’orienter vers les études supérieures
Alors que les lycéenscommenceront, le 22 mai, à recevoir des réponses concernant leurs voeux d’orientation formulés de janvier à mars sur la nouvelle plate-forme d’admission post-bac, Parcoursup 2018, Le Monde Campus propose reportages, décryptages, tchats, à retrouver dans ses sous-rubriques Parcoursup APB et Etudes supérieures.
Retrouvez également des vidéos, témoignages et enquêtes réalisés dans le cadre de nos conférences « O21/S’orienter au 21e siècle », qui se sont tenues entre novembre et mars à Nancy, Lille, Nantes, Bordeaux et Paris, dans notre rubrique O21.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ L’examen du projet de loi Collomb démarre lundi après-midi dans l’Hémicycle de l’Assemblée nationale. Petit guide pour suivre les débats.
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Loi asile-immigration : ce que contient le texte, ce qui peut bouger, ce qui ne bougera pas

L’examen du projet de loi Collomb démarre lundi après-midi dans l’Hémicycle de l’Assemblée nationale. Petit guide pour suivre les débats.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 12h20
    |

            Manon Rescan








                        


Une semaine de débats qui s’annoncent tendus débute lundi 16 avril à 21 h 30 l’Assemblée nationale. Les députés vont discuter dans l’Hémicycle de la loi asile-immigration jusqu’à vraisemblablement vendredi tard dans la nuit.
Le texte porté par Gérard Collomb, ministre de l’intérieur, a pour ambition de réduire le délai de traitement des demandes d’asile, de faciliter les reconduites à la frontière de ceux qui en sont déboutés, mais aussi d’améliorer les protections et l’accueil des personnes qui obtiennent l’asile.

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          Les députés appelés à examiner un projet de loi asile centré sur la répression



Durant la semaine, trois lignes vont s’affronter. La majorité soutiendra le texte, mais une petite partie des députés La République en marche joindra sa voix à celle de la gauche qui conteste vivement le projet de loi Collomb. Selon eux, la volonté d’efficacité affichée par le gouvernement risque de détériorer l’accueil des migrants, voire d’empêcher certains de faire valoir leurs droits. La droite estime pour sa part que le texte ne va pas assez loin, contestera certaines des mesures en faveur de l’accueil ou tentera de durcir le texte sur certains aspects.
Aprement discuté au sein de la majorité, ce projet de loi a déjà donné lieu à de longs débats en commission début avril au cours desquels les députés de La République en marche ont modifié le projet de loi à la marge. Les négociations se poursuivent toutefois toujours avec le ministre de l’intérieur et le texte devrait encore être amendé par les députés au cours de la semaine.
Voici les principales dispositions du projet de loi, les grands débats à attendre et les points sur lequel il peut encore évoluer.

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                Gérard Collomb et les régions « submergées par les flux de demandeurs d’asile »



Ce que contient (entre autres) le texte
Les premiers articles du projet de loi concernent un renforcement des droits des personnes étrangères qui obtiennent une protection comme le droit d’asile. C’est une partie du volet « intégration » du texte, que ses opposants jugent insuffisant mais que la droite va chercher à durcir.
Il prévoit de nouveaux droits pour les personnes bénéficiaires de la protection subsidiaire et les apatrides : le titre de séjour qui leur sera accordé sera valable 4 ans, au lieu d’un an actuellement, ce qui leur évitera de lourdes démarches administratives chaque année (articles 1 et 2) ;Les enfants qui obtiennent l’asile peuvent aujourd’hui demander la « réunification familiale » en faisant venir leurs parents, le texte prévoit d’étendre cette possibilité à leurs frères et sœurs. Cette disposition est très contestée par la droite et devrait donner lieu à de vifs débats, sans doute mardi soir (article 3).
La partie la plus discutée du texte par la gauche vient ensuite. Gérard Collomb veut réduire de onze à six mois la durée moyenne de traitement des demandes d’asile en France. Pour atteindre cet objectif, le projet de loi réduit différents délais de la procédure administrative :
Les demandes d’asile pourront plus rapidement être examinées en procédure accélérée (au bout de 90 jours au lieu de 120) (article 5) ;En cas de rejet de leur demande par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), les aspirants à l’asile n’auront plus que quinze jours, contre un mois auparavant pour déposer un recours devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) (article 6) ;Dans certains cas, quand une personne a formé un recours devant la CNDA ce dernier ne sera plus suspensif, cela signifie qu’elle pourra être expulsée du territoire français (article 8) ;A différents moments de la procédure, le recours à des audiences vidéo sera facilité. Les associations et certains élus reprochent à ce mode opératoire d’être intimidant voire « inhumain » pour les demandeurs d’asile.
Tous ces volets seront vivement contestés par la gauche (socialistes, insoumis, communistes) mais aussi quelques députés de la majorité.
Par ailleurs, le gouvernement souhaite accélérer les procédures d’expulsions (appelées « éloignement » dans le projet de loi). Cet aspect est aujourd’hui l’un des parents pauvres de la politique migratoire en France, une infime partie des déboutés de l’asile sont effectivement renvoyés par les forces de l’ordre françaises aujourd’hui. Pour remédier à cela, Gérard Collomb défend plusieurs mesures dont la plus contestée est la suivante :
l’augmentation de la durée maximale de séjour en centre de rétention : elle est aujourd’hui de 45 jours, le gouvernement souhaitait l’augmenter à 90 voire à 145. Les députés ont maintenu un seuil plancher à 45 jours, mais plafonné à 90 jours (article 16).
Elle devrait aussi donner lieu à des débats tendus.

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                Immigration : qu’est-ce que le « délit de solidarité » ?



Ce qui a (entre autres) bougé
Depuis les premières copies du projet de loi, plusieurs choses ont bougé. Avant la publication du projet de loi, des associations appuyées par certains élus ont bataillé pour enlever des dispositions initialement prévues dans le texte. C’est le cas pour l’introduction de la notion de « pays tiers sûr », Etats voisins de l’Union européenne dans lesquels il aurait été possible de renvoyer certains migrants sans examiner leur demande d’asile.
Outre la question de la durée de séjour en centre de rétention, lors de l’examen en commission les députés ont adopté plusieurs amendements :
Ils ont élargi des certaines protections pour les mineurs victimes de mutilations sexuelles aux jeunes garçons et non plus uniquement aux jeunes filles ;Ils ont exclu de la liste des pays dits « sûrs », ceux où l’homosexualité est condamnée. Cela aura un impact notamment lorsque la question de renvoyer les personnes déboutées de l’asile dans leur pays d’origine se posera ;Ils ont ajouté quelques conditions au recours aux audiences vidéo, notamment pour s’assurer de la qualité technique de la transmission et la présence d’un interprète dans la salle d’audience ;Ils ont exigé la prise en compte de l’« état de vulnérabilité » des personnes avant leur placement en centre de rétention administrative ;Ils ont prévu une garantie pour les mineurs étrangers qui suivraient un contrat d’apprentissage hors procédure d’asile, afin que celui-ci ne soit pas rompu s’ils décidaient de lancer une telle démarche.
Ce qui peut encore évoluer
Les députés espèrent avancer encore sur plusieurs points, parmi eux :
un aménagement du délit de solidarité, afin de faire en sorte que les personnes qui aident au séjour et à la circulation de personnes en situation irrégulière en France ne puissent plus être poursuivies. L’amendement, cher à la majorité, s’est avéré très délicat à rédiger, car le gouvernement est très vigilant sur le fait qu’il ne favorise par les réseaux de passeurs. Le fait de faire traverser la frontière à une personne étrangère sera ainsi toujours considéré comme un délit, mais des députés réfléchissaient à un aménagement notamment lorsqu’il s’agit de personnes vulnérables ;Les députés veulent enfin permettre aux demandeurs d’asile de pouvoir travailler au bout de six mois, contre neuf aujourd’hui. C’est l’un des points fort issu du rapport sur l’intégration des étrangers en France remis par le député Aurélien Taché au gouvernement en février. Ce document, publié à la veille de la présentation du projet de loi Collomb, était conçu comme devant inspirer la jambe « sociale » de la politique migratoire du gouvernement. Les députés de la majorité comptaient beaucoup dessus pour rééquilibrer le texte de la loi en cours d’examen, mais les enrichissements qui en proviennent sont finalement marginaux.
Ce qui ne devrait pas bouger
De nombreux députés souhaitaient interdire le principe du placement des enfants en centre de rétention administrative. La porte est fermée du côté du gouvernement mais le débat devrait tout de même avoir lieu dans l’Hémicycle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Poursuivre un suspect qui refuse de donner ses codes d’accès est jugé constitutionnel.
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En garde à vue, le droit au silence s’arrête au code de son téléphone

Poursuivre un suspect qui refuse de donner ses codes d’accès est jugé constitutionnel.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 10h58
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            
Fait rarissime en matière de protection des libertés, le Conseil constitutionnel a eu, à l’occasion d’une décision du 30 mars passée largement inaperçue, une interprétation de la loi plus sécuritaire que ne le souhaitait le gouvernement. L’institution présidée par Laurent Fabius et le premier ministre se sont retrouvés à front renversé lors de l’examen d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC).
Celle-ci portait sur l’article 434-15-2 du code pénal qui punit de trois ans d’emprisonnement et de 270 000 euros d’amende le refus de remettre aux autorités judiciaires « une convention secrète de déchiffrement d’un moyen de cryptologie susceptible d’avoir été utilisé pour préparer, faciliter ou commettre un crime ou un délit ». Cet article, apparu dans la loi antiterroriste de novembre 2001 qui avait suivi les attentats du 11 septembre 2001, est aujourd’hui utilisé pour tout type de délit.
« Pas un moyen de cryptologie »
La personne à l’origine de la QPC est poursuivie pour avoir refusé de donner le code de son téléphone portable alors qu’elle était en garde à vue pour détention de stupéfiant. Selon son avocat, Karim Morand-Lahouazi, cela est contraire au droit de se taire et de ne pas s’auto-incriminer consacré par la Cour européenne des droits de l’homme. De plus, il affirme que cet article concerne les fabricants de matériel et de logiciels de chiffrement, et non les particuliers dont « le code d’accès au téléphone n’est pas un moyen de cryptologie ».
Lors du débat sur la loi « sécurité intérieure » qui a pris la suite de l’état d’urgence, la disposition censée permettre, dans le cadre des mesures de surveillance, de demander ses identifiants numériques à une personne soupçonnée de constituer une menace a été rejetée par le Sénat au nom du droit au respect de la vie privée, au secret des correspondances et à la liberté d’expression.
Intervenant au nom d’un second justiciable, l’avocat Yves Levano a résumé la situation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Un décret que « Le Monde » s’est procuré s’attaque à la demande d’asile haïtienne et pourra « être généralisé » à d’autres territoires.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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La Guyane, laboratoire d’une méthode pour limiter l’asile

Un décret que « Le Monde » s’est procuré s’attaque à la demande d’asile haïtienne et pourra « être généralisé » à d’autres territoires.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 10h23
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 11h29
    |

            Maryline Baumard








                        



                                


                            
Une machine de guerre contre le droit d’asile… Sous ses airs de texte juste pensé pour un territoire à 7 000 km de Paris, le « décret Guyane » – de son vrai nom « décret portant expérimentation de certaines modalités de traitement des demandes d’asile en Guyane » – menace potentiellement l’accès au statut de réfugié partout en France.
Pas encore publiques, ces trois pages que Le Monde s’est procurées devraient être validées mardi 17 avril par le Conseil d’Etat. Dans un premier temps, elles visent à réduire le nombre de demandeurs d’asile haïtiens en Guyane en resserrant de façon draconienne les délais de dépôt et de traitement des dossiers à Cayenne. Une fois que la formule aura fait ses preuves sur ces terres lointaines, elle pourra ensuite s’imposer à toute demande d’asile déposée ailleurs sur le territoire français.
La notice qui accompagne ce texte estampillé République française rappelle que « les impacts du présent décret seront évalués en vue de mesurer l’opportunité de mettre en place des dispositions similaires sur d’autres territoires ». Et comme si l’argument ne suffisait pas, il est rappelé dans les articles 2 et 3 que cette expérimentation prévue pour dix-huit mois peut être arrêtée ou prorogée d’un an avant que ne soit décidée « une éventuelle généralisation de l’expérimentation ».
Avis négatif
Sur le fond, ces trois pages proposent une version encore plus expéditive de la réduction des délais que ce que va mettre en place la loi asile-immigration de Gérard Collomb, qui devrait être votée cette fin de semaine à l’Assemblée nationale. « Qu’il arrive dans le paysage comme une suite logique à la nouvelle loi asile n’est pas anodin à nos yeux », s’inquiète Johan Ankri, le cosecrétaire général du syndicat Asyl de l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra).
Avec le texte sur la Guyane, « l’étranger dispose d’un délai de sept jours pour introduire sa demande...




                        

                        


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Gérard Collomb et les régions « submergées par les flux de demandeurs d’asile »

Le ministre de l’intérieur s’inscrit en rupture avec ses prédécesseurs dans la présentation qu’il a faite du projet de loi asile-immigration.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 10h17
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 10h25
    |

            Maryline Baumard








                        



                                


                            
En matière de migration ou d’asile, seize lois majeures se sont déjà succédé depuis 1980. Gérard Collomb aura la sienne, certes, mais « avec un texte qui rompt la tradition française de séparation des deux sujets, observe l’avocat Alexandre Duval-Stalla, membre de la Commission nationale consultative des droits de l’homme. Ce n’est que la troisième fois, dans l’histoire récente, que l’asile et le séjour des étrangers sont mêlés dans un même texte de loi. Pour l’heure, Jean-Pierre Chevènement, en 1998, et Brice Hortefeux, en 2007, avaient été les deux seuls d’une longue lignée à lier ces sujets ».
S’y ajoutera donc bientôt Gérard Collomb. L’actuel ministre de l’intérieur s’inscrit en rupture avec ses prédécesseurs dans la présentation qu’il a faite, devant la commission des lois de l’Assemblée nationale mardi 3 avril, de la nécessité de voter son texte.
« Résoudre la crise migratoire »
Les termes employés comme les images maniées ce soir-là par le ministre d’Etat empruntent en effet plus largement au lexique de l’extrême droite qu’à la gauche socialiste dont est issu M. Collomb. La « vague » et le « grand remplacement » sont convoqués sans ménagement, puisque « certaines régions sont en train de se déconstruire parce qu’elles sont submergées par les flux de demandeurs d’asile », a-t-il expliqué, avant de craindre que, « si nous restons sans réaction, ce sont quelques centaines de miZlliers de personnes qu’il nous faudrait accueillir chaque année en France ».
Et surtout que, « si nous ne résolvons pas le problème auquel nous devons faire face avec humanisme et efficacité, d’autres demain se chargeront de le résoudre sans humanisme, mais avec une grande volonté d’efficacité ». S’y ajoute le vocabulaire de la « maîtrise », l’emploi récurrent de l’expression « résoudre la crise migratoire », vendu comme une promesse de résultat…

Sauf à se souvenir des leçons de l’Histoire ou à observer l’application...




                        

                        


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Mamadou et Abdulaye, l’envie de rester en France plus forte que la peur de l’expulsion

L’un a passé seize années sans papiers et a été régularisé par le travail. L’autre vient de revenir après avoir été expulsé vers l’Italie.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 10h14
    |

            Maryline Baumard








                        



                                


                            
Leur volonté de vivre en France a été plus forte que les expulsions et la vie sans papiers des années durant dans la capitale. Mamadou, le Malien, et Abdoulaye, le Guinéen, viennent de marquer des points contre la France des renvois. Une administration qui, depuis seize ans, laissait le premier sans titre de séjour, et qui avait renvoyé le second en Italie il y a deux semaines.
Mais jeudi 12 avril, Mamadou, 43 ans, s’est vu remettre de la main d’une fonctionnaire de la Préfecture de police de Paris, son premier récépissé de demande de titre de séjour et Abdoulaye, 29 ans, est revenu de son expulsion vers l’Italie. Un jour qui restera marqué d’une pierre blanche pour le Malien et le Guinéen.
Mamadou a soigneusement écrit son nom en bas de la feuille cartonnée, ce « récépissé de demande de titre de séjour » dont il rêvait depuis si longtemps. Abdoulaye, lui, a retrouvé ses compagnons d’infortune sur les bords du bassin de La Villette à Paris, dans l’après-midi du même jour. Reparti de Rome la veille, il est passé tôt le matin de l’Italie à la France, alors que les autorités françaises voulaient qu’il reste de l’autre côté des Alpes.
« J’ai eu de la chance pour cette deuxième entrée en France. J’ai tenté le passage en train, le plus facile depuis Vintimille, alors que la première fois que je suis monté vers la France, j’avais marché toute la nuit, raconte-t-il. Je suis passé devant les policiers qui normalement contrôlent tous les Noirs à la gare. Il ne s’est rien passé… » 
Avec ses écouteurs, son jean troué, Abdoulaye surjoue ce look européen, qu’il estime protecteur.
« On repart… et on revient »
A son arrivée en Sicile au printemps 2017, depuis la Libye, on lui a pris ses empreintes à la descente du bateau, et elles ont été mises dans le fichier Eurodac. Ce geste a suffi à faire de l’Italie le pays responsable de sa demande d’asile au regard du règlement européen de Dublin.
« Mon but était pourtant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ En pleine introspection, l’Ecole nationale d’administration veut convaincre des profils atypiques de « sauter le pas » en passant le concours.
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L’ENA mène campagne sur les réseaux sociaux

En pleine introspection, l’Ecole nationale d’administration veut convaincre des profils atypiques de « sauter le pas » en passant le concours.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 06h37
    |

            Soazig Le Nevé








                        



                                


                            

Elle veut faire parler d’elle, montrer sa volonté d’ouverture en dépit d’un lourd passif de reproduction sociale des élites – maintes fois établie par les sociologues – depuis sa création en 1945. Soixante-treize ans plus tard, l’Ecole nationale d’administration (ENA) souhaite à toute force « normaliser » son ADN.
« Sautez le pas ! » : c’est le slogan que l’établissement a choisi pour convaincre de jeunes talents de s’inscrire à l’un de ses trois concours d’entrée d’ici au 27 avril. Nouveaux territoires visés : les réseaux sociaux. Avec des messages détournant des expressions et slogans connus : « Vous rêvez de devenir acteur (des politiques publiques) ? Sautez le pas » ; « Une carrière de pilote (de projet européen) ? Sautez le pas » ; « Une vocation d’exploratrice (de la diplomatie française) ? Sautez le pas » ; « Vous auriez voulu être un artiste (du management public) ? Sautez le pas »…

« Nous constatons une moindre attractivité des métiers de la fonction publique, explique au Monde le directeur de l’école, Patrick Gérard. L’ensemble des concours, qu’il s’agisse de l’INET pour la fonction publique territoriale, de l’EHESP pour les directeurs d’hôpitaux ou des IRA pour les attachés d’administration, enregistrent une baisse des candidatures. Les IEP eux-mêmes, qui étaient le lieu de préparation idoine, voient leurs élèves s’inscrire dans d’autres projets de carrière, à l’international ou en entreprise. » Bien plus que la fonction publique, « le privé attire et l’argent sans doute aussi », suppute le directeur.

Ainsi le concours externe 2017 de l’ENA a-t-il perdu 172 candidats par rapport à l’année précédente, soit une baisse de 15,6 %. Entre 2010 et 2017, le nombre total de candidats aux trois concours (externe réservé aux étudiants ; interne, réservé aux fonctionnaires ; troisième concours réservé aux salariés du privé ou du secteur associatif) est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Alors que Macron a promis que « tout ce qui devra être évacué le sera », plusieurs milliers de personnes se sont rendues sur la ZAD pour contester la méthode employée.
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Le gouvernement embourbé dans le dossier de Notre-Dame-des-Landes

Alors que Macron a promis que « tout ce qui devra être évacué le sera », plusieurs milliers de personnes se sont rendues sur la ZAD pour contester la méthode employée.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 06h36
    |

                            Yan Gauchard (Nantes, correspondant) et 
Pierre Bouvier (Notre-Dame-des-Landes, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (NDDL), l’Etat a décidé de mettre les grands moyens. Deux mille cinq gendarmes mobiles se relaient depuis le 9 avril pour expulser les occupants illégaux et détruire leurs installations sur le site l’aéroport dont le projet a été abandonné le 17 janvier.
C’est à ce déploiement de force qu’ont voulu répondre plusieurs milliers de personnes (3 300, qui ont rejoint les 700 présents sur la zone, selon la préfecture, contre 15 000 à 20 000 annoncés par les organisateurs), dimanche 15 avril.
Mobilisés à l’appel des mouvements opposés à la construction de l’aéroport, ils voulaient reconstruire, symboliquement, une cabane. « Ils détruisent, nous reconstruisons » était l’un des nombreux slogans lancés par les participants à cette journée.
Il n’est pas certains que leur message ait été entendu. Le président de la République a expliqué, dimanche soir, lors d’une interview à BFMTV et Mediapart : « tout ce qui devra être évacué le sera » sur la ZAD, à l’issue du délai de régularisation fixé au 23 avril laissé par le gouvernement aux occupants illégaux.
Etre présents malgré les obstacles
La matinée de dimanche a commencé par sa routine traditionnelle : une incursion des gendarmes vers les barricades, donnant lieu à des échanges tendus, projectiles en tous genres contre grenades lacrymogènes.
Pour cette journée que les organisateurs voulaient pacifique, les gendarmes avaient décidé de tester la détermination des partisans en bloquant le périmètre. Pour rejoindre les pâtures humides, nombreux sont ceux qui se sont infligé une dizaine de kilomètres aller-retour en crapahutant à travers les champs détrempés tout en portant du ravitaillement. Venue du Morbihan, Anita, 61 ans, a fermé la boutique qu’elle tient dans une commune touristique : « C’est le début de la saison, le moment pour remplir le tiroir-caisse, mais je m’en fiche. »
Comme elle, nombreux étaient les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Ce projet, que le ministère de l’intérieur qualifie d’« équilibré », est unanimement dénoncé par les acteurs du secteur. 1 110 amendements ont été déposés pour la discussion à l’Assemblée nationale.
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Les députés appelés à examiner un projet de loi asile centré sur la répression

Ce projet, que le ministère de l’intérieur qualifie d’« équilibré », est unanimement dénoncé par les acteurs du secteur. 1 110 amendements ont été déposés pour la discussion à l’Assemblée nationale.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 10h26
    |

            Maryline Baumard








                        



                                


                            

Moins de réfugiés, plus d’expulsés… Le projet de loi qui devait arriver à l’Assemblée nationale ce lundi 16 avril déborde à peine de ces deux lignes de force. Bien que baptisé « Pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie », il marie surtout dissuasion et répression au fil de ses 41 articles, négligeant pour l’heure le volet intégration.
Le passage en commission des lois du 3 au 6 avril a certes adouci la copie du ministre de l’intérieur sur la rétention, avec un doublement de sa durée contre le triplement souhaité par Gérard Collomb. En dépit de 901 amendements déposés, c’est le changement majeur du texte gouvernemental car, de l’avis de plusieurs députés, « le ministère de l’intérieur s’est crispé sur sa version » et « M. Collomb met sa tête en balance si on en touche une virgule ». 
Aussi, les 1 110 nouveaux amendements déposés pour la discussion en séance ne devraient pas changer la nature du texte. En réunion de groupe mardi 10 avril, le patron des députés de la majorité à l’Assemblée, Richard Ferrand, a menacé d’exclure les élus qui ne se plient pas à la discipline du groupe. Une menace qui n’a pas empêché le député du Maine-et-Loire Matthieu Orphelin d’annoncer son refus de voter. D’autres, jouant une stratégie moins frontale, pourraient être partis en vacances au moment du vote, prévu dans la nuit de vendredi à samedi.

Ce projet, que le ministère de l’intérieur qualifie d’« équilibré », est unanimement dénoncé par les acteurs du secteur. Avocats, juges, personnels de l’asile (aussi bien de la Cour nationale du droit d’asile que de l’Office français des réfugiés et des apatrides), mais aussi le Défenseur des droits, Jacques Toubon, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Adeline Hazan, y lisent une limitation drastique des droits des étrangers en France. Même le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a fait savoir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Syrie, colères sociales, loi asile-immigration… le chef de l’Etat a répondu pendant près de trois heures aux questions de Jean-Jacques Bourdin et d’Edwy Plenel, dimanche soir.
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Ce qu’il faut retenir de l’interview d’Emmanuel Macron sur BFM-TV, RMC et « Mediapart »

Syrie, colères sociales, loi asile-immigration… le chef de l’Etat a répondu pendant près de trois heures aux questions de Jean-Jacques Bourdin et d’Edwy Plenel, dimanche soir.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 23h29
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 12h20
   





                        



Deux interviews en quatre jours, et deux émissions au ton radicalement différent. Après le journal télévisé de Jean-Pierre Pernaut sur TF1 jeudi, et à l’occasion du premier anniversaire de son arrivée à l’Elysée, Emmanuel Macron a répondu aux questions de Jean-Jacques Bourdin et d’Edwy Plenel sur BFM-TV, RMC et Mediapart, dimanche 15 avril, s’expliquant pendant près de trois heures sur de nombreux sujets. L’interview a été suivie par 3,8 millions de téléspectateurs sur BFM-TV, soit une part d’audience de 15,8 %, selon Médiamétrie.
Les échanges avec les journalistes ont été vifs et musclés, Emmanuel Macron qualifiant l’exercice d’« inédit ». « Vous êtes des intervieweurs et je suis le président de la République », a ainsi répondu le chef de l’Etat à Jean-Jacques Bourdin. Il a aussi critiqué les « insinuations » et les « amalgames » des journalistes.
Syrie, colères sociales, fiscalité… voici les principaux points à retenir de l’interview du chef de l’Etat.

        Revivez l’interview notre direct
         

          sur l’entretien d’Emmanuel Macron sur BFMTV et « Mediapart »



Frappes en Syrie : une opération « réussie » et « légitime »
A la différence du président américain, Donald Trump, et de la première ministre britannique, Theresa May, Emmanuel Macron ne s’était pas exprimé à la télévision en direct au moment où il lançait à leurs côtés, dans la nuit du 13 au 14 avril, l’opération aérienne ciblant trois sites du programme d’armement chimique syrien. Il est revenu longuement sur cette opération dimanche, saluant d’abord une opération « réussie sur le plan militaire ». Les « capacités de production d’armes chimiques [du régime syrien] ont été détruites », a-t-il dit.
Emmanuel Macron a rappelé sans surprise le narratif déjà amplement développé par le ministère des affaires étrangères, comme par la défense et l’Elysée, pour justifier l’intervention au vu des preuves recueillies sur le terrain – sur lesquelles il ne s’est pas étendu – montrant la réalité de l’attaque chimique et l’implication du régime. L’intervention s’est faite « de façon légitime dans le cadre multilatéral. […] C’est la communauté internationale qui est intervenue », a-t-il ajouté.

Entre les lignes, Emmanuel Macron a répondu à Jean-Luc Mélenchon, leadeur de La France insoumise, et à une partie de la classe politique qui lui reproche de ne pas avoir consulté le Parlement avant de décider l’intervention en Syrie. Le président a répondu par le texte de la Constitution « votée par le peuple français », a-t-il souligné, qui prévoit que le chef de l’Etat est le chef des armées.
Lundi à 17 heures aura lieu à l’Assemblée nationale et au Sénat un débat sans vote sur les frappes françaises. La Constitution prévoit qu’en cas d’intervention militaire, le gouvernement a au maximum trois jours pour informer le Parlement de son action.

        Sur le débat :
         

          La participation de la France aux frappes en Syrie débattue lundi au Parlement



Emmanuel Macron a surtout insisté sur le rôle central que peut et doit jouer la France pour transformer l’essai sur le plan diplomatique. « La finalité est de construire une solution inclusive et c’est un point de vraie convergence avec la Russie », a-t-il dit, soulignant aussi l’intense activité diplomatique française, notamment aux Nations unies (ONU), pour relancer une possible solution politique à une guerre qui a déjà fait plus de 350 000 morts en sept ans.
Il a enfin assuré avoir « convaincu » les Etats-Unis « qu’il fallait rester dans la durée » en Syrie, mais la Maison Blanche a tenu a rappelé dimanche que le président Trump « veut que les forces américaines rentrent dès que possible ».
SNCF, NDDL, étudiants… « Il n’y a pas de coagulation des mécontentements »
« J’entends les colères », a dit le président français. Parmi ces colères, celle des cheminots, que le président a dit « comprendre ». Il a toutefois répété que la réforme de la SNCF irait « jusqu’à son terme », et confirmé que l’Etat reprendrait progressivement une partie de la dette de l’entreprise quand le groupe serait réformé, sans toutefois avancer de montant. « Oui, à partir du 1er janvier 2020, l’Etat reprendra progressivement de la dette » de SNCF Réseau, qui devrait alors atteindre une cinquantaine de milliards d’euros, a-t-il déclaré.
Emmanuel Macron juge en revanche « illégitime » la colère des opposants à l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes :
« Il y a une décision qui a été prise (…), vous me parlez d’une colère aujourd’hui mais la colère de qui ? De gens qui depuis des années bloquaient un endroit où on faisait construire un aéroport qu’on ne construit pas et qui aujourd’hui viennent continuer à protester ? »
A l’issue du nouveau délai de régularisation du 23 avril laissé par le gouvernement aux occupants illégaux, il a répété que « tout ce qui devra être évacué le sera ». 

        Sur ce dossier :
         

          Le gouvernement embourbé dans le dossier de Notre-Dame-des-Landes



A propos du mouvement étudiant contre la loi pour l’orientation et la réussite des étudiants (ORE), Emmanuel Macron a défendu les présidents d’université qui demandent l’intervention des forces de l’ordre. « Dans toutes les universités où il y a des amphis paralysés et des violences inadmissibles, les étudiants sont souvent minoritaires, a-t-il dit. Ce sont des groupes et “des professionnels du désordre”, pour citer Audiard. »

        Universités bloquées :
         

          les examens s’organisent tant bien que mal



Surtout, Emmanuel Macron a estimé que les différents mouvements sociaux en cours ne correspondaient « pas à une coagulation » des « mécontentements ». « Le mécontentement des cheminots a peu à voir avec le mal-être profondément légitime à l’hôpital qui dure depuis des années… », a précisé le chef de l’Etat.
« Mon objectif reste de réconcilier et d’unir le pays, mais on ne l’unira pas par l’inaction, en cédant à la tyrannie de minorités qui se sont habituées à ce que l’on cède. »
Un cinquième risque de la Sécurité sociale
Concernant le domaine de la santé et ce mal-être à l’hôpital, Emmanuel Macron a admis des situations « insoutenables », notamment dans les services d’urgence, et fait savoir qu’il n’y aurait « pas d’économies sur l’hôpital dans ce quinquennat ».
« L’hôpital est étranglé par un système devenu comptable qui s’appelle la tarification à l’activité. Nous avons augmenté le budget de la santé mais pas au rythme que certains voulaient », a-t-il dit. Emmanuel Macron a promis pendant la campagne de plafonner à 50 % la tarification à l’activité (T2A) des hôpitaux, promesse rappelée par la ministre de la santé, Agnès Buzyn, lors de la présentation à la mi-février d’une réforme globale de l’hôpital. Le chef de l’Etat a par ailleurs dit qu’il annoncerait des décisions fin mai sur le sujet.

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A propos des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), Emmanuel Macron s’est engagé clairement, pour la première fois, à créer un cinquième risque de la Sécurité sociale consacré à la dépendance. La mesure, promise en 2007 par Nicolas Sarkozy mais jamais mise en œuvre, ne figurait pas dans son programme. Elle est prise sous la pression d’un mouvement de protestation des personnels des Ehpad, qui dénoncent depuis plusieurs mois des conditions de travail dégradées.
« Il faut investir et médicaliser » ces établissements, a affirmé Emmanuel Macron. S’il s’est engagé à « poser les bases » d’un « financement pérenne » de la perte d’autonomie, il n’a rien dit de précis sur la future réforme. Interrogé sur la possibilité de travailler un jour férié pour financer en partie la prise en charge du grand âge, il a simplement dit qu’il n’était « pas contre » et que c’était une piste « intéressante ». Il a également donné un calendrier : une élaboration au deuxième semestre 2018 pour une présentation début 2019.

   


Sur la fiscalité, pas d’impôt nouveau d’ici à 2022
Emmanuel Macron a de nouveau assumé « l’effort » demandé aux retraités, « pour pouvoir réussir à baisser les cotisations sociales salariales de tous les travailleurs pour que le travail paye mieux », tout comme sa réforme de l’impôt sur sa fortune.
« J’assume totalement les gestes fiscaux qui ont été faits sur l’ISF lorsque l’argent est réinvesti dans l’économie. […] Le but est [aussi] de garder les talents et de les attirer [en France]. Je veux qu’[en France] on puisse travailler et être encouragé dans le travail. »
Emmanuel Macron a en revanche assuré que la fiscalité n’augmenterait pas en France durant son quinquennat : « Il n’y aura pas de création d’un nouvel impôt local, ni d’un impôt national, il n’y aura pas d’augmentation de la pression » fiscale d’ici à 2022, a-t-il assuré.
Le voile n’est « pas conforme à la civilité qu’il y a dans notre pays »
Concernant le voile, Emmanuel Macron a affirmé qu’il nous « insécurisait » car il n’était « pas conforme à la civilité qu’il y a dans notre pays, au rapport qu’il y a entre les hommes et les femmes ». « Nous sommes attachés à cette égalité qu’il y a entre l’homme et la femme, nous ne comprenons pas qu’il y ait cette différence, cette distance, cette séparation, a-t-il ajouté. C’est ça qui vient bousculer notre philosophie profonde. »
Sur l’islamisme et les « enfants de la République qui sont prêts à céder à la tentation du djihad », le chef de l’Etat a affirmé qu’il fallait mener un « travail de reconquête » : 
« Nous avons aujourd’hui des femmes et des hommes qui, au nom de l’islam, proposent de sortir de la République. La seule manière d’y répondre, c’est d’interdire leur activité et de remettre de la République. D’avoir un meilleur contrôle des écoles lorsqu’elles ne sont pas conformes aux valeurs de la République et de la laïcité. »
Sur la loi asile-immigration, des discussions « légitimes »
Evoquant les désaccords au sein de la majorité sur la loi asile-immigration, Emmanuel Macron déclare qu’il y a des « discussions légitimes » et un « débat démocratique » dans le groupe La République en marche. Les débats vont reprendre dans l’Hémicycle lundi soir sur ce projet de loi, qui gêne une partie de la majorité. Selon elle, le texte provoquera un recul des droits des aspirants à l’asile. Un long travail de conciliation a été mis en place dans le groupe majoritaire, mais une partie des députés ont cependant déposé par petits groupes des amendements pour contester le texte en commission.
Les députés LRM « sont libres, ils exprimeront leurs convictions », assure le chef de l’Etat. Le chef de la majorité, Richard Ferrand, a cependant prévenu que les députés qui voteraient contre le texte couraient le risque d’être exclus du groupe. « M. Ferrand, il fait son rôle de chef de groupe et il le fait très bien », estime Emmanuel Macron, alors que le style de Richard Ferrand est fréquemment contesté par des parlementaires, qui le jugent souvent sec et cassant.

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Concernant le délit de solidarité, Emmanuel Macron a rapporté qu’il souhaitait qu’il soit « adapté » – mais pas supprimé. C’est également la volonté de la majorité, qui devait déposer un amendement au projet de loi asile immigration à ce sujet. « Il y a des personnes qui sauvent des vies, a déclaré le chef de l’Etat. Il faut qu’on adapte notre droit, que ce geste d’humanité ne soit pas condamné. » Les députés travaillent à une formulation qui permettrait notamment que l’accueil et l’aide à la circulation de personnes séjournant illégalement sur le territoire français ne soient plus condamnables.
Sur le livre de François Hollande, il récuse toute « duplicité »
Interrogé sur la critique d’une « duplicité » émise dans l’ouvrage Les Leçons du pouvoir, de François Hollande, le président a répondu :
« Ces cinq années, j’ai toujours dit ce que je faisais et ce que je pensais, y compris quand il fallait assumer des désaccords. Si c’est ça qu’on appelle la duplicité ! » 
« Simplement, il y a un malentendu : je ne considère pas qu’être ministre, c’est être un obligé », a ajouté le président, qui défend que, dans son gouvernement, il y a « des femmes et des hommes libres », qui sont aussi « dans un collectif auquel [il] croi[t] ».

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Emmanuel Macron lira « sans doute » le livre de François Hollande, qui a « sa part de vérité » et pour lequel il a « du respect ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Une cinquantaine de militants de l’association pro-vélo Paris en selle ont formé, vendredi 13 avril, une chaîne humaine afin de garantir le passage des cyclistes sur la bande cyclable boulevard Saint-Denis, à Paris.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Emmanuel Macron a rappelé cette semaine sa volonté d’aller au bout de cette réforme, qui vise à réduire la mortalité sur les routes secondaires.
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Les motards défilent dans toute la France contre la limitation à 80 km/h

Emmanuel Macron a rappelé cette semaine sa volonté d’aller au bout de cette réforme, qui vise à réduire la mortalité sur les routes secondaires.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 03h55
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 12h21
   





                        



   


Des milliers de motards et d’automobilistes en colère ont manifesté, samedi, dans plusieurs villes de France pour dénoncer la future limitation à 80 km/h de la vitesse sur les routes secondaires. A Lyon, 600 personnes se sont rassemblées en début d’après-midi, selon la préfecture du Rhône.
« Le président Macron ne veut pas reculer. Nous non plus. Il est temps qu’il le comprenne. Pourquoi engager une expérimentation alors que les faits montrent que cela n’a pas marché ? », s’est interrogé Julien, coordinateur adjoint de la manifestation organisée par la Fédération française des motards en colère (FFMC).
D’autres rassemblements se sont tenus dans plusieurs autres villes de France, parfois très nourris. A Strasbourg, plus de 2 000 motards ont ainsi investi la place de la République, où planait une forte odeur de pneu brûlé, a constaté un journaliste de l’AFP.

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« Le soutien s’amplifie. Quand Edouard Philippe dit qu’il restera droit dans les bottes, on veut lui dire que, nous, les bottes on connaît, et on le restera aussi », a assuré François Dillenseger, responsable de la coordination pour le Bas-Rhin, avant de poursuivre :
« Les 80, c’est un écran de fumée. Ça ne sauvera pas de vie. Déjà, cela va coûter beaucoup d’argent, des panneaux, des routes à aménager. Les mesures contre les téléphones portables, c’est justifié, je suis pour. Mais les 80… Même au Danemark, ils sont passés de 80 à 90 sur deux ans. »
Emmanuel Macron inflexible
Les mêmes scènes se sont ainsi répétées à Clermont-Ferrand, Toulouse, Orléans et Grenoble, ou encore en Bretagne et dans le département de l’Orne.
Le gouvernement avait annoncé le 9 janvier un plan de sécurité routière prévoyant la réduction de 90 km/h à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur 400 000 km de routes secondaires. Principal argument avancé par le pouvoir : ces routes ont concentré 55 % des accidents mortels en 2016.
Mais la mesure est très loin de faire l’unanimité dans l’opinion publique : selon un sondage AXA Prévention publié en début de semaine, 76 % des Français restent opposés à l’abaissement de la limitation de vitesse.
Jeudi 12 avril, sur TF1, Emmanuel Macron a cependant rappelé son souhait de mettre en place cette mesure. « Notre sang s’est échauffé », car « ça ennuie les Français qu’on régule la route », a tout de même reconnu le chef de l’Etat. Il a aussi annoncé deux « engagements » : l’argent perçu par les contraventions sera accordé aux « hôpitaux qui soignent les blessés de la route » et si la réforme « n’est pas efficace », « on ne la gardera pas ».

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