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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Le chef de l’Etat va présenter mardi ses projets de réformes de l’UE devant le Parlement de Strasbourg.
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Paris tente de relancer l’« effet Macron » en Europe

Le chef de l’Etat va présenter mardi ses projets de réformes de l’UE devant le Parlement de Strasbourg.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 16h45
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Relancer la dynamique des réformes dans l’Union européenne (UE) alors qu’elle s’essouffle sérieusement. C’est l’objectif de l’exercice auquel se livrera Emmanuel Macron au Parlement européen, à Strasbourg, mardi 17 avril, lors d’un discours suivi d’un débat très attendu par les députés européens. L’intervention est un moment important pour le président, qui a placé la transformation de l’UE au cœur de sa stratégie. Mais six mois après avoir salué son discours de la Sorbonne, les autres dirigeants européens sont de plus en plus réticents à suivre l’ambitieux chemin qu’il avait alors tracé. Le statu quo menace, à un an du scrutin des européennes de mai 2019.
M. Macron devrait souligner dans sa prise de parole à quel point le moment est crucial pour l’UE, cernée par des défis multiples : un partenaire américain imprévisible, la Russie de plus en plus menaçante, la guerre en Syrie… « L’idée n’est pas de refaire un discours de la Sorbonne, mais d’insister sur l’urgence à agir, la nécessité de développer un modèle européen démocratique », insiste-t-on à l’Elysée.

Face aux désordres du monde, « l’Europe veut-elle s’affirmer, ou au contraire rester en position de défense ? C’est un débat fondamental », insiste un diplomate bruxellois. La France de Macron a choisi le volontarisme : elle frappe en Syrie, veut que Bruxelles réplique aux menaces de taxes sur l’acier et l’aluminium du président américain, Donald Trump, et insiste pour que les GAFA, champions de l’évasion fiscale, soient soumis à un impôt spécifique.
Mais les autres dirigeants ne manifestent pas autant d’entrain. En septembre 2017, ils étaient pourtant nombreux à avoir salué le discours de la Sorbonne et ses dizaines de propositions (taxe carbone aux frontières, listes transnationales pour les européennes, relance de l’intégration de la zone euro, etc.). Mais le contexte était différent : à Bruxelles, on espérait que la victoire d’Emmanuel Macron marque un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Les Vingt-Huit ont réitéré leur soutien à l’opposition syrienne dans la recherche d’une solution négociée au conflit.
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Syrie : des ministres européens unanimes, mais seulement pour « comprendre » l’action militaire

Les Vingt-Huit ont réitéré leur soutien à l’opposition syrienne dans la recherche d’une solution négociée au conflit.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 15h14
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 15h15
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Luxembourg, envoyé spécial)








                        



   


Les ministres des affaires étrangères de l’Union européenne (UE), réunis lundi 16 avril à Luxembourg, avaient un menu chargé avec deux dossiers qui les divisent – la relation avec la Russie et l’éventuel aménagement de l’accord nucléaire iranien – et un autre qui semblait susceptible de dégager un relatif consensus, à savoir la Syrie, après les opérations militaires menées par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni dans la nuit du 13 au 14 avril. 
« L’UE et les Etats membres nous ont soutenus, l’Europe est une dans ce moment de grande gravité », a brièvement expliqué le chef de la diplomatie français, Jean-Yves Le Drian, moins disert que jamais.
Lui et ses collègues ont approuvé de très longues conclusions. S’ils sont unanimes pour condamner le recours à des armes chimiques, ils le sont beaucoup moins sur la nécessité et l’efficacité des frappes menées contre l’arsenal du régime de Bachar Al-Assad. En filigrane, la qualification de l’attitude de la Russie et son possible rôle dans une solution politique au conflit syrien ont aussi fait l’objet d’appréciations diverses de la part des Vingt-Huit.
Action « circonscrite »
Au sujet des bombardements, les ministres disent « comprendre » que les frappes américaines, françaises et britanniques étaient « des mesures spécifiques, avec l’objectif unique de prévenir d’autres utilisations d’armes chimiques ». Une formulation proche de celle utilisée dès samedi matin par plusieurs capitales. L’Irlande a exigé que l’on gomme du texte toute allusion à d’éventuelles autres actions militaires, et l’Italie a insisté sur le fait que cette action « circonscrite » ne pouvait être le début d’une escalade. Les Pays-Bas et la Belgique se montraient également très prudents, tandis que d’autres cultivaient leur habituelle neutralité.
L’entente a été en revanche de mise lorsqu’il s’est agi de répéter qu’il n’y avait pas de solution militaire au conflit syrien, mais qu’une solution politique était rendue encore plus difficile par les massacres dans la Ghouta orientale. Faute de mieux, les Vingt-Huit appellent la Russie, l’Iran et la Turquie à cesser leurs activités militaires et à faciliter l’accès des populations à l’aide humanitaire.

        Lire aussi :
         

                En Syrie, après les frappes, une carte diplomatique incertaine



L’UE a répété par ailleurs son soutien à l’opposition syrienne dans « son engagement constructif » à la recherche d’une solution négociée au conflit. Elle estime que la lutte contre l’organisation Etat islamique n’est pas terminée, entend empêcher l’impunité pour tous ceux qui commettent des crimes contre l’humanité et refusera tout engagement dans une reconstruction du pays sans une transition politique « globale et inclusive ».
Des propos répétés de mois en mois, nécessaires mais visiblement sans portée réelle à ce stade.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Les alliés ont tiré 105 missiles au total, mais n’ont pas apporté la preuve que les sites chimiques visés étaient encore actifs.
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En Syrie : une démonstration militaire au-delà des cibles chimiques

Les alliés ont tiré 105 missiles au total, mais n’ont pas apporté la preuve que les sites chimiques visés étaient encore actifs.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 12h44
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Des moyens militaires considérables ont été mobilisés, samedi 14 avril, dans le raid qui a frappé les sites de production d’armes chimiques du régime syrien. Au-delà de la réaction à l’emploi criminel de ces armes interdites, ce déploiement des Etats-Unis et de leurs alliés est également apparu comme une démonstration de puissance à l’adresse de la Russie et de l’Iran, soutiens du régime de Damas. « Nous avons convaincu Donald Trump qu’il fallait limiter ces frappes aux armes chimiques », a assuré, dimanche 15, Emmanuel Macron. Mais, a ajouté aussitôt le président français, « nous avons rétabli de la crédibilité vis-à-vis des Russes ».
A l’occasion du raid, la région tout entière est apparue littéralement ceinturée par les missiles de croisière des Etats-Unis et de leurs alliés français et britanniques. Le Pentagone a d’abord mobilisé de nombreux avions de renseignement et de guerre électronique contre les défenses aériennes syriennes et russes, dont un drone de très haute portée Global Hawk. Il a, ensuite, lancé les feux simultanément depuis le golfe Persique, la mer Rouge et la Méditerranée. Au total, 105 missiles ont été tirés.

Ainsi, 76 missiles, tous américains, ont frappé le centre de recherche de Barzeh, près de Damas. Une salve de Tomahawk, depuis des navires, mais aussi des missiles air-sol JASSM-ER : ce fut le premier emploi en opération de cette nouvelle arme, a noté la presse américaine. Elle aura permis aux bombardiers stratégiques B-1B, des mastodontes comparables aux TU 160 russes, de tirer en sécurité à longue distance.
De plus, 22 missiles, conjointement lancés par les trois alliés occidentaux, ont tapé l’usine de stockage de Him Sinshar, à l’ouest de Homs. Un tir combiné, complexe, depuis des bateaux américains (9 missiles), des avions britanniques (8), un navire (3) et un avion Rafale français (2). Enfin, la France seule a visé un bunker situé à sept kilomètres de là, avec 7 missiles SCALP,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Emmanuel Macron espère associer la Russie à une relance du processus politique sur la Syrie. Moscou  dénonce une « action illégale ».
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En Syrie, après les frappes, une carte diplomatique incertaine

Emmanuel Macron espère associer la Russie à une relance du processus politique sur la Syrie. Moscou  dénonce une « action illégale ».



Le Monde
 |    16.04.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 12h26
    |

            Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante) et 
Marc Semo








                        



                                


                            

Après les frappes, les Américains, les Français et les Britanniques, qui ont évité l’escalade, veulent jouer la carte de la diplomatie. Si l’opération conjointe était ponctuelle et limitée militairement, elle n’en a pas moins engagé de très gros moyens afin de montrer au régime syrien et surtout à Moscou la puissance dont disposent les Occidentaux ainsi que leur détermination. « Mission accomplie », s’était félicité Donald Trump à peine les raids achevés, malgré la formule controversée de George W. Bush, en 2003, alors que la guerre en Irak était loin d’être terminée. Il a appelé aussitôt Theresa May puis Emmanuel Macron pour les féliciter de la participation du Royaume-Uni et de la France à l’opération.

« Nous étions arrivés à un moment où cette frappe était indispensable pour pouvoir redonner de la crédibilité à la parole de notre communauté internationale », a expliqué Emmanuel Macron, dimanche 15 avril, lors de son interview à BFM et Médiapart dans sa première déclaration publique depuis l’intervention. « Nous avons la pleine légitimité internationale », a insisté M. Macron, alors que Paris veut transformer l’essai sur le plan diplomatique en profitant de la « dynamique » créée. « C’est un signal de fermeté mais qui ne correspond pas à une offensive militaire et il n’a de sens que dans le cadre d’une stratégie politique », souligne un haut diplomate.
Le pari est celui de la rationalité du président russe Vladimir Poutine alors même que le refus du Conseil de sécurité de condamner les frappes occidentales montre l’isolement diplomatique de la Russie dans ses efforts pour sauver la mise du régime notamment dans son utilisation de l’arme chimique. Seules la Chine et la Bolivie se sont positionnées à cette occasion en faveur de Moscou.
Les Russes « complices »
« La finalité est de construire une solution politique inclusive en Syrie et c’est un point de vraie convergence...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Ce projet, que le ministère de l’intérieur qualifie d’« équilibré », est unanimement dénoncé par les acteurs du secteur. 1 110 amendements ont été déposés pour la discussion à l’Assemblée nationale.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/04/2018
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Les députés appelés à examiner un projet de loi asile centré sur la répression

Ce projet, que le ministère de l’intérieur qualifie d’« équilibré », est unanimement dénoncé par les acteurs du secteur. 1 110 amendements ont été déposés pour la discussion à l’Assemblée nationale.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 10h26
    |

            Maryline Baumard








                        



                                


                            

Moins de réfugiés, plus d’expulsés… Le projet de loi qui devait arriver à l’Assemblée nationale ce lundi 16 avril déborde à peine de ces deux lignes de force. Bien que baptisé « Pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie », il marie surtout dissuasion et répression au fil de ses 41 articles, négligeant pour l’heure le volet intégration.
Le passage en commission des lois du 3 au 6 avril a certes adouci la copie du ministre de l’intérieur sur la rétention, avec un doublement de sa durée contre le triplement souhaité par Gérard Collomb. En dépit de 901 amendements déposés, c’est le changement majeur du texte gouvernemental car, de l’avis de plusieurs députés, « le ministère de l’intérieur s’est crispé sur sa version » et « M. Collomb met sa tête en balance si on en touche une virgule ». 
Aussi, les 1 110 nouveaux amendements déposés pour la discussion en séance ne devraient pas changer la nature du texte. En réunion de groupe mardi 10 avril, le patron des députés de la majorité à l’Assemblée, Richard Ferrand, a menacé d’exclure les élus qui ne se plient pas à la discipline du groupe. Une menace qui n’a pas empêché le député du Maine-et-Loire Matthieu Orphelin d’annoncer son refus de voter. D’autres, jouant une stratégie moins frontale, pourraient être partis en vacances au moment du vote, prévu dans la nuit de vendredi à samedi.

Ce projet, que le ministère de l’intérieur qualifie d’« équilibré », est unanimement dénoncé par les acteurs du secteur. Avocats, juges, personnels de l’asile (aussi bien de la Cour nationale du droit d’asile que de l’Office français des réfugiés et des apatrides), mais aussi le Défenseur des droits, Jacques Toubon, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Adeline Hazan, y lisent une limitation drastique des droits des étrangers en France. Même le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a fait savoir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Selon les résultats préliminaires, Milo Djukanovic a obtenu plus de 53,5 % des suffrages. Il entend faire de ce petit pays des Balkans un membre de l’Union européenne.
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Monténégro : Milo Djukanovic revient au pouvoir en gagnant la présidentielle

Selon les résultats préliminaires, Milo Djukanovic a obtenu plus de 53,5 % des suffrages. Il entend faire de ce petit pays des Balkans un membre de l’Union européenne.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 23h38
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 11h11
   





                        



   


Oublié son vrai faux retrait de la vie politique en 2016, Milo Djukanovic, l’homme politique à la plus importante longévité d’Europe après le Biélorusse Alexandre Loukachenko, a retrouvé sa position de maître incontesté du Monténégro. Dimanche 15 avril, M. Djukanovic, 56 ans, a été élu dès le premier tour du scrutin présidentiel organisé dans ce petit Etat des Balkans de 620 000 habitants, obtenant selon des résultats encore provisoires 54 % des voix. C’est « la victoire de l’avenir européen du Monténégro », a-t-il clamé devant ses partisans, clôturant une campagne expresse durant laquelle ses adversaires ont été réduits à la portion congrue.

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                Elargissement : l’UE envoie un signal aux Balkans, la Turquie s’agace



Père de l’indépendance du Monténégro en 2006, six fois premier ministre, une fois président, Milo Djukanovic est une personnalité clivante et controversée, régulièrement accusé d’entretenir des liens étroits avec le crime organisé de son pays. La tentative de front uni de l’opposition, dont les composantes prorusses comme pro-européennes s’étaient rassemblées derrière la candidature de Mladen Bojanic (33,4 %), aura donc échoué à le faire tomber de son piédestal. Dimanche soir, M. Bojanic s’est refusé à féliciter son rival, se contentant d’un lapidaire « Le Monténégro a choisi ce qu’il a choisi » et estimant que Milo Djukanovic avait « capturé les institutions de l’Etat ».
En position de force
Le dirigeant du Parti socialiste démocratique (DPS) se retrouve de fait en position de force, et il est probable que le poste de chef de l’Etat, dont les fonctions étaient purement honorifiques pendant les mandats de son prédécesseur, va redevenir le véritable siège du pouvoir. La situation est bien différente de celle de 2016 quand, à l’issue d’élections législatives en demi-teinte, Milo Djukanovic avait dû céder le pouvoir, au moins en apparence, à l’un de ses lieutenants. Le Monténégro traversait alors une période de turbulences, finalisant une adhésion à l’OTAN loin de faire l’unanimité dans le pays et déstabilisé par un projet de coup d’Etat armé dans lequel Podgorica avait dénoncé la main de Moscou.

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                Au Monténégro, l’ancien dirigeant Djukanovic favori de l’élection présidentielle



L’adhésion à l’OTAN est désormais effective depuis un an, et Podgorica fait figure de premier de la classe parmi les pays des Balkans désireux de rejoindre l’Union européenne, même si celle-ci ne promet guère d’ouverture avant plusieurs années. Dimanche soir, Milo Djukanovic s’est même permis le luxe de tempérer sa rhétorique hostile au Kremlin, se déclarant prêt à « mettre en place des relations normales avec la Russie, si celle-ci est aussi prête à le faire ».
Dans un pays où le chômage dépasse les 20 %, Milo Djukanovic s’est aussi engagé à multiplier par deux le salaire moyen, actuellement de 500 euros. Une promesse qui paraît lointaine alors que l’actualité reste dominée ces dernières semaines par le fracas de règlements de compte à répétition et les accusations de corruption contre le pouvoir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Plus de 300 000 personnes ont manifesté pour protester contre la détention de neuf figures de l’indépendantisme accusées de « rébellion » et réclamer l’ouverture d’un dialogue politique.
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« Liberté pour les prisonniers politiques » : des Catalans manifestent à Barcelone

Plus de 300 000 personnes ont manifesté pour protester contre la détention de neuf figures de l’indépendantisme accusées de « rébellion » et réclamer l’ouverture d’un dialogue politique.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 11h03
    |

            Sandrine Morel (Barcelone, envoyée spéciale)








                        



   


Plus de 300 000 personnes ont défilé dans les rues de Barcelone, dimanche 15 avril, en faveur des neuf dirigeants indépendantistes en prison préventive et des sept « exilés » visés par des mandats d’arrêts internationaux. Six mois après la tentative de sécession d’octobre 2017, les indépendantistes ont réussi une nouvelle démonstration de force, alors que la lassitude grandit dans la société catalane. Et ont renvoyé une image d’unité, malgré les divergences parmi les fidèles de l’ancien président Carles Puigdemont, entre ceux prêts à poursuivre dans la voie de la confrontation avec l’Etat et ceux qui veulent obtenir de Madrid le retrait de la tutelle administrative exercée par les autorités espagnoles sur la région.
Mais ce succès d’estime n’est pas suffisant pour la frange la plus radicale, ceux que les dirigeants indépendantistes eux-mêmes qualifient d’« excités », dans les documents saisis par la police.

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                L’Espagne paralysée par la crise catalane



« Si nous pensons que nos compagnons sortiront de prison parce que nous restons sages, nous nous trompons : ils sortiront plus tôt si nous remplissons les prisons, paralysons le pays et faisons s’effondrer l’Etat », assure Alfredo, jean noir et piercings, devant les portes du tribunal de Badalona, dans la banlieue de Barcelone. Jeudi 12 avril, ce consultant de 48 ans, proche de la formation séparatiste d’extrême gauche CUP, est venu, avec une dizaine de membres du Comité de défense de la République (CDR) local, apporter son soutien à l’un des leurs, convoqué par le juge pour des heurts lors du blocage d’une route en janvier. La plupart sont des retraités, arborant le nœud jaune, symbole du soutien aux « prisonniers politiques. »
Les CDR, organisations de quartiers ayant pour objectif de maintenir la pression sur les partis et un climat de tension dans la rue, afin de rendre effective la déclaration unilatérale d’indépendance du 27 octobre 2017, se sont particulièrement fait remarquer en Espagne ces derniers jours. Ce sont eux qui ont encerclé la préfecture de Barcelone, le 25 mars, au soir de l’arrestation de Carles Puigdemont en Allemagne. Une action qui s’est soldée par neuf gardes à vue et une centaine de blessés, ainsi que l’annonce d’un « printemps catalan ».
Enquête pour « terrorisme »
Les CDR ont également organisé des barrages et des ouvertures de péages sur les autoroutes et les principales routes de Catalogne durant la semaine sainte, mais aussi lors de grèves et manifestations ponctuelles, et ont signé des actes de vandalisme contre les sièges des partis « unionistes. »
Ce sont eux, enfin, qui ont été visés par la première et brève enquête pour « terrorisme », menée dans le cadre de l’actuel mouvement indépendantiste catalan, le 10 avril. Deux jours plus tard, le juge d’instruction a redéfini les faits comme de simples « désordres publics ». Non sans avoir provoqué entre-temps une vive émotion dans une Espagne où les démons de quarante ans d’actions terroristes de l’ETA basque – appuyées par une guérilla urbaine, la Kale Borroka, et un climat de haine contre l’Etat espagnol – côtoient ceux du franquisme et du soupçon de « l’autoritarisme » d’un Etat qui chercherait à exagérer les épisodes de violence pour mieux justifier les poursuites pour « rébellion », un crime passible de trente ans de prison.
« L’Etat cherche à nous criminaliser et à nous faire peur, estime Alfredo. Mais la lutte pour l’indépendance est une course de fond, pas un sprint. Et la République ne deviendra effective que si le peuple lutte dans la rue. » A ses côtés, un groupe de retraités discute en cercle, tandis que, appuyé contre le mur du tribunal, trois jeunes, tout de noir vêtus, restent à l’écart.
Tous sont entrés dans le CDR de Badalona avant le vote interdit du 1er octobre 2017, quand les initiales signifiaient Comité de défense du référendum, et qu’il s’agissait de défendre les urnes d’une intervention policière attendue. Une pancarte collée dans l’ascenseur, du bouche-à-oreille, des réunions dans un local associatif et des échanges continus sur Telegram leur ont permis de s’organiser. Il est impossible de savoir leur nombre : les réunions sont ouvertes à tous. En Catalogne, plus de 260 CDR ont été recensés.
« Désordre public »
Rafi, 68 ans, ancienne déléguée syndicale dans le secteur hospitalier, dont le brushing impeccable ne l’a pas empêchée d’aller couper quelques routes, ne manque jamais la réunion qui, chaque jeudi soir, rassemble une quarantaine de militants de Badalona. « Je propose toujours d’occuper la rue, de faire des manifestations ou d’accrocher des lacets jaunes dans les lieux publics : il faut qu’on montre qu’on n’est pas d’accord avec la répression », explique cette sympathisante de la Gauche républicaine (ERC).

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Des conférences aux barbecues populaires, en passant par les manifestations, les CDR entendent occuper le terrain. Les barrages routiers sont un pan de cette stratégie. « Bloquer des routes ou ouvrir des péages, c’est du désordre public et ça peut avoir des conséquences pénales : ce n’est pas décidé dans les CDR de quartiers mais cela vient d’en haut, des organes de coordination », explique Alfredo, tout en insistant sur le fait que le mouvement serait horizontal, sans hiérarchie ni chefs.
Ce genre d’actions est communiqué à la dernière minute. Le 27 mars, à 0 h 45, un message sur Telegram prévient qu’une « promenade » sera organisée le matin à la première heure. A 8 heures, une zone « d’excursion » est donnée, ainsi que des consignes : « Habits noirs, bonnet, chaussures de sport, foulard. » A 10 h 30, le nom des routes à couper est enfin indiqué. Dans le groupe, tous les partis indépendantistes sont représentés, même si la coordination des actions incombe généralement à l’extrême gauche.
Le 12 avril au soir, sur la place de l’arc de triomphe de Barcelone, la lecture publique d’un communiqué des CDR attire des dizaines de manifestants. Enrique, professeur de 44 ans, fait partie des séduits, lui qui n’a pas confiance dans les partis politiques ni dans les associations plus modérées ANC et Omnium, dont les dirigeants ont toutefois été emprisonnés pour « sédition ». Alba, directrice de marketing de 50 ans, regrette que les députés « ne veuillent pas investir Puigdemont, pour ne pas être accusés de désobéissance. S’ils avaient eu peur de la prison, ni Gandhi ni Mandela n’auraient lutté pour leurs droits… »
Par souci d’anonymat, c’est le porte-parole d’une autre association d’extrême gauche, Alerte solidaire, qui lit le texte des CDR. Face à la multiplication des arrestations, il promet « plus de lutte, de force, de mobilisation et de solidarité ». La foule répond d’un « Vive la République catalane. » 

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L’Académie suédoise s’enfonce dans la crise

Sara Danius, la secrétaire perpétuelle de l’institution qui attribue le prix Nobel de littérature, a été évincée par ses collègues.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 16h53
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

La crise qui secoue l’Aca­démie suédoise, chargée d’attribuer le prix Nobel de littérature depuis 1901, a atteint un nouveau paroxysme, jeudi 12 avril. A la sortie de la réunion hebdomadaire des Immortels, dans les locaux l’ancienne Bourse située au cœur de Stockholm, Sara Danius, la secrétaire perpétuelle de l’institution depuis 2015, a annoncé devant un parterre de caméras et de micros qu’elle venait d’être démise de ses fonctions.

Une annonce qui a secoué. « On pensait qu’on avait touché le fond, remarque Lisa Irenius, chef des pages culture du quotidien Svenska Dagbladet. Et pourtant, les choses ne font qu’empirer. » Le premier ministre suédois, Stefan Löfven, a même enjoint aux académiciens de se ressaisir, rappelant que le Nobel et l’Académie étaient « très importants pour la Suède » et qu’il était « indispensable que l’institution fonctionne ».

L’affaire a débuté le 21 novembre 2017, avec la publication, dans le quotidien Dagens Nyheter, des témoignages de dix-huit femmes accusant une « personnalité culturelle de premier plan » de viols et d’agressions sexuelles. En cause, le Français Jean-Claude Arnault, 71 ans, né à Marseille, et mari de l’académicienne Katarina Frostenson. Ensemble, ils dirigent le Forum, un lieu d’événements culturels très prisé de l’élite stock­holmoise, en partie financé par des subventions versées par ­l’Académie. Selon Dagens Nyheter, M. Arnault aurait également ébruité les noms de plusieurs lauréats du prix Nobel avant qu’ils ne soient rendus publics et se serait vanté du rôle qu’il aurait joué dans leur sélection.

Faire la lumière
A la suite de ces révélations, la secrétaire perpétuelle de l’Académie, Sara Danius, a demandé à un cabinet d’avocats stockholmois de faire la lumière sur les relations entre le Français et les académiciens. Si leurs conclusions n’ont pas été rendues publiques, Mme Danius...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Plus de 530 000 Monténégrins sont appelés à voter ce dimanche parmi sept candidats. Le dirigeant historique du Monténégro, Milo Djukanovic, fait figure de grand favori.
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Au Monténégro, l’ancien dirigeant Djukanovic favori de l’élection présidentielle

Plus de 530 000 Monténégrins sont appelés à voter ce dimanche parmi sept candidats. Le dirigeant historique du Monténégro, Milo Djukanovic, fait figure de grand favori.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 11h53
   





                        



   


Dans les 1 214 bureaux de vote ouverts à 7 heures, près de 533 000 Monténégrins ont pu commencer à voter, le scrutin se terminant à 20 heures. Les premiers résultats du vote, suivi par près de 2 000 observateurs internationaux et locaux, sont attendus dimanche soir.
Le dirigeant historique du Monténégro, Milo Djukanovic, brigue dimanche la présidence de ce petit pays des Balkans candidat à l’Union européenne, moins de deux ans après avoir annoncé son retrait du pouvoir. Depuis 1991, M. Djukanovic, un allié de l’Occident, a été six fois Premier ministre et déjà une fois président (1998 - 2003). Il apparaît comme l’immense favori de ce scrutin qu’il peut même emporter dès ce dimanche, sans attendre le second tour du 29 avril, selon les sondages d’opinion.

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Djukanovic a conduit le Monténégro à l’indépendance de la Serbie en 2006 puis à l’adhésion à l’Otan, effective depuis l’an passé au grand dam de Moscou mais aussi d’une partie des Monténégrins, en majorité slaves et orthodoxes. Aujourd’hui âgé de 56 ans, Milo Djukanovic entend désormais amener son pays à l’adhésion à l’Union européenne.

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Peu de rivaux pour Djukanovic
Si cet économiste de près de 2 mètres l’emporte, le poste aujourd’hui honorifique de président redeviendra le siège réel du pouvoir. Son titulaire actuel, Filip Vujanovic, est un proche de Milo Djukanovic, membre de son parti des démocrates socialistes (DPS). Le Premier ministre Dusko Markovic, est un autre de ses obligés.
A Podgorica, la capitale, où vit plus du tiers de la population du pays, les affiches géantes de Djukanovic, « leader, homme d’Etat, président de tous les citoyens », se sont taillé la part du lion des panneaux publicitaires, laissant la portion congrue à ses six adversaires.

   


Son rival le plus sérieux est un homme d’affaires de 56 ans, Mladen Bojanic. Soutenu par les principales formations d’opposition, prorusses ou non, il est crédité d’environ un tiers des suffrages. Quant au seul candidat ouvertement prorusse, Marko Milacic, un journaliste de 32 ans, il ne recueillerait qu’environ 3 % des suffrages, selon les sondages d’opinion.
« Il y a le sentiment que la Russie comprend les limites de son influence sans renoncer à long terme », estime l’analyste Zlatko Vujovic, directeur du centre pour le suivi du scrutin, qui donnera dimanche soir les premiers résultats.
Les relations avec la Russie divisent
Milo Djukanovic semble d’ailleurs modérer sa rhétorique hostile au Kremlin, expliquant être prêt à « mettre en place des relations normales avec la Russie, si celle-ci est aussi prête à le faire ».
Les autorités judiciaires monténégrines ont accusé des institutions russes d’être derrière une tentative de coup d’Etat et même de projet d’assassinat de Milo Djukanovic, qu’elles affirment avoir déjoué en octobre 2016, ce que Moscou réfute.

   


« L’opposition nous propose d’être une province russe » et défend « une politique rétrograde sur le mode de vie multiethnique au Monténégro », a toutefois accusé Milo Djukanovic, qui peut compter sur le soutien massif des minorités croate, albanaise et bosniaque qui pèsent pour 15 % du corps électoral.
De son côté, l’opposition l’a attaqué sur le poids de la criminalité organisée dans la société monténégrine, sur fond de règlements de comptes entre trafiquants. Elle l’accuse de longue date d’entretenir des liens avec les milieux criminels.
Dans un pays où le chômage dépasse 20 %, Milo Djukanovic s’est engagé à multiplier par deux en quelques années le salaire moyen, actuellement de 500 euros. Un engagement, a-t-il plaidé, qui ne pourra être tenu que si le Monténégro ne dévie pas de son chemin vers l’UE.
Dimanche, il devra faire face aux éternelles accusations de fraude électorale. Des journaux locaux ont déjà évoqué cette semaine des cas de présence sur les listes électorales de personnes décédées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ La première manifestation après la réélection du premier ministre souverainiste Viktor Orban a fait l’objet d’une adhésion massive.
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Des dizaines de milliers de Hongrois dans la rue pour « défendre la démocratie »

La première manifestation après la réélection du premier ministre souverainiste Viktor Orban a fait l’objet d’une adhésion massive.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 23h57
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 13h34
    |

                            Blaise Gauquelin (Budapest, envoyé spécial)








                        



   


C’est l’autre Hongrie, celle qui n’a pas voté Viktor Orban. Selon les organisateurs, environ 100 000 personnes sont descendues dans les rues de Budapest pour dénoncer, dans la soirée du 14 avril, la réélection du souverainiste Viktor Orban. Il s’agit de l’une des manifestations les plus importantes de ces dernières années, dans ce pays d’Europe centrale comptant 9,8 millions d’habitants.
« Viktator, fous le camp ! », « Nous sommes la majorité » : cette foule jeune et bigarrée a scandé, dans une ambiance très printanière, des slogans hostiles à la majorité, largement reconduite le 8 avril dernier avec 49,9 % des suffrages et qui a obtenu les deux tiers des sièges au Parlement, grâce à un système électoral favorisant le parti arrivé en tête.
Les personnes présentes ont réclamé un second décompte des bulletins de vote et une nouvelle loi électorale, pointant des fraudes. Elles ont défendu la liberté des médias, dans un pays pourtant membre de l’Union européenne depuis 2004.

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Des panneaux ont dénoncé la corruption et la « mafia du Fidesz » – du nom du parti du premier ministre. Les manifestants ont incité les chefs de file de l’opposition à mettre de côté leurs différends pour permettre un rassemblement. La colère et la frustration étaient palpables dans le cortège.
« La Hongrie a besoin de plus de démocratie », estime Aron Demeter, d’Amnesty International. Comme 199 autres personnalités issues de la société civile, ce militant associatif a été placé cette semaine par un hebdomadaire appartenant à une proche du gouvernement sur la liste des « spéculateurs » du milliardaire juif américain d’origine hongroise George Soros. « Il s’agit d’une tentative d’intimidation, car nous aidons les demandeurs d’asile. Mais nous n’avons pas peur et nous continuerons nos activités dans ce pays, tant que cela reste possible. » Dès le mois de mai, le gouvernement entend faire passer une nouvelle loi rendant encore plus difficile le travail des ONG.
La presse hongroise peu à peu muselée
Zsolt Havasi, lui, distribue le dernier numéro de Magyar Nemzet. Appartenant à un oligarque opposé à Viktor Orban, ce quotidien a mis la clé sous la porte au lendemain des élections, asphyxié économiquement. « Maintenant, je vais me reposer », ironise le journaliste sportif au chômage, sous un immense drapeau réclamant l’aide de l’Union européenne. « Mais plus sérieusement, je pense qu’on doit pouvoir laisser s’exprimer les oppositions normalement, non ? »

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Ce rédacteur fait référence à l’absence de pluralisme devenu criant en Hongrie, alors que le service public d’information s’est mué en agence de propagande et que les médias privés sont rachetés les uns après les autres par des proches du pouvoir. « Mon pays n’est plus une démocratie », renchérit Eszter Kaiser, une styliste ayant vécu vingt-huit ans en Suisse romande.
« C’est une dictature maintenant : il n’y a plus de liberté de la presse, les gens commencent à avoir peur de dire ce qu’ils pensent, comme à l’époque du communisme. Le futur n’est pas très positif ici pour mon fils, qui a 14 ans. Il y a du racisme, l’ambiance est pesante, les gens sont désespérés. Surtout les jeunes qui partent en masse. Et cela arrange Viktor Orban, si ceux qui réfléchissent, qui veulent voir le monde et qui sont ouverts quittent la Hongrie. »
Peter – qui préfère ne pas donner son nom de famille – est un maçon qui a travaillé quatre ans en Provence. Il dit être devenu hostile à Viktor Orban, après cette expérience à l’étranger. « C’est faux ce que disent les médias du gouvernement sur la France où l’on ne pourrait plus bien profiter de la vie à cause des immigrés. Moi, je peux vous dire que j’envie les Français, qui peuvent vivre décemment de leur travail ! On manipule les gens dans ce pays. »
Viktor Orban n’a pas encore officiellement commenté cette manifestation. Des rassemblements de soutien ont également eu lieu à Paris, Londres, Bruxelles et Berlin. Un second défilé est prévu samedi prochain à Budapest.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Les bombardements en Syrie sont « un message à ceux qui pensent qu’ils peuvent utiliser les armes chimiques avec impunité », a déclaré la première ministre britannique.
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Frappes en Syrie : l’avertissement de Theresa May à la Russie

Les bombardements en Syrie sont « un message à ceux qui pensent qu’ils peuvent utiliser les armes chimiques avec impunité », a déclaré la première ministre britannique.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 15h29
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 17h14
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Derrière les frappes en Syrie, samedi 14 avril, Theresa May vise la Russie. Se référant explicitement à l’empoisonnement de l’ancien agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, la première ministre britannique a déclaré que « l’action en Syrie envoie un message clair à tous ceux qui pensent qu’ils peuvent utiliser les armes chimiques avec impunité ». « On ne peut pas permettre que l’utilisation des armes chimiques se normalise, que ce soit en Syrie, dans les rues du Royaume-Uni ou ailleurs dans le monde », a-t-elle ajouté.

Mme May reconnaît, bien sûr, que l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille au gaz innervant à Salisbury, le 4 mars, était « d’une tout autre échelle » que celui de Douma, dans la Ghouta orientale, perpétré selon elle par le régime syrien. Mais elle espère que l’avertissement permettra de réaffirmer l’interdiction des armes chimiques à travers le monde. « C’est un message clair pour rétablir la norme que les armes chimiques ne peuvent pas être utilisées. C’est illégal, leur usage est illégal et interdit », dit-elle, rappelant que la prohibition internationale de ces armes est vieille de presque un siècle.
Le Royaume-Uni et la Russie s’accusent mutuellement
La première ministre britannique tient ces propos dans un contexte d’escalade verbale entre le Royaume-Uni et la Russie. Vendredi, Moscou a accusé, contre toute évidence, Londres d’être derrière l’attaque chimique dans la Ghouta orientale. « Nous avons la preuve que le Royaume-Uni était directement partie prenante dans l’organisation de cette provocation », a affirmé Igor Konashenkov, un porte-parole du ministère de la défense russe.
Selon les Russes, les casques blancs, une organisation humanitaire essentiellement présente auprès de l’opposition syrienne, financée notamment par le Royaume-Uni, auraient organisé l’attaque chimique. Karen Pierce, ambassadrice du Royaume-Uni auprès des Nations unies,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ L’absence d’inflation et la modération salariale témoignent de la fragilité de la reprise économique. Mais les gains de productivité offerts par la révolution numérique sont encore à venir, juge l’économiste Benoît Cœuré, membre du directoire de la BCE, dans une tribune au « Monde ».
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« La politique monétaire devra rester très accommodante pour ramener l’inflation à des niveaux proches de 2 % »

L’absence d’inflation et la modération salariale témoignent de la fragilité de la reprise économique. Mais les gains de productivité offerts par la révolution numérique sont encore à venir, juge l’économiste Benoît Cœuré, membre du directoire de la BCE, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    14.04.2018 à 12h14
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 09h46
    |

Benoît Cœuré (membre du directoire de la BCE)







                        



                                


                            

[Pour les 40 ans du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), des experts ont exploré différents scénarios pour la mondialisation. Cet article reprend les conclusions d’un discours de l’économiste Benoît Cœuré, prononcé le 12 avril, à l’occasion de cet anniversaire du CEPII.]
Tribune. La grande crise financière et la crise de la zone euro sont derrière nous. Leurs conséquences les plus graves sont effacées. Les outils macroéconomiques traditionnels suggèrent même que, en moyenne, dans la zone euro, les personnes ayant la possibilité et le souhait de travailler auraient dans l’ensemble retrouvé un emploi, et que les capacités de production des entreprises seraient quasiment ou pleinement utilisées. Ce diagnostic apparaît sans doute contre-intuitif, voire choquant, compte tenu du niveau actuel du chômage.
En effet, s’il était exact, des tensions sur les prix se manifesteraient. Lorsque la main-d’œuvre vient à manquer, les travailleurs sont en position de force pour négocier des hausses de salaire. De même, les contraintes sur l’offre incitent les entreprises à relever leurs prix. Pourtant, ni l’inflation ni les salaires n’ont montré de signes clairs d’accélération.

Il y a deux interprétations possibles. Soit la relation entre le taux de chômage et l’inflation (la « courbe de Phillips » dans le jargon des économistes) est rompue, c’est-à-dire que les entreprises sont réticentes à augmenter les salaires, alors qu’elles peinent à trouver de nouveaux salariés. Soit nous ne mesurons pas de la bonne manière la capacité de production de nos économies.
Deux hypothèses
La première interprétation ne résiste pas à l’analyse des données, qui confirme que la courbe de Phillips reste valide, à une nuance près : la réaction des prix dépend fortement de la manière dont l’emploi est rémunéré. Or, les salaires augmentent moins si les nouveaux emplois sont à temps partiel contraint ou à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Précurseur cinématographique du printemps de Prague, le réalisateur d’origine tchèque a réalisé notamment « Vol au-dessus d’un nid de coucou », « Amadeus » et « Hair ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/04/2018
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Le cinéaste Milos Forman est mort

Précurseur cinématographique du printemps de Prague, le réalisateur d’origine tchèque a réalisé notamment « Vol au-dessus d’un nid de coucou », « Amadeus » et « Hair ».



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 08h04
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Dans les années 1960, les films que Milos Forman a tournés en Tchécoslovaquie – L’As de pique, Les Amours d’une blonde, Au feu les pompiers – signalaient l’émergence d’une nouvelle vague dans son pays, mais présageaient aussi de l’effervescence du « printemps de Prague ». Exilé aux Etats-Unis après l’invasion de son pays par l’URSS, il est devenu dans les décennies suivantes l’un des auteurs majeurs d’Hollywood, qui lui a décerné à deux reprises l’Oscar du meilleur réalisateur, pour Vol au-dessus d’un nid de coucou et Amadeus. Milos Forman est mort, le vendredi 13 avril à Hartford (Connecticut), des suites d’une maladie, a annoncé son épouse Martina. Il avait 86 ans.
Milos Forman naît le 18 février à Caslav, en Tchécoslovaquie (actuelle République tchèque). Pendant la seconde guerre mondiale, son père, résistant, est tué par la Gestapo, et sa mère, protestante, est déportée et assassinée à Auschwitz. L’enfant est recueilli par son oncle Bolesva, épicier dont la boutique inspirera le décor du premier film de Forman, L’As de pique. Comme il l’a raconté dans ses Mémoires (…Et on dit la vérité, Robert Laffont, 1994), Milos Forman a découvert plus tard que son père biologique était un homme d’affaires juif, Otto Kohn, qui survécut à la Shoah.
Après la défaite de l’Allemagne nazie et l’instauration d’un régime communiste, Milos Forman suit ses études dans un établissement pour orphelins de guerre où il a pour condisciples Vaclav Havel, le futur dramaturge, dissident et président de la République, et Ivan Passer, qui sera au côté de Forman lors de l’émergence du nouveau cinéma tchécoslovaque.
Une nouvelle esthétique
Attiré par le monde du théâtre, le jeune Forman finit par suivre les cours de la FAMU, l’école supérieure de cinéma de Prague. Avec Ivan Passer et le chef opérateur Miroslav Ondricek, il tourne un documentaire, Semafor, sur la troupe de théâtre du même nom et sa première fiction,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ L’armée russe n’a pas répliqué aux frappes de la coalition occidentale. Ses deux bases militaires sur le territoire syrien n’ont pas été visées.
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Frappes en Syrie : Poutine dénonce un « acte d’agression contre un Etat souverain »

L’armée russe n’a pas répliqué aux frappes de la coalition occidentale. Ses deux bases militaires sur le territoire syrien n’ont pas été visées.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 13h11
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Quelques heures après les frappes coordonnées des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France sur le territoire syrien, en représailles à une attaque chimique imputée au régime de Damas dans la ville de Douma, Vladimir Poutine a réagi, samedi 14 avril, en dénonçant « un acte d’agression commis contre un Etat souverain à la pointe de la lutte contre le terrorisme ». 
« Le 14 avril, les Etats-Unis avec le soutien de leurs alliés ont tiré des missiles sur les installations des forces armées et des infrastructures civiles (…) en violation de la charte des Nations unies, des normes et des principes du droit international », écrit le président russe dans un communiqué, en reprenant la thèse avancée par l’armée russe d’une fausse attaque chimique « mise en scène », le 7 avril, dans le dernier carré de la rébellion syrienne de la Goutha orientale.
« L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a envoyé ses experts en Syrie pour clarifier toutes les circonstances. Mais un groupe de pays occidentaux a méprisé cyniquement cela, en entreprenant une action militaire, sans attendre le résultat de l’enquête », a fustigé le chef du Kremlin. Par leurs actions, les Etats-Unis aggravent encore la catastrophe humanitaire en Syrie. »
« L’escalade actuelle de la situation autour de la Syrie a un impact dévastateur sur l’ensemble du système des relations internationales, a conclu M. Poutine, en annonçant que la Russie allait demander la convocation urgente du Conseil de sécurité de l’ONU « pour discuter des actions agressives des Etats-Unis et de leurs alliés ».
L’intervention conjointe des Etats-Unis et de leurs alliés contre le régime de Bachar Al-Assad, protégé par Moscou, « ne restera pas sans conséquence », a prévenu l’ambassadeur russe à Washington
Aucune des frappes coordonnées entre Washington, Londres et Paris sur le territoire syrien n’a eu lieu à proximité des bases russes,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Kalypso Nicolaïdis, professeure à Oxford, esquisse dans une tribune au « Monde » les voies et les moyens d’une relation différente mais compatible entre l’Union européenne et le Royaume-Uni.
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Mondialisation : « Le Royaume-Uni ne devrait pas être traité comme n’importe quel pays tiers »

Kalypso Nicolaïdis, professeure à Oxford, esquisse dans une tribune au « Monde » les voies et les moyens d’une relation différente mais compatible entre l’Union européenne et le Royaume-Uni.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 09h50
    |

Kalypso Nicolaïdis (professeur à l'université d'Oxford)







                        



                                


                            

[A l’occasion des 40 ans du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), des experts ont exploré différents scénarios pour la mondialisation]
Tribune. Si l’on en croit ses apôtres, l’Union européenne (UE) aurait pour mission de sauver le libre-échange contre ses détracteurs trumpiens tout en maîtrisant ses effets pervers dévastateurs qui alimentent l’euroscepticisme. Mais pour nous en tenir au plus urgent, ne doit-on pas considérer le Brexit comme un test-clé ? Après tout, il s’agit là d’inventer une relation commerciale nouvelle avec le pays tiers qui sera le plus UE-compatible au monde pour encore bien longtemps malgré le cri du cœur de son électorat.
Si nous n’y arrivons pas là, quelle sera notre crédibilité ailleurs ? La façon dont l’UE négocie aujourd’hui avec le Royaume-Uni sera le gage de notre méthode.
Les débats n’appellent pas à l’optimisme
Pourtant, les débats sur les modalités de la sortie britannique de l’Union européenne (UE) n’appellent pas à l’optimisme. Certes, l’accord de retrait proprement dit est presque prêt. Mais alors que les parties sont censées s’accorder sur une déclaration commune sur leur relation future d’ici octobre 2018, de toute évidence on est bien loin d’une convergence de vue sur la dimension commerciale. Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE, nous offre un diagnostic sans équivoque. Le Brexit doit tomber dans l’une des deux cases classiques : accord de libre-échange ou membre à plein du marché unique, Canada ou Norvège.
Or l’histoire du marché unique offre deux leçons pour Theresa May et M. Barnier. La première est que ce marché a été construit de façon pragmatique autour du principe de reconnaissance mutuelle, étayé par de rigoureux règlements des différends. Mais parce que la confiance n’est jamais aveugle entre Etats, il n’existe pas dans l’UE de reconnaissance mutuelle pure. En réalité, nous perfectionnons en continu un système...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ DJ et mélomanes se passionnent pour la musique disco produite en Lituanie, Lettonie et Estonie à l’ère de l’URSS.
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Baltes populaires du temps des Soviets

DJ et mélomanes se passionnent pour la musique disco produite en Lituanie, Lettonie et Estonie à l’ère de l’URSS.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 07h13
    |

            Aureliano Tonet (Vilnius et Kaunas (Lituanie), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Sa fine mèche châtain en frissonne encore : pour DJ Weedska, le 16 février restera comme la soirée du siècle. La Lituanie célébrait ce jour-là le centenaire de la déclaration d’indépendance de 1918. A cette occasion, l’hurluberlu mixait au Turgus, une boîte de nuit de Vilnius, la capitale. « Paradoxalement, je n’ai passé que des disques datant de l’ère soviétique, se marre le gaillard de 37 ans, de son vrai nom Vytautas Verseckas. La période disco est la seule durant laquelle notre pays a produit des morceaux vraiment dansants. »
Au Turgus, ses tourneries furent au goût du public – de jeunes adultes, pour la plupart : « Je n’ai jamais rencontré un tel succès !, s’exclame DJ Weedska, par ailleurs spécialiste de salsa. Dans les années qui ont suivi l’indépendance de 1990, il était impossible d’apprécier la disco lituanienne à sa juste valeur : c’était d’abord vu comme le travail de gens qui avaient collaboré avec l’URSS. Avec le temps, le développement du Web et la reconnaissance de cette musique à l’étranger, notre regard a évolué. »
Les pays baltes, halte obligée pour les DJ
Le DJ ne croit pas si bien dire. Au creux du café cosy où il a donné rendez-vous, près de la gare de Vilnius, les enceintes diffusent Little Dark Age, quatrième album du groupe américain MGMT, parmi les plus estimés de la pop contemporaine. A sa sortie, en février, son chanteur, Andrew VanWyngarden, racontait au Monde comment il s’était passionné pour la disco et la new wave baltico-soviétique : « En fouillant dans les entrailles du Web, je passais de playlist en playlist, comme dans une boucle infinie. Je me suis pris de passion pour les premiers tubes de groupes lettons ou lituaniens de l’ex-URSS, au premier rang desquels Rondo. »

Ce n’est pas la première fois que la « hype » frappe les pays baltes, devenus une halte obligée pour les DJ et mélomanes à l’affût de vieilleries du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ L’intervention coordonnée entre Washington, Londres et Paris n’est pas de nature à infléchir la dynamique de reconquête du régime syrien.
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Frappes occidentales en Syrie : Damas furieux mais pas ébranlé

L’intervention coordonnée entre Washington, Londres et Paris n’est pas de nature à infléchir la dynamique de reconquête du régime syrien.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 10h34
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

Le ciel de la capitale syrienne s’est embrasé vers 4 heures du matin. Les missiles lancés sur le Centre d’études et de recherches scientifiques (CERS), le complexe chargé du programme chimique militaire du régime Assad, situé à Barzeh, un quartier de la périphérie nord-est de Damas, ont réveillé en sursaut les habitants. Pendant un peu plus d’une heure, bombardements et tirs en riposte de la défense aérienne syrienne se sont succédé, enveloppant la ville dans un tonnerre assourdissant.
L’agence de presse SANA, porte-voix du pouvoir syrien, a dénoncé « une agression et une violation flagrante du droit international ». La présidence syrienne a publié un message elliptique : « Les âmes honorables ne seront pas humiliées ». « La Syrie fera face à l’agression américaine, française et britannique avec la même détermination qu’elle a fait face aux terroristes, et cette agression échouera », a déclaré une source officielle à l’agence gouvernementale.

En plus du CERS, qui avait déjà été visé par l’aviation israélienne en 2013, et de quelques autres structures de stockage et de production d’armes chimiques, des bases militaires ont été visées, notamment des locaux, à Damas, de la garde républicaine, une unité d’élite de l’armée syrienne, et une base aérienne, à Al-Dimas, près de la frontière libanaise. En comparaison, la frappe américaine d’avril 2017, consécutive à l’attaque chimique contre la localité de Khan Cheikhoun, s’était limitée à un seul site, l’aérodrome militaire d’Al-Chaayrate.
Pour autant, comme le précédent de 2017, ces frappes de représailles ne devraient pas bouleverser le cours du conflit. Elles pourraient, dans le meilleur des cas, inciter le pouvoir syrien à cesser les attaques au chlore qui se sont multipliées ces derniers mois, à une petite échelle, sauf dans le cas de Douma, où une cinquantaine de personnes ont péri le 7 avril. Elles pourraient évidemment aussi conforter le régime Assad dans...




                        

                        


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En Allemagne, les salariés des services publics font monter la pression

Les grèves d’avertissement se sont multipliées cette semaine dans tout le pays, avant la négociation salariale de dimanche et lundi.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 10h13
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

En Allemagne, les syndicats ont intensifié leur pression pour l’augmentation des salaires dans les services publics. Vendredi 13 avril, plusieurs régions allemandes ont subi d’importantes perturbations dans divers secteurs à la suite de grèves d’avertissement à l’appel du syndicat Verdi avant la négociation de dimanche 15 et lundi 16 avril, qui sera sans doute décisive.
Vendredi, des milliers de salariés dans le pays ont cessé le travail durant quelques heures. L’Allemagne avait rarement connu une telle mobilisation des employés des services publics ces dernières années. Les transports en commun dans plusieurs grandes villes ont été très perturbés dans la semaine, ainsi que les crèches, les agences nationales pour l’emploi et les services d’enlèvement des ordures ménagères.
A Düsseldorf, la capitale du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, qui compte plus de 600 000 habitants, aucun métro ou tram ne circulait mercredi. Même scénario en Rhénanie-Palatinat, où aucun train régional ne roulait dans la région du confluent du Rhin et du Neckar, une des zones les plus industrialisées du pays. Dans cette même région, l’activité de certains hôpitaux était fortement touchée. A Hambourg, jeudi, les ordures n’ont pas été enlevées. Et, mardi, une grande partie du trafic aérien a été bloquée en raison de la grève de certains membres du personnel de sécurité couverts par une convention collective du secteur public régional.

Une hausse de salaires de 5,2 %chez Deutsche Telekom
Bien qu’ils affectent de façon importante le quotidien des Allemands, ces mouvements ne suscitent pas de protestation dans la population. Selon un sondage de la chaîne ZDF, les trois quarts des personnes interrogées accordent leur soutien aux grévistes. Le syndicat Verdi et la fédération des fonctionnaires ont profité de ce soutien pour montrer tout leur potentiel de perturbation dans cette semaine décisive. Depuis le 26 février, ils tentent d’obtenir pour les 2,3 millions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Les rumeurs enflaient depuis plusieurs jours sur l’état de santé du maréchal, âgé de 75 ans, qui contrôle l’est de la Libye.
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Le maréchal Haftar, homme fort de la Libye, hospitalisé à Paris

Les rumeurs enflaient depuis plusieurs jours sur l’état de santé du maréchal, âgé de 75 ans, qui contrôle l’est de la Libye.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 04h28
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 04h40
   





                        



   


L’homme fort de l’est de la Libye, le maréchal Khalifa Haftar, reçoit actuellement des soins dans un hôpital à Paris, a indiqué son porte-parole dans la nuit de vendredi à samedi, confirmant des informations de presse.
« Au cours d’un programme de visites prévues dans plusieurs pays, le maréchal Haftar s’est senti malade et s’est rendu à un hôpital à Paris pour des examens médicaux normaux », a indiqué le porte-parole, Ahmed Al-Mesmari, sans autre précision sur l’état de santé du maréchal ou sa date d’admission.
Le maréchal Haftar, 75 ans, « sera de retour en Libye dans quelques jours pour poursuivre la lutte contre le terrorisme », a-t-il ajouté sur son compte Twitter.
Des informations contradictoires circulent depuis le début de la semaine sur l’état de santé du maréchal Haftar qui aurait subi une attaque cérébrale ou cardiaque, selon des médias libyens.
Incertitudes et rumeurs sur son état de santé
Le maréchal n’a fait aucune apparition publique cette semaine et aucune photo de lui n’a été publiée, nourrissant les rumeurs qui ont inondé les réseaux sociaux.
Des médias libyens et étrangers ont même annoncé vendredi la mort du maréchal, malgré les démentis répétés de son porte-parole et de ses proches.

        Lire aussi :
         

                La Libye, banc d’essai de la diplomatie Macron



La Libye fait face à une crise politique sans précédent doublée d’une insécurité chronique. Deux autorités s’y disputent le pouvoir : d’un côté, le gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli, et de l’autre, une autorité exerçant son pouvoir dans l’est du pays avec le soutien du maréchal Haftar.
Chef de l’Armée nationale libyenne (ANL, autoproclamée) et bête noire des islamistes en Libye, le maréchal Haftar est accusé par ses rivaux de vouloir instaurer une nouvelle dictature militaire en Libye.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Un site parodique attribue au président russe une phrase apocryphe… pourtant prise au sérieux par de nombreux internautes.
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« La France n’arrive pas à gérer trois gauchistes et un chien » : la phrase jamais prononcée par Poutine

Un site parodique attribue au président russe une phrase apocryphe… pourtant prise au sérieux par de nombreux internautes.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 18h58
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 14h31
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


« La France veut attaquer la Syrie alors qu’elle n’arrive pas à gérer trois gauchistes et un chien dans ses universités. » Pour toute amusante qu’elle soit, cette phrase n’a jamais été prononcée par Vladimir Poutine. Elle est en fait tirée d’un article du site parodique belge Nordpresse, qui fait référence au blocage de certaines universités, et plus particulièrement à une vidéo, publiée quelques jours plus tôt, d’une « conférence de presse » donnée à Paris par trois étudiants masqués… et un chien.
« Emmanuel Macron essaye de bomber le torse sur la scène internationale alors qu’il n’est pas capable dans son pays de déloger 80 zadistes avec 2 500 gendarmes » à Notre-Dame-des-Landes, avance encore le site belge, en illustrant son article avec une capture d’écran de la chaîne russe RT diffusant une conférence de presse de Vladimir Poutine.

   


Pourquoi c’est faux
Plusieurs éléments permettent pourtant de déceler le caractère parodique du site Nordpresse : entre autres, son slogan (« toute l’information vérifiée par nos analystes simiens ») et ses articles annonçant le déploiement de « forces spéciales véganes » à Notre-Dame-des-Landes ou l’attribution à Jawad Bendaoud de « l’oscar du meilleur logeur ».
Las ! la vidéo continue son voyage de comptes Twitter en pages Facebook, prise au sérieux par des milliers d’internautes. La secrétaire de circonscription de l’Isère du Front national, Nathalie Germain, connue pour diffuser sur sa page Facebook mensonges et photomontages ouvertement racistes, s’est fait le relais de cette rumeur.

   


Des militants Les Républicains se sont également laissé berner par la galéjade.

   


Dans les commentaires, quelques voix rappellent que l’information est fausse, et les propos parodiques. Mais nombreux sont les internautes prenant la parodie pour vérité. « Macron se fait traiter de con et d’incapable par Poutine », lit-on sur Twitter.

   



   


Nordpresse est connu pour avoir tenté de piéger des journalistes du Parisien et plusieurs de ses articles ont été repris massivement au premier degré, notamment durant la campagne présidentielle.

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