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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Députés et sénateurs se réunissent moins de trois jours après l’intervention militaire menée par la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis contre l’arsenal chimique syrien.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Invité de BFM-TV, RMC et « Mediapart » dimanche 15 avril, le chef de l’Etat a défendu son action, au prix de quelques contre-vérités ou affirmations contestables.
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ISF, pouvoir d’achat, SNCF : les arguments discutables d’Emmanuel Macron

Invité de BFM-TV, RMC et « Mediapart » dimanche 15 avril, le chef de l’Etat a défendu son action, au prix de quelques contre-vérités ou affirmations contestables.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 23h30
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 15h05
    |

            Adrien Sénécat








                        



Quatre jours après une première interview feutrée sur TF1, Emmanuel Macron a répondu aux questions de Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel sur BFM-TV, RMC et Mediapart dimanche 15 avril. Un entretien parfois vif et passionné au cours duquel le chef de l’Etat, agacé à plusieurs reprises, a parfois demandé à ses interlocuteurs de rester « factuels ». Mais lui aussi s’est, au moins à quatre reprises, quelque peu arrangé avec les faits. Explications.
Une argumentation trompeuse sur l’ISF
Ce qu’il a dit
Emmanuel Macron a affirmé, concernant l’impôt sur la fortune (ISF) : « On l’a gardé quand l’argent est investi dans l’immobilier mais on l’a enlevé pour tout ce qui était investi dans l’économie. » Une rhétorique déjà développée jeudi 12 avril sur TF1, où il déclarait que sa réforme, « ce n’est pas de l’injustice, c’est une politique d’investissement. »
POURQUOI C’EST TROMPEUR
Pour comprendre ce débat, il faut d’abord revenir sur la nature de la réforme décidée par Emmanuel Macron : l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), qui remplace l’ISF, ne taxe plus que les biens immobiliers, alors que le patrimoine assujetti à l’ISF comportait jusqu’ici également les placements financiers, les liquidités (espèces, comptes courants, etc.), les meubles, les véhicules, les chevaux de course, les bijoux… Emmanuel Macron a donc raison de souligner que les investissements, hors immobilier, réalisés dans l’économie française ne seront plus frappés par l’IFI.
Mais son argumentaire occulte un point crucial du débat suscité par la réforme : l’exonération ne concerne pas que ces investissements. Les sommes investies à l’étranger ou celles qui ne seraient pas investies du tout (par exemple, les liquidités bancaires ou les objets de valeur) sont également exonérées dans la nouvelle mouture de l’impôt.
Rien ne garantit par ailleurs que les bénéficiaires de cette mesure, qui devrait représenter un manque à gagner de l’ordre de 3 milliards d’euros pour l’Etat en 2018, vont renchérir leurs investissements dans l’économie française. Quoi qu’on pense de cette mesure et de son bien-fondé, il est donc trompeur de la présenter et de la défendre comme une seule « politique d’investissement ».
Une contre-vérité sur les cotisations salariales
Ce qu’il a dit
Emmanuel Macron a reconnu une nouvelle fois avoir « demandé un effort » aux retraités avec la hausse du taux normal de CSG. Mais, selon lui, cet effort a permis de « réussir à baisser les cotisations sociales salariales de tous les travailleurs de France pour que le travail paie mieux ». Et d’évoquer un gain de 32 euros par mois pour les salariés au niveau du smic, selon lui.
POURQUOI C’EST EXAGÉRÉ
Emmanuel Macron fait ici référence à sa réforme des cotisations salariales. D’un côté, une hausse du taux normal de la CSG de 1,7 point au 1er janvier 2018. De l’autre, une baisse des cotisations salariales en deux temps, en janvier puis en octobre 2018, supérieur à la hausse de la CSG. Pendant la campagne présidentielle, le chef de l’Etat défendait cette mesure qui allait selon lui redonner du pouvoir d’achat aux travailleurs.
A la fin de l’année 2018, cette réforme représentera effectivement 1,45 point de cotisations en moins au total pour un salarié du privé. Au niveau du smic, cela fait un gain d’environ 22 euros par mois (et non pas 32 euros par mois comme l’affirme Emmanuel Macron), soit 250 euros par an sur le salaire net.
Sauf que cette hausse ne concerne pas tous les travailleurs, mais les seuls salariés du privé. Pour les fonctionnaires, la hausse de la CSG a simplement été compensée en 2018. Ces derniers ne verront par leur pouvoir d’achat amélioré par la mesure.
Par ailleurs, une majorité des travailleurs indépendants (environ 75 % selon le gouvernement) profiteront eux aussi d’une baisse de leurs cotisations supérieure à celle de la CSG. Mais les 25 % restant, eux, ne sortiront pas gagnant de la réforme et verront leur pouvoir d’achat inchangé.
Il est donc exagéré de parler d’une hausse du pouvoir d’achat pour « tous les travailleurs de France », quand la mesure exclut de fait les fonctionnaires et une partie des indépendants.
Un chiffre discutable sur la SNCF
Ce qu’il a dit
« Aujourd’hui nous sommes face à une SNCF qui est 30 % moins performante que ses grands voisins. »
C’EST DISCUTABLE
Emmanuel Macron n’a pas cité de sources à ce constat, mais il correspond à un argument déjà avancé par le gouvernement ces dernières semaines, notamment Edouard Philippe qui déclarait en février que « faire rouler un train en France coûte 30 % plus cher qu’ailleurs ».
Le chiffre de « 30 % » est bien mentionné au détour du rapport Spinetta sur l’avenir du transport ferroviaire remis en février au gouvernement. Mais ce même rapport reconnaissait qu’il s’agissait d’une affirmation fragile. Voici dans quel contexte il était avancé :
« Il est difficile de procéder à une évaluation exacte de l’écart de compétitivité (sauf sur le fret) pour des activités qui aujourd’hui encore sont dans des situations de monopole. On peut néanmoins considérer que la situation statutaire de la SNCF, les frais de structure et les excédents de personnel génèrent un écart potentiel de compétitivité d’au moins 30 % par rapport aux règles du marché (convention collective, grilles salariales, définition des emplois). »
Cette présentation prudente montre qu’il faut prendre avec des pincettes l’affirmation selon laquelle la SNCF serait « 30 % moins performante que ses grands voisins », formulée par Emmanuel Macron dimanche.
Une exagération sur le niveau des élèves de CM2 
Ce qu’il a dit
« Quand on a un cinquième des gens qui ne savent pas lire ou écrire ou compter en CM2, on ne peut pas prétendre aller au bout. »
POURQUOI C’EST EXAGÉRÉ
Ce n’est pas la première fois qu’Emmanuel Macron cite ce chiffre, qui est en réalité sorti de ce contexte, quitte à le dévoyer. Les statistiques du ministère de l’éducation nationale sur le niveau des élèves de CM2 montraient en 2013 que 79,8 % maîtrisaient les compétences attendues en lecture et 70,9 % celles en mathématiques.
Ces chiffres peuvent sembler correspondre aux propos d’Emmanuel Macron. Sauf qu’il est faux d’affirmer que ceux qui ne maîtrisent pas les compétences du socle ne savent pas lire ou compter. Sur la compétence lire, par exemple, il est notamment attendu de savoir « dégager le thème d’un texte, repérer dans un texte des informations explicites, inférer des informations nouvelles [implicites], repérer les effets de choix formels ». Autant de savoir-faire qui vont bien au-delà de la seule lecture.

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                ISF, retraités, SNCF…, les « carabistouilles » d’Emmanuel Macron sur TF1






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Pour la première fois en dix ans, le nombre de personnes ayant contracté la maladie a augmenté en 2016. L’Organisation mondiale de la santé dénonce un « niveau d’investissement inadéquat ».
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Le retour en force du paludisme

Pour la première fois en dix ans, le nombre de personnes ayant contracté la maladie a augmenté en 2016. L’Organisation mondiale de la santé dénonce un « niveau d’investissement inadéquat ».



Le Monde
 |    16.04.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 17h51
    |

            Paul Benkimoun








                        



   


Les réunions internationales destinées à donner un nouvel élan à la lutte contre le paludisme se multiplient en ce mois d’avril. Dakar accueille, du 15 au 29 avril, la septième conférence panafricaine sur le paludisme organisée par l’Initiative multilatérale sur le paludisme (MIM). Londres reçoit, le 18 avril, le Sommet mondial sur le paludisme, convoqué à l’initiative du partenariat international Faire reculer le paludisme (RBM), avec le soutien de la Fondation Bill et Melinda Gates. Une mobilisation bien nécessaire, tant la crainte d’une recrudescence de la maladie grandit.
Un enfant tué toutes les deux minutes
Ces dernières années, les progrès de la lutte contre une maladie qui tue un enfant toutes les deux minutes, principalement en Afrique subsaharienne, ont été à juste titre mis en avant. Depuis l’année 2000, le nombre des décès dus au paludisme a été réduit de plus de la moitié, et les institutions internationales estiment que 7 millions de vies ont été sauvées grâce aux actions menées contre ce fléau.

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Entre 2010 et 2016, le nombre de pays notifiant moins de 100 000 cas de pa­ludisme a augmenté, passant de 37 à 44, et l’accès aux outils de prévention tels que les moustiquaires imprégnées d’insecticide s’est accru. Introduite en 2012, la chimioprévention saisonnière (CPS) – utilisation préventive d’antipaludéens pendant la saison des pluies – permet de réduire fortement les cas de ­paludisme simples.
Dans son rapport en 2015, ­l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pouvait donc se réjouir quand elle soulignait : « La cible 6C des Objectifs du millénaire pour le développement liée au paludisme appelait à maîtriser cette maladie d’ici à 2015. De toute évidence, elle a été atteinte. »
« En décembre 2016, moins de la moitié des pays d’endémie étaient en passe d’atteindre les objectifs de la lutte contre le paludisme. »
C’est une tout autre tonalité qu’a adoptée le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans son avant-propos au rapport 2017, le plus récemment paru : « En décembre [2016], nous avions noté que la lutte antipaludique suivait une trajectoire inquiétante. En effet, les données indiquaient que moins de la moitié des pays d’endémie étaient en passe d’atteindre les objectifs de baisse de la morbidité [taux de personnes atteintes]et de la mortalitéliées au paludisme. Les progrès semblaient alors s’arrêter. Le rapport 2017 sur le paludisme dans le monde montre que cette trajectoire inquiétante se poursuit. »
Et le « Dr Tedros », comme il est plus familièrement appelé, de remarquer que, malgré des points positifs, « la baisse du poids du ­paludisme au niveau mondial s’est incontestablement ralentie. Par ailleurs, dans certaines régions et certains pays, la lutte contre cette maladie est même en recul ».
Pour la première fois en dix ans, le nombre de cas de paludisme a en effet augmenté de nouveau. En 2016, ce sont 216 millions de personnes qui ont contracté la maladie dans le monde, soit 5 millions de plus que l’année précédente, et un retour au niveau de 2012.
Certains pays ont connu une hausse de plus de 20 % des cas de paludisme entre 2015 et 2016. La plupart des cas (90 %) ont été ­enregistrés en Afrique, loin devant l’Asie du Sud-Est (7 %) et la Méditerranée orientale (2 %), selon l’OMS. Le nombre des décès, lui, est resté stable : 445 000 morts en 2016, comparable aux 446 000 morts en 2015.
2,7 milliards de dollars investis, sur les 6,5 nécessaires
A ce constat sanitaire préoccupant s’ajoute une autre source d’inquiétude : « Les financements mondiaux obtenus en faveur du contrôle et de l’éradication du paludisme représentent moins de la moitié des fonds nécessaires pour atteindre les cibles mondiales », alerte RBM. Dans son avant-propos au rapport annuel 2017 sur le paludisme, le Dr Tedros confirme « un niveau d’investissement inadéquat » : « Un niveau d’investissement annuel de l’ordre de 6,5 milliards de dollars [5,2 milliards d’euros] au moins est requis d’ici à 2020 pour atteindre les cibles de la stratégie technique mondiale de lutte contre le paludisme de l’OMS. »
Or, en 2016, seulement 2,7 milliards de dollars (2,2 milliards d’euros) y étaient consacrés et, depuis 2014, ces investissements ont diminué dans de nombreux pays très touchés.
Initiatives
Des signes de régression, alors que, dans le même temps, sont prises des initiatives comme ­celles d’Unitaid (organisation internationale, spécialisée dans le financement d’innovations en santé). A travers le partenariat Medicines for Malaria Venture, Unitaid a­ ­consacré 20 millions de dollars pendant la période 2013-2016 pour répondre à l’accélération de la demande et à l’adoption de la forme injectable d’artésunate – un médicament antipaludéen majeur –, plus efficace et moins cher que la quinine. Un programme qui pourrait sauver la vie de 66 000 enfants supplémentaires chaque année d’ici à 2021, selon l’institution internationale.

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La lutte contre le paludisme est donc à la croisée des chemins. Les objectifs fixés sont raisonnables. Reste à savoir si la volonté politique et la mobilisation internationale seront au rendez-vous.
Ce dossier a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec Unitaid.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Le projet de loi Pacte, présenté en mai, devrait inclure la redéfinition de l’objet social de l’entreprise. Des sociétés et leurs salariés souhaitent donner plus de sens à leur action… et séduire de nouveaux clients.
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L’avènement des entreprises à mission

Le projet de loi Pacte, présenté en mai, devrait inclure la redéfinition de l’objet social de l’entreprise. Des sociétés et leurs salariés souhaitent donner plus de sens à leur action… et séduire de nouveaux clients.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 17h57
    |

                            Béatrice Madeline








                        



                                


                            

Votre mission, si vous l’acceptez : « Proposer des produits et services pour la maison au bénéfice de l’homme et de la planète. Mobiliser notre écosystème, collaborer et agir pour inventer de nouveaux modèles de consommation, de production et d’organisation. » Depuis novembre 2017, la feuille de route des collaborateurs de la Camif n’est plus seulement de vendre des meubles ou du linge de maison par le biais d’Internet. La Camif est en effet l’une des deux premières entreprises françaises, avec le groupe Nutriset, spécialiste de l’alimentation, à s’être dotées dans leurs statuts d’un « objet social étendu », qui va bien au-delà de l’objectif couramment poursuivi par les firmes : faire des profits.
Ces deux entreprises ont une longueur d’avance. Dans la foulée du rapport rédigé par Jean-Dominique Senard, président du groupe Michelin, et Nicole Notat, ancienne secrétaire générale de la CFDT et présidente de Vigeo-Eiris, le projet de loi Pacte, pour « plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises », qui devrait être présenté en conseil des ministres le 16 mai ou le 23 mai, pourrait comprendre une disposition de taille : la réécriture de l’article du Code civil qui définit l’objet de l’entreprise, afin que celui-ci puisse mieux tenir compte « des enjeux sociaux et environnementaux de son activité ».

Par ailleurs, mais sans qu’il s’agisse d’une obligation, « les statuts [pourraient] préciser une raison d’être dont la société entend se doter pour décrire son activité ». Mais cette mesure mécontente le patronat. « On dépossède les associés et les actionnaires de leurs prérogatives. On prend leurs droits à ceux qui apportent les moyens de production », a même déclaré Jean-Charles Simon, l’un des neuf candidats à la présidence du Medef.
Changement de paradigme
« Pour comprendre pourquoi nous nous sommes lancés dans cette aventure,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Reportage à l’université de Paris-Nanterre, lundi, où les étudiants opposés à la loi Vidal empêchaient la tenue des examens. Au grand dam des étudiants non bloqueurs qui crient à l’injustice.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

A Nanterre, le blocage des partiels divise les étudiants

Reportage à l’université de Paris-Nanterre, lundi, où les étudiants opposés à la loi Vidal empêchaient la tenue des examens. Au grand dam des étudiants non bloqueurs qui crient à l’injustice.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 16h50
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 17h01
    |

            Eric Nunès et 
Soazig Le Nevé








                        



   


Prestement, l’étudiant saisit la table renversée qui bloque l’accès à la fac de droit. Aussitôt la rumeur gronde : « Non ! Arrêtez-le ! » Deux secondes plus tard, il se retire, sa tentative ayant échoué. Une voix s’élève par-derrière : « On veut nos partiels, putain ! » L’ambiance est électrique, lundi 16 avril, à Nanterre. Il est 8 heures, et des centaines d’étudiants viennent d’apprendre que leurs partiels n’auront pas lieu, du fait du blocage organisé pour protester contre la réforme de l’accès à l’université.
« Je ne me suis pas fait chier à bosser pendant trois mois pour être stoppée le jour J devant la salle d’examen ! » Inès, étudiante en 3e année de droit, fulmine. La jeune femme, debout depuis 6 heures du matin pour passer ses partiels, a commencé la journée par deux heures de transports en commun avant d’échouer, comme plusieurs centaines de ses camarades, devant les portes fermées du bâtiment de droit. Au mégaphone, un leader du mouvement problocage explique : « Nous bloquons l’entrée, car nous demandons l’annulation de nos partiels et leur validation automatique pour ne pas pénaliser les étudiants tant qu’il y a grève. » Des huées s’ensuivent : « Ouh ! Tais-toi sale gauchiste de merde ! Nos partiels ! » 

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« En somme, ceux qui auront bossé et ceux qui n’auront rien fait auront la même note… Ce n’est pas juste », estime Anaelle, en deuxième année de double licence économie-allemand. Pis, « cela va complètement décrédibiliser nos diplômes, ajoute Guillaume, et lorsqu’on arrivera à la porte d’un master et qu’on candidatera avec notre diplôme de Nanterre, en concurrence avec des étudiants d’autres universités, qui sera reçu ? »
La méthode des bloqueurs est trop « radicale », selon Samadhi, en L3 de psychologie : « Les bloqueurs disent qu’ils se battent pour nos intérêts mais, en fait, ils ne respectent pas un instant ceux qui veulent passer et obtenir leurs examens. » « Ils ont le droit de manifester, et nous avons le droit d’étudier », témoigne également Guillaume, en 1re année de psychologie.
Alignés et solidaires entre eux, les dizaines d’étudiants qui barrent l’entrée de la fac entonnent leur refrain « Facs ouvertes aux enfants des quartiers ! Facs fermées aux intérêts privés ! » Pour faire baisser la tension, Pascal Beauvais, codirecteur de l’UFR de droit et sciences politiques, demande à parler dans le mégaphone. « Il faut rester calme. S’il vous plaît, respectez les points de vue qui sont légitimes des deux côtés. La situation est délicate, il ne faut pas tomber dans des échauffourées entre nous. »

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En tout point du campus, les entrées des bâtiments sont barricadées de chaises et de tables. Seule la bibliothèque universitaire (BU) ouvre ses portes à 8 h 30, drainant un flux d’étudiants dépités. « Nos universités ont du talent ! », rigole un étudiant devant la BU. Il rejoint un groupe de filles en train de parler de l’interview télévisée du chef de l’Etat la veille au soir. « Il ne sait vraiment pas nous parler, Macron, tranche une étudiante. Moi, je ne dis pas qu’il faut tout bloquer tout le temps, je dis qu’on doit nous écouter. Ils ne comprennent pas ça au gouvernement. J’en ai parlé une heure avec ma mère, elle était d’accord. » 
Mais alors, comment finir et valider cette année d’études ? Les questions fusent et restent sans réponse parmi les étudiants interrogés. « Les partiels pourraient être reportés à l’été », envisage une étudiante. « Moi, j’ai bossé pour être en mesure d’avoir mon diplôme maintenant. J’ai trouvé un stage en entreprise en juin, du travail durant l’été… Je devrais recommencer ? Lâcher mon stage ? Mon job ? Pourquoi ? s’étrangle Inès. Je veux passer mes partiels, comme les trois quarts de la fac. »
Bloquer la fac de droit, une opération stratégique
Un peu plus loin, devant le bâtiment réservé à la formation continue, on est en plein conciliabule. Un étudiant tente de justifier le mouvement auprès d’une dizaine de salariés, dont la formation est annulée. « Ma tante, qui est professeure à la faculté de Saint-Etienne, m’a dit que pour sélectionner, les profs allaient jusqu’à regarder les notes qu’avait le candidat au collège ! Elles étaient bonnes vos notes au collège, vous ? On va priver des jeunes de faire des études alors que l’université est le lieu du partage des savoirs. » L’échange est courtois, mais l’auditoire n’est pas convaincu. « Vous nous empêchez de suivre une formation en vue d’une reconversion professionnelle. On vient de province et ça nous coûte cher. Vous n’avez pas conscience de cela », reproche une femme avec amertume.
Aux yeux de Yaël et Adem*, la matinée est un succès. « Bloquer l’accès de la fac de droit et ses 15 000 étudiants, c’est stratégique », explique la première. Cela élargit un mouvement jusqu’ici cantonné à l’UFR Phillia (arts, lettres, langues) et aux SSA (sciences sociales et administration). « Depuis l’intervention des CRS le 9 avril, personne ne peut avoir la tête à passer ses partiels. C’est d’ailleurs pour ça que les profs réunis en AG le 12 avril ont voté pour l’attribution d’un 20/20 politique pour les partiels », complète Adem.

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Décidés à voter la poursuite du blocage lors de l’assemblée générale prévue mardi 17 avril à 10 heures, et à obtenir l’annulation de la tenue de tous les examens prévus cette semaine, les bloqueurs déployés sur le campus demandent en sus la démission du président de l’université, Jean-François Balaudé. « Sa communication mensongère, nous n’en voulons plus », clame Yaël, en référence à l’appel aux CRS le 9 avril, que le président avait justifié par la présence d’« individus non identifiés », et qui s’était soldé par sept interpellations. « C’est faux, ce sont des étudiants, nous les connaissons bien », martèle la jeune fille.

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Dans le bâtiment E occupé nuit et jour par 60 à 200 étudiants, la presse n’a pas le droit de pénétrer. « Nous avons eu trop de problèmes avec des propos déformés. Et puis nous ne pouvons pas nous exposer davantage en photo, car on reçoit des menaces quotidiennes de groupes fascistes. C’est devenu dangereux pour nous », explique Yaël.
Elle qui a fait ses premiers pas d’étudiante à Nanterre en auditrice libre parce qu’à 18 ans elle ne savait pas quelles études embrasser, voudrait que l’université ouverte qu’elle affectionne ne puisse jamais fermer ses portes à quiconque. C’est le message qu’elle est allée porter le 13 avril devant les grilles de plusieurs lycées. « Les lycéens ne se rendent pas compte de ce qui s’annonce. Ils sont super stressés par Parcoursup et se contentent de faire scrupuleusement ce que leurs professeurs leur disent. C’est dur pour eux de se mobiliser », reconnaît la jeune fille.
Yaël et Adem font le pari que leur mouvement à eux est « construit et unifié ». « Contrairement aux lycéens, nous avons les moyens de faire pression. Ce que nous vivons dans le bâtiment que nous occupons, c’est une forme alternative d’éducation. Les professeurs nous demandent de faire des listes de sujets de cours qu’ils dispensent ensuite, et nous vivons en autogestion. Cela donne de l’espoir à tous. »
A tous, ou presque. A deux pas de là, une étudiante est affairée à coller des affiches sur les murs du bâtiment autogéré. Comme si de rien n’était, l’association des étudiants en droit La Vieille de Nanterre annonce la tenue de son gala annuel, le 18 mai. Ce soir-là doit s’achever la principale période de partiels, censée débuter le 2 mai, et dont l’avenir paraît incertain.
*Les prénoms ont été modifiés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ La société française Pixcom, spécialisée dans l’événementiel, a porté plainte contre la branche africaine de l’institution olympique pour des factures impayées.
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Enquête

Le village africain des Jeux de Londres, un caillou dans la chaussure du CIO

La société française Pixcom, spécialisée dans l’événementiel, a porté plainte contre la branche africaine de l’institution olympique pour des factures impayées.

Pierre Lepidi et 
Yann Bouchez
    



LE MONDE
              datetime="2018-04-16T15:20:23+02:00"

        Le 16.04.2018 à 15h20






    
Des policiers britanniques devant le village africain des Jeux olympiques de Londres, en août 2012.
Crédits : WILL OLIVER / AFP


C’est un nouvel épisode dans un long bras de fer juridique commencé il y a six ans. Selon les informations du Monde, confirmant celles de Mediapart, Pixcom, une société spécialisée dans l’événementiel, a porté plainte auprès du procureur de la République à Versailles, mardi 3 avril, contre l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique (Acnoa) pour tentative d’escroquerie au jugement. Depuis 2012, l’entreprise française reproche à cette institution placée sous l’égide du Comité international olympique (CIO) le non-paiement de deux factures, pour un montant d’environ un million d’euros, émises dans le cadre d’un village africain aux Jeux olympiques (JO) de Londres.
L’idée avait tout pour séduire. Initié par l’Acnoa, cet « Africa Village » devait être « the place to be » des JO de 2012. Installé dans les jardins de Kensington, au cœur de la capitale britannique, il devait être un lieu de rencontres entre des personnalités des mondes économique, politique et sportif. « Le village africain devra montrer au monde ce qu’est l’Afrique en matière de culture et de dynamisme, se félicitait, quelques jours avant son ouverture, Lassana Palenfo, président ivoirien de l’Acnoa. C’est également ici que les athlètes africains viendront fêter leurs médailles. » 

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Ouvert en grande pompe en compagnie de la princesse marocaine Lalla Joumala Alaoui, du premier ministre algérien Ahmed Ouyahia et du président ivoirien Alassane Ouattara, le village africain a fermé ses portes brutalement le 8 août, soit quatre jours avant la fin de la compétition, suite à la grève de différents prestataires, notamment du personnel de sécurité, pour des factures impayées. Ces prestataires étaient employés par Concerto, une société d’événementiel basée à Londres, sans lien avec Pixcom.
Dans un courriel que Le Monde a pu consulter daté du 15 juillet 2012 (soit douze jours avant l’ouverture des JO), Alain Barbier, président de Pixcom, alerte Lassana Palenfo : « Un risque majeur plane sur le dossier : le manque de trésorerie, car nous sommes loin d’avoir encaissé les recettes des ventes, stands et partenariats… Les fournisseurs, encadrés par Concerto, font un chantage permanent avec menace de quitter le chantier. »
Lassana Palenfo répond que l’Acnoa ne « peut plus décaisser d’argent car sa trésorerie ne peut plus le faire », mais il laisse entrevoir que « le trésorier de la présidence de la Côte d’Ivoire [le pays doit tenir un stand au village africain] peut solder ce problème. »
Contre-attaque
Lors d’une allocution à l’assemblée générale de l’Acnoa, le 1er novembre 2013 à Abidjan, Lassana Palenfo accuse Pixcom de ne pas avoir « honoré ses obligations ». « Scandaleux ! Catastrophique pour notre institution !, s’écrie le président. Bien sûr, l’Acnoa a engagé des poursuites juridiques contre Pixcom qui se sont traduites par des condamnations de cette société. »
En octobre 2012, l’Acnoa a effectivement assigné Alain Barbier devant le tribunal de grande instance de Nanterre, affirmant que l’homme d’affaires avait reçu plusieurs versements émis dans le cadre de la solidarité olympique pour aider l’Acnoa à financer le village africain. Elle a accusé Pixcom d’avoir détourné l’argent des prestataires et a réclamé le remboursement d’environ 1,176 million d’euros. Mais en 2016, la Cour d’appel de Versailles, confirmant la décision du tribunal de grande instance de Nanterre, a donné tort à l’association olympique et l’a condamnée à verser 3 000 euros à Alain Barbier.

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La contre-attaque judiciaire du patron de Pixcom vise aujourd’hui à récupérer les fonds qu’il assure ne pas avoir touchés et à retracer les flux financiers. « Je reconnais avoir reçu deux versements pour un montant total de 300 000 dollars, mais il manque un million d’euros auxquels il faut ajouter les dommages et intérêts que je réclame, assure Alain Barbier. J’ai été attaqué par l’Acnoa en France et j’ai gagné. J’ai été poursuivi en diffamation en Algérie par Mustapha Berraf [vice-président de l’Acnoa et président du Comité olympique algérien] et j’ai encore gagné ce procès. » 
Les sommes versées dans le cadre de la solidarité olympique ont-elles été détournées ? En l’état actuel, rien ne permet de l’affirmer. « J’ai déjà eu à gérer des affaires d’impayés commerciaux, mais de là à devoir rembourser des versements que je n’ai pas perçus, je n’ai jamais vu cela, s’emporte Alain Barbier. Il faut que la lumière soit faite, ma crédibilité est en jeu. Le CIO ne fait rien pour mettre un terme à cette mascarade malgré les nombreuses alertes qu’il a reçues, y compris par voie d’huissier. » 
Zones d’ombre
Lassana Palenfo, actuellement suspendu de la présidence de l’Acnoa après une élection contestée en mai 2017, n’a pas répondu aux questions du Monde. L’avocate de l’Acnoa, malgré plusieurs relances, n’a pas donné suite non plus. Egalement sollicité, le CIO a refusé de s’exprimer « sur une affaire en cours ». L’institution, dont le siège est situé à Lausanne, en Suisse, estime par ailleurs que ce conflit « concerne uniquement l’Acnoa et non le CIO ».

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L’argument est contestable, car le village africain a été financé grâce au mécanisme de solidarité olympique qui « a pour mission d’organiser l’assistance aux comités nationaux olympiques, en particulier à ceux qui en ont le plus grand besoin, à travers des programmes pluridimensionnels axés sur le développement des athlètes, la formation des entraîneurs, des dirigeants sportifs, et la promotion des valeurs olympiques ». Or, si la commission de la solidarité olympique, dont le budget 2009-2012 était de 311 millions de dollars (environ 235 millions d’euros à l’époque), bénéficie selon les textes du CIO « d’une autonomie financière, technique et administrative », elle « rend compte à la commission exécutive et au président du CIO, en les tenant régulièrement informés des principales décisions prises ».
Dans sa plainte, Me Emmanuelle Goby, avocate d’Alain Barbier, rappelle que « seul le CIO […] est habilité, au titre de la solidarité olympique, à régler les prestataires de l’Acnoa pour le compte de l’Acnoa ». Me Goby déplore que l’institution n’a pas « accepté de répondre aux demandes d’informations qui lui ont été adressées sur la question des prétendus règlements qu’il [le CIO] aurait opérés pour le compte de l’Acnoa dans l’intérêt de la société Pixcom ». Ce silence ne permet pas d’éclaircir pour le moment les différentes zones d’ombre de ce dossier.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Jean-Paul Delevoye, chargé du dossier, va entendre les partenaires sociaux. La CFDT étant la première organisation à être reçue, lundi.
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édition abonné


La future réforme des retraites entre dans sa phase décisive

Jean-Paul Delevoye, chargé du dossier, va entendre les partenaires sociaux. La CFDT étant la première organisation à être reçue, lundi.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 09h59
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières et 
Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
La réforme des retraites entre dans une nouvelle étape. Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire chargé de ce chantier, doit rencontrer, au cours des deux prochaines semaines, les syndicats et le patronat pour en discuter – la CFDT étant la première organisation à être reçue, lundi 16 avril. Des face-à-face entre les partenaires sociaux et M. Delevoye avaient déjà eu lieu, dès l’automne 2017.
Mais à l’époque, il s’agissait d’échanges informels où les protagonistes n’avaient pas véritablement débattu des intentions de l’exécutif. Cette fois-ci, « je pense que l’on entre dans le vif du sujet », confie Philippe Louis, le président de la CFTC : à l’ordre du jour des discussions, détaille-t-il, il y a notamment le « système cible », c’est-à-dire l’architecture du futur dispositif et ses grands principes.
Promesse-phare d’Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, la réforme a pour ambition d’aboutir à un « système universel » où « chaque euro cotisé donnera les mêmes droits à tous ». Le chef de l’Etat l’a réaffirmé, dimanche soir, durant son interview par les journalistes Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel : il veut mettre fin à « l’injustice » induite par la prolifération de règles singulières, avec la « quarantaine » de caisses « qui cohabitent ». Son objectif est de construire « un système beaucoup plus transparent, équitable », dont les dispositions seront arrêtées après « concertation ». Il n’y aura « plus de régimes spéciaux », a-t-il confirmé, ceux-ci ayant « vocation à converger, à dix ans ».
Points cruciaux
Mais le président de la République a également laissé entendre que des aménagements étaient possibles pour tenir compte de spécificités professionnelles : la réflexion pilotée par M. Delevoye abordera « ce qu’apporte un trimestre cotisé et comment on peut le majorer », a expliqué M. Macron : « C’est-à-dire, si je m’engage...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Des lanceurs d’alerte, associations et journalistes, dont la Société des rédacteurs du « Monde », appellent le président à restreindre l’application du secret des affaires « aux seuls acteurs concurrentiels ».
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Des lanceurs d’alerte, associations et journalistes interpellent Macron sur la loi sur le secret des affaires

Des lanceurs d’alerte, associations et journalistes, dont la Société des rédacteurs du « Monde », appellent le président à restreindre l’application du secret des affaires « aux seuls acteurs concurrentiels ».



Le Monde
 |    16.04.2018 à 16h11
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 16h54
    |

                            Le Monde.fr








                        


« M. le Président, refusez qu’avec le secret des affaires le secret ne devienne la règle et les libertés des exceptions. » Dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, publiée lundi 16 avril, des lanceurs d’alerte, associations, syndicats, chercheurs et journalistes, parmi lesquels la Société des rédacteurs du Monde, s’inquiètent pour « le droit à l’information et l’intérêt général » avec la transposition dans le droit français de la directive européenne sur le secret des affaires. Ils appellent à ce que le champ d’application de la directive soit restreint « aux seuls acteurs économiques concurrentiels ». 

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                La loi sur le secret des affaires menace-t-elle la liberté d’informer ?



Le Parlement s’apprête à voter, via une procédure accélérée, une proposition de loi portant « sur la protection des savoir-faire et des informations commerciales non divulgués (secrets d’affaires) contre l’obtention, l’utilisation et la divulgation illicites ». Le texte est la transposition d’une directive européenne adoptée en 2016, décrite comme une menace pour la liberté d’informer. Déposée le 19 février, cette proposition de loi « discrète et expresse » a été votée fin mars à l’Assemblée nationale et sera examinée par le Sénat ce 18 avril, avec une adoption prévue dans la foulée.
Directive très décriée
« Alors qu’habituellement les directives européennes sont transposées par un projet de loi gouvernemental, passant en conseil des ministres et comportant une étude d’impact, nous regrettons que la France ait, cette fois, choisi une discrète proposition de loi d’initiative parlementaire », souligne la lettre ouverte.
« En janvier 2015, lorsque nous vous avions interpellé sur l’intégration dans votre projet de loi d’un amendement sur le secret des affaires, vous aviez fait le choix de retirer cette disposition, la jugeant dangereuse pour les libertés publiques. Pourtant, lors du récent débat parlementaire, votre gouvernement a refusé les amendements permettant de restreindre l’application du secret des affaires aux seuls acteurs concurrentiels. Pourquoi un tel revirement ? », s’interrogent les signataires.

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                Secret des affaires, transparence : où placer le curseur ?



Deux ans après la polémique, la très décriée directive sur le secret des affaires protégeant la confidentialité des informations des entreprises s’apprête ainsi à faire son apparition dans le droit français. La directive vise à protéger les entreprises contre le vol de leurs secrets industriels ou leur divulgation à des concurrents ou au grand public. Mais le souci du secret d’une entreprise peut parfois entrer en contradiction avec l’intérêt général. C’est cette tension entre deux objectifs parfois antagonistes qui a nourri la controverse pendant la préparation de cette directive.
Parmi les signataires de la lettre ouverte figurent notamment Antoine Deltour, lanceur d’alerte sur les « LuxLeaks », Laurène Bounaud, déléguée générale de Transparency International, Katia Dubreuil, présidente du Syndicat de la magistrature, et les SDJ de l’AFP, de Télérama, de Mediapart, de Radio France et du Figaro.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Investissements, productivité, dette : la société française ne s’en sort pas si mal face à la Deutsche Bahn allemande et aux Ferrovie dello Stato italiens.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/04/2018
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Face aux compagnies ferroviaires européennes, la SNCF soutient la comparaison

Investissements, productivité, dette : la société française ne s’en sort pas si mal face à la Deutsche Bahn allemande et aux Ferrovie dello Stato italiens.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 11h44
    |

            Philippe Jacqué








                        



   


Comparaison n’est pas raison. Ce vieil adage n’a jamais été aussi vrai que dans le cas de la SNCF. Alors que le gouvernement prépare l’ouverture à la concurrence du système ferroviaire, regarder comment ces réformes se sont déroulées chez nos voisins européens peut-être riche d’enseignements. « Mais il ne faut jamais oublier que la France est très différente de ces pays. Elle présente des caractéristiques géographiques et démographiques sans grand rapport avec ce que sont l’Allemagne ou l’Italie », prévient Bernard Soulage, le président du conseil scientifique du Groupement des autorités responsables de transports (GART).
Cette mise en garde faite, l’analyse d’indicateurs calculés à partir de l’état financier des trois grandes sociétés européennes de chemin de fer permet de souligner les forces et faiblesses de chacun. Nous nous sommes intéressés aux résultats financiers de deux anciens grands monopoles actuellement en situation de concurrence : la Deutsche Bahn (DB), en Allemagne, et ses 310 935 salariés et Ferrovie dello Stato (FS), en Italie (74 436 salariés). A ce petit jeu, la SNCF (271 090 salariés) soutient largement la comparaison, sachant que c’est l’ensemble des groupes qui a été étudié (SNCF intègre ainsi Keolis et Geodis, la DB inclut Arriva, et Schenker…).
Investissements : la SNCF en pointe
Depuis trois ans, la France, l’Allemagne ou l’Italie ont lancé de vastes plans d’investissements pour le ferroviaire. Après l’Allemagne, qui a annoncé son intention de dépenser 50 milliards d’euros entre 2015 et 2020 pour le rail, l’Italie a dévoilé en 2016 un plan d’investissements de dix ans de 94 milliards d’euros. La France n’est pas en reste : en 2017, le gouvernement prévoit 46 milliards d’euros sur les dix ans à venir. Si l’on ajoute le matériel et d’autres achats, la somme gonfle encore.
Cependant, à la lecture des comptes des trois entreprises, on constate que l’entreprise française est celle qui investit le plus en proportion de son chiffre d’affaires. Cela explique, en partie, que les trains de grandes lignes sont plus ponctuels en France (84,96 %) qu’en Allemagne (78,5 %). La SNCF consacre quelque 15,3 % de ses revenus à l’investissement, contre 11,9 % à FS et moins de 9 % à la DB. Cet écart s’explique par le fait que les gouvernements allemand ou italien subventionnent bien plus les travaux liés au réseau.
Efficacité : les cheminots français plus productifs que les allemands
Pour démontrer l’efficacité opérationnelle des trois entreprises, on divise l’excédent brut d’exploitation (Ebitda), c’est-à-dire les résultats dégagés après le paiement de toutes les charges et avant imputation d’investissements et des frais financiers, par l’effectif de chaque opérateur. Ce calcul nous apprend deux choses. Tout d’abord, ce sont les chemins de fer italiens qui sont aujourd’hui considérés comme les plus performants économiquement. En moyenne, un cheminot italien dégage une marge opérationnelle de 31 000 euros, alors qu’un français se rapproche de 17 000 euros et qu’un salarié de la DB produit 15 000 euros de marge par an.
Bref, malgré un personnel majoritairement au statut, les cheminots français sont aujourd’hui plus productifs que leurs homologues allemands, qui ne sont plus recrutés au statut depuis 1995. Mieux, l’Etat fédéral allemand paie le surcoût lié aux employés encore fonctionnaires dans l’entreprise. En clair, l’extinction du statut n’apparaît pas comme une condition sine qua non pour améliorer la productivité de l’opérateur français.
Dette : la SNCF emprunte à meilleur prix
Avec 54,5 milliards d’euros de dette, le réseau ferroviaire français est de loin le plus endetté. FS affiche une ardoise de 7,2 milliards d’euros, et DB une dette de 18,6 milliards d’euros. Le montant plus faible de DB s’explique par l’histoire. Quand l’Allemagne réunit les compagnies publiques ferroviaires de RFA et de RDA, en 1993, Berlin décide de délester la nouvelle société de sa dette, qui équivalait à 17,6 milliards d’euros, pour repartir à zéro.
Un quart de siècle plus tard, la DB s’est rendettée de manière importante pour réinvestir, mais elle le peut, car cela équivaut à 3,8 années d’Ebitda. L’Italie est pour sa part à 3,1 années d’Ebitda, quand la France a besoin de 11,9 ans de marge opérationnelle pour couvrir sa dette… Afin de devenir une société anonyme, la SNCF devra réduire sa dette de manière importante pour ramener ce ratio à un maximum de 5 à 7 ans d’Ebitda, ce qui implique la reprise d’une partie de la dette par l’Etat.
Cela dit, grâce à son statut actuel d’établissement public, la SNCF emprunte au même taux que l’Etat, soit à meilleur prix que la DB. Ainsi, la compagnie nationale paie chaque année à peine deux fois plus de frais financiers pour une dette trois fois plus importante. Lorsqu’elle sera transformée en société anonyme, la SNCF empruntera à un taux plus élevé, ce qui alourdira ses frais financiers.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ La compagnie aérienne anticipe notamment le maintien, mardi, de 55 % de ses vols long-courriers, contre 60 % lors du dernier jour de grève.
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Grève à Air France : 70 % des vols assurés mardi

La compagnie aérienne anticipe notamment le maintien, mardi, de 55 % de ses vols long-courriers, contre 60 % lors du dernier jour de grève.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 12h42
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 14h40
   





                        


Air France prévoit d’assurer « 70 % des vols » mardi 17 avril, pour la huitième journée du mouvement de grève au sein de la compagnie aérienne, lancé en février par une large intersyndicale pour réclamer une augmentation générale des salaires de 6 %.
Dans le détail, la compagnie aérienne anticipe le maintien de 55 % de ses vols long-courriers, contre 60 % lors du dernier jour de grève mercredi dernier, 65 % (stable) de ses vols moyen-courriers au départ et vers Paris - Charles-de-Gaulle, ainsi que 80 % de ses vols court-courriers à Paris-Orly et province (contre 75 %). « Des perturbations et des retards ne sont pas à exclure », a par ailleurs averti la compagnie.

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                Air France : les préavis de grève maintenus



Air France a constaté que le nombre de grévistes, selon les déclarations préalables, était en baisse. Il atteindrait ainsi 29,6 % chez les pilotes (contre 36,3 % mercredi dernier), 20,4 % chez les hôtesses et stewards (contre 21,6 %) et 12,4 % pour les personnels au sol (contre 15,1 %).
Les négociations ont repris
Après deux jours de négociation avec la direction, l’intersyndicale d’Air France avait maintenu, vendredi, ses quatre prochains appels à la grève, dont mardi et mercredi, ainsi que les 23 et 24 avril. « La direction reste campée sur un accord pluriannuel [sur les salaires], alors que l’intersyndicale ne veut traiter que sa revendication sur 2018 », avait fait savoir, vendredi, Karim Taïbi de FO.
Les négociations ont repris lundi matin à 9 heures. L’intersyndicale de pilotes (SNPL, SPAF, Alter), d’hôtesses et de stewards (SNPNC, UNSA-PNC, CFTC, SNGAF) et de personnels au sol (CGT, FO et SUD) réclame, comme l’UNAC qui n’en fait pas partie, une augmentation de 6 % des grilles salariales, au titre des efforts passés et des bons résultats de l’entreprise.
Une revendication rejetée par la compagnie qui a proposé, pour tenter de sortir du conflit, une « augmentation générale à 2 % » en 2018, contre 1 % initialement prévu, ainsi qu’une « augmentation générale des salaires de 3,6 % » sur la période 2019-2021. « La direction est arc-boutée sur sa proposition pluriannuelle », tandis que « l’intersyndicale veut un accord uniquement sur 2018 », a, de nouveau, souligné, lundi, M. Taïbi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Pour forcer les opérateurs à diminuer le coût pour l’Etat des futurs parcs éoliens en mer, l’exécutif menace d’annuler les appels d’offres à l’été si aucun accord n’est trouvé.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Eoliennes offshore : le gouvernement maintient la pression sur la filière

Pour forcer les opérateurs à diminuer le coût pour l’Etat des futurs parcs éoliens en mer, l’exécutif menace d’annuler les appels d’offres à l’été si aucun accord n’est trouvé.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 14h30
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


Trois mois pour négocier. Après plusieurs mois de tergiversations, le gouvernement a finalement mis au point sa stratégie sur l’éolien en mer. « Une négociation va s’engager dans les prochains jours avec les lauréats pour faire baisser les coûts », explique-t-on au ministère de la transition écologique et solidaire. « Ce sera aux professionnels de faire des propositions », prévient-on. Mais si les coûts des projets restent élevés, le gouvernement menace d’annuler purement simplement les appels d’offres octroyés en 2012 et 2014 et d’en relancer de nouveaux sur les mêmes zones.
Pour comprendre cet imbroglio, il faut revenir au lancement de ces premiers appels d’offres offshore en France, en 2011 : trois sont remportés par EDF, allié à Alstom (dont la branche énergie est devenue General Electric), et l’un par l’espagnol Iberdrola. En 2014, Engie et Siemens remportent un autre projet au large du Tréport (Seine-Maritime). A l’époque, le secteur est enthousiaste et affiche son optimisme. Mais les recours se multiplient, le cadre réglementaire n’est pas prêt, les autorisations tardent à venir. Les projets s’embourbent. Tous accusent d’importants retards et aucun ne devrait voir le jour avant 2020, voire 2021.
La France apparaît très à la traîne vis-à-vis de ses voisins : alors que plus de 4 000 éoliennes en mer tournent en Europe et que le pays possède la première façade maritime du continent, l’Hexagone ne compte toujours aucune éolienne offshore en activité.

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« Des baisses de tarifs significatives »
Non seulement tout a pris du retard, mais en outre, les coûts de l’offshore ont drastiquement baissé ailleurs en Europe, particulièrement en Allemagne et au Danemark. Le gouvernement d’Edouard Philippe a pris acte des délais mais estime maintenant que les porteurs de projets doivent accepter de baisser leurs tarifs de rachat.
Elément essentiel : à l’époque, les appels d’offres ont été attribués à des tarifs d’électricité avoisinant les 190 euros le mégawattheure. Autrement dit : l’Etat s’engage à racheter à ce prix extrêmement élevé – six fois plus que le tarif moyen du marché – sur une période de vingt ans, pour soutenir la création d’une filière naissante. Les tarifs ont depuis chuté en Europe : au Royaume-Uni ou en Allemagne, ils se situent aujourd’hui aux environs de 60 euros le MWh.
« On s’attend à des baisses de tarifs significatives compte tenu de celles observées ailleurs en Europe », dit-on au gouvernement. Mais cette comparaison est à relativiser : les projets plus anciens lancés en Allemagne ou au Royaume-Uni, actuellement en cours de construction, l’ont été à des coûts moyens de 160 à 180 euros le MWh, ce qui est « cohérent » avec les prix français, assure le Syndicat des énergies renouvelables (SER).

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« Utiliser le même argent pour en faire plus »
« On ouvre enfin les négociations », se réjouit Jean-Louis Bal, président du SER. « Mais c’est le seul aspect positif : les prix annoncés en Europe du Nord ne concernent pas des projets qui se réalisent actuellement et sont basés sur des éoliennes qui n’existent pas. Si cela aboutissait à remettre en cause tous les projets, la filière industrielle serait anéantie, les usines existantes devraient licencier », prévient-il. Selon le SER, cette filière pourrait générer plus de 15 000 emplois à terme.

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Le gouvernement assure qu’il est déterminé à ce que ces parcs éoliens voient le jour et qu’il souhaite soutenir cette filière industrielle. « Il faut faire plus d’énergies renouvelables avec les mêmes moyens. Il faut utiliser le même argent pour en faire plus », assurait fin mars le ministre de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, au Forum de la transition énergétique des Echos. « C’est une méthode de négociation très ferme », s’inquiète-t-on chez un des porteurs de projet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Egérie de la lutte contre l’apartheid, Winnie Madikizela-Mandela, la « mère de la nation », laisse tout un peuple orphelin.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤         

Winnie Mandela, à jamais dans le cœur des Sud-Africains



Le Monde.fr avec Reuters
              datetime="2018-04-16T18:14:54+02:00"

        Le 16.04.2018 à 18h14






Durée : 04:44 | 

Depuis la mort de Winnie Madikizela-Mandela, le 2 avril, jusqu’à son enterrement, samedi 14 avril à l’Orlando Stadium de Soweto, les Sud-Africains ont eu douze jours pour faire le deuil de cette personnalité inclassable, critiquée pour ses excès de violence et marginalisée ces dernières années par le parti de son ex-mari Nelson Mandela. Le décès de la « mère de la nation », dont l’histoire est intimement liée à celle de l’Afrique du Sud, a provoqué une ferveur inattendue, alors que ses idées et son radicalisme ont de nouveau le vent en poupe.


                

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Le groupe américain s’est donné jusqu’au 31 mai pour s’entendre avec « les différentes parties » dans ce dossier et « permettre au projet d’avancer ».
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Le Canada en « discussions financières » avec Kinder Morgan pour garantir l’oléoduc Trans Mountain

Le groupe américain s’est donné jusqu’au 31 mai pour s’entendre avec « les différentes parties » dans ce dossier et « permettre au projet d’avancer ».



Le Monde
 |    16.04.2018 à 09h23
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 10h45
   





                        


Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, veut « réduire l’incertitude planant sur le projet » d’extension de l’oléoduc Trans Mountain, récemment suspendue par l’entreprise pétrolière américaine. Il a annoncé dimanche 16 avril que le Canada était en « discussions financières » avec Kinder Morgan dans ce but.
L’Alberta et la Colombie-Britannique, deux provinces de l’ouest du pays, sont engagées dans un bras de fer autour du projet depuis plusieurs mois. Le premier ministre canadien a souligné que l’extension de cet oléoduc représentait un « intérêt stratégique vital » pour son pays, tout en assurant que celui-ci « sera construit ».

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Le projet d’extension de Trans Mountain, qui prévoit le triplement de la capacité de l’oléoduc entre les sables bitumineux de l’Alberta et le port de Vancouver, fait face à l’opposition du gouvernement provincial de la Colombie-Britannique, des communautés autochtones et des groupes écologistes en raison de potentiels risques environnementaux.
« Arrangements financiers »
Le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, a répété qu’il poursuivra ses actions en justice pour empêcher l’extension sur son territoire. « Ma responsabilité est de défendre nos côtes et de défendre les intérêts des habitants de la Colombie-Britannique, et je le ferai jusqu’à ce que je ne sois plus premier ministre », a-t-il déclaré.
De leur côté, le gouvernement fédéral et l’Alberta ont entamé des « conversations très importantes » avec Kinder Morgan concernant des « arrangements financiers qui assureront que le projet soit mené à terme », a dit la Première ministre de cette province Rachel Notley. De plus, le chef du gouvernement fédéral a dit vouloir explorer « activement des voies législatives » afin de « renforcer l’autorité judiciaire du Canada » sur ce projet face au gouvernement de la Colombie-Britannique.
« Financer un projet voué à l’échec, l’imposer à une province, ne pas obtenir le consentement des Premières Nations et faire fi de la science est la recette idéale pour renforcer la crise actuelle », a pour sa part réagi dans un communiqué l’organisation écologiste Greenpeace suite à l’annonce de M. Trudeau.
Le projet de 7,4 milliards de dollars canadiens (4,8 milliards d’euros) du groupe américain Kinder Morgan est actuellement le seul pouvant à court terme permettre à l’industrie pétrolière de l’Alberta, troisième réserve d’or noir de planète, d’écouler sa production en augmentation croissante alors que le réseau canadien d’oléoducs est saturé.
Redoutant de nouveaux retards dans cette extension autorisée en 2016, Kinder Morgan avait suspendu début avril les travaux d’agrandissement de Trans Mountain, réclamant au gouvernement de la « clarté ». Le groupe américain s’est donné jusqu’au 31 mai pour s’entendre avec « les différentes parties » dans ce dossier et « permettre au projet d’avancer ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ La Fédération nationale solidarité femmes pourra « obtenir des diffusions gracieuses de sa campagne de communication et d’information sur les radios et les télévisions publiques ».
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Le label « Grande cause nationale » décerné aux associations contre les violences faites aux femmes

La Fédération nationale solidarité femmes pourra « obtenir des diffusions gracieuses de sa campagne de communication et d’information sur les radios et les télévisions publiques ».



Le Monde
 |    16.04.2018 à 17h58
   





                        


Le label « Grande cause nationale 2018 » a été attribué lundi 16 avril à la Fédération nationale solidarité femmes (FNSV), groupement d’associations luttant contre les violences faites aux femmes, a annoncé Matignon.
« A travers cette distinction, le premier ministre, Edouard Philippe, a souhaité encourager et remercier toutes les associations regroupées au sein de la fédération, qui interviennent dans la lutte contre les violences faites aux femmes, notamment en venant en aide aux victimes », a expliqué Matignon dans un communiqué.

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Par ce choix, le gouvernement « réaffirme son engagement en faveur de la lutte contre les violences faites aux femmes, qui s’inscrit dans le cadre de sa mobilisation pour l’égalité entre les femmes et les hommes, érigée en grande cause du quinquennat », ont ajouté les services du premier ministre.
L’attribution du label « Grande cause nationale » accorde, selon Matignon, « le droit à cette fédération d’obtenir des diffusions gracieuses de sa campagne de communication et d’information sur les radios et les télévisions publiques ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ L’un a passé seize années sans papiers et a été régularisé par le travail. L’autre vient de revenir après avoir été expulsé vers l’Italie.
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édition abonné


Mamadou et Abdulaye, l’envie de rester en France plus forte que la peur de l’expulsion

L’un a passé seize années sans papiers et a été régularisé par le travail. L’autre vient de revenir après avoir été expulsé vers l’Italie.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 10h14
    |

            Maryline Baumard








                        



                                


                            
Leur volonté de vivre en France a été plus forte que les expulsions et la vie sans papiers des années durant dans la capitale. Mamadou, le Malien, et Abdoulaye, le Guinéen, viennent de marquer des points contre la France des renvois. Une administration qui, depuis seize ans, laissait le premier sans titre de séjour, et qui avait renvoyé le second en Italie il y a deux semaines.
Mais jeudi 12 avril, Mamadou, 43 ans, s’est vu remettre de la main d’une fonctionnaire de la Préfecture de police de Paris, son premier récépissé de demande de titre de séjour et Abdoulaye, 29 ans, est revenu de son expulsion vers l’Italie. Un jour qui restera marqué d’une pierre blanche pour le Malien et le Guinéen.
Mamadou a soigneusement écrit son nom en bas de la feuille cartonnée, ce « récépissé de demande de titre de séjour » dont il rêvait depuis si longtemps. Abdoulaye, lui, a retrouvé ses compagnons d’infortune sur les bords du bassin de La Villette à Paris, dans l’après-midi du même jour. Reparti de Rome la veille, il est passé tôt le matin de l’Italie à la France, alors que les autorités françaises voulaient qu’il reste de l’autre côté des Alpes.
« J’ai eu de la chance pour cette deuxième entrée en France. J’ai tenté le passage en train, le plus facile depuis Vintimille, alors que la première fois que je suis monté vers la France, j’avais marché toute la nuit, raconte-t-il. Je suis passé devant les policiers qui normalement contrôlent tous les Noirs à la gare. Il ne s’est rien passé… » 
Avec ses écouteurs, son jean troué, Abdoulaye surjoue ce look européen, qu’il estime protecteur.
« On repart… et on revient »
A son arrivée en Sicile au printemps 2017, depuis la Libye, on lui a pris ses empreintes à la descente du bateau, et elles ont été mises dans le fichier Eurodac. Ce geste a suffi à faire de l’Italie le pays responsable de sa demande d’asile au regard du règlement européen de Dublin.
« Mon but était pourtant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ L’incident a impliqué plusieurs prisonniers de la prison Lee Correctional Institution de Bishopville. Une enquête est en cours.
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Etats-Unis : une mutinerie dans une prison de Caroline du Sud fait sept morts et 17 blessés

L’incident a impliqué plusieurs prisonniers de la prison Lee Correctional Institution de Bishopville. Une enquête est en cours.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 15h03
   





                        


Une mutinerie a éclaté, dimanche soir, dans une prison de haute sécurité de Caroline du Sud, lors de laquelle sept détenus sont morts et 17 autres ont été blessés. La mutinerie a éclaté dans la prison Lee Correctional Institution de Bishopville, ont précisé les services pénitentiaires de cet Etat du sud-est des Etats-Unis sur Twitter, ajoutant qu’elle avait été maîtrisée tôt lundi matin.
« Dix-sept détenus ont nécessité des soins médicaux à l’extérieur [de l’établissement] et sept détenus ont été tués », a assuré l’administration pénitentiaire, précisant qu’il n’y avait eu aucun blessé côté gardiens de prison et forces de l’ordre. L’incident a impliqué plusieurs prisonniers, a-t-il également été déclaré. Une enquête est en cours. Dans un premier temps, dimanche soir, les services pénitentiaires de l’Etat avaient simplement mentionné « un incident en cours » débuté à 19 h 15.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Les personnes expulsées peuvent prétendre à s’installer sur d’autres terres. Mais que se passera-t-il si certains ne saisissent pas cette opportunité ?
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Notre-Dame-des-Landes : l’ultimatum du 23 avril, nouveau « compte à rebours infernal »

Les personnes expulsées peuvent prétendre à s’installer sur d’autres terres. Mais que se passera-t-il si certains ne saisissent pas cette opportunité ?



Le Monde
 |    16.04.2018 à 08h53
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 11h48
    |

                            Yan Gauchard (Nantes, correspondant)








                        


Une nouvelle pièce dans la machine et le bras de fer continue. L’Etat exige désormais que les zadistes de Notre-Dame-des-Landes remplissent un formulaire simplifié visant à déclarer leur projet d’activités sur la zone à titre individuel. Un petit pas vers la légalité qui exige de décliner un nom, une note d’intention pour leur future activité et les parcelles nécessaires à leur projet.
Emmanuel Macron a rappelé, dimanche 15 avril, le « cadre républicain » et « l’ordre » qui sera rétabli parce que « la République a besoin d’ordre ». La date butoir du 23 avril est fixée pour accomplir cette démarche, « amorce indispensable au processus de régularisation », selon la préfète de Loire-Atlantique, Nicole Klein.
Les personnes expulsées au cours de la semaine écoulée peuvent prétendre à s’installer sur d’autres terres. Que se passera-t-il si les zadistes ne saisissent pas cette main tendue ? « Je ne veux même pas l’envisager », dit Mme Klein, qui rappelle : « On peut avoir un projet individuel et se regrouper. Cela s’est toujours fait dans l’agriculture. Mais il n’y a pas de coopération sans déclaration individuelle, ça n’existe pas. »
Dénonciation d’un « ultimatum »
Dominique Fresneau, coprésident de l’Acipa, principale association ayant lutté contrer l’ex-projet d’aéroport, appelle l’Etat « au dialogue et à l’apaisement », et refuse le nouveau « compte à rebours infernal imposé. Moi, je n’ai jamais travaillé avec un pistolet sur la tempe, on n’a jamais demandé à un agriculteur de monter un projet en six ou deux mois, il faut du temps. »
Sarah, 29 ans, dénonce cet « ultimatum. Ce n’est pas possible de pondre un projet agricole durant un siège militaire comme celui-là. Et puis nous, habitants de [la ferme des] “100 noms”, on déclare quoi comme parcelle ? Les forces de l’ordre nous ont virés, elles ont tout détruit. » Elle insiste sur la nécessité de négocier : « On n’a pas envie de faire un truc bidon, on a envie d’être vrai, de ne pas se cacher. On va essayer de trouver une manière de se régulariser, mais il faut aussi que les autorités fassent avec qui on est. »
Un autre camarade, installé depuis 2012, souffle : « L’Etat nous met le couteau sous la gorge, avec son formulaire de régularisation à déposer avant le 23 avril. Après la semaine qu’on a vécue, les habitats démolis, il faut entendre qu’on a besoin de temps. On a besoin de temps pour digérer l’intervention, pour se poser et pour se parler. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Le gendarme financier du football français, la DNCG, vient de publier son dernier rapport. Sans surprise, il indique que le PSG n’évolue pas sur la même planète que les autres clubs de Ligue 1.
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<filnamedate="20180416"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180416"><AAMMJJHH="2018041619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Ce dispositif, qui concernera 1,2 million de logements en 2019, est destiné à favoriser la mobilité des locataires du parc social.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Logement social : une « bourse d’échange » sera créée en Ile-de-France

Ce dispositif, qui concernera 1,2 million de logements en 2019, est destiné à favoriser la mobilité des locataires du parc social.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 17h26
 • Mis à jour le
16.04.2018 à 17h42
   





                        


L’Etat souhaite fluidifier la mobilité des locataires du parc social en Ile-de-France. Ceux qui souhaitent déménager pour habiter un logement plus petit, plus grand ou plus abordable, auront, accès à une « bourse d’échange » à Paris dès le mois de septembre, a annoncé le gouvernement lundi 16 avril. Ce dispositif sera étendu à toute l’Ile-de-France à partir de 2019.
Elle concernera ainsi, à partir de l’an prochain, les locataires de tout le parc social de la région, soit 1,2 million de logements, gérés par 141 organismes.

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Les locataires des bailleurs sociaux adhérents à un « engagement-cadre en faveur de la mobilité résidentielle dans le parc social d’Ile-de-France » signé lundi devront, lorsqu’ils souhaiteront changer de logement, s’inscrire sur une plate-forme Internet.
Sur celle-ci, ils pourront déposer une annonce pour leur propre logement mais aussi rechercher des logements correspondant à leurs attentes, mis en ligne par d’autres locataires et prendre contact avec ces derniers pour organiser les visites.
La commission d’attribution des logements (CAL) devra ensuite valider ces demandes de changement, a précisé le ministère à l’Agence France-Presse (AFP).
Territoire tendu
Sur quelque 700 000 demandes de logement social en attente en Ile-de-France, 30 % sont des demandes de mutation émanant de quelque 210 000 ménages, dont le logement ne correspond plus aux attentes.
L’objectif de l’engagement-cadre signé lundi est de « renforcer la mobilité » de ces locataires afin « d’obtenir une meilleure adéquation entre l’offre et la demande », a assuré le ministère.
« L’Ile-de-France est le territoire français le plus tendu en matière de logement à travers la hausse continue des prix de l’immobilier dans le secteur privé », laquelle « s’accompagne, par rebond, d’un nombre croissant de demandeurs de logements sociaux mais d’un nombre stable d’attributions », a poursuivi le ministère.

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Or, « dans ce contexte, les perspectives de mobilité résidentielle s’avèrent souvent difficiles pour un ménage déjà logé dans le patrimoine d’un bailleur social francilien », alors que « les besoins des locataires du parc social évoluent au cours de leur vie ».
Cet engagement-cadre a été notamment signé par l’Etat, les bailleurs sociaux d’Ile-de-France représentés par Jean-Luc Vidon, président de l’AORIF et Action logement (ex-1 % logement) en la personne de son directeur général Bruno Arbouet, en présence du ministre de la cohésion des territoires, Jacques Mézard, et de son secrétaire d’Etat, Julien Denormandie.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 15/04/2018
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L’ENA mène campagne sur les réseaux sociaux

En pleine introspection, l’Ecole nationale d’administration veut convaincre des profils atypiques de « sauter le pas » en passant le concours.



Le Monde
 |    16.04.2018 à 06h37
    |

            Soazig Le Nevé








                        



                                


                            

Elle veut faire parler d’elle, montrer sa volonté d’ouverture en dépit d’un lourd passif de reproduction sociale des élites – maintes fois établie par les sociologues – depuis sa création en 1945. Soixante-treize ans plus tard, l’Ecole nationale d’administration (ENA) souhaite à toute force « normaliser » son ADN.
« Sautez le pas ! » : c’est le slogan que l’établissement a choisi pour convaincre de jeunes talents de s’inscrire à l’un de ses trois concours d’entrée d’ici au 27 avril. Nouveaux territoires visés : les réseaux sociaux. Avec des messages détournant des expressions et slogans connus : « Vous rêvez de devenir acteur (des politiques publiques) ? Sautez le pas » ; « Une carrière de pilote (de projet européen) ? Sautez le pas » ; « Une vocation d’exploratrice (de la diplomatie française) ? Sautez le pas » ; « Vous auriez voulu être un artiste (du management public) ? Sautez le pas »…

« Nous constatons une moindre attractivité des métiers de la fonction publique, explique au Monde le directeur de l’école, Patrick Gérard. L’ensemble des concours, qu’il s’agisse de l’INET pour la fonction publique territoriale, de l’EHESP pour les directeurs d’hôpitaux ou des IRA pour les attachés d’administration, enregistrent une baisse des candidatures. Les IEP eux-mêmes, qui étaient le lieu de préparation idoine, voient leurs élèves s’inscrire dans d’autres projets de carrière, à l’international ou en entreprise. » Bien plus que la fonction publique, « le privé attire et l’argent sans doute aussi », suppute le directeur.

Ainsi le concours externe 2017 de l’ENA a-t-il perdu 172 candidats par rapport à l’année précédente, soit une baisse de 15,6 %. Entre 2010 et 2017, le nombre total de candidats aux trois concours (externe réservé aux étudiants ; interne, réservé aux fonctionnaires ; troisième concours réservé aux salariés du privé ou du secteur associatif) est...




                        

                        


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Portrait

Astria Fataki en mission pour électrifier les campagnes africaines

Avec son ONG Energy Generation, la Franco-Congolaise de 28 ans veut accompagner les porteurs de projets innovants pour l’accès à l’énergie en zone rurale.

Par                                            Olivier Piot (contributeur Le Monde Afrique)




LE MONDE
              datetime="2018-04-16T18:01:38+02:00"

        Le 16.04.2018 à 18h01






    
Astria Fataki.
Crédits : DR


Elle n’a que 28 ans mais peut déjà se prévaloir d’une longue expérience de terrain en Afrique. Son domaine d’activité ? L’électrification dans les zones rurales. En six ans de missions dans une dizaine de pays de l’espace subsaharien pour le compte de projets humanitaires et du secteur privé, la Franco-Congolaise Astria Fataki s’est peu à peu forgé une conviction : l’ingéniosité de la jeunesse africaine est un atout majeur pour relever ce défi.
En 2016, elle fonde à Lomé, la capitale togolaise, une ONG baptisée Energy Generation. Objectif : détecter et former des jeunes porteurs d’innovations qui pourront développer à grande échelle des solutions d’électrification made in Africa.
C’est très jeune qu’Astria Fataki, née en 1990 à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), s’exile en France avec ses parents. Etudes primaires et secondaires à Melun, en région parisienne, baccalauréat puis Sciences Po Paris jusqu’en master 2 (bac + 5). « La situation précaire de mes parents en France m’a très tôt sensibilisée à la pauvreté et aux injustices, raconte la jeune femme. Mon premier tropisme n’est donc pas d’emblée africain. Ce qui me touche avant tout, c’est la problématique du développement pour réduire les inégalités. »
« Des besoins vitaux et colossaux »
Elle participe donc à des missions humanitaires, au Guatemala, pour un programme d’éducation des enfants, mais surtout en Inde, en 2012. Astria Fataki y découvre l’action Lighting a Billion Lives (LaBL) portée par The Energy and Resources Institute et visant à développer des infrastructures solaires en zone rurale. De retour à Paris, elle s’associe à quatre autres étudiants de Sciences Po Paris pour créer LaBL France. L’objectif est d’adapter l’expérience découverte en Inde à des pays d’Afrique francophone. Car en matière d’électrification, le continent accuse de sérieuses carences : près de 600 millions de personnes n’ont pas accès au courant, soit 57 % de la population.
Premières missions, premiers voyages au Niger, au Mali et au Congo-Brazzaville, avec, dans chacun de ces pays, l’installation de microcentrales solaires dans des zones rurales reculées. Premières déceptions aussi : « Problèmes de dédouanement du matériel importé d’Inde, difficultés de suivi sur le terrain une fois les actions engagées, défaillance dans l’implication des partenaires locaux… J’ai rapidement vu les limites de ce modèle », reconnaît Astria Fataki.

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Mais la jeune idéaliste ne se décourage pas. En 2014, elle intègre le bureau de prospective et de développement de Sunnvest, une société française qui cherche à construire, financer et entretenir des infrastructures d’électricité solaire en Afrique. Nouvelles missions au Mali et au Tchad, avec cette fois d’« ambitieux projets capitalistiques et industriels sur des centrales solaires ». Mais nouvelles frustrations : « La question de l’énergie en Afrique – notamment dans les villes – est confrontée à une contradiction. D’un côté, il existe des investisseurs privés avec d’importants moyens financiers mais qui cherchent forcément la rentabilité, et de l’autre, des besoins vitaux et colossaux pour lesquels il est difficile de trouver des fonds, faute de modèle économique viable. » 
Partenaires publics et privés
Fin 2015, Astria Fataki a mûri ce qu’elle appelle dorénavant son « parcours africain ». Elle maîtrise cinq langues – le français, l’anglais, l’espagnol, mais aussi le lingala et le bambara – et s’est enrichie de ses « racines africaines » qui se sont « peu à peu révélées lors de [ses] voyages sur le continent ». En 2016, elle décide de s’installer à Lomé, portée par un nouvel enthousiasme pour « l’ingéniosité extraordinaire de la jeunesse africaine ». Et la jeune entrepreneuse de citer pêle-mêle les cas de « Duro-Aina [Adebola], cette collégienne du Nigeria qui a mis au point un générateur d’électricité fonctionnant à l’urine ; de ce jeune du Malawi qui, à 13 ans, a électrifié son village en fabricant une éolienne artisanale ; ou encore de Kelvin Doe, petit génie de Sierra Leone, qui a construit un générateur électrique à partir de déchets et de produits électroniques ».

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C’est donc pour promouvoir ces technologies conçues localement et accompagner les jeunes qui les inventent qu’elle a fondé Energy Generation. L’ONG réunit plusieurs partenaires qui aident au financement de ses activités : des partenaires et sponsors publics (ambassade de France au Togo, délégation de l’Union européenne, ministère de l’énergie du Togo, ministère des postes et de l’économie numérique du Togo, Banque ouest-africaine de développement, etc.) et des partenaires privés (Schneider Electric, Engie, Akon Lighting Africa, Electricité de France, Greenwish Partners, etc.). Toutefois, les frais de fonctionnement de l’ONG restent majoritairement financés sur fonds propres.
Un an de formation gratuite
Représentée aujourd’hui dans 27 pays par des ambassadeurs chargés de détecter des porteurs de projets, l’organisation s’est dotée d’un centre de formation pour accueillir les lauréats d’un prix panafricain baptisé Africa Energy Generation Prize et destiné à récompenser les projets les plus novateurs. Les lauréats gagnent la possibilité d’intégrer gratuitement le centre de formation pour un an (d’octobre à août). Ils sont réunis à Lomé. Le transport est pris en charge ainsi que leur hébergement au sein d’une résidence. Ils bénéficient en outre d’une bourse mensuelle pour couvrir les coûts de la vie et disposent d’un budget de 1 000 euros chacun afin de réaliser leur prototype. En contrepartie, les porteurs de projets s’engagent à céder 10 % du capital de la société qu’ils créeront à Energy Generation.

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Les trois premiers lauréats, distingués en 2017, incarnent les ambitions de la jeune ONG : l’Ethiopien Adel Kidane pour sa batterie portative Walab alimentée par une dynamo à manivelle, le Ghanéen Prince Essel pour Ecopower, un système de production de pétrole basé sur la pyrolyse de déchets plastiques, et le Togolais Lalle Nadjagou pour HydroPower, un procédé de transformation de l’eau en hydrogène.
Encouragée par le prix Young Leader in Energy Access, qu’elle s’est vu décerner en mars 2017 par l’organisation Alliance for Rural Electrification, Astria Fataki a décidé de voir plus grand, à l’échelle du continent. Energy Generation compte ouvrir en 2018 deux nouveaux bureaux au Ghana et au Nigeria, suivi d’un troisième en Côte d’Ivoire en 2019. Et « au-delà de cette expansion géographique, explique sa présidente, l’ONG va ouvrir ses compétences et son centre de formation à deux autres secteurs clés du développement : l’éducation et la santé ».

