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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Pour ce deuxième volet de la collection « C’était écrit », Bruce Toussaint analyse l’échec de la candidate du FN lors de la présidentielle de 2017.
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TV – « C’était écrit : les dix derniers jours de Marine Le Pen »

Notre choix du soir. Pour ce deuxième volet de la collection « C’était écrit », Bruce Toussaint analyse l’échec de la candidate du FN lors de la présidentielle de 2017.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 18h00
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur France 5 à 20 h 55



Marine Le Pen-Emmanuel Macron. Ce 3 mai 2017, l’affiche est, à plus d’un titre, inédite. Au-delà des programmes, le style des duellistes promet une confrontation électrique, sinon détonante. Sur ce point, le débat qui oppose, à trois jours du second tour de la présidentielle, les deux prétendants à l’Elysée, ne va pas décevoir. Mieux, il va offrir aux seize millions de téléspectateurs réunis devant leur écran un nouveau coup de théâtre, au terme d’une campagne qui n’en a pas été avare.
En effet, lors des deux heures d’affrontements, ils vont assister en direct au naufrage de la candidate du Front national qui, par sa stratégie agressive, ses outrances, son impréparation conduisant à des erreurs grossières – lui faisant confondre les dossiers SFR et Alstom –, va saborder une campagne jusqu’alors menée sans faux pas.
Après la débâcle de François Fillon, Bruce Toussaint a choisi de se pencher sur le parcours de Marine Le Pen pour ce deuxième numéro de « C’était écrit ». Plus précisément, il s’attache à retracer les dix derniers jours de campagne de la présidente du FN et à en décrypter « la mécanique cachée », par un utile jeu de retours en arrière.
La statue du commandeur
De sa victoire en demi-teinte le 23 avril à sa défaite le 7 mai, de ses multiples coups de barre à gauche – avec, notamment, sa visite surprise à l’usine Whirlpool d’Amiens – puis à droite – symbolisé par son alliance avec Nicolas Dupont-Aignan, le président de Debout la France ! –, au risque de donner le tournis à ses électeurs, les différentes étapes de cette déroute sont scandées et commentées par les principaux protagonistes. A commencer par celui dont l’ombre, telle la statue du commandeur, n’aura cessé de planer – sinon de hanter – le parcours politique de la candidate : Jean-Marie Le Pen.
A travers ce nœud filial qui double le récit pour mieux l’éclairer, Bruce Toussaint analyse, entre autres, la tentative de dédiabolisation du parti qui a conduit à l’exclusion de son fondateur et par là même à un refroidissement avec la base, mais aussi la relation quasi fusionnelle entretenue avec Florian Philippot. Relation qui s’achèvera par une défaite, dont tous ici – ou presque –, entre fiel, rancœur et amertume, reconnaissent leur responsabilité.
C’était écrit : les dix derniers jours de Marine Le Pen, de Bruce Toussaint et Yannick Adam de Villiers (Fr., 2018, 90 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Le cinéaste italien est mort à Rome à l’âge de 88 ans. Il a écrit avec son frère Paolo certaines des plus belles pages du cinéma italien, dans une œuvre atypique qui mêle histoire, psychanalyse et poésie.
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Le cinéma italien dit adieu à Vittorio Taviani, indissociable de son frère Paolo

Le cinéaste italien est mort à Rome à l’âge de 88 ans. Il a écrit avec son frère Paolo certaines des plus belles pages du cinéma italien, dans une œuvre atypique qui mêle histoire, psychanalyse et poésie.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 17h32
   





                        


Le cinéaste italien Vittorio Taviani est mort à Rome à l’âge de 88 ans. Il a écrit avec son frère Paolo certaines des plus belles pages du cinéma italien, dans une œuvre atypique qui mêle histoire, psychanalyse et poésie.
« Le cinéma est ma vie parce que, sinon, je serais seulement un fantôme et tous les rapports avec les autres se dissoudraient dans le brouillard », disait Vittorio Taviani, indissociable de son frère Paolo, de deux ans son cadet.
Un duo unique (avec peut-être les frères Dardenne) qui parlait toujours d’une même voix et écrivait à quatre mains ses colères, ses indignations, mais aussi son amour de l’art et de la beauté.
« Nous ne voyons pas comment nous pourrions travailler l’un sans l’autre. (…) Tant que nous pourrons mystérieusement respirer au même rythme, nous ferons des films ensemble », affirmaient les deux cinéastes qui, en 1977, se comparaient au café au lait : « impossible de dire où finit le café et où commence le lait ! »
Fortement inspirés par le maître du néoréalisme Roberto Rosselini, mais aussi par Vittorio De Sica, les deux frères, fils d’un avocat antifasciste, se sont intéressés dès leurs débuts, dans les années 1960, aux thèmes sociaux. Et leur cinéma s’est vite distingué par un style singulier où se mêlent histoire, psychanalyse et poésie.

        Lire aussi :
         

                « Contes italiens » : les frères Taviani dans les pas de Pasolini et Boccace



« Un jour triste pour la culture »
« C’est un jour triste pour la culture, un des plus grands maîtres de notre cinéma s’en va », a déclaré dans un communiqué le ministre italien de la culture, Dario Franceschini.
« Don, bonté, humilité. Classe. L’homme à la casquette, qui le distinguait de Paolo. Je peux dire avec Scola : Nous nous sommes tant aimés. La Nuit de San Lorenzo est leur chef-d’œuvre », a réagi sur Twitter Gilles Jacob, ancien président du Festival de Cannes.
Après une série de documentaires, les frères Taviani réalisent leur premier long-métrage : Un homme à brûler (1962), qui raconte l’histoire d’un syndicaliste marxiste en lutte contre la mafia sicilienne.
Ils s’emparent l’année suivante du thème du divorce avec la comédie Les Hors-la-loi du mariage, interprété par Ugo Tognazzi et Annie Girardot, avant de réaliser Sous le signe du scorpion, une allégorie des événements de l’année 1968.
Ce n’est qu’en 1974, avec Allonsanfan, évocation de l’Italie post-napoléonienne et de l’échec des troubles révolutionnaires qui éclatèrent à l’époque, qu’ils obtiennent leur premier succès international.
Beaucoup de leurs films sont inspirés d’œuvres littéraires : Les Affinités électives, adaptées de Goethe, ou Padre padrone tiré du roman éponyme de Gavino Ledda, qui raconte la rude destinée d’un enfant sarde, élevé par un berger.
La Palme d’or pour « Padre padrone »
Présenté au festival de Cannes où il suscite une polémique en raison de sa dureté, Padre padrone n’en reçoit pas moins la Palme d’or. Le thème de l’enfance est également au cœur de La Nuit de San Lorenzo (1982, grand prix spécial du jury de Cannes).
Vittorio et Paolo se rendent cinq ans plus tard aux Etats-Unis, où ils tournent Good Morning Babylon, peinture satirique de Hollywood.
Grands admirateurs du dramaturge et romancier sicilien Luigi Pirandello, ils adaptent plusieurs de ses récits dans Kaos, film surréaliste en deux volets en forme de réflexion sur les désordres et la cruauté de la vie, qui dénonce le fascisme et la mafia.
Après un retour au documentaire avec Un autre monde est possible, tourné lors du G8 de Gênes (2001) avec le cinéaste Gillo Pontecorvo, qui dénonce les effets dévastateurs de la mondialisation, ils reviennent à la fiction avec Le Mas des alouettes (2007).
En 2012, avec César doit mourir, ils racontent l’univers carcéral autrement, à travers la préparation d’une pièce de Shakespeare dans la prison romaine de Rebibbia.
Le film, récompensé par l’Ours d’or à Berlin, raconte comment des détenus se libèrent de leurs geôles grâce à l’art mais prennent en même temps conscience de leur enfermement. « Jamais on ne capitule. On dit qu’en vieillissant on est plus généreux, plus tolérant. C’est faux. Nous avons toujours le même instinct de rébellion », disaient-ils à l’époque.
Pour la première fois en un demi-siècle, Paolo réalisera seul son premier long-métrage en 2017, Une affaire personnelle, histoire d’amour sur fond de résistance dans le Piémont de 1943.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Sara Danius, la secrétaire perpétuelle de l’institution qui attribue le prix Nobel de littérature, a été évincée par ses collègues.
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L’Académie suédoise s’enfonce dans la crise

Sara Danius, la secrétaire perpétuelle de l’institution qui attribue le prix Nobel de littérature, a été évincée par ses collègues.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 16h53
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

La crise qui secoue l’Aca­démie suédoise, chargée d’attribuer le prix Nobel de littérature depuis 1901, a atteint un nouveau paroxysme, jeudi 12 avril. A la sortie de la réunion hebdomadaire des Immortels, dans les locaux l’ancienne Bourse située au cœur de Stockholm, Sara Danius, la secrétaire perpétuelle de l’institution depuis 2015, a annoncé devant un parterre de caméras et de micros qu’elle venait d’être démise de ses fonctions.

Une annonce qui a secoué. « On pensait qu’on avait touché le fond, remarque Lisa Irenius, chef des pages culture du quotidien Svenska Dagbladet. Et pourtant, les choses ne font qu’empirer. » Le premier ministre suédois, Stefan Löfven, a même enjoint aux académiciens de se ressaisir, rappelant que le Nobel et l’Académie étaient « très importants pour la Suède » et qu’il était « indispensable que l’institution fonctionne ».

L’affaire a débuté le 21 novembre 2017, avec la publication, dans le quotidien Dagens Nyheter, des témoignages de dix-huit femmes accusant une « personnalité culturelle de premier plan » de viols et d’agressions sexuelles. En cause, le Français Jean-Claude Arnault, 71 ans, né à Marseille, et mari de l’académicienne Katarina Frostenson. Ensemble, ils dirigent le Forum, un lieu d’événements culturels très prisé de l’élite stock­holmoise, en partie financé par des subventions versées par ­l’Académie. Selon Dagens Nyheter, M. Arnault aurait également ébruité les noms de plusieurs lauréats du prix Nobel avant qu’ils ne soient rendus publics et se serait vanté du rôle qu’il aurait joué dans leur sélection.

Faire la lumière
A la suite de ces révélations, la secrétaire perpétuelle de l’Académie, Sara Danius, a demandé à un cabinet d’avocats stockholmois de faire la lumière sur les relations entre le Français et les académiciens. Si leurs conclusions n’ont pas été rendues publiques, Mme Danius...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ A voir. Cinquante ans après Mai 68, étudiants, policiers, journalistes et autres témoins reviennent sur ce mois qui secoua la France (sur TF1 à 13 h 30).
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TV – « Avoir 20 ans en 68 »

A voir. Cinquante ans après Mai 68, étudiants, policiers, journalistes et autres témoins reviennent sur ce mois qui secoua la France (sur TF1 à 13 h 30).



Le Monde
 |    15.04.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 12h37
    |

            Renaud Machart








                        


Reportage sur TF1 à 13 h 30

   


Al’heure où le cinquantenaire des événements de Mai 68 est célébré par de nombreux programmes télévisés, ce numéro de « Grands reportages », Avoir 20 ans en 68, diffusé dans la foulée du journal de 13 heures, pourrait disparaître dans la masse. Mais il prend un biais qui n’est pas ordinaire, laissant la parole aux anciens contestataires, mais aussi à la police, aux journalistes, à des membres de la Croix-Rouge, à des ouvriers et des témoins « anonymes ». Ils avaient tous, à l’époque, plus ou moins 20 ans.
Les grandes lignes de Mai 68 sont rappelées, du 22 mars – les événements démarrent à l’université de Nanterre – jusqu’à la Pentecôte, quand tout le monde part se mettre au vert après ces semaines de grève et de combats de rue qui firent du Quartier latin, à Paris, un « véritable champ de désolation ». Ce seront, rappelle Charles Diaz, historien de la police, 2,5 millions de nouveaux francs (une somme colossale) de dégâts chiffrés par la Mairie de Paris : 200 arbres détruits, 10 000 mètres carrés de pavés arrachés, des vitrines brisées, des voitures incendiées, etc.
Du sang et des larmes
Les affrontements auront été rudes, même si le préfet de police, Maurice Grimaud, avait demandé qu’on évite la violence. Pour lui, « taper un manifestant au sol était contraire à l’honneur de la police et contre-productif », rappelle l’historien. Gilles Schneider, alors journaliste à Europe 1, qui diffusait en direct depuis la Citroën DS break de la station ses reportages, décrit le préfet comme un « homme très chaleureux, très à l‘écoute, pour l’apaisement. »
Pourtant, les CRS tapaient dur – ce dont témoignent les nombreuses archives filmées. La journaliste Annette Lévy-Willard raconte que, selon elle, les CRS « étaient complètement beurrés… Ils attendaient pendant des heures dans leurs cars et on les arrosait, comme en 14-18 ».
Un ancien CRS, 27 ans à l’époque, détaille la maigre protection de sa tenue et évoque les clavicules cassées dans les rangs policiers. « Le sang et les larmes étaient partout », se souvient un jeune membre de la Croix-Rouge, 18 ans tout juste lorsqu’il fut dépêché pour soigner les blessés (3 000 recensés en 31 jours d’affrontements).
Souvenirs doux-amers
Certains anciens de Mai 68 retournent sur les lieux de leur repliement : dans cette salle de classe de la Sorbonne qui servait de dortoir, de cuisine et de QG, ou dans la cour de l’établissement, une véritable « foire » où tout le monde parlait à tout le monde.
Ou presque : Annette Lévy-Willard se souvient que les filles s’étaient senties mises à l’écart par les garçons, qui dominaient les débats. D’où la création, dans le sillage de Mai 68, du Mouvement de libération des femmes (MLF).
Les anciens de Mai 68 interrogés dans ce documentaire gardent un souvenir doux-amer de cette période. « On ne savait pas trop où cela nous menait, mais on savait qu’il y aurait un avant et un après », dit cette ancienne étudiante de la Sorbonne. Cependant, ajoute Annette Lévy-Willard, « si l’on a beaucoup rigolé, la gueule de bois a été lourde »…
Plus encore quand les étudiants, lâchés par les ouvriers (qui avaient obtenu gain de cause pour leurs revendications syndicales, essentiellement salariales) dont ils espéraient le ralliement idéologique, ont vu la grande manifestation du 30 mai en faveur du général de Gaulle leur signifier que le changement n’était pas tout à fait pour maintenant.
Avoir 20 ans en 68, de Philippe Poiret (Fr., 2018, 60 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Je ne serais pas arrivée là si… « La Matinale du Monde » interroge une personnalité en partant d’un moment décisif de son existence. Cette semaine, Rossy de Palma raconte comment et pourquoi elle est devenue actrice.
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/04/2018
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Rossy de Palma : « La sororité nous donne des ailes »

Je ne serais pas arrivée là si… « La Matinale du Monde » interroge une personnalité en partant d’un moment décisif de son existence. Cette semaine, Rossy de Palma raconte comment et pourquoi elle est devenue actrice.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 18h01
    |

            Annick Cojean








                        



                                


                            

Egérie du cinéaste espagnol Pedro Almodovar et artiste engagée, l’actrice Rossy de Palma participait récemment à Lausanne au programme « Women in motion » lancé par Kering, pour mettre en lumière la contribution des femmes au cinéma. Attendue dans trois films (dont L’homme qui tua Don Quichotte, de Terry Gilliam), elle évoque ici son parcours et son credo féministe.
Je ne serais pas arrivée là si…
Si je n’avais pas fait preuve d’audace et même de rébellion. Oser ! Je crois que c’est vraiment ce qui me caractérise. Oser sortir des rails. Oser remettre en cause l’ordre établi. Oser refuser le packaging de la vie tel qu’on nous le propose. Oser transformer les choses à ma convenance plutôt que de me couler dans le moule. Prendre mes droits, tous mes droits, sans demander la permission, et inventer ma vie. Sans subir !
Un souvenir de rébellion dans l’enfance ?
Plein ! Je ne supportais pas l’injustice et je montais au créneau, pour d’autres enfants, pour les animaux. Je me forçais à ne pas avoir peur de dire ce que je pensais, je n’ai jamais suivi le courant. Ma mère me dit que j’étais douce et aimable. Mais ça allait de pair avec un caractère têtu et observateur qui remettait tout en question. Déjà, un attrait pour la complexité.
Votre mère était-elle un modèle de ce point de vue ?
Elle était moderne et très cultivée par rapport à mon père. C’est même elle qui lui a appris à lire, lui qui avait grandi tout seul, sans connaître son père, petit gardien de vaches dans la montagne des Asturies, au nord de l’Espagne. A 14 ans, il avait remarqué des maçons qui construisaient une maison et s’était dit que ce métier était à sa portée. Eh bien, à 18 ans, c’était fait : il commandait des ouvriers de 40 ans, portait un costume, conduisait une moto et gagnait sa vie. C’était un bosseur et il s’est vite installé à Majorque pour suivre le boom de l’immobilier. Je ne l’ai jamais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Quatre-vingts ans qu’il dessine ! Mais le génial auteur des « Trois Brigands » entend bien ne jamais devenir adulte. En témoigne le petit manuel intitulé « Ni oui ni non ».
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Tomi Ungerer, éternel Peter Pan

Quatre-vingts ans qu’il dessine ! Mais le génial auteur des « Trois Brigands » entend bien ne jamais devenir adulte. En témoigne le petit manuel intitulé « Ni oui ni non ».



Le Monde
 |    15.04.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 12h34
    |

                            Florence Noiville








                        



                                


                            

Au figuré comme au propre, Tomi Ungerer est grand. « Je survole mes pieds », dit-il en plaisantant. Il assure pourtant qu’il souffre d’un « complexe d’infériorité ». Lui, « Ingérère », comme l’appelait jadis un de ses professeurs, l’un des esprits les plus originaux de sa génération ! Lui qui sait tout faire, dessiner, écrire, caricaturer, peindre, sculpter, fabriquer des affiches, réaliser des collages, inventer des objets, jongler avec les langues (il parle et écrit, selon les occasions, en allemand, français ou anglais) et même élever des moutons au fin fond de l’Irlande, où il vit depuis plus de quarante ans ! Un complexe d’infériorité ? « Oui, oui… vous pouvez me croire, dit-il avec son accent alsacien. C’est peut-être le fait de ne pas avoir de bachot. C’est pour ça aussi que je me suis essayé à tant de styles. Je n’étais jamais satisfait. »
L’âge ne lui apporte aucune sérénité
Aujourd’hui, alors qu’il va sur ses 87 ans et qu’il collectionne les honneurs – il a même, fait rarissime pour un artiste vivant, inauguré son propre musée, à Strasbourg, en 2007 –, est-il enfin content ? Oui et non. Oui, parce qu’il a compris qu’une œuvre parfaite n’avait « pas d’âme », qu’elle était « stérilisée par sa perfection ». Et non, parce que l’âge ne lui apporte aucune sérénité. De son propre aveu, l’auteur des Trois ­Brigands et du Géant de Zeralda (L’Ecole des loisirs, 1968 et 1971) est toujours dans l’insécurité. Sans cesse, il veut qu’on le rassure, qu’on lui répète que ce qu’il fait est bien et qu’on l’aime. Comme un enfant inquiet.
C’est d’ailleurs ce que dit de lui sa femme. Qu’il n’a jamais grandi. « Elle parle à mon propos d’“arrested ­development”. Une expression utilisée en psychologie pour décrire un état mental non pas arriéré mais, disons, arrêté », ­explique-t-il. « Elle a raison. Je ne deviendrai jamais adulte… »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Pionnier de la musique ancienne et représentant du courant des « Baroqueux », il s’est éteint à l’âge de 77 ans.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Jean-Claude Malgoire, hautboïste et chef d’orchestre, est mort

Pionnier de la musique ancienne et représentant du courant des « Baroqueux », il s’est éteint à l’âge de 77 ans.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 22h07
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 14h16
    |

            Renaud Machart








                        



   


Bon vivant à l’accent méridional, barbu jovial à l’indévissable pipe, excellent cuisinier dont la table était réputée (sa fameuse daube…), et avant tout grand musicien, le hautboïste et chef d’orchestre Jean-Claude Malgoire est mort brutalement des suites d’une complication post-opératoire dans la nuit du 13 au 14 avril, à l’âge de 77 ans, à l’Institut mutualiste Montsouris, à Paris.
Sur le réseau social Twitter, le violoniste italien Enrico Gatti, entre autres nombreux témoignages, a adressé « une pensée pleine de respect envers l’un de nos pères ». Car Jean-Claude Malgoire fut, en France, avant la généralisation de la pratique historicisante de la musique ancienne, un pionnier décisif, au concert et au disque (pour le grand label CBS).
Aîné de quatre ans de William Christie et de sept ans de Philippe Herreweghe, deux autres grands noms de ce courant d’interprétation en France qu’on surnommera bientôt « les Baroqueux », Jean-Claude Malgoire, né en Avignon le 25 novembre 1940, sera le nom le plus couramment associé à cette pratique pendant une bonne quinzaine d’années, entre la fondation, en 1966, de son orchestre La Grande Ecurie & la Chambre du Roy, et l’émergence de ses deux collègues au début des années 1980.
« Il découvre avec fascination la classe de hautbois »
Le jeune Malgoire entre au Conservatoire d’Avignon : « Refoulé par un professeur de violon déjà assailli de postulants, il découvre avec fascination, au détour de ses déambulations, la classe de hautbois de Marien Cassan », écrit Virginie Schaefer-Kasriel dans le livre qu’elle a consacré au musicien (Jean-Claude Malgoire, Cinquante ans de musiques et d’aventure, Editions Symétrie, 2005).
Admis en 1957 au Conservatoire national supérieur de Paris, il y obtient des premiers prix dans les classes de hautbois et de musique de chambre. Dix ans plus tard, alors que Charles Munch est nommé directeur musical de l’Orchestre de Paris, Jean-Claude Malgoire en devient le cor anglais solo [un hautbois alto, d’une quinte plus grave].
On l’entendra notamment jouer le solo pour cet instrument dans le mouvement lent du Concerto en sol de Ravel, dans le légendaire enregistrement (EMI, 1971) de Samson François avec cet orchestre et le chef André Cluytens. Les lignes rêveuses et entrecroisées du piano et du cor anglais sont l’un des moments les plus magiques de l’édition phonographique.
La même année, Jean-Claude Malgoire est invité par le critique musical du Figaro et producteur de télévision Bernard Gavoty à participer à un numéro d’« Au cœur de la musique », une émission où Malgoire fait non seulement entendre le cor anglais – il joue magnifiquement le solo de Tristan et Isolde, de Wagner – mais aussi toute une série d’instruments à anches anciens.
Car, au même moment, il se fait connaître à la tête de ses ensembles La Grande écurie & la Chambre du Roy et le Florilegium Musicum de Paris, plus spécifiquement dédié à la musique médiévale, où il joue toutes sortes d’instruments à vent anciens.
Musique médiévale, cantates, musique contemporaine…
Au début des années 1970, Jean-Claude Malgoire organise à Paris, à la Conciergerie, sur les bords de Seine, une série de concerts avec ce dernier ensemble. Aucune publicité, mais le bouche-à-oreille fonctionne : « Il y avait la queue jusqu’au Châtelet ! » dira-t-il au micro de Benjamin François à l’occasion d’une série de « Grands Entretiens » pour France Musique, en mars.
« On jouait de tout, de la musique médiévale, des cantates de Bach et aussi de la musique contemporaine : Georges Aperghis a écrit pour nous. On a joué aussi une pièce de Monnet », poursuivait Malgoire au cours de cet entretien, faisant allusion, au détour d’un jeu de mots, au compositeur Marc Monnet.
Parallèlement, Jean-Claude Malgoire, qui intègre en 1972 le groupe de musique contemporaine 2E2M, se dédie aux œuvres de son temps. Il assure la création française de la Sequenza pour hautbois solo de Luciano Berio. Avec la claveciniste et pianiste Danièle Salzer (qui collabore à ses ensembles d’instruments anciens) et le harpiste Francis Pierre, Malgoire grave, pour CBS, un disque intitulé Le Hautbois moderne, avec des pièces d’avant-garde contemporaine.
Il quitte l’Orchestre de Paris pour se consacrer à la direction de la Grande Ecurie, qui devient un ensemble réputé auquel la grande maison de disques demande d’enregistrer de nombreux albums, avec la Grande écurie ou le Florilegium, de répertoire médiéval, Renaissance ou baroque. Ce seront notamment de nombreuses intégrales d’opéras de Haendel, avec de grands noms du chant, mais aussi Alceste de Lully, le premier enregistrement sur instruments anciens des Indes galantes de Rameau et du fameux Te Deum de Marc-Antoine Charpentier, etc.
Un chef autodidacte
En 1981, Jean-Claude Malgoire prend la tête d’une nouvelle structure, l’Atelier lyrique de Tourcoing, qu’il décrivait comme « un opéra d’art et d’essai, comme on dit au cinéma ». Il y aborde un très vaste répertoire, la musique ancienne, bien sûr, mais aussi Mozart, Rossini, Debussy, Mère Courage, de Paul Dessau ou L’Opéra de quat’sous, de Kurt Weill.
Il fait confiance aux jeunes et confie leurs premiers rôles à des chanteurs aujourd’hui célèbres mais à l’époque débutants sur scène : la soprano Véronique Gens ou les contre-ténors Philippe Jaroussky et Dominique Visse, entre autres nombreux exemples. C’est dans le cadre de cette structure que Jean-Claude Malgoire aura fait sa dernière apparition publique, en mars, en dirigeant Pelléas et Mélisande, l’opéra de Claude Debussy, qu’il adorait.
Jean-Claude Malgoire était un chef autodidacte qui disait avoir beaucoup appris en observant les chefs venus diriger l’Orchestre de Paris quand il en était membre. Il pouvait parfois faire montre d’une direction brouillonne, mais sa profonde musicalité, son enthousiasme communicatif donnaient souvent à ses interprétations une qualité sans pareille.
En conclusion de leurs entretiens pour France Musique, Benjamin François demandait à Jean-Claude Malgoire quel souvenir il aimerait qu’on garde de lui : « Je voudrais qu’on se souvienne de moi comme du personnage principal du film Il Postino. Il voit, au moment des élections, un bateau passer et faire de la retape pour la droite et crie : “Je suis communiste !” Eh bien, moi, je suis musicien ! »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Une riche exposition propose une lecture de la révolte estudiantine qui a fortement marqué l’histoire contemporaine et dont l’écho résonne encore aujourd’hui.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Précurseur cinématographique du printemps de Prague, le réalisateur d’origine tchèque a réalisé notamment « Vol au-dessus d’un nid de coucou », « Amadeus » et « Hair ».
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Le cinéaste Milos Forman est mort

Précurseur cinématographique du printemps de Prague, le réalisateur d’origine tchèque a réalisé notamment « Vol au-dessus d’un nid de coucou », « Amadeus » et « Hair ».



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 17h28
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Dans les années 1960, les films que Milos Forman a tournés en Tchécoslovaquie – L’As de pique, Les Amours d’une blonde, Au feu les pompiers – signalaient l’émergence d’une nouvelle vague dans son pays, mais présageaient aussi de l’effervescence du printemps de Prague. Exilé aux Etats-Unis après l’invasion de son pays par l’URSS, il est devenu dans les décennies suivantes l’un des auteurs majeurs de Hollywood, qui lui a décerné à deux reprises l’Oscar du meilleur réalisateur, pour Vol au-dessus d’un nid de coucou et Amadeus. Milos Forman est mort, le vendredi 13 avril à Hartford (Connecticut), des suites d’une maladie, a annoncé son épouse Martina. Il avait 86 ans.
Milos Forman naît le 18 février à Caslav, en Tchécoslovaquie (actuelle République tchèque). Pendant la seconde guerre mondiale, son père, résistant, est tué par la Gestapo, et sa mère, protestante, est déportée et assassinée à Auschwitz. L’enfant est recueilli par son oncle Bolesva, épicier dont la boutique inspirera le décor du premier film de Forman, L’As de pique. Comme il l’a raconté dans ses mémoires (… Et on dit la vérité, Robert Laffont, 1994), Milos Forman a découvert plus tard que son père biologique était un homme d’affaires juif, Otto Kohn, qui survécut à la Shoah.
Après la défaite de l’Allemagne nazie et l’instauration d’un régime communiste, Milos Forman suit ses études dans un établissement pour orphelins de guerre où il a pour condisciples Vaclav Havel, le futur dramaturge, dissident et président de la République, et Ivan Passer, qui sera au côté de Forman lors de l’émergence du nouveau cinéma tchécoslovaque.
Une nouvelle esthétique
Attiré par le monde du théâtre, le jeune Forman finit par suivre les cours de la FAMU, l’école supérieure de cinéma de Prague. Avec Ivan Passer et le chef opérateur Miroslav Ondricek, il tourne un documentaire, Semafor, sur la troupe de théâtre du même nom et sa première fiction,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ DJ et mélomanes se passionnent pour la musique disco produite en Lituanie, Lettonie et Estonie à l’ère de l’URSS. Une halte obligée pour les fans de « soviets grooves ».
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Baltes populaires du temps des Soviets

DJ et mélomanes se passionnent pour la musique disco produite en Lituanie, Lettonie et Estonie à l’ère de l’URSS. Une halte obligée pour les fans de « soviets grooves ».



Le Monde
 |    14.04.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 16h13
    |

            Aureliano Tonet (Vilnius et Kaunas (Lituanie), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Sa fine mèche châtain en frissonne encore : pour DJ Weedska, le 16 février restera comme la soirée du siècle. La Lituanie célébrait ce jour-là le centenaire de la déclaration d’indépendance de 1918. A cette occasion, l’hurluberlu mixait au Turgus, une boîte de nuit de Vilnius, la capitale. « Paradoxalement, je n’ai passé que des disques datant de l’ère soviétique, se marre le gaillard de 37 ans, de son vrai nom Vytautas Verseckas. La période disco est la seule durant laquelle notre pays a produit des morceaux vraiment dansants. »
Au Turgus, ses tourneries furent au goût du public – de jeunes adultes, pour la plupart : « Je n’ai jamais rencontré un tel succès !, s’exclame DJ Weedska, par ailleurs spécialiste de salsa. Dans les années qui ont suivi l’indépendance de 1990, il était impossible d’apprécier la disco lituanienne à sa juste valeur : c’était d’abord vu comme le travail de gens qui avaient collaboré avec l’URSS. Avec le temps, le développement du Web et la reconnaissance de cette musique à l’étranger, notre regard a évolué. »
Les pays baltes, halte obligée pour les DJ
Le DJ ne croit pas si bien dire. Au creux du café cosy où il a donné rendez-vous, près de la gare de Vilnius, les enceintes diffusent Little Dark Age, quatrième album du groupe américain MGMT, parmi les plus estimés de la pop contemporaine. A sa sortie, en février, son chanteur, Andrew VanWyngarden, racontait au Monde comment il s’était passionné pour la disco et la new wave baltico-soviétique : « En fouillant dans les entrailles du Web, je passais de playlist en playlist, comme dans une boucle infinie. Je me suis pris de passion pour les premiers tubes de groupes lettons ou lituaniens de l’ex-URSS, au premier rang desquels Rondo. »

Ce n’est pas la première fois que la « hype » frappe les pays baltes, devenus une halte obligée pour les DJ et mélomanes à l’affût de vieilleries du meilleur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le cinéaste d’origine tchèque, naturalisé américain dans les années 1970, est mort des suites d’une maladie à l’âge de 86 ans, a fait savoir sa veuve.
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Milos Forman, réalisateur de « Vol au-dessus d’un nid de coucou », est mort

Le cinéaste d’origine tchèque, naturalisé américain dans les années 1970, est mort des suites d’une maladie à l’âge de 86 ans, a fait savoir sa veuve.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 09h14
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 20h52
   





                        



   


Le réalisateur d’origine tchèque Milos Forman, qui avait remporté à deux reprises l’Oscar du meilleur réalisateur pour ses films Vol au-dessus d’un nid de coucou et Amadeus, est mort vendredi 13 avril aux Etats-Unis des suites d’une maladie à l’âge de 86 ans, a indiqué sa veuve, Martina, à l’agence de presse tchèque CTK. « Il est décédé paisiblement, entouré de sa famille et de ses proches », a t-elle déclaré.

        Lire la nécrologie :
         

          Le cinéaste Milos Forman est mort



Un cinéaste engagé durant la période communiste
Né le 18 février 1932 dans la ville de Caslav à l’est de Prague, Milos Forman a perdu ses parents dans les camps de concentration nazis.
Dans les années 1960, il rejoint la Nouvelle vague de cinéastes se dressant contre le régime communiste dans l’ex-Tchécoslovaquie. Il se fait alors connaître grâce à ses films L’As de pique, Les Amours d’une blonde et Au feu, les pompiers.
Peu de temps avant l’occupation de la Tchécoslovaquie par les forces du Pacte de Varsovie en 1968, qui a mis fin à une période libérale connue sous le nom de Printemps de Prague, Forman part vivre aux États-Unis, via la France. Il est naturalisé citoyen américain en 1977.
Sa carrière outre-mer commence avec Taking Off en 1971, suivi quatre ans plus tard par Vol au dessus d’un nid de coucou qui apporte à Forman son premier Oscar du meilleur réalisateur, ainsi que quatre autres oscars (meilleur film, meilleur acteur pour Jack Nicholson, meilleure actrice pour Louise Fletcher et meilleur scénario adapté) et six golden globes.
En 1983, il retourne à Prague, encore sous le régime communiste, pour tourner Amadeus, qui deviendra son deuxième grand succès public. Le film, qui a remporté de nombreuses récompenses, dont huit oscars (meilleur film, réalisateur, scénario, acteur, direction artistique, costumes, maquillage, son), narre l’histoire de la rivalité entre Wolfgang Amadeus Mozart et Antonio Salieri, tous deux à la cour de l’empereur Joseph II à Vienne.

   


Parmi ses autres films, figurent notamment Hair (1979), Ragtime (1981), Valmont (1989) et Larry Flynt (1996), qui lui a valu une nouvelle nomination aux Oscars, ainsi que L’Homme sur la lune (1999) et Les Fantômes de Goya (2006).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Il y a cinquante ans, dans l’effervescence du mois de mai, s’affirmait une esthétique contestataire. Cinq ouvrages restituent la place du dessin au cœur du mouvement.
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Images. Mai 68 : dessiner sans entrave

Il y a cinquante ans, dans l’effervescence du mois de mai, s’affirmait une esthétique contestataire. Cinq ouvrages restituent la place du dessin au cœur du mouvement.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 09h00
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            
Les arts visuels (dessin, peinture, photographie, cinéma…) ont pour habitude d’accompagner les mouvements contestataires et les changements politiques. Mai 68 en reste l’exemple le plus éclatant, avec sa production d’images sur les murs et les palissades, dans les amphithéâtres et les usines, sur les affiches, les tracts et les pages des journaux satiriques. Cinquante ans plus tard, ce vaste travail d’invention iconographique n’a rien perdu de sa force d’évocation. Toute une grammaire de motifs récurrents (poings fermés, policiers casqués, barbelés…), de slogans calligraphiés et d’aplats monochromes continue de raconter les « événements » autrement que par le texte et la parole. Plusieurs ouvrages reviennent sur ce patrimoine artistique, indissociable du contexte politique dans lequel il a été créé.
A vos ordres, mon enragé !
L’Enragé. Les 12 numéros enfin réunis !, de collectifs, Hoëbeke, 120 p., 19,90 €
Vendus dans les rues de Paris entre le 24 mai et le 25 novembre 1968, les douze numéros de L’Enragé sont rassemblés pour la première fois dans un album qui plongera en nostalgie les gardiens de l’esprit soixante-huitard. Difficile de trouver plus irrévérencieux que ce journal d’inspiration anarchiste, publié par l’éditeur Jean-Jacques Pauvert, auquel participèrent des géants avérés ou à venir du dessin de presse, les Cabu, Siné, Wolinski, Topor, Willem, Cardon, qui, tous, œuvraient déjà dans les pages d’Action, le titre contestataire du journaliste Jean Schalit. Le premier numéro annonce la couleur avec un éditorial au ton belliciste : « Ce journal est un pavé. Il peut servir de mèche pour cocktail Molotov. Il peut servir de cache-matraque. Il peut servir de mouchoir antigaz. Nous sommes solidaires, et nous le resterons, de tous les enragés du monde. »
Un texte de Jacques Prévert (sur les violences policières) et les paroles de L’Internationale figurent également...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Certains artistes du continent ont vu le prix de leurs œuvres s’envoler, mais ce phénomène ne touche que ceux qui ont une reconnaissance internationale.
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L’Afrique, nouveau terrain de chasse des collectionneurs

Certains artistes du continent ont vu le prix de leurs œuvres s’envoler, mais ce phénomène ne touche que ceux qui ont une reconnaissance internationale.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 20h39
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Marché de l’art. En 2017, les artistes venus d’Afrique étaient partout en France : à la Fondation Louis Vuitton, sur la foire Art Paris Art Fair, aux Galeries Lafayette et à la Villette. Si l’actualité est moins intense cette année dans l’Hexagone, une brèche s’est résolument ouverte sur le marché de l’art. Piasa organise le 18 avril à Paris sa cinquième vente consacrée aux artistes africains.
Longtemps, le marché de l’art africain s’est circonscrit à une poignée d’acheteurs comme les collectionneurs Jean Pigozzi ou Hans Bogatzke et à un ou deux marchands comme André Magnin. Mais depuis quelques années, les lignes bougent. Des foires ont vu le jour comme 1:54 à Londres en 2013, et AKAA à Paris en 2016. De nouvelles galeries naissent en Afrique telles que Addis Fine Art, en Ethiopie, et 1957 au Ghana.
Triplement du nombre d’acheteurs
Les maisons de ventes aux enchères se sont aussi mises au parfum. Bonham’s a donné le ton en 2009 en organisant sa première vente autour du continent africain. « Ce n’était pas un marché facile, reconnaît son initiateur Giles Peppiatt. On peinait à avoir des acheteurs internationaux, car ces œuvres n’étaient pas beaucoup exposées. » Autres temps, autres mœurs.
En deux ans, Piasa a doublé son chiffre d’affaires annuel dans cette spécialité pour atteindre 1,6 million d’euros en 2017. « On avait commencé avec une vingtaine d’acheteurs en 2016, on en a près de 60 aujourd’hui », se félicite Christophe Person, spécialiste chez Piasa. Sotheby’s a aussi pris le train en marche en organisant en 2017 sa première vente réservée à l’art contemporain du continent. Et dès cette première opération elle a enregistré seize records, dont celui de 224 750 livres sterling (257 906 euros) pour le Nigérian Yinka Shonibare.

Le rapport Global Africa Art Market Report publié en décembre 2017 précisait que la maison de vente Arthouse Contemporary, au Nigeria, a vu les prix des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Remis pour la première fois le 10 avril, ce prix a couronné « Saufs riverains », d’Emmanuel Pagano (POL).
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Le Prix du roman d’écologie révèle la diversité des plumes vertes

Remis pour la première fois le 10 avril, ce prix a couronné « Saufs riverains », d’Emmanuel Pagano (POL).



Le Monde
 |    14.04.2018 à 06h30
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Cela a commencé il y a quelques années, par petites touches. ­Thriller, polar, roman à thèse ou d’anticipation, plusieurs genres de fiction se sont progressivement emparés de l’écologie. Parmi les mutations environnementales qui se profilent à l’horizon, l’une s’est révélée une telle source d’inspiration qu’elle a même reçu un nom : c’est la « cli-fi », pour climate fiction. 
Jusqu’à présent, cette veine littéraire en plein essor restait pour l’essentiel l’apanage des auteurs anglo-saxons. Mais les choses sont en train de changer. En témoigne le Prix du roman d’écologie, attribué pour la première fois le 10 avril par l’association du même nom, qui distingue « un roman francophone paru en 2017 de grande qualité littéraire où les questions écologiques sont substantiellement présentes ».
La relation de l’homme et de l’eau
La lauréate est Emmanuelle ­Pagano pour le roman Saufs riverains (POL), deuxième volume de sa Trilogie des rives sur la relation de l’homme et de l’eau qui décrit l’ennoyage, en 1969, de la vallée du Salagou, dans l’Hérault, où le grand-père de l’auteure possédait deux petites vignes désormais submergées.
Fondée en partenariat avec la revue Esprit, le master « lettres et création littéraire » du Havre, l’Ecole nationale supérieure de paysage et le think tank transpartisan La Fabrique écologique, l’Association du Prix du roman d’écologie explique, sur son site Internet, les raisons de cette initiative. Aujourd’hui, les questions écologiques « résonnent dans le débat public, modifient la vie quotidienne, transforment les rôles de chacun », mais « la politique, l’information et la science ne s’adressent qu’à une partie de la nature humaine et ignorent largement d’autres ressorts, la sensibilité, l’émotion, l’empathie spontanée ». Là intervient la littérature, qui permet, « sans doute encore plus que d’autres formes d’expression artistiques, d’associer la quête intime,...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 13/04/2018
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Une famille recomposée et des enfants qui lisent : nos idées de replays et podcasts

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » propose une liste de programmes à voir ou à écouter en différé.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 06h29
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 20h35
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Notre liste de recommandations se tourne cette semaine vers les enfants, avec deux replays animés et un podcast sur la préadolescence.
Les Blaireau-Renard, une famille recomposée et animée



C’est un terrier où vivent des blaireaux et des renards. L’image a de quoi surprendre. Pourtant, elle illustre le quotidien d’une famille (presque) comme les autres : celle d’Edmond et de sa tribu. Un beau matin, ce blaireau sans histoire, veuf et père de trois marmots, recueille sous son grand châtaignier Marguerite, une flamboyante renarde, et sa fille, la très enthousiaste Roussette, dont le terrier vient d’être détruit par des chasseurs. Les sentiments font leur chemin et la famille Blaireau-Renard se forme, tant bien que mal.
Adapté des six tomes de la bande dessinée Monsieur Blaireau et Madame Renarde (Dargaud), de Brigitte Luciani et Eve Tharlet, le programme explore le thème de la famille recomposée, et plus largement la notion de vivre ensemble. Comment trouver sa place au sein d’une fratrie, accepter l’autre malgré ses différences, et mettre de côté son ego : autant de problèmes abordés avec délicatesse par cette fiction à hauteur d’enfant. Camille Langlade
« La Famille Blaireau-Renard », réalisé par Florian Ferrier (France, 2018, 52 × 12 min. Dès 4 ans). A revoir sur France.tv
Et soudain les livres s’animent

Que ce soit dans « La Grande Librairie » sur France 5, « Dans quelle éta-gère » sur France 2 ou dans « 21 centimètre » sur Canal+, entre romans et essais, les albums jeunesse doivent jouer des coudes afin de trouver leur place. Avec La Cabane à histoires, rien de tel. Au contraire. Ils prennent leurs aises au sein de cette série hybride, destinée aux enfants de 4 à 7 ans, qui mêle scènes réelles et animations.
Pour cette deuxième saison qui vient de débuter sur Piwi+, le principe reste le même : on y suit Tiago, Lisette, Fanny et Antoine et leurs nouveaux amis, perchés dans leur douillette cabane. Là, entre jeux et discussions, la lecture s’offre comme une réponse divertissante et légère à leur questionnement ou à leur préoccupation. Sous la forme d’une plongée dans un album qui prend vie grâce à une animation fidèle à l’univers des auteurs-illustrateurs.
La palette est toujours aussi variée puisqu’on y retrouve, en autres, Grégoire Solotareff, Nadja, Gilles Rapaport ou Philip Giordano. Au fil de cette saison, qui fait la part belle aux oiseaux, il sera question d’amitié, de chagrin, de mensonge, de deuil, de rêve, de caprice. Et bien sûr, du bonheur de lire. Christine Rousseau
« La Cabane à histoires », saison 2 (France, 2016, 23 x 7 minutes). Sur Piwi+, tous les jours à 19 h 55, le mercredi à 15 heures, le samedi et le dimanche à 9 h 30. A revoir sur MyCanal.
Justine entre deux âges

   


Depuis qu’elle est petite, les adultes expliquent à Justine qu’il lui faut « profiter de son enfance, parce que nous aussi on aimerait bien retourner à cet âge-là ». Oui, mais voilà, la fillette découvre lors de son entrée en 6e qu’autour d’elle, quelque chose ne fonctionne plus comme avant. Ainsi Jo, sa meilleure amie, l’ignore face aux autres élèves car elle estime qu’elle n’est « pas assez branchée ». Et Justine s’interroge sur les regards inquisiteurs de ses camarades quand elle vient avec son doudou à l’école…
C’est à travers ces petits récits de vie que Justine nous fait vivre son passage entre l’enfance et l’adolescence. Entre, c’est précisément le nom de cette série hebdomadaire lancée début mars sur le site de podcasts narratifs Louie Media.
Prenant la forme de courts entretiens (de sept à dix minutes), cette série d’une vingtaine d’épisodes alterne sujets légers et graves. Entre amitié et flirt, harcèlement et amour maternel fusionnel, cette série, à l’habillage sonore doux et léger, offre un témoignage intime, sincère et touchant sur la préadolescence. Antoine Laurent
« Entre », de Charlotte Pudlowski. Disponible sur louiemedia.com, iTunes, Soundcloud, Audible et Youtube.
Sida, un espoir mesuré

   


Grâce aux trithérapies, apparues en 1996, vivre avec le virus d’immunodéficience humaine (VIH) est devenu plus simple et moins fatal : en réduisant presque à néant la charge virale des patients infectés, elles contiennent la maladie et elles préviennent la multiplication de sa transmission.
Dans ce documentaire que rediffuse LCP, Aurore Aubin passe en revue l’état des recherches destinées à l’élaboration d’un vaccin. Le préventif est encore un vague espoir, même si une équipe nord-américaine prétend pouvoir, grâce à des voies de recherche nouvelles et radicalement différentes, le mettre au point pour 2020. Mais le vaccin curatif semblerait, dans l’état actuel des expérimentations, donner des signes encourageants de réussite et pourrait, à terme, remplacer les médicaments.
Françoise Barré-Sinoussi, l’une des codécouvreuses du virus, dans l’équipe du professeur Luc Montagnier, à l’Institut Pasteur, confirme ces espoirs mais elle met en garde contre des annonces prématurées qui ne feraient, comme cela a si souvent eu lieu, que provoquer des déceptions. Renaud Machart
« Sida, à quand son éradication ? », d’Aurore Aubin (France, 2016, 55 min.). Rediffusion sur LCP, le mercredi 18 avril à 0 h 30.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ L’ancien directeur de la Tate Modern de Londres, dont la nomination avait fait polémique, jette l’éponge.
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Chris Dercon quitte la Volksbühne de Berlin

L’ancien directeur de la Tate Modern de Londres, dont la nomination avait fait polémique, jette l’éponge.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 18h34
    |

            Brigitte Salino








                        



                                


                            

Annoncée vendredi 13 avril au matin, la nouvelle fait grand bruit dans les milieux de la culture berlinois, mais elle ne surprend pas : Chris Dercon démissionne de son poste de directeur de la Volksbühne, sans même attendre la fin de la première saison qu’il avait mise en place. Le communiqué qui annonce son départ ne tourne pas autour du pot. Il indique que les deux parties – Klaus Lederer, le ministre de la culture du Land de Berlin, et Chris Dercon lui-même – conviennent que « la Volksbhüne a besoin d’un nouveau départ », les projets de Chris Dercon n’ayant pas donné les résultats espérés.

Ces projets s’annonçaient comme une révolution dans ­l’histoire de la Volksbühne. Située dans l’ex-Berlin-Est, cette scène historique édifiée au début du XXe siècle était un fleuron du théâtre d’art. Frank Castorf, le prédécesseur de Chris Dercon, s’inscrivait dans la tradition. Nommé en 1992, ce metteur en scène de ­génie qui a su accompagner les années de la réunification, est resté en poste jusqu’en 2017. Chris Dercon ne lui a pas succédé dans un contexte favorable.

Violemment attaqué
Dès l’annonce de sa venue à ­Berlin, deux ans avant de prendre son poste, le Flamand a été violemment attaqué, au motif qu’il n’avait jamais dirigé de théâtre. Né en 1958, historien de l’art, Chris Dercon avait jusqu’alors mené une belle carrière à la di­rection de musées en Europe, dont la Haus der Kunst (Maison de l’art), à Munich, de 2003 à 2011, puis la très prestigieuse Tate Modern de Londres. Chris Dercon n’a pas su désarmer les milieux de la culture et la gauche berlinoise, malgré l’opération de charme à ­laquelle il s’est livré en annonçant son projet : ouverture à toutes les disciplines artistiques, renforcement de la dimension interna­tionale de la programmation, et rattachement à la Volksbühne du hall 5 de l’aéroport désaffecté de Tempelhof, au sud de Berlin, pour y présenter des spectacles.

Ce projet a été contesté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Notre choix du soir. Pablo Larrain évoque le stupéfiant sens de la mise en scène de la « First Lady » sur un mode délicat et aérien (sur Canal+ Cinéma à 20 h 50).
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TV – « Jackie » Kennedy ou l’art de la représentation

Notre choix du soir. Pablo Larrain évoque le stupéfiant sens de la mise en scène de la « First Lady » sur un mode délicat et aérien (sur Canal+ Cinéma à 20 h 50).



Le Monde
 |    13.04.2018 à 17h45
    |

            Jacques Mandelbaum








                        


Film sur Canal+ Cinéma à 20 h 50

Jackie a l’art de substituer des ­semelles de vent au plomb du biopic intégral et illustratif. Sa formule tient dans une réduction tous azimuts. Moment historique précis et aigu : une semaine après l’assassinat de JFK. Instance narrative circonstanciée : Jackie reçoit, sur la terrasse de la maison de vacances des Kennedy, un journaliste pour sa première interview dans le magazine Life. Focalisation extrême sur l’héroïne : Natalie Portman, en mode mimétique absolu, est de tous les plans. A partir de ce noyau dur, le film rayonne librement dans le temps et l’espace, cultive la fragmentation narrative, mélange avec une intelligence souveraine reconstitution et archives, s’emploie dans un 16 millimètres chromatiquement explosif, et sur une composition funèbre magnifiquement dissonante de Mica Levi, à reproduire les chromos d’époque pour mieux les retourner.
Ce déploiement formel, d’une intense délicatesse, raconte une histoire à certains égards aussi froide que la mort : à savoir, jusque dans son affliction, le stupéfiant sens de la mise en scène de Jackie Kennedy, veuve éplorée qui va se battre sur tous les fronts pour commencer à écrire comme elle l’entend la légende du défunt président. C’est sa confrontation au rasoir avec le journaliste politique Theodore H. White, chargé de consigner ce tout premier témoignage pour Life.
Président Lincoln et roi Arthur
C’est son introduction dans cet entretien du motif de Camelot, qui compare le mandat de JFK au règne du roi Arthur dans ce séjour légendaire et édénique. C’est enfin sa lutte avec le service de sécurité présidentiel pour obtenir des funérailles à pied et à cheval, dans un décorum délibérément emprunté aux obsèques et à la légende d’un autre président que son assassinat a contribué à sanctifier : Abraham Lincoln.
Deux mythes, dont l’idéalisme serait le point commun, se superposent ici. Celui, proprement américain et démocratique du président Lincoln. Et celui, ­anglais et monarchique, du roi Arthur. Cette collusion résume peut-être mieux que tout la personne qu’était Jackie Kennedy, qui avait compris très tôt et mieux que personne que la politique, est aussi, et peut-être surtout, une affaire de symbole et de design. En témoignent sa prise en charge immédiate de la décoration de la Maison Blanche qu’elle dit vouloir « partager avec les Américains », sa visite télévisée des appartements privés du bâtiment dans une émission de CBS du 14 février 1962 qui casse la baraque, le soin maniaque qu’elle porte à sa propre image, sa volonté enfin de transférer publiquement le corps des deux enfants morts du couple dans le tombeau présidentiel et familial d’Arlington.

   


Il y a là, entre émotion et calcul, tragédie et comédie, une manière d’inscrire le président John Kennedy et sa famille dans une perspective idéalisée qui ne correspond évidemment pas à ce que fut la réalité politique et familiale des Kennedy. Même la référence à la légende arthurienne, en dépit de son marquage royal, puise en vérité dans le show-business, puisqu’elle est motivée par l’amour que le couple Kennedy aurait porté à la comédie musicale Camelot (écrite par Alan Jay Lerner et Frederick Loewe), qui triompha à Broadway de 1960 à 1963.
Prenant le ­risque d’être considéré pour le meilleur comme une hagiographie, pour le pire comme un exercice formaliste, Jackie est infiniment mieux que cela : un film réflexif qui montre que le style est une affaire politique.
Jackie, de Pablo Larrain. Avec Natalie Portman, Peter Sarsgaard, Billy Crudup, Greta Gerwig (EU, 2017, 1 h 40).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ A voir aussi ce soir. Retraçant le parcours d’Amélie Hélie, ce documentaire nous plonge dans le Paris miséreux de la fin du XIXe et du début du XXe siècle (sur Histoire à 20 h 40).
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TV – « Casque d’Or, la vraie »

A voir aussi ce soir. Retraçant le parcours d’Amélie Hélie, ce documentaire nous plonge dans le Paris miséreux de la fin du XIXe et du début du XXe siècle (sur Histoire à 20 h 40).



Le Monde
 |    13.04.2018 à 17h30
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Histoire à 20 h 40

Dans l’imaginaire collectif, Casque d’or a les traits troublants de Simone Signoret. En 1952, l’actrice incarne, aux côtés notamment de Serge Reggiani, Claude Dauphin et Raymond Bussières, une prostituée de la soi-disante Belle Epoque, devenue célèbre à la suite d’un fait divers sanglant. Dans la réalité, Amélie Hélie alias « Casque d’or » avait, si l’on en juge les photographies d’alors, les traits moins agréables que la jeune Signoret. Et son parcours fut moins confortable que celui mythifié par Jacques Becker à l’écran.
Ce documentaire riche de formidables archives sonores, de dessins animés, d’extraits de films des années 1920 et 1930, de croquis, de coupures de presse et de nombreux extraits de lettres signées d’Amélie Hélie, retrace la vraie vie de « Casque d’or ». Et, à travers elle, il permet de plonger avec plaisir dans un Paris inquiétant : celui miséreux de la fin du XIXe et du début du XXe siècle qui, des Boulevards aux fortifs, de Charonne à Belleville, voit se mêler prostituées, voyous armés, enfants en haillons et flics sans pitié.
Côté Est de Paris, des mineures couchent dès l’âge de 12 ans pour quelques sous et l’on tue pour un rien. Quartier insalubre dans lequel un enfant de 10 ans a sept fois moins de chance de rester en vie qu’un gamin des beaux quartiers, le 11e arrondissement fournit le contingent le plus important de prostituées parisiennes : une sur dix vient de ce coin de la capitale.

   


La seule chance pour Amélie de survivre à la misère ? Vendre ses charmes. « Ma bouche est sensuelle, elle connaît les chatteries savantes ! » écrit-elle. Au Moulin de la Galette, entre une polka et une java, la toute jeune fille rencontre son « petit matelot ». Elle le quitte à 14 ans et demi pour suivre La Belle Hélène qui va lui faire découvrir tous les bals à la mode des bas-fonds. C’est dans un établissement peu recommandable de la rue de la Roquette qu’elle rencontre Bouchon, alias François Leca. Bon amant, ce séduisant vaurien de Charonne, la protège contre les clients déséquilibrés et les flics. En échange, elle lui donne une partie de l’argent de ses clients bourgeois. « J’en ai vu de toutes les couleurs sur le ruban ! J’en ai rencontré des brutes, des malades, des farceurs…. »
Lorsque Bouchon devient violent, elle s’enfuit. Dans un autre quartier, Amélie est abordée par un joli garçon de 20 ans, Joseph Manda (interprété par Reggiani dans le film de Becker). Ce sera l’autre amour de sa vie. Mais avec le temps, Manda devient chef de bande et la délaisse. Et, voilà que Leca revient dans la danse. La fin de l’histoire ? Une haine féroce entre les deux voyous chers au cœur de « Casque d’or », une attaque meurtrière en plein Paris qui, en janvier 1902, fait la « une » d’une presse déchaînée. Leca et Manda sont condamnés au bagne.
Devenue célèbre, Amélie Hélie sert de modèle pour un peintre, le journaliste Henri Frémont écrit Mes jours et mes nuits, mémoires de Casque d’Or. Mais la bonne société est scandalisée et le préfet de police Lépine va mettre un terme à cette notoriété. « Casque d’or » retrouve le bordel, avant de terminer sa vie comme marchande foraine en bonneterie.
Casque d’or, la vraie, d’Alexandre Dupouy (France, 2015, 60 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ A voir aussi ce soir. L’acteur et réalisateur dressait, en 1972, un tableau férocement drôle et prémonitoire du paysage audiovisuel français (sur Ciné+ Classic à 20 h 45).
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TV – « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil »

A voir aussi ce soir. L’acteur et réalisateur dressait, en 1972, un tableau férocement drôle et prémonitoire du paysage audiovisuel français (sur Ciné+ Classic à 20 h 45).



Le Monde
 |    13.04.2018 à 17h30
    |

            Alain Constant








                        


Film sur Ciné+ Classic à 20 h 45

Stupidité des programmes proposés à l’antenne, ­bru­talité des relations entre ­employeurs et employés, pressions ­politiques sur les dirigeants d’une grande station de radio, poids de la publicité, conformisme ­ambiant, hypocrisie générale, tout y est. En 1972, Jean Yanne (1933-2003) signe, avec Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, son premier long-métrage, qui se révélera, et de loin, le meilleur de sa filmographie en tant que réalisateur. Bien plus efficace et percutant que les pochades bâclées qui suivront, du type Les Chinois à Paris, Chobizenesse, Je te tiens, tu me tiens par la barbichette ou Liberté, égalité, choucroute.
En imaginant le quotidien d’une grande station commerciale, Radio plus, Jean Yanne dresse un tableau aussi féroce que crédible du paysage audiovisuel français du début des années 1970. Mieux : il préfigure ce que deviendront certains grands ­médias audiovisuels dans les ­décennies à venir.
Un humour incisif
Il faut dire que cet acteur, amuseur, mais aussi chroniqueur à la radio et à la télévision, connaît parfaitement les coulisses du PAF ainsi que les faiblesses humaines. Avec son coscénariste, Gérard Sire, il réussit un film incisif, aidé par une distribution de haut ­niveau. La bande de copains réunie ici a de quoi faire rêver : Bernard Blier incarne un détestable affairiste à la tête de la station ; Jacques François, veule à souhait, est un directeur de programmes gluant ; Michel Serrault, l’intello qui vit de subventions publiques, Daniel Prévost, animateur prêt à tout pour garder son poste, et ­Marina Vlady, lumineuse épouse du boss, sont aussi de la partie.
Tout comme Yanne, qui, avec son sourire de « je-m’en-foutiste », ­incarne Gerber, journaliste de ­Radio plus mis au placard avant d’être nommé superviseur des programmes. Effaré par la nullité des émissions, il quitte la station, avant de revenir aux commandes, dans la peau d’un patron aux idées neuves. En clair : tenter l’expérience d’une station sans langue de bois ni publicité. La musique, omniprésente, fait partie du spectacle, les séquences de quasi-comédies musicales aussi. Et si, comme souvent chez Yanne, la réalisation est un concept plutôt flou, le plaisir que procure ce film reste intact.
Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, de Jean Yanne (Fr., 1972, 100 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Une exposition au Musée du quai Branly-Jacques Chirac propose une immersion parmi les créatures surnaturelles qui apparaissent dans les arts religieux, traditionnels et populaires au Japon, en Thaïlande et en Chine.
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