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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Plus de 300 000 personnes ont manifesté pour protester contre la détention de neuf figures de l’indépendantisme accusées de « rébellion » et réclamer l’ouverture d’un dialogue politique.
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« Liberté pour les prisonniers politiques » : des Catalans manifestent à Barcelone

Plus de 300 000 personnes ont manifesté pour protester contre la détention de neuf figures de l’indépendantisme accusées de « rébellion » et réclamer l’ouverture d’un dialogue politique.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 17h27
   





                        



   


Les Catalans battent à nouveau le pavé dans les rues de Barcelone. Au cri de « liberté pour les prisonniers politiques », quelques centaines de milliers d’entre eux ont manifesté, dimanche 15 avril, pour protester contre la détention de neuf figures de l’indépendantisme accusées de « rébellion » et réclamer l’ouverture d’un dialogue politique.
La police municipale a comptabilisé « 315 000 participants », selon une porte-parole, quand la foule compacte se dispersait sans incidents en début d’après-midi.
Six mois après les premières incarcérations, ils ont empli la grande avenue Paralel, résonnant du slogan « nous voulons que vous rentriez à la maison » : un message aux dirigeants indépendantistes en détention provisoire dans la région de Madrid, poursuivis pour « sédition », « détournements de fonds » ou le délit controversé de « rébellion », passible d’un maximum de trente ans de prison, et qui suppose un « soulèvement violent ».
« Nous sommes de plus en plus nombreux à dénoncer la judiciarisation de la politique (…) et à dire qu’il faut donner une solution démocratique à ce conflit », ont clamé sur scène des acteurs catalans chargés de lire le manifeste des organisateurs.
« Comme ils ne peuvent pas décapiter l’indépendantisme, ils essaient de le faire par la voie judiciaire », affirmait la manifestante Roser Urgelles, institutrice de 59 ans. « Ils ont besoin de démontrer qu’il y a eu violence pour exécuter les peines qu’ils veulent, alors ils l’inventent, mais nous continuerons à manifester pacifiquement. »

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« Ce n’est pas une manifestation indépendantiste »
L’appel à manifester avait été lancé par une plate-forme d’associations et syndicats créée en mars pour « défendre les institutions catalanes » et « droits et libertés fondamentales ».
Le fait que les sections catalanes des deux grands syndicats, Commissions ouvrières et UGT, en fassent partie – aux côtés des associations séparatistes ANC et Omnium – a provoqué de vives protestations parmi leurs membres n’ayant jamais voulu de l’indépendance, dans une région très partagée.
« Mais ce n’est pas une manifestation indépendantiste », avait affirmé le secrétaire général de l’UGT régionale, Camil Ros. « C’est le moment de jeter des ponts et le problème de la Catalogne ne doit pas se résoudre dans les tribunaux mais par le dialogue et la politique. »
Au second rang de la manifestation apparaissait la maire de gauche de Barcelone, Ada Colau – qui fait régulièrement valoir qu’elle n’est pas indépendantiste – à proximité du président indépendantiste du Parlement catalan, Roger Torrent.
« Puigdemont, président », réclamaient des manifestants, dix jours après la remise en liberté de l’ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont en Allemagne, où un tribunal a considéré que les charges pour « rébellion » n’étaient pas étayées pour son éventuelle extradition vers l’Espagne.

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Cependant, des magistrats espagnols ont transmis, jeudi, à leurs homologues allemands des éléments afin d’accréditer l’existence « de violences justifiant la rébellion », dans l’espoir d’obtenir la remise de M. Puigdemont à l’Espagne pour cette accusation.
M. Puigdemont est également accusé de détournement de fonds publics, en lien avec l’organisation du référendum d’autodétermination interdit du 1er octobre.
Les anciens présidents d’associations indépendantistes Jordi Sanchez et Jordi Cuixart sont en détention provisoire depuis le 16 octobre. Incarcérés avant la vaine proclamation d’une « République catalane » le 27 octobre, ils sont considérés comme des membres du noyau dur ayant piloté la marche frustrée vers l’indépendance.
« J’ai participé à toutes les manifestations et n’ai jamais vu une once de violence sauf celle de la police quand elle a réprimé le référendum », soutenait un manifestant, le retraité Juan José Cabrero, ancien transporteur de 74 ans.

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Cinq semaines pour investir un candidat
Au nombre des deux millions de personnes – 47,5 % des électeurs catalans – ayant redonné aux sécessionnistes une majorité en sièges au Parlement régional en décembre, il concluait, pessimiste :
« Je ne crois pas que je verrai la République catalane indépendante, nous n’avons le soutien de personne dans le monde, ils ne comprennent pas ce que peut être l’identité catalane. »
Il reste cinq semaines aux indépendantistes pour investir un candidat à la présidence catalane, faute de quoi de nouvelles élections régionales seront organisées en juillet.
Dans une lettre envoyée depuis la prison, l’ancien vice-président indépendantiste catalan Oriol Junqueras a appelé son camp à éviter les « gesticulations » et « attitudes jusqu’au-boutistes qui ne mènent nulle part ».
Il a présenté comme « une nécessité » la formation immédiate d’un gouvernement catalan, pour que la région – sous la tutelle de Madrid – retrouve ses institutions autonomes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Sara Danius, la secrétaire perpétuelle de l’institution qui attribue le prix Nobel de littérature, a été évincée par ses collègues.
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L’Académie suédoise s’enfonce dans la crise

Sara Danius, la secrétaire perpétuelle de l’institution qui attribue le prix Nobel de littérature, a été évincée par ses collègues.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 16h53
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

La crise qui secoue l’Aca­démie suédoise, chargée d’attribuer le prix Nobel de littérature depuis 1901, a atteint un nouveau paroxysme, jeudi 12 avril. A la sortie de la réunion hebdomadaire des Immortels, dans les locaux l’ancienne Bourse située au cœur de Stockholm, Sara Danius, la secrétaire perpétuelle de l’institution depuis 2015, a annoncé devant un parterre de caméras et de micros qu’elle venait d’être démise de ses fonctions.

Une annonce qui a secoué. « On pensait qu’on avait touché le fond, remarque Lisa Irenius, chef des pages culture du quotidien Svenska Dagbladet. Et pourtant, les choses ne font qu’empirer. » Le premier ministre suédois, Stefan Löfven, a même enjoint aux académiciens de se ressaisir, rappelant que le Nobel et l’Académie étaient « très importants pour la Suède » et qu’il était « indispensable que l’institution fonctionne ».

L’affaire a débuté le 21 novembre 2017, avec la publication, dans le quotidien Dagens Nyheter, des témoignages de dix-huit femmes accusant une « personnalité culturelle de premier plan » de viols et d’agressions sexuelles. En cause, le Français Jean-Claude Arnault, 71 ans, né à Marseille, et mari de l’académicienne Katarina Frostenson. Ensemble, ils dirigent le Forum, un lieu d’événements culturels très prisé de l’élite stock­holmoise, en partie financé par des subventions versées par ­l’Académie. Selon Dagens Nyheter, M. Arnault aurait également ébruité les noms de plusieurs lauréats du prix Nobel avant qu’ils ne soient rendus publics et se serait vanté du rôle qu’il aurait joué dans leur sélection.

Faire la lumière
A la suite de ces révélations, la secrétaire perpétuelle de l’Académie, Sara Danius, a demandé à un cabinet d’avocats stockholmois de faire la lumière sur les relations entre le Français et les académiciens. Si leurs conclusions n’ont pas été rendues publiques, Mme Danius...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Plus de 530 000 Monténégrins sont appelés à voter ce dimanche parmi sept candidats. Le dirigeant historique du Monténégro, Milo Djukanovic, fait figure de grand favori.
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Au Monténégro, l’ancien dirigeant Djukanovic favori de l’élection présidentielle

Plus de 530 000 Monténégrins sont appelés à voter ce dimanche parmi sept candidats. Le dirigeant historique du Monténégro, Milo Djukanovic, fait figure de grand favori.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 11h53
   





                        



   


Dans les 1 214 bureaux de vote ouverts à 7 heures, près de 533 000 Monténégrins ont pu commencer à voter, le scrutin se terminant à 20 heures. Les premiers résultats du vote, suivi par près de 2 000 observateurs internationaux et locaux, sont attendus dimanche soir.
Le dirigeant historique du Monténégro, Milo Djukanovic, brigue dimanche la présidence de ce petit pays des Balkans candidat à l’Union européenne, moins de deux ans après avoir annoncé son retrait du pouvoir. Depuis 1991, M. Djukanovic, un allié de l’Occident, a été six fois Premier ministre et déjà une fois président (1998 - 2003). Il apparaît comme l’immense favori de ce scrutin qu’il peut même emporter dès ce dimanche, sans attendre le second tour du 29 avril, selon les sondages d’opinion.

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Djukanovic a conduit le Monténégro à l’indépendance de la Serbie en 2006 puis à l’adhésion à l’Otan, effective depuis l’an passé au grand dam de Moscou mais aussi d’une partie des Monténégrins, en majorité slaves et orthodoxes. Aujourd’hui âgé de 56 ans, Milo Djukanovic entend désormais amener son pays à l’adhésion à l’Union européenne.

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Peu de rivaux pour Djukanovic
Si cet économiste de près de 2 mètres l’emporte, le poste aujourd’hui honorifique de président redeviendra le siège réel du pouvoir. Son titulaire actuel, Filip Vujanovic, est un proche de Milo Djukanovic, membre de son parti des démocrates socialistes (DPS). Le Premier ministre Dusko Markovic, est un autre de ses obligés.
A Podgorica, la capitale, où vit plus du tiers de la population du pays, les affiches géantes de Djukanovic, « leader, homme d’Etat, président de tous les citoyens », se sont taillé la part du lion des panneaux publicitaires, laissant la portion congrue à ses six adversaires.

   


Son rival le plus sérieux est un homme d’affaires de 56 ans, Mladen Bojanic. Soutenu par les principales formations d’opposition, prorusses ou non, il est crédité d’environ un tiers des suffrages. Quant au seul candidat ouvertement prorusse, Marko Milacic, un journaliste de 32 ans, il ne recueillerait qu’environ 3 % des suffrages, selon les sondages d’opinion.
« Il y a le sentiment que la Russie comprend les limites de son influence sans renoncer à long terme », estime l’analyste Zlatko Vujovic, directeur du centre pour le suivi du scrutin, qui donnera dimanche soir les premiers résultats.
Les relations avec la Russie divisent
Milo Djukanovic semble d’ailleurs modérer sa rhétorique hostile au Kremlin, expliquant être prêt à « mettre en place des relations normales avec la Russie, si celle-ci est aussi prête à le faire ».
Les autorités judiciaires monténégrines ont accusé des institutions russes d’être derrière une tentative de coup d’Etat et même de projet d’assassinat de Milo Djukanovic, qu’elles affirment avoir déjoué en octobre 2016, ce que Moscou réfute.

   


« L’opposition nous propose d’être une province russe » et défend « une politique rétrograde sur le mode de vie multiethnique au Monténégro », a toutefois accusé Milo Djukanovic, qui peut compter sur le soutien massif des minorités croate, albanaise et bosniaque qui pèsent pour 15 % du corps électoral.
De son côté, l’opposition l’a attaqué sur le poids de la criminalité organisée dans la société monténégrine, sur fond de règlements de comptes entre trafiquants. Elle l’accuse de longue date d’entretenir des liens avec les milieux criminels.
Dans un pays où le chômage dépasse 20 %, Milo Djukanovic s’est engagé à multiplier par deux en quelques années le salaire moyen, actuellement de 500 euros. Un engagement, a-t-il plaidé, qui ne pourra être tenu que si le Monténégro ne dévie pas de son chemin vers l’UE.
Dimanche, il devra faire face aux éternelles accusations de fraude électorale. Des journaux locaux ont déjà évoqué cette semaine des cas de présence sur les listes électorales de personnes décédées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ La première manifestation après la réélection du premier ministre souverainiste Viktor Orban a fait l’objet d’une adhésion massive.
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/04/2018
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Des dizaines de milliers de Hongrois dans la rue pour « défendre la démocratie »

La première manifestation après la réélection du premier ministre souverainiste Viktor Orban a fait l’objet d’une adhésion massive.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 23h57
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 13h34
    |

                            Blaise Gauquelin (Budapest, envoyé spécial)








                        



   


C’est l’autre Hongrie, celle qui n’a pas voté Viktor Orban. Selon les organisateurs, environ 100 000 personnes sont descendues dans les rues de Budapest pour dénoncer, dans la soirée du 14 avril, la réélection du souverainiste Viktor Orban. Il s’agit de l’une des manifestations les plus importantes de ces dernières années, dans ce pays d’Europe centrale comptant 9,8 millions d’habitants.
« Viktator, fous le camp ! », « Nous sommes la majorité » : cette foule jeune et bigarrée a scandé, dans une ambiance très printanière, des slogans hostiles à la majorité, largement reconduite le 8 avril dernier avec 49,9 % des suffrages et qui a obtenu les deux tiers des sièges au Parlement, grâce à un système électoral favorisant le parti arrivé en tête.
Les personnes présentes ont réclamé un second décompte des bulletins de vote et une nouvelle loi électorale, pointant des fraudes. Elles ont défendu la liberté des médias, dans un pays pourtant membre de l’Union européenne depuis 2004.

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Des panneaux ont dénoncé la corruption et la « mafia du Fidesz » – du nom du parti du premier ministre. Les manifestants ont incité les chefs de file de l’opposition à mettre de côté leurs différends pour permettre un rassemblement. La colère et la frustration étaient palpables dans le cortège.
« La Hongrie a besoin de plus de démocratie », estime Aron Demeter, d’Amnesty International. Comme 199 autres personnalités issues de la société civile, ce militant associatif a été placé cette semaine par un hebdomadaire appartenant à une proche du gouvernement sur la liste des « spéculateurs » du milliardaire juif américain d’origine hongroise George Soros. « Il s’agit d’une tentative d’intimidation, car nous aidons les demandeurs d’asile. Mais nous n’avons pas peur et nous continuerons nos activités dans ce pays, tant que cela reste possible. » Dès le mois de mai, le gouvernement entend faire passer une nouvelle loi rendant encore plus difficile le travail des ONG.
La presse hongroise peu à peu muselée
Zsolt Havasi, lui, distribue le dernier numéro de Magyar Nemzet. Appartenant à un oligarque opposé à Viktor Orban, ce quotidien a mis la clé sous la porte au lendemain des élections, asphyxié économiquement. « Maintenant, je vais me reposer », ironise le journaliste sportif au chômage, sous un immense drapeau réclamant l’aide de l’Union européenne. « Mais plus sérieusement, je pense qu’on doit pouvoir laisser s’exprimer les oppositions normalement, non ? »

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Ce rédacteur fait référence à l’absence de pluralisme devenu criant en Hongrie, alors que le service public d’information s’est mué en agence de propagande et que les médias privés sont rachetés les uns après les autres par des proches du pouvoir. « Mon pays n’est plus une démocratie », renchérit Eszter Kaiser, une styliste ayant vécu vingt-huit ans en Suisse romande.
« C’est une dictature maintenant : il n’y a plus de liberté de la presse, les gens commencent à avoir peur de dire ce qu’ils pensent, comme à l’époque du communisme. Le futur n’est pas très positif ici pour mon fils, qui a 14 ans. Il y a du racisme, l’ambiance est pesante, les gens sont désespérés. Surtout les jeunes qui partent en masse. Et cela arrange Viktor Orban, si ceux qui réfléchissent, qui veulent voir le monde et qui sont ouverts quittent la Hongrie. »
Peter – qui préfère ne pas donner son nom de famille – est un maçon qui a travaillé quatre ans en Provence. Il dit être devenu hostile à Viktor Orban, après cette expérience à l’étranger. « C’est faux ce que disent les médias du gouvernement sur la France où l’on ne pourrait plus bien profiter de la vie à cause des immigrés. Moi, je peux vous dire que j’envie les Français, qui peuvent vivre décemment de leur travail ! On manipule les gens dans ce pays. »
Viktor Orban n’a pas encore officiellement commenté cette manifestation. Des rassemblements de soutien ont également eu lieu à Paris, Londres, Bruxelles et Berlin. Un second défilé est prévu samedi prochain à Budapest.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Les bombardements en Syrie sont « un message à ceux qui pensent qu’ils peuvent utiliser les armes chimiques avec impunité », a déclaré la première ministre britannique.
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Frappes en Syrie : l’avertissement de Theresa May à la Russie

Les bombardements en Syrie sont « un message à ceux qui pensent qu’ils peuvent utiliser les armes chimiques avec impunité », a déclaré la première ministre britannique.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 15h29
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 17h14
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Derrière les frappes en Syrie, samedi 14 avril, Theresa May vise la Russie. Se référant explicitement à l’empoisonnement de l’ancien agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, la première ministre britannique a déclaré que « l’action en Syrie envoie un message clair à tous ceux qui pensent qu’ils peuvent utiliser les armes chimiques avec impunité ». « On ne peut pas permettre que l’utilisation des armes chimiques se normalise, que ce soit en Syrie, dans les rues du Royaume-Uni ou ailleurs dans le monde », a-t-elle ajouté.

Mme May reconnaît, bien sûr, que l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille au gaz innervant à Salisbury, le 4 mars, était « d’une tout autre échelle » que celui de Douma, dans la Ghouta orientale, perpétré selon elle par le régime syrien. Mais elle espère que l’avertissement permettra de réaffirmer l’interdiction des armes chimiques à travers le monde. « C’est un message clair pour rétablir la norme que les armes chimiques ne peuvent pas être utilisées. C’est illégal, leur usage est illégal et interdit », dit-elle, rappelant que la prohibition internationale de ces armes est vieille de presque un siècle.
Le Royaume-Uni et la Russie s’accusent mutuellement
La première ministre britannique tient ces propos dans un contexte d’escalade verbale entre le Royaume-Uni et la Russie. Vendredi, Moscou a accusé, contre toute évidence, Londres d’être derrière l’attaque chimique dans la Ghouta orientale. « Nous avons la preuve que le Royaume-Uni était directement partie prenante dans l’organisation de cette provocation », a affirmé Igor Konashenkov, un porte-parole du ministère de la défense russe.
Selon les Russes, les casques blancs, une organisation humanitaire essentiellement présente auprès de l’opposition syrienne, financée notamment par le Royaume-Uni, auraient organisé l’attaque chimique. Karen Pierce, ambassadrice du Royaume-Uni auprès des Nations unies,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ L’absence d’inflation et la modération salariale témoignent de la fragilité de la reprise économique. Mais les gains de productivité offerts par la révolution numérique sont encore à venir, juge l’économiste Benoît Cœuré, membre du directoire de la BCE.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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« La politique monétaire devra rester très accommodante pour ramener l’inflation à des niveaux proches de 2 % »

L’absence d’inflation et la modération salariale témoignent de la fragilité de la reprise économique. Mais les gains de productivité offerts par la révolution numérique sont encore à venir, juge l’économiste Benoît Cœuré, membre du directoire de la BCE.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 12h14
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 12h34
    |

Benoît Cœuré (membre du directoire de la BCE)







                        



                                


                            

[Pour les 40 ans du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), des experts ont exploré différents scénarios pour la mondialisation. Cet article reprend les conclusions d’un discours de l’économiste Benoît Cœuré, prononcé le 12 avril 2018, à l’occasion de cet anniversaire du CEPII.
Tribune. La grande crise financière et la crise de la zone euro sont derrière nous. Leurs conséquences les plus graves sont effacées. Les outils macroéconomiques traditionnels suggèrent même que, en moyenne, dans la zone euro, les personnes ayant la possibilité et le souhait de travailler auraient dans l’ensemble retrouvé un emploi, et que les capacités de production des entreprises seraient quasiment ou pleinement utilisées. Ce diagnostic apparaît sans doute contre-intuitif, voire choquant, compte tenu du niveau actuel du chômage.
En effet, s’il était exact, des tensions sur les prix se manifesteraient. Lorsque la main-d’œuvre vient à manquer, les travailleurs sont en position de force pour négocier des hausses de salaire. De même, les contraintes sur l’offre incitent les entreprises à relever leurs prix. Pourtant, ni l’inflation ni les salaires n’ont montré de signes clairs d’accélération.

Il y a deux interprétations possibles. Soit la relation entre le taux de chômage et l’inflation (la « courbe de Phillips » dans le jargon des économistes) est rompue, c’est-à-dire que les entreprises sont réticentes à augmenter les salaires, alors qu’elles peinent à trouver de nouveaux salariés. Soit nous ne mesurons pas de la bonne manière la capacité de production de nos économies.
Deux hypothèses
La première interprétation ne résiste pas à l’analyse des données, qui confirme que la courbe de Phillips reste valide, à une nuance près : la réaction des prix dépend fortement de la manière dont l’emploi est rémunéré. Or, les salaires augmentent moins si les nouveaux emplois sont à temps partiel contraint...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Précurseur cinématographique du printemps de Prague, le réalisateur d’origine tchèque a réalisé notamment « Vol au-dessus d’un nid de coucou », « Amadeus » et « Hair ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/04/2018
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Le cinéaste Milos Forman est mort

Précurseur cinématographique du printemps de Prague, le réalisateur d’origine tchèque a réalisé notamment « Vol au-dessus d’un nid de coucou », « Amadeus » et « Hair ».



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 17h28
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Dans les années 1960, les films que Milos Forman a tournés en Tchécoslovaquie – L’As de pique, Les Amours d’une blonde, Au feu les pompiers – signalaient l’émergence d’une nouvelle vague dans son pays, mais présageaient aussi de l’effervescence du printemps de Prague. Exilé aux Etats-Unis après l’invasion de son pays par l’URSS, il est devenu dans les décennies suivantes l’un des auteurs majeurs de Hollywood, qui lui a décerné à deux reprises l’Oscar du meilleur réalisateur, pour Vol au-dessus d’un nid de coucou et Amadeus. Milos Forman est mort, le vendredi 13 avril à Hartford (Connecticut), des suites d’une maladie, a annoncé son épouse Martina. Il avait 86 ans.
Milos Forman naît le 18 février à Caslav, en Tchécoslovaquie (actuelle République tchèque). Pendant la seconde guerre mondiale, son père, résistant, est tué par la Gestapo, et sa mère, protestante, est déportée et assassinée à Auschwitz. L’enfant est recueilli par son oncle Bolesva, épicier dont la boutique inspirera le décor du premier film de Forman, L’As de pique. Comme il l’a raconté dans ses mémoires (… Et on dit la vérité, Robert Laffont, 1994), Milos Forman a découvert plus tard que son père biologique était un homme d’affaires juif, Otto Kohn, qui survécut à la Shoah.
Après la défaite de l’Allemagne nazie et l’instauration d’un régime communiste, Milos Forman suit ses études dans un établissement pour orphelins de guerre où il a pour condisciples Vaclav Havel, le futur dramaturge, dissident et président de la République, et Ivan Passer, qui sera au côté de Forman lors de l’émergence du nouveau cinéma tchécoslovaque.
Une nouvelle esthétique
Attiré par le monde du théâtre, le jeune Forman finit par suivre les cours de la FAMU, l’école supérieure de cinéma de Prague. Avec Ivan Passer et le chef opérateur Miroslav Ondricek, il tourne un documentaire, Semafor, sur la troupe de théâtre du même nom et sa première fiction,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ L’armée russe n’a pas répliqué aux frappes de la coalition occidentale. Ses deux bases militaires sur le territoire syrien n’ont pas été visées.
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Frappes en Syrie : Poutine dénonce un « acte d’agression contre un Etat souverain »

L’armée russe n’a pas répliqué aux frappes de la coalition occidentale. Ses deux bases militaires sur le territoire syrien n’ont pas été visées.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 13h11
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Quelques heures après les frappes coordonnées des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France sur le territoire syrien, en représailles à une attaque chimique imputée au régime de Damas dans la ville de Douma, Vladimir Poutine a réagi, samedi 14 avril, en dénonçant « un acte d’agression commis contre un Etat souverain à la pointe de la lutte contre le terrorisme ». 
« Le 14 avril, les Etats-Unis avec le soutien de leurs alliés ont tiré des missiles sur les installations des forces armées et des infrastructures civiles (…) en violation de la charte des Nations unies, des normes et des principes du droit international », écrit le président russe dans un communiqué, en reprenant la thèse avancée par l’armée russe d’une fausse attaque chimique « mise en scène », le 7 avril, dans le dernier carré de la rébellion syrienne de la Goutha orientale.
« L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a envoyé ses experts en Syrie pour clarifier toutes les circonstances. Mais un groupe de pays occidentaux a méprisé cyniquement cela, en entreprenant une action militaire, sans attendre le résultat de l’enquête », a fustigé le chef du Kremlin. Par leurs actions, les Etats-Unis aggravent encore la catastrophe humanitaire en Syrie. »
« L’escalade actuelle de la situation autour de la Syrie a un impact dévastateur sur l’ensemble du système des relations internationales, a conclu M. Poutine, en annonçant que la Russie allait demander la convocation urgente du Conseil de sécurité de l’ONU « pour discuter des actions agressives des Etats-Unis et de leurs alliés ».
L’intervention conjointe des Etats-Unis et de leurs alliés contre le régime de Bachar Al-Assad, protégé par Moscou, « ne restera pas sans conséquence », a prévenu l’ambassadeur russe à Washington
Aucune des frappes coordonnées entre Washington, Londres et Paris sur le territoire syrien n’a eu lieu à proximité des bases russes,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Kalypso Nicolaïdis, professeure à Oxford, esquisse dans une tribune au « Monde » les voies et les moyens d’une relation différente mais compatible entre l’Union européenne et le Royaume-Uni.
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Mondialisation : « Le Royaume-Uni ne devrait pas être traité comme n’importe quel pays tiers »

Kalypso Nicolaïdis, professeure à Oxford, esquisse dans une tribune au « Monde » les voies et les moyens d’une relation différente mais compatible entre l’Union européenne et le Royaume-Uni.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 12h40
    |

Kalypso Nicolaïdis (professeur à l'université d'Oxford)







                        



                                


                            

[A l’occasion des 40 ans du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), des experts ont exploré différents scénarios pour la mondialisation]
Tribune. Si l’on en croit ses apôtres, l’Union européenne (UE) aurait pour mission de sauver le libre-échange contre ses détracteurs trumpiens tout en maîtrisant ses effets pervers dévastateurs qui alimentent l’euroscepticisme. Mais pour nous en tenir au plus urgent, ne doit-on pas considérer le Brexit comme un test-clé ? Après tout, il s’agit là d’inventer une relation commerciale nouvelle avec le pays tiers qui sera le plus UE-compatible au monde pour encore bien longtemps malgré le cri du cœur de son électorat.
Si nous n’y arrivons pas là, quelle sera notre crédibilité ailleurs ? La façon dont l’UE négocie aujourd’hui avec le Royaume-Uni sera le gage de notre méthode.
Les débats n’appellent pas à l’optimisme
Pourtant, les débats sur les modalités de la sortie britannique de l’Union européenne (UE) n’appellent pas à l’optimisme. Certes, l’accord de retrait proprement dit est presque prêt. Mais alors que les parties sont censées s’accorder sur une déclaration commune sur leur relation future d’ici octobre 2018, de toute évidence on est bien loin d’une convergence de vue sur la dimension commerciale. Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE, nous offre un diagnostic sans équivoque. Le Brexit doit tomber dans l’une des deux cases classiques : accord de libre-échange ou membre à plein du marché unique, Canada ou Norvège.
Or l’histoire du marché unique offre deux leçons pour Theresa May et M. Barnier. La première est que ce marché a été construit de façon pragmatique autour du principe de reconnaissance mutuelle, étayé par de rigoureux règlements des différends. Mais parce que la confiance n’est jamais aveugle entre Etats, il n’existe pas dans l’UE de reconnaissance mutuelle pure. En réalité, nous perfectionnons en continu un système...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ DJ et mélomanes se passionnent pour la musique disco produite en Lituanie, Lettonie et Estonie à l’ère de l’URSS. Une halte obligée pour les fans de « soviets grooves ».
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Baltes populaires du temps des Soviets

DJ et mélomanes se passionnent pour la musique disco produite en Lituanie, Lettonie et Estonie à l’ère de l’URSS. Une halte obligée pour les fans de « soviets grooves ».



Le Monde
 |    14.04.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 16h13
    |

            Aureliano Tonet (Vilnius et Kaunas (Lituanie), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Sa fine mèche châtain en frissonne encore : pour DJ Weedska, le 16 février restera comme la soirée du siècle. La Lituanie célébrait ce jour-là le centenaire de la déclaration d’indépendance de 1918. A cette occasion, l’hurluberlu mixait au Turgus, une boîte de nuit de Vilnius, la capitale. « Paradoxalement, je n’ai passé que des disques datant de l’ère soviétique, se marre le gaillard de 37 ans, de son vrai nom Vytautas Verseckas. La période disco est la seule durant laquelle notre pays a produit des morceaux vraiment dansants. »
Au Turgus, ses tourneries furent au goût du public – de jeunes adultes, pour la plupart : « Je n’ai jamais rencontré un tel succès !, s’exclame DJ Weedska, par ailleurs spécialiste de salsa. Dans les années qui ont suivi l’indépendance de 1990, il était impossible d’apprécier la disco lituanienne à sa juste valeur : c’était d’abord vu comme le travail de gens qui avaient collaboré avec l’URSS. Avec le temps, le développement du Web et la reconnaissance de cette musique à l’étranger, notre regard a évolué. »
Les pays baltes, halte obligée pour les DJ
Le DJ ne croit pas si bien dire. Au creux du café cosy où il a donné rendez-vous, près de la gare de Vilnius, les enceintes diffusent Little Dark Age, quatrième album du groupe américain MGMT, parmi les plus estimés de la pop contemporaine. A sa sortie, en février, son chanteur, Andrew VanWyngarden, racontait au Monde comment il s’était passionné pour la disco et la new wave baltico-soviétique : « En fouillant dans les entrailles du Web, je passais de playlist en playlist, comme dans une boucle infinie. Je me suis pris de passion pour les premiers tubes de groupes lettons ou lituaniens de l’ex-URSS, au premier rang desquels Rondo. »

Ce n’est pas la première fois que la « hype » frappe les pays baltes, devenus une halte obligée pour les DJ et mélomanes à l’affût de vieilleries du meilleur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ L’intervention coordonnée entre Washington, Londres et Paris n’est pas de nature à infléchir la dynamique de reconquête du régime syrien.
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Frappes occidentales en Syrie : Damas furieux mais pas ébranlé

L’intervention coordonnée entre Washington, Londres et Paris n’est pas de nature à infléchir la dynamique de reconquête du régime syrien.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 10h34
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

Le ciel de la capitale syrienne s’est embrasé vers 4 heures du matin. Les missiles lancés sur le Centre d’études et de recherches scientifiques (CERS), le complexe chargé du programme chimique militaire du régime Assad, situé à Barzeh, un quartier de la périphérie nord-est de Damas, ont réveillé en sursaut les habitants. Pendant un peu plus d’une heure, bombardements et tirs en riposte de la défense aérienne syrienne se sont succédé, enveloppant la ville dans un tonnerre assourdissant.
L’agence de presse SANA, porte-voix du pouvoir syrien, a dénoncé « une agression et une violation flagrante du droit international ». La présidence syrienne a publié un message elliptique : « Les âmes honorables ne seront pas humiliées ». « La Syrie fera face à l’agression américaine, française et britannique avec la même détermination qu’elle a fait face aux terroristes, et cette agression échouera », a déclaré une source officielle à l’agence gouvernementale.

En plus du CERS, qui avait déjà été visé par l’aviation israélienne en 2013, et de quelques autres structures de stockage et de production d’armes chimiques, des bases militaires ont été visées, notamment des locaux, à Damas, de la garde républicaine, une unité d’élite de l’armée syrienne, et une base aérienne, à Al-Dimas, près de la frontière libanaise. En comparaison, la frappe américaine d’avril 2017, consécutive à l’attaque chimique contre la localité de Khan Cheikhoun, s’était limitée à un seul site, l’aérodrome militaire d’Al-Chaayrate.
Pour autant, comme le précédent de 2017, ces frappes de représailles ne devraient pas bouleverser le cours du conflit. Elles pourraient, dans le meilleur des cas, inciter le pouvoir syrien à cesser les attaques au chlore qui se sont multipliées ces derniers mois, à une petite échelle, sauf dans le cas de Douma, où une cinquantaine de personnes ont péri le 7 avril. Elles pourraient évidemment aussi conforter le régime Assad dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Les grèves d’avertissement se sont multipliées cette semaine dans tout le pays, avant la négociation salariale de dimanche et lundi.
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En Allemagne, les salariés des services publics font monter la pression

Les grèves d’avertissement se sont multipliées cette semaine dans tout le pays, avant la négociation salariale de dimanche et lundi.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 10h13
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

En Allemagne, les syndicats ont intensifié leur pression pour l’augmentation des salaires dans les services publics. Vendredi 13 avril, plusieurs régions allemandes ont subi d’importantes perturbations dans divers secteurs à la suite de grèves d’avertissement à l’appel du syndicat Verdi avant la négociation de dimanche 15 et lundi 16 avril, qui sera sans doute décisive.
Vendredi, des milliers de salariés dans le pays ont cessé le travail durant quelques heures. L’Allemagne avait rarement connu une telle mobilisation des employés des services publics ces dernières années. Les transports en commun dans plusieurs grandes villes ont été très perturbés dans la semaine, ainsi que les crèches, les agences nationales pour l’emploi et les services d’enlèvement des ordures ménagères.
A Düsseldorf, la capitale du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, qui compte plus de 600 000 habitants, aucun métro ou tram ne circulait mercredi. Même scénario en Rhénanie-Palatinat, où aucun train régional ne roulait dans la région du confluent du Rhin et du Neckar, une des zones les plus industrialisées du pays. Dans cette même région, l’activité de certains hôpitaux était fortement touchée. A Hambourg, jeudi, les ordures n’ont pas été enlevées. Et, mardi, une grande partie du trafic aérien a été bloquée en raison de la grève de certains membres du personnel de sécurité couverts par une convention collective du secteur public régional.

Une hausse de salaires de 5,2 %chez Deutsche Telekom
Bien qu’ils affectent de façon importante le quotidien des Allemands, ces mouvements ne suscitent pas de protestation dans la population. Selon un sondage de la chaîne ZDF, les trois quarts des personnes interrogées accordent leur soutien aux grévistes. Le syndicat Verdi et la fédération des fonctionnaires ont profité de ce soutien pour montrer tout leur potentiel de perturbation dans cette semaine décisive. Depuis le 26 février, ils tentent d’obtenir pour les 2,3 millions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Les rumeurs enflaient depuis plusieurs jours sur l’état de santé du maréchal, âgé de 75 ans, qui contrôle l’est de la Libye.
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Le maréchal Haftar, homme fort de la Libye, hospitalisé à Paris

Les rumeurs enflaient depuis plusieurs jours sur l’état de santé du maréchal, âgé de 75 ans, qui contrôle l’est de la Libye.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 04h28
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 04h40
   





                        



   


L’homme fort de l’est de la Libye, le maréchal Khalifa Haftar, reçoit actuellement des soins dans un hôpital à Paris, a indiqué son porte-parole dans la nuit de vendredi à samedi, confirmant des informations de presse.
« Au cours d’un programme de visites prévues dans plusieurs pays, le maréchal Haftar s’est senti malade et s’est rendu à un hôpital à Paris pour des examens médicaux normaux », a indiqué le porte-parole, Ahmed Al-Mesmari, sans autre précision sur l’état de santé du maréchal ou sa date d’admission.
Le maréchal Haftar, 75 ans, « sera de retour en Libye dans quelques jours pour poursuivre la lutte contre le terrorisme », a-t-il ajouté sur son compte Twitter.
Des informations contradictoires circulent depuis le début de la semaine sur l’état de santé du maréchal Haftar qui aurait subi une attaque cérébrale ou cardiaque, selon des médias libyens.
Incertitudes et rumeurs sur son état de santé
Le maréchal n’a fait aucune apparition publique cette semaine et aucune photo de lui n’a été publiée, nourrissant les rumeurs qui ont inondé les réseaux sociaux.
Des médias libyens et étrangers ont même annoncé vendredi la mort du maréchal, malgré les démentis répétés de son porte-parole et de ses proches.

        Lire aussi :
         

                La Libye, banc d’essai de la diplomatie Macron



La Libye fait face à une crise politique sans précédent doublée d’une insécurité chronique. Deux autorités s’y disputent le pouvoir : d’un côté, le gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli, et de l’autre, une autorité exerçant son pouvoir dans l’est du pays avec le soutien du maréchal Haftar.
Chef de l’Armée nationale libyenne (ANL, autoproclamée) et bête noire des islamistes en Libye, le maréchal Haftar est accusé par ses rivaux de vouloir instaurer une nouvelle dictature militaire en Libye.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Un site parodique attribue au président russe une phrase apocryphe… pourtant prise au sérieux par de nombreux internautes.
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« La France n’arrive pas à gérer trois gauchistes et un chien » : la phrase jamais prononcée par Poutine

Un site parodique attribue au président russe une phrase apocryphe… pourtant prise au sérieux par de nombreux internautes.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 18h58
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


« La France veut attaquer la Syrie alors qu’elle n’arrive pas à gérer trois gauchistes et un chien dans ses universités. » Pour toute amusante qu’elle soit, cette phrase n’a jamais été prononcée par Vladimir Poutine, comme l’affirme le site parodique belge Nordpresse, équivalent français du Gorafi. Nordpresse fait référence au blocage de certaines universités, et plus particulièrement à une vidéo, publiée quelques jours plus tôt, d’une « conférence de presse » donnée à Paris par trois étudiants masqués… et un chien.
« Emmanuel Macron essaye de bomber le torse sur la scène internationale alors qu’il n’est pas capable dans son pays de déloger 80 zadistes avec 2 500 gendarmes » à Notre-Dame-des-Landes, avance encore le site belge, en illustrant son article avec une capture d’écran de la chaîne russe RT diffusant une conférence de presse de Vladimir Poutine.

   


Pourquoi c’est faux
Plusieurs éléments permettent pourtant de déceler le caractère parodique du site Nordpresse : entre autres, son slogan (« toute l’information vérifiée par nos analystes simiens ») et ses articles annonçant le déploiement de « forces spéciales véganes » à Notre-Dame-des-Landes ou l’attribution à Jawad Bendaoud de « l’oscar du meilleur logeur ».
Las ! la vidéo continue son voyage de comptes Twitter en pages Facebook, prise au sérieux par des milliers d’internautes. La secrétaire de circonscription de l’Isère du Front national, Nathalie Germain, connue pour diffuser sur sa page Facebook mensonges et photomontages ouvertement racistes, s’est fait le relais de cette rumeur.

   


Des militants Les Républicains se sont également laissé berner par la galéjade.

   


Dans les commentaires, quelques voix rappellent que l’information est fausse, et les propos parodiques. Mais nombreux sont les internautes prenant la parodie pour vérité. « Macron se fait traiter de con et d’incapable par Poutine », lit-on sur Twitter.

   



   


Nordpresse est connu pour avoir tenté de piéger des journalistes du Parisien et plusieurs de ses articles ont été repris massivement au premier degré, notamment durant la campagne présidentielle.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Véritables musées pour certaines, lieux de vie pour la plupart, les nombreuses bibliothèques du campus sont le cœur battant de l’université britannique
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Cambridge, bibliothèques à tous les étages

Véritables musées pour certaines, lieux de vie pour la plupart, les nombreuses bibliothèques du campus sont le cœur battant de l’université britannique



Le Monde
 |    13.04.2018 à 17h11
    |

Pierre-Yves Anglès







                        



                                


                            
Chronique britannique. Diplômé de Sciences Po et étudiant en master de littérature à l’Ecole normale supérieure et en Sorbonne, Pierre-Yves Anglès raconte son semestre à l’université de Cambridge, en Angleterre.

Historiquement, tous les collèges de Cambridge sont bâtis sur le même plan : un carré d’herbe très verte autour duquel se trouvent des bureaux, des logements, une chapelle, un grand réfectoire appelé hall et une bibliothèque.
Plus d’une centaine de bibliothèques
Les facultés sont en charge des enseignements et les collèges de la vie quotidienne des étudiants et des professeurs. Chacun a donc sa ou ses bibliothèque(s). Entre celles des collèges, celles des facultés – qui sont thématiques selon les disciplines – et les infrastructures publiques de la ville, Cambridge compte plus d’une centaine de bibliothèques dont les collections sont centralisées via le moteur de recherche iDiscover. Plusieurs d’entre elles sont également ouvertes en continu, notamment dans les collèges où les étudiants résident. La « pause bibli », entre deux sessions de révisions, est comme une « pause café ». A Cambridge, les biblios ne dorment jamais...

Plusieurs millions de livres, manuscrits, journaux et cartes
Si les kilomètres de rayonnage des bibliothèques de Cambridge étaient une ruche, la reine abeille trônerait sur la rive droite de la ville, dans le gros bunker qu’est la bibliothèque principale de l’université. Etant donné la richesse de ses collections – plusieurs millions de livres, manuscrits, journaux et cartes – on y entre en laissant ses affaires dans des casiers, avec ses bras pour porter et ses grosses lunettes de lecture – la myopie étant un mal très répandu parmi les chercheurs.
La ressemblance entre cette bibliothèque et une usine – comme celle qui abrite aujourd’hui le musée de la Tate Modern à Londres – ne doit également rien au hasard : les deux ont été bâties par l’architecte Giles Scott (1880-1960).
Parce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Alors qu’aucune coalition gouvernementale n’émerge des consultations avec les différents partis, le chef de l’Etat italien a annoncé qu’il attendrait quelques jours avant d’examiner les solutions.
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Italie : le président de la République, Sergio Mattarella, déplore l’impasse politique

Alors qu’aucune coalition gouvernementale n’émerge des consultations avec les différents partis, le chef de l’Etat italien a annoncé qu’il attendrait quelques jours avant d’examiner les solutions.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 14h45
   





                        



   


Le président italien, Sergio Mattarella, a constaté vendredi 13 avril l’échec de sa deuxième série de consultations avec les chefs des partis politiques en vue de former un gouvernement.
« Je vais attendre quelques jours et j’examinerai ensuite les solutions pour sortir de l’impasse », a-t-il déclaré à la presse. « A la lumière du déroulement des consultations de ces derniers jours, il est devenu clair que les partis politiques n’ont pas fait le moindre progrès », a-t-il ajouté.
L’Italie est dans une impasse politique depuis les élections législatives du 4 mars, qui n’ont pas permis de dégager une majorité au Parlement.
Le Mouvement 5 étoiles (M5S), anti-système, est devenu le premier parti politique du pays, avec 222 députés sur 630, mais la coalition de droite (Ligue, Forza Italia et Frères d’Italie) compte 261 élus à la Chambre.

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                En Italie, la paralysie politique persiste



Vers de nouvelles élections ?
Le M5S s’est dit prêt à discuter avec la Ligue (extrême droite) mais refuse tout accord avec Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi. Le mouvement contestataire tente depuis plusieurs semaines de diviser la coalition de droite en poussant le chef de la Ligue, Matteo Salvini, à rompre avec Berlusconi. Sans succès.
Le dirigeant du M5S, Luigi Di Maio, a jusqu’ici tenté de former un gouvernement de coalition soit avec la Ligue, soit avec le Parti démocrate de centre gauche. Toutes ses offres ont été rejetées : le Parti démocrate disant vouloir se ranger dans l’opposition et Matteo Salvini, patron de la Ligue, refusant de rompre avec Silvio Berlusconi.
Il est peu probable qu’un accord de gouvernement soit conclu avant les élections régionales prévues à la fin du mois dans le Molise, dans le sud du pays, et en Frioul-Vénétie julienne, dans le nord.
Le M5S espère en effet prendre le contrôle de sa première région dans le Molise et la Ligue pense, elle, l’emporter en Frioul-Vénétie julienne.
En cas d’échec des pourparlers, Sergio Mattarella pourra demander à des « techniciens » de former le prochain gouvernement, avec un mandat limité dans le temps, ou alors convoquer de nouvelles élections législatives, probablement à l’automne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Emmanuel Macron et Justin Trudeau doivent reconnaître les risques que le traité commercial entre l’Europe et le Canada fait peser sur les droits des consommateurs et des citoyens, plaide Karine Jacquemart, directrice générale de l’ONG Foodwatch France, dans une tribune au « Monde ».
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Libre-échange : « Le CETA va ébranler notre démocratie »

Emmanuel Macron et Justin Trudeau doivent reconnaître les risques que le traité commercial entre l’Europe et le Canada fait peser sur les droits des consommateurs et des citoyens, plaide Karine Jacquemart, directrice générale de l’ONG Foodwatch France, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    13.04.2018 à 14h00
    |

Karine Jacquemart (Directrice générale de Foodwatch France)







                        



                                


                            
Tribune. Justin Trudeau arrive en France dimanche 15 avril pour une visite de trois jours. Il y a fort à parier que les photographes se régaleront en immortalisant la rencontre du premier ministre canadien et d’Emmanuel Macron, ces deux quadragénaires qui incarnent une nouvelle génération de leadeurs politiques. « Nouvelle génération », c’est aussi le terme accolé à l’accord de libre-échange CETA qui lie l’Europe et le Canada. Le CETA est en effet le premier d’une série d’accords qui ne se contentent plus de réduire les barrières tarifaires (les droits de douane), mais visent à supprimer tous les « obstacles au commerce », ce qui inclut les différences de réglementation qui nous protègent sur le plan sanitaire, social et environnemental.
en matière de commerce le Canada n’est pas le pays inoffensif de notre imaginaire collectif
Les sourires confiants et les poignées de main des deux hommes qui ne manqueront pas pendant cette visite ne doivent pas faire oublier les risques du CETA et le fait qu’en matière de commerce le Canada n’est pas le pays inoffensif de notre imaginaire collectif. Loin de là ! Justin Trudeau déclarait il y a un an au Parlement européen que « le CETA est un accord moderne », qui va « améliorer la vie des Canadiens et des Européens ».
Or, c’est faux. Aujourd’hui, nombre d’analyses – y compris celles produites par la commission d’évaluation de l’impact du CETA, présidée par l’économiste Katheline Schubert et dont les membres sont nommées par M. Macron – montrent que le CETA va ébranler notre démocratie et fait peser des risques considérables sur les droits des consommateurs et des citoyens, sur l’agriculture, l’alimentation et même sur la protection de notre environnement et de notre planète.

Nous ne sommes pas opposés aux accords de commerce. Mais la pilule du CETA est trop grosse à avaler. Les tactiques employées par cet accord d’un nouveau genre montrent bien que les intérêts...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Ces chasses, illégales en Suède, étaient « offertes » par un homme d’affaires au vice-premier ministre hongrois Zsolt Semjén. Elles se retrouvent au cœur d’une affaire de corruption.
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Les parties de chasse luxueuses du vice-premier ministre hongrois en Suède


                      Ces chasses, illégales en Suède, étaient « offertes » par un homme d’affaires au vice-premier ministre hongrois Zsolt Semjén. Elles se retrouvent au cœur d’une affaire de corruption.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 13h55
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 17h35
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








   


Peu loquace, le président du village sami de Grans, dans la province du Västerbotten, dans le nord de la Suède, assure que lui et son fils ne cherchent pas de noises au vice-premier ministre hongrois, Zsolt Semjén. « Je pense qu’il a agi de bonne foi et qu’il ne savait pas que ce qu’il faisait était illégal », assure Tobias Jonsson. Cependant, ils veulent comprendre comment un de leurs rennes a pu se retrouver mêlé à un des nombreux scandales de corruption qui ont émaillé la campagne pour les législatives en Hongrie.
L’histoire est rocambolesque. Elle débute à la mi-mars, avec la publication dans le quotidien hongrois Magyar Nemzet d’un article sur les parties de chasse luxueuses du vice-premier ministre et leader du Parti chrétien-démocrate Zsolt Semjén, dans le nord de la Suède. Il y en aurait eu cinq, depuis 2012, chaque fois financées par l’homme d’affaire József Farkas, propriétaire de plusieurs hôtels en Hongrie.
« Largesses » du gouvernement hongrois
Des ONG du pays d’Europe centrale évoquent des pots-de-vin, destinés à remercier Zsolt Semjén, grand amateur de chasse, des largesses du gouvernement hongrois grâce auquel le businessman aurait touché au moins 11 millions d’euros de subventions européennes et de marchés publics depuis 2010. Le vice-premier ministre se défend en assurant que les voyages étaient privés – son frère vit en Suède, il était venu lui rendre visite.
Mais, dans le royaume scandinave, l’affaire intrigue. Car le pays n’a pas de rennes sauvages. Ils appartiennent aux éleveurs sami et leur chasse est strictement interdite. Par curiosité, Tobias Jonsson, éleveur, cherche sur Internet des images des virées en Suède du cacique hongrois. Il découvre un film montrant un renne hélitreuillé par un hélicoptère au-dessus d’une forêt aux couleurs automnales. Puis, une photo, datant de 2014, où le vice-premier ministre, en tenue de chasse kaki, pose à côté d’un cervidé. Enfin, un second cliché, pris deux ans plus tard. Et là, stupeur : Tobias Jonsson reconnaît, sur l’oreille de l’animal, le signe distinctif taillé au couteau par son fils Niklas. Chaque éleveur coupe les oreilles de ses bêtes d’une façon bien particulière, pour être sûr de pouvoir les identifier. Pour Tobias Jonsson, il ne fait aucun doute que le renne abattu appartient bien au troupeau de son fils.
Comment est-il arrivé là ? Qui donc a organisé la chasse ? Les images de l’hélicoptère noir ont permis de remonter jusqu’à la compagnie qui a loué l’appareil au Hongrois. Ses propriétaires assurent ne rien savoir. « Ils disent qu’ils ont des milliers de réservations tous les ans et ne peuvent pas tout contrôler », lâche, sceptique, Tobias Jonsson.
« C’est comme si j’étais un paysan et qu’on abattait ma vache. » Niklas Jonsson, éleveur de rennes suédois
Ce n’est pas la première fois que lui et son fils se font voler des animaux. Mais jamais dans ces circonstances. « C’est comme si j’étais un paysan et qu’on abattait ma vache », constate, amer, Niklas Jonsson à la télé suédoise. Il a porté plainte. La police a ouvert une enquête pour « vol », ce qui a fait bondir l’Organisation nationale des Sami suédois. Elle exige un durcissement de la loi afin que l’abattage non autorisé d’un renne soit assimilé au braconnage et puni en tant que tel. Tobias Jonsson et son épouse ont contacté Magyar Nemzet et obtenu plusieurs photos, qui ont été versées au dossier. Mais l’éleveur ne se fait guère d’illusions sur les conséquences que pourrait avoir l’affaire en Hongrie : « J’ai l’impression qu’on n’y prend pas très au sérieux les accusations de corruption », remarque-t-il.

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                Un « capitalisme de connivence » gangrène la Hongrie



Ironie de l’histoire : en Hongrie, c’est justement la Suède qui, depuis 2015 et l’accueil de 160 000 réfugiés, est devenue le punching-ball favori du premier ministre Victor Orbán (dont la formation d’extrême droite a, le 8 avril, remporté les élections) et des médias contrôlés par son parti. Le royaume scandinave y est régulièrement dépeint comme un pays à feu et à sang, au point même que le ministre suédois de l’éducation, l’écolo Gustav Fridolin, a pris la peine de se rendre à Budapest, le 27 mars, pour soutenir la tête de file des Verts hongrois, Bernadett Szél, profitant de son déplacement pour nuancer l’image de la Suède.

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                En Europe, l’extrême droite salue le succès de Viktor Orban en Hongrie






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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Pour le chercheur Benjamin Hautecouverture, Moscou a bien noté que les « lignes rouges » établies par les gardiens du droit international sont des lignes orange qui jaunissent année après année.
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« Les armes chimiques sont un moyen pour Poutine de tester les démocraties »

Pour le chercheur Benjamin Hautecouverture, Moscou a bien noté que les « lignes rouges » établies par les gardiens du droit international sont des lignes orange qui jaunissent année après année.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 12h29
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 06h35
    |

            Nathalie Guibert et 
Marc Semo








                        



                                


                            

Spécialiste des questions de sécurité internationale, de prolifération des armes de destruction massive et de dissuasion, Benjamin Hautecouverture est maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) à Paris.
Pourquoi est-il impossible de rester sans réaction face à l’usage d’armes chimiques en Syrie ?
En réalité, il est tout à fait possible de rester passif face aux dernières allégations d’emploi de ces armes au cours de l’offensive sur Douma le 7 avril, une année après les attaques sur Khan Cheikhoun [le 4 avril 2017, un bombardement chimique de l’aviation syrienne sur la ville rebelle provoquait la mort d’au moins 100 civils]. C’est bien le cas depuis 2013, c’est-à-dire depuis la transgression de la première « ligne rouge » tracée par le président américain Barack Obama dans le cadre du conflit syrien.
Mais s’en contenter aujourd’hui devient très périlleux, non seulement au regard des victimes, mais également au regard de la crédibilité de la sécurité collective [le Conseil de sécurité des Nations unies, ONU], du droit international [la Convention d’interdiction des armes chimiques, CIAC], de la parole donnée par la démocratie libérale [Etats-Unis, Union européenne, etc.].
Au fond, l’usage des armes chimiques en Syrie est en train de concentrer stratégiquement, politiquement et symboliquement l’ensemble des attaques contre la norme du droit international dans le monde depuis le début de notre décennie. C’est à ce niveau que se situe désormais l’enjeu de la réaction face à l’usage des armes chimiques en Syrie. La France et les Etats-Unis sont en première ligne, mais ne sont pas les seuls concernés.
Quand Emmanuel Macron dit qu’il y a une « ligne rouge », sans agir, cela l’affaiblit ?
L’usage politique de la « ligne rouge » est une forme risquée de dissuasion. En l’espèce, s’il est déclaré que la ligne rouge est l’utilisation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ L’application refuse de fournir au FSB, les services russes de sécurité, les clés permettant de déchiffrer les messages de ses utilisateurs.
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La justice russe ordonne le blocage de Telegram

L’application refuse de fournir au FSB, les services russes de sécurité, les clés permettant de déchiffrer les messages de ses utilisateurs.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 12h28
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 06h33
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


Le cofondateur de la messagerie Telegram, Pavel Dourov, avait interdit à ses avocats de se rendre au tribunal de Taganski, un arrondissement du centre de Moscou, où, disait-il, « tous les principes élémentaires [du droit] ont été violés ».
C’est donc devant des bancs vides, du côté des accusés, que la justice russe a ordonné en un temps record de vingt minutes, vendredi 13 avril, le blocage « immédiat » de la messagerie sur tout le territoire du pays. En cause : le refus de Telegram de fournir au FSB, les services russes de sécurité, les clés permettant de déchiffrer les messages.
Sur les quelque 200 millions d’utilisateurs de la messagerie dans le monde, plus de 10 millions sont Russes, dont de nombreuses administrations et officiels eux-mêmes, au Kremlin comme au sein du gouvernement. Quelques minutes après le verdict, le ministère russe des affaires étrangères signalait d’ailleurs sur son site Internet : « Chers abonnés, vous pouvez toujours nous suivre sur Viber, et d’autres réseaux sociaux, Facebook, Vkontakte, Twitter, Instagram… »
Ironie du sort, M. Dourov, d’origine russe, cofondateur de Telegram avec son frère Nikolaï en 2013, est aussi celui qui a donné naissance à l’application Vkontakte, le Facebook russe, dont il fut le directeur général jusqu’à son éviction, en 2014, année où il a décidé de quitter la Russie « sans retour ».

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                L’insolent succès de Telegram en Iran



Sur une liste noire
Vendredi, le vice-ministre de la communication, Alexeï Voline, s’est voulu rassurant : « Le blocus de Telegram ne nuira pas à ses abonnés, a-t-il déclaré. Ils utiliseront d’autres ressources ou contourneront l’interdiction. »
Sa remarque est parfaitement exacte. Dès le début de son bras de fer avec les autorités russes, commencé en 2017, les dirigeants de Telegram ont ajouté dans la messagerie la possibilité de contourner un blocus grâce à des serveurs relais, et l’Internet russe est déjà inondé de conseils pour briser l’embargo. Un rapide sondage organisé sur le site de la radio Echo de Moscou a conclu dans le même sens : 82 % des personnes qui ont répondu ont déclaré qu’elles éviteraient le blocus.
« Le tribunal Taganski de Moscou (…) a prouvé que le “bureau” [le FSB] n’arrive pas à lire les messageries qui utilisent un chiffrement complet, il a ainsi montré que Telegram est la plus sûre », a ironisé Pavel Chikov, l’un des avocats russes de la société. « Il a augmenté la quantité d’ennemis du pouvoir de quelques millions, a-t-il poursuivi. Il a démontré que le système judiciaire sert fidèlement ses intérêts et inscrit la Russie dans la liste des pays en guerre contre le progrès et la liberté. » Pavel Dourov a également réagi. « Chez Telegram, nous avons le luxe de ne pas dépendre d’une source de revenus ou de la vente de publicité, a-t-il déclaré sur son compte Telegram. La vie privée n’est pas à vendre, et les droits humains ne doivent pas être sacrifiés sur l’autel de la peur ou de la cupidité. »
Telegram rejoint, en effet, d’autres réseaux inscrits sur une liste noire en Russie et interdits, comme LinkedIn ou Dailymotion.
« Assaut » contre la liberté d’expression
Ce blocage est un nouvel « assaut » contre la liberté d’expression, selon Amnesty International. Les autorités russes, souligne l’organisation de défense des droits humains dans un communiqué, « ont bloqué les sites d’information qui les critiquent, imposé des règles de stockage de données draconiennes et déclaré les médias enregistrés en dehors de la Russie comme des “agents étrangers”. Maintenant, ils ciblent l’une des applications de messagerie les plus populaires en Russie simplement pour avoir le courage et l’intégrité de respecter la vie privée de ses utilisateurs ».
Saisie par Roskomnadzor, l’agence fédérale russe des télécommunications, la justice n’a pas reculé. « Les informations diffusées par Telegram peuvent contenir des données utilisées par des terroristes et des extrémistes », a une nouvelle fois plaidé, vendredi, sa représentante en décrivant une « menace » pour la Russie. En juin 2017, Roskomnadzor avait averti la messagerie d’un possible blocage en lui intimant l’ordre de s’inscrire dans le registre des diffuseurs d’information, une injonction à laquelle Telegram avait fini par se plier.
M. Dourov a cependant opposé un « niet » catégorique à la demande de fournir les clés de déchiffrement aux services de sécurité, s’attirant à nouveau les foudres des autorités. Cette fois, avertissait-il en mars, les menaces de blocage « ne porteront pas leurs fruits ».

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                La Russie cherche à museler Internet






                            


                        

                        

