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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Plus de 300 000 personnes ont manifesté pour protester contre la détention de neuf figures de l’indépendantisme accusées de « rébellion » et réclamer l’ouverture d’un dialogue politique.
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« Liberté pour les prisonniers politiques » : des Catalans manifestent à Barcelone

Plus de 300 000 personnes ont manifesté pour protester contre la détention de neuf figures de l’indépendantisme accusées de « rébellion » et réclamer l’ouverture d’un dialogue politique.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 17h27
   





                        



   


Les Catalans battent à nouveau le pavé dans les rues de Barcelone. Au cri de « liberté pour les prisonniers politiques », quelques centaines de milliers d’entre eux ont manifesté, dimanche 15 avril, pour protester contre la détention de neuf figures de l’indépendantisme accusées de « rébellion » et réclamer l’ouverture d’un dialogue politique.
La police municipale a comptabilisé « 315 000 participants », selon une porte-parole, quand la foule compacte se dispersait sans incidents en début d’après-midi.
Six mois après les premières incarcérations, ils ont empli la grande avenue Paralel, résonnant du slogan « nous voulons que vous rentriez à la maison » : un message aux dirigeants indépendantistes en détention provisoire dans la région de Madrid, poursuivis pour « sédition », « détournements de fonds » ou le délit controversé de « rébellion », passible d’un maximum de trente ans de prison, et qui suppose un « soulèvement violent ».
« Nous sommes de plus en plus nombreux à dénoncer la judiciarisation de la politique (…) et à dire qu’il faut donner une solution démocratique à ce conflit », ont clamé sur scène des acteurs catalans chargés de lire le manifeste des organisateurs.
« Comme ils ne peuvent pas décapiter l’indépendantisme, ils essaient de le faire par la voie judiciaire », affirmait la manifestante Roser Urgelles, institutrice de 59 ans. « Ils ont besoin de démontrer qu’il y a eu violence pour exécuter les peines qu’ils veulent, alors ils l’inventent, mais nous continuerons à manifester pacifiquement. »

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« Ce n’est pas une manifestation indépendantiste »
L’appel à manifester avait été lancé par une plate-forme d’associations et syndicats créée en mars pour « défendre les institutions catalanes » et « droits et libertés fondamentales ».
Le fait que les sections catalanes des deux grands syndicats, Commissions ouvrières et UGT, en fassent partie – aux côtés des associations séparatistes ANC et Omnium – a provoqué de vives protestations parmi leurs membres n’ayant jamais voulu de l’indépendance, dans une région très partagée.
« Mais ce n’est pas une manifestation indépendantiste », avait affirmé le secrétaire général de l’UGT régionale, Camil Ros. « C’est le moment de jeter des ponts et le problème de la Catalogne ne doit pas se résoudre dans les tribunaux mais par le dialogue et la politique. »
Au second rang de la manifestation apparaissait la maire de gauche de Barcelone, Ada Colau – qui fait régulièrement valoir qu’elle n’est pas indépendantiste – à proximité du président indépendantiste du Parlement catalan, Roger Torrent.
« Puigdemont, président », réclamaient des manifestants, dix jours après la remise en liberté de l’ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont en Allemagne, où un tribunal a considéré que les charges pour « rébellion » n’étaient pas étayées pour son éventuelle extradition vers l’Espagne.

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Cependant, des magistrats espagnols ont transmis, jeudi, à leurs homologues allemands des éléments afin d’accréditer l’existence « de violences justifiant la rébellion », dans l’espoir d’obtenir la remise de M. Puigdemont à l’Espagne pour cette accusation.
M. Puigdemont est également accusé de détournement de fonds publics, en lien avec l’organisation du référendum d’autodétermination interdit du 1er octobre.
Les anciens présidents d’associations indépendantistes Jordi Sanchez et Jordi Cuixart sont en détention provisoire depuis le 16 octobre. Incarcérés avant la vaine proclamation d’une « République catalane » le 27 octobre, ils sont considérés comme des membres du noyau dur ayant piloté la marche frustrée vers l’indépendance.
« J’ai participé à toutes les manifestations et n’ai jamais vu une once de violence sauf celle de la police quand elle a réprimé le référendum », soutenait un manifestant, le retraité Juan José Cabrero, ancien transporteur de 74 ans.

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Cinq semaines pour investir un candidat
Au nombre des deux millions de personnes – 47,5 % des électeurs catalans – ayant redonné aux sécessionnistes une majorité en sièges au Parlement régional en décembre, il concluait, pessimiste :
« Je ne crois pas que je verrai la République catalane indépendante, nous n’avons le soutien de personne dans le monde, ils ne comprennent pas ce que peut être l’identité catalane. »
Il reste cinq semaines aux indépendantistes pour investir un candidat à la présidence catalane, faute de quoi de nouvelles élections régionales seront organisées en juillet.
Dans une lettre envoyée depuis la prison, l’ancien vice-président indépendantiste catalan Oriol Junqueras a appelé son camp à éviter les « gesticulations » et « attitudes jusqu’au-boutistes qui ne mènent nulle part ».
Il a présenté comme « une nécessité » la formation immédiate d’un gouvernement catalan, pour que la région – sous la tutelle de Madrid – retrouve ses institutions autonomes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Sara Danius, la secrétaire perpétuelle de l’institution qui attribue le prix Nobel de littérature, a été évincée par ses collègues.
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L’Académie suédoise s’enfonce dans la crise

Sara Danius, la secrétaire perpétuelle de l’institution qui attribue le prix Nobel de littérature, a été évincée par ses collègues.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 16h53
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

La crise qui secoue l’Aca­démie suédoise, chargée d’attribuer le prix Nobel de littérature depuis 1901, a atteint un nouveau paroxysme, jeudi 12 avril. A la sortie de la réunion hebdomadaire des Immortels, dans les locaux l’ancienne Bourse située au cœur de Stockholm, Sara Danius, la secrétaire perpétuelle de l’institution depuis 2015, a annoncé devant un parterre de caméras et de micros qu’elle venait d’être démise de ses fonctions.

Une annonce qui a secoué. « On pensait qu’on avait touché le fond, remarque Lisa Irenius, chef des pages culture du quotidien Svenska Dagbladet. Et pourtant, les choses ne font qu’empirer. » Le premier ministre suédois, Stefan Löfven, a même enjoint aux académiciens de se ressaisir, rappelant que le Nobel et l’Académie étaient « très importants pour la Suède » et qu’il était « indispensable que l’institution fonctionne ».

L’affaire a débuté le 21 novembre 2017, avec la publication, dans le quotidien Dagens Nyheter, des témoignages de dix-huit femmes accusant une « personnalité culturelle de premier plan » de viols et d’agressions sexuelles. En cause, le Français Jean-Claude Arnault, 71 ans, né à Marseille, et mari de l’académicienne Katarina Frostenson. Ensemble, ils dirigent le Forum, un lieu d’événements culturels très prisé de l’élite stock­holmoise, en partie financé par des subventions versées par ­l’Académie. Selon Dagens Nyheter, M. Arnault aurait également ébruité les noms de plusieurs lauréats du prix Nobel avant qu’ils ne soient rendus publics et se serait vanté du rôle qu’il aurait joué dans leur sélection.

Faire la lumière
A la suite de ces révélations, la secrétaire perpétuelle de l’Académie, Sara Danius, a demandé à un cabinet d’avocats stockholmois de faire la lumière sur les relations entre le Français et les académiciens. Si leurs conclusions n’ont pas été rendues publiques, Mme Danius...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ David Buckel, fervent défenseur des droits LGBT, s’est immolé dans un parc de New York pour dénoncer la destruction de l’environnement, selon une note envoyée à plusieurs médias avant sa mort.
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Un célèbre avocat américain met fin à ses jours pour protester contre les destructions environnementales

David Buckel, fervent défenseur des droits LGBT, s’est immolé dans un parc de New York pour dénoncer la destruction de l’environnement, selon une note envoyée à plusieurs médias avant sa mort.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 15h55
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 16h38
   





                        



   


Un célèbre avocat américain, fervent défenseur des droits des homosexuels, s’est immolé par le feu dans un parc de New York pour protester contre la pollution, selon une lettre d’adieu envoyée aux médias avant sa mort. Selon le New York Times, qui cite la police, David Buckel s’est suicidé par le feu dans le parc Prospect de Brooklyn, samedi 14 avril, et a été déclaré mort dimanche matin.
Dans une lettre envoyée par e-mail à plusieurs médias américains, l’avocat de 60 ans dénonce la pollution qui « ravage notre planète et répand l’instabilité à travers l’air, le sol, l’eau et la météo » : 
« La plupart des humains sur la planète respirent maintenant un air rendu insalubre par les carburants fossiles et beaucoup, en conséquence, mourront prématurément – ma mort prématurée au moyen d’un carburant fossile reflète ce que nous sommes en train de nous faire à nous-mêmes. »
Un défenseur inébranlable des droits LGBT
David Buckel était un avocat nationalement connu aux Etats-Unis pour sa défense des droits des homosexuels, qui était intervenu dans plusieurs retentissants procès pour discrimination. M. Buckel avait notamment été l’avocat principal de l’affaire Brandon Teena, du nom d’un jeune homme transgenre violé et assassiné dans une ville du Nebraska, aux Etats-Unis, en 1993. La cour avait alors reconnu coupable le shérif du comté de Richardson d’avoir échoué à protéger Brandon Teena. Cette histoire avait été portée à l’écran avec le film Boys don’t cry, avec Hilary Swank.
En 1996, David Buckel a joué un rôle important dans l’affaire Nabozny vs. Podlesny, dans laquelle une cour d’appel fédérale a, pour la première fois, jugé que les établissements scolaires ont l’obligation de protéger les étudiants homosexuels des violences et des discriminations ayant lieu dans leurs enceintes.
Au sein de l’organisation de défense des droits civiques de la communauté LGBT Lambda Legal, il avait été à l’avant-garde du mouvement pour légaliser le mariage gay, maintenant reconnu juridiquement dans tous les Etats du pays.
Passionné par la défense de l’environnement
« La nouvelle de la mort de David nous brise le cœur. C’est une perte terrible pour la famille Lambda Legal, mais aussi pour l’ensemble du mouvement pour la justice sociale », a commenté dans un communiqué une des directrices de l’organisation, Camilla Taylor, qualifiant l’avocat de « brillant visionnaire juridique ».
Selon Susan Sommer, avocate ayant travaillé auparavant pour Lambda Legal, M. Buckel était « l’un des architectes de la liberté et de l’égalité devant le mariage ».
Selon des amis de M. Buckel cités par le New York Times, l’avocat avait commencé à se passionner pour la défense de l’environnement après son départ de Lambda Legal il y a quelques années. Dans sa note d’adieux, David Buckel évoque la difficulté à rendre le monde meilleur, même pour ceux qui font de réels efforts en ce sens, et juge que donner à des associations n’est pas suffisant, selon le quotidien américain.
Il espère que sa mort conduira à « une action accrue ». « Avoir des buts honorables dans la vie invite à avoir des buts honorables dans la mort », a-t-il écrit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Les parlementaires débattront sans voter, à partir de 17 heures, de l’opération militaire menée par Paris, Londres et Washington contre des sites syriens.
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La participation de la France aux frappes en Syrie débattue lundi au Parlement

Les parlementaires débattront sans voter, à partir de 17 heures, de l’opération militaire menée par Paris, Londres et Washington contre des sites syriens.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 15h32
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 16h13
   





                        



   


Le premier ministre Edouard Philippe a réuni, dimanche 15 avril au matin, les responsables de l’Assemblée et du Sénat, après les frappes occidentales menées dans la nuit de vendredi à samedi contre l’arsenal chimique du régime de Damas.
« Après la réunion d’information autour du premier ministre, un débat sera organisé comme je l’avais souhaité à l’Assemblée nationale lundi à 17 heures », a annoncé le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, sur Twitter. « Cela permettra au gouvernement de s’exprimer devant tous les députés et à tous les groupes parlementaires d’exprimer leurs positions, a-t-il aussi déclaré. Le premier ministre pourra présenter les opérations, mais également les initiatives diplomatiques de la France. »
La Constitution stipule, dans son article 35, que le gouvernement « informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l’étranger, au plus tard trois jours après le début de l’intervention ». « Il précise les objectifs poursuivis. Cette information peut donner lieu à un débat qui n’est suivi d’aucun vote », ajoute l’article. Lorsque la durée de l’intervention excède quatre mois, le gouvernement soumet sa prolongation à l’autorisation du Parlement.

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Une intervention militaire très critiquée
L’intervention française n’a pas suscité d’union sacrée, de nombreuses voix critiquant cette action menée sans mandat de l’ONU. Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, ou encore Laurent Wauquiez l’ont ainsi dénoncée. Le Parti socialiste, des personnalités comme Alain Juppé et Xavier Bertrand, ou encore l’UDI soutiennent, en revanche, cette opération.
Le chef de file des députés de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a rapporté à la sortie de la réunion avoir dit au premier ministre son « désaccord complet avec cette opération » et avoir souligné « le risque énorme pris d’un embrasement général dans la mesure où [la zone est] un nid de serpents ». Il a fustigé « l’état d’isolement de la France » et « l’arrogance monarchique » d’Emmanuel Macron, qui « a tracé des lignes rouges tout seul ». « On est devenu le shérif de la planète maintenant ? », s’est-il interrogé.
Le sénateur socialiste Patrick Kanner a jugé ces frappes « nécessaires », tout en émettant « des réserves » : « quel mandat international » pour les mener, et « quels moyens pour éviter toute forme d’escalade dans une région poudrière ? », s’est-il interrogé. A ses côtés, Valérie Rabault, nouvelle présidente du groupe PS à l’Assemblée, a souligné que la situation démontrait la nécessité d’« un socle d’une défense européenne ».

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Pas de mandat de l’ONU
Le patron des députés Les Républicains (LR), Christian Jacob, a, pour sa part, soulevé deux points : la question de « l’objectif » et la finalité de l’opération, et le fait que « pour la première fois, la France n’intervient pas dans le cadre d’une résolution de l’ONU ». « Qu’adviendra-t-il si un autre membre du Conseil de sécurité s’affranchit d’une résolution de l’ONU ? », a-t-il interrogé.
François de Rugy, qui soutient cette action « militaire coordonnée, ciblée, limitée dans le temps », a dit devant la presse « comprendre qu’il n’y ait pas forcément unanimité sur un tel sujet ».
Le débat, lundi, permettra aux Français de voir « qui, parmi les parlementaires en France, fait preuve d’une grande mansuétude – pour ne pas dire une grande faiblesse – à l’égard de la Syrie de Bachar Al-Assad, mais aussi de la Russie », et « ce qu’ils feraient s’ils étaient aux responsabilités en pareilles circonstances », a ajouté le président de l’Assemblée nationale.

        Lire la tribune de Bertrand Badie :
         

          Frappes en Syrie : « Il est probable qu’Assad se sente conforté »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Plus de 530 000 Monténégrins sont appelés à voter ce dimanche parmi sept candidats. Le dirigeant historique du Monténégro, Milo Djukanovic, fait figure de grand favori.
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Au Monténégro, l’ancien dirigeant Djukanovic favori de l’élection présidentielle

Plus de 530 000 Monténégrins sont appelés à voter ce dimanche parmi sept candidats. Le dirigeant historique du Monténégro, Milo Djukanovic, fait figure de grand favori.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 11h53
   





                        



   


Dans les 1 214 bureaux de vote ouverts à 7 heures, près de 533 000 Monténégrins ont pu commencer à voter, le scrutin se terminant à 20 heures. Les premiers résultats du vote, suivi par près de 2 000 observateurs internationaux et locaux, sont attendus dimanche soir.
Le dirigeant historique du Monténégro, Milo Djukanovic, brigue dimanche la présidence de ce petit pays des Balkans candidat à l’Union européenne, moins de deux ans après avoir annoncé son retrait du pouvoir. Depuis 1991, M. Djukanovic, un allié de l’Occident, a été six fois Premier ministre et déjà une fois président (1998 - 2003). Il apparaît comme l’immense favori de ce scrutin qu’il peut même emporter dès ce dimanche, sans attendre le second tour du 29 avril, selon les sondages d’opinion.

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Djukanovic a conduit le Monténégro à l’indépendance de la Serbie en 2006 puis à l’adhésion à l’Otan, effective depuis l’an passé au grand dam de Moscou mais aussi d’une partie des Monténégrins, en majorité slaves et orthodoxes. Aujourd’hui âgé de 56 ans, Milo Djukanovic entend désormais amener son pays à l’adhésion à l’Union européenne.

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Peu de rivaux pour Djukanovic
Si cet économiste de près de 2 mètres l’emporte, le poste aujourd’hui honorifique de président redeviendra le siège réel du pouvoir. Son titulaire actuel, Filip Vujanovic, est un proche de Milo Djukanovic, membre de son parti des démocrates socialistes (DPS). Le Premier ministre Dusko Markovic, est un autre de ses obligés.
A Podgorica, la capitale, où vit plus du tiers de la population du pays, les affiches géantes de Djukanovic, « leader, homme d’Etat, président de tous les citoyens », se sont taillé la part du lion des panneaux publicitaires, laissant la portion congrue à ses six adversaires.

   


Son rival le plus sérieux est un homme d’affaires de 56 ans, Mladen Bojanic. Soutenu par les principales formations d’opposition, prorusses ou non, il est crédité d’environ un tiers des suffrages. Quant au seul candidat ouvertement prorusse, Marko Milacic, un journaliste de 32 ans, il ne recueillerait qu’environ 3 % des suffrages, selon les sondages d’opinion.
« Il y a le sentiment que la Russie comprend les limites de son influence sans renoncer à long terme », estime l’analyste Zlatko Vujovic, directeur du centre pour le suivi du scrutin, qui donnera dimanche soir les premiers résultats.
Les relations avec la Russie divisent
Milo Djukanovic semble d’ailleurs modérer sa rhétorique hostile au Kremlin, expliquant être prêt à « mettre en place des relations normales avec la Russie, si celle-ci est aussi prête à le faire ».
Les autorités judiciaires monténégrines ont accusé des institutions russes d’être derrière une tentative de coup d’Etat et même de projet d’assassinat de Milo Djukanovic, qu’elles affirment avoir déjoué en octobre 2016, ce que Moscou réfute.

   


« L’opposition nous propose d’être une province russe » et défend « une politique rétrograde sur le mode de vie multiethnique au Monténégro », a toutefois accusé Milo Djukanovic, qui peut compter sur le soutien massif des minorités croate, albanaise et bosniaque qui pèsent pour 15 % du corps électoral.
De son côté, l’opposition l’a attaqué sur le poids de la criminalité organisée dans la société monténégrine, sur fond de règlements de comptes entre trafiquants. Elle l’accuse de longue date d’entretenir des liens avec les milieux criminels.
Dans un pays où le chômage dépasse 20 %, Milo Djukanovic s’est engagé à multiplier par deux en quelques années le salaire moyen, actuellement de 500 euros. Un engagement, a-t-il plaidé, qui ne pourra être tenu que si le Monténégro ne dévie pas de son chemin vers l’UE.
Dimanche, il devra faire face aux éternelles accusations de fraude électorale. Des journaux locaux ont déjà évoqué cette semaine des cas de présence sur les listes électorales de personnes décédées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Les frappes occidentales du 14 avril risquent d’avoir aussi peu d’impact sur la crise syrienne que le bombardement décidé par Trump un an plus tôt.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Theodore Roosevelt conseillait de parler doucement, mais d’avoir un gros bâton. Dans le dossier syrien, son lointain successeur a parlé fort pendant toute la semaine avant d’agiter finalement une badine.
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Président Trump, an II : le mur et la ligne

Theodore Roosevelt conseillait de parler doucement, mais d’avoir un gros bâton. Dans le dossier syrien, son lointain successeur a parlé fort pendant toute la semaine avant d’agiter finalement une badine.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 06h50
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 14h18
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Theodore Roosevelt conseillait de parler doucement, mais d’avoir un gros bâton. Son lointain successeur a parlé fort pendant toute la semaine avant d’agiter finalement une badine, manifestement à l’instigation de son secrétaire à la défense, James Mattis. Ce dernier ne souhaitait pas que les frappes punitives contre le régime syrien, accusé d’avoir utilisé une nouvelle fois des armes chimiques contre la partie de son peuple qui le vomit, ne débouchent sur un embrasement régional. Donald Trump ne pouvait rester inerte après avoir tracé cette ligne rouge. Mais il ne pouvait pas non plus s’engager trop en avant, faute en premier lieu d’une véritable stratégie syrienne.

Le président des Etats-Unis a compensé la modestie de la riposte par une célébration enthousiaste de la victoire. « Mission accomplie », a-t-il clamé, samedi 14 avril matin, sur son compte Twitter, faisant sans doute se glacer une génération entière de républicains. La formule a été, en effet, bannie du langage public à Washington après son utilisation par les conseillers en communication de George W. Bush, le 1er mai 2003, moins d’un mois après la chute de Bagdad. Ce jour-là, le 43e président avait apponté triomphalement sur le porte-avions Abraham Lincoln, en tenue de pilote de chasse, avant de prononcer un discours satisfait devant une large banderole qui assurait que le succès de l’invasion était total. Une affirmation qui n’avait cessé de hanter la Maison Blanche pendant les longues années sanglantes qui s’en étaient suivies.

Lignes rouges
Que le chantre de « l’Amérique d’abord » mime ainsi un parangon de l’interventionnisme qu’il n’a cessé de moquer pendant la campagne, a dû laisser songeur plus d’un de ses partisans. A vrai dire, une bonne partie de la droite radicale américaine n’était pas franchement transportée à l’idée de sanctionner le régime de Bachar Al-Assad. Cette droite-là n’a que faire de lignes rouges sur une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ En deux ans, il est le quatrième chef d’un parti qui ne s’est pas remis de la victoire du Brexit, pour lequel UKIP avait bataillé.
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Royaume-Uni : Gerard Batten devient le nouveau chef du parti europhobe UKIP

En deux ans, il est le quatrième chef d’un parti qui ne s’est pas remis de la victoire du Brexit, pour lequel UKIP avait bataillé.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 05h32
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 12h31
   





                        



   


Le parti europhobe britannique UKIP, en plein désarroi depuis la victoire du Brexit qu’il a défendu au référendum de juin 2016, s’est choisi, samedi, un nouveau leader, pour la quatrième fois en deux ans.
Gerard Batten, un eurodéputé de 64 ans, a été élu sans opposition, puisque aucun autre candidat ne s’était déclaré. Il était déjà le chef par intérim de ce parti depuis février. Aussitôt élu, il a annoncé qu’il comptait démissionner dans un an pour qu’un nouveau scrutin ait lieu, mais cette fois avec plusieurs candidats :
« J’ai l’intention de démissionner le 13 avril 2019, afin qu’une élection vraiment concurrentielle puisse se tenir. D’ici là, j’aurai décidé si je désire ou non me présenter à cette élection. »
Gerard Batten a souligné que, pendant son intérim, il avait assuré « la survie immédiate » de UKIP en rétablissant sa situation sur le plan financier et organisationnel.
Un parti qui peine à trouver sa raison d’être
Pendant les douze prochains mois, « je ferai tout ce que je pourrai pour le progrès du parti », a promis M. Batten. « UKIP est la seule opposition à notre establishment politique et on a plus que jamais besoin de nous. »
M. Batten était provisoirement à la tête de ce parti depuis que son prédécesseur, Henry Bolton, avait été démis de ses fonctions en février par un vote des adhérents, à la suite de la révélation de propos racistes de son ex-compagne contre la fiancée métisse du prince Harry.
Déjà confronté à des difficultés financières, UKIP a dû remplacer son chef pour la quatrième fois en moins de deux ans, depuis le départ de son dirigeant historique Nigel Farage peu après le référendum du 23 juin 2016 qui a décidé la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.
Ce parti avait activement participé à la campagne en faveur du Brexit, mais peine depuis à se trouver une raison d’être. Les dissensions internes et les revers électoraux successifs ont également fragilisé sa position.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ La première manifestation après la réélection du premier ministre souverainiste Viktor Orban a fait l’objet d’une adhésion massive.
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/04/2018
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Des dizaines de milliers de Hongrois dans la rue pour « défendre la démocratie »

La première manifestation après la réélection du premier ministre souverainiste Viktor Orban a fait l’objet d’une adhésion massive.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 23h57
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 13h34
    |

                            Blaise Gauquelin (Budapest, envoyé spécial)








                        



   


C’est l’autre Hongrie, celle qui n’a pas voté Viktor Orban. Selon les organisateurs, environ 100 000 personnes sont descendues dans les rues de Budapest pour dénoncer, dans la soirée du 14 avril, la réélection du souverainiste Viktor Orban. Il s’agit de l’une des manifestations les plus importantes de ces dernières années, dans ce pays d’Europe centrale comptant 9,8 millions d’habitants.
« Viktator, fous le camp ! », « Nous sommes la majorité » : cette foule jeune et bigarrée a scandé, dans une ambiance très printanière, des slogans hostiles à la majorité, largement reconduite le 8 avril dernier avec 49,9 % des suffrages et qui a obtenu les deux tiers des sièges au Parlement, grâce à un système électoral favorisant le parti arrivé en tête.
Les personnes présentes ont réclamé un second décompte des bulletins de vote et une nouvelle loi électorale, pointant des fraudes. Elles ont défendu la liberté des médias, dans un pays pourtant membre de l’Union européenne depuis 2004.

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Des panneaux ont dénoncé la corruption et la « mafia du Fidesz » – du nom du parti du premier ministre. Les manifestants ont incité les chefs de file de l’opposition à mettre de côté leurs différends pour permettre un rassemblement. La colère et la frustration étaient palpables dans le cortège.
« La Hongrie a besoin de plus de démocratie », estime Aron Demeter, d’Amnesty International. Comme 199 autres personnalités issues de la société civile, ce militant associatif a été placé cette semaine par un hebdomadaire appartenant à une proche du gouvernement sur la liste des « spéculateurs » du milliardaire juif américain d’origine hongroise George Soros. « Il s’agit d’une tentative d’intimidation, car nous aidons les demandeurs d’asile. Mais nous n’avons pas peur et nous continuerons nos activités dans ce pays, tant que cela reste possible. » Dès le mois de mai, le gouvernement entend faire passer une nouvelle loi rendant encore plus difficile le travail des ONG.
La presse hongroise peu à peu muselée
Zsolt Havasi, lui, distribue le dernier numéro de Magyar Nemzet. Appartenant à un oligarque opposé à Viktor Orban, ce quotidien a mis la clé sous la porte au lendemain des élections, asphyxié économiquement. « Maintenant, je vais me reposer », ironise le journaliste sportif au chômage, sous un immense drapeau réclamant l’aide de l’Union européenne. « Mais plus sérieusement, je pense qu’on doit pouvoir laisser s’exprimer les oppositions normalement, non ? »

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Ce rédacteur fait référence à l’absence de pluralisme devenu criant en Hongrie, alors que le service public d’information s’est mué en agence de propagande et que les médias privés sont rachetés les uns après les autres par des proches du pouvoir. « Mon pays n’est plus une démocratie », renchérit Eszter Kaiser, une styliste ayant vécu vingt-huit ans en Suisse romande.
« C’est une dictature maintenant : il n’y a plus de liberté de la presse, les gens commencent à avoir peur de dire ce qu’ils pensent, comme à l’époque du communisme. Le futur n’est pas très positif ici pour mon fils, qui a 14 ans. Il y a du racisme, l’ambiance est pesante, les gens sont désespérés. Surtout les jeunes qui partent en masse. Et cela arrange Viktor Orban, si ceux qui réfléchissent, qui veulent voir le monde et qui sont ouverts quittent la Hongrie. »
Peter – qui préfère ne pas donner son nom de famille – est un maçon qui a travaillé quatre ans en Provence. Il dit être devenu hostile à Viktor Orban, après cette expérience à l’étranger. « C’est faux ce que disent les médias du gouvernement sur la France où l’on ne pourrait plus bien profiter de la vie à cause des immigrés. Moi, je peux vous dire que j’envie les Français, qui peuvent vivre décemment de leur travail ! On manipule les gens dans ce pays. »
Viktor Orban n’a pas encore officiellement commenté cette manifestation. Des rassemblements de soutien ont également eu lieu à Paris, Londres, Bruxelles et Berlin. Un second défilé est prévu samedi prochain à Budapest.

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Compte rendu

Attaque à Tombouctou contre les casques bleus et les soldats français

L’offensive qui a touché les camps de la Minusma et de la force « Barkhane », dans le nord du Mali, a fait un mort et une vingtaine de blessés.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 14.04.2018 à 22h13

     •
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        Mis à jour le 15.04.2018 à 12h27






    
Un casque bleu de la Minusma, à Tombouctou, le 8 avril 2015.
Crédits : SEBASTIEN RIEUSSEC / AFP


Tirs de roquettes, assaillants déguisés en casques bleus montés à bord de véhicules piégés, échanges de coups de feu… Les camps de la Mission de stabilisation des Nations unies pour le Mali (Minusma) et de la force française « Barkhane » à Tombouctou ont été la cible, samedi 14 avril, d’une attaque « sans précédent » qui a fait au moins un mort et une vingtaine de blessés.

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L’assaut s’est produit peu après 14 heures locales sur le site aéroportuaire de cette ville légendaire du nord du Mali. Alors que les deux camps essuyaient une « dizaine de tirs de roquettes », des hommes portant des casques bleus ont tenté de « s’infiltrer » dans la zone militaire à bord de deux véhicules piégés, a détaillé dans un communiqué le ministère de la sécurité malien. L’un des véhicules portait les couleurs des Forces armées maliennes (FAMas) et l’autre le sigle « UN » des Nations unies. Le premier « a explosé », tandis que le second « a pu être immobilisé ».
Selon la Minusma, un de ses casques bleus a été tué lors d’« échanges de tirs ». Une dizaine d’autres ont été blessés. Le ministère malien a ajouté que l’attaque avait également fait une « dizaine » de blessés « côté Barkhane ». « Les combats ont pris fin vers 18 h 30 », plus de quatre heures après leur début, selon le ministère. Bamako et la Minusma ont assuré que la situation était à nouveau « sous contrôle ».

Un Casque bleu tué lors d'échanges de tirs contre les assaillants, une dizaine de blessés. #Tombouctou #Mali @UNPeacekeeping— UN_MINUSMA (@MINUSMA)


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Sur Twitter, la force de l’ONU a évoqué une « importante attaque complexe » associant « mortiers », « échanges de tirs » et « attaque au véhicule-suicide ». « C’est la première fois qu’il y a eu une offensive de cette envergure contre la Minusma à Tombouctou », a relevé une source sécuritaire étrangère. « C’est une attaque qu’on n’avait jamais connue », a confirmé un responsable du gouvernorat de Tombouctou.
Renforts attendus
Déployée au Mali en juillet 2013, la Minusma compte environ 12 500 militaires et policiers. Elle est actuellement la mission de maintien de la paix de l’ONU la plus coûteuse en vies humaines. Elle avait, avant l’attaque de samedi, perdu plus de 160 casques bleus, dont 102 dans des actes hostiles, ce qui représente plus de la moitié des soldats onusiens tués sur cette période dans le monde.
Elle doit recevoir dans les prochains mois des renforts canadiens, Ottawa ayant annoncé le 19 mars sa décision de déployer pendant un an une force d’appui aérienne avec des hélicoptères et des casques bleus.
Des groupes liés à Al-Qaida ont dicté leur loi dans le nord du Mali de mars-avril 2012 à janvier 2013, date du déclenchement d’une opération militaire internationale à l’initiative de la France. Bien qu’ils aient, depuis lors, été dispersés et en grande partie chassés du nord du Mali, des zones entières de ce pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, régulièrement visées par des attaques.

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Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et à la partie sud du pays et le phénomène déborde sur les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger, où quatre soldats américains et quatre militaires nigériens ont été tués dans une embuscade en octobre 2017.
« Exécutions sommaires »
Depuis le 11 avril, quelque 1 500 militaires africains, américains et européens sont engagés dans des manœuvres dans l’ouest et le nord du Niger, pour s’entraîner face aux menaces terroristes. Ces exercices devraient renforcer l’efficacité de la force du G5 Sahel, qui devrait compter d’ici à la mi-2018 5 000 soldats issus du Mali, du Niger, de la Mauritanie, du Tchad et du Burkina Faso.

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La signature en 2015 d’un accord pour ramener la paix au Mali n’a pas empêché la recrudescence des violences. Jeudi, le représentant du haut-commissaire aux droits de l’homme au Mali, Guillaume Ngefa, a évoqué les « exécutions sommaires d’au moins 95 personnes » dans la région de Menaka, frontalière du Niger.
Mise en cause, une coalition de deux groupes armés qui participent aux opérations de sécurisation avec les troupes françaises et maliennes, le MSA et le GATIA, a rejeté samedi ces accusations. Ces deux groupes sont soupçonnés de profiter de leur proximité avec « Barkhane » pour régler de vieux contentieux territoriaux, notamment avec la communauté peule.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ L’OTAN « appelle la Russie à faire preuve de responsabilité » dans le conflit syrien, a déclaré le secrétaire général de l’Alliance, après une réunion à Bruxelles des ambassadeurs.
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Syrie : l’OTAN défend une opération « ciblée et proportionnée »

L’OTAN « appelle la Russie à faire preuve de responsabilité » dans le conflit syrien, a déclaré le secrétaire général de l’Alliance, après une réunion à Bruxelles des ambassadeurs.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 19h09
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 13h11
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        


Le Conseil de l’Atlantique Nord – les ambassadeurs auprès de l’OTAN – s’est réuni à Bruxelles, samedi 14 avril, pour ce qui était présenté comme une séance « d’information » sur les opérations menées dans la nuit de vendredi à samedi en Syrie par les armées américaine, française et britannique.
A l’issue de cette rencontre d’une heure trente environ, le secrétaire général, Jens Stoltenberg, a évoqué le « plein soutien » de tous les alliés aux trois pays qui ont ciblé l’arsenal chimique syrien. En menant des actions « ciblées, circonscrites, proportionnées », ils ont envoyé « un message de dissuasion très clair », selon le secrétaire général.

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« Je ne dis pas que cela a réglé tous les problèmes, mais ne rien faire aurait été pire », a poursuivi le responsable norvégien. C’est la Russie qui, en bloquant toutes les autres options au Conseil de sécurité de l’ONU, a en quelque sorte rendu une intervention militaire obligatoire, estime l’Alliance atlantique.
Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni auraient fourni à leurs alliés les preuves de l’implication directe du régime de Bachar Al-Assad dans les attaques chimiques dans la Ghouta. « Nous n’avons aucune raison d’en douter », a fait savoir M. Stoltenberg, interrogé sur la nature de ces preuves. Il n’a pas été plus disert sur le bilan des frappes, affirmant seulement que les cibles visées avaient été atteintes et que l’arsenal chimique syrien serait « largement affaibli ». C’est aux trois capitales concernées de fournir des détails, a-t-il insisté.

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Afficher la cohésion de l’OTAN
La réunion de samedi après-midi, à laquelle ne participaient que des ambassadeurs – et donc aucun responsable militaire – avait, en réalité, un triple but. D’abord, afficher la cohésion de l’Alliance, même si les partenaires des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni n’ont peut-être pas obtenu toutes les explications qu’ils attendaient sur les événements des dernières heures.

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Ensuite, insister sur le fait que l’OTAN n’était pas, en tant que telle, impliquée dans les opérations en Syrie. « Cela aurait, en effet, signifié tout autre chose, à savoir l’ébauche d’un conflit entre l’Alliance et la Russie », souligne un diplomate européen. « C’est ce qu’il fallait absolument éviter », insiste un autre.
Enfin, il convenait de marquer un soutien politique à Washington, Paris et Londres, même si le ton des réactions enregistrées dans certaines délégations était prudent, certaines déclarant simplement qu’elles « comprenaient » les opérations décidées par les dirigeants des trois pays.

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Une dernière question taraudait les Alliés : quelle allait être la réaction de la Turquie, dont le président a multiplié les critiques contre les dirigeants occidentaux au cours des dernières semaines, et même contre l’OTAN, taxée de passivité à l’égard ce que le président Recep Tayyip Erdogan appelle le « terrorisme » kurde à ses frontières ? « Nous avons été totalement rassurés », explique un diplomate. Ankara avait, en effet, affiché dès le matin son soutien à l’action militaire.
Officiellement, aucune discussion n’aurait eu lieu, au sein de l’Alliance, avant les opérations de la nuit dernière. Il est toutefois évident que les trois pays ont pu compter sur le soutien tactique de l’Alliance et user, notamment, des informations dont elle disposait sur les installations syriennes. M. Stoltenberg a précisé, samedi, qu’il avait eu, peu de temps avant le déclenchement des frappes, un entretien avec James Mattis, le secrétaire américain à la défense.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ La France, aux côtés des Américains et des Britanniques, propose à l’ONU une résolution pour relancer la diplomatie et tenter de « sortir de l’impasse syrienne ».
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Après les frappes, Paris veut une stratégie diplomatique pour la Syrie

La France, aux côtés des Américains et des Britanniques, propose à l’ONU une résolution pour relancer la diplomatie et tenter de « sortir de l’impasse syrienne ».



Le Monde
 |    14.04.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 11h23
    |

            Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante)








                        



   


« Mission accomplie », s’est félicité le président américain Donald Trump sur Twitter, au lendemain des frappes occidentales qui ont touché trois sites liés au programme chimique syrien. Moins triomphaliste, Paris plaide pour une relance de la machine diplomatique sur le dossier syrien. La France a annoncé, samedi 14 avril, avoir proposé à l’ONU, aux côtés de ses partenaires britannique et américain, un projet de résolution pour « sortir de l’impasse (…) et mettre un terme à la tragédie syrienne ».
Un communiqué de l’Elysée confirme l’objectif : « le Conseil de sécurité des Nations unies doit maintenant reprendre, dans l’unité, l’initiative sur les volets politique, chimique et humanitaire en Syrie, pour assurer la protection des populations civiles et pour que ce pays retrouve enfin la paix. » Paris veut capitaliser rapidement sur ces frappes qui envoient « un signal de fermeté mais qui ne correspondent pas à une offensive militaire », précise un diplomate au fait des discussions. « Ce signal de fermeté n’a de sens que dans le cadre d’une stratégie politique », souligne-t-il.
Un message directement adressé à Washington qui avait annoncé, il y a quelques jours, vouloir se désengager du théâtre syrien. La France n’avait eu de cesse d’appeler, au cours des derniers mois, à un réengagement des Etats-Unis dans la recherche d’un compromis politique, « seule manière de faire front au rouleau compresseur russe et d’obtenir une solution politique inclusive en Syrie », précise le diplomate.

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Le chimique, le politique et l’humanitaire
Consulté par Le Monde, le projet de texte – non définitif et qui devrait faire l’objet d’intenses négociations dans les prochains jours – propose de relancer un mécanisme d’enquête indépendant et impartial sur l’usage d’armes chimiques en Syrie, capable d’attribuer les responsabilités des attaques. Cette mention devrait être le point de contentieux.
La Russie s’y oppose avec force depuis que le mécanisme précédent connu sous l’acronyme de JIM – Mécanisme d’enquête conjoint de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et de l’ONU – avait accusé le régime syrien d’avoir mené quatre attaques chimiques à Khan Cheikhoun, Sarmin, Talmenes et Qmneas. Moscou avait utilisé par trois fois son veto pour aboutir au démantèlement du JIM en novembre dernier.
Cette résolution s’articule autour des trois sujets clés de la crise syrienne : le chimique, le politique et l’humanitaire. Dans un souci évident d’engager la Russie dans les négociations, elle repose sur des textes de résolutions déjà agréés par le passé, comme la résolution 2254 pour une reprise des pourparlers de paix intersyriens à Genève, qui sont toujours au point mort, et la 2401 – votée à l’unanimité en février mais jamais appliquée – qui exige un accès humanitaire sûr et sans entrave à la population syrienne et l’instauration d’un cessez-le-feu.
Elle oblige aussi le régime syrien à coopérer avec l’OIAC pour mener à son terme le démantèlement de son programme chimique, et demande à l’OIAC d’informer le Conseil de sécurité sous trente jours de tout amendement transmis par Damas sur sa déclaration de stocks faite en 2013. Les Occidentaux soupçonnent le régime syrien de ne pas avoir déclaré l’ensemble de son arsenal chimique.

   



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Des intentions américaines encore floues
Cette offensive diplomatique marque une volonté claire de la France, fer de lance de cette initiative, de relancer une mécanique complètement grippée par les douze veto de la Russie depuis le début du conflit en Syrie et les processus politiques parallèles lancés à Astana et à Sotchi par la Russie, la Turquie et l’Iran.
Les intentions américaines restent, cependant, très floues. Nikki Haley, la représentante de Washington à l’ONU, a semblé vouloir minimiser samedi la portée des frappes américaines. « Notre stratégie vis-à-vis de la Syrie n’a pas changé », a t-elle précisé. Très proche du président Trump, Mme Haley s’en est tenue à une rhétorique menaçante sans se positionner sur le sujet épineux de la transition politique : « J’ai parlé au président Trump et il m’a dit “si le régime syrien utilise encore ces gaz toxiques, les Etats-Unis seront prêts à dégainer de nouveau.” Quand notre président dessine une ligne rouge, notre président respecte cette ligne rouge. »
Mme Haley s’exprimait, samedi, dans le cadre d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité réclamée par Moscou au lendemain des frappes occidentales. Le représentant moscovite, Vassily Nebienza, s’en est vivement pris aux membres de la coalition qui ont mené, selon lui, un « acte d’agression à l’égard d’un Etat souverain à l’avant-front de la lutte contre le terrorisme. » Moscou a réclamé le vote d’une résolution condamnant ces frappes « qui violent la charte de l’ONU et le droit international », mais seules la Chine et la Bolivie se sont positionnées en faveur de Moscou.
« Le résultat de ce vote envoie un message clair sur la compréhension par les membres du Conseil de sécurité des circonstances, des motivations et des objectifs de nos actions d’hier. (…) Surtout, personne ne conteste que l’usage d’armes chimiques ne saurait être toléré et doit être dissuadé », s’est félicité l’ambassadeur français François Delattre. Celui-ci a aussi balayé les reproches russes : « la charte des Nations unies n’a pas été conçue pour servir de protection à des criminels. »

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ La cérémonie d’enterrement de Winnie Mandela, à Soweto, fut à l’image d’une femme qui, jamais, n’a laissé indifférent.
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En Afrique du Sud, dernier hommage à Winnie Mandela, « rempart » contre l’apartheid

La cérémonie d’enterrement de Winnie Mandela, à Soweto, fut à l’image d’une femme qui, jamais, n’a laissé indifférent.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 16h28
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 17h54
    |

            Jean-Philippe Rémy (Johannesburg, correspondant régional)








                        



   


Dans la grande famille de l’ANC, tout enterrement de dignitaire se transforme en moment politique. Avec Winnie Mandela, à plus forte raison, une cérémonie d’inhumation ne pouvait se dérouler dans la quiétude des hommages convenus. La « mère de la nation » est décédée le 2 avril, à 81 ans. Dans le vieux stade d’Orlando, à Soweto, où ont retenti tant de clameurs depuis les temps de la lutte contre l’apartheid, une mise en scène magnifique a été préparée, samedi 14 avril, pour un enterrement en grande pompe.
Tout est chorégraphié au millimètre, hormis ce qui va se dire dans certains discours. Le Congrès national africain (ANC), après dix jours de cérémonies à travers le pays, enterre l’une de ses géantes, et l’une des plus inclassables personnalités de son mouvement : Nomzamo « Winnie » Madikizela-Mandela.
Dans les gradins, il y a le peuple qui l’aimait tant. Ceux qui n’ont pas eu peur de braver les difficultés logistiques pour venir s’asseoir dans les gradins dès quatre heures et demie du matin, pour être certain d’y être quand tout commencera, cet hommage en grand dans une famille politique déchirée par ses factions. Aujourd’hui, on devrait, en théorie, essayer d’oublier les divisions, mais les enterrements de l’ANC, décidément, ne sont pas faits pour se transformer en moments de tiédeur, mais d’accusations.
Injustice
Dans les tribunes, peu de dignitaires étrangers, aucune des stars mondiales qui aimaient tant venir chauffer leur aura à celle de l’ANC des grandes années. Il n’y a là que les habitués de la maison d’Orlando Ouest, y compris quelques vieux amis de l’étranger, en tout petit nombre, mais qu’importe. Cela ne fait que resserrer l’assemblée sur elle-même. On pourra d’autant plus facilement utiliser l’isiZulu ou l’isiXhosa pour les discours.
Nul ne se souvient des mots prononcés par les présidents du monde entier lors de l’enterrement de Nelson Mandela, en 2013. Que peut bien avoir dit Barack Obama, ce jour-là ? Avec celle qui enrageait d’être présentée comme « sa femme » dans les dernières années de leur mariage devenu malheureux, ce sera tout à fait différent.
L’une de ses deux filles, Zenani, aborde frontalement la question qui blesse : au moment du décès de Winnie Mandela, des articles jugés assassins ont déclenché un grand mouvement d’opinion en Afrique du Sud, créant un phénomène de rejet, d’écœurement, bien au-delà de la famille. L’impression dominante est d’avoir assisté à une répétition de l’injustice faite à Winnie Mandela tout au long de sa vie : on a rappelé toutes ses frasques, les débordements meurtriers de son groupe de sécurité, le Mandela United Football Club.
On a un peu oublié ses souffrances, ses luttes, son courage. Comment ne pas voir la continuité ? Zenai affirme que « cela dure depuis vingt-cinq ans », depuis que l’affaire Stompie a éclaté, du nom de ce petit activiste torturé et tué par des membres de l’entourage de Winnie. Or d’anciens policiers du temps de l’apartheid ont joint leur voix à la confusion, indiquant après toutes ces années qu’ils avaient été missionnés pour lui nuire, saper sa réputation. Certains affirment que, dans ce crime, Winnie n’était pour rien. Les membres du Mandela United Football Club étaient au fond le reflet d’une époque, toute de violence aveugle et de manipulations.
Toujours debout
Mais Winnie Mandela a payé au sein de son propre parti. Pendant les années qui ont suivi la fin de l’apartheid, elle n’a été qu’un temps à la tête de la Ligue des femmes de l’ANC, et bien que présente dans le Comité exécutif national, n’a jamais occupé l’un des six postes de direction du parti. Thabo Mbeki, l’ancien président, la jugeait « populiste » et n’a jamais caché le dédain qu’elle lui inspirait.
Ils s’étaient du reste écharpés sur un sujet brûlant. Alors que le chef de l’Etat était arrivé à la conclusion que le sida n’existait pas, selon une série de raisonnements torturés, Winnie Mandela, elle, clamait haut et fort que cette opinion était criminelle, conduisant à laisser mourir des foules de malades faute de traitement. Personne n’a oublié, dans le stade d’Orlando Ouest. Lorsque le nom de Thabo Mbeki est cité parmi les personnalités assistant à la cérémonie, il est copieusement hué. Pendant les heures qui suivent, masque de cire, il reste tétanisé, alors que le stade tout entier donne libre cours à son émotion, ondule, chante, applaudit…
Winnie Mandela, jamais, n’a laissé indifférent. Et Zenani prend les accents de cette femme toujours debout malgré les duretés de la vie, pour dire son courroux, de l’avoir vue jugée avec tant de sévérité alors que le même traitement était épargné « à ses homologues masculins ». « Nous nous sentons offusquées [avec sa sœur] qu’on l’ait dépeinte comme un monstre, un démon. » 
Accuser, c’est aussi ce qu’a choisi de faire Julius Malema, le commandant en chef des Combattants pour la liberté économique (EFF, Economic Freedom Fighters), pour lesquels Winnie Mandela était une source d’inspiration. Dès les premiers mots, il enfourche son thème de bataille, « l’expulsion des terres sans compensation » des fermiers blancs, mais aussi la « nationalisation des banques et des mines », la base de son programme.
S’il est une personne qui, en Afrique du Sud, avait identifié très tôt la question de la terre comme étant d’une force symbolique et matérielle sans pareille, c’est bien Winnie Mandela. Elle avait même reproché à Nelson Mandela d’avoir trop concédé au pouvoir blanc lors des négociations des années 1990, notamment en acceptant qu’on garantisse par un article de la Constitution la protection de la propriété privée. C’est ce verrou qu’il est envisagé de faire sauter désormais. Une réforme de la Constitution allant dans ce sens est désormais à l’étude.
Mais Julius Malema va plus loin. Il accuse certains invités présents de faire partie de ceux qui ont contribué à la diabolisation de Winnie Mandela. « Tu as été trahie par les tiens. Certains de ceux qui t’ont vendue au régime [de l’apartheid], ils sont là et ils pleurent plus fort encore que ceux qui ont été à tes côtés. » Il implore alors, de manière rhétorique, l’esprit de Winnie Mandela de lui « envoyer un signal pour savoir comment on doit traiter ces gens », et le sous-entendu est lourd d’une violence encore verbale, mais qui menace le futur.

   


Mauvais augure
Il faudra, pour clore cette cérémonie d’enterrement échevelée et calmer les esprits, le beau discours de Cyril Ramaphosa à la gloire d’« une géante, un soldat, la mère de la nation », traitée, comme il l’admet, de manière terriblement injuste par l’ANC. Alors qu’il cherche à faire revenir vers le parti qu’il dirige, les électeurs EFF radicalisés, le nouveau président sud-africain a montré tout son talent pour faire semblant de ne pas avoir compris que les attaques de M. Malema le visaient directement. Dans les années 1980, il était, en effet, à la tête du syndicat des mineurs et, à ce titre, membre d’une large coalition, le Mass Democratic Movement, qui avait rompu les ponts avec Winnie, alors en plein dans sa dérive au milieu de son Mandela United Football Club que la direction de l’ANC en exil lui demandera de dissoudre.
Quelques jours plus tôt, une première cérémonie s’était tenue au même endroit, rassemblant la population de Soweto et des dignitaires du parti, des sympathisants, des admirateurs de Winnie Mandela, dans une ambiance moins protocolaire. Ce mercredi, le ton était à la fête, à l’effusion, à l’évocation passionnée des meilleurs moments de la « mère de la nation », Mam’Winnie, comme on l’appelle avec tendresse et respect.

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Venu tout droit de Port Elizabeth, dans la province du Cap-Oriental, dont Winnie Mandela est originaire, l’évêque Kenneth Tyika, dénonçait déjà « l’assassinat » symbolique, dont elle avait été victime. Il disait son admiration pour cette femme inclassable, la seule à avoir identifié très tôt l’importance de la terre pour la population noire sud-africaine, la base de sa dignité. Il mettait aussi en garde contre les ratés éventuels de cette réforme. « Si cela n’est pas bien géré, nous aurons une guerre », affirmait-il. Dans les deux journées de commémoration, on ne voyait presque aucun Blanc dans le stade de Soweto. Un mauvais augure pour le futur de l’Afrique du Sud.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Les bombardements en Syrie sont « un message à ceux qui pensent qu’ils peuvent utiliser les armes chimiques avec impunité », a déclaré la première ministre britannique.
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Frappes en Syrie : l’avertissement de Theresa May à la Russie

Les bombardements en Syrie sont « un message à ceux qui pensent qu’ils peuvent utiliser les armes chimiques avec impunité », a déclaré la première ministre britannique.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 15h29
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 17h14
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Derrière les frappes en Syrie, samedi 14 avril, Theresa May vise la Russie. Se référant explicitement à l’empoisonnement de l’ancien agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, la première ministre britannique a déclaré que « l’action en Syrie envoie un message clair à tous ceux qui pensent qu’ils peuvent utiliser les armes chimiques avec impunité ». « On ne peut pas permettre que l’utilisation des armes chimiques se normalise, que ce soit en Syrie, dans les rues du Royaume-Uni ou ailleurs dans le monde », a-t-elle ajouté.

Mme May reconnaît, bien sûr, que l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille au gaz innervant à Salisbury, le 4 mars, était « d’une tout autre échelle » que celui de Douma, dans la Ghouta orientale, perpétré selon elle par le régime syrien. Mais elle espère que l’avertissement permettra de réaffirmer l’interdiction des armes chimiques à travers le monde. « C’est un message clair pour rétablir la norme que les armes chimiques ne peuvent pas être utilisées. C’est illégal, leur usage est illégal et interdit », dit-elle, rappelant que la prohibition internationale de ces armes est vieille de presque un siècle.
Le Royaume-Uni et la Russie s’accusent mutuellement
La première ministre britannique tient ces propos dans un contexte d’escalade verbale entre le Royaume-Uni et la Russie. Vendredi, Moscou a accusé, contre toute évidence, Londres d’être derrière l’attaque chimique dans la Ghouta orientale. « Nous avons la preuve que le Royaume-Uni était directement partie prenante dans l’organisation de cette provocation », a affirmé Igor Konashenkov, un porte-parole du ministère de la défense russe.
Selon les Russes, les casques blancs, une organisation humanitaire essentiellement présente auprès de l’opposition syrienne, financée notamment par le Royaume-Uni, auraient organisé l’attaque chimique. Karen Pierce, ambassadrice du Royaume-Uni auprès des Nations unies,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Quatorze djihadistes se sont fait exploser à l’extérieur du camp, après avoir été empêchés d’y pénétrer, samedi matin. Huit soldats ont été tués.
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Egypte : attaque meurtrière d’un camp militaire dans le Sinaï

Quatorze djihadistes se sont fait exploser à l’extérieur du camp, après avoir été empêchés d’y pénétrer, samedi matin. Huit soldats ont été tués.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 14h13
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 14h27
   





                        


Quatorze djihadistes et huit soldats égyptiens ont été tués, samedi 14 avril au matin, lors de l’attaque d’un camp militaire dans la péninsule du Sinaï, a annoncé l’armée. Les terroristes se sont fait exploser à l’extérieur du camp, après avoir été empêchés d’y pénétrer.
Un peu plus tôt samedi, l’armée avait annoncé que vingt-sept djihadistes avaient été tués ces derniers jours lors d’une opération antiterroriste dans le Sinaï, où est implantée la branche égyptienne du groupe Etat islamique (EI). Dans un communiqué, l’institution a également dit que cent quatorze suspects avaient été arrêtés et qu’un camp d’entraînement avait été détruit.
Elle n’a pas fait état de pertes dans les rangs des forces de sécurité lors de ces dernières interventions, qui s’inscrivent dans le cadre d’une vaste opération antiterroriste lancée en février dans le Sinaï, où une importante insurrection djihadiste s’est développée depuis la destitution par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi, en 2013.
Depuis le début de cette opération « Sinaï 2018 », plus de cent djihadistes et au moins vingt-deux membres des forces de sécurité ont été tués. Les forces de sécurité égyptiennes soupçonnent l’EI de vouloir installer un nouveau foyer dans le Sinaï, après leurs défaites en Irak et en Syrie.

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Prolongation de l’état d’urgence
Samedi également, le président Abdel Fattah Al-Sissi a prolongé de trois mois l’état d’urgence qui avait été décrété en avril 2017, selon un décret publié au journal officiel. Il s’agit de la quatrième prolongation de cette mesure d’exception, dont l’instauration faisait suite à des attaques d’églises coptes à Tanta et à Alexandrie (Nord), revendiquées par l’EI, qui firent quarante-cinq morts.
L’état d’urgence élargit considérablement les pouvoirs de la police en matière d’arrestation, de surveillance, et peut imposer des restrictions à la liberté de mouvement. Cette mesure existe déjà depuis plusieurs années dans le nord du Sinaï.
Le maréchal à la retraite Abdel Fattah Al-Sissi a été réélu, avec plus de 97 % des suffrages, le 28 mars, à la tête du pays, considéré comme un rempart contre le terrorisme par les pays occidentaux.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le professeur de relations internationales Bertrand Badie estime que les attaques menées par Washington, Londres et Paris, dans la nuit du 13 au 14 avril, relèvent d’une logique dépassée.
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/04/2018
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Frappes en Syrie : « Il est probable qu’Assad se sente conforté »

Dans une tribune au « Monde », le professeur de relations internationales Bertrand Badie estime que les attaques menées par Washington, Londres et Paris, dans la nuit du 13 au 14 avril, relèvent d’une logique dépassée.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 13h27
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 16h43
    |

Bertrand Badie (professeur de relations internationales à Sciences Po Paris)







                        



                                


                            

Tribune. L’intervention militaire est bien dans l’ADN des vieilles puissances, héritage direct ou indirect du « concert européen » du XIXe siècle, complété par la traditionnelle politique américaine du « gros bâton ». La reconstitution d’un triangle Washington-Londres-Paris simplifie l’héritage, laissant significativement de côté une Allemagne dont on ne prend pas assez en compte le suggestif aggiornamento diplomatique. Pour le reste, les ingrédients restent les mêmes : un discours qui oscille entre la rhétorique messianique et celle du justicier, une pratique qui préfère l’affichage de puissance à l’efficacité de ses effets, un rapport au droit où l’inversion de la règle et le recours impudique au principe de sélectivité démontrent que l’esprit de punition l’emporte sur la sanction.
« Comme toujours dans la tradition interventionniste, les éléments de langage occupent le devant de la scène »
Comme toujours dans la tradition interventionniste, les éléments de langage occupent le devant de la scène. Cette fois-ci, on est pourtant dans l’inédit, souvent dans l’outrance, tiraillé entre Docteur Folamour, qui nous avait annoncé ses « beaux missiles », et le Pentagone, épaulé par les deux alliés européens, qui nuançait aussitôt les propos tenus depuis la Maison Blanche. Derrière les mots et les tweets, il convient pourtant de comprendre le sens de l’action déployée : jouer de l’évidente émotion que provoque un bombardement chimique ne permet pas pour autant de cacher les subtilités stratégiques de la manœuvre. N’entrons pas dans la polémique qui consiste à douter de la réalité de tels bombardements, attestés par trop de témoignages pour être sérieusement contestés. Accordons au contraire crédit à ces ONG qui nous disent, en même temps, que nous en sommes à la quatre-vingtième action de ce genre en ce malheureux pays : où est donc aujourd’hui la nouveauté décisive, celle qui a réellement déterminé soudain le passage à l’acte ? C’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ De l’extrême gauche à l’extrême droite, en passant par Les Républicains, une large part de la classe politique a pris position contre l’engagement français.
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En France, l’opposition critique la participation de Paris aux frappes contre le régime syrien

De l’extrême gauche à l’extrême droite, en passant par Les Républicains, une large part de la classe politique a pris position contre l’engagement français.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 13h08
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 09h49
   





                        


Après les frappes contre des unités syriennes de production d’armes chimiques, une large part de l’opposition française critiquait, samedi 14 avril, la décision de l’exécutif d’intervenir en Syrie sans mandat de l’ONU, aux côtés de Washington et de Londres. Cette intervention était une réponse à l’attaque chimique supposée attribuée au régime de Bachar Al-Assad, qui a fait des dizaines de morts le 7 avril dans la ville de Douma, dans la Ghouta orientale.
« L’action qui a été conduite par nos forces armées est légitime, a justifié samedi le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, elle vise à mettre un terme à une atteinte grave au droit, elle est circonscrite à des objectifs précis : la destruction des capacités chimiques du régime syrien afin de l’empêcher de commettre de nouveaux carnages chimiques. »

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« Sans preuves et sans mandat de l’ONU »
Le président du parti Les Républicains (LR) Laurent Wauquiez a affirmé ne pas croire « à l’utilité de frappes punitives », jugeant dans le Journal du Dimanche que « la priorité » d’Emmanuel Macron « doit être de lutter contre les islamistes ».
Bruno Retailleau, président du groupe au Sénat, a lui estimé qu’« ajouter la guerre à la guerre n’a[vait] jamais fait avancer la paix » : 
« Cette démonstration de force ponctuelle risque d’alimenter le terrorisme. Elle nourrit l’idée que l’Occident est hostile au monde arabe. Ces frappes affaiblissent notre diplomatie. La voix de la France n’est forte que si elle est singulière, elle n’est utile que si elle privilégie le dialogue. Emmanuel Macron aligne la diplomatie de la France sur celle de Donald Trump ; c’est une erreur, et les leçons du passé et de nos échecs au Moyen Orient semblent déjà oubliées. »
Julien Aubert, député LR, a jugé sur Twitter que « pour la première fois de son histoire », en bombardant sans l’aval du conseil de sécurité des Nations unies un pays souverain, la France n’était « pas du côté du droit » et « détruisait le système légal » de l’ONU.

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Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise, a lui aussi dénoncé l’absence de mandat de l’ONU : « Les frappes contre la Syrie se font sans preuve, sans mandat de l’ONU et contre elle, sans accord européen et sans vote du Parlement français », a souligné le député des Bouches-du-Rhône. « C’est une aventure de revanche nord-américaine, une escalade irresponsable », a-t-il dénoncé, jugeant que « la France mérite mieux que ce rôle ». « Elle doit être la force de l’ordre international et de la paix », a dit M. Mélenchon.
Pour l’ancien candidat anticapitaliste à la présidentielle Olivier Besancenot, cette intervention sert à faire oublier la situation sociale en France :
« Là-bas, les frappes ne règlent rien, si ce n’est quelques factures impérialistes. Elles aggravent la situation. Ici, la guerre occupe les écrans et les esprits, comme un rideau de fumée qui voudrait étouffer la situation sociale. »
Marine Le Pen, présidente du Front national (FN), a aussi jugé que par ces frappes, la France avait perdu « une occasion d’apparaître sur la scène internationale comme une puissance indépendante » :
« Ces frappes contre la Syrie nous engagent dans une voie aux conséquences imprévisibles et potentiellement dramatiques. »
Florian Philippot, président des Patriotes, a comparé Emmanuel Macron à l’ancien premier ministre britannique Tony Blair, qui avait suivi les Etats-Unis dans la guerre d’Irak, parlant du « président Macron qui est de plus en plus à Donald Trump ce que Tony Blair était à Georges W. Bush ».

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Centre et gauche saluent l’intervention
Voix discordante à droite, Xavier Bertrand, président de la région des Hauts-de-France, a salué l’action coordonnée en Syrie comme une « réponse juste de la France et de ses alliés à l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien ».
Les socialistes, par la voix de leur premier secrétaire, Olivier Faure, ont également cautionné les frappes :
« Les attaques chimiques répétées du régime de Damas contre son peuple imposaient une réaction. Le silence des nations ouvrirait une jurisprudence criminelle donnant dans les faits la possibilité de violer les conventions internationales sur l’utilisation d’armes chimiques. »
Pour l’ancien président de la République François Hollande, les frappes sont « justifiées » mais elles doivent être suivies d’une « pression diplomatique et politique » sur Moscou et sur Téhéran, a-t-il dit dans un entretien au journal La Montagne.
L’ancien candidat à la présidentielle Benoît Hamon est allé dans le même sens, écrivant sur Twitter que « laisser Assad impuni après l’usage d’armes chimiques contre des civils est impossible. Mais il faut un mandat de l’ONU ». A l’intention des détracteurs de l’action militaire tripartite, il appelle « ceux qui s’offusquent du bombardement d’une usine » à « sort[ir] aussi du silence quand Poutine et Assad anéantissent les civils de la Goutha et d’Alep ».
Sans surprise, les ténors du centre ont applaudi l’intervention française. Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, a souligné « l’honneur de la France d’être à la hauteur du rôle singulier et historique qui est le sien et d’avoir pris l’initiative, au côté des démocraties américaine et britannique, d’exercer des frappes aériennes ciblées sur l’arsenal chimique syrien. Nos compatriotes doivent comprendre que l’objectif prioritaire de la France en Syrie, qui demeure l’éradication définitive de Daech, ne s’oppose pas à notre devoir international de protéger les populations civiles ».
Christophe Castaner, délégué général de La République en marche (LRM), a rappelé que l’utilisation d’armes chimiques contre les civils, c’était « la ligne rouge » à ne pas franchir :
« Le régime d’Al-Assad l’a franchie. La France ne pouvait se tenir aveugle et muette face à cette barbarie. Les frappes en Syrie menées cette nuit sont nécessaires et salvatrices pour le peuple syrien. »

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Le premier ministre recevra les présidents des assemblées
Edouard Philippe reçoit dimanche les présidents des assemblées, François de Rugy et Gérard Larcher, ainsi que les responsables des groupes politiques. Les présidents des commissions des affaires étrangères et de la défense de l’Assemblée et du Sénat sont également conviés au rendez-vous, à 11 heures, à Matignon.
Comme annoncé par l’Elysée dans la nuit de vendredi à samedi, après le début des frappes, un débat sans vote sera organisé rapidement devant les assemblées, après que plusieurs personnalités politiques ont regretté qu’il n’y ait pas eu de vote au Parlement sur cette opération militiaire. Ce débat doit se tenir mardi au plus tard, selon une source parlementaire.
Gérard Larcher (LR) et François de Rugy (LRM) avaient été informés dans la nuit du déclenchement des frappes, avant qu’elles ne débutent.



                            


                        

                        


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Frappes en Syrie : « Tous les missiles français ont atteint leur objectif »

La ministre des armées, Florence Parly, a salué le « succès » de la mission. L’armée française a tiré douze missiles contre deux sites syriens.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 12h33
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 12h59
   





                        



   


Les ministres des affaires étrangères et des armées, Jean-Yves Le Drian et Florence Parly, se sont félicités des frappes coordonnées sur des sites militaires syriens dans la nuit de vendredi 13 au samedi 14 avril par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France.
« Le but de cette opération était de détruire les outils chimiques clandestins du régime de Bachar Al-Assad et, à cet égard, l’objectif a été atteint, a fait valoir M. Le Drian, samedi matin sur BFM-TV. Une bonne partie de son arsenal chimique a été détruite », dont « beaucoup (…) par les frappes de cette nuit ».
Tous les missiles français tirés en Syrie « ont atteint leur objectif », a confirmé dans l’après-midi la ministre française des armées, Florence Parly, lors d’une conférence de presse conjointe avec le chef d’état-major des armées, le général François Lecointre. « La capacité de la Syrie à concevoir, produire et stocker des armes chimiques a été considérablement amoindrie. »

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L’armée française a tiré douze missiles
Paris a mobilisé d’importants moyens pour participer à ces frappes : neuf avions de chasse – des Mirage 2000 et des Rafale –, cinq frégates de premier rang et, pour la première fois, des tirs de missiles de croisière navals. L’Elysée et le ministère des armées ont fait savoir, samedi matin, que douze missiles avaient été tirés par l’armée française, sur la centaine ayant visé la Syrie.
Parmi eux, trois missiles de croisière navals MDCN, d’une portée de 1 000 kilomètres et d’une précision de l’ordre du métrique, ont été tirés par une frégate multimission (Fremm). Une première pour la France, qui n’avait encore jamais utilisé cet armement en situation réelle. En Méditerranée, Paris a déployé trois Fremm – sur les cinq actuellement en service dans la marine –, une frégate anti-sous-marine, une frégate antiaérienne et un pétrolier ravitailleur.
Côté aérien, la France a mobilisé cinq Rafale, quatre Mirage 2000-5 et deux avions de surveillance aérienne Awacs, qui ont décollé de France vendredi, accompagnés par six avions ravitailleurs. Les Rafale ont tiré neuf missiles Scalp (système de croisière conventionnel autonome à longue portée), une demi-heure environ après la frégate.

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Deux sites visés dans la région de Homs
Les missiles tirés par les forces françaises ont visé un site de production et un site de stockage d’armes chimiques dans la région de Homs, selon l’Elysée. « Rien ne [nous] laisse penser qu’ils puissent avoir été interceptés », a déclaré le porte-parole de l’état-major des armées, l’Elysée ajoutant que « l’analyse du niveau de destruction des cibles » était en cours.
Au total, ce sont trois sites liés au programme chimique du régime syrien qui ont été touchés par les frappes occidentales, selon Washington, Londres et Paris. L’armée russe a affirmé que la défense antiaérienne syrienne avait intercepté soixante et onze des cent trois missiles de croisière, tirés contre des installations du régime de Damas.

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Une allégation contredite par le général Lecointre samedi. « Tous les missiles tirés par la France et sans doute par nos alliés ont atteint leur cible », a-t-il déclaré, en soulignant que « l’efficacité de la défense sol-air syrienne a été très faible, voire moins que cela ». « L’armée de l’air syrienne n’est pas du tout intervenue et est restée sur les bases notamment où les Russes sont présents, ce qui leur assurait une sorte de protection de facto », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, a précisé le général Lecointre, « il n’y a pas eu d’interception » par les Russes « des missiles envoyés à l’occasion de ce raid par les différents moyens alliés ». « L’attitude des moyens russes qui étaient en protection du territoire syrien a été une attitude ni active ni pro-active, de simple observation de ce qui se passait et de protection de leurs moyens », a poursuivi le général.
« Pas de victime collatérale »
Il a également dit n’avoir « aucune raison de penser qu’il y ait eu la moindre victime collatérale ». Florence Parly a, pour sa part, estimé que la « densité des échanges » politiques qui ont précédé les frappes avait permis d’assurer le succès de l’opération et de faire en sorte qu’il n’y ait pas d’incident collatéral.
L’Elysée et le ministère de la défense français se sont néanmoins contredits sur le fait que les autorités russes aient été prévenues de l’imminence des frappes. Florence Parly a dit avoir veillé « à ce que les Russes soient prévenus en amont », par ce que l’on appelle le « canal de déconfliction », un mécanisme mis en place entre les commandements des armées intervenant en Syrie pour éviter tout incident au sol et dans le ciel.
Des sources à l’Elysée ont, cependant, précisé que le président russe n’avait pas été prévenu de l’imminence des frappes, ajoutant que ledit canal n’avait été utilisé qu’« à partir du moment où l’opération était lancée ».
Jean-Yves Le Drian a, par ailleurs, précisé que le déplacement d’Emmanuel Macron en Russie en mai n’était pas remis en cause. Moscou, qui soutient le régime de Bachar Al-Assad, a dénoncé « avec la plus grande fermeté » les frappes occidentales en Syrie, « où des militaires russes aident le gouvernement légitime à lutter contre le terrorisme ». 

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Des nationalistes hindous protestent après l’arrestation de huit suspects, dont quatre policiers.
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L’Inde sous le choc après le viol et l’assassinat d’une fillette musulmane

Des nationalistes hindous protestent après l’arrestation de huit suspects, dont quatre policiers.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h59
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 15h17
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)








                        



                                


                            

Asifa Bano avait 8 ans lorsqu’elle a été enlevée, droguée, séquestrée, violée puis tuée en janvier dans un temple hindou de l’Etat du Jammu-et-Cachemire, dans le nord de l’Inde. Elle était musulmane. Les huit suspects dont quatre policiers, tous hindous, ont été arrêtés. Depuis leur arrestation, en février et mars, des extrémistes de leur confession religieuse réclament leurs libérations et exigent que la procédure soit confiée au Bureau central d’enquête (CBI) de New Delhi, qui dépend du gouvernement nationaliste hindou. Selon l’acte d’accusation de la police, l’un des suspects voulait par ce crime « déloger » du district les nomades musulmans Bakarwals dont Asifa Bano faisait partie.
Après de longues semaines de silence, Narendra Modi a promis vendredi 13 avril que la « justice [serait] rendue », quelques heures après un grand rassemblement à Delhi pour une veillée aux chandelles à l’appel du Parti du Congrès, dans l’opposition. « La boussole morale de l’Inde a été complètement anéantie », s’alarme l’universitaire Pratap Bhanu Mehta dans les colonnes du quotidien The Indian Express.
Enquête bâclée
Selon l’acte d’accusation de la police, auquel Le Monde a eu accès, la fillette a été enlevée le 10 janvier, puis droguée et enfermée dans un temple hindou où elle a été battue et violée à de nombreuses reprises pendant plusieurs jours. Frappée à coups de pierre et étranglée, son corps a été découvert une semaine plus tard dans une forêt. Selon l’enquête policière, le meurtre a été prémédité. Les suspects auraient convaincu un collégien mineur de prendre sa revanche sur des « Bakarwals qui l’avaient battu », en participant à ce meurtre. Ils se seraient aussi engagés, quelques jours avant l’enlèvement de la fillette, à rémunérer la police locale contre la promesse d’une enquête truquée. Deux policiers ont ensuite fait disparaître des indices et ont lavé la tunique de la fillette pour la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Précurseur cinématographique du printemps de Prague, le réalisateur d’origine tchèque a réalisé notamment « Vol au-dessus d’un nid de coucou », « Amadeus » et « Hair ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/04/2018
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Le cinéaste Milos Forman est mort

Précurseur cinématographique du printemps de Prague, le réalisateur d’origine tchèque a réalisé notamment « Vol au-dessus d’un nid de coucou », « Amadeus » et « Hair ».



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 17h28
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Dans les années 1960, les films que Milos Forman a tournés en Tchécoslovaquie – L’As de pique, Les Amours d’une blonde, Au feu les pompiers – signalaient l’émergence d’une nouvelle vague dans son pays, mais présageaient aussi de l’effervescence du printemps de Prague. Exilé aux Etats-Unis après l’invasion de son pays par l’URSS, il est devenu dans les décennies suivantes l’un des auteurs majeurs de Hollywood, qui lui a décerné à deux reprises l’Oscar du meilleur réalisateur, pour Vol au-dessus d’un nid de coucou et Amadeus. Milos Forman est mort, le vendredi 13 avril à Hartford (Connecticut), des suites d’une maladie, a annoncé son épouse Martina. Il avait 86 ans.
Milos Forman naît le 18 février à Caslav, en Tchécoslovaquie (actuelle République tchèque). Pendant la seconde guerre mondiale, son père, résistant, est tué par la Gestapo, et sa mère, protestante, est déportée et assassinée à Auschwitz. L’enfant est recueilli par son oncle Bolesva, épicier dont la boutique inspirera le décor du premier film de Forman, L’As de pique. Comme il l’a raconté dans ses mémoires (… Et on dit la vérité, Robert Laffont, 1994), Milos Forman a découvert plus tard que son père biologique était un homme d’affaires juif, Otto Kohn, qui survécut à la Shoah.
Après la défaite de l’Allemagne nazie et l’instauration d’un régime communiste, Milos Forman suit ses études dans un établissement pour orphelins de guerre où il a pour condisciples Vaclav Havel, le futur dramaturge, dissident et président de la République, et Ivan Passer, qui sera au côté de Forman lors de l’émergence du nouveau cinéma tchécoslovaque.
Une nouvelle esthétique
Attiré par le monde du théâtre, le jeune Forman finit par suivre les cours de la FAMU, l’école supérieure de cinéma de Prague. Avec Ivan Passer et le chef opérateur Miroslav Ondricek, il tourne un documentaire, Semafor, sur la troupe de théâtre du même nom et sa première fiction,...




                        

                        

