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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Le chef de l’Etat sera interrogé à partir de 20 h 35 par Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel. Les questions internationales devraient être davantage abordées, après les frappes en Syrie.
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/04/2018
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Macron poursuit sa tentative de reconquête de l’opinion ce soir sur BFM, RMC et « Mediapart »

Le chef de l’Etat sera interrogé à partir de 20 h 35 par Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel. Les questions internationales devraient être davantage abordées, après les frappes en Syrie.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 17h05
    |

            Bastien Bonnefous








                        



   


L’offensive médiatique d’Emmanuel Macron continue, avec un deuxième entretien télévisé accordé en quatre jours pour défendre le bilan de la première année de son quinquennat. Dimanche 15 avril, le président de la République sera interrogé à partir de 20 h 35 sur BFMTV, RMC et Mediapart, après son entretien spécial, jeudi 11 avril, sur TF1, dans le journal de 13 heures.
Deux interviews, deux ambiances. Interrogé sur TF1 par Jean-Pierre Pernaut depuis une salle de classe d’une école primaire d’un village normand, à Berd’huis (Orne), le chef de l’Etat sera confronté dimanche soir, depuis le Théâtre national de Chaillot, à Paris, aux deux journalistes Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel, réputés pour leur pugnacité.
Jusqu’à présent économe de sa parole à la télévision, Emmanuel Macron multiplie les interventions au moment où les premières tensions sociales de son quinquennat s’amplifient, à la SNCF, dans les universités ou dans les maisons de retraite. Près d’un an après son élection à la présidence de la République, le chef de l’Etat connaît un décrochage dans les sondages, notamment auprès des classes populaires et moyennes. Mal protégé par un gouvernement peu connu des Français, Emmanuel Macron est donc contraint de monter lui-même en première ligne pour expliquer son action.

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Sur TF1, le chef de l’Etat n’a reculé ni sur le rythme des réformes, ni sur leur contenu, mais il a pris soin d’adopter un ton plus empathique que par le passé. Un exercice de communication destiné en priorité aux Français retraités et/ou provinciaux – les principaux téléspectateurs du JT de Jean-Pierre Pernaut – alors qu’Emmanuel Macron doit effectuer un nouveau déplacement, mercredi 18 avril, dans les Vosges, sur le thème de la ruralité.
« Jusqu’au bout » de la réforme de la SNCF
Jeudi, le président de la République s’est voulu rassurant en expliquant qu’il entendait « les inquiétudes » des retraités mécontents de la hausse de la CSG et des habitants des zones rurales préoccupés par la limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires et le difficile accès aux services publics. Mais il n’a rien cédé sur le fond, en affirmant notamment qu’il ira « jusqu’au bout » de la réforme de la SNCF, en dépit de la grève discontinue des cheminots depuis deux semaines. Sa prestation a été particulièrement suivie, réunissant 6,4 millions de téléspectateurs, soit plus d’un sur deux à cette heure d’antenne, selon Médiamétrie.
En sera-t-il de même dimanche soir sur BFMTV, RMC et Mediapart ? Interrogé vendredi 13 avril par l’AFP, Hervé Béroud, le directeur général de BFMTV, a assuré que l’émission sera « très différente et complémentaire de celle de jeudi ». Le choix de ces trois médias devrait permettre à Emmanuel Macron de s’adresser à un public plus urbain et plus actif, du fait notamment du créneau horaire tardif.
Les questions internationales devraient être davantage abordées, au lendemain de la participation de la France aux frappes aériennes en Syrie. Outre le conflit syrien, devraient être également évoquées la situation en Europe, les relations de la France avec les Etats-Unis de Donald Trump et la Russie de Vladimir Poutine, mais aussi des sujets plus nationaux, comme le mécontentement social, les choix économiques du gouvernement, sa politique d’asile et d’immigration, le rapport à la laïcité du chef de l’Etat ainsi que son style de présidence.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Des heurts ont éclaté en fin de matinée dimanche, alors que se tient un rassemblement de soutien aux occupants expulsés par les forces de l’ordre.
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Des milliers de personnes rassemblées sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

Des heurts ont éclaté en fin de matinée dimanche, alors que se tient un rassemblement de soutien aux occupants expulsés par les forces de l’ordre.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 13h06
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 18h35
   





                        



   


Le rassemblement pacifique de soutien aux occupants expulsés était toujours en cours, dimanche 15 avril, sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, dans un calme relatif, après des heurts survenus le matin entre 300 manifestants et forces de l’ordre.
Selon une estimation des gendarmes, environ 3 000 à 4 000 personnes étaient présentes dimanche après-midi sur l’ensemble de la zone, essentiellement à l’ouest de la D81 où le rassemblement se déroulait, dans la boue et la bonne humeur.

Le rassemblement sur la ZAD : il y a du monde, beaucoup, malgré le terrain détrempé et les embûches pour accéder au… https://t.co/2lTpOms4Xr— pibzedog (@Pierre Bouvier)


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A la ferme de Bellevue, les manifestants ont mangé dans une ambiance champêtre, dansant au son du biniou et de la guimbarde, pique-niquant sur de gros troncs de bois, selon un journaliste de l’Agence France-Presse.
Côté Wardine, près de la D81, des stands d’alimentation bordaient le chemin de Suez et certains se reposaient dans les pissenlits, tandis qu’un camping improvisé était installé avec plusieurs tentes.

La charpente avance, la foule est toujours là, malgré les GM et un camion à eau. #nddl https://t.co/ymZ7Q50H0y— pibzedog (@Pierre Bouvier)


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Dimanche matin, la coordination des opposants avait donné rendez-vous à midi à l’ouest de la D81, qui traverse la ZAD, le long du chemin de Suez.
Mais à 11 heures et pendant deux heures, environ 300 personnes, armées notamment de fusées et de cocktail Molotov, ont tenté de forcer le barrage des forces de l’ordre, présentes sur la D81, afin d’aller reconstruire les squats détruits depuis lundi à l’est de cette route. Les gendarmes les ont repoussées avec des grenades lacrymogènes et de désencerclement.
Deux personnes en garde à vue
Deux personnes étaient en garde à vue dimanche pour « jets de projectiles sur des gendarmes » après ces affrontements, selon la cour d’appel de Rennes. Un gendarme a été blessé par « un engin explosif artisanal » et conduit au CHU de Nantes, a annoncé le général Richard Lizurey, directeur général de la gendarmerie nationale.
Si la coordination des opposants appelait à un rassemblement pacifique en soutien aux expulsés, des soutiens aux zadistes avaient, eux, lancé un appel à venir reconstruire les squats détruits. « L’objectif, c’est : pas de reconstruction », a, cependant, rappelé le général Lizurey.

« Ils détruisent, on reconstruit » #nddl https://t.co/WmuoDPKwdY— pibzedog (@Pierre Bouvier)


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        Lire la chronique :
         

          « L’Etat, monstre froid face aux zadistes »



« On sera là demain »
Un homme de 64 ans, habitué de la ZAD, a expliqué être venu « pour leur montrer qu’on est là et qu’on sera là demain ». « Les flics ne vont pas rester six mois. Les cabanes, on va les reconstruire », a-t-il assuré.
« Les gens qui sont là depuis dix ans sur les terres, il faut leur donner une chance. Quand on commence à discuter, on va jusqu’au bout », a plaidé Patrick, venu de Charente-Maritime avec sa femme.
L’Etat a appelé les occupants de la ZAD, expulsés ou non, à régulariser leur situation avant le 23 avril en déclarant leur nom, leur projet agricole et les parcelles concernées.
« Il faut que la préfecture arrête de mettre un ultimatum. Moi, je n’ai jamais travaillé avec un pistolet sur la tempe. On n’a jamais demandé à un agriculteur de monter un projet en six ou deux mois. Il faut du temps », a rétorqué, dimanche, lors d’un point de presse à Bellevue, Dominique Fresneau, coprésident de l’Acipa, l’association historique d’opposants.
Dominique Fresneau a demandé que la violence cesse « des deux côtés ». « Chaque jour de violence qui passe à NDDL, ce sont des semaines avant de pouvoir se remettre autour de la table », a-t-il rappelé.
29 squats détruits, 2 500 gendarmes mobilisés
L’opération d’expulsion des occupants illégaux de la ZAD a commencé lundi et en trois jours 29 squats ont été détruits. 2 500 gendarmes sont mobilisés. « Le dispositif n’a pas évolué, on adaptera le volume des forces aux besoins du maintien de l’ordre, l’objectif est de tenir le temps qu’il faudra », a considéré le général Lizurey.
Depuis jeudi, les opérations de déblaiement et de maintien de l’ordre se poursuivent, au rythme des affrontements avec les soutiens aux zadistes de plus en plus nombreux, dont des black blocs.
Les gendarmes devraient rester de trois semaines à un mois sur place pour déblayer les parcelles, garantir la libre circulation sur la D281 (l’ex- « route des chicanes ») et la D81 et prévenir toute réoccupation illégale.
A l’issue d’une manifestation de soutien aux expulsés samedi à Nantes, rassemblant 6 700 personnes selon la police, et qui a dégénéré, douze personnes sont en garde à vue dimanche, a précisé la cour d’appel de Rennes.

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Quarante-trois personnes étaient aussi en garde à vue dimanche à Montpellier ou une autre manifestation de 1 000 à 2 000 personnes, rassemblant soutiens aux zadistes ou encore aux migrants, avait aussi dégénéré.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Les parlementaires débattront sans voter, à partir de 17 heures, de l’opération militaire menée par Paris, Londres et Washington contre des sites syriens.
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La participation de la France aux frappes en Syrie débattue lundi au Parlement

Les parlementaires débattront sans voter, à partir de 17 heures, de l’opération militaire menée par Paris, Londres et Washington contre des sites syriens.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 15h32
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 16h13
   





                        



   


Le premier ministre Edouard Philippe a réuni, dimanche 15 avril au matin, les responsables de l’Assemblée et du Sénat, après les frappes occidentales menées dans la nuit de vendredi à samedi contre l’arsenal chimique du régime de Damas.
« Après la réunion d’information autour du premier ministre, un débat sera organisé comme je l’avais souhaité à l’Assemblée nationale lundi à 17 heures », a annoncé le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, sur Twitter. « Cela permettra au gouvernement de s’exprimer devant tous les députés et à tous les groupes parlementaires d’exprimer leurs positions, a-t-il aussi déclaré. Le premier ministre pourra présenter les opérations, mais également les initiatives diplomatiques de la France. »
La Constitution stipule, dans son article 35, que le gouvernement « informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l’étranger, au plus tard trois jours après le début de l’intervention ». « Il précise les objectifs poursuivis. Cette information peut donner lieu à un débat qui n’est suivi d’aucun vote », ajoute l’article. Lorsque la durée de l’intervention excède quatre mois, le gouvernement soumet sa prolongation à l’autorisation du Parlement.

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Une intervention militaire très critiquée
L’intervention française n’a pas suscité d’union sacrée, de nombreuses voix critiquant cette action menée sans mandat de l’ONU. Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, ou encore Laurent Wauquiez l’ont ainsi dénoncée. Le Parti socialiste, des personnalités comme Alain Juppé et Xavier Bertrand, ou encore l’UDI soutiennent, en revanche, cette opération.
Le chef de file des députés de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a rapporté à la sortie de la réunion avoir dit au premier ministre son « désaccord complet avec cette opération » et avoir souligné « le risque énorme pris d’un embrasement général dans la mesure où [la zone est] un nid de serpents ». Il a fustigé « l’état d’isolement de la France » et « l’arrogance monarchique » d’Emmanuel Macron, qui « a tracé des lignes rouges tout seul ». « On est devenu le shérif de la planète maintenant ? », s’est-il interrogé.
Le sénateur socialiste Patrick Kanner a jugé ces frappes « nécessaires », tout en émettant « des réserves » : « quel mandat international » pour les mener, et « quels moyens pour éviter toute forme d’escalade dans une région poudrière ? », s’est-il interrogé. A ses côtés, Valérie Rabault, nouvelle présidente du groupe PS à l’Assemblée, a souligné que la situation démontrait la nécessité d’« un socle d’une défense européenne ».

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Pas de mandat de l’ONU
Le patron des députés Les Républicains (LR), Christian Jacob, a, pour sa part, soulevé deux points : la question de « l’objectif » et la finalité de l’opération, et le fait que « pour la première fois, la France n’intervient pas dans le cadre d’une résolution de l’ONU ». « Qu’adviendra-t-il si un autre membre du Conseil de sécurité s’affranchit d’une résolution de l’ONU ? », a-t-il interrogé.
François de Rugy, qui soutient cette action « militaire coordonnée, ciblée, limitée dans le temps », a dit devant la presse « comprendre qu’il n’y ait pas forcément unanimité sur un tel sujet ».
Le débat, lundi, permettra aux Français de voir « qui, parmi les parlementaires en France, fait preuve d’une grande mansuétude – pour ne pas dire une grande faiblesse – à l’égard de la Syrie de Bachar Al-Assad, mais aussi de la Russie », et « ce qu’ils feraient s’ils étaient aux responsabilités en pareilles circonstances », a ajouté le président de l’Assemblée nationale.

        Lire la tribune de Bertrand Badie :
         

          Frappes en Syrie : « Il est probable qu’Assad se sente conforté »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Plus de 300 000 personnes ont manifesté pour protester contre la détention de neuf figures de l’indépendantisme accusées de « rébellion » et réclamer l’ouverture d’un dialogue politique.
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« Liberté pour les prisonniers politiques » : des Catalans manifestent à Barcelone

Plus de 300 000 personnes ont manifesté pour protester contre la détention de neuf figures de l’indépendantisme accusées de « rébellion » et réclamer l’ouverture d’un dialogue politique.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 17h27
   





                        



   


Les Catalans battent à nouveau le pavé dans les rues de Barcelone. Au cri de « liberté pour les prisonniers politiques », quelques centaines de milliers d’entre eux ont manifesté, dimanche 15 avril, pour protester contre la détention de neuf figures de l’indépendantisme accusées de « rébellion » et réclamer l’ouverture d’un dialogue politique.
La police municipale a comptabilisé « 315 000 participants », selon une porte-parole, quand la foule compacte se dispersait sans incidents en début d’après-midi.
Six mois après les premières incarcérations, ils ont empli la grande avenue Paralel, résonnant du slogan « nous voulons que vous rentriez à la maison » : un message aux dirigeants indépendantistes en détention provisoire dans la région de Madrid, poursuivis pour « sédition », « détournements de fonds » ou le délit controversé de « rébellion », passible d’un maximum de trente ans de prison, et qui suppose un « soulèvement violent ».
« Nous sommes de plus en plus nombreux à dénoncer la judiciarisation de la politique (…) et à dire qu’il faut donner une solution démocratique à ce conflit », ont clamé sur scène des acteurs catalans chargés de lire le manifeste des organisateurs.
« Comme ils ne peuvent pas décapiter l’indépendantisme, ils essaient de le faire par la voie judiciaire », affirmait la manifestante Roser Urgelles, institutrice de 59 ans. « Ils ont besoin de démontrer qu’il y a eu violence pour exécuter les peines qu’ils veulent, alors ils l’inventent, mais nous continuerons à manifester pacifiquement. »

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« Ce n’est pas une manifestation indépendantiste »
L’appel à manifester avait été lancé par une plate-forme d’associations et syndicats créée en mars pour « défendre les institutions catalanes » et « droits et libertés fondamentales ».
Le fait que les sections catalanes des deux grands syndicats, Commissions ouvrières et UGT, en fassent partie – aux côtés des associations séparatistes ANC et Omnium – a provoqué de vives protestations parmi leurs membres n’ayant jamais voulu de l’indépendance, dans une région très partagée.
« Mais ce n’est pas une manifestation indépendantiste », avait affirmé le secrétaire général de l’UGT régionale, Camil Ros. « C’est le moment de jeter des ponts et le problème de la Catalogne ne doit pas se résoudre dans les tribunaux mais par le dialogue et la politique. »
Au second rang de la manifestation apparaissait la maire de gauche de Barcelone, Ada Colau – qui fait régulièrement valoir qu’elle n’est pas indépendantiste – à proximité du président indépendantiste du Parlement catalan, Roger Torrent.
« Puigdemont, président », réclamaient des manifestants, dix jours après la remise en liberté de l’ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont en Allemagne, où un tribunal a considéré que les charges pour « rébellion » n’étaient pas étayées pour son éventuelle extradition vers l’Espagne.

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Cependant, des magistrats espagnols ont transmis, jeudi, à leurs homologues allemands des éléments afin d’accréditer l’existence « de violences justifiant la rébellion », dans l’espoir d’obtenir la remise de M. Puigdemont à l’Espagne pour cette accusation.
M. Puigdemont est également accusé de détournement de fonds publics, en lien avec l’organisation du référendum d’autodétermination interdit du 1er octobre.
Les anciens présidents d’associations indépendantistes Jordi Sanchez et Jordi Cuixart sont en détention provisoire depuis le 16 octobre. Incarcérés avant la vaine proclamation d’une « République catalane » le 27 octobre, ils sont considérés comme des membres du noyau dur ayant piloté la marche frustrée vers l’indépendance.
« J’ai participé à toutes les manifestations et n’ai jamais vu une once de violence sauf celle de la police quand elle a réprimé le référendum », soutenait un manifestant, le retraité Juan José Cabrero, ancien transporteur de 74 ans.

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Cinq semaines pour investir un candidat
Au nombre des deux millions de personnes – 47,5 % des électeurs catalans – ayant redonné aux sécessionnistes une majorité en sièges au Parlement régional en décembre, il concluait, pessimiste :
« Je ne crois pas que je verrai la République catalane indépendante, nous n’avons le soutien de personne dans le monde, ils ne comprennent pas ce que peut être l’identité catalane. »
Il reste cinq semaines aux indépendantistes pour investir un candidat à la présidence catalane, faute de quoi de nouvelles élections régionales seront organisées en juillet.
Dans une lettre envoyée depuis la prison, l’ancien vice-président indépendantiste catalan Oriol Junqueras a appelé son camp à éviter les « gesticulations » et « attitudes jusqu’au-boutistes qui ne mènent nulle part ».
Il a présenté comme « une nécessité » la formation immédiate d’un gouvernement catalan, pour que la région – sous la tutelle de Madrid – retrouve ses institutions autonomes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Je ne serais pas arrivée là si… « La Matinale du Monde » interroge une personnalité en partant d’un moment décisif de son existence. Cette semaine, Rossy de Palma raconte comment et pourquoi elle est devenue actrice.
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Rossy de Palma : « La sororité nous donne des ailes »

Je ne serais pas arrivée là si… « La Matinale du Monde » interroge une personnalité en partant d’un moment décisif de son existence. Cette semaine, Rossy de Palma raconte comment et pourquoi elle est devenue actrice.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 18h01
    |

            Annick Cojean








                        



                                


                            

Egérie du cinéaste espagnol Pedro Almodovar et artiste engagée, l’actrice Rossy de Palma participait récemment à Lausanne au programme « Women in motion » lancé par Kering, pour mettre en lumière la contribution des femmes au cinéma. Attendue dans trois films (dont L’homme qui tua Don Quichotte, de Terry Gilliam), elle évoque ici son parcours et son credo féministe.
Je ne serais pas arrivée là si…
Si je n’avais pas fait preuve d’audace et même de rébellion. Oser ! Je crois que c’est vraiment ce qui me caractérise. Oser sortir des rails. Oser remettre en cause l’ordre établi. Oser refuser le packaging de la vie tel qu’on nous le propose. Oser transformer les choses à ma convenance plutôt que de me couler dans le moule. Prendre mes droits, tous mes droits, sans demander la permission, et inventer ma vie. Sans subir !
Un souvenir de rébellion dans l’enfance ?
Plein ! Je ne supportais pas l’injustice et je montais au créneau, pour d’autres enfants, pour les animaux. Je me forçais à ne pas avoir peur de dire ce que je pensais, je n’ai jamais suivi le courant. Ma mère me dit que j’étais douce et aimable. Mais ça allait de pair avec un caractère têtu et observateur qui remettait tout en question. Déjà, un attrait pour la complexité.
Votre mère était-elle un modèle de ce point de vue ?
Elle était moderne et très cultivée par rapport à mon père. C’est même elle qui lui a appris à lire, lui qui avait grandi tout seul, sans connaître son père, petit gardien de vaches dans la montagne des Asturies, au nord de l’Espagne. A 14 ans, il avait remarqué des maçons qui construisaient une maison et s’était dit que ce métier était à sa portée. Eh bien, à 18 ans, c’était fait : il commandait des ouvriers de 40 ans, portait un costume, conduisait une moto et gagnait sa vie. C’était un bosseur et il s’est vite installé à Majorque pour suivre le boom de l’immobilier. Je ne l’ai jamais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Plus de 530 000 Monténégrins sont appelés à voter ce dimanche parmi sept candidats. Le dirigeant historique du Monténégro, Milo Djukanovic, fait figure de grand favori.
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Au Monténégro, l’ancien dirigeant Djukanovic favori de l’élection présidentielle

Plus de 530 000 Monténégrins sont appelés à voter ce dimanche parmi sept candidats. Le dirigeant historique du Monténégro, Milo Djukanovic, fait figure de grand favori.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 11h53
   





                        



   


Dans les 1 214 bureaux de vote ouverts à 7 heures, près de 533 000 Monténégrins ont pu commencer à voter, le scrutin se terminant à 20 heures. Les premiers résultats du vote, suivi par près de 2 000 observateurs internationaux et locaux, sont attendus dimanche soir.
Le dirigeant historique du Monténégro, Milo Djukanovic, brigue dimanche la présidence de ce petit pays des Balkans candidat à l’Union européenne, moins de deux ans après avoir annoncé son retrait du pouvoir. Depuis 1991, M. Djukanovic, un allié de l’Occident, a été six fois Premier ministre et déjà une fois président (1998 - 2003). Il apparaît comme l’immense favori de ce scrutin qu’il peut même emporter dès ce dimanche, sans attendre le second tour du 29 avril, selon les sondages d’opinion.

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Djukanovic a conduit le Monténégro à l’indépendance de la Serbie en 2006 puis à l’adhésion à l’Otan, effective depuis l’an passé au grand dam de Moscou mais aussi d’une partie des Monténégrins, en majorité slaves et orthodoxes. Aujourd’hui âgé de 56 ans, Milo Djukanovic entend désormais amener son pays à l’adhésion à l’Union européenne.

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Peu de rivaux pour Djukanovic
Si cet économiste de près de 2 mètres l’emporte, le poste aujourd’hui honorifique de président redeviendra le siège réel du pouvoir. Son titulaire actuel, Filip Vujanovic, est un proche de Milo Djukanovic, membre de son parti des démocrates socialistes (DPS). Le Premier ministre Dusko Markovic, est un autre de ses obligés.
A Podgorica, la capitale, où vit plus du tiers de la population du pays, les affiches géantes de Djukanovic, « leader, homme d’Etat, président de tous les citoyens », se sont taillé la part du lion des panneaux publicitaires, laissant la portion congrue à ses six adversaires.

   


Son rival le plus sérieux est un homme d’affaires de 56 ans, Mladen Bojanic. Soutenu par les principales formations d’opposition, prorusses ou non, il est crédité d’environ un tiers des suffrages. Quant au seul candidat ouvertement prorusse, Marko Milacic, un journaliste de 32 ans, il ne recueillerait qu’environ 3 % des suffrages, selon les sondages d’opinion.
« Il y a le sentiment que la Russie comprend les limites de son influence sans renoncer à long terme », estime l’analyste Zlatko Vujovic, directeur du centre pour le suivi du scrutin, qui donnera dimanche soir les premiers résultats.
Les relations avec la Russie divisent
Milo Djukanovic semble d’ailleurs modérer sa rhétorique hostile au Kremlin, expliquant être prêt à « mettre en place des relations normales avec la Russie, si celle-ci est aussi prête à le faire ».
Les autorités judiciaires monténégrines ont accusé des institutions russes d’être derrière une tentative de coup d’Etat et même de projet d’assassinat de Milo Djukanovic, qu’elles affirment avoir déjoué en octobre 2016, ce que Moscou réfute.

   


« L’opposition nous propose d’être une province russe » et défend « une politique rétrograde sur le mode de vie multiethnique au Monténégro », a toutefois accusé Milo Djukanovic, qui peut compter sur le soutien massif des minorités croate, albanaise et bosniaque qui pèsent pour 15 % du corps électoral.
De son côté, l’opposition l’a attaqué sur le poids de la criminalité organisée dans la société monténégrine, sur fond de règlements de comptes entre trafiquants. Elle l’accuse de longue date d’entretenir des liens avec les milieux criminels.
Dans un pays où le chômage dépasse 20 %, Milo Djukanovic s’est engagé à multiplier par deux en quelques années le salaire moyen, actuellement de 500 euros. Un engagement, a-t-il plaidé, qui ne pourra être tenu que si le Monténégro ne dévie pas de son chemin vers l’UE.
Dimanche, il devra faire face aux éternelles accusations de fraude électorale. Des journaux locaux ont déjà évoqué cette semaine des cas de présence sur les listes électorales de personnes décédées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Deux jours dans la vie des amoureux. Le premier parce que tout s’y joue, le dernier parce que tout s’y perd. Lorraine de Foucher a recueilli ces moments-clés d’une histoire. A chacun de deviner ce qui s’est passé entre-temps. Cette semaine, Maxime, 25 ans, se souvient.
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S’aimer comme on se quitte : « Elle revient toujours, par la porte, la fenêtre, les canalisations »


                      Deux jours dans la vie des amoureux. Le premier parce que tout s’y joue, le dernier parce que tout s’y perd. Lorraine de Foucher a recueilli ces moments-clés d’une histoire. A chacun de deviner ce qui s’est passé entre-temps. Cette semaine, Maxime, 25 ans, se souvient.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 13h55
    |

                            Lorraine de Foucher








                              

                        

Photographe sur une manifestation à Strasbourg, Maxime est happé par un regard, au beau milieu de la foule.
Le premier jour
« C’était peut-être un 1er mai. Il faisait beau et frais, jour de manifestation. Le syndicalisme, je suis né dedans, je battais déjà le pavé en poussette, à 6 mois, avec mes parents. J’ai mon drapeau sur les épaules, mon appareil photo en bandoulière. Je suis assez timide, un peu geek, j’ai du mal à tisser des liens avec les gens, mais la photo m’aide beaucoup. Je fais un petit reportage pour le syndicat, je capture des images des participants. Le cortège arrive sur un pont qui surplombe les canaux de Strasbourg. Je monte sur une pile du pont pour photographier un groupe. Je la vois, ou plutôt je vois son regard, un regard brun et vert, un regard insondable. Je suis incapable de deviner s’il est joyeux ou triste. Les regards sont des reflets de l’âme, mais là, c’est le brouillard. Autour de ses yeux, tout se floute, toute la scène disparaît, je ne vois plus qu’eux.
C’est l’archétype du coup de foudre, ce moment où tout se fige. Je suis intrigué, touché, entre l’incompréhension et la curiosité. Mais elle ne me regarde pas, traverse la rue, et me laisse planté là, moi et mon manque de courage sur ma pile de pont. Le soir, derrière mon écran, la reconnaissance faciale de Facebook compense ma lâcheté. Le logiciel, une fois la photo de son regard scannée – une photo si banale, en fait –, me propose un profil. Je veux la taguer, alors je lui envoie une demande, simple : depuis quand manifeste-t-elle avec nous ?
« Je passe des semaines à discuter avec elle, lui propose qu’on se voie. Je rame avec mon petit amour, finis par la revoir pour la prendre en photo. »
Pas d’ambiguïté, un message sobre, efficace. « Je cherche pas de plan cul, pas la peine d’essayer », me répond-elle aussi sec. Je ne m’attendais même pas à une réponse, alors celle-là… Je ne comprends pas sa violence, je suis un mec gentil, un petit...




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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Le cinéaste italien est mort à Rome à l’âge de 88 ans. Il a écrit avec son frère Paolo certaines des plus belles pages du cinéma italien, dans une œuvre atypique qui mêle histoire, psychanalyse et poésie.
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Le cinéma italien dit adieu à Vittorio Taviani, indissociable de son frère Paolo

Le cinéaste italien est mort à Rome à l’âge de 88 ans. Il a écrit avec son frère Paolo certaines des plus belles pages du cinéma italien, dans une œuvre atypique qui mêle histoire, psychanalyse et poésie.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 17h32
   





                        


Le cinéaste italien Vittorio Taviani est mort à Rome à l’âge de 88 ans. Il a écrit avec son frère Paolo certaines des plus belles pages du cinéma italien, dans une œuvre atypique qui mêle histoire, psychanalyse et poésie.
« Le cinéma est ma vie parce que, sinon, je serais seulement un fantôme et tous les rapports avec les autres se dissoudraient dans le brouillard », disait Vittorio Taviani, indissociable de son frère Paolo, de deux ans son cadet.
Un duo unique (avec peut-être les frères Dardenne) qui parlait toujours d’une même voix et écrivait à quatre mains ses colères, ses indignations, mais aussi son amour de l’art et de la beauté.
« Nous ne voyons pas comment nous pourrions travailler l’un sans l’autre. (…) Tant que nous pourrons mystérieusement respirer au même rythme, nous ferons des films ensemble », affirmaient les deux cinéastes qui, en 1977, se comparaient au café au lait : « impossible de dire où finit le café et où commence le lait ! »
Fortement inspirés par le maître du néoréalisme Roberto Rosselini, mais aussi par Vittorio De Sica, les deux frères, fils d’un avocat antifasciste, se sont intéressés dès leurs débuts, dans les années 1960, aux thèmes sociaux. Et leur cinéma s’est vite distingué par un style singulier où se mêlent histoire, psychanalyse et poésie.

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« Un jour triste pour la culture »
« C’est un jour triste pour la culture, un des plus grands maîtres de notre cinéma s’en va », a déclaré dans un communiqué le ministre italien de la culture, Dario Franceschini.
« Don, bonté, humilité. Classe. L’homme à la casquette, qui le distinguait de Paolo. Je peux dire avec Scola : Nous nous sommes tant aimés. La Nuit de San Lorenzo est leur chef-d’œuvre », a réagi sur Twitter Gilles Jacob, ancien président du Festival de Cannes.
Après une série de documentaires, les frères Taviani réalisent leur premier long-métrage : Un homme à brûler (1962), qui raconte l’histoire d’un syndicaliste marxiste en lutte contre la mafia sicilienne.
Ils s’emparent l’année suivante du thème du divorce avec la comédie Les Hors-la-loi du mariage, interprété par Ugo Tognazzi et Annie Girardot, avant de réaliser Sous le signe du scorpion, une allégorie des événements de l’année 1968.
Ce n’est qu’en 1974, avec Allonsanfan, évocation de l’Italie post-napoléonienne et de l’échec des troubles révolutionnaires qui éclatèrent à l’époque, qu’ils obtiennent leur premier succès international.
Beaucoup de leurs films sont inspirés d’œuvres littéraires : Les Affinités électives, adaptées de Goethe, ou Padre padrone tiré du roman éponyme de Gavino Ledda, qui raconte la rude destinée d’un enfant sarde, élevé par un berger.
La Palme d’or pour « Padre padrone »
Présenté au festival de Cannes où il suscite une polémique en raison de sa dureté, Padre padrone n’en reçoit pas moins la Palme d’or. Le thème de l’enfance est également au cœur de La Nuit de San Lorenzo (1982, grand prix spécial du jury de Cannes).
Vittorio et Paolo se rendent cinq ans plus tard aux Etats-Unis, où ils tournent Good Morning Babylon, peinture satirique de Hollywood.
Grands admirateurs du dramaturge et romancier sicilien Luigi Pirandello, ils adaptent plusieurs de ses récits dans Kaos, film surréaliste en deux volets en forme de réflexion sur les désordres et la cruauté de la vie, qui dénonce le fascisme et la mafia.
Après un retour au documentaire avec Un autre monde est possible, tourné lors du G8 de Gênes (2001) avec le cinéaste Gillo Pontecorvo, qui dénonce les effets dévastateurs de la mondialisation, ils reviennent à la fiction avec Le Mas des alouettes (2007).
En 2012, avec César doit mourir, ils racontent l’univers carcéral autrement, à travers la préparation d’une pièce de Shakespeare dans la prison romaine de Rebibbia.
Le film, récompensé par l’Ours d’or à Berlin, raconte comment des détenus se libèrent de leurs geôles grâce à l’art mais prennent en même temps conscience de leur enfermement. « Jamais on ne capitule. On dit qu’en vieillissant on est plus généreux, plus tolérant. C’est faux. Nous avons toujours le même instinct de rébellion », disaient-ils à l’époque.
Pour la première fois en un demi-siècle, Paolo réalisera seul son premier long-métrage en 2017, Une affaire personnelle, histoire d’amour sur fond de résistance dans le Piémont de 1943.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Une riche exposition propose une lecture de la révolte estudiantine qui a fortement marqué l’histoire contemporaine et dont l’écho résonne encore aujourd’hui.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Plus de la moitié  des salariés réfléchissent à changer de métier. Certains sautent le pas malgré les nombreux obstacles.
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Mal-être, manque d’intérêt, sentiment d’être inutile... La tentation d’un nouveau départ professionnel

Plus de la moitié  des salariés réfléchissent à changer de métier. Certains sautent le pas malgré les nombreux obstacles.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 12h31
    |

                            Isabelle Dautresme








                        


Après dix années à arpenter les couloirs des plus grandes entreprises françaises, Thomas Zaruba envoie tout balader en novembre 2015 pour se consacrer à sa passion : la musique. « Les attentats de Paris ont agi comme un électrochoc, dit-il. J’ai pris conscience que tout pouvait s’arrêter très vite. Que je n’avais plus de temps à perdre pour réaliser ce qui me ­tenait vraiment à cœur : enregistrer un disque. » 
Pour Caroline Utzschneider, c’est « une ambiance de travail qui se ­dégrade et le sentiment que, sans [lui] ­déplaire, [son] métier ne [la] nourrit pas » qui la décident à faire une pause après douze ans passés à la communication d’un grand constructeur automobile.
« Toute bifurcation est ambivalente »
Les Français sont nombreux à vouloir changer de voie. D’après une enquête ­réalisée par OpinionWay pour BPI group – société de conseil en ressources humaines (RH) –, en 2015, « plus d’un salarié sur deux réfléchit à un nouveau projet professionnel ». Une proportion qui monte à 74 % en cas de menace sur leur emploi, selon une étude Ipsos pour l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes réalisée en 2017.
Manque d’intérêt, sentiment de mal-être, l’impression d’exercer un métier qui n’a pas de sens, d’être inutile… « Les motifs à un nouveau départ sont nombreux et s’entremêlent », note Astrid du Roure, consultante en évolution professionnelle et coach chez M & A Consultant. Au point qu’il est parfois difficile de dégager une explication précise.

   


« Toute bifurcation est ambivalente. Le candidat au changement fuit quelque chose en même temps qu’il est attiré par autre chose, analyse Jean Pralong, professeur de RH et directeur de la chaire intelligence RH & RSE de l’Institut de gestion sociale IGS-RH. C’est le principe du push and pull [pousser-tirer]. Le pull est positif. L’individu se sent attiré par un métier et met tout en œuvre pour l’atteindre. »
Les secteurs qui attirent
C’est souvent une personne qui, à l’instar du musicien Thomas Zaruba, a une passion, une vocation, ou qui pratique une activité bénévole et veut en faire sa profession. Les métiers du social, de la santé ou de l’enseignement font partie des secteurs qui attirent le plus les re­conversions. C’est cette dynamique qui a conduit Caroline Utzschneider à choisir l’orthophonie.
« Je cherchais une profession qui ait du sens et dans laquelle je me sente utile, raconte celle qui fut étudiante à Paris-I - Panthéon-Sorbonne. C’est en assistant à une séance d’orthophonie pour mon fils que j’ai réalisé que c’était exactement le métier que je voulais exercer, qu’il me correspondait parfaitement ! »
A l’inverse, la bifurcation peut être guidée par un rejet, une frustration, c’est le push. « Plus que changer de métier, la personne veut quitter le poste qu’elle occupe. Elle sait ce qu’elle ne veut plus, mais pas ce qu’elle veut », décode Jean Pralong.
Cette crise de motivation, qui surgit souvent à la mi-temps de la vie professionnelle, n’étonne pas Fabienne Autier, professeure et chercheuse en gestion des ressources humaines à l’EM Lyon : « L’individu est allé au bout d’une certaine forme de réussite, il s’est prouvé qu’il était capable d’être un bon professionnel. Il ressent brutalement une perte d’intérêt pour ce qu’il fait. C’est à ce moment-là qu’il peut décider une reconversion. »
De nombreux freins
Quelle qu’en soit la raison, changer de voie n’a rien d’évident, tant les freins sont nombreux. « S’arracher à la sécurité d’un emploi dans lequel on est reconnu, devoir renoncer à un certain niveau de vie a de quoi décourager plus d’un candidat à la reconversion », souligne Astrid du Roure. Pendant dix ans, Adrien Ancel a revêtu son costume de banquier sans « envie » ni « motivation ». Jusqu’au jour où il décide de faire un bilan de compétences. « Il en est ressorti que j’étais plutôt manuel et créatif », constate-t-il.
« C’est le salaire de ma femme qui nous fait vivre. »
Il remise alors son costume au placard – et le salaire qui va avec – et passe un CAP, d’abord de me­nuiserie, puis d’ébéniste. « A l’époque, je n’avais pas de famille à charge ni d’emprunt à rembourser. Les risques étaient limités », reconnaît-il. Sept ans après avoir lancé son activité, il parvient tout juste à se rémunérer 1 000 euros par mois : « C’est le salaire de ma femme qui nous fait vivre. »
Changer de trajectoire, c’est aussi ­souvent devoir reprendre des études. Or retourner sur les bancs de l’école à 40 ans, apprendre de nouvelles choses s’avère stimulant mais exige aussi un investis­sement très important, pas toujours compatible avec la vie de famille. Surtout quand les études sont longues, comme c’est le cas en orthophonie pour Caroline Utz­schneider. « Avant de commencer, je n’imaginais pas l’ampleur de la tâche et à quel point ce serait difficile », soupire la jeune femme, qui termine sa troisième année d’études à La Pitié-Salpêtrière, à Paris.

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Le regard des autres peut aussi inhiber bien des initiatives. « Lorsque j’ai annoncé à mon entourage que j’allais faire de la musique mon métier, on a tenté de m’en dissuader en mettant en avant la difficulté à percer dans un milieu où l’on n’a pas de réseau. On me répétait que j’étais inconscient et que je n’y arriverais jamais », se souvient Thomas Zaruba. Autant dire que pour faire face à toutes ces résistances, mieux vaut avoir une grande assurance personnelle.
Attention au mirage
Parmi ceux qui ont pris un nouveau départ, la plupart disent ne pas le regretter malgré les difficultés rencontrées, et en conclure que changer de métier est la réponse à toutes les questions, à commencer par celle du bonheur au travail, est tentant.
« Derrière le désir de reconversion, il y a l’idée très française qu’il existe un métier vocationnel pour lequel chacun­ ­serait fait et où il s’épanouirait. Or, dans toute activité professionnelle, il existe des aspects positifs et d’autres qui le sont moins », rappelle Jean Pralong.

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Avant de renverser la table, mieux vaut prendre le temps de bien réfléchir et de mûrir son projet. Surtout si on décide de tout chambouler parce qu’on ne supporte plus la routine du bureau. « Attention au mirage, met en garde Fabienne Autier. Dans un premier temps – celui de la découverte et de l’apprentissage d’un nouveau métier –, le sentiment d’ennui va disparaître. Mais il réapparaîtra, après quelques années, car il est lié non pas à la nature du travail mais à ce que l’on y met. »
Selon la chercheuse, pour retrouver de l’intérêt à ce que l’on fait et se sentir utile, il suffit parfois de développer un projet, dans le cadre de l’entreprise ou parallèlement à celle-ci. Cela peut être donner des cours pendant une ou deux journées par mois, s’engager dans une activité associative…En somme, nul besoin de décrocher de son emploi pour suivre une formation continue.
Le même métier, exercé autrement
Certains retrouvent de la motivation en exerçant le même métier, mais autrement, dans un environnement différent. C’est le cas de Soumaya Combe. Après quinze ans à occuper différentes fonctions chez SFR, elle ressent une envie de changement. « J’avais besoin de sortir de ma zone de confort et d’un secteur dans lequel j’étais à l’aise », se souvient-elle.
Elle reprend ses études et s’inscrit en mastère spécialisé marketing, management et digital dans le but de rejoindre une agence de communication. « Habituellement, on commence sa carrière dans un cabinet de conseil avant d’aller chez l’annonceur. Moi, j’ai fait l’inverse et j’en suis ravie. Je ne m’ennuie pas », conclut la jeune femme.
D’ennui, il n’en est plus non plus question pour Adrien Ancel : « Tous les matins, je suis content d’aller travailler. Aucune journée ne ressemble à une autre. Il y a zéro routine. » Thomas Zaruba ne regrette pas davantage la sécurité qu’offrent les entreprises du CAC 40. « Aujourd’hui, je fais ce que j’aime vraiment et ça marche », s’enthousiasme-t-il à la veille de la sortie de son deuxième album.

Découvrez notre dossier spécial formation continue diplômante
Le Monde publie, dans son édition datée du jeudi 12 avril, un supplément dédié à la formation continue dipômante. Car le projet de loi « avenir professionnel », qui sera présenté le 27 avril en conseil des ministres, impose une nouvelle philosophie, celle de salariés en mouvement « tout au long de leur vie », pour qui les diplômes et certifications seront une garantie d’emploi.
Les différents articles du supplément seront progressivement mis en ligne sur Le Monde.fr Campus, rubrique Formation des cadres et Le Monde.fr Economie, rubrique Emploi/Formation.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Des dizaines de régions volcaniques actives apparaissent sur une image d’Io prise en infrarouge par la sonde Juno.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ David Buckel, fervent défenseur des droits LGBT, s’est immolé dans un parc de New York pour dénoncer la destruction de l’environnement, selon une note envoyée à plusieurs médias avant sa mort.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Un célèbre avocat américain met fin à ses jours pour protester contre les destructions environnementales

David Buckel, fervent défenseur des droits LGBT, s’est immolé dans un parc de New York pour dénoncer la destruction de l’environnement, selon une note envoyée à plusieurs médias avant sa mort.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 15h55
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 16h38
   





                        



   


Un célèbre avocat américain, fervent défenseur des droits des homosexuels, s’est immolé par le feu dans un parc de New York pour protester contre la pollution, selon une lettre d’adieu envoyée aux médias avant sa mort. Selon le New York Times, qui cite la police, David Buckel s’est suicidé par le feu dans le parc Prospect de Brooklyn, samedi 14 avril, et a été déclaré mort dimanche matin.
Dans une lettre envoyée par e-mail à plusieurs médias américains, l’avocat de 60 ans dénonce la pollution qui « ravage notre planète et répand l’instabilité à travers l’air, le sol, l’eau et la météo » : 
« La plupart des humains sur la planète respirent maintenant un air rendu insalubre par les carburants fossiles et beaucoup, en conséquence, mourront prématurément – ma mort prématurée au moyen d’un carburant fossile reflète ce que nous sommes en train de nous faire à nous-mêmes. »
Un défenseur inébranlable des droits LGBT
David Buckel était un avocat nationalement connu aux Etats-Unis pour sa défense des droits des homosexuels, qui était intervenu dans plusieurs retentissants procès pour discrimination. M. Buckel avait notamment été l’avocat principal de l’affaire Brandon Teena, du nom d’un jeune homme transgenre violé et assassiné dans une ville du Nebraska, aux Etats-Unis, en 1993. La cour avait alors reconnu coupable le shérif du comté de Richardson d’avoir échoué à protéger Brandon Teena. Cette histoire avait été portée à l’écran avec le film Boys don’t cry, avec Hilary Swank.
En 1996, David Buckel a joué un rôle important dans l’affaire Nabozny vs. Podlesny, dans laquelle une cour d’appel fédérale a, pour la première fois, jugé que les établissements scolaires ont l’obligation de protéger les étudiants homosexuels des violences et des discriminations ayant lieu dans leurs enceintes.
Au sein de l’organisation de défense des droits civiques de la communauté LGBT Lambda Legal, il avait été à l’avant-garde du mouvement pour légaliser le mariage gay, maintenant reconnu juridiquement dans tous les Etats du pays.
Passionné par la défense de l’environnement
« La nouvelle de la mort de David nous brise le cœur. C’est une perte terrible pour la famille Lambda Legal, mais aussi pour l’ensemble du mouvement pour la justice sociale », a commenté dans un communiqué une des directrices de l’organisation, Camilla Taylor, qualifiant l’avocat de « brillant visionnaire juridique ».
Selon Susan Sommer, avocate ayant travaillé auparavant pour Lambda Legal, M. Buckel était « l’un des architectes de la liberté et de l’égalité devant le mariage ».
Selon des amis de M. Buckel cités par le New York Times, l’avocat avait commencé à se passionner pour la défense de l’environnement après son départ de Lambda Legal il y a quelques années. Dans sa note d’adieux, David Buckel évoque la difficulté à rendre le monde meilleur, même pour ceux qui font de réels efforts en ce sens, et juge que donner à des associations n’est pas suffisant, selon le quotidien américain.
Il espère que sa mort conduira à « une action accrue ». « Avoir des buts honorables dans la vie invite à avoir des buts honorables dans la mort », a-t-il écrit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Chez la souris et le singe, une molécule, également en cours d’évaluation dans Alzheimer, semble renforcer les capacités du cerveau lésé à récupérer après une lésion.
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Accidents vasculaires cérébraux  :  un nouvel espoir de récupération ?

Chez la souris et le singe, une molécule, également en cours d’évaluation dans Alzheimer, semble renforcer les capacités du cerveau lésé à récupérer après une lésion.



Le Monde
 |    10.04.2018 à 13h34
    |

                            Florence Rosier








                        



                                


                            
Comment, après un accident vasculaire cérébral (AVC), favoriser la récupération du cerveau lésé ? L’enjeu n’est pas mince : chaque année en France, 150 000 personnes sont frappées par cette « foudre cérébrale ». Une sur deux en gardera un handicap neurologique plus ou moins sévère. Au total, plus de 500 000 hommes et femmes vivent avec des séquelles d’AVC en France.
Une étude publiée dans Science, le 6 avril, livre une piste inédite. Chez la souris et le singe, l’administration orale d’une petite molécule, l’edonerpic maleate, dans les jours et semaines qui suivent un accident cérébral, semble favoriser la récupération motrice – à condition d’être couplée à une rééducation. « C’est un signal encourageant, inhabituel dans ce type ­d’expérience », commente prudemment le professeur Eric Jouvent, neurologue à l’hôpital Lariboisière (AP-HP, Paris). « C’est évidemment intéressant, mais on est encore loin des essais cliniques », juge de son côté le professeur Alain Yelnik, chef du service de médecine physique et de réadaptation de l’hôpital Fernand-Widal.
Interventions en urgence
Depuis vingt ans, de remarquables progrès ont été accomplis dans la prise en charge de la phase aiguë de l’AVC ischémique – qui résulte de l’occlusion d’une artère irriguant le cerveau. Le but est de ­déboucher rapidement l’artère ­occluse. La stratégie de référence est la thrombolyse intraveineuse, développée à la fin des années 1990 : elle consiste à dissoudre biochimiquement le caillot coupable – un « Destop » sur nos artères, en somme. La seconde stratégie, la thrombectomie, a vu son efficacité démontrée en 2015 : c’est la méthode du « tire-bouchon », une extraction mécanique du caillot.


Malgré leur efficacité spectaculaire,ces interventions doivent être réalisées le plus tôt possible, dans les premières heures après l’accident. Autre limite : « Ces deux interventions ne concernent que 10 % à 20 %...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Le club parisien, qui pourrait être sacré champion de France ce dimanche face à Monaco, a trouvé un successeur à son entraîneur espagnol en la personne de l’Allemand Thomas Tuchel.
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Les grands travaux du PSG

Le club parisien, qui pourrait être sacré champion de France ce dimanche face à Monaco, a trouvé un successeur à son entraîneur espagnol en la personne de l’Allemand Thomas Tuchel.



Le Monde
 |    15.04.2018 à 07h01
    |

            Rémi Dupré








                        






L’émir du Qatar, Tamin Ben Hamad Al-Thani, a tranché : l’Allemand Thomas Tuchel, 44 ans, va succéder sur le banc du Paris-Saint-Germain à l’Espagnol Unai Emery, dont le contrat expire le 30 juin. Le souverain et propriétaire du club de la capitale s’est donc empressé de reprendre la main après l’élimination du PSG par le Real Madrid en huitièmes de finale de Ligue des champions. Cet énième fiasco sur la scène européenne l’a ainsi poussé à lancer une phase de grands travaux.
Cette « réorganisation » a été logiquement lancée par le recrutement d’un nouvel entraîneur, censé enfin perforer le plafond de verre qui circonscrit les visées continentales de l’équipe depuis son rachat, en 2011, par le fonds Qatar Sports Investments (QSI). Alors que le PSG pourrait remporter le septième titre de champion de France de son histoire au terme de son duel face à son dauphin monégasque, dimanche 15 avril, l’arrivée de Thomas Tuchel à Paris devrait être officialisée en fin de saison. D’autant que le PSG vise un quadruplé sur la scène nationale et tentera, le 18 avril, sur la pelouse de Caen, de se qualifier pour la finale de la Coupe de France.
CV modeste
L’enrôlement par QSI de l’ex-coach de Mayence (2009-2014) et du Borussia Dortmund (2015-2017) interpelle. Selon L’Equipe, le nom de Thomas Tuchel aurait été glissé à l’oreille du frère cadet de l’émir par le consul du Qatar en Allemagne. Avec son CV modeste, son maigre palmarès (un titre en Coupe d’Allemagne, en 2017) et son profil d’ancien joueur de deuxième division allemande, Tuchel est aux antipodes des « références » de la profession (Antonio Conte, Mauricio Pochettino, André Villas-Boas) un temps convoitées par les dignitaires de Doha.
Les hiérarques de l’émirat avaient d’ailleurs vainement tenté d’attirer dans leurs filets son compatriote Joachim Löw, éternel sélectionneur de la Nationalmannschaft, et qui remettra cet été son titre mondial en jeu en Russie. Loin de souffrir de la comparaison avec son illustre aîné, Thomas Tuchel a réussi haut la main son entretien d’embauche dans la capitale qatarie. Tamim Al-Thani et le président du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, semblent avoir été sensibles à sa philosophie de jeu spectaculaire et à sa capacité à s’adapter au schéma tactique de l’adversaire. Et peu importe si l’intéressé n’a jamais emmené ses joueurs au-delà d’un quart de finale de Coupe d’Europe.
Visage juvénile et allure décontractée, Tuchel passe pour un coach à poigne, enclin à appuyer sur la corde sensible pour rasséréner ses troupes. Son tempérament volcanique pose question. Tout comme son inexpérience en matière de gestion d’ego démesurés. Parviendra-t-il à gagner l’estime et le respect de stars de la trempe d’un Neymar, véritable diva du vestiaire parisien ?
Tout proche de s’engager pour deux saisons (avec une troisième en option) au PSG, l’Allemand doit y poser ses valises avec le staff qui le seconde depuis une décennie. Communicant hors pair, épris de littérature, Tuchel sort d’une année sabbatique après son licenciement – pour divergences d’opinions – par le Borussia Dortmund, en mai 2017. Son éviction était directement liée à son regret de rejouer dès le lendemain de l’attentat qui a ciblé le bus de son équipe, le 11 avril 2017, à quelques heures de son match à domicile face à Monaco, en quarts de finale aller de Ligue des champions.
Lié à aucun agent influent
En conférence de presse, Tuchel s’en était vertement pris à ses dirigeants et à l’Union des associations européennes de football (UEFA). « Nous aurions aimé avoir plus de temps pour digérer tout cela. Nous nous sommes sentis ignorés. On ne nous a pas demandé notre avis, avait fulminé le quadragénaire. Quelques minutes après l’attaque, on nous a dit qu’on devrait jouer, comme si on nous avait envoyé une canette de bière contre le bus. »
Soucieux de protéger son effectif, Tuchel se démarque aussi en ce qui concerne la gestion de ses intérêts : il n’est lié à aucun agent influent. Une caractéristique qui détonne dans la mesure où le Portugais Jorge Mendes, numéro un de la profession, et l’impresario israélien Pini Zahavi (à l’origine de la venue de Neymar contre la somme record de 222 millions d’euros) régissent les opérations du PSG sur le marché des transferts.
L’Allemand est ainsi représenté au quotidien par son compatriote Olaf Meinking, juriste spécialisé dans les médias, le sport, l’industrie du divertissement, et surtout la musique. Ce dernier s’occupe notamment de la carrière du rappeur thuringeois Clueso et de la chanteuse Annett Louisan. Selon L’Equipe, l’enrôlement de Tuchel aurait d’ailleurs fragilisé le directeur sportif du PSG, le Portugais Antero Henrique, homme de réseaux proche de Mendes et de Zahavi, et farouchement opposé à sa venue. Une information qu’une source parisienne, contactée par Le Monde, dément catégoriquement.
Le recrutement du cinquième entraîneur de l’ère QSI et successeur d’Antoine Kombouaré (2009-2011), Carlo Ancelotti (2012-2013), Laurent Blanc (2013-2016) et Unai Emery (2016-2018) intervient alors que l’état-major du club est chamboulé. Au début d’avril, deux nominations ont été annoncées par le club : celles de Michel Besnard, ancien patron du groupe de sécurité de la présidence de la République sous Nicolas Sarkozy, au poste stratégique de directeur de la sécurité du PSG, et de Marc Armstrong, ex-cadre de la NBA, comme directeur du sponsoring.
En marge de ces grands travaux, les dirigeants parisiens gardent un œil sur l’enquête diligentée par l’Instance de contrôle financier des clubs (ICFC) dans le cadre du fair-play financier (FPF), ce mécanisme lancé par l’UEFA et en vertu duquel les équipes européennes ne peuvent dépenser plus qu’elles ne gagnent sous peine de sanction. L’ICFC a ainsi fait estimer les contrats de sponsoring du PSG par un cabinet indépendant.
Il s’avère que ces contrats, passés avec des entreprises qataries, ont été surévalués de manière significative par rapport aux prix du marché. Selon nos informations, l’accord scellé avec l’Autorité du tourisme du Qatar (QTA) interpelle les experts du FPF. En 2014, le précédent partenariat avec QTA (200 millions d’euros) avait été décoté de moitié par l’UEFA et le PSG avait été sanctionné. « C’est une récidive », confie au Monde une source proche de l’enquête de l’ICFC. Une information que le club dément. Le PSG connaîtra sa sanction éventuelle en juin. Thomas Tuchel sera alors assis sur le banc du PSG.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Condamné à cinq de prison pour avoir tué, en 1998, deux antilopes protégées, l’acteur indien a été libéré sous caution deux jours plus tard. La star avait aussi été accusée d’homicide et soupçonnée d’avoir frappé et harcelé son ex-compagne.
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L’invulnérable héros de Bollywood Salman Khan face à la justice


                      Condamné à cinq de prison pour avoir tué, en 1998, deux antilopes protégées, l’acteur indien a été libéré sous caution deux jours plus tard. La star avait aussi été accusée d’homicide et soupçonnée d’avoir frappé et harcelé son ex-compagne.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 13h55
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 17h12
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)








   


Malheureusement pour Salman Khan, la justice indienne n’a pas été sensible à l’héroïsme dont il fait régulièrement preuve sur grand écran. Jeudi 5 avril, le juge d’un tribunal de Jodhpur a condamné la superstar de Bollywood à une peine de cinq ans d’emprisonnement pour avoir tué il y a vingt ans deux antilopes protégées. Qu’une telle sentence soit prononcée à l’égard de celui qui a éliminé dans ses films un nombre incalculable d’ennemis sans jamais être inquiété par la justice a déconcerté ses fans.
A l’annonce de la nouvelle, ils se sont précipités vers les grilles du centre pénitentiaire, et les chaînes de télévision ont reconstitué la cellule de prison où l’acteur a passé deux nuits avant d’être finalement libéré sous caution. Jamais les télévisions indiennes ne se sont autant inquiétées des conditions de détention dans le pays. A sa sortie, un jet privé l’attendait, et l’empereur de Bollywood est apparu à son balcon à Bombay pour remercier la foule qui chantait et priait pour sa libération. L’affaire a fait grand bruit en Inde et même au-delà.
Le ministre pakistanais des affaires étrangères, Khawaja Asif, a déclaré que Salman Khan avait été condamné à cinq ans d’emprisonnement parce qu’il appartenait en Inde à une minorité, celle des musulmans. Son arrestation a également inquiété Bollywood, qui sait combien son nom à l’affiche est une garantie de recettes.
« Toute ma vie a consisté en cela : je fais les choses avant d’apprendre à les faire. A cet égard, je suis unique. » Salman Khan
Salman Khan a le regard un peu morne de Droopy et une carrure de lutteur. Dans ses films, il se bat de préférence torse nu, tire sur ses ennemis au volant d’un jet-ski, de dos, en l’air, sans jamais les rater, et fait tourner les têtes des mécréants à 360 degrés d’un simple geste de la main. Salman Khan, c’est d’abord du muscle, de la testostérone et un homme au savoir inné. « Toute ma vie a consisté en cela : je fais les choses avant d’apprendre à les faire. A cet égard, je suis unique », a-t-il un jour expliqué dans une interview. En Inde, c’est surtout dans les salles de musculation et dans les cabines de poids lourds que l’on trouve des posters à son effigie. Salman Khan est le héros de la classe moyenne et des villes moyennes, de ceux qui rêvent de gloire et d’argent sans avoir à présenter de diplômes. Ce qui fait beaucoup de monde.

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Sur son profil Twitter aux 32 millions d’abonnés, la star se présente comme un « acteur de film, un artiste, un peintre et un humanitaire ». Fondateur de l’organisation caritative Being Human, il passe parfois quelques heures avec les déshérités, de préférence dans des bidonvilles, suivi de près par des photographes. Une manière aussi de détourner l’attention de son casier judiciaire. En 2002, il a été accusé d’avoir conduit en état d’ébriété et roulé sur un groupe d’ouvriers dormant dans la rue, tuant une personne et en blessant quatre. Il a été acquitté en 2015 par la Haute Cour de justice de Bombay, mais les proches des victimes ont fait appel de la décision.
Un personnage sulfureux
L’ancienne Miss Monde et actrice Aishwarya Rai, avec laquelle il était en couple au tournant des années 2000, l’a accusé de l’avoir frappée et harcelée. Mais, à chaque fois qu’il est accusé de violence envers des femmes ou ses proches, Salman Khan explique être victime de son cœur tendre, de ses passions, de sa spontanéité, voire des femmes carriéristes qui l’utilisent pour devenir célèbres. C’est d’ailleurs parce qu’il noyait son chagrin dans l’alcool qu’il aurait roulé sur ces sans-abri avec son Land Cruiser. « Khan n’est que l’un de ces nombreux exemples d’hommes violents qui n’est jamais tenu responsable pour sa violence », résume la journaliste Nishita Jha dans un article publié sur le site The Wire et intitulé « La masculinité toxique de Salman Khan ».
Dans cette affaire, le pays en a presque oublié les Bishnoïs. Les membres de cette communauté du Rajasthan ont été les rares témoins ou plaignants à ne pas s’être rétractés dans les affaires impliquant Salman Khan et à s’être battus jusqu’au bout pour que la mort de deux antilopes ne reste pas un crime impuni. Personne n’est venu les applaudir. Salman Khan restera, quoi qu’il arrive, un héros.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Le chef de file des « insoumis » a appelé à l’unité « dans tout le pays » contre Emmanuel Macron, en défilant aux côtés de la CGT et d’autres syndicats et partis de gauche.
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/04/2018
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A Marseille, Mélenchon, des syndicats et des partis politiques défilent unis contre Macron

Le chef de file des « insoumis » a appelé à l’unité « dans tout le pays » contre Emmanuel Macron, en défilant aux côtés de la CGT et d’autres syndicats et partis de gauche.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 20h14
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 13h23
    |

                            Gilles Rof (Marseille, correspondant)








                        



   


Réussir à démontrer dans la rue l’unité des forces syndicales et politiques en lutte contre les réformes du gouvernement. Ne pas faire disparaître les autres organisations derrière La France insoumise (LFI). La manifestation « Stop à Macron » du samedi 14 avril, devenue enjeu national par la seule présence du député des Bouches-du-Rhône et leader « insoumis » Jean-Luc Mélenchon, aura largement satisfait ses organisateurs.
A l’appel de l’union départementale CGT des Bouches-du-Rhône, soutenue par une quinzaine de syndicats dont la FSU, Sud-Solidaires, l’UNEF et de partis politiques (PC, NPA et LFI notamment), plusieurs milliers de personnes – 58 000 selon la CGT, 6 000 selon la police – ont occupé trois heures durant le pavé marseillais.
Du Vieux-Port à la place Castellane, dans une ambiance joyeuse et sans débordements, cheminots – beaucoup –, retraités, étudiants – un peu –, postiers, dockers, agents de différents services publics, militants et sympathisants politiques ont crié leur opposition aux réformes du gouvernement. Dans un imposant cortège, ils ont dit « non » à ce qu’ils considèrent comme un « coup d’Etat social », orchestré par le président Macron.

   


Monté sur un camion pour effectuer les derniers mètres de cette « marche de mobilisation interprofessionnelle », Jean-Luc Mélenchon semblait ravi de son après-midi dans « sa ville », comme il appelle désormais Marseille. Le député a improvisé un « solo de bidon » en faisant scander à la foule « Résistance ! », avant d’aller donner une franche accolade aux représentants locaux de la CGT, doublé d’un « merci les copains » sonore.
« Il nous a donné rendez-vous le 19 avril pour la prochaine journée d’action syndicale », concluait, content lui aussi de l’ampleur du défilé, Olivier Mateu, le secrétaire départemental de la CGT. « La question, aujourd’hui, poursuit le leader syndical, n’est pas de savoir qui on a fait briller, mais comment on affronte ensemble le gouvernement… Si la présence de M. Mélenchon nous a donné une couverture médiatique plus importante, nous, on prend. »
« Gouvernement-Medef veulent nous tuer, arrêtons-les »
Au départ de la manifestation, Jean-Luc Mélenchon ne disait pas autre chose. Arrivé en dernier dans le carré de tête, accompagné de sa suppléante marseillaise Sophie Camard, le député a sagement pris place aux côtés des représentants des différentes organisations et de l’ancien candidat aux présidentielles 2012 et 2017 pour le NPA Philippe Poutou, venu de Bordeaux.
Face aux journalistes, M. Mélenchon s’est félicité de l’aspect « exemplaire » de la journée :
« Ce sont les syndicats qui ont pris l’initiative d’une mobilisation et appelé les organisations qui voulaient s’y joindre à le faire. Je souhaite que ça puisse être reproduit dans tout le pays. (…) C’est une bonne rupture de la cloison entre le mouvement social et l’action politique. »
Symboliquement, le député a marché en tête de cortège jusqu’en haut de la Canebière, derrière une banderole « Gouvernement-Medef veulent nous tuer, arrêtons-les ». Puis, il s’est laissé glisser jusqu’à ses troupes, fortes de plusieurs milliers de militants défilant par ville ou région.

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Ce samedi, La France insoumise avait bien préparé sa mobilisation, réunissant des adhérents d’un sud de la France remontant même jusqu’à Lyon et Saint-Etienne. « Que Jean-Luc Mélenchon soit là est un plus, bien sûr, mais je serais venu même sans sa présence », glissait Bernard Jauzion, 54 ans, un « insoumis » venu de Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône) pour « combattre Macron, un président provocateur et indécent avec les plus pauvres ».
Le cortège de ce 14 avril compilait les thèmes des luttes en cours depuis le mois de mars. Abandon de la réforme de la SNCF et du statut des cheminots, défense des services publics, lutte contre le dispositif Parcoursup, mais aussi persistante colère des retraités, malgré l’intervention télévisée du président de la République, deux jours plus tôt.
« Nous en avons marre que Macron nous donne la leçon »
« Oui, il nous a remerciés sur TF1 cette semaine… Mais nous, on le remerciera en retour dans les urnes », ironisait à ce propos Pierre, retraité de la SNCF de 78 ans, venu avec ses anciens copains cheminots, de 78, 77 et 66 ans. « Il y a une grande colère qui est en train de monter dans le pays. Nous en avons marre que Macron nous donne la leçon, à la télé, sur le terrain… Il faut qu’il écoute aussi les Français », lançait Pierre Dharréville, député PCF des Bouches-du-Rhône, qui défilait lui aussi dans le carré de tête.

   


A ces thèmes sociaux, la foule a ajouté des colères nées ces derniers jours. « C’est pas les zadistes qu’il faut expulser, c’est le gouvernement qu’il faut virer » a été un slogan presque aussi populaire que le « Nous sommes les salariés et nous allons gagner » piqué à l’OM. De nombreuses pancartes dénonçaient également l’intervention de la veille en Syrie. Jean-Luc Mélenchon promet que la manifestation de Marseille « n’est qu’une étape à l’intérieur d’un cycle long de manifestations ». 
« Il y a une volonté d’envoyer un message à M. Macron qui s’installe dans un rôle provocant et agressif qui ne permet de régler aucun problème dans ce pays. »
Dans la matinée, huit députés des Bouches-du-Rhône appartenant à la majorité présidentielle avaient organisé une riposte sous la forme d’une inédite conférence de presse unitaire. Une longue séquence pédagogique pour défendre l’action du gouvernement et dénoncer « la campagne de désinformation » dont ils s’estiment victimes, « sur la réforme ferroviaire comme sur celle de l’accès à l’université ». 

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« On nous parle de convergence des luttes, se défend le député de Marseille Nord Saïd Ahamada, je dirais que le rôle de notre politique est de lutter contre la convergence des souffrances. » Un discours dont la portée aura été bien moindre que celle de la manifestation de l’après-midi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Connu pour son design minimaliste, Philippe Starck aime aussi tout optimiser en cuisine. Ainsi ce plat de pâtes est issu d’une combinaison d’ingrédients aussi simples qu’inattendus.
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Les spaghettis aux cailloux de Philippe Starck


                      Connu pour son design minimaliste, Philippe Starck aime aussi tout optimiser en cuisine. Ainsi ce plat de pâtes est issu d’une combinaison d’ingrédients aussi simples qu’inattendus.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 13h56
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                            Camille Labro








   


C’est une histoire triste, celle d’un couple très humble. Il est marin, elle reste à la maison et s’occupe un peu du jardin pour améliorer l’ordinaire. Ils habitent une cabane sur une plage de galets à Ischia, une île du sud-ouest de l’Italie. C’est l’hiver, et cela fait plusieurs semaines que le temps est très mauvais. Ils ne peuvent pas sortir le bateau ni partir pêcher, et ils commencent à avoir faim. La femme dit à son mari : « Il faut vraiment que tu trouves quelque chose à manger. » Il descend sur la plage, marche en regardant ses pieds, honteux de ne pouvoir nourrir sa famille. Par terre, des cailloux, avec des algues collées dessus. Il se dit que ce sera mieux que rien. Il les rapporte à la maison, et demande à sa femme de faire bouillir de l’eau, de réunir les dernières pâtes qu’il leur reste et de préparer des spaghettis aux cailloux. Sa femme prend de l’eau, du sel, ajoute quelques vieux spaghettis et y jette les galets. Comme elle constate que cela ne fait pas grand-chose, elle va au jardin, trouve une pomme de terre, l’ajoute à cuire dans l’eau des pâtes. Elle y met un peu d’ail et de persil – à moins que cela ne soit une mauvaise herbe. Elle trouve un vieux croûton de pain dur, qu’elle casse en morceaux par-dessus, et sert les spaghettis.
Un goût minéral élégant
Ce plat, c’est une sorte de drame qui prouve que l’on peut toujours produire quelque chose avec un peu d’imagination et de dignité. Je suis admiratif de ceux qui n’ont presque rien et qui essaient malgré tout de faire bon, bien et joli. Lorsque je travaille, je pars toujours du minimum, j’essaie d’aller au centre du sujet, jamais autour. De voir comment on peut le cristalliser, en synthétiser l’âme. Réduire son volume pour augmenter sa masse. Quand on ne peut plus l’augmenter, c’est que le projet mérite d’exister. C’est ainsi que je conçois les intérieurs, le mobilier, les lampes ou les ustensiles de cuisine.

   


Aux sauces et aux mélanges, je préfère les choses extrêmement basiques, plus simples que simples. A l’époque où j’avais encore le temps de cuisiner, je pouvais préparer un repas pour trente personnes avec ce qui traînait dans le réfrigérateur ou avec des légumes frais achetés au marché. Souvent, nous mangions juste les légumes crus, avec du vin. Cette recette de pâtes, je l’ai testée moi-même il y a une quarantaine d’années. J’avais entendu parler des « spaghettis aux cailloux », j’ai adoré l’image.
Je voulais savoir ce que cela faisait, de cuire des pâtes avec des galets provenant de la plage. Il se trouve que c’est très intéressant, cela donne un goût minéral élégant. Surtout si l’on cuit à l’eau de mer, qui sale naturellement. C’est un plat qui va envers et contre tout ce qui est de l’ordre du « bon goût ». Car on ne mange jamais de pain et de pommes de terre avec des pâtes. Mais c’est précisément ce qui est beau ici : on est acculé à faire des choses qu’il ne faut pas faire, et, au final, c’est très bon. »
La recette
Ingrédients : Spaghettis, huile d’olive extra-vierge, piment frais, gousse d’ail, pommes de terre, branches de persil, pain sec broyé, galets de plage recouverts d’algues.
Cuire les spaghettis dans une casserole d’eau bouillante salée avec des galets trouvés sur la plage et recouverts d’algues.
Egoutter les spaghettis et les mélanger avec l’huile d’olive extra-vierge. Ajouter le piment frais haché, un peu d’ail dégermé et émincé.
Incorporer quelques morceaux de pommes de terre cuites à l’eau et pelées, puis du persil finement haché, avec les tiges. Enfin, saupoudrer de pain sec broyé.
(Merci au Caffè Stern, Paris 2e).



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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Contrairement aux robots qui analysent tout très vite, notre cerveau fait des approximations pour favoriser la réaction. Une faculté qui pourrait être menacée par la multiplication des écrans.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Le documentariste Nicolas Peduzzi suit la dérive d’une jeune millionnaire texane, dont il cherche à comprendre les failles.
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« Southern Belle » : Taelor F., déesse du chaos

Le documentariste Nicolas Peduzzi suit la dérive d’une jeune millionnaire texane, dont il cherche à comprendre les failles.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 07h39
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 14h39
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Dans ce documentaire, qui est aussi son premier long-métrage, Nicolas Peduzzi nous plonge dans le monde de Taelor F., jeune millionnaire texane qui le traverse comme un ange de l’Apocalypse. Des rondeurs camouflées dans de petites robes évasées, de jolies jambes fines invariablement juchées sur des plates-formes, des boucles d’or lui dégoulinant jusqu’au creux des reins, le sac Vuitton greffé au bras et la cigarette au bec, Taelor se pose là. Cette créature dont le regard semble s’ancrer dans la nuit des temps, qui tend au monde le miroir de son vide, de sa violence absurde, évolue au milieu d’une meute de rednecks racistes, sexistes, imbibés d’alcool, de drogue, fascinés par les armes à feu.

        Lire l’entretien avec Nicolas Peduzzi :
         

          « S’attacher à des personnages qui ont des défauts »



Nicolas Peduzzi les a suivis dans leurs virées, dont il restitue l’atmosphère chaotique par flashs. De la cocaïne partout sur la table en plein après-midi, des fusils qui traînent dans tous les coins, des bouteilles d’alcool qu’on ­siphonne au goulot. Tiens, si on allait « buter des Noirs » et « lever quelques putes », lance un des types à la cantonade. « Mais non, je blague, bébé », souffle-t-il à l’oreille de Taelor. Taelor s’en fout. Taelor est anesthésiée. Taelor est une survivante, rescapée du simulacre de télé-poubelle américaine dans lequel elle a grandi, dont elle est le pur produit.
Une certaine idée de l’enfer
Son père a fait fortune dans l’immobilier. Il est mort quand elle avait 14 ans, peu de temps après avoir divorcé de sa mère. Celle-ci aurait alors consacré son énergie à disputer à la gamine l’héritage dont elle s’est retrouvée l’unique légataire – 500 millions de dollars, tout de même –, la ­faisant interner dans un hôpital psychiatrique où on l’aurait droguée, pendant des mois, à haute dose. Le film ne cherche pas à restituer les faits dans leur exactitude. Comment le pourrait-il dans ce monde où l’idée de vérité s’est dissoute dans les vapeurs d’alcool et la morale vérolée de la télé-réalité ? A partir des bribes de récit que la jeune femme livre de son histoire, des images de son quotidien montées comme dans un reportage de MTV, il traque en revanche la vérité de son héroïne.
On retrouve la petite bande la nuit, sur un parking. Celui qui parlait de « buter des Noirs » prête son téléphone à un homme noir en détresse. C’est lui encore qu’on voit chanter à tue-tête, au clair de lune, sur le porche d’une maison de campagne, ce vieil air de country : « Les gens me demandent pourquoi je me défonce : parce que c’est une tradition familiale ! » Puis il se lance dans une longue déclaration d’amour à Taelor, célébrant cet insondable malheur qu’ils ont en partage, la force de caractère de la jeune femme, son génie singulier… Faisant mine de lui répondre, celle-ci se lance à son tour dans un monologue, tandis qu’il poursuit le sien. Aucun des deux n’écoute l’autre. Ils ne parlent que pour eux-mêmes. Une certaine idée de l’enfer émane de cette scène. Ce n’est pas la seule.
Taelor est vivante. Brisée mais bouleversante, comme sa voix qui résonne dans la salle vide d’un karaoké poisseux
Comme toutes les autres, cette nuit qui les aura aussi vus partir dans la brousse à la chasse au lièvre, à bord d’un pick-up transformé en tank de safari, fait place au jour. Taelor se réveille, découvre les bêtes tuées, disposées en rang d’oignon devant la maison. Délicatement, comme si elle ­accomplissait une forme de rituel, elle ferme les yeux de chacune. Taelor est vivante. Brisée mais bouleversante, comme sa voix qui résonne dans la salle vide d’un karaoké poisseux, chantant à pleins poumons A Change is Gonna Come, de Sam Cooke. Comme cette Marilyn des shopping malls qu’elle devient le temps d’un hit de Julio Iglesias craché par son autoradio, en se ­livrant sur le parking désert d’un hypermarché à un numéro de danse sidérant. Ressortie avec la carapace d’une héroïne de Mad Max du tas de cendres qui restait de sa vie, Taelor porte en bandoulière un désespoir teinté d’une fierté punk et chérit tout à la fois la mémoire d’un temps si proche et pourtant si lointain où elle éprouvait encore des sentiments.
Dans ce film qui, sans elle, n’aurait guère plus de profondeur qu’un reportage à la « Strip-tease », elle fait souffler un vent cassavetien. La mélancolie ravageuse qui sourd sous son masque d’indifférence la rend à la fois attachante et sublime. L’Amérique fracassée de Trump a trouvé sa Gena Rowlands.

Documentaire français de Nicolas Peduzzi (1 h 30). Sur le Web : www.septiemefactory.com/southern-belle



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ En révélant avoir eu une relation sexuelle avec Donald Trump et avoir touché un gros chèque contre son silence, l’actrice de X a reboosté sa carrière. Et mis le président américain dans de beaux draps.
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L’actrice porno Stormy Daniels, la bombe à retardement de Donald Trump 
                  
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Le Monde
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                  13.04.2018 à 13h57
 • Mis à jour le
15.04.2018 à 14h55


En révélant avoir eu une relation sexuelle avec Donald Trump et avoir touché un gros chèque contre son silence, l’actrice de X a reboosté sa carrière. Et mis le président américain dans de beaux draps.

Par             Stéphanie Le Bars





                     
Dans une autre vie, Stephanie Clifford était l’une de ces danseuses anonymes, prêtes à s’exposer en nu intégral pour un butin de billets lancés en cascade sur la scène d’un gentlemen’s club provincial. Dans cette autre vie, la jeune femme aux très longs cheveux blonds n’avait besoin de personne pour veiller sur son corps, abondamment dévoilé dans une myriade de films pour adultes.
Aujourd’hui, Stormy Daniels, son nom d’artiste, ne se déplace plus qu’entourée de deux vigiles à oreillette. Inaccessible. Des voitures de police stationnent devant les clubs où elle se produit. Et même les plus puritains des Américains connaissent son visage et ses formes généreuses.
Haïe ou admirée, l’actrice porno, plusieurs fois distinguée par les récompenses de l’industrie du X, est devenue la femme fatale du moment. Celle qui gâche les nuits et la vie conjugale de Donald Trump ; celle que l’avocat du président américain a voulu faire taire à coups de chèque et d’accord de confidentialité ; celle qui, malgré plusieurs semaines de déballage public sur leurs frasques d’un soir, a quasiment réduit au silence le plus célèbre des auteurs de Tweet rageurs. Une performance !

130 000 euros, le prix du silence
Ce soir-là, au Déjà Vu de Nashville, la prestation de Stormy Daniels, annoncée à 23 heures, se fait désirer. La boîte tenue par Michael Durham, pilier des nuits chaudes de la ville du Tennessee depuis près de trente ans, s’est remplie comme jamais. « Hier déjà, on a eu deux fois plus de clients qu’à l’accoutumée. Ce soir, vendredi, on va atteindre mille entrées », assure l’imposant patron, bonnet de marin vissé sur la tête, tatoué comme un pirate, du cou au bout des doigts.
Il faut reconnaître qu’il a bien fait les choses : l’affiche annonçant la présence de Stormy Daniels dans la ville est percutante et le jeu de mots sans équivoque : « The porn star that trumps them all ! », (« la star du porno qui les bat tous »),...





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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Une cinquantaine de militants de l’association pro-vélo Paris en selle ont formé, vendredi 13 avril, une chaîne humaine afin de garantir le passage des cyclistes sur la bande cyclable boulevard Saint-Denis, à Paris.
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