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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Une riche exposition propose une lecture de la révolte estudiantine qui a fortement marqué l’histoire contemporaine et dont l’écho résonne encore aujourd’hui.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Précurseur cinématographique du printemps de Prague, le réalisateur d’origine tchèque a réalisé notamment « Vol au-dessus d’un nid de coucou », « Amadeus » et « Hair ».
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Le cinéaste Milos Forman est mort

Précurseur cinématographique du printemps de Prague, le réalisateur d’origine tchèque a réalisé notamment « Vol au-dessus d’un nid de coucou », « Amadeus » et « Hair ».



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 16h17
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Dans les années 1960, les films que Milos Forman a tournés en Tchécoslovaquie – L’As de pique, Les Amours d’une blonde, Au feu les pompiers – signalaient l’émergence d’une nouvelle vague dans son pays, mais présageaient aussi de l’effervescence du printemps de Prague. Exilé aux Etats-Unis après l’invasion de son pays par l’URSS, il est devenu dans les décennies suivantes l’un des auteurs majeurs de Hollywood, qui lui a décerné à deux reprises l’Oscar du meilleur réalisateur, pour Vol au-dessus d’un nid de coucou et Amadeus. Milos Forman est mort le 13 avril à Hartford (Connecticut), des suites d’une maladie, a annoncé son épouse, Martina. Il avait 86 ans.
Milos Forman naît le 18 février 1932 à Cassave, en Tchécoslovaquie (actuelle République tchèque). Pendant la seconde guerre mondiale, son père, juif, résistant, a été tué par la Gestapo, et sa mère, protestante, a été déportée et assassinée à Auschwitz. Après la défaite de l’Allemagne nazie et l’instauration d’un régime communiste, Milos Forman suit ses études dans un établissement pour orphelins de guerre où il a pour condisciples Vaclav Havel, le futur dramaturge, dissident et président de la République, et Ivan Passer, qui sera au côté de Forman lors de l’émergence du nouveau cinéma tchécoslovaque.
Installation aux Etats-Unis
Attiré par le monde du théâtre, le jeune Forman finit par suivre les cours de la FAMU, l’école supérieure du cinéma de Prague. Avec Ivan Passer et le chef opérateur Miroslav Ondricek, il tourne un documentaire, Semafor, sur la troupe de théâtre du même nom, et sa première fiction, un court métrage, Concours. Un an plus tard, en 1964, son premier long métrage, L’As de pique, qui suit les déambulations d’un jeune homme pas très dégourdi, est primé au festival de Locarno. Présenté à Venise, son film suivant, Les Amours d’une blonde (1965), assied la réputation du cinéaste. La liberté du personnage principal,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Tandis que la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie célèbrent le centenaire de leur indépendance, des DJ se passionnent pour la disco produite dans ces pays à l’ère de l’URSS.
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Baltes populaires du temps des Soviets

Tandis que la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie célèbrent le centenaire de leur indépendance, des DJ se passionnent pour la disco produite dans ces pays à l’ère de l’URSS.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 10h36
    |

            Aureliano Tonet (Vilnius et Kaunas (Lituanie) - envoyé spécial)








                        



                                


                            

Sa fine mèche châtain en frissonne encore : pour DJ Weedska, le 16 février restera comme la soirée du siècle. La Lituanie célébrait ce jour-là le centenaire de la déclaration d’indépendance de 1918. A cette occasion, l’hurluberlu mixait au Turgus, une boîte de nuit de Vilnius, la capitale. « Paradoxalement, je n’ai passé que des disques datant de l’ère soviétique, se marre le gaillard de 37 ans, de son vrai nom Vytautas Verseckas. La période disco est la seule durant laquelle notre pays a produit des morceaux vraiment dansants. »
Au Turgus, ses tourneries furent au goût du public – de jeunes adultes, pour la plupart : « Je n’ai jamais rencontré un tel succès !, s’exclame DJ Weedska, par ailleurs spécialiste de salsa. Dans les années qui ont suivi l’indépendance de 1990, il était impossible d’apprécier la disco lituanienne à sa juste valeur : c’était d’abord vu comme le travail de gens qui avaient collaboré avec l’URSS. Avec le temps, le développement du Web et la reconnaissance de cette musique à l’étranger, notre regard a évolué. »
Les pays baltes, halte obligée pour les DJ
Le DJ ne croit pas si bien dire. Au creux du café cosy où il a donné rendez-vous, près de la gare de Vilnius, les enceintes diffusent Little Dark Age, quatrième album du groupe américain MGMT, parmi les plus estimés de la pop contemporaine. A sa sortie, en février, son chanteur, Andrew VanWyngarden, racontait au Monde comment il s’était passionné pour la disco et la new wave baltico-soviétique : « En fouillant dans les entrailles du Web, je passais de playlist en playlist, comme dans une boucle infinie. Je me suis pris de passion pour les premiers tubes de groupes lettons ou lituaniens de l’ex-URSS, au premier rang desquels Rondo. »

Ce n’est pas la première fois que la « hype » frappe les pays baltes, devenus une halte obligée pour les DJ à l’affût de vieilleries du meilleur aloi. En 2012,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Le cinéaste d’origine tchèque, naturalisé américain dans les années 1970, est mort des suites d’une maladie à l’âge de 86 ans, a fait savoir sa veuve.
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Milos Forman, réalisateur de « Vol au-dessus d’un nid de coucou », est mort

Le cinéaste d’origine tchèque, naturalisé américain dans les années 1970, est mort des suites d’une maladie à l’âge de 86 ans, a fait savoir sa veuve.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 09h14
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 11h58
   





                        



   


Le réalisateur d’origine tchèque Milos Forman, qui avait remporté à deux reprises l’Oscar du meilleur réalisateur pour ses films Vol au-dessus d’un nid de coucou et Amadeus, est mort vendredi 13 avril aux Etats-Unis des suites d’une maladie à l’âge de 86 ans, a indiqué sa veuve, Martina, à l’agence de presse tchèque CTK. « Il est décédé paisiblement, entouré de sa famille et de ses proches », a t-elle déclaré.
Un cinéaste engagé durant la période communiste
Né le 18 février 1932 dans la ville de Caslav à l’est de Prague, Milos Forman a perdu ses parents dans les camps de concentration nazis.
Dans les années 1960, il rejoint la Nouvelle vague de cinéastes se dressant contre le régime communiste dans l’ex-Tchécoslovaquie. Il se fait alors connaître grâce à ses films « L’As de pique », « Les amours d’une blonde » et « Au feu, les pompiers ».
Peu de temps avant l’occupation de la Tchécoslovaquie par les forces du Pacte de Varsovie en 1968, qui a mis fin à une période libérale connue sous le nom de Printemps de Prague, Forman part vivre aux États-Unis, via la France. Il est naturalisé citoyen américain en 1977.
Sa carrière outre-mer commence avec « Taking Off » en 1971, suivi quatre ans plus tard par « Vol au dessus d’un nid de coucou » qui apporte à Forman son premier Oscar du meilleur réalisateur, ainsi que quatre autres oscars (meilleur film, meilleur acteur pour Jack Nicholson, meilleure actrice pour Louise Fletcher et meilleur scénario adapté) et six golden globes.
En 1983, il retourne à Prague, encore sous le régime communiste, pour tourner « Amadeus », qui deviendra son deuxième grand succès public. Le film, qui a remporté de nombreuses récompenses, dont huit oscars (meilleur film, réalisateur, scénario, acteur, direction artistique, costumes, maquillage, son), narre l’histoire de la rivalité entre Wolfgang Amadeus Mozart et Antonio Salieri, tous deux à la cour de l’empereur Joseph II à Vienne.

   


Parmi ses autres films figurent notamment « Hair » (1979), « Ragtime » (1981), « Valmont » (1989) et « Larry Flynt » (1996), qui lui a valu une nouvelle nomination aux Oscars, ainsi que « L’homme sur la lune » (1999) et « Les fantômes de Goya » (2006).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Il y a cinquante ans, dans l’effervescence du mois de mai, s’affirmait une esthétique contestataire. Cinq ouvrages restituent la place du dessin au cœur du mouvement.
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Images. Mai 68 : dessiner sans entrave

Il y a cinquante ans, dans l’effervescence du mois de mai, s’affirmait une esthétique contestataire. Cinq ouvrages restituent la place du dessin au cœur du mouvement.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 09h00
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            
Les arts visuels (dessin, peinture, photographie, cinéma…) ont pour habitude d’accompagner les mouvements contestataires et les changements politiques. Mai 68 en reste l’exemple le plus éclatant, avec sa production d’images sur les murs et les palissades, dans les amphithéâtres et les usines, sur les affiches, les tracts et les pages des journaux satiriques. Cinquante ans plus tard, ce vaste travail d’invention iconographique n’a rien perdu de sa force d’évocation. Toute une grammaire de motifs récurrents (poings fermés, policiers casqués, barbelés…), de slogans calligraphiés et d’aplats monochromes continue de raconter les « événements » autrement que par le texte et la parole. Plusieurs ouvrages reviennent sur ce patrimoine artistique, indissociable du contexte politique dans lequel il a été créé.
A vos ordres, mon enragé !
L’Enragé. Les 12 numéros enfin réunis !, de collectifs, Hoëbeke, 120 p., 19,90 €
Vendus dans les rues de Paris entre le 24 mai et le 25 novembre 1968, les douze numéros de L’Enragé sont rassemblés pour la première fois dans un album qui plongera en nostalgie les gardiens de l’esprit soixante-huitard. Difficile de trouver plus irrévérencieux que ce journal d’inspiration anarchiste, publié par l’éditeur Jean-Jacques Pauvert, auquel participèrent des géants avérés ou à venir du dessin de presse, les Cabu, Siné, Wolinski, Topor, Willem, Cardon, qui, tous, œuvraient déjà dans les pages d’Action, le titre contestataire du journaliste Jean Schalit. Le premier numéro annonce la couleur avec un éditorial au ton belliciste : « Ce journal est un pavé. Il peut servir de mèche pour cocktail Molotov. Il peut servir de cache-matraque. Il peut servir de mouchoir antigaz. Nous sommes solidaires, et nous le resterons, de tous les enragés du monde. »
Un texte de Jacques Prévert (sur les violences policières) et les paroles de L’Internationale figurent également...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Certains artistes du continent ont vu le prix de leurs œuvres s’envoler, mais ce phénomène ne touche que ceux qui ont une reconnaissance internationale.
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L’Afrique, nouveau terrain de chasse des collectionneurs

Certains artistes du continent ont vu le prix de leurs œuvres s’envoler, mais ce phénomène ne touche que ceux qui ont une reconnaissance internationale.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 07h15
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Marché de l’art. En 2017, les artistes venus d’Afrique étaient partout en France : à la Fondation Louis Vuitton, sur la foire Art Paris Art Fair, aux Galeries Lafayette et à la Villette. Si l’actualité est moins intense cette année dans l’Hexagone, une brèche s’est résolument ouverte sur le marché de l’art. Piasa organise le 18 avril à Paris sa cinquième vente consacrée aux artistes africains.
Longtemps, le marché de l’art africain s’est circonscrit à une poignée d’acheteurs comme les collectionneurs Jean Pigozzi ou Hans Bogatzke et à un ou deux marchands comme André Magnin. Mais depuis quelques années, les lignes bougent. Des foires ont vu le jour comme 1:54 à Londres en 2013, et AKAA à Paris en 2016. De nouvelles galeries naissent en Afrique telles que Addis Fine Art, en Ethiopie, et 1957 au Ghana.
Triplement du nombre d’acheteurs
Les maisons de ventes aux enchères se sont aussi mises au parfum. Bonham’s a donné le ton en 2009 en organisant sa première vente autour du continent africain. « Ce n’était pas un marché facile, reconnaît son initiateur Giles Peppiatt. On peinait à avoir des acheteurs internationaux, car ces œuvres n’étaient pas beaucoup exposées. » Autres temps, autres mœurs.
En deux ans, Piasa a doublé son chiffre d’affaires annuel dans cette spécialité pour atteindre 1,6 million d’euros en 2017. « On avait commencé avec une vingtaine d’acheteurs en 2016, on en a près de 60 aujourd’hui », se félicite Christophe Person, spécialiste chez Piasa. Sotheby’s a aussi pris le train en marche en organisant en 2017 sa première vente réservée à l’art contemporain du continent. Et dès cette première opération elle a enregistré seize records, dont celui de 224 750 livres sterling (257 906 euros) pour le Nigérian Yinka Shonibare.

Le rapport Global Africa Art Market Report publié en décembre 2017 précisait que la maison de vente Arthouse Contemporary, au Nigeria, a vu les prix des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Remis pour la première fois le 10 avril, ce prix a couronné « Saufs riverains », d’Emmanuel Pagano (POL).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Le Prix du roman d’écologie révèle la diversité des plumes vertes

Remis pour la première fois le 10 avril, ce prix a couronné « Saufs riverains », d’Emmanuel Pagano (POL).



Le Monde
 |    14.04.2018 à 06h30
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Cela a commencé il y a quelques années, par petites touches. ­Thriller, polar, roman à thèse ou d’anticipation, plusieurs genres de fiction se sont progressivement emparés de l’écologie. Parmi les mutations environnementales qui se profilent à l’horizon, l’une s’est révélée une telle source d’inspiration qu’elle a même reçu un nom : c’est la « cli-fi », pour climate fiction. 
Jusqu’à présent, cette veine littéraire en plein essor restait pour l’essentiel l’apanage des auteurs anglo-saxons. Mais les choses sont en train de changer. En témoigne le Prix du roman d’écologie, attribué pour la première fois le 10 avril par l’association du même nom, qui distingue « un roman francophone paru en 2017 de grande qualité littéraire où les questions écologiques sont substantiellement présentes ».
La relation de l’homme et de l’eau
La lauréate est Emmanuelle ­Pagano pour le roman Saufs riverains (POL), deuxième volume de sa Trilogie des rives sur la relation de l’homme et de l’eau qui décrit l’ennoyage, en 1969, de la vallée du Salagou, dans l’Hérault, où le grand-père de l’auteure possédait deux petites vignes désormais submergées.
Fondée en partenariat avec la revue Esprit, le master « lettres et création littéraire » du Havre, l’Ecole nationale supérieure de paysage et le think tank transpartisan La Fabrique écologique, l’Association du Prix du roman d’écologie explique, sur son site Internet, les raisons de cette initiative. Aujourd’hui, les questions écologiques « résonnent dans le débat public, modifient la vie quotidienne, transforment les rôles de chacun », mais « la politique, l’information et la science ne s’adressent qu’à une partie de la nature humaine et ignorent largement d’autres ressorts, la sensibilité, l’émotion, l’empathie spontanée ». Là intervient la littérature, qui permet, « sans doute encore plus que d’autres formes d’expression artistiques, d’associer la quête intime,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » propose une liste de programmes à voir ou à écouter en différé.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Une famille recomposée et des enfants qui lisent : nos idées de replays et podcasts

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » propose une liste de programmes à voir ou à écouter en différé.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 06h29
   





                        



   


LES CHOIX DE LA MATINALE
Notre liste de recommandations se tourne cette semaine vers les enfants, avec deux replays animés et un podcast sur la préadolescence.
Les Blaireau-Renard, une famille recomposée et animée



C’est un terrier où vivent des blaireaux et des renards. L’image a de quoi surprendre. Pourtant, elle illustre le quotidien d’une famille (presque) comme les autres : celle d’Edmond et de sa tribu. Un beau matin, ce blaireau sans histoire, veuf et père de trois marmots, recueille sous son grand châtaignier Marguerite, une flamboyante renarde, et sa fille, la très enthousiaste Roussette, dont le terrier vient d’être détruit par des chasseurs. Les sentiments font leur chemin et la famille Blaireau-Renard se forme, tant bien que mal.
Adapté des six tomes de la bande dessinée Monsieur Blaireau et Madame Renarde (Dargaud), de Brigitte Luciani et Eve Tharlet, le programme explore le thème de la famille recomposée, et plus largement la notion de vivre ensemble. Comment trouver sa place au sein d’une fratrie, accepter l’autre malgré ses différences, et mettre de côté son ego : autant de problèmes abordés avec délicatesse par cette fiction à hauteur d’enfant. Camille Langlade
« La Famille Blaireau-Renard », réalisé par Florian Ferrier (France, 2018, 52 × 12 min. Dès 4 ans). A revoir sur France.tv
Et soudain les livres s’animent

Que ce soit dans « La Grande Librairie » sur France 5, « Dans quelle éta-gère » sur France 2 ou dans « 21 centimètre » sur Canal+, entre romans et essais, les albums jeunesse doivent jouer des coudes afin de trouver leur place. Avec La Cabane à histoires, rien de tel. Au contraire. Ils prennent leurs aises au sein de cette série hybride, destinée aux enfants de 4 à 7 ans, qui mêle scènes réelles et animations.
Pour cette deuxième saison qui vient de débuter sur Piwi+, le principe reste le même : on y suit Tiago, Lisette, Fanny et Antoine et leurs nouveaux amis, perchés dans leur douillette cabane. Là, entre jeux et discussions, la lecture s’offre comme une réponse divertissante et légère à leur questionnement ou à leur préoccupation. Sous la forme d’une plongée dans un album qui prend vie grâce à une animation fidèle à l’univers des auteurs-illustrateurs.
La palette est toujours aussi variée puisqu’on y retrouve, en autres, Grégoire Solotareff, Nadja, Gilles Rapaport ou Philip Giordano. Au fil de cette saison, qui fait la part belle aux oiseaux, il sera question d’amitié, de chagrin, de mensonge, de deuil, de rêve, de caprice. Et bien sûr, du bonheur de lire. Christine Rousseau
« La Cabane à histoires », saison 2 (France, 2016, 23 x 7 minutes). Sur Piwi+, tous les jours à 19 h 55, le mercredi à 15 heures, le samedi et le dimanche à 9 h 30. A revoir sur MyCanal.
Justine entre deux âges

   


Depuis qu’elle est petite, les adultes expliquent à Justine qu’il lui faut « profiter de son enfance, parce que nous aussi on aimerait bien retourner à cet âge-là ». Oui, mais voilà, la fillette découvre lors de son entrée en 6e qu’autour d’elle, quelque chose ne fonctionne plus comme avant. Ainsi Jo, sa meilleure amie, l’ignore face aux autres élèves car elle estime qu’elle n’est « pas assez branchée ». Et Justine s’interroge sur les regards inquisiteurs de ses camarades quand elle vient avec son doudou à l’école…
C’est à travers ces petits récits de vie que Justine nous fait vivre son passage entre l’enfance et l’adolescence. Entre, c’est précisément le nom de cette série hebdomadaire lancée début mars sur le site de podcasts narratifs Louie Media.
Prenant la forme de courts entretiens (de sept à dix minutes), cette série d’une vingtaine d’épisodes alterne sujets légers et graves. Entre amitié et flirt, harcèlement et amour maternel fusionnel, cette série, à l’habillage sonore doux et léger, offre un témoignage intime, sincère et touchant sur la préadolescence. Antoine Laurent
« Entre », de Charlotte Pudlowski. Disponible sur louiemedia.com, iTunes, Soundcloud, Audible et Youtube.
Sida, un espoir mesuré

   


Grâce aux trithérapies, apparues en 1996, vivre avec le virus d’immunodéficience humaine (VIH) est devenu plus simple et moins fatal : en réduisant presque à néant la charge virale des patients infectés, elles contiennent la maladie et elles préviennent la multiplication de sa transmission.
Dans ce documentaire que rediffuse LCP, Aurore Aubin passe en revue l’état des recherches destinées à l’élaboration d’un vaccin. Le préventif est encore un vague espoir, même si une équipe nord-américaine prétend pouvoir, grâce à des voies de recherche nouvelles et radicalement différentes, le mettre au point pour 2020. Mais le vaccin curatif semblerait, dans l’état actuel des expérimentations, donner des signes encourageants de réussite et pourrait, à terme, remplacer les médicaments.
Françoise Barré-Sinoussi, l’une des codécouvreuses du virus, dans l’équipe du professeur Luc Montagnier, à l’Institut Pasteur, confirme ces espoirs mais elle met en garde contre des annonces prématurées qui ne feraient, comme cela a si souvent eu lieu, que provoquer des déceptions. Renaud Machart
« Sida, à quand son éradication ? », d’Aurore Aubin (France, 2016, 55 min.). Rediffusion sur LCP, le mercredi 18 avril à 0 h 30.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ L’ancien directeur de la Tate Modern de Londres, dont la nomination avait fait polémique, jette l’éponge.
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Chris Dercon quitte la Volksbühne de Berlin

L’ancien directeur de la Tate Modern de Londres, dont la nomination avait fait polémique, jette l’éponge.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 18h34
    |

            Brigitte Salino








                        



                                


                            

Annoncée vendredi 13 avril au matin, la nouvelle fait grand bruit dans les milieux de la culture berlinois, mais elle ne surprend pas : Chris Dercon démissionne de son poste de directeur de la Volksbühne, sans même attendre la fin de la première saison qu’il avait mise en place. Le communiqué qui annonce son départ ne tourne pas autour du pot. Il indique que les deux parties – Klaus Lederer, le ministre de la culture du Land de Berlin, et Chris Dercon lui-même – conviennent que « la Volksbhüne a besoin d’un nouveau départ », les projets de Chris Dercon n’ayant pas donné les résultats espérés.

Ces projets s’annonçaient comme une révolution dans ­l’histoire de la Volksbühne. Située dans l’ex-Berlin-Est, cette scène historique édifiée au début du XXe siècle était un fleuron du théâtre d’art. Frank Castorf, le prédécesseur de Chris Dercon, s’inscrivait dans la tradition. Nommé en 1992, ce metteur en scène de ­génie qui a su accompagner les années de la réunification, est resté en poste jusqu’en 2017. Chris Dercon ne lui a pas succédé dans un contexte favorable.

Violemment attaqué
Dès l’annonce de sa venue à ­Berlin, deux ans avant de prendre son poste, le Flamand a été violemment attaqué, au motif qu’il n’avait jamais dirigé de théâtre. Né en 1958, historien de l’art, Chris Dercon avait jusqu’alors mené une belle carrière à la di­rection de musées en Europe, dont la Haus der Kunst (Maison de l’art), à Munich, de 2003 à 2011, puis la très prestigieuse Tate Modern de Londres. Chris Dercon n’a pas su désarmer les milieux de la culture et la gauche berlinoise, malgré l’opération de charme à ­laquelle il s’est livré en annonçant son projet : ouverture à toutes les disciplines artistiques, renforcement de la dimension interna­tionale de la programmation, et rattachement à la Volksbühne du hall 5 de l’aéroport désaffecté de Tempelhof, au sud de Berlin, pour y présenter des spectacles.

Ce projet a été contesté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Notre choix du soir. Pablo Larrain évoque le stupéfiant sens de la mise en scène de la « First Lady » sur un mode délicat et aérien (sur Canal+ Cinéma à 20 h 50).
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TV – « Jackie » Kennedy ou l’art de la représentation

Notre choix du soir. Pablo Larrain évoque le stupéfiant sens de la mise en scène de la « First Lady » sur un mode délicat et aérien (sur Canal+ Cinéma à 20 h 50).



Le Monde
 |    13.04.2018 à 17h45
    |

            Jacques Mandelbaum








                        


Film sur Canal+ Cinéma à 20 h 50

Jackie a l’art de substituer des ­semelles de vent au plomb du biopic intégral et illustratif. Sa formule tient dans une réduction tous azimuts. Moment historique précis et aigu : une semaine après l’assassinat de JFK. Instance narrative circonstanciée : Jackie reçoit, sur la terrasse de la maison de vacances des Kennedy, un journaliste pour sa première interview dans le magazine Life. Focalisation extrême sur l’héroïne : Natalie Portman, en mode mimétique absolu, est de tous les plans. A partir de ce noyau dur, le film rayonne librement dans le temps et l’espace, cultive la fragmentation narrative, mélange avec une intelligence souveraine reconstitution et archives, s’emploie dans un 16 millimètres chromatiquement explosif, et sur une composition funèbre magnifiquement dissonante de Mica Levi, à reproduire les chromos d’époque pour mieux les retourner.
Ce déploiement formel, d’une intense délicatesse, raconte une histoire à certains égards aussi froide que la mort : à savoir, jusque dans son affliction, le stupéfiant sens de la mise en scène de Jackie Kennedy, veuve éplorée qui va se battre sur tous les fronts pour commencer à écrire comme elle l’entend la légende du défunt président. C’est sa confrontation au rasoir avec le journaliste politique Theodore H. White, chargé de consigner ce tout premier témoignage pour Life.
Président Lincoln et roi Arthur
C’est son introduction dans cet entretien du motif de Camelot, qui compare le mandat de JFK au règne du roi Arthur dans ce séjour légendaire et édénique. C’est enfin sa lutte avec le service de sécurité présidentiel pour obtenir des funérailles à pied et à cheval, dans un décorum délibérément emprunté aux obsèques et à la légende d’un autre président que son assassinat a contribué à sanctifier : Abraham Lincoln.
Deux mythes, dont l’idéalisme serait le point commun, se superposent ici. Celui, proprement américain et démocratique du président Lincoln. Et celui, ­anglais et monarchique, du roi Arthur. Cette collusion résume peut-être mieux que tout la personne qu’était Jackie Kennedy, qui avait compris très tôt et mieux que personne que la politique, est aussi, et peut-être surtout, une affaire de symbole et de design. En témoignent sa prise en charge immédiate de la décoration de la Maison Blanche qu’elle dit vouloir « partager avec les Américains », sa visite télévisée des appartements privés du bâtiment dans une émission de CBS du 14 février 1962 qui casse la baraque, le soin maniaque qu’elle porte à sa propre image, sa volonté enfin de transférer publiquement le corps des deux enfants morts du couple dans le tombeau présidentiel et familial d’Arlington.

   


Il y a là, entre émotion et calcul, tragédie et comédie, une manière d’inscrire le président John Kennedy et sa famille dans une perspective idéalisée qui ne correspond évidemment pas à ce que fut la réalité politique et familiale des Kennedy. Même la référence à la légende arthurienne, en dépit de son marquage royal, puise en vérité dans le show-business, puisqu’elle est motivée par l’amour que le couple Kennedy aurait porté à la comédie musicale Camelot (écrite par Alan Jay Lerner et Frederick Loewe), qui triompha à Broadway de 1960 à 1963.
Prenant le ­risque d’être considéré pour le meilleur comme une hagiographie, pour le pire comme un exercice formaliste, Jackie est infiniment mieux que cela : un film réflexif qui montre que le style est une affaire politique.
Jackie, de Pablo Larrain. Avec Natalie Portman, Peter Sarsgaard, Billy Crudup, Greta Gerwig (EU, 2017, 1 h 40).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ A voir aussi ce soir. Retraçant le parcours d’Amélie Hélie, ce documentaire nous plonge dans le Paris miséreux de la fin du XIXe et du début du XXe siècle (sur Histoire à 20 h 40).
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TV – « Casque d’Or, la vraie »

A voir aussi ce soir. Retraçant le parcours d’Amélie Hélie, ce documentaire nous plonge dans le Paris miséreux de la fin du XIXe et du début du XXe siècle (sur Histoire à 20 h 40).



Le Monde
 |    13.04.2018 à 17h30
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Histoire à 20 h 40

Dans l’imaginaire collectif, Casque d’or a les traits troublants de Simone Signoret. En 1952, l’actrice incarne, aux côtés notamment de Serge Reggiani, Claude Dauphin et Raymond Bussières, une prostituée de la soi-disante Belle Epoque, devenue célèbre à la suite d’un fait divers sanglant. Dans la réalité, Amélie Hélie alias « Casque d’or » avait, si l’on en juge les photographies d’alors, les traits moins agréables que la jeune Signoret. Et son parcours fut moins confortable que celui mythifié par Jacques Becker à l’écran.
Ce documentaire riche de formidables archives sonores, de dessins animés, d’extraits de films des années 1920 et 1930, de croquis, de coupures de presse et de nombreux extraits de lettres signées d’Amélie Hélie, retrace la vraie vie de « Casque d’or ». Et, à travers elle, il permet de plonger avec plaisir dans un Paris inquiétant : celui miséreux de la fin du XIXe et du début du XXe siècle qui, des Boulevards aux fortifs, de Charonne à Belleville, voit se mêler prostituées, voyous armés, enfants en haillons et flics sans pitié.
Côté Est de Paris, des mineures couchent dès l’âge de 12 ans pour quelques sous et l’on tue pour un rien. Quartier insalubre dans lequel un enfant de 10 ans a sept fois moins de chance de rester en vie qu’un gamin des beaux quartiers, le 11e arrondissement fournit le contingent le plus important de prostituées parisiennes : une sur dix vient de ce coin de la capitale.

   


La seule chance pour Amélie de survivre à la misère ? Vendre ses charmes. « Ma bouche est sensuelle, elle connaît les chatteries savantes ! » écrit-elle. Au Moulin de la Galette, entre une polka et une java, la toute jeune fille rencontre son « petit matelot ». Elle le quitte à 14 ans et demi pour suivre La Belle Hélène qui va lui faire découvrir tous les bals à la mode des bas-fonds. C’est dans un établissement peu recommandable de la rue de la Roquette qu’elle rencontre Bouchon, alias François Leca. Bon amant, ce séduisant vaurien de Charonne, la protège contre les clients déséquilibrés et les flics. En échange, elle lui donne une partie de l’argent de ses clients bourgeois. « J’en ai vu de toutes les couleurs sur le ruban ! J’en ai rencontré des brutes, des malades, des farceurs…. »
Lorsque Bouchon devient violent, elle s’enfuit. Dans un autre quartier, Amélie est abordée par un joli garçon de 20 ans, Joseph Manda (interprété par Reggiani dans le film de Becker). Ce sera l’autre amour de sa vie. Mais avec le temps, Manda devient chef de bande et la délaisse. Et, voilà que Leca revient dans la danse. La fin de l’histoire ? Une haine féroce entre les deux voyous chers au cœur de « Casque d’or », une attaque meurtrière en plein Paris qui, en janvier 1902, fait la « une » d’une presse déchaînée. Leca et Manda sont condamnés au bagne.
Devenue célèbre, Amélie Hélie sert de modèle pour un peintre, le journaliste Henri Frémont écrit Mes jours et mes nuits, mémoires de Casque d’Or. Mais la bonne société est scandalisée et le préfet de police Lépine va mettre un terme à cette notoriété. « Casque d’or » retrouve le bordel, avant de terminer sa vie comme marchande foraine en bonneterie.
Casque d’or, la vraie, d’Alexandre Dupouy (France, 2015, 60 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ A voir aussi ce soir. L’acteur et réalisateur dressait, en 1972, un tableau férocement drôle et prémonitoire du paysage audiovisuel français (sur Ciné+ Classic à 20 h 45).
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TV – « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil »

A voir aussi ce soir. L’acteur et réalisateur dressait, en 1972, un tableau férocement drôle et prémonitoire du paysage audiovisuel français (sur Ciné+ Classic à 20 h 45).



Le Monde
 |    13.04.2018 à 17h30
    |

            Alain Constant








                        


Film sur Ciné+ Classic à 20 h 45

Stupidité des programmes proposés à l’antenne, ­bru­talité des relations entre ­employeurs et employés, pressions ­politiques sur les dirigeants d’une grande station de radio, poids de la publicité, conformisme ­ambiant, hypocrisie générale, tout y est. En 1972, Jean Yanne (1933-2003) signe, avec Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, son premier long-métrage, qui se révélera, et de loin, le meilleur de sa filmographie en tant que réalisateur. Bien plus efficace et percutant que les pochades bâclées qui suivront, du type Les Chinois à Paris, Chobizenesse, Je te tiens, tu me tiens par la barbichette ou Liberté, égalité, choucroute.
En imaginant le quotidien d’une grande station commerciale, Radio plus, Jean Yanne dresse un tableau aussi féroce que crédible du paysage audiovisuel français du début des années 1970. Mieux : il préfigure ce que deviendront certains grands ­médias audiovisuels dans les ­décennies à venir.
Un humour incisif
Il faut dire que cet acteur, amuseur, mais aussi chroniqueur à la radio et à la télévision, connaît parfaitement les coulisses du PAF ainsi que les faiblesses humaines. Avec son coscénariste, Gérard Sire, il réussit un film incisif, aidé par une distribution de haut ­niveau. La bande de copains réunie ici a de quoi faire rêver : Bernard Blier incarne un détestable affairiste à la tête de la station ; Jacques François, veule à souhait, est un directeur de programmes gluant ; Michel Serrault, l’intello qui vit de subventions publiques, Daniel Prévost, animateur prêt à tout pour garder son poste, et ­Marina Vlady, lumineuse épouse du boss, sont aussi de la partie.
Tout comme Yanne, qui, avec son sourire de « je-m’en-foutiste », ­incarne Gerber, journaliste de ­Radio plus mis au placard avant d’être nommé superviseur des programmes. Effaré par la nullité des émissions, il quitte la station, avant de revenir aux commandes, dans la peau d’un patron aux idées neuves. En clair : tenter l’expérience d’une station sans langue de bois ni publicité. La musique, omniprésente, fait partie du spectacle, les séquences de quasi-comédies musicales aussi. Et si, comme souvent chez Yanne, la réalisation est un concept plutôt flou, le plaisir que procure ce film reste intact.
Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, de Jean Yanne (Fr., 1972, 100 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Une exposition au Musée du quai Branly-Jacques Chirac propose une immersion parmi les créatures surnaturelles qui apparaissent dans les arts religieux, traditionnels et populaires au Japon, en Thaïlande et en Chine.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ A écouter cette semaine : un concert enthousiasmant de 1958 à l’Olympia, le retour d’une icône de la chanson française, un conteur indie-rock new yorkais…
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Sélection albums : Jazz From Carnegie Hall, Françoise Hardy, Amen Dunes…

A écouter cette semaine : un concert enthousiasmant de 1958 à l’Olympia, le retour d’une icône de la chanson française, un conteur indie-rock new yorkais…



Le Monde
 |    13.04.2018 à 16h02
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 16h07
   





                        


George Crumb Makrokosmos Stéphanos Thomopoulos (piano)

   


Les deux volumes de Makrokosmos (1972-1973) comptent parmi les œuvres les plus enregistrées de George Crumb. Comme Black Angels, son célèbre quatuor à cordes électrifié, antérieur de deux ans, ces 24 Fantasy-Pieces minutieusement et mystérieusement reliées aux différents signes du Zodiaque témoignent d’un goût pour le symbole qui situe le compositeur américain, né en 1929, comme une sorte d’Alban Berg de l’ère post-sérielle. Utilisant toutes les ressources du piano (enrichi d’accessoires tels que des chaînes ou des bagues) et du pianiste (qui donne aussi de la voix pour rugir, murmurer ou siffler), ces Makrokosmos siègent dans l’onirisme. Moins spectaculaire que les versions de référence enregistrées par Toros Can (L’Empreinte digitale) et Margaret Leng Tan (Mode Records), l’interprétation très raffinée de Stéphanos Thomopoulos est celle d’un esthète, sensible aux lignes de fuite (amplification soignée du piano) comme aux effets de masse (tachisme savamment multicolore). Pierre Gervasoni 
1 CD Printemps des arts de Monte-Carlo.
Divers artistes Jazz From Carnegie Hall : 1er octobre 1958

   


Nous n’y étions pas, mais cette édition d’un enregistrement réalisé en 1958 à l’Olympia par la radio Europe N°1 nous permet de remonter le temps et de découvrir un concert enthousiasmant, organisé par Frank Ténot et Daniel Fillipacchi, étape parisienne d’une tournée européenne de plusieurs musiciens réunis sous le nom Jazz From Carnegie Hall. Pensez, les deux trombonistes J.J. Johnson et Kai Winding (pour les cinq derniers morceaux), l’altiste Lee Konitz (sur le seul Star Eyes) et surtout le trio composé de l’époustouflant pianiste Phineas Newborn, de l’immense contrebassiste Oscar Pettiford – qui allait rester en Europe et y mourir deux ans plus tard, à 37 ans – et du plus parisien des Américains, le batteur Kenny Clarke. Les arrangements de J.J. Johnson sont remarquables et Pettiford est impressionnant, en particulier sur sa composition Laverne Walk et son interprétation en solo de Stardust. Seul regret, deux bandes ont été perdues, qui contenaient le reste de la prestation de Lee Konitz et celle du ténor Zoot Sims. Paul Benkimoun
1 CD Frémeaux & Associés, collection « Live in Paris »/Socadisc.
Françoise Hardy Personne d’autre

   


Les plus belles chansons de Françoise Hardy (de Mon amie la rose en Partir quand même) ne se sont jamais singularisées par leur joie de vivre et leur allégresse. Le temps n’arrange rien à l’affaire, et moins encore la maladie, ce vingt-huitième album intervenant pour cette raison après plus de cinq années de silence – du moins discographique puisque la chanteuse a publié en 2016 un livre sur son combat. Dans ces circonstances particulières, Personne d’autre est une déception : à la mélancolie douce-amère que distillent toujours les mots de la parolière (avec messages subliminaux à Jacques Dutronc) se substitue un sentiment de monotonie, que renforce la lisse réalisation d’Erick Benzi, cador de la variété hexagonale, privilégiant guitares éthérées, claviers atmosphériques et nocturnes au piano. De cet ensemble manquant de relief se distinguent Le Large, le single écrit par La Grande Sophie et, forcément, la sublime mélodie de Seras-tu là ?, pour une sage reprise du classique de Michel Berger. Bruno Lesprit
1 CD Parlophone/Warner Music.
Barcella Soleil

   


Quatrième album de Barcella, Soleil porte bien son nom. Un soleil qui ne serait pas seulement dans l’illumination et la chaleur du plein été, mais tout en nuances, à l’image de la diversité des approches du chanteur, guitariste et auteur-compositeur. En douze chansons, douze mélodies à la belle lisibilité, dans un traitement pop-variété, avec des textes simples, mais pas simplistes, une diction précise, par laquelle chaque mot se détache. A chaque chanson une idée d’arrangement, un motif original, une fantaisie musicale : Passe passe avec le léger rebond de quelques notes de piano, Les Chevaux sauvages où un claquement de doigt se transforme peu à peu en frappe des mains, Améthyste, qui pour chanter « ces mots qui rusent d’espièglerie », mêle banjo, tuba et cordes, Tatiana avec sa touche rock par la guitare, l’ambiance jazz fanfare de Soleil 2.0 qui relie Barcella à Charles Trenet… En lien de chanson en chanson, des chœurs de voix enfantines et adolescentes bien dosés. Sylvain Siclier 
1 CD Ulysse maison d’artistes/Sony Music.
Amen Dunes Freedom

   


Entre nonchalance enfumée et tension paranoïaque, le New-Yorkais Damon McMahon, démiurge d’Amen Dunes, habite ses chansons en conteur indie-rock, capable de vous persuader que le genre peut encore susciter de l’envoûtement. Le délicieux Blue Rose introduit ce cinquième album en chaloupant gracieusement au son d’un synthétiseur, mais les narrations de Freedom confient généralement leur doux venin à des tourneries de guitare élaguée, basse sombre et batterie minimale (Believe, Satudarah) évoquant l’héritage des anti-héros de la Big Apple (Lou Reed, Tom Verlaine, Richard Hell…). Même si une voix au vibrato de prêcheur et la moiteur de nombre de ces bandes-sons suintent plus au sud (Calling Paul The Suffering, où Johnny Cash semble jouer avec des Jamaïcains) ou hallucinent du côté de la Californie (Miki Dora, L.A.). Stéphane Davet
1 CD Sacred Bones/Differ-ant.
Hugh Masekela ’66 –’76

   


Le 23 janvier, un héros est tombé : Hugh Masekela, trompettiste, chanteur, auteur-compositeur de référence dans l’histoire musicale de l’Afrique du Sud, valeureux guerrier de la lutte anti-apartheid qu’il menait depuis les Etats-Unis où il s’était exilé en 1960, après un passage par Londres. Pendant cet exil, il y a enregistré et publié des albums qui ne sont jamais arrivés jusqu’en Europe et devenus introuvables aux Etats-Unis. Peu de temps avant sa mort, Masekela avait entrepris avec son ami producteur Stewart Levine, de combler ce triste manque. Le résultat est là aujourd’hui. Elégant et généreux, à l’image du bonhomme. Accompagnée d’un livret passionnant signé Robin Denselow et Stewart Levine, cette copieuse compilation en trois volumes réunit une sélection de titres choisis à partir de 11 disques enregistrés entre 1966 et 1976, sa période la plus prolifique (avec d’éclatants succès, dont Grazing In The Grass et Stimela). Deux y sont réédités intégralement : Masekela Introducing Hedzoleh Soundz (enregistré à Lagos) et I Am Not Afraid. Indispensable. Patrick Labesse
3 CD Wrasse Records/Caroline.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Dans ses œuvres, sortes de reliquaires muraux et de sculptures-objets, images et références se trouvent prises comme dans une glace invisible et indestructible.
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Sélection galerie : Franck Scurti chez Michel Rein

Dans ses œuvres, sortes de reliquaires muraux et de sculptures-objets, images et références se trouvent prises comme dans une glace invisible et indestructible.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 15h55
    |

                            Philippe Dagen








                        



   


Il suffit de peu de choses à Franck Scurti pour travailler : le souvenir des ­Mangeurs de pommes de terre, de Van Gogh, un chromo de soleil couchant, des grillages tordus, une tringle à rideau et une vieille table trouvées dans la rue, des emballages alimentaires, des bouts de bois, des boules de terre et tout ce qui encombre son atelier. Peu à peu, les éléments ­se mettent en place, et les métamorphoses commencent. Le vieux meuble est revêtu d’une cuirasse d’aluminium ­cuivrée luisante comme un miroir. Le filet à pommes de terre se change en résille d’or. Le contreplaqué griffé prend la forme d’une palette de peintre. Une planche cassée trouve exactement sa place. Par ces procédés empiriques et lents, Scurti ­obtient des sortes de reliquaires muraux et de sculptures-objets où s’inscrivent la mémoire de l’histoire de l’art et les ­stéréotypes de la publicité et du numérique. Très déconcertants au premier regard – ce qui est en soi bon signe –, ils ­révèlent ensuite leur véritable définition : ce sont des pièges où images et références se trouvent prises comme dans une glace invisible et indestructible.
« The Potato Eaters/Sunset Stories », de Franck Scurti. Galerie Michel Rein, 42, rue de Turenne, Paris 3e. Tél. : 01 42-72-68-13. Du mardi au samedi de 11 heures à 19 heures. Jusqu’au 19 mai.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le tribunal a en revanche refusé d’accorder à David Hallyday et Laura Smet le droit de regard qu’ils demandaient sur l’album posthume de leur père.
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Héritage de Johnny Hallyday : la justice ordonne le gel des biens français du chanteur

Le tribunal a en revanche refusé d’accorder à David Hallyday et Laura Smet le droit de regard qu’ils demandaient sur l’album posthume de leur père.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 15h14
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 06h33
    |

            Pascale Robert-Diard








                        



   


Le tribunal de grande instance de Nanterre a prononcé, vendredi 13 avril, le gel des avoirs immobiliers français de Johnny Hallyday (Jean-Philippe Smet à l’état civil) – ses deux résidences de Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine) et de Saint-Barthélemy – et il a placé sous séquestre les droits d’artiste du chanteur. Il a en revanche refusé d’accorder à ses deux enfants aînés, David Hallyday et Laura Smet, le droit de regard que ceux-ci demandaient sur l’album posthume de leur père.
Cette décision de justice est prononcée à titre conservatoire avant la procédure au fond, qui devra trancher la question de la validité du testament du chanteur, par lequel il a exclu ses deux aînés de son héritage en application du droit californien.
« La volonté de Johnny Hallyday a donc été respectée », s’est aussitôt réjoui Me Ardavan Amir-Aslani, avocat de la veuve de l’artiste, Læticia Hallyday. Il a aussi salué le fait que le gel ne concerne pas les actifs américains du défunt et il a réaffirmé que « le droit moral sur le dernier album a été exercé du vivant de l’artiste ».
A l’audience, le 30 mars, l’avocat de Warner Music avait opposé une fin de non-recevoir à la demande de droit de regard sur l’album posthume du chanteur, affirmant que ce dernier avait lui-même « validé l’ensemble des compositions musicales » qui y figurent. Les avocats de David Hallyday et de Laura Smet avaient d’ailleurs laissé entendre qu’ils n’exigeaient plus explicitement un « droit de regard » mais plutôt la simple possibilité de l’écouter avant que celui-ci soit rendu public.
« Il est établi par les nombreuses pièces produites par la société Warner que Jean-Philippe Smet a fixé les conditions dans lesquelles l’album devait être enregistré, choisi les auteurs des œuvres musicales qu’il a interprétées ainsi que le réalisateur artistique de cet album (…), approuvé le choix des musiciens (…), manifestement validé le 22 novembre 2017 les enregistrements déjà réalisés à cette date », dit le jugement de vendredi.
Première victoire
La décision représente néanmoins une première victoire pour David Hallyday et Laura Smet, qui se sont engagés dans une longue bataille juridique pour faire valoir leurs droits dans la succession de leur père. La question de fond est de savoir si celle-ci est soumise au droit français, selon lequel il est interdit de déshériter ses enfants, ou au droit californien, qui permet de disposer librement de ses biens.
Les avocats de Laura Smet ont d’ailleurs salué, vendredi, une « première étape du processus judiciaire » qui « s’enclenche d’une manière favorable ». « Cette ordonnance reprend [notre] argumentation sur la loi française applicable au règlement de la succession », disent Pierre-Olivier Sur, Hervé Témime et Emmanuel Ravanas.
En obtenant un premier jugement d’un tribunal français, dont la compétence n’a pas été contestée par les avocats de Læticia Hallyday, les conseils de David Hallyday et de Laura Smet marquent un point important. Ils avaient à dessein adressé à Læticia Hallyday une assignation à sa résidence de Marnes-la-Coquette, et non aux Etats-Unis, afin d’obtenir la compétence d’un tribunal français.

        Comprendre :
         

          Cinq questions sur l’héritage de Johnny Hallyday



Ils entendent en effet s’appuyer, pour la suite, sur un règlement européen de 2012, applicable aux successions ouvertes à partir du 17 août 2015, qui, pour déterminer la loi applicable en la matière, ajoute au critère de « résidence habituelle » celui des « liens » qu’entretenait le défunt avec tel ou tel pays.
« Johnny est une part de la France »
L’appréciation de ce lien est laissée aux juges à partir d’un faisceau d’indices. Lors de l’audience du 30 mars, les avocats de David Hallyday et de Laura Smet avaient ouvert ce débat. « Où Johnny malade a-t-il décidé de se faire soigner ? En France ou aux Etats-Unis ? Où Johnny vend-il ses disques ? En France ou aux Etats-Unis ? Johnny est une part de la France, Johnny est un destin français », avait observé Me Emmanuel Ravanas. « Tout a été fait pour que la France n’ait plus accès à quoi que ce soit alors que le patrimoine de Johnny est français », avait renchéri Me Pierre-Jean Douvier.
« Il apparaît de la procédure que les demandeurs font valoir des moyens sérieux quant à l’applicabilité de la loi française à la succession de Jean-Philippe Smet [au regard des articles du règlement européen] en relevant les éléments qui peuvent être pris en considération pour retenir que l’intéressé avait sa résidence habituelle en France au moment du décès ou encore qu’au moment de son décès, il présentait des liens manifestement plus étroits avec la France » qu’avec la Californie, rappelle ainsi le jugement.




                            


                        

                        


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Danse : la cavale tribale d’Hofesh Shechter

Le chorégraphe israélien noue ensemble trois de ses pièces et en tire un spectacle survolté et envoûtant.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 14h47
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 18h52
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

C’est rond, ça mouline en boucle, ça vient par vagues, et ça ­emporte irrésistiblement. C’est le ventre qui parle, les tripes qui réagissent jusqu’au bout des neurones. Ce kidnapping est signé Hofesh Shechter. Une fois de plus, huit ans après son premier passage en 2010 au Théâtre de la Ville, à Paris, le chorégraphe israélien met dans le mille en une heure top chrono avec Show, spectacle pour huit danseurs.
Show rassemble trois pièces courtes que Shechter a bien fait de nouer : Clowns, créé en 2016 pour le Nederlands Dans Theater, The Entrance et Exit. De cette triplette, il presse un jus organique survolté par les percussions métalliques de son cru. Aucune séparation dans ce spectacle qui souligne, ­peut-être un peu trop d’ailleurs, l’un des motifs chorégraphiques de Shechter : les entrées et ­apparitions permanentes sur le plateau, scènes flashées comme issues d’un rêve et sans cesse relancées au gré d’un montage sec.

Cette cavale tribale qu’est Show – quasiment une marque de fabrique Shechter depuis ses premières pièces majeures en 2006 – offre une belle synthèse de son style. Elle se révèle un sauf-conduit ­parfait pour la bande d’interprètes âgés de 18 à 25 ans de la compagnie junior Shechter II. Présentée pour la seconde fois à Paris, cette troupe, créée en 2015, sept ans après le lancement de son premier groupe, résulte d’une audition qui a rassemblé plus de 1 000 danseurs du monde entier. C’est dire l’attrait du chorégraphe qui tient exceptionnellement l’affiche des Abbesses à Paris jusqu’au 21 avril.
Bizarre farandole
Il y a de la transe comme toujours chez Shechter, de l’esprit chaman, dans ce Show qui a tout d’un rituel contemporain circulant comme une sarabande sur le plateau. Il y a aussi de la parade de cirque, du bal baroque, de la rave techno, du carnaval et de la guérilla avec clowns killers en pochettes-surprises. Tout ça en cristaux liquides coulant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ La Britannique Lubaina Himid a obtenu, fin 2017, la reconnaissance avec le prix Turner. Ses œuvres colorées, qui questionnent l’esclavage et le colonialisme, sont exposées à Sérignan, dans l’Hérault.
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Lubaina Himid, 63 ans, une peintre (enfin) distinguée


                      La Britannique Lubaina Himid a obtenu, fin 2017, la reconnaissance avec le prix Turner. Ses œuvres colorées, qui questionnent l’esclavage et le colonialisme, sont exposées à Sérignan, dans l’Hérault.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 13h57
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 18h40
    |

                            Roxana Azimi








                              

                        

Recevoir le Prix Turner, la plus prestigieuse récompense de l’art britannique, en décembre 2017, n’a pas changé Lubaina Himid. L’artiste de 63 ans, exposée depuis le 7 avril au Musée régional d’art contemporain à Sérignan, dans l’Hérault, a beau être passée, grâce au prix, de l’ombre à la lumière, elle demeure très placide. C’est que, pendant près de trente ans, c’est-à-dire assez longtemps pour se décourager, elle a cumulé les handicaps pour un monde de l’art assez rétrograde : femme, noire et militante.
Pour corser le tout, elle vit à deux heures du cœur de Londres, c’est-à-dire nulle part. « Aujourd’hui, avec les mêmes données, je coche toutes les bonnes cases », ironise-t-elle. Ses peintures colorées et faussement naïves suscitent actuellement un engouement, et sa façon d’interpeller l’histoire de l’esclavage ou de la colonisation, avec des fresques ou des objets du quotidien transformés, trouve un écho aux questionnements du moment. Mais il serait faux de réduire son art, et surtout son succès actuel, à un quelconque esprit politiquement correct.
Pour l’artiste, la peinture « permet d’engager une conversation. Ce n’est pas ésotérique, c’est clair, ça n’essaie pas de jouer au plus malin avec les gens ».
Née à Zanzibar d’un père comorien et d’une mère britannique, Lubaina Himid arrive en Angleterre à l’âge de 4 mois. S’exprimerait-elle au nom d’une quelconque africanité ? « Je ne vis pas dans le fantasme de l’Afrique, réplique-t-elle. Je suis britannique. Mon but, ce n’est pas d’être encore plus exotique, de représenter “l’autre”, mais d’être simplement banale. » Depuis ses tout premiers pas dans l’art en 1981 jusqu’aux expositions de ses pairs qu’elle a organisées, elle a un objectif en tête : permettre aux artistes noirs d’avoir voix au chapitre. A l’époque, sa communauté est absente des médias comme des films « sauf dans les dix premières minutes avant qu’ils ne soient tués », raille-t-elle. Pour son...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Epouse et alter ego du designer, Michèle Lamy, 73 ans, joue un rôle crucial dans la carrière et le succès de Rick Owens. Elle développe désormais son propre univers, « Lamyland », au carrefour du prêt-à-porter et de l’art.
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Michèle Lamy, le bon génie du créateur Rick Owens 
                  
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Le Monde
 |
                  13.04.2018 à 13h54
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 15h00


Epouse et alter ego du designer, Michèle Lamy, 73 ans, joue un rôle crucial dans la carrière et le succès de Rick Owens. Elle développe désormais son propre univers, « Lamyland », au carrefour du prêt-à-porter et de l’art.

Par                             Marion Vignal





                     
Ce samedi après-midi de février, dans le corner shop de Selfridges, les clients du grand magasin londonien jettent des regards hallucinés sur une petite créature étrange. Michèle Lamy, épouse du styliste américain Rick Owens, arbore un visage gravé de rides et de maquillage noir. Son pull kaki élimé, dont elle n’a enfilé que les manches, lui tombe négligemment entre les jambes. Son corps est couvert de chaînes, de bagues et de gros bracelets en pagaille qui « musicalisent » sa silhouette. Elle porte, en bandoulière, un immense cabas en cuir d’autruche telle une nomade du désert qui transporterait toute sa vie avec elle. Michèle Lamy n’a pas un look, mais une dégaine et toujours l’impression, où qu’elle se trouve, « d’être sur scène ».
L’incarnation de l’univers de Rick Owens
Personne ne personnifie mieux qu’elle la mode conceptuelle et scandaleuse de Rick Owens, qui ne rate pas une occasion d’afficher son goût pour les extrêmes et de briser les tabous du sexe, de la mort et des instincts primitifs. Depuis son premier défilé à New York en 2002, il propose une mode transgenre provocatrice, n’hésitant pas à faire défiler ses mannequins hommes le sexe au vent ou à mettre en scène son couple dans une vidéo à caractère sadomasochiste. Aujourd’hui, c’est son épouse qui incarne la force et l’insolence de leur univers commun. A Londres, où elle a commencé avec Selfridges des collections capsule de mode dans le cadre de son « Lamyland » consacré à l’univers de la boxe, dans les foires d’art internationales de Miami à Dubaï, de jour comme de nuit, c’est elle qui fait sensation, bien au-delà du rôle de muse de son mari.

Quand elle rit, Michèle Lamy jette ses longs cheveux noirs de Gitane en arrière, et dévoile une impressionnante dentition en or. Elle possède la grâce d’une jeune fille de 20 ans et les rides profondes d’une vieille Berbère aux yeux verts cernés de khôl. Les gens qui ne la connaissent pas la prennent pour une sorcière...





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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Un accord a été passé avec la France pour valoriser des tombeaux de la civilisation nabatéenne. La pétromonarchie souhaite développer le tourisme pour diversifier son économie.
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