<FILE-date="2018/04/14/19">

<article-nb="2018/04/14/19-1">
<filnamedate="20180414"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180414"><AAMMJJHH="2018041419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le professeur de relations internationales Bertrand Badie estime que les attaques menées par Washington, Londres et Paris dans la nuit du 13 au 14 avril relèvent d’une logique dépassée.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Frappes en Syrie : « Il est probable qu’Assad se sente conforté »

Dans une tribune au « Monde », le professeur de relations internationales Bertrand Badie estime que les attaques menées par Washington, Londres et Paris dans la nuit du 13 au 14 avril relèvent d’une logique dépassée.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 13h27
    |

Bertrand Badie (professeur de relations internationales à Sciences Po Paris)







                        



                                


                            

Tribune. L’intervention militaire est bien dans l’ADN des vieilles puissances, héritage direct ou indirect du « concert européen » du XIXe siècle, complété par la traditionnelle politique américaine du « gros bâton ». La reconstitution d’un triangle Washington-Londres-Paris simplifie l’héritage, laissant significativement de côté une Allemagne dont on ne prend pas assez en compte le suggestif aggiornamento diplomatique. Pour le reste, les ingrédients restent les mêmes : un discours qui oscille entre la rhétorique messianique et celle du justicier, une pratique qui préfère l’affichage de puissance à l’efficacité de ses effets, un rapport au droit où l’inversion de la règle et le recours impudique au principe de sélectivité démontrent que l’esprit de punition l’emporte sur la sanction.
« Comme toujours dans la tradition interventionniste, les éléments de langage occupent le devant de la scène »
Comme toujours dans la tradition interventionniste, les éléments de langage occupent le devant de la scène. Cette fois-ci, on est pourtant dans l’inédit, souvent dans l’outrance, entre Docteur Folamour, qui nous avait annoncé ses « beaux missiles », et le Pentagone, épaulé par les deux alliés européens, qui nuançait aussitôt les propos tenus depuis la Maison Blanche. Derrière les mots et les Tweet, il convient pourtant de comprendre le sens de l’action déployée : jouer de l’évidente émotion que provoque un bombardement chimique ne permet pas pour autant de cacher les subtilités stratégiques de la manœuvre. N’entrons pas dans la polémique qui consiste à douter de la réalité de tels bombardements, attestés par trop de témoignages pour être sérieusement contestés. Accordons au contraire crédit à ces ONG qui nous disent, en même temps, que nous en sommes à la quatre-vingtième action de ce genre en ce malheureux pays : où est donc aujourd’hui la nouveauté décisive, celle qui a réellement déterminé soudain le passage à l’acte ? C’est là que...




                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-2">
<filnamedate="20180414"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180414"><AAMMJJHH="2018041419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’expert Jean-Baptiste Jeangène Vilmer estime que les violations graves du droit international par le régime syrien légitiment les frappes, et revient sur ce qui reste de cette norme internationale.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Les frappes en Syrie sont-elles justifiées par la “responsabilité de protéger” ? »

Dans une tribune au « Monde », l’expert Jean-Baptiste Jeangène Vilmer estime que les violations graves du droit international par le régime syrien légitiment les frappes, et revient sur ce qui reste de cette norme internationale.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 13h27
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 17h14
    |

                            Jean-Baptiste Jeangène Vilmer (directeur de l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (IRSEM). Il s'exprime ici en son nom propre)








                        



                                


                            

Tribune. Plus grande catastrophe humanitaire du XXIe siècle, la guerre en Syrie est un échec collectif de notre « responsabilité de protéger » (R2P). Apparue en 2001, unanimement adoptée par l’Assemblée générale des nations unies en 2005, la R2P est une doctrine par laquelle les Etats s’engagent à protéger les populations des atrocités de masse (génocide, crimes contre l’humanité, nettoyage ethnique, crimes de guerre). Elle s’organise autour d’une double norme : la responsabilité principale des Etats de protéger leurs populations, qui est une obligation juridique, et la responsabilité subsidiaire de la communauté internationale de le faire en cas de défaillance, qui est un appel moral et politique. Contrairement au « droit d’ingérence », elle a un large spectre – c’est une responsabilité de prévenir, de réagir et de reconstruire –, elle ne se réduit pas à l’intervention militaire, qui n’est que l’un de ses moyens, en dernier recours. Et surtout elle ne dispense pas de l’autorisation du Conseil de sécurité.
Depuis 2011, la R2P est sous le feu des critiques. On l’a accusée successivement d’avoir incité à intervenir en Libye et d’avoir été impuissante à protéger les civils en Syrie – ce qui est paradoxal puisque dans un cas on reproche l’action, et dans l’autre l’inaction. En réalité, il ne faut pas exagérer son rôle dans l’affaire libyenne, qui aurait eu lieu sans elle. Ce n’était pas la première fois que le Conseil de sécurité autorisait « tous les moyens nécessaires » pour protéger des populations. Et les difficultés rencontrées ont été celles de toute intervention militaire : la temporalité (savoir quand commencer et où s’arrêter), l’effet positif (contre-factuel, donc impossible à prouver), la motivation (la relation entre la morale et les intérêts), la sélectivité (accusation de « deux poids, deux mesures ») et la transition (gagner la paix). Le relatif échec de la R2P en Libye est celui de la responsabilité de...




                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-3">
<filnamedate="20180414"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180414"><AAMMJJHH="2018041419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Le temps est venu d’envisager l’installation d’observateurs internationaux et la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne, afin de protéger les populations dans les régions qui échappent au contrôle du régime d’Al-Assad, explique l’universitaire Gilles Dorronsoro dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Syrie : « Il devient urgent de sortir d’une logique purement réactive »

Le temps est venu d’envisager l’installation d’observateurs internationaux et la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne, afin de protéger les populations dans les régions qui échappent au contrôle du régime d’Al-Assad, explique l’universitaire Gilles Dorronsoro dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    14.04.2018 à 13h26
    |

Gilles Dorronsoro (professeur de science politique à Paris-Panthéon-Sorbonne et membre de l’Institut  universitaire de France)







                        



                                


                            

Tribune. Les bombardements occidentaux sur la Syrie, après les attaques au gaz du régime de Bachar Al-Assad contre sa population, ne constituent en aucun cas une réponse suffisante ou proportionnée à ce crime, mais ils sont légitimes et doivent ouvrir le débat sur la protection à plus long terme des Syriens.
La responsabilité du régime syrien est-elle en doute ? Non, il n’y a aucune raison de penser que le coupable est à chercher ailleurs qu’à Damas ; la seule question ouverte est le niveau de complicité des Iraniens et des Russes, ces derniers ayant par ailleurs commis des crimes de guerre dans leurs opérations de bombardements contre des civils.
Aurait-il fallu attendre les conclusions d’une enquête internationale et miser sur l’ONU ? Les conditions pour qu’une enquête internationale puisse s’effectuer avec un minimum de sécurité et de liberté ne sont pas aujourd’hui réunies. De plus, le bilan de l’ONU dans la crise syrienne a jusqu’ici été catastrophique, de l’aide humanitaire détournée par le régime jusqu’à la tentative ratée de désarmement chimique de la Syrie après l’attaque au gaz sarin d’août 2013. Ce dernier a des stocks cachés de gaz que les inspections internationales n’ont pas les moyens de détruire. Ainsi, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a conclu à la présence de gaz sarin lors de l’attaque de Khan Cheikhoun en 2017, et à la responsabilité du régime.
Aucun risque d’escalade
Pourquoi le régime utilise-t-il du gaz ? La question a son importance parce qu’elle conditionne la réponse à apporter à plus long terme au régime syrien. Un argument souvent avancé pour dédouaner le régime est l’absence de rationalité militaire des attaques au gaz, car la poche insurgée allait de toute façon tomber. En fait, les attaques au gaz sont d’abord un message politique destiné à sa propre société et aux Occidentaux. Si ces derniers laissent faire, ils se discréditent : rappelons que le refus d’intervenir...




                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-4">
<filnamedate="20180414"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180414"><AAMMJJHH="2018041419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ L’absence d’inflation et la modération salariale témoignent de la fragilité de la reprise économique. Mais les gains de productivité offerts par la révolution numérique sont encore à venir, juge l’économiste Benoît Cœuré, membre du directoire de la BCE.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« La politique monétaire devra rester très accommodante pour ramener l’inflation à des niveaux proches de 2 % »

L’absence d’inflation et la modération salariale témoignent de la fragilité de la reprise économique. Mais les gains de productivité offerts par la révolution numérique sont encore à venir, juge l’économiste Benoît Cœuré, membre du directoire de la BCE.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 12h14
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 12h34
    |

Benoît Cœuré (membre du directoire de la BCE)







                        



                                


                            

[Pour les 40 ans du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), des experts ont exploré différents scénarios pour la mondialisation. Cet article reprend les conclusions d’un discours de l’économiste Benoît Cœuré, prononcé le 12 avril 2018, à l’occasion de cet anniversaire du CEPII.
Tribune. La grande crise financière et la crise de la zone euro sont derrière nous. Leurs conséquences les plus graves sont effacées. Les outils macroéconomiques traditionnels suggèrent même que, en moyenne, dans la zone euro, les personnes ayant la possibilité et le souhait de travailler auraient dans l’ensemble retrouvé un emploi, et que les capacités de production des entreprises seraient quasiment ou pleinement utilisées. Ce diagnostic apparaît sans doute contre-intuitif, voire choquant, compte tenu du niveau actuel du chômage.
En effet, s’il était exact, des tensions sur les prix se manifesteraient. Lorsque la main-d’œuvre vient à manquer, les travailleurs sont en position de force pour négocier des hausses de salaire. De même, les contraintes sur l’offre incitent les entreprises à relever leurs prix. Pourtant, ni l’inflation ni les salaires n’ont montré de signes clairs d’accélération.

Il y a deux interprétations possibles. Soit la relation entre le taux de chômage et l’inflation (la « courbe de Phillips » dans le jargon des économistes) est rompue, c’est-à-dire que les entreprises sont réticentes à augmenter les salaires, alors qu’elles peinent à trouver de nouveaux salariés. Soit nous ne mesurons pas de la bonne manière la capacité de production de nos économies.
Deux hypothèses
La première interprétation ne résiste pas à l’analyse des données, qui confirme que la courbe de Phillips reste valide, à une nuance près : la réaction des prix dépend fortement de la manière dont l’emploi est rémunéré. Or, les salaires augmentent moins si les nouveaux emplois sont à temps partiel contraint...




                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-5">
<filnamedate="20180414"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180414"><AAMMJJHH="2018041419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Parce que l’agriculture intensive empoisonne les insectes dont elle se nourrit, « Hirundo rustica » se raréfie en France. Le prélude à un « printemps silencieux », sans chants d’oiseaux ?
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Autoportrait de l’hirondelle rustique avant sa disparition

Parce que l’agriculture intensive empoisonne les insectes dont elle se nourrit, « Hirundo rustica » se raréfie en France. Le prélude à un « printemps silencieux », sans chants d’oiseaux ?



Le Monde
 |    14.04.2018 à 12h00
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Vous souvenez-vous de cette comptine ? « Qu’est-ce qu’elle a donc fait/La p’tite hirondelle ? /Elle nous a volé/Trois p’tits sacs de blé »… Si ça continue, elle va finir par me manquer. Non pas que j’y étais présentée à mon avantage ! Ce qu’elle disait de moi n’est même pas exact – j’y reviendrai. Mais enfin, c’est de moi qu’il s’agissait. Les enfants la chantent-ils encore aujourd’hui, cette comptine ? Et si oui, savent-ils seulement à quoi je ressemble ?
Les savants m’appellent Hirundo rustica : hirondelle rustique – manière de dire que j’affectionne les granges, comme l’exprime plus clairement mon nom anglo-saxon, barn ­swallow. Les autres disent tout simplement ­ « hirondelle » car, des 75 espèces cousines que j’ai dans le monde, je suis, et de très loin, celle dont la famille est la plus nombreuse. Quant à moi, je ne me nomme pas. J’essaie de me nourrir et de me reproduire du mieux possible – ce qui, par les temps qui courent, n’est pas une mince affaire. Et, l’hiver venant, je vole.
Théorie fumeuse
Destination : l’Afrique. Forte de mes ailes et de ma vingtaine de grammes, je trace plusieurs milliers de kilomètres en deux mois, traversant – quand je ne défaille pas en route – la Méditerranée d’une seule traite. Un voyage si incroyable que les hommes, pendant longtemps, n’y ont pas cru.
Des siècles durant, les plus cultivés d’entre eux ont pensé que nous passions la période hivernale sous l’eau, ou enfouies dans la vase ! Tout cela parce que nous nous réunissons en dortoir dans des roselières la veille du départ, pour décoller discrètement avant le lever du soleil… Il fallut attendre ­Buffon et son Histoire naturelle des oiseaux pour que cette théorie fumeuse soit remplacée, en 1770, par l’hypothèse migratoire.
Pourquoi aller si loin, me direz-vous ? Pour le soleil, bien sûr. Mais aussi parce que nous nous nourrissons exclusivement d’insectes volants (c’est pourquoi la comptine d’autrefois...




                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-6">
<filnamedate="20180414"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180414"><AAMMJJHH="2018041419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Kalypso Nicolaïdis, professeure à Oxford, esquisse dans une tribune au « Monde » les voies et les moyens d’une relation différente mais compatible entre l’Union européenne et le Royaume-Uni.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Mondialisation : « Le Royaume-Uni ne devrait pas être traité comme n’importe quel pays tiers »

Kalypso Nicolaïdis, professeure à Oxford, esquisse dans une tribune au « Monde » les voies et les moyens d’une relation différente mais compatible entre l’Union européenne et le Royaume-Uni.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 12h40
    |

Kalypso Nicolaïdis (professeur à l'université d'Oxford)







                        



                                


                            

[A l’occasion des 40 ans du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), des experts ont exploré différents scénarios pour la mondialisation]
Tribune. Si l’on en croit ses apôtres, l’Union européenne (UE) aurait pour mission de sauver le libre-échange contre ses détracteurs trumpiens tout en maîtrisant ses effets pervers dévastateurs qui alimentent l’euroscepticisme. Mais pour nous en tenir au plus urgent, ne doit-on pas considérer le Brexit comme un test-clé ? Après tout, il s’agit là d’inventer une relation commerciale nouvelle avec le pays tiers qui sera le plus UE-compatible au monde pour encore bien longtemps malgré le cri du cœur de son électorat.
Si nous n’y arrivons pas là, quelle sera notre crédibilité ailleurs ? La façon dont l’UE négocie aujourd’hui avec le Royaume-Uni sera le gage de notre méthode.
Les débats n’appellent pas à l’optimisme
Pourtant, les débats sur les modalités de la sortie britannique de l’Union européenne (UE) n’appellent pas à l’optimisme. Certes, l’accord de retrait proprement dit est presque prêt. Mais alors que les parties sont censées s’accorder sur une déclaration commune sur leur relation future d’ici octobre 2018, de toute évidence on est bien loin d’une convergence de vue sur la dimension commerciale. Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE, nous offre un diagnostic sans équivoque. Le Brexit doit tomber dans l’une des deux cases classiques : accord de libre-échange ou membre à plein du marché unique, Canada ou Norvège.
Or l’histoire du marché unique offre deux leçons pour Theresa May et M. Barnier. La première est que ce marché a été construit de façon pragmatique autour du principe de reconnaissance mutuelle, étayé par de rigoureux règlements des différends. Mais parce que la confiance n’est jamais aveugle entre Etats, il n’existe pas dans l’UE de reconnaissance mutuelle pure. En réalité, nous perfectionnons en continu un système...




                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-7">
<filnamedate="20180414"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180414"><AAMMJJHH="2018041419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Claudia Buch, vice-présidente de la Banque centrale allemande, plaide pour un système financier qui dispose de réserves suffisantes afin de faire face à l’imprévu.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Mondialisation : « Pour être robuste, un système financier doit pouvoir résister aux mauvaises surprises »

Dans une tribune au « Monde », Claudia Buch, vice-présidente de la Banque centrale allemande, plaide pour un système financier qui dispose de réserves suffisantes afin de faire face à l’imprévu.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 12h31
    |

Claudia Buch (vice-présidente de la Deutsche Bundesbank)







                        



                                


                            

[A l’occasion des 40 ans du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), des experts ont exploré différents scénarios pour la mondialisation]
Tribune. L’économie mondiale est actuellement en bonne santé, avec des perspectives positives. Des conditions économiques favorables, une inflation et des taux d’intérêt bas contribuent à la valorisation élevée des marchés financiers. Mais ils peuvent aussi rendre les acteurs de marché excessivement optimistes, alimentant la montée des risques pour la stabilité financière. Pour assurer la robustesse du système financier, il faut donc disposer de réserves suffisantes contre les événements imprévus et veiller à ce que les réformes ne soient pas diluées.
Les marchés anticipent une remontée graduelle des taux d’intérêt. Cela renforcerait la stabilité du système financier : les banques conforteraient leur marge d’intermédiation, en particulier si les taux d’intérêt sortent durablement du territoire négatif. Les assureurs et les organismes de retraite dégageraient plus facilement le revenu nécessaire pour atteindre les rendements promis.
Mais comment les marchés réagiraient-ils à un ralentissement inattendu ? Que se passerait-il si les taux restaient bas pour beaucoup plus longtemps ? Si des risques politiques importants se matérialisaient, faisant bondir les primes de risques ? De tels événements inattendus pourraient affecter un grand nombre d’acteurs de marché simultanément, ce qui pourrait menacer le bon fonctionnement de l’ensemble du système financier.
A l’origine de dégâts considérables
L’histoire nous enseigne que les crises financières surgissent le plus souvent de façon inattendue. Elles peuvent être à l’origine de dégâts considérables pour l’économie et la société – la production baisse, le chômage augmente et la dette publique grimpe.
Pour être robuste, un système financier doit pouvoir résister aux mauvaises surprises. Des...




                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-8">
<filnamedate="20180414"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180414"><AAMMJJHH="2018041419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. En relaxant les huit prévenus, la juge a rappelé les bases de l’Etat de droit et nous tend un miroir édifiant sur dix années de dérive de l’antiterrorisme.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Tarnac : les leçons d’un naufrage

Editorial. En relaxant les huit prévenus, la juge a rappelé les bases de l’Etat de droit et nous tend un miroir édifiant sur dix années de dérive de l’antiterrorisme.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 15h05
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Il y aurait une certaine commodité à considérer le naufrage judiciaire de l’affaire de Tarnac comme un épisode isolé. Il serait rassurant et confortable de n’y voir qu’un accident de l’histoire déclenché, en 2008, par la guerre des polices ou par les emballements fantasmatiques de responsables politiques, au premier rang desquels la ministre de l’intérieur de l’époque sarkozyste, Michèle Alliot-Marie. Mais le jugement prononcé jeudi 12 avril par le tribunal correctionnel de Paris envers huit personnes, militants de la gauche radicale ou supposés l’être, nous tend au contraire un miroir édifiant sur dix années de dérives ininterrompues de l’antiterrorisme français.

        Lire aussi :
         

                Procès de Tarnac : Julien Coupat et Yildune Lévy relaxés



Car la juge Corinne Goetzmann, en relaxant les prévenus des accusations de sabotage d’une ligne TGV et d’association de malfaiteurs – la dimension « terroriste » avait été abandonnée avant le procès mais elle a accompagné toute l’instruction –, n’a pas uniquement accablé une enquête menée en dépit du bon sens, dénoncé les « stratagèmes » utilisés lors de l’instruction et enterré une dernière fois la « fiction » du groupe de Tarnac. Elle a aussi rappelé les bases de l’Etat de droit.

        Lire aussi :
         

                Les plaidoiries au procès de Tarnac : « Il est temps de les libérer de ce fiasco ! »



En substance, ce jugement rappelle que les services de renseignement ne peuvent s’immiscer dans une enquête judiciaire. Ces policiers étant protégés par le secret-défense, le juge judiciaire ne peut « contrôler et vérifier [leurs] constatations », et les éléments qu’ils fournissent sont donc « dépourvus de toute valeur probante ». Or, dans le dossier Tarnac, il ne fait pas de doute que l’utilisation excessive de la toute neuve direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, devenue DGSI depuis) a biaisé l’enquête judiciaire. Non, assène la juge, une bibliothèque, si radicaux soient les ouvrages qui la composent, n’est pas un « élément de preuve ». Non, enfin, « le fait de se concerter sur l’organisation d’une manifestation (…) ne caractérise pas en soi un projet de commettre un délit ».
Principes battus en brèche
Or ces grands principes ont été battus en brèche par l’arsenal antiterroriste mis en place ces dernières années. La loi du 30 octobre 2017, dans la lignée de l’état d’urgence, permet au ministre de l’intérieur d’assigner à résidence et de perquisitionner sur de simples renseignements, sous le contrôle minimal et bienveillant du juge administratif ou, au mieux, sous celui, superficiel, du juge des libertés et de la détention. On pourrait également citer les multiples condamnations pour « apologie du terrorisme » sur la foi du contenu d’un ordinateur ou les poursuites pour « association de malfaiteurs » visant des manifestants à Rennes en 2016 ou autour du site d’enfouissement de Bure, dans la Meuse, en 2017.

        Lire aussi :
         

                L’affaire de Tarnac résumée en 5 épisodes



Le débat récurrent relancé encore une fois après les attentats du 23 mars à Carcassonne et Trèbes (Aude), sur la rétention des « fichés S », qui revient à dévoyer un simple outil de renseignement « dépourvu de toute valeur probante », pour reprendre les mots de la juge Goetzmann, démontre qu’en la matière les risques de surenchère sont sans fin.
Il ne fait pas de doute que la lutte – évidemment nécessaire et légitime – contre un terrorisme meurtrier et aveugle a rendu difficilement audible la moindre opposition, fût-elle fondée sur l’invocation de principes élémentaires. C’est le mérite du jugement rendu le 12 avril. Il rappelle que la fin ne justifie pas tous les moyens et que le juge judiciaire est un maillon essentiel de la démocratie. Il invite les responsables politiques et le législateur à toujours inscrire leur action dans le respect de l’Etat de droit.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-9">
<filnamedate="20180414"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180414"><AAMMJJHH="2018041419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Si l’Amérique veut détruire le commerce multilatéral, Européens et Chinois devront faire cause commune, pour éviter cette menace, explique l’ex-directeur général de l’OMC, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Pascal Lamy : « Trump croit, en économie (comme ailleurs), à la loi du plus fort »

Si l’Amérique veut détruire le commerce multilatéral, Européens et Chinois devront faire cause commune, pour éviter cette menace, explique l’ex-directeur général de l’OMC, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    14.04.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 15h07
    |

Pascal Lamy (ancien directeur de l'OMC)







                        



                                


                            
[A l’occasion des 40 ans du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), des experts ont exploré différents scénarios pour la mondialisation].
Tribune. Donald Trump vient de lancer la grande offensive protectionniste antichinoise (mais pas que…) qu’il avait annoncée au cours de sa campagne électorale en 2016. Jusqu’alors, ses initiatives avaient pu paraître mesurées par rapport à ses rodomontades : sortie de l’accord transpacifique, que les Etats-Unis d’Obama n’avaient pas ratifié ; renégociation de l’accord commercial nord-américain avec le Canada et le Mexique et de l’accord bilatéral avec la Corée du Sud… Jusque-là, plus de peur que de mal.
Mais les annonces récentes sont d’une autre ampleur : une première vague sur l’acier et l’aluminium, pour quelques milliards de dollars, une seconde rafale d’annonces ciblées sur la Chine, qui s’élève à plusieurs dizaines de milliards d’échanges. Les marchés financiers ont réagi plus nerveusement.
Pourtant, si l’escalade est claire, même s’il ne s’agit, à ce stade, que d’annonces, les signaux qui les accompagnent paraissent confus, voire contradictoires, d’où une grande perplexité sur les intentions réelles du président américain et de son gouvernement.
Deux scénarios sont envisageables
On dénonce l’Organisation mondiale du commerce (OMC), « une catastrophe », tweete Donald Trump, mais on y lance un procès contre la Chine, tout en bloquant le fonctionnement de la machine contentieuse à Genève. Cherchez l’erreur ! On exhume du musée des armes de protection commerciale une législation de défense nationale pour sanctionner les Européens ou les Japonais, alliés fidèles. On voudrait qu’il y ait autant de Chevrolet à Berlin que de Mercedes à New York, comme si cette réciprocité faisait le moindre sens au XXIe siècle. On souhaite rééquilibrer la balance commerciale américaine, dont chacun sait qu’elle est en déficit structurel de long...




                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-10">
<filnamedate="20180414"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180414"><AAMMJJHH="2018041419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », estime que l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes marque l’interruption d’une expérience sociale et politique d’autonomie qui aurait pu être une source d’inspiration.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’Etat, monstre froid face aux zadistes »

Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », estime que l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes marque l’interruption d’une expérience sociale et politique d’autonomie qui aurait pu être une source d’inspiration.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 10h38
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 11h32
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Chronique. De passage à Paris, un universitaire israélien regarde à la télévision les images de l’intervention des forces de l’ordre, à Notre-Dame-des-Landes. « Tout ça pour quelques gars qui veulent monter un kibboutz… », dit-il goguenard. Plus votre adversaire est minuscule, plus son écrasement doit être spectaculaire. Dans le bocage nantais, 2 500 gendarmes mobiles, bottés et casqués, équipés de toutes sortes de grenades et d’armes de jet, appuyés de bulldozers et de pelleteuses, de véhicules blindés et d’hélicoptères, ont offert le spectacle d’une certaine forme de faiblesse – celle qui vous fait rouler des épaules devant les plus petits que vous. Nul ne songerait à nier qu’il y avait, cette semaine dans la « zone à défendre » (ZAD), agrégée aux agriculteurs et à la majorité paisible des zadistes qui vivent là, une population avide d’en découdre. Nul ne songerait non plus à nier que les affrontements furent violents et que, de part et d’autre, plusieurs dizaines de blessés sont à déplorer.
Mais, au final, de quoi s’est-il agi ? Il s’est agi, pour l’Etat, de déloger d’une petite zone humide quelque deux cents personnes désireuses de liberté et d’autonomie. La majorité n’est pas constituée de forcenés radicalisés et « ultraviolents », comme on l’a lu et entendu ici ou là, mais plutôt de femmes et des hommes engagés dans des projets, formels ou informels, d’agriculture, d’artisanat, etc. Comme l’ont montré les reportages de notre confrère Rémi Barroux, ce qui se joue là-bas est une expérience sociale et politique, la recherche et l’invention de nouvelles formes d’organisation et de vie collectives, d’une autre relation à l’environnement, d’une autre façon d’habiter et d’utiliser le monde.
Le bénéfice de la marge
Dans un livre somptueux (Zomia, ou l’art de ne pas être gouverné, Seuil, 2013), l’anthropologue américain James Scott a raconté l’histoire des peuples nichés dans la Zomia – du nom de cette longue chaîne...




                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-11">
<filnamedate="20180414"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180414"><AAMMJJHH="2018041419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Le journaliste Antoine Reverchon revient, dans cette chronique, sur la démarche d’historien de l’universitaire américain Stefan Link, utilisée pour analyser, au moyen du fordisme, l’avènement des Etats-Unis comme économie mondiale dominante.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Faire une lecture vraiment politique des “lois générales” de l’économie »

Le journaliste Antoine Reverchon revient, dans cette chronique, sur la démarche d’historien de l’universitaire américain Stefan Link, utilisée pour analyser, au moyen du fordisme, l’avènement des Etats-Unis comme économie mondiale dominante.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 10h30
    |

            Antoine Reverchon








                        



                                


                            
Recherches. La Chine serait donc en train de changer de place dans la chaîne de la mondialisation : elle monte en gamme à coups d’avancées technologiques et scientifiques, délaissant l’exportation de produits low tech. D’où l’intérêt de se pencher sur le cas des Etats-Unis qui, dans la seconde moitié du XIXe siècle, sont passés d’un rapport économique de périphérie coloniale avec l’Europe – exportations de matière première, importations de produits manufacturés – à un rapport d’égal à égal, puis d’économie dominante. En 1913, juste avant la première guerre mondiale, les exportations américaines comptaient 50 % de produits manufacturés, contre 20 % en 1890…
La « destinée manifeste » des états-Unis tiendrait à des facteurs socioculturels ont plaidé les économistes libéraux
Les explications ne manquent pas : un marché interne immense, l’afflux de capitaux européens, une inventivité technique et financière apte à transformer les abondantes ressources locales (pétrole, charbon, minerai, blé, viande) plutôt que de les exporter… Mais d’autres pays présentaient alors les mêmes caractéristiques : le Brésil, l’Argentine, la Russie. La « destinée manifeste » des Etats-Unis tiendrait donc à des facteurs socioculturels, ont plaidé les économistes libéraux : l’esprit d’entreprise, la libre concurrence sur le marché, le rationalisme scientifique, la sécurité juridique de la propriété, la non-intervention de l’Etat – érigés en recettes du développement pour le monde entier.
Le revers de ce beau récit est la critique marxiste du même phénomène : le prix à payer est l’écrasement du mouvement ouvrier, le génocide des indigènes, le pillage des ressources naturelles, la corruption du politique, le règne de l’avidité – érigés en tares de l’impérialisme…
Un lieu et un moment
Stefan Link, chercheur au Dartmouth College (New Hampshire) et spécialiste du fordisme, a choisi une démarche d’historien pour comprendre un lieu et un moment...




                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-12">
<filnamedate="20180414"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180414"><AAMMJJHH="2018041419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ L’impasse à laquelle conduisent la violence de l’Etat et celle d’une minorité de zadistes est le signe que notre démocratie ne fonctionne plus, estime Cyril Dion, cofondateur du mouvement Colibris, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Cyril Dion : « Il n’existe pas d’espace apaisé dans lequel nous pouvons parler des enjeux que NDDL soulève »

L’impasse à laquelle conduisent la violence de l’Etat et celle d’une minorité de zadistes est le signe que notre démocratie ne fonctionne plus, estime Cyril Dion, cofondateur du mouvement Colibris, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    14.04.2018 à 07h30
    |

                            Cyril Dion (Cofondateur du mouvement Colibris)








                        



                                


                            

Tribune. De tout temps, il y eut les faits et l’interprétation des faits. Les êtres humains agrègent des observations, des sensations, des émotions et les transforment en opinions, en interprétations, en points de vue. Les événements de Notre-Dame-des-Landes (NDDL) en sont un exemple frappant. Pour les uns, il est inconcevable que des individus occupent, parfois illégalement, des terres, alors que la raison première de cette occupation – empêcher la construction d’un aéroport – n’a plus lieu d’être. Pour d’autres, il est insupportable que l’Etat veuille déloger les zadistes par la force.

Pour ma part, il me paraît totalement inacceptable de faire usage d’une telle violence. Celle qui consiste à envoyer 2 500 gendarmes (un vrai bataillon militaire, deux fois plus qu’en Syrie et en Irak) avec des pelleteuses, des bulldozers pour détruire des habitations en bois, des yourtes, chasser des agriculteurs, des rêveurs, des utopistes, projeter des grenades, menacer, matraquer. Mais également celle d’une minorité des zadistes qui incendient, utilisent de l’acide ou toute sorte de projectiles avec l’intention de blesser. Je ne parle pas tant du comportement des personnes (gendarmes ou zadistes) qui sont emportées dans une histoire qui souvent les dépasse, mais plus encore de la mécanique qui conduit à cette situation. C’est elle que nous ne devrions pas accepter.
Echec du dialogue
En tant que société, notre rôle n’est pas d’observer ou de commenter cette violence, comme cela est fait à longueur de journée dans de nombreux médias, mais de comprendre ce qui en est la cause et de nous organiser pour qu’elle n’ait pas lieu. Pour moi, elle traduit une réalité : il n’existe pas d’espace apaisé dans lequel nous, en tant que société, pouvons parler des enjeux que NDDL soulève. En toutes circonstances, la violence éclate, là où le dialogue échoue.
« NDDL, qui cristallise une part de la résistance écologique française et européenne, est...



                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-13">
<filnamedate="20180414"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180414"><AAMMJJHH="2018041419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Des sympathisants de Lula, l’ancien président du Brésil, tentent de l’empêcher de se rendre à la police. Pourquoi les journaux locaux ont-ils délaissé cette photo spectaculaire, publiée par le « New York Times » et virale sur les réseaux sociaux ?
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Lula dans la foule ou la fabrique d’une icône

Des sympathisants de Lula, l’ancien président du Brésil, tentent de l’empêcher de se rendre à la police. Pourquoi les journaux locaux ont-ils délaissé cette photo spectaculaire, publiée par le « New York Times » et virale sur les réseaux sociaux ?



Le Monde
 |    14.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 14h35
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

Le regard de la multitude converge, désignant sans équivoque ce qu’il y a à voir : un homme qui semble avoir émergé du sein de la foule, porté par ses innombrables bras, et comme sur le point d’être englouti par elle. Les corps forment autour de lui des cercles concentriques ; les mains tendues esquissent, dans la partie inférieure de l’image, une composition pyramidale parfaitement classique ; le rouge du Parti des travailleurs, réparti en un bel équilibre chromatique, fait circuler le regard du spectateur.
Qualités picturales et esthétiques
L’image, à la hauteur de l’événement – jugé coupable de corruption, le très populaire ex-président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva se rend à la police, le 7 avril, tandis que des sympathisants tentent de l’en empêcher –, présente toutes les qualités picturales et esthétiques des icônes du photojournalisme.
Pourtant, la photographie n’a pas été publiée en « une » de la presse brésilienne ; elle s’est même faite discrète dans ses pages intérieures. C’est par les réseaux sociaux qu’elle a commencé son chemin vers la gloire, postée le jour même par son auteur, le jeune photographe Francisco Proner, sur Instagram. De nombreux comptes la reprennent, pour la plupart ralliés à la cause de l’ancien président, comme le très actif@MídiaNinja, accompagné de hashtags tels que #eusouLula (« je suis Lula »). Mais elle est aussi choisie par le New York Times pour son édition papier du dimanche 8 avril, et par divers titres de la presse internationale.
La presse brésilienne lui a préféré des images montrant l’homme politique de plus près, prises par leurs photographes présents dans la foule ; un choix justifié par des questions économiques (un document produit par un journaliste de la maison coûtera moins cher), mais pas seulement, si l’on considère qu’une image forte est une image qui vend. La disparité du traitement visuel pose ainsi la question de la sélection éditoriale, trop souvent occultée au profit...




                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-14">
<filnamedate="20180414"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180414"><AAMMJJHH="2018041419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Remis pour la première fois le 10 avril, ce prix a couronné « Saufs riverains », d’Emmanuel Pagano (POL).
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le Prix du roman d’écologie révèle la diversité des plumes vertes

Remis pour la première fois le 10 avril, ce prix a couronné « Saufs riverains », d’Emmanuel Pagano (POL).



Le Monde
 |    14.04.2018 à 06h30
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Cela a commencé il y a quelques années, par petites touches. ­Thriller, polar, roman à thèse ou d’anticipation, plusieurs genres de fiction se sont progressivement emparés de l’écologie. Parmi les mutations environnementales qui se profilent à l’horizon, l’une s’est révélée une telle source d’inspiration qu’elle a même reçu un nom : c’est la « cli-fi », pour climate fiction. 
Jusqu’à présent, cette veine littéraire en plein essor restait pour l’essentiel l’apanage des auteurs anglo-saxons. Mais les choses sont en train de changer. En témoigne le Prix du roman d’écologie, attribué pour la première fois le 10 avril par l’association du même nom, qui distingue « un roman francophone paru en 2017 de grande qualité littéraire où les questions écologiques sont substantiellement présentes ».
La relation de l’homme et de l’eau
La lauréate est Emmanuelle ­Pagano pour le roman Saufs riverains (POL), deuxième volume de sa Trilogie des rives sur la relation de l’homme et de l’eau qui décrit l’ennoyage, en 1969, de la vallée du Salagou, dans l’Hérault, où le grand-père de l’auteure possédait deux petites vignes désormais submergées.
Fondée en partenariat avec la revue Esprit, le master « lettres et création littéraire » du Havre, l’Ecole nationale supérieure de paysage et le think tank transpartisan La Fabrique écologique, l’Association du Prix du roman d’écologie explique, sur son site Internet, les raisons de cette initiative. Aujourd’hui, les questions écologiques « résonnent dans le débat public, modifient la vie quotidienne, transforment les rôles de chacun », mais « la politique, l’information et la science ne s’adressent qu’à une partie de la nature humaine et ignorent largement d’autres ressorts, la sensibilité, l’émotion, l’empathie spontanée ». Là intervient la littérature, qui permet, « sans doute encore plus que d’autres formes d’expression artistiques, d’associer la quête intime,...




                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-15">
<filnamedate="20180414"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180414"><AAMMJJHH="2018041419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’universitaire estime que le mouvement des étudiants exprime son exaspération envers un monde qui n’offre que la sélection comme horizon.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 13/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Universités : « Aucune jeunesse au monde ne tend spontanément l’autre joue », affirme François Cusset

Dans une tribune au « Monde », l’universitaire estime que le mouvement des étudiants exprime son exaspération envers un monde qui n’offre que la sélection comme horizon.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 04h45
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 10h32
    |

                            François Cusset (Professeur à l’université de Paris Ouest-Nanterre)








                        



                                


                            

Tribune. Rennes-II va-t-elle s’enflammer ? Paris-VIII, céder ? Les quartiers et les collectifs ruraux, rejoindre le mouvement ? La répression fait rage, mais en face, chez les jeunes, l’impression est celle d’une colère qui monte, d’une résolution nouvelle.
C’est qu’aucune jeunesse au monde ne tend spontanément l’autre joue. Car le message du pouvoir est clair, en ce cinquantenaire convenu des soulèvements du printemps 1968 : aux jeunes que reprendrait ce prurit du refus, cette construction d’alternatives en acte ou juste ce folklore de la contestation, la réponse sera la gifle, plus ou moins brutale.

Métaphore des mesures draconiennes, qui claquent comme une baffe, ou coups effectifs de la matraque et des rangers sur les côtes ou le crâne, la gifle en question vient toujours rappeler la jeunesse au souvenir de l’ordre social en place, lui rappeler ses lois iniques, et la stricte place à laquelle elle doit se tenir.
La gifle, ces jours-ci – telle l’impossible fin d’un triste hiver, cet hiver politique des années 1980 dont on ne voit pas le bout – peut prendre la forme des coups de poing et de bâton assénés sur les étudiants en droit de Montpellier ou leurs cadets du lycée autogéré de Paris, par des groupuscules fascistes qu’on laisse entrer, qui viennent défendre à coups de Taser le droit de ne pas s’opposer.

La gifle revêt aussi l’aspect, plus familier, des nasses policières et des harcèlements préventifs (manifestants fouillés, fichés, survolés, leurs banderoles ou tracts détruits d’emblée), qui empêchent de manifester en solidarité avec les étudiants passés à tabac – de Lyon à Nantes, où le fil Twitter des écrasés d’un jour notait que « lutter pour ses droits expose à des dommages physiques », mais aussi que « lorsqu’une répression aussi ridiculement disproportionnée est mise en place pour mater l’opposition dans un pays comme la Russie, les médias [hurlent] à l’autoritarisme ».
Existence...



                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-16">
<filnamedate="20180414"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180414"><AAMMJJHH="2018041419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ L’épineuse question de la frontière entre les deux Irlandes s’invite à la table des négociations, analyse le correspondant du « Monde » à Londres, Philippe Bernard.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’onde de choc du Brexit menace l’Irlande

L’épineuse question de la frontière entre les deux Irlandes s’invite à la table des négociations, analyse le correspondant du « Monde » à Londres, Philippe Bernard.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 15h40
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Pour comprendre l’arrogance associée au Brexit chez certains dirigeants britanniques, il suffit d’examiner le mépris dans lequel ils tiennent l’Irlande. Certes, la récente commémoration du vingtième anniversaire de l’accord dit « du vendredi saint », qui, en 1998, a mis fin à trois décennies de guerre civile en Irlande du Nord entre républicains (partisans du rattachement à Dublin) et unionistes (défenseurs du maintien dans la Couronne britannique), a donné lieu à de pesantes séances d’autocongratulation. A Belfast, mardi 10 avril, Bill Clinton, Tony Blair et Bertie Ahern, dirigeants respectifs des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la République d’Irlande à l’époque et artisans du compromis qui a ramené la paix, étaient réunis à l’Université Queen’s. Sans la nommer, ils ont critiqué Theresa May pour son manque d’implication dans le maintien du fragile équilibre, mis en danger par le Brexit.
Mais en parallèle s’est manifestée, chez certains responsables politiques, de gauche comme de droite, la tentation de sacrifier l’Irlande sur l’autel du Brexit. Puisque la disparition de la frontière entre les deux Irlandes fait obstacle au Brexit et que l’accord de paix de 1998 a permis cette disparition, torpillons l’accord de paix, qui, après tout, ne fonctionne pas si bien, argumentent-ils en substance. Comme si le Brexit, intérêt supérieur de la nation et expression du nationalisme anglais, ressuscitait le vieux réflexe impérial du mépris à l’égard de l’ancienne colonie catholique.
L’effacement de la frontière
Le tabloïd The Sun a donné le ton en novembre 2017. Dans un éditorial intitulé « Le bouffon du Brexit », le journal a enjoint le « jeune et naïf » premier ministre irlandais, Leo Varadkar, de « fermer son caquet et de devenir adulte », après qu’il a menacé de bloquer les négociations sur le Brexit s’il n’obtenait pas la garantie d’un non-rétablissement de la frontière. M. Varadkar a « manqué de respect » vis-à-vis...




                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-17">
<filnamedate="20180414"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180414"><AAMMJJHH="2018041419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Une vingtaine de personnalités, parmi lesquelles Ariane Ascaride, Gérard Mordillat et Bernard Stiegler, appellent, dans une tribune au « Monde », à rejoindre l’initiative lancée par le député de La France insoumise François Ruffin, « pour faire la fête à Macron ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Le 5 mai, nous serons dans la rue »

Une vingtaine de personnalités, parmi lesquelles Ariane Ascaride, Gérard Mordillat et Bernard Stiegler, appellent, dans une tribune au « Monde », à rejoindre l’initiative lancée par le député de La France insoumise François Ruffin, « pour faire la fête à Macron ».



Le Monde
 |    13.04.2018 à 15h18
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 15h27
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Par Ariane Ascaride, François Bégaudeau, Laurent Binet, Olivier Cadiot, Patrick Chamoiseau, François Cusset, Christine Delphy, Laetitia Dosch, Annie Ernaux, Geneviève Fraisse, François Gèze, Robert Guédiguian, Geoffroy Lagasnerie, Bernard Lahire, Edouard Louis, Maguy Marin, Gérard Mauger, Gérard Mordillat, Gérard Noiriel, Jérôme Prieur, Denis Robert, Gisèle Sapiro et Bernard Stiegler.

Tribune. Il aura fallu peu de choses pour que tout vole en éclats. Personne n’était assez naïf pour croire aux pantomimes de la « concertation » avec les syndicats à propos des ordonnances de la SNCF. Mais au moins les formes de la civilité politique, fussent-elles d’une hypocrisie sans nom, étaient-elles préservées.
A Notre-Dame-des-Landes, dans les universités, dans la rue face aux manifestants, il n’y a maintenant plus, pour toute réponse, que la démonstration d’autorité. Les mouvements contre la loi El Khomri, qui avaient vu une élévation sans précédent du niveau de la violence policière, l’avaient déjà prouvé : un pouvoir brutal est un pouvoir faible. Paradoxe de la répression : une démonstration de force est une démonstration de faiblesse.
Cette inquiétante évolution nous convainc davantage de voir ce que nous avons vu dès le départ dans les ordonnances SNCF : un projet, non pas de « réforme », comme le répètent ad nauseam la plupart des médias, mais de démolition. En s’en prenant au point éminent du service public ferroviaire, le projet gouvernemental s’en prend – il n’en fait d’ailleurs pas mystère – à un modèle social dans son ensemble. C’est-à-dire à une manière de vivre collectivement.

Depuis trois décennies, cette manière n’a cessé d’être méthodiquement attaquée. Nous avons suffisamment de recul désormais pour savoir à quoi nous en tenir : à quelques croyants et quelques privilégiés près, tout le corps social s’en est trouvé maltraité. Le travail devient une souffrance,...




                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-18">
<filnamedate="20180414"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180414"><AAMMJJHH="2018041419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Emmanuel Macron et Justin Trudeau doivent reconnaître les risques que le traité commercial entre l’Europe et le Canada fait peser sur les droits des consommateurs et des citoyens, plaide Karine Jacquemart, directrice générale de l’ONG Foodwatch France, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Libre-échange : « Le CETA va ébranler notre démocratie »

Emmanuel Macron et Justin Trudeau doivent reconnaître les risques que le traité commercial entre l’Europe et le Canada fait peser sur les droits des consommateurs et des citoyens, plaide Karine Jacquemart, directrice générale de l’ONG Foodwatch France, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    13.04.2018 à 14h00
    |

Karine Jacquemart (Directrice générale de Foodwatch France)







                        



                                


                            
Tribune. Justin Trudeau arrive en France dimanche 15 avril pour une visite de trois jours. Il y a fort à parier que les photographes se régaleront en immortalisant la rencontre du premier ministre canadien et d’Emmanuel Macron, ces deux quadragénaires qui incarnent une nouvelle génération de leadeurs politiques. « Nouvelle génération », c’est aussi le terme accolé à l’accord de libre-échange CETA qui lie l’Europe et le Canada. Le CETA est en effet le premier d’une série d’accords qui ne se contentent plus de réduire les barrières tarifaires (les droits de douane), mais visent à supprimer tous les « obstacles au commerce », ce qui inclut les différences de réglementation qui nous protègent sur le plan sanitaire, social et environnemental.
en matière de commerce le Canada n’est pas le pays inoffensif de notre imaginaire collectif
Les sourires confiants et les poignées de main des deux hommes qui ne manqueront pas pendant cette visite ne doivent pas faire oublier les risques du CETA et le fait qu’en matière de commerce le Canada n’est pas le pays inoffensif de notre imaginaire collectif. Loin de là ! Justin Trudeau déclarait il y a un an au Parlement européen que « le CETA est un accord moderne », qui va « améliorer la vie des Canadiens et des Européens ».
Or, c’est faux. Aujourd’hui, nombre d’analyses – y compris celles produites par la commission d’évaluation de l’impact du CETA, présidée par l’économiste Katheline Schubert et dont les membres sont nommées par M. Macron – montrent que le CETA va ébranler notre démocratie et fait peser des risques considérables sur les droits des consommateurs et des citoyens, sur l’agriculture, l’alimentation et même sur la protection de notre environnement et de notre planète.

Nous ne sommes pas opposés aux accords de commerce. Mais la pilule du CETA est trop grosse à avaler. Les tactiques employées par cet accord d’un nouveau genre montrent bien que les intérêts...




                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-19">
<filnamedate="20180414"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180414"><AAMMJJHH="2018041419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Le directeur général de la Sacem, Jean-Noël Tronc, soutient, dans une tribune au « Monde », la directive européenne de protection des droits des artistes sur les plates-formes numériques.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Droit d’auteur : « Sur Internet, seule la loi peut garantir la liberté »

Le directeur général de la Sacem, Jean-Noël Tronc, soutient, dans une tribune au « Monde », la directive européenne de protection des droits des artistes sur les plates-formes numériques.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 21h31
    |

Jean-Noël Tronc (Directeur général de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem))







                        



                                


                            
Tribune. Chaque semaine ou presque, une nouvelle affaire vient nourrir la chronique d’un Internet menaçant pour la démocratie. « Fake news », manipulation des élections, suicide d’adolescents exposés sur les réseaux sociaux, propagande djihadiste, propagation de la haine, vol massif de données personnelles, etc.
Adapter Internet à la démocratie, et non l’inverse, par une réglementation efficace, c’est le chantier que nous avions ouvert lorsque j’étais conseiller du premier ministre pour la société de l’information, entre 1997, quand la France comptait moins de 500 000 internautes, et 2002. Cela reste, plus que jamais, la grande question.
Certains acteurs du Web nient encore toute responsabilité, et renâclent à assurer aux créateurs une rémunération correcte, voire toute rémunération
Elle est au cœur de la proposition de directive de la Commission européenne sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique, qui prévoit notamment une plus grande protection des créateurs sur Internet. Une évolution de la réglementation européenne, qui date de 2000 et se trouve donc largement dépassée aujourd’hui, apparaît d’autant plus nécessaire que les créateurs sont confrontés, chaque jour, aux pratiques de plates-formes numériques dont les chiffres d’affaires impressionnants reposent essentiellement sur l’utilisation de leurs œuvres. On ne parle plus des sites associatifs militants des débuts d’Internet, mais des premières capitalisations boursières mondiales.
Certains acteurs d’Internet nient pourtant encore toute responsabilité, et renâclent à assurer aux créateurs une rémunération correcte, voire toute rémunération. En outre, l’absence d’un cadre juridique clair et renforcé crée de fait une concurrence déloyale pour ceux qui jouent le jeu, comme Spotify ou Deezer, face à ceux qui renforcent d’autant leurs marges, voire leur position dominante.
Discours manichéen
Pourtant, les adversaires du projet de la Commission, qui...




                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-20">
<filnamedate="20180414"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180414"><AAMMJJHH="2018041419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ La France ne doit pas soutenir le « filtrage généralisé sur Internet » qu’autoriserait la directive européenne sur le droit d’auteur, affirment, dans une tribune au « Monde », cinq responsables d’entreprises de ce secteur.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Contenus numériques : « Il faut préserver l’Internet ouvert tel que nous le connaissons »

La France ne doit pas soutenir le « filtrage généralisé sur Internet » qu’autoriserait la directive européenne sur le droit d’auteur, affirment, dans une tribune au « Monde », cinq responsables d’entreprises de ce secteur.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 14h00
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. En tant que représentants de la société civile, des internautes et des entreprises de services du numérique, nous demandons au gouvernement français de préserver l’Internet ouvert tel que nous le connaissons, en empêchant l’instauration d’un filtrage généralisé.
A Bruxelles, un projet de nouvelle directive tendant à réformer la protection du droit d’auteur est discuté. En son sein, une disposition, l’article 13, a pour but d’imposer à tout intermédiaire de l’Internet, dès lors que celui-ci héberge des contenus d’utilisateurs, de détecter et de bloquer systématiquement toute mise en ligne d’un contenu susceptible de faire l’objet d’une protection par le droit d’auteur.
Il existe un risque important de voir des contenus totalement légitimes censurés à titre préventif par des opérateurs privés utilisant des filtres automatisés par crainte de voir leur responsabilité juridique engagée
Au-delà des considérations techniques et de la contradiction évidente avec les principes énoncés par la directive sur le commerce électronique qui ont permis le développement d’un Internet libre et ouvert, une telle disposition ne pourrait avoir que des conséquences sociales et économiques désastreuses. Le développement d’Internet, la créativité, la diversité des contenus que l’on peut y trouver et qui font sa richesse s’en trouveraient gravement menacés.
Il existe un risque important de voir des contenus totalement légitimes censurés à titre préventif par des opérateurs privés utilisant des filtres automatisés par crainte de voir leur responsabilité juridique engagée. Or une technologie n’a aucune notion de ce qui est autorisé ou non, elle ne connaît ni la satire, ni la parodie, ni la création artistique. Aucun garde-fou n’est prévu pour prévenir le surblocage des contenus légitimes et nous pensons que ces mesures ne pourront aboutir qu’à la disparition sur Internet du contenu généré par les utilisateurs ou par des millions de militants.
Barrière
Impossible...




                        

                        

