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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Les bombardements en Syrie sont « un message à ceux qui pensent qu’ils peuvent utiliser les armes chimiques avec impunité », a déclaré la première ministre britannique.
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Frappes en Syrie : l’avertissement de Theresa May à la Russie

Les bombardements en Syrie sont « un message à ceux qui pensent qu’ils peuvent utiliser les armes chimiques avec impunité », a déclaré la première ministre britannique.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 15h29
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 17h14
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Derrière les frappes en Syrie, samedi 14 avril, Theresa May vise la Russie. Se référant explicitement à l’empoisonnement de l’ancien agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, la première ministre britannique a déclaré que « l’action en Syrie envoie un message clair à tous ceux qui pensent qu’ils peuvent utiliser les armes chimiques avec impunité ». « On ne peut pas permettre que l’utilisation des armes chimiques se normalise, que ce soit en Syrie, dans les rues du Royaume-Uni ou ailleurs dans le monde », a-t-elle ajouté.

Mme May reconnaît, bien sûr, que l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille au gaz innervant à Salisbury, le 4 mars, était « d’une tout autre échelle » que celui de Douma, dans la Ghouta orientale, perpétré selon elle par le régime syrien. Mais elle espère que l’avertissement permettra de réaffirmer l’interdiction des armes chimiques à travers le monde. « C’est un message clair pour rétablir la norme que les armes chimiques ne peuvent pas être utilisées. C’est illégal, leur usage est illégal et interdit », dit-elle, rappelant que la prohibition internationale de ces armes est vieille de presque un siècle.
Le Royaume-Uni et la Russie s’accusent mutuellement
La première ministre britannique tient ces propos dans un contexte d’escalade verbale entre le Royaume-Uni et la Russie. Vendredi, Moscou a accusé, contre toute évidence, Londres d’être derrière l’attaque chimique dans la Ghouta orientale. « Nous avons la preuve que le Royaume-Uni était directement partie prenante dans l’organisation de cette provocation », a affirmé Igor Konashenkov, un porte-parole du ministère de la défense russe.
Selon les Russes, les casques blancs, une organisation humanitaire essentiellement présente auprès de l’opposition syrienne, financée notamment par le Royaume-Uni, auraient organisé l’attaque chimique. Karen Pierce, ambassadrice du Royaume-Uni auprès des Nations unies,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ L’absence d’inflation et la modération salariale témoignent de la fragilité de la reprise économique. Mais les gains de productivité offerts par la révolution numérique sont encore à venir, juge l’économiste Benoît Cœuré, membre du directoire de la BCE.
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« La politique monétaire devra rester très accommodante pour ramener l’inflation à des niveaux proches de 2 % »

L’absence d’inflation et la modération salariale témoignent de la fragilité de la reprise économique. Mais les gains de productivité offerts par la révolution numérique sont encore à venir, juge l’économiste Benoît Cœuré, membre du directoire de la BCE.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 12h14
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 12h34
    |

Benoît Cœuré (membre du directoire de la BCE)







                        



                                


                            

[Pour les 40 ans du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), des experts ont exploré différents scénarios pour la mondialisation. Cet article reprend les conclusions d’un discours de l’économiste Benoît Cœuré, prononcé le 12 avril 2018, à l’occasion de cet anniversaire du CEPII.
Tribune. La grande crise financière et la crise de la zone euro sont derrière nous. Leurs conséquences les plus graves sont effacées. Les outils macroéconomiques traditionnels suggèrent même que, en moyenne, dans la zone euro, les personnes ayant la possibilité et le souhait de travailler auraient dans l’ensemble retrouvé un emploi, et que les capacités de production des entreprises seraient quasiment ou pleinement utilisées. Ce diagnostic apparaît sans doute contre-intuitif, voire choquant, compte tenu du niveau actuel du chômage.
En effet, s’il était exact, des tensions sur les prix se manifesteraient. Lorsque la main-d’œuvre vient à manquer, les travailleurs sont en position de force pour négocier des hausses de salaire. De même, les contraintes sur l’offre incitent les entreprises à relever leurs prix. Pourtant, ni l’inflation ni les salaires n’ont montré de signes clairs d’accélération.

Il y a deux interprétations possibles. Soit la relation entre le taux de chômage et l’inflation (la « courbe de Phillips » dans le jargon des économistes) est rompue, c’est-à-dire que les entreprises sont réticentes à augmenter les salaires, alors qu’elles peinent à trouver de nouveaux salariés. Soit nous ne mesurons pas de la bonne manière la capacité de production de nos économies.
Deux hypothèses
La première interprétation ne résiste pas à l’analyse des données, qui confirme que la courbe de Phillips reste valide, à une nuance près : la réaction des prix dépend fortement de la manière dont l’emploi est rémunéré. Or, les salaires augmentent moins si les nouveaux emplois sont à temps partiel contraint...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Précurseur cinématographique du printemps de Prague, le réalisateur d’origine tchèque a réalisé notamment « Vol au-dessus d’un nid de coucou », « Amadeus » et « Hair ».
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Le cinéaste Milos Forman est mort

Précurseur cinématographique du printemps de Prague, le réalisateur d’origine tchèque a réalisé notamment « Vol au-dessus d’un nid de coucou », « Amadeus » et « Hair ».



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 16h17
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Dans les années 1960, les films que Milos Forman a tournés en Tchécoslovaquie – L’As de pique, Les Amours d’une blonde, Au feu les pompiers – signalaient l’émergence d’une nouvelle vague dans son pays, mais présageaient aussi de l’effervescence du printemps de Prague. Exilé aux Etats-Unis après l’invasion de son pays par l’URSS, il est devenu dans les décennies suivantes l’un des auteurs majeurs de Hollywood, qui lui a décerné à deux reprises l’Oscar du meilleur réalisateur, pour Vol au-dessus d’un nid de coucou et Amadeus. Milos Forman est mort le 13 avril à Hartford (Connecticut), des suites d’une maladie, a annoncé son épouse, Martina. Il avait 86 ans.
Milos Forman naît le 18 février 1932 à Cassave, en Tchécoslovaquie (actuelle République tchèque). Pendant la seconde guerre mondiale, son père, juif, résistant, a été tué par la Gestapo, et sa mère, protestante, a été déportée et assassinée à Auschwitz. Après la défaite de l’Allemagne nazie et l’instauration d’un régime communiste, Milos Forman suit ses études dans un établissement pour orphelins de guerre où il a pour condisciples Vaclav Havel, le futur dramaturge, dissident et président de la République, et Ivan Passer, qui sera au côté de Forman lors de l’émergence du nouveau cinéma tchécoslovaque.
Installation aux Etats-Unis
Attiré par le monde du théâtre, le jeune Forman finit par suivre les cours de la FAMU, l’école supérieure du cinéma de Prague. Avec Ivan Passer et le chef opérateur Miroslav Ondricek, il tourne un documentaire, Semafor, sur la troupe de théâtre du même nom, et sa première fiction, un court métrage, Concours. Un an plus tard, en 1964, son premier long métrage, L’As de pique, qui suit les déambulations d’un jeune homme pas très dégourdi, est primé au festival de Locarno. Présenté à Venise, son film suivant, Les Amours d’une blonde (1965), assied la réputation du cinéaste. La liberté du personnage principal,...




                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ L’armée russe n’a pas répliqué aux frappes de la coalition occidentale. Ses deux bases militaires sur le territoire syrien n’ont pas été visées.
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Frappes en Syrie : Poutine dénonce un « acte d’agression contre un Etat souverain »

L’armée russe n’a pas répliqué aux frappes de la coalition occidentale. Ses deux bases militaires sur le territoire syrien n’ont pas été visées.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 13h11
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Quelques heures après les frappes coordonnées des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France sur le territoire syrien, en représailles à une attaque chimique imputée au régime de Damas dans la ville de Douma, Vladimir Poutine a réagi, samedi 14 avril, en dénonçant « un acte d’agression commis contre un Etat souverain à la pointe de la lutte contre le terrorisme ». 
« Le 14 avril, les Etats-Unis avec le soutien de leurs alliés ont tiré des missiles sur les installations des forces armées et des infrastructures civiles (…) en violation de la charte des Nations unies, des normes et des principes du droit international », écrit le président russe dans un communiqué, en reprenant la thèse avancée par l’armée russe d’une fausse attaque chimique « mise en scène », le 7 avril, dans le dernier carré de la rébellion syrienne de la Goutha orientale.
« L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a envoyé ses experts en Syrie pour clarifier toutes les circonstances. Mais un groupe de pays occidentaux a méprisé cyniquement cela, en entreprenant une action militaire, sans attendre le résultat de l’enquête », a fustigé le chef du Kremlin. Par leurs actions, les Etats-Unis aggravent encore la catastrophe humanitaire en Syrie. »
« L’escalade actuelle de la situation autour de la Syrie a un impact dévastateur sur l’ensemble du système des relations internationales, a conclu M. Poutine, en annonçant que la Russie allait demander la convocation urgente du Conseil de sécurité de l’ONU « pour discuter des actions agressives des Etats-Unis et de leurs alliés ».
L’intervention conjointe des Etats-Unis et de leurs alliés contre le régime de Bachar Al-Assad, protégé par Moscou, « ne restera pas sans conséquence », a prévenu l’ambassadeur russe à Washington
Aucune des frappes coordonnées entre Washington, Londres et Paris sur le territoire syrien n’a eu lieu à proximité des bases russes,...




                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Kalypso Nicolaïdis, professeure à Oxford, esquisse dans une tribune au « Monde » les voies et les moyens d’une relation différente mais compatible entre l’Union européenne et le Royaume-Uni.
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Mondialisation : « Le Royaume-Uni ne devrait pas être traité comme n’importe quel pays tiers »

Kalypso Nicolaïdis, professeure à Oxford, esquisse dans une tribune au « Monde » les voies et les moyens d’une relation différente mais compatible entre l’Union européenne et le Royaume-Uni.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 12h40
    |

Kalypso Nicolaïdis (professeur à l'université d'Oxford)







                        



                                


                            

[A l’occasion des 40 ans du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), des experts ont exploré différents scénarios pour la mondialisation]
Tribune. Si l’on en croit ses apôtres, l’Union européenne (UE) aurait pour mission de sauver le libre-échange contre ses détracteurs trumpiens tout en maîtrisant ses effets pervers dévastateurs qui alimentent l’euroscepticisme. Mais pour nous en tenir au plus urgent, ne doit-on pas considérer le Brexit comme un test-clé ? Après tout, il s’agit là d’inventer une relation commerciale nouvelle avec le pays tiers qui sera le plus UE-compatible au monde pour encore bien longtemps malgré le cri du cœur de son électorat.
Si nous n’y arrivons pas là, quelle sera notre crédibilité ailleurs ? La façon dont l’UE négocie aujourd’hui avec le Royaume-Uni sera le gage de notre méthode.
Les débats n’appellent pas à l’optimisme
Pourtant, les débats sur les modalités de la sortie britannique de l’Union européenne (UE) n’appellent pas à l’optimisme. Certes, l’accord de retrait proprement dit est presque prêt. Mais alors que les parties sont censées s’accorder sur une déclaration commune sur leur relation future d’ici octobre 2018, de toute évidence on est bien loin d’une convergence de vue sur la dimension commerciale. Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE, nous offre un diagnostic sans équivoque. Le Brexit doit tomber dans l’une des deux cases classiques : accord de libre-échange ou membre à plein du marché unique, Canada ou Norvège.
Or l’histoire du marché unique offre deux leçons pour Theresa May et M. Barnier. La première est que ce marché a été construit de façon pragmatique autour du principe de reconnaissance mutuelle, étayé par de rigoureux règlements des différends. Mais parce que la confiance n’est jamais aveugle entre Etats, il n’existe pas dans l’UE de reconnaissance mutuelle pure. En réalité, nous perfectionnons en continu un système...




                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Tandis que la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie célèbrent le centenaire de leur indépendance, des DJ se passionnent pour la disco produite dans ces pays à l’ère de l’URSS.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Baltes populaires du temps des Soviets

Tandis que la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie célèbrent le centenaire de leur indépendance, des DJ se passionnent pour la disco produite dans ces pays à l’ère de l’URSS.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 10h36
    |

            Aureliano Tonet (Vilnius et Kaunas (Lituanie) - envoyé spécial)








                        



                                


                            

Sa fine mèche châtain en frissonne encore : pour DJ Weedska, le 16 février restera comme la soirée du siècle. La Lituanie célébrait ce jour-là le centenaire de la déclaration d’indépendance de 1918. A cette occasion, l’hurluberlu mixait au Turgus, une boîte de nuit de Vilnius, la capitale. « Paradoxalement, je n’ai passé que des disques datant de l’ère soviétique, se marre le gaillard de 37 ans, de son vrai nom Vytautas Verseckas. La période disco est la seule durant laquelle notre pays a produit des morceaux vraiment dansants. »
Au Turgus, ses tourneries furent au goût du public – de jeunes adultes, pour la plupart : « Je n’ai jamais rencontré un tel succès !, s’exclame DJ Weedska, par ailleurs spécialiste de salsa. Dans les années qui ont suivi l’indépendance de 1990, il était impossible d’apprécier la disco lituanienne à sa juste valeur : c’était d’abord vu comme le travail de gens qui avaient collaboré avec l’URSS. Avec le temps, le développement du Web et la reconnaissance de cette musique à l’étranger, notre regard a évolué. »
Les pays baltes, halte obligée pour les DJ
Le DJ ne croit pas si bien dire. Au creux du café cosy où il a donné rendez-vous, près de la gare de Vilnius, les enceintes diffusent Little Dark Age, quatrième album du groupe américain MGMT, parmi les plus estimés de la pop contemporaine. A sa sortie, en février, son chanteur, Andrew VanWyngarden, racontait au Monde comment il s’était passionné pour la disco et la new wave baltico-soviétique : « En fouillant dans les entrailles du Web, je passais de playlist en playlist, comme dans une boucle infinie. Je me suis pris de passion pour les premiers tubes de groupes lettons ou lituaniens de l’ex-URSS, au premier rang desquels Rondo. »

Ce n’est pas la première fois que la « hype » frappe les pays baltes, devenus une halte obligée pour les DJ à l’affût de vieilleries du meilleur aloi. En 2012,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ L’intervention coordonnée entre Washington, Londres et Paris n’est pas de nature à infléchir la dynamique de reconquête du régime syrien.
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Frappes occidentales en Syrie : Damas furieux mais pas ébranlé

L’intervention coordonnée entre Washington, Londres et Paris n’est pas de nature à infléchir la dynamique de reconquête du régime syrien.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 10h34
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

Le ciel de la capitale syrienne s’est embrasé vers 4 heures du matin. Les missiles lancés sur le Centre d’études et de recherches scientifiques (CERS), le complexe chargé du programme chimique militaire du régime Assad, situé à Barzeh, un quartier de la périphérie nord-est de Damas, ont réveillé en sursaut les habitants. Pendant un peu plus d’une heure, bombardements et tirs en riposte de la défense aérienne syrienne se sont succédé, enveloppant la ville dans un tonnerre assourdissant.
L’agence de presse SANA, porte-voix du pouvoir syrien, a dénoncé « une agression et une violation flagrante du droit international ». La présidence syrienne a publié un message elliptique : « Les âmes honorables ne seront pas humiliées ». « La Syrie fera face à l’agression américaine, française et britannique avec la même détermination qu’elle a fait face aux terroristes, et cette agression échouera », a déclaré une source officielle à l’agence gouvernementale.

En plus du CERS, qui avait déjà été visé par l’aviation israélienne en 2013, et de quelques autres structures de stockage et de production d’armes chimiques, des bases militaires ont été visées, notamment des locaux, à Damas, de la garde républicaine, une unité d’élite de l’armée syrienne, et une base aérienne, à Al-Dimas, près de la frontière libanaise. En comparaison, la frappe américaine d’avril 2017, consécutive à l’attaque chimique contre la localité de Khan Cheikhoun, s’était limitée à un seul site, l’aérodrome militaire d’Al-Chaayrate.
Pour autant, comme le précédent de 2017, ces frappes de représailles ne devraient pas bouleverser le cours du conflit. Elles pourraient, dans le meilleur des cas, inciter le pouvoir syrien à cesser les attaques au chlore qui se sont multipliées ces derniers mois, à une petite échelle, sauf dans le cas de Douma, où une cinquantaine de personnes ont péri le 7 avril. Elles pourraient évidemment aussi conforter le régime Assad dans...




                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Les grèves d’avertissement se sont multipliées cette semaine dans tout le pays, avant la négociation salariale de dimanche et lundi.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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En Allemagne, les salariés des services publics font monter la pression

Les grèves d’avertissement se sont multipliées cette semaine dans tout le pays, avant la négociation salariale de dimanche et lundi.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 10h13
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

En Allemagne, les syndicats ont intensifié leur pression pour l’augmentation des salaires dans les services publics. Vendredi 13 avril, plusieurs régions allemandes ont subi d’importantes perturbations dans divers secteurs à la suite de grèves d’avertissement à l’appel du syndicat Verdi avant la négociation de dimanche 15 et lundi 16 avril, qui sera sans doute décisive.
Vendredi, des milliers de salariés dans le pays ont cessé le travail durant quelques heures. L’Allemagne avait rarement connu une telle mobilisation des employés des services publics ces dernières années. Les transports en commun dans plusieurs grandes villes ont été très perturbés dans la semaine, ainsi que les crèches, les agences nationales pour l’emploi et les services d’enlèvement des ordures ménagères.
A Düsseldorf, la capitale du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, qui compte plus de 600 000 habitants, aucun métro ou tram ne circulait mercredi. Même scénario en Rhénanie-Palatinat, où aucun train régional ne roulait dans la région du confluent du Rhin et du Neckar, une des zones les plus industrialisées du pays. Dans cette même région, l’activité de certains hôpitaux était fortement touchée. A Hambourg, jeudi, les ordures n’ont pas été enlevées. Et, mardi, une grande partie du trafic aérien a été bloquée en raison de la grève de certains membres du personnel de sécurité couverts par une convention collective du secteur public régional.

Une hausse de salaires de 5,2 %chez Deutsche Telekom
Bien qu’ils affectent de façon importante le quotidien des Allemands, ces mouvements ne suscitent pas de protestation dans la population. Selon un sondage de la chaîne ZDF, les trois quarts des personnes interrogées accordent leur soutien aux grévistes. Le syndicat Verdi et la fédération des fonctionnaires ont profité de ce soutien pour montrer tout leur potentiel de perturbation dans cette semaine décisive. Depuis le 26 février, ils tentent d’obtenir pour les 2,3 millions...




                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Les rumeurs enflaient depuis plusieurs jours sur l’état de santé du maréchal, âgé de 75 ans, qui contrôle l’est de la Libye.
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Le maréchal Haftar, homme fort de la Libye, hospitalisé à Paris

Les rumeurs enflaient depuis plusieurs jours sur l’état de santé du maréchal, âgé de 75 ans, qui contrôle l’est de la Libye.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 04h28
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 04h40
   





                        



   


L’homme fort de l’est de la Libye, le maréchal Khalifa Haftar, reçoit actuellement des soins dans un hôpital à Paris, a indiqué son porte-parole dans la nuit de vendredi à samedi, confirmant des informations de presse.
« Au cours d’un programme de visites prévues dans plusieurs pays, le maréchal Haftar s’est senti malade et s’est rendu à un hôpital à Paris pour des examens médicaux normaux », a indiqué le porte-parole, Ahmed Al-Mesmari, sans autre précision sur l’état de santé du maréchal ou sa date d’admission.
Le maréchal Haftar, 75 ans, « sera de retour en Libye dans quelques jours pour poursuivre la lutte contre le terrorisme », a-t-il ajouté sur son compte Twitter.
Des informations contradictoires circulent depuis le début de la semaine sur l’état de santé du maréchal Haftar qui aurait subi une attaque cérébrale ou cardiaque, selon des médias libyens.
Incertitudes et rumeurs sur son état de santé
Le maréchal n’a fait aucune apparition publique cette semaine et aucune photo de lui n’a été publiée, nourrissant les rumeurs qui ont inondé les réseaux sociaux.
Des médias libyens et étrangers ont même annoncé vendredi la mort du maréchal, malgré les démentis répétés de son porte-parole et de ses proches.

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                La Libye, banc d’essai de la diplomatie Macron



La Libye fait face à une crise politique sans précédent doublée d’une insécurité chronique. Deux autorités s’y disputent le pouvoir : d’un côté, le gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli, et de l’autre, une autorité exerçant son pouvoir dans l’est du pays avec le soutien du maréchal Haftar.
Chef de l’Armée nationale libyenne (ANL, autoproclamée) et bête noire des islamistes en Libye, le maréchal Haftar est accusé par ses rivaux de vouloir instaurer une nouvelle dictature militaire en Libye.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Un site parodique attribue au président russe une phrase apocryphe… pourtant prise au sérieux par de nombreux internautes.
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« La France n’arrive pas à gérer trois gauchistes et un chien » : la phrase jamais prononcée par Poutine

Un site parodique attribue au président russe une phrase apocryphe… pourtant prise au sérieux par de nombreux internautes.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 18h58
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


« La France veut attaquer la Syrie alors qu’elle n’arrive pas à gérer trois gauchistes et un chien dans ses universités. » Pour toute amusante qu’elle soit, cette phrase n’a jamais été prononcée par Vladimir Poutine, comme l’affirme le site parodique belge Nordpresse, équivalent français du Gorafi. Nordpresse fait référence au blocage de certaines universités, et plus particulièrement à une vidéo, publiée quelques jours plus tôt, d’une « conférence de presse » donnée à Paris par trois étudiants masqués… et un chien.
« Emmanuel Macron essaye de bomber le torse sur la scène internationale alors qu’il n’est pas capable dans son pays de déloger 80 zadistes avec 2 500 gendarmes » à Notre-Dame-des-Landes, avance encore le site belge, en illustrant son article avec une capture d’écran de la chaîne russe RT diffusant une conférence de presse de Vladimir Poutine.

   


Pourquoi c’est faux
Plusieurs éléments permettent pourtant de déceler le caractère parodique du site Nordpresse : entre autres, son slogan (« toute l’information vérifiée par nos analystes simiens ») et ses articles annonçant le déploiement de « forces spéciales véganes » à Notre-Dame-des-Landes ou l’attribution à Jawad Bendaoud de « l’oscar du meilleur logeur ».
Las ! la vidéo continue son voyage de comptes Twitter en pages Facebook, prise au sérieux par des milliers d’internautes. La secrétaire de circonscription de l’Isère du Front national, Nathalie Germain, connue pour diffuser sur sa page Facebook mensonges et photomontages ouvertement racistes, s’est fait le relais de cette rumeur.

   


Des militants Les Républicains se sont également laissé berner par la galéjade.

   


Dans les commentaires, quelques voix rappellent que l’information est fausse, et les propos parodiques. Mais nombreux sont les internautes prenant la parodie pour vérité. « Macron se fait traiter de con et d’incapable par Poutine », lit-on sur Twitter.

   



   


Nordpresse est connu pour avoir tenté de piéger des journalistes du Parisien et plusieurs de ses articles ont été repris massivement au premier degré, notamment durant la campagne présidentielle.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Véritables musées pour certaines, lieux de vie pour la plupart, les nombreuses bibliothèques du campus sont le cœur battant de l’université britannique
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Cambridge, bibliothèques à tous les étages

Véritables musées pour certaines, lieux de vie pour la plupart, les nombreuses bibliothèques du campus sont le cœur battant de l’université britannique



Le Monde
 |    13.04.2018 à 17h11
    |

Pierre-Yves Anglès







                        



                                


                            
Chronique britannique. Diplômé de Sciences Po et étudiant en master de littérature à l’Ecole normale supérieure et en Sorbonne, Pierre-Yves Anglès raconte son semestre à l’université de Cambridge, en Angleterre.

Historiquement, tous les collèges de Cambridge sont bâtis sur le même plan : un carré d’herbe très verte autour duquel se trouvent des bureaux, des logements, une chapelle, un grand réfectoire appelé hall et une bibliothèque.
Plus d’une centaine de bibliothèques
Les facultés sont en charge des enseignements et les collèges de la vie quotidienne des étudiants et des professeurs. Chacun a donc sa ou ses bibliothèque(s). Entre celles des collèges, celles des facultés – qui sont thématiques selon les disciplines – et les infrastructures publiques de la ville, Cambridge compte plus d’une centaine de bibliothèques dont les collections sont centralisées via le moteur de recherche iDiscover. Plusieurs d’entre elles sont également ouvertes en continu, notamment dans les collèges où les étudiants résident. La « pause bibli », entre deux sessions de révisions, est comme une « pause café ». A Cambridge, les biblios ne dorment jamais...

Plusieurs millions de livres, manuscrits, journaux et cartes
Si les kilomètres de rayonnage des bibliothèques de Cambridge étaient une ruche, la reine abeille trônerait sur la rive droite de la ville, dans le gros bunker qu’est la bibliothèque principale de l’université. Etant donné la richesse de ses collections – plusieurs millions de livres, manuscrits, journaux et cartes – on y entre en laissant ses affaires dans des casiers, avec ses bras pour porter et ses grosses lunettes de lecture – la myopie étant un mal très répandu parmi les chercheurs.
La ressemblance entre cette bibliothèque et une usine – comme celle qui abrite aujourd’hui le musée de la Tate Modern à Londres – ne doit également rien au hasard : les deux ont été bâties par l’architecte Giles Scott (1880-1960).
Parce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Alors qu’aucune coalition gouvernementale n’émerge des consultations avec les différents partis, le chef de l’Etat italien a annoncé qu’il attendrait quelques jours avant d’examiner les solutions.
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Italie : le président de la République, Sergio Mattarella, déplore l’impasse politique

Alors qu’aucune coalition gouvernementale n’émerge des consultations avec les différents partis, le chef de l’Etat italien a annoncé qu’il attendrait quelques jours avant d’examiner les solutions.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 14h45
   





                        



   


Le président italien, Sergio Mattarella, a constaté vendredi 13 avril l’échec de sa deuxième série de consultations avec les chefs des partis politiques en vue de former un gouvernement.
« Je vais attendre quelques jours et j’examinerai ensuite les solutions pour sortir de l’impasse », a-t-il déclaré à la presse. « A la lumière du déroulement des consultations de ces derniers jours, il est devenu clair que les partis politiques n’ont pas fait le moindre progrès », a-t-il ajouté.
L’Italie est dans une impasse politique depuis les élections législatives du 4 mars, qui n’ont pas permis de dégager une majorité au Parlement.
Le Mouvement 5 étoiles (M5S), anti-système, est devenu le premier parti politique du pays, avec 222 députés sur 630, mais la coalition de droite (Ligue, Forza Italia et Frères d’Italie) compte 261 élus à la Chambre.

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                En Italie, la paralysie politique persiste



Vers de nouvelles élections ?
Le M5S s’est dit prêt à discuter avec la Ligue (extrême droite) mais refuse tout accord avec Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi. Le mouvement contestataire tente depuis plusieurs semaines de diviser la coalition de droite en poussant le chef de la Ligue, Matteo Salvini, à rompre avec Berlusconi. Sans succès.
Le dirigeant du M5S, Luigi Di Maio, a jusqu’ici tenté de former un gouvernement de coalition soit avec la Ligue, soit avec le Parti démocrate de centre gauche. Toutes ses offres ont été rejetées : le Parti démocrate disant vouloir se ranger dans l’opposition et Matteo Salvini, patron de la Ligue, refusant de rompre avec Silvio Berlusconi.
Il est peu probable qu’un accord de gouvernement soit conclu avant les élections régionales prévues à la fin du mois dans le Molise, dans le sud du pays, et en Frioul-Vénétie julienne, dans le nord.
Le M5S espère en effet prendre le contrôle de sa première région dans le Molise et la Ligue pense, elle, l’emporter en Frioul-Vénétie julienne.
En cas d’échec des pourparlers, Sergio Mattarella pourra demander à des « techniciens » de former le prochain gouvernement, avec un mandat limité dans le temps, ou alors convoquer de nouvelles élections législatives, probablement à l’automne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Emmanuel Macron et Justin Trudeau doivent reconnaître les risques que le traité commercial entre l’Europe et le Canada fait peser sur les droits des consommateurs et des citoyens, plaide Karine Jacquemart, directrice générale de l’ONG Foodwatch France, dans une tribune au « Monde ».
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Libre-échange : « Le CETA va ébranler notre démocratie »

Emmanuel Macron et Justin Trudeau doivent reconnaître les risques que le traité commercial entre l’Europe et le Canada fait peser sur les droits des consommateurs et des citoyens, plaide Karine Jacquemart, directrice générale de l’ONG Foodwatch France, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    13.04.2018 à 14h00
    |

Karine Jacquemart (Directrice générale de Foodwatch France)







                        



                                


                            
Tribune. Justin Trudeau arrive en France dimanche 15 avril pour une visite de trois jours. Il y a fort à parier que les photographes se régaleront en immortalisant la rencontre du premier ministre canadien et d’Emmanuel Macron, ces deux quadragénaires qui incarnent une nouvelle génération de leadeurs politiques. « Nouvelle génération », c’est aussi le terme accolé à l’accord de libre-échange CETA qui lie l’Europe et le Canada. Le CETA est en effet le premier d’une série d’accords qui ne se contentent plus de réduire les barrières tarifaires (les droits de douane), mais visent à supprimer tous les « obstacles au commerce », ce qui inclut les différences de réglementation qui nous protègent sur le plan sanitaire, social et environnemental.
en matière de commerce le Canada n’est pas le pays inoffensif de notre imaginaire collectif
Les sourires confiants et les poignées de main des deux hommes qui ne manqueront pas pendant cette visite ne doivent pas faire oublier les risques du CETA et le fait qu’en matière de commerce le Canada n’est pas le pays inoffensif de notre imaginaire collectif. Loin de là ! Justin Trudeau déclarait il y a un an au Parlement européen que « le CETA est un accord moderne », qui va « améliorer la vie des Canadiens et des Européens ».
Or, c’est faux. Aujourd’hui, nombre d’analyses – y compris celles produites par la commission d’évaluation de l’impact du CETA, présidée par l’économiste Katheline Schubert et dont les membres sont nommées par M. Macron – montrent que le CETA va ébranler notre démocratie et fait peser des risques considérables sur les droits des consommateurs et des citoyens, sur l’agriculture, l’alimentation et même sur la protection de notre environnement et de notre planète.

Nous ne sommes pas opposés aux accords de commerce. Mais la pilule du CETA est trop grosse à avaler. Les tactiques employées par cet accord d’un nouveau genre montrent bien que les intérêts...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Ces chasses, illégales en Suède, étaient « offertes » par un homme d’affaires au vice-premier ministre hongrois Zsolt Semjén. Elles se retrouvent au cœur d’une affaire de corruption.
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Les parties de chasse luxueuses du vice-premier ministre hongrois en Suède


                      Ces chasses, illégales en Suède, étaient « offertes » par un homme d’affaires au vice-premier ministre hongrois Zsolt Semjén. Elles se retrouvent au cœur d’une affaire de corruption.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 13h55
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 17h35
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








   


Peu loquace, le président du village sami de Grans, dans la province du Västerbotten, dans le nord de la Suède, assure que lui et son fils ne cherchent pas de noises au vice-premier ministre hongrois, Zsolt Semjén. « Je pense qu’il a agi de bonne foi et qu’il ne savait pas que ce qu’il faisait était illégal », assure Tobias Jonsson. Cependant, ils veulent comprendre comment un de leurs rennes a pu se retrouver mêlé à un des nombreux scandales de corruption qui ont émaillé la campagne pour les législatives en Hongrie.
L’histoire est rocambolesque. Elle débute à la mi-mars, avec la publication dans le quotidien hongrois Magyar Nemzet d’un article sur les parties de chasse luxueuses du vice-premier ministre et leader du Parti chrétien-démocrate Zsolt Semjén, dans le nord de la Suède. Il y en aurait eu cinq, depuis 2012, chaque fois financées par l’homme d’affaire József Farkas, propriétaire de plusieurs hôtels en Hongrie.
« Largesses » du gouvernement hongrois
Des ONG du pays d’Europe centrale évoquent des pots-de-vin, destinés à remercier Zsolt Semjén, grand amateur de chasse, des largesses du gouvernement hongrois grâce auquel le businessman aurait touché au moins 11 millions d’euros de subventions européennes et de marchés publics depuis 2010. Le vice-premier ministre se défend en assurant que les voyages étaient privés – son frère vit en Suède, il était venu lui rendre visite.
Mais, dans le royaume scandinave, l’affaire intrigue. Car le pays n’a pas de rennes sauvages. Ils appartiennent aux éleveurs sami et leur chasse est strictement interdite. Par curiosité, Tobias Jonsson, éleveur, cherche sur Internet des images des virées en Suède du cacique hongrois. Il découvre un film montrant un renne hélitreuillé par un hélicoptère au-dessus d’une forêt aux couleurs automnales. Puis, une photo, datant de 2014, où le vice-premier ministre, en tenue de chasse kaki, pose à côté d’un cervidé. Enfin, un second cliché, pris deux ans plus tard. Et là, stupeur : Tobias Jonsson reconnaît, sur l’oreille de l’animal, le signe distinctif taillé au couteau par son fils Niklas. Chaque éleveur coupe les oreilles de ses bêtes d’une façon bien particulière, pour être sûr de pouvoir les identifier. Pour Tobias Jonsson, il ne fait aucun doute que le renne abattu appartient bien au troupeau de son fils.
Comment est-il arrivé là ? Qui donc a organisé la chasse ? Les images de l’hélicoptère noir ont permis de remonter jusqu’à la compagnie qui a loué l’appareil au Hongrois. Ses propriétaires assurent ne rien savoir. « Ils disent qu’ils ont des milliers de réservations tous les ans et ne peuvent pas tout contrôler », lâche, sceptique, Tobias Jonsson.
« C’est comme si j’étais un paysan et qu’on abattait ma vache. » Niklas Jonsson, éleveur de rennes suédois
Ce n’est pas la première fois que lui et son fils se font voler des animaux. Mais jamais dans ces circonstances. « C’est comme si j’étais un paysan et qu’on abattait ma vache », constate, amer, Niklas Jonsson à la télé suédoise. Il a porté plainte. La police a ouvert une enquête pour « vol », ce qui a fait bondir l’Organisation nationale des Sami suédois. Elle exige un durcissement de la loi afin que l’abattage non autorisé d’un renne soit assimilé au braconnage et puni en tant que tel. Tobias Jonsson et son épouse ont contacté Magyar Nemzet et obtenu plusieurs photos, qui ont été versées au dossier. Mais l’éleveur ne se fait guère d’illusions sur les conséquences que pourrait avoir l’affaire en Hongrie : « J’ai l’impression qu’on n’y prend pas très au sérieux les accusations de corruption », remarque-t-il.

        Lire aussi :
         

                Un « capitalisme de connivence » gangrène la Hongrie



Ironie de l’histoire : en Hongrie, c’est justement la Suède qui, depuis 2015 et l’accueil de 160 000 réfugiés, est devenue le punching-ball favori du premier ministre Victor Orbán (dont la formation d’extrême droite a, le 8 avril, remporté les élections) et des médias contrôlés par son parti. Le royaume scandinave y est régulièrement dépeint comme un pays à feu et à sang, au point même que le ministre suédois de l’éducation, l’écolo Gustav Fridolin, a pris la peine de se rendre à Budapest, le 27 mars, pour soutenir la tête de file des Verts hongrois, Bernadett Szél, profitant de son déplacement pour nuancer l’image de la Suède.

        Lire aussi :
         

                En Europe, l’extrême droite salue le succès de Viktor Orban en Hongrie






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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Pour le chercheur Benjamin Hautecouverture, Moscou a bien noté que les « lignes rouges » établies par les gardiens du droit international sont des lignes orange qui jaunissent année après année.
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« Les armes chimiques sont un moyen pour Poutine de tester les démocraties »

Pour le chercheur Benjamin Hautecouverture, Moscou a bien noté que les « lignes rouges » établies par les gardiens du droit international sont des lignes orange qui jaunissent année après année.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 12h29
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 06h35
    |

            Nathalie Guibert et 
Marc Semo








                        



                                


                            

Spécialiste des questions de sécurité internationale, de prolifération des armes de destruction massive et de dissuasion, Benjamin Hautecouverture est maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) à Paris.
Pourquoi est-il impossible de rester sans réaction face à l’usage d’armes chimiques en Syrie ?
En réalité, il est tout à fait possible de rester passif face aux dernières allégations d’emploi de ces armes au cours de l’offensive sur Douma le 7 avril, une année après les attaques sur Khan Cheikhoun [le 4 avril 2017, un bombardement chimique de l’aviation syrienne sur la ville rebelle provoquait la mort d’au moins 100 civils]. C’est bien le cas depuis 2013, c’est-à-dire depuis la transgression de la première « ligne rouge » tracée par le président américain Barack Obama dans le cadre du conflit syrien.
Mais s’en contenter aujourd’hui devient très périlleux, non seulement au regard des victimes, mais également au regard de la crédibilité de la sécurité collective [le Conseil de sécurité des Nations unies, ONU], du droit international [la Convention d’interdiction des armes chimiques, CIAC], de la parole donnée par la démocratie libérale [Etats-Unis, Union européenne, etc.].
Au fond, l’usage des armes chimiques en Syrie est en train de concentrer stratégiquement, politiquement et symboliquement l’ensemble des attaques contre la norme du droit international dans le monde depuis le début de notre décennie. C’est à ce niveau que se situe désormais l’enjeu de la réaction face à l’usage des armes chimiques en Syrie. La France et les Etats-Unis sont en première ligne, mais ne sont pas les seuls concernés.
Quand Emmanuel Macron dit qu’il y a une « ligne rouge », sans agir, cela l’affaiblit ?
L’usage politique de la « ligne rouge » est une forme risquée de dissuasion. En l’espèce, s’il est déclaré que la ligne rouge est l’utilisation...




                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-16">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ L’application refuse de fournir au FSB, les services russes de sécurité, les clés permettant de déchiffrer les messages de ses utilisateurs.
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La justice russe ordonne le blocage de Telegram

L’application refuse de fournir au FSB, les services russes de sécurité, les clés permettant de déchiffrer les messages de ses utilisateurs.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 12h28
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 06h33
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


Le cofondateur de la messagerie Telegram, Pavel Dourov, avait interdit à ses avocats de se rendre au tribunal de Taganski, un arrondissement du centre de Moscou, où, disait-il, « tous les principes élémentaires [du droit] ont été violés ».
C’est donc devant des bancs vides, du côté des accusés, que la justice russe a ordonné en un temps record de vingt minutes, vendredi 13 avril, le blocage « immédiat » de la messagerie sur tout le territoire du pays. En cause : le refus de Telegram de fournir au FSB, les services russes de sécurité, les clés permettant de déchiffrer les messages.
Sur les quelque 200 millions d’utilisateurs de la messagerie dans le monde, plus de 10 millions sont Russes, dont de nombreuses administrations et officiels eux-mêmes, au Kremlin comme au sein du gouvernement. Quelques minutes après le verdict, le ministère russe des affaires étrangères signalait d’ailleurs sur son site Internet : « Chers abonnés, vous pouvez toujours nous suivre sur Viber, et d’autres réseaux sociaux, Facebook, Vkontakte, Twitter, Instagram… »
Ironie du sort, M. Dourov, d’origine russe, cofondateur de Telegram avec son frère Nikolaï en 2013, est aussi celui qui a donné naissance à l’application Vkontakte, le Facebook russe, dont il fut le directeur général jusqu’à son éviction, en 2014, année où il a décidé de quitter la Russie « sans retour ».

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Sur une liste noire
Vendredi, le vice-ministre de la communication, Alexeï Voline, s’est voulu rassurant : « Le blocus de Telegram ne nuira pas à ses abonnés, a-t-il déclaré. Ils utiliseront d’autres ressources ou contourneront l’interdiction. »
Sa remarque est parfaitement exacte. Dès le début de son bras de fer avec les autorités russes, commencé en 2017, les dirigeants de Telegram ont ajouté dans la messagerie la possibilité de contourner un blocus grâce à des serveurs relais, et l’Internet russe est déjà inondé de conseils pour briser l’embargo. Un rapide sondage organisé sur le site de la radio Echo de Moscou a conclu dans le même sens : 82 % des personnes qui ont répondu ont déclaré qu’elles éviteraient le blocus.
« Le tribunal Taganski de Moscou (…) a prouvé que le “bureau” [le FSB] n’arrive pas à lire les messageries qui utilisent un chiffrement complet, il a ainsi montré que Telegram est la plus sûre », a ironisé Pavel Chikov, l’un des avocats russes de la société. « Il a augmenté la quantité d’ennemis du pouvoir de quelques millions, a-t-il poursuivi. Il a démontré que le système judiciaire sert fidèlement ses intérêts et inscrit la Russie dans la liste des pays en guerre contre le progrès et la liberté. » Pavel Dourov a également réagi. « Chez Telegram, nous avons le luxe de ne pas dépendre d’une source de revenus ou de la vente de publicité, a-t-il déclaré sur son compte Telegram. La vie privée n’est pas à vendre, et les droits humains ne doivent pas être sacrifiés sur l’autel de la peur ou de la cupidité. »
Telegram rejoint, en effet, d’autres réseaux inscrits sur une liste noire en Russie et interdits, comme LinkedIn ou Dailymotion.
« Assaut » contre la liberté d’expression
Ce blocage est un nouvel « assaut » contre la liberté d’expression, selon Amnesty International. Les autorités russes, souligne l’organisation de défense des droits humains dans un communiqué, « ont bloqué les sites d’information qui les critiquent, imposé des règles de stockage de données draconiennes et déclaré les médias enregistrés en dehors de la Russie comme des “agents étrangers”. Maintenant, ils ciblent l’une des applications de messagerie les plus populaires en Russie simplement pour avoir le courage et l’intégrité de respecter la vie privée de ses utilisateurs ».
Saisie par Roskomnadzor, l’agence fédérale russe des télécommunications, la justice n’a pas reculé. « Les informations diffusées par Telegram peuvent contenir des données utilisées par des terroristes et des extrémistes », a une nouvelle fois plaidé, vendredi, sa représentante en décrivant une « menace » pour la Russie. En juin 2017, Roskomnadzor avait averti la messagerie d’un possible blocage en lui intimant l’ordre de s’inscrire dans le registre des diffuseurs d’information, une injonction à laquelle Telegram avait fini par se plier.
M. Dourov a cependant opposé un « niet » catégorique à la demande de fournir les clés de déchiffrement aux services de sécurité, s’attirant à nouveau les foudres des autorités. Cette fois, avertissait-il en mars, les menaces de blocage « ne porteront pas leurs fruits ».

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Après une vague de démissions, suite aux révélations d’agressions sexuelles et de favoritisme au sein de l’institution, la secrétaire perpétuelle a été forcée au départ, jeudi.
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Comprendre la crise qui secoue l’Académie suédoise

Après une vague de démissions, suite aux révélations d’agressions sexuelles et de favoritisme au sein de l’institution, la secrétaire perpétuelle a été forcée au départ, jeudi.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 14h13
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



   


La crise historique qui secoue l’Académie suédoise, fondée en 1786 pour promouvoir la grandeur culturelle du royaume par Gustave III, et chargée d’attribuer le prix Nobel de littérature depuis 1901, a atteint un nouveau paroxysme, jeudi 12 avril, dans la soirée. A la sortie de la réunion hebdomadaire des immortels, dans les locaux de Börshuset, l’ancienne Bourse au cœur de la vieille ville de Stockholm, sa secrétaire perpétuelle, Sara Danius, a fait savoir qu’elle avait été remerciée par une majorité de ses collègues et qu’elle quittait l’Académie.
Dans la foulée, la poétesse et dramaturge Katarina Frostenson, dont le mari est à l’origine du scandale, a, elle aussi, annoncé son départ.
Des élus à vie, remplacés qu’après leur mort
Les dix-huit immortels ne sont donc plus que onze. Trois avaient démissionné le 6 avril, pour protester contre la gestion de la crise par leurs collègues. La romancière Kerstin Ekman a, elle, claqué la porte en 1989, en réaction au refus de l’Académie de condamner la fatwa contre l’écrivain britannique Salman Rushdie. Son fauteuil est, depuis, resté vide, car les académiciens, élus à vie, ne peuvent être remplacés qu’après leur mort. L’écrivaine Lotta Lotass, quant à elle, élue en 2009, n’a plus participé aux délibérations depuis 2015, ne supportant pas l’élitisme de ce petit cercle d’intellectuels.
De la prestigieuse Académie, créée en 1786 sur le modèle français, il ne reste donc plus qu’une institution en ruine. Dans le royaume scandinave, l’affaire obnubile les médias et préoccupe au plus haut point les politiques, inquiets de voir la réputation du pays et des Nobel ainsi entachée. Le premier ministre, Stefan Löfven, s’est dit choqué par le ton du débat et a rappelé qu’il était « important que l’Académie fonctionne et ait le respect et la confiance du reste du monde ».
Entorses au devoir de réserve
L’impression de chaos s’est encore renforcée ces derniers jours, alors que les immortels, tenus à un devoir de réserve, s’épanchaient dans les médias, révélant l’opposition frontale entre deux camps. L’un d’entre eux, sorti vainqueur, soutient la poétesse et dramaturge Katarina Frostenson, épouse du français Jean-Claude Arnault, 71 ans, figure culturelle de premier plan en Suède, qui fait l’objet de plusieurs plaintes pour viols et agressions sexuelles. Il est également soupçonné d’avoir ébruité les noms de plusieurs lauréats du Nobel, avant qu’ils aient été officialisés. Dans la foulée, Mme Frostenson, dont le mari est à l’origine du scandale, a annoncé son départ.
Jusqu’à l’automne 2017, M. Arnault, dirigeait le Forum, un lieu d’exposition et de performances, couru des élites culturelles stockholmoises, et en partie financé par l’Académie.
Début décembre 2017, la secrétaire perpétuelle Sara Danius a lancé une enquête interne et recruté un cabinet d’avocats, chargé de faire la lumière sur les relations entre les académiciens et le français. Si les conclusions de l’enquête n’ont pas encore été rendues publiques, Mme Danius a révélé le contenu du rapport soumis aux académiciens, dans une interview au quotidien Svenska Dagbladet, le 7 avril. Notamment le fait que Mme Frostenson détenait la moitié des titres de propriété du Forum. « C’était une surprise pour tout le monde, assure Sara Danius. L’Académie n’est pas autorisée à donner de l’argent à un de ses membres. Nous avons donc violé notre propre règlement. La responsabilité nous incombe, mais il est étrange que nous n’ayons pas été informés. »

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La confusion totale
Dans ces recommandations, le cabinet d’avocats suggérait à l’Académie de porter plainte contre le Forum. Un vote a été organisé. Non seulement une majorité des académiciens se sont opposés au dépôt d’une plainte, mais ils ont également renouvelé leur confiance à Katarina Frostenson, se répandant en critiques acerbes contre Sara Danius dans la presse du royaume. L’éviction de la secrétaire perpétuelle était alors devenue inévitable.
Vendredi matin, le professeur de littérature Anders Olsson, qui assure l’intérim, a ajouté encore à la confusion, en laissant entendre que c’était en accord avec le roi Carl XVI Gustaf, protecteur de l’Académie, qu’un compromis avait été présenté : le départ de Mme Danius contre la démission de Mme Frostenson. Or, deux heures plus tard, la cour démentait, exigeant des explications.
Car le départ de Sara Danius, première femme à occuper les fonctions de secrétaire perpétuelle de l’Académie, instigatrice d’une modernisation jugée indispensable, passe très mal en Suède. Derrière le hashtag #Knytblusförsara (chemisier à nœud lavallière pour Sara), des dizaines de femmes, dont la ministre de la culture Alice Bah Kuhnke, publient sur les réseaux sociaux, depuis jeudi soir, des autoportraits, dans la tenue favorite de l’académicienne. « Deux femmes ont été sacrifiées, l’une contre l’autre », résume l’académicien Per Wästerberg.



                            


                        

                        


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La France donne une plus grande place à la Cour européenne des droits de l’homme

Paris a ratifié un protocole permettant au Conseil constitutionnel, à la Cour de cassation et au Conseil d’Etat de solliciter l’avis de la CEDH avant de trancher une question.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 10h37
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            

La France a apporté son aide, jeudi 12 avril, à l’édifice juridique européen de protection des libertés et droits fondamentaux. Paris a officiellement ratifié le protocole additionnel no 16 à la Convention européenne des droits de l’homme. Ce texte permet aux hautes juridictions que sont en France le Conseil constitutionnel, la Cour de cassation et le Conseil d’Etat, de demander des avis à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).
La France est le dixième Etat du Conseil de l’Europe à ratifier ce protocole signé à Strasbourg en octobre 2013, cela permet de déclencher son entrée en vigueur le 1er août. Au moment où la légitimité normative de l’Europe en matière d’application des principes fondamentaux est contestée dans de nombreux pays, cette étape vient renforcer ce que l’on appelle le « dialogue des juges ». De quoi consolider l’édifice juridique bâti autour de la Convention européenne des droits de l’homme.
L’avis consultatif rendu par la Cour de Strasbourg sera motivé et non contraignant, contrairement aux jugements qu’elle rend dans les affaires dont elle est saisie.
Défendre « une justice européenne »
Emmanuel Macron, lors de sa visite à la CEDH le 31 octobre 2017, avait annoncé sa volonté de ratifier ce texte. Le président de la République avait justifié cette décision par sa volonté de défendre « une justice européenne, conçue comme un espace de dialogue et de complémentarité ». La loi autorisant cette ratification a été publiée au Journal officiel le 4 avril et Nicole Belloubet, la garde des sceaux, a déposé « l’instrument de ratification » le 12 avril.
L’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, n’ont pas encore signé ce protocole
A Strasbourg, on se réjouit de cette signature. « C’est une étape fondamentale dans l’histoire de la Convention européenne des droits de l’homme et un développement majeur de la protection des droits de l’homme en Europe », a déclaré Guido...




                        

                        


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Hongrie : un hebdomadaire publie une liste de 200 « spéculateurs » supposés au service de Soros

Le premier ministre Viktor Orban avait affirmé qu’il avait une liste de 2 000 personnes payées par le milliardaire et philanthrope, sa bête noire, pour « renverser le gouvernement ».



Le Monde
 |    13.04.2018 à 00h25
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 08h15
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        


Quatre jours après les élections législatives en Hongrie – et alors que Bruxelles s’interroge sur une réponse à apporter aux atteintes à l’Etat de droit –, un hebdomadaire proche du pouvoir a publié, jeudi 12 avril, 200 noms de personnalités qu’il accuse d’appartenir à un réseau supposé de « spéculateurs » au service de George Soros, milliardaire américain d’origine hongroise, survivant de la Shoah et philanthrope, âgé de 87 ans.
Le premier ministre Viktor Orban avait affirmé durant la campagne électorale qu’il avait une liste de 2 000 personnes payées pour « renverser le gouvernement et installer un nouvel exécutif acceptable pour George Soros ». Il avait également déclaré qu’il réglerait ses comptes « après les élections, aux niveaux à la fois moral, politique et juridique ». Il n’aura pas mis longtemps à tenir sa promesse.

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Dans la liste, figurent en toutes lettres les patronymes d’avocats défendant les droits des demandeurs d’asile et des réfugiés, d’employés d’organisations non gouvernementales (ONG) de renommée internationale, telles que Transparency International et Amnesty International, mais aussi de l’Université d’Europe centrale (CEU), un prestigieux établissement installé en Hongrie depuis 1993. Certaines personnes mises en cause sont de nationalité étrangère, comme le politologue autrichien Anton Pelinka. D’autres sont... décédées.
« Liste conspirationniste de Hongrois brillants »
Deux jours plus tôt, c’est une télévision privée appartenant à un oligarque « proche du gouvernement » selon Andras Lederer, de l’ONG Helsinki Committee, qui avait diffusé les portraits de personnalités issues de la société civile et accusées d’être des « mercenaires » travaillant pour M. Soros.
« Il est très dérangeant de voir de longues listes de représentants de la société civile, d’universitaires et de journalistes dans l’hebdomadaire Figyelo, a réagi sur Twitter l’ambassadrice du Canada à Budapest, Isabelle Poupart. Nous travaillons étroitement avec nombre d’entre eux depuis des années et d’entre eux sont Canadiens. »

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Selon son homologue suédois, Niclas Trouvé, il est « très inquiétant qu’un journal publie une liste conspirationniste de Hongrois brillants qui ont fait de grands sacrifices pour leur pays, ses habitants et pour la démocratie ». Ce diplomate assure de son soutien les défenseurs des droits de l’homme et leurs familles.
« C’est une tentative flagrante d’intimidation, a de son côté estimé le recteur de la CEU, Michael Ignatieff. Elle est dangereuse pour la liberté académique. »
Figyelo était un titre économique qui, selon l’agence américaine AP, « a pris un tournant progouvernemental sans vergogne, depuis qu’il a été racheté en décembre 2016 par Maria Schmidt, une historienne alliée de Viktor Orban. Depuis lors, la grande majorité des publicités insérées dans le magazine émanent du gouvernement ou d’entreprises détenues par l’État. »
Interrogé par l’agence de presse, qui voulait savoir si cette liste correspondait à celle évoquée par Viktor Orban auparavant, l’exécutif s’est refusé à tout commentaire. Dans un communiqué, le magazine a qualifié « d’hystériques » les réactions à la publication de son article, puis s’est excusé auprès des familles des morts cités dans la liste. Mais il a aussi déclaré que sa liste était « loin d’être complète ». En langage de journalistes, on appelle ça du « teasing ». Partout ailleurs, c’est aussi une menace.




                            


                        

                        


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Scandale d’agressions : la secrétaire perpétuelle de l’Académie suédoise démissionne à son tour

L’institution qui décerne le prix Nobel de littérature est en crise depuis que des femmes ont dit être victimes d’agressions sexuelles par une personnalité proche de l’Académie.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 22h06
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 22h30
   





                        



   


L’Académie suédoise, qui décerne le Nobel de littérature, a remercié sa secrétaire perpétuelle, qui a annoncé son départ jeudi 12 avril. L’institution est empêtrée dans des divisions internes à la suite de révélations sur ses liens étroits avec Jean-Claude Arnault, une figure culturelle de premier plan en Suède, accusé de viols.
« C’est la volonté de l’Académie que je quitte mon poste de secrétaire perpétuelle », a annoncé Sara Danius à la fin d’une réunion des académiciens. « J’ai aussi décidé de laisser mon fauteuil, le numéro 7. Cette décision prend effet immédiatement », a-t-elle ajouté, reconnaissant qu’elle aurait « volontiers continué ».
La vague de révélations #metoo avait permis de mettre au jour en novembre les relations étroites entre l’Académie et « une personnalité du monde de la culture » accusée de viols et d’agressions sexuelles par des académiciennes, épouses d’académiciens, leurs filles et d’autres femmes.

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Une enquête aux résultats tenus secrets
Le quotidien Dagens Nyheter avait publié les témoignages de dix-huit femmes disant avoir subi des violences ou des faits de harcèlement sexuel de Jean-Claude Arnault, marié à une académicienne, la poétesse et dramaturge Katarina Frostenson.
L’Académie a depuis rompu toute amarre avec lui et a coupé ses subventions au lieu d’exposition et de performances qu’il dirige à Stockholm, couru des élites culturelles. Elle a par ailleurs ouvert une enquête interne et s’est attaché les services d’un cabinet d’avocats. Leurs conclusions ne sont pas connues, les académiciens étant tenus à un strict devoir de réserve.
Plusieurs démissions ont déjà eu lieu au sein de l’Académie suédoise. Un académicien, Anders Olsson, a dit que les démissions faisaient suite à un vote ayant abouti à la confiance renouvelée d’une majorité d’académiciens à Katarina Frostenson.

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