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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunit en urgence, à la demande de la Russie, après les bombardements occidentaux contre trois sites syriens.
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Moscou réclame une condamnation des frappes en Syrie par le Conseil de sécurité de l’ONU

Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunit en urgence, à la demande de la Russie, après les bombardements occidentaux contre trois sites syriens.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 18h26
   





                        



   


Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunissait en urgence, samedi 14 avril, à la demande de la Russie qui réclame une condamnation des frappes occidentales menées contre le régime de Bachar Al-Assad.
A l’ouverture des débats, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé les membres du Conseil de sécurité à « agir en accord avec la charte des Nations unies et dans le cadre du droit international » lorsqu’il est question de « paix et sécurité ».
La Russie a d’emblée demandé au Conseil de sécurité de voter, à la fin de sa réunion, sur son projet de résolution condamnant les frappes occidentales en Syrie. « Vos agressions aggravent la situation humanitaire » en Syrie, a dénoncé l’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily Nebenzia. « Vous n’êtes pas sortis du néo-colonialisme », a-t-il aussi dit, en estimant que Washington, Londres et Paris avaient « foulé au pied la charte de l’ONU ».

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Washington « prêt à dégainer » à nouveau
Le projet russe, de cinq paragraphes et qui a peu de chances de recueillir les neuf voix nécessaires à son adoption, fait part d’une « grande inquiétude » face à « l’agression » contre un Etat souverain. Elle viole, selon Moscou, « le droit international et la Charte des Nations unies ».
Le projet de résolution russe dénonce des frappes occidentales survenues tôt samedi alors qu’une mission de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) se trouve en Syrie pour réunir des éléments sur les attaques chimiques présumées du 7 avril à Douma.

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Le nouveau texte russe demande aussi l’arrêt « sans délai » de « l’agression » contre la Syrie. Les Etats-Unis ont déjà annoncé qu’il n’y aurait pas de nouvelles frappes tant que le régime syrien s’abstient de recourir à des armes chimiques.
En réponse, les Etats-Unis ont déclaré être « prêts à dégainer » à nouveau en cas de nouvelle attaque chimique en Syrie. L’ambassadrice américaine, Nikki Haley, a réaffirmé que les Etats-Unis étaient dans leur droit pour mener des attaques aériennes en Syrie.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Des dizaines de milliers de personnes ont acclamé samedi la dépouille de Winnie Madikizela-Mandela, égérie de la lutte contre l’apartheid, lors d’obsèques nationales à Soweto.
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En Afrique du Sud, dernier hommage à Winnie Mandela, « rempart » contre l’apartheid

Des dizaines de milliers de personnes ont acclamé samedi la dépouille de Winnie Madikizela-Mandela, égérie de la lutte contre l’apartheid, lors d’obsèques nationales à Soweto.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 16h28
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 17h12
   





                        



   


Des dizaines de milliers de personnes ont rendu un dernier hommage, samedi 14 avril, dans le township sud-africain de Soweto, à Winnie Madikizela-Mandela, l’égérie populaire mais controversée de la lutte contre l’apartheid. La cérémonie conclut dix jours de deuil national décrétés en souvenir de celle que l’on surnommait le « roc », « la Mère de la nation », la « libératrice » ou l’« héroïne », morte le 2 avril, à 81 ans, des suites d’une longue maladie.
Escorté par des motards, le cercueil de « Mama Winnie », recouvert du drapeau sud-africain, a quitté samedi au matin son domicile de Soweto, la banlieue pauvre de Johannesburg, à laquelle elle est restée fidèle toute sa vie. Arrivée au stade d’Orlando, à quelques kilomètres de là, la dépouille a été saluée par une foule en deuil qui, le poing levé, a entonné à pleins poumons une chanson de la lutte, « Il n’y a personne comme Winnie Mandela ».

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« Elle n’a jamais cessé de se battre »
« Mama s’est battue pour notre liberté. C’est essentiel de lui rendre hommage », a déclaré Mufunwa Muhadi, 31 ans, vêtue de noir et d’une coiffe colorée, la tenue choisie par de nombreuses Sud-Africaines pour rendre hommage à « Winnie ». « Elle était une de nos meilleurs soldats. Elle s’est battue du début à la fin. Pars en paix, Maman. Tu as joué ton rôle », a salué un autre spectateur en deuil, Brian Magqaza, 53 ans.
Pendant les vingt-sept années de détention de Nelson Mandela, son mari à l’époque, Winnie Madikizela-Mandela a entretenu la flamme de la résistance à l’apartheid, malgré les tortures, les humiliations et les séjours en prison. La photo du couple, main dans la main, à la libération de Nelson Mandela, en 1990, symbolise la victoire sur le régime raciste blanc, qui tombera officiellement quatre ans plus tard.
Leur couple, lui, ne survivra pas. Ils se séparèrent en 1992, deux ans avant l’accession à la présidence de la République d’Afrique du Sud du Prix Nobel de la paix, auréolé de toute la gloire.
Plusieurs dirigeants étrangers, dont les chefs d’Etat congolais, Denis Sassou Nguesso, et namibien, Hage Geingob, étaient attendus à la cérémonie, où le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, devait prononcer l’éloge funèbre. Des personnalités, tel Jesse Jackson, militant emblématique des droits civiques aux Etats-Unis, ont aussi assisté aux obsèques. « Elle n’a jamais cessé de se battre », avait salué vendredi le pasteur, âgé de 76 ans.

   


« Mama n’était pas une personne parfaite »
L’image de Winnie Madikizela-Mandela a été écornée par des condamnations pour fraude, enlèvement et violences. L’ex-épouse de l’ancien président sud-africain a à plusieurs reprises été mise en cause, notamment pour des exactions commises par sa garde rapprochée, le « Mandela United Football Club », qui faisait régner la terreur à Soweto à la fin des années 1980. Près d’un quart de siècle après la fin officielle de l’apartheid, les motivations de ce groupe restent toujours mystérieuses. Selon un ancien policier blanc repenti, le régime l’avait infiltré. A l’époque, l’African National Congress (ANC, Congrès national africain), fer de lance de la lutte anti-apartheid, avait fait part de son inquiétude à Winnie Mandela, qui avait ignoré ses appels.
Cette semaine, le président Ramaphosa a demandé de ne pas « diaboliser » Winnie Madikizela-Mandela. « Mama n’était pas une personne parfaite », a concédé la ministre de la communication, Nomvula Mokonyane. « Beaucoup d’entre nous ont fait des choses bien, mais aussi des choses terribles pendant la lutte. Il ne faut jamais oublier le contexte », a-t-elle dit, estimant que la militante était critiquée « parce qu’elle était une femme ».
Après les funérailles officielles, l’égérie populaire doit être enterrée samedi après-midi dans le cimetière de Fourways, un quartier résidentiel de Johannesburg, au côté d’une de ses petites-filles morte en 2010.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Les bombardements en Syrie sont « un message à ceux qui pensent qu’ils peuvent utiliser les armes chimiques avec impunité », a déclaré la première ministre britannique.
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Frappes en Syrie : l’avertissement de Theresa May à la Russie

Les bombardements en Syrie sont « un message à ceux qui pensent qu’ils peuvent utiliser les armes chimiques avec impunité », a déclaré la première ministre britannique.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 15h29
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 17h14
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Derrière les frappes en Syrie, samedi 14 avril, Theresa May vise la Russie. Se référant explicitement à l’empoisonnement de l’ancien agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, la première ministre britannique a déclaré que « l’action en Syrie envoie un message clair à tous ceux qui pensent qu’ils peuvent utiliser les armes chimiques avec impunité ». « On ne peut pas permettre que l’utilisation des armes chimiques se normalise, que ce soit en Syrie, dans les rues du Royaume-Uni ou ailleurs dans le monde », a-t-elle ajouté.

Mme May reconnaît, bien sûr, que l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille au gaz innervant à Salisbury, le 4 mars, était « d’une tout autre échelle » que celui de Douma, dans la Ghouta orientale, perpétré selon elle par le régime syrien. Mais elle espère que l’avertissement permettra de réaffirmer l’interdiction des armes chimiques à travers le monde. « C’est un message clair pour rétablir la norme que les armes chimiques ne peuvent pas être utilisées. C’est illégal, leur usage est illégal et interdit », dit-elle, rappelant que la prohibition internationale de ces armes est vieille de presque un siècle.
Le Royaume-Uni et la Russie s’accusent mutuellement
La première ministre britannique tient ces propos dans un contexte d’escalade verbale entre le Royaume-Uni et la Russie. Vendredi, Moscou a accusé, contre toute évidence, Londres d’être derrière l’attaque chimique dans la Ghouta orientale. « Nous avons la preuve que le Royaume-Uni était directement partie prenante dans l’organisation de cette provocation », a affirmé Igor Konashenkov, un porte-parole du ministère de la défense russe.
Selon les Russes, les casques blancs, une organisation humanitaire essentiellement présente auprès de l’opposition syrienne, financée notamment par le Royaume-Uni, auraient organisé l’attaque chimique. Karen Pierce, ambassadrice du Royaume-Uni auprès des Nations unies,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Quatorze djihadistes se sont fait exploser à l’extérieur du camp, après avoir été empêchés d’y pénétrer, samedi matin. Huit soldats ont été tués.
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Egypte : attaque meurtrière d’un camp militaire dans le Sinaï

Quatorze djihadistes se sont fait exploser à l’extérieur du camp, après avoir été empêchés d’y pénétrer, samedi matin. Huit soldats ont été tués.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 14h13
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 14h27
   





                        


Quatorze djihadistes et huit soldats égyptiens ont été tués, samedi 14 avril au matin, lors de l’attaque d’un camp militaire dans la péninsule du Sinaï, a annoncé l’armée. Les terroristes se sont fait exploser à l’extérieur du camp, après avoir été empêchés d’y pénétrer.
Un peu plus tôt samedi, l’armée avait annoncé que vingt-sept djihadistes avaient été tués ces derniers jours lors d’une opération antiterroriste dans le Sinaï, où est implantée la branche égyptienne du groupe Etat islamique (EI). Dans un communiqué, l’institution a également dit que cent quatorze suspects avaient été arrêtés et qu’un camp d’entraînement avait été détruit.
Elle n’a pas fait état de pertes dans les rangs des forces de sécurité lors de ces dernières interventions, qui s’inscrivent dans le cadre d’une vaste opération antiterroriste lancée en février dans le Sinaï, où une importante insurrection djihadiste s’est développée depuis la destitution par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi, en 2013.
Depuis le début de cette opération « Sinaï 2018 », plus de cent djihadistes et au moins vingt-deux membres des forces de sécurité ont été tués. Les forces de sécurité égyptiennes soupçonnent l’EI de vouloir installer un nouveau foyer dans le Sinaï, après leurs défaites en Irak et en Syrie.

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Prolongation de l’état d’urgence
Samedi également, le président Abdel Fattah Al-Sissi a prolongé de trois mois l’état d’urgence qui avait été décrété en avril 2017, selon un décret publié au journal officiel. Il s’agit de la quatrième prolongation de cette mesure d’exception, dont l’instauration faisait suite à des attaques d’églises coptes à Tanta et à Alexandrie (Nord), revendiquées par l’EI, qui firent quarante-cinq morts.
L’état d’urgence élargit considérablement les pouvoirs de la police en matière d’arrestation, de surveillance, et peut imposer des restrictions à la liberté de mouvement. Cette mesure existe déjà depuis plusieurs années dans le nord du Sinaï.
Le maréchal à la retraite Abdel Fattah Al-Sissi a été réélu, avec plus de 97 % des suffrages, le 28 mars, à la tête du pays, considéré comme un rempart contre le terrorisme par les pays occidentaux.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le professeur de relations internationales Bertrand Badie estime que les attaques menées par Washington, Londres et Paris dans la nuit du 13 au 14 avril relèvent d’une logique dépassée.
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Frappes en Syrie : « Il est probable qu’Assad se sente conforté »

Dans une tribune au « Monde », le professeur de relations internationales Bertrand Badie estime que les attaques menées par Washington, Londres et Paris dans la nuit du 13 au 14 avril relèvent d’une logique dépassée.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 13h27
    |

Bertrand Badie (professeur de relations internationales à Sciences Po Paris)







                        



                                


                            

Tribune. L’intervention militaire est bien dans l’ADN des vieilles puissances, héritage direct ou indirect du « concert européen » du XIXe siècle, complété par la traditionnelle politique américaine du « gros bâton ». La reconstitution d’un triangle Washington-Londres-Paris simplifie l’héritage, laissant significativement de côté une Allemagne dont on ne prend pas assez en compte le suggestif aggiornamento diplomatique. Pour le reste, les ingrédients restent les mêmes : un discours qui oscille entre la rhétorique messianique et celle du justicier, une pratique qui préfère l’affichage de puissance à l’efficacité de ses effets, un rapport au droit où l’inversion de la règle et le recours impudique au principe de sélectivité démontrent que l’esprit de punition l’emporte sur la sanction.
« Comme toujours dans la tradition interventionniste, les éléments de langage occupent le devant de la scène »
Comme toujours dans la tradition interventionniste, les éléments de langage occupent le devant de la scène. Cette fois-ci, on est pourtant dans l’inédit, souvent dans l’outrance, entre Docteur Folamour, qui nous avait annoncé ses « beaux missiles », et le Pentagone, épaulé par les deux alliés européens, qui nuançait aussitôt les propos tenus depuis la Maison Blanche. Derrière les mots et les Tweet, il convient pourtant de comprendre le sens de l’action déployée : jouer de l’évidente émotion que provoque un bombardement chimique ne permet pas pour autant de cacher les subtilités stratégiques de la manœuvre. N’entrons pas dans la polémique qui consiste à douter de la réalité de tels bombardements, attestés par trop de témoignages pour être sérieusement contestés. Accordons au contraire crédit à ces ONG qui nous disent, en même temps, que nous en sommes à la quatre-vingtième action de ce genre en ce malheureux pays : où est donc aujourd’hui la nouveauté décisive, celle qui a réellement déterminé soudain le passage à l’acte ? C’est là que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ De l’extrême gauche à l’extrême droite, en passant par Les Républicains, une large part de la classe politique a pris position contre l’engagement français.
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En France, l’opposition critique la participation de Paris aux frappes contre le régime syrien

De l’extrême gauche à l’extrême droite, en passant par Les Républicains, une large part de la classe politique a pris position contre l’engagement français.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 13h08
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 17h33
   





                        


Quelques heures après les frappes contre des unités syriennes de production d’armes chimiques, une large part de l’opposition française critiquait, samedi 14 avril, la décision de l’exécutif d’intervenir en Syrie sans mandat de l’ONU, aux côtés de Washington et de Londres. Cette intervention était une réponse à l’attaque chimique supposée attribuée au régime de Bachar Al-Assad, qui a fait des dizaines de morts le 7 avril dans la ville de Douma, dans la Ghouta orientale.
« L’action qui a été conduite par nos forces armées est légitime, a justifié samedi le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, elle vise à mettre un terme à une atteinte grave au droit, elle est circonscrite à des objectifs précis : la destruction des capacités chimiques du régime syrien afin de l’empêcher de commettre de nouveaux carnages chimiques. »

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« Sans preuves et sans mandat de l’ONU »
Chez Les Républicains, Bruno Retailleau, président du groupe au Sénat, a estimé qu’« ajouter la guerre à la guerre n’a[vait] jamais fait avancer la paix » : 
« Cette démonstration de force ponctuelle risque d’alimenter le terrorisme. Elle nourrit l’idée que l’Occident est hostile au monde arabe. Ces frappes affaiblissent notre diplomatie. La voix de la France n’est forte que si elle est singulière, elle n’est utile que si elle privilégie le dialogue. Emmanuel Macron aligne la diplomatie de la France sur celle de Donald Trump ; c’est une erreur, et les leçons du passé et de nos échecs au Moyen Orient semblent déjà oubliées. »
Julien Aubert, député LR, a jugé sur Twitter que « pour la première fois de son histoire », en bombardant sans l’aval du conseil de sécurité des Nations unies un pays souverain, la France n’était « pas du côté du droit » et « détruisait le système légal » de l’ONU.

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Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise, a lui aussi dénoncé l’absence de mandat de l’ONU : « Les frappes contre la Syrie se font sans preuve, sans mandat de l’ONU et contre elle, sans accord européen et sans vote du Parlement français », a souligné le député des Bouches-du-Rhône. « C’est une aventure de revanche nord-américaine, une escalade irresponsable », a-t-il dénoncé, jugeant que « la France mérite mieux que ce rôle ». « Elle doit être la force de l’ordre international et de la paix », a dit M. Mélenchon.
Pour l’ancien candidat anticapitaliste à la présidentielle Olivier Besancenot, cette intervention sert à faire oublier la situation sociale en France :
« Là-bas, les frappes ne règlent rien, si ce n’est quelques factures impérialistes. Elles aggravent la situation. Ici, la guerre occupe les écrans et les esprits, comme un rideau de fumée qui voudrait étouffer la situation sociale. »
Marine Le Pen, présidente du Front national (FN), a aussi jugé que par ces frappes, la France avait perdu « une occasion d’apparaître sur la scène internationale comme une puissance indépendante » :
« Ces frappes contre la Syrie nous engagent dans une voie aux conséquences imprévisibles et potentiellement dramatiques. »
Florian Philippot, président des Patriotes, a comparé Emmanuel Macron à l’ancien premier ministre britannique Tony Blair, qui avait suivi les Etats-Unis dans la guerre d’Irak, parlant du « président Macron qui est de plus en plus à Donald Trump ce que Tony Blair était à Georges W. Bush ».

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Centre et gauche saluent l’intervention
Voix discordante à droite, Xavier Bertrand, président de la région des Hauts-de-France, a salué l’action coordonnée en Syrie comme une « réponse juste de la France et de ses alliés à l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien ».
Les socialistes, par la voix de leur premier secrétaire, Olivier Faure, ont également cautionné les frappes :
« Les attaques chimiques répétées du régime de Damas contre son peuple imposaient une réaction. Le silence des nations ouvrirait une jurisprudence criminelle donnant dans les faits la possibilité de violer les conventions internationales sur l’utilisation d’armes chimiques. »
Pour l’ancien président de la République François Hollande, les frappes sont « justifiées » mais elles doivent être suivies d’une « pression diplomatique et politique » sur Moscou et sur Téhéran, a-t-il dit dans un entretien au journal La Montagne.
L’ancien candidat à la présidentielle Benoît Hamon est allé dans le même sens, écrivant sur Twitter que « laisser Assad impuni après l’usage d’armes chimiques contre des civils est impossible. Mais il faut un mandat de l’ONU ». A l’intention des détracteurs de l’action militaire tripartite, il appelle « ceux qui s’offusquent du bombardement d’une usine » à « sort[ir] aussi du silence quand Poutine et Assad anéantissent les civils de la Goutha et d’Alep ».
Sans surprise, les ténors du centre ont applaudi l’intervention française. Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, a souligné « l’honneur de la France d’être à la hauteur du rôle singulier et historique qui est le sien et d’avoir pris l’initiative, au côté des démocraties américaine et britannique, d’exercer des frappes aériennes ciblées sur l’arsenal chimique syrien. Nos compatriotes doivent comprendre que l’objectif prioritaire de la France en Syrie, qui demeure l’éradication définitive de Daech, ne s’oppose pas à notre devoir international de protéger les populations civiles ».
Christophe Castaner, délégué général de La République en marche (LRM), a rappelé que l’utilisation d’armes chimiques contre les civils, c’était « la ligne rouge » à ne pas franchir :
« Le régime d’Al-Assad l’a franchie. La France ne pouvait se tenir aveugle et muette face à cette barbarie. Les frappes en Syrie menées cette nuit sont nécessaires et salvatrices pour le peuple syrien. »

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Le premier ministre recevra les présidents des assemblées
Edouard Philippe recevra dimanche les présidents des assemblées, François de Rugy et Gérard Larcher, ainsi que les responsables des groupes politiques. Les présidents des commissions des affaires étrangères et de la défense de l’Assemblée et du Sénat sont également conviés au rendez-vous, à 11 heures, à Matignon.
Comme annoncé par l’Elysée dans la nuit de vendredi à samedi, après le début des frappes, un débat sans vote sera organisé rapidement devant les assemblées, après que plusieurs personnalités politiques ont regretté qu’il n’y ait pas eu de vote au Parlement sur cette opération militiaire. Ce débat doit se tenir mardi au plus tard, selon une source parlementaire.
Gérard Larcher (LR) et François de Rugy (LRM) avaient été informés dans la nuit du déclenchement des frappes, avant qu’elles ne débutent.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Selon le ministre des affaires étrangères, une « bonne partie » de l’arsenal chimique syrien a été détruite. L’armée française a tiré douze missiles.
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Frappes en Syrie : l’objectif a été « atteint », affirme Jean-Yves Le Drian

Selon le ministre des affaires étrangères, une « bonne partie » de l’arsenal chimique syrien a été détruite. L’armée française a tiré douze missiles.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 12h33
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 17h19
   





                        



   


Le ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, s’est félicité des frappes coordonnées sur des sites militaires syriens dans la nuit de vendredi 13 à samedi 14 avril par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France, déclarant sur BFM-TV que leur objectif avait été « atteint ».
« Le but de cette opération, c’était de détruire les outils chimiques clandestins du régime de Bachar Al-Assad et, à cet égard, l’objectif a été atteint. Une bonne partie de son arsenal chimique a été détruite », dont « beaucoup […] par les frappes de cette nuit ».
« Il faut que Bachar Al-Assad en tienne compte, ses alliés aussi. Si d’aventure elle [la ligne rouge] était refranchie, il y aurait une autre intervention, mais je pense que la leçon sera comprise. »
Jean-Yves Le Drian a précisé que le déplacement d’Emmanuel Macron en Russie en mai n’était pas remis en cause. Moscou, qui soutient le régime de Bachar Al-Assad, a dénoncé « avec la plus grande fermeté » les frappes occidentales en Syrie, « où des militaires russes aident le gouvernement légitime à lutter contre le terrorisme ». 

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L’armée française a tiré douze missiles
Paris a mobilisé d’importants moyens pour participer à ces frappes : neuf avions de chasse — des Mirage 2000 et des Rafale —, cinq frégates de premier rang et, pour la première fois, des tirs de missiles de croisière navals. L’Elysée et le ministère des armées ont fait savoir samedi matin que douze missiles avaient été tirés par l’armée française, sur la centaine ayant visé la Syrie.
Parmi eux, trois missiles de croisière navals MDCN, d’une portée de 1 000 km et d’une précision de l’ordre du métrique, ont été tirés par une frégate multimission (Fremm). Une première pour la France, qui n’avait encore jamais utilisé cet armement en situation réelle. En Méditerranée, Paris a déployé trois Fremm — sur les cinq actuellement en service dans la marine —, une frégate anti-sous-marine, une frégate antiaérienne et un pétrolier ravitailleur.
Côté aérien, la France a mobilisé cinq Rafale, quatre Mirage 2000-5 et deux avions de surveillance aérienne Awacs, qui ont décollé de France vendredi, accompagnés par six avions ravitailleurs. Les Rafale ont tiré neuf missiles Scalp (système de croisière conventionnel autonome à longue portée), une demi-heure environ après la frégate.

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Deux sites visés dans la région de Homs
Les missiles tirés par les forces françaises ont visé un site de production et un site de stockage d’armes chimiques dans la région de Homs, selon l’Elysée. « Rien ne [nous] laisse penser qu’ils puissent avoir été interceptés », a déclaré le porte-parole de l’état-major des armées, l’Elysée ajoutant que « l’analyse du niveau de destruction des cibles » était en cours.
Au total, ce sont trois sites liés au programme chimique du régime syrien qui ont été touchés par les frappes occidentales, selon Washington, Londres et Paris. L’armée russe a affirmé que la défense antiaérienne syrienne avait intercepté soixante et onze des cent trois missiles de croisière tirés contre des installations du régime de Damas.
L’Elysée et le ministère de la défense français se sont contredits sur le fait que les autorités russes aient été prévenues de l’imminence des frappes. Florence Parly, ministre des armées, a dit avoir veillé « à ce que les Russes soient prévenus en amont », par ce que l’on appelle le « canal de déconfliction », un mécanisme mis en place entre les commandements des armées intervenant en Syrie pour éviter tout incident au sol et dans le ciel.
Des sources à l’Elysée ont cependant précisé que le président russe n’avait pas été prévenu de l’imminence des frappes, ajoutant que ledit canal n’avait été utilisé qu’« à partir du moment où l’opération était lancée ».

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Le premier ministre recevra les présidents des assemblées
Edouard Philippe recevra dimanche les présidents des assemblées François de Rugy et Gérard Larcher, ainsi que les responsables des groupes politiques, de source parlementaire. Les présidents des commissions des affaires étrangères et de la défense de l’Assemblée et du Sénat sont également conviés au rendez-vous, à 11 heures à Matignon.
Comme l’a annoncé l’Elysée dans la nuit de vendredi à samedi, après le début des frappes, un débat sans vote sera organisé rapidement devant les assemblées. Selon la même source parlementaire, il doit se tenir mardi au plus tard.
Plusieurs personnalités politique, comme Jean-Luc Mélenchon (LFI), ont regretté samedi qu’il n’y ait pas de vote du Parlement sur cette opération militaire. Gérard Larcher (LR) et François de Rugy (LREM) avaient été informés dans la nuit du déclenchement des frappes, avant qu’elles ne débutent.

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                En France, l’opposition critique la participation de Paris aux frappes contre le régime syrien






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Des nationalistes hindous protestent après l’arrestation de huit suspects, dont quatre policiers.
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L’Inde sous le choc après le viol et l’assassinat d’une fillette musulmane

Des nationalistes hindous protestent après l’arrestation de huit suspects, dont quatre policiers.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h59
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 15h17
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)








                        



                                


                            

Asifa Bano avait 8 ans lorsqu’elle a été enlevée, droguée, séquestrée, violée puis tuée en janvier dans un temple hindou de l’Etat du Jammu-et-Cachemire, dans le nord de l’Inde. Elle était musulmane. Les huit suspects dont quatre policiers, tous hindous, ont été arrêtés. Depuis leur arrestation, en février et mars, des extrémistes de leur confession religieuse réclament leurs libérations et exigent que la procédure soit confiée au Bureau central d’enquête (CBI) de New Delhi, qui dépend du gouvernement nationaliste hindou. Selon l’acte d’accusation de la police, l’un des suspects voulait par ce crime « déloger » du district les nomades musulmans Bakarwals dont Asifa Bano faisait partie.
Après de longues semaines de silence, Narendra Modi a promis vendredi 13 avril que la « justice [serait] rendue », quelques heures après un grand rassemblement à Delhi pour une veillée aux chandelles à l’appel du Parti du Congrès, dans l’opposition. « La boussole morale de l’Inde a été complètement anéantie », s’alarme l’universitaire Pratap Bhanu Mehta dans les colonnes du quotidien The Indian Express.
Enquête bâclée
Selon l’acte d’accusation de la police, auquel Le Monde a eu accès, la fillette a été enlevée le 10 janvier, puis droguée et enfermée dans un temple hindou où elle a été battue et violée à de nombreuses reprises pendant plusieurs jours. Frappée à coups de pierre et étranglée, son corps a été découvert une semaine plus tard dans une forêt. Selon l’enquête policière, le meurtre a été prémédité. Les suspects auraient convaincu un collégien mineur de prendre sa revanche sur des « Bakarwals qui l’avaient battu », en participant à ce meurtre. Ils se seraient aussi engagés, quelques jours avant l’enlèvement de la fillette, à rémunérer la police locale contre la promesse d’une enquête truquée. Deux policiers ont ensuite fait disparaître des indices et ont lavé la tunique de la fillette pour la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Précurseur cinématographique du printemps de Prague, le réalisateur d’origine tchèque a réalisé notamment « Vol au-dessus d’un nid de coucou », « Amadeus » et « Hair ».
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Le cinéaste Milos Forman est mort

Précurseur cinématographique du printemps de Prague, le réalisateur d’origine tchèque a réalisé notamment « Vol au-dessus d’un nid de coucou », « Amadeus » et « Hair ».



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 16h17
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Dans les années 1960, les films que Milos Forman a tournés en Tchécoslovaquie – L’As de pique, Les Amours d’une blonde, Au feu les pompiers – signalaient l’émergence d’une nouvelle vague dans son pays, mais présageaient aussi de l’effervescence du printemps de Prague. Exilé aux Etats-Unis après l’invasion de son pays par l’URSS, il est devenu dans les décennies suivantes l’un des auteurs majeurs de Hollywood, qui lui a décerné à deux reprises l’Oscar du meilleur réalisateur, pour Vol au-dessus d’un nid de coucou et Amadeus. Milos Forman est mort le 13 avril à Hartford (Connecticut), des suites d’une maladie, a annoncé son épouse, Martina. Il avait 86 ans.
Milos Forman naît le 18 février 1932 à Cassave, en Tchécoslovaquie (actuelle République tchèque). Pendant la seconde guerre mondiale, son père, juif, résistant, a été tué par la Gestapo, et sa mère, protestante, a été déportée et assassinée à Auschwitz. Après la défaite de l’Allemagne nazie et l’instauration d’un régime communiste, Milos Forman suit ses études dans un établissement pour orphelins de guerre où il a pour condisciples Vaclav Havel, le futur dramaturge, dissident et président de la République, et Ivan Passer, qui sera au côté de Forman lors de l’émergence du nouveau cinéma tchécoslovaque.
Installation aux Etats-Unis
Attiré par le monde du théâtre, le jeune Forman finit par suivre les cours de la FAMU, l’école supérieure du cinéma de Prague. Avec Ivan Passer et le chef opérateur Miroslav Ondricek, il tourne un documentaire, Semafor, sur la troupe de théâtre du même nom, et sa première fiction, un court métrage, Concours. Un an plus tard, en 1964, son premier long métrage, L’As de pique, qui suit les déambulations d’un jeune homme pas très dégourdi, est primé au festival de Locarno. Présenté à Venise, son film suivant, Les Amours d’une blonde (1965), assied la réputation du cinéaste. La liberté du personnage principal,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ L’armée russe n’a pas répliqué aux frappes de la coalition occidentale. Ses deux bases militaires sur le territoire syrien n’ont pas été visées.
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Frappes en Syrie : Poutine dénonce un « acte d’agression contre un Etat souverain »

L’armée russe n’a pas répliqué aux frappes de la coalition occidentale. Ses deux bases militaires sur le territoire syrien n’ont pas été visées.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 13h11
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Quelques heures après les frappes coordonnées des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France sur le territoire syrien, en représailles à une attaque chimique imputée au régime de Damas dans la ville de Douma, Vladimir Poutine a réagi, samedi 14 avril, en dénonçant « un acte d’agression commis contre un Etat souverain à la pointe de la lutte contre le terrorisme ». 
« Le 14 avril, les Etats-Unis avec le soutien de leurs alliés ont tiré des missiles sur les installations des forces armées et des infrastructures civiles (…) en violation de la charte des Nations unies, des normes et des principes du droit international », écrit le président russe dans un communiqué, en reprenant la thèse avancée par l’armée russe d’une fausse attaque chimique « mise en scène », le 7 avril, dans le dernier carré de la rébellion syrienne de la Goutha orientale.
« L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a envoyé ses experts en Syrie pour clarifier toutes les circonstances. Mais un groupe de pays occidentaux a méprisé cyniquement cela, en entreprenant une action militaire, sans attendre le résultat de l’enquête », a fustigé le chef du Kremlin. Par leurs actions, les Etats-Unis aggravent encore la catastrophe humanitaire en Syrie. »
« L’escalade actuelle de la situation autour de la Syrie a un impact dévastateur sur l’ensemble du système des relations internationales, a conclu M. Poutine, en annonçant que la Russie allait demander la convocation urgente du Conseil de sécurité de l’ONU « pour discuter des actions agressives des Etats-Unis et de leurs alliés ».
L’intervention conjointe des Etats-Unis et de leurs alliés contre le régime de Bachar Al-Assad, protégé par Moscou, « ne restera pas sans conséquence », a prévenu l’ambassadeur russe à Washington
Aucune des frappes coordonnées entre Washington, Londres et Paris sur le territoire syrien n’a eu lieu à proximité des bases russes,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Kalypso Nicolaïdis, professeure à Oxford, esquisse dans une tribune au « Monde » les voies et les moyens d’une relation différente mais compatible entre l’Union européenne et le Royaume-Uni.
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Mondialisation : « Le Royaume-Uni ne devrait pas être traité comme n’importe quel pays tiers »

Kalypso Nicolaïdis, professeure à Oxford, esquisse dans une tribune au « Monde » les voies et les moyens d’une relation différente mais compatible entre l’Union européenne et le Royaume-Uni.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 12h40
    |

Kalypso Nicolaïdis (professeur à l'université d'Oxford)







                        



                                


                            

[A l’occasion des 40 ans du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), des experts ont exploré différents scénarios pour la mondialisation]
Tribune. Si l’on en croit ses apôtres, l’Union européenne (UE) aurait pour mission de sauver le libre-échange contre ses détracteurs trumpiens tout en maîtrisant ses effets pervers dévastateurs qui alimentent l’euroscepticisme. Mais pour nous en tenir au plus urgent, ne doit-on pas considérer le Brexit comme un test-clé ? Après tout, il s’agit là d’inventer une relation commerciale nouvelle avec le pays tiers qui sera le plus UE-compatible au monde pour encore bien longtemps malgré le cri du cœur de son électorat.
Si nous n’y arrivons pas là, quelle sera notre crédibilité ailleurs ? La façon dont l’UE négocie aujourd’hui avec le Royaume-Uni sera le gage de notre méthode.
Les débats n’appellent pas à l’optimisme
Pourtant, les débats sur les modalités de la sortie britannique de l’Union européenne (UE) n’appellent pas à l’optimisme. Certes, l’accord de retrait proprement dit est presque prêt. Mais alors que les parties sont censées s’accorder sur une déclaration commune sur leur relation future d’ici octobre 2018, de toute évidence on est bien loin d’une convergence de vue sur la dimension commerciale. Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE, nous offre un diagnostic sans équivoque. Le Brexit doit tomber dans l’une des deux cases classiques : accord de libre-échange ou membre à plein du marché unique, Canada ou Norvège.
Or l’histoire du marché unique offre deux leçons pour Theresa May et M. Barnier. La première est que ce marché a été construit de façon pragmatique autour du principe de reconnaissance mutuelle, étayé par de rigoureux règlements des différends. Mais parce que la confiance n’est jamais aveugle entre Etats, il n’existe pas dans l’UE de reconnaissance mutuelle pure. En réalité, nous perfectionnons en continu un système...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ A la recherche de nouveaux relais de croissance, le groupe américain diversifie son offre de services de transport.
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Vélos, location, VTC… Uber veut vous faire abandonner votre voiture

A la recherche de nouveaux relais de croissance, le groupe américain diversifie son offre de services de transport.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h00
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            

Des vélos électriques en libre-service, des voitures de location et même des tickets de bus et de métro. Mercredi 12 avril, Uber a donné un coup d’accélérateur dans sa stratégie de diversification en annonçant l’arrivée de nouveaux services de transport au sein de son application mobile. Objectif : « Devenir une alternative à la voiture personnelle », explique Dara Khosrowshahi, le directeur général de la plate-forme américaine de voitures avec chauffeur (VTC).
Si cette mission avait été fixée dès le départ par Travis Kalanick, le fondateur d’Uber poussé à la démission, en juin 2017, après une accumulation de scandales et de polémiques, l’approche est nouvelle. L’ancien patron misait, en effet, uniquement sur une baisse drastique du prix des courses, en particulier grâce au développement des voitures autonomes.
Mais « tous les trajets ne peuvent pas être effectués avec Uber », reconnaît désormais Jahan Khanna, responsable de la division mobilité de la société. « Sans ces nouvelles offres, notre plate-forme ne peut pas véritablement rivaliser avec la proposition de valeur d’une voiture personnelle », poursuit-il dans un entretien accordé au site The Verge.
« Vélos flottants »
Pour atteindre son but, Uber estime ne plus pouvoir se contenter de ses célèbres voitures à la demande, même déclinées en plusieurs offres (véhicules de luxe, trajets partagés…) et positionnements tarifaires. La plate-forme doit permettre de « choisir l’option la plus rapide ou la moins chère, que ce soit une voiture, un vélo, le métro ou autre », souligne M. Khosrowshahi.

Jusqu’à présent, Uber avait mené sa diversification d’activités sur des marchés annexes, mettant à profit les outils technologiques développés pour le transport de passagers. La société a lancé des services de coursiers, récemment fermés, ou de livraison de repas. Elle expérimente aussi depuis 2017 une plate-forme destinée au transport routier.
Dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ La première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, est en visite à Paris lundi pour rencontrer Emmanuel Macron.
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« Nous ne souhaitons pas voir la militarisation du Pacifique »

La première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, est en visite à Paris lundi pour rencontrer Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 10h57
    |

                            Isabelle Dellerba (Wellington, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Première ministre néo-zélandaise depuis octobre 2017, Jacinda Ardern effectue une visite officielle en France, lundi 16 avril, pour aborder notamment le climat et la sécurité dans le Pacifique.
Qu’attendez-vous de votre rencontre lundi avec Emmanuel Macron ?
De notre point de vue, il y aura trois points particulièrement intéressants à évoquer. D’abord, le changement climatique. La France et Emmanuel Macron ont fait montre d’un réel leadership sur ce dossier et nous cherchons à faire de même. En tant que pays du Pacifique, où les conséquences du changement climatique sont déjà réelles, il est de notre devoir d’agir.
Ensuite, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et la Nouvelle-Zélande. Nos échanges représentent déjà 15 milliards de dollars néo-zélandais (8,9 milliards d’euros). Ce que nous espérons d’abord, c’est simplement être en mesure de pouvoir mener ces négociations, avoir la chance de pouvoir nous asseoir autour de la table. Nous pensons que dans l’environnement international actuel, il y a un réel besoin de démontrer que des traités de libre-échange progressistes, inclusifs, multilatéraux, sont plus nécessaires que jamais. Surtout dans un environnement de guerres commerciales, où c’est un prêté pour un rendu.
Le troisième point concerne les questions de sécurité internationale et régionale ainsi que la lutte contre le terrorisme.
Le Pacifique est un espace de plus en plus contesté. La Chine en particulier étend son influence dans cette région traditionnellement alliée à l’Occident. Cette évolution est-elle une source de préoccupation pour la Nouvelle-Zélande ?
Notre relation avec les pays du Pacifique n’est pas seulement de proximité. Nous sommes liés. Nous voulons être sûrs de ne jamais prendre cela pour acquis et nous souhaitons la renforcer. Nous avons appelé cela le « Pacific reset ». Nous voulons notamment dépasser la relation donneur-bénéficiaire, pour la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Si l’Amérique veut détruire le commerce multilatéral, Européens et Chinois devront faire cause commune, pour éviter cette menace, explique l’ex-directeur général de l’OMC, dans une tribune au « Monde ».
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Pascal Lamy : « Trump croit, en économie (comme ailleurs), à la loi du plus fort »

Si l’Amérique veut détruire le commerce multilatéral, Européens et Chinois devront faire cause commune, pour éviter cette menace, explique l’ex-directeur général de l’OMC, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    14.04.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 15h07
    |

Pascal Lamy (ancien directeur de l'OMC)







                        



                                


                            
[A l’occasion des 40 ans du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), des experts ont exploré différents scénarios pour la mondialisation].
Tribune. Donald Trump vient de lancer la grande offensive protectionniste antichinoise (mais pas que…) qu’il avait annoncée au cours de sa campagne électorale en 2016. Jusqu’alors, ses initiatives avaient pu paraître mesurées par rapport à ses rodomontades : sortie de l’accord transpacifique, que les Etats-Unis d’Obama n’avaient pas ratifié ; renégociation de l’accord commercial nord-américain avec le Canada et le Mexique et de l’accord bilatéral avec la Corée du Sud… Jusque-là, plus de peur que de mal.
Mais les annonces récentes sont d’une autre ampleur : une première vague sur l’acier et l’aluminium, pour quelques milliards de dollars, une seconde rafale d’annonces ciblées sur la Chine, qui s’élève à plusieurs dizaines de milliards d’échanges. Les marchés financiers ont réagi plus nerveusement.
Pourtant, si l’escalade est claire, même s’il ne s’agit, à ce stade, que d’annonces, les signaux qui les accompagnent paraissent confus, voire contradictoires, d’où une grande perplexité sur les intentions réelles du président américain et de son gouvernement.
Deux scénarios sont envisageables
On dénonce l’Organisation mondiale du commerce (OMC), « une catastrophe », tweete Donald Trump, mais on y lance un procès contre la Chine, tout en bloquant le fonctionnement de la machine contentieuse à Genève. Cherchez l’erreur ! On exhume du musée des armes de protection commerciale une législation de défense nationale pour sanctionner les Européens ou les Japonais, alliés fidèles. On voudrait qu’il y ait autant de Chevrolet à Berlin que de Mercedes à New York, comme si cette réciprocité faisait le moindre sens au XXIe siècle. On souhaite rééquilibrer la balance commerciale américaine, dont chacun sait qu’elle est en déficit structurel de long...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ L’intervention coordonnée entre Washington, Londres et Paris n’est pas de nature à infléchir la dynamique de reconquête du régime syrien.
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Frappes occidentales en Syrie : Damas furieux mais pas ébranlé

L’intervention coordonnée entre Washington, Londres et Paris n’est pas de nature à infléchir la dynamique de reconquête du régime syrien.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 10h34
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

Le ciel de la capitale syrienne s’est embrasé vers 4 heures du matin. Les missiles lancés sur le Centre d’études et de recherches scientifiques (CERS), le complexe chargé du programme chimique militaire du régime Assad, situé à Barzeh, un quartier de la périphérie nord-est de Damas, ont réveillé en sursaut les habitants. Pendant un peu plus d’une heure, bombardements et tirs en riposte de la défense aérienne syrienne se sont succédé, enveloppant la ville dans un tonnerre assourdissant.
L’agence de presse SANA, porte-voix du pouvoir syrien, a dénoncé « une agression et une violation flagrante du droit international ». La présidence syrienne a publié un message elliptique : « Les âmes honorables ne seront pas humiliées ». « La Syrie fera face à l’agression américaine, française et britannique avec la même détermination qu’elle a fait face aux terroristes, et cette agression échouera », a déclaré une source officielle à l’agence gouvernementale.

En plus du CERS, qui avait déjà été visé par l’aviation israélienne en 2013, et de quelques autres structures de stockage et de production d’armes chimiques, des bases militaires ont été visées, notamment des locaux, à Damas, de la garde républicaine, une unité d’élite de l’armée syrienne, et une base aérienne, à Al-Dimas, près de la frontière libanaise. En comparaison, la frappe américaine d’avril 2017, consécutive à l’attaque chimique contre la localité de Khan Cheikhoun, s’était limitée à un seul site, l’aérodrome militaire d’Al-Chaayrate.
Pour autant, comme le précédent de 2017, ces frappes de représailles ne devraient pas bouleverser le cours du conflit. Elles pourraient, dans le meilleur des cas, inciter le pouvoir syrien à cesser les attaques au chlore qui se sont multipliées ces derniers mois, à une petite échelle, sauf dans le cas de Douma, où une cinquantaine de personnes ont péri le 7 avril. Elles pourraient évidemment aussi conforter le régime Assad dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Seuls des sites liés au programme chimique syrien ont été visés. Pour la première fois, la France a tiré des missiles de croisière navals.
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Frappes occidentales en Syrie : les contours d’un raid de nature très politique

Seuls des sites liés au programme chimique syrien ont été visés. Pour la première fois, la France a tiré des missiles de croisière navals.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 10h23
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 11h27
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Une salve unique, avec des missiles de longue portée, dans une opération conjointe menée par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni. Annoncées depuis plusieurs jours, les frappes occidentales en Syrie ont visé, dans la nuit de vendredi 13 à samedi 14 avril, les sites chimiques de l’armée syrienne.
La France a ciblé un centre de recherche et deux sites de production d’armes chimiques. Des objectifs « précis » et « proportionnés », a indiqué Jean-Yves Le Drian. Il s’agissait, selon la ministre Florence Parly, d’objectifs appartenant au programme syrien : « Le principal centre de recherche et deux importants sites de production ont été frappés. Au travers ces objectifs, c’est la capacité de développer, de mettre au point, de produire des armes qui est atteinte. »
Les Rafale qui ont bombardé, accompagnés d’avions ravitailleurs et de chasseurs équipés ­d’armement air-air, sont partis de la base de Saint-Dizier (Haute-Marne) et ont tiré des missiles de croisière Scalp. Trois frégates multimissions, dont l’Aquitaine, ont été engagées au large de la Syrie. C’est elle qui a tiré des missiles de croisière navals – le premier emploi de cette arme en ­opération, décidé par le président de la République. Le choix de ces armes d’une portée d’environ 1 000 kilomètres s’imposait : il fallait un tir précis, à distance de sécurité, capable de déjouer les défenses antiaériennes mises en œuvre par des forces russes sur le territoire syrien, et couvrant la quasi-totalité de la Syrie urbaine et industrielle.

Les missiles de croisière ont deux objectifs. Le premier peut être de supprimer les défenses anti­aériennes ennemies, avant de lancer une campagne militaire en sécurité. Ce fut le scénario de la guerre en Libye en mars 2011, où le théâtre a ainsi été « ouvert » par les missiles Tomahawk américains et britanniques. Ce ne pouvait être le choix, cette fois-ci, en raison de la présence russe en Syrie, et la riposte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ La France a riposté à l’attaque chimique de Douma en tirant, pour la première fois, des missiles de croisière navals. Une arme très politique, destinée à frapper un objectif fortement défendu.
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Le missile de croisière naval, nouvelle arme stratégique pour le chef de l’Etat français

La France a riposté à l’attaque chimique de Douma en tirant, pour la première fois, des missiles de croisière navals. Une arme très politique, destinée à frapper un objectif fortement défendu.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 09h23
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 11h25
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Le président Emmanuel Macron a ordonné, dans la nuit de vendredi 13 à samedi 14 avril, le tout premier tir opérationnel d’un missile de croisière naval, contre les installations chimiques du régime de Bachar Al-Assad, en Syrie. Pour la marine nationale, cette nouvelle arme constitue « une rupture ». Complémentaire du missile Scalp (système de croisière conventionnel autonome à longue portée) des forces aériennes, le missile de croisière naval (MDCN) est considéré comme « une arme stratégique », très politique, qui permet, de la mer, des « frappes dans la profondeur » à terre, soit à très longue distance et avec une grande précision.
Jusqu’à présent, les Etats-Unis et le Royaume-Uni avec les missiles Tomahawk, la Russie avec les Kalibr, étaient les principaux pays maîtrisant cette capacité militaire. Les Tomahawk avaient ainsi « ouvert » au début de 2011 le théâtre libyen, après une première passe des avions de chasse français, pour supprimer les défenses antiaériennes du régime de Mouammar Kadhafi – 124 missiles lancés de sous-marins américains et britanniques. Les Kalibr ont, eux, permis à Moscou de faire une entrée tonitruante, à la fin de 2015, dans le conflit syrien : une salve de 26 missiles avait été tirée de destroyers en mer Caspienne.

Une démonstration politique
En France, l’emploi du MDCN et les cibles choisies sont, comme pour le nucléaire, étudiés au plus haut niveau : celui du chef de l’Etat. Après avoir rappelé à plusieurs reprises les « lignes rouges » de l’emploi de l’arme chimique en Syrie, Emmanuel Macron fait ainsi une démonstration politique sur le théâtre syrien.
La marine avait jugé que de tels missiles lui manquaient lors de la guerre du Kosovo, en 1999. Un de ses sous-marins d’attaque avait bien été placé devant les bouches de Kotor pour bloquer la marine serbe, mais les frappes à terre revenaient aux alliés, américain et britannique. La décision de lancer un programme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ L’opération a visé des sites militaires et un centre de recherche soupçonnés d’héberger le programme chimique du régime, près de Homs et à Damas.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/04/2018
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Washington, Londres et Paris frappent le régime syrien pour tenter de rétablir une « ligne rouge »

L’opération a visé des sites militaires et un centre de recherche soupçonnés d’héberger le programme chimique du régime, près de Homs et à Damas.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 11h54
    |

            Marc Semo, 
Gilles Paris (Washington, correspondant) et 
Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante)








                        



                                


                            

La « ligne rouge » a-t-elle été rétablie ? La question restait entière au lendemain de la riposte occidentale, dans la nuit du 13 au 14 avril, au bombardement chimique imputé au régime syrien de la ville alors rebelle de Douma, le 7 avril, qui a causé la mort d’une cinquantaine de personnes et fait plusieurs centaines de blessés. Les frappes sont restées circonscrites et centrées sur la destruction de sites liés au programme chimique du régime.
Après quatre jours d’attente, électrisés ponctuellement par les messages contradictoires publiés par le président des Etats-Unis, Donald Trump, sur son compte Twitter, l’armée de l’air américaine est passée à l’action en début de soirée, à Washington, appuyée par des avions de combat français et britanniques.
Les bombardements de trois sites liés, selon le Pentagone, au programme d’armement non-conventionnel syrien à Damas et à Homs, ont été accompagnés par une intervention télévisée de Donald Trump au cours de laquelle il a évoqué des « frappes précises » et répété les justifications avancées depuis le début de la semaine. « Il y a un an, [le président syrien Bachar Al-] Assad a lancé une attaque sauvage aux armes chimiques contre son propre peuple. Les Etats-Unis ont réagi avec cinquante-huit frappes de missiles qui ont détruit 20 % de l’armée de l’air syrienne », a assuré le président des Etats-Unis.
Les « crimes d’un monstre »
« Samedi [7 avril], le régime Assad a de nouveau déployé des armes chimiques pour massacrer des civils innocents », a-t-il poursuivi, qualifiant ces opérations de « crimes d’un monstre » qui ont rendu « nécessaire le rétablissement d’une puissante dissuasion contre la production, la dissémination et l’utilisation de substances chimiques ». « C’est d’un intérêt vital pour la sécurité nationale des Etats-Unis », a ajouté Donald Trump.
Peu après, l’Elysée annonçait que le chef de l’Etat avait donné l’ordre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Au soir du troisième vendredi consacré à la « marche du grand retour », une personne est morte et 220 ont été blessées par balles dans le face-à-face avec les tireurs israéliens.
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Les victoires dérisoires et coûteuses des jeunes Gazaouis

Au soir du troisième vendredi consacré à la « marche du grand retour », une personne est morte et 220 ont été blessées par balles dans le face-à-face avec les tireurs israéliens.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 06h35
    |

            Piotr Smolar (envoyé spécial à Gaza)








                        



                                


                            

Le trophée du jour peut écorcher les mains. Il faut maîtriser son excitation et s’organiser pour le mettre à l’abri. Une quinzaine de jeunes Palestiniens tirent, au bout d’une corde, plusieurs mètres de barbelés arrachés à la frontière de Gaza, à l’est de Chajaya. Cette pelote dentée si dérisoire leur procure une satisfaction intense en ce 13 avril, troisième vendredi de rang consacré à la « marche du grand retour » des réfugiés.
Le face-à-face avec les soldats israéliens se poursuit. Déjà, un autre groupe de quatre adolescents part vers l’avant. L’un porte un câble, un second dissimule maladroitement de grandes pinces sous un tee-shirt moulant. On ne sait s’ils reviendront indemnes. La foule reste sagement à l’arrière, plus préoccupée par les stands de nourriture et de jus de fruits.
Quelques centaines de jeunes s’enhardissent. Les 220 blessés par balles de la journée n’y changeront rien, pas plus que le nouveau mort, s’ajoutant à la trentaine déjà enregistrée depuis le 30 mars. Ceux qui défient les tireurs, avec des pierres n’atteignant jamais leur cible ou des pneus brûlés, utilisent leur seul capital, si peu côté : leur corps. Ils ne peuvent se satisfaire d’un drapeau palestinien hissé haut, ou d’un autre, israélien, piétiné, selon la scénographie proposée, vendredi, près de Jabaliya, au nord de la bande.
« On continuera à avancer »
On assiste à la collision déséquilibrée de deux volontés. « Il faut éviter d’être des cibles faciles pour les snipers, souligne Bassem Naïm, haut responsable du Hamas. Mais les jeunes sont frustrés, en colère, sans rien à perdre ; 60 % sont au chômage, 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. On ne peut les contrôler. »
Pourtant, si le mouvement islamiste avait voulu bloquer l’accès à la bordure frontalière, il aurait pu le faire. Au contraire, Bassem Naïm n’écarte pas un scénario dans lequel, le 15 mai, pour le pic de la marche, les factions palestiniennes...




                        

                        


<article-nb="2018/04/14/19-20">
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Des sympathisants de Lula, l’ancien président du Brésil, tentent de l’empêcher de se rendre à la police. Pourquoi les journaux locaux ont-ils délaissé cette photo spectaculaire, publiée par le « New York Times » et virale sur les réseaux sociaux ?
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Lula dans la foule ou la fabrique d’une icône

Des sympathisants de Lula, l’ancien président du Brésil, tentent de l’empêcher de se rendre à la police. Pourquoi les journaux locaux ont-ils délaissé cette photo spectaculaire, publiée par le « New York Times » et virale sur les réseaux sociaux ?



Le Monde
 |    14.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 14h35
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

Le regard de la multitude converge, désignant sans équivoque ce qu’il y a à voir : un homme qui semble avoir émergé du sein de la foule, porté par ses innombrables bras, et comme sur le point d’être englouti par elle. Les corps forment autour de lui des cercles concentriques ; les mains tendues esquissent, dans la partie inférieure de l’image, une composition pyramidale parfaitement classique ; le rouge du Parti des travailleurs, réparti en un bel équilibre chromatique, fait circuler le regard du spectateur.
Qualités picturales et esthétiques
L’image, à la hauteur de l’événement – jugé coupable de corruption, le très populaire ex-président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva se rend à la police, le 7 avril, tandis que des sympathisants tentent de l’en empêcher –, présente toutes les qualités picturales et esthétiques des icônes du photojournalisme.
Pourtant, la photographie n’a pas été publiée en « une » de la presse brésilienne ; elle s’est même faite discrète dans ses pages intérieures. C’est par les réseaux sociaux qu’elle a commencé son chemin vers la gloire, postée le jour même par son auteur, le jeune photographe Francisco Proner, sur Instagram. De nombreux comptes la reprennent, pour la plupart ralliés à la cause de l’ancien président, comme le très actif@MídiaNinja, accompagné de hashtags tels que #eusouLula (« je suis Lula »). Mais elle est aussi choisie par le New York Times pour son édition papier du dimanche 8 avril, et par divers titres de la presse internationale.
La presse brésilienne lui a préféré des images montrant l’homme politique de plus près, prises par leurs photographes présents dans la foule ; un choix justifié par des questions économiques (un document produit par un journaliste de la maison coûtera moins cher), mais pas seulement, si l’on considère qu’une image forte est une image qui vend. La disparité du traitement visuel pose ainsi la question de la sélection éditoriale, trop souvent occultée au profit...




                        

                        

