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Moscou réclame une condamnation des frappes en Syrie par le Conseil de sécurité de l’ONU

Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunit en urgence, à la demande de la Russie, après les bombardements occidentaux contre trois sites syriens.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 18h26
   





                        



   


Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunissait en urgence, samedi 14 avril, à la demande de la Russie qui réclame une condamnation des frappes occidentales menées contre le régime de Bachar Al-Assad.
A l’ouverture des débats, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé les membres du Conseil de sécurité à « agir en accord avec la charte des Nations unies et dans le cadre du droit international » lorsqu’il est question de « paix et sécurité ».
La Russie a d’emblée demandé au Conseil de sécurité de voter, à la fin de sa réunion, sur son projet de résolution condamnant les frappes occidentales en Syrie. « Vos agressions aggravent la situation humanitaire » en Syrie, a dénoncé l’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily Nebenzia. « Vous n’êtes pas sortis du néo-colonialisme », a-t-il aussi dit, en estimant que Washington, Londres et Paris avaient « foulé au pied la charte de l’ONU ».

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Washington « prêt à dégainer » à nouveau
Le projet russe, de cinq paragraphes et qui a peu de chances de recueillir les neuf voix nécessaires à son adoption, fait part d’une « grande inquiétude » face à « l’agression » contre un Etat souverain. Elle viole, selon Moscou, « le droit international et la Charte des Nations unies ».
Le projet de résolution russe dénonce des frappes occidentales survenues tôt samedi alors qu’une mission de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) se trouve en Syrie pour réunir des éléments sur les attaques chimiques présumées du 7 avril à Douma.

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Le nouveau texte russe demande aussi l’arrêt « sans délai » de « l’agression » contre la Syrie. Les Etats-Unis ont déjà annoncé qu’il n’y aurait pas de nouvelles frappes tant que le régime syrien s’abstient de recourir à des armes chimiques.
En réponse, les Etats-Unis ont déclaré être « prêts à dégainer » à nouveau en cas de nouvelle attaque chimique en Syrie. L’ambassadrice américaine, Nikki Haley, a réaffirmé que les Etats-Unis étaient dans leur droit pour mener des attaques aériennes en Syrie.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ L’opération a visé des sites militaires et un centre de recherche soupçonnés d’héberger le programme chimique du régime, à Damas et près de Homs.
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Syrie : ce que l’on sait des frappes américaines, françaises et britanniques

L’opération a visé des sites militaires et un centre de recherche soupçonnés d’héberger le programme chimique du régime, à Damas et près de Homs.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 03h08
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 17h07
   





                        



   


L’essentiel
Après plusieurs jours de tergiversations, les Etats-Unis et leurs alliés sont passés à l’action. Vendredi 13 avril, Donald Trump a annoncé que Washington avait procédé à des frappes en Syrie, en coordination avec la France et le Royaume-Uni.Il s’agit d’une réponse directe à l’attaque chimique supposée de samedi 7 avril à Douma, ville de la Ghouta orientale, à l’est de la capitale syrienne, Damas.Trois sites liés au programme d’armement chimique syrien ont été visés. Le secrétaire à la défense américain, James Mattis, a souligné qu’il s’agissait de « frappes ponctuelles ».A la demande de la Russie, le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit en urgence samedi 14 avril à 17 heures (heure française). Peu avant cette réunion, la Russie a fait circuler un projet de résolution demandant à l’ONU de condamner « l’agression » armée occidentale de la Syrie.

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Une « frappe lourde » mais « proportionnée »
C’est le président américain qui a annoncé, dans la nuit de vendredi 13 à samedi 14 avril, qu’une opération militaire était en cours contre la Syrie. « J’ai ordonné aux forces armées des Etats-Unis de procéder à des frappes de précision sur des cibles associées aux capacités du dictateur syrien, Bachar Al-Assad, en matière d’armes chimiques, a dit Donald Trump. Une opération conjointe est en cours avec la France et le Royaume-Uni. »
Selon le général Joe Dunford, les forces occidentales ont visé trois cibles liées au programme d’armement chimique syrien. Il a précisé qu’aucune autre opération militaire visant la Syrie n’était prévue à ce stade. « Nous avons été très précis, et la réponse était proportionnée, mais en même temps ce fut une frappe lourde », a ajouté James Mattis. Le Pentagone a précisé dans l’après-midi avoir « frappé avec succès chaque cible », selon une de ses porte-parole, Dana White.
Selon M. Mattis, les forces américaines ont employé dans la nuit deux fois plus de munitions que lors de la frappe américaine d’avril 2017 sur la base militaire d’Al-Chaayrate, près de Homs, en représailles à une précédente attaque chimique imputée à Damas, qui avait fait plus de quatre-vingts morts à Khan Cheikhoun, dans le nord-ouest de la Syrie.
Dans un communiqué, le haut commandement de l’armée syrienne a dit que cent dix missiles avaient été tirés « sur des cibles à Damas et ailleurs ». Selon la télévision d’Etat, la défense antiaérienne syrienne est entrée en action contre les avions occidentaux, et des missiles ont été interceptés.
Les frappes n’ont fait « aucune victime » civile ou militaire, selon Moscou. L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a confirmé que les cibles étaient « complètement vides », leurs personnels ayant été évacués « il y a plus de trois jours ».
Quelles cibles ont été visées ?
Selon les capitales occidentales, les bombardements ont visé trois sites liés au programme d’armement chimique syrien, l’un dans le quartier de Barzeh, près de Damas, et les deux autres dans la région de Homs, dans le centre de la Syrie.
Paris a précisé samedi que les frappes avaient visé « le principal centre de recherche » et « deux centres de production » du « programme clandestin chimique » du régime. « C’est la capacité de développer, de mettre au point et de produire des armes chimiques qui est atteinte », a déclaré samedi la ministre des armées française, Florence Parly. Les Britanniques ont notamment dit avoir frappé un complexe militaire — une ancienne base de missiles — à 24 kilomètres à l’ouest de Homs, « où le régime est supposé conserver des armes chimiques ».
Les Américains comme les Français et les Britanniques ont choisi leurs cibles afin d’éviter de toucher les forces russes, qui disposent d’une base navale à Tartous et d’une base aérienne à Hmeimim, près de Lattaquié, mais qui sont aussi déployées sur de nombreux sites militaires du régime.
Selon l’OSDH, toutes les cibles sont des antennes du Centre d’études et de recherches scientifiques de Syrie (CERS), rattaché au ministère de la défense et soupçonné par les Occidentaux d’être le principal laboratoire chargé des programmes chimiques.

   



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Des représailles à l’attaque chimique de Douma
C’est une attaque supposée aux « gaz toxiques » dans le dernier bastion rebelle de Douma, dans la Ghouta orientale, près de Damas, perpétrée le 7 avril, qui est à l’origine de ces frappes. Avant le déclenchement des bombardements, Washington et Paris avaient assuré avoir « la preuve » de l’utilisation d’armes chimiques par le régime de Bachar Al-Assad. Cette attaque a causé la mort d’une cinquantaine de personnes et a fait plusieurs centaines de blessés. Le régime syrien et son allié russe ont démenti, dénonçant des « fabrications ».
L’utilisation d’armes chimiques, dans un conflit meurtrier qui dure depuis 2011, avait été présentée comme une « ligne rouge » à ne pas franchir par le président français, et le président américain menaçait, depuis près d’une semaine, d’une réaction forte à l’attaque de Douma. « Les faits et la responsabilité du régime syrien ne font aucun doute », a déclaré Emmanuel Macron samedi dans un communiqué, soulignant que « la ligne rouge fixée par la France en mai 2017 a [vait] été franchie ».
Vendredi, le secrétaire général de l’Organisation des nations unies (ONU), Antonio Guterres, avait appelé les membres du Conseil de sécurité « à agir de manière responsable dans ces circonstances dangereuses ».

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Damas et ses alliés condamnent ces frappes
Les autorités de Damas ont dénoncé une « agression barbare et brutale ». « Cette agression ne fait que renforcer la détermination de la Syrie à continuer de lutter et d’écraser le terrorisme, sur chaque parcelle de territoire », a affirmé le président Bachar Al-Assad.

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La Russie, alliée de Damas, a « dénoncé avec la plus grande fermeté » les frappes occidentales et a annoncé qu’en tant que membre du Conseil de sécurité de l’ONU, elle convoquait une réunion d’urgence. Ces frappes reviennent à « insulter le président russe », a dit vendredi l’ambassadeur de Russie à Washington, Anatoli Antonov :
« Un scénario préconçu est en cours d’exécution. Une fois de plus, on nous menace. Nous avons prévenu que de telles actions ne resteraient pas sans conséquences. »
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a qualifié de « criminels » le président américain, son homologue français et la première ministre britannique. « Ils n’obtiendront rien et ne tireront aucun bénéfice », a-t-il dit.
Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit
A la demande de la Russie, le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit en urgence samedi à 17 heures (heure française), pour discuter des frappes occidentales. Peu avant cette réunion, la Russie a fait circuler un projet de résolution demandant à l’ONU de condamner « l’agression » armée occidentale de la Syrie, selon le texte obtenu par l’Agence France-Presse.
Ce projet de cinq paragraphes fait part d’une « grande inquiétude » face à « l’agression » d’un Etat souverain, agression qui viole, selon Moscou, « le droit international et la charte des Nations unies ». Aucune information n’était disponible dans l’immédiat sur la date à laquelle un vote pourrait être demandé sur ce texte par la Russie.
Parallèlement, des experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) vont poursuivre leur mission d’enquête sur l’attaque chimique présumée de Douma, « afin d’établir les faits relatifs aux allégations d’utilisation d’armes chimiques ». Une équipe devait commencer samedi cette enquête.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Selon le ministre des affaires étrangères, une « bonne partie » de l’arsenal chimique syrien a été détruite. L’armée française a tiré douze missiles.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Frappes en Syrie : l’objectif a été « atteint », affirme Jean-Yves Le Drian

Selon le ministre des affaires étrangères, une « bonne partie » de l’arsenal chimique syrien a été détruite. L’armée française a tiré douze missiles.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 12h33
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 17h19
   





                        



   


Le ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, s’est félicité des frappes coordonnées sur des sites militaires syriens dans la nuit de vendredi 13 à samedi 14 avril par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France, déclarant sur BFM-TV que leur objectif avait été « atteint ».
« Le but de cette opération, c’était de détruire les outils chimiques clandestins du régime de Bachar Al-Assad et, à cet égard, l’objectif a été atteint. Une bonne partie de son arsenal chimique a été détruite », dont « beaucoup […] par les frappes de cette nuit ».
« Il faut que Bachar Al-Assad en tienne compte, ses alliés aussi. Si d’aventure elle [la ligne rouge] était refranchie, il y aurait une autre intervention, mais je pense que la leçon sera comprise. »
Jean-Yves Le Drian a précisé que le déplacement d’Emmanuel Macron en Russie en mai n’était pas remis en cause. Moscou, qui soutient le régime de Bachar Al-Assad, a dénoncé « avec la plus grande fermeté » les frappes occidentales en Syrie, « où des militaires russes aident le gouvernement légitime à lutter contre le terrorisme ». 

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L’armée française a tiré douze missiles
Paris a mobilisé d’importants moyens pour participer à ces frappes : neuf avions de chasse — des Mirage 2000 et des Rafale —, cinq frégates de premier rang et, pour la première fois, des tirs de missiles de croisière navals. L’Elysée et le ministère des armées ont fait savoir samedi matin que douze missiles avaient été tirés par l’armée française, sur la centaine ayant visé la Syrie.
Parmi eux, trois missiles de croisière navals MDCN, d’une portée de 1 000 km et d’une précision de l’ordre du métrique, ont été tirés par une frégate multimission (Fremm). Une première pour la France, qui n’avait encore jamais utilisé cet armement en situation réelle. En Méditerranée, Paris a déployé trois Fremm — sur les cinq actuellement en service dans la marine —, une frégate anti-sous-marine, une frégate antiaérienne et un pétrolier ravitailleur.
Côté aérien, la France a mobilisé cinq Rafale, quatre Mirage 2000-5 et deux avions de surveillance aérienne Awacs, qui ont décollé de France vendredi, accompagnés par six avions ravitailleurs. Les Rafale ont tiré neuf missiles Scalp (système de croisière conventionnel autonome à longue portée), une demi-heure environ après la frégate.

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Deux sites visés dans la région de Homs
Les missiles tirés par les forces françaises ont visé un site de production et un site de stockage d’armes chimiques dans la région de Homs, selon l’Elysée. « Rien ne [nous] laisse penser qu’ils puissent avoir été interceptés », a déclaré le porte-parole de l’état-major des armées, l’Elysée ajoutant que « l’analyse du niveau de destruction des cibles » était en cours.
Au total, ce sont trois sites liés au programme chimique du régime syrien qui ont été touchés par les frappes occidentales, selon Washington, Londres et Paris. L’armée russe a affirmé que la défense antiaérienne syrienne avait intercepté soixante et onze des cent trois missiles de croisière tirés contre des installations du régime de Damas.
L’Elysée et le ministère de la défense français se sont contredits sur le fait que les autorités russes aient été prévenues de l’imminence des frappes. Florence Parly, ministre des armées, a dit avoir veillé « à ce que les Russes soient prévenus en amont », par ce que l’on appelle le « canal de déconfliction », un mécanisme mis en place entre les commandements des armées intervenant en Syrie pour éviter tout incident au sol et dans le ciel.
Des sources à l’Elysée ont cependant précisé que le président russe n’avait pas été prévenu de l’imminence des frappes, ajoutant que ledit canal n’avait été utilisé qu’« à partir du moment où l’opération était lancée ».

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Le premier ministre recevra les présidents des assemblées
Edouard Philippe recevra dimanche les présidents des assemblées François de Rugy et Gérard Larcher, ainsi que les responsables des groupes politiques, de source parlementaire. Les présidents des commissions des affaires étrangères et de la défense de l’Assemblée et du Sénat sont également conviés au rendez-vous, à 11 heures à Matignon.
Comme l’a annoncé l’Elysée dans la nuit de vendredi à samedi, après le début des frappes, un débat sans vote sera organisé rapidement devant les assemblées. Selon la même source parlementaire, il doit se tenir mardi au plus tard.
Plusieurs personnalités politique, comme Jean-Luc Mélenchon (LFI), ont regretté samedi qu’il n’y ait pas de vote du Parlement sur cette opération militaire. Gérard Larcher (LR) et François de Rugy (LREM) avaient été informés dans la nuit du déclenchement des frappes, avant qu’elles ne débutent.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Les bombardements en Syrie sont « un message à ceux qui pensent qu’ils peuvent utiliser les armes chimiques avec impunité », a déclaré la première ministre britannique.
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Frappes en Syrie : l’avertissement de Theresa May à la Russie

Les bombardements en Syrie sont « un message à ceux qui pensent qu’ils peuvent utiliser les armes chimiques avec impunité », a déclaré la première ministre britannique.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 15h29
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 17h14
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Derrière les frappes en Syrie, samedi 14 avril, Theresa May vise la Russie. Se référant explicitement à l’empoisonnement de l’ancien agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, la première ministre britannique a déclaré que « l’action en Syrie envoie un message clair à tous ceux qui pensent qu’ils peuvent utiliser les armes chimiques avec impunité ». « On ne peut pas permettre que l’utilisation des armes chimiques se normalise, que ce soit en Syrie, dans les rues du Royaume-Uni ou ailleurs dans le monde », a-t-elle ajouté.

Mme May reconnaît, bien sûr, que l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille au gaz innervant à Salisbury, le 4 mars, était « d’une tout autre échelle » que celui de Douma, dans la Ghouta orientale, perpétré selon elle par le régime syrien. Mais elle espère que l’avertissement permettra de réaffirmer l’interdiction des armes chimiques à travers le monde. « C’est un message clair pour rétablir la norme que les armes chimiques ne peuvent pas être utilisées. C’est illégal, leur usage est illégal et interdit », dit-elle, rappelant que la prohibition internationale de ces armes est vieille de presque un siècle.
Le Royaume-Uni et la Russie s’accusent mutuellement
La première ministre britannique tient ces propos dans un contexte d’escalade verbale entre le Royaume-Uni et la Russie. Vendredi, Moscou a accusé, contre toute évidence, Londres d’être derrière l’attaque chimique dans la Ghouta orientale. « Nous avons la preuve que le Royaume-Uni était directement partie prenante dans l’organisation de cette provocation », a affirmé Igor Konashenkov, un porte-parole du ministère de la défense russe.
Selon les Russes, les casques blancs, une organisation humanitaire essentiellement présente auprès de l’opposition syrienne, financée notamment par le Royaume-Uni, auraient organisé l’attaque chimique. Karen Pierce, ambassadrice du Royaume-Uni auprès des Nations unies,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ De l’extrême gauche à l’extrême droite, en passant par Les Républicains, une large part de la classe politique a pris position contre l’engagement français.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

En France, l’opposition critique la participation de Paris aux frappes contre le régime syrien

De l’extrême gauche à l’extrême droite, en passant par Les Républicains, une large part de la classe politique a pris position contre l’engagement français.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 13h08
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 17h33
   





                        


Quelques heures après les frappes contre des unités syriennes de production d’armes chimiques, une large part de l’opposition française critiquait, samedi 14 avril, la décision de l’exécutif d’intervenir en Syrie sans mandat de l’ONU, aux côtés de Washington et de Londres. Cette intervention était une réponse à l’attaque chimique supposée attribuée au régime de Bachar Al-Assad, qui a fait des dizaines de morts le 7 avril dans la ville de Douma, dans la Ghouta orientale.
« L’action qui a été conduite par nos forces armées est légitime, a justifié samedi le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, elle vise à mettre un terme à une atteinte grave au droit, elle est circonscrite à des objectifs précis : la destruction des capacités chimiques du régime syrien afin de l’empêcher de commettre de nouveaux carnages chimiques. »

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« Sans preuves et sans mandat de l’ONU »
Chez Les Républicains, Bruno Retailleau, président du groupe au Sénat, a estimé qu’« ajouter la guerre à la guerre n’a[vait] jamais fait avancer la paix » : 
« Cette démonstration de force ponctuelle risque d’alimenter le terrorisme. Elle nourrit l’idée que l’Occident est hostile au monde arabe. Ces frappes affaiblissent notre diplomatie. La voix de la France n’est forte que si elle est singulière, elle n’est utile que si elle privilégie le dialogue. Emmanuel Macron aligne la diplomatie de la France sur celle de Donald Trump ; c’est une erreur, et les leçons du passé et de nos échecs au Moyen Orient semblent déjà oubliées. »
Julien Aubert, député LR, a jugé sur Twitter que « pour la première fois de son histoire », en bombardant sans l’aval du conseil de sécurité des Nations unies un pays souverain, la France n’était « pas du côté du droit » et « détruisait le système légal » de l’ONU.

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Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise, a lui aussi dénoncé l’absence de mandat de l’ONU : « Les frappes contre la Syrie se font sans preuve, sans mandat de l’ONU et contre elle, sans accord européen et sans vote du Parlement français », a souligné le député des Bouches-du-Rhône. « C’est une aventure de revanche nord-américaine, une escalade irresponsable », a-t-il dénoncé, jugeant que « la France mérite mieux que ce rôle ». « Elle doit être la force de l’ordre international et de la paix », a dit M. Mélenchon.
Pour l’ancien candidat anticapitaliste à la présidentielle Olivier Besancenot, cette intervention sert à faire oublier la situation sociale en France :
« Là-bas, les frappes ne règlent rien, si ce n’est quelques factures impérialistes. Elles aggravent la situation. Ici, la guerre occupe les écrans et les esprits, comme un rideau de fumée qui voudrait étouffer la situation sociale. »
Marine Le Pen, présidente du Front national (FN), a aussi jugé que par ces frappes, la France avait perdu « une occasion d’apparaître sur la scène internationale comme une puissance indépendante » :
« Ces frappes contre la Syrie nous engagent dans une voie aux conséquences imprévisibles et potentiellement dramatiques. »
Florian Philippot, président des Patriotes, a comparé Emmanuel Macron à l’ancien premier ministre britannique Tony Blair, qui avait suivi les Etats-Unis dans la guerre d’Irak, parlant du « président Macron qui est de plus en plus à Donald Trump ce que Tony Blair était à Georges W. Bush ».

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Centre et gauche saluent l’intervention
Voix discordante à droite, Xavier Bertrand, président de la région des Hauts-de-France, a salué l’action coordonnée en Syrie comme une « réponse juste de la France et de ses alliés à l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien ».
Les socialistes, par la voix de leur premier secrétaire, Olivier Faure, ont également cautionné les frappes :
« Les attaques chimiques répétées du régime de Damas contre son peuple imposaient une réaction. Le silence des nations ouvrirait une jurisprudence criminelle donnant dans les faits la possibilité de violer les conventions internationales sur l’utilisation d’armes chimiques. »
Pour l’ancien président de la République François Hollande, les frappes sont « justifiées » mais elles doivent être suivies d’une « pression diplomatique et politique » sur Moscou et sur Téhéran, a-t-il dit dans un entretien au journal La Montagne.
L’ancien candidat à la présidentielle Benoît Hamon est allé dans le même sens, écrivant sur Twitter que « laisser Assad impuni après l’usage d’armes chimiques contre des civils est impossible. Mais il faut un mandat de l’ONU ». A l’intention des détracteurs de l’action militaire tripartite, il appelle « ceux qui s’offusquent du bombardement d’une usine » à « sort[ir] aussi du silence quand Poutine et Assad anéantissent les civils de la Goutha et d’Alep ».
Sans surprise, les ténors du centre ont applaudi l’intervention française. Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, a souligné « l’honneur de la France d’être à la hauteur du rôle singulier et historique qui est le sien et d’avoir pris l’initiative, au côté des démocraties américaine et britannique, d’exercer des frappes aériennes ciblées sur l’arsenal chimique syrien. Nos compatriotes doivent comprendre que l’objectif prioritaire de la France en Syrie, qui demeure l’éradication définitive de Daech, ne s’oppose pas à notre devoir international de protéger les populations civiles ».
Christophe Castaner, délégué général de La République en marche (LRM), a rappelé que l’utilisation d’armes chimiques contre les civils, c’était « la ligne rouge » à ne pas franchir :
« Le régime d’Al-Assad l’a franchie. La France ne pouvait se tenir aveugle et muette face à cette barbarie. Les frappes en Syrie menées cette nuit sont nécessaires et salvatrices pour le peuple syrien. »

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Le premier ministre recevra les présidents des assemblées
Edouard Philippe recevra dimanche les présidents des assemblées, François de Rugy et Gérard Larcher, ainsi que les responsables des groupes politiques. Les présidents des commissions des affaires étrangères et de la défense de l’Assemblée et du Sénat sont également conviés au rendez-vous, à 11 heures, à Matignon.
Comme annoncé par l’Elysée dans la nuit de vendredi à samedi, après le début des frappes, un débat sans vote sera organisé rapidement devant les assemblées, après que plusieurs personnalités politiques ont regretté qu’il n’y ait pas eu de vote au Parlement sur cette opération militiaire. Ce débat doit se tenir mardi au plus tard, selon une source parlementaire.
Gérard Larcher (LR) et François de Rugy (LRM) avaient été informés dans la nuit du déclenchement des frappes, avant qu’elles ne débutent.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ « Mission accomplie ! », s’est félicité Donald Trump, saluant des frappes « parfaitement exécutées ». Moscou, de son côté, qualifie l’opération d’« insulte au président russe ». Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir à 17 heures.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/04/2018
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Syrie : les Occidentaux justifient leur action ; Damas et Moscou protestent

« Mission accomplie ! », s’est félicité Donald Trump, saluant des frappes « parfaitement exécutées ». Moscou, de son côté, qualifie l’opération d’« insulte au président russe ». Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir à 17 heures.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 04h11
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 17h05
   





                        



   


Les frappes des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni en Syrie ont été justifiées par les dirigeants des trois pays et dénoncées par la Syrie, la Russie et l’Iran, dans la nuit de vendredi 13 avril à samedi 14 avril. L’Organisation des nations unies appelle « tous les Etats membres » à la « retenue ».
A la demande de la Russie, une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU se tiendra samedi à 17 heures (heure française). Peu avant cette réunion, la Russie a fait circuler un projet de résolution demandant à l’ONU de condamner ce qu’elle juge être une « agression » armée occidentale contre la Syrie.

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Trump met en garde l’Iran et la Russie
Le « résultat » des frappes contre le régime syrien « n’aurait pu être meilleur », s’est félicité samedi matin le président américain, Donald Trump. « Mission accomplie ! », a-t-il lancé sur Twitter, saluant une frappe « parfaitement exécutée » et remerciant les alliés français et britannique « pour leur sagesse et la puissance de leur excellente armée ».
C’est lui qui avait annoncé, vendredi soir à la Maison Blanche, les représailles à l’attaque chimique supposée le 7 avril à Douma, en Syrie. Donald Trump a dénoncé les attaques chimiques « monstrueuses » perpétrées par le régime de Damas.
Le président a mis en garde l’Iran et la Russie, qui ont déployé des milliers d’hommes et du matériel pour aider Bachar Al-Assad à reconquérir le pays. M. Trump a exhorté Moscou « à quitter la voie sinistre du soutien à Assad » et a déclaré que la Russie avait « trahi ses promesses » d’éliminer les armes chimiques.
Damas dénonce, ses alliés condamnent
Samedi, la Syrie a dénoncé « l’agression barbare et brutale » des Occidentaux. « Cette agression barbare (…) n’affectera en aucune façon la détermination et la volonté du peuple syrien et de leurs héroïques forces armées », a déclaré le ministère des affaires étrangères syrien, selon l’Agence arabe syrienne d’information (SANA). Le président Bachar Al-Assad s’est dit plus déterminé que jamais à « continuer de lutter et d’écraser le terrorisme, sur chaque parcelle du territoire » syrien.

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Ses deux principaux alliés, la Russie et l’Iran, ont également répondu au président américain. Les frappes militaires occidentales en Syrie reviennent à « insulter le président russe », avait averti vendredi l’ambassadeur de Russie à Washington, Anatoli Antonov.
« Un scénario préconçu est en cours d’exécution. Une fois de plus, on nous menace. Nous avons prévenu que de telles actions ne resteraient pas sans conséquences. »
Le président russe, Vladimir Poutine, a réagi un peu plus tard, dénonçant « avec la plus grande fermeté » un « acte d’agression à l’encontre d’un Etat souverain », commis « sans l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU, en violation de la charte des Nations unies, des normes et principes du droit international ».

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Téhéran a également vivement réagi, par la voix de l’ayatollah Khamenei, guide suprême de la Révolution islamique, qui a qualifié les dirigeants des trois pays de « criminels » :
« Les Etats-Unis et leurs alliés ne tireront aucun avantage des crimes commis en Syrie. Attaquer la Syrie est un crime. Le président américain, le premier ministre britannique et le président français sont des criminels. »
« La guerre menée par les Etats-Unis contre la Syrie, contre les peuples de la région et les mouvements de la résistance (…) n’atteindra pas ses objectifs », a aussi déclaré samedi le Hezbollah libanais, allié de Bachar Al-Assad.
La Chine et l’Irak se sont joints à ces protestations. La porte-parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying, a déclaré être opposée « à l’usage de la force dans les relations internationales ». « Nous appelons les parties concernées à revenir dans le cadre du droit international », a-t-elle dit.
Pour le ministère des affaires étrangères irakien, ces frappes, dont les « conséquences menacent la sécurité et la stabilité de la région », « offrent au terrorisme une occasion de se développer, après avoir été détruit en Irak et largement repoussé en Syrie ». 
Paris et Londres contre « l’escalade chimique »

   


Dans la foulée de l’annonce américaine, le président français, Emmanuel Macron, a publié un communiqué. « La France et ses partenaires reprendront, dès aujourd’hui, leurs efforts aux Nations unies pour permettre la mise en place d’un mécanisme international d’établissement des responsabilités, prévenir l’impunité et empêcher toute velléité de récidive du régime syrien », a dit le chef de l’Etat.
« L’escalade chimique en Syrie n’est pas acceptable parce que le régime syrien avait pris l’engagement de démanteler intégralement son arsenal chimique », a aussi déclaré samedi le ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian :
« L’action qui a été conduite par nos forces armées (…) est légitime, elle vise à mettre un terme à une atteinte grave au droit, elle est circonscrite à des objectifs précis : la destruction des capacités chimiques du régime syrien afin de l’empêcher de commettre de nouveaux carnages chimiques ».
La première ministre britannique, Theresa May, pour qui les frappes étaient « justes et légales », a écrit dans un communiqué qu’« il n’y a [vait] pas d’alternative à l’usage de la force pour dégrader et empêcher le recours à des armes chimiques par le régime syrien ». « Nous avons cherché tous les recours diplomatiques, ajoute-t-elle, mais nos efforts ont été constamment déjoués. » 
Pour l’opposition syrienne, des frappes « limitées »
Les frappes occidentales ne modifieront pas le cours de la guerre civile, estime samedi l’opposition syrienne. Celle-ci regrette que ces frappes « limitées » n’aient pas également visé les capacités conventionnelles de l’armée d’Assad. « Le régime ne va peut-être plus utiliser d’armes chimiques mais il n’hésitera pas à utiliser d’autres armes », a commenté Nasr Al-Hariri, chef de file de l’opposition.
Pour Mohamad Allouch, chef politique de la faction Jaïch Al-Islam, qui tenait la région de la Ghouta orientale avant qu’elle ne tombe aux mains de Damas, les frappes occidentales ne sont pas suffisantes. « Tant que le régime et ses services de sécurité existeront, les attaques [chimiques] continueront. Assad présente ce qui s’est passé comme une victoire », a-t-il dit.
L’OTAN appuie la coalition occidentale
« Je soutiens les actions décidées par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France contre les installations et capacités d’armes chimiques du régime syrien », a déclaré Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). « Elles vont réduire la capacité du régime à mener d’autres attaques contre le peuple de Syrie avec des armes chimiques », a-t-il ajouté dans un communiqué publié samedi matin à Bruxelles.
« L’OTAN a constamment condamné le recours continu de la Syrie à des armes chimiques comme une violation claire des normes et accords internationaux », rappelle M. Stoltenberg, pour qui « les responsables doivent en rendre compte ».

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Turquie, Israël, Canada… saluent les frappes
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a salué samedi les frappes, estimant qu’il s’agit d’une réponse « appropriée » aux « attaques inhumaines » perpétrées par le régime de Damas. « Le régime a vu que ses attaques croissantes de dissidents ces derniers jours(...) ne resteront pas sans réponse », a-t-il poursuivi, ajoutant qu’il avait passé une « nuit blanche » à suivre les derniers développements.
Les Israéliens ont dit de leur côté que les frappes constituaient un « signal important » envoyé à « l’axe du mal : à l’Iran, à la Syrie et au Hezbollah », selon Yoav Gallant, membre du cabinet de sécurité du premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou. Le 9 avril, une base aérienne en Syrie a été la cible d’un raid, que le régime de Bachar Al-Assad et ses alliés russe et iranien ont attribué à Israël.
Le Canada a également dit approuver la décision des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France « de prendre des mesures pour diminuer la capacité du régime [syrien] de lancer des attaques par armes chimiques contre ses propres citoyens ». L’Allemagne, par la voix de sa chancelière, Angela Merkel, a manifesté son soutien à une « intervention militaire nécessaire et appropriée ».

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ La France a riposté à l’attaque chimique de Douma en tirant, pour la première fois, des missiles de croisière navals. Une arme très politique, destinée à frapper un objectif fortement défendu.
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Le missile de croisière naval, nouvelle arme stratégique pour le chef de l’Etat français

La France a riposté à l’attaque chimique de Douma en tirant, pour la première fois, des missiles de croisière navals. Une arme très politique, destinée à frapper un objectif fortement défendu.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 09h23
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 11h25
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Le président Emmanuel Macron a ordonné, dans la nuit de vendredi 13 à samedi 14 avril, le tout premier tir opérationnel d’un missile de croisière naval, contre les installations chimiques du régime de Bachar Al-Assad, en Syrie. Pour la marine nationale, cette nouvelle arme constitue « une rupture ». Complémentaire du missile Scalp (système de croisière conventionnel autonome à longue portée) des forces aériennes, le missile de croisière naval (MDCN) est considéré comme « une arme stratégique », très politique, qui permet, de la mer, des « frappes dans la profondeur » à terre, soit à très longue distance et avec une grande précision.
Jusqu’à présent, les Etats-Unis et le Royaume-Uni avec les missiles Tomahawk, la Russie avec les Kalibr, étaient les principaux pays maîtrisant cette capacité militaire. Les Tomahawk avaient ainsi « ouvert » au début de 2011 le théâtre libyen, après une première passe des avions de chasse français, pour supprimer les défenses antiaériennes du régime de Mouammar Kadhafi – 124 missiles lancés de sous-marins américains et britanniques. Les Kalibr ont, eux, permis à Moscou de faire une entrée tonitruante, à la fin de 2015, dans le conflit syrien : une salve de 26 missiles avait été tirée de destroyers en mer Caspienne.

Une démonstration politique
En France, l’emploi du MDCN et les cibles choisies sont, comme pour le nucléaire, étudiés au plus haut niveau : celui du chef de l’Etat. Après avoir rappelé à plusieurs reprises les « lignes rouges » de l’emploi de l’arme chimique en Syrie, Emmanuel Macron fait ainsi une démonstration politique sur le théâtre syrien.
La marine avait jugé que de tels missiles lui manquaient lors de la guerre du Kosovo, en 1999. Un de ses sous-marins d’attaque avait bien été placé devant les bouches de Kotor pour bloquer la marine serbe, mais les frappes à terre revenaient aux alliés, américain et britannique. La décision de lancer un programme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Le temps est venu d’envisager l’installation d’observateurs internationaux et la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne, afin de protéger les populations dans les régions qui échappent au contrôle du régime d’Al-Assad, explique l’universitaire Gilles Dorronsoro dans une tribune au « Monde ».
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Syrie : « Il devient urgent de sortir d’une logique purement réactive »

Le temps est venu d’envisager l’installation d’observateurs internationaux et la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne, afin de protéger les populations dans les régions qui échappent au contrôle du régime d’Al-Assad, explique l’universitaire Gilles Dorronsoro dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    14.04.2018 à 13h26
    |

Gilles Dorronsoro (professeur de science politique à Paris-Panthéon-Sorbonne et membre de l’Institut  universitaire de France)







                        



                                


                            

Tribune. Les bombardements occidentaux sur la Syrie, après les attaques au gaz du régime de Bachar Al-Assad contre sa population, ne constituent en aucun cas une réponse suffisante ou proportionnée à ce crime, mais ils sont légitimes et doivent ouvrir le débat sur la protection à plus long terme des Syriens.
La responsabilité du régime syrien est-elle en doute ? Non, il n’y a aucune raison de penser que le coupable est à chercher ailleurs qu’à Damas ; la seule question ouverte est le niveau de complicité des Iraniens et des Russes, ces derniers ayant par ailleurs commis des crimes de guerre dans leurs opérations de bombardements contre des civils.
Aurait-il fallu attendre les conclusions d’une enquête internationale et miser sur l’ONU ? Les conditions pour qu’une enquête internationale puisse s’effectuer avec un minimum de sécurité et de liberté ne sont pas aujourd’hui réunies. De plus, le bilan de l’ONU dans la crise syrienne a jusqu’ici été catastrophique, de l’aide humanitaire détournée par le régime jusqu’à la tentative ratée de désarmement chimique de la Syrie après l’attaque au gaz sarin d’août 2013. Ce dernier a des stocks cachés de gaz que les inspections internationales n’ont pas les moyens de détruire. Ainsi, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a conclu à la présence de gaz sarin lors de l’attaque de Khan Cheikhoun en 2017, et à la responsabilité du régime.
Aucun risque d’escalade
Pourquoi le régime utilise-t-il du gaz ? La question a son importance parce qu’elle conditionne la réponse à apporter à plus long terme au régime syrien. Un argument souvent avancé pour dédouaner le régime est l’absence de rationalité militaire des attaques au gaz, car la poche insurgée allait de toute façon tomber. En fait, les attaques au gaz sont d’abord un message politique destiné à sa propre société et aux Occidentaux. Si ces derniers laissent faire, ils se discréditent : rappelons que le refus d’intervenir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ L’opération a visé des sites militaires et un centre de recherche soupçonnés d’héberger le programme chimique du régime, près de Homs et à Damas.
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Washington, Londres et Paris frappent le régime syrien pour tenter de rétablir une « ligne rouge »

L’opération a visé des sites militaires et un centre de recherche soupçonnés d’héberger le programme chimique du régime, près de Homs et à Damas.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 11h54
    |

            Marc Semo, 
Gilles Paris (Washington, correspondant) et 
Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante)








                        



                                


                            

La « ligne rouge » a-t-elle été rétablie ? La question restait entière au lendemain de la riposte occidentale, dans la nuit du 13 au 14 avril, au bombardement chimique imputé au régime syrien de la ville alors rebelle de Douma, le 7 avril, qui a causé la mort d’une cinquantaine de personnes et fait plusieurs centaines de blessés. Les frappes sont restées circonscrites et centrées sur la destruction de sites liés au programme chimique du régime.
Après quatre jours d’attente, électrisés ponctuellement par les messages contradictoires publiés par le président des Etats-Unis, Donald Trump, sur son compte Twitter, l’armée de l’air américaine est passée à l’action en début de soirée, à Washington, appuyée par des avions de combat français et britanniques.
Les bombardements de trois sites liés, selon le Pentagone, au programme d’armement non-conventionnel syrien à Damas et à Homs, ont été accompagnés par une intervention télévisée de Donald Trump au cours de laquelle il a évoqué des « frappes précises » et répété les justifications avancées depuis le début de la semaine. « Il y a un an, [le président syrien Bachar Al-] Assad a lancé une attaque sauvage aux armes chimiques contre son propre peuple. Les Etats-Unis ont réagi avec cinquante-huit frappes de missiles qui ont détruit 20 % de l’armée de l’air syrienne », a assuré le président des Etats-Unis.
Les « crimes d’un monstre »
« Samedi [7 avril], le régime Assad a de nouveau déployé des armes chimiques pour massacrer des civils innocents », a-t-il poursuivi, qualifiant ces opérations de « crimes d’un monstre » qui ont rendu « nécessaire le rétablissement d’une puissante dissuasion contre la production, la dissémination et l’utilisation de substances chimiques ». « C’est d’un intérêt vital pour la sécurité nationale des Etats-Unis », a ajouté Donald Trump.
Peu après, l’Elysée annonçait que le chef de l’Etat avait donné l’ordre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Pour le chercheur Benjamin Hautecouverture, Moscou a bien noté que les « lignes rouges » établies par les gardiens du droit international sont des lignes orange qui jaunissent année après année.
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« Les armes chimiques sont un moyen pour Poutine de tester les démocraties »

Pour le chercheur Benjamin Hautecouverture, Moscou a bien noté que les « lignes rouges » établies par les gardiens du droit international sont des lignes orange qui jaunissent année après année.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 12h29
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 06h35
    |

            Nathalie Guibert et 
Marc Semo








                        



                                


                            

Spécialiste des questions de sécurité internationale, de prolifération des armes de destruction massive et de dissuasion, Benjamin Hautecouverture est maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) à Paris.
Pourquoi est-il impossible de rester sans réaction face à l’usage d’armes chimiques en Syrie ?
En réalité, il est tout à fait possible de rester passif face aux dernières allégations d’emploi de ces armes au cours de l’offensive sur Douma le 7 avril, une année après les attaques sur Khan Cheikhoun [le 4 avril 2017, un bombardement chimique de l’aviation syrienne sur la ville rebelle provoquait la mort d’au moins 100 civils]. C’est bien le cas depuis 2013, c’est-à-dire depuis la transgression de la première « ligne rouge » tracée par le président américain Barack Obama dans le cadre du conflit syrien.
Mais s’en contenter aujourd’hui devient très périlleux, non seulement au regard des victimes, mais également au regard de la crédibilité de la sécurité collective [le Conseil de sécurité des Nations unies, ONU], du droit international [la Convention d’interdiction des armes chimiques, CIAC], de la parole donnée par la démocratie libérale [Etats-Unis, Union européenne, etc.].
Au fond, l’usage des armes chimiques en Syrie est en train de concentrer stratégiquement, politiquement et symboliquement l’ensemble des attaques contre la norme du droit international dans le monde depuis le début de notre décennie. C’est à ce niveau que se situe désormais l’enjeu de la réaction face à l’usage des armes chimiques en Syrie. La France et les Etats-Unis sont en première ligne, mais ne sont pas les seuls concernés.
Quand Emmanuel Macron dit qu’il y a une « ligne rouge », sans agir, cela l’affaiblit ?
L’usage politique de la « ligne rouge » est une forme risquée de dissuasion. En l’espèce, s’il est déclaré que la ligne rouge est l’utilisation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ La menace de Donald Trump d’envoyer des missiles en réponse au gazage de Douma par le régime d’Al-Assad ne constitue pas une politique syrienne pour les Etats-Unis, note l’éditorialiste Alain Frachon dans sa chronique.
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« Réagir à l’emploi d’un type d’arme ne fait pas une politique syrienne »

La menace de Donald Trump d’envoyer des missiles en réponse au gazage de Douma par le régime d’Al-Assad ne constitue pas une politique syrienne pour les Etats-Unis, note l’éditorialiste Alain Frachon dans sa chronique.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 11h06
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 13h43
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            
Chronique. Même si les missiles que Donald Trump a tirés sur la Syrie sont « beaux, nouveaux et intelligents », comme il les a décrits mercredi 11 avril, cela ne change rien à cette réalité : les Etats-Unis n’ont pas de politique syrienne. L’avenir de ce petit pays du Moyen-Orient ne les intéresse que marginalement. Donald Trump se situe à cet égard dans la continuité de Barack Obama.
Le conflit syrien est, certes, l’un des éléments importants de la relation entre Washington et Moscou. Il y a une bonne raison à cela : la possibilité d’un affrontement direct entre les forces que les deux pays ont déployées en Syrie. Quand les armes parlent, elles ont leur logique propre, qui peut entraîner les protagonistes bien au-delà ce qu’ils souhaitent. Certes, encore, le président républicain paraît plus sensible à la singularité de l’arme chimique que son prédécesseur démocrate.

Trump a déjà ordonné, il y a un an, des représailles militaires après que l’aviation de Bachar Al-Assad eut gazé un quartier d’une localité du nord du pays. Au lendemain d’une deuxième attaque chimique, samedi 7 avril à Douma, dans la banlieue de Damas, Trump incrimine indirectement la Russie. Pour la première fois, il s’en est pris, mercredi, à Poutine : « Vous ne devriez pas vous associer à un animal qui tue avec du gaz. » Toutefois, réagir à l’emploi d’un type d’arme ne fait pas une politique syrienne.
Pas de politique cohérente
Les Etats-Unis n’ont en Syrie que des objectifs circonscrits : depuis 2014, la lutte contre les djihadistes de l’organisation Etat islamique et, depuis 2016, contre l’emploi de l’arme chimique. Mais l’avenir du peuple syrien, l’arrêt négocié des combats, la participation à une solution politique à Damas, le dialogue avec Moscou sur le chaos régional, rien de tout cela ne fait partie d’une politique américaine cohérente au Moyen-Orient. Une telle approche n’existe pas.
Le 29 mars, le président dit : « On...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Editorial. En relaxant les huit prévenus, la juge a rappelé les bases de l’Etat de droit et nous tend un miroir édifiant sur dix années de dérive de l’antiterrorisme.
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Tarnac : les leçons d’un naufrage

Editorial. En relaxant les huit prévenus, la juge a rappelé les bases de l’Etat de droit et nous tend un miroir édifiant sur dix années de dérive de l’antiterrorisme.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 15h05
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Il y aurait une certaine commodité à considérer le naufrage judiciaire de l’affaire de Tarnac comme un épisode isolé. Il serait rassurant et confortable de n’y voir qu’un accident de l’histoire déclenché, en 2008, par la guerre des polices ou par les emballements fantasmatiques de responsables politiques, au premier rang desquels la ministre de l’intérieur de l’époque sarkozyste, Michèle Alliot-Marie. Mais le jugement prononcé jeudi 12 avril par le tribunal correctionnel de Paris envers huit personnes, militants de la gauche radicale ou supposés l’être, nous tend au contraire un miroir édifiant sur dix années de dérives ininterrompues de l’antiterrorisme français.

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Car la juge Corinne Goetzmann, en relaxant les prévenus des accusations de sabotage d’une ligne TGV et d’association de malfaiteurs – la dimension « terroriste » avait été abandonnée avant le procès mais elle a accompagné toute l’instruction –, n’a pas uniquement accablé une enquête menée en dépit du bon sens, dénoncé les « stratagèmes » utilisés lors de l’instruction et enterré une dernière fois la « fiction » du groupe de Tarnac. Elle a aussi rappelé les bases de l’Etat de droit.

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En substance, ce jugement rappelle que les services de renseignement ne peuvent s’immiscer dans une enquête judiciaire. Ces policiers étant protégés par le secret-défense, le juge judiciaire ne peut « contrôler et vérifier [leurs] constatations », et les éléments qu’ils fournissent sont donc « dépourvus de toute valeur probante ». Or, dans le dossier Tarnac, il ne fait pas de doute que l’utilisation excessive de la toute neuve direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, devenue DGSI depuis) a biaisé l’enquête judiciaire. Non, assène la juge, une bibliothèque, si radicaux soient les ouvrages qui la composent, n’est pas un « élément de preuve ». Non, enfin, « le fait de se concerter sur l’organisation d’une manifestation (…) ne caractérise pas en soi un projet de commettre un délit ».
Principes battus en brèche
Or ces grands principes ont été battus en brèche par l’arsenal antiterroriste mis en place ces dernières années. La loi du 30 octobre 2017, dans la lignée de l’état d’urgence, permet au ministre de l’intérieur d’assigner à résidence et de perquisitionner sur de simples renseignements, sous le contrôle minimal et bienveillant du juge administratif ou, au mieux, sous celui, superficiel, du juge des libertés et de la détention. On pourrait également citer les multiples condamnations pour « apologie du terrorisme » sur la foi du contenu d’un ordinateur ou les poursuites pour « association de malfaiteurs » visant des manifestants à Rennes en 2016 ou autour du site d’enfouissement de Bure, dans la Meuse, en 2017.

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                L’affaire de Tarnac résumée en 5 épisodes



Le débat récurrent relancé encore une fois après les attentats du 23 mars à Carcassonne et Trèbes (Aude), sur la rétention des « fichés S », qui revient à dévoyer un simple outil de renseignement « dépourvu de toute valeur probante », pour reprendre les mots de la juge Goetzmann, démontre qu’en la matière les risques de surenchère sont sans fin.
Il ne fait pas de doute que la lutte – évidemment nécessaire et légitime – contre un terrorisme meurtrier et aveugle a rendu difficilement audible la moindre opposition, fût-elle fondée sur l’invocation de principes élémentaires. C’est le mérite du jugement rendu le 12 avril. Il rappelle que la fin ne justifie pas tous les moyens et que le juge judiciaire est un maillon essentiel de la démocratie. Il invite les responsables politiques et le législateur à toujours inscrire leur action dans le respect de l’Etat de droit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Des dizaines de milliers de personnes ont acclamé samedi la dépouille de Winnie Madikizela-Mandela, égérie de la lutte contre l’apartheid, lors d’obsèques nationales à Soweto.
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En Afrique du Sud, dernier hommage à Winnie Mandela, « rempart » contre l’apartheid

Des dizaines de milliers de personnes ont acclamé samedi la dépouille de Winnie Madikizela-Mandela, égérie de la lutte contre l’apartheid, lors d’obsèques nationales à Soweto.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 16h28
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 17h12
   





                        



   


Des dizaines de milliers de personnes ont rendu un dernier hommage, samedi 14 avril, dans le township sud-africain de Soweto, à Winnie Madikizela-Mandela, l’égérie populaire mais controversée de la lutte contre l’apartheid. La cérémonie conclut dix jours de deuil national décrétés en souvenir de celle que l’on surnommait le « roc », « la Mère de la nation », la « libératrice » ou l’« héroïne », morte le 2 avril, à 81 ans, des suites d’une longue maladie.
Escorté par des motards, le cercueil de « Mama Winnie », recouvert du drapeau sud-africain, a quitté samedi au matin son domicile de Soweto, la banlieue pauvre de Johannesburg, à laquelle elle est restée fidèle toute sa vie. Arrivée au stade d’Orlando, à quelques kilomètres de là, la dépouille a été saluée par une foule en deuil qui, le poing levé, a entonné à pleins poumons une chanson de la lutte, « Il n’y a personne comme Winnie Mandela ».

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« Elle n’a jamais cessé de se battre »
« Mama s’est battue pour notre liberté. C’est essentiel de lui rendre hommage », a déclaré Mufunwa Muhadi, 31 ans, vêtue de noir et d’une coiffe colorée, la tenue choisie par de nombreuses Sud-Africaines pour rendre hommage à « Winnie ». « Elle était une de nos meilleurs soldats. Elle s’est battue du début à la fin. Pars en paix, Maman. Tu as joué ton rôle », a salué un autre spectateur en deuil, Brian Magqaza, 53 ans.
Pendant les vingt-sept années de détention de Nelson Mandela, son mari à l’époque, Winnie Madikizela-Mandela a entretenu la flamme de la résistance à l’apartheid, malgré les tortures, les humiliations et les séjours en prison. La photo du couple, main dans la main, à la libération de Nelson Mandela, en 1990, symbolise la victoire sur le régime raciste blanc, qui tombera officiellement quatre ans plus tard.
Leur couple, lui, ne survivra pas. Ils se séparèrent en 1992, deux ans avant l’accession à la présidence de la République d’Afrique du Sud du Prix Nobel de la paix, auréolé de toute la gloire.
Plusieurs dirigeants étrangers, dont les chefs d’Etat congolais, Denis Sassou Nguesso, et namibien, Hage Geingob, étaient attendus à la cérémonie, où le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, devait prononcer l’éloge funèbre. Des personnalités, tel Jesse Jackson, militant emblématique des droits civiques aux Etats-Unis, ont aussi assisté aux obsèques. « Elle n’a jamais cessé de se battre », avait salué vendredi le pasteur, âgé de 76 ans.

   


« Mama n’était pas une personne parfaite »
L’image de Winnie Madikizela-Mandela a été écornée par des condamnations pour fraude, enlèvement et violences. L’ex-épouse de l’ancien président sud-africain a à plusieurs reprises été mise en cause, notamment pour des exactions commises par sa garde rapprochée, le « Mandela United Football Club », qui faisait régner la terreur à Soweto à la fin des années 1980. Près d’un quart de siècle après la fin officielle de l’apartheid, les motivations de ce groupe restent toujours mystérieuses. Selon un ancien policier blanc repenti, le régime l’avait infiltré. A l’époque, l’African National Congress (ANC, Congrès national africain), fer de lance de la lutte anti-apartheid, avait fait part de son inquiétude à Winnie Mandela, qui avait ignoré ses appels.
Cette semaine, le président Ramaphosa a demandé de ne pas « diaboliser » Winnie Madikizela-Mandela. « Mama n’était pas une personne parfaite », a concédé la ministre de la communication, Nomvula Mokonyane. « Beaucoup d’entre nous ont fait des choses bien, mais aussi des choses terribles pendant la lutte. Il ne faut jamais oublier le contexte », a-t-elle dit, estimant que la militante était critiquée « parce qu’elle était une femme ».
Après les funérailles officielles, l’égérie populaire doit être enterrée samedi après-midi dans le cimetière de Fourways, un quartier résidentiel de Johannesburg, au côté d’une de ses petites-filles morte en 2010.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ La NBA n’a jamais été aussi équilibrée et ouverte, ce qui rendra les playoffs, qui commencent le 14 avril, d’autant plus passionants à suivre.
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Tout ce qu’il faut savoir avant le début des playoffs de la NBA

La NBA n’a jamais été aussi équilibrée et ouverte, ce qui rendra les playoffs, qui commencent le 14 avril, d’autant plus passionants à suivre.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 14h00
    |

            Clément Martel et 
Luc Vinogradoff








                        



   


Il aura fallu attendre la dernière journée de la saison 2017-2018 de NBA pour connaître avec certitude la composition de ces playoffs : tous les affrontements et, dans le cas de Minnesota la qualification, dépendaient directement des scores des ultimes matchs dans la nuit de mercredi 11 au jeudi 12 avril. Ce n’était jamais arrivé dans l’histoire de la ligue et ça vient nous rappeler que, hormis quelques équipes souvent intouchables avec un meneur barbu, la NBA est de plus en plus ouverte et équilibrée.
Bref, les playoffs qui commencent le 14 avril, s’annoncent plus intéressants et indécis que jamais. Pendant deux mois, les huit meilleures équipes de chaque conférence s’affronteront dans des séries de 7 matchs. Le Monde.fr vous proposera des « lives » pour certains matchs cruciaux à déterminer. Les Golden States Warriors de Stephen Curry et les Cleveland Cavaliers de LeBron James, finalistes des trois dernières éditions, arrivent amoindris, blessés et – qui sait – presque prenables. Les Houston Rockets et Toronto Raptors se voient comme la relève, les Philadelphie 76ers et les Portland Trail Blazers pensent avoir la jeunesse et la force nécessaire pour eux. Et les autres? Disons qu’ils n’ont plus rien à perdre, donc tout à gagner.
Conférence Ouest
Houston Rockets (1) vs Minnesota Timberwolves (8) : la Barbe contre les Jeunes Loups

   


La meilleure équipe (65 victoires-17 défaites), emmenée par le MVP quasi-assuré, James « The Beard » Harden (30,4 points, 8,8 assists et une aisance folle à endormir ses défenseurs avant d’envoyer des 3 points) a-t-elle une chance d’être embêtée par Minnesota ? Peu probable, même si les Rockets calent en playoffs depuis 2015. La présence du meneur Chris Paul devrait être le remède à cette panne récurrente. Les jeunes Timberwolves ont arraché leur billet pour leurs premiers playoffs depuis 2004 en battant les Denver Nuggets sur le fil. Les jeunes - Towns, Wiggins - arrivent exténués, tout comme le vétéran Jimmy Butler qui revient de blessure. Les chances ne sont clairement pas de leur côté, d’autant qu’ils ont perdu leurs 4 matchs contre les Rockets cette saison.
Golden State Warriors (2) vs San Antonio Spurs (7) : les Champions contre les (très) Anciens

   


Les Warriors veulent cimenter leur dynastie avec un troisième titre en quatre ans. Ce sera bien plus compliqué que par le passé : leur domination s’est étiolée (ils finissent à 58-24, en ayant perdu 10 de leurs denriers 17 matchs), la tactique de small-ball qui a fait leur gloire irrigue désormais la NBA et, surtout, leurs stars, Stephen Curry en tête, terminent la saison cabossées. Le meneur et double MVP, blessé au genou, va rater ce premier round, obligeant Kevin Durant à monter en puissance un peu plus tôt que prévu. Les Spurs, qui ont flirté avec l’élimination, disputeront bien les playoffs pour la 21e année consécutive. Ca ne sera sûrement pas leurs plus longs. Toujours sans Kawhi Leonard et avec un effectif vieillissant, on ne sait pas trop comment ils pourraient s’en sortir à moins de se transcender en se rappelant que c’est contre ces mêmes Warriors, en finale de conférence 2017, que Leonard a subi sa première grave blessure, à cause d’un certain Zaza Pachulia. 
Portland Trailblazers (3) vs New Orleans Pelicans (6) : le collectif de l’Ouest contre l’individualité de l’Est

   


Portland a grimpé jusqu’à la 3e place de l’Ouest sur le dos de son tandem de meneurs, Damian Lillard et CJ McCollum, principaux scoreurs et, dans le cas de Lillard, joueur à qui on passe la balle quand il faut un panier crucial. Portland c’est aussi un collectif, personnifié par celui qui a aidé à en faire une des meilleures équipes défensives de la NBA, Yusuf Nurkic, tendrement surnommé « la Bête de Bosnie ». L’opposition face aux Pelicans d’Anthony Davis devrait faire des étincelles et pourrait basculer d’un côté comme de l’autre. « Le Sourcil » (pas vraiment un des surnoms les plus sexys) est capable de gagner une série presque à lui tout seul. Il l’a prouvé en tirant son équipe jusqu’à cette 6e place après la blessure de l’autre star des Pelicans, « Boogie » Cousins. Il est capable, comme face aux Suns de Phoenix (53 points-18 rebonds-5 blocks), d’annihiler une équipe comme un grand.
Oklahoma City Thunder (4) vs Utah Jazz (5) : le Trio contre la Tour Eiffel 

   


Le meneur des Thunder, Russell Westbrook, est devenu le seul joueur à avoir réussi, deux années de suite, un triple-double en moyenne en saison régulière. Il l’a fait de la manière la plus westbrookienne possible, prenant 20 rebonds dans son dernier match, quitte à en voler à ses coéquipiers. Westbrook ne sera pas, comme en 2017, MVP dans une équipe construite par et pour lui. Dans ces playoffs, il pourra compter sur deux coéquipiers de taille, Paul George et Carmelo Anthony. Ils devront enfin prouver qu’ils peuvent être plus que la simple somme de leurs parties. En face, les Jazz sont la définition même de l’équipe qui n’a plus rien à perdre : personne ne les voyait en playoffs après un mauvais début de saison. Ils y sont arrivés avec des probables Défenseur de l’année (Rudy Gobert, stratosphérique malgré 26 matchs ratés), Rookie de l’année (Donovan Mitchell), Coach de l’année (Quin Snyder) et un élan inarrêtable : depuis le 24 janvier, seuls les Rockets ont gagné plus que les Jazz.
Conférence Est
Toronto Raptors (1) - Washington Wizards (8) : les hordes du Nord face aux Magiciens irréguliers

   


Auteurs de leur meilleure saison régulière en 23 ans (59 victoires-23 défaites), les Toronto Raptors arrivent avec le plein de confiance. Réguliers mais affichant systématiquement leurs limites lors des phases finales, les joueurs de Dwayne Casey avancent leurs ambitions. Dans la foulée de leurs leaders, DeMar DeRozan et Kyle Lowry, eux qui ont goûté aux finales de conférences en 2016, ils veulent enfin franchir la montagne LeBron James, qui les a éliminé les deux dernières saisons. S’appuyant sur une défense inventive, l’un des meilleurs bancs de la ligue et un public enflammé, Toronto assume sa position de favori dans une conférence Est plus ouverte que jamais. Face à eux, les Washington Wizards, qu’on voyait batailler pour les premières places, se hissent en playoffs par la petite porte. Irrégulière mais talentueuse, ils espèrent réaliser un braquage face à des Canadiens connus pour leurs difficultés à transformer en fin de saison les promesses entrevues. Le retour de blessure de John Wall, en mars, accentue leur bonne forme. Suffisamment pour surprendre Toronto ?
Boston Celtics (2) - Milwaukee Bucks (7) : une « Green army » décimée face au Marsupilami grec

   


Dire de la saison des Boston Celtics qu’elle fut mouvementée est une sinécure. Favori des bookmakers après le recrutement en grande pompe des All-Stars Kyrie Irving et Gordon Hayward, les joueurs du Massachussetts ont revu leurs ambitions à la baisse après la grosse fracture de la cheville du second, dès le premier match. Mais les hommes du coach Brad Stevens, qui prouve une fois de plus qu’il fait partie des meilleurs tacticiens, ont réalisé une saison remarquable, sur les ailes d’un Kyrie Irving libéré de l’ombre de LeBron James. Si le meneur est forfait pour ces playoffs, ses jeunes coéquipiers comptent profiter de ces phases finales pour acquérir de l’expérience. Face à eux, les Milwaukee Bucks de Giannis Antetokounmpo s’avancent au terme d’une saison régulière paradoxale. Si « The Greek Freak » a réalisé une saison de haute volée dans toutes les catégories statistiques, l’équipe du Wisconsin – qui s’est débarrassée de son entraîneur Jason Kidd en début de saison – suscite de nombreuses interrogations. A eux d’y répondre face aux Celtics décimés.
Philadelphia Sixers (3) - Miami Heat (6) : le « Process » contre le poil à gratter

   


Les Philadelphia Sixers sont de retour en playoffs ! Pour l’observateur non-aguerri, cette phrase n’a rien de choquant. Mais quand l’on a suivi les mésaventures de cette équipe, le point d’exclamation s’impose. Première équipe à avoir érigé le tanking – ce procédé quasi-biblique voulant que les derniers d’une saison deviendront les premiers du futur – en mode de vie, et à avoir enchaîné les saisons plus mauvaises les unes que les autres, les Sixers récoltent aujourd’hui le bon grain des décisions passées. Dans la foulée de leurs jeunes stars, Joel Embiid et Ben Simmons, les joueurs de Brett Brown ont achevé la saison sur seize victoires de rang. Quand « Trust the process » devient plus qu’un slogan. Du côté de Miami, on assume le côté outsider. Une fois encore, les hommes d’Erik Spoelstra ont signé une saison régulière sans rien lâcher – ils ont terminé dix-neuf matchs avec seulement moins de trois points d’écart – et arrivent en playoffs décidés à poursuivre leurs efforts. Renforcés par le retour du roi Dwayne Wade en cours de saison, les coéquipiers de Goran Dragic veulent enrayer « The Process ».
Cleveland Cavaliers (4) - Indiana Pacers (5) : un « King » seul en son royaume contre la surprise

   


On l’a vu abattu. On l’a vu exclu (pour la première fois de sa carrière). On l’a surtout vu se démener face à l’adversité. Et une fois de plus, LeBron James a hissé son équipe en playoffs. Pour la première fois de sa carrière, le meilleur joueur du monde – ce n’est pas nous qui le disons, ceci fait relativement consensus – a disputé les 82 matchs de la saison régulières. Hormis leur tête de proue, les Cleveland Cavaliers ont bataillé toute la saison pour aligner une équipe tenant la route. Fortement remaniée dans les ultimes instants du marché des transferts, l’équipe de Tyronn Lue espère profiter de son expérience des playoffs pour disputer une quatrième finale d’affilée (ce qui ferait la huitième pour James). Face à eux, l’une des plus grosses surprises de la saison. Après la perte de Paul George à l’intersaison, peu d’observateurs faisaient des Indiana Pacers des concurrents aux phases finales. Mais dans la foulée d’un Victor Oladipo devenu clutch et leader dans l’Indiana, l’équipe a réalisé une saison solide. Et compte sur son élément perturbateur, Lance Stephenson, pour poser des soucis au « King » James.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Les éventuelles traces laissées sur la Toile par des victimes ou auteurs présumés de crimes ou délits sont devenues si difficiles d’accès chez les géants du Web que de plus en plus d’enquêtes sont paralysées.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La guerre discrète de la « preuve numérique »

Les éventuelles traces laissées sur la Toile par des victimes ou auteurs présumés de crimes ou délits sont devenues si difficiles d’accès chez les géants du Web que de plus en plus d’enquêtes sont paralysées.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 08h15
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 15h58
    |

            Martin Untersinger et 
Elise Vincent








                        



                                


                            
C’est une bataille méconnue, discrète, et pourtant presque une « guerre », pour reprendre la formule d’un magistrat spécialisé. Au quotidien, elle se joue dans l’ombre des bureaux des juges d’instruction, des parquetiers, entre les murs anonymes des services de police judiciaire. Dossier par dossier, nom par nom, attentat après attentat, à coups de formulaires et de demandes d’entraide pénale internationale. Au cœur de la bataille : l’accès à ce que les spécialistes appellent « la preuve numérique ». En clair, l’ensemble des traces éventuellement laissées sur Internet par toute victime ou auteur présumé d’un crime ou d’un délit : adresses IP, mails, échanges WhatsApp, Snapchat, comptes Facebook ou Instagram.
A l’heure du tout-Internet, ces données sont paradoxalement devenues très difficiles d’accès car jalousement conservées par les opérateurs privés du Web, à commencer par les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon). La justice évite de le crier sur les toits, mais des pans entiers de la lutte contre la délinquance (trafic de stupéfiants, criminalité organisée, etc.) sont aujourd’hui malmenés faute de moyens. « De nombreuses enquêtes sont littéralement paralysées, au point que parfois nous sommes dans une forme d’autocensure », admet-on au parquet de Paris.
Le sujet est devenu si problématique qu’il fait l’objet, depuis 2016, de négociations au plus haut niveau, au croisement des couloirs feutrés de la direction des affaires criminelles et des grâces, du ministère de l’intérieur, de l’Elysée, et surtout des représentations diplomatiques de la France à Bruxelles et outre-Atlantique. Des négociations portées dans le cadre d’un « dialogue stratégique cyber » avec les Etats-Unis, piloté par l’ex-porte-parole de l’Elysée David Martinon.
Trop longtemps, aux yeux de ces acteurs, le rapport de force entre les opérateurs du Web et la justice est resté défavorable à cette dernière, au nom de la protection de la vie privée. Une collaboration...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Deux manifestations sont prévues à Nantes, samedi, et un rassemblement dans la « zone à défendre », dimanche.
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Notre-Dame-des-Landes : la ZAD se prépare à de nouvelles actions

Deux manifestations sont prévues à Nantes, samedi, et un rassemblement dans la « zone à défendre », dimanche.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 12h02
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 12h47
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


Au sixième jour des opérations de déblaiement et malgré l’arrêt officiel des expulsions et la « main tendue » du premier ministre, Edouard Philippe, la tension était loin d’être retombée dans la « zone à défendre » (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes, samedi 14 avril, laissant présager un week-end agité. Deux manifestations « contre la politique antisociale d’Emmanuel Macron et contre les expulsions » sont prévues samedi à Nantes, et un appel a été lancé à un rassemblement, dimanche, le long du chemin de Suez, dans la ZAD.
Dans la matinée de samedi, le ton semblait donné avec de nouveaux tirs de grenades lacrymogènes dans deux endroits de la ZAD, à l’occasion d’une incursion de gendarmes. La veille, déjà, sur la D81, l’un des deux axes traversant la zone du nord vers le sud, un blindé de la gendarmerie s’était enlisé, lors d’une opération coup de poing. Il avait été dégagé après un tir de barrage de grenades lacrymogènes.

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                Notre-Dame-des-Landes : la ZAD « évacuée », Philippe « tend » la main aux zadistes



Un drone pour surveiller la ZAD

   


Mais, dans l’après-midi, l’accès à la D281, la route des chicanes, était « libre ». Il était possible d’y marcher, à condition de montrer patte blanche et de justifier de sa qualité. Tous les 300 mètres était garé un fourgon de gendarmes mobiles, son équipage observant le « front » — le côté des zadistes — et les arrières, en cas d’une hypothétique attaque à revers ou pour couper le ravitaillement aux zadistes, selon les gendarmes.
Au loin, un hélicoptère survolait la zone, en altitude. A proximité des points chauds que sont les secteurs appelés les Vraies Rouges, Lama Sacré et Youpi Youpi, les gendarmes utilisaient un drone pour épier les moindres gestes des zadistes. « Vous entendez, ils creusent des tranchées », affirmaient-ils. Même si, ont-ils admis, la journée de vendredi a été « calme ».
Les gendarmes sont dispensés de manifestation à Nantes — « en zone urbaine, ce seront les CRS », dit un gradé de la gendarmerie. Mais ils savent qu’ils resteront dans la ZAD pour quelque temps encore, pour surveiller le déblaiement des parcelles, garantir la circulation sur les départementales 281 et 81 et prévenir toute réoccupation illégale, comme l’ont rappelé la préfète de la région Pays de la Loire, Nicole Klein, et le premier ministre.

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          « L’Etat, monstre froid face aux zadistes »



Renforts chez les zadistes
De l’autre côté de la « ligne de front », parmi les zadistes, chaque moment de répit est consacré à la récupération de ce qui peut l’être : avec trois cabanes détruites, il est possible d’en reconstruire une nouvelle. Ces moments de calme sont aussi mis à profit pour réparer les barricades endommagées lors des interventions des gendarmes, et pour se livrer aux préparatifs : des projectiles divers sont entassés, des masques de protection rassemblés…
En ce début de week-end, où la zone commence à se remplir de nouveaux venus aux chaussures et vêtements propres, des panneaux détaillant les différents types de grenades utilisés par les gendarmes et leurs dangers sont affichés à leur intention. Les habitués de ce type de luttes ont le visage dissimulé derrière un passe-montagne ; seuls certains avancent à visage découvert, une carte à la main, à la recherche de leur chemin. La lutte s’internationalise aussi : on entend parler espagnol, allemand.

Edouard Philippe a dit 👉🏻 "l'ensemble des objectifs" d'évacuation "que nous nous étions assignés a été atteint". En… https://t.co/pi3I2GTSUP— pibzedog (@Pierre Bouvier)


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Même si la ZAD n’est pas l’abri d’une nouvelle incursion des gendarmes, à l’image de celle de samedi matin, c’est à Nantes, dans l’après-midi, que devrait se cristalliser une partie de la colère contre les expulsions. Dans la matinée de vendredi, plusieurs fourgons étaient déjà disposés aux abords du bâtiment de la préfecture, place Roger-Salengro.
La préfecture a confirmé la tenue des deux manifestations — dont aucune n’a été déclarée —, la première à 14 h 30, à l’appel de l’intersyndicale et d’étudiants, la seconde à 16 h 30, contre les expulsions de la ZAD. En marge de la conférence de presse de la préfète vendredi, son entourage relevait que les manifestations de soutien à Notre-Dame-des-Landes rassemblaient de moins en moins de participants, mais qu’il y avait un « risque », avec le cumul des étudiants et de l’intersyndicale.
Dominique Fesneau, l’un des trois présidents de l’Acipa, la principale association d’opposants à l’ex-projet d’aéroport, s’interrogeait, lui, sur l’opportunité de s’associer à la manifestation de Nantes. « Nous avons peur que la colère et un esprit vengeur — qui s’expliquent — l’emportent. Et des provocations, aussi. » L’Acipa a donc lancé un appel à « venir en masse » dans la ZAD dimanche, à partir de midi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Précurseur cinématographique du printemps de Prague, le réalisateur d’origine tchèque a réalisé notamment « Vol au-dessus d’un nid de coucou », « Amadeus » et « Hair ».
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Le cinéaste Milos Forman est mort

Précurseur cinématographique du printemps de Prague, le réalisateur d’origine tchèque a réalisé notamment « Vol au-dessus d’un nid de coucou », « Amadeus » et « Hair ».



Le Monde
 |    14.04.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 16h17
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Dans les années 1960, les films que Milos Forman a tournés en Tchécoslovaquie – L’As de pique, Les Amours d’une blonde, Au feu les pompiers – signalaient l’émergence d’une nouvelle vague dans son pays, mais présageaient aussi de l’effervescence du printemps de Prague. Exilé aux Etats-Unis après l’invasion de son pays par l’URSS, il est devenu dans les décennies suivantes l’un des auteurs majeurs de Hollywood, qui lui a décerné à deux reprises l’Oscar du meilleur réalisateur, pour Vol au-dessus d’un nid de coucou et Amadeus. Milos Forman est mort le 13 avril à Hartford (Connecticut), des suites d’une maladie, a annoncé son épouse, Martina. Il avait 86 ans.
Milos Forman naît le 18 février 1932 à Cassave, en Tchécoslovaquie (actuelle République tchèque). Pendant la seconde guerre mondiale, son père, juif, résistant, a été tué par la Gestapo, et sa mère, protestante, a été déportée et assassinée à Auschwitz. Après la défaite de l’Allemagne nazie et l’instauration d’un régime communiste, Milos Forman suit ses études dans un établissement pour orphelins de guerre où il a pour condisciples Vaclav Havel, le futur dramaturge, dissident et président de la République, et Ivan Passer, qui sera au côté de Forman lors de l’émergence du nouveau cinéma tchécoslovaque.
Installation aux Etats-Unis
Attiré par le monde du théâtre, le jeune Forman finit par suivre les cours de la FAMU, l’école supérieure du cinéma de Prague. Avec Ivan Passer et le chef opérateur Miroslav Ondricek, il tourne un documentaire, Semafor, sur la troupe de théâtre du même nom, et sa première fiction, un court métrage, Concours. Un an plus tard, en 1964, son premier long métrage, L’As de pique, qui suit les déambulations d’un jeune homme pas très dégourdi, est primé au festival de Locarno. Présenté à Venise, son film suivant, Les Amours d’une blonde (1965), assied la réputation du cinéaste. La liberté du personnage principal,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Le président de l’Olympique lyonnais défend le modèle de son club et dénonce la concurrence faussée du PSG et de Monaco.
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Jean-Michel Aulas : « Le modèle parisien ne pourra pas persister »

Le président de l’Olympique lyonnais défend le modèle de son club et dénonce la concurrence faussée du PSG et de Monaco.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 08h24
    |

                            Etienne Labrunie








                        



   


Un autre football est possible. « Un foot business durable », promet Jean-Michel Aulas, le grand timonier de l’Olympique lyonnais (OL). Dans un entretien au Monde, le doyen des présidents de L1 (trente et un ans d’ancienneté) refait le foot, la saison et imagine l’avenir, de préférence sans le Paris-Saint-Germain version qatarie.
Comment abordez-vous ce sprint final ?
Avec beaucoup d’envie. Car, on le sait, Lyon termine très bien ses championnats en général. C’était le cas à la grande époque, avec quatre grandes remontées sur nos sept titres consécutifs. Nous venons de prendre la 3e place. Une première étape. Mais pourquoi pas plus haut ? Toutes les équipes ne sont pas à l’abri d’une mauvaise série. Monaco joue à Paris pendant que nous recevons Amiens. On peut revenir à quatre points. Tout est possible.
Une quatrième place serait un échec ?
Dans l’absolu, oui. Car notre objectif est de nous qualifier pour la Ligue des champions [C1]. On peut aussi pondérer : ce qui est un échec pour Lyon ou Paris est une réussite brillante pour Bordeaux, Saint-Etienne ou Marseille. Mais je n’imagine pas qu’on ne soit pas sur le podium.
Une qualification pour la C1 « vitale » pour l’OL, selon vos propres termes ?
Non, elle est juste nécessaire pour atteindre les sommets et combler le retard avec les grands clubs européens. Les revenus liés à la C1 sont très importants et vont encore augmenter l’année prochaine grâce aux droits télé, revus à la hausse (+ 38 %). Atteindre les quarts de finale devrait rapporter autour de 80 millions d’euros. Si on échoue, on trouvera une solution. Nous pouvons multiplier les activités dans notre stade, ou nous accorder le droit de vendre un joueur de plus. Notre équilibre n’est pas en péril. Loin de là.
Quel regard portez-vous sur cette saison contrastée ?
C’est une saison énervante, car nous avons battu les trois candidats au titre chez nous. Nous sommes allés gagner à Marseille [3-2, le 18 mars] dans un match d’anthologie ! Mais il y a aussi eu quelques trous d’air qui ont crispé tout le monde. Le foot est ainsi fait. Le bilan est globalement très positif. Les défaites contre Caen en quarts de finale de la Coupe de France et face au CSKA Moscou en huitièmes de Ligue Europa sont les plus dommageables.
Cette élimination face à Moscou est votre plus gros regret ?
Oui, car on avait beaucoup bataillé pour que l’UEFA choisisse Lyon pour la finale, avec l’idée en tête d’aller au bout. Gagner une Coupe d’Europe à Lyon, cela aurait été beau !
A quoi sont dus ces « trous d’air » ?
Avec le recul et trente années de pratique à mon poste de président animateur, je suis bien placé pour juger. Mon explication, qui est la bonne, est la jeunesse de notre effectif. Des joueurs très brillants qui se laissent déborder par leur enthousiasme. Ils ne font pas exprès. Cette jeune classe doit juste comprendre que, quand elle réussira tous ses matchs comme à Marseille, on ne sera pas loin d’être champion de France.
Cette saison a aussi été marquée par des problèmes récurrents avec les supporteurs…
Nous avons été confrontés à deux phénomènes. D’abord, l’impatience de certains supporteurs. Depuis vingt et un ans, nous sommes en Coupe d’Europe. Nos supporteurs, qui sont de plus en plus jeunes, sont dans l’ivresse de la performance. A cette impatience s’ajoutent les interdictions de déplacement souvent injustes. Parallèlement à cela, il y a un certain nombre de mouvements en France auxquels il faut faire attention. Des mouvements identitaires dont nous avons été victimes. Ils viennent manipuler, noyauter des groupes des supporteurs. Ils trouvent un terrain fertile à travers le foot et son exposition médiatique.
Aux débordements et incidents s’ajoutent les banderoles hostiles. Comment sortir de la crise ?
Le dialogue est ouvert. Je ne suis pas inquiet. C’est dans ma nature. Le début de ma carrière s’est fait sur les barricades de Mai 68, donc, les négociations, les discussions, ça me connaît. J’ai une relation suivie avec nos groupes de supporteurs. Nous avons un besoin absolu des fans pour soutenir l’équipe, mais nous avons aussi besoin des entités économiques. Il faut faire attention à l’image que l’on donne. On peut discuter, mais on ne doit pas mettre l’institution en danger.
L’institution justement. Votre modèle n’est-il pas dépassé, mis à mal par l’arrivée massive d’investisseurs étrangers ?
On peut l’analyser comme ça. Moi, je pense avoir toujours été en avance. Un visionnaire. Il y a trente ans, quand je suis arrivé, les clubs étaient des associations. Je suis allé à Bruxelles pour que nous obtenions le droit d’être des sociétés anonymes et cotées en Bourse. Aujourd’hui, nous sommes propriétaires de notre stade, notre académie est la meilleure de France et la 3e en Europe. Nous sommes cités en exemple partout dans le monde.
Alors, quel est le problème ?
Ces Etats tout-puissants, qu’ils soient qataris, émiratis ou autres, qui compromettent un équilibre fragile. Ils provoquent la dérégulation du marché, l’inflation des salaires et des transferts. A l’UEFA, il y a une vraie prise de conscience, et la mise en place de la nouvelle règle « d’équilibre compétitif » dans le cadre du fair-play financier est une vraie bonne réponse. Elle va mettre en lumière les clubs qui ont des bases de fonctionnement saines et d’autres qui ont mis en place des systèmes qui n’ont rien à voir avec le sport et le foot. C’est bien pour cela qu’à moyen terme, le modèle parisien ou celui de Manchester City ne pourront pas persister.
Le PSG pourrait être inquiété par ce « nouveau » fair-play financier ?
On verra. Il peut y avoir des surprises et des sanctions en fin de saison. L’UEFA prend la main. « L’équilibre compétitif » sera appliqué en juillet. Désormais, un club de foot doit dépenser ce qu’il génère et des limites sont fixées. La dérégulation doit être contrôlée. Et ceux qui ne respectent pas les règles, sanctionnés.
Le PSG de Neymar qui remplit les stades ne fait-il pas la promotion de la L1 partout dans le monde ?
Il ne faut pas se tromper de débat. On a un besoin d’un championnat équilibré avec trois-quatre équipes de haut niveau pour qu’il soit vendeur. Le monde professionnel est à un tournant. Car il a construit une sorte de monstre avec le PSG. Derrière, il y a le reste de la troupe qui est en train de s’autodétruire. Le budget moyen des clubs de L1 est de 65 millions quand celui de Paris est de 700 millions, même s’il le conteste. Comment est-ce possible ? Il faut passer par une forme de régulation. Sinon, le système va exploser.
Les droits télé pourraient-ils être revus à la hausse ?
Un PSG qui termine avec 25 points d’avance, ça ne fait pas la valeur des droits. Pour l’instant, ils sont de 500 millions d’euros par an. En Angleterre, c’est trois milliards ! En outre, les droits sont vendus jusqu’en 2020. A cette date, Neymar sera-t-il encore là ?
La diffusion en prime time en Chine de Nice-PSG a été un succès d’audience et la Ligue professionnelle de football vient de signer un accord avec la chaîne publique chinoise CCTV5 pour la diffusion de matchs de L1 jusqu’en 2021…
Tant mieux. Mais la Chine veut surtout acheter des Nice-Lyon, car nous avons des actionnaires minoritaires chinois. Il n’y a pas que le PSG ! Je vous assure qu’un Lyon-Marseille fera beaucoup plus d’audience en Chine qu’un PSG-Guingamp !
L’OL peut-il être champion de France l’année prochaine ?
Non, car nous ne pouvons pas encore concurrencer le PSG tant que nous ne jouons pas avec les mêmes armes. Je mets également à part Monaco, qui bénéficie d’avantages fiscaux. Par contre, nous pourrons lutter avec le Bordeaux new-look, financé par un fonds américain, et l’OM de [l’Américain Franck] McCourt. Des concurrents loyaux et forts qui jouent avec les mêmes règles que les nôtres.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Les cheminots cesseront à 7 h 55 dimanche la troisième phase de grève depuis le début du mois d’avril. La circulation des trains sera ensuite quasi normale, a annoncé la SNCF.
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SNCF : retour à la normale prévu dimanche, après deux jours de grève

Les cheminots cesseront à 7 h 55 dimanche la troisième phase de grève depuis le début du mois d’avril. La circulation des trains sera ensuite quasi normale, a annoncé la SNCF.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 14h40
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 16h19
   





                        



   


Selon la direction de la SNCF, les usagers pourront compter dimanche 15 avril sur neuf TER sur dix, deux Intercités sur trois et, en région parisienne, neuf Transilien sur dix. Le trafic sera normal à l’international.
Les cheminots cesseront à 7 h 55 dimanche la troisième phase de grève depuis le début du mois d’avril. La prochaine est prévue mercredi et jeudi. Ils protestent notamment contre l’ouverture à la concurrence et contre la suppression du statut de cheminot pour les nouveaux embauchés. Les syndicats CGT, UNSA et CFDT appellent à faire grève deux jours sur cinq. SUD-Rail a lui déposé un préavis pour une grève illimitée.

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Le taux de grévistes en baisse
Vendredi, le taux de grévistes s’établissait dans la matinée à 22,5 %, selon la SNCF. Ce taux atteignait 38 % pour les personnels indispensables à la circulation des trains, avec 66 % des conducteurs, 60 % des contrôleurs et 29 % des aiguilleurs grévistes. Des chiffres inférieurs à ceux des précédentes grèves.
Alors que le projet de loi réformant la SNCF doit être adopté mardi en première lecture à l’Assemblée nationale, l’intersyndicale CGT-UNSA-SUD-CFDT a demandé vendredi dans un communiqué « l’arrêt du processus législatif en cours » pour réformer la SNCF et « l’ouverture de négociations approfondies », appelant les cheminots à « amplifier » leur mobilisation.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Quatorze djihadistes se sont fait exploser à l’extérieur du camp, après avoir été empêchés d’y pénétrer, samedi matin. Huit soldats ont été tués.
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Egypte : attaque meurtrière d’un camp militaire dans le Sinaï

Quatorze djihadistes se sont fait exploser à l’extérieur du camp, après avoir été empêchés d’y pénétrer, samedi matin. Huit soldats ont été tués.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 14h13
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 14h27
   





                        


Quatorze djihadistes et huit soldats égyptiens ont été tués, samedi 14 avril au matin, lors de l’attaque d’un camp militaire dans la péninsule du Sinaï, a annoncé l’armée. Les terroristes se sont fait exploser à l’extérieur du camp, après avoir été empêchés d’y pénétrer.
Un peu plus tôt samedi, l’armée avait annoncé que vingt-sept djihadistes avaient été tués ces derniers jours lors d’une opération antiterroriste dans le Sinaï, où est implantée la branche égyptienne du groupe Etat islamique (EI). Dans un communiqué, l’institution a également dit que cent quatorze suspects avaient été arrêtés et qu’un camp d’entraînement avait été détruit.
Elle n’a pas fait état de pertes dans les rangs des forces de sécurité lors de ces dernières interventions, qui s’inscrivent dans le cadre d’une vaste opération antiterroriste lancée en février dans le Sinaï, où une importante insurrection djihadiste s’est développée depuis la destitution par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi, en 2013.
Depuis le début de cette opération « Sinaï 2018 », plus de cent djihadistes et au moins vingt-deux membres des forces de sécurité ont été tués. Les forces de sécurité égyptiennes soupçonnent l’EI de vouloir installer un nouveau foyer dans le Sinaï, après leurs défaites en Irak et en Syrie.

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                Poursuite des opérations de l’armée égyptienne contre des djihadistes dans le Sinaï



Prolongation de l’état d’urgence
Samedi également, le président Abdel Fattah Al-Sissi a prolongé de trois mois l’état d’urgence qui avait été décrété en avril 2017, selon un décret publié au journal officiel. Il s’agit de la quatrième prolongation de cette mesure d’exception, dont l’instauration faisait suite à des attaques d’églises coptes à Tanta et à Alexandrie (Nord), revendiquées par l’EI, qui firent quarante-cinq morts.
L’état d’urgence élargit considérablement les pouvoirs de la police en matière d’arrestation, de surveillance, et peut imposer des restrictions à la liberté de mouvement. Cette mesure existe déjà depuis plusieurs années dans le nord du Sinaï.
Le maréchal à la retraite Abdel Fattah Al-Sissi a été réélu, avec plus de 97 % des suffrages, le 28 mars, à la tête du pays, considéré comme un rempart contre le terrorisme par les pays occidentaux.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ James Comey publie le 17 avril un livre de mémoires dans lequel il égratigne sérieusement le locataire de la Maison Blanche, qui l’a limogé en mai  2017.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/04/2018
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Donald Trump, menteur au comportement « mafieux », selon l’ex-chef du FBI

James Comey publie le 17 avril un livre de mémoires dans lequel il égratigne sérieusement le locataire de la Maison Blanche, qui l’a limogé en mai  2017.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 02h14
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 10h54
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            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


James Comey contre Donald Trump : c’est un peu le combat d’Eliot Ness contre Al Capone pendant la prohibition transposé au XXIe siècle. Un combat qu’Eliot Ness aurait perdu, au moins provisoirement, puisque l’ex-patron du FBI a été limogé brutalement par Donald Trump le 9 mai 2017. C’est ce qui ressort à la lecture des mémoires (Mensonges et vérités, une loyauté à toute épreuve, Flammarion, 379 pages, 22 euros) de l’ancien chef de la police fédérale, publiés mardi 17 avril aux Etats-Unis et en France.
La presse américaine se régale du récit des rencontres du patron du FBI avec Donald Trump, mais c’est le début du livre qui éclaire le match actuel. James Comey, c’est l’homme intègre américain, face aux forces sombres qui prospèrent sur un mal, le mensonge. L’ancien patron du FBI, qui fut assistant du procureur fédéral de New York, commence son récit par sa traque des patrons de la mafia de New York dans les années 1990.
« Aspiré dans l’orbite de Trump, j’avais des flash-back qui me ramenaient au début de ma carrière, lorsque j’étais procureur et que je luttais contre la Mafia », raconte James Comey
Et le lien est immédiatement fait avec le président Trump, qui lui demanda, à peine élu, lors d’un dîner en tête à tête, de la « loyauté ». « Vous obtiendrez toujours de l’honnêteté de ma part », répondit simplement M. Comey, qui découvrit vite le système Trump à la Maison Blanche : « Aspiré dans l’orbite de Trump, j’avais des flash-back qui me ramenaient au début de ma carrière, lorsque j’étais procureur et que je luttais contre la Mafia. Le consentement par le silence, le parrain qui contrôle tout. Les serments d’allégeance. La mentalité du “eux contre nous”. Les mensonges à tous les étages au service d’un code de loyauté qui plaçait l’organisation au-dessus des lois, de la morale et de la vérité. »
Vérité, clé de voûte de la pensée de James Comey, qui estime que « le FBI est une institution consacrée à la vérité » et « pour que le système fonctionne, les citoyens doivent craindre les conséquences de leur mensonge face à la justice ». L’homme a le pedigree du parfait Américain : il fut agressé à 16 ans, pistolet sur la tempe, dans la maison de ses parents par un violeur en série ; il a une femme aimante et a subi une épreuve douloureuse avec la mort d’un nourrisson ; il s’est attaqué aux puissants – la milliardaire Martha Stewart, qui avait commis un petit délit d’initié mais avait menti –, et il a étudié en plus du droit la théologie, avant d’être appelé au ministère de la justice par l’équipe Bush en 2003.
Là, il eut à lutter contre l’usage de la torture par la CIA et à enquêter contre l’entourage du président Bush, qui avait donné à la presse le nom d’une espionne, Valerie Plame – ce qui est un crime fédéral –, pour se venger de son mari qui dénonçait les mensonges de l’équipe Bush sur des ventes d’uranium du Niger à l’lrak.
Trois face-à-face glacials
De cette expérience, M. Comey apprend que le FBI doit être indépendant du pouvoir, notamment de la Maison Blanche. C’est pour cela que son patron est nommé pour une période de dix ans. Barack Obama le lui rappela juste avant sa nomination en 2013. « Une fois que vous serez devenu directeur du FBI, nous ne pourrons plus converser ainsi », lui confia M. Obama. De fait, M. Comey ne revit seul M. Obama qu’en 2015, après que de jeunes Noirs eurent été tués par la police – l’épisode permet de vanter les capacités d’écoute de Barack Obama –, et enfin, après la défaite d’Hillary Clinton, en 2017.
Rien de tel avec Donald Trump, qui eut trois face-à-face glacials avec M. Comey. Le premier eut lieu à la Trump Tower de New York, le 6 janvier 2017, alors que les patrons des agences de renseignement américains viennent informer l’équipe entrante des interférences russes dans la campagne américaine. « Trump a écouté sans prendre la parole, mais il n’a ensuite posé qu’une seule question, plus comme une affirmation, centrée sur lui et non sur la nation : “Mais vous avez trouvé que ça n’avait pas eu d’impact sur le résultat, n’est-ce pas ?” »
Puis James Comey s’isole avec Donald Trump pour l’informer de l’allégation selon laquelle il aurait été filmé avec des prostituées s’urinant dessus lors d’un voyage à Moscou en 2013. Le livre revient à plusieurs reprises sur l’épisode de la « golden shower », sans qu’on puisse conclure quoi que ce soit sur la réalité de l’affaire, et fait une description physique peu flatteuse du président, au risque d’affaiblir le propos :« Sa veste laissait apparaître sa cravate trop longue, comme d’habitude. Son visage semblait légèrement orange… et son impressionnante tignasse blond clair, qui, inspectée de près, a l’air bien réelle. »

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La seconde visite fut celle du dîner à la Maison Blanche du 27 janvier, où M. Trump demanda de la « loyauté ». La dernière se tint dans le bureau Ovale, le 14 février. Donald Trump fait sortir son gendre, Jared Kushner, et le ministre de la justice, Jeff Sessions, pour lui parler du cas de Mike Flynn, son conseiller à la sécurité nationale qui avait dû démissionner pour avoir menti au FBI sur ses contacts avec l’ambassadeur de Russie.
« J’espère que vous laisserez tomber tout cela, que vous lâcherez Flynn. C’est quelqu’un de bien », dit Trump. « Je n’ai pas interrompu le président pour lui signaler que sa requête était inappropriée… J’ai admis que Flynn était “un type bien” », regrette James Comey. Pour savoir si Donald Trump a voulu entraver la justice – crime fédéral –, tout tient dans l’interprétation de ce « j’espère » présidentiel.
« Ça me rend malade »
Puis, le 30 mars, M. Trump lui téléphone pour lui « dire que l’enquête russe était un “nuage” qui gênait sa capacité à prendre des décisions au nom de la nation ». La sanction tombe le 9 mai, alors que M. Comey visite ses troupes à Los Angeles. Sur les télévisions s’affiche le bandeau « Comey licencié ». Dans la foulée, un procureur spécial, l’ancien patron du FBI Robert Mueller, est nommé par le ministère de la justice pour reprendre l’enquête russe.
La publication des extraits du livre dans la presse a déclenché la colère de Donald Trump. Qualifiant l’ancien patron du FBI de « menteur avéré », le président américain s’est justifié : « Ce fut mon grand honneur de limoger James Comey ! »
Dans son livre, M. Comey se justifie longuement sur l’enquête ouverte contre Hillary Clinton, pour avoir échangé des mails confidentiels via un serveur personnel alors qu’elle était secrétaire d’Etat. L’affaire fut close en juillet 2016 avant d’être rouverte, quinze jours avant le scrutin, car le FBI avait découvert l’ordinateur d’un collaborateur susceptible de contenir des mails utiles à l’enquête : « L’idée même que ma décision ait pu avoir un impact sur le résultat me donne légèrement la nausée… Ça me rend malade parce que j’ai consacré ma vie au service des institutions que j’aime précisément parce qu’elles ne jouent aucun rôle politique. »
James Comey avait décidé d’être transparent pour sauver la crédibilité du FBI. « Parler plutôt que dissimuler », ce fut son choix. Il décrit là sans doute sa plus grande faiblesse : « La réflexion qui m’atteint le plus, c’est quand on dit que je suis amoureux de ma propre rectitude, de ma propre vertu… Je crois vraiment que ma façon de faire est bien meilleure que celle des partisans menteurs qui peuplent la vie publique de nos jours. Mais cette fierté risque de m’aveugler et de me braquer face aux autres points de vue concernant ce qui est bien. »



                            


                        

                        


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Les parties de chasse luxueuses du vice-premier ministre hongrois en Suède


                      Ces chasses, illégales en Suède, étaient « offertes » par un homme d’affaires au vice-premier ministre hongrois Zsolt Semjén. Elles se retrouvent au cœur d’une affaire de corruption.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 13h55
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 17h35
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








   


Peu loquace, le président du village sami de Grans, dans la province du Västerbotten, dans le nord de la Suède, assure que lui et son fils ne cherchent pas de noises au vice-premier ministre hongrois, Zsolt Semjén. « Je pense qu’il a agi de bonne foi et qu’il ne savait pas que ce qu’il faisait était illégal », assure Tobias Jonsson. Cependant, ils veulent comprendre comment un de leurs rennes a pu se retrouver mêlé à un des nombreux scandales de corruption qui ont émaillé la campagne pour les législatives en Hongrie.
L’histoire est rocambolesque. Elle débute à la mi-mars, avec la publication dans le quotidien hongrois Magyar Nemzet d’un article sur les parties de chasse luxueuses du vice-premier ministre et leader du Parti chrétien-démocrate Zsolt Semjén, dans le nord de la Suède. Il y en aurait eu cinq, depuis 2012, chaque fois financées par l’homme d’affaire József Farkas, propriétaire de plusieurs hôtels en Hongrie.
« Largesses » du gouvernement hongrois
Des ONG du pays d’Europe centrale évoquent des pots-de-vin, destinés à remercier Zsolt Semjén, grand amateur de chasse, des largesses du gouvernement hongrois grâce auquel le businessman aurait touché au moins 11 millions d’euros de subventions européennes et de marchés publics depuis 2010. Le vice-premier ministre se défend en assurant que les voyages étaient privés – son frère vit en Suède, il était venu lui rendre visite.
Mais, dans le royaume scandinave, l’affaire intrigue. Car le pays n’a pas de rennes sauvages. Ils appartiennent aux éleveurs sami et leur chasse est strictement interdite. Par curiosité, Tobias Jonsson, éleveur, cherche sur Internet des images des virées en Suède du cacique hongrois. Il découvre un film montrant un renne hélitreuillé par un hélicoptère au-dessus d’une forêt aux couleurs automnales. Puis, une photo, datant de 2014, où le vice-premier ministre, en tenue de chasse kaki, pose à côté d’un cervidé. Enfin, un second cliché, pris deux ans plus tard. Et là, stupeur : Tobias Jonsson reconnaît, sur l’oreille de l’animal, le signe distinctif taillé au couteau par son fils Niklas. Chaque éleveur coupe les oreilles de ses bêtes d’une façon bien particulière, pour être sûr de pouvoir les identifier. Pour Tobias Jonsson, il ne fait aucun doute que le renne abattu appartient bien au troupeau de son fils.
Comment est-il arrivé là ? Qui donc a organisé la chasse ? Les images de l’hélicoptère noir ont permis de remonter jusqu’à la compagnie qui a loué l’appareil au Hongrois. Ses propriétaires assurent ne rien savoir. « Ils disent qu’ils ont des milliers de réservations tous les ans et ne peuvent pas tout contrôler », lâche, sceptique, Tobias Jonsson.
« C’est comme si j’étais un paysan et qu’on abattait ma vache. » Niklas Jonsson, éleveur de rennes suédois
Ce n’est pas la première fois que lui et son fils se font voler des animaux. Mais jamais dans ces circonstances. « C’est comme si j’étais un paysan et qu’on abattait ma vache », constate, amer, Niklas Jonsson à la télé suédoise. Il a porté plainte. La police a ouvert une enquête pour « vol », ce qui a fait bondir l’Organisation nationale des Sami suédois. Elle exige un durcissement de la loi afin que l’abattage non autorisé d’un renne soit assimilé au braconnage et puni en tant que tel. Tobias Jonsson et son épouse ont contacté Magyar Nemzet et obtenu plusieurs photos, qui ont été versées au dossier. Mais l’éleveur ne se fait guère d’illusions sur les conséquences que pourrait avoir l’affaire en Hongrie : « J’ai l’impression qu’on n’y prend pas très au sérieux les accusations de corruption », remarque-t-il.

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Ironie de l’histoire : en Hongrie, c’est justement la Suède qui, depuis 2015 et l’accueil de 160 000 réfugiés, est devenue le punching-ball favori du premier ministre Victor Orbán (dont la formation d’extrême droite a, le 8 avril, remporté les élections) et des médias contrôlés par son parti. Le royaume scandinave y est régulièrement dépeint comme un pays à feu et à sang, au point même que le ministre suédois de l’éducation, l’écolo Gustav Fridolin, a pris la peine de se rendre à Budapest, le 27 mars, pour soutenir la tête de file des Verts hongrois, Bernadett Szél, profitant de son déplacement pour nuancer l’image de la Suède.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-23"> ¤ Facebook permet de pousser les abstentionnistes à aller voter, ce qui peut peser sur les résultats d’une élection.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-24"> ¤ Si l’Amérique veut détruire le commerce multilatéral, Européens et Chinois devront faire cause commune, pour éviter cette menace, explique l’ex-directeur général de l’OMC, dans une tribune au « Monde ».
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Pascal Lamy : « Trump croit, en économie (comme ailleurs), à la loi du plus fort »

Si l’Amérique veut détruire le commerce multilatéral, Européens et Chinois devront faire cause commune, pour éviter cette menace, explique l’ex-directeur général de l’OMC, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    14.04.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 15h07
    |

Pascal Lamy (ancien directeur de l'OMC)







                        



                                


                            
[A l’occasion des 40 ans du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), des experts ont exploré différents scénarios pour la mondialisation].
Tribune. Donald Trump vient de lancer la grande offensive protectionniste antichinoise (mais pas que…) qu’il avait annoncée au cours de sa campagne électorale en 2016. Jusqu’alors, ses initiatives avaient pu paraître mesurées par rapport à ses rodomontades : sortie de l’accord transpacifique, que les Etats-Unis d’Obama n’avaient pas ratifié ; renégociation de l’accord commercial nord-américain avec le Canada et le Mexique et de l’accord bilatéral avec la Corée du Sud… Jusque-là, plus de peur que de mal.
Mais les annonces récentes sont d’une autre ampleur : une première vague sur l’acier et l’aluminium, pour quelques milliards de dollars, une seconde rafale d’annonces ciblées sur la Chine, qui s’élève à plusieurs dizaines de milliards d’échanges. Les marchés financiers ont réagi plus nerveusement.
Pourtant, si l’escalade est claire, même s’il ne s’agit, à ce stade, que d’annonces, les signaux qui les accompagnent paraissent confus, voire contradictoires, d’où une grande perplexité sur les intentions réelles du président américain et de son gouvernement.
Deux scénarios sont envisageables
On dénonce l’Organisation mondiale du commerce (OMC), « une catastrophe », tweete Donald Trump, mais on y lance un procès contre la Chine, tout en bloquant le fonctionnement de la machine contentieuse à Genève. Cherchez l’erreur ! On exhume du musée des armes de protection commerciale une législation de défense nationale pour sanctionner les Européens ou les Japonais, alliés fidèles. On voudrait qu’il y ait autant de Chevrolet à Berlin que de Mercedes à New York, comme si cette réciprocité faisait le moindre sens au XXIe siècle. On souhaite rééquilibrer la balance commerciale américaine, dont chacun sait qu’elle est en déficit structurel de long...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-25"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/04/2018
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Frappes en Syrie, bilan de Macron, expulsion de la ZAD : les infos à retenir cette semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 06h34
    |

                            Les Décodeurs








                        



   


La ZAD de Notre-Dame-des-Landes évacuée par la force
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            data-slide-description="Les gendarmes mobiles ont repoussé les zadistes à l’aide de gaz lacrymogènes."
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            data-slide-description="Un tracteur détruit le chapiteau Lama fâché, l’un des lieux emblématiques de la ZAD."
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            data-slide-description="Les zadistes forment une chaîne pour protéger la ferme des 100 Noms de la destruction."
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            data-slide-description="Parmi les projectiles de toute nature, certains zadistes avaient préparé des cocktails Molotov. Un des manifestants a été placé en garde à vue."
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            data-slide-description="Une opposante à l’expulsion."
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Si l’opération a débuté vers 3 heures du matin, les expulsions ont débuté vers 6 heures, le 9 avril, heure légale pour une telle procédure.

Vincent Vinont / AP
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Près de 2 500 gendarmes mobiles sont intervenus dès lundi matin 9 avril et jusqu’à vendredi pour procéder à l’évacuation d’une partie de la zone d’aménagement différé (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique. Celle-ci, rebaptisée « zone à défendre » par les opposants au projet d’aéroport définitivement abandonné par le gouvernement en janvier, accueillait encore de nombreux occupants.
Vingt-neuf squats ont été évacués et certains ont été démolis par les forces de l’ordre, selon Nicole Klein, la préfète de la région Pays de la Loire, sur les 97 que les autorités ont recensés. Les zadistes qui restent ont désormais jusqu’au 23 avril pour déposer des projets agricoles légaux, qui doivent être individuels et non collectifs.
Des affrontements ont éclaté entre les gendarmes et les occupants, ces derniers répondant aux projectiles et cocktails Molotov des premiers par des tirs de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes. Plusieurs dizaines de personnes ont été blessées des deux côtés.

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                Notre-Dame-des Landes : fin officielle des expulsions



La mobilisation n’est pas finie, et les forces de l’ordre restent en place, puisqu’une manifestation contre les expulsions est prévue samedi à Nantes, ainsi qu’un rassemblement dimanche dans le bocage. La préfète n’exclut pas de prononcer des interdictions en cas de violences samedi.

        Le chat :
         

          Notre-Dame-des-Landes : retrouvez les réponses à vos questions sur la situation dans la ZAD



Syrie : frappes occidentales
Après plusieurs jours de tergiversations, les Etats-Unis et leurs alliés sont entrés en action. Lors d’une allocution très solennelle, depuis la Maison Blanche, Donald Trump a annoncé vendredi 13 avril que Washington lançait des frappes contre la Syrie, en coordination avec la France et le Royaume-Uni.
« Il y a peu de temps, j’ai ordonné aux forces armées des Etats-Unis de lancer des frappes de précision contre des cibles associées aux capacités chimiques militaires du dictateur syrien Bachar Al-Assad. Une opération combinée est en cours avec la France et le Royaume Uni, nous les remercions tous les deux. »

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                Syrie : ce que l’on sait des frappes américaines, françaises et britanniques



Il s’agit d’une réponse directe à l’attaque chimique présumée menée la semaine dernière à Douma en Syrie. Ces dernières heures, la France et les Etats-Unis avaient affirmé avoir les preuves que le régime syrien était responsable de cette attaque, qui a fait des dizaines de morts.
L’opération durera « aussi longtemps qu’il le faudra », a assuré M. Trump lors de son intervention, alors que les premières explosions résonnaient à Damas. Mais, un peu plus d’une heure plus tard, le général Joe Dunford, chef d’état-major américain, a annoncé que les tirs étaient déjà terminés lors d’une conférence de presse. A son côté, le secrétaire à la défense américain, James Mattis, a souligné qu’il s’agissait de « frappes ponctuelles », d’autres actions militaires n’étant pas prévues pour l’instant.
Après un an de pouvoir, Macron fait de la pédagogie
En direct d’une école primaire d’un village de l’Orne, le chef de l’Etat a répondu aux questions du présentateur Jean-Pierre Pernaut dans le « 13 heures » de TF1, jeudi, au moment où son prédécesseur, François Hollande, publie un livre critique sur son action, et où approche le premier anniversaire de son élection.
Emmanuel Macron s’est employé durant une heure à chasser l’image de « président des riches » que lui prêtent ses opposants, cherchant à rassurer sur son action à la tête du pays, ciblant notamment les retraités, les ruraux et les classes populaires. Au passage, il a égrené quelques approximations et contrevérités.

        Les vérifications :
         

          ISF, retraités, SNCF…, les « carabistouilles » d’Emmanuel Macron sur TF1



Deux jours plus tôt, le président avait adressé un message aux catholiques de France. Invité à un dîner au collège des Bernardins, à Paris, il a assuré que le lien « abîmé » entre l’Eglise catholique et la République devait être « réparé », et que la laïcité n’avait « pas pour fonction de nier le spirituel ». Son discours, applaudi par les évêques, a en revanche soulevé de vives critiques à gauche.
Comment Total a aidé le Congo à berner le FMI

Une enquête publiée par Le Monde mardi révèle les montages offshore de la société Total destinés à aider la République du Congo à berner le Fonds monétaire international (FMI). En 2003, l’entreprise française a cédé à Brazzaville ses parts dans une concession pétrolière, et a permis au pays, via des sociétés écrans, d’emprunter de l’argent en anticipant les profits de ce champ. Or le FMI, qui a aidé le pays, lourdement endetté, interdit ce type de pratique.

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                Total, le Congo, le FMI et le « fonds vautour » : l’histoire d’un montage offshore



Ces révélations font partie de l’enquête des Paradise Papers, une plongée dans les méandres de la finance offshore réalisée en partenariat avec le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).
Facebook : Zuckerberg devant les élus américains
Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a été auditionné mardi au Sénat américain, puis le lendemain à la Chambre des représentants, sur la façon dont le réseau social a échoué à protéger des données personnelles de ses utilisateurs après le scandale Cambridge Analytica. Il s’est excusé platement, une stratégie souvent utilisée mais qui semble ne plus suffire à convaincre.

        L’analyse :
         

          Facebook : face au Congrès américain, la stratégie des excuses ne suffit plus



Et aussi
Tarnac. Dix ans après son déclenchement, l’affaire Tarnac s’est conclue jeudi par la relaxe, entre autres, de Julien Coupat et de Yildune Lévy.Universités. Une quinzaine de campus ont été bloqués ou très perturbés toute la semaine dans le cadre du mouvement contre la réforme de l’entrée dans le supérieur et contre la plateforme Parcoursup. Des évacuations par les CRS se sont produites notamment à La Sorbonne jeudi.Crash. Un avion militaire algérien s’est écrasé peu après son décollage, mercredi, près d’Alger, faisant 257 morts, majoritairement des militaires et des membres de leur famille.Magnanville. Six personnes ont été interpellées lundi puis relâchées, dans le cadre de l’enquête sur le double meurtre d’un couple de fonctionnaires en juin 2016.Arabie saoudite. En visite dans l’Hexagone, le prince héritier Mohammed Ben Salman a été visé par une plainte, à Paris, pour complicité d’actes de torture au Yémen.Economie. L’intersyndicale d’Air France a accepté une négociation avec la direction.Radio France. Sibyle Veil a été nommée jeudi présidente de Radio France en remplacement de Mathieu Gallet.Djihadisme. Quatre hommes ont été condamnés à des peines allant jusqu’à sept ans d’emprisonnement et un cinquième a été relaxé, à l’issue du procès de la « filière de Lunel » (Hérault).Johnny Hallyday. La justice a ordonné le gel des biens du chanteur mais elle a refusé le droit de regard à ses enfants, David et Laura, sur son album posthume.
Disparitions
Morris Halle. Proche de l’intellectuel américain Noam Chomsky, le linguiste est mort à l’âge de 94 ans à Cambridge (Massachusetts), le 2 avril.Nathan Davis. Le musicien, compositeur et professeur de jazz américain est décédé à l’âge de 81 ans, à Palm Beach (Floride) le 10 avril.F’murr. Le scénariste et dessinateur Richard Peyzaret, alias F’murr, s’est éteint le 10 avril à l’âge de 72 ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-26"> ¤ Les réalisateurs Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval signent un documentaire rare et précieux sur la « jungle ».
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« L’Héroïque Lande » : à Calais, la fin d’un monde

Les réalisateurs Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval signent un documentaire rare et précieux sur la « jungle ».



Le Monde
 |    11.04.2018 à 07h35
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 15h24
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Dès 2006, le réalisateur Nicolas Klotz, en col­laboration avec Elisabeth Perceval, mettait sur le devant de la scène cinéma­tographique française la question des réfugiés et de la politique d’accueil les concernant. Le film s’intitulait La Blessure. C’était, entre l’accueil brutal à Roissy et la vie d’un squat à Paris, une fiction documentée pleine de beauté insolente et de rage poétique, qui s’in­surgeait contre la manière particulièrement violente et cynique dont on traitait, dans notre pays, la personne humaine.
Douze ans plus tard, on reconnaîtra sans mal le style enlevé, l’ambition lyrique et la position morale des coréalisateurs dans L’Héroïque Lande. La frontière brûle, nouveau film sur le sujet, passé cette fois-ci avec armes et bagages du côté documentaire, sans abandonner pour autant le souci esthétique ni les amorces de fiction.
On se trouve ici dans la « jungle » calaisienne, où douze mille réfugiés dans l’attente d’une improbable délivrance sont confinés à l’hiver 2016. Le film, tourné de janvier 2016 à février 2017, semble ­remonter des entrailles d’une ville-monde grouillante de vie, et en même temps portant avec elle très fortement les possibilités de son effacement (qui adviendra). Tentes de fortune, humanité en veille constante, boutiques précaires, tendresse des babioles et des loupiotes, froid qui mord, braseros dans la nuit, boulanger à demeure, troc de puces de téléphone, installations de bric et de broc, réchauds portatifs, tout un chez-soi bricolé les pieds dans la boue…
Une histoire souvent terrifiante
Parmi des foules indistinctes et mouvantes, des personnages reviennent. Le film est suffisamment long, suffisamment posé, pour qu’on les identifie. Ils se nomment Yared, Zeid, Dawitt, Almaz. Ils prennent l’apparence, par exemple, d’une jeune fille qui n’aime rien tant qu’à taquiner son amant et rêver d’un avenir commun plus apaisé. Ils viennent de Syrie, d’Afghanistan, d’Ethiopie, d’Erythrée. Ils parlent, par bribes, de leur histoire, souvent terrifiante, du désespoir infini qui, sournoisement, les saisit.
Ils n’en possèdent pas moins la lueur de leur jeunesse, cette légèreté en dépit de tout, cet espoir en dépit du pire, qui brûle au fond des yeux. Qu’il en faille si peu, de ces yeux, de ces visages, pour nous rappeler à notre fraternité avec eux rend, par contraste, démentielles les raisons qui cherchent à nous la faire oublier.
Yared, Zeid, Dawitt, Almaz… n’en possèdent pas moins la lueur de leur jeunesse, cette légèreté en dépit de tout, cet espoir en dépit du pire, qui brûle au fond des yeux
C’est auprès d’eux que le film se réalise, au plus près, dans ce paysage exclusif qui est le leur, circonscrit par les barbelés, creusé par la nuit, interminable comme la lande, fermé plutôt qu’ouvert sur l’horizon béant. Des policiers passent, inutilement provocateurs et agressifs devant le grand malheur du monde, dispensateurs de honte. Des bateaux et des ferries passent au loin, inaccessibles, tels de grands rêves de fer qui glissent silencieusement et s’abîment dans la brume. Pendant ce temps, la « jungle » se réduit comme peau de chagrin : première destruction de la zone sud au printemps 2016, évacuation totale à l’automne.
Il en restera donc ce film, en ceci rare et précieux, d’ailleurs plus atmosphérique qu’informatif, plus sensible aux êtres, au cadrage, aux sons, aux éléments, au paysage qu’à la tenue d’une chronique ­digne de ce nom. Son propos, d’évidence, fut d’accompagner, de conférer une tenue, de mettre un peu de beauté dans ce désordre, de rendre ceux-là que nous ne voyons pas à leur humanité, c’est-à-dire à notre condition ­commune. La musique – Rihanna (Diamonds), Christophe (Dangereuse), Brahms (Concerto pour piano n° 2), Leonard Cohen (Stanger Song) – y aide beaucoup. L’Héroïque Lande nous fait ainsi entrer à pas de loup dans ces temps futurs qui ont déjà commencé, dans cette ère où il faudra, décidément, choisir de vivre ou de mourir ensemble sur cette lande qu’on appelle la terre, et qu’il dépend encore un peu de nous qu’elle nous nourrisse ou qu’elle nous vomisse.
Exister ou disparaître, telle est l’unique dramaturgie de ce film, telle est l’unique question qu’il nous pose. La « jungle » a été rasée. Un homme seul, silhouette gracieuse, danse sur le rivage. Derrière lui, un bateau, le dernier peut-être, traverse l’écran. Tout est calme, tout est pâle. Leonard chante. Une brume blanche estompe la frontière entre terre et mer, dévore le paysage. Nous sommes à la fin du monde. A moins que ce ne soit le début d’un autre.

Documentaire français de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval (3 h 45). Sur le Web : www.shellac-altern.org/films/437



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-27"> ¤ Après une première carrière parfois intense, des sportifs et artistes optent pour une formation continue diplômante qui leur permet de rebondir, se stabiliser ou même changer de voie.
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Sportifs et artistes : le défi d’une deuxième carrière

Après une première carrière parfois intense, des sportifs et artistes optent pour une formation continue diplômante qui leur permet de rebondir, se stabiliser ou même changer de voie.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 10h45
    |

                            Agathe Charnet








                        



   


Contrairement à ce que dit l’adage populaire, il est possible de courir plusieurs lièvres à la fois. De talonner le sprinteur américain Usain Bolt sur la piste de sprint et de rendre, à l’heure, des devoirs universitaires.
Tel est le défi que s’est lancé Christophe Lemaitre, double médaillé olympique et étudiant au sein du diplôme universitaire (DU) « gestion de carrière du sportif de haut niveau » à ­l’université Savoie-Mont-Blanc (USMB). Chaque matin, le jeune homme de 27 ans suit ce cursus en formation continue avant de rejoindre le stade d’Aix-les-Bains (Rhône-Alpes).
« En tant que sportif, je dois répondre à beaucoup d’autres obligations, de l’entraînement aux sollicitations médiatiques, explique-t-il. Le DU s’adapte parfaitement à ces impératifs. Tout est ensuite une question ­d’organisation. »
Si Christophe Lemaitre prépare activement les Jeux olympiques de Tokyo, en 2020, il est aussi conscient que sa carrière d’athlète prendra fin dans quelques années, lorsque son corps sera allé au bout de son extrême endurance. « Le DU me donne des pistes pour l’après, assure-t-il. Je suis très intéressé par le “community management”, par exemple. Par la façon de montrer le quotidien d’un sportif de haut niveau sur les réseaux sociaux. »
Des reconversions qui ont du sens
La formation continue peut ainsi constituer un rebond salutaire pour des profils atypiques de ­passionnés qui se consacrent des années durant à des carrières intenses. Roberto Pani a dansé en France pendant près de trente ans. Tour à tour interprète, répétiteur et assistant chorégraphe, cet Italien de 57 ans a repris le chemin de l’école pour donner une nouvelle impulsion à sa vie professionnelle.
Après être passé par une procédure de validation des acquis professionnels (VAP), afin de faire ­valoir son parcours auprès de ­l’université, il est désormais inscrit en formation continue en deuxième année de master de « création artistique : danse thérapie » à l’université Paris-Descartes, où il apprend à utiliser la danse et l’expression artistique comme outils thérapeutiques.
« Cette reconversion a du sens pour moi, affirme-t-il. C’est une manière de trouver une continuité. J’ai beaucoup de connaissances en danse à transmettre et j’ai envie d’aider les gens et leur permettre de s’exprimer. »
« Mes études en art-thérapie m’ont permis d’assumer financièrement mon quotidien et de faire un métier qui me passionne. »
Sportifs et artistes se tournent aussi vers la formation continue diplômante pour trouver davantage de stabilité. C’est le cas de Catherine ­Stoessel, artiste-peintre, qui s’est formée en « art-thérapie » à Paris-Descartes. « C’est très compliqué d’être artiste et d’en vivre pleinement, explique cette ancienne diplômée des Beaux-Arts de Paris. Mes études en art-thérapie m’ont permis d’assumer financièrement mon quotidien et de faire un métier qui me passionne. »
Après avoir soutenu une thèse dans cette discipline en novembre 2017, ­Catherine Stoessel pratique aujourd’hui dans des structures hospitalières et pénitentiaires, tout en continuant à peindre et à créer. « Cette autre approche de la création nourrit aussi mon travail en tant qu’artiste », affirme-t-elle.
Virus de l’entrepreneuriat
Mais la reprise des études peut également être l’occasion d’un changement total d’orientation pour ces étudiants singuliers. En arrivant à Paris, Joseph Greiner, roi des nuits new-yorkaises, ne pensait pas se retrouver deux années plus tard à la tête de Woojo, une start-up développant une application mobile de rencontres. Ce DJ américain s’était inscrit en formation continue au sein du MBA ­ « digital marketing strategy » de l’Ecole de management Leonard-de-Vinci, à Paris, dans l’objectif de s’installer en Europe et d’élargir son réseau.
« J’ai été pris par le virus de l’entrepreneuriat, s’amuse ­Joseph Greiner. Le MBA m’a permis de développer cet aspect de ma personnalité et d’y aller à fond… mais je continue tout de même de mixer à Paris le week-end ! »

Découvrez notre dossier spécial formation continue diplômante
Le Monde publie, dans son édition datée du jeudi 12 avril, un supplément dédié à la formation continue dipômante. Car le projet de loi « avenir professionnel », qui sera présenté le 27 avril en conseil des ministres, impose une nouvelle philosophie, celle de salariés en mouvement « tout au long de leur vie », pour qui les diplômes et certifications seront une garantie d’emploi.
Les différents articles du supplément seront progressivement mis en ligne sur Le Monde.fr Campus, rubrique Formation des cadres et Le Monde.fr Economie, rubrique Emploi/Formation.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-28"> ¤ L’électricien est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Digne-les-Bains pour homicide involontaire en 2011 d’un plongeur de la gendarmerie dans un canal que le groupe exploitait.
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EDF renvoyé devant la justice pour « homicide involontaire » d’un gendarme en Provence

L’électricien est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Digne-les-Bains pour homicide involontaire en 2011 d’un plongeur de la gendarmerie dans un canal que le groupe exploitait.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 14h14
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 14h18
   





                        



   


Le 1er septembre 2011, deux gendarmes de la brigade mixte côtière et fluviale (BMCF) de Martigues avaient plongé dans le canal de la Durance, aux Mées (Alpes-de-Haute-Provence), à 12 mètres de profondeur, pour retrouver une arme de poing découverte deux jours plus tôt par un autre plongeur dans une mission d’entretien.
Un responsable d’EDF présent sur les lieux avait autorisé la plongée. L’usine EDF d’Oraison, située en aval, était à l’arrêt, mais le maréchal des logis-chef Khaled Bentabet avait disparu, sans doute aspiré dans le tunnel sous-marin long de 2,7 km et large d’une dizaine de mètres se trouvant à proximité immédiate des lieux de la plongée.
Six jours plus tard, son corps avait été retrouvé de l’autre côté du tunnel, à plus de 3 km.
De « multiples négligences » selon l’accusation
L’enquête préliminaire ouverte sur cette mort avait été classée sans suite, mais la veuve du militaire avait porté plainte en août 2014.
Le 5 avril, la juge d’instruction Véronique Guetat a décidé de renvoyer en correctionnelle le groupe EDF en tant que personne morale, suivant en cela les réquisitions du parquet, a-t-on appris de source judiciaire.
« Les investigations que nous avions réclamées au juge d’instruction et des experts judiciaires, qui ont accompli un travail remarquable, ont fini par établir la vérité de négligences multiples et particulièrement graves », assure Emmanuel Molina, l’avocat marseillais de la famille de la victime. « Il appartient désormais à la justice d’apprécier les fautes imputées à EDF », ajoute-t-il.
EDF n’a pas souhaité faire de commentaires, disant par la voix de son avocat Christophe Bass qu’elle réservait ses observations pour la justice.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-29"> ¤ Liberty Media inaugure à Shanghaï le premier des quatre « F1 Festival » prévus cette saison. Dans l’objectif de capter un nouveau public, la Chine n’est pas un hasard.
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Formule 1 : Shanghaï fait son festival

Liberty Media inaugure à Shanghaï le premier des quatre « F1 Festival » prévus cette saison. Dans l’objectif de capter un nouveau public, la Chine n’est pas un hasard.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 12h43
    |

            Catherine Pacary








                        



   


La F1 fait son show comme la couleuvre d’Asie fait sa mue : au printemps. Après une première année d’observation et de séduction passée à la tête de la formule 1 mondiale, Liberty Media passe à l’action lors du Grand Prix de Chine, 3e étape du championnat, en inaugurant le premier festival de la F1, du 15 au 18 avril à Shanghaï. Une entrée en matière en douceur et en musique, qui ne constitue que la partie émergée d’un projet global de restructuration et de reconquête, exposé la semaine dernière à Bahreïn aux patrons d’écurie, et dont la mise en œuvre s’étale jusqu’en 2020.
Faire à terme de chaque Grand Prix un show d’une semaine incluant des parades, des animations, sur le circuit mais aussi alentours. C’est une des idées maîtresses de Chase Carey, patron de la F1 mondiale, pour séduire de nouveaux spectateurs. Et cela tombe bien, l’événementiel, Liberty Media sait faire, comme le prouve le programme du week-end — jeudi 12 avril, les pilotes se sont déjà pliés aux séances de dédicaces et de selfies dans les paddocks.
Tout commence vraiment vendredi, par la cérémonie d’ouverture VIP, en présence de deux héros charismatiques et intergénérationnels de la F1, Nico Rosberg, champion Mercedes 2016, et Sir Jackie Stewart, triple champion (1969, 1971 et 1973) et ambassadeur Heineken — depuis 2016 et l’accord de naming signé entre le brasseur et le grand argentier de la F1 d’alors, Bernie Ecclestone, la course de dimanche se nomme légalement le Heineken Grand Prix de Chine.

   


Axel la mascotte
Alors que les essais et qualifications se courent samedi, manifestations, démonstrations et concerts s’enchaînent jusqu’à dimanche soir avec des artistes suffisamment éclectiques pour plaire à un public large, du DJ néerlandais Armin Van Buuren à la chanteuse taïwanaise Angela Chang. Le tout dans un temple du commerce de Shanghaï, le Centre Jing’An Kerry.
« Nous prenons en charge le lieu entier. La route sera bloquée, nous avons une grande scène avec beaucoup de concerts et d’événements », disait Alexandre Molina, responsable des événements autour de la F1, jeudi. Mais si l’objectif est bien d’attirer un nouveau public vers la F1, il ne faut pas lui faire peur, d’où la précision de M. Molina. « Nous voulons vraiment que les gens puissent vivre l’expérience de la formule 1, mais peut-être à un niveau plus faible que ce qu’ils vivraient en piste dans la Fan Zone. » 
Selon la même logique, un espace réservé à l’e-sport permet de s’amuser sur des simulateurs pendant que la course est retransmise sur des écrans géants à plusieurs endroits de la mégapole chinoise. Les communicants ont même pensé aux plus petits, puisque le Grand Prix de Chine « verra les débuts d’Axel, la mascotte de la F1 », dit le communiqué.
Shanghaï, tout sauf un hasard
Pionnière de cette stratégie, Shanghaï n’a pas été prise par hasard. « Donnez-nous un pilote chinois et l’audience de la formule 1 va exploser ! », disait un patron d’écurie lors des essais hivernaux de février à Barcelone. Avec 1,4 milliard d’habitants, des régions centrales où seuls 35 Chinois sur 100 possèdent une voiture, le potentiel automobile, et donc sportif, est immense. L’Association chinoise des constructeurs automobiles (CAAM) anticipe ainsi une croissance des ventes de 4 % en 2018. Même si les constructeurs locaux atteignent plus de 40 % des ventes nationales, et si le 5e constructeur national prédit la disparition des voitures à essence d’ici à 2030, la Chine reste prometteuse.
Comme une confirmation, les promoteurs de la formule 1 ont révélé vendredi 15 avril avoir conclu un partenariat avec le géant chinois de l’Internet Tencent — valorisé à plus de 500 milliards de dollars —, en attendant la plate-forme F1 TV, dont la mise en service prévue en mars a été reportée en mai. Tencent va donc renforcer la diffusion des courses sur l’ensemble des supports numériques en Chine, « un pays clé pour la croissance à long terme des fans de [F1] », dit le communiqué. « Ce partenariat permettra aux fans chinois de suivre les courses en direct sur PC, (...) plates-formes mobiles, plates-formes de médias sociaux comme WeChat, et les plates-formes OTT [de diffusion directe par Internet sans box d’opérateur]. »

La plus grande communauté en ligne
Si la conquête d’un public jeune passe à coup sûr par le Web, un chiffre traduit l’importance du marché chinois : WeChat, la messagerie multifonction de Tencent, compte plus de un milliard de comptes d’utilisateur, soit la plus grande communauté en ligne au niveau mondial, selon son président et fondateur, Pony Ma. « En plus des Grands Prix, les plates-formes de Tencent offriront une combinaison de flux vidéo et de données », détaille le communiqué.
Pour ne pas délaisser les fans chinois moins jeunes, deux accords ont également été signés par la formule 1 avec Guangdong TV et Shanghaï TV, après ceux mis en place en mars avec le réseau principal de la télévision publique chinoise, CCTV.

        Lire aussi :
         

                F1 : Ferrari entre rires et pleurs




   


Avant Marseille, Berlin, Miami
Après Shanghaï, trois « F1 Festival » sont prévus cette saison, à Marseille, la semaine du Grand Prix de France au Castellet du 24 juin, à Berlin, avant la course de juillet, et à Miami, en prélude du Grand Prix des USA d’octobre.
Les à-côtés ne doivent pas faire oublier l’essentiel du spectacle : la course, les pilotes, le circuit. Vendredi, le champion en titre Lewis Hamilton (Mercedes), vainqueur de cinq Grand Prix à Shanghaï — un record —, s’est révélé le plus rapide devant Sebastian Vettel, le pilote Ferrari actuellement en tête du championnat. Tous deux rivalisent cette saison pour un 5e titre mondial. Côté français, tous les regards se tournent vers Pierre Gasly (Toro Rosso) arrivé 4e le 8 avril à Bahreïn, mais aussi vers Esteban Ocon, qui n’a pas lâché un millième de seconde pour arracher le point de la 10e place, et Romain Grosjean (Haas). En attendant un pilote chinois.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-30"> ¤ Les rumeurs enflaient depuis plusieurs jours sur l’état de santé du maréchal, âgé de 75 ans, qui contrôle l’est de la Libye.
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Le maréchal Haftar, homme fort de la Libye, hospitalisé à Paris

Les rumeurs enflaient depuis plusieurs jours sur l’état de santé du maréchal, âgé de 75 ans, qui contrôle l’est de la Libye.



Le Monde
 |    14.04.2018 à 04h28
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 04h40
   





                        



   


L’homme fort de l’est de la Libye, le maréchal Khalifa Haftar, reçoit actuellement des soins dans un hôpital à Paris, a indiqué son porte-parole dans la nuit de vendredi à samedi, confirmant des informations de presse.
« Au cours d’un programme de visites prévues dans plusieurs pays, le maréchal Haftar s’est senti malade et s’est rendu à un hôpital à Paris pour des examens médicaux normaux », a indiqué le porte-parole, Ahmed Al-Mesmari, sans autre précision sur l’état de santé du maréchal ou sa date d’admission.
Le maréchal Haftar, 75 ans, « sera de retour en Libye dans quelques jours pour poursuivre la lutte contre le terrorisme », a-t-il ajouté sur son compte Twitter.
Des informations contradictoires circulent depuis le début de la semaine sur l’état de santé du maréchal Haftar qui aurait subi une attaque cérébrale ou cardiaque, selon des médias libyens.
Incertitudes et rumeurs sur son état de santé
Le maréchal n’a fait aucune apparition publique cette semaine et aucune photo de lui n’a été publiée, nourrissant les rumeurs qui ont inondé les réseaux sociaux.
Des médias libyens et étrangers ont même annoncé vendredi la mort du maréchal, malgré les démentis répétés de son porte-parole et de ses proches.

        Lire aussi :
         

                La Libye, banc d’essai de la diplomatie Macron



La Libye fait face à une crise politique sans précédent doublée d’une insécurité chronique. Deux autorités s’y disputent le pouvoir : d’un côté, le gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli, et de l’autre, une autorité exerçant son pouvoir dans l’est du pays avec le soutien du maréchal Haftar.
Chef de l’Armée nationale libyenne (ANL, autoproclamée) et bête noire des islamistes en Libye, le maréchal Haftar est accusé par ses rivaux de vouloir instaurer une nouvelle dictature militaire en Libye.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-31"> ¤ Marqué par Chéreau, le metteur en scène présente, à partir du 14 avril, « L’Eveil du printemps », de Wedekind, à la Comédie-Française.
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/04/2018
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Théâtre : Clément Hervieu-Léger, l’héritier affranchi

Marqué par Chéreau, le metteur en scène présente, à partir du 14 avril, « L’Eveil du printemps », de Wedekind, à la Comédie-Française.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
14.04.2018 à 16h52
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                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

Un visage, un corps, un regard, des mots. Eléments d’un portrait. Le visage, chez Clément Hervieu-Léger, est à la fois masculin et féminin. Le corps, gracieux, plus athlétique qu’il n’y paraît. Le regard, brûlant et clair. Les mots, précis et fiévreux, viennent à la fois de la tête et du cœur.
A 40 ans et toujours un air d’enfance accroché comme une ombre, il s’est taillé un joli chemin à la Comédie-Française, où il est entré en 2005 comme pensionnaire. Rapidement, il signe des spectacles remarqués et devient sociétaire le 1er janvier.
Aujourd’hui, il fait entrer dans la vénérable maison un invité sulfureux, qui jusque-là n’avait pas eu droit à cet honneur : l’Allemand Frank Wedekind (1864-1918), son monde de désirs incandescents et réprimés, et cette pièce magnifique qu’est L’Eveil du printemps. Ce classique de la modernité va bien à Clément Hervieu-Léger, qui semble toujours tenir l’équilibre entre deux pôles. Il ne se destinait pas au théâtre, lui le fils de deux sociologues, Bertrand Hervieu, spécialiste du monde agricole, et Danièle Hervieu-Léger, labourant le champ religieux et spécifiquement celui du catholicisme, et dont la voix, forte et précise, s’est plusieurs fois exprimée, dans les colonnes du Monde notamment, pour démonter les approximations anthropologiques des adversaires du mariage pour tous.
« Bon élève »
« Je me voyais plutôt faire Sciences Po ou l’ENA et devenir fonctionnaire : la notion de service public m’a été inculquée de naissance, et m’a toujours importé, note-t-il. Mais l’univers de la scène n’a jamais été loin : ma grand-mère, professeure de lettres et passionnée de théâtre, m’y a beaucoup emmené, ma mère a fait l’école du Théâtre national populaire (TNP) en même temps que Sciences Po, et j’ai fait de la danse classique dès l’âge de 6 ans. » Le théâtre l’a attrapé à peine son bac en poche. Le « bon élève » n’a même pas eu le temps de suivre une formation...




                        

                        

