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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ L’ancien directeur de la Tate Modern de Londres, dont la nomination avait fait polémique, jette l’éponge.
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Chris Dercon quitte la Volksbühne de Berlin

L’ancien directeur de la Tate Modern de Londres, dont la nomination avait fait polémique, jette l’éponge.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 18h34
    |

            Brigitte Salino








                        



                                


                            

Annoncée vendredi 13 avril au matin, la nouvelle fait grand bruit dans les milieux de la culture berlinois, mais elle ne surprend pas : Chris Dercon démissionne de son poste de directeur de la Volksbühne, sans même attendre la fin de la première saison qu’il avait mise en place. Le communiqué qui annonce son départ ne tourne pas autour du pot. Il indique que les deux parties – Klaus Lederer, le ministre de la culture du Land de Berlin, et Chris Dercon lui-même – conviennent que « la Volksbhüne a besoin d’un nouveau départ », les projets de Chris Dercon n’ayant pas donné les résultats espérés.

Ces projets s’annonçaient comme une révolution dans ­l’histoire de la Volksbühne. Située dans l’ex-Berlin-Est, cette scène historique édifiée au début du XXe siècle était un fleuron du théâtre d’art. Frank Castorf, le prédécesseur de Chris Dercon, s’inscrivait dans la tradition. Nommé en 1992, ce metteur en scène de ­génie qui a su accompagner les années de la réunification, est resté en poste jusqu’en 2017. Chris Dercon ne lui a pas succédé dans un contexte favorable.

Violemment attaqué
Dès l’annonce de sa venue à ­Berlin, deux ans avant de prendre son poste, le Flamand a été violemment attaqué, au motif qu’il n’avait jamais dirigé de théâtre. Né en 1958, historien de l’art, Chris Dercon avait jusqu’alors mené une belle carrière à la di­rection de musées en Europe, dont la Haus der Kunst (Maison de l’art), à Munich, de 2003 à 2011, puis la très prestigieuse Tate Modern de Londres. Chris Dercon n’a pas su désarmer les milieux de la culture et la gauche berlinoise, malgré l’opération de charme à ­laquelle il s’est livré en annonçant son projet : ouverture à toutes les disciplines artistiques, renforcement de la dimension interna­tionale de la programmation, et rattachement à la Volksbühne du hall 5 de l’aéroport désaffecté de Tempelhof, au sud de Berlin, pour y présenter des spectacles.

Ce projet a été contesté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Notre choix du soir. Pablo Larrain évoque le stupéfiant sens de la mise en scène de la « First Lady » sur un mode délicat et aérien (sur Canal+ Cinéma à 20 h 50).
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TV – « Jackie » Kennedy ou l’art de la représentation

Notre choix du soir. Pablo Larrain évoque le stupéfiant sens de la mise en scène de la « First Lady » sur un mode délicat et aérien (sur Canal+ Cinéma à 20 h 50).



Le Monde
 |    13.04.2018 à 17h45
    |

            Jacques Mandelbaum








                        


Film sur Canal+ Cinéma à 20 h 50

Jackie a l’art de substituer des ­semelles de vent au plomb du biopic intégral et illustratif. Sa formule tient dans une réduction tous azimuts. Moment historique précis et aigu : une semaine après l’assassinat de JFK. Instance narrative circonstanciée : Jackie reçoit, sur la terrasse de la maison de vacances des Kennedy, un journaliste pour sa première interview dans le magazine Life. Focalisation extrême sur l’héroïne : Natalie Portman, en mode mimétique absolu, est de tous les plans. A partir de ce noyau dur, le film rayonne librement dans le temps et l’espace, cultive la fragmentation narrative, mélange avec une intelligence souveraine reconstitution et archives, s’emploie dans un 16 millimètres chromatiquement explosif, et sur une composition funèbre magnifiquement dissonante de Mica Levi, à reproduire les chromos d’époque pour mieux les retourner.
Ce déploiement formel, d’une intense délicatesse, raconte une histoire à certains égards aussi froide que la mort : à savoir, jusque dans son affliction, le stupéfiant sens de la mise en scène de Jackie Kennedy, veuve éplorée qui va se battre sur tous les fronts pour commencer à écrire comme elle l’entend la légende du défunt président. C’est sa confrontation au rasoir avec le journaliste politique Theodore H. White, chargé de consigner ce tout premier témoignage pour Life.
Président Lincoln et roi Arthur
C’est son introduction dans cet entretien du motif de Camelot, qui compare le mandat de JFK au règne du roi Arthur dans ce séjour légendaire et édénique. C’est enfin sa lutte avec le service de sécurité présidentiel pour obtenir des funérailles à pied et à cheval, dans un décorum délibérément emprunté aux obsèques et à la légende d’un autre président que son assassinat a contribué à sanctifier : Abraham Lincoln.
Deux mythes, dont l’idéalisme serait le point commun, se superposent ici. Celui, proprement américain et démocratique du président Lincoln. Et celui, ­anglais et monarchique, du roi Arthur. Cette collusion résume peut-être mieux que tout la personne qu’était Jackie Kennedy, qui avait compris très tôt et mieux que personne que la politique, est aussi, et peut-être surtout, une affaire de symbole et de design. En témoignent sa prise en charge immédiate de la décoration de la Maison Blanche qu’elle dit vouloir « partager avec les Américains », sa visite télévisée des appartements privés du bâtiment dans une émission de CBS du 14 février 1962 qui casse la baraque, le soin maniaque qu’elle porte à sa propre image, sa volonté enfin de transférer publiquement le corps des deux enfants morts du couple dans le tombeau présidentiel et familial d’Arlington.

   


Il y a là, entre émotion et calcul, tragédie et comédie, une manière d’inscrire le président John Kennedy et sa famille dans une perspective idéalisée qui ne correspond évidemment pas à ce que fut la réalité politique et familiale des Kennedy. Même la référence à la légende arthurienne, en dépit de son marquage royal, puise en vérité dans le show-business, puisqu’elle est motivée par l’amour que le couple Kennedy aurait porté à la comédie musicale Camelot (écrite par Alan Jay Lerner et Frederick Loewe), qui triompha à Broadway de 1960 à 1963.
Prenant le ­risque d’être considéré pour le meilleur comme une hagiographie, pour le pire comme un exercice formaliste, Jackie est infiniment mieux que cela : un film réflexif qui montre que le style est une affaire politique.
Jackie, de Pablo Larrain. Avec Natalie Portman, Peter Sarsgaard, Billy Crudup, Greta Gerwig (EU, 2017, 1 h 40).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ A voir aussi ce soir. Retraçant le parcours d’Amélie Hélie, ce documentaire nous plonge dans le Paris miséreux de la fin du XIXe et du début du XXe siècle (sur Histoire à 20 h 40).
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TV – « Casque d’Or, la vraie »

A voir aussi ce soir. Retraçant le parcours d’Amélie Hélie, ce documentaire nous plonge dans le Paris miséreux de la fin du XIXe et du début du XXe siècle (sur Histoire à 20 h 40).



Le Monde
 |    13.04.2018 à 17h30
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Histoire à 20 h 40

Dans l’imaginaire collectif, Casque d’or a les traits troublants de Simone Signoret. En 1952, l’actrice incarne, aux côtés notamment de Serge Reggiani, Claude Dauphin et Raymond Bussières, une prostituée de la soi-disante Belle Epoque, devenue célèbre à la suite d’un fait divers sanglant. Dans la réalité, Amélie Hélie alias « Casque d’or » avait, si l’on en juge les photographies d’alors, les traits moins agréables que la jeune Signoret. Et son parcours fut moins confortable que celui mythifié par Jacques Becker à l’écran.
Ce documentaire riche de formidables archives sonores, de dessins animés, d’extraits de films des années 1920 et 1930, de croquis, de coupures de presse et de nombreux extraits de lettres signées d’Amélie Hélie, retrace la vraie vie de « Casque d’or ». Et, à travers elle, il permet de plonger avec plaisir dans un Paris inquiétant : celui miséreux de la fin du XIXe et du début du XXe siècle qui, des Boulevards aux fortifs, de Charonne à Belleville, voit se mêler prostituées, voyous armés, enfants en haillons et flics sans pitié.
Côté Est de Paris, des mineures couchent dès l’âge de 12 ans pour quelques sous et l’on tue pour un rien. Quartier insalubre dans lequel un enfant de 10 ans a sept fois moins de chance de rester en vie qu’un gamin des beaux quartiers, le 11e arrondissement fournit le contingent le plus important de prostituées parisiennes : une sur dix vient de ce coin de la capitale.

   


La seule chance pour Amélie de survivre à la misère ? Vendre ses charmes. « Ma bouche est sensuelle, elle connaît les chatteries savantes ! » écrit-elle. Au Moulin de la Galette, entre une polka et une java, la toute jeune fille rencontre son « petit matelot ». Elle le quitte à 14 ans et demi pour suivre La Belle Hélène qui va lui faire découvrir tous les bals à la mode des bas-fonds. C’est dans un établissement peu recommandable de la rue de la Roquette qu’elle rencontre Bouchon, alias François Leca. Bon amant, ce séduisant vaurien de Charonne, la protège contre les clients déséquilibrés et les flics. En échange, elle lui donne une partie de l’argent de ses clients bourgeois. « J’en ai vu de toutes les couleurs sur le ruban ! J’en ai rencontré des brutes, des malades, des farceurs…. »
Lorsque Bouchon devient violent, elle s’enfuit. Dans un autre quartier, Amélie est abordée par un joli garçon de 20 ans, Joseph Manda (interprété par Reggiani dans le film de Becker). Ce sera l’autre amour de sa vie. Mais avec le temps, Manda devient chef de bande et la délaisse. Et, voilà que Leca revient dans la danse. La fin de l’histoire ? Une haine féroce entre les deux voyous chers au cœur de « Casque d’or », une attaque meurtrière en plein Paris qui, en janvier 1902, fait la « une » d’une presse déchaînée. Leca et Manda sont condamnés au bagne.
Devenue célèbre, Amélie Hélie sert de modèle pour un peintre, le journaliste Henri Frémont écrit Mes jours et mes nuits, mémoires de Casque d’Or. Mais la bonne société est scandalisée et le préfet de police Lépine va mettre un terme à cette notoriété. « Casque d’or » retrouve le bordel, avant de terminer sa vie comme marchande foraine en bonneterie.
Casque d’or, la vraie, d’Alexandre Dupouy (France, 2015, 60 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ A voir aussi ce soir. L’acteur et réalisateur dressait, en 1972, un tableau férocement drôle et prémonitoire du paysage audiovisuel français (sur Ciné+ Classic à 20 h 45).
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TV – « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil »

A voir aussi ce soir. L’acteur et réalisateur dressait, en 1972, un tableau férocement drôle et prémonitoire du paysage audiovisuel français (sur Ciné+ Classic à 20 h 45).



Le Monde
 |    13.04.2018 à 17h30
    |

            Alain Constant








                        


Film sur Ciné+ Classic à 20 h 45

Stupidité des programmes proposés à l’antenne, ­bru­talité des relations entre ­employeurs et employés, pressions ­politiques sur les dirigeants d’une grande station de radio, poids de la publicité, conformisme ­ambiant, hypocrisie générale, tout y est. En 1972, Jean Yanne (1933-2003) signe, avec Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, son premier long-métrage, qui se révélera, et de loin, le meilleur de sa filmographie en tant que réalisateur. Bien plus efficace et percutant que les pochades bâclées qui suivront, du type Les Chinois à Paris, Chobizenesse, Je te tiens, tu me tiens par la barbichette ou Liberté, égalité, choucroute.
En imaginant le quotidien d’une grande station commerciale, Radio plus, Jean Yanne dresse un tableau aussi féroce que crédible du paysage audiovisuel français du début des années 1970. Mieux : il préfigure ce que deviendront certains grands ­médias audiovisuels dans les ­décennies à venir.
Un humour incisif
Il faut dire que cet acteur, amuseur, mais aussi chroniqueur à la radio et à la télévision, connaît parfaitement les coulisses du PAF ainsi que les faiblesses humaines. Avec son coscénariste, Gérard Sire, il réussit un film incisif, aidé par une distribution de haut ­niveau. La bande de copains réunie ici a de quoi faire rêver : Bernard Blier incarne un détestable affairiste à la tête de la station ; Jacques François, veule à souhait, est un directeur de programmes gluant ; Michel Serrault, l’intello qui vit de subventions publiques, Daniel Prévost, animateur prêt à tout pour garder son poste, et ­Marina Vlady, lumineuse épouse du boss, sont aussi de la partie.
Tout comme Yanne, qui, avec son sourire de « je-m’en-foutiste », ­incarne Gerber, journaliste de ­Radio plus mis au placard avant d’être nommé superviseur des programmes. Effaré par la nullité des émissions, il quitte la station, avant de revenir aux commandes, dans la peau d’un patron aux idées neuves. En clair : tenter l’expérience d’une station sans langue de bois ni publicité. La musique, omniprésente, fait partie du spectacle, les séquences de quasi-comédies musicales aussi. Et si, comme souvent chez Yanne, la réalisation est un concept plutôt flou, le plaisir que procure ce film reste intact.
Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, de Jean Yanne (Fr., 1972, 100 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Une exposition au Musée du quai Branly-Jacques Chirac propose une immersion parmi les créatures surnaturelles qui apparaissent dans les arts religieux, traditionnels et populaires au Japon, en Thaïlande et en Chine.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ A écouter cette semaine : un concert enthousiasmant de 1958 à l’Olympia, le retour d’une icône de la chanson française, un conteur indie-rock new yorkais…
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Sélection albums : Jazz From Carnegie Hall, Françoise Hardy, Amen Dunes…

A écouter cette semaine : un concert enthousiasmant de 1958 à l’Olympia, le retour d’une icône de la chanson française, un conteur indie-rock new yorkais…



Le Monde
 |    13.04.2018 à 16h02
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 16h07
   





                        


George Crumb Makrokosmos Stéphanos Thomopoulos (piano)

   


Les deux volumes de Makrokosmos (1972-1973) comptent parmi les œuvres les plus enregistrées de George Crumb. Comme Black Angels, son célèbre quatuor à cordes électrifié, antérieur de deux ans, ces 24 Fantasy-Pieces minutieusement et mystérieusement reliées aux différents signes du Zodiaque témoignent d’un goût pour le symbole qui situe le compositeur américain, né en 1929, comme une sorte d’Alban Berg de l’ère post-sérielle. Utilisant toutes les ressources du piano (enrichi d’accessoires tels que des chaînes ou des bagues) et du pianiste (qui donne aussi de la voix pour rugir, murmurer ou siffler), ces Makrokosmos siègent dans l’onirisme. Moins spectaculaire que les versions de référence enregistrées par Toros Can (L’Empreinte digitale) et Margaret Leng Tan (Mode Records), l’interprétation très raffinée de Stéphanos Thomopoulos est celle d’un esthète, sensible aux lignes de fuite (amplification soignée du piano) comme aux effets de masse (tachisme savamment multicolore). Pierre Gervasoni 
1 CD Printemps des arts de Monte-Carlo.
Divers artistes Jazz From Carnegie Hall : 1er octobre 1958

   


Nous n’y étions pas, mais cette édition d’un enregistrement réalisé en 1958 à l’Olympia par la radio Europe N°1 nous permet de remonter le temps et de découvrir un concert enthousiasmant, organisé par Frank Ténot et Daniel Fillipacchi, étape parisienne d’une tournée européenne de plusieurs musiciens réunis sous le nom Jazz From Carnegie Hall. Pensez, les deux trombonistes J.J. Johnson et Kai Winding (pour les cinq derniers morceaux), l’altiste Lee Konitz (sur le seul Star Eyes) et surtout le trio composé de l’époustouflant pianiste Phineas Newborn, de l’immense contrebassiste Oscar Pettiford – qui allait rester en Europe et y mourir deux ans plus tard, à 37 ans – et du plus parisien des Américains, le batteur Kenny Clarke. Les arrangements de J.J. Johnson sont remarquables et Pettiford est impressionnant, en particulier sur sa composition Laverne Walk et son interprétation en solo de Stardust. Seul regret, deux bandes ont été perdues, qui contenaient le reste de la prestation de Lee Konitz et celle du ténor Zoot Sims. Paul Benkimoun
1 CD Frémeaux & Associés, collection « Live in Paris »/Socadisc.
Françoise Hardy Personne d’autre

   


Les plus belles chansons de Françoise Hardy (de Mon amie la rose en Partir quand même) ne se sont jamais singularisées par leur joie de vivre et leur allégresse. Le temps n’arrange rien à l’affaire, et moins encore la maladie, ce vingt-huitième album intervenant pour cette raison après plus de cinq années de silence – du moins discographique puisque la chanteuse a publié en 2016 un livre sur son combat. Dans ces circonstances particulières, Personne d’autre est une déception : à la mélancolie douce-amère que distillent toujours les mots de la parolière (avec messages subliminaux à Jacques Dutronc) se substitue un sentiment de monotonie, que renforce la lisse réalisation d’Erick Benzi, cador de la variété hexagonale, privilégiant guitares éthérées, claviers atmosphériques et nocturnes au piano. De cet ensemble manquant de relief se distinguent Le Large, le single écrit par La Grande Sophie et, forcément, la sublime mélodie de Seras-tu là ?, pour une sage reprise du classique de Michel Berger. Bruno Lesprit
1 CD Parlophone/Warner Music.
Barcella Soleil

   


Quatrième album de Barcella, Soleil porte bien son nom. Un soleil qui ne serait pas seulement dans l’illumination et la chaleur du plein été, mais tout en nuances, à l’image de la diversité des approches du chanteur, guitariste et auteur-compositeur. En douze chansons, douze mélodies à la belle lisibilité, dans un traitement pop-variété, avec des textes simples, mais pas simplistes, une diction précise, par laquelle chaque mot se détache. A chaque chanson une idée d’arrangement, un motif original, une fantaisie musicale : Passe passe avec le léger rebond de quelques notes de piano, Les Chevaux sauvages où un claquement de doigt se transforme peu à peu en frappe des mains, Améthyste, qui pour chanter « ces mots qui rusent d’espièglerie », mêle banjo, tuba et cordes, Tatiana avec sa touche rock par la guitare, l’ambiance jazz fanfare de Soleil 2.0 qui relie Barcella à Charles Trenet… En lien de chanson en chanson, des chœurs de voix enfantines et adolescentes bien dosés. Sylvain Siclier 
1 CD Ulysse maison d’artistes/Sony Music.
Amen Dunes Freedom

   


Entre nonchalance enfumée et tension paranoïaque, le New-Yorkais Damon McMahon, démiurge d’Amen Dunes, habite ses chansons en conteur indie-rock, capable de vous persuader que le genre peut encore susciter de l’envoûtement. Le délicieux Blue Rose introduit ce cinquième album en chaloupant gracieusement au son d’un synthétiseur, mais les narrations de Freedom confient généralement leur doux venin à des tourneries de guitare élaguée, basse sombre et batterie minimale (Believe, Satudarah) évoquant l’héritage des anti-héros de la Big Apple (Lou Reed, Tom Verlaine, Richard Hell…). Même si une voix au vibrato de prêcheur et la moiteur de nombre de ces bandes-sons suintent plus au sud (Calling Paul The Suffering, où Johnny Cash semble jouer avec des Jamaïcains) ou hallucinent du côté de la Californie (Miki Dora, L.A.). Stéphane Davet
1 CD Sacred Bones/Differ-ant.
Hugh Masekela ’66 –’76

   


Le 23 janvier, un héros est tombé : Hugh Masekela, trompettiste, chanteur, auteur-compositeur de référence dans l’histoire musicale de l’Afrique du Sud, valeureux guerrier de la lutte anti-apartheid qu’il menait depuis les Etats-Unis où il s’était exilé en 1960, après un passage par Londres. Pendant cet exil, il y a enregistré et publié des albums qui ne sont jamais arrivés jusqu’en Europe et devenus introuvables aux Etats-Unis. Peu de temps avant sa mort, Masekela avait entrepris avec son ami producteur Stewart Levine, de combler ce triste manque. Le résultat est là aujourd’hui. Elégant et généreux, à l’image du bonhomme. Accompagnée d’un livret passionnant signé Robin Denselow et Stewart Levine, cette copieuse compilation en trois volumes réunit une sélection de titres choisis à partir de 11 disques enregistrés entre 1966 et 1976, sa période la plus prolifique (avec d’éclatants succès, dont Grazing In The Grass et Stimela). Deux y sont réédités intégralement : Masekela Introducing Hedzoleh Soundz (enregistré à Lagos) et I Am Not Afraid. Indispensable. Patrick Labesse
3 CD Wrasse Records/Caroline.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Dans ses œuvres, sortes de reliquaires muraux et de sculptures-objets, images et références se trouvent prises comme dans une glace invisible et indestructible.
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Sélection galerie : Franck Scurti chez Michel Rein

Dans ses œuvres, sortes de reliquaires muraux et de sculptures-objets, images et références se trouvent prises comme dans une glace invisible et indestructible.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 15h55
    |

                            Philippe Dagen








                        



   


Il suffit de peu de choses à Franck Scurti pour travailler : le souvenir des ­Mangeurs de pommes de terre, de Van Gogh, un chromo de soleil couchant, des grillages tordus, une tringle à rideau et une vieille table trouvées dans la rue, des emballages alimentaires, des bouts de bois, des boules de terre et tout ce qui encombre son atelier. Peu à peu, les éléments ­se mettent en place, et les métamorphoses commencent. Le vieux meuble est revêtu d’une cuirasse d’aluminium ­cuivrée luisante comme un miroir. Le filet à pommes de terre se change en résille d’or. Le contreplaqué griffé prend la forme d’une palette de peintre. Une planche cassée trouve exactement sa place. Par ces procédés empiriques et lents, Scurti ­obtient des sortes de reliquaires muraux et de sculptures-objets où s’inscrivent la mémoire de l’histoire de l’art et les ­stéréotypes de la publicité et du numérique. Très déconcertants au premier regard – ce qui est en soi bon signe –, ils ­révèlent ensuite leur véritable définition : ce sont des pièges où images et références se trouvent prises comme dans une glace invisible et indestructible.
« The Potato Eaters/Sunset Stories », de Franck Scurti. Galerie Michel Rein, 42, rue de Turenne, Paris 3e. Tél. : 01 42-72-68-13. Du mardi au samedi de 11 heures à 19 heures. Jusqu’au 19 mai.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le tribunal a en revanche refusé d’accorder à David Hallyday et Laura Smet le droit de regard qu’ils demandaient sur l’album posthume de leur père.
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Héritage de Johnny Hallyday : la justice ordonne le gel des biens français du chanteur

Le tribunal a en revanche refusé d’accorder à David Hallyday et Laura Smet le droit de regard qu’ils demandaient sur l’album posthume de leur père.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 15h14
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 18h04
    |

            Pascale Robert-Diard








                        


Le tribunal de grande instance de Nanterre a prononcé, vendredi 13 avril, le gel des avoirs immobiliers français de Johnny Hallyday (Jean-Philippe Smet à l’état civil) — ses deux résidences de Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine) et de Saint-Barthélemy — et a placé sous séquestre les droits d’artiste du chanteur. Il a en revanche refusé d’accorder à ses deux enfants aînés, David Hallyday et Laura Smet, le droit de regard qu’ils demandaient sur l’album posthume de leur père.
Cette décision de justice est prononcée à titre conservatoire avant la procédure au fond, qui devra trancher la question de la validité du testament du chanteur, par lequel il a exclu ses deux enfants aînés de son héritage en application du droit californien.
« La volonté de Johnny Hallyday a donc été respectée », s’est réjoui Me Ardavan Amir-Aslani, avocat de Laeticia Hallyday. Il a salué le fait que le gel ne concerne pas les actifs américains de Johnny et réaffirmé que « le droit moral sur le dernier album a été exercé du vivant de l’artiste ».
A l’audience, le 30 mars, l’avocat de Warner Music avait opposé une fin de non-recevoir à la demande de droit de regard sur l’album posthume du chanteur, affirmant que Johnny avait lui-même « validé l’ensemble des compositions musicales » qui y figurent. Les avocats de David Hallyday et de Laura Smet avaient d’ailleurs laissé entendre qu’ils n’exigeaient plus explicitement un « droit de regard » mais une simple possibilité de l’écouter avant que celui-ci soit rendu public.
« Il est établi par les nombreuses pièces produites par la société Warner que Jean-Philippe Smet a fixé les conditions dans lesquelles l’album devait être enregistré, choisi les auteurs des œuvres musicales qu’il a interprétées ainsi que le réalisateur artistique de cet album (…), approuvé le choix des musiciens (…), manifestement validé le 22 novembre 2017 les enregistrements déjà réalisés à cette date », dit le jugement de vendredi.
Première victoire
La décision représente néanmoins une première victoire pour David Hallyday et Laura Smet, qui se sont engagés dans une longue bataille juridique pour faire valoir leurs droits dans la succession de leur père. La question de fond est de savoir si Johnny Hallyday est soumis au droit français, selon lequel il est interdit de déshériter ses enfants, ou s’il peut se prévaloir du droit californien, qui permet de disposer librement de ses biens.
Les avocats de Laura Smet ont d’ailleurs salué, vendredi, une « première étape du processus judiciaire » qui « s’enclenche d’une manière favorable ». « Cette ordonnance reprend [notre] argumentation sur la loi française applicable au règlement de la succession », disent Pierre-Olivier Sur, Hervé Témime et Emmanuel Ravanas.
En obtenant un premier jugement d’un tribunal français, dont la compétence n’a pas été contestée par les avocats de Laeticia Hallyday, les conseils de David Hallyday et de Laura Smet marquent un point important. Ils avaient à dessein adressé à Laeticia Hallyday une assignation à sa résidence de Marnes-la-Coquette, et non aux Etats-Unis, afin d’obtenir la compétence d’un tribunal français.

        Comprendre :
         

          Cinq questions sur l’héritage de Johnny Hallyday



Ils entendent en effet s’appuyer, pour la suite, sur un règlement européen de 2012, applicable aux successions ouvertes à partir du 17 août 1985, qui, pour déterminer la loi applicable en la matière, ajoute au critère de « résidence habituelle » celui des « liens » qu’entretenait le défunt avec tel ou tel pays.
« Johnny est une part de la France »
L’appréciation de ce lien est laissée aux juges à partir d’un faisceau d’indices. Lors de l’audience du 30 mars, les avocats de David Hallyday et de Laura Smet avaient ouvert ce débat. « Où Johnny malade a-t-il décidé de se faire soigner ? En France ou aux Etats-Unis ? Où Johnny vend-il ses disques ? En France ou aux Etats-Unis ? Johnny est une part de la France, Johnny est un destin français », avait observé Me Emmanuel Ravanas. « Tout a été fait pour que la France n’ait plus accès à quoi que ce soit alors que le patrimoine de Johnny est français », avait renchéri Me Pierre-Jean Douvier.
« Il apparaît de la procédure que les demandeurs font valoir des moyens sérieux quant à l’applicabilité de la loi française à la succession de Jean-Philippe Smet [au regard des articles du règlement européen] en relevant les éléments qui peuvent être pris en considération pour retenir que l’intéressé avait sa résidence habituelle en France au moment du décès ou encore qu’au moment de son décès, il présentait des liens manifestement plus étroits avec la France » qu’avec la Californie, rappelle ainsi le jugement.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Le chorégraphe israélien noue ensemble trois de ses pièces et en tire un spectacle survolté et envoûtant.
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Danse : la cavale tribale d’Hofesh Shechter

Le chorégraphe israélien noue ensemble trois de ses pièces et en tire un spectacle survolté et envoûtant.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 14h47
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

C’est rond, ça mouline en boucle, ça vient par vagues, et ça ­emporte irrésistiblement. C’est le ventre qui parle, les tripes qui réagissent jusqu’au bout des neurones. Ce kidnapping est signé Hofesh Shechter. Une fois de plus, huit ans après son premier passage en 2010 au Théâtre de la Ville, à Paris, le chorégraphe israélien met dans le mille en une heure top chrono avec Show, spectacle pour huit danseurs.
Show rassemble trois pièces courtes que Shechter a bien fait de nouer : Clowns, créé en 2016 pour le Nederlands Dans Theater, The Entrance et Exit. De cette triplette, il presse un jus organique survolté par les percussions métalliques de son cru. Aucune séparation dans ce spectacle qui souligne, ­peut-être un peu trop d’ailleurs, l’un des motifs chorégraphiques de Shechter : les entrées et ­apparitions permanentes sur le plateau, scènes flashées comme issues d’un rêve et sans cesse relancées au gré d’un montage sec.

Cette cavale tribale qu’est Show – quasiment une marque de fabrique Shechter depuis ses premières pièces majeures en 2006 – offre une belle synthèse de son style. Elle se révèle un sauf-conduit ­parfait pour la bande d’interprètes âgés de 18 à 25 ans de la compagnie junior Shechter II. Présentée pour la seconde fois à Paris, cette troupe, créée en 2015, sept ans après le lancement de son premier groupe, résulte d’une audition qui a rassemblé plus de 1 000 danseurs du monde entier. C’est dire l’attrait du chorégraphe qui tient exceptionnellement l’affiche des Abbesses à Paris jusqu’au 21 avril.
Bizarre farandole
Il y a de la transe comme toujours chez Shechter, de l’esprit chaman, dans ce Show qui a tout d’un rituel contemporain circulant comme une sarabande sur le plateau. Il y a aussi de la parade de cirque, du bal baroque, de la rave techno, du carnaval et de la guérilla avec clowns killers en pochettes-surprises. Tout ça en cristaux liquides coulant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ La Britannique Lubaina Himid a obtenu, fin 2017, la reconnaissance avec le prix Turner. Ses œuvres colorées, qui questionnent l’esclavage et le colonialisme, sont exposées à Sérignan, dans l’Hérault.
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Lubaina Himid, 63 ans, une peintre (enfin) distinguée


                      La Britannique Lubaina Himid a obtenu, fin 2017, la reconnaissance avec le prix Turner. Ses œuvres colorées, qui questionnent l’esclavage et le colonialisme, sont exposées à Sérignan, dans l’Hérault.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 13h57
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 18h40
    |

                            Roxana Azimi








                              

                        

Recevoir le Prix Turner, la plus prestigieuse récompense de l’art britannique, en décembre 2017, n’a pas changé Lubaina Himid. L’artiste de 63 ans, exposée depuis le 7 avril au Musée régional d’art contemporain à Sérignan, dans l’Hérault, a beau être passée, grâce au prix, de l’ombre à la lumière, elle demeure très placide. C’est que, pendant près de trente ans, c’est-à-dire assez longtemps pour se décourager, elle a cumulé les handicaps pour un monde de l’art assez rétrograde : femme, noire et militante.
Pour corser le tout, elle vit à deux heures du cœur de Londres, c’est-à-dire nulle part. « Aujourd’hui, avec les mêmes données, je coche toutes les bonnes cases », ironise-t-elle. Ses peintures colorées et faussement naïves suscitent actuellement un engouement, et sa façon d’interpeller l’histoire de l’esclavage ou de la colonisation, avec des fresques ou des objets du quotidien transformés, trouve un écho aux questionnements du moment. Mais il serait faux de réduire son art, et surtout son succès actuel, à un quelconque esprit politiquement correct.
Pour l’artiste, la peinture « permet d’engager une conversation. Ce n’est pas ésotérique, c’est clair, ça n’essaie pas de jouer au plus malin avec les gens ».
Née à Zanzibar d’un père comorien et d’une mère britannique, Lubaina Himid arrive en Angleterre à l’âge de 4 mois. S’exprimerait-elle au nom d’une quelconque africanité ? « Je ne vis pas dans le fantasme de l’Afrique, réplique-t-elle. Je suis britannique. Mon but, ce n’est pas d’être encore plus exotique, de représenter “l’autre”, mais d’être simplement banale. » Depuis ses tout premiers pas dans l’art en 1981 jusqu’aux expositions de ses pairs qu’elle a organisées, elle a un objectif en tête : permettre aux artistes noirs d’avoir voix au chapitre. A l’époque, sa communauté est absente des médias comme des films « sauf dans les dix premières minutes avant qu’ils ne soient tués », raille-t-elle. Pour son...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Epouse et alter ego du designer, Michèle Lamy, 73 ans, joue un rôle crucial dans la carrière et le succès de Rick Owens. Elle développe désormais son propre univers, « Lamyland », au carrefour du prêt-à-porter et de l’art.
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Michèle Lamy, le bon génie du créateur Rick Owens 
                  
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Le Monde
 |
                  13.04.2018 à 13h54
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 15h00


Epouse et alter ego du designer, Michèle Lamy, 73 ans, joue un rôle crucial dans la carrière et le succès de Rick Owens. Elle développe désormais son propre univers, « Lamyland », au carrefour du prêt-à-porter et de l’art.

Par                             Marion Vignal





                     
Ce samedi après-midi de février, dans le corner shop de Selfridges, les clients du grand magasin londonien jettent des regards hallucinés sur une petite créature étrange. Michèle Lamy, épouse du styliste américain Rick Owens, arbore un visage gravé de rides et de maquillage noir. Son pull kaki élimé, dont elle n’a enfilé que les manches, lui tombe négligemment entre les jambes. Son corps est couvert de chaînes, de bagues et de gros bracelets en pagaille qui « musicalisent » sa silhouette. Elle porte, en bandoulière, un immense cabas en cuir d’autruche telle une nomade du désert qui transporterait toute sa vie avec elle. Michèle Lamy n’a pas un look, mais une dégaine et toujours l’impression, où qu’elle se trouve, « d’être sur scène ».
L’incarnation de l’univers de Rick Owens
Personne ne personnifie mieux qu’elle la mode conceptuelle et scandaleuse de Rick Owens, qui ne rate pas une occasion d’afficher son goût pour les extrêmes et de briser les tabous du sexe, de la mort et des instincts primitifs. Depuis son premier défilé à New York en 2002, il propose une mode transgenre provocatrice, n’hésitant pas à faire défiler ses mannequins hommes le sexe au vent ou à mettre en scène son couple dans une vidéo à caractère sadomasochiste. Aujourd’hui, c’est son épouse qui incarne la force et l’insolence de leur univers commun. A Londres, où elle a commencé avec Selfridges des collections capsule de mode dans le cadre de son « Lamyland » consacré à l’univers de la boxe, dans les foires d’art internationales de Miami à Dubaï, de jour comme de nuit, c’est elle qui fait sensation, bien au-delà du rôle de muse de son mari.

Quand elle rit, Michèle Lamy jette ses longs cheveux noirs de Gitane en arrière, et dévoile une impressionnante dentition en or. Elle possède la grâce d’une jeune fille de 20 ans et les rides profondes d’une vieille Berbère aux yeux verts cernés de khôl. Les gens qui ne la connaissent pas la prennent pour une sorcière...





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Comprendre la crise qui secoue l’Académie suédoise

Après une vague de démissions, suite aux révélations d’agressions sexuelles et de favoritisme au sein de l’institution, la secrétaire perpétuelle a été forcée au départ, jeudi.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 14h13
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



   


La crise historique qui secoue l’Académie suédoise, fondée en 1786 pour promouvoir la grandeur culturelle du royaume par Gustave III, et chargée d’attribuer le prix Nobel de littérature depuis 1901, a atteint un nouveau paroxysme, jeudi 12 avril, dans la soirée. A la sortie de la réunion hebdomadaire des immortels, dans les locaux de Börshuset, l’ancienne Bourse au cœur de la vieille ville de Stockholm, sa secrétaire perpétuelle, Sara Danius, a fait savoir qu’elle avait été remerciée par une majorité de ses collègues et qu’elle quittait l’Académie.
Dans la foulée, la poétesse et dramaturge Katarina Frostenson, dont le mari est à l’origine du scandale, a, elle aussi, annoncé son départ.
Des élus à vie, remplacés qu’après leur mort
Les dix-huit immortels ne sont donc plus que onze. Trois avaient démissionné le 6 avril, pour protester contre la gestion de la crise par leurs collègues. La romancière Kerstin Ekman a, elle, claqué la porte en 1989, en réaction au refus de l’Académie de condamner la fatwa contre l’écrivain britannique Salman Rushdie. Son fauteuil est, depuis, resté vide, car les académiciens, élus à vie, ne peuvent être remplacés qu’après leur mort. L’écrivaine Lotta Lotass, quant à elle, élue en 2009, n’a plus participé aux délibérations depuis 2015, ne supportant pas l’élitisme de ce petit cercle d’intellectuels.
De la prestigieuse Académie, créée en 1786 sur le modèle français, il ne reste donc plus qu’une institution en ruine. Dans le royaume scandinave, l’affaire obnubile les médias et préoccupe au plus haut point les politiques, inquiets de voir la réputation du pays et des Nobel ainsi entachée. Le premier ministre, Stefan Löfven, s’est dit choqué par le ton du débat et a rappelé qu’il était « important que l’Académie fonctionne et ait le respect et la confiance du reste du monde ».
Entorses au devoir de réserve
L’impression de chaos s’est encore renforcée ces derniers jours, alors que les immortels, tenus à un devoir de réserve, s’épanchaient dans les médias, révélant l’opposition frontale entre deux camps. L’un d’entre eux, sorti vainqueur, soutient la poétesse et dramaturge Katarina Frostenson, épouse du français Jean-Claude Arnault, 71 ans, figure culturelle de premier plan en Suède, qui fait l’objet de plusieurs plaintes pour viols et agressions sexuelles. Il est également soupçonné d’avoir ébruité les noms de plusieurs lauréats du Nobel, avant qu’ils aient été officialisés. Dans la foulée, Mme Frostenson, dont le mari est à l’origine du scandale, a annoncé son départ.
Jusqu’à l’automne 2017, M. Arnault, dirigeait le Forum, un lieu d’exposition et de performances, couru des élites culturelles stockholmoises, et en partie financé par l’Académie.
Début décembre 2017, la secrétaire perpétuelle Sara Danius a lancé une enquête interne et recruté un cabinet d’avocats, chargé de faire la lumière sur les relations entre les académiciens et le français. Si les conclusions de l’enquête n’ont pas encore été rendues publiques, Mme Danius a révélé le contenu du rapport soumis aux académiciens, dans une interview au quotidien Svenska Dagbladet, le 7 avril. Notamment le fait que Mme Frostenson détenait la moitié des titres de propriété du Forum. « C’était une surprise pour tout le monde, assure Sara Danius. L’Académie n’est pas autorisée à donner de l’argent à un de ses membres. Nous avons donc violé notre propre règlement. La responsabilité nous incombe, mais il est étrange que nous n’ayons pas été informés. »

        Lire aussi :
         

                L’Académie suédoise entachée par un scandale d’agressions sexuelles



La confusion totale
Dans ces recommandations, le cabinet d’avocats suggérait à l’Académie de porter plainte contre le Forum. Un vote a été organisé. Non seulement une majorité des académiciens se sont opposés au dépôt d’une plainte, mais ils ont également renouvelé leur confiance à Katarina Frostenson, se répandant en critiques acerbes contre Sara Danius dans la presse du royaume. L’éviction de la secrétaire perpétuelle était alors devenue inévitable.
Vendredi matin, le professeur de littérature Anders Olsson, qui assure l’intérim, a ajouté encore à la confusion, en laissant entendre que c’était en accord avec le roi Carl XVI Gustaf, protecteur de l’Académie, qu’un compromis avait été présenté : le départ de Mme Danius contre la démission de Mme Frostenson. Or, deux heures plus tard, la cour démentait, exigeant des explications.
Car le départ de Sara Danius, première femme à occuper les fonctions de secrétaire perpétuelle de l’Académie, instigatrice d’une modernisation jugée indispensable, passe très mal en Suède. Derrière le hashtag #Knytblusförsara (chemisier à nœud lavallière pour Sara), des dizaines de femmes, dont la ministre de la culture Alice Bah Kuhnke, publient sur les réseaux sociaux, depuis jeudi soir, des autoportraits, dans la tenue favorite de l’académicienne. « Deux femmes ont été sacrifiées, l’une contre l’autre », résume l’académicien Per Wästerberg.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Seule candidate en interne, la quadragénaire sera la troisième femme à présider le groupe audiovisuel public.
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Sibyle Veil, le choix de la continuité à Radio France

Seule candidate en interne, la quadragénaire sera la troisième femme à présider le groupe audiovisuel public.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 11h09
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 11h28
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

A 40 ans, Sibyle Veil devient la troisième femme à diriger Radio France, après Jacqueline Baudrier (1922-2009) et Michèle Cotta dans les années 1970 et début des années 1980. Sa victoire était pressentie. Elle s’est imposée face à cinq hommes pour succéder à Mathieu Gallet, destitué en raison de sa condamnation pour favoritisme.
Cette énarque, de la même promotion que le président de la République, Emmanuel Macron, a été désignée, jeudi 12 avril, par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui a fait le choix de la continuité. Seule candidate en interne, la directrice déléguée de Radio France, chargée des opérations et des finances, bénéficiait du soutien tacite de l’équipe en place, en particulier de Laurent Guimier, le directeur délégué aux antennes et aux contenus, dont le profil de journaliste compense les lacunes éditoriales de Mme Veil.
Mercredi 11 avril, devant le CSA, Mme Veil a dit vouloir poursuivre le travail mené par M. Gallet, qui l’avait fait venir il y a trois ans, alors qu’elle travaillait à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris. Une expérience qui lui a appris à conduire « des changements au sein d’organisations de service public ». « Il faut préparer Radio France pour qu’elle soit le fer de lance de la mutation de l’audiovisuel public », a-t-elle déclaré lors de son audition, citant comme priorités la « révolution des usages » ou « le décloisonnement » de certains métiers.
Mme Veil a fait valoir une conception très ambitieuse, voire expansionniste de Radio France. Elle s’est placée en bonne élève des « synergies » que le gouvernement exige depuis des mois. Au risque de froisser France Télévisions. Elle a souhaité que l’offre commune Franceinfo, dont les audiences en télévision restent faibles, « concurrence le leadeur BFM-TV ». Elle a aussi proposé que « l’agence » interne à Franceinfo devienne la référence pour l’ensemble de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Cette charmante histoire de manchot qui veut voler vient étoffer une offre de mangas pour les plus petits loin d’être pléthorique.
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« Momo et le messager du Soleil » : une ode à la persévérance pour les jeunes enfants

Cette charmante histoire de manchot qui veut voler vient étoffer une offre de mangas pour les plus petits loin d’être pléthorique.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 11h58
    |

            Pauline Croquet








                        



   


Difficile de ne pas ressentir immédiatement de la sympathie pour Momo, jeune manchot rouge héros de manga pour enfants. D’abord par son allure rondouillarde et enjouée que sa créatrice Marie Sasano a symbolisée en l’affublant des joues rondes de l’enfance. Mais aussi par son caractère courageux et son indéfectible persévérance : Momo veut savoir voler et est prêt à affronter de multiples aventures pour y parvenir. « La notion d’effort est très importante pour moi et j’ai voulu la transmettre aux enfants. Quand on a un rêve, il ne faut pas l’abandonner, tout peut devenir possible », expliquait l’auteure en mars, lors d’un passage à Paris. Une philosophie qui a d’ailleurs réussi à la mangaka : Marie Sasano a multiplié les expériences comme assistante de grands mangakas de shojo – mangas destinés aux jeunes filles – avant de pouvoir travailler sur sa propre série.

   


Elle pensait d’ailleurs percer dans ce registre avant finalement de se décider à dessiner pour les enfants. Elle est repérée par le bureau japonais des éditions françaises Ki-oon à l’issue d’un concours de manga. « J’avais apporté des planches de shojo mais on m’a expliqué qu’en France ce genre était difficile à faire passer et nous avons discuté des autres possibilités. On m’a proposé de me lancer dans un manga pour enfants. Au Japon, il n’y a presque pas d’œuvres pour enfants en manga. » Si quelques BD japonaises pour les lecteurs à partir de 6 ans existent en France, elles sont accaparées par des histoires de chat. Marie Sasano s’est donc lancée sur les aventures du manchot Momo et de ses deux amis Noah, le lion pleurnichard et Lily une petite humaine, après avoir trouvé l’inspiration dans des émissions japonaises pour les tout-petits qu’elle regarde avec son fils de 4 ans.
« Il y a cette émission qui s’appelle “Avec ma maman” et qui contient plein d‘astuces pour faire passer des histoires auprès des enfants mais aussi des parents. On peut regarder en toute tranquillité d’esprit, ça nous faisait beaucoup rire, et je voulais essayer de faire la même chose. »
Dans le monde de Momo, les humains et animaux vivent en harmonie et les enfants naissent sous forme d’œufs tombés du ciel. Ces derniers peuvent choisir la forme sous laquelle ils souhaitent éclore quelle que soit l’espèce de leurs parents. Encore dans sa coquille, Momo est certain, il veut devenir un oiseau. Mais une fois sorti sous la forme d’un manchot, il découvre qu’il ne peut pas voler. Pour le consoler, un vénérable éléphant lui révèle un secret : il existerait, très loin de chez eux, un messager du soleil capable d’exaucer n’importe quel souhait. Dans son périple à la recherche du messager, il embarque Noah, qui aimerait devenir aussi fort que son père, et Lily qui – c’est franchement dommage – a choisi d’éclore comme jeune fille pour retrouver « un garçon qui est trop mignon ».

   


A la fois charmant sans être mièvre, Momo et le messager du Soleil est un album intéressant pour initier les enfants au manga. En dépit des dialogues simples et du sens de lecture occidental, comme il est de coutume pour ce genre de public, il pourra même également plaire aux lecteurs plus aguerris à la BD japonaise, notamment pour l’originalité de sa colorisation à la main qui donne deux à trois fois plus de travail à Marie Sasano et ses assistants que pour un manga classique en noir et blanc. Une tâche qui ne décourage pas la mangaka, aussi motivée que son personnage principal : « Lors des séances de dédicaces, certains enfants m’ont dit que c’était le premier manga qu’ils lisaient et je me dis que c’est extraordinaire. »
Momo et le messager du Soleil, de Marie Sasano, traduction de Géraldine Oudin, tome 1 le 22 mars, éditions Ki-oon, 160 pages, 9,65 euros.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Les émois musicaux en vidéos du Britannique James Mathé, à l’occasion de son quatrième album, « Lier », joyau electro pop mélancolique.
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La YouTubothèque de Barbarossa

Les émois musicaux en vidéos du Britannique James Mathé, à l’occasion de son quatrième album, « Lier », joyau electro pop mélancolique.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 10h52
    |

            Franck Colombani








                        



   


La série « YouTubothèque » invite des artistes à choisir leurs œuvres favorites sur la plateforme de vidéos en ligne YouTube. Une carte blanche permettant de s’ouvrir à leurs différentes influences, qu’elles soient musicales, cinématographiques, littéraires, voire au-delà de la sphère culturelle.

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Qu’il est épineux pour un musicien de se débarrasser des étiquettes ! Celle de Nu Folk colle à Barbarossa, alias James Mathé, Londonien révélé en 2013 avec son deuxième album, Bloodline. L’auteur, compositeur et interprète à la barbe rousse y donnait cours à un spleen élégant mâtiné de guitare arpégée et d’electro minimaliste, mais aussi de soul languissante par son grain de voix fébrile. Autant d’éléments pouvant être associés à Bon Iver, James Blake voire Massive Attack... Par le passé, James Mathé loua ses talents de claviériste au folksinger suédois José González, détail facilitant le rapprochement pour les critiques spécialisées.
Imager (2015), son troisième album, s’éloignait pourtant des oripeaux de la guitare acoustique pour des atmosphères synthétiques dépouillées. Mue pleinement accomplie sur Lier, où se décline exclusivement une électro pop feutrée, traversée d’éclaircies lumineuses (les tourbillons émotionnels de Cyclone et de Thickening Air). Pas la moindre faute de goût n’est à recenser sur ce disque enregistré avec Ghost Culture, jeune virtuose électro londonien, ainsi qu’avec le Suédois Joel Wästberg – alias Sir Was –  à la batterie.
Ces deux dernières années, l’étape la plus importante pour Barbarossa ne fut pourtant pas musicale. James Mathé a goûté pour la première fois aux joies de la paternité et a quitté son Albion natale. Ces chamboulements ont inspiré ce disque intimiste, où l’émotion ne se cache plus derrière les figures de style.



1. Portishead, « Roads », Live à Roseland NYC

Cet extrait m’inspire toujours, particulièrement dans l’esprit de donner des concerts en utilisant seulement de vrais instruments et aucune piste d’accompagnement. Pas de supercherie ou de gadgets, juste de superbes chansons jouées et interprétées par de grands musiciens. C’est ce à quoi j’aspirais pour ce nouveau disque.
2. The Band, « The Last Waltz »

Je reviens toujours vers The Band quand je compose ou joue de la musique en concert. Encore une fois, quelle musicalité incroyable et osmose entre ces mecs. [Le chanteur et batteur] Levon Helm est fondamentalement mon idole.
3. Neil Young BBC live 1971

J’adore entendre ces chansons à cette période précise, avant que quelqu’un ne les connaisse ou ne sache à quel point elles deviendraient importantes.
4. Sir Was, « In the Midst », live session

Joel Wästberg, alias sir Was, a joué de la batterie sur mon disque. Nous sommes devenus très proches à l’époque où nous jouions ensemble dans le groupe de scène de José González. Joel est tellement talentueux, et son propre projet est mon disque préféré de ces dernières années.
5. This is the Kit, « Moonshine Freeze », Rough Trade live session

Je connais Kate Stables depuis quelques années car nous jouions souvent lors d’événements liés à notre label d’alors, Fence Records. Nous sommes devenus amis et j’ai eu la chance récemment d’accompagner son groupe en tournée. J’ai passé des moments formidables avec eux à traîner et écouter leur belle musique, nuit après nuit.
Barbarossa, Lier (Memphis Industries).
En concert à Paris, au Pop-up du Label le samedi 14 avril




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ L’exposition rend compte du travail de cet artiste indien qui puise son inspiration dans les objets de la vie quotidienne de son pays.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Créé à l’initiative du Scottish Opera, le premier spectacle lyrique pour bébés est présenté au Centquatre, à Paris.
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« BambinO », opéra miniature pour minispectateurs

Créé à l’initiative du Scottish Opera, le premier spectacle lyrique pour bébés est présenté au Centquatre, à Paris.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 08h44
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



                                


                            

Eliore a 16 mois. Très sage, la petite fille ne quittera pas les bras de sa mère durant toute la représentation de BambinO, l’opéra pour bébés de 6 à 18 mois qu’accueille le Centquatre-Paris, du 13 au 20 avril, le Théâtre du Châtelet (actuellement fermé pour travaux). Ce n’est qu’une fois son manteau enfilé que la fillette découvrira un radieux sourire à gencives.

Ce 6 avril au matin, sous la Canopée des Halles, le conservatoire W.-A.-Mozart et son directeur, Pascal Gallois, sont sur le pont pour une avant-première organisée à l’initiative de la nouvelle direction du Châtelet, Ruth MacKenzie et Thomas Lauriot dit Prévost. Sur le plateau en demi-cercle, la violoncelliste (Laura Sergeant) et le percussionniste (Stuart Semple) jouent également de deux petits pianos d’enfant. Le décor est bleu, avec ciel et nuages.
Cet opéra miniature pour un public en couche-culotte est né de l’autre côté de la Manche, à la suite d’une initiative menée depuis 2009 par le Scottish Opera auprès des plus jeunes
Sur les coussins au sol, Cosima, 14 mois, très à l’aise dans une robe marron en velours côtelé, bat l’air de ses bras, répondant par petits cris au « chant » des oiseaux : l’oiselle Uccellina (la soprano Charlotte Hoather) et son gros poussin, Pulcino (le baryton Timothy Connor) qu’elle élèvera non sans mal, avant qu’il ne conquière le vol et la liberté.
Cet opéra miniature pour un public en couche-culotte est né de l’autre côté de la Manche, à la suite d’une initiative menée depuis 2009 par le Scottish Opera auprès des plus jeunes, dont l’ouïe est le sens le plus nettement développé dès avant la naissance. En décembre 2016, le jeune compositeur Lliam Paterson et son compère metteur en scène Phelim McDermott (auteur d’un Cosi fan tutte au Metropolitan Opera de New York jusqu’au 19 avril) ont rencontré une équipe de chanteurs et de musiciens. Deux actes avec airs et duos : l’histoire de BambinO est simple et sa jolie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le photojournaliste vénézuélien Ronaldo Schemidt a remporté le premier prix du 60e World Press Photo, dont les résultats ont été annoncés jeudi 12 avril.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Le programme du 71e Festival, révélé jeudi 12 avril, est éclectique en genres, en générations et en esthétiques.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/04/2018
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Cannes 2018 s’offre une affiche audacieuse

Le programme du 71e Festival, révélé jeudi 12 avril, est éclectique en genres, en générations et en esthétiques.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 08h48
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Jeudi 12 avril, 11 heures. La foule habituelle des affamés de cinéma se presse dans la très belle salle de l’UGC Normandie, sur les Champs-Elysées, pour recevoir, telle la manne au milieu du désert, l’onction de la sélection officielle du soixante-et-onzième Festival de Cannes. Navire amiral du cinéma d’auteur mondial, paquebot du glamour dans la croisière du septième art, l’auguste embarcation vogue cette année sur une mer démontée. Cannes, tel est son privilège et son fardeau, doit en effet prendre acte de tout ce qui touche au cinéma, mais aussi assumer ses propres décisions dans certains dossiers sensibles.
La coupe 2018 est, en ce sens, bien pleine : mœurs (affaire Weinstein), parité (le ratio féminin de la compétition), élégance (bannissement des selfies du tapis rouge) et inélégance (éviction de Gilles Jacob, figure tutélaire du Festival, du conseil d’administration), partenariat (Kering, qui y sponsorise la promotion des femmes dans le cinéma, soupçonné d’évasion fiscale), bouleversement du calendrier des projections (abolition du privilège de la presse qui, jusqu’alors, pouvait voir les films en compétition avant leur présentation officielle) et enfin torchon qui brûle avec la plate-forme américaine Netflix, privant le Festival de quelques œuvres attendues.

Trois Français sélectionnés
Nonobstant, les deux capitaines – le président, Pierre Lescure, et le délégué général, Thierry Frémaux – sont plutôt sereins. Ils savent que l’animal cinéphile est ainsi fait que l’attente de leur auditoire est, à ce moment précis de l’événement, entièrement et fébrilement subordonnée à la révélation du programme. Thierry Frémaux distille la chose à feu doux, révélant, dans l’attente des traditionnelles surprises de dernière minute, les dix-huit films sélectionnés à ce jour dans la compétition. On y trouve trois œuvres françaises : Plaire, aimer et courir vite, de Christophe Honoré, En guerre, de Stéphane Brizé, et Les Filles...




                        

                        

