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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Le gouvernement de Colombie-Britannique est opposé au projet d’agrandissement de ce pipeline transportant les sables bitumineux de l’Alberta à côté de Vancouver.
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Canada : coup dur pour l’oléoduc Trans Mountain

Le gouvernement de Colombie-Britannique est opposé au projet d’agrandissement de ce pipeline transportant les sables bitumineux de l’Alberta à côté de Vancouver.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 17h11
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 17h14
    |

                            Olivier Mougeot (Québec, correspondance)








                        



                                


                            

Coup dur pour l’industrie pétrolière canadienne : dimanche 8 avril, la compagnie Kinder Morgan a annoncé la suspension de « toutes les activités non essentielles et toutes les dépenses » relatives au projet d’élargissement de l’oléoduc Trans Mountain. La compagnie pétrolière américaine a expliqué avoir pris cette décision à cause de l’opposition du gouvernement de Colombie-Britannique à son projet.
En effet, le gouvernement néodémocrate de cette province de l’Ouest canadien demande à Kinder Morgan davantage d’assurances dans le cas de fuites durant l’acheminement de bitume dilué. Depuis son accession au pouvoir à l’été 2017, le gouvernement de John Horgan – qui s’est allié au Parti vert pour obtenir une majorité – fourbit ses armes contre ce projet. Il a, par exemple, engagé un ancien juge de la Cour suprême de Colombie-Britannique comme conseiller dans ce dossier et a assuré de son soutien les communautés autochtones en procès contre la pétrolière sise au Texas. Le gouvernement britanno-colombien a aussi mis en avant la catastrophe de la plateforme Deepwater Horizon survenue au large des côtes de Louisiane en 2010, pour justifier sa position.
Pourtant, les travaux d’agrandissement qui prévoient le quasi-triplement de la capacité de l’oléoduc, à 890 000 barils par jour, ont reçu l’approbation de l’Office national de l’énergie, l’organisme canadien chargé de réglementer le commerce dans le domaine du pétrole, du gaz naturel et de l’électricité. Le gouvernement libéral de Justin Trudeau le soutient également.
« Dans l’intérêt de tous les Canadiens »
Le premier ministre canadien, de passage à Montréal lundi 9 avril, a d’ailleurs expliqué sa position : « C’est dans l’intérêt de tous les Canadiens qu’on ait de nouveaux marchés pour nos produits pétroliers. On est prisonnier du marché américain et à cause de ça, on fait bien moins d’argent pour nos ressources que l’on devrait. C’est un moteur économique important pas seulement pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Lors d’un tchat, l’envoyé spécial du « Monde » à Notre-Dame-des-Landes a répondu aux questions d’internautes sur l’évacuation de la ZAD et sur les perspectives d’avenir du lieu.
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NDDL : « Les zadistes ont développé une société échappant à de nombreuses règles »

Lors d’un tchat, l’envoyé spécial du « Monde » à Notre-Dame-des-Landes a répondu aux questions d’internautes sur l’évacuation de la ZAD et sur les perspectives d’avenir du lieu.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 16h42
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 18h20
   





                        



   


La fin des expulsions de la « zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes, officialisée vendredi 13 avril, est loin de clore le débat sur l’avenir du secteur. De retour du bocage nantais après avoir couvert l’opération d’évacuation, l’envoyé spécial du Monde Rémi Barroux a répondu à des questions d’internautes.
Antoine : Combien de personnes habitent encore la ZAD ?
Rémi Barroux : Même la préfecture l’ignore. On pouvait parler de 150 habitants réguliers avant l’intervention de cette semaine. Il y a aussi beaucoup de passage, des personnes s’installant pendant deux ou trois mois. Avec les renforts venus pour la défense de la zone, le nombre de personnes dans la ZAD est passé probablement à plus de 500, voire 600 ou 700. La grande majorité repartira dès que la situation se sera calmée.
Lalla : Avez-vous pu observer tout ce que vous souhaitiez pendant l’évacuation, ou en avez-vous été en partie empêché par les forces de l’ordre ?
Sur une zone aussi importante — quelque dix kilomètres de large sur 5 à 6 de long —, il est difficile d’être partout. La circulation était relativement facile, pour quelqu’un qui connaît un peu l’endroit. Par contre, les routes — deux principalement, les RD 81 et RD 281 — étaient inaccessibles dès lors que les gendarmes étaient présents. Cela explique sans doute que des journalistes connaissant moins le terrain se soient retrouvés bloqués.

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          La gendarmerie a-t-elle empêché la presse d’accéder à la ZAD ?



Côté zadiste, ils avaient plutôt envie que des images soient faites, ce qui n’a pas toujours été le cas, et à condition qu’ils ne soient pas identifiables. Reste que les journalistes, pour la grande majorité, n’ont pas bonne presse historiquement dans la ZAD. Personnellement, je n’ai eu aucun problème durant mon reportage.
Patrice B. : Les expulsions sont-elles légales ou fragiles juridiquement ?
Des recours ont été ou vont être engagés, notamment sur l’expulsion de la ferme des 100 noms. De nombreux avocats, dont le Syndicat des avocats de France au niveau national, ont dénoncé le caractère illégal de ces expulsions, car elles n’avaient pas été jugées de manière contradictoire. Les autorités expliquent qu’elles n’ont pu procéder à l’identification des habitants de ces squats, et que leurs expulsions sont légales. L’intervention des gendarmes se faisait avec la présence d’huissiers. La plupart du temps, comme on peut l’imaginer, plus personne n’était là pour attendre la troupe.
Youri D. : Quels sont les arguments des zadistes pour justifier leur droit à rester sur ces terres ?
Ils ne peuvent plus se prévaloir de la lutte contre le projet d’aéroport et expliquent qu’ils ont développé une société, une communauté échappant à de nombreuses règles tant économiques que politiques. Cela ne veut pas dire que tous les habitants qui résidaient dans la zone vivaient en dehors de tout. Les enfants étaient inscrits à une halte-garderie ou à la crèche, étaient suivis par un pédiatre. Un éleveur (illégal, donc), qui ne fait pas partie des historiques installés avant la création de la ZAD, vend ainsi son lait à Biolait, qui passe le ramasser régulièrement.
Tous ces occupants espéraient pouvoir faire perdurer leur expérience de vie. Comme cela s’est fait au Larzac, et comme il existe aussi des collectivités du type de Longo Maï, dans les Alpes du Sud.

   


Chris : Quels sont les critères de pérennisation pour les installations des occupants de la ZAD ? A quel titre peuvent-ils prétendre conserver des installations sur des terrains dont ils ne sont pas propriétaires ?
Les critères, malgré ce qui est affirmé par les autorités, sont assez flous. Il faut déposer un projet (élevage, boulangerie, maraîchage, apiculture, conserverie…), donner une identité, quitte à en regrouper plusieurs dans un projet associatif, et localiser le projet sur telle ou telle parcelle. Mais l’important semble pour la préfète de voir les zadistes volontaires s’asseoir autour d’une table, quitte à ce que les dossiers ne soient pas finalisés.
En plus de ce questionnaire, les agriculteurs historiques ou récents font des demandes de convention d’occupation précaire.
Nat78730 : La tendance sur la ZAD est-elle de vouloir négocier et accepter des projets individuels ou de rester dans une démarche 100 % collective du tout ou rien ?
Les positions sont diverses, et encore plus dans un moment de grande fébrilité comme actuellement. Mais globalement, la ZAD communique sur ses projets et veut les valider. Une conférence de presse s’est tenue dans la ZAD avec une trentaine de porteurs de projet, pour certains installés depuis plusieurs années. Vont-ils faire le pas — la concession, pourrait-on dire — de la déclaration individuelle ? Difficile à dire.
La destruction de la ferme des 100 noms a eu plutôt l’effet inverse de celui recherché par le gouvernement, qui était de dire en substance « certes, il y avait des projets agricoles sur ce site, mais sans déclaration individuelle en bonne et due forme, alors on détruit ». Les zadistes ont alors dénoncé un chantage.
Ifig : Combien de projets d’installation ont-ils déjà été acceptés par l’Etat ?
Officiellement aucun, même si la préfète a exclu de la liste des sites expulsables les quatre fermes historiques, ainsi que tous les bâtiments en dur, dont certains abritent déjà des activités d’élevage, agricoles ou artisanales (ferme de Bellevue, Saint-Jean-du-Tertre, les Fosses noires, la Rolandière…).

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                Des architectes et des paysagistes défendent la ZAD de Notre-Dame-des-Landes



AlexSG : Que pense la population environnante de la ZAD ?
Quand on habite à Notre-Dame-des-Landes ou à Vigneux-de-Bretagne, soit au nord et au sud de la ZAD, on est assez loin de la zone d’affrontement — 5 à 6 kilomètres voire plus. Mais la fermeture des deux routes, qui oblige à faire des détours importants (15, 20 kilomètres parfois) complique la vie quotidienne.
Surtout, qu’ils aient été pour ou contre le projet d’aéroport, les habitants dans leur grande majorité veulent que cette zone retrouve sa vocation agricole, et surtout sa tranquillité. Beaucoup ne voyaient pas non plus d’un bon œil des zadistes ne pas payer de loyer, d’électricité ou pour l’enlèvement des nombreux déchets.
Antoine : Pourquoi était-il si urgent pour l’Etat d’intervenir à partir du moment où le projet d’aéroport a été abandonné ? Pourquoi ne pas construire quelque chose dans le dialogue ? Surtout que Nicolas Hulot est censé être réceptif à ce genre de projet…
Le ministre de la transition écologique a été très discret depuis le début de l’intervention. Satisfait sans doute par l’abandon du projet d’aéroport, il a toujours avancé, comme les autres membres du gouvernement, la nécessité du retour à l’Etat de droit. Comme Ségolène Royal avant lui, peu convaincue par le projet d’aéroport mais favorable à ce que le problème de la ZAD soit réglé.
Eric K. : Quelles sont les relations entre les agriculteurs historiques et les occupants de la ZAD ?
Elles ont évolué après la victoire contre le projet d’aéroport. Historiquement, quand la zone d’aménagement différé (ZAD) est devenue « zone à défendre », en 2009, la cohabitation entre les nouveaux arrivants et les agriculteurs déjà en lutte a été compliquée. Puis l’opération avortée d’évacuation de la ZAD, « César », en novembre 2012, a soudé les rangs, les zadistes s’appuyant sur la légitimité historique des paysans et sur leur image, ceux-ci profitant de la capacité de résistance des nouveaux venus.
Aujourd’hui, le projet d’aéroport n’est plus. Les agriculteurs sont tournés vers la discussion sur l’avenir des terres ainsi libérées. S’ils restent solidaires, ils estiment pour la plupart, ainsi que dans les associations historiques de la lutte, que le passage par un dossier individuel de même que la libération des routes doivent être concédés.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ La fin officielle des expulsions, vendredi, est loin de clore le débat sur l’avenir de la « zone à défendre ». Notre journaliste Rémi Barroux vous répond.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Emmanuel Macron et Justin Trudeau doivent reconnaître les risques que le traité commercial entre l’Europe et le Canada fait peser sur les droits des consommateurs et des citoyens, plaide Karine Jacquemart, directrice générale de l’ONG Foodwatch France, dans une tribune au « Monde ».
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Libre-échange : « Le CETA va ébranler notre démocratie »

Emmanuel Macron et Justin Trudeau doivent reconnaître les risques que le traité commercial entre l’Europe et le Canada fait peser sur les droits des consommateurs et des citoyens, plaide Karine Jacquemart, directrice générale de l’ONG Foodwatch France, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    13.04.2018 à 14h00
    |

Karine Jacquemart (Directrice générale de Foodwatch France)







                        



                                


                            
Tribune. Justin Trudeau arrive en France dimanche 15 avril pour une visite de trois jours. Il y a fort à parier que les photographes se régaleront en immortalisant la rencontre du premier ministre canadien et d’Emmanuel Macron, ces deux quadragénaires qui incarnent une nouvelle génération de leadeurs politiques. « Nouvelle génération », c’est aussi le terme accolé à l’accord de libre-échange CETA qui lie l’Europe et le Canada. Le CETA est en effet le premier d’une série d’accords qui ne se contentent plus de réduire les barrières tarifaires (les droits de douane), mais visent à supprimer tous les « obstacles au commerce », ce qui inclut les différences de réglementation qui nous protègent sur le plan sanitaire, social et environnemental.
en matière de commerce le Canada n’est pas le pays inoffensif de notre imaginaire collectif
Les sourires confiants et les poignées de main des deux hommes qui ne manqueront pas pendant cette visite ne doivent pas faire oublier les risques du CETA et le fait qu’en matière de commerce le Canada n’est pas le pays inoffensif de notre imaginaire collectif. Loin de là ! Justin Trudeau déclarait il y a un an au Parlement européen que « le CETA est un accord moderne », qui va « améliorer la vie des Canadiens et des Européens ».
Or, c’est faux. Aujourd’hui, nombre d’analyses – y compris celles produites par la commission d’évaluation de l’impact du CETA, présidée par l’économiste Katheline Schubert et dont les membres sont nommées par M. Macron – montrent que le CETA va ébranler notre démocratie et fait peser des risques considérables sur les droits des consommateurs et des citoyens, sur l’agriculture, l’alimentation et même sur la protection de notre environnement et de notre planète.

Nous ne sommes pas opposés aux accords de commerce. Mais la pilule du CETA est trop grosse à avaler. Les tactiques employées par cet accord d’un nouveau genre montrent bien que les intérêts...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Selon l’association de consommateurs à l’origine de cette assignation, ces entreprises promettent des rabais plus avantageux que le montant réel des économies.
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Les fournisseurs d’électricité alternatifs CDiscount, Total Spring et Engie assignés pour « pratiques commerciales trompeuses »

Selon l’association de consommateurs à l’origine de cette assignation, ces entreprises promettent des rabais plus avantageux que le montant réel des économies.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 13h47
   





                        


L’association de consommateurs CLCV (pour Consommation logement cadre de vie) a annoncé vendredi 13 avril avoir assigné en justice trois fournisseurs d’électricité, CDiscount, Total Spring (Total) et Engie pour « pratiques commerciales trompeuses », estimant que ces sociétés promettent des rabais plus avantageux que le montant réel des économies.
« On se rend compte que les offres sont en deçà de ce qui est annoncé par ces trois fournisseurs », note Vincent Licheron, chargé de mission environnement pour CLCV auprès de l’Agence France-Presse (AFP).
« Par exemple, CDiscount annonce une différence de 15 % par rapport au tarif réglementé, alors qu’en réalité on constate que c’est plutôt 10 % », poursuit-il.
Les rabais ne concernent que la part variable de la facture
Selon CLCV, ces publicités ne sont pas assez précises car elles ne mentionnent pas que le rabais concerne uniquement la part variable, c’est-à-dire la consommation d’électricité et non la part fixe (abonnement, taxes…).
« On conteste les reproches qui nous sont faits, dans la mesure où on affiche de manière très claire sur notre site Internet et dans les différentes communications qu’on peut faire sur les offres le fait que la réduction s’applique à la consommation et donc au kilowattheure », se défend une porte-parole d’Engie, interrogée par l’AFP.
Même son de cloche chez CDiscount, qui assure être « totalement transparent » dans ses communications.
« Concernant les – 15 %, il est précisé qu’il s’agit du pourcentage de réduction sur le prix hors taxe du kilowattheure », explique la société.
A la mi-journée, Total n’avait pas donné suite aux sollicitations de l’AFP.

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                Electricité : la concurrence s’accroît, mais les prix ne baissent pas



18 % des foyers ont choisi un autre fournisseur d’électricité qu’EDF
Le marché de l’électricité pour les particuliers a été libéralisé il y a plus de dix ans et si l’opérateur historique EDF conserve une position dominante, les consommateurs sont de plus en plus nombreux à se tourner vers d’autres fournisseurs, moins chers.
Presque 5,9 millions de foyers (18 %) sont désormais en offre de marché où en moyenne le tarif est inférieur de 9 % à 10 % à celui du tarif réglementé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Alors qu’Anne Hidalgo veut faire de la lutte contre la pollution sa priorité, la municipalité multiplie les projets qui accroissent la densité de la population et donc les émissions de CO2 note, dans une tribune au « Monde », l’urbaniste Albert Lévy.
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Climat et pollution : « Paris se pense trop souvent comme une île isolée dans la région »

Alors qu’Anne Hidalgo veut faire de la lutte contre la pollution sa priorité, la municipalité multiplie les projets qui accroissent la densité de la population et donc les émissions de CO2 note, dans une tribune au « Monde », l’urbaniste Albert Lévy.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 12h48
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 14h17
    |

Albert Lévy (Arcitecte urbaniste, chercheur associé au CNRS)







                        



                                


                            
Tribune. Le tribunal administratif de Paris a annulé mercredi 21 février l’arrêté municipal de fermeture à la circulation des voies sur berges rive droite. Cette décision remet en question une des mesures majeures de la Mairie de Paris de lutte contre la place de l’automobile dans la capitale et la pollution de l’air qu’elle engendre. Le combat contre l’automobile est prioritaire pour Anne Hidalgo et sa politique en faveur de la santé publique et du climat.
Malgré des objectifs climatiques fort louables et vertueux, la Ville de Paris poursuit cependant une politique contradictoire de densification de la capitale
Le nouveau Plan climat parisien (2017-2022), très ambitieux, comprend, en effet, l’élimination des véhicules à essence pour 2030, à diesel dès 2020, la rénovation thermique d’un million de logements, 100 % d’énergie renouvelable (énergie solaire et géothermique) par création d’un fonds vert…, pour parvenir en 2050 à une ville zéro carbone. Hidalgo a réagi à cette décision du tribunal administratif par un nouvel arrêté, mais en recourant, cette fois, à des arguments esthétiques, patrimoniaux et touristiques, de sauvegarde du site classé par l’Unesco, menacé par la circulation. On y perd son latin.
Malgré ces objectifs climatiques fort louables et vertueux, la Ville de Paris poursuit cependant une politique contradictoire de densification de la capitale en construisant sur toutes les parcelles disponibles, toutes les friches industrielles et ferroviaires libérées, soulevant contestations et recours juridiques de la part d’habitants, d’associations, d’élus, écolos ou pas… qui réclament plus d’espaces verts et moins de béton dans Paris : multiplication des ZAC (une quinzaine actuellement en chantier), lancement de nouveaux projets (« Réinventer Paris » avec vingt-trois parcelles vendues), surélévation possible des immeubles bas (8,2 % des immeubles de la capitale), construction de tours surtout dans la zone entre Maréchaux et périphérique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Un collectif de spécialistes de la santé rappelle dans une tribune au « Monde » les méfaits d’une consommation excessive de viande. Ils demandent au gouvernement de lancer une campagne de prévention afin d’inciter à l’adoption d’un régime moins carné et plus végétal.
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« La consommation de viande a des conséquences directes sur notre santé »

Un collectif de spécialistes de la santé rappelle dans une tribune au « Monde » les méfaits d’une consommation excessive de viande. Ils demandent au gouvernement de lancer une campagne de prévention afin d’inciter à l’adoption d’un régime moins carné et plus végétal.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 12h36
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 12h44
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Au carrefour des problématiques de santé, d’agriculture et d’écologie, l’alimentation est un sujet politique d’importance, actuellement discuté dans la préparation d’une loi qui fait suite aux Etats généraux de l’alimentation.
Il est aujourd’hui bien établi que de nombreuses pathologies (maladies cardio-vasculaires, cancers, maladies respiratoires chroniques, diabète principalement) sont liées à nos modes de vie. Ces pathologies sont des causes fréquentes d’invalidité et de mort, et pèsent lourdement sur les dépenses de santé publique. Par exemple, le coût du diabète de type 2 est évalué à 9 milliards d’euros par an.

A juste titre, on évoque le tabagisme, la consommation d’alcool ou la sédentarité, pour expliquer l’accroissement considérable de leur prévalence. Mais un facteur central, bien identifié par l’Organisation mondiale de la santé, est souvent passé sous silence : la transformation radicale de notre modèle alimentaire, qui contient deux fois plus de viande que celui de nos grands-parents, trois fois plus que celui de nos arrière-grands-parents !
Des conséquences sur notre santé
Cette consommation de viande a des conséquences directes sur notre santé, à travers les modifications de métabolisme qu’elle engendre. Elle agit également indirectement sur notre santé, par le biais des pollutions locales et globales qu’elle provoque, mais aussi par l’antibiorésistance créée par l’élevage, à travers son utilisation massive des antibiotiques (Plus de 80 % des antibiotiques utilisés en France sont à destination de l’élevage), qui les rend inefficaces pour traiter les pathologies infectieuses humaines.
Nous soutenons le projet que les cantines scolaires proposent des options végétariennes quotidiennes, ainsi que des menus végétariens pour tous, une fois par semaine
Par ailleurs, la surconsommation de viande est aussi responsable des zoonoses, maladies animales transmises aux êtres humains (grippe aviaire,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ La préfète de la région Pays de la Loire, Nicole Klein, a appelé, vendredi, celles et ceux qui souhaitent s’installer légalement sur le territoire à régulariser leur situation d’ici au 23 avril.
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Notre-Dame-des-Landes : « Tout ce qui était évacuable a été évacué »

La préfète de la région Pays de la Loire, Nicole Klein, a appelé, vendredi, celles et ceux qui souhaitent s’installer légalement sur le territoire à régulariser leur situation d’ici au 23 avril.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 18h19
    |

            Pierre Bouvier (Nantes, envoyé spécial)








                        


La préfète de la région Pays de la Loire, Nicole Klein, a déclaré, vendredi 13 avril, que « tout ce qui était évacuable a été évacué » sur la « zone à défendre » (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes, signifiant ainsi la fin de l’opération d’expulsion des occupants « illégaux » engagée lundi. Mme Klein a évoqué « 29 squats » évacués.
Jeudi, lors de l’entretien qu’il a accordé à TF1, Emmanuel Macron avait déclaré :
« L’opération est arrivée à un point où tout ce qui était évacuable a été évacué. Il y aura maintenant, dans les prochains jours, un travail sous l’autorité de la préfète qui consiste à permettre aux projets agricoles légaux, organisés, de se faire. »
A ce propos, Mme Klein a expliqué avoir « demandé d’établir un formulaire simplifié pour permettre à ceux qui le souhaitent de déclarer leur projet dans les meilleurs délais ».
« Le projet collectif n’empêche pas le projet individuel »
Celles et ceux qui souhaitent s’installer légalement sur le territoire devront renseigner « leur nom, leur projet et la parcelle [qu’ils souhaitent exploiter] », a-t-elle ajouté. Le document est à remplir et le renvoyer d’ici au 23 avril.

Déclaration d’intention de projet individuel qui sera proposé aux occupants de la ZAD pour permettre aux occupants illégaux de régulariser leur situation et rester sur place, dispo auprès de la DTTM. A renvoyer pour le 23/04 #NDDL pic.twitter.com/c57lvgPxss— Pierre Bouvier (@pibzedog) 13 avril 2018


Consciente que les occupants de la ZAD demandaient à ce que soit validé un projet collectif, la préfète a ajouté que « le projet collectif n’empêche pas le projet individuel ».
Elle a, par ailleurs, estimé que la ferme des 100 Noms n’avait pas de projet agricole et qu’il ne pouvait pas y avoir de statut particulier. Elle se dit sûre que certains viendront aux concertations.
Dégagement des routes et perquisition
Nicole Klein a également salué « le professionnalisme et la maîtrise des forces de gendarmerie », qui sont intervenus, vendredi vers 6 heures du matin, dans la ZAD pour dégager les axes routiers, avec en parallèle une perquisition menée par la police judiciaire dans le cadre de l’enquête sur le tir d’une fusée sur un hélicoptère de gendarmerie mardi.

Sur la D281 👉🏻 « liberté d’aller et venir ». Il n’y a personne sur la route, à part des gendarmes. Mais on peut y a… https://t.co/6mbFoVrOZl— pibzedog (@Pierre Bouvier)


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L’opération s’est concentrée sur la D81, une des deux routes principales traversant la ZAD, où une embuscade a eu lieu jeudi, selon les gendarmes, faisant dix blessés dans leurs rangs. Des affrontements étaient en cours dans la matinée, affrontements que la préfète a vivement condamnés :
« La violence n’est en aucun cas acceptable et ceux qui [commettent ces actes] devront en répondre devant les tribunaux. »
Depuis lundi, 45 autres gendarmes ont été blessés.
La préfète a également annoncé que les gendarmes mobiles resteraient pour le déblaiement des parcelles, garantir la circulation sur les départementales 281 et 81, prévenir toute réoccupation illégale.
Elle a également balayé la question du coût des opérations, estimant que :
« Ce n’est pas un problème de coût, c’est une question de retour de l’état de droit, ce qui n’a pas de prix. »
Les gendarmes blessés ont reçu la visite du premier ministre, Edouard Philippe, et du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb. Ces derniers sont allés au poste de commandement de la gendarmerie à Saint-Etienne-de-Montluc, au sud de la ZAD, pour « faire un point sur les opérations d’évacuation qui ont lieu depuis lundi et saluer les personnels qui ont été engagés » dans cette action, a précisé Matignon.
Fin de semaine à haut risque
La fin de la semaine va être déterminante. Samedi, une manifestation contre les expulsions de la ZAD est prévue à Nantes. D’autres mouvements – cheminots, étudiants – devraient se joindre au cortège. Elle s’annonce potentiellement explosive dans une ville qui reste marquée par les heurts et les dégâts considérables causés le 22 février 2014, à l’issue d’une manifestation contre le projet d’aéroport.
Mme Klein avait confié, avant sa conférence de presse, que les autorités réfléchissent à la possibilité d’interdire le grand rassemblement de protestation qui doit se tenir dans le bocage de Notre-Dame-des-Landes dimanche. « On va regarder de près comment se passe la manifestation samedi à Nantes et on avisera », avait-elle précisé. Pendant sa conférence de presse, Mme Klein s’est voulue plus rassurante, se disant certaine que le rassemblement sera pacifique.
La plupart des associations, locales et nationales, qui étaient engagées dans ce combat, ont pour l’heure appelé à converger vers la zone. Mais certains pourraient être tentés de ne pas se joindre à ce qui s’apparente à « une manifestation de tous les dangers », selon les termes de l’un d’entre eux.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Selon Elwyn Sirieys et Pascal da Costa, de l’Ecole CentraleSupélec, qui s’expriment dans une tribune au « Monde », l’actuel projet de réforme de la SNCF va à l’encontre des engagements environnementaux du gouvernement.
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SNCF : « Notre réseau ferroviaire est un atout majeur dans la lutte contre le réchauffement climatique »

Selon Elwyn Sirieys et Pascal da Costa, de l’Ecole CentraleSupélec, qui s’expriment dans une tribune au « Monde », l’actuel projet de réforme de la SNCF va à l’encontre des engagements environnementaux du gouvernement.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 09h41
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 15h15
    |

Pascal da Costa (Enseignant-chercheur à CentraleSupélec) et Elwyn Sirieys (Elève-ingénieur à CentraleSupélec)







                        



                                


                            
Tribune. La CGT, l’UNSA et la CFDT ont annoncé deux jours de grève sur cinq pendant trois mois, avec la volonté de faire reculer le gouvernement sur le projet de suppression du statut de cheminot. S’il existe un point commun entre les revendications des opposants à la réforme de la SNCF et les recommandations du rapport Spinetta, remis le 15 février au premier ministre, c’est bien la part belle faite aux préoccupations d’ordre purement économique : ouverture à la concurrence, fin des régimes spéciaux, etc.
Hasard du calendrier ou non, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a émis, le 28 février, un avis alarmant sur l’application de la loi de transition énergétique votée en 2015. Les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici à 2030 et de 75 % à l’horizon 2050 seront inatteignables en l’absence d’investissements majeurs, notamment dans les alternatives au transport routier individuel.

Or, de toutes les critiques adressées au projet de réforme, le respect de l’environnement est celle dont on parle le moins. Notre réseau ferroviaire est pourtant un atout majeur dans la lutte contre le réchauffement climatique et, plus localement, pour la qualité de l’air dans nos métropoles. En 2017, le secteur des transports représentait 39 % des émissions de gaz à effet de serre et 96 % pour le CO2 (d’origine routière essentiellement).
Trains hybrides
Aujourd’hui, alors que le réseau ferroviaire représente près de 10 % du volume de transports sur le territoire métropolitain, il n’est à l’origine que de 0,52 % du CO2 imputable aux transports et de 6 % des émissions de particules fines de type PM10.
Seule la moitié des voies ferrées françaises sont électrifiées
En zone urbaine et périurbaine, les tramways et RER émettent chacun moins de 5 grammes de CO2 par voyageur au kilomètre, contre 125 grammes pour les bus. En zone interrégionale, les TGV émettent environ 50 % de CO2 de moins que...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 12/04/2018
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Notre-Dame-des Landes : fin officielle des expulsions

Dans la ZAD, la tension reste vive et les forces de l’ordre mobilisées. Les gendarmes ont procédé à des interpellations



Le Monde
 |    13.04.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 10h50
    |

            Rémi Barroux, 
Pierre Bouvier et 
                                Yan Gauchard (Nantes, correspondant)








                        



                                


                            

La fin des expulsions des occupants « illégaux » sur la zone à défendre (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) est officielle. La préfète de la région Pays de la Loire, Nicole Klein, l’a confirmé lors d’une conférence de presse vendredi matin 13 avril. Jointe par téléphone dans l’après-midi, jeudi, elle avait annoncé au Monde l’arrêt des opérations commencées il y a quatre jours, le 9 avril, à 3 heures du matin.
Cette décision est la traduction concrète de ce que le chef de l’Etat a déclaré, lors de l’entretien qu’il a accordé à TF1, jeudi, à 13 heures. « L’opération est arrivée à un point où tout ce qui était évacuable a été évacué. Il y aura maintenant, dans les prochains jours, un travail sous l’autorité de la préfète qui consiste à permettre aux projets agricoles légaux, organisés, de se faire », a expliqué Emmanuel Macron.
La préfète a également tendu la main aux zadistes : elle a appelé les occupants de la ZAD, y compris les expulsés, à déclarer leurs projets agricoles d’ici le 23 avril pour amorcer un « processus de régularisation ». « J’ai demandé à la direction départementale des territoires d’élaborer un formulaire simplifié pour permettre à ceux qui le souhaitent de déclarer leurs projets dans les meilleurs délais », a déclaré Nicole Klein. « Il leur est simplement demandé à ce stade de déclarer leur nom, de déclarer le projet agricole qu’ils souhaitent développer et de préciser les parcelles sur lesquelles ils souhaitent le mettre en oeuvre afin que l’Etat (...) puisse instruire ces demandes ».
Jeudi dans son entretien télévisé, M. Macron avait évoqué le cas des seuls agriculteurs : « Je souhaite que les agriculteurs qui sont sur place, qui ont un projet pour ce territoire puissent le développer, mais ce n’est pas le désordre et ce n’est pas l’occupation par des gens qui ne cherchent qu’à créer le trouble », avait-il déclaré.
Sur le terrain, après les violents...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ « L’opération est arrivée à un point où tout ce qui était évacuable a été évacué », a déclaré Emmanuel Macron. La préfète de la Loire-Atlantique devrait annoncer, vendredi, la reprise des négociations.
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Notre-Dame-des-Landes : opération en cours pour dégager les axes routiers

« L’opération est arrivée à un point où tout ce qui était évacuable a été évacué », a déclaré Emmanuel Macron. La préfète de la Loire-Atlantique devrait annoncer, vendredi, la reprise des négociations.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 01h13
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 10h30
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


Tôt, vendredi 13 avril, une intervention des forces de l’ordre a été lancée à 6 heures dans la ZAD (« zone à défendre ») de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) pour dégager les axes routiers. Dans le même temps une perquisition était menée par la police judiciaire dans le cadre de l’enquête sur le tir d’une fusée sur un hélicoptère de gendarmerie mardi.
L’opération se concentre sur la D81, une des deux routes principales traversant la ZAD, où une embuscade a eu lieu jeudi, selon les gendarmes, faisant dix blessés dans leurs rangs. Des affrontements étaient en cours dans la matinée.
Au même moment, la préfète des Pays de la Loire, Nicole Klein, a annoncé au cours d’une d’une conférence de presse : « Tout ce qui était évacuable a été évacué » et évoqué l’évacuation de « 29 squats ». Après quatre jours d’expulsions, d’affrontements et la destruction de vingt-neuf installations, Nicole Klein, la préfète des Pays de la Loire, avait annoncé à Ouest-France jeudi la fin des opérations sur le site du projet abandonné d’aéroport et la reprise des négociations.

        Lire aussi :
         

                Notre-Dame-des Landes : fin officielle des expulsions



La préfète n’a fait que reprendre peu ou prou les mots du président de la République, lors de son entretien au journal de 13 heures sur TF1 : « L’opération est arrivée à un point où tout ce qui était évacuable a été évacué. Il y aura maintenant dans les prochains jours un travail sous l’autorité de la préfète qui consiste à permettre aux projets agricoles légaux organisés de se faire », a déclaré Emmanuel Macron.
Les propos d’Emmanuel Macron lancés aux gendarmes
Des propos qui ont été renvoyés aux gendarmes mobiles disposés le long de la D281, face aux manifestants rassemblés sur le lieu appelé les Vraies rouges, survolé par un drone et un hélicoptère de la gendarmerie. Pour beaucoup, la journée de jeudi a été plus calme que celle de la veille : « Mercredi, ils ont cassé ; jeudi, ils ont déblayé », relève un manifestant cagoulé. Quand un convoi de pelleteuse passe sur la D281, il est copieusement hué, ses chauffeurs traités de « collabos ».
Pourtant, le face-à-face a duré toute la journée, ponctué par des tirs de grenades lacrymogènes, mais pas seulement. Pendant les périodes de calme, les manifestants haranguent les gendarmes disposés en ligne dans le champ et surtout, ramassent les étuis de grenade, reprochant aux forces de l’ordre de polluer le site et de gaspiller l’argent du contribuable.

        Lire aussi :
         

                NDDL : « On a un peu de mal à comprendre la logique de la stratégie gouvernementale »



Les étuis sont entassés quelques dizaines de mètres en arrière, près des Fosses noires, par « Maquis », 70 ans, qui évalue à 322 000 euros le coût des grenades lancées depuis le début de la semaine. Mais pas question d’approcher des gendarmes pour ramasser celles qui traînent à leurs pieds : ils se braquent lorsque les manifestants approchent à moins de 10 mètres.

Ambiance sur les Vraies Rouges à #NDDL. En fin d’AM, c’est officiel👉🏻 « l'opération est arrivée à un point où tout… https://t.co/Z3x4LG5Fnv— pibzedog (@Pierre Bouvier)


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Soutiens venus hors de la ZAD
Dans la matinée, les zadistes ont été rejoints par d’autres manifestants, comme Jean-Claude K., 56 ans, officier de port à Saint-Nazaire. Il arpente la zone, tête nue, à visage découvert, porteur d’un Gwen ha du, le drapeau de la Bretagne.
« Je suis là parce que je suis choqué par la façon dont ça se passe depuis le début de la semaine. Cela pouvait se régler en quelques semaines, quelques mois. Le président Macron, il a dit qu’il allait faire autrement, mais là, on voit bien que rien n’a changé. Le discours sur les droits de l’homme, le “vivre ensemble”, c’est du baratin. »
Un groupe d’agriculteurs membres de Copains 44, un collectif de paysans contre l’aéroport, est arrivé avec 50 tracteurs pour protéger les zones de vie et de production. Mais vers 15 h 30, ils s’en retournent chez eux, à pied : « On doit aller chercher nos enfants à l’école. »
Le calme n’est qu’apparent : les têtes brûlées se réjouissaient en début d’après-midi de l’affontement avec des gendarmes survenu en milieu de journée. Selon la colonelle Karine Lejeune, porte-parole de la Gendarmerie nationale, lors d’un affrontement, dix militaires ont été blessés, dont cinq touchés par de l’acide aux jambes et un blessé par de multiples éclats d’un engin explosif. Cinq d’entre eux ont été évacués vers l’hôpital de Nantes.
Au bilan de la gendarmerie, les zadistes opposent le leur, partiel, établi par l’équipe médicale, faisant état de sept blessés, la plupart par les éclats des grenades.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Des écologues soulignent la perception erronée du public occidental vis-à-vis d’espèces charismatiques et menacées d’extinction.
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Lions, gorilles, girafes… les stars de la faune sauvage disparaissent dans la nature

Des écologues soulignent la perception erronée du public occidental vis-à-vis d’espèces charismatiques et menacées d’extinction.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 20h00
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 06h30
    |

                            Anne Mellier








                        



                                


                            

Lions, gorilles, girafes et autres stars de la faune sauvage sont les mascottes favorites des grandes entreprises et les chouchous des sociétés occidentales. Mais leur popularité ne les empêche pas d’être aujourd’hui menacés d’extinction.
Une réalité largement ignorée du grand public. Car la surreprésentation des animaux charismatiques dans la publicité, le marketing, les produits culturels et les jouets pour enfants a pour effet de tromper les citoyens sur leurs chances de survie à l’état naturel à court terme. C’est ce qu’analyse une étude menée pendant six ans par une équipe d’écologues, de biologistes de la conservation et d’économistes de six pays, publiée le 12 avril dans la revue PLoS Biology.
Ces chercheurs se sont intéressés à la notion d’espèces animales charismatiques, souvent évoquée en biologie de la conservation. Une partie de la communauté scientifique reproche à ces icônes de drainer trop d’attention et de moyens, au détriment d’espèces moins connues mais tout aussi importantes pour la biodiversité.
Les dix animaux les plus populaires
« Je me suis demandé s’il était vrai que les espèces les plus charismatiques bénéficiaient d’un régime de faveur pour la conservation », explique Franck Courchamp, de l’université Paris-Sud et directeur de recherche au CNRS qui a piloté l’étude. Du coup, il a cherché à les identifier de façon incontestable.
Les chercheurs ont donc d’abord établi une méthodologie pour établir la liste des dix animaux les plus populaires. Ils se sont basés sur quatre éléments : une vaste enquête en ligne, un questionnaire distribué à des enfants d’école primaire en France, en Espagne et au Royaume-Uni, les animaux mis en avant sur les sites des zoos des cent plus grandes villes du monde, et ceux présents dans les films d’animation des studios Disney et Pixar.
En pole position arrivent le tigre, le lion et l’éléphant, suivis de la girafe, du léopard, du panda, du guépard, de l’ours...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Après les polémiques sur le glyphosate, la Commission européenne veut redorer son blason en réformant les règles de la sécurité sanitaire.
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Bruxelles propose plus de transparence dans l’homologation des pesticides

Après les polémiques sur le glyphosate, la Commission européenne veut redorer son blason en réformant les règles de la sécurité sanitaire.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 18h01
    |

            Stéphane Foucart








                        



   


Après trois ans de controverses sur la sûreté du glyphosate, la Commission européenne veut redorer le blason du système de sécurité sanitaire de l’Union. Elle a présenté, mercredi 11 avril, son plan de réforme de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), régulièrement critiquée par les organisations non gouvernementales et les parlementaires européens pour son manque de transparence et sa proximité avec les industriels qu’elle régule.
Les propositions de réforme sont la réponse de Bruxelles à une Initiative citoyenne européenne lancée début 2017 par un collectif d’ONG, demandant l’interdiction du glyphosate et une refonte des procédures d’homologation des pesticides en Europe : l’initiative ayant rassemblé plus d’un million de signatures, la Commission était légalement tenue d’y apporter une réponse.
Le point saillant de la réforme proposée par Bruxelles garantit une transparence accrue. Celle-ci prévoit en effet la publication des données générées par les études industrielles fournies à l’appui des demandes d’homologation. Aujourd’hui, une société souhaitant mettre sur le marché un nouveau produit phytosanitaire, par exemple, doit fournir à l’EFSA des études réglementaires répondant à un certain cahier des charges, et évaluant la toxicité de sa molécule. Mais les données brutes de ces études demeurent confidentielles et ne peuvent pas être examinées par des scientifiques indépendants, des ONG, des sociétés savantes, etc.
L’agence pourrait voir son budget augmenter de 75 %
La proposition de la Commission « donnera un meilleur accès aux informations scientifiques soumises à l’EFSA », explique-t-on à Bruxelles. En outre, l’exécutif européen souhaite que des études supplémentaires puissent être conduites par les autorités sanitaires en cas de doutes et veut associer plus étroitement les Etats membres dans l’évaluation des substances entrant dans la chaîne alimentaire.
« Plus de transparence est évidemment appréciable, mais le diable est dans les détails, commente Martin Pigeon, chercheur à Corporate Europe Observatory (CEO), l’une des ONG à l’origine de l’Initiative citoyenne. Mais on ne sait pas encore précisément comment ces données pourront, ou ne pourront pas, être utilisées à des fins de réanalyse. On ignore notamment si les chercheurs qui voudront réanalyser les données seront soumis à l’autorisation des industriels, qui en demeurent les propriétaires. »
La réforme voulue par Bruxelles inclut également la création d’un registre des études conduites par l’industrie. Ce registre devrait permettre d’éviter que seuls les tests fournissant des résultats favorables ou rassurants soient in fine soumis aux autorités : toutes les études conduites devraient en effet être inscrites à ce registre. Un modèle inspiré de la réglementation en vigueur pour les études cliniques préalables à la mise sur le marché des médicaments.
« Pas les moyens de ses ambitions »
« Ce texte va dans le sens du combat que nous menons depuis plus d’un an maintenant et devra jeter les bases de nouvelles pratiques garantissant transparence et indépendance du processus décisionnel de l’Union », estime l’eurodéputé Eric Andrieu (groupe social-démocrate), président de la commission spéciale sur le système d’autorisation des pesticides en Europe. M. Andrieu rappelle que l’EFSA ne dispose que d’un budget de 80 millions d’euros par an, très inférieur à celui de son homologue américaine, et « n’a pas les moyens de ses ambitions ». La proposition de la Commission prévoit aussi une hausse considérable du budget de l’EFSA. L’agence basée à Parme (Italie) pourrait voir son budget augmenter de 62,5 millions d’euros, soit une hausse de 75 %.
Pour Greenpeace, une autre des ONG ayant porté l’initiative citoyenne qui a conduit à ce projet de réforme, celui-ci n’est pas suffisant. « La Commission n’a répondu qu’à un petit nombre de nos demandes, dit Franziska Achterberg. Par exemple, les tests réglementaires demeurent conduits par les industriels eux-mêmes, dans des conditions évidentes de conflits d’intérêts. Ce que nous voulons est que ces tests soient commandités par les pouvoirs publics. » M. Andrieu formule les mêmes réserves. « Ce texte ne règle pas tous les problèmes, à commencer par celui de l’objectivité des études de l’industrie, précise-t-il dans un communiqué. Les firmes gardent la mainmise sur les tests réalisés sur leurs propres produits. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ La mise en place du protocole WLTP en septembre 2018 risque d’augmenter le calcul des émissions de CO2, et d’accroître ainsi la fiscalité des véhicules.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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Pollution : les flottes dans le flou à la veille de nouvelles homologations

La mise en place du protocole WLTP en septembre 2018 risque d’augmenter le calcul des émissions de CO2, et d’accroître ainsi la fiscalité des véhicules.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 18h00
    |

                            Jean-Pierre Lagarde








                        



                                


                            

Le 1er septembre, le protocole d’homologation WLTP (Worldwide Harmonized Light Vehicles Test Procedure, ou procédure d’essai mondiale harmonisée pour les voitures particulières et véhicules utilitaires légers, en français) ­s’appliquera à tous les nouveaux véhicules commercialisés.
Dans la foulée, s’ajoutera un second protocole baptisé RDE, effectuant en conditions réelles de circulation les tests et mesures d’homologation, proposant ainsi des résultats de consommations et d’émissions plus proches de la réalité. Si après le « dieselgate », ­chacun appelait de ses vœux une ­procédure de mesure des émissions polluantes plus proche des conditions réelles de conduite, son introduction aujourd’hui engendre de nombreuses incertitudes.
« Pour les entreprises, la question va se poser soit d’accélérer le renouvellement de leur parc, soit d’attendre et de prolonger les contrats de location existants. » Jean-Loup Savigny, directeur commercial et marketing de LeasePlan
La mesure réelle des consommations et des émissions de CO2 des véhicules mis sur le marché devrait en effet se traduire par une hausse de l’ordre de 20 % et augmenter d’autant la fiscalité liée à ces véhicules dans les flottes d’entreprise. Certains constructeurs ont relevé sur leur gamme une augmentation de 10 à 20 g/km de CO2 entre l’ancien et le nouveau mode de mesure. Inutile de dire qu’une adaptation de la fiscalité automobile à ce nouveau protocole d’homologation est très attendue par les entreprises.
D’autant que rares sont les témoignages des constructeurs automobiles ­pouvant rassurer les gestionnaires de parc et leur permettre de déterminer une politique de renouvellement de leur flotte cette année. Comme le suggère Jean-Loup Savigny, directeur ­commercial et marketing du loueur LeasePlan, « ces nouvelles procédures vont ­certainement conduire à une refonte des politiques de gestion des flottes car, si la fiscalité sur les véhicules...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Un collectif estime qu’elle a vu naître de nouvelles façons de vivre avec la nature.
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Des architectes et des paysagistes défendent la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

Un collectif estime qu’elle a vu naître de nouvelles façons de vivre avec la nature.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 17h51
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 08h05
    |

            Isabelle Regnier








                        



                                


                            

La ZAD (zone à défendre), laboratoire de l’architecture de demain ? L’idée est soutenue avec ferveur par un collectif d’architectes, de paysagistes, d’urbanistes, de penseurs et de citoyens qui ont publié le 6 avril une tribune sur le site de Mediapart intitulée « Comme à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, défendons d’autres manières d’habiter », suivie d’une conférence de presse le 11, au lendemain de l’offensive des gendarmes et CRS sur le site de Loire-Atlantique. Révoltés par la violence des affrontements entre zadistes et forces de l’ordre et par la destruction des formes de vie et d’habitations qui avaient émergé sur place, les signataires – parmi lesquels l’architecte Patrick Bouchain et le paysagiste Gilles Clément – défendent la ZAD comme un laboratoire du futur. Un terrain d’expérimentations pour de nouvelles manières d’habiter, de travailler, de cultiver la terre, de bâtir, de vivre ensemble, dans le contexte actuel d’épuisement des ressources…
Du point de vue de l’architecture, cette voie vers la transition écologique se traduit selon eux par une grande variété de constructions et une remarquable inventivité : « Ce sont des corps de ferme rénovés lors de grands chantiers collectifs, de nouveaux hangars agricoles aux charpentes impressionnantes ; c’est aussi la force poétique des nombreuses cabanes dans les arbres, au milieu d’un lac, au coin d’une friche, ou d’un champ (…), écrivent-ils. Hors norme, multiples, divers, poétiques, adaptés, bidouillés, légers, sobres, précaires, faits de matériaux locaux ou de réemploi, en terre, en bois, en paille ou en récup, ces constructions répondent à leur échelle aux enjeux écologiques et énergétiques, à rebours du monde que l’industrie du béton et de l’acier est en train de construire partout sur la planète. »
Nicola Delon, architecte : « On est à l’opposé de la modernité aseptisée des hôtels Ibis ou des maisons qui s’alignent en rang d’oignons dans les périphéries, où l’on vit replié...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, qualifie de « sérieuses » les nouvelles anomalies découvertes sur des soudures du réacteur de troisième génération.
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EPR de Flamanville : l’Autorité de sûreté nucléaire critique « un défaut de surveillance »

Le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, qualifie de « sérieuses » les nouvelles anomalies découvertes sur des soudures du réacteur de troisième génération.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 15h27
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 15h47
    |

            Pierre Le Hir








                        



   


Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Pierre-Franck Chevet, est revenu en des termes sévères, jeudi 12 avril au Sénat, sur les nouveaux défauts de soudure mis au jour mardi sur l’EPR de Flamanville (Manche). Des anomalies qu’il a jugées « sérieuses » devant l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, auquel il présentait le rapport annuel sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France.

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          De nouvelles anomalies détectées à l’EPR de Flamanville



Il avait déjà usé du même qualificatif en février, au sujet de premiers « écarts » détectés dans la réalisation de certaines soudures des tuyauteries reliant les générateurs de vapeur (au nombre de quatre sur l’EPR) vers la turbine. Trente-huit soudures étaient mises en cause. Mais, avait alors assuré EDF, il s’agissait d’écarts par rapport à un référentiel de « haute qualité », plus exigeant que les normes standard appliquées aux équipements sous pression nucléaires, si bien que selon l’électricien, ces circuits restaient « aptes à assurer leur mission en toute sûreté ».

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                Nouveaux déboires pour l’EPR de Flamanville



Le problème est en réalité plus étendu que ne le laissait alors entendre EDF. A la fin de mars, l’entreprise a en effet découvert, à l’occasion de la « visite complète initiale » préalable à la mise en service du réacteur de troisième génération, de nouveaux « écarts de qualité ». Et cette fois, non pas par rapport à des exigences de sûreté renforcées, mais par rapport à la réglementation normale pour ce type d’équipements.
150 soudures potentiellement concernées
Ces défauts portent sur l’ensemble du circuit secondaire principal du réacteur. Il ne s’agit donc plus seulement des sections évacuant la vapeur des générateurs vers la turbine, mais aussi des parties ramenant l’eau condensée vers les générateur de vapeur. Soit 350 mètres de tuyauteries. De ce fait, c’est la totalité des 150 soudures de ce circuit fermé qui est potentiellement concernée, y compris celles dont EDF avait affirmé, dans un premier temps, qu’elles restaient malgré tout bonnes pour le service.
L’ASN, qui a réalisé mardi une inspection du chantier de l’EPR normand, se montre particulièrement critique. « L’inspection a mis en évidence que l’organisation et les conditions de travail lors des contrôles de fin de fabrication ont globalement nui à la qualité des contrôles, écrit-elle dans une note d’information. Par ailleurs, une surveillance inadaptée de ces prestations par EDF et Framatome [ex-Areva NP] n’a pas permis d’identifier et de remédier aux difficultés rencontrées par les intervenants. »
Devant les parlementaires, Pierre-Franck Chevet a enfoncé le clou, déclarant qu’il y avait clairement « un défaut de surveillance » par EDF et Framatome. « Pour certaines soudures, on ne comprend pas comment les anomalies n’ont pas été détectées avant », a-t-il ajouté. Et d’expliquer que les vérification devront être étendues à « d’autres circuits sur l’EPR », au-delà du circuit secondaire principal.
« Situation anormale » et « alerte sérieuse »
Interrogé par Le Monde, Thierry Charles, directeur général adjoint de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), parle lui aussi d’une « situation anormale » et d’une « alerte sérieuse », dans la mesure où se conjuguent trois défaillances : des soudures mal réalisées, des contrôles de fabrication déficients et une surveillance par EDF « trop tardive ».
L’ASN attend désormais les résultats des « contrôles additionnels » annoncés par l’électricien sur les 150 soudures potentiellement suspectes, « afin d’indentifier précisément celles qui présentent des écarts de qualité ». Ces conclusions sont attendues pour la fin de mai. L’exploitant devra alors détailler les mesures correctives qu’il mettra en œuvre, celles-ci pouvant aller, précise l’IRSN, d’une simple reprise des soudures, dans l’hypothèse la plus favorable, au remplacement du circuit, dans le pire des cas.
D’où la prudence d’EDF, qui explique que ce n’est qu’à l’issue des vérifications et de l’instruction conduite par l’ASN que l’entreprise sera « en mesure de préciser si le projet nécessite un ajustement de son planning et de son coût ». Jusqu’à présent, le chargement de l’EPR en combustible nucléaire était programmé pour la fin du quatrième trimestre 2018, en vue d’une mise en exploitation dans le courant de 2019. Quant au coût de ce prototype, il a triplé depuis les premiers devis, passant de 3,3 milliards d’euros annoncés en 2005 à 10,5 milliards d’euros.
Auditionné mercredi par les commissions des finances et des affaires économiques de l’Assemblée nationale, le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, a réaffirmé que l’entreprise publique se plaçait « dans la perspective de construire de nouveaux EPR en France », en mettant en avant les avantages du nucléaire en matière d’émissions de gaz à effet de serre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Yvon Chouinard, créateur québécois de la marque de vêtements de plein air Patagonia, part en croisade, dans une tribune au « Monde », contre les barrages, économiquement chers et écologiquement dangereux.
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« Nous devons accélérer le déploiement d’alternatives énergétiques plus propres et plus économiques que les barrages »

Yvon Chouinard, créateur québécois de la marque de vêtements de plein air Patagonia, part en croisade, dans une tribune au « Monde », contre les barrages, économiquement chers et écologiquement dangereux.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 14h00
    |

Yvon Chouinard (Fondateur de la marque de vêtements de plein air Patagonia et producteur exécutif des films DamNation et Blue Heart)







                        



                                


                            
Tribune. Les dernières rivières sauvages d’Europe courent un grave danger. Le risque ne provient pas d’une sécheresse excessive ou des déchets toxiques des usines, mais des barrages hydroélectriques qui prétendent nous apporter une énergie propre, verte et écologique. En réalité, ces barrages sont sales et leur impact destructeur dépasse de loin leur utilité.
Les rivières ne sont pas juste magnifiques ; elles sont les artères de la planète
De nos jours, l’électricité qu’ils génèrent pourrait être obtenue beaucoup plus efficacement à partir d’autres sources qui ne perturbent pas les rivières, ne détruisent pas les habitats et ne déplacent pas les habitants. Si ces projets malveillants ne sont pas stoppés, le dommage écologique et l’impact sur les communautés locales seront dévastateurs.
C’est mon intérêt pour les rivières, en tant que pêcheur passionné, qui m’a fait prendre conscience des dommages causés par les barrages. Les rivières ne sont pas juste magnifiques ; elles sont les artères de la planète. Elles transportent, de la terre vers les océans, des nutriments vitaux pour nourrir le plancton et les poissons. Elles fournissent de l’eau propre à des millions de personnes.
Au niveau le plus bas depuis un siècle
Chaque année, près de 200 millions de tonnes de carbone sont éliminées de l’atmosphère et transportées par les rivières jusque dans les océans, contribuant ainsi à la lutte contre le changement climatique (« How rivers ­regulate global carbon cycle », Woods Hole Oceanographic Institution, 13 mai 2015).
l’hydroélectricité provoque l’extinction de certaines espèces, déplace des communautés et contribue au changement climatique
Les barrages menacent cet équilibre. Contrairement à l’énergie solaire ou éolienne, l’hydroélectricité provoque l’extinction de certaines espèces, déplace des communautés et contribue au changement climatique. De nouvelles recherches scientifiques montrent que les réservoirs créés par les barrages...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ L’Hexagone dispose du deuxième domaine océanique au monde, mais accuse un énorme retard sur l’éolien offshore.
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En France, le gisement inexploité des énergies marines

L’Hexagone dispose du deuxième domaine océanique au monde, mais accuse un énorme retard sur l’éolien offshore.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 12h47
    |

            Pierre Le Hir








                        



                                


                            

Avec plus de 11 millions de km2 d’espace océanique sous sa juridiction en métropole et dans les outre-mers – soit le deuxième domaine maritime après celui des Etats-Unis –, la France dispose d’un gisement d’« or bleu » presque inépuisable. Il reste pourtant, à ce jour, inexploité. L’ambition affichée par François Hollande, en 2012, de faire du pays « le leadeur européen des énergies marines renouvelables » s’est enlisée dans les sables. A l’exception de l’unique usine marémotrice de la Rance (Ille-et-Vilaine), en fonctionnement depuis 1966, l’Hexagone ne tire encore aucun kilowattheure de ses ressources marines.

En cale sèche, l’éolien offshore, déjà entravé par de multiples recours, est aujourd’hui plongé dans la tourmente par la volonté du gouvernement de renégocier à la baisse, voire d’annuler, les contrats des six premiers parcs attribués en 2012 et en 2014 par appels d’offres, pour un total de 3 gigawatts, au large des côtes normandes, bretonnes et vendéennes. EDF-Energies nouvelles (EDF-EN), associé aux trois projets les plus avancés – Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), Fécamp (Seine-Maritime) et Courseulles-sur-Mer (Calvados) –, espère néanmoins pouvoir lancer cette année les fabrications, ce qui permettrait une mise en service… en 2021. Cela, alors que plus de 4 000 éoliennes tournent déjà sur les côtes européennes. Mais la profession attend toujours l’appel d’offres promis dans la zone de Dunkerque (Nord), ainsi que celui annoncé au large d’Oléron (Charente-Maritime).
D’autres technologies au stade exploratoire

Tandis que la filière hydrolienne escompte elle aussi des appels d’offres pour prendre le large, une autre énergie marine se profile pourtant : l’éolien offshore non pas posé, mais flottant, qui donne accès à des sites plus éloignés et plus ventés, tout en réduisant l’impact visuel. Le premier prototype français, Floatgen, doit être installé prochainement au large du Croisic (Loire-Atlantique)....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Dans la Garonne, un site teste le potentiel de l’énergie des courants. Un marché émergent mais prometteur.
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A Bordeaux, la filière hydrolienne se jette à l’eau

Dans la Garonne, un site teste le potentiel de l’énergie des courants. Un marché émergent mais prometteur.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 12h46
    |

            Pierre Le Hir (Bordeaux, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Sous le vieux Pont de pierre aux voûtes cuivrées, la Garonne charrie des eaux limoneuses. L’histoire – l’ouvrage, dû à Napoléon, fut le premier à enjamber le fleuve et reste l’un des emblèmes de la capitale girondine – rejoint ici l’innovation. Amarrée en aval des piles dont le passage étréci accélère l’écoulement, une plate-forme flottante oscille doucement. En son centre, un parallélépipède de huit tonnes est immergé : une hydrolienne, dont les pales sont actionnées par le courant comme celles d’une éolienne le sont par le vent.
Et du courant, il y en a à revendre. « Jusqu’à 3,5 mètres par seconde, avec un marnage [différence de niveau entre la pleine et la basse mer] de plus de 5 mètres en période de vives-eaux », indique Marlène Kiersnowski, responsable du développement du Site expérimental estuarien national pour l’essai et l’optimisation d’hydroliennes (Seeneoh).
Inaugurée début mars, cette installation accueille sa première machine, conçue par la société iséroise HydroQuest. Un ensemble de quatre turbines d’une puissance totale de 80 kilowatts, fonctionnant aussi bien au flot (marée montante) qu’au jusant (marée descendante). De quoi fournir en électricité verte, ou plutôt bleue, près d’une centaine de foyers. Symboliquement, les premiers postes de consommation, sur le réseau auquel la plate-forme est raccordée par un câble sous-marin, sont une « maison écocitoyenne » et une borne de recharge électrique.

Mais plus que pour générer des électrons, la machine est là pour être testée. « Pendant un an, nous allons étudier sa courbe de production, son comportement dans l’eau et son impact environnemental », précise Marc Lafosse, océanographe de formation et président du bureau d’études Energie de la Lune, principal actionnaire de Seeneoh. Le milieu saumâtre et turbide, corrosif et chargé de matières en suspension abrasives, va en effet soumettre l’hydrolienne à rude épreuve.
« Peu d’impact sur l’environnement »
De...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Après les affrontements de mercredi, les forces de l’ordre sécurisent la zone pour permettre le déblaiement de la trentaine de « squats » détruits ou en cours de destruction.
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Notre-Dame-des-Landes : début des opérations de déblaiement de la ZAD

Après les affrontements de mercredi, les forces de l’ordre sécurisent la zone pour permettre le déblaiement de la trentaine de « squats » détruits ou en cours de destruction.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 10h38
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 11h58
   





                        



   


Après trois jours de heurts entre gendarmes mobiles et zadistes sur la « zone à défendre » (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes, l’ambiance était toute autre, jeudi 12 avril au matin, aucun affrontement n’ayant eu lieu, d’après des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP). Les forces de l’ordre, qui ont accru mercredi leur pression sur les occupants de la ZAD, travaillaient à sécuriser totalement la zone afin de permettre le déblaiement de la trentaine de « squats » détruits ou en cours de destruction.
Les accès routiers vers l’ancienne « zone d’aménagement différé » (ZAD), rebaptisée « zone à défendre » par les opposants au projet d’aéroport abandonné en janvier, étaient fermés à la circulation tôt jeudi matin. Aucune évacuation ou expulsion n’était en cours après une nuit « calme », avec trois blessés légers dans les rangs de la gendarmerie, selon les gendarmes.

   


Charge massive contre les opposants
Un hélicoptère de la gendarmerie et un drone survolaient la ZAD. Quelques personnes étaient regroupées sur des barricades autour du lieu-dit des « Vraies Rouges », théâtre mercredi d’affrontements. Une vingtaine de tracteurs « vigilants » étaient positionnés dans le champ du jardin médicinal « Le Rouge et le Noir » entre les « Fosses noires » et les « Vraies Rouges ». Seul incident à signaler, une barricade de pneus a été enflammée sur la nationale 165 vers 7 heures, occasionnant des bouchons entre Nantes et Vannes dans les deux sens de circulation.
Le 17 janvier, lorsqu’il a mis fin au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le premier ministre, Edouard Philippe, s’était engagé à éradiquer cette « zone de non droit ».

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Mercredi, les gendarmes ont lancé une charge massive contre les opposants, la plus importante depuis le début de leur intervention lundi à l’aube. Treize nouveaux habitats ont été évacués dans la journée, « soit 29 au total depuis le début de l’opération », selon la préfète des Pays de la Loire, Nicole Klein. Vingt-six habitats ont été détruits et trois étaient « en cours de destruction » mercredi soir, d’après la même source.
Lundi, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, avait évoqué une quarantaine « d’édifices » à détruire sur la ZAD et une « centaine » de personnes à déloger. Les autorités ont recensé 97 « squats », ou « lieux de vie » selon la terminologie des zadistes. La préfète a assuré lundi qu’aucun habitat « en dur » ne serait détruit.
Les opposants historiques battent le rappel

   


Dans le bocage souvent noyé sous les gaz lacrymogènes, les opposants historiques ont battu le rappel de leurs soutiens, choqués par l’ampleur de destructions occasionnées à leurs installations. Leur émotion a trouvé écho au Parlement européen, où les écologistes ont demandé un « rendez-vous en urgence » à Edouard Philippe. Se disant « choqu[és] » par « l’intervention brutale de près de 2 500 gendarmes », les eurodéputés écologistes soulignent que « les expulsions et les destructions sans discernement créent une situation de violence dont personne ne maîtrise les conséquences potentiellement dramatiques ».
L’importance de l’opération menée depuis lundi a poussé les opposants à durcir le ton. En rasant les lieux de vie installés autour de la D281, où se cristallisaient les tensions depuis l’abandon du projet d’aéroport, les gendarmes ont détruit au passage des projets agricoles collectifs.
L’intervention prévoit d’expulser toute personne n’ayant pas régularisé sa situation en déclarant de nouveaux projets agricoles individuels. La préfète a été assignée « en urgence » par un zadiste qui conteste la légalité de son expulsion, lundi, du lieu-dit des « 100 noms ». Une audience sur cette affaire se tenait jeudi matin devant le tribunal de grande instance de Nantes.

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