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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ L’épineuse question de la frontière entre les deux Irlandes s’invite à la table des négociations, analyse le correspondant du « Monde » à Londres, Philippe Bernard.
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L’onde de choc du Brexit menace l’Irlande

L’épineuse question de la frontière entre les deux Irlandes s’invite à la table des négociations, analyse le correspondant du « Monde » à Londres, Philippe Bernard.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 15h40
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Pour comprendre l’arrogance associée au Brexit chez certains dirigeants britanniques, il suffit d’examiner le mépris dans lequel ils tiennent l’Irlande. Certes, la récente commémoration du vingtième anniversaire de l’accord dit « du vendredi saint », qui, en 1998, a mis fin à trois décennies de guerre civile en Irlande du Nord entre républicains (partisans du rattachement à Dublin) et unionistes (défenseurs du maintien dans la Couronne britannique), a donné lieu à de pesantes séances d’autocongratulation. A Belfast, mardi 10 avril, Bill Clinton, Tony Blair et Bertie Ahern, dirigeants respectifs des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la République d’Irlande à l’époque et artisans du compromis qui a ramené la paix, étaient réunis à l’Université Queen’s. Sans la nommer, ils ont critiqué Theresa May pour son manque d’implication dans le maintien du fragile équilibre, mis en danger par le Brexit.
Mais en parallèle s’est manifestée, chez certains responsables politiques, de gauche comme de droite, la tentation de sacrifier l’Irlande sur l’autel du Brexit. Puisque la disparition de la frontière entre les deux Irlandes fait obstacle au Brexit et que l’accord de paix de 1998 a permis cette disparition, torpillons l’accord de paix, qui, après tout, ne fonctionne pas si bien, argumentent-ils en substance. Comme si le Brexit, intérêt supérieur de la nation et expression du nationalisme anglais, ressuscitait le vieux réflexe impérial du mépris à l’égard de l’ancienne colonie catholique.
L’effacement de la frontière
Le tabloïd The Sun a donné le ton en novembre 2017. Dans un éditorial intitulé « Le bouffon du Brexit », le journal a enjoint le « jeune et naïf » premier ministre irlandais, Leo Varadkar, de « fermer son caquet et de devenir adulte », après qu’il a menacé de bloquer les négociations sur le Brexit s’il n’obtenait pas la garantie d’un non-rétablissement de la frontière. M. Varadkar a « manqué de respect » vis-à-vis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Une vingtaine de personnalités, parmi lesquelles Ariane Ascaride, Gérard Mordillat et Bernard Stiegler, appellent, dans une tribune au « Monde », à rejoindre l’initiative lancée par le député de La France insoumise François Ruffin, « pour faire la fête à Macron ».
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« Le 5 mai, nous serons dans la rue »

Une vingtaine de personnalités, parmi lesquelles Ariane Ascaride, Gérard Mordillat et Bernard Stiegler, appellent, dans une tribune au « Monde », à rejoindre l’initiative lancée par le député de La France insoumise François Ruffin, « pour faire la fête à Macron ».



Le Monde
 |    13.04.2018 à 15h18
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 15h27
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Par Ariane Ascaride, François Bégaudeau, Laurent Binet, Olivier Cadiot, Patrick Chamoiseau, François Cusset, Christine Delphy, Laetitia Dosch, Annie Ernaux, Geneviève Fraisse, François Gèze, Robert Guédiguian, Geoffroy Lagasnerie, Bernard Lahire, Edouard Louis, Maguy Marin, Gérard Mauger, Gérard Mordillat, Gérard Noiriel, Jérôme Prieur, Denis Robert, Gisèle Sapiro et Bernard Stiegler.

Tribune. Il aura fallu peu de choses pour que tout vole en éclats. Personne n’était assez naïf pour croire aux pantomimes de la « concertation » avec les syndicats à propos des ordonnances de la SNCF. Mais au moins les formes de la civilité politique, fussent-elles d’une hypocrisie sans nom, étaient-elles préservées.
A Notre-Dame-des-Landes, dans les universités, dans la rue face aux manifestants, il n’y a maintenant plus, pour toute réponse, que la démonstration d’autorité. Les mouvements contre la loi El Khomri, qui avaient vu une élévation sans précédent du niveau de la violence policière, l’avaient déjà prouvé : un pouvoir brutal est un pouvoir faible. Paradoxe de la répression : une démonstration de force est une démonstration de faiblesse.
Cette inquiétante évolution nous convainc davantage de voir ce que nous avons vu dès le départ dans les ordonnances SNCF : un projet, non pas de « réforme », comme le répètent ad nauseam la plupart des médias, mais de démolition. En s’en prenant au point éminent du service public ferroviaire, le projet gouvernemental s’en prend – il n’en fait d’ailleurs pas mystère – à un modèle social dans son ensemble. C’est-à-dire à une manière de vivre collectivement.

Depuis trois décennies, cette manière n’a cessé d’être méthodiquement attaquée. Nous avons suffisamment de recul désormais pour savoir à quoi nous en tenir : à quelques croyants et quelques privilégiés près, tout le corps social s’en est trouvé maltraité. Le travail devient une souffrance,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Emmanuel Macron et Justin Trudeau doivent reconnaître les risques que le traité commercial entre l’Europe et le Canada fait peser sur les droits des consommateurs et des citoyens, plaide Karine Jacquemart, directrice générale de l’ONG Foodwatch France, dans une tribune au « Monde ».
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Libre-échange : « Le CETA va ébranler notre démocratie »

Emmanuel Macron et Justin Trudeau doivent reconnaître les risques que le traité commercial entre l’Europe et le Canada fait peser sur les droits des consommateurs et des citoyens, plaide Karine Jacquemart, directrice générale de l’ONG Foodwatch France, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    13.04.2018 à 14h00
    |

Karine Jacquemart (Directrice générale de Foodwatch France)







                        



                                


                            
Tribune. Justin Trudeau arrive en France dimanche 15 avril pour une visite de trois jours. Il y a fort à parier que les photographes se régaleront en immortalisant la rencontre du premier ministre canadien et d’Emmanuel Macron, ces deux quadragénaires qui incarnent une nouvelle génération de leadeurs politiques. « Nouvelle génération », c’est aussi le terme accolé à l’accord de libre-échange CETA qui lie l’Europe et le Canada. Le CETA est en effet le premier d’une série d’accords qui ne se contentent plus de réduire les barrières tarifaires (les droits de douane), mais visent à supprimer tous les « obstacles au commerce », ce qui inclut les différences de réglementation qui nous protègent sur le plan sanitaire, social et environnemental.
en matière de commerce le Canada n’est pas le pays inoffensif de notre imaginaire collectif
Les sourires confiants et les poignées de main des deux hommes qui ne manqueront pas pendant cette visite ne doivent pas faire oublier les risques du CETA et le fait qu’en matière de commerce le Canada n’est pas le pays inoffensif de notre imaginaire collectif. Loin de là ! Justin Trudeau déclarait il y a un an au Parlement européen que « le CETA est un accord moderne », qui va « améliorer la vie des Canadiens et des Européens ».
Or, c’est faux. Aujourd’hui, nombre d’analyses – y compris celles produites par la commission d’évaluation de l’impact du CETA, présidée par l’économiste Katheline Schubert et dont les membres sont nommées par M. Macron – montrent que le CETA va ébranler notre démocratie et fait peser des risques considérables sur les droits des consommateurs et des citoyens, sur l’agriculture, l’alimentation et même sur la protection de notre environnement et de notre planète.

Nous ne sommes pas opposés aux accords de commerce. Mais la pilule du CETA est trop grosse à avaler. Les tactiques employées par cet accord d’un nouveau genre montrent bien que les intérêts...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Le directeur général de la Sacem Jean-Noël Tronc soutient, dans une tribune au « Monde », la directive européenne de protection des droits des artistes sur les plates-formes numériques.
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Droit d’auteur : « Sur Internet, seule la loi peut garantir la liberté »

Le directeur général de la Sacem Jean-Noël Tronc soutient, dans une tribune au « Monde », la directive européenne de protection des droits des artistes sur les plates-formes numériques.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 17h19
    |

Jean-Noël Tronc (Directeur général de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem))







                        



                                


                            
Tribune. Chaque semaine ou presque, une nouvelle affaire vient nourrir la chronique d’un Internet menaçant pour la démocratie. « Fake news », manipulation des élections, suicide d’adolescents exposés sur les réseaux sociaux, propagande djihadiste, propagation de la haine, vol massif de données personnelles, etc.
Adapter Internet à la démocratie, et non l’inverse, par une régulation efficace, c’est le chantier que nous avions ouvert lorsque j’étais conseiller du premier ministre pour la société de l’information, entre 1997, quand la France comptait moins de 500 000 internautes, et 2002. Cela reste, plus que jamais, la grande question.
Certains acteurs du Web nient encore toute responsabilité, et renâclent à assurer aux créateurs une rémunération correcte, voire toute rémunération
Elle est au cœur de la proposition de directive de la Commission européenne sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique, qui prévoit notamment une plus grande protection des créateurs sur Internet. Une évolution de la régulation européenne, qui date de 2000 et se trouve donc largement dépassée aujourd’hui, apparaît d’autant plus nécessaire que les créateurs sont confrontés, chaque jour, aux pratiques de plates-formes numériques dont les chiffres d’affaires impressionnants reposent essentiellement sur l’utilisation de leurs œuvres. On ne parle plus des sites associatifs militants des débuts d’Internet, mais des premières capitalisations boursières mondiales.
Certains acteurs d’Internet nient pourtant encore toute responsabilité, et renâclent à assurer aux créateurs une rémunération correcte, voire toute rémunération. En outre, l’absence d’un cadre juridique clair et renforcé crée de fait une concurrence déloyale pour ceux qui jouent le jeu, comme Spotify ou Deezer, face à ceux qui renforcent d’autant leurs marges, voire leur position dominante.
Discours manichéen
Pourtant, les adversaires du projet de la Commission, qui est soutenu par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ La France ne doit pas soutenir le « filtrage généralisé sur Internet » qu’autoriserait la directive européenne sur le droit d’auteur, affirment, dans une tribune au « Monde », cinq responsables d’entreprises de ce secteur.
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Contenus numériques : « Il faut préserver l’Internet ouvert tel que nous le connaissons »

La France ne doit pas soutenir le « filtrage généralisé sur Internet » qu’autoriserait la directive européenne sur le droit d’auteur, affirment, dans une tribune au « Monde », cinq responsables d’entreprises de ce secteur.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 14h00
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. En tant que représentants de la société civile, des internautes et des entreprises de services du numérique, nous demandons au gouvernement français de préserver l’Internet ouvert tel que nous le connaissons, en empêchant l’instauration d’un filtrage généralisé.
A Bruxelles, un projet de nouvelle directive tendant à réformer la protection du droit d’auteur est discuté. En son sein, une disposition, l’article 13, a pour but d’imposer à tout intermédiaire de l’Internet, dès lors que celui-ci héberge des contenus d’utilisateurs, de détecter et de bloquer systématiquement toute mise en ligne d’un contenu susceptible de faire l’objet d’une protection par le droit d’auteur.
Il existe un risque important de voir des contenus totalement légitimes censurés à titre préventif par des opérateurs privés utilisant des filtres automatisés par crainte de voir leur responsabilité juridique engagée
Au-delà des considérations techniques et de la contradiction évidente avec les principes énoncés par la directive sur le commerce électronique qui ont permis le développement d’un Internet libre et ouvert, une telle disposition ne pourrait avoir que des conséquences sociales et économiques désastreuses. Le développement d’Internet, la créativité, la diversité des contenus que l’on peut y trouver et qui font sa richesse s’en trouveraient gravement menacés.
Il existe un risque important de voir des contenus totalement légitimes censurés à titre préventif par des opérateurs privés utilisant des filtres automatisés par crainte de voir leur responsabilité juridique engagée. Or une technologie n’a aucune notion de ce qui est autorisé ou non, elle ne connaît ni la satire, ni la parodie, ni la création artistique. Aucun garde-fou n’est prévu pour prévenir le surblocage des contenus légitimes et nous pensons que ces mesures ne pourront aboutir qu’à la disparition sur Internet du contenu généré par les utilisateurs ou par des millions de militants.
Barrière
Impossible...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Alors qu’Anne Hidalgo veut faire de la lutte contre la pollution sa priorité, la municipalité multiplie les projets qui accroissent la densité de la population et donc les émissions de CO2 note, dans une tribune au « Monde », l’urbaniste Albert Lévy.
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Climat et pollution : « Paris se pense trop souvent comme une île isolée dans la région »

Alors qu’Anne Hidalgo veut faire de la lutte contre la pollution sa priorité, la municipalité multiplie les projets qui accroissent la densité de la population et donc les émissions de CO2 note, dans une tribune au « Monde », l’urbaniste Albert Lévy.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 12h48
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 14h17
    |

Albert Lévy (Arcitecte urbaniste, chercheur associé au CNRS)







                        



                                


                            
Tribune. Le tribunal administratif de Paris a annulé mercredi 21 février l’arrêté municipal de fermeture à la circulation des voies sur berges rive droite. Cette décision remet en question une des mesures majeures de la Mairie de Paris de lutte contre la place de l’automobile dans la capitale et la pollution de l’air qu’elle engendre. Le combat contre l’automobile est prioritaire pour Anne Hidalgo et sa politique en faveur de la santé publique et du climat.
Malgré des objectifs climatiques fort louables et vertueux, la Ville de Paris poursuit cependant une politique contradictoire de densification de la capitale
Le nouveau Plan climat parisien (2017-2022), très ambitieux, comprend, en effet, l’élimination des véhicules à essence pour 2030, à diesel dès 2020, la rénovation thermique d’un million de logements, 100 % d’énergie renouvelable (énergie solaire et géothermique) par création d’un fonds vert…, pour parvenir en 2050 à une ville zéro carbone. Hidalgo a réagi à cette décision du tribunal administratif par un nouvel arrêté, mais en recourant, cette fois, à des arguments esthétiques, patrimoniaux et touristiques, de sauvegarde du site classé par l’Unesco, menacé par la circulation. On y perd son latin.
Malgré ces objectifs climatiques fort louables et vertueux, la Ville de Paris poursuit cependant une politique contradictoire de densification de la capitale en construisant sur toutes les parcelles disponibles, toutes les friches industrielles et ferroviaires libérées, soulevant contestations et recours juridiques de la part d’habitants, d’associations, d’élus, écolos ou pas… qui réclament plus d’espaces verts et moins de béton dans Paris : multiplication des ZAC (une quinzaine actuellement en chantier), lancement de nouveaux projets (« Réinventer Paris » avec vingt-trois parcelles vendues), surélévation possible des immeubles bas (8,2 % des immeubles de la capitale), construction de tours surtout dans la zone entre Maréchaux et périphérique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Un collectif de spécialistes de la santé rappelle dans une tribune au « Monde » les méfaits d’une consommation excessive de viande. Ils demandent au gouvernement de lancer une campagne de prévention afin d’inciter à l’adoption d’un régime moins carné et plus végétal.
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« La consommation de viande a des conséquences directes sur notre santé »

Un collectif de spécialistes de la santé rappelle dans une tribune au « Monde » les méfaits d’une consommation excessive de viande. Ils demandent au gouvernement de lancer une campagne de prévention afin d’inciter à l’adoption d’un régime moins carné et plus végétal.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 12h36
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 12h44
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Au carrefour des problématiques de santé, d’agriculture et d’écologie, l’alimentation est un sujet politique d’importance, actuellement discuté dans la préparation d’une loi qui fait suite aux Etats généraux de l’alimentation.
Il est aujourd’hui bien établi que de nombreuses pathologies (maladies cardio-vasculaires, cancers, maladies respiratoires chroniques, diabète principalement) sont liées à nos modes de vie. Ces pathologies sont des causes fréquentes d’invalidité et de mort, et pèsent lourdement sur les dépenses de santé publique. Par exemple, le coût du diabète de type 2 est évalué à 9 milliards d’euros par an.

A juste titre, on évoque le tabagisme, la consommation d’alcool ou la sédentarité, pour expliquer l’accroissement considérable de leur prévalence. Mais un facteur central, bien identifié par l’Organisation mondiale de la santé, est souvent passé sous silence : la transformation radicale de notre modèle alimentaire, qui contient deux fois plus de viande que celui de nos grands-parents, trois fois plus que celui de nos arrière-grands-parents !
Des conséquences sur notre santé
Cette consommation de viande a des conséquences directes sur notre santé, à travers les modifications de métabolisme qu’elle engendre. Elle agit également indirectement sur notre santé, par le biais des pollutions locales et globales qu’elle provoque, mais aussi par l’antibiorésistance créée par l’élevage, à travers son utilisation massive des antibiotiques (Plus de 80 % des antibiotiques utilisés en France sont à destination de l’élevage), qui les rend inefficaces pour traiter les pathologies infectieuses humaines.
Nous soutenons le projet que les cantines scolaires proposent des options végétariennes quotidiennes, ainsi que des menus végétariens pour tous, une fois par semaine
Par ailleurs, la surconsommation de viande est aussi responsable des zoonoses, maladies animales transmises aux êtres humains (grippe aviaire,...




                        

                        


<article-nb="2018/04/13/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Rapport d’étonnement. Jusqu’où les outils de surveillance numérique peuvent-ils aller ? Bien plus loin que vous ne le pensez : démonstration.
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Avec les logiciels espions, toute paranoïa devient justifiée

Rapport d’étonnement. Jusqu’où les outils de surveillance numérique peuvent-ils aller ? Bien plus loin que vous ne le pensez : démonstration.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 12h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Un homme tient le poignet d’une femme au visage marqué d’ecchymoses. La photo illustre la page consacrée aux « conjoints trompeurs » du site d’un logiciel d’espionnage en vente libre, ­Hellospy. L’image suggère un cliché ignoble : grâce à ce mouchard pour smartphone, l’homme a découvert l’infidélité de sa compagne et l’a frappée. Spyphone, Truth Spy, ­Mobistealth…
Comme Hellospy (moyennant un abonnement annuel de 119 dollars, soit 96 euros), de nombreux logiciels téléchargeables sont capables, selon leurs concepteurs, de « géolocaliser un téléphone », « lire les SMS à distance », « capter les contacts », « voir l’historique des appels », ­ « suivre une navigation Internet », « trouver toutes les photos »… Faut-il les croire ? Le journaliste Joseph Cox, du site américain Motherboard, spécialisé dans les hautes technologies, les teste régulièrement. Il les dit « extrêmement puissants » ­ – certains enclenchent à distance le micro d’un portable, ou en activent l’appareil photo.

Suréquipés en high-tech, nous baignons quotidiennement dans le numérique : notre vie privée en ligne est de plus en plus susceptible d’être épiée, et toute paranoïa devient justifiée. Si les logiciels espions attirent conjoints jaloux, patrons méfiants et limiers industriels, la police est encore mieux équipée pour nous surveiller : elle est en mesure de siphonner toutes les données d’un portable, comme l’a révélé le 27 mars l’ONG Privacy International dans son rapport « Digital stop and search ».
« Potentiellement illégal »
L’association a exercé son droit à l’information auprès de 47 équipes de la police britannique, les interrogeant sur leurs méthodes d’enquêtes. Vingt-six d’entre elles ont reconnu utiliser, sans mandat, des technologies d’extraction de données des portables. Pour ce faire, elles se servent du matériel sophistiqué de sociétés privées, comme Cellebrite ­ (israélienne) ou MSAB ­ (suédoise) : des appareils de la taille d’un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans cette chronique, la sociologue Dominique Méda constate que si la démocratie est la règle dans l’Etat, l’autoritarisme prévaut dans l’économie. Pourtant, dans les entreprises, les attentes de justice et de participation des salariés sont immenses.
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« Rendre audible dans le débat public l’idée que l’entreprise est une entité politique »

Dans cette chronique, la sociologue Dominique Méda constate que si la démocratie est la règle dans l’Etat, l’autoritarisme prévaut dans l’économie. Pourtant, dans les entreprises, les attentes de justice et de participation des salariés sont immenses.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 11h00
    |

Dominique Méda (Professeure de sociologie et directrice de l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (Irisso) de l’université...







                        



                                


                            
Entreprises. Le rapport « Entreprise et intérêt général », remis le 9 mars par Nicole Notat et Jean-Dominique Senard, propose notamment de renforcer la codétermination – la participation des salariés aux instances dirigeantes de l’entreprise. Au niveau proposé, elle ne permettra certes pas aux salariés français de donner de la voix autant que leurs homologues suédois ou allemands. Mais cette proposition rend audible dans le débat public l’idée que l’entreprise est une entité politique.
Dans le livre qu’elle vient de faire paraître (Firms as Political Entities. Saving Democracy through Economic Bicameralism, Cambridge University Press, 2017, non traduit), la sociologue et politiste belge Isabelle Ferreras fait de cette idée le cœur de sa réflexion et en déduit que le gouvernement d’entreprise devrait en toute logique résulter de l’élection par deux « chambres » – l’une représentant les apporteurs en capital, l’autre les apporteurs en travail –, ce gouvernement devant recueillir la majorité dans chacune d’elles.
« Au moment même où le salarié est souverain dans l’ordre politique, il est dans l’ordre économique réduit à une sorte de servage » Jean Jaurès, discours de 1893
Cette proposition s’inscrit dans un courant d’idées représenté par le politiste américain Robert Dahl, qui, en 1985, en pleine période de dérégulation et de théorie de la valeur pour l’actionnaire, justifiait de manière philosophique, dans A Preface to Economic Democracy (University of ­California Press, lien vers PDF en anglais), la démocratisation de l’entreprise et de l’économie.
Repartant des mêmes prémisses que Jean Jaurès dans son discours de 1893 – « Au moment même où le salarié est souverain dans l’ordre politique, il est dans l’ordre économique réduit à une sorte de servage » –, Dahl rappelait, un siècle plus tard, qu’alors même que la démocratie est la règle dans l’Etat, l’autoritarisme prévaut dans l’économie, la plupart des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Editorial. Si le président a expliqué que le programme fixé lors de la présidentielle sera réalisé « jusqu’au bout », il va devoir délivrer son discours de la méthode, dimanche, sur BFM et Mediapart.
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Entretien sur TF1 : Macron au cours préparatoire

Editorial. Si le président a expliqué que le programme fixé lors de la présidentielle sera réalisé « jusqu’au bout », il va devoir délivrer son discours de la méthode, dimanche, sur BFM et Mediapart.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 11h27
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Il existe trois sortes de professeurs. Les uns peinent à se faire entendre et désespèrent de leurs élèves, quand ils ne sont pas chahutés ; François Hollande avait connu ce genre de situation. Les autres, bienveillants jusqu’à l’indolence, sont prêts à adapter leur enseignement aux difficultés de leur classe ; en son temps, Jacques Chirac fut de ceux-là. Les troisièmes enfin, campés sur leur magistère, mettent un point d’honneur à « faire tout le programme », quoi qu’il en coûte d’efforts ou de découragement. Emmanuel Macron, à l’évidence, se range dans cette troisième catégorie.
Il en a fait la démonstration, jeudi 12 avril, dans la salle de classe de l’école pimpante de Berd’huis, au cœur de la Normandie, où l’accueillait l’œcuménique journal télévisé de la mi-journée de TF1 et son inusable présentateur, Jean-Pierre Pernaut. Le chef de l’Etat n’ignore aucun des griefs qui lui sont faits. Depuis son élection, l’étiquette de président des riches et des villes lui colle à la peau. Depuis des mois, ses certitudes, voire son contentement de soi, lui sont sans cesse renvoyées à la figure, à droite ou à gauche, comme la preuve de son ignorance des réalités ou de son indifférence aux petites gens. Depuis des semaines, les cheminots de la SNCF, les fonctionnaires ou les étudiants en colère lui reprochent des réformes qu’ils jugent précipitées et injustes.
Ni trop « techno » ni trop « intello »
Une heure durant, le professeur Macron s’est donc employé à répondre à tous ses détracteurs. Il y a mis le ton, ni trop « techno » ni trop « intello », contrairement à son penchant naturel. Il y a mis la forme, plus familière et souriante qu’à l’accoutumée. Il y a ajouté quelques mots destinés à convaincre qu’il n’est pas seulement là pour « protéger » et « libérer », mais également pour « unir ». Bref, qu’il est bien le « président de tous les Français », attentif et « à l’écoute ».

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                Syrie, SNCF, hôpitaux, CSG…, ce qu’il faut retenir de l’interview d’Emmanuel Macron sur TF1



Mais, sur le fond, la leçon était sans ambiguïté. Le programme a été fixé lors de l’élection présidentielle et, même si l’« on n’y était plus habitué », il sera tenu et réalisé « jusqu’au bout ». Et, puisque ce programme est nécessaire pour rebâtir la « maison France », il ne saurait être question d’en modifier les objectifs, le rythme et la méthode d’application. Tant pis pour ceux qui imaginaient que le président concéderait tel aménagement ou renoncerait à telle disposition pour calmer les inquiétudes ou les exaspérations.
Tout juste a-t-il expliqué qu’il n’était pas là pour « opposer les Français les uns aux autres », mais pour « faire avancer le pays » et lui permettre de s’adapter aux changements du monde. Qu’il s’agisse de la réforme de la SNCF, de celle des universités et de l’école, ou de tous les autres chantiers engagés, y compris la limitation de vitesse à 80km/h sur les routes, il convient donc de ne céder ni aux peurs « irrationnelles », ni aux craintes illégitimes,ni aux crispations excessives.

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                Sur TF1, « Emmanuel Macron a réaffirmé sa volonté d’aller au bout de ses réformes »



Enfin le chef de l’Etat a rappelé que la pédagogie supposait l’autorité du maître, en l’occurrence celle de l’Etat, contre les « professionnels du désordre », à l’œuvre – à ses yeux – à Notre-Dame-des-Landes ou dans quelques universités. Nul doute qu’il a répondu, sur ce point, à une aspiration croissante des Français.
Après cet aimable cours préparatoire de Berd’huis, le professeur Macron va maintenant devoir délivrer son discours de la méthode à une classe de lycéens plus aguerris. Ce sera dimanche, sur BFM et Mediapart, un exercice plus exigeant.

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                ISF, retraités, SNCF…, les « carabistouilles » d’Emmanuel Macron sur TF1






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Le « statut » de la SNCF ne l’empêche pas de se séparer de ses salariés, ni plus ni moins que toute entreprise, explique, dans une tribune au « Monde », le juriste Vincent Bonnin.
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SNCF : « Le débat sur l’“emploi à vie” agite un fantasme destiné à justifier le démantèlement en cours »

Le « statut » de la SNCF ne l’empêche pas de se séparer de ses salariés, ni plus ni moins que toute entreprise, explique, dans une tribune au « Monde », le juriste Vincent Bonnin.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 09h43
    |

Vincent Bonnin (Maître de conférences en droit à l’université de Poitiers)







                        



                                


                            
Tribune. Dans le débat sur la réforme de la SNCF, une formule fait forte impression : l’« emploi à vie ». Elle laisse supposer qu’un cheminot est, dès son embauche, assuré d’atteindre la retraite sans incident de carrière, et qu’il conviendrait de revenir sur ce privilège désormais obsolète, en des temps de mobilité plus ou moins subie par les autres travailleurs.
Pourtant, un agent statutaire de la SNCF peut perdre son emploi, à des conditions qui ne sont pas si éloignées du droit commun. La différence réside moins dans le statut que dans les pratiques de l’entreprise. Selon le code du travail, un salarié, quel qu’il soit, peut perdre son emploi pour des motifs personnels ou pour un motif économique – non personnel. C’est aussi le cas des cheminots.

D’abord, ils peuvent être fautifs. Des règles disciplinaires sont fixées par le chapitre 9 du statut de la SNCF. La « révocation » – qui correspond au licenciement selon le droit commun – est prévue à l’article 3 du paragraphe 7 de ce chapitre en cas de « faits graves entachant la probité ou les bonnes mœurs ». Sa formulation écarte certes bien des cas d’éviction s’appliquant dans nombre d’entreprises. Mais celles-ci ont chacune leur ordre disciplinaire. Par exemple, un juron proféré sur un chantier du bâtiment ne produira pas les mêmes effets que lors de la réception d’un hôtel de luxe devant les clients…
Communautés de travail
Certaines branches d’activité, comme la banque, l’assurance, les établissements médico-sociaux, ajoutent des garanties conventionnelles à celles du code du travail afin d’éviter les licenciements arbitraires. Faudrait-il considérer que ces avantages sont également indus ? Ce serait oublier que les entreprises et les branches sont constituées de métiers créant des identités professionnelles, ainsi que des communautés de travail qui ont leur mot à dire sur l’éviction de l’un des leurs.

Un agent peut aussi être déclaré physiquement...




                        

                        


<article-nb="2018/04/13/19-12">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Selon Elwyn Sirieys et Pascal da Costa, de l’Ecole CentraleSupélec, qui s’expriment dans une tribune au « Monde », l’actuel projet de réforme de la SNCF va à l’encontre des engagements environnementaux du gouvernement.
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SNCF : « Notre réseau ferroviaire est un atout majeur dans la lutte contre le réchauffement climatique »

Selon Elwyn Sirieys et Pascal da Costa, de l’Ecole CentraleSupélec, qui s’expriment dans une tribune au « Monde », l’actuel projet de réforme de la SNCF va à l’encontre des engagements environnementaux du gouvernement.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 09h41
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 15h15
    |

Pascal da Costa (Enseignant-chercheur à CentraleSupélec) et Elwyn Sirieys (Elève-ingénieur à CentraleSupélec)







                        



                                


                            
Tribune. La CGT, l’UNSA et la CFDT ont annoncé deux jours de grève sur cinq pendant trois mois, avec la volonté de faire reculer le gouvernement sur le projet de suppression du statut de cheminot. S’il existe un point commun entre les revendications des opposants à la réforme de la SNCF et les recommandations du rapport Spinetta, remis le 15 février au premier ministre, c’est bien la part belle faite aux préoccupations d’ordre purement économique : ouverture à la concurrence, fin des régimes spéciaux, etc.
Hasard du calendrier ou non, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a émis, le 28 février, un avis alarmant sur l’application de la loi de transition énergétique votée en 2015. Les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici à 2030 et de 75 % à l’horizon 2050 seront inatteignables en l’absence d’investissements majeurs, notamment dans les alternatives au transport routier individuel.

Or, de toutes les critiques adressées au projet de réforme, le respect de l’environnement est celle dont on parle le moins. Notre réseau ferroviaire est pourtant un atout majeur dans la lutte contre le réchauffement climatique et, plus localement, pour la qualité de l’air dans nos métropoles. En 2017, le secteur des transports représentait 39 % des émissions de gaz à effet de serre et 96 % pour le CO2 (d’origine routière essentiellement).
Trains hybrides
Aujourd’hui, alors que le réseau ferroviaire représente près de 10 % du volume de transports sur le territoire métropolitain, il n’est à l’origine que de 0,52 % du CO2 imputable aux transports et de 6 % des émissions de particules fines de type PM10.
Seule la moitié des voies ferrées françaises sont électrifiées
En zone urbaine et périurbaine, les tramways et RER émettent chacun moins de 5 grammes de CO2 par voyageur au kilomètre, contre 125 grammes pour les bus. En zone interrégionale, les TGV émettent environ 50 % de CO2 de moins que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ L’association Promouvoir , proche des catholiques traditionnalistes, a obtenu que « Cinquante nuances plus claires » soit interdit aux moins de 12 ans malgré le décret de février 2017, conçu pour éviter les révisions en justice des visas d’exploitation, explique dans sa chronique Sylvie Kerviel, journaliste au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/04/2018
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Classification du cinéma : le retour d’un mauvais film

L’association Promouvoir , proche des catholiques traditionnalistes, a obtenu que « Cinquante nuances plus claires » soit interdit aux moins de 12 ans malgré le décret de février 2017, conçu pour éviter les révisions en justice des visas d’exploitation, explique dans sa chronique Sylvie Kerviel, journaliste au « Monde ».



Le Monde
 |    13.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 14h48
    |

            Sylvie Kerviel








                        



                                


                            
Chronique. « Conte de fées moderne » ou promotion « complaisante » du sadomasochisme ? L’arrêt est passé quasi inaperçu et pourtant il mérite qu’on s’y arrête. Le 15 mars, la cour administrative d’appel de Paris a suspendu le visa délivré au film Cinquante nuances plus claires, nouvelle déclinaison de la série de bluettes érotiques Cinquante nuances de Grey, demandant que le film soit interdit aux moins de 12 ans.
Le film de James Foley, sorti le 7 février et encore à l’affiche en France, a vu son visa révisé en urgence par la commission de classification du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). La justice avait été saisie par l’association Promouvoir, proche des catholiques traditionalistes, qui avait déposé une requête en référé pour obtenir une classification plus sévère de ce film – les deux premiers volets avaient été interdits aux moins de 12 ans –, « en raison de sa promotion du sadomasochisme ». Le héros collectionne menottes, fouets et autres instruments qu’il utilise pour des jeux sexuels avec sa partenaire.
Cette décision intervient après la mise en application du décret du 8 février 2017 révisant les critères de classification des films
Cette décision, en défaveur du ministère – qui se fonde sur l’avis de la commission pour délivrer les visas d’exploitation –, intervient après la mise en application du décret du 8 février 2017 révisant les critères de classification des films.
Ce texte avait été élaboré justement pour contrer les actions en justice, particulièrement celles entreprises par l’association menée par l’infatigable André Bonnet, « l’homme qui décide de la classification des films en France », comme le qualifie ironiquement Vincent Maraval, producteur et distributeur, dont le film Love, réalisé par Gaspar Noé, s’était vu interdit en 2015 aux moins de 18 ans.

« Une erreur d’appréciation »
Elle avait attaqué,...




                        

                        


<article-nb="2018/04/13/19-14">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ A l’occasion de la parution des « Leçons du pouvoir », de François Hollande, entretien avec l’historien Christian Delporte sur la façon dont les anciens chefs d’Etat ont abordé l’exercice.
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A quoi servent les Mémoires d’un ancien président ?

A l’occasion de la parution des « Leçons du pouvoir », de François Hollande, entretien avec l’historien Christian Delporte sur la façon dont les anciens chefs d’Etat ont abordé l’exercice.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 09h41
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Christian Delporte, professeur à l’université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, est historien, spécialiste d’histoire culturelle et politique. Il vient de publier Philippe Henriot. La résistible ascension d’un provocateur (Flammarion, 416 pages, 25 euros).
François Hollande a fait paraître « Les Leçons du pouvoir » [Stock, 288 pages, 22 euros] mercredi 11 avril, livre dans lequel il donne sa version de son quinquennat. Il n’est pas le premier président de la Ve République à prendre la plume. A quel objectif cet exercice répond-il en général ?
On pense tout de suite au général de Gaulle, à ses Mémoires ­ [Mémoires de guerre en 1954, puis Mémoires d’espoir en 1959, Plon], mais d’autres présidents ont écrit avant lui, notamment sous la IIIe République. D’abord, Raymond Poincaré [1860-1934], qui fut président pendant la première guerre mondiale : il raconte la période de 1912 à 1918, cela représente dix tomes, publiés entre 1926 et 1934, intitulés Au service de la France. Neuf années de souvenirs [Plon].
Le deuxième exemple, c’est Albert Lebrun [1871-1950, président de 1932 à 1940], qui a publié en 1945 Témoignage [Plon], où il raconte les circonstances dans lesquelles a eu lieu la défaite ; c’est un plaidoyer pro domo. Car, dans ce type d’écrits présidentiels, il y a deux tendances – qui, parfois, coexistent : soit on écrit pour l’Histoire, dans le but de se donner une stature ; soit on écrit pour s’expliquer, voire pour se justifier.
Car, au fond, la question est toujours celle-là : pour qui écrit-on ? A l’époque de Poincaré ou De Gaulle, on écrivait pour l’opinion, pour les Français. Ce qui me frappe, c’est qu’on écrit aujourd’hui de plus en plus pour les journalistes. Souvenez-vous, à l’époque des Mémoires de Jacques Chirac [Chaque pas doit être un but puis Le Temps présidentiel, Nil, 2009 et 2001],...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Ariane Giacobino, médecin généticienne, raconte comment l’épigénétique a bouleversé sa vision du vivant et de la biologie.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Un parcours au-delà des gènes

Ariane Giacobino, médecin généticienne, raconte comment l’épigénétique a bouleversé sa vision du vivant et de la biologie.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 18h04
    |

            Hervé Morin








                        



                                


                            
Le livre. L’épigénétique ? Ce terme un peu abscons a plusieurs sens. En premier lieu, il englobe les mécanismes qui font qu’à partir d’un même programme génétique, d’abord contenu dans une cellule ­unique, un organisme développe et entretient une vaste panoplie de tissus et d’organes différents.
Ensuite, l’épigénétique renvoie à toutes les influences, y compris extérieures à l’individu – alimentation, environnement, microbes, stress… – qui régulent l’activité des gènes. Enfin l’épigénétique pose la question de la transmission à travers les générations de ces influences qui s’exercent sans même ­modifier la séquence de notre ADN.
C’est peu dire que ces dernières années, ce champ de recherche a explosé. Ariane Giacobino, médecin généticienne (faculté de médecine de l’université de Genève) a été aux premières loges pour observer et participer à cette révolution. Mais son livre intitulé Peut-on se libérer de ses gènes ? se distingue par son caractère personnel : c’est en fait une autobiographie scientifique et médicale, où les avancées de la recherche se mêlent intimement au parcours de vie.
Pas de grand livre de la vie
D’abord déroutant, ce choix révèle au fil de la lecture toute sa richesse. Ariane Giacobino, dans sa pratique médicale liée à la fertilité et au dépistage des maladies génétiques, est confrontée à des situations humaines parfois dramatiques, à des choix éthiques difficiles. Elle ne cache rien de la façon dont ce contact avec les patients a pu faire évoluer sa vision de la médecine et de ses enjeux.
Concernant le volet scientifique, elle a aussi l’honnêteté de ne pas occulter certaines « naïvetés » concernant son propre sujet d’étude : à l’aube du XXIe siècle, lire enfin le « grand livre de la vie », à travers le séquençage du génome, n’a pas été la révélation espérée, les choses étant bien plus complexes, notamment en raison des mécanismes épigénétiques, rappelle-t-elle.
Les recherches...




                        

                        


<article-nb="2018/04/13/19-16">
<filnamedate="20180413"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180413"><AAMMJJHH="2018041319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Plus l’Europe se ferme, plus le nombre de décès aux frontières augmente, au moins 40 000 depuis le début des années 1990. Jamais dans l’histoire une migration n’a causé autant de morts.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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Pourquoi migrer tue

Plus l’Europe se ferme, plus le nombre de décès aux frontières augmente, au moins 40 000 depuis le début des années 1990. Jamais dans l’histoire une migration n’a causé autant de morts.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 14h48
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 18h21
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            

En ce jour de juin 2017, des centaines de fragiles embarcations de papier flottent sur les eaux du canal de l’Ourcq, à Paris. Organisé par des associations et des artistes, ce « grand lâcher » de bateaux en origami rend hommage aux milliers de migrants disparus ces dernières années en Méditerranée. A 3 000 kilomètres de là, au large des côtes turques, un cimetière flottant évoque le souvenir des Syriens morts en mer en tentant de rejoindre l’Europe. Sur les pierres tombales amarrées près du rivage figurent les noms de 200 migrants engloutis par les flots – l’une d’elles est consacrée à Alan Kurdi, ce petit garçon de 3 ans dont le corps a été retrouvé sur une plage turque un matin de 2015.
« Une indifférence mêlée de résignation »
En offrant une sépulture symbolique aux milliers de réfugiés morts aux portes de l’Europe, les associations tentent de les extraire du silence et de l’oubli. « Structurelles, les morts aux frontières passent souvent inaperçues, souligne Antoine Pécoud, professeur de sociologie à l’université Paris-XIII, dans un travail réalisé en 2017 pour la Fondation pour les sciences sociales. Les migrants meurent en général dans des endroits peu accessibles ou dans des lieux périphériques, voire fermés. Beaucoup d’entre eux voyagent clandestinement et meurent tout aussi clandestinement. Même lorsque ces décès font l’objet d’une publicité médiatique, ils suscitent souvent une indifférence mêlée de résignation. »
Les migrants morts aux portes de l’Europe sont pourtant très nombreux. Si les estimations varient, les ordres de grandeur donnent le vertige. United for Intercultural Action, un réseau de plus de 500 associations européennes, a répertorié 17 000 décès entre 1993 et 2012. L’association Fortress Europ a comptabilisé plus de 27 000 morts de 1988 à 2016. Le consortium de journalistes The Migrants' Files évoque le chiffre de 35 000 victimes entre 2000 et 2016. Selon Olivier Clochard, codirecteur du laboratoire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Les habitants de l’île ont fait pression pour que les victimes du terrible naufrage de 2013 soient documentées, à défaut d’être identifiées.
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Lampedusa hantée par les morts anonymes

Les habitants de l’île ont fait pression pour que les victimes du terrible naufrage de 2013 soient documentées, à défaut d’être identifiées.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 14h47
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            
Si la mort des migrants passe souvent inaperçue dans le débat public, elle imprègne longtemps la mémoire de ceux qui y ont été confrontés. « Aux îles Canaries, où j’ai travaillé, les gardiens du cimetière qui avaient enterré les morts de la migration des années 1990 se souvenaient très bien de ces drames, explique l’anthropologue ­Carolina ­Kobelinsky. Les habitants de Lampedusa ont, eux aussi, gardé une mémoire très concrète du naufrage de 2013, qui a fait plus de 300 morts : comme le montre le sociologue Guido Nicolosi dans Lampedusa. Les Damnés de la mer [L’Aube, 2017], ils racontent le souvenir des allées et venues et des odeurs, le fait que le poissonnier ait prêté son camion frigorifique pour le transport des cadavres, la mobilisation des fossoyeurs et des médecins de la ville. »
Ces morts anonymes hantent la mémoire des habitants à la manière de fantômes. Après le naufrage de Lampedusa, en octobre 2013, les 366 cercueils ne portaient que quelques brèves indications : « Mort numéro 31, sexe masculin, noir, probablement 30 ans » ; « Mort numéro 54, sexe féminin, noire, probablement 20 ans » ; « Mort numéro 11, sexe masculin, noir, probablement 3 ans ».
Impératif éthique
« C’est à cet anonymat que ne se résignent pas les acteurs de terrain, observe Evelyne Ritaine, chercheuse à Sciences Po Bordeaux, dans un article publié en juin 2017 par la revue Rhizome. Ce sont eux qui font pression pour que les corps soient documentés et que les gouvernements mettent au point des procédures médico-légales d’identification à la disposition des familles. »
Pour ne pas oublier ces morts sans nom et sans histoire, certains observateurs deviennent des « veilleurs de mémoire », selon le mot d’Evelyne ­Ritaine. « Pour eux, il y a un impératif éthique : que ces morts ne soient pas oubliés dans le tragique de l’événement du naufrage, mais aussi dans l’humanité de leur existence, souligne-t-elle....




                        

                        


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Migrants : « Faire de l’hospitalité un principe »

Dans une tribune au « Monde », la juriste Mireille Delmas-Marty plaide pour une gouvernance mondiale du droit des migrations.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 14h47
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 09h57
    |

Mireille Delmas-Marty (Juriste, professeure émérite au Collège de France)







                        



                                


                            
Tribune. Face au désastre humanitaire qui accompagne les migrations humaines, l’hospitalité n’est pas affaire de morale ni de philanthropie. C’est une évidence et une urgence. L’évidence a été perçue dès le XVIIIe siècle par Kant, qui déduit un « principe d’hospitalité universelle » de la forme sphérique de la Terre : elle « oblige les êtres humains à se supporter parce que la dispersion à l’infini est impossible, et qu’originairement l’un n’a pas plus de droit que l’autre à une contrée ». A l’époque où Kant écrivait son Projet de paix perpétuelle (1795-1796), la population mondiale était d’environ un milliard d’humains – elle a dépassé sept milliards à présent.
Un siècle et demi plus tard, Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955), autre grand visionnaire, évoquera à son tour la surface fermée de la Terre : « La masse humaine, après une période d’expansion qui couvre tous les temps historiques, entre présentement (…) dans une phase de compression que nous pouvons essayer de régulariser, mais dont rien ne permet de prévoir qu’elle doive désormais se renverser àjamais. » Il ajoute que le « serrage de la masse humaine » conduit à une « montée simultanée du social, de la machine et de la pensée dont la triple marée nous soulève ».
Un défi planétaire
Aujourd’hui, cette triple marée pourrait nous submerger. Depuis 1950, la population a progressé d’environ un milliard tous les quinze ans, et cette accélération vertigineuse s’accompagne d’une urbanisation galopante : la population urbaine devrait doubler d’ici à 2050 pour atteindre 6,5 milliards d’habitants. Or, 95 % de cette croissance se situera dans des pays en développement.
La mobilité humaine a déjà augmenté plus vite que la population, qu’il s’agisse des déplacements voulus ou forcés. S’ajoute l’accroissement du nombre de mineurs, de plus en plus jeunes, qui arrivent en pays étranger sans accompagnateur. Beaucoup...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Yvon Chouinard, créateur québécois de la marque de vêtements de plein air Patagonia, part en croisade, dans une tribune au « Monde », contre les barrages, économiquement chers et écologiquement dangereux.
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« Nous devons accélérer le déploiement d’alternatives énergétiques plus propres et plus économiques que les barrages »

Yvon Chouinard, créateur québécois de la marque de vêtements de plein air Patagonia, part en croisade, dans une tribune au « Monde », contre les barrages, économiquement chers et écologiquement dangereux.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 14h00
    |

Yvon Chouinard (Fondateur de la marque de vêtements de plein air Patagonia et producteur exécutif des films DamNation et Blue Heart)







                        



                                


                            
Tribune. Les dernières rivières sauvages d’Europe courent un grave danger. Le risque ne provient pas d’une sécheresse excessive ou des déchets toxiques des usines, mais des barrages hydroélectriques qui prétendent nous apporter une énergie propre, verte et écologique. En réalité, ces barrages sont sales et leur impact destructeur dépasse de loin leur utilité.
Les rivières ne sont pas juste magnifiques ; elles sont les artères de la planète
De nos jours, l’électricité qu’ils génèrent pourrait être obtenue beaucoup plus efficacement à partir d’autres sources qui ne perturbent pas les rivières, ne détruisent pas les habitats et ne déplacent pas les habitants. Si ces projets malveillants ne sont pas stoppés, le dommage écologique et l’impact sur les communautés locales seront dévastateurs.
C’est mon intérêt pour les rivières, en tant que pêcheur passionné, qui m’a fait prendre conscience des dommages causés par les barrages. Les rivières ne sont pas juste magnifiques ; elles sont les artères de la planète. Elles transportent, de la terre vers les océans, des nutriments vitaux pour nourrir le plancton et les poissons. Elles fournissent de l’eau propre à des millions de personnes.
Au niveau le plus bas depuis un siècle
Chaque année, près de 200 millions de tonnes de carbone sont éliminées de l’atmosphère et transportées par les rivières jusque dans les océans, contribuant ainsi à la lutte contre le changement climatique (« How rivers ­regulate global carbon cycle », Woods Hole Oceanographic Institution, 13 mai 2015).
l’hydroélectricité provoque l’extinction de certaines espèces, déplace des communautés et contribue au changement climatique
Les barrages menacent cet équilibre. Contrairement à l’énergie solaire ou éolienne, l’hydroélectricité provoque l’extinction de certaines espèces, déplace des communautés et contribue au changement climatique. De nouvelles recherches scientifiques montrent que les réservoirs créés par les barrages...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Les économistes Luc Behaghel et Esther Duflo prônent, dans une tribune au « Monde », une « modernisation » de l’aide publique française aux pays en développement, qui soit enfin basée sur des méthodes d’évaluation scientifiques.
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« L’aide publique au développement des anciens pays riches est en passe de devenir marginale »

Les économistes Luc Behaghel et Esther Duflo prônent, dans une tribune au « Monde », une « modernisation » de l’aide publique française aux pays en développement, qui soit enfin basée sur des méthodes d’évaluation scientifiques.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 14h14
    |

Luc Behaghel (Chercheur à l’Ecole d’économie de Paris et à l’Abdul Latif Jameel Poverty Action Lab (J-PAL) et Esther Duflo (Chercheuse à l’Ecole d’...







                        



                                


                            
Tribune. Emmanuel Macron a confié au député Hervé Berville (LRM) une mission de réflexion sur la modernisation de la politique d’aide publique au développement (APD). Economistes du développement, nous pensons que c’est une opportunité à saisir pour que le rapport de cette mission ne trouve pas sa place, comme les précédents, sur le plus haut rayon de la bibliothèque. Les deux mots phares de la réflexion semblent être « modernisation » et « redevabilité » (accountability, en anglais). Qu’entend-on par là ?
Les ressources apportées sont de plus en plus modestes face aux ressources domestiques, publiques et privées, dont ces pays disposent
La nécessité de moderniser l’aide au développement est reconnue au-delà de nos frontières : jusqu’en 2018, la coauteure de cette tribune appartenait à une commission chargée par le président Barack Obama de plancher sur cette question. Nos propositions s’inspirent d’une partie des recommandations de cette commission, qui n’ont pas eu le temps d’être mises en œuvre aux Etats-Unis mais qui restent pertinentes.
Le constat de départ est clair : l’APD des anciens pays riches est en passe de devenir marginale. Même si l’objectif de consacrer 0,55 % puis 0,7 % du PIB français à l’APD était atteint, les ressources apportées sont de plus en plus modestes face aux ressources domestiques, publiques et privées, dont ces pays disposent, et aux sommes de plus en plus importantes qui leur sont consacrées par des pays émergents (Brésil, Inde, Chine).
« Capital patient  » de l’innovation
Si nous continuons à faire ce que nous faisons, nos efforts deviendront un détail sans conséquences. Pourquoi s’encombrer d’une aide au développement, dans ces conditions ? Pas pour se substituer aux ressources domestiques afin de payer des dépenses de fonctionnement ou des investissements « évidents ». Ni pour donner des leçons et des prescriptions depuis l’extérieur. D’où la nécessité d’une modernisation en profondeur.
Moderniser...



                        

                        

