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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Véritables musées pour certaines, lieux de vie pour la plupart, les nombreuses bibliothèques du campus sont le cœur battant de l’université britannique
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Cambridge, bibliothèques à tous les étages

Véritables musées pour certaines, lieux de vie pour la plupart, les nombreuses bibliothèques du campus sont le cœur battant de l’université britannique



Le Monde
 |    13.04.2018 à 17h11
    |

Pierre-Yves Anglès







                        



                                


                            
Chronique britannique. Diplômé de Sciences Po et étudiant en master de littérature à l’Ecole normale supérieure et en Sorbonne, Pierre-Yves Anglès raconte son semestre à l’université de Cambridge, en Angleterre.

Historiquement, tous les collèges de Cambridge sont bâtis sur le même plan : un carré d’herbe très verte autour duquel se trouvent des bureaux, des logements, une chapelle, un grand réfectoire appelé hall et une bibliothèque.
Plus d’une centaine de bibliothèques
Les facultés sont en charge des enseignements et les collèges de la vie quotidienne des étudiants et des professeurs. Chacun a donc sa ou ses bibliothèque(s). Entre celles des collèges, celles des facultés – qui sont thématiques selon les disciplines – et les infrastructures publiques de la ville, Cambridge compte plus d’une centaine de bibliothèques dont les collections sont centralisées via le moteur de recherche iDiscover. Plusieurs d’entre elles sont également ouvertes en continu, notamment dans les collèges où les étudiants résident. La « pause bibli », entre deux sessions de révisions, est comme une « pause café ». A Cambridge, les biblios ne dorment jamais...

Plusieurs millions de livres, manuscrits, journaux et cartes
Si les kilomètres de rayonnage des bibliothèques de Cambridge étaient une ruche, la reine abeille trônerait sur la rive droite de la ville, dans le gros bunker qu’est la bibliothèque principale de l’université. Etant donné la richesse de ses collections – plusieurs millions de livres, manuscrits, journaux et cartes – on y entre en laissant ses affaires dans des casiers, avec ses bras pour porter et ses grosses lunettes de lecture – la myopie étant un mal très répandu parmi les chercheurs.
La ressemblance entre cette bibliothèque et une usine – comme celle qui abrite aujourd’hui le musée de la Tate Modern à Londres – ne doit également rien au hasard : les deux ont été bâties par l’architecte Giles Scott (1880-1960).
Parce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Alors qu’aucune coalition gouvernementale n’émerge des consultations avec les différents partis, le chef de l’Etat italien a annoncé qu’il attendrait quelques jours avant d’examiner les solutions.
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Italie : le président de la République, Sergio Mattarella, déplore l’impasse politique

Alors qu’aucune coalition gouvernementale n’émerge des consultations avec les différents partis, le chef de l’Etat italien a annoncé qu’il attendrait quelques jours avant d’examiner les solutions.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 14h45
   





                        



   


Le président italien, Sergio Mattarella, a constaté vendredi 13 avril l’échec de sa deuxième série de consultations avec les chefs des partis politiques en vue de former un gouvernement.
« Je vais attendre quelques jours et j’examinerai ensuite les solutions pour sortir de l’impasse », a-t-il déclaré à la presse. « A la lumière du déroulement des consultations de ces derniers jours, il est devenu clair que les partis politiques n’ont pas fait le moindre progrès », a-t-il ajouté.
L’Italie est dans une impasse politique depuis les élections législatives du 4 mars, qui n’ont pas permis de dégager une majorité au Parlement.
Le Mouvement 5 étoiles (M5S), anti-système, est devenu le premier parti politique du pays, avec 222 députés sur 630, mais la coalition de droite (Ligue, Forza Italia et Frères d’Italie) compte 261 élus à la Chambre.

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                En Italie, la paralysie politique persiste



Vers de nouvelles élections ?
Le M5S s’est dit prêt à discuter avec la Ligue (extrême droite) mais refuse tout accord avec Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi. Le mouvement contestataire tente depuis plusieurs semaines de diviser la coalition de droite en poussant le chef de la Ligue, Matteo Salvini, à rompre avec Berlusconi. Sans succès.
Le dirigeant du M5S, Luigi Di Maio, a jusqu’ici tenté de former un gouvernement de coalition soit avec la Ligue, soit avec le Parti démocrate de centre gauche. Toutes ses offres ont été rejetées : le Parti démocrate disant vouloir se ranger dans l’opposition et Matteo Salvini, patron de la Ligue, refusant de rompre avec Silvio Berlusconi.
Il est peu probable qu’un accord de gouvernement soit conclu avant les élections régionales prévues à la fin du mois dans le Molise, dans le sud du pays, et en Frioul-Vénétie julienne, dans le nord.
Le M5S espère en effet prendre le contrôle de sa première région dans le Molise et la Ligue pense, elle, l’emporter en Frioul-Vénétie julienne.
En cas d’échec des pourparlers, Sergio Mattarella pourra demander à des « techniciens » de former le prochain gouvernement, avec un mandat limité dans le temps, ou alors convoquer de nouvelles élections législatives, probablement à l’automne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Emmanuel Macron et Justin Trudeau doivent reconnaître les risques que le traité commercial entre l’Europe et le Canada fait peser sur les droits des consommateurs et des citoyens, plaide Karine Jacquemart, directrice générale de l’ONG Foodwatch France, dans une tribune au « Monde ».
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Libre-échange : « Le CETA va ébranler notre démocratie »

Emmanuel Macron et Justin Trudeau doivent reconnaître les risques que le traité commercial entre l’Europe et le Canada fait peser sur les droits des consommateurs et des citoyens, plaide Karine Jacquemart, directrice générale de l’ONG Foodwatch France, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    13.04.2018 à 14h00
    |

Karine Jacquemart (Directrice générale de Foodwatch France)







                        



                                


                            
Tribune. Justin Trudeau arrive en France dimanche 15 avril pour une visite de trois jours. Il y a fort à parier que les photographes se régaleront en immortalisant la rencontre du premier ministre canadien et d’Emmanuel Macron, ces deux quadragénaires qui incarnent une nouvelle génération de leadeurs politiques. « Nouvelle génération », c’est aussi le terme accolé à l’accord de libre-échange CETA qui lie l’Europe et le Canada. Le CETA est en effet le premier d’une série d’accords qui ne se contentent plus de réduire les barrières tarifaires (les droits de douane), mais visent à supprimer tous les « obstacles au commerce », ce qui inclut les différences de réglementation qui nous protègent sur le plan sanitaire, social et environnemental.
en matière de commerce le Canada n’est pas le pays inoffensif de notre imaginaire collectif
Les sourires confiants et les poignées de main des deux hommes qui ne manqueront pas pendant cette visite ne doivent pas faire oublier les risques du CETA et le fait qu’en matière de commerce le Canada n’est pas le pays inoffensif de notre imaginaire collectif. Loin de là ! Justin Trudeau déclarait il y a un an au Parlement européen que « le CETA est un accord moderne », qui va « améliorer la vie des Canadiens et des Européens ».
Or, c’est faux. Aujourd’hui, nombre d’analyses – y compris celles produites par la commission d’évaluation de l’impact du CETA, présidée par l’économiste Katheline Schubert et dont les membres sont nommées par M. Macron – montrent que le CETA va ébranler notre démocratie et fait peser des risques considérables sur les droits des consommateurs et des citoyens, sur l’agriculture, l’alimentation et même sur la protection de notre environnement et de notre planète.

Nous ne sommes pas opposés aux accords de commerce. Mais la pilule du CETA est trop grosse à avaler. Les tactiques employées par cet accord d’un nouveau genre montrent bien que les intérêts...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Ces chasses, illégales en Suède, étaient « offertes » par un homme d’affaires au vice-premier ministre hongrois Zsolt Semjén. Elles se retrouvent au cœur d’une affaire de corruption.
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Les parties de chasse luxueuses du vice-premier ministre hongrois en Suède


                      Ces chasses, illégales en Suède, étaient « offertes » par un homme d’affaires au vice-premier ministre hongrois Zsolt Semjén. Elles se retrouvent au cœur d’une affaire de corruption.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 13h55
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 17h35
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








   


Peu loquace, le président du village sami de Grans, dans la province du Västerbotten, dans le nord de la Suède, assure que lui et son fils ne cherchent pas de noises au vice-premier ministre hongrois, Zsolt Semjén. « Je pense qu’il a agi de bonne foi et qu’il ne savait pas que ce qu’il faisait était illégal », assure Tobias Jonsson. Cependant, ils veulent comprendre comment un de leurs rennes a pu se retrouver mêlé à un des nombreux scandales de corruption qui ont émaillé la campagne pour les législatives en Hongrie.
L’histoire est rocambolesque. Elle débute à la mi-mars, avec la publication dans le quotidien hongrois Magyar Nemzet d’un article sur les parties de chasse luxueuses du vice-premier ministre et leader du Parti chrétien-démocrate Zsolt Semjén, dans le nord de la Suède. Il y en aurait eu cinq, depuis 2012, chaque fois financées par l’homme d’affaire József Farkas, propriétaire de plusieurs hôtels en Hongrie.
« Largesses » du gouvernement hongrois
Des ONG du pays d’Europe centrale évoquent des pots-de-vin, destinés à remercier Zsolt Semjén, grand amateur de chasse, des largesses du gouvernement hongrois grâce auquel le businessman aurait touché au moins 11 millions d’euros de subventions européennes et de marchés publics depuis 2010. Le vice-premier ministre se défend en assurant que les voyages étaient privés – son frère vit en Suède, il était venu lui rendre visite.
Mais, dans le royaume scandinave, l’affaire intrigue. Car le pays n’a pas de rennes sauvages. Ils appartiennent aux éleveurs sami et leur chasse est strictement interdite. Par curiosité, Tobias Jonsson, éleveur, cherche sur Internet des images des virées en Suède du cacique hongrois. Il découvre un film montrant un renne hélitreuillé par un hélicoptère au-dessus d’une forêt aux couleurs automnales. Puis, une photo, datant de 2014, où le vice-premier ministre, en tenue de chasse kaki, pose à côté d’un cervidé. Enfin, un second cliché, pris deux ans plus tard. Et là, stupeur : Tobias Jonsson reconnaît, sur l’oreille de l’animal, le signe distinctif taillé au couteau par son fils Niklas. Chaque éleveur coupe les oreilles de ses bêtes d’une façon bien particulière, pour être sûr de pouvoir les identifier. Pour Tobias Jonsson, il ne fait aucun doute que le renne abattu appartient bien au troupeau de son fils.
Comment est-il arrivé là ? Qui donc a organisé la chasse ? Les images de l’hélicoptère noir ont permis de remonter jusqu’à la compagnie qui a loué l’appareil au Hongrois. Ses propriétaires assurent ne rien savoir. « Ils disent qu’ils ont des milliers de réservations tous les ans et ne peuvent pas tout contrôler », lâche, sceptique, Tobias Jonsson.
« C’est comme si j’étais un paysan et qu’on abattait ma vache. » Niklas Jonsson, éleveur de rennes suédois
Ce n’est pas la première fois que lui et son fils se font voler des animaux. Mais jamais dans ces circonstances. « C’est comme si j’étais un paysan et qu’on abattait ma vache », constate, amer, Niklas Jonsson à la télé suédoise. Il a porté plainte. La police a ouvert une enquête pour « vol », ce qui a fait bondir l’Organisation nationale des Sami suédois. Elle exige un durcissement de la loi afin que l’abattage non autorisé d’un renne soit assimilé au braconnage et puni en tant que tel. Tobias Jonsson et son épouse ont contacté Magyar Nemzet et obtenu plusieurs photos, qui ont été versées au dossier. Mais l’éleveur ne se fait guère d’illusions sur les conséquences que pourrait avoir l’affaire en Hongrie : « J’ai l’impression qu’on n’y prend pas très au sérieux les accusations de corruption », remarque-t-il.

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                Un « capitalisme de connivence » gangrène la Hongrie



Ironie de l’histoire : en Hongrie, c’est justement la Suède qui, depuis 2015 et l’accueil de 160 000 réfugiés, est devenue le punching-ball favori du premier ministre Victor Orbán (dont la formation d’extrême droite a, le 8 avril, remporté les élections) et des médias contrôlés par son parti. Le royaume scandinave y est régulièrement dépeint comme un pays à feu et à sang, au point même que le ministre suédois de l’éducation, l’écolo Gustav Fridolin, a pris la peine de se rendre à Budapest, le 27 mars, pour soutenir la tête de file des Verts hongrois, Bernadett Szél, profitant de son déplacement pour nuancer l’image de la Suède.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ L’obstruction russe systématique sur l’usage d’armes chimiques en Syrie est, selon lechercheur, significative d’une volonté d’évaluer la fermeté des « lignes rouges » tracées par les gardiens du droit international.
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Benjamin Hautecouverture : « Les armes chimiques, un moyen pour Poutine de tester les démocraties »

L’obstruction russe systématique sur l’usage d’armes chimiques en Syrie est, selon lechercheur, significative d’une volonté d’évaluer la fermeté des « lignes rouges » tracées par les gardiens du droit international.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 12h29
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 15h22
    |

            Nathalie Guibert et 
Marc Semo








                        



                                


                            
Spécialiste des questions de sécurité internationale, proliférations et dissuasion, Benjamin Hautecouverture est maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) à Paris.

Pourquoi est-il impossible de rester sans réaction face à l’usage d’armes chimiques en Syrie ?
En réalité, il est tout à fait possible de rester passif face aux dernières allégations d’emploi de ces armes au cours de l’offensive sur Douma le 7 avril, une année après les attaques sur Khan Cheikhoun [le 4 avril 2017, un bombardement chimique de l’aviation syrienne sur la ville rebelle provoque la mort d’au moins 100 civils]. C’est bien le cas depuis 2013, lors de la transgression de la première « ligne rouge » tracée par le président Obama dans le cadre du conflit syrien. Mais s’en contenter aujourd’hui devient très périlleux, non seulement au regard des victimes, mais également au regard de la crédibilité de la sécurité collective [le Conseil de sécurité des Nations unies], du droit international [la Convention d’interdiction des armes chimiques, CIAC], de la parole donnée par la démocratie libérale [Etats-Unis, Union européenne, etc.]. Au fond, l’usage des armes chimiques en Syrie est en train de concentrer stratégiquement, politiquement, et symboliquement l’ensemble des attaques contre la norme du droit international dans le monde depuis le début de notre décennie. C’est à ce niveau que se situe désormais l’enjeu de la réaction face à l’usage des armes chimiques en Syrie. La France et les Etats-Unis sont en première ligne, mais ne sont pas les seuls concernés.
Quand Emmanuel Macron dit qu’il y a une « ligne rouge », sans agir, cela l’affaiblit ?
L’usage politique de la « ligne rouge » est une forme risquée de dissuasion. En l’espèce, s’il est déclaré que la ligne rouge est l’utilisation d’armes chimiques, telles que définies par la CIAC, quand ces armes tuent,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Les utilisateurs trouveront un moyen de « contourner l’interdiction », a déclaré vendredi le vice-ministre de la communication.
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La justice russe ordonne le blocage de Telegram

Les utilisateurs trouveront un moyen de « contourner l’interdiction », a déclaré vendredi le vice-ministre de la communication.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 12h28
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 17h30
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


Le cofondateur de la messagerie Telegram, Pavel Dourov, avait interdit à ses avocats de se rendre au tribunal de Taganski, un arrondissement du centre de Moscou, dans lequel, disait-il, « tous les principes élémentaires [du droit] ont été violés ». C’est donc devant des bancs vides, du côté des accusés, que la justice russe a ordonné en un temps record de vingt minutes, vendredi 13 avril, le blocage « immédiat » de la messagerie sur tout le territoire de la Russie. En cause : le refus de Telegram de fournir au FSB, les services de sécurité russes, les clés permettant de déchiffrer les messages.
Sur les quelque 200 millions d’utilisateurs de la messagerie dans le monde, plus de 10 millions sont des Russes, dont de nombreuses administrations et officiels eux-mêmes, au Kremlin comme au sein du gouvernement. Quelques minutes après le verdict du tribunal, le ministère des affaires étrangères russe signalait ainsi sur son site Internet : « Chers abonnés, vous pouvez toujours nous suivre sur Viber, et d’autres réseaux sociaux, Facebook, Vkontakte, Twitter, Instagram… » Ironie du sort, M. Dourov, d’origine russe, cofondateur de Telegram avec son frère Nikolaï en 2013, est aussi celui qui a donné naissance à l’application Vkontakte, le Facebook russe, dont il fut le directeur général jusqu’à son éviction, en 2014, année où il a décidé de quitter la Russie « sans retour ».

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                L’insolent succès de Telegram en Iran



Sur une liste noire
Vendredi, le vice-ministre de la communication, Alexeï Voline, s’est voulu rassurant : « Le blocus de Telegram ne nuira pas à ses abonnés, a-t-il déclaré. Ils utiliseront d’autres ressources ou contourneront l’interdiction. » Sa remarque est parfaitement exacte. Dès le début de son bras de fer avec les autorités russes, commencé en 2017, les dirigeants de Telegram ont ajouté dans la messagerie la possibilité de contourner un blocus grâce à des serveurs relais, et l’Internet russe est déjà inondé de conseils pour briser l’embargo. Un rapide sondage organisé sur le site de la radio Echo de Moscou a conclu dans le même sens : 82 % des personnes qui ont répondu ont déclaré qu’elles éviteraient le blocus.
« Le tribunal Taganski de Moscou (…) a prouvé que le “bureau” [le FSB] n’arrive pas à lire les messageries qui utilisent un chiffrement complet, il a ainsi montré que Telegram est la plus sûre », a ironisé Pavel Chikov, l’un des avocats russes de la société. « Il a augmenté la quantité d’ennemis du pouvoir de quelques millions, a-t-il poursuivi. Il a démontré que le système judiciaire sert fidèlement ses intérêts et inscrit la Russie dans la liste des pays en guerre contre le progrès et la liberté. » Pavel Dourov a également réagi. « Chez Telegram, nous avons le luxe de ne pas dépendre d’une source de revenus ou de la vente de publicité, a-t-il déclaré sur son compte Telegram. La vie privée n’est pas à vendre, et les droits humains ne doivent pas être sacrifiés sur l’autel de la peur ou de la cupidité. »
Telegram rejoint, en effet, d’autres réseaux inscrits sur une liste noire en Russie et interdits, comme LinkedIn ou Dailymotion. Ce blocage est un nouvel « assaut » contre la liberté d’expression, selon Amnesty International. Les autorités russes, souligne l’organisation de défense des droits humains dans un communiqué, « ont bloqué les sites d’information qui les critiquent, imposé des règles de stockage de données draconiennes et déclaré les médias enregistrés en dehors de la Russie comme des “agents étrangers”. Maintenant, ils ciblent l’une des applications de messagerie les plus populaires en Russie simplement pour avoir le courage et l’intégrité de respecter la vie privée de ses utilisateurs ».
Saisie par Roskomnadzor, l’agence fédérale russe des télécommunications, la justice n’a pas reculé. « Les informations diffusées par Telegram peuvent contenir des données utilisées par des terroristes et des extrémistes », a une nouvelle fois plaidé vendredi sa représentante en décrivant une « menace » pour la Russie. En juin 2017, Roskomnadzor avait averti la messagerie d’un possible blocage en lui intimant l’ordre de s’inscrire dans le registre des diffuseurs d’information, une injonction à laquelle Telegram avait fini par se plier.
M. Dourov a cependant opposé un « niet » catégorique à la demande de fournir les clés de déchiffrement aux services de sécurité, s’attirant à nouveau les foudres des autorités. Cette fois, avertissait-il en mars, les menaces de blocage « ne porteront pas leurs fruits ».

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Après une vague de démissions, suite aux révélations d’agressions sexuelles et de favoritisme au sein de l’institution, la secrétaire perpétuelle a été forcée au départ, jeudi.
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Comprendre la crise qui secoue l’Académie suédoise

Après une vague de démissions, suite aux révélations d’agressions sexuelles et de favoritisme au sein de l’institution, la secrétaire perpétuelle a été forcée au départ, jeudi.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 14h13
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



   


La crise historique qui secoue l’Académie suédoise, fondée en 1786 pour promouvoir la grandeur culturelle du royaume par Gustave III, et chargée d’attribuer le prix Nobel de littérature depuis 1901, a atteint un nouveau paroxysme, jeudi 12 avril, dans la soirée. A la sortie de la réunion hebdomadaire des immortels, dans les locaux de Börshuset, l’ancienne Bourse au cœur de la vieille ville de Stockholm, sa secrétaire perpétuelle, Sara Danius, a fait savoir qu’elle avait été remerciée par une majorité de ses collègues et qu’elle quittait l’Académie.
Dans la foulée, la poétesse et dramaturge Katarina Frostenson, dont le mari est à l’origine du scandale, a, elle aussi, annoncé son départ.
Des élus à vie, remplacés qu’après leur mort
Les dix-huit immortels ne sont donc plus que onze. Trois avaient démissionné le 6 avril, pour protester contre la gestion de la crise par leurs collègues. La romancière Kerstin Ekman a, elle, claqué la porte en 1989, en réaction au refus de l’Académie de condamner la fatwa contre l’écrivain britannique Salman Rushdie. Son fauteuil est, depuis, resté vide, car les académiciens, élus à vie, ne peuvent être remplacés qu’après leur mort. L’écrivaine Lotta Lotass, quant à elle, élue en 2009, n’a plus participé aux délibérations depuis 2015, ne supportant pas l’élitisme de ce petit cercle d’intellectuels.
De la prestigieuse Académie, créée en 1786 sur le modèle français, il ne reste donc plus qu’une institution en ruine. Dans le royaume scandinave, l’affaire obnubile les médias et préoccupe au plus haut point les politiques, inquiets de voir la réputation du pays et des Nobel ainsi entachée. Le premier ministre, Stefan Löfven, s’est dit choqué par le ton du débat et a rappelé qu’il était « important que l’Académie fonctionne et ait le respect et la confiance du reste du monde ».
Entorses au devoir de réserve
L’impression de chaos s’est encore renforcée ces derniers jours, alors que les immortels, tenus à un devoir de réserve, s’épanchaient dans les médias, révélant l’opposition frontale entre deux camps. L’un d’entre eux, sorti vainqueur, soutient la poétesse et dramaturge Katarina Frostenson, épouse du français Jean-Claude Arnault, 71 ans, figure culturelle de premier plan en Suède, qui fait l’objet de plusieurs plaintes pour viols et agressions sexuelles. Il est également soupçonné d’avoir ébruité les noms de plusieurs lauréats du Nobel, avant qu’ils aient été officialisés. Dans la foulée, Mme Frostenson, dont le mari est à l’origine du scandale, a annoncé son départ.
Jusqu’à l’automne 2017, M. Arnault, dirigeait le Forum, un lieu d’exposition et de performances, couru des élites culturelles stockholmoises, et en partie financé par l’Académie.
Début décembre 2017, la secrétaire perpétuelle Sara Danius a lancé une enquête interne et recruté un cabinet d’avocats, chargé de faire la lumière sur les relations entre les académiciens et le français. Si les conclusions de l’enquête n’ont pas encore été rendues publiques, Mme Danius a révélé le contenu du rapport soumis aux académiciens, dans une interview au quotidien Svenska Dagbladet, le 7 avril. Notamment le fait que Mme Frostenson détenait la moitié des titres de propriété du Forum. « C’était une surprise pour tout le monde, assure Sara Danius. L’Académie n’est pas autorisée à donner de l’argent à un de ses membres. Nous avons donc violé notre propre règlement. La responsabilité nous incombe, mais il est étrange que nous n’ayons pas été informés. »

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La confusion totale
Dans ces recommandations, le cabinet d’avocats suggérait à l’Académie de porter plainte contre le Forum. Un vote a été organisé. Non seulement une majorité des académiciens se sont opposés au dépôt d’une plainte, mais ils ont également renouvelé leur confiance à Katarina Frostenson, se répandant en critiques acerbes contre Sara Danius dans la presse du royaume. L’éviction de la secrétaire perpétuelle était alors devenue inévitable.
Vendredi matin, le professeur de littérature Anders Olsson, qui assure l’intérim, a ajouté encore à la confusion, en laissant entendre que c’était en accord avec le roi Carl XVI Gustaf, protecteur de l’Académie, qu’un compromis avait été présenté : le départ de Mme Danius contre la démission de Mme Frostenson. Or, deux heures plus tard, la cour démentait, exigeant des explications.
Car le départ de Sara Danius, première femme à occuper les fonctions de secrétaire perpétuelle de l’Académie, instigatrice d’une modernisation jugée indispensable, passe très mal en Suède. Derrière le hashtag #Knytblusförsara (chemisier à nœud lavallière pour Sara), des dizaines de femmes, dont la ministre de la culture Alice Bah Kuhnke, publient sur les réseaux sociaux, depuis jeudi soir, des autoportraits, dans la tenue favorite de l’académicienne. « Deux femmes ont été sacrifiées, l’une contre l’autre », résume l’académicien Per Wästerberg.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Paris a ratifié un protocole permettant au Conseil constitutionnel, à la Cour de cassation et au Conseil d’Etat de solliciter l’avis de la CEDH avant de trancher une question.
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La France donne une plus grande place à la Cour européenne des droits de l’homme

Paris a ratifié un protocole permettant au Conseil constitutionnel, à la Cour de cassation et au Conseil d’Etat de solliciter l’avis de la CEDH avant de trancher une question.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 10h37
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            

La France a apporté son aide, jeudi 12 avril, à l’édifice juridique européen de protection des libertés et droits fondamentaux. Paris a officiellement ratifié le protocole additionnel no 16 à la Convention européenne des droits de l’homme. Ce texte permet aux hautes juridictions que sont en France le Conseil constitutionnel, la Cour de cassation et le Conseil d’Etat, de demander des avis à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).
La France est le dixième Etat du Conseil de l’Europe à ratifier ce protocole signé à Strasbourg en octobre 2013, cela permet de déclencher son entrée en vigueur le 1er août. Au moment où la légitimité normative de l’Europe en matière d’application des principes fondamentaux est contestée dans de nombreux pays, cette étape vient renforcer ce que l’on appelle le « dialogue des juges ». De quoi consolider l’édifice juridique bâti autour de la Convention européenne des droits de l’homme.
L’avis consultatif rendu par la Cour de Strasbourg sera motivé et non contraignant, contrairement aux jugements qu’elle rend dans les affaires dont elle est saisie.
Défendre « une justice européenne »
Emmanuel Macron, lors de sa visite à la CEDH le 31 octobre 2017, avait annoncé sa volonté de ratifier ce texte. Le président de la République avait justifié cette décision par sa volonté de défendre « une justice européenne, conçue comme un espace de dialogue et de complémentarité ». La loi autorisant cette ratification a été publiée au Journal officiel le 4 avril et Nicole Belloubet, la garde des sceaux, a déposé « l’instrument de ratification » le 12 avril.
L’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, n’ont pas encore signé ce protocole
A Strasbourg, on se réjouit de cette signature. « C’est une étape fondamentale dans l’histoire de la Convention européenne des droits de l’homme et un développement majeur de la protection des droits de l’homme en Europe », a déclaré Guido...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Le premier ministre Viktor Orban avait affirmé qu’il avait une liste de 2 000 personnes payées par le milliardaire et philanthrope, sa bête noire, pour « renverser le gouvernement ».
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Hongrie : un hebdomadaire publie une liste de 200 « spéculateurs » supposés au service de Soros

Le premier ministre Viktor Orban avait affirmé qu’il avait une liste de 2 000 personnes payées par le milliardaire et philanthrope, sa bête noire, pour « renverser le gouvernement ».



Le Monde
 |    13.04.2018 à 00h25
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 08h15
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        


Quatre jours après les élections législatives en Hongrie – et alors que Bruxelles s’interroge sur une réponse à apporter aux atteintes à l’Etat de droit –, un hebdomadaire proche du pouvoir a publié, jeudi 12 avril, 200 noms de personnalités qu’il accuse d’appartenir à un réseau supposé de « spéculateurs » au service de George Soros, milliardaire américain d’origine hongroise, survivant de la Shoah et philanthrope, âgé de 87 ans.
Le premier ministre Viktor Orban avait affirmé durant la campagne électorale qu’il avait une liste de 2 000 personnes payées pour « renverser le gouvernement et installer un nouvel exécutif acceptable pour George Soros ». Il avait également déclaré qu’il réglerait ses comptes « après les élections, aux niveaux à la fois moral, politique et juridique ». Il n’aura pas mis longtemps à tenir sa promesse.

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Dans la liste, figurent en toutes lettres les patronymes d’avocats défendant les droits des demandeurs d’asile et des réfugiés, d’employés d’organisations non gouvernementales (ONG) de renommée internationale, telles que Transparency International et Amnesty International, mais aussi de l’Université d’Europe centrale (CEU), un prestigieux établissement installé en Hongrie depuis 1993. Certaines personnes mises en cause sont de nationalité étrangère, comme le politologue autrichien Anton Pelinka. D’autres sont... décédées.
« Liste conspirationniste de Hongrois brillants »
Deux jours plus tôt, c’est une télévision privée appartenant à un oligarque « proche du gouvernement » selon Andras Lederer, de l’ONG Helsinki Committee, qui avait diffusé les portraits de personnalités issues de la société civile et accusées d’être des « mercenaires » travaillant pour M. Soros.
« Il est très dérangeant de voir de longues listes de représentants de la société civile, d’universitaires et de journalistes dans l’hebdomadaire Figyelo, a réagi sur Twitter l’ambassadrice du Canada à Budapest, Isabelle Poupart. Nous travaillons étroitement avec nombre d’entre eux depuis des années et d’entre eux sont Canadiens. »

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Selon son homologue suédois, Niclas Trouvé, il est « très inquiétant qu’un journal publie une liste conspirationniste de Hongrois brillants qui ont fait de grands sacrifices pour leur pays, ses habitants et pour la démocratie ». Ce diplomate assure de son soutien les défenseurs des droits de l’homme et leurs familles.
« C’est une tentative flagrante d’intimidation, a de son côté estimé le recteur de la CEU, Michael Ignatieff. Elle est dangereuse pour la liberté académique. »
Figyelo était un titre économique qui, selon l’agence américaine AP, « a pris un tournant progouvernemental sans vergogne, depuis qu’il a été racheté en décembre 2016 par Maria Schmidt, une historienne alliée de Viktor Orban. Depuis lors, la grande majorité des publicités insérées dans le magazine émanent du gouvernement ou d’entreprises détenues par l’État. »
Interrogé par l’agence de presse, qui voulait savoir si cette liste correspondait à celle évoquée par Viktor Orban auparavant, l’exécutif s’est refusé à tout commentaire. Dans un communiqué, le magazine a qualifié « d’hystériques » les réactions à la publication de son article, puis s’est excusé auprès des familles des morts cités dans la liste. Mais il a aussi déclaré que sa liste était « loin d’être complète ». En langage de journalistes, on appelle ça du « teasing ». Partout ailleurs, c’est aussi une menace.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ L’institution qui décerne le prix Nobel de littérature est en crise depuis que des femmes ont dit être victimes d’agressions sexuelles par une personnalité proche de l’Académie.
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Scandale d’agressions : la secrétaire perpétuelle de l’Académie suédoise démissionne à son tour

L’institution qui décerne le prix Nobel de littérature est en crise depuis que des femmes ont dit être victimes d’agressions sexuelles par une personnalité proche de l’Académie.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 22h06
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 22h30
   





                        



   


L’Académie suédoise, qui décerne le Nobel de littérature, a remercié sa secrétaire perpétuelle, qui a annoncé son départ jeudi 12 avril. L’institution est empêtrée dans des divisions internes à la suite de révélations sur ses liens étroits avec Jean-Claude Arnault, une figure culturelle de premier plan en Suède, accusé de viols.
« C’est la volonté de l’Académie que je quitte mon poste de secrétaire perpétuelle », a annoncé Sara Danius à la fin d’une réunion des académiciens. « J’ai aussi décidé de laisser mon fauteuil, le numéro 7. Cette décision prend effet immédiatement », a-t-elle ajouté, reconnaissant qu’elle aurait « volontiers continué ».
La vague de révélations #metoo avait permis de mettre au jour en novembre les relations étroites entre l’Académie et « une personnalité du monde de la culture » accusée de viols et d’agressions sexuelles par des académiciennes, épouses d’académiciens, leurs filles et d’autres femmes.

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Une enquête aux résultats tenus secrets
Le quotidien Dagens Nyheter avait publié les témoignages de dix-huit femmes disant avoir subi des violences ou des faits de harcèlement sexuel de Jean-Claude Arnault, marié à une académicienne, la poétesse et dramaturge Katarina Frostenson.
L’Académie a depuis rompu toute amarre avec lui et a coupé ses subventions au lieu d’exposition et de performances qu’il dirige à Stockholm, couru des élites culturelles. Elle a par ailleurs ouvert une enquête interne et s’est attaché les services d’un cabinet d’avocats. Leurs conclusions ne sont pas connues, les académiciens étant tenus à un strict devoir de réserve.
Plusieurs démissions ont déjà eu lieu au sein de l’Académie suédoise. Un académicien, Anders Olsson, a dit que les démissions faisaient suite à un vote ayant abouti à la confiance renouvelée d’une majorité d’académiciens à Katarina Frostenson.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Les trois formations de gauche radicale française, espagnole et portugaise se réunissent jeudi à Lisbonne.
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Elections européennes : La France insoumise s’allie avec Podemos et le Bloco

Les trois formations de gauche radicale française, espagnole et portugaise se réunissent jeudi à Lisbonne.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 15h56
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 12h11
    |

            Abel Mestre et 
Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


La gauche radicale s’organise en vue des élections européennes de mai 2019. Jeudi 12 avril s’est tenue à Lisbonne une réunion actant la naissance d’un « mouvement commun » entre La France insoumise (LFI) de Jean-Luc Mélenchon, les Espagnols de Podemos et le Bloco portugais. « Jean-Luc Mélenchon sera à Lisbonne jeudi pour signer un document en compagnie notamment de Pablo Iglesias, de Podemos, et de Catarina Martins, de Bloco, détaille Manuel Bompard, chef d’orchestre de LFI. C’est une initiative programmatique commune, avec l’ambition d’élargir à d’autres pays. »

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L’idée est que les trois formations lancent des campagnes communes dans leurs pays respectifs. La première concernera la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale. Une manière également pour les mélenchonistes de répondre à Benoît Hamon et son mouvement Génération. s, qui ont fait alliance avec DiEM25, la structure pilotée par Yanis Varoufakis, l’ancien ministre grec des finances.
L’initiative franco-ibérique en est encore à ses balbutiements. S’il ne peut y avoir de listes transnationales – constituées d’Européens éligibles sur l’ensemble du territoire de l’Union –, LFI verrait cependant d’un bon œil que des militants de Podemos et du Bloco se trouvent sur sa liste lors des élections de mai 2019, s’ils sont résidents en France. « Ce serait une bonne manière de montrer notre internationalisme », souligne M. Bompard.
« Plan A, plan B »
En Espagne, Podemos n’a pas voulu confirmer qu’il participera à une liste commune avec le Bloco et LFI, préférant attendre la réunion de jeudi pour dévoiler sa position.
Car, malgré les nombreuses proximités idéologiques et les liens d’amitiés entre les trois formations, un point d’achoppement existe : le fameux diptyque « plan A, plan B », défendu par LFI, qui est au cœur de son programme européen. Les Insoumis défendent l’idée d’un « plan A » – « sortie concertée des traités européens » et « négociation d’autres règles » – et d’un « plan B » – « sortie des traités européens unilatérale par la France » – en cas d’échec de la première méthode.
La formation de Pablo Iglesias ne pourrait pas accepter de voir figurer ce point dans un éventuel programme commun, tant l’attachement des Espagnols à la construction européenne reste forte. « 2019 est un rendez-vous fondamental pour la réarticulation de la politique européenne face à la montée de l’extrême droite sur le continent et la fermeture dogmatique de Bruxelles, se contente-t-on d’expliquer du côté de Podemos. Nous sommes appelés à jouer un rôle de référence et de direction pour articuler une alternative démocratique, populaire et en faveur des droits de l’homme et de la souveraineté des peuples. Dans ce sens, nous mènerons à bien plusieurs initiatives avec nos alliés. »
Résultat probable du compromis : il pourrait ne pas y avoir de mention du « plan B » dans le texte final. Manuel Bompard assure pour autant que LFI « n’abandonnera pas » cette ligne stratégique. « Le texte n’est pas encore terminé, assurait-il mardi soir. On va préciser des sujets de combats communs. Le plan A-plan B, c’est une stratégie nationale, ça n’a pas lieu d’être dans un texte comme celui-là. »

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ La Russie a demandé que le Conseil de sécurité de l’ONU se réunisse vendredi pour discuter de la menace d’une action militaire.
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Syrie : la Russie temporise, les Occidentaux estiment « nécessaire de prendre des mesures »

La Russie a demandé que le Conseil de sécurité de l’ONU se réunisse vendredi pour discuter de la menace d’une action militaire.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 15h15
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 21h22
   





                        



   


La Russie a demandé que le Conseil de sécurité de l’ONU se réunisse vendredi pour discuter de la menace d’une action militaire menée par les Etats-Unis en Syrie, ont indiqué jeudi 12 avril des diplomates.
La demande a été soumise après que l’ambassadeur de Russie à l’ONU Vassily Nebenzia a déclaré que la priorité était d’éviter les frappes menées par les Etats-Unis sur la Syrie qui pourraient conduire à une confrontation dangereuse entre Washington et Moscou. La France et les Etats-Unis menacent le régime de Bachar Al-Assad et son allié russe depuis la récente attaque chimique supposée dans la ville rebelle de Douma, dans la Ghouta orientale, retombée jeudi aux mains de l’armée syrienne.
Emmanuel Macron est d’ailleurs resté ferme dans ses accusations, jeudi, sur le plateau de TF1, affirmant avoir « la preuve » que « des armes chimiques ont été utilisées, au moins du chlore, et qu’elles ont été utilisées par le régime de Bachar Al-Assad ». « Nous aurons des décisions à prendre en temps voulu, quand nous le jugerons le plus utile et le plus efficace », a-t-il ajouté.
Le gouvernement britannique juge, lui, « nécessaire de prendre des mesures ». « Le gouvernement a convenu qu’il était nécessaire de prendre des mesures pour empêcher l’utilisation d’armes chimiques par le régime d’Assad », a déclaré un porte-parole de l’exécutif dans un communiqué. La première ministre Theresa May, soucieuse d’affirmer sa crédibilité internationale menacée par le Brexit et de faire écho à la solidarité occidentale manifestée après l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal sur le sol britannique, est en effet prête à engager son pays en Syrie derrière les Etats-Unis, même sans attendre un éventuel accord du Parlement.

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          Syrie : où se situe la « ligne rouge » sur les armes chimiques ?



Plus tôt, la chancelière allemande, Angela Merkel, a fait savoir que son pays « ne participera [it] pas à des actions militaires » contre le régime de Bachar Al-Assad. Elle a cependant dit « soutenir tout ce qui est fait pour signifier que l’utilisation d’armes chimiques est inacceptable ».
Les experts de l’OIAC bientôt sur place
Les premiers experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) sont en route pour la Syrie et commenceront leur travail samedi, a annoncé jeudi l’organisation dépendante des Nations unies. L’OIAC se réunira lundi pour discuter de l’attaque chimique supposée, qui a fait au moins quarante morts.
Ce sera la première fois qu’un groupe d’experts de l’OIAC se déplacera en dehors de Damas depuis 2014. A l’époque, une équipe de l’organisation avait été victime d’une attaque, qui avait fait un blessé.
« Nous devons maintenant reconnaître qu’il est évident que la destruction [des armes chimiques syriennes] n’a pas été totale », a dit la chancelière allemande, alors que cet arsenal aurait dû être détruit en 2016.
L’Allemagne avait joué un rôle central dans cette destruction à la suite d’une attaque chimique ayant tué des centaines de personnes dans la région de la Ghouta orientale, à l’est de Damas, en août 2013.

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                La confrontation Washington-Moscou sur le dossier syrien se durcit



Sans accord de la Chambre des députés, aucune opération de la Bundeswehr (l’armée allemande) à l’étranger ne peut avoir lieu. L’Allemagne a déployé des avions de reconnaissance et de ravitaillement au-dessus de la Syrie et de l’Irak, mais uniquement dans le cadre de la coalition internationale contre les groupes djihadistes.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Plus l’Europe se ferme, plus le nombre de décès aux frontières augmente, au moins 40 000 depuis le début des années 1990. Jamais dans l’histoire une migration n’a causé autant de morts.
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Pourquoi migrer tue

Plus l’Europe se ferme, plus le nombre de décès aux frontières augmente, au moins 40 000 depuis le début des années 1990. Jamais dans l’histoire une migration n’a causé autant de morts.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 14h48
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 18h21
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            

En ce jour de juin 2017, des centaines de fragiles embarcations de papier flottent sur les eaux du canal de l’Ourcq, à Paris. Organisé par des associations et des artistes, ce « grand lâcher » de bateaux en origami rend hommage aux milliers de migrants disparus ces dernières années en Méditerranée. A 3 000 kilomètres de là, au large des côtes turques, un cimetière flottant évoque le souvenir des Syriens morts en mer en tentant de rejoindre l’Europe. Sur les pierres tombales amarrées près du rivage figurent les noms de 200 migrants engloutis par les flots – l’une d’elles est consacrée à Alan Kurdi, ce petit garçon de 3 ans dont le corps a été retrouvé sur une plage turque un matin de 2015.
« Une indifférence mêlée de résignation »
En offrant une sépulture symbolique aux milliers de réfugiés morts aux portes de l’Europe, les associations tentent de les extraire du silence et de l’oubli. « Structurelles, les morts aux frontières passent souvent inaperçues, souligne Antoine Pécoud, professeur de sociologie à l’université Paris-XIII, dans un travail réalisé en 2017 pour la Fondation pour les sciences sociales. Les migrants meurent en général dans des endroits peu accessibles ou dans des lieux périphériques, voire fermés. Beaucoup d’entre eux voyagent clandestinement et meurent tout aussi clandestinement. Même lorsque ces décès font l’objet d’une publicité médiatique, ils suscitent souvent une indifférence mêlée de résignation. »
Les migrants morts aux portes de l’Europe sont pourtant très nombreux. Si les estimations varient, les ordres de grandeur donnent le vertige. United for Intercultural Action, un réseau de plus de 500 associations européennes, a répertorié 17 000 décès entre 1993 et 2012. L’association Fortress Europ a comptabilisé plus de 27 000 morts de 1988 à 2016. Le consortium de journalistes The Migrants' Files évoque le chiffre de 35 000 victimes entre 2000 et 2016. Selon Olivier Clochard, codirecteur du laboratoire...




                        

                        


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Lampedusa hantée par les morts anonymes

Les habitants de l’île ont fait pression pour que les victimes du terrible naufrage de 2013 soient documentées, à défaut d’être identifiées.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 14h47
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            
Si la mort des migrants passe souvent inaperçue dans le débat public, elle imprègne longtemps la mémoire de ceux qui y ont été confrontés. « Aux îles Canaries, où j’ai travaillé, les gardiens du cimetière qui avaient enterré les morts de la migration des années 1990 se souvenaient très bien de ces drames, explique l’anthropologue ­Carolina ­Kobelinsky. Les habitants de Lampedusa ont, eux aussi, gardé une mémoire très concrète du naufrage de 2013, qui a fait plus de 300 morts : comme le montre le sociologue Guido Nicolosi dans Lampedusa. Les Damnés de la mer [L’Aube, 2017], ils racontent le souvenir des allées et venues et des odeurs, le fait que le poissonnier ait prêté son camion frigorifique pour le transport des cadavres, la mobilisation des fossoyeurs et des médecins de la ville. »
Ces morts anonymes hantent la mémoire des habitants à la manière de fantômes. Après le naufrage de Lampedusa, en octobre 2013, les 366 cercueils ne portaient que quelques brèves indications : « Mort numéro 31, sexe masculin, noir, probablement 30 ans » ; « Mort numéro 54, sexe féminin, noire, probablement 20 ans » ; « Mort numéro 11, sexe masculin, noir, probablement 3 ans ».
Impératif éthique
« C’est à cet anonymat que ne se résignent pas les acteurs de terrain, observe Evelyne Ritaine, chercheuse à Sciences Po Bordeaux, dans un article publié en juin 2017 par la revue Rhizome. Ce sont eux qui font pression pour que les corps soient documentés et que les gouvernements mettent au point des procédures médico-légales d’identification à la disposition des familles. »
Pour ne pas oublier ces morts sans nom et sans histoire, certains observateurs deviennent des « veilleurs de mémoire », selon le mot d’Evelyne ­Ritaine. « Pour eux, il y a un impératif éthique : que ces morts ne soient pas oubliés dans le tragique de l’événement du naufrage, mais aussi dans l’humanité de leur existence, souligne-t-elle....




                        

                        


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Migrants : « Faire de l’hospitalité un principe »

Dans une tribune au « Monde », la juriste Mireille Delmas-Marty plaide pour une gouvernance mondiale du droit des migrations.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 14h47
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 09h57
    |

Mireille Delmas-Marty (Juriste, professeure émérite au Collège de France)







                        



                                


                            
Tribune. Face au désastre humanitaire qui accompagne les migrations humaines, l’hospitalité n’est pas affaire de morale ni de philanthropie. C’est une évidence et une urgence. L’évidence a été perçue dès le XVIIIe siècle par Kant, qui déduit un « principe d’hospitalité universelle » de la forme sphérique de la Terre : elle « oblige les êtres humains à se supporter parce que la dispersion à l’infini est impossible, et qu’originairement l’un n’a pas plus de droit que l’autre à une contrée ». A l’époque où Kant écrivait son Projet de paix perpétuelle (1795-1796), la population mondiale était d’environ un milliard d’humains – elle a dépassé sept milliards à présent.
Un siècle et demi plus tard, Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955), autre grand visionnaire, évoquera à son tour la surface fermée de la Terre : « La masse humaine, après une période d’expansion qui couvre tous les temps historiques, entre présentement (…) dans une phase de compression que nous pouvons essayer de régulariser, mais dont rien ne permet de prévoir qu’elle doive désormais se renverser àjamais. » Il ajoute que le « serrage de la masse humaine » conduit à une « montée simultanée du social, de la machine et de la pensée dont la triple marée nous soulève ».
Un défi planétaire
Aujourd’hui, cette triple marée pourrait nous submerger. Depuis 1950, la population a progressé d’environ un milliard tous les quinze ans, et cette accélération vertigineuse s’accompagne d’une urbanisation galopante : la population urbaine devrait doubler d’ici à 2050 pour atteindre 6,5 milliards d’habitants. Or, 95 % de cette croissance se situera dans des pays en développement.
La mobilité humaine a déjà augmenté plus vite que la population, qu’il s’agisse des déplacements voulus ou forcés. S’ajoute l’accroissement du nombre de mineurs, de plus en plus jeunes, qui arrivent en pays étranger sans accompagnateur. Beaucoup...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le gouvernement britannique a désigné la substance comme un agent innervant de type militaire de la famille Novitchok, de conception soviétique, et rendu ainsi Moscou responsable de l’attaque.
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Affaire Skripal : le poison employé était bien du Novitchok

Le gouvernement britannique a désigné la substance comme un agent innervant de type militaire de la famille Novitchok, de conception soviétique, et rendu ainsi Moscou responsable de l’attaque.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 13h43
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 17h13
    |

            Stéphanie Maupas (La Haye, correspondance) et 
Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        


Les experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) ont confirmé, jeudi 12 avril, l’utilisation de Novitchok contre l’ex-agent double Sergueï Skripal et sa fille Youlia, à Salisbury, au nord-ouest de l’Angleterre, le 4 mars. L’organisation internationale de désarmement ne précise cependant pas la provenance de cet agent neurotoxique. Elle note juste que la substance toxique « était de grande pureté », laissant ainsi entendre que seul un Etat aurait été en mesure de la produire.
Dès les conclusions de l’OIAC, la porte-parole du ministère des affaires étrangères russe, Maria Zakharova, déclarait que « la Russie ne croira pas sur parole les conclusions dans l’affaire Skripal, tant que ses experts n’obtiendront pas l’accès aux analyses mentionnées dans l’expertise de l’OIAC ». Tandis que le ministre britannique des affaires étrangères, Boris Johnson, a réitéré les accusations de Londres contre la Russie. « Il ne peut y avoir aucun doute, a-t-il déclaré dans un communiqué, aucune explication alternative. » « Seule la Russie a les moyens, les motifs et le passif » pour conduire une telle attaque. « Le Kremlin doit donner des réponses », a-t-il ajouté. Londres demande à Moscou de dire comment des substances développées en Russie ont pu être utilisées en Angleterre, et si des stocks ont échappé à son contrôle.
Réveil des deux victimes
A la demande du Royaume-Uni, le conseil exécutif de l’OIAC se réunira le 18 avril. La semaine dernière, le représentant britannique y avait évoqué d’éventuelles poursuites contre les auteurs. Outre les deux principales victimes, un policier qui leur avait porté secours avait dû être hospitalisé et « plus de 130 personnes ont été affectées par cette attaque », avait affirmé John Foggo.

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          Youlia Skripal, la fille de l’ex-agent double russe, est sortie de l’hôpital



Mais alors que l’OIAC confirme l’analyse britannique de l’agent innervant, l’affaire connaît un prolongement inattendu avec le « réveil » des deux victimes et la bataille diplomatique entre Londres et Moscou au sujet de leur avenir. Youlia Skripal, 33 ans, est sortie lundi 9 avril de l’hôpital et se trouve, selon les médias britanniques, dans un « lieu sûr » à l’abri des journalistes et de l’ambassade russe à Londres, qui a manifesté beaucoup de prévenance à son égard. « Pour le moment, je ne souhaite pas profiter de leurs services, déclare-t-elle poliment dans un communiqué rendu public par Scotland Yard. Mais si je change d’avis, je sais comment les contacter. » La fille de l’agent double russe précise que son père, âgé de 66 ans, est « toujours gravement atteint » et qu’elle-même « souffre toujours des effets de l’agent neurotoxique utilisé » dans l’attentat.
« Provocation » britannique
Mais l’ambassade de Russie, qui estime depuis le début que Londres accuse Moscou sans preuve et assure que l’empoisonnement serait une « provocation » britannique, tente d’accréditer la thèse selon laquelle Youlia Skripal serait « retenue en otage » par les Britanniques. La déclaration de la jeune femme « ne fait que renforcer le soupçon que nous sommes en présence d’un isolement forcé d’une citoyenne russe », estime l’ambassade dans un communiqué qui enjoint aux autorités britanniques de « fournir une preuve tangible » que Mme Skripal n’est pas privée de liberté.

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                Après l’affaire Skripal, le profil bas des Russes de Londres



Youlia Skripal se démarque également de sa cousine Viktoria qui, en Russie, était apparue à la télévision d’Etat se disant inquiète pour elle et pour son père, désireuse de venir leur rendre visite en Angleterre et navrée que Londres fasse obstacle à sa demande de visa.
La presse britannique laisse entendre que de « nouvelles identités » pourraient être proposées à Sergueï et Youlia Skripal pour leur protection, ainsi qu’une nouvelle vie aux Etats-Unis, avec l’aide de la CIA.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Seuls quatre des onze personnes inculpées au début de la procédure comparaissent à Londres. Deux Français sont accusés d’être au cœur de cette affaire de manipulation d’un taux d’intérêt de référence.
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Euribor : un procès privé des principaux prévenus

Seuls quatre des onze personnes inculpées au début de la procédure comparaissent à Londres. Deux Français sont accusés d’être au cœur de cette affaire de manipulation d’un taux d’intérêt de référence.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 12h10
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Dans la salle numéro six du tribunal de Southwark, à Londres, le box aux parois de verre blindé semblait bien vide, ce mercredi 11 avril, au procès de la manipulation de l’Euribor, un taux d’intérêt de référence. Seuls quatre des onze personnes inculpées au début de la procédure, en 2012, sont présentes. Quatre Allemands et deux Français ont refusé de se déplacer, estimant que les faits étaient prescrits ou qu’ils ne constituaient pas une infraction dans leurs pays. Un troisième Français, considéré par l’accusation comme le personnage central de la fraude, a, au contraire, plaidé coupable au dernier moment, début mars, dans un coup de théâtre qui a chamboulé l’audience. Ceux qui restent apparaissent comme des seconds couteaux de l’affaire : Achim Kraemer, qui travaillait pour Deutsche Bank, et Carlo Palombo, Colin Bermingham et Sisse Bohart, qui étaient chez Barclays.
C’est un bien curieux procès qui s’est ouvert lundi. Car pour le Serious Fraud Office (SFO), l’équivalent britannique du Parquet national financier en France, le scandale de l’Euribor constitue l’une des plus importantes fraudes financières récentes. Selon James Waddington, un avocat du SFO, un groupe de banquiers a « manipulé le système financier pour arnaquer de nombreuses personnes ». Les « principaux protagonistes » : deux Français, Christian Bittar, ancien tradeur star de Deutsche Bank, et « son vieil ami » Philippe Moryoussef, ancien tradeur à Barclays.
Boucs émissaires
Du côté des banquiers accusés, l’avocat de M. Moryoussef, Me François de Castro, dénonce au contraire des « violations graves et réitérées aux principes du procès équitable ». Selon lui, la justice britannique approche cette affaire de façon biaisée, refusant notamment le témoignage-clé des créateurs de l’Euribor, que les deux Français voulaient utiliser.
Etrangement, les faits, qui se situent entre 2005 et 2009, ne sont guère contestés. Mais les banquiers...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Les circonstances exactes de la salve d’obus tombée sur l’enclave rebelle syrienne samedi, qui a fait au moins 34 morts, sont encore méconnues.
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Syrie : de nombreuses inconnues entourent encore l’attaque chimique de la Ghouta orientale

Les circonstances exactes de la salve d’obus tombée sur l’enclave rebelle syrienne samedi, qui a fait au moins 34 morts, sont encore méconnues.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 12h28
    |

            Laure Stephan (Beyrouth, correspondance)








                        



   


Que pourront encore trouver, à Douma, les enquêteurs de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) ? Leur mission en Syrie doit débuter samedi 14 avril, et la course contre la montre est lancée, pour faire la lumière sur l’attaque chimique une semaine plus tôt, dans l’ultime bastion rebelle de la Ghouta orientale, imputée par les Occidentaux au régime syrien. « Les traces peuvent être effacées et chaque jour qui passe nous éloigne d’une compréhension précise de ce qui s’est passé », explique Olivier Lepick, spécialiste des armes chimiques et chercheur associé à la Fondation pour la recherche scientifique.

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                L’armée syrienne a repris le contrôle de la Ghouta orientale



De multiples points d’interrogation subsistent sur les circonstances exactes mais, sur la base de vidéos et de témoignages, le fil des événements peut être en partie retracé. Vendredi 6 avril, vingt-quatre heures avant l’attaque, Douma était soumise par les forces prorégime à un nouveau déluge de feu qui succédait à des jours d’accalmie. Les troupes loyalistes entendaient faire plier les combattants du groupe rebelle Jaych Al-Islam qui refusait de quitter la ville. Le lendemain, c’est au milieu de salves d’obus que des agents chimiques auraient été utilisés par le régime.
De premiers témoins affirment qu’une odeur de chlore, un agent chimique déjà utilisé par le régime dans la Ghouta depuis le début de l’année selon des médecins et des activistes de l’opposition, s’est répandue dans le centre de Douma. Des centaines de blessés, souffrant notamment de troubles respiratoires, ont afflué vers des centres de soins, tandis que les corps de victimes – hommes, femmes, enfants – étaient découverts dans un immeuble d’habitation par des secouristes des « casques blancs » (des volontaires opérant dans les régions sous contrôle de la rébellion) et des militants de l’opposition.
Plusieurs dizaines de personnes ont péri dans l’attaque. Si les « casques blancs » avancent le chiffre de 43 morts, le comptage des corps sur les vidéos permet de confirmer la présence de 34 cadavres sur le site de l’attaque.

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                Syrie : ces « casques blancs » qui « écoutent » les bombes



Se basant sur l’examen de vidéos filmées par des militants anti-Assad, le collectif d’investigation Bellingcat, qui passe au crible des sources ouvertes et utilise des techniques de géolocalisation, a conclu que les victimes retrouvées au rez-de-chaussée et à l’étage du bâtiment ont été tuées par une munition constituée « d’un cylindre de gaz rempli par ce qui est très probablement du gaz de chlore » lancé par un hélicoptère « parti de l’aéroport [militaire] de Doumayr ». Celui-ci est situé à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Damas. Le cylindre, de couleur jaune, est visible sur l’une des vidéos tournées à Douma.
Si l’hypothèse fondée par Bellingcat était avérée, il s’agirait de l’utilisation la plus meurtrière de ce gaz généralement peu létal et dont l’usage à répétition par le régime dans les zones tenues par l’insurrection a été attesté par de multiples enquêtes de l’OIAC et de l’ONU.
Prompte enquête
Plusieurs instances onusiennes ont appelé à une enquête indépendante, seul moyen de déterminer les modalités de l’attaque. L’Organisation mondiale de la santé a fait part de sa préoccupation, mercredi 11 avril, et réclamé que ses équipes aient accès à Douma. L’autorité sanitaire de l’ONU s’alarme des informations transmises par ses « partenaires » sur place. 
D’après ces derniers, près de 500 personnes soignées ont présenté « des signes et symptômes cohérents avec une exposition à des produits chimiques toxiques », tels qu’une « forte irritation des muqueuses, des problèmes respiratoires et des perturbations du système nerveux central des personnes exposées ». Toutefois, comme l’indique un porte-parole joint par Le Monde, l’OMS « ne peut pas confirmer l’utilisation d’agents toxiques ».
Peu après l’attaque de samedi, face à la sévérité des symptômes, des sources médicales locales avaient alerté sur l’utilisation d’un agent neurotoxique bien plus puissant que le gaz de chlore, comme du gaz sarin. Mais selon le collectif de Bellingcat, les cylindres de gaz identifiés ne sont pas compatibles avec le sarin. L’OIAC doit se réunir lundi 16 avril pour discuter de l’attaque du 7 avril. Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme cherchent aussi à mener l’enquête à distance, faute de pouvoir avoir accès au territoire syrien.
A ce stade, seule une équipe russe s’est rendue lundi à Douma pour inspecter l’immeuble frappé par l’attaque chimique. L’enquête a été prompte : affirmant avoir effectué des prélèvements, Moscou a conclu, mercredi, qu’aucun agent toxique n’avait été utilisé à Douma et a de nouveau accusé les secouristes des casques blancs d’avoir « mis en scène » l’attaque. Damas et Moscou ont nié tout recours aux armes chimiques dans la Ghouta orientale depuis le début de l’offensive du régime.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ L’opposition dénonce l’inertie du cabinet en place depuis un mois.
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Angela Merkel cherche à surmonter les divisions au sein de sa coalition

L’opposition dénonce l’inertie du cabinet en place depuis un mois.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 10h55
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Etablir le calendrier des réformes : tel était l’objectif initial du séminaire de travail qui a réuni Angela Merkel et ses ministres, mardi 10 et mercredi 11 avril, au château de Meseberg, à une soixantaine de kilomètres au nord de Berlin. Comme elle l’avait expliqué avant l’entrée en fonction de son nouveau gouvernement, ce séminaire devait servir à fixer enfin les priorités de celui-ci à travers un agenda précis, après six mois interminables pendant lesquels Mme Merkel a consacré l’essentiel de son énergie à former une coalition.
En réalité, ces deux jours de retraite bucolique au bord d’un lac du Brandebourg auront servi à autre chose. Après un premier mois chaotique, au cours duquel plusieurs ministres ont étalé leurs désaccords en public, ce séminaire semble avoir surtout été l’occasion d’insuffler un peu d’esprit de collégialité au sein de l’équipe. « Le but était de mieux se connaître, d’établir notre capacité à travailler et d’apprendre ce que le monde extérieur attend de nous », a déclaré Mme Merkel, mercredi midi, lors d’une conférence de presse. « Nous ne nous réveillons pas le matin avec les mêmes idées. Mais ce que je retiens [de ces deux jours], c’est que la volonté de trouver des compromis est bien là », a-t-elle assuré. A ses côtés, le social-démocrate Olaf Scholz, vice-chancelier et ministre des finances, affichait la même sérénité. « Ce fut un bon séminaire », s’est félicité l’ancien maire de Hambourg, avant d’ajouter : « Pour ce qui est du “team building”, c’est réussi. Maintenant, on va pouvoir passer au reste. » 

Ce « reste » demeure pour l’instant assez flou. Sur le fond, M. Scholz et Mme Merkel se sont en effet contentés de répéter ce que l’on savait déjà. Comme il ne cesse de le marteler depuis sa prise de fonction, le premier a ainsi promis que le budget qu’il présentera le 2 mai sera sans déficit, conformément au principe du « zéro...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Non loin de Moscou, les habitants de Volokolamsk réunis dans un collectif tentent d’obtenir la fermeture d’une déchetterie toxique. Leur mouvement de révolte s’étend à d’autres villes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/04/2018
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En Russie, une petite ville entre en révolte contre une décharge toxique

Non loin de Moscou, les habitants de Volokolamsk réunis dans un collectif tentent d’obtenir la fermeture d’une déchetterie toxique. Leur mouvement de révolte s’étend à d’autres villes.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 07h37
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            Isabelle Mandraud (Volokolamsk, Russie, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Le tribunal est minuscule mais ils n’étaient que cinq, quatre femmes et un homme, à se serrer sur un banc, mardi 10 avril, face à la juge. Des premiers plaignants, bientôt suivis par d’autres. Cinquante-six personnes à ce jour se disent prêtes à aller jusqu’au bout pour obtenir la fermeture de l’immense décharge à ciel ouvert qui borde leur ville, Volokolamsk.
Depuis des mois, cette paisible bourgade de 20 000 habitants, située à 129 kilomètres à l’ouest de Moscou, est entrée en rébellion ouverte contre la montagne de déchets accusée de répandre des émanations toxiques. Une nouvelle manifestation est prévue, samedi 14 avril, deux semaines à peine après un précédent rassemblement qui a poussé près d’un résident sur quatre à sortir dans la rue.
Dans la salle, l’audience préliminaire est expédiée en quelques minutes. Tous les dossiers vont être joints, annonce sèchement la magistrate en fixant le prochain rendez-vous au 7 mai. Avant de s’éclipser, le représentant de l’entreprise Iadrovo, gestionnaire de la déchetterie, conteste les certificats médicaux brandis par les plaignants qui réclament chacun 100 000 roubles (1 250 euros) de dédommagement. « Ils ne sont pas fiables », dit-il.
« Nous avons des preuves, des expertises de l’eau, de l’air, qui montrent la présence de métaux lourds, par exemple du lithium, du baryum, du cadmium », proteste sur le parvis du tribunal Ilia Lapkine, un juriste local qui dit lui-même avoir envoyé son fils de 6 ans à 300 kilomètres de là, chez ses grands-parents, pour le mettre à l’abri. Il n’est pas le seul.
Eloigner les enfants
Volokolamsk vit dans l’angoisse depuis qu’une partie de la population a été prise de malaises au début de l’année. En mars, 67 enfants, saisis de nausées, ont dû être brièvement hospitalisés. « Les miens ont commencé à tousser, ils avaient du mal à respirer et dès qu’ils sont allés à Moscou, ils n’avaient plus rien, témoigne Polina Elisseïeva, une jeune...




                        

                        

