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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Des salles de classe thaïlandaises se remplissent de seniors en uniformes d’écolier. Une manière de lutter contre leur isolement croissant.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Véritables musées pour certaines, lieux de vie pour la plupart, les nombreuses bibliothèques du campus sont le cœur battant de l’université britannique
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
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Cambridge, bibliothèques à tous les étages

Véritables musées pour certaines, lieux de vie pour la plupart, les nombreuses bibliothèques du campus sont le cœur battant de l’université britannique



Le Monde
 |    13.04.2018 à 17h11
    |

Pierre-Yves Anglès







                        



                                


                            
Chronique britannique. Diplômé de Sciences Po et étudiant en master de littérature à l’Ecole normale supérieure et en Sorbonne, Pierre-Yves Anglès raconte son semestre à l’université de Cambridge, en Angleterre.

Historiquement, tous les collèges de Cambridge sont bâtis sur le même plan : un carré d’herbe très verte autour duquel se trouvent des bureaux, des logements, une chapelle, un grand réfectoire appelé hall et une bibliothèque.
Plus d’une centaine de bibliothèques
Les facultés sont en charge des enseignements et les collèges de la vie quotidienne des étudiants et des professeurs. Chacun a donc sa ou ses bibliothèque(s). Entre celles des collèges, celles des facultés – qui sont thématiques selon les disciplines – et les infrastructures publiques de la ville, Cambridge compte plus d’une centaine de bibliothèques dont les collections sont centralisées via le moteur de recherche iDiscover. Plusieurs d’entre elles sont également ouvertes en continu, notamment dans les collèges où les étudiants résident. La « pause bibli », entre deux sessions de révisions, est comme une « pause café ». A Cambridge, les biblios ne dorment jamais...

Plusieurs millions de livres, manuscrits, journaux et cartes
Si les kilomètres de rayonnage des bibliothèques de Cambridge étaient une ruche, la reine abeille trônerait sur la rive droite de la ville, dans le gros bunker qu’est la bibliothèque principale de l’université. Etant donné la richesse de ses collections – plusieurs millions de livres, manuscrits, journaux et cartes – on y entre en laissant ses affaires dans des casiers, avec ses bras pour porter et ses grosses lunettes de lecture – la myopie étant un mal très répandu parmi les chercheurs.
La ressemblance entre cette bibliothèque et une usine – comme celle qui abrite aujourd’hui le musée de la Tate Modern à Londres – ne doit également rien au hasard : les deux ont été bâties par l’architecte Giles Scott (1880-1960).
Parce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le gouvernement de Colombie-Britannique est opposé au projet d’agrandissement de ce pipeline transportant les sables bitumineux de l’Alberta à côté de Vancouver.
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Canada : coup dur pour l’oléoduc Trans Mountain

Le gouvernement de Colombie-Britannique est opposé au projet d’agrandissement de ce pipeline transportant les sables bitumineux de l’Alberta à côté de Vancouver.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 17h11
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 17h14
    |

                            Olivier Mougeot (Québec, correspondance)








                        



                                


                            

Coup dur pour l’industrie pétrolière canadienne : dimanche 8 avril, la compagnie Kinder Morgan a annoncé la suspension de « toutes les activités non essentielles et toutes les dépenses » relatives au projet d’élargissement de l’oléoduc Trans Mountain. La compagnie pétrolière américaine a expliqué avoir pris cette décision à cause de l’opposition du gouvernement de Colombie-Britannique à son projet.
En effet, le gouvernement néodémocrate de cette province de l’Ouest canadien demande à Kinder Morgan davantage d’assurances dans le cas de fuites durant l’acheminement de bitume dilué. Depuis son accession au pouvoir à l’été 2017, le gouvernement de John Horgan – qui s’est allié au Parti vert pour obtenir une majorité – fourbit ses armes contre ce projet. Il a, par exemple, engagé un ancien juge de la Cour suprême de Colombie-Britannique comme conseiller dans ce dossier et a assuré de son soutien les communautés autochtones en procès contre la pétrolière sise au Texas. Le gouvernement britanno-colombien a aussi mis en avant la catastrophe de la plateforme Deepwater Horizon survenue au large des côtes de Louisiane en 2010, pour justifier sa position.
Pourtant, les travaux d’agrandissement qui prévoient le quasi-triplement de la capacité de l’oléoduc, à 890 000 barils par jour, ont reçu l’approbation de l’Office national de l’énergie, l’organisme canadien chargé de réglementer le commerce dans le domaine du pétrole, du gaz naturel et de l’électricité. Le gouvernement libéral de Justin Trudeau le soutient également.
« Dans l’intérêt de tous les Canadiens »
Le premier ministre canadien, de passage à Montréal lundi 9 avril, a d’ailleurs expliqué sa position : « C’est dans l’intérêt de tous les Canadiens qu’on ait de nouveaux marchés pour nos produits pétroliers. On est prisonnier du marché américain et à cause de ça, on fait bien moins d’argent pour nos ressources que l’on devrait. C’est un moteur économique important pas seulement pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Alors qu’aucune coalition gouvernementale n’émerge des consultations avec les différents partis, le chef de l’Etat italien a annoncé qu’il attendrait quelques jours avant d’examiner les solutions.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Italie : le président de la République, Sergio Mattarella, déplore l’impasse politique

Alors qu’aucune coalition gouvernementale n’émerge des consultations avec les différents partis, le chef de l’Etat italien a annoncé qu’il attendrait quelques jours avant d’examiner les solutions.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 14h45
   





                        



   


Le président italien, Sergio Mattarella, a constaté vendredi 13 avril l’échec de sa deuxième série de consultations avec les chefs des partis politiques en vue de former un gouvernement.
« Je vais attendre quelques jours et j’examinerai ensuite les solutions pour sortir de l’impasse », a-t-il déclaré à la presse. « A la lumière du déroulement des consultations de ces derniers jours, il est devenu clair que les partis politiques n’ont pas fait le moindre progrès », a-t-il ajouté.
L’Italie est dans une impasse politique depuis les élections législatives du 4 mars, qui n’ont pas permis de dégager une majorité au Parlement.
Le Mouvement 5 étoiles (M5S), anti-système, est devenu le premier parti politique du pays, avec 222 députés sur 630, mais la coalition de droite (Ligue, Forza Italia et Frères d’Italie) compte 261 élus à la Chambre.

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                En Italie, la paralysie politique persiste



Vers de nouvelles élections ?
Le M5S s’est dit prêt à discuter avec la Ligue (extrême droite) mais refuse tout accord avec Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi. Le mouvement contestataire tente depuis plusieurs semaines de diviser la coalition de droite en poussant le chef de la Ligue, Matteo Salvini, à rompre avec Berlusconi. Sans succès.
Le dirigeant du M5S, Luigi Di Maio, a jusqu’ici tenté de former un gouvernement de coalition soit avec la Ligue, soit avec le Parti démocrate de centre gauche. Toutes ses offres ont été rejetées : le Parti démocrate disant vouloir se ranger dans l’opposition et Matteo Salvini, patron de la Ligue, refusant de rompre avec Silvio Berlusconi.
Il est peu probable qu’un accord de gouvernement soit conclu avant les élections régionales prévues à la fin du mois dans le Molise, dans le sud du pays, et en Frioul-Vénétie julienne, dans le nord.
Le M5S espère en effet prendre le contrôle de sa première région dans le Molise et la Ligue pense, elle, l’emporter en Frioul-Vénétie julienne.
En cas d’échec des pourparlers, Sergio Mattarella pourra demander à des « techniciens » de former le prochain gouvernement, avec un mandat limité dans le temps, ou alors convoquer de nouvelles élections législatives, probablement à l’automne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Emmanuel Macron et Justin Trudeau doivent reconnaître les risques que le traité commercial entre l’Europe et le Canada fait peser sur les droits des consommateurs et des citoyens, plaide Karine Jacquemart, directrice générale de l’ONG Foodwatch France, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Libre-échange : « Le CETA va ébranler notre démocratie »

Emmanuel Macron et Justin Trudeau doivent reconnaître les risques que le traité commercial entre l’Europe et le Canada fait peser sur les droits des consommateurs et des citoyens, plaide Karine Jacquemart, directrice générale de l’ONG Foodwatch France, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    13.04.2018 à 14h00
    |

Karine Jacquemart (Directrice générale de Foodwatch France)







                        



                                


                            
Tribune. Justin Trudeau arrive en France dimanche 15 avril pour une visite de trois jours. Il y a fort à parier que les photographes se régaleront en immortalisant la rencontre du premier ministre canadien et d’Emmanuel Macron, ces deux quadragénaires qui incarnent une nouvelle génération de leadeurs politiques. « Nouvelle génération », c’est aussi le terme accolé à l’accord de libre-échange CETA qui lie l’Europe et le Canada. Le CETA est en effet le premier d’une série d’accords qui ne se contentent plus de réduire les barrières tarifaires (les droits de douane), mais visent à supprimer tous les « obstacles au commerce », ce qui inclut les différences de réglementation qui nous protègent sur le plan sanitaire, social et environnemental.
en matière de commerce le Canada n’est pas le pays inoffensif de notre imaginaire collectif
Les sourires confiants et les poignées de main des deux hommes qui ne manqueront pas pendant cette visite ne doivent pas faire oublier les risques du CETA et le fait qu’en matière de commerce le Canada n’est pas le pays inoffensif de notre imaginaire collectif. Loin de là ! Justin Trudeau déclarait il y a un an au Parlement européen que « le CETA est un accord moderne », qui va « améliorer la vie des Canadiens et des Européens ».
Or, c’est faux. Aujourd’hui, nombre d’analyses – y compris celles produites par la commission d’évaluation de l’impact du CETA, présidée par l’économiste Katheline Schubert et dont les membres sont nommées par M. Macron – montrent que le CETA va ébranler notre démocratie et fait peser des risques considérables sur les droits des consommateurs et des citoyens, sur l’agriculture, l’alimentation et même sur la protection de notre environnement et de notre planète.

Nous ne sommes pas opposés aux accords de commerce. Mais la pilule du CETA est trop grosse à avaler. Les tactiques employées par cet accord d’un nouveau genre montrent bien que les intérêts...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Le directeur général de la Sacem Jean-Noël Tronc soutient, dans une tribune au « Monde », la directive européenne de protection des droits des artistes sur les plates-formes numériques.
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Droit d’auteur : « Sur Internet, seule la loi peut garantir la liberté »

Le directeur général de la Sacem Jean-Noël Tronc soutient, dans une tribune au « Monde », la directive européenne de protection des droits des artistes sur les plates-formes numériques.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 17h19
    |

Jean-Noël Tronc (Directeur général de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem))







                        



                                


                            
Tribune. Chaque semaine ou presque, une nouvelle affaire vient nourrir la chronique d’un Internet menaçant pour la démocratie. « Fake news », manipulation des élections, suicide d’adolescents exposés sur les réseaux sociaux, propagande djihadiste, propagation de la haine, vol massif de données personnelles, etc.
Adapter Internet à la démocratie, et non l’inverse, par une régulation efficace, c’est le chantier que nous avions ouvert lorsque j’étais conseiller du premier ministre pour la société de l’information, entre 1997, quand la France comptait moins de 500 000 internautes, et 2002. Cela reste, plus que jamais, la grande question.
Certains acteurs du Web nient encore toute responsabilité, et renâclent à assurer aux créateurs une rémunération correcte, voire toute rémunération
Elle est au cœur de la proposition de directive de la Commission européenne sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique, qui prévoit notamment une plus grande protection des créateurs sur Internet. Une évolution de la régulation européenne, qui date de 2000 et se trouve donc largement dépassée aujourd’hui, apparaît d’autant plus nécessaire que les créateurs sont confrontés, chaque jour, aux pratiques de plates-formes numériques dont les chiffres d’affaires impressionnants reposent essentiellement sur l’utilisation de leurs œuvres. On ne parle plus des sites associatifs militants des débuts d’Internet, mais des premières capitalisations boursières mondiales.
Certains acteurs d’Internet nient pourtant encore toute responsabilité, et renâclent à assurer aux créateurs une rémunération correcte, voire toute rémunération. En outre, l’absence d’un cadre juridique clair et renforcé crée de fait une concurrence déloyale pour ceux qui jouent le jeu, comme Spotify ou Deezer, face à ceux qui renforcent d’autant leurs marges, voire leur position dominante.
Discours manichéen
Pourtant, les adversaires du projet de la Commission, qui est soutenu par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Un accord a été passé avec la France pour valoriser des tombeaux de la civilisation nabatéenne. La pétromonarchie souhaite développer le tourisme pour diversifier son économie.
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<filnamedate="20180413"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180413"><AAMMJJHH="2018041319">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Au moins trente Palestiniens ont été blessés par des tirs de soldats israéliens vendredi, selon les services de secours palestiniens.
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Nouveaux affrontements entre les Palestiniens et les soldats israéliens à Gaza

Au moins trente Palestiniens ont été blessés par des tirs de soldats israéliens vendredi, selon les services de secours palestiniens.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 13h26
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 15h00
   





                        



   


Pour la troisième semaine de suite, de violents affrontements ont éclaté, vendredi 13 avril, entre des Palestiniens et les soldats israéliens à Gaza.
Des Palestiniens ont lancé des pierres sur les soldats postés à la barrière de sécurité séparant les territoires israélien et palestinien. Au moins trente Palestiniens ont été blessés par des balles tirées par des soldats israéliens, selon le ministère de la santé à Gaza. L’un des blessés a été atteint à la tête.

        Lire aussi :
         

                Le Hamas prend la vague de la contestation frontalière à Gaza



Plus de 30 morts chez les Palestiniens
Dans la matinée, des milliers de manifestants se sont rassemblés dans différents endroits le long de la barrière de la sécurité. Les organisateurs avaient appelé à brûler des drapeaux israéliens et à hisser des drapeaux palestiniens.
Baptisé « La marche du retour », le mouvement de protestation palestinien a été lancé le 30 mars. Il prévoit des rassemblements et campements durant six semaines près de la frontière pour réclamer « le droit au retour » de près de 700 000 Palestiniens chassés de leurs terres ou ayant fui lors de la guerre qui a suivi la création d’Israël le 14 mai 1948. Jusqu’ici les affrontements qui se déroulent tous les vendredis ont fait plus de trente morts chez les Palestiniens.

        Lire aussi :
         

                Dix-huit Palestiniens tués par l’armée israélienne : autopsie d’une répression meurtrière à Gaza



L’Etat hébreu a dit que les manifestations avaient été l’occasion de tentatives d’attaques, d’infiltration en Israël et de dégâts à la clôture et s’est engagé à stopper ces tentatives. Mais les Palestiniens disent que les manifestants sont abattus alors qu’ils ne présentent aucune menace pour les soldats.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Les exactions des insurgés et le siège cruel imposé par le régime de Bachar Al-Assad ont provoqué la chute de cette ancienne oasis agricole, située aux portes de la capitale Damas.
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La Ghouta, tombeau de la révolution syrienne

Les exactions des insurgés et le siège cruel imposé par le régime Assad ont provoqué la chute de cette ancienne oasis agricole, située aux portes de Damas.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 13h00
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

Les révolutionnaires l’avaient baptisé le « vendredi de la fierté ». C’était le 25 mars 2011, la deuxième journée de protestations en Syrie, les prémices d’un bouleversement historique. A Douma, une banlieue déshéritée de Damas, à l’issue de la grande prière hebdomadaire, quelques centaines de personnes s’étaient massées sur la place de la mairie.
Les courageux criaient « horriya » (« liberté »), réclamaient la levée de l’état d’urgence et martelaient des slogans en hommage à Deraa, une ville du sud du pays, où, une semaine plus tôt, un premier rassemblement avait été brutalement réprimé. « On voulait faire comme en Egypte, on rêvait d’occuper la place, d’y passer la nuit, de lancer une grève générale », raconte Majd Al-Dik, l’un des participants au sit-in, alors étudiant en droit.
Mais, à minuit, des gros bras équipés de matraque investissent la place. Une vidéo postée sur Internet les montre en train de bastonner les frondeurs, qui s’évanouissent à toutes jambes dans l’obscurité. Le vendredi suivant, ceux-ci sont de retour, pas par centaines mais par milliers. Ils chantent « Allah, Souria, horriya wa bass » (« Dieu, la Syrie, la liberté et c’est tout »), un pastiche insolent de la célèbre rengaine prorégime « Allah, Souria, Bachar wa bass » (« Dieu, la Syrie, Bachar et c’est tout »). Les hommes de main du pouvoir sont là aussi, équipés cette fois d’armes à feu. Dix personnes tombent sous les rafales.
Mais la colère et la soif de changement sont plus forts que la peur. Aux funérailles des premiers martyrs de Douma succède une nouvelle manifestation, encore plus massive, avec de nouveaux morts, puis de nouvelles funérailles, et ainsi de suite. Un mouvement se met en branle, qui gagne les localités voisines. La Ghouta orientale, cette oasis périurbaine qui ceinture Damas par l’est et dont Douma est la « capitale », s’abandonne aux vertiges de la révolution.
« Je me suis senti tellement vivant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le sommet des Amériques devait réunir, les 13 et 14 avril, la trentaine de dirigeants du Nord et du Sud. Mais l’absence des présidents américain et vénézuélien risque de faire apparaître la fragmentation croissante du continent.
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Sommet des Amériques : sans Trump ni Maduro, faire unité pour la forme

Le sommet des Amériques devait réunir, les 13 et 14 avril, la trentaine de dirigeants du Nord et du Sud. Mais l’absence des présidents américain et vénézuélien risque de faire apparaître la fragmentation croissante du continent.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 13h00
    |

                            Arthur Carpentier








                        


Cela devait être l’arène des grands affrontements, ce sera celle des grands absents. Le sommet des Amériques, qui se tient vendredi 13 et samedi 14 avril à Lima, au Pérou, se déroulera sans les dirigeants américain et vénézuélien, Donald Trump et Nicolas Maduro. Le président équatorien, Lenin Moreno, n’en sera pas non plus. Organisé tous les trois ans depuis 1994 pour maintenir un lien entre la trentaine d’Etats du continent, cette huitième édition aura pour thème « la gouvernance démocratique face à la corruption ».
Le sujet entre en résonance avec la situation de nombreux pays – Brésil, Venezuela, Pérou, Guatemala, Argentine… – et ne débouchera donc probablement pas sur de grandes décisions concrètes. « Ce genre de sommets internationaux aboutit à des déclarations finales minutieusement sous-pesées, pour contenter tout le monde, souligne Olivier Dabène, spécialiste de l’Amérique latine et chercheur au centre d’études et de recherches internationales (CERI) de Sciences Po. Les sommets des Amériques sont avant tout des occasions pour le continent de se réunir et discuter du climat politique, il sera donc plus intéressant d’observer le jeu politique. »

   


Pas de confrontation américano-vénézuelienne
Ce « jeu politique » a commencé avant même le début du forum, avec l’annonce de l’absence de Donald Trump. « Le président restera aux Etats-Unis pour superviser la réponse américaine à la Syrie », déclarait, mardi 10 avril, la porte-parole du gouvernement américain, Sarah Sanders. Le vice-président Mike Pence et la conseillère et fille de M. Trump, Ivanka, le remplaceront au sommet. C’est la première fois qu’un président américain ne participe pas à ce rendez-vous, qui permet pourtant d’entretenir un lien avec l’Amérique latine sur laquelle les Etats-Unis ont longtemps tenté de conserver une influence. Après plus d’une année au pouvoir, Donald Trump ne s’est pas rendu une seule fois dans la région, signe de l’absence d’importance qu’il lui confère.
Quelques heures après l’annonce de la Maison Blanche, Nicolas Maduro annonçait également qu’il ne serait pas présent au Pérou, invoquant le refus des autorités d’assurer sa sécurité. Le président vénézuélien déclarait pourtant, en février, qu’il « arriverait au sommet des Amériques avec la vérité du Venezuela (…) qu’il vente ou qu’il tonne, par les airs, par terre ou par mer », après que Lima lui avait retiré son invitation pour protester contre la convocation d’élections anticipées au Venezuela. Une décision discutable, selon Olivier Dabène : « Si on prend pour critère le respect de la démocratie, il peut sembler étonnant d’exclure le Venezuela alors que des pays tels que Cuba ou le Honduras sont invités. »

   


La potentielle rencontre entre les deux présidents américain et vénézuélien était le moment le plus attendu de ce forum. Washington s’est montré très belliqueux avec Caracas, lui reprochant ses arrangements avec la démocratie et la répression de l’opposition. Donald Trump avait, à plusieurs reprises, refusé les propositions de dialogue de Nicolas Maduro « tant que la démocratie ne serait pas rétablie ». Le dirigeant américain avait même évoqué une possible intervention militaire dans un pays qu’il qualifie de dictature, avant de frapper plusieurs personnalités vénézueliennes de sanctions financières.
Multiples élections à venir
Malgré l’absence du premier intéressé, le principal sujet de discussions sera d’ailleurs la crise politique et économique au Venezuela. Selon les chiffres de la commission économique de l’ONU pour l’Amérique latine (Cepal), publiés mercredi 11 avril, le PIB vénézuélien devrait chuter de 8,5 % en 2018, tandis que le continent connaît une reprise économique modérée de 2,2 %.
Les participants au sommet pourraient notamment décider de se positionner sur une ligne commune afin de ne pas reconnaître l’élection présidentielle anticipée, prévue le 20 mai. Les opposants vénézuéliens boycotteront ce scrutin, estimant que les conditions ne sont pas réunies pour qu’il soit démocratique et transparent.

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Ce dossier devrait polariser le sommet entre les douze pays du groupe de Lima – créé pour trouver une solution politique à la crise vénézuélienne – et certains membres de l’alliance bolivarienne, créée en 2004 par les présidents aujourd’hui décédés Hugo Chavez et Fidel Castro.
S’il plane encore des doutes sur la venue de l’actuel dirigeant cubain, Raul Castro, qui doit céder le pouvoir le 19 avril, les Cubains seront probablement les plus fervents défenseurs du Venezuela. « Avec la crise du chef de file naturel, le Brésil, en pleine tourmente juridico-politique, une importante question de leadership est en train de se jouer en Amérique latine, note Olivier Dabène, mais il n’y a pas vraiment d’alternatives individuelles, il faudra donc voir si des groupes se solidifient et émergent pendant ce sommet. »
Une importante partie des dirigeants américains qui prendront part à ce sommet auront cependant la tête ailleurs, préoccupés par des considérations de politique intérieure. Dans les six mois à venir auront notamment lieu des élections en Colombie (présidentielle le 27 mai), au Mexique (législatives et présidentielle le 1er juillet), au Brésil (présidentielle en octobre) et au Pérou (régionales et municipales en octobre). Constituer un front commun face au Venezuela permettrait de trouver un dénominateur commun préservant un semblant d’unité dans un continent de plus en plus fragmenté.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ L’obstruction russe systématique sur l’usage d’armes chimiques en Syrie est, selon lechercheur, significative d’une volonté d’évaluer la fermeté des « lignes rouges » tracées par les gardiens du droit international.
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Benjamin Hautecouverture : « Les armes chimiques, un moyen pour Poutine de tester les démocraties »

L’obstruction russe systématique sur l’usage d’armes chimiques en Syrie est, selon lechercheur, significative d’une volonté d’évaluer la fermeté des « lignes rouges » tracées par les gardiens du droit international.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 12h29
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 15h22
    |

            Nathalie Guibert et 
Marc Semo








                        



                                


                            
Spécialiste des questions de sécurité internationale, proliférations et dissuasion, Benjamin Hautecouverture est maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) à Paris.

Pourquoi est-il impossible de rester sans réaction face à l’usage d’armes chimiques en Syrie ?
En réalité, il est tout à fait possible de rester passif face aux dernières allégations d’emploi de ces armes au cours de l’offensive sur Douma le 7 avril, une année après les attaques sur Khan Cheikhoun [le 4 avril 2017, un bombardement chimique de l’aviation syrienne sur la ville rebelle provoque la mort d’au moins 100 civils]. C’est bien le cas depuis 2013, lors de la transgression de la première « ligne rouge » tracée par le président Obama dans le cadre du conflit syrien. Mais s’en contenter aujourd’hui devient très périlleux, non seulement au regard des victimes, mais également au regard de la crédibilité de la sécurité collective [le Conseil de sécurité des Nations unies], du droit international [la Convention d’interdiction des armes chimiques, CIAC], de la parole donnée par la démocratie libérale [Etats-Unis, Union européenne, etc.]. Au fond, l’usage des armes chimiques en Syrie est en train de concentrer stratégiquement, politiquement, et symboliquement l’ensemble des attaques contre la norme du droit international dans le monde depuis le début de notre décennie. C’est à ce niveau que se situe désormais l’enjeu de la réaction face à l’usage des armes chimiques en Syrie. La France et les Etats-Unis sont en première ligne, mais ne sont pas les seuls concernés.
Quand Emmanuel Macron dit qu’il y a une « ligne rouge », sans agir, cela l’affaiblit ?
L’usage politique de la « ligne rouge » est une forme risquée de dissuasion. En l’espèce, s’il est déclaré que la ligne rouge est l’utilisation d’armes chimiques, telles que définies par la CIAC, quand ces armes tuent,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Les utilisateurs trouveront un moyen de « contourner l’interdiction », a déclaré vendredi le vice-ministre de la communication.
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La justice russe ordonne le blocage de Telegram

Les utilisateurs trouveront un moyen de « contourner l’interdiction », a déclaré vendredi le vice-ministre de la communication.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 12h28
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 17h30
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


Le cofondateur de la messagerie Telegram, Pavel Dourov, avait interdit à ses avocats de se rendre au tribunal de Taganski, un arrondissement du centre de Moscou, dans lequel, disait-il, « tous les principes élémentaires [du droit] ont été violés ». C’est donc devant des bancs vides, du côté des accusés, que la justice russe a ordonné en un temps record de vingt minutes, vendredi 13 avril, le blocage « immédiat » de la messagerie sur tout le territoire de la Russie. En cause : le refus de Telegram de fournir au FSB, les services de sécurité russes, les clés permettant de déchiffrer les messages.
Sur les quelque 200 millions d’utilisateurs de la messagerie dans le monde, plus de 10 millions sont des Russes, dont de nombreuses administrations et officiels eux-mêmes, au Kremlin comme au sein du gouvernement. Quelques minutes après le verdict du tribunal, le ministère des affaires étrangères russe signalait ainsi sur son site Internet : « Chers abonnés, vous pouvez toujours nous suivre sur Viber, et d’autres réseaux sociaux, Facebook, Vkontakte, Twitter, Instagram… » Ironie du sort, M. Dourov, d’origine russe, cofondateur de Telegram avec son frère Nikolaï en 2013, est aussi celui qui a donné naissance à l’application Vkontakte, le Facebook russe, dont il fut le directeur général jusqu’à son éviction, en 2014, année où il a décidé de quitter la Russie « sans retour ».

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Sur une liste noire
Vendredi, le vice-ministre de la communication, Alexeï Voline, s’est voulu rassurant : « Le blocus de Telegram ne nuira pas à ses abonnés, a-t-il déclaré. Ils utiliseront d’autres ressources ou contourneront l’interdiction. » Sa remarque est parfaitement exacte. Dès le début de son bras de fer avec les autorités russes, commencé en 2017, les dirigeants de Telegram ont ajouté dans la messagerie la possibilité de contourner un blocus grâce à des serveurs relais, et l’Internet russe est déjà inondé de conseils pour briser l’embargo. Un rapide sondage organisé sur le site de la radio Echo de Moscou a conclu dans le même sens : 82 % des personnes qui ont répondu ont déclaré qu’elles éviteraient le blocus.
« Le tribunal Taganski de Moscou (…) a prouvé que le “bureau” [le FSB] n’arrive pas à lire les messageries qui utilisent un chiffrement complet, il a ainsi montré que Telegram est la plus sûre », a ironisé Pavel Chikov, l’un des avocats russes de la société. « Il a augmenté la quantité d’ennemis du pouvoir de quelques millions, a-t-il poursuivi. Il a démontré que le système judiciaire sert fidèlement ses intérêts et inscrit la Russie dans la liste des pays en guerre contre le progrès et la liberté. » Pavel Dourov a également réagi. « Chez Telegram, nous avons le luxe de ne pas dépendre d’une source de revenus ou de la vente de publicité, a-t-il déclaré sur son compte Telegram. La vie privée n’est pas à vendre, et les droits humains ne doivent pas être sacrifiés sur l’autel de la peur ou de la cupidité. »
Telegram rejoint, en effet, d’autres réseaux inscrits sur une liste noire en Russie et interdits, comme LinkedIn ou Dailymotion. Ce blocage est un nouvel « assaut » contre la liberté d’expression, selon Amnesty International. Les autorités russes, souligne l’organisation de défense des droits humains dans un communiqué, « ont bloqué les sites d’information qui les critiquent, imposé des règles de stockage de données draconiennes et déclaré les médias enregistrés en dehors de la Russie comme des “agents étrangers”. Maintenant, ils ciblent l’une des applications de messagerie les plus populaires en Russie simplement pour avoir le courage et l’intégrité de respecter la vie privée de ses utilisateurs ».
Saisie par Roskomnadzor, l’agence fédérale russe des télécommunications, la justice n’a pas reculé. « Les informations diffusées par Telegram peuvent contenir des données utilisées par des terroristes et des extrémistes », a une nouvelle fois plaidé vendredi sa représentante en décrivant une « menace » pour la Russie. En juin 2017, Roskomnadzor avait averti la messagerie d’un possible blocage en lui intimant l’ordre de s’inscrire dans le registre des diffuseurs d’information, une injonction à laquelle Telegram avait fini par se plier.
M. Dourov a cependant opposé un « niet » catégorique à la demande de fournir les clés de déchiffrement aux services de sécurité, s’attirant à nouveau les foudres des autorités. Cette fois, avertissait-il en mars, les menaces de blocage « ne porteront pas leurs fruits ».

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Après une vague de démissions, suite aux révélations d’agressions sexuelles et de favoritisme au sein de l’institution, la secrétaire perpétuelle a été forcée au départ, jeudi.
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Comprendre la crise qui secoue l’Académie suédoise

Après une vague de démissions, suite aux révélations d’agressions sexuelles et de favoritisme au sein de l’institution, la secrétaire perpétuelle a été forcée au départ, jeudi.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 14h13
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



   


La crise historique qui secoue l’Académie suédoise, fondée en 1786 pour promouvoir la grandeur culturelle du royaume par Gustave III, et chargée d’attribuer le prix Nobel de littérature depuis 1901, a atteint un nouveau paroxysme, jeudi 12 avril, dans la soirée. A la sortie de la réunion hebdomadaire des immortels, dans les locaux de Börshuset, l’ancienne Bourse au cœur de la vieille ville de Stockholm, sa secrétaire perpétuelle, Sara Danius, a fait savoir qu’elle avait été remerciée par une majorité de ses collègues et qu’elle quittait l’Académie.
Dans la foulée, la poétesse et dramaturge Katarina Frostenson, dont le mari est à l’origine du scandale, a, elle aussi, annoncé son départ.
Des élus à vie, remplacés qu’après leur mort
Les dix-huit immortels ne sont donc plus que onze. Trois avaient démissionné le 6 avril, pour protester contre la gestion de la crise par leurs collègues. La romancière Kerstin Ekman a, elle, claqué la porte en 1989, en réaction au refus de l’Académie de condamner la fatwa contre l’écrivain britannique Salman Rushdie. Son fauteuil est, depuis, resté vide, car les académiciens, élus à vie, ne peuvent être remplacés qu’après leur mort. L’écrivaine Lotta Lotass, quant à elle, élue en 2009, n’a plus participé aux délibérations depuis 2015, ne supportant pas l’élitisme de ce petit cercle d’intellectuels.
De la prestigieuse Académie, créée en 1786 sur le modèle français, il ne reste donc plus qu’une institution en ruine. Dans le royaume scandinave, l’affaire obnubile les médias et préoccupe au plus haut point les politiques, inquiets de voir la réputation du pays et des Nobel ainsi entachée. Le premier ministre, Stefan Löfven, s’est dit choqué par le ton du débat et a rappelé qu’il était « important que l’Académie fonctionne et ait le respect et la confiance du reste du monde ».
Entorses au devoir de réserve
L’impression de chaos s’est encore renforcée ces derniers jours, alors que les immortels, tenus à un devoir de réserve, s’épanchaient dans les médias, révélant l’opposition frontale entre deux camps. L’un d’entre eux, sorti vainqueur, soutient la poétesse et dramaturge Katarina Frostenson, épouse du français Jean-Claude Arnault, 71 ans, figure culturelle de premier plan en Suède, qui fait l’objet de plusieurs plaintes pour viols et agressions sexuelles. Il est également soupçonné d’avoir ébruité les noms de plusieurs lauréats du Nobel, avant qu’ils aient été officialisés. Dans la foulée, Mme Frostenson, dont le mari est à l’origine du scandale, a annoncé son départ.
Jusqu’à l’automne 2017, M. Arnault, dirigeait le Forum, un lieu d’exposition et de performances, couru des élites culturelles stockholmoises, et en partie financé par l’Académie.
Début décembre 2017, la secrétaire perpétuelle Sara Danius a lancé une enquête interne et recruté un cabinet d’avocats, chargé de faire la lumière sur les relations entre les académiciens et le français. Si les conclusions de l’enquête n’ont pas encore été rendues publiques, Mme Danius a révélé le contenu du rapport soumis aux académiciens, dans une interview au quotidien Svenska Dagbladet, le 7 avril. Notamment le fait que Mme Frostenson détenait la moitié des titres de propriété du Forum. « C’était une surprise pour tout le monde, assure Sara Danius. L’Académie n’est pas autorisée à donner de l’argent à un de ses membres. Nous avons donc violé notre propre règlement. La responsabilité nous incombe, mais il est étrange que nous n’ayons pas été informés. »

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                L’Académie suédoise entachée par un scandale d’agressions sexuelles



La confusion totale
Dans ces recommandations, le cabinet d’avocats suggérait à l’Académie de porter plainte contre le Forum. Un vote a été organisé. Non seulement une majorité des académiciens se sont opposés au dépôt d’une plainte, mais ils ont également renouvelé leur confiance à Katarina Frostenson, se répandant en critiques acerbes contre Sara Danius dans la presse du royaume. L’éviction de la secrétaire perpétuelle était alors devenue inévitable.
Vendredi matin, le professeur de littérature Anders Olsson, qui assure l’intérim, a ajouté encore à la confusion, en laissant entendre que c’était en accord avec le roi Carl XVI Gustaf, protecteur de l’Académie, qu’un compromis avait été présenté : le départ de Mme Danius contre la démission de Mme Frostenson. Or, deux heures plus tard, la cour démentait, exigeant des explications.
Car le départ de Sara Danius, première femme à occuper les fonctions de secrétaire perpétuelle de l’Académie, instigatrice d’une modernisation jugée indispensable, passe très mal en Suède. Derrière le hashtag #Knytblusförsara (chemisier à nœud lavallière pour Sara), des dizaines de femmes, dont la ministre de la culture Alice Bah Kuhnke, publient sur les réseaux sociaux, depuis jeudi soir, des autoportraits, dans la tenue favorite de l’académicienne. « Deux femmes ont été sacrifiées, l’une contre l’autre », résume l’académicien Per Wästerberg.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Lancée en 2016, l’« enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées » dispose d’un mandat qui risque de s’achever fin 2018. Les populations autochtones pressent Justin Trudeau de le prolonger.
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Au Canada, l’enquête nationale sur les femmes disparues n’apaise pas les esprits

Lancée en 2016, l’« enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées » dispose d’un mandat qui risque de s’achever fin 2018. Les populations autochtones pressent Justin Trudeau de le prolonger.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 12h09
    |

            Anne Pélouas (Montréal, correspondance)








                        



                                


                            
Dans un grand hôtel de la banlieue de Vancouver débute, le 4 avril, l’une des dernières audiences publiques de l’« enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées ». Durant cinq jours, ils seront une centaine à défiler devant le micro pour raconter leur histoire : celle d’une mère, d’une fille, d’une sœur, tuées dans des circonstances obscures ou disparues sans laisser de traces.
Les yeux embués, l’une des commissaires en charge de l’enquête, Qajaq Robinson, rappelle les « choses terribles » vécues par les victimes et leurs familles : « Vous avez cogné aux portes sans succès, pour être entendues. Aujourd’hui, nous sommes là pour vous et avec vous. » La commissaire en chef Marion Buller les encourage à « partager [leur] vérité pour se donner des forces communes », pour « réclamer le droit de vivre en paix, dans des lieux sûrs ».
Des témoignages poignants, la commission en a entendu plus d’un millier depuis neuf mois, en sillonnant le Canada pour donner la parole à des autochtones, survivantes de violences en tout genre ou proches de femmes assassinées ou disparues.
Au moins 1200 victimes
Le nombre des victimes reste incertain. En 2014, la police en recensait 1 200 pour la période de 1980 à 2012, mais fin 2017 elle avouait que leur « nombre véritable était vraisemblablement beaucoup plus élevé ». Pour que lumière soit faite sur cette « tragédie nationale », les chefs autochtones ont réclamé pendant des années une enquête nationale indépendante. Après le refus catégorique du premier ministre conservateur Stephen Harper, le libéral Justin Trudeau a accepté, fin 2015. Lancée en septembre 2016 et dotée d’un budget de 34 millions d’euros, l’« enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées » dispose d’un mandat de deux ans qui devait s’achever le 31 décembre 2018. Plusieurs demandes de prolongation ont été formulés ces...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ De longues années et plusieurs rapports d’Amnesty International et de Human Rights Watch sur les disparitions et assassinats dont sont victimes les Amérindiennes auront  été nécessaires pour que le gouvernement accepte d’ouvrir une commission d’enquête.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Canada : le drame occulté du féminicide autochtone

De longues années et plusieurs rapports d’Amnesty International et de Human Rights Watch sur les disparitions et assassinats dont sont victimes les Amérindiennes auront  été nécessaires pour que le gouvernement accepte d’ouvrir une commission d’enquête.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 12h08
    |

            Nicolas Bourcier (Montréal, Fort St John, Prince George, Vancouver, envoyé spécial)








                        



                                


                            
C’est une longue coulée d’asphalte bordée de villages et de forêts grises, un tronçon de 700 kilomètres de l’autoroute 16, qui sinue le long de hautes collines sous un ciel rétréci. En Colombie-Britannique, province de l’extrême ouest canadien, entre les villes de Prince George et Prince Rupert, les grands espaces sont à peine perturbés par une poussive procession de poids-lourds. Sur le bas-côté, des croix et quelques bougies. Des photos aussi, avec des messages posés à même la neige. Plus loin, un premier panneau avec la photo d’une jeune femme au sourire éclatant. Madison « Maddy » Scott. Elle n’a plus donné de nouvelles depuis2011. Elle avait 20 ans, et portait un petit oiseau tatoué sur l’avant-bras.

Maddy est l’une des 46 femmes disparues ou assassinées, depuis 1969, le long de cette « autoroute des larmes », comme les riverains l’ont surnommée. Des victimes jeunes dans leur très grande majorité ; les trois quarts d’entre elles étaient adolescentes. Autochtones aussi, ou indigenous, « indigènes » en anglais, comme on dit ici, pour se référer à la fois aux Amérindiens, aux Inuits et aux Métis.« C’est dangereux d’être une femme ici, surtout une femme autochtone », souffle Brenda Wilson. Cette Indienne Sekani, à la voix basse et lente, emplie de colère contenue, dirige depuis une dizaine d’années une association d’aide et de prévention contre la violence faite aux femmes de la région. Elle-même a perdu sa sœur Ramona, un soir de juin 1994. Elle était partie rejoindre ses amis pour assister à un spectacle de danse. Son corps a été retrouvé dix mois plus tard, dans les bois, à quelques mètres de l’autoroute.Elle avait 16 ans.
Plus de larmes que d’encre
Comme la majorité des disparitions et des meurtres, l’assassinat de Ramona n’a pas été élucidé. « On aurait dit qu’une chappe de silence s’était abattue sur le sort de ces filles », se souvient Brenda Wilson. A l’époque,la faiblesse de la couverture médiatique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Ma vie de… « Dreamer ». Qui sont les « Dreamers » que Donald Trump voudrait renvoyer dans leur pays d’origine ? Qu’a changé pour eux le statut DACA instauré par Barack Obama ? Quelles sont leurs craintes aujourd’hui ? Yamilet Sanchez et Jazmin Sosa racontent leur parcours.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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Les « Dreamers » aux Etats-Unis : « Si DACA est aboli, je crains d’être renvoyée dans l’ombre dont je suis sortie »

Ma vie de… « Dreamer ». Qui sont les « Dreamers » que Donald Trump voudrait renvoyer dans leur pays d’origine ? Qu’a changé pour eux le statut DACA instauré par Barack Obama ? Quelles sont leurs craintes aujourd’hui ? Yamilet Sanchez et Jazmin Sosa racontent leur parcours.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 11h46
    |

            Stéphanie Le Bars (Philadelphie (envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Ma vie de… donne la parole à des témoins de l’actualité du monde entier, qui racontent leur quotidien à la première personne.
DACA : ces quatre lettres sont devenues un symbole. Elles désignent les sans-papiers arrivés aux Etats-Unis lorsqu’ils étaient enfants, aussi appelés « Dreamers », et protégés depuis 2012 par le Deferred Action for Childhood Arrivals (Action différée pour les enfants arrivants, DACA), un statut institué par l’administration Obama. En six ans, quelque 800 000 personnes âgées de 16 à 35 ans ont pu en bénéficier. Elles doivent renouveler tous les deux ans ce droit à rester, à travailler ou à étudier aux Etats-Unis en toute légalité.
Au cours de sa première année de mandat, Donald Trump a laissé entendre qu’il était favorable à la légalisation des DACA. Puis il a mis leur sort dans la balance afin d’obtenir un accord global sur l’immigration, qui devait notamment inclure le financement du mur qu’il souhaite construire à la frontière mexicaine. Après plusieurs échecs, qu’il attribue aux démocrates, il a dernièrement laissé entendre qu’il fallait en finir avec le dispositif. Le programme n’accepte plus de nouveaux candidats depuis septembre 2017. Mais les intentions du président américain demeurent floues.
Soumises à ces changements de cap, deux bénéficiaires du DACA, élevées et installées à Philadelphie, travaillant aujourd’hui dans un cabinet d’avocats, racontent leur parcours, leurs craintes et leurs espoirs.
Yamilet Sanchez, 20 ans, Mexicaine, est arrivée illégalement aux Etats-Unis lorsqu’elle avait 4 ans. Elle est étudiante en droit.

« Je ne connais pas la date exacte de mon arrivée aux Etats-Unis, mais je sais que c’était en novembre 2001, peu avant Thanksgiving. J’avais 4 ans, mon frère 1 an. Ma mère nous avait confiés à des gens qui franchissaient la frontière en voiture ; à l’époque, les procédures étaient moins strictes et les enfants n’étaient pas forcément...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ La défaite des rebelles ne marque pas la fin des souffrances des civils de la banlieue est de Damas, ravagée par cinq années de siège et huit mois d’offensive des forces prorégime.
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Misère ou exil, l’implacable dilemme des habitants de la Ghouta orientale

La défaite des rebelles ne marque pas la fin des souffrances des civils de la banlieue est de Damas, ravagée par cinq années de siège et huit mois d’offensive des forces prorégime.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 11h36
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            Laure Stephan (Beyrouth, correspondance)








                        



                                


                            

Les habitants de la Ghouta orientale, désormais entièrement reprise par le régime et ses alliés russes, devaient-ils rester dans les décombres de l’ex-enclave rebelle, située aux portes de la capitale syrienne, ou bien partir ? Et dans quel camp devaient-ils alors se réfugier ? Quel avenir après la ruine ? Tous ont fait face à ce dilemme.
Comme dans les faubourgs de l’est d’Alep, fin 2016, ou dans le quartier d’Al-Waer à Homs, en 2017, le soulèvement et sa répression, puis la guerre, ont fragmenté la société de la Ghouta orientale : des centaines de milliers d’habitants ont fui la zone au fil des années. Ceux qui sont restés jusqu’au bout, après avoir subi un siège resserré puis l’ultime offensive, impitoyable, des forces prorégime, mais aussi les restrictions, et le racket imposé par les groupes rebelles, sont éparpillés.
Jusqu’ici, une majorité, plus de 133 000 personnes, ont rallié les territoires contrôlés par le régime ou sont restés sur place. Côté gouvernemental, les déplacés sont passés par des centres de transit, au terme de longues marches depuis les ruines. Une fois sur place, il leur faut se plier aux lourdes procédures des services de sécurité : l’identité est vérifiée, les hommes en âge de servir dans les rangs de l’armée risquent la conscription.
Ceux qui n’ont nulle part où aller ont trouvé refuge dans une dizaine d’abris, ouverts à la hâte par le gouvernement dans des écoles, des bâtiments administratifs ou sous la tente, dans les environs de Damas et même dans la Ghouta orientale. Partout, les lieux sont surpeuplés. Il faut, pour en sortir, avoir un proche à Damas ou dans les environs, qui se porte garant.
« Enfants pieds nus »
D’après les humanitaires ou les volontaires syriens venus leur prêter main-forte, les abris concentrent toutes les souffrances de la Ghouta. On y rencontre de jeunes amputés, des femmes, des enfants, des hommes traumatisés par des années de bombardements, de combats, de privations.
Dans...




                        

                        


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Trois Français engagés dans l’organisation Etat islamique tués en Afghanistan

Une dizaine de djihadistes français combattraient dans le pays.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 11h32
    |

            Jacques Follorou








                        



                                


                            

La présence de Français dans les rangs de l’organisation Etat islamique (EI) en Afghanistan apparaît au grand jour. Les autorités afghanes, interrogées par Le Monde, ont indiqué que des frappes, menées le 9 avril avec les forces américaines dans le nord du pays aux confins des provinces de Faryab et de Jawzjan, avaient coûté la vie à « une dizaine de membres de l’organisation Etat islamique, dont un citoyen français ». Le ministère de la défense afghan a ajouté qu’« un homme et une femme de nationalité française étaient également morts récemment dans des affrontements dans le même secteur » à la frontière avec le Turkménistan et l’Ouzbékistan.
Ces déclarations officielles doivent encore être étayées par des éléments précis d’identification grâce à la collecte d’éléments sur place, puis à leur analyse par les services de renseignement occidentaux présents en Afghanistan. Selon une source diplomatique occidentale contactée à Kaboul, ce type d’élimination par la voie aérienne ne facilite pas la reconnaissance des corps, et il convient d’être prudent.

Néanmoins, l’identification de Français engagés dans les rangs de l’EI dans ce pays reculé a fait un grand pas depuis l’arrestation, fin mars, par les forces spéciales américaines, d’une ressortissante française d’une trentaine d’années, d’origine algérienne, dans le district de Darzab, situé dans la province de Jawzjan. Longuement interrogée, notamment par des représentants des services secrets français à Kaboul, elle a relaté son parcours et permis de compléter le profil du djihadiste français dans ce pays. Elle a assuré être entrée en Afghanistan, avec son mari et ses deux enfants, par Kandahar, au sud, après avoir séjourné trois mois dans la ville pakistanaise de Quetta, capitale de la province du Baloutchistan.
Faux passeports pakistanais
Cette famille ne viendrait pas du territoire irako-syrien, où l’organisation Etat islamique a été défaite ces derniers...




                        

                        


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Compte rendu

Boko Haram a enlevé plus de 1 000 enfants au Nigeria depuis 2013

Le groupe djihadiste a, selon l’Unicef, tué au moins 2 295 enseignants et détruit plus de 1 400 écoles.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-04-13T11:11:19+02:00"

        Le 13.04.2018 à 11h11






    
Certaines des écolières enlevées par Boko Haram en février à Dapchi (nord-est du Nigeria), dans le village voisin de Jumbam après leur libération, le 21 mars 2018.
Crédits : REUTERS FILE PHOTO / REUTERS


« Depuis 2013, plus de 1 000 enfants ont été enlevés par Boko Haram dans le nord-est du Nigeria, dont les 276 filles kidnappées à Chibok en 2014 », a annoncé l’Unicef, vendredi 13 avril, dans un communiqué, à la veille du quatrième anniversaire de cet enlèvement emblématique. « Ces attaques répétées contre des enfants, dans des écoles, sont impensables », a souligné Mohamed Malick Fall, l’un des responsables au Nigeria de cette agence spécialisée des Nations unies.

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L’insurrection de Boko Haram, qui cherche à instaurer un califat dans le nord-est du Nigeria, a fait au moins 20 000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis 2009. Le groupe, dont le nom signifie en haoussa – l’une des langues du Nigeria – « l’éducation occidentale est un péché », cible régulièrement les écoles, tout particulièrement celles qui ont un programme laïc. Il a tué au moins 2 295 enseignants et détruit plus de 1 400 établissements, selon l’Unicef.
Kidnapping de masse
Depuis son arrivée au pouvoir, en 2015, le président Muhammadu Buhari a renforcé l’effort de guerre face au mouvement islamiste armé. Mais même affaibli, Boko Haram, qui a perdu de larges pans de territoire, a poursuivi ses attaques meurtrières, notamment contre des civils, et conserve la capacité de mener des opérations de grande envergure.

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En février, l’enlèvement par les djihadistes de 111 écolières à Dapchi, dans le nord-est, avait ainsi choqué le pays. La plupart de ces jeunes filles ont été ensuite libérées, mais ce kidnapping de masse avait ravivé le douloureux souvenir du drame de Chibok, en avril 2014.

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Quelque 276 jeunes filles avaient alors été enlevées dans un pensionnat par des insurgés, arrivés par dizaines à la faveur de l’obscurité à bord de camions et de pick-up. Plus de cent d’entre elles seraient toujours détenues par le groupe. Cette tragédie avait ouvert les yeux du monde sur les exactions commises par Boko Haram au Nigeria, déclenchant une vague d’émotion mondiale avec le mouvement « Bring back our girls », relayé jusqu’à la Maison Blanche par la première dame de l’époque, Michelle Obama.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Etats-Unis, France et Royaume-Uni tentent de s’organiser pour mener des frappes punitives après l’attaque du 7 avril. Mais Moscou brandit la menace de représailles.
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En Syrie, la riposte promise après le recours à l’arme chimique sur Douma piétine

Etats-Unis, France et Royaume-Uni tentent de s’organiser pour mener des frappes punitives après l’attaque du 7 avril. Mais Moscou brandit la menace de représailles.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 11h16
    |

            Marc Semo et 
Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Le 7 avril 2017, Donald Trump était sans doute allé au plus facile. Avec le tir de 59 missiles de croisière contre une base militaire syrienne, au lendemain du bombardement au gaz sarin de la petite ville de Khan Cheikhoun contrôlée par la rébellion, qui avait fait 87 morts, le président des Etats-Unis avait restauré à moindre compte une « ligne rouge » à ne pas franchir à propos de ces armes non conventionnelles.
Le nouveau recours à des gaz imputé au régime, le 7 avril 2018, à Douma, dans la banlieue rebelle de la Ghouta occidentale, près de Damas, a forcé Washington à envisager une réponse plus dissuasive. Le 9 avril, le dernier ambassadeur américain en Syrie, Robert Ford, avait jugé « impossible de dissuader [le président syrien Bachar Al-] Assad d’utiliser ces armes à moins qu’il ne paye un prix militaire. Et donc la seule façon d’établir la dissuasion est de le faire souffrir militairement », avait-il expliqué à la radio publique NPR.

« Une frappe unique ne suffira pas, car il cessera d’utiliser des armes chimiques pendant une semaine ou deux, ou un mois ou deux, puis il recommencera. Le président doit être prêt pour une campagne soutenue. Et il doit l’expliquer au public américain, et il doit l’expliquer à nos alliés et aux autres pays de la région là-bas », avait poursuivi l’ambassadeur.
« Aucune décision finale n’a été prise »
Après avoir entretenu l’impression d’une riposte imminente, Donald Trump a semblé se raviser, jeudi 12 avril : « Cela pourrait être bientôt ou pas », a-t-il lancé dans un Tweet matinal. « Nous aurons des décisions à prendre quand nous le jugerons le plus utile et le plus efficace », a pour sa part déclaré sur TF1 son homologue français, Emmanuel Macron, également en première ligne sur le sujet. Le président français a rassuré « avoir la preuve que des armes chimiques ont été utilisées, au moins du chlore, et qu’elles ont été utilisées par le régime ».
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