<FILE-date="2018/04/13/19">

<article-nb="2018/04/13/19-1">
<filnamedate="20180413"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180413"><AAMMJJHH="2018041319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Pour le septième jour de grève des cheminots, le trafic sera encore « très perturbé », selon la SNCF.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Grève à la SNCF : un tiers des TGV et des TER circuleront samedi

Pour le septième jour de grève des cheminots, le trafic sera encore « très perturbé », selon la SNCF.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 18h28
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 18h37
   





                        


Selon le communiqué diffusé vendredi 13 avril après-midi par la direction de l’entreprise ferroviaire, les répercussions à attendre samedi sur les transports sont les suivantes :
Transilien : deux trains sur cinq ;TER : un train sur trois ;TGV : un train sur trois ;Intercités : un train sur cinq ;Eurostar : quatre trains sur cinq ;Thalys : trafic quasi notmal.
Concernant le trafic en Ile-de-France, la SNCF annonce :
RER A : un train sur deux ;RER B : un train sur trois ;RER C : deux trains sur cinq ;RER D : un train sur deux ;RER E : un train sur trois ;Ligne H : un train sur deux ;Ligne K : neuf trains sur dix ;Ligne J, L : un train sur trois ;Ligne N, P, U : deux trains sur cinq ;Ligne R : un train sur dix;
Concernant les différentes lignes TGV, la circulation restera « très perturbée », selon la SNCF :
axe Est : un train sur trois ;axe Atlantique : un train sur trois ;axe Nord : un train sur quatre ;axe Sud-Est : un train sur deux.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/13/19-2">
<filnamedate="20180413"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180413"><AAMMJJHH="2018041319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Le réseau social ne s’en cache plus : il collecte des données même sur les internautes qui n’ont pas ouvert de compte Facebook.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Comment Facebook piste les internautes qui ne sont pas sur le réseau social

Le réseau social ne s’en cache plus : il collecte des données même sur les internautes qui n’ont pas ouvert de compte Facebook.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 13h30
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 14h00
    |

            Morgane Tual








                        



   


« Peu importe que vous ayez un compte Facebook ou non : [le réseau social] est capable de collecter des informations sur chacun d’entre nous. » Cette phrase assassine a été lancée par la députée démocrate Debbie Dingell (Michigan), lors du deuxième jour d’audition de Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, devant le Congrès américain.
Mardi 10 et mercredi 11 avril, plusieurs élus ont interrogé le fondateur du réseau social sur sa capacité – déjà connue – à pister les internautes, qu’ils soient utilisateurs de Facebook ou non. Face à cette question délicate, M. Zuckerberg s’est montré mal à l’aise, promettant que ses équipes « reviendraient » vers les élus.
Voici ce que l’on sait de la façon dont Facebook collecte des données des internautes non inscrits au réseau social.
Comment ces données sont-elles collectées ?
A partir de sites visités par l’internaute. Les boutons Facebook « J’aime » ou « Partager » qui apparaissent sur d’innombrables pages Web ont une fonction supplémentaire à celle qu’ils affichent. Même si l’internaute ne clique pas dessus, ils ordonnent à son navigateur de transmettre des données le concernant à Facebook, comme l’entreprise l’explique dans ses « pages d’aide ».
A travers les contacts de l’internaute. Les utilisateurs de Facebook se voient proposer d’importer leurs contacts (Gmail, Hotmail, Yahoo!, répertoire téléphonique…) afin de trouver des amis avec lesquels se connecter sur le réseau social, ou d’en inviter d’autres à se créer un compte. Or, lorsqu’ils effectuent cette action, Facebook aspire des données concernant ces internautes, qui ne sont pourtant pas forcément inscrits sur le réseau social.
Quelles sont les données collectées ?
La quantité de données et leur nature exacte n’est pas listée par Facebook. Concernant les données de navigation, Facebook dit recevoir « des informations sur la page Web que vous consultez, la date et l’heure, et d’autres données liées au navigateur », sans plus de précision. En 2015, le réseau social avait assuré que les données de navigation récupérées par le « cookie » Datr – un petit programme qui transmet les informations – étaient supprimées au bout de dix jours.
Par ailleurs, lorsqu’un utilisateur de Facebook synchronise ses contacts avec le réseau social, les adresses e-mail et les numéros de téléphone de ces personnes sont collectés, mais pas seulement. Les données peuvent inclure, précise Facebook, « leurs noms et surnoms, photos de contact (…) et autres informations que vous pourriez avoir ajoutées comme une relation ou leur profession, ainsi que les données sur ces contacts présentes sur votre téléphone ».
Comment Facebook justifie-t-il cette collecte ?
Interrogé à ce sujet au Congrès, Mark Zuckerberg a évoqué « des raisons de sécurité » : « Afin d’empêcher des gens d’aspirer des informations publiques, nous devons savoir quand quelqu’un tente d’accéder de façon répétée à nos services. » En gardant la trace d’internautes, même non inscrits, Facebook dit pouvoir repérer des activités suspectes.
« Nous enregistrons ces informations afin d’améliorer nos produits », écrit par ailleurs Facebook dans ses « pages d’aide », sans apporter plus de précision.
Quand le réseau social aspire les données du carnet d’adresses d’un de ses utilisateurs, « cela aide Facebook à proposer des recommandations pour vous et les autres et à fournir un meilleur service ». Cela permet aussi au réseau social, si un internaute décide de s’inscrire sur Facebook, de lui suggérer immédiatement des personnes à suivre.
La collecte massive de données par Facebook, qu’il s’agisse de ses utilisateurs ou non, a pour fondement la publicité ciblée, à la base de son modèle économique. En récupérant des données sur les internautes non inscrits, sa régie publicitaire, présente sur d’autres sites, peut leur exposer des publicités « pertinentes », comme aime à le répéter Facebook.
Les problèmes que cela pose
Les internautes non inscrits sont rarement au courant que leurs données sont collectées par Facebook. De plus, une partie de ceux qui ne sont pas sur le réseau social évoquent souvent comme raison leur aversion à l’idée de transmettre leurs données à cette entreprise multimilliardaire. Or, ces « résistants » voient eux aussi leurs données aspirées.
Surtout, les internautes n’ont pas donné leur accord. Ou du moins, pas explicitement… En Europe, par exemple, les sites Internet disposant de « cookies » doivent en informer leurs visiteurs et obtenir leur consentement. Mais ces derniers ne connaissent pas forcément la nature de ces cookies, et que leurs données seront probablement transférées, entre autres, à Facebook.
Si les questions des représentants américains à ce sujet ont tant dérangé Mark Zuckerberg, c’est aussi qu’elles mettent à mal sa principale ligne de défense. Le patron de Facebook a martelé que les propriétaires des données collectées avaient un contrôle total, pouvaient choisir de les partager ou non, et de les supprimer.
Le député Ben Lujan a même souligné, lors d’un échange musclé, que si un internaute non inscrit souhaite accéder aux données récupérées par Facebook, le réseau social lui demande… de créer un compte.
Ce pistage des internautes non inscrits a d’ailleurs valu à Facebook une condamnation en Belgique. La justice belge a ainsi ordonné à Facebook, au mois de février, de cesser cette pratique auprès des internautes du pays, sous peine d’une astreinte de 250 000 euros par jour pouvant atteindre 100 millions d’euros. Facebook a annoncé son intention de faire appel.
Comment limiter cette collecte ?
Il n’existe pas de solution miracle. Quelques précautions peuvent toutefois être prises. Certains navigateurs Internet, comme TOR, désactivent les cookies par défaut, ce qui empêche la collecte de données de navigation. Toutefois, si TOR est gratuit, simple à installer et à utiliser, il peut ralentir la navigation.
Les navigateurs classiques comme Firefox ou Chrome peuvent toutefois être améliorés à l’aide d’extensions gratuites à télécharger, qui bloquent aussi les collectes de données automatiques lors de la navigation, comme uBlock ou Ghostery.
Cela n’empêche toutefois pas la collecte de données permise par vos contacts, quand ils prennent consciemment la décision de synchroniser, avec Facebook, leurs carnets d’adresses.

        Lire l’édito du « Monde » :
         

          Le mea culpa de Facebook ne suffira pas






                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/13/19-3">
<filnamedate="20180413"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180413"><AAMMJJHH="2018041319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Lors d’un tchat, l’envoyé spécial du « Monde » à Notre-Dame-des-Landes a répondu aux questions d’internautes sur l’évacuation de la ZAD et sur les perspectives d’avenir du lieu.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

NDDL : « Les zadistes ont développé une société échappant à de nombreuses règles »

Lors d’un tchat, l’envoyé spécial du « Monde » à Notre-Dame-des-Landes a répondu aux questions d’internautes sur l’évacuation de la ZAD et sur les perspectives d’avenir du lieu.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 16h42
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 18h20
   





                        



   


La fin des expulsions de la « zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes, officialisée vendredi 13 avril, est loin de clore le débat sur l’avenir du secteur. De retour du bocage nantais après avoir couvert l’opération d’évacuation, l’envoyé spécial du Monde Rémi Barroux a répondu à des questions d’internautes.
Antoine : Combien de personnes habitent encore la ZAD ?
Rémi Barroux : Même la préfecture l’ignore. On pouvait parler de 150 habitants réguliers avant l’intervention de cette semaine. Il y a aussi beaucoup de passage, des personnes s’installant pendant deux ou trois mois. Avec les renforts venus pour la défense de la zone, le nombre de personnes dans la ZAD est passé probablement à plus de 500, voire 600 ou 700. La grande majorité repartira dès que la situation se sera calmée.
Lalla : Avez-vous pu observer tout ce que vous souhaitiez pendant l’évacuation, ou en avez-vous été en partie empêché par les forces de l’ordre ?
Sur une zone aussi importante — quelque dix kilomètres de large sur 5 à 6 de long —, il est difficile d’être partout. La circulation était relativement facile, pour quelqu’un qui connaît un peu l’endroit. Par contre, les routes — deux principalement, les RD 81 et RD 281 — étaient inaccessibles dès lors que les gendarmes étaient présents. Cela explique sans doute que des journalistes connaissant moins le terrain se soient retrouvés bloqués.

        Lire aussi :
         

          La gendarmerie a-t-elle empêché la presse d’accéder à la ZAD ?



Côté zadiste, ils avaient plutôt envie que des images soient faites, ce qui n’a pas toujours été le cas, et à condition qu’ils ne soient pas identifiables. Reste que les journalistes, pour la grande majorité, n’ont pas bonne presse historiquement dans la ZAD. Personnellement, je n’ai eu aucun problème durant mon reportage.
Patrice B. : Les expulsions sont-elles légales ou fragiles juridiquement ?
Des recours ont été ou vont être engagés, notamment sur l’expulsion de la ferme des 100 noms. De nombreux avocats, dont le Syndicat des avocats de France au niveau national, ont dénoncé le caractère illégal de ces expulsions, car elles n’avaient pas été jugées de manière contradictoire. Les autorités expliquent qu’elles n’ont pu procéder à l’identification des habitants de ces squats, et que leurs expulsions sont légales. L’intervention des gendarmes se faisait avec la présence d’huissiers. La plupart du temps, comme on peut l’imaginer, plus personne n’était là pour attendre la troupe.
Youri D. : Quels sont les arguments des zadistes pour justifier leur droit à rester sur ces terres ?
Ils ne peuvent plus se prévaloir de la lutte contre le projet d’aéroport et expliquent qu’ils ont développé une société, une communauté échappant à de nombreuses règles tant économiques que politiques. Cela ne veut pas dire que tous les habitants qui résidaient dans la zone vivaient en dehors de tout. Les enfants étaient inscrits à une halte-garderie ou à la crèche, étaient suivis par un pédiatre. Un éleveur (illégal, donc), qui ne fait pas partie des historiques installés avant la création de la ZAD, vend ainsi son lait à Biolait, qui passe le ramasser régulièrement.
Tous ces occupants espéraient pouvoir faire perdurer leur expérience de vie. Comme cela s’est fait au Larzac, et comme il existe aussi des collectivités du type de Longo Maï, dans les Alpes du Sud.

   


Chris : Quels sont les critères de pérennisation pour les installations des occupants de la ZAD ? A quel titre peuvent-ils prétendre conserver des installations sur des terrains dont ils ne sont pas propriétaires ?
Les critères, malgré ce qui est affirmé par les autorités, sont assez flous. Il faut déposer un projet (élevage, boulangerie, maraîchage, apiculture, conserverie…), donner une identité, quitte à en regrouper plusieurs dans un projet associatif, et localiser le projet sur telle ou telle parcelle. Mais l’important semble pour la préfète de voir les zadistes volontaires s’asseoir autour d’une table, quitte à ce que les dossiers ne soient pas finalisés.
En plus de ce questionnaire, les agriculteurs historiques ou récents font des demandes de convention d’occupation précaire.
Nat78730 : La tendance sur la ZAD est-elle de vouloir négocier et accepter des projets individuels ou de rester dans une démarche 100 % collective du tout ou rien ?
Les positions sont diverses, et encore plus dans un moment de grande fébrilité comme actuellement. Mais globalement, la ZAD communique sur ses projets et veut les valider. Une conférence de presse s’est tenue dans la ZAD avec une trentaine de porteurs de projet, pour certains installés depuis plusieurs années. Vont-ils faire le pas — la concession, pourrait-on dire — de la déclaration individuelle ? Difficile à dire.
La destruction de la ferme des 100 noms a eu plutôt l’effet inverse de celui recherché par le gouvernement, qui était de dire en substance « certes, il y avait des projets agricoles sur ce site, mais sans déclaration individuelle en bonne et due forme, alors on détruit ». Les zadistes ont alors dénoncé un chantage.
Ifig : Combien de projets d’installation ont-ils déjà été acceptés par l’Etat ?
Officiellement aucun, même si la préfète a exclu de la liste des sites expulsables les quatre fermes historiques, ainsi que tous les bâtiments en dur, dont certains abritent déjà des activités d’élevage, agricoles ou artisanales (ferme de Bellevue, Saint-Jean-du-Tertre, les Fosses noires, la Rolandière…).

        Lire aussi :
         

                Des architectes et des paysagistes défendent la ZAD de Notre-Dame-des-Landes



AlexSG : Que pense la population environnante de la ZAD ?
Quand on habite à Notre-Dame-des-Landes ou à Vigneux-de-Bretagne, soit au nord et au sud de la ZAD, on est assez loin de la zone d’affrontement — 5 à 6 kilomètres voire plus. Mais la fermeture des deux routes, qui oblige à faire des détours importants (15, 20 kilomètres parfois) complique la vie quotidienne.
Surtout, qu’ils aient été pour ou contre le projet d’aéroport, les habitants dans leur grande majorité veulent que cette zone retrouve sa vocation agricole, et surtout sa tranquillité. Beaucoup ne voyaient pas non plus d’un bon œil des zadistes ne pas payer de loyer, d’électricité ou pour l’enlèvement des nombreux déchets.
Antoine : Pourquoi était-il si urgent pour l’Etat d’intervenir à partir du moment où le projet d’aéroport a été abandonné ? Pourquoi ne pas construire quelque chose dans le dialogue ? Surtout que Nicolas Hulot est censé être réceptif à ce genre de projet…
Le ministre de la transition écologique a été très discret depuis le début de l’intervention. Satisfait sans doute par l’abandon du projet d’aéroport, il a toujours avancé, comme les autres membres du gouvernement, la nécessité du retour à l’Etat de droit. Comme Ségolène Royal avant lui, peu convaincue par le projet d’aéroport mais favorable à ce que le problème de la ZAD soit réglé.
Eric K. : Quelles sont les relations entre les agriculteurs historiques et les occupants de la ZAD ?
Elles ont évolué après la victoire contre le projet d’aéroport. Historiquement, quand la zone d’aménagement différé (ZAD) est devenue « zone à défendre », en 2009, la cohabitation entre les nouveaux arrivants et les agriculteurs déjà en lutte a été compliquée. Puis l’opération avortée d’évacuation de la ZAD, « César », en novembre 2012, a soudé les rangs, les zadistes s’appuyant sur la légitimité historique des paysans et sur leur image, ceux-ci profitant de la capacité de résistance des nouveaux venus.
Aujourd’hui, le projet d’aéroport n’est plus. Les agriculteurs sont tournés vers la discussion sur l’avenir des terres ainsi libérées. S’ils restent solidaires, ils estiment pour la plupart, ainsi que dans les associations historiques de la lutte, que le passage par un dossier individuel de même que la libération des routes doivent être concédés.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/13/19-4">
<filnamedate="20180413"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180413"><AAMMJJHH="2018041319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Les exactions des insurgés et le siège cruel imposé par le régime de Bachar Al-Assad ont provoqué la chute de cette ancienne oasis agricole, située aux portes de la capitale Damas.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La Ghouta, tombeau de la révolution syrienne

Les exactions des insurgés et le siège cruel imposé par le régime Assad ont provoqué la chute de cette ancienne oasis agricole, située aux portes de Damas.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 13h00
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

Les révolutionnaires l’avaient baptisé le « vendredi de la fierté ». C’était le 25 mars 2011, la deuxième journée de protestations en Syrie, les prémices d’un bouleversement historique. A Douma, une banlieue déshéritée de Damas, à l’issue de la grande prière hebdomadaire, quelques centaines de personnes s’étaient massées sur la place de la mairie.
Les courageux criaient « horriya » (« liberté »), réclamaient la levée de l’état d’urgence et martelaient des slogans en hommage à Deraa, une ville du sud du pays, où, une semaine plus tôt, un premier rassemblement avait été brutalement réprimé. « On voulait faire comme en Egypte, on rêvait d’occuper la place, d’y passer la nuit, de lancer une grève générale », raconte Majd Al-Dik, l’un des participants au sit-in, alors étudiant en droit.
Mais, à minuit, des gros bras équipés de matraque investissent la place. Une vidéo postée sur Internet les montre en train de bastonner les frondeurs, qui s’évanouissent à toutes jambes dans l’obscurité. Le vendredi suivant, ceux-ci sont de retour, pas par centaines mais par milliers. Ils chantent « Allah, Souria, horriya wa bass » (« Dieu, la Syrie, la liberté et c’est tout »), un pastiche insolent de la célèbre rengaine prorégime « Allah, Souria, Bachar wa bass » (« Dieu, la Syrie, Bachar et c’est tout »). Les hommes de main du pouvoir sont là aussi, équipés cette fois d’armes à feu. Dix personnes tombent sous les rafales.
Mais la colère et la soif de changement sont plus forts que la peur. Aux funérailles des premiers martyrs de Douma succède une nouvelle manifestation, encore plus massive, avec de nouveaux morts, puis de nouvelles funérailles, et ainsi de suite. Un mouvement se met en branle, qui gagne les localités voisines. La Ghouta orientale, cette oasis périurbaine qui ceinture Damas par l’est et dont Douma est la « capitale », s’abandonne aux vertiges de la révolution.
« Je me suis senti tellement vivant...




                        

                        


<article-nb="2018/04/13/19-5">
<filnamedate="20180413"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180413"><AAMMJJHH="2018041319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Le tribunal a en revanche refusé d’accorder à David Hallyday et Laura Smet le droit de regard qu’ils demandaient sur l’album posthume de leur père.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Héritage de Johnny Hallyday : la justice ordonne le gel des biens français du chanteur

Le tribunal a en revanche refusé d’accorder à David Hallyday et Laura Smet le droit de regard qu’ils demandaient sur l’album posthume de leur père.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 15h14
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 18h04
    |

            Pascale Robert-Diard








                        


Le tribunal de grande instance de Nanterre a prononcé, vendredi 13 avril, le gel des avoirs immobiliers français de Johnny Hallyday (Jean-Philippe Smet à l’état civil) — ses deux résidences de Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine) et de Saint-Barthélemy — et a placé sous séquestre les droits d’artiste du chanteur. Il a en revanche refusé d’accorder à ses deux enfants aînés, David Hallyday et Laura Smet, le droit de regard qu’ils demandaient sur l’album posthume de leur père.
Cette décision de justice est prononcée à titre conservatoire avant la procédure au fond, qui devra trancher la question de la validité du testament du chanteur, par lequel il a exclu ses deux enfants aînés de son héritage en application du droit californien.
« La volonté de Johnny Hallyday a donc été respectée », s’est réjoui Me Ardavan Amir-Aslani, avocat de Laeticia Hallyday. Il a salué le fait que le gel ne concerne pas les actifs américains de Johnny et réaffirmé que « le droit moral sur le dernier album a été exercé du vivant de l’artiste ».
A l’audience, le 30 mars, l’avocat de Warner Music avait opposé une fin de non-recevoir à la demande de droit de regard sur l’album posthume du chanteur, affirmant que Johnny avait lui-même « validé l’ensemble des compositions musicales » qui y figurent. Les avocats de David Hallyday et de Laura Smet avaient d’ailleurs laissé entendre qu’ils n’exigeaient plus explicitement un « droit de regard » mais une simple possibilité de l’écouter avant que celui-ci soit rendu public.
« Il est établi par les nombreuses pièces produites par la société Warner que Jean-Philippe Smet a fixé les conditions dans lesquelles l’album devait être enregistré, choisi les auteurs des œuvres musicales qu’il a interprétées ainsi que le réalisateur artistique de cet album (…), approuvé le choix des musiciens (…), manifestement validé le 22 novembre 2017 les enregistrements déjà réalisés à cette date », dit le jugement de vendredi.
Première victoire
La décision représente néanmoins une première victoire pour David Hallyday et Laura Smet, qui se sont engagés dans une longue bataille juridique pour faire valoir leurs droits dans la succession de leur père. La question de fond est de savoir si Johnny Hallyday est soumis au droit français, selon lequel il est interdit de déshériter ses enfants, ou s’il peut se prévaloir du droit californien, qui permet de disposer librement de ses biens.
Les avocats de Laura Smet ont d’ailleurs salué, vendredi, une « première étape du processus judiciaire » qui « s’enclenche d’une manière favorable ». « Cette ordonnance reprend [notre] argumentation sur la loi française applicable au règlement de la succession », disent Pierre-Olivier Sur, Hervé Témime et Emmanuel Ravanas.
En obtenant un premier jugement d’un tribunal français, dont la compétence n’a pas été contestée par les avocats de Laeticia Hallyday, les conseils de David Hallyday et de Laura Smet marquent un point important. Ils avaient à dessein adressé à Laeticia Hallyday une assignation à sa résidence de Marnes-la-Coquette, et non aux Etats-Unis, afin d’obtenir la compétence d’un tribunal français.

        Comprendre :
         

          Cinq questions sur l’héritage de Johnny Hallyday



Ils entendent en effet s’appuyer, pour la suite, sur un règlement européen de 2012, applicable aux successions ouvertes à partir du 17 août 1985, qui, pour déterminer la loi applicable en la matière, ajoute au critère de « résidence habituelle » celui des « liens » qu’entretenait le défunt avec tel ou tel pays.
« Johnny est une part de la France »
L’appréciation de ce lien est laissée aux juges à partir d’un faisceau d’indices. Lors de l’audience du 30 mars, les avocats de David Hallyday et de Laura Smet avaient ouvert ce débat. « Où Johnny malade a-t-il décidé de se faire soigner ? En France ou aux Etats-Unis ? Où Johnny vend-il ses disques ? En France ou aux Etats-Unis ? Johnny est une part de la France, Johnny est un destin français », avait observé Me Emmanuel Ravanas. « Tout a été fait pour que la France n’ait plus accès à quoi que ce soit alors que le patrimoine de Johnny est français », avait renchéri Me Pierre-Jean Douvier.
« Il apparaît de la procédure que les demandeurs font valoir des moyens sérieux quant à l’applicabilité de la loi française à la succession de Jean-Philippe Smet [au regard des articles du règlement européen] en relevant les éléments qui peuvent être pris en considération pour retenir que l’intéressé avait sa résidence habituelle en France au moment du décès ou encore qu’au moment de son décès, il présentait des liens manifestement plus étroits avec la France » qu’avec la Californie, rappelle ainsi le jugement.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/13/19-6">
<filnamedate="20180413"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180413"><AAMMJJHH="2018041319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Mobilisation des lycéens, passages des partiels, blocus des universités…, Le Monde Campus a dressé, dans un tchat, un état des lieux du mouvement étudiant.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Universités : « Pour l’instant, une minorité d’établissements sont perturbés par le mouvement »

Mobilisation des lycéens, passages des partiels, blocus des universités…, Le Monde Campus a dressé, dans un tchat, un état des lieux du mouvement étudiant.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 18h11
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 18h35
    |

            Séverin Graveleau, 
Soazig Le Nevé, 
Eric Nunès et 
                                Caroline Pain








                        



   


A l’heure où la réforme de l’accès à l’université suscite toujours plusieurs « blocages », Le Monde Campus a fait le point sur le mouvement étudiant dans un tchat avec ses lecteurs.

        Lire aussi :
         

                Des étudiants qui occupaient la Sorbonne évacués dans la nuit par la police



On a l’impression que les universités sont à feu et à sang. Qu’en est-il réellement ? Le mouvement est-il général ou localisé ?
Non, les universités sont loin d’être « à feu et à sang », comme vous dites. Pour l’instant, une minorité d’établissements sont perturbés par ce mouvement. Ils étaient une dizaine la semaine dernière, et une quinzaine en cette fin de semaine. Quatre universités sont entièrement bloquées : Jean-Jaurès à Toulouse, Paul-Valéry à Montpellier, Rennes-II et Paris-VIII (Vincennes-Saint-Denis). Ailleurs, seuls des sites ou des bâtiments sont bloqués, à l’instar du campus de Tolbiac à Paris-I, de certains bâtiments de l’université de Nanterre ou encore de Grenoble. La situation est très fluctuante, des bâtiments pouvant être bloqués un jour et débloqués le lendemain (Strasbourg, par exemple)…
A noter que dans de nombreux sites, des assemblées générales se réunissent, sans que cela perturbe en tant que tel le fonctionnement des campus.
Contre quel(s) point(s) du projet de loi Vidal les étudiants manifestent-ils ?
Au centre de la loi Orientation et réussite des étudiants figure la question des « prérequis » d’accès aux filières de l’enseignement supérieur, autrement dit les compétences nécessaires pour y entrer. Ces compétences seront examinées au regard des dossiers des candidats (notes, lettre de motivation, CV, etc.). Cet examen des candidatures, nouveau à l’université, est assimilé par ses opposants à de la sélection.
Par ailleurs, la réforme de l’accès à l’université doit s’accompagner d’une remise à plat du cycle de licence (les discussions à ce sujet doivent démarrer prochainement). Il s’agit, entre autres, de permettre aux étudiants de poursuivre à leur rythme ce cursus. Certains craignent que cette remise en question de la licence en trois ans ne permette plus des compensations de leurs notes entre les semestres.
Dans les assemblées générales et les cortèges s’ajoutent à ces deux points d’autres revendications qui n’ont rien à voir avec la réforme Vidal : « casse sociale » menée par le gouvernement, « destruction du service public », réforme de la SNCF, Notre-Dame-des Landes… Bref tous les autres sujets de mécontentement du mouvement social actuel.
La réforme de l’université qui entre en vigueur concerne au premier chef les lycéens en terminale. On n’a pas l’impression que les mouvements actuels les concernent vraiment. Comment expliquez-vous ça ?
Effectivement, depuis les premières manifestations contre la loi Orientation et réussite des étudiants, les lycéens sont peu visibles dans les cortèges. Et ce alors qu’ils sont directement concernés par la réforme, et par la plate-forme d’accès à l’enseignement supérieur, Parcoursup. Mais il faut se rappeler qu’ils étaient aussi les premiers concernés, l’année dernière, par les déboires de la plate-forme précédente, Admission post-bac (APB), qui se sont traduits entre autres par un recours au tirage au sort et par de nombreux candidats sans affectation au mois de juillet.
La nouvelle plate-forme Parcoursup est censée éviter l’utilisation du tirage au sort, par un examen des dossiers des candidats. Les lycéens semblent donc pour l’instant « jouer le jeu » de Parcoursup, plate-forme sur laquelle ils ont inscrit leurs vœux en janvier.

        Lire aussi :
         

                « On ne peut être que frappé par l’absence des lycéens lors des journées de mobilisation »



Sait-on comment les examens vont s’organiser dans les facs bloquées ? Y a-t-il un risque qu’ils soient repoussés ?
C’est en effet une question qui se pose dans les universités les plus touchées par ce mouvement. Pour le moment seule l’université Toulouse-Jean-Jaurès, dont les cours se sont arrêtés il y a plus d’un mois, a fait le choix de repousser les examens des étudiants en juin. Ce choix implique que la deuxième session (les rattrapages) ne se fera qu’en septembre. A Montpellier, l’université Paul-Valéry a fait le choix d’organiser des partiels « en ligne ». Mais un acte de vandalisme sur les serveurs de l’université les empêche pour l’instant. Dans les universités, c’est au président et à son équipe de décider des modalités d’évaluation.
Dans les assemblées générales étudiantes, une des revendications qui reviennent souvent est de demander aux examinateurs de donner à tous les étudiants un 10 voire un 12 ou un 15 « améliorable », soit une note minimale qu’un étudiant peut augmenter s’il se présente aux examens. Sur ce point, le gouvernement a, à plusieurs reprises, exprimé son refus catégorique. Hier encore, lors de son interview au journal télévisé de Jean-Pierre Pernaut, le président de la République a eu cette phrase : « Les étudiants, s’ils veulent avoir leurs examens en fin d’année, c’est mieux de les réviser, parce qu’il n’y aura pas d’examens en chocolat dans la République. »

        Lire aussi :
         

                Universités : inquiétudes sur la tenue des examens



Comment se fait-il qu’on entende si peu les étudiants contre les blocus et pour la reprise des cours ? Sont-ils moins mobilisés ?
Ces derniers sont en tout cas beaucoup moins visibles dans les assemblées générales que les étudiants favorables au blocus. Il n’est pas toujours facile de prendre la parole dans un amphithéâtre plein à craquer, d’autant plus si celui-ci est majoritairement acquis à la cause du mouvement, ce qui est souvent le cas. Cependant, ces derniers sont de plus en plus visibles sur les réseaux sociaux, où ils multiplient les hashtags (#jeveuxétudier, #maFacMonAvenir), pétitions ou groupes pour s’organiser.
Rappelons que pour beaucoup d’étudiants, les examens approchent ; certains préfèrent sans doute réviser.
Quantitativement, peut-on dire que moins de 1 % des étudiants sont en grève ? On ne voit notamment aucune fac de médecine, prépa, etc.
Le mouvement prend davantage, et traditionnellement, dans les départements de sciences humaines et sociales. Pour ce qui est de votre estimation de « 1 % », aucun chiffre n’existe, il est donc impossible de répondre précisément à votre question.
Pour vous donner une idée de la fréquentation des assemblées générales (où tous les étudiants en grève ne sont peut-être pas présents et auxquelles des non-grévistes peuvent aussi participer), 800 personnes ont assisté à celle du 12 avril à Nanterre, dans une université qui compte 33 000 étudiants. Une autre assemblée générale qui rassemblait des enseignants de cette même université a compté une centaine de personnes, sur 2 000 enseignants.
Les occupations des universités par les étudiants sont-elles illégales ? Comment se fait-il que leur évacuation prenne tant de temps, voire soit refusée ?
D’un point de vue juridique, le blocage d’une université est illégal, puisqu’il représente une « entrave à la liberté d’aller et venir dans un lieu public ». L’article L811-1 du code de l’éducation précise que les étudiants « disposent de la liberté d’information et d’expression à l’égard des problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels. Ils exercent cette liberté à titre individuel et collectif, dans des conditions qui ne portent pas atteinte aux activités d’enseignement et de recherche et qui ne troublent pas l’ordre public ». Aussi, les étudiants n’ont-ils pas le droit d’empêcher d’autres étudiants de venir assister aux cours et d’empêcher les professeurs de les donner.
Cependant, le recours aux forces de l’ordre peut seulement être demandé par le président d’université à la préfecture de rattachement. Ce recours est utilisé avec une extrême prudence, car les présidents d’université craignent un drame et savent que cela peut aussi provoquer une « réaction » du corps étudiant, voire enseignant, et renforcer la mobilisation.
Les forces de l’ordre ont par ailleurs le droit de ne pas donner suite aux demandes du président, comme ce fut le cas à l’université Paris-I, où le président, Georges Haddad, n’a pas obtenu l’intervention qu’il demandait sur le site de Tolbiac.

        Lire aussi :
         

                Universités bloquées : quels droits et devoirs pour les étudiants ?



Le chien twittos Guevara de « la Commune libre de Tolbiac » est-il toujours retenu contre son gré par les étudiants bloqueurs de Tolbiac ?
Lors de la conférence de presse des étudiants mobilisés à Tolbiac, le désormais célèbre Guevara n’avait pas l’air trop malheureux…

   


Son compte Twitter parodique a en tout cas aujourd’hui atteint 27 500 abonnés.

JE VOUS PRÉVIENS JE TIENDRAI PAS 5 ANS. https://t.co/OieHS5VAkl— guevara_tolbiac (@Guevara)


require(["twitter/widgets"]);




                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/13/19-7">
<filnamedate="20180413"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180413"><AAMMJJHH="2018041319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Karl Münter, 95 ans, ne sera jamais jugé. Soupçonné d’avoir participé, en avril 1944, au massacre de 86 civils dans cette bourgade du Nord, l’ancien SS restera à jamais un fantôme des prétoires.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 09/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


L’ancien SS Karl Münter, bourreau d’Ascq en avril 1944, court toujours

Karl Münter, 95 ans, ne sera jamais jugé. Soupçonné d’avoir participé, en avril 1944, au massacre de 86 civils dans cette bourgade du Nord, l’ancien SS restera à jamais un fantôme des prétoires.



Le Monde
 |    10.04.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 15h23
    |

            Thomas Wieder (Villeneuve-d’Ascq, Nord, Nordstemmen, Basse-Saxe, envoyé spécial)








                        



                                


                            

La lumière viendra-t-elle un jour sur ce que Karl Münter a fait, à Ascq (Nord), dans la nuit du 1er au 2 avril 1944 ? Une chose est sûre : ce n’est pas dans un prétoire que l’on connaîtra le fin mot de l’histoire. La justice allemande a tranché. Le parquet de Celle (Basse-Saxe) a annoncé, le 27 mars, qu’il mettait fin aux poursuites visant cet ancien SS de 95 ans soupçonné d’avoir participé au massacre de 86 civils après que le train où il se trouvait a été attaqué par un groupe de résistants dans cette petite bourgade à la fin de la seconde guerre mondiale.
Jusqu’au soir de sa vie, Karl Münter sera donc resté un fantôme pour les juges. Après la Libération, il leur avait déjà échappé une première fois. C’était à l’été 1949, à Lille, lors du procès des auteurs de ce massacre méconnu, « l’Oradour du Nord », comme l’avait qualifié Le Figaro à l’époque. Münter faisait alors partie des dix-sept anciens SS accusés d’« assassinats, association de malfaiteurs, pillages et complicité ». Mais, comme sept d’entre eux, il ne s’était pas présenté devant le tribunal militaire. Condamné à mort par contumace, la peine ne fut jamais appliquée. Or, comme le prévoit le code de procédure pénale, celle-ci fut prescrite, le 6 août 1969, vingt ans après avoir été prononcée.
Des décennies plus tard, Karl Münter aurait-il pu être jugé une seconde fois ? Les descendants des victimes l’espéraient. Fin 2013, l’un d’eux, Alexandre Delezenne, ­apprend dans la presse que la justice allemande continue de s’intéresser aux crimes nazis. Des dossiers que l’on croyait définitivement refermés occupent de nouveau les ­enquêteurs. Ils s’appuient pour cela sur le procès de John Demjanjuk, un ancien gardien du camp d’extermination de Sobibor condamné à cinq ans de prison par la cour d’assises de Munich, en 2011, pour complicité d’assassinat de 28 060 juifs.
Après ce procès, l’Office central sur les crimes du ­national-socialisme, créé en 1958...




                        

                        


<article-nb="2018/04/13/19-8">
<filnamedate="20180413"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180413"><AAMMJJHH="2018041319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Editorial. Si le président a expliqué que le programme fixé lors de la présidentielle sera réalisé « jusqu’au bout », il va devoir délivrer son discours de la méthode, dimanche, sur BFM et Mediapart.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Entretien sur TF1 : Macron au cours préparatoire

Editorial. Si le président a expliqué que le programme fixé lors de la présidentielle sera réalisé « jusqu’au bout », il va devoir délivrer son discours de la méthode, dimanche, sur BFM et Mediapart.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 11h27
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Il existe trois sortes de professeurs. Les uns peinent à se faire entendre et désespèrent de leurs élèves, quand ils ne sont pas chahutés ; François Hollande avait connu ce genre de situation. Les autres, bienveillants jusqu’à l’indolence, sont prêts à adapter leur enseignement aux difficultés de leur classe ; en son temps, Jacques Chirac fut de ceux-là. Les troisièmes enfin, campés sur leur magistère, mettent un point d’honneur à « faire tout le programme », quoi qu’il en coûte d’efforts ou de découragement. Emmanuel Macron, à l’évidence, se range dans cette troisième catégorie.
Il en a fait la démonstration, jeudi 12 avril, dans la salle de classe de l’école pimpante de Berd’huis, au cœur de la Normandie, où l’accueillait l’œcuménique journal télévisé de la mi-journée de TF1 et son inusable présentateur, Jean-Pierre Pernaut. Le chef de l’Etat n’ignore aucun des griefs qui lui sont faits. Depuis son élection, l’étiquette de président des riches et des villes lui colle à la peau. Depuis des mois, ses certitudes, voire son contentement de soi, lui sont sans cesse renvoyées à la figure, à droite ou à gauche, comme la preuve de son ignorance des réalités ou de son indifférence aux petites gens. Depuis des semaines, les cheminots de la SNCF, les fonctionnaires ou les étudiants en colère lui reprochent des réformes qu’ils jugent précipitées et injustes.
Ni trop « techno » ni trop « intello »
Une heure durant, le professeur Macron s’est donc employé à répondre à tous ses détracteurs. Il y a mis le ton, ni trop « techno » ni trop « intello », contrairement à son penchant naturel. Il y a mis la forme, plus familière et souriante qu’à l’accoutumée. Il y a ajouté quelques mots destinés à convaincre qu’il n’est pas seulement là pour « protéger » et « libérer », mais également pour « unir ». Bref, qu’il est bien le « président de tous les Français », attentif et « à l’écoute ».

        Lire aussi :
         

                Syrie, SNCF, hôpitaux, CSG…, ce qu’il faut retenir de l’interview d’Emmanuel Macron sur TF1



Mais, sur le fond, la leçon était sans ambiguïté. Le programme a été fixé lors de l’élection présidentielle et, même si l’« on n’y était plus habitué », il sera tenu et réalisé « jusqu’au bout ». Et, puisque ce programme est nécessaire pour rebâtir la « maison France », il ne saurait être question d’en modifier les objectifs, le rythme et la méthode d’application. Tant pis pour ceux qui imaginaient que le président concéderait tel aménagement ou renoncerait à telle disposition pour calmer les inquiétudes ou les exaspérations.
Tout juste a-t-il expliqué qu’il n’était pas là pour « opposer les Français les uns aux autres », mais pour « faire avancer le pays » et lui permettre de s’adapter aux changements du monde. Qu’il s’agisse de la réforme de la SNCF, de celle des universités et de l’école, ou de tous les autres chantiers engagés, y compris la limitation de vitesse à 80km/h sur les routes, il convient donc de ne céder ni aux peurs « irrationnelles », ni aux craintes illégitimes,ni aux crispations excessives.

        Lire aussi :
         

                Sur TF1, « Emmanuel Macron a réaffirmé sa volonté d’aller au bout de ses réformes »



Enfin le chef de l’Etat a rappelé que la pédagogie supposait l’autorité du maître, en l’occurrence celle de l’Etat, contre les « professionnels du désordre », à l’œuvre – à ses yeux – à Notre-Dame-des-Landes ou dans quelques universités. Nul doute qu’il a répondu, sur ce point, à une aspiration croissante des Français.
Après cet aimable cours préparatoire de Berd’huis, le professeur Macron va maintenant devoir délivrer son discours de la méthode à une classe de lycéens plus aguerris. Ce sera dimanche, sur BFM et Mediapart, un exercice plus exigeant.

        Lire aussi :
         

                ISF, retraités, SNCF…, les « carabistouilles » d’Emmanuel Macron sur TF1






                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/13/19-9">
<filnamedate="20180413"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180413"><AAMMJJHH="2018041319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Le quintuple champion olympique a réagi aux révélations du « Monde » sur le système de corruption dans le biathlon pour préserver les intérêts russes.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Corruption dans le biathlon : pour Fourcade, « si ces révélations sont confirmées, c’est une terrible nouvelle »

Le quintuple champion olympique a réagi aux révélations du « Monde » sur le système de corruption dans le biathlon pour préserver les intérêts russes.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 14h25
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 14h34
   





                        



   


« Si ces révélations sont confirmées, c’est une terrible nouvelle pour notre sport. » Il n’avait jusque-là pas réagi aux nouvelles révélations sur le système de corruption dans le biathlon mis au jour par l’Agence mondiale antidopage et dévoilé par Le Monde. Le quintuple champion olympique Martin Fourcade a répondu aux questions des lecteurs sur le sujet, vendredi 13 avril, lors d’un tchat organisé dans les locaux du Monde.
Expliquant ne pas pouvoir « prendre radicalement position tant que l’enquête n’est pas terminée », le porte-drapeau français des Jeux olympiques de Pyeongchang s’est dit « très surpris par l’ampleur des révélations du Monde ».

        Lire notre enquête :
         

          Comment la Russie a acheté le biathlon



Mercredi, Le Monde révélait qu’Anders Besseberg, président de la Fédération internationale de biathlon (IBU) depuis sa création, en 1993, et la secrétaire générale de l’IBU, l’Allemande Nicole Resch, sont soupçonnés de corruption. Selon un rapport confidentiel de l’Agence mondiale antidopage (AMA), M. Besseberg – qui a démissionné jeudi – et Mme Resch (provisoirement suspendue de ses fonctions) auraient protégé des biathlètes russes dans des cas de dopage à la demande d’Alexandre Tikhonov, vice-président (russe) de l’IBU et Alexandre Kravtsov, chef de mission de la Russie pour les Jeux olympiques de Sotchi en 2014.
« Interroge sur la gouvernance en matière de lutte contre le dopage »
Pour Martin Fourcade, qui s’est beaucoup engagé contre le dopage dans son sport – menaçant notamment en 2016 de boycotter plusieurs épreuves de la Coupe du monde en cas de clémence pour les athlètes russes épinglés par le rapport McLaren –, cette nouvelle affaire « pose aussi des questions plus larges sur la gouvernance en matière de lutte contre le dopage ».

        Lire aussi :
         

                Corruption dans le biathlon : un nouveau contretemps pour la Russie ?



Lui qui refusait, début 2017, d’être le « M. Propre du biathlon » – afin qu’on n’oublie pas ses résultats sportifs – pourrait être directement concerné par le contenu du rapport secret de l’AMA. Selon le lanceur d’alerte Grigori Rodchenkov, ancien directeur de l’Agence antidopage russe, désormais réfugié aux Etats-Unis, le profil le plus suspect parmi les athlètes russes épinglés est celui du biathlète Evgueni Oustiougov, qui avait remporté l’or olympique en mass start à Vancouver (Canada) devant Martin Fourcade.
Malgré des valeurs sanguines anormales depuis 2010, Oustiougov n’avait jamais été inquiété par l’IBU. Entre-temps, le Russe a remporté deux titres olympiques et une médaille de bronze. Il a pris sa retraite à seulement 28 ans, en 2014. Une procédure pour dopage vient d’être ouverte à son encontre à la demande de l’AMA et elle pourrait déboucher sur un retrait de ses résultats. Ce qui pourrait octroyer une sixième médaille d’or olympique à Martin Fourcade, qui paradoxalement serait la première de sa carrière.

        Lire aussi :
         

                JO d’hiver 2018 : Martin Fourcade, maître du jeu



« Je suis vice-champion olympique à Vancouver, insiste le champion français. Cela fait partie de mon parcours et de mon histoire. Je suis médaille d’argent et j’en suis extrêmement fier. Je n’échangerais pour rien au monde la couleur de ma médaille et les émotions vécues ce jour-là. » Admettant ne pas savoir s’il « aurait réussi tous les défis relevés par la suite [s’il avait] décroché l’or à Vancouver », Martin Fourcade s’interroge s’il « serait toujours en activité aujourd’hui ».
« J’espère que Oustiougov perdra son titre si cette histoire est vraie, conclut le Pyrénéen. Avant de préciser : je ne serais, par contre, pas plus heureux avec l’or. »

        Lire aussi :
         

                Martin Fourcade : « Si j’ai envie, je continuerai à dominer »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/13/19-10">
<filnamedate="20180413"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180413"><AAMMJJHH="2018041319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Quatorze personnes ont été tuées début avril dans le centre du pays. Une nouvelle fois, les forces de sécurité maliennes sont suspectées de bavure.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤         

Compte rendu

Au Mali, les autorités enquêtent sur des soupçons d’« exécutions sommaires » par l’armée

Quatorze personnes ont été tuées début avril dans le centre du pays. Une nouvelle fois, les forces de sécurité maliennes sont suspectées de bavure.

Par                                            Morgane Le Cam (Bamako, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-04-13T17:49:19+02:00"

        Le 13.04.2018 à 17h49






    
Des véhicules de l’armée malienne, le 1er novembre 2017, dans la zone frontalière avec le Burkina Faso et le Niger.
Crédits : DAPHNE BENOIT / AFP


L’affaire commence le 6 avril. Dans un tweet, les forces armées maliennes annoncent que « suite à une présumée tentative d‘évasion, quatorze suspects terroristes ont trouvé la mort (…) à Dioura », dans le centre du pays. Chez certains observateurs, le doute ne tarde pas à se manifester. S’agit-il d’une « tentative de la part de l’armée malienne de couvrir des actes de barbarie extrajudiciaires », comme s’en inquiète l’association peule Kisal sur sa page Facebook ? Deux jours plus tard, Tiéna Coulibaly, le ministre de la défense, précise que « des suspects terroristes », arrêtés « en possession d’armes de guerre (...) ont trouvé la mort ». Pour « faire toute la lumière sur cet incident » et « traduire les éventuels auteurs en justice », il annonce l’ouverture d’une enquête par le parquet militaire. L’annonce est immédiatement saluée par la Mission de stabilisation des Nations unies pour le Mali (Minusma).

        Lire aussi :
         

                L’armée malienne soupçonnée d’« exécutions sommaires »



Jeudi 12 avril, Guillaume Ngefa, directeur de la division des droits de l’homme de la Minusma, informe que la mission de stabilisation des Nations unies au Mali est en train d’enquêter sur ces allégations touchant Dioura, mais pas seulement. Ces investigations, précise-t-il, portent sur des « allégations d’exécutions sommaires d’au moins 27 civils, et des cas de disparitions forcées, dans le cadre des opérations antiterroristes conduites par les Forces de défense et de sécurité maliennes ».
Soupçons de fosses communes
Quelques heures plus tard, le ministre de la défense réagit, à la sortie du conseil des ministres. Prudent, il qualifie l’événement de Dioura comme « un incident qui a conduit à la mort d’hommes ». « Ce que nous savons, c’est qu’il y a eu des morts. Combien ? Comment ont-ils été tués ? Par qui ? Rien de tout cela n’est précis », explique M. Coulibaly, avant d’insister sur la nécessité de poursuivre l’enquête pour que les crimes soient punis, si crimes il y a eu : « Qu’il y ait de temps en temps un militaire qui fasse un acte totalement odieux, je ne dis pas que c’est impossible. Cela arrive partout. Est-ce ce qu’il s’est passé au Mali ? A Dioura ? L’enquête le dira. »

        Lire aussi :
         

                Amnesty demande une enquête sur des exécutions extrajudiciaires au Mali



Ce n’est pas la première fois que l’armée malienne est soupçonnée de graves exactions. Le 8 septembre 2017, Human Rights Watch (HRW) a même publié un rapport au titre évocateur : « Mali, les opérations militaires donnent lieu à des abus », où il était question de « meurtres extrajudiciaires », « disparitions forcées », « actes de torture », « arrestations arbitraires » « à l’encontre d’hommes accusés de soutenir les groupes armés islamistes ». L’organisation de défense des droits de l’homme y affirme avoir documenté depuis fin 2016 « 27 cas de disparitions forcées » ainsi que « l’existence de trois fosses communes qui auraient contenu les cadavres d’au moins 14 hommes exécutés après avoir été détenus depuis décembre 2017 par des militaires maliens. »
Selon HRW, ces trois fosses ont été découvertes dans la région de Mopti, au centre du Mali. Jeudi, Kadidia Sangaré Coulibaly, la ministre des droits de l’homme, a confirmé qu’une enquête avait été ouverte, suite à une mission d’évaluation effectuée sur place par une délégation gouvernementale à laquelle elle a elle-même participé : « Nous n’avons pas pu confirmer ces allégations. […] Nous n’avons pas vu de preuves. […] Dans ces fosses, pour eux [les enquêteurs], peut-être que ce sont des militaires. Nous allons vérifier et continuer les enquêtes. »
Au moins 68 morts suspectes depuis fin 2016
Selon le décompte du Monde Afrique, depuis fin 2016, les allégations formulées à l’encontre des forces armées maliennes concernent au moins 68 morts ; des personnes qui auraient été tuées après avoir été arrêtées. Les autorités, qui ont réaffirmé par la voix de la ministre des droits de l’homme leur attachement à « l’Etat de droit » et leur engagement à « enquêter sur toutes les allégations de violations des droits de l’homme », ont ouvert cinq enquêtes. Une concernant l’existence d’une présumée fosse commune à Sokolo, dans la région de Ségou, au centre du pays, a été bouclée. Le 27 février, le gouvernement avait annoncé avoir déterminé que les sept hommes dont les corps ont été découverts à Sokolo « avaient été tués lors des combats dans la région ».

        Lire aussi :
         

                L’ONU menace les opposants à la paix au Mali de sanctions



Les quatre autres enquêtes se poursuivent. Dans son dernier rapport trimestriel sur la situation au Mali daté du 29 mars, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a souligné que « les opérations de lutte contre le terrorisme ont continué de susciter de graves préoccupations du point de vue des droits de l’homme ». Selon lui, depuis le début de l’année, « plus de la moitié des 80 personnes arrêtées par les autorités maliennes (...) pour des faits en lien avec le terrorisme ont subi des violations des droits de l’homme : 15 ont été victimes d’exécution extrajudiciaire ou de disparition forcée, 14 de torture ou de mauvais traitements et 15 de détention illégale. »
Ces affirmations interviennent dans un contexte de recrudescence des attaques perpétrées par les groupes djihadistes - 63 depuis janvier 2018, selon le même rapport. Des assauts qui ont ciblé en premier lieu les forces maliennes. Comparé au dernier trimestre de 2017, le nombre de soldats maliens tués a doublé depuis janvier 2018, passant de 23 à 45. « Le gros de nos troupes, là-bas sur le terrain, sont des gens qui partent avec enthousiasme, qui vont se battre au prix de leur vie pour sauver leur pays, a déclaré le ministre de la défense, jeudi. Nous avons le devoir de soutenir ces gens-là. Et le premier soutien, c’est d’abord d’éviter de les décourager. […] Il faut arrêter de culpabiliser l’armée du Mali. Elle fait du bon travail. »


<article-nb="2018/04/13/19-11">
<filnamedate="20180413"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180413"><AAMMJJHH="2018041319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Il est permis de dire que l’ancien professeur de lettres de 89 ans est un « menteur professionnel » et un « faussaire de l’histoire », a confirmé, jeudi, la cour d’appel de Paris.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Le négationniste Robert Faurisson débouté de son procès contre « Le Monde »

Il est permis de dire que l’ancien professeur de lettres de 89 ans est un « menteur professionnel » et un « faussaire de l’histoire », a confirmé, jeudi, la cour d’appel de Paris.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 17h47
    |

            Franck Johannès








                        


Le négationniste Robert Faurisson est bien un « menteur professionnel », un « falsificateur » et un « faussaire de l’histoire » : la cour d’appel de Paris a confirmé sans ambiguïté, jeudi 12 avril, le jugement qui avait débouté le 6 juin 2017 l’ancien professeur de lettres de sa plainte en diffamation contre Le Monde. La cour estime que, si ces qualificatifs sont certes diffamatoires, Ariane Chemin, la journaliste du quotidien, a rapporté la preuve « parfaite, complète et corrélative aux imputations diffamatoires, dans leur matérialité et leur portée ». Cette « exception de vérité », extrêmement rare en droit de la presse, grave dans le marbre une décision « d’une grande portée », avait déjà déclaré l’historien Henry Rousso.

        Lire (édition Abonnés) :
         

          Henry Rousso : « Dire que Faurisson est un faussaire est conforme à la vérité »



La bataille est vieille de quarante ans, elle remonte à une tribune malheureuse de Robert Faurisson publiée par Le Monde en 1978, surtitrée « le débat sur les “chambres à gaz” » – les guillemets sont de l’époque. Belle victoire que cette parution pour le vieux professeur qui, « en quatre ans, a écrit 29 fois au Monde au sujet des chambres à gaz », a compté l’historienne Nadine Fresco en 1980 dans Les Temps modernes. Ariane Chemin était revenu sur ce pénible épisode le 21 août 2012, dans une série sur l’histoire du journal, avec un premier volet consacré à « la naissance du négationnisme français » et à la thèse « délirante » du professeur.

        Lire aussi :
         

          Le jour où « Le Monde » a publié la tribune de Faurisson



Or, l’article a été repris dans un livre édité par Flammarion, Le Monde, 70 ans d’histoire, que Robert Faurisson a attaqué en diffamation. Le monsieur de 89 ans a répété à l’audience que sa pensée, et son arrière-plan antisémite, avait été bien résumée à la radio en 1980 : « Les prétendues chambres à gaz hitlériennes et le prétendu génocide des juifs forment un seul et même mensonge historique, qui a permis une gigantesque escroquerie politico-financière, dont les principaux bénéficiaires sont l’Etat d’Israël et le sionisme international. »
Une décision importante
La cour d’appel relève que Robert Faurisson « n’est pas historien, mais agrégé de lettres, ayant enseigné selon ses propres termes, la littérature, le grec et le latin » et elle rappelle que les trois témoins entendus par le tribunal, Annette Wievorka, Valérie Igounet et Laurent Joly, avaient démontré que Robert Faurisson n’avait « nullement adopté pour ses recherches, la démarche d’un historien », « en l’absence de recoupement avec les matériaux usuels, susceptibles de corroborer ses conclusions que sont, pour l’historien, les documents et les témoignages d’époque ».
La décision est importante. Robert Faurisson, avait rappelé pour Le Monde Me Catherine Cohen-Richelet, a certes été débouté de ses procès au seul titre de la bonne foi en 1981, 1982, 1983, 1985, 1990, ou en 2007 contre Robert Badinter, puis en 2014 ; et condamné pour contestation de crimes contre l’humanité en 1991, 1998 et 2006, mais les tribunaux ont du mal à se résoudre « à porter un jugement sur la valeur des travaux historiques », comme l’avait souligné la même cour d’appel en 1983. Or, Robert Faurisson a toujours instrumentalisé les jugements et, craignait Me Christophe Bigot pour Flammarion, il risquait de dire que « ses diffamateurs n’avaient pas rapporté la preuve, donc que lui disait la vérité ». L’avocat du professeur, Me Damien Viguier – un proche d’Alain Soral et de Dieudonné – a fait savoir que Robert Faurisson entendait se pourvoir en cassation.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/13/19-12">
<filnamedate="20180413"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180413"><AAMMJJHH="2018041319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Les cinq prévenus étaient accusés d’« association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes terroristes » ou de « financement d’une entreprise terroriste ». Quatre d’entre eux ont été condamnés à des peines allant jusqu’à sept ans de prison.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Procès de la filière djihadiste de Lunel : une relaxe et quatre condamnations

Les cinq prévenus étaient accusés d’« association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes terroristes » ou de « financement d’une entreprise terroriste ». Quatre d’entre eux ont été condamnés à des peines allant jusqu’à sept ans de prison.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 14h42
   





                        


Quatre hommes ont été condamnés, vendredi 13 avril, à des peines allant jusqu’à sept ans d’emprisonnement et le cinquième a été relaxé, à l’issue du premier procès de la filière de Lunel (Hérault).
Le tribunal correctionnel de Paris a considéré que deux d’entre eux, par leurs discours et leur diffusion de la propagande de l’organisation djihadiste Etat islamique (EI), avaient encouragé les départs en Syrie. Ces deux hommes, Hamza Mosli et Jawad Salih, ont été condamnés respectivement à sept et cinq ans.
Cinq interpellations en janvier 2015
Agés de 30 ans à 48 ans, les cinq prévenus, Hamza Mosli, Adil Barki, Jawad Salih, Ali Abdoumi et Saad Belfilalia, vivaient à Lunel (Hérault), une petite ville de 26 000 habitants, qui a fourni une vingtaine de recrues à l’organisation Etat islamique (EI). Ils avaient tous été interpellés fin janvier 2015.
Deux d’entre eux avaient été accusés d’être partis en Syrie : Adil Barki et Ali Abdoumi. Barki, 39 ans, n’a passé que quelques semaines au Jaysh Mohamed, où il aurait été cantonné aux tâches ménagères en raison de violentes crises de panique. Abdoumi, qui à 47 ans fait figure d’ancien et se dit non musulman, a nié pendant l’enquête être parti pour la Syrie.
Les trois autres, Hamza Mosli, Jawad Salih et Saad Belfilalia n’ont pas quitté Lunel. Mosli, dont deux frères ont été tués en Syrie, est considéré par l’accusation comme « un personnage central » dans le groupe, soupçonné d’avoir joué un rôle de relais avec la Syrie. Devant les enquêteurs, il a contesté toute activité de recruteur. Jawad Salih était accusé d’avoir incité au djihad en animant des « assises religieuses » en ville.
Quant à Saad Belfilalia, dont le frère Abdelkarim a lui aussi été tué, il est soupçonné d’avoir convoyé sa belle-sœur à l’aéroport et de lui avoir transmis 190 euros ; il a donc lui aussi été jugé pour financement du terrorisme, comme Mosli.
Le groupe de Lunel « a créé les conditions d’une émulation djihadiste collective », selon les juges qui ont instruit l’affaire. L’enquête est centrée sur l’un des principaux recruteurs français, Mourad Fares, dont le lien avec Lunel est toutefois ténu – par le biais de contacts d’un de ses proches avec Hamza Mosli. Il a également été mis en examen et écroué dans cette procédure.
 

        Lire aussi :
         

                Plongée dans « l’ambiance djihad » de Lunel au tribunal de Paris






                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/13/19-13">
<filnamedate="20180413"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180413"><AAMMJJHH="2018041319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Dans un livre à paraître le 18 avril, l’ancien homme d’Eglise, qui a exercé dix-sept ans à Lyon jusqu’à fin 2016, plaide pour la fin du célibat obligatoire des prêtres.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Désormais marié et père, l’ancien prêtre David Gréa veut prêcher à nouveau

Dans un livre à paraître le 18 avril, l’ancien homme d’Eglise, qui a exercé dix-sept ans à Lyon jusqu’à fin 2016, plaide pour la fin du célibat obligatoire des prêtres.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 10h38
 • Mis à jour le
13.04.2018 à 15h15
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            

Une alliance d’or jaune brille à sa main gauche. David Gréa, prêtre lyonnais pendant dix-sept ans, curé non conformiste de la paroisse Sainte-Blandine-Lyon-Centre jusqu’à ce qu’il choisisse, en 2017, la vie de couple, fêtera dimanche 15 avril sa première année de mariage avec Magalie. Depuis un an, témoigne-t-il, il vit « une grande joie » dont fait partie leur bébé de six mois, Léon, sa varicelle et ses dents qui poussent. A 48 ans, ce fils d’une famille ancrée dans le catholicisme social lyonnais est aussi en pleine reconversion – professionnelle s’entend. Pour un prêtre en rupture de ban, cela n’a rien d’aisé : « On perd tout : son statut, sa sécurité, son réseau. » Il a opté pour une formation de coach : « D’une certaine manière, je continue ce que j’ai appris à faire. »
Bien d’autres prêtres avant lui se sont mariés et ont quitté les ordres. Ce qui distingue son histoire, c’est qu’il aurait ardemment voulu rester prêtre, bien que marié. Le 18 avril, il publiera un livre (Une vie nouvelle : prêtre, marié, heureux, Les Arènes, 300 p., 18 euros) qui plaide pour la fin du célibat obligatoire des prêtres. Il refuse cependant d’être vu comme un militant. « La militance, explique-t-il, ce serait me mettre frontalement face à l’Eglise, alors que moi, je me sens de l’Eglise. Je pense que les choses doivent évoluer, je le sens dans mes tripes, dans mon histoire, mais j’aime et j’honore cette Eglise. Je prends tout ! Ce qui me plaît et ce qui me plaît moins. »

Pour plaider sa cause, et par l’entremise du cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, David Gréa a rencontré deux fois le pape François, en janvier 2017, après sa décision de se marier. La seconde fois, sa femme, protestante, l’accompagnait. Le pontife argentin, qui réfléchit de son côté à la possibilité d’ordonner des hommes mariés, les a écoutés. Il a écarté d’éventuelles solutions bricolées, comme de les placer sous la tutelle d’une...




                        

                        


<article-nb="2018/04/13/19-14">
<filnamedate="20180413"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180413"><AAMMJJHH="2018041319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Selon l’association de consommateurs à l’origine de cette assignation, ces entreprises promettent des rabais plus avantageux que le montant réel des économies.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Les fournisseurs d’électricité alternatifs CDiscount, Total Spring et Engie assignés pour « pratiques commerciales trompeuses »

Selon l’association de consommateurs à l’origine de cette assignation, ces entreprises promettent des rabais plus avantageux que le montant réel des économies.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 13h47
   





                        


L’association de consommateurs CLCV (pour Consommation logement cadre de vie) a annoncé vendredi 13 avril avoir assigné en justice trois fournisseurs d’électricité, CDiscount, Total Spring (Total) et Engie pour « pratiques commerciales trompeuses », estimant que ces sociétés promettent des rabais plus avantageux que le montant réel des économies.
« On se rend compte que les offres sont en deçà de ce qui est annoncé par ces trois fournisseurs », note Vincent Licheron, chargé de mission environnement pour CLCV auprès de l’Agence France-Presse (AFP).
« Par exemple, CDiscount annonce une différence de 15 % par rapport au tarif réglementé, alors qu’en réalité on constate que c’est plutôt 10 % », poursuit-il.
Les rabais ne concernent que la part variable de la facture
Selon CLCV, ces publicités ne sont pas assez précises car elles ne mentionnent pas que le rabais concerne uniquement la part variable, c’est-à-dire la consommation d’électricité et non la part fixe (abonnement, taxes…).
« On conteste les reproches qui nous sont faits, dans la mesure où on affiche de manière très claire sur notre site Internet et dans les différentes communications qu’on peut faire sur les offres le fait que la réduction s’applique à la consommation et donc au kilowattheure », se défend une porte-parole d’Engie, interrogée par l’AFP.
Même son de cloche chez CDiscount, qui assure être « totalement transparent » dans ses communications.
« Concernant les – 15 %, il est précisé qu’il s’agit du pourcentage de réduction sur le prix hors taxe du kilowattheure », explique la société.
A la mi-journée, Total n’avait pas donné suite aux sollicitations de l’AFP.

        Lire aussi :
         

                Electricité : la concurrence s’accroît, mais les prix ne baissent pas



18 % des foyers ont choisi un autre fournisseur d’électricité qu’EDF
Le marché de l’électricité pour les particuliers a été libéralisé il y a plus de dix ans et si l’opérateur historique EDF conserve une position dominante, les consommateurs sont de plus en plus nombreux à se tourner vers d’autres fournisseurs, moins chers.
Presque 5,9 millions de foyers (18 %) sont désormais en offre de marché où en moyenne le tarif est inférieur de 9 % à 10 % à celui du tarif réglementé.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/13/19-15">
<filnamedate="20180413"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180413"><AAMMJJHH="2018041319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ La « striure brune du manioc » pourrait causer la perte de 90 % à 100 % des récoltes de cette denrée consommée dans nombre de pays du continent.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤         

Compte rendu

Des chercheurs africains alertent sur une maladie du manioc au potentiel « catastrophique »

La « striure brune du manioc » pourrait causer la perte de 90 % à 100 % des récoltes de cette denrée consommée dans nombre de pays du continent.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-04-13T12:44:39+02:00"

        Le 13.04.2018 à 12h44

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-04-13T13:28:32+02:00"

        Mis à jour le 13.04.2018 à 13h28






    
Un homme broie du manioc pour la préparation de l’attiéké, en mars 2018, dans le centre de la Côte d’Ivoire.
Crédits : SIA KAMBOU / AFP


Des chercheurs africains ont mis en garde, jeudi 12 avril, à Abidjan contre l’apparition d’une nouvelle maladie du manioc, « une plante stratégique » sur le continent, appelant à une riposte pour éviter « une catastrophe alimentaire ».
L’Afrique est le plus grand producteur mondial de manioc (57 %), troisième source de glucides dans les pays tropicaux. Il s’agit d’une culture de subsistance cruciale pour la sécurité alimentaire.
L’apparition en Afrique centrale de la « striure brune du manioc », une maladie virale, risque de provoquer des pertes de rendement pouvant atteindre 90 % à 100 %, ont déploré des chercheurs venus de douze pays d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique de l’Est et d’Afrique centrale.

        Lire aussi :
         

                La dégradation des terres a atteint un stade critique



« Nous appelons les gouvernements à mettre en place un système d’alerte précoce, une stratégie de réponse à cette maladie », a déclaré le docteur Justin Pita, directeur exécutif du programme West African Virus Epidemiology (WAVE), qui lutte contre les affections virales du manioc.
« L’Ebola des plantes »
Le chercheur béninois Corneille Ahanhanzo a de son côté dénoncé la « marginalisation » dont cette culture fait l’objet. Le manioc est pourtant une denrée de base dans nombre de pays africains. « C’est une culture qui semble être marginalisée par la recherche. La plupart des programmes n’ont pas pris en compte les véritables menaces, notamment les maladies virales. Il est temps pour nous, les chercheurs, de nous dresser contre cette maladie qui sera l’Ebola des plantes », a expliqué à l’AFP M. Ahanhanzo.
Le programme WAVE bénéficie d’un financement de la Fondation Bill et Melinda Gates – partenaire du Monde Afrique –, qui avait annoncé en décembre 2017 un investissement de 300 millions de dollars (environ 255 millions d’euros) sur trois ans pour aider les agriculteurs d’Afrique et d’Asie à faire face au changement climatique.

        Lire aussi :
         

                Sécheresse, surexploitation : le monde a soif



Entre 2018 et 2020, cette somme permettra d’aider à rechercher et sélectionner des semences de riz, de maïs ou de haricots résistantes à la sécheresse, à la chaleur ou aux ravageurs, selon un communiqué de la fondation. Ce financement servira aussi à trouver de nouvelles approches pour les maladies virales qui touchent le manioc et les patates douces, ainsi qu’à développer des techniques de gestion agricole en lien avec la préservation et la restauration de la fertilité des sols.
« Le programme WAVE est en train d’éveiller les consciences sur le déficit de surveillance des maladies émergentes et dévastatrices en Afrique », a salué la ministre ivoirienne de la recherche scientifique, Ramata Ly-Bakayoko.


<article-nb="2018/04/13/19-16">
<filnamedate="20180413"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180413"><AAMMJJHH="2018041319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Le sommet des Amériques devait réunir, les 13 et 14 avril, la trentaine de dirigeants du Nord et du Sud. Mais l’absence des présidents américain et vénézuélien risque de faire apparaître la fragmentation croissante du continent.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Sommet des Amériques : sans Trump ni Maduro, faire unité pour la forme

Le sommet des Amériques devait réunir, les 13 et 14 avril, la trentaine de dirigeants du Nord et du Sud. Mais l’absence des présidents américain et vénézuélien risque de faire apparaître la fragmentation croissante du continent.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 13h00
    |

                            Arthur Carpentier








                        


Cela devait être l’arène des grands affrontements, ce sera celle des grands absents. Le sommet des Amériques, qui se tient vendredi 13 et samedi 14 avril à Lima, au Pérou, se déroulera sans les dirigeants américain et vénézuélien, Donald Trump et Nicolas Maduro. Le président équatorien, Lenin Moreno, n’en sera pas non plus. Organisé tous les trois ans depuis 1994 pour maintenir un lien entre la trentaine d’Etats du continent, cette huitième édition aura pour thème « la gouvernance démocratique face à la corruption ».
Le sujet entre en résonance avec la situation de nombreux pays – Brésil, Venezuela, Pérou, Guatemala, Argentine… – et ne débouchera donc probablement pas sur de grandes décisions concrètes. « Ce genre de sommets internationaux aboutit à des déclarations finales minutieusement sous-pesées, pour contenter tout le monde, souligne Olivier Dabène, spécialiste de l’Amérique latine et chercheur au centre d’études et de recherches internationales (CERI) de Sciences Po. Les sommets des Amériques sont avant tout des occasions pour le continent de se réunir et discuter du climat politique, il sera donc plus intéressant d’observer le jeu politique. »

   


Pas de confrontation américano-vénézuelienne
Ce « jeu politique » a commencé avant même le début du forum, avec l’annonce de l’absence de Donald Trump. « Le président restera aux Etats-Unis pour superviser la réponse américaine à la Syrie », déclarait, mardi 10 avril, la porte-parole du gouvernement américain, Sarah Sanders. Le vice-président Mike Pence et la conseillère et fille de M. Trump, Ivanka, le remplaceront au sommet. C’est la première fois qu’un président américain ne participe pas à ce rendez-vous, qui permet pourtant d’entretenir un lien avec l’Amérique latine sur laquelle les Etats-Unis ont longtemps tenté de conserver une influence. Après plus d’une année au pouvoir, Donald Trump ne s’est pas rendu une seule fois dans la région, signe de l’absence d’importance qu’il lui confère.
Quelques heures après l’annonce de la Maison Blanche, Nicolas Maduro annonçait également qu’il ne serait pas présent au Pérou, invoquant le refus des autorités d’assurer sa sécurité. Le président vénézuélien déclarait pourtant, en février, qu’il « arriverait au sommet des Amériques avec la vérité du Venezuela (…) qu’il vente ou qu’il tonne, par les airs, par terre ou par mer », après que Lima lui avait retiré son invitation pour protester contre la convocation d’élections anticipées au Venezuela. Une décision discutable, selon Olivier Dabène : « Si on prend pour critère le respect de la démocratie, il peut sembler étonnant d’exclure le Venezuela alors que des pays tels que Cuba ou le Honduras sont invités. »

   


La potentielle rencontre entre les deux présidents américain et vénézuélien était le moment le plus attendu de ce forum. Washington s’est montré très belliqueux avec Caracas, lui reprochant ses arrangements avec la démocratie et la répression de l’opposition. Donald Trump avait, à plusieurs reprises, refusé les propositions de dialogue de Nicolas Maduro « tant que la démocratie ne serait pas rétablie ». Le dirigeant américain avait même évoqué une possible intervention militaire dans un pays qu’il qualifie de dictature, avant de frapper plusieurs personnalités vénézueliennes de sanctions financières.
Multiples élections à venir
Malgré l’absence du premier intéressé, le principal sujet de discussions sera d’ailleurs la crise politique et économique au Venezuela. Selon les chiffres de la commission économique de l’ONU pour l’Amérique latine (Cepal), publiés mercredi 11 avril, le PIB vénézuélien devrait chuter de 8,5 % en 2018, tandis que le continent connaît une reprise économique modérée de 2,2 %.
Les participants au sommet pourraient notamment décider de se positionner sur une ligne commune afin de ne pas reconnaître l’élection présidentielle anticipée, prévue le 20 mai. Les opposants vénézuéliens boycotteront ce scrutin, estimant que les conditions ne sont pas réunies pour qu’il soit démocratique et transparent.

        Lire aussi :
         

                « Pour reconstruire le Venezuela, nous aurons besoin de la communauté internationale »



Ce dossier devrait polariser le sommet entre les douze pays du groupe de Lima – créé pour trouver une solution politique à la crise vénézuélienne – et certains membres de l’alliance bolivarienne, créée en 2004 par les présidents aujourd’hui décédés Hugo Chavez et Fidel Castro.
S’il plane encore des doutes sur la venue de l’actuel dirigeant cubain, Raul Castro, qui doit céder le pouvoir le 19 avril, les Cubains seront probablement les plus fervents défenseurs du Venezuela. « Avec la crise du chef de file naturel, le Brésil, en pleine tourmente juridico-politique, une importante question de leadership est en train de se jouer en Amérique latine, note Olivier Dabène, mais il n’y a pas vraiment d’alternatives individuelles, il faudra donc voir si des groupes se solidifient et émergent pendant ce sommet. »
Une importante partie des dirigeants américains qui prendront part à ce sommet auront cependant la tête ailleurs, préoccupés par des considérations de politique intérieure. Dans les six mois à venir auront notamment lieu des élections en Colombie (présidentielle le 27 mai), au Mexique (législatives et présidentielle le 1er juillet), au Brésil (présidentielle en octobre) et au Pérou (régionales et municipales en octobre). Constituer un front commun face au Venezuela permettrait de trouver un dénominateur commun préservant un semblant d’unité dans un continent de plus en plus fragmenté.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/13/19-17">
<filnamedate="20180413"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180413"><AAMMJJHH="2018041319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Un accord a été passé avec la France pour valoriser des tombeaux de la civilisation nabatéenne. La pétromonarchie souhaite développer le tourisme pour diversifier son économie.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ 
<article-nb="2018/04/13/19-18">
<filnamedate="20180413"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180413"><AAMMJJHH="2018041319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ L’ex-chef de l’Etat consacre à Emmanuel Macron, dont il juge déloyale l’attitude, une large part de son ouvrage paru le 11 avril.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


François Hollande, le récit d’une trahison

L’ex-chef de l’Etat consacre à Emmanuel Macron, dont il juge déloyale l’attitude, une large part de son ouvrage paru le 11 avril.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 11h19
    |

            Bastien Bonnefous








                        



                                


                            

Les mots ont un sens et Les Leçons du pouvoir (Stock, 22 euros, 400 pages), le livre de François Hollande, paru mercredi 11 avril, ne sont pas les mémoires d’un ancien président de la République décidé à laisser une trace dans l’Histoire en revenant après coup et en détail sur un parcours politique définitivement clos. Comme son titre l’indique, le but de cet ouvrage est avant tout de « tirer les leçons du pouvoir », après cinq années passées à l’Elysée, cette « maison du silence », par un homme qui a « voulu être un président normal pour mieux assumer une tâche anormale ».
Un retour en arrière et à chaud sur un quinquennat hors norme, durant lequel la gauche est revenue au plus haut du pouvoir pour la seconde fois sous la Ve République, et qui s’est terminé pour elle au plus bas, avec un président qui décide de ne pas se représenter et qui voit élu pour lui succéder un de ses anciens jeunes conseillers. A la lecture du livre, on mesure souvent le vertige et le baroque de ces cinq années écoulées, en passant au fil des 400 pages des attentats de 2015 ou de la guerre française au Mali en 2013, à l’affaire du « Closergate » et aux révélations sur la vie privée de François Hollande. De la tragédie la plus grave à la farce la plus grotesque.

Pas la moindre autocritique
Si l’ancien chef de l’Etat y fait l’analyse de son mandat, nulle trace en revanche de la moindre autocritique. Au contraire, François Hollande vante son bilan « qui avec le temps se défendra tout seul », défend ses choix économiques de « la politique de l’offre » et du « sérieux budgétaire », et juge, au final, rempli son contrat passé avec les Français en 2012. « La courbe du chômage finalement s’est inversée. La reprise est venue. Mais tard pour le pays et, subsidiairement, pour moi », écrit-il. Seules concessions de sa part aux critiques qui l’ont frappé durant cinq ans, notamment...




                        

                        


<article-nb="2018/04/13/19-19">
<filnamedate="20180413"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180413"><AAMMJJHH="2018041319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Alors qu’aucune coalition gouvernementale n’émerge des consultations avec les différents partis, le chef de l’Etat italien a annoncé qu’il attendrait quelques jours avant d’examiner les solutions.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Italie : le président de la République, Sergio Mattarella, déplore l’impasse politique

Alors qu’aucune coalition gouvernementale n’émerge des consultations avec les différents partis, le chef de l’Etat italien a annoncé qu’il attendrait quelques jours avant d’examiner les solutions.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 14h45
   





                        



   


Le président italien, Sergio Mattarella, a constaté vendredi 13 avril l’échec de sa deuxième série de consultations avec les chefs des partis politiques en vue de former un gouvernement.
« Je vais attendre quelques jours et j’examinerai ensuite les solutions pour sortir de l’impasse », a-t-il déclaré à la presse. « A la lumière du déroulement des consultations de ces derniers jours, il est devenu clair que les partis politiques n’ont pas fait le moindre progrès », a-t-il ajouté.
L’Italie est dans une impasse politique depuis les élections législatives du 4 mars, qui n’ont pas permis de dégager une majorité au Parlement.
Le Mouvement 5 étoiles (M5S), anti-système, est devenu le premier parti politique du pays, avec 222 députés sur 630, mais la coalition de droite (Ligue, Forza Italia et Frères d’Italie) compte 261 élus à la Chambre.

        Lire aussi :
         

                En Italie, la paralysie politique persiste



Vers de nouvelles élections ?
Le M5S s’est dit prêt à discuter avec la Ligue (extrême droite) mais refuse tout accord avec Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi. Le mouvement contestataire tente depuis plusieurs semaines de diviser la coalition de droite en poussant le chef de la Ligue, Matteo Salvini, à rompre avec Berlusconi. Sans succès.
Le dirigeant du M5S, Luigi Di Maio, a jusqu’ici tenté de former un gouvernement de coalition soit avec la Ligue, soit avec le Parti démocrate de centre gauche. Toutes ses offres ont été rejetées : le Parti démocrate disant vouloir se ranger dans l’opposition et Matteo Salvini, patron de la Ligue, refusant de rompre avec Silvio Berlusconi.
Il est peu probable qu’un accord de gouvernement soit conclu avant les élections régionales prévues à la fin du mois dans le Molise, dans le sud du pays, et en Frioul-Vénétie julienne, dans le nord.
Le M5S espère en effet prendre le contrôle de sa première région dans le Molise et la Ligue pense, elle, l’emporter en Frioul-Vénétie julienne.
En cas d’échec des pourparlers, Sergio Mattarella pourra demander à des « techniciens » de former le prochain gouvernement, avec un mandat limité dans le temps, ou alors convoquer de nouvelles élections législatives, probablement à l’automne.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/13/19-20">
<filnamedate="20180413"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180413"><AAMMJJHH="2018041319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ La députée européenne dispute ce poste à Yannick Jadot, mais elle n’exclut pas de rejoindre La République en marche.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Karima Delli : « Je suis candidate pour être tête de liste EELV aux européennes »

La députée européenne dispute ce poste à Yannick Jadot, mais elle n’exclut pas de rejoindre La République en marche.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 17h00
    |

                            Astrid de Villaines








                        


Une candidature de plus. Alors que tous les partis sont à la recherche de leur chef de file pour les élections européennes de mai 2019, Karima Delli s’est dite prête, vendredi 13 avril, à conduire la liste de son parti Europe Ecologie-Les Verts.
« J’ai envie d’être tête de liste. Je n’ai pas à rougir des combats que j’ai menés en Europe », exprime la députée européenne qui souhaite une liste « indépendante », sans alliance avec d’autres mouvements politiques. « Il faut une liste écologique parce qu’on a besoin de nous au Parlement européen et que notre travail est reconnu », ajoute la présidente de la commission transports et tourisme du Parlement européen.
Le furtif candidat à l’élection présidentielle 2017, Yannick Jadot, est lui aussi disponible. Le député européen consulte même régulièrement des acteurs de la société civile pour constituer une liste ouverte. « Moi, je rencontre des gens de la société civile tous les jours. Pas seulement pour les élections européennes », répond Mme Delli qui n’a pas prévenu le député européen de sa candidature.
« Je parle avec tout le monde »
Beaucoup prédisent un départ de la députée vers La République en marche. « Je parle avec tout le monde  », confirme Mme Delli, sans jamais fermer la porte à un ralliement au chef de l’Etat dans cette campagne. « Emmanuel Macron a remis la France sur la scène européenne, il a trouvé un bel accord sur les travailleurs détachés », loue l’ancienne candidate à la primaire écologiste de 2016.
Elle fait d’ailleurs partie des convives pour le déjeuner au Parlement européen, mardi, en présence d’Emmanuel Macron qui prononcera son premier discours devant l’Assemblée de Strasbourg.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/13/19-21">
<filnamedate="20180413"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180413"><AAMMJJHH="2018041319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ La victime, employée d’Air France depuis une trentaine d’années, avait déjà fait une tentative de suicide il y a trois ans et demi.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤                     
                                                

L’inspection du travail saisie après le suicide d’une salariée d’Air France

La victime, employée d’Air France depuis une trentaine d’années, avait déjà fait une tentative de suicide il y a trois ans et demi.



Le Monde
 |    13.04.2018 à 14h14
   





                        


Une enquête de l’inspection du travail a été ouverte après le suicide en mars d’une salariée d’Air France employée à l’escale de Nice depuis près d’une trentaine d’années, a appris l’AFP, vendredi 13 avril, auprès de la famille.
Dans un message de condoléances adressé à la famille, aux proches et collègues, et transmis à l’AFP, la compagnie aérienne a fait savoir qu’elle avait « immédiatement mis en place un dispositif d’accompagnement psychologique afin de soutenir les équipes de l’escale de Nice ».
« La compagnie apportera son plein concours au déroulement de l’enquête menée par les autorités », a ajouté Air France.
Une note faisant référence à ce que la victime a « subi au travail »
Selon la famille, elle s’est suicidée dans la nuit du dimanche au lundi 19 mars, chez elle avec des médicaments, trois ans et demi après une première tentative de suicide.
La victime, 53 ans, a laissé « des notes dans lesquelles elle parle de ce qu’elle a subi au travail », toujours selon la famille.
Cet événement intervient dans un contexte tendu : depuis deux mois, les personnels sont mobilisés pour demander une hausse des salaires et de meilleures conditions de travail. Un mouvement de grève qui devrait être reconduit les 17, 18, 23 et 24 avril.



                            


                        

                        

