<FILE-date="2018/04/12/19">

<article-nb="2018/04/12/19-1">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Le gratte-ciel The Link a reçu son agrément, après une passe d’armes entre l’Etat et les élus locaux sur les aménagements urbains autour du quartier d’affaires.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le préfet lève l’incertitude sur le futur siège de Total à La Défense

Le gratte-ciel The Link a reçu son agrément, après une passe d’armes entre l’Etat et les élus locaux sur les aménagements urbains autour du quartier d’affaires.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 17h51
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 18h50
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            

L’horizon se dégage pour le futur siège du groupe Total à La Défense. Le préfet de région, Michel Cadot, a finalement signé mercredi 11 avril l’agrément de The Link, une double tour à l’architecture innovante que doit construire Groupama Immobilier sur la commune de Puteaux (Hauts-de-Seine) pour accueillir le nouveau siège du groupe pétrolier sur 120 000 m2 en 2022. Haut de 244 mètres, The Link doit devenir le plus haut gratte-ciel de France.
Mais après la décision du préfet, début janvier, d’« ajourner » l’agrément de la tour, le dossier avait pris un tour politique, le président (LR) du département, Patrick Devedjian, devenu entre-temps également président de l’établissement public Paris La Défense, accusant l’Etat de mettre en péril l’attractivité du quartier d’affaires. Motif de l’ajournement : la nécessité de garantir « un développement urbain équilibré » autour de La Défense, en programmant davantage de logements sur la commune de Puteaux, comme à Nanterre ou Courbevoie. Un sujet sensible, au moment où le quartier d’affaires bénéficie d’un dynamisme économique retrouvé.
« Je n’ai jamais eu l’intention de faire de chantage à l’agrément, assure aujourd’hui le préfet Cadot, mais la discussion avec la maire de Puteaux sur les logements ne progressait pas, pas plus que le dossier sur le réaménagement de la gare de métro, totalement saturée. » Le préfet a donc voulu envoyer un « signal » : « L’Etat ne peut pas laisser construire des centaines de milliers de mètres carrés de bureaux, qui vont faire venir des dizaines de milliers de salariés supplémentaires, sans s’assurer qu’ils pourront se loger à proximité et que les infrastructures de transport sont adaptées. » 
« Dialoguer en amont »
La procédure de l’agrément, spécifique à l’Ile-de-France, prévoit que le préfet autorise ou non les grosses opérations d’immobilier tertiaire avant même le dépôt du permis de construire....




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-2">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Les trois formations de gauche radicale française, espagnole et portugaise se réunissent jeudi à Lisbonne.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤                     
                                                

Elections européennes : La France insoumise s’allie avec Podemos et le Bloco

Les trois formations de gauche radicale française, espagnole et portugaise se réunissent jeudi à Lisbonne.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 15h56
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 17h59
    |

            Abel Mestre et 
Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


La gauche radicale s’organise en vue des élections européennes de mai 2019. Jeudi 12 avril se tient à Lisbonne une réunion actant la naissance d’un « mouvement commun » entre La France insoumise (LFI) de Jean-Luc Mélenchon, les Espagnols de Podemos et le Bloco portugais. « Jean-Luc Mélenchon sera à Lisbonne jeudi pour signer un document en compagnie notamment de Pablo Iglesias, de Podemos, et de Catarina Martins, de Bloco, détaille Manuel Bompard, chef d’orchestre de LFI. C’est une initiative programmatique commune, avec l’ambition d’élargir à d’autres pays. »
L’idée est que les trois formations lancent des campagnes communes dans leurs pays respectifs. La première concernera la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale. Une manière également pour les mélenchonistes de répondre à Benoît Hamon et son mouvement Génération. s, qui ont fait alliance avec DiEM25, la structure pilotée par Yanis Varoufakis, l’ancien ministre grec des finances.
L’initiative franco-ibérique en est encore à ses balbutiements. S’il ne peut y avoir de listes transnationales – constituées d’Européens éligibles sur l’ensemble du territoire de l’Union –, LFI verrait cependant d’un bon œil que des militants de Podemos et du Bloco se trouvent sur sa liste lors des élections de mai 2019, s’ils sont résidents en France. « Ce serait une bonne manière de montrer notre internationalisme », souligne M. Bompard.
« Plan A, plan B »
En Espagne, Podemos n’a pas voulu confirmer qu’il participera à une liste commune avec le Bloco et LFI, préférant attendre la réunion de jeudi pour dévoiler sa position.
Car, malgré les nombreuses proximités idéologiques et les liens d’amitiés entre les trois formations, un point d’achoppement existe : le fameux diptyque « plan A, plan B », défendu par LFI, qui est au cœur de son programme européen. Les Insoumis défendent l’idée d’un « plan A » – « sortie concertée des traités européens » et « négociation d’autres règles » – et d’un « plan B » – « sortie des traités européens unilatérale par la France » – en cas d’échec de la première méthode.
La formation de Pablo Iglesias ne pourrait pas accepter de voir figurer ce point dans un éventuel programme commun, tant l’attachement des Espagnols à la construction européenne reste forte. « 2019 est un rendez-vous fondamental pour la réarticulation de la politique européenne face à la montée de l’extrême droite sur le continent et la fermeture dogmatique de Bruxelles, se contente-t-on d’expliquer du côté de Podemos. Nous sommes appelés à jouer un rôle de référence et de direction pour articuler une alternative démocratique, populaire et en faveur des droits de l’homme et de la souveraineté des peuples. Dans ce sens, nous mènerons à bien plusieurs initiatives avec nos alliés. »
Résultat probable du compromis : il pourrait ne pas y avoir de mention du « plan B » dans le texte final. Manuel Bompard assure pour autant que LFI « n’abandonnera pas » cette ligne stratégique. « Le texte n’est pas encore terminé, assurait-il mardi soir. On va préciser des sujets de combats communs. Le plan A-plan B, c’est une stratégie nationale, ça n’a pas lieu d’être dans un texte comme celui-là. »

        Lire aussi :
         

                Mélenchon cherche encore sa place dans le mouvement social






                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-3">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Lors d’un entretien d’un peu plus d’une heure sur TF1, jeudi, le chef de l’Etat a tenté de rassurer les Français « qui ont peur » de la politique du gouvernement. Mais il a affirmé qu’il irait « jusqu’au bout » de ses réformes.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤                     
                                                

Macron ne veut plus seulement « libérer et protéger », mais aussi « unir »

Lors d’un entretien d’un peu plus d’une heure sur TF1, jeudi, le chef de l’Etat a tenté de rassurer les Français « qui ont peur » de la politique du gouvernement. Mais il a affirmé qu’il irait « jusqu’au bout » de ses réformes.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 15h56
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 17h49
    |

            Cédric Pietralunga et 
Bastien Bonnefous








                        



   


Emmanuel Macron l’avait martelé durant sa campagne : il voulait « libérer et protéger » les Français. Désormais, il veut aussi les « unir ». Alors que les mouvements de contestation sociale s’amplifient, à la SNCF, à l’université ou dans les maisons de retraite, le chef de l’Etat s’est attelé, jeudi 12 avril sur TF1, à montrer qu’il entendait les critiques et, surtout, qu’il avait conscience des tensions provoquées par la politique de son gouvernement.

        Syrie, SNCF, hôpitaux, CSG…
         

          ce qu’il faut retenir de l’interview d’Emmanuel Macron sur TF1



« Les murs de la maison, pour moi, c’est libérer, protéger et unir », a insisté Emmanuel Macron face aux questions de Jean-Pierre Pernaut, qui avait exceptionnellement délocalisé le plateau de son journal télévisé dans une classe de l’école primaire de Berd’huis (Orne), un petit village normand. Un triptyque inédit que l’ancien ministre a complété d’un « je suis le président de tous les Français » répété à au moins trois reprises durant son entretien, tentative de faire un sort aux accusations de n’être que le « président des riches » ou « des villes ».
Méthodiquement, le président de la République a tenté par les mots de répondre aux « gens qui ont peur ». Les retraités ? « Je leur dis merci », a-t-il formulé à plusieurs reprises, moyen de les convaincre qu’il avait bien conscience des efforts demandés, avec notamment une hausse de la CSG pour 60 % d’entre eux. « J’ai fait appel à vous. J’ai besoin de vous ! », s’est-il même permis, assurant qu’il n’avait « pas de souverain mépris » pour les « anciens », comme l’accuse une partie de l’opposition. « Je n’ai jamais pris un retraité pour un portefeuille », a-t-il ajouté.
« On n’abandonne pas la ruralité »
Même calinothérapie pour les grévistes de la SNCF. « Je ne partage pas l’avis de ceux qui voudraient opposer les cheminots aux usagers. On ne doit pas opposer les uns aux autres », a insisté le président de la République. En creux, on pouvait y lire une critique de certains élus de la majorité ou membres du gouvernement qui ont parfois accusé les salariés de la SNCF d’être des « privilégiés » adeptes de la « gréviculture ».
Emmanuel Macron a aussi tenté de répondre à ceux, comme le président des Républicains, Laurent Wauquiez, qui l’accusent d’avoir « la haine de la province ». « On n’abandonne pas du tout la ruralité, c’est pas vrai », s’est-il agacé, énumérant les mesures en faveur des écoles rurales, de la couverture téléphonique… Face à la fronde d’une partie des élus locaux, qui se plaignent d’une baisse de leur dotation de fonctionnement, le chef de l’Etat a répliqué qu’il était « faux de dire que des communes perdront de l’argent », rappelant que la DGF (dotation globale de fonctionnement) avait été gelée pour 2018 alors qu’elle avait systématiquement baissé depuis huit ans. « La France est un grand pays agricole et industriel », a aussi affirmé Emmanuel Macron, en écho au « labourage et pâturage [qui] sont les deux mamelles de la France » prononcé par Sully quatre cents ans plus tôt.
Du baume dans les mots, donc, mais pas dans les actes. Car, en réalité, très peu d’annonces ou de changements ressortent du discours du chef de l’Etat, qui, sur l’essentiel, ne dévie pas. Emmanuel Macron a certes annoncé la suppression du « forfait social » sur l’intéressement pour les entreprises de moins de 250 salariés à compter du 1er janvier 2019. Il a également confirmé un plan de refonte à venir du système de santé. Quant à l’expérimentation dans certains territoires de la réduction de la vitesse à 80 km/h sur les petites routes, « si dans deux ans ça ne marche pas, on arrêtera partout », a-t-il prévenu.

        Nos réponses à vos questions :
         

          « Emmanuel Macron a réaffirmé sa volonté d’aller au bout de ses réformes »



En revanche, sur les dossiers qui concentrent l’essentiel des mécontentements actuels, aucune évolution n’est à prévoir. « On ira au bout dans le respect de chacun, dans la considération et sans que nul n’oppose les Français entre eux », a répondu le président de la République à propos de la réforme de la SNCF. Qu’importe la mobilisation des syndicats après dix jours de grève, Emmanuel Macron « les appelle plutôt au calme en leur disant que (…) la bonne réponse, ce n’est pas d’arrêter de faire la réforme, c’est de la faire ensemble ». Le chef de l’Etat s’est simplement engagé à reprendre « pour partie, progressivement », la dette de l’entreprise publique et pourquoi pas à « ouvrir d’autres » petites lignes de la SNCF, alors qu’il est au contraire accusé de vouloir les fermer.
Aucune indulgence pour les étudiants
Du côté des tensions dans les facultés, le chef de l’Etat a estimé que « très peu d’universités [étaient] occupées » et a rejeté la contestation sur quelques « professionnels du désordre ». Aucune indulgence donc à attendre de l’Etat pour les étudiants qui manifestent. « Ils doivent comprendre que, s’ils veulent avoir les examens en fin d’année, c’est mieux de les réviser parce qu’il n’y aura pas d’examen en chocolat dans la République », a prévenu Emmanuel Macron. Idem à Notre-Dame-des-Landes, où l’évacuation par la force des zadistes va continuer, car « nos concitoyens sont en droit d’attendre l’ordre ».

        Lire aussi :
         

                Abandonné sur sa gauche, Macron veut s’adresser aux classes populaires



Quant aux retraités, alors que certains parlementaires de La République en marche, tel Sacha Houlié, réclamaient le rétablissement de la demi-part pour les veuves, le chef de l’Etat a écarté cette hypothèse : « Non, je pense que ce n’est pas la bonne chose. »
Ne rien lâcher sur le fond, mais tenter de mieux expliquer son action dans sa globalité, voilà en somme le résumé de l’intervention présidentielle, un an ou presque après son élection. Si le style Macron s’arrondit aux angles, il reste inchangé au cœur. « Je demande [aux Français] de me faire confiance, j’ai prouvé que, quand je dis les choses, je les fais », a-t-il souligné, en demandant de la patience au pays. Une manière de laisser entendre qu’après le temps « des efforts » pourrait venir celui du réconfort et d’une éventuelle redistribution. Un quinquennat en deux temps, à l’image de celui promis aux Français par François Hollande en 2012, et qui n’advint jamais véritablement.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-4">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Après l’interview d’Emmanuel Macron au 13 heures sur TFI, Nicolas Chapuis, chef du service politique du « Monde » a répondu aux questions des internautes.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤                     
                                                

Sur TF1, « Emmanuel Macron a réaffirmé sa volonté d’aller au bout de ses réformes »

Après l’interview d’Emmanuel Macron au 13 heures sur TFI, Nicolas Chapuis, chef du service politique du « Monde » a répondu aux questions des internautes.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 15h48
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 18h15
   





                        


Nicolas Chapuis, chef du service politique du Monde, a répondu aux questions des internautes autour de l’intervention d’Emmanuel Macron sur TF1 au journal de 13 heures.

        Lire aussi :
         

                Emmanuel Macron sur TF1 pour convaincre retraités, ruraux et classes populaires



Florian : Dans cet entretien, Emmanuel Macron parle beaucoup « d’effort » à faire. Est-ce encore audible alors que cela fait plus d’une décennie que ce terme revient régulièrement dans la bouche des personnes au pouvoir ?
Nicolas Chapuis : En effet, le mot est revenu plusieurs fois dans la bouche du président de la République. Parfois, c’était pour en demander (par exemple pour les retraités), parfois c’était au contraire pour assurer qu’il ne demandait pas « d’effort » supplémentaire (pour les cheminots). De manière générale, le chef de l’Etat a essayé d’adopter l’attitude d’une personne qui « entend » les problèmes des Français, notamment ceux qui vivent dans des zones rurales, qui « entend » les inquiétudes. Mais sur la plupart des sujets, il a réaffirmé sa volonté d’aller au bout de ses réformes.
DidierK : A propos de la dette de la SNCF : « La dette ? Elle sera pour partie progressivement reprise, à mesure que les réformes le sont. L’Etat va en prendre une partie ». A-t-on une idée du montage imaginé ?
Cette partie de l’interview n’était en effet pas très précise. C’est une petite avancée. Il reconnaît que le passage en société par actions implique une reprise de la dette. Notre spécialiste des transports, Eric Béziat, explique que le chiffre communément admis est celui de 35 milliards d’euros au minimum pour que le ratio d’endettement de l’entreprise soit compatible avec ce type de société. Mais nous n’avons pas plus d’information sur les modalités.
Olive : Comment les propos du président sur la réforme de la SNCF (pas de privatisation, maintien du statut pour les agents en place) vont-ils être accueillis par les différentes organisations syndicales et, plus généralement, par les cheminots ?
Si le ton se voulait conciliant, rien n’a changé sur le fond du discours. Il ne devrait donc pas avoir d’effet sur les négociations.
F1spirit : A-t-il parlé du mouvement étudiant en cours ?
Oui, à la toute fin de l’émission et de manière assez rapide. Il en a limité la portée, considérant qu’une infime partie des établissements est concernée. Il a également eu cette formule sur la tenue des examens : « Les étudiants doivent comprendre, s’ils veulent leurs examens, qu’ils doivent les réviser, car il n’y aura pas d’examen en chocolat dans la République. »
Noux : Aucune question sur la loi asile et immigration… ?
Non. Alors que le texte est étudié à l’Assemblée nationale (et qu’une partie du groupe de députés LRM renâcle), ce point n’a pas été abordé. Gageons qu’il le sera largement lors de la prochaine intervention du chef de l’Etat, interviewé dimanche soir par Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel sur RMC, BFM-TV et sur le site de Mediapart.
W : Macron a fait pas mal de pédagogie, et n’a pas particulièrement rendu de coups à ses opposants politiques. Peut-on supposer que dimanche prochain sera nettement plus politique ?
Le ton de l’interview y est pour beaucoup. Jean-Pierre Pernaut a dès le début beaucoup insisté sur la colère des usagers de la SNCF face à la grève. En miroir, Emmanuel Macron s’est presque retrouvé à défendre les cheminots, en expliquant que ce ne sont « pas des privilégiés ». Sur la loi travail, le reportage de TF1 montrait un patron d’entreprise qui demandait que la loi aille encore plus loin dans la baisse des charges, à l’opposé des revendications des syndicats par exemple. On peut parier qu’Edwy Plenel ne prendra pas cet angle-là dans ses questions dimanche… Le chef de l’Etat était venu sur TF1 pour ajouter un verbe à sa rhétorique habituelle : « unir ». Il a donc passé l’émission à expliquer qu’il entendait les critiques, même si sur le fond il n’entend pas bouger ou alors seulement à la marge.
Plouf : Je n’ai pas entendu parler du ruissellement ? La suppression de l’ISF a t-elle été évoquée ?
Non le chef de l’Etat n’a pas repris la rhétorique du ruissellement mais en revanche il a repris son expression des « premiers de cordée », pour la préciser : « Il faut qu’on mène ceux qui réussissent à réussir mieux et plus vite. Sinon ils s’en vont ailleurs. Mais ces premiers de cordée doivent aider le pays, en investissant ici, en embauchant ici. » Dans sa volonté d’adoucir l’effet de cette expression qui avait provoqué quelques émois, le chef de l’Etat s’est même emmêlé dans ses métaphores… « Certains pensent que pour que la cordée tienne il suffit que les premiers galopent. Ce n’est pas vrai. »
Seb : L’entretien est-il une réussite pour Emmanuel Macron ?
C’est toujours très difficile de répondre à cette question que vous êtes nombreux à poser. Ce serait à vous de nous le dire : par définition l’entretien est réussi si les téléspectateurs sont convaincus. Ce qu’on peut dire c’est que le président était venu avec plusieurs objectifs.
Le premier était manifestement de faire passer le message qu’il n’est pas sourd aux inquiétudes qui montent dans la société, alors qu’une partie de l’électorat populaire décroche dans les études d’opinion. Mais s’il a répété à plusieurs reprises qu’il entendait les Français, s’il a refusé de critiquer les cheminots ou ceux qui s’opposent à ses réformes, il n’a sur le fond rien cédé.
Le second message était de rajouter à son mantra « Libérer et protéger » un troisième verbe : « unir ». Il semble s’inquiéter d’éventuelles fractures dans la société française, entre urbains et ruraux, riches et pauvres, retraités et actifs… qui seraient créées par sa politique.
Le troisième message était plus sous-jacent. Il a laissé entendre que si certains pouvaient penser que le volet « protection » était moins visible que les mesures d’économies ou de libéralisation, il ne serait pas oublié à l’avenir et que les Français devaient être un peu patients. D’une certaine façon, il admet que le « en même temps » ressemble quand même beaucoup à un « l’un après l’autre ». Hollande avait expliqué que son quinquennat se déroulerait en deux phases avec une deuxième consacrée à la redistribution après avoir réalisé les efforts dans la première. On n’en est pas si loin.
Mariedith : Qu’a écrit le président aux enfants de l’école sur la feuille blanche ?
TF1 a montré la photo du mot sur Twitter : « Merci beaucoup pour votre accueil dans cette superbe classe. Je compte sur vous pour bien apprendre et demain prendre votre part de notre beau pays. Amitié. »

        Lire aussi :
         

                Macron ne veut plus seulement « libérer et protéger », mais aussi « unir »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-5">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Le chef de file du mouvement poursuit son tour des universités pour implanter des comités Génération.s partout en France.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Benoît Hamon veut être la cheville ouvrière de l’unité de la gauche

Le chef de file du mouvement poursuit son tour des universités pour implanter des comités Génération.s partout en France.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 14h57
    |

                            Astrid de Villaines








                        



                                


                            

Il a fait 6,36 % à l’élection présidentielle. Un score qui lui colle à la peau. « C’est un personnage sympathique, mais pas un acteur majeur », évacue le député de La France insoumise Ugo Bernalicis. « Il a fait 6 % avec les Verts et le PS, combien fera-t-il sans eux ? », interroge Manuel Bompard, possible chef de file de LFI aux européennes.
M. Hamon n’écoute pas les critiques et avance progressivement, semant des petites graines pour faire grandir son mouvement (53 000 militants revendiqués) en vue des prochaines échéances électorales. A raison de deux déplacements par semaine, l’ancien candidat à la présidentielle laboure son terrain, loin des caméras. Mardi 11 avril dans le Val-de-Marne, il s’est rendu à l’Office français des réfugiés et apatrides (Ofpra) où il s’est entretenu avec le directeur, Pascal Brice, après avoir assisté à un entretien entre un demandeur d’asile et une officière de protection instructrice.
Face à M. Brice, qu’il connaît de longue date, le ton est détendu : « On parle des dublinés, la vérité c’est qu’un préfet sur cent aura les “cojones” d’instruire quand même le dossier. » Le directeur le reprend : « Ecoute Benoît, on ne pourra rien faire tout seul. Cela se joue au niveau européen. » Mouché. En bon élève, l’ancien ministre de l’éducation nationale prend note de tout ce qu’il entend : « Je suis le seul à faire ce genre de déplacement. Je veux approfondir. Je ne veux pas raconter n’importe quoi, penser bêtement qu’il n’y aurait que des demandeurs d’asile honnêtes et que des fonctionnaires qui ne voudraient pas accueillir. »
Souvenirs de campagne
Direction Ivry-sur-Seine, pour visiter le centre d’hébergement d’urgence pour migrants tenu par Emmaüs Solidarité. Sur son passage, comme s’il était en campagne électorale, il salue tous ceux qu’ils croisent. Grand sourire, il pose quand on lui demande une photo. « Cela me rappelle la campagne, mais la qualité de l’échange...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-6">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Les économistes Luc Behaghel et Esther Duflo prônent, dans une tribune au « Monde », une « modernisation » de l’aide publique française aux pays en développement, qui soit enfin basée sur des méthodes d’évaluation scientifiques.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’aide publique au développement des anciens pays riches est en passe de devenir marginale »

Les économistes Luc Behaghel et Esther Duflo prônent, dans une tribune au « Monde », une « modernisation » de l’aide publique française aux pays en développement, qui soit enfin basée sur des méthodes d’évaluation scientifiques.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 14h14
    |

Luc Behaghel (Chercheur à l’Ecole d’économie de Paris et à l’Abdul Latif Jameel Poverty Action Lab (J-PAL) et Esther Duflo (Chercheuse à l’Ecole d’...







                        



                                


                            
Tribune. Emmanuel Macron a confié au député Hervé Berville (LRM) une mission de réflexion sur la modernisation de la politique d’aide publique au développement (APD). Economistes du développement, nous pensons que c’est une opportunité à saisir pour que le rapport de cette mission ne trouve pas sa place, comme les précédents, sur le plus haut rayon de la bibliothèque. Les deux mots phares de la réflexion semblent être « modernisation » et « redevabilité » (accountability, en anglais). Qu’entend-on par là ?
Les ressources apportées sont de plus en plus modestes face aux ressources domestiques, publiques et privées, dont ces pays disposent
La nécessité de moderniser l’aide au développement est reconnue au-delà de nos frontières : jusqu’en 2018, la coauteure de cette tribune appartenait à une commission chargée par le président Barack Obama de plancher sur cette question. Nos propositions s’inspirent d’une partie des recommandations de cette commission, qui n’ont pas eu le temps d’être mises en œuvre aux Etats-Unis mais qui restent pertinentes.
Le constat de départ est clair : l’APD des anciens pays riches est en passe de devenir marginale. Même si l’objectif de consacrer 0,55 % puis 0,7 % du PIB français à l’APD était atteint, les ressources apportées sont de plus en plus modestes face aux ressources domestiques, publiques et privées, dont ces pays disposent, et aux sommes de plus en plus importantes qui leur sont consacrées par des pays émergents (Brésil, Inde, Chine).
« Capital patient  » de l’innovation
Si nous continuons à faire ce que nous faisons, nos efforts deviendront un détail sans conséquences. Pourquoi s’encombrer d’une aide au développement, dans ces conditions ? Pas pour se substituer aux ressources domestiques afin de payer des dépenses de fonctionnement ou des investissements « évidents ». Ni pour donner des leçons et des prescriptions depuis l’extérieur. D’où la nécessité d’une modernisation en profondeur.
Moderniser...



                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-7">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Onze professeurs et chercheurs, parmi lesquels Christian Baudelot, Philippe Meirieu et Thomas Piketty, s’élèvent, dans une tribune au « Monde », contre le projet ministériel de rabotage de l’enseignement de l’économie, de la sociologie et des sciences politiques au lycée.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Le risque de marginalisation et de dénaturation des sciences économiques et sociales au lycée est grand »

Onze professeurs et chercheurs, parmi lesquels Christian Baudelot, Philippe Meirieu et Thomas Piketty, s’élèvent, dans une tribune au « Monde », contre le projet ministériel de rabotage de l’enseignement de l’économie, de la sociologie et des sciences politiques au lycée.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 14h17
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Panne de la croissance et persistance du chômage dans la vieille Europe, aggravation des inégalités de revenu et de patrimoine en France et au Royaume-Uni, montée des votes protestataires en Europe, remise en cause de la domination masculine, essor de la Chine, effets contrastés de la mondialisation, défis de la transition écologique…
L’enseignement ne représentera que des horaires faméliques en classe de seconde (1 h 30 par semaine)
Chaque jour, l’actualité nous rappelle la nécessité de disposer des outils d’analyse proposés par l’économie, la sociologie et la science politique afin de pouvoir mieux saisir les grandes questions contemporaines. Les sciences économiques et sociales (SES), dont l’objectif affirmé était d’ouvrir l’école sur le monde contemporain et de reconnaître une « troisième culture » entre les sciences dites dures et les lettres, cultivent cette ambition depuis maintenant plus de cinquante ans.
Pourtant, le projet de réforme du lycée présenté par le ministre de l’éducation nationale rabote l’enseignement des SES : réduit au statut de spécialité – donc en dehors des enseignements communs des élèves – et amputé de la « science politique » en classe de première et terminale générale, il ne représentera que des horaires faméliques en classe de seconde (1 h 30 par semaine), où la sociologie pourrait être réduite à portion congrue.

Pour les rédacteurs des premiers programmes de cette discipline scolaire, à la fin des années 1960, il s’agissait de « créer chez les élèves une certaine attitude intellectuelle » en adoptant une distance critique vis-à-vis de ses propres préjugés et de certaines représentations collectives plus ou moins erronées, grâce aux savoirs et aux outils des sciences sociales (analyses statistiques, observation, entretiens, etc.), mais aussi grâce à la hiérarchisation et au questionnement des sources. Qui peut ignorer que ce type d’apprentissage est on ne peut plus d’actualité,...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-8">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ A Berd’huis, village de l’Orne, le chef de l’Etat a répondu aux questions de Jean-Pierre Pernaut, présentateur du journal télévisé de 13 heures.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤                     
                                                

Syrie, SNCF, hôpitaux, CSG…, ce qu’il faut retenir de l’interview d’Emmanuel Macron sur TF1

A Berd’huis, village de l’Orne, le chef de l’Etat a répondu aux questions de Jean-Pierre Pernaut, présentateur du journal télévisé de 13 heures.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 13h38
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 17h30
   





                        



   


C’est peu dire que sa prise de parole était attendue. Emmanuel Macron s’est exprimé, jeudi 12 avril, au cours du journal télévisé de 13 heures de TF1, délocalisé pour l’occasion dans le village normand de Berd’huis (Orne). Syrie, réforme de la SNCF, hôpitaux en crise, CSG, lutte contre le terrorisme…, le président de la République a fait le point sur différents dossiers.
SyrieSNCFL’hôpitalCSGTaxe d’habitationCulte musulmanEcole et ruralitéLimitation de la vitesse à 80 km/hNotre-Dame-des-Landes

        Lire :
         

          Emmanuel Macron sur TF1 pour convaincre retraités, ruraux et classes populaires



Syrie, « la preuve » des armes chimiques
Le président de la République a assuré que « nous avons la preuve que la semaine dernière des armes chimiques ont été utilisées par le régime de Bachar Al-Assad » sur la ville de la Douma, dans la banlieue de Damas, qui est retombée entièrement aux mains de l’armée syrienne jeudi 12 avril.
Pour autant, M. Macron a fait savoir que la France n’avait pas encore décidé d’une éventuelle réaction à cette attaque. « Nous aurons des décisions à prendre en temps voulu », a-t-il dit, ajoutant qu’il faut « tout faire pour qu’il y ait des cessez-le-feu ». Le chef de l’Etat a également dit avoir appelé « à plusieurs reprises » le président russe, Vladimir Poutine, allié de Bachar Al-Assad. « En aucun cas la France ne laissera une escalade se faire, ou quoi que soit qui puisse endommager la stabilité de la région », a-t-il encore dit.
SNCF : « Nous devons faire cette réforme »
Interrogé sur la grève à la SNCF, M. Macron s’est exprimé pour la première fois sur la réforme menée par le gouvernement, estimant qu’il faut « aller jusqu’au bout ». Ne pas le faire « serait une hypocrisie politique », a-t-il dit, arguant que l’ouverture à la concurrence est une exigence européenne.
« Je n’ai pas de mépris, ce ne sont pas des privilégiés », a déclaré M. Macron à propos des cheminots. « N’ayez pas de craintes illégitimes », a lancé le président à l’intention des syndicats : « La SNCF restera publique, les cheminots resteront cheminots. » La SNCF « sera une entreprise publique à capitaux publics », « ce sera dans la loi : 100 % de capitaux d’Etat », a-t-il dit.
« Tous les cheminots qui sont aujourd’hui en emploi, ils resteront dans le statut, c’est un contrat. On ne leur demande pas d’effort mais juste d’accepter que les nouveaux, on ne les prenne pas au statut. »

        Lire la discussion avec  secrétaire général de la CFDT :
         

          « Macron doit accepter un véritable débat démocratique »



M. Macron a rappelé que l’Etat prendrait sa part « des efforts », disant notamment que la dette de la SNCF « sera pour partie progressivement reprise ». Le président reconnaît ainsi que le passage en société anonyme (SA) de la SNCF, voté à l’Assemblée nationale mardi, implique une reprise de la dette. Le chiffre qui circule le plus est 35 milliards d’euros au minimum, pour que les ratios de l’entreprise soient compatibles avec un statut juridique de société par actions. L’Etat va aussi investir « 10 millions d’euros par jour pendant dix ans, pour entretenir les lignes », a-t-il dit.

        Comprendre
         

          la réforme de la SNCF en neuf points



Pour l’hôpital, des mesures « cet été »
« Je veux vraiment rendre hommage à tous les personnels soignants, les médecins, les infirmières, les aides-soignantes, celles qui travaillent dans les Ehpad [établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes]. Ils vivent tous la mort au quotidien, nous leur devons quelque chose dans la société », a répondu M. Macron, interrogé sur sa capacité à entendre la détresse du personnel de la santé.

        Lire aussi :
         

                Les urgences hospitalières confrontées à une surchauffe inhabituelle sur l’ensemble du territoire



Le chef de l’Etat n’a pas donné beaucoup d’éléments nouveaux à ce sujet, promettant toutefois qu’il ferait « à l’été » des annonces pour mettre « plus de moyens dans l’hôpital ». Pour M. Macron, il ne faut « pas mettre de l’argent sur un système qui n’est plus adapté ».
Le président a rappelé que le gouvernement allait « essayer de mieux organiser les choses », avec notamment la mise en place « de maisons de santé, pour que tout le monde n’aille pas aux urgences, parce que cela coûte plus cher à tout le monde ».
Pendant sa campagne présidentielle, le candidat Macron avait promis de limiter à 50 % la part de financement des hôpitaux à la tarification à l’activité (T2A). La réflexion engagée au ministère de la santé devrait aboutir à la fin de 2019.
Concernant le seul sujet des Ehpad, Emmanuel Macron a reconnu qu’il fallait « une transformation profonde » du système d’accueil des personnes âgées. « On sera au rendez-vous », a-t-il promis.

        Lire aussi :
         

                Ehpad : le constat alarmant de la mission d’information parlementaire



La hausse de la CSG, un « besoin »
Après un reportage montrant des retraités qui déplorent la baisse de leur pouvoir d’achat, M. Macron a reconnu avoir « demandé un effort aux 60 % de personnes retraitées qui paient la CSG au taux normal ». « Cet effort, je l’ai annoncé en campagne », a rappelé le président de la République, qui va bientôt célébrer sa première année d’élection.
« Je veux expliquer à tous nos retraités : il n’y a pas de souverain mépris, j’ai besoin de vous, je fais appel à vous », a dit M. Macron, qui leur a rappelé que « vous passez dix ou quinze ans de plus à la retraite que vos parents en moyenne ».
Le chef de l’Etat a demandé aux retraités en colère de la « patience ». « Le 1er novembre, vous aurez un tiers de taxe d’habitation en moins. Et elle sera supprimée entièrement dans les trois ans. L’un dans l’autre, sur le pouvoir d’achat, vous allez vous y retrouver. » « Si on ne fait pas cet effort, dans cinq ou dix ans on n’arrivera plus à financer notre système de retraite », a dit le président.
Suppression de la taxe d’habitation : « Je n’ai aucun regret »
S’agissant de la suppression de la taxe d’habitation pour l’intégralité des foyers français, prévue pour après 2020, Emmanuel Macron n’a « aucun regret ». Il a martelé que « les économies de l’Etat serviront à compenser la [perte de la] taxe d’habitation pour les communes, à l’euro près ».
Confronté à la question de la redistribution des fruits de la croissance et de l’usage de la « cagnotte fiscale » — nom donné par l’opposition et par une partie de la majorité au surplus de recettes fiscales enregistré l’an dernier compte tenu du dynamisme économique —, le président s’est montré ferme.
Il a fermé la porte au rétablissement de la demi-part des veuves, pourtant réclamé sous condition de ressources par le député LRM Sacha Houlié, soutenu par une partie de la majorité. La suppression de ce dispositif a été décidée sous Nicolas Sarkozy et mise en œuvre progressivement sous François Hollande.

        Lire aussi :
         

                Croissance : une bouffée d’oxygène pour l’exécutif



Culte musulman : « le financement étranger » doit être « organisé sous le contrôle de l’Etat et transparent »
M. Macron a donné quelques indications sur les propositions qu’il prépare quant à l’organisation et au financement du culte musulman et qu’il présentera « dans les prochains mois ». Il a dit vouloir qu’à l’avenir, « le financement étranger [du culte musulman] soit organisé sous le contrôle de l’Etat et transparent. Je ne veux plus de mosquées qui s’ouvrent avec des financements cachés. Je ne veux plus de gens qui utilisent l’argent du pèlerinage [à La Mecque] pour financer n’importe quoi ». Il a dit avoir parlé de ce sujet deux jours plus tôt avec le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman. « Nous allons prendre des décisions conjointes », a-t-il dit.

        Lire aussi :
         

                A Paris, Macron et Mohammed Ben Salman ont affiché leur « excellente relation »



Ces indications demeurent encore imprécises, mais elles confirment l’intention prêtée au chef de l’Etat d’avoir en la matière une posture interventionniste. Elles laissent en suspens plusieurs questions de fond. Comment, par exemple, faire en sorte que l’Etat contrôle les financements cultuels étrangers ou les ressources issues du pèlerinage sans enfreindre la séparation entre l’Etat et les cultes voulue par la loi de 1905 ?
Interrogé sur le salafisme, M. Macron a répondu que « c’[était] un problème dans notre pays ». « Ce fondamentalisme-là, cet islam radical, comme disent certains, cet islamisme, ce n’est pas l’islam, mais c’est un problème. »
Le président a également évoqué les écoles privées hors contrat : « Nous allons mieux contrôler le hors-contrat ; on renforce le contrôle, on est intraitable. » Il fait ainsi référence à l’adoption récente de la proposition de loi portée par la sénatrice centriste Françoise Gatel « visant à simplifier et à mieux encadrer le régime d’ouverture des établissements privés hors contrat ». Mais il ne rappelle pas que parmi les treize cents établissements hors contrat recensés sur le territoire, trois cents s’affichent comme confessionnels, dont une quarantaine seulement comme musulmans. L’ancienne ministre de l’éducation Najat Vallaud-Belkacem (PS) avait tenté en son temps de mieux les encadrer, se heurtant aux lobbys de droite.
Ecole et ruralité : un « sujet de démographie »
« Il n’y a pas de fatalité mais il y a une organisation à trouver sur tous les territoires », a répondu M. Macron aux critiques qui le voient comme le « président des villes », au détriment des régions rurales.
« Il faut regarder les choses en face : on a un sujet de démographie », a reconnu M. Macron :
« A la rentrée prochaine, on aura 32 000 élèves en moins en CP et pourtant on va ouvrir près de 5 000 classes, dont 1 000 classes dans le rural. Alors que dans le rural, on va perdre 20 000 élèves de CP l’an prochain. »
Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, a fait état « de 200 à 300 classes » qui doivent fermer en septembre. A la mi-mars, le « solde officiel » évoqué Rue de Grenelle, dans les 47 départements les plus ruraux, se décomposait en 783 ouvertures de classe pour 990 fermetures.
Ces deux calculs se fondent sur l’estimation avancée de 20 000 élèves en moins à la rentrée dans les territoires ruraux. Cela n’empêche pas enseignants et parents d’avoir le sentiment que les zones rurales « paient le prix » des dédoublements des classes de CP (et, à la rentrée, en CE1), dans les réseaux d’éducation prioritaire — la mesure phare du candidat Macron.
Limitation de la vitesse à 80 km/h : « Si ce n’est pas efficace, on ne le garde pas »
« Notre sang s’est échauffé sur cette affaire », a répondu M. Macron aux critiques d’automobilistes. « Les Françaises et les Français, ça les ennuie toujours qu’on régule la route », a dit le président.
« Il y a des petites expérimentations qui ont été faites, et à chaque fois elles ont montré que c’était efficace », a affirmé M. Macron, promettant « une expérimentation à taille réelle au 1er juillet pour deux ans ». 
« Je prends ici deux engagements : durant ces deux ans, l’argent qui sera perçu, on le mettra pour les hôpitaux qui soignent les blessés de la route. On rendra transparents tous les résultats. Si ce n’est pas efficace, on ne le gardera pas. »
Développer l’intéressement dans les PME
Aujourd’hui, les entreprises qui ont négocié un accord d’intéressement avec leurs salariés doivent s’acquitter d’un forfait social. Il s’agit d’une cotisation à la charge de l’employeur dont le taux varie entre 20 % et 8 % selon la taille de l’entreprise. Le président de la République a annoncé sa suppression pure et simple pour les sociétés de moins de 250 personnes afin de mieux associer les salariés aux résultats.
« On a permis qu’il y ait plus de flexibilité [dans les entreprises], on doit permettre aussi quand ça va mieux que tout le monde puisse en profiter. »
Aujourd’hui, selon le ministère de l’économie, seules 16 % des entreprises de moins de 50 salariés ont un accord d’intéressement, et 22 % des entreprises entre 50 et 250 salariés.
Notre-Dame-des-Landes : « L’ordre républicain sera rétabli »
« L’ordre républicain sera rétabli », a répété le chef de l’Etat, fustigeant les gens qui « créent du trouble ». « Ils occupent illégalement des territoires publics. Ils n’ont plus de raison de le faire car il n’y aura pas d’aéroport », a-t-il dit lapidairement.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-9">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Nicolas Chapuis, chef du service politique du Monde, a répondu à vos questions sur l’interview du chef de l’Etat par Jean-Pierre Pernaut dans le journal de 13 heures.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ 
<article-nb="2018/04/12/19-10">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Un rapport de la chambre régionale des comptes, rendu public le 6 avril, énumère les abus des élus de l’île.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Mayotte, l’exorbitant train de vie du conseil départemental

Un rapport de la chambre régionale des comptes, rendu public le 6 avril, énumère les abus des élus de l’île.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 11h29
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            

Le conseil départemental de Mayotte est une imposante bâtisse située sur les hauteurs de Mamoudzou. Le département croule sous la misère et les difficultés : 84 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, le taux de chômage est de 27,1 %. Le train de vie du conseil départemental, lui, est exorbitant par rapport aux règles de la fonction publique territoriale, comme le révèle le rapport de la chambre régionale des comptes rendu public le 6 avril.
Effectifs En 2016, les effectifs du conseil départemental s’élevaient à 3 219 (dont 571 emplois aidés) pour une population de 256 000 habitants. Avec une population quasiment équivalente, le département des Hautes-Pyrénées dispose par exemple de deux fois moins d’agents (1 685 employés). Entre 2012 et 2016, les effectifs à Mayotte ont augmenté de 18 %. Les charges de personnel représentent 41 % des dépenses de fonctionnement, contre 21 % en moyenne dans les départements. Dans certaines fonctions, les sureffectifs sont « disproportionnés ». Ainsi, 279 agents d’entretien ont la charge de 28 000 m², soit un ratio de 100 m² par agent.
Le conseil départemental emploie 134 agents d’accueil et 219 gardiens, ce qui ne l’empêche pas d’avoir recours à des prestations extérieures de gardiennage. Là où les règles de la fonction publique territoriale (FPT) prévoient 5 collaborateurs de cabinet et 5 agents contractuels ou titulaires rattachés au cabinet du président, celui-ci en compte 35.
Temps de travail La durée effective de travail est de 1 549 heures par an – alors qu’elle est théoriquement de 1 607 heures dans la FPT –, soit un peu plus de 33 heures par semaine. Le département accorde en outre des autorisations d’absence dérogatoires du droit commun : 5 jours au lieu de 3 pour maladie grave du conjoint, 12 jours au lieu de 6 pour garde d’un enfant malade, 5 jours pour circoncision.
« En l’absence de système de contrôle des horaires de travail,...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-11">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Le rattachement d’Agir au droitier Parti populaire européen (PPE) met à mal l’alliance entre La République en marche et le parti de centre droit.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Européennes : la mise en garde des macronistes aux « constructifs » de LR

Le rattachement d’Agir au droitier Parti populaire européen (PPE) met à mal l’alliance entre La République en marche et le parti de centre droit.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 11h26
    |

            Alexandre Lemarié








                        



                                


                            
En apparence, il ne restait plus qu’à formaliser leur accord. Toutes les conditions semblaient réunies pour une alliance entre La République en marche (LRM) et Agir, parti de centre droit issu d’une scission avec Les Républicains (LR), dans l’optique des élections européennes.
Le 28 février, Emmanuel Macron a invité à déjeuner à l’Elysée ces ex-LR « constructifs » pour leur indiquer qu’ils étaient les bienvenus sur une vaste liste centrale, rassemblant des élus pro-européens (écologistes, centristes, droite modérée…). En face, le député Franck Riester, cofondateur d’Agir siégeant dans le même groupe que les centristes de l’UDI à l’Assemblée, s’est dit favorable à une telle perspective.

« Coup de billard »
Mais un élément complique aujourd’hui les négociations : le fait qu’Agir a décidé de se rattacher au Parti populaire européen (PPE) – dont fait déjà partie LR – et donc de siéger au sein de ce groupe au Parlement européen. Se considérant comme « un parti de droite », M. Riester juge ce choix « logique ».
Pas les macronistes, qui entendent agréger un maximum d’élus dans leur futur groupe au Parlement européen. « Nous ne pouvons pas partir à la bataille avec des candidats qui rejoindraient le PPE après l’élection, met en garde le député LRM Pierre Person. Les choix doivent être clairs et il ne faut pas entretenir une confusion. Il n’est pas possible d’être allié avec Emmanuel Macron en France et de siéger dans le groupe où se trouvent des élus de Viktor Orban en Europe. » « Si nous faisons une liste commune, c’est pour siéger ensemble après, abonde son collègue Pieyre-Alexandre Anglade. Il faut une délégation compacte au Parlement européen pour peser, et non recréer le morcellement des forces qui a affaibli la France ces dernières années. »
Du côté d’Agir, on évoque « un coup de billard à plusieurs bandes ». Avec un double objectif : « affaiblir le poids de LR au sein du PPE »,...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-12">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », revient sur la reconquête que mène actuellement « l’ancien monde » face à Emmanuel Macron.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« La social-démocratie est entrée en résistance »

Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », revient sur la reconquête que mène actuellement « l’ancien monde » face à Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 11h22
    |

            Françoise Fressoz








                        



                                


                            
Chronique. Par une coïncidence fortuite, François Hollande réapparaît dans le débat public au moment où Emmanuel Macron rencontre ses premières difficultés sociales. La publication des mémoires de l’ancien président, Les leçons du pouvoir (Stock, 288 p., 22 euros) intervient alors que la SNCF est en grève, que des universités sont bloquées et que l’actuel président perd en popularité chez les retraités et parmi les classes moyennes et populaires.
Cette concomitance simplifie le travail de réhabilitation que mène François Hollande en instruisant à mots à peine couverts le procès en trahison de son successeur : Emmanuel Macron a beau avoir été nourri en son sein, il a beau avoir été l’un des personnages-clés du précédent quinquennat, il ne peut apparaître, aux yeux de l’ancien président, comme le transformateur d’une social-démocratie qui aurait échoué, il ne peut être considéré comme l’héritier de la gauche.
Risque calculé
Le ralliement d’une grande partie de l’électorat socialiste à la bannière macroniste lors du premier tour de la présidentielle aurait pu le laisser croire. De même que l’entrée au gouvernement d’anciennes figures socialistes comme Gérard Collomb et même d’anciens hollandais comme Jean-Yves Le Drian. Ou encore la difficulté éprouvée par le Parti socialiste à se positionner face au nouveau pouvoir lors du vote de confiance au gouvernement Philippe.
Mais au fil des mois, la social-démocratie est entrée en résistance. En dépit de son affaiblissement historique, elle a clairement signifié qu’elle ne se laisserait pas fondre dans le social-libéralisme d’Emmanuel Macron. C’est ce qu’Olivier Faure, le nouveau patron du PS, affirme lorsqu’il constate qu’« avec Macron, les Français de gauche pensaient avoir voté pour Mendès France et ils se sont réveillés avec Juppé », ou lorsqu’il résume le macronisme en trois mots : « Libéralisme, individualisme, bonapartisme ».
La cassure s’est produite...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-13">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Richard Ferrand, le patron du groupe majoritaire à l’Assemblée, a rappelé à l’ordre les élus les plus critiques envers le texte.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Loi Asile-immigration : le ton se durcit au sein de LRM

Richard Ferrand, le patron du groupe majoritaire à l’Assemblée, a rappelé à l’ordre les élus les plus critiques envers le texte.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 13h06
    |

            Manon Rescan








                        



                                


                            
Des députés libres de leur parole mais en même temps disciplinés. Le délicat équilibre sur lequel repose la vie du groupe La République en marche (LRM) à l’Assemblée nationale subit depuis quelques semaines d’importantes turbulences. A tel point que Richard Ferrand, président du groupe majoritaire, a durci le ton à l’égard de ses troupes ces derniers jours. A mots couverts, il a menacé d’exclusion ceux qui rechigneraient à soutenir la ligne politique du gouvernement. « On ne fait jamais d’omelettes sans casser des œufs, et s’il faut casser des œufs, je le ferai ! », a prévenu le député du Finistère lors d’une réunion du groupe qui s’est tenue mardi 11 avril.

La raison de ce sec rappel à l’ordre réside dans une situation inédite à l’échelle de la courte histoire du groupe LRM. Depuis plusieurs semaines, les tensions sont vives au sujet du projet de loi asile-immigration en cours d’examen à l’Assemblée. « C’est encore plus difficile de convaincre que pour l’ISF », relate un pilier de la majorité en référence au débat déjà délicat qui a eu lieu sur la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune à l’automne.
Une grappe de députés s’est détachée du collectif
Une partie des députés bataille pour adoucir le texte qu’ils jugent trop ferme à l’égard des demandeurs d’asile. Certains menacent également de s’y opposer lors de l’examen en Hémicycle qui débutera le 16 avril. « S’il n’y a pas d’avancées significatives, je voterai contre », a ainsi prévenu le député du Maine-et-Loire Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, lors de la même réunion de groupe. Il assure pour l’heure travailler à de « nouvelles avancées » sur le texte, sans s’avancer sur son vote.
Si la majorité des députés LRM se range derrière le compromis en cours de négociation avec Gérard Collomb, une grappe de députés s’est, elle, détachée du collectif lors de l’examen en commission des lois la semaine dernière. Une quinzaine...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-14">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Dans cette chronique hebdomadaire, le chercheur au CNRS Thibault Gajdos revient sur deux études américaines démontrant que les adeptes du libéralisme « centriste » gobent plus volontiers les « bullshits » que les plus radicaux.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Sans aucun rapport avec la vérité, les billevesées ne peuvent même pas être contestées »

Dans cette chronique hebdomadaire, le chercheur au CNRS Thibault Gajdos revient sur deux études américaines démontrant que les adeptes du libéralisme « centriste » gobent plus volontiers les « bullshits » que les plus radicaux.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 11h00
    |

                            Thibault Gajdos (chercheur au CNRS)








                        



                                


                            
Tendances France. Laurent Wauquiez, président du parti Les Républicains (LR), a vendu la mèche lors d’un cours aux élèves de l’Ecole de management de Lyon le 15 février : les discours qu’il débite habituellement aux journalistes sont des « bullshit ». En choisissant ce terme anglais signifiant à peu près (en moins poli) « billevesées », il ne cédait pas à une trivialité démagogique, et encore moins à une coupable paresse linguistique ; il faisait de fait référence aux travaux du philosophe américain Harry Frankfurt (On Bullshit, Princeton University Press, 2005, lien vers PDF en anglais).
Pour le philosophe américain Harry Frankfurt, les billevesées sont des déclarations ayant pour objectif d’impressionner l’auditeur, mais sans contenu réel
Ce dernier définit les billevesées comme des déclarations ayant pour objectif d’impressionner l’auditeur, mais sans contenu réel. Sans aucun rapport avec la vérité, elles ne peuvent même pas – et c’est précisément leur raison d’être – être contestées. Frankfurt note qu’elles abondent en particulier dans les sphères de la communication, de la publicité et de la politique.
Il est difficile de lui donner tort. Laurent Wauquiez, de son propre aveu, en sert à longueur d’entretien. Mais il n’est pas le seul. Le président de la République, par exemple, ne les dédaigne pas : « La démocratie est le système le plus “bottom up” de la terre » (Tweet du 29 mars) ; « Ce qui nous est demandé par le peuple, c’est de renouer avec l’esprit de conquête qui l’a fait pour, enfin, le réconcilier avec lui-même » (discours devant le Parlement réuni en Congrès le 3 juillet 2017).
Réceptivité
Si leur usage est donc assez largement répandu, on peut cependant se demander si nous sommes tous égaux devant les billevesées. C’est la question que se sont posée Gordon Pennycook (université de Yale) et ses collègues (« On the Reception and Detection of Pseudo-Profound Bullshit »,...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-15">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Les étudiants de l’Ecole publique de journalisme de Tours (EPJT) ont rassemblé, pour le blog Factoscope, des vérifications d’assertions du chef de l’Etat sur le sujet depuis sa candidature
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ 
<article-nb="2018/04/12/19-16">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Dans « Le vieux monde est de retour. Enquête sur les nouveaux conservateurs », la journaliste Pascale Tournier décrit la sphère des jeunes néoconservateurs.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Portrait d’une génération antimoderne

Dans « Le vieux monde est de retour. Enquête sur les nouveaux conservateurs », la journaliste Pascale Tournier décrit la sphère des jeunes néoconservateurs.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 10h57
    |

            Nicolas Truong








                        



                                


                            

Livre. Une révolution est en cours, mais elle n’est pas de velours. En France, des jeunes néoconservateurs veulent changer le monde. Et le repenser à nouveaux frais. Ces « anarchrists » et « catholiques identitaires » méthodiquement décrits par Pascale Tournier, rédactrice en chef adjointe au service actualité de La Vie, ne rêvent pas de Mai 68 mais de nouvelles limites.

Leurs ennemis ? Le progressisme, le multiculturalisme et le libéralisme. Leurs racines ? Chrétiennes, assurément. Leurs combats ? La lutte contre le mariage homosexuel, la PMA et la GPA, l’islamisation de la France ou la défense des chrétiens d’Orient. Leur doctrine ? « L’enracinement », concept puisé non sans abus chez la philosophe Simone Weil, réduit à l’idée que nous sommes des héritiers avant d’être des pionniers, qu’il y a des legs du passé (les racines, la culture, les territoires), et que tout n’est pas construit ou à inventer. Sans oublier, bien sûr, les notions plus habituelles de « souveraineté » et d’« identité ». Leur éthique ? Une décroissance qu’ils pratiquent en « révoltés BCBG ».
Un courant organisé et structuré
Orphelins de François Fillon et échaudés par les revirements de l’association Sens commun, ils se cherchent de nouveaux présidentiables, entre Laurent Wauquiez et Marion Maréchal-Le Pen. Surtout cantonné à la sphère des idées, le combat de certains d’entre eux, ouvertement identitaires, « peut flirter rapidement avec les thèses racistes du FN », explique l’auteure.
Moins catastrophiste, mélancolique, désespérée, outrancière ou déplorative que la précédente génération, la nouvelle « estime qu’elle peut gagner », assure Pascale Tournier. Contre la « déconstruction anthropologique » qui serait en cours avec les révolutions dans la filiation, des mères porteuses à l’homoparentalité, ces nouveaux « tories » conquièrent l’espace public.
« Ils disposent...



                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-17">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Le chef de file de La France insoumise veut tirer parti du mouvement social. Une manière de répondre au chef de l’Etat, qui parlera à la télévision, jeudi et dimanche.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 11/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Mélenchon cherche encore sa place dans le mouvement social

Le chef de file de La France insoumise veut tirer parti du mouvement social. Une manière de répondre au chef de l’Etat, qui parlera à la télévision, jeudi et dimanche.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 11h25
    |

            Abel Mestre








                        



                                


                            

Il est un mot de François Mitterrand que Jean-Luc Mélenchon a sûrement longuement mûri ces dernières semaines : « Les pièges que vous tendent vos ennemis sont autant d’incitation au combat. » Après un mois de mars dominé par Olivier Besancenot et son « initiative unitaire » de la gauche, le chef de file de La France insoumise (LFI) compte bien reprendre la main, à la faveur du mouvement social. Une manière aussi de répondre à l’omniprésence médiatique d’Emmanuel Macron, qui s’exprimera deux fois à la télévision, jeudi et dimanche.

La difficulté majeure pour M. Mélenchon est d’éviter toute accusation de « récupération » et de ne pas répéter son erreur de septembre 2017, quand il est apparu comme court-circuitant les initiatives syndicales. Il doit désormais devenir un point d’équilibre.
« Un travail de dentelle », selon lui. « C’est une nouvelle séquence par rapport à la rentrée, explique M. Mélenchon. La différence, c’est qu’elle part d’en bas. L’objectif des syndicats est d’enraciner le mouvement, il faut les y aider. On a changé de braquet. On arrête d’être le déclencheur pour se mettre au service du mouvement. » 
Crise de croissance
LFI connaît pourtant une crise de croissance qui lui complique la tâche. Visant à être « hégémonique » à gauche et à « fédérer le peuple », le mouvement n’a pas encore atteint une masse critique suffisante pour pouvoir changer seul les choses. Il lui faut donc composer avec ses concurrents : « Nous sommes trop gros pour pouvoir nous abstenir [d’agir] et pas assez pour frapper à notre guise », résume M. Mélenchon.
L’ancien candidat à la présidentielle pointe également l’unité syndicale retrouvée par rapport au mouvement contre la réforme du code du travail, où les centrales étaient parties en ordre dispersé. Il lui faut donc tout faire pour maintenir intact ce rapport de force afin de faire plier le gouvernement....




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-18">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ L’eurosceptique président de LR doit mesurer son discours pour ne pas diviser la droite française et le PPE.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 11/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Europe : les transgressions de Wauquiez passent mal

L’eurosceptique président de LR doit mesurer son discours pour ne pas diviser la droite française et le PPE.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 11h27
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            

La transgression peut-elle rencontrer des limites ? Laurent Wauquiez dispose d’un peu moins d’un an pour répondre à cette question de bac de philo. Le temps qu’il lui reste pour définir le projet que le parti Les Républicains (LR) va défendre durant la campagne des élections européennes de mai 2019.
L’apôtre du parler « cash », qui vient de fêter ses 43 ans, a jalonné sa carrière de bravades et de coups d’éclat, en particulier sur l’Union européenne (UE), qu’il qualifie de « rêve perdu ». Mais sa nouvelle responsabilité de président de LR l’oblige, en théorie, à mesurer son propos sur le sujet maintenant qu’il dirige une famille politique attachée à l’idée européenne.
Elle le place sous la pression conjointe d’une partie de ses troupes – rétive aux envolées eurosceptiques – et du Parti populaire européen (PPE), la formation européenne à laquelle appartient LR et dont M. Wauquiez accueille les dirigeants à Lyon, du mercredi 11 au vendredi 13 avril, pour une réunion sur le thème de la sécurité.
Il est une transgression, en tout cas, que le président d’Auvergne-Rhône-Alpes n’a pas franchie ces derniers jours : celle d’adresser ses félicitations au premier ministre hongrois Viktor Orban pour sa réélection, le 8 avril.
Encerclé de lignes rouges
En France, c’est le Front national (FN) qui s’est réjoui de la victoire du « défenseur de l’identité hongroise et de la protection des frontières ». LR s’est contenté de « prendre acte » du résultat. La députée européenne Nadine Morano y est tout de même allée de ses félicitations, décrivant le dirigeant magyar comme « réaliste et courageux face à la vague migratoire de masse ». Le président du groupe PPE au Parlement européen, l’Allemand Manfred Weber, s’attirait de son côté des critiques pour avoir lui aussi salué la victoire de M. Orban, dont le parti Fidesz appartient au PPE. Le chantre de la démocratie « illibérale » sent le soufre.
M. Wauquiez...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-19">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Dans un entretien au « Monde », la philosophe s’inquiète de l’offensive menée par les mouvements antiavortement au nom d’une idéologie qui défie la nature.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 11/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Elisabeth Badinter : « Il n’y a pas de féminisme sans laïcité »

Dans un entretien au « Monde », la philosophe s’inquiète de l’offensive menée par les mouvements antiavortement au nom d’une idéologie qui défie la nature.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 14h37
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            

Philosophe, Elisabeth Badinter n’a cessé de questionner les rapports entre les hommes et les femmes et de promouvoir un féminisme progressiste et républicain. Essayiste, elle s’attache à réfuter l’idée d’un amour maternel inné (L’Amour en plus, Flammarion, 1980), à défendre une ressemblance entre les sexes (L’un est l’autre, Odile Jacob, 1986), à étudier les racines de l’emprise des religions sur le corps des femmes ou bien encore à critiquer les impasses du néoféminisme (Fausse route, Odile Jacob, 2003).
Pour Le Monde, Elisabeth Badinter revient sur le mouvement #metoo et s’alarme de l’offensive d’une nouvelle droite catholique et identitaire contre les libertés des femmes, comme le droit à l’avortement.
Interdiction des relations sexuelles entre majeurs et moins de 15 ans, allongement des délais de prescription pour les crimes sexuels sur les mineurs, élargissement de la définition du harcèlement sexuel et moral, création d’une contravention d’outrage sexiste… Le projet de loi présenté par Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, et Nicole Belloubet, ministre de la justice, va-t-il dans le bon sens ?
Je suis contente que l’on ait tenu compte des avertissements du Conseil d’Etat contre les condamnations automatiques de jeunes majeurs qui auraient des relations sexuelles avec une adolescente de moins de 15 ans. En revanche, je regrette que l’âge du consentement soit fixé si tard et souhaite vivement que l’on tienne compte des observations du planning familial concernant les différences de maturité entre adolescents de 13 à 14 ans.

Enfin, la notion d’« outrage sexiste » me paraît englober des comportements très différents. Il me semble que l’on ne devrait sanctionner que les situations dangereuses, telles un homme qui vous suit de façon agressive ou des gestes inconvenants sur le corps des femmes. Mais pas les sifflements...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-20">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Analyse. L’écologie intégrale s’impose comme l’idéologie des nouveaux catholiques décroissants, observe Nicolas Truong, responsable des pages idées-débats du « Monde ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 11/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


La nouvelle écologie politique de droite

Analyse. L’écologie intégrale s’impose comme l’idéologie des nouveaux catholiques décroissants, observe Nicolas Truong, responsable des pages idées-débats du « Monde ».



Le Monde
 |    12.04.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 10h57
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            
L’écologie est un mot accroché aux lambeaux d’un parti en haillons. C’était pourtant un beau trou de verdure dans une vie politique presque exclusivement teintée de bleu, de rouge et de brun. C’est une idée qui court toujours, du géographe Elisée Reclus à l’agronome René Dumont ; une utopie qui se propage, du « contrat naturel » conceptualisé par le philosophe Michel Serres au mouvement des Colibris lancé par l’agriculteur Pierre Rabhi.
En France, le destin de l’écologie est associé à celui d’un parti politique, Europe Ecologie-Les Verts (EELV), qui devrait être porté par la lutte contre le réchauffement climatique ou la préservation de la biodiversité, mais qui agonise de ses querelles intestines, tiraillé entre culture de gouvernement et activisme citoyen, gauchisme culturel et défense de l’environnement.
L’écologie reste toutefois un terme que l’on revendique en politique, de Jean-Luc Mélenchon à Nicolas Hulot. Mais également – et c’est plus nouveau – du côté de Laurent Wauquiez. « Il y a une écologie de droite à construire », a ainsi assuré le président des Républicains (LR) lors de l’ascension du mont Mézenc (Haute-Loire), le 3 septembre 2017.
La nature est un don de Dieu
Le local contre le global, les produits du terroir contre les cultures hors-sol, l’intégrité de la nature humaine contre la démiurgie des manipulations génétiques : il est possible de tisser bien des liens entre l’écologisme et le conservatisme.
Longtemps restée à gauche, l’écologie est une idée en train de passer à droite. Et elle s’implante au cœur de sa frange la plus radicale. Avec un concept phare, « l’écologie intégrale ». Utilisé par le pape François dans son encyclique Laudato si’ (« Loué sois-tu ») sur la « sauvegarde de la maison commune » (2015), il signifie qu’« il est fondamental de chercher des solutions intégrales qui prennent en compte les interactions des systèmes naturels entre eux et avec les systèmes sociaux ».
Si...




                        

                        

