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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Un collectif estime qu’elle a vu naître de nouvelles façons de vivre avec la nature.
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Des architectes et des paysagistes défendent la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

Un collectif estime qu’elle a vu naître de nouvelles façons de vivre avec la nature.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 17h51
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 18h29
    |

            Isabelle Regnier








                        



                                


                            

La ZAD (zone à défendre), laboratoire de l’architecture de demain ? L’idée est soutenue avec ferveur par un collectif d’architectes, de paysagistes, d’urbanistes, de penseurs et de citoyens qui ont publié le 6 avril une tribune sur le site de Mediapart intitulée « Comme à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, défendons d’autres manières d’habiter », suivie d’une conférence de presse le 11, au lendemain de l’offensive des gendarmes et CRS sur le site de Loire-Atlantique. Révoltés par la violence des affrontements entre zadistes et forces de l’ordre et par la destruction des formes de vie et d’habitations qui avaient émergé sur place, les signataires – parmi lesquels l’architecte Patrick Bouchain et le paysagiste Gilles Clément – défendent la ZAD comme un laboratoire du futur. Un terrain d’expérimentations pour de nouvelles manières d’habiter, de travailler, de cultiver la terre, de bâtir, de vivre ensemble, dans le contexte actuel d’épuisement des ressources…
Du point de vue de l’architecture, cette voie vers la transition écologique se traduit selon eux par une grande variété de constructions et une remarquable inventivité : « Ce sont des corps de ferme rénovés lors de grands chantiers collectifs, de nouveaux hangars agricoles aux charpentes impressionnantes ; c’est aussi la force poétique des nombreuses cabanes dans les arbres, au milieu d’un lac, au coin d’une friche, ou d’un champ (…), écrivent-ils. Hors norme, multiples, divers, poétiques, adaptés, bidouillés, légers, sobres, précaires, faits de matériaux locaux ou de réemploi, en terre, en bois, en paille ou en récup, ces constructions répondent à leur échelle aux enjeux écologiques et énergétiques, à rebours du monde que l’industrie du béton et de l’acier est en train de construire partout sur la planète. »
Nicola Delon, architecte : « On est à l’opposé de la modernité aseptisée des hôtels Ibis ou des maisons qui s’alignent en rang d’oignons dans les périphéries, où l’on vit replié...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Notre choix du soir. Un excellent documentaire d’Olivier Joyard passe en revue de manière très riche et documentée la manière dont se conçoit le fatidique épisode ultime (sur Canal+ à la demande).
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TV – « Fins de séries » ou comment mettre un point final

Notre choix du soir. Un excellent documentaire d’Olivier Joyard passe en revue de manière très riche et documentée la manière dont se conçoit le fatidique épisode ultime (sur Canal+ à la demande).



Le Monde
 |    12.04.2018 à 17h45
    |

            Renaud Machart








                        


Documentaire sur Canal+ à la demande

   


Derrière le titre de ce documentaire en forme de jeu de mots (simple comme bonjour, mais il fallait y penser) se trouve une évocation, très documentée et qui abonde en témoignages nombreux, de l’épineuse et sensible problématique de la fin des séries télévisées. Fins de séries (2016), ­signé de notre confrère Olivier Joyard, est rediffusé par Canal+ à l’occasion de Canneseries, le ­festival international qui se tient, jusqu’au 11 avril, sur la Croisette.
On se souvient du noir terrible sur lequel s’achève Les Soprano, sans qu’on sache ce qu’il advient de son héros menacé de toutes parts… Beaucoup de téléspectateurs en témoignent, dont deux Italo-Américaines, assises à la ­table de restaurant où fut tournée cette scène finale, qui ont pensé que leur téléviseur était tombé en panne au moment fatidique…
Arrêts forcés
On se souvient tout autant de l’épisode surréaliste clôturant Lost, qui valut à son auteur, Damon Lindelof, la violente vindicte des fans sur Twitter (celle-ci l’entraînera vers une dépression) ; ou de celui, tourné comme une spirale inéluctable en temps accéléré, qui enterrait les uns après les autres les personnages de Six Feet Under… On a tous en nous un deuil sériel : une fin choquante, comme les trois déjà citées, celle de Dexter, qui déstabilisa ses aficionados, ou encore l’épisode final de Friends, qui montrait l’appartement déserté des célèbres colocataires. Entre autres nombreux souvenirs.
Sans oublier les arrêts forcés, voire brutaux, de certaines séries, qui constituent une mort d’autant plus choquante qu’elle n’est pas programmée. Au point que certains spectateurs décident de ne pas regarder la fin d’une série aimée afin de pouvoir laisser libre le champ des possibles de leur imagination. Pour autant, « envisager comment se termine une série, deux, trois ou dix ans plus tard, n’est pas un service que vous vous rendez : cela rend les choses trop ­rigides », affirme Vince Gilligan, le créateur de Breaking Bad.
Scénarios alternatifs
Parfois, une fin apparemment décalée s’explique pourtant par ce qui a précédé, comme le rappelle Damon Lindelof pour celle de Lost, qualifiée par Olivier Joyard d’« objet narratif mutant aux ramifications infinies ». Selon Lindelof, cette fin tant décriée était néanmoins une conclusion logique à une « sixième saison qui était devenue une méditation sur l’au-delà… » Sériephiles, essayistes, psychanalystes, auteurs, jeunes fans (dont les interjections régulières, « Attention, spoiler ! », sont hilarantes) et créateurs témoignent du rapport, parfois obsessionnel, entretenu par le public et les auteurs avec les séries et leurs personnages. On voit même deux acteurs dire leur insatisfaction : Dana Delany au sujet de l’épisode final de Desperate Housewives, et Richard Schiff à propos de l’évolution de son personnage dans A la Maison Blanche, après le départ du showrunner (créateur-producteur) Aaron Sorkin. Au point que Schiff refusera de participer au dernier épisode…
Une seule scène semble de trop, ou ajoutée pour faire symboliquement honneur à la création française, qui serait sinon absente du panorama tracé : celle avec l’actrice Hélène Fillières, pour Mafiosa. Sinon, le propos de Fin de séries est passionnant et sa ­réalisation habile et vive.
Sont également évoquées ­certaines fins alternatives imaginées pour des séries fameuses, telle celle de Dexter qu’avait ­prévue Clyde Phillips, scénariste ayant quitté la série au bout de quatre ans. Mais on n’en « divulgâchera » (« spoiler », au Québec) rien.
Fins de séries, d’Olivier Joyard (Fr., 2016, 65 min). Canal+ à la demande, jusqu’au 18 avril.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Destinée aux plus jeunes, cette série dispense avec humour et délicatesse une jolie leçon de tolérance (sur France 5 à 8 heures).
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TV – Les Blaireau-Renard, une famille recomposée et animée

Destinée aux plus jeunes, cette série dispense avec humour et délicatesse une jolie leçon de tolérance (sur France 5 à 8 heures).



Le Monde
 |    12.04.2018 à 17h30
    |

                            Camille Langlade








                        


Série d’animation sur France 5 à 8 heures



C’est un terrier où vivent des blaireaux et des renards. L’image a de quoi surprendre. Pourtant, elle illustre le quotidien d’une famille (presque) comme les autres : celle d’Edmond et de sa tribu. Un beau matin, ce blaireau sans histoire, veuf et père de trois marmots, recueille sous son grand châtaignier Marguerite, une flamboyante renarde, et sa fille, la très enthousiaste Roussette, dont le terrier vient d’être détruit par des chasseurs. Les sentiments font leur chemin et la famille Blaireau-Renard se forme, tant bien que mal.
Car cohabiter, ça s’apprend. Entre les chamailleries incessantes des uns et les états d’âme des autres, pas facile tous les jours de partager le même toit, ou plutôt le même trou. Adapté des six tomes de la bande dessinée Monsieur Blaireau et Madame Renarde (Dargaud), de Brigitte Luciani et Eve Tharlet, le programme explore le thème de la famille recomposée, et plus largement la notion de vivre ensemble. Comment trouver sa place au sein d’une fratrie, accepter l’autre malgré ses différences, et mettre de côté son ego : autant de problèmes abordés avec délicatesse par cette fiction à hauteur d’enfant.
Une adaptation réussie
Même si cette série animée s’adresse aux plus jeunes, ni les sujets forts ni les défauts des protagonistes ne sont éludés. Bien que de races distinctes, ces derniers parviennent à coexister et à s’aimer. Une belle leçon de tolérance délivrée à travers le prisme du monde animal. Pour autant, pas question d’humaniser à outrance les animaux. Les personnages sont – littéralement – à poils, et évoluent dans leur habitat naturel. La nature constitue un personnage à part entière, par l’image et les sons.
Remplie d’humour et de poésie, La Famille Blaireau-Renard porte un regard attentionné sur le quotidien d’une famille composite grâce à une adaptation réussie, sur le fond comme sur la forme. L’image, bien que de synthèse, reste proche de l’aquarelle des BD. Contrairement à d’autres dessins animés survitaminés, le rythme des Blaireau-Renard bat au ralenti. Pas de flash-back ni d’ellipse, l’histoire se déroule doucement sous nos yeux. De quoi permettre aux plus petits d’assimiler cette œuvre bucolique.
La Famille Blaireau-Renard, réalisé par Florian Ferrier (Fr., 2018, 52 × 12 min. Dès 4 ans). Du lundi au vendredi à 8 heures.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ La plate-forme de streaming américaine entend réagir à son exclusion de la compétition pour la Palme d’or lors du prochain Festival.
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Netflix retire un film d’Orson Welles de la sélection cannoise

La plate-forme de streaming américaine entend réagir à son exclusion de la compétition pour la Palme d’or lors du prochain Festival.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 16h46
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 17h25
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


C’est un rituel lors de l’annonce de la sélection officielle du Festival de Cannes. Thierry Frémaux, le délégué général, refuse d’énumérer les titres qui n’ont pas été retenus, et encore plus de donner les raisons de leur absence. Jeudi 12 avril, en égrenant les titres sélectionnés pour la 71e édition, il a pourtant regretté publiquement l’absence de The Other Side of The Wind, le long-métrage laissé inachevé par Orson Welles, terminé par le réalisateur Peter Bogdanovich et le producteur Frank Marshall. « Ce film avait sa place à Cannes, Orson Welles avait été président du jury », a remarqué Thierry Frémaux.

        Lire le compte-rendu :
         

          Netflix boude le Festival de Cannes par crainte d’un « manque de respect »



Mais ce projet a été financé par Netflix et, dans les heures qui ont précédé la conférence de presse cannoise, Ted Sarandos, le responsable des contenus de la plate-forme de streaming, avait annoncé à la publication professionnelle hollywoodienne Variety que son entreprise ne présenterait plus de films à Cannes, après l’exclusion de la compétition des longs-métrages qui ne sortiraient pas en salle.
Respecter la chronologie française des médias
Le délégué général du festival a par ailleurs évoqué un autre film, qui aurait pu prendre part à la compétition si Netflix avait bien voulu respecter la chronologie française. Il peut s’agir de Roma, du Mexicain Alfonso Cuaron (le premier qu’il ait tourné dans son pays depuis Y tu mama tambien), de Hold the Dark, de l’Américain Jeremy Saulnier, ou de Norway, le film du Britannique Paul Greengrass, qui évoque le massacre commis en 2011 sur l’île d’Utoya et à Oslo par Anders Breivik.
Dans l’état des relations entre le Festival et Netflix, les premières mondiales de ces films auront lieu ailleurs que sur la Croisette. Pour Ted Sarandos, la règle qui veut qu’un film sélectionné en compétition soit exploité en salle « est tout à fait contraire à l’esprit de n’importe quel festival ». Cette disposition a été prise après la sélection en compétition, en 2017, d’Okja, du Coréen Bong Joon-ho, et de The Meyerowitz Stories, de l’Américain Noah Baumbach, qui, dans plusieurs pays, sont sortis simultanément en salle et en ligne. La réglementation nationale interdit cette possibilité, et les deux longs-métrages n’ont jamais été projetés sur un grand écran français.

        Lire la rencontre avec Ted Sarandos (en mai 2017) :
         

          Pour Netflix, « un film peut recevoir la Palme sans sortir en salles »



La direction du Festival de Cannes avait laissé ouverte la possibilité de présenter des films diffusés par Netflix hors compétition, mais M. Sarandos a décliné la proposition : « Il n’y a pas de raison de le faire. Cette règle visait implicitement Netflix, et, quand Thierry l’a annoncée, il nous a explicitement désignés », explique-t-il.
« Dialogue fructueux »
Si le délégué général du Festival de Cannes assure qu’un « dialogue fructueux » se poursuit avec Netflix, le directeur des contenus de la plate-forme rappelle qu’il a « appris la nouvelle réglementation par la presse ». Pierre Lescure, le président du Festival, espère que le débat « ne pourra pas se solder par un “on ne vient plus” ». Mais, pour l’instant, l’impasse est totale, alors que Netflix accroît sans cesse ses investissements dans les longs-métrages – comme The Irishman, de Martin Scorsese, que l’on devrait voir en 2019.
Thierry Frémaux a fait valoir que d’autres acteurs de l’industrie américaine étaient présents à Cannes : des studios comme Universal, qui distribue Black Klansman, de Spike Lee (en compétition), et Un homme de parole, le documentaire que Wim Wenders a consacré au pape François ; Disney, qui dévoilera, hors compétition, Solo, nouvelle déclinaison de l’univers Star Wars ; et, parmi les étoiles montantes du secteur qui feront le voyage de Cannes, le producteur et distributeur A24 (Moonlight), qui présente Under the Silver Lake, de David Robert Mitchell.

        Lire le récit :
         

          Polémique à Cannes après la sélection de deux films financés par Netflix



Evoquant les films américains qui sortent à l’automne en vue de la campagne pour les Oscars, le délégué général a convenu que Cannes « n’est peut-être pas le lieu idéal » pour les montrer, « parce qu’il y a danger ». Il répondait à une question sur l’absence de The Brothers Sisters, le western auquel Jacques Audiard met la dernière main, qui a été cofinancé par un autre pilier du cinéma d’auteur américain, Annapurna Pictures, et n’a pas été soumis au comité de sélection du festival.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ La Galerie Mitterrand présente leur première exposition personnelle, du 14 avril au 27 mai. La cote de ce couple d’artistes aux œuvres poétiques et ludiques s’envole.
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Marché de l’art : l’irrésistible ascension de Claude et François-Xavier Lalanne

La Galerie Mitterrand présente leur première exposition personnelle, du 14 avril au 27 mai. La cote de ce couple d’artistes aux œuvres poétiques et ludiques s’envole.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 14h22
    |

                            Roxana Azimi








                        



   


Voilà encore vingt ans, ­personne n’aurait parié sur l’envolée des prix de Claude et François-Xavier Lalanne. Ce couple de sculpteurs exigeants et fantaisistes a certes toujours joui d’un fan-club de haute volée, les Agnelli, les Rothschild ou les Schlumberger, séduits par le bestiaire surréalisant et les motifs végétaux qui font depuis quarante ans leur signature. Jamais dérisoires, leurs prix étaient toutefois loin des paliers stratosphériques enregistrés depuis quelques années aux en­chères. Dernier record en date, le bar Les Autruches, qui s’est vendu pour 6,2 millions d’euros en décembre 2017 dans la vente Jacques Grange, chez Sotheby’s. Une jolie culbute : le décorateur l’avait acheté pour 120 000 euros en 1995.

        Lire aussi :
         

                Enchères : le Ritz se défait de son ancien mobilier



Dès la vente Bergé-Saint Laurent en 2008, les prix des Lalanne se sont emballés. Leur bar fut alors acheté par la propriétaire de la marque Fendi pour 2,7 millions d’euros. La vente Lalanne organisée en 2015 par Sotheby’s a aussi dopé les prix. Un fauteuil en marbre ­modèle oiseau s’est alors vendu pour 150 000 euros. Deux ans plus tard, le même modèle a décroché 280 000 euros.
« Indémodable et élégant »
Comment expliquer cette flambée ? Par l’arrivée sur le marché de nouveaux collectionneurs asiatiques, moyen-orientaux et russes. Mais aussi par la nature de leur travail. « C’est un art ludique, poétique, avec lequel on vit bien et qui touche autant les collectionneurs d’art ­contemporain que d’arts décoratifs », remarque Florent Jeanniard, spécialiste chez ­Sotheby’s. Pour le marchand parisien Jean-Gabriel Mitterrand, qui accompagne les ­Lalanne depuis 1975, « c’est la reconnaissance d’un goût français classique, indémodable et élégant ».
« Les gens recherchent en priorité le côté végétal de Claude et la ­dimension animalière de François-Xavier », explique Sonja Ganne, de Christie’s
Toutes les pièces ne connaissent toutefois pas le même emballement. « Les gens recherchent en priorité le côté végétal de Claude et la ­dimension animalière de François-Xavier », précise Sonja Ganne, spécialiste chez Christie’s. Parmi les best-sellers figurent les moutons et les bovidés, très prisés des col­lectionneurs d’art contemporain. Les premiers moutons en laine, datant de 1977, valaient autour de 10 000 francs. La deuxième série en époxy commencée en 1996 se négociait alors autour de 15 000 euros. Il faut désormais compter entre 140 000 et 200 000 euros.
Les Lalanne, 13 avril-27 mai, Galerie Mitterrand. Galeriemitterrand.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ La sélection du 71e Festival a été dévoilée jeudi. Sont notamment invités, le dissident iranien Jafar Panahi et le Russe Kirill Serebrennikov, assigné à résidence à Moscou.
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Festival de Cannes 2018 : Jean-Luc Godard, Spike Lee et Asghar Farhadi en compétition

La sélection du 71e Festival a été dévoilée jeudi. Sont notamment invités, le dissident iranien Jafar Panahi et le Russe Kirill Serebrennikov, assigné à résidence à Moscou.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 12h24
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 18h45
   





                        



   


La sélection officielle du 71e Festival de Cannes, qui se tiendra du 8 au 19 mai, a été dévoilée, jeudi 12 avril. A ce jour, 18 films sont sélectionnés pour briguer la Palme d’Or. Quelques ajouts de dernière minute sont possibles, a rappelé le délégué général du festival Thierry Frémaux, précisant que cela était parfois profitable aux heureux élus, comme l’an passé pour The Square, du Suédois Ruben Östlund.
Quatre cinéastes français sont en lice :
Stéphane Brizé avec En guerre ;Christophe Honoré avec Plaire, aimer et courir vite ;le Franco-Suisse Jean-Luc Godard avec Le livre d’image ;Eva Husson avec Les Filles du soleil. Cette dernière fait partie des trois femmes cinéastes sélectionnées, avec la Libanaise Nadine Labaki et l’Italienne Alice Rohrwacher.

        Sur le même sujet :
         

          « Everybody Knows » ouvrira le Festival de Cannes



Les 18 films sélectionnés :
Yomeddine, 
Film égyptien de A.B Shawky, avec Rady Gamal, Ahmed Abdelhafiz, Shahira Fahmy (1 h 37)
Ce premier long-métrage (le seul de la compétition) met en scène le voyage d’un lépreux, qui a quitté sa colonie, à travers l’Egypte d’aujourd’hui.
Leto (L’été), 

   


Film russe de Kirill Serebrennikov, avec Teo Yoo, Irina Starshebaum. (2 heures)
Leningrad, début des années 1980. Les prémices de la vague Rock en URSS. Viktor Tsoi est un jeune musicien inconnu. Sa rencontre avec Mike Naumenko et sa femme Natasha, avec qui ils vont former un triangle amoureux, va poser les jalons d’un parcours qui fera de lui l’idole de toute l’Union Soviétique, et de la Russie. Le cinéaste, également dramaturge et assigné à résidence dans son pays, avait présenté Le Disciple dans la section Un Certain Regard en 2016.
Lazzaro Felice, 
Film italien d’Alice Rohrwacher avec Nicoletta Braschi, Sergi Lopez, Alba Rohrwacher (2 h 10)
Après Les Merveilles en 2014, l’Italienne adepte de la décroissance écologique et esthétique, revient enchanter la compétition avec ces aventures de Lazzaro, personnage d’innocent né dans un hameau resté à l’écart du monde moderne, la réalisatrice veut étudier, à la manière d’un conte poétique, les bouleversements de la société italienne de ces 30 dernières années.
Zimna wojna (Guerre froide), 

   


Film polonais de Pawel Pawlikowski avec Joanna Kulig, Jeanne Balibar (1 h 25)
La Pologne revient en compétition grâce au réalisateur d’Ida, qui présente une histoire d’amour entre Varsovie et Paris, au temps où le mur était encore debout.
Three Faces

   


Film iranien de Jafar Panahi (1 h 24)
Une actrice reçoit l’appel au secours d’une jeune femme et traverse le pays en compagnie d’un cinéaste nommé Jafar Panahi. Le réalisateur de Taxi Téhéran a toujours la bougeotte malgré les restrictions que les autorités iraniennes imposent à ses mouvements.
Under the silver lake,

   


Film américain de David Robert Mitchell, avec Andrew Garfield, Riley Keough (2 h 20)
Le réalisateur du film de terreur It Follows se lance dans un de ces labyrinthes californiens qui ont déjà tant donné au cinéma, du Grand Sommeil à Inherent Vice, en passant par Chinatown.
Blackkklansman,
Film américain de Spike Lee, avec John David Washington, Topher Grace, Adam Driver (2 h 08)
Vingt sept ans après sa dernière participation à la compétition (Jungle Fever, 1991), Spike Lee revient avec l’histoire d’un policier afro-américain infiltré dans le Ku Klux Klan. L’auteur de Malcolm X est « toujours aussi en colère », selon Thierry Frémaux.
Buh-Ning,

   


Film coréen de Lee Chang-Dong, avec Yoo Ah-in, Steven Yeun (2 h 28)
Le réalisateur et homme politique coréen revient à Cannes avec un thriller huit ans après Poetry, qui avait remporté le prix du scénario.
Capharnaüm
Film libanais de Nadine Labaki (2 h 30)
De ce film fleuve, on sait seulement qu’il met en scène le procès intenté par un enfant à ses parents et que la réalisatrice l’a elle-même produit.
Shoplifters, 

   


Film japonais de Kore-Eda Hirokazu, avec Kirin Kii, Lily Franky, Sosuke Ikematsu (2 h 01)
Le réalisateur de Nobody Knows (en compétition 14 ans avant Everybody Knows) ne s’écarte pas de ses thèmes favoris, famille et marginalité : un clan de petits délinquants adopte un enfant trouvé.
Ash is purest white,

   


Film chinois de Jia Zhang-Ke, avec Zhao Tao, Fan Liao, Feng Xiaogang (2 h 30)
Comme avec son précédent long-métrage (Au-delà des montagnes, 2015), le réalisateur chinois traverse le temps mettant en scène dix ans de la vie d’une femme, maîtresse d’un voyou devenue notable.
Les filles du soleil,

   


Film français d’Eva Husson, avec Golshifteh Farahani, Emmanuelle Bercot (2 heures)
Alors qu’elle s'apprête à mener son unité à la reconquête d’une ville passée sous contrôle intégriste, une commandante kurde (Golshifteh Farahani) croise la route d’une journaliste française (Emmanuelle Bercot).
Plaire aimer et courir vite,

   


Film français de Christophe Honoré avec Vincent Lacoste, Pierre Deladonchamps, Denis Podalydès (2 h 12)
Dix après Les Chansons d’amour (2007), Christophe Honoré regagne les rangs de la compétition. 1990. Arthur a vingt ans et il est étudiant à Rennes. Sa vie bascule le jour où il rencontre Jacques, un écrivain qui habite à Paris avec son jeune fils. Le temps d’un été, Arthur et Jacques vont se plaire et s’aimer. Mais cet amour, Jacques sait qu’il faut le vivre vite.
Netemo sametemo (Asako I et II),

   


Film japonais de Ryusuke Hamaguchi avec Erkika Karata, Masahiro Higashide (1 H 59)
Alors que sort sur les écrans français son film fleuve Senses, Ryusuke Hamaguchi propose l’histoire d’une jeune femme qui perd son amour pour, deux ans plus tard, en rencontrer le double exact.
Le livre d’image,
Film suisse et français de Jean-Luc Godard (1 h 30)
« Rien que le silence, rien qu’un chant révolutionnaire, une histoire en cinq chapitres, comme les cinq doigts de la main. » En quoi se profile une réflexion en forme d’essai sur le monde arabe en 2017 à travers des images documentaires et de fiction. Un retour sur les cimes cannoises après Adieu au langage en 2104.
Dogman
Film italien de Matteo Garrone avec Adamo Dionisi, Francesco Acquaroli (2 heures)
L’auteur de Gomorra quitte Naples pour une banlieue de Rome où règne un chef de bande cocaïnomane.
En guerre

   


Film français de Stéphane Brizé, avec Vincent Lindon (1 h 52)
Todos lo saben, 
Film français, espagnol et iranien d’Asghar Farhadi, avec Penelope Cruz, Javier Bardem, Ricardo Darin (2 h 10)
L’Iranien Panahi et le Russe Serebrennikov invités
Le Festival de Cannes a invité jeudi le cinéaste dissident iranien Jafar Panahi et le metteur en scène russe assigné à résidence à Moscou Kirill Serebrennikov à venir à la prochaine édition, en mai, pour présenter leurs films en compétition.
Le cinéaste russe est invité pour son film « Leto » (« L’été »), retenu dans la course à la Palme d’or. Directeur artistique du Centre Gogol, un théâtre contemporain moscovite réputé, Kirill Serebrennikov est visé par une affaire de détournement de fonds publics qu’il dénonce comme « absurde ». Il a reçu le soutien de nombreuses personnalités artistiques russes et étrangères.
Concernant le réalisateur iranien, les autorités iraniennes « recevront une lettre de notre part et des autorités françaises pour autoriser Jafar Panahi à quitter le territoire, à présenter son travail et pouvoir rentrer dans son pays », a annoncé le patron du festival.
Intitulé Three Faces (Trois visages), le film de M. Panahi est en sélection, alors que ce réalisateur est interdit de travailler dans son pays. Couronné en 2015 par l’Ours d’or à Berlin pour Taxi Téhéran, filmé à l’intérieur d’un taxi, le cinéaste iranien est l’un des réalisateurs les plus influents de la nouvelle vague iranienne.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ A voir aussi ce soir. Dans un documentaire fouillé, David Doukhan retrace la fulgurante ascension du président de la République et la manière dont elle a été planifiée (sur LCI à 22 h 30).
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TV – « Emmanuel Macron, le dynamiteur » : une bombe à retardement ?

A voir aussi ce soir. Dans un documentaire fouillé, David Doukhan retrace la fulgurante ascension du président de la République et la manière dont elle a été planifiée (sur LCI à 22 h 30).



Le Monde
 |    12.04.2018 à 12h21
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 17h43
    |

                            Camille Langlade








                        


Documentaire sur LCI à 22 h 30

C’est une journée spéciale « Macron » que propose le groupe TF1 sur ses antennes. En effet, après l’intervention du président de la République au journal de 13 heures de Jean-Pierre Pernaut, LCI diffusera ce soir, à 22 h 30, Emmanuel Macron, le dynamiteur.
Dans ce film, le chef de l’Etat revêt différents costumes. D’abord, celui d’un Machiavel, qui aurait minutieusement planifié son arrivée à l’Elysée. Puis, celui, plus insidieux, d’un Brutus qui se serait débarrassé du père, autrement dit François Hollande. Voilà le portrait esquissé dans cette enquête signée David Doukhan, chef adjoint du service politique d’Europe 1, et produite par Particules Productions, la société de David Pujadas. Un dynamiteur intelligent qui aurait d’abord fait « exploser » le flanc gauche de la machine politique française, avant de s’attaquer à son flanc droit.

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                Emmanuel Macron sur TF1 pour convaincre retraités, ruraux et classes populaires



Le documentaire, dont la date de diffusion a été avancée (entretien exclusif oblige sur TF1), revient en cinq chapitres sur le parcours d’Emmanuel Macron, de sa sortie de l’ENA jusqu’à son fauteuil rue du Faubourg-Saint-Honoré. Derrière son titre accrocheur, Le Dynamiteur décrypte avec rigueur la trajectoire irrésistible d’un homme quasi inconnu du grand public il y a six ans, et désormais à la tête du pays. Une ascension soudaine, rapide, mais planifiée.
À travers des images d’archives et une vingtaine de témoignages, David Doukhan met au jour la stratégie de l’énarque pour « dynamiter » la droite, puis la gauche. Diviser pour mieux régner en somme. Le journaliste commence par présenter l’équipe d’« artificiers » du président : Benjamin Griveaux, Christophe Castaner, ou encore Ismaël Emelien, anciens soutiens de DSK.
Une enquête bien ficelée
Le film revient sur les moments clé du phénomène « Macron », mais aussi sur un événement qui aurait pu changer la donne : sa nomination à Matignon. Un temps, il aurait été question pour François Hollande d’établir un gouvernement composé à 50 % de personnalités issues de la société civile et à 50 % de politiques, avec à sa tête Emmanuel Macron. Ce dernier aurait été ainsi dans l’incapacité de se présenter pour les élections présidentielles de 2017. Mais cette hypothèse ne sera pas retenue par l’ancien président. « À quoi ça tient ? », ironise aujourd’hui Manuel Valls au micro de David Doukhan. Autre anecdote révélée dans le film par Gérard Collomb, l’actuel ministre de l’Intérieur : un dîner auquel a été confié Edouard Philippe par Emmanuel Macron, entouré de ses fidèles conseillers, qui était en réalité un entretien d’embauche déguisé.

Si le chef de l’Etat reste le personnage principal de ce film, et ce malgré son absence au générique (il a refusé d’y participer), il est raconté par une myriade de seconds rôles, ses alliés comme ses rivaux : Manuel Valls, Gérard Collomb, Christophe Castaner, Jean-François Copé, François Bayrou. L’enquête évoque aussi les candidats déchus de la dernière élection présidentielle qui viennent s’ajouter à la liste des victimes « collatérales » du plan de bataille d’Emmanuel Macron.
Pour ce documentaire politique, David Pujadas et David Doukhan ont voulu éviter deux écueils : l’hagiographie et/ou la plate restitution chronologique. « On voulait faire une enquête pour essayer de comprendre les ressorts de cette victoire et aller plus loin que la simple analyse qui consiste à dire “il a eu du talent et beaucoup de chance” » a expliqué David Pujadas au Monde. Rien à voir donc avec Emmanuel Macron, les coulisses d’une victoire, le film de Yann L’Hénoret qui avait suivi pendant cinq mois le candidat d’En Marche ! lors de la campagne présidentielle de 2017, au cœur de son QG de campagne.
Règlement de compte(s)
Le projet est parti d’un socle d’informations, des pistes établies par David Doukhan qu’il s’agissait ensuite de confondre et de corroborer avec les témoignages recueillis. « On avait des infos et on voulait les vérifier », résume le journaliste. Le résultat est une enquête extrêmement bien ficelée. Grâce à un montage ingénieux et dynamique, les protagonistes de tous bords se répondent et s’affrontent, offrant quelquefois aux téléspectateurs des répliques savoureuses. Et pour cause. Pour réaliser ses dix-neuf interviews, David Doukhan n’a pas eu besoin de contourner la langue de bois des hommes politiques : « J’ai été surpris de leur liberté de ton, se souvient-il. Ils se sont saisis de la caméra pour solder leurs comptes de l’année 2017. »
Est-ce que le dénouement de ces cinq actes sera digne d’une tragédie ? L’ère Macron : une parenthèse éphémère ou le gage d’une recomposition politique durable ? À la fin du film, la question reste ouverte, les avis partagés.
Macron le dynamiteur, de David Doukhan (Fr. 2018, 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Romans, philosophie, histoire, religion, document… Les brèves critiques du « Monde des livres » du 13 avril.
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Livres en bref

Romans, philosophie, histoire, religion, document… Les brèves critiques du « Monde des livres » du 13 avril.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 13h25
    |

                            André Loez (Historien et collaborateur du « Monde des livres »), 
                            Gilles Bastin (Sociologue et collaborateur du « Monde des livres »), 
                            Antoine Flandrin, 
                            Roger-Pol Droit, 
                            David Zerbib et 
                            Ariane Singer (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            Histoire. Marchand d’épouvante
Philippe Henriot. La Résistible Ascension d’un provocateur, de Christian Delporte, Flammarion, 416 p., 25 €.
L’historien Christian Delporte retrace non sans ironie l’ascension d’un traître. Philippe Henriot (1889-1944), écrivain sans talent, entré tardivement en politique au sein de la droite catholique, est élu député de Bordeaux en 1932. Vilipendé pour ne pas avoir combattu pendant la Grande Guerre, giflé en public par un député communiste, il finit par basculer du côté de l’extrême droite antiparlementaire, xénophobe et antisémite. Munichois, il se rallie à Pétain. Devenu, grâce à Radio Paris, le maître absolu de la propagande de Vichy, Henriot, « l’homme le plus écouté de France », déclenche « une guerre des ondes » avec Radio Londres, où Pierre Dac le ridiculise. Quelques semaines plus tard, la Résistance exécute « ce marchand d’épouvante », épisode que Delporte, au terme de cette biographie menée avec brio, raconte comme un roman policier. An. Fl.
Religion. Le « krach » catholique
Comment notre monde a cessé d’être chrétien. Anatomie d’un effondrement, de Guillaume Cuchet, Seuil, « La couleur des idées », 276 p., 21 €.
Dans les années 1950, l’Eglise catholique se prit de passion pour la sociologie. Le terrain avait été préparé par Gabriel Le Bras qui, dès les années 1930, avait commencé à collecter des données sur la pratique religieuse des Français. Le chanoine Boulard en fit remonter de nouvelles de tous les diocèses. Guillaume Cuchet retrace dans ce livre l’histoire de ce moment sociologique du catholicisme français pour comprendre le mystère qui entoure cette religion depuis le mitan des années 1960 : celui de son effondrement. La communion obligatoire, la confession, le jeûne, fidèlement appliqués jusque-là, disparaissaient en effet au même moment de l’horizon des nouvelles générations. L’historien prolonge...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ « Amo », de Brillante Mendoza, est vivement critiquée aux Philippines.
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Une série de Netflix accusée de faire le jeu des escadrons de la mort

« Amo », de Brillante Mendoza, est vivement critiquée aux Philippines.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 09h09
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 09h28
    |

            Harold Thibault








                        



   


Le vice-président des acquisitions de contenus de Netflix, Robert Roy, la décrit comme « une série audacieuse et à suspense qui a le potentiel pour saisir les spectateurs amateurs de sensations fortes de par le monde ». Certains estiment qu’elle pourrait connaître le même succès que Narcos.
Amo (« maître » ou « boss », en philippin), dont les douze premiers épisodes ont été mis en ligne le 9 avril aux Etats-Unis et dans plusieurs pays – mais pas encore en France –, se déroule dans les rues des Philippines sous la présidence de Rodrigo Duterte et sa sanglante campagne contre la drogue, qui a fait des milliers de morts – les chiffres officiels ne sont pas fiables. Ces petits revendeurs, toxicomanes ou simples voisins dénoncés à tort tombent sans autre forme de procès.
Le réalisateur, Brillante Mendoza, dont le travail a été plusieurs fois distingué à Cannes (Kinatay, prix de la mise en scène en 2009, Ma Rosa, prix d’interprétation féminine 2016), donnait déjà dans l’ultraviolence qui caractérise les mauvais quartiers de Manille. Il reprend ce thème dans Amo, avec ses propres convictions. Il a déjà expliqué qu’il voyait la campagne antidrogue comme une « nécessité », et ce malgré les condamnations des Nations unies et un examen préliminaire de la procureure de la Cour pénale internationale. Depuis deux ans, il n’a pas fait mystère de son soutien à la politique de M. Duterte, dont il a accepté de réaliser pour la télévision le discours le plus important, l’Adresse sur l’état de la nation, deux années d’affilée.
« Tuer n’est pas juste »
La série de Netflix suscite l’indignation des organisations de la société civile et de familles de victimes. Elles accusent M. Mendoza, qui, certes, n’élude ni la corruption ni la gâchette facile des policiers, d’avoir laissé de côté l’aspect le plus central, quoique inavoué de cette guerre sur les quartiers : dans de multiples cas, et comme cela l’a été pendant plus de deux décennies dans la ville dont Duterte a été maire, les escadrons de la mort sont les policiers eux-mêmes, qui enfilent des cagoules à la nuit tombée pour ne pas s’embarrasser de présomption d’innocence et autres procédures judiciaires, afin de liquider les revendeurs qui les savent mouillés dans le trafic et pourraient les dénoncer à la hiérarchie ou les faire chanter, ou par appât pour ces primes qui leur sont versées.
Une mère de famille dont le fils a été tué en avril 2017 de deux balles dans la tête au lendemain d’une dénonciation – infondée, selon elle – d’un voisin avec qui il s’était disputé et qui l’avait en représailles accusé au commissariat de vendre de l’herbe, a lancé une pétition, signée par 7 400 personnes cette semaine. Quatorze hommes masqués avaient enlevé son fils, Raymart Siapo, lui avaient cassé les bras et l’avaient abattu, alors que, souffrant d’un pied-bot, il était dans l’incapacité de courir. « Je voudrais vous demander d’annuler cette série. La guerre contre la drogue n’est pas la solution. Pour moi, tuer n’est pas juste. Chacun mérite une chance de vivre et de changer sa vie », écrit la mère endeuillée, Luzviminda Siapo, à la direction de Netflix.
« Une réécriture des faits indécente »
Joint par What’s App, M. Mendoza s’excuse de ne pas pouvoir donner d’interviews ces jours-ci mais s’est défendu auprès du Telegraph en disant s’intéresser aux « deux facettes de la médaille » : un gouvernement devenu « vraiment dur » sur le problème de la drogue, qui « doit être réglé », mais aussi une police fortement corrompue.
Ses critiques l’accusent de glorifier la campagne de Rodrigo Duterte et de ne pas montrer que le policier de jour et le tueur à moto de nuit sont souvent la même personne dans les Philippines d’aujourd’hui. « Lui présente les meurtres comme le résultat avant tout de conflits entre gangs. Ça ne représente pas la réalité, ça ne montre pas le fait que Duterte a transformé la police en une machine de mort. En ça, il contribue directement à la propagande de Duterte », s’insurge l’activiste Justine Balane, représentant d’un groupe de jeunes dénonçant le sang versé.
M. Balane accuse Netflix d’offrir une plate-forme mondiale à cette lecture des événements. « A voir la série, le public international pourrait croire que ces morts sont justifiées, que c’est légitime. C’est une normalisation, une réécriture des faits complice et indécente pour les familles de victimes », lance-t-il par téléphone. Netflix a estimé qu’il revenait au spectateur de se forger un jugement.

        Lire aussi :
         

                Netflix boude le Festival de Cannes par crainte d’un « manque de respect »



Sur le Web : brillantemamendoza.com/news/tag/amo



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ L’œuvre donnée au Metropolitan Opera, à New York, sera diffusée en direct le 14 avril dans 164 salles françaises.
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« Luisa Miller », de Verdi, de la scène au cinéma

L’œuvre donnée au Metropolitan Opera, à New York, sera diffusée en direct le 14 avril dans 164 salles françaises.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 08h11
    |

                            Marie-Aude Roux (New York)








                        



                                


                            

Une armada de caméras a envahi la salle du ­Metropolitan Opera de New York, qui accueille, ce lundi 9 avril, la ­quatrième représentation de Luisa Miller, de Verdi, dans la ­production créée en octobre 2001 par le metteur en scène australien Elijah Moshinsky. Elle n’avait pas été reprise depuis seize ans. ­L’objectif : assurer, avec une version de secours, la diffusion du samedi 14 avril dans les cinémas du monde entier. Le dernier jalon­ verdien, créé en 1849 au San Carlo de Naples, avant la « Trilogie populaire » (Rigoletto, Il Trovatore et La Traviata), sera projeté en direct et en HD. Luisa Miller fait en effet partie des dix productions de la saison 2017-2018 sélectionnées pour le programme « The Met : Live in HD ». En France, l’opéra sera ­diffusé dans quelque 164 salles du réseau Gaumont Pathé et associés.
Ceux qui relèvent le manque d’appétence du Met pour les ­mises en scène d’avant-garde ne seront pas contredits. Le travail de Moshinsky se conforme visuellement au synopsis, tiré par le ­librettiste Salvadore Cammarano de la pièce Kabale und Liebe, de Schiller : l’histoire des amours ­impossibles de la belle Luisa, fille du vieux ­soldat Miller, avec Rodolfo, le ­noble fils du comte ­Walter, ­promis à la duchesse Federica. ­Contrainte par le sinistre Wurm, prétendant éconduit, à écrire une lettre de rupture à Rodolfo pour sauver son père emprisonné et promis à la mort, Luisa, pour prix de son parjure, se verra empoisonnée par son amoureux, lequel mourra avec elle, non sans avoir poignardé son rival. Lumières classiques, costumes d’époque et magnifiques décors réalistes – notamment l’impressionnant ­salon seigneurial aux grands panneaux de bois gris, avec feu de ­cheminée, du comte Walter – sont cependant un régal visuel.
Plus encore que les yeux, les oreilles sont à la noce
Plus encore que les yeux, les oreilles sont à la noce. La Luisa de Sonya Yoncheva se révèle idéale....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Dans « La Mécanique des passions », Alain Ehrenberg corrèle l’engouement pour la mythologie cérébrale à l’individualisme contemporain, sans parvenir à étayer sa thèse.
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Overdose de neurosciences cognitives et comportementales

Dans « La Mécanique des passions », Alain Ehrenberg corrèle l’engouement pour la mythologie cérébrale à l’individualisme contemporain, sans parvenir à étayer sa thèse.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 10h14
    |

                            Elisabeth Roudinesco (Historienne et collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
La Mécanique des passions. Cerveau, comportement, société, d’Alain Ehrenberg, Odile Jacob, 336 p., 23,90 €.

Sociologue, directeur de recherches au CNRS, Alain Ehrenberg étudie dans ce nouveau livre les raisons pour lesquelles les neurosciences cognitives et comportementales (NSCC) suscitent un tel engouement qu’elles ont supplanté la psychanalyse et la psychiatrie dans l’approche des maladies de l’âme et des comportements humains normaux, depuis l’observation des enfants scolarisés jusqu’à celle des adultes en bonne santé.
L’affirmation d’une efficacité thérapeutique quantifiée par des évaluations ne suffit pas, selon lui, à expliquer cette fascination qui a conduit de nombreux chercheurs à ajouter le préfixe « neuro » à leur discipline : neuro-économie, neuro-histoire, neuro-psychologie, neuro-ceci ou cela. Tout se passe comme si l’on ne pouvait plus penser la condition humaine sans une référence obligée à une plasticité cérébrale censée expliquer à elle seule nos manières de vivre, de boire, de manger, de faire l’amour, de réussir ou d’échouer. Plus besoin de parler, il suffirait de regarder des flux synaptiques pour connaître le « potentiel caché » de chaque individu. Tel serait, selon l’auteur, le programme de cette « tribu » NSCC : étendre son pouvoir bien au-delà du domaine de la science et du traitement des pathologies.
Lame de fond
A travers une enquête menée avec les instruments d’une sociologie non encore neuronale, Alain Ehrenberg relate les modalités d’implantation de ce nouveau récit, né dans les universités de la Côte ouest des Etats-Unis et qui a envahi nos sociétés depuis une trentaine d’années. Cette lame de fond, qu’il considère comme le principal « baromètre » de l’individualisme contemporain, serait liée à la transformation de la subjectivité, paradigme des angoisses infantiles et généalogiques.

Plus besoin de savoir qui l’on est ni...




                        

                        


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<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos du « Gai Savoir de Nietzsche. Une manière divine de penser », d’Olivier Ponton.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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Figures libres. Comme Nietzsche, pensons poétique

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos du « Gai Savoir de Nietzsche. Une manière divine de penser », d’Olivier Ponton.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 11h10
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                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
Le Gai Savoir de Nietzsche. Une manière divine de penser, d’Olivier Ponton, CNRS Editions, « Philosophie », 306 p., 26 €.

Pour une fois, commençons par la fin. Dernière page, dernière phrase : « Le Gai Savoir est le plus beau livre du monde. » Voilà qui peut faire sourire. Décerner ce genre de médaille est même un exercice si vain, par définition si contestable, que pareille affirmation, au début de l’ouvrage, pourrait dissuader de poursuivre. Mais elle arrive ici au terme de 400 pages. Elles sont consacrées, on l’a compris, à une exploration – lumineuse et sensible – de ce texte central, publié par Nietzsche en 1882, où il formule deux intuitions majeures de sa pensée : « la mort de Dieu » et « l’éternel retour ».
Après avoir suivi le voyage que propose Olivier ­Ponton, professeur de philosophie en classes préparatoires, auteur notamment de Nietzsche. Philosophie de la légèreté (De Gruyter, 2007), on se dit qu’il n’a peut-être pas tort d’utiliser cette formule au premier regard curieuse.
Car il est bien beau, le gai savoir de Nietzsche ! D’une beauté inverse, en fait, à celle de la connaissance chez Platon. Ici, aucun ciel des Idées, pas d’arrière-monde, nul dehors de la caverne. Au contraire, un savoir mobile, pluriel, joyeusement dissonant – celui qu’engendre le corps, au gré de ses pensées organiques, pulsionnelles, individuelles.
Dire que « Dieu est mort », ce n’est pas affirmer qu’il n’existe pas mais plutôt constater que le monde est désormais dépourvu de sens. Il nous appartient donc de lui vouloir un sens, de le forger par nos propres moyens. Non pas une fois pour toutes, mais indéfiniment, dans la perspective d’un « éternel retour » de ce que nous désirons, décidons et fabriquons.
Tableau cubiste
Très finement, Olivier Ponton met en lumière les liens subtils entre ces affirmations et les styles multiples...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Une étrange mère coupe ses trois enfants du monde. La romancière japonaise, dissonante et métaphorique dans « Instantanés d’Ambre ».
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Yoko Ogawa, pas tout à fait ogresse

Une étrange mère coupe ses trois enfants du monde. La romancière japonaise, dissonante et métaphorique dans « Instantanés d’Ambre ».



Le Monde
 |    12.04.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 10h07
    |

                            Eric Loret








                        



                                


                            

Instantanés d’Ambre (Kohaku no matataki), de Yoko Ogawa, traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle, Actes Sud, « Lettres japonaises », 304 p., 22,50 €.
La petite musique de Yoko Ogawa, ici une grande symphonie, est toujours diabolique. En intervalles de quarte augmentée, méfiante, comme si deux mondes zigzaguaient l’un dans l’autre, et ce, depuis La Piscine, son premier récit traduit en français – déjà par Rose-Marie Makino-Fayolle, chez Actes Sud. C’était il y a vingt-trois ans, l’histoire d’une jeune voyeuse dont la frustration se retourne en sadisme contre l’enfant dont elle a la garde. Depuis, Ogawa a accumulé tous les prix littéraires possibles au Japon, a été adaptée en manga et au cinéma. Dans ce douzième roman traduit, on retrouve des enfants mal aimés (l’héroïne de La Piscine se sentait orpheline sans l’être) et un style volontiers dissonant, donc, nourrissant une narration proche du genre heroic fantasy. Le lecteur est plongé dans une imagination gamine, ramifiée et ratiocinante à la fois.
Os de poulet
« Leur mère, Ambre et Opale exprimèrent du respect envers ce professeur qui vivait au creux de l’oreille d’Agate. Pendant ce temps-là le benjamin continuait son corps-à-corps avec sa cuisse de poulet sauté. » Vous n’êtes qu’à la page 42 et, déjà, vous avez trébuché sur des dizaines de phrases comme celles-ci, dont on ignore si elles sont à prendre littéralement ou au figuré. La première décrit un des nombreux faits merveilleux qui constituent l’univers des Instantanés d’Ambre. Trois mômes y sont enfermés par leur mère derrière un mur de briques. Elle essaie d’effacer la vie d’avant, ayant perdu la plus jeune de ses quatre enfants : le monde extérieur est selon elle habité par un « chien maléfique ».
C’est le thème des parents pas tout à fait ogres mais surprotecteurs qu’on trouve chez Boris Vian (L’Arrache-cœur, 1953) ou dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ L’historien Florian Michel a mis au jour des trésors d’archives pour alimenter le portrait lacunaire mais intense d’un philosophe au destin foisonnant.
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Les incarnations d’Etienne Gilson

L’historien Florian Michel a mis au jour des trésors d’archives pour alimenter le portrait lacunaire mais intense d’un philosophe au destin foisonnant.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 10h12
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            
Etienne Gilson. Une biographie intellectuelle et politique, de Florian Michel, Vrin, 462 p., 35 €.

Le plus bel hommage d’un biographe à son sujet est peut-être, en renonçant à tracer la perspective qui révélerait l’unité d’une vie, de rendre les armes face à l’inachèvement et au trop-plein. On ne peut s’empêcher de le penser quand on referme, dans un mélange d’admiration et de frustration, l’« essai biographique » que Florian Michel consacre à Etienne Gilson (1884-1978), le premier en français sur ce penseur capital, « découvreur », selon le philosophe Jean-Luc Marion, du ­ « continent » de la philosophie médiévale, et particulièrement de la métaphysique de Thomas d’Aquin (1225-1274). Où est « la soudure », se demandait Marc Bloch (1886-1944), dont Gilson fut proche, entre tous les pans de cette vie bouillonnante ? Comment saisir ensemble l’érudit, le métaphysicien, le catholique, le républicain, le patriote, le cosmopolite, le théoricien de la « chrétienté » et le promoteur d’une « société universelle » fondée sur la raison ?
Lignes de force
Grâce au remarquable travail de recherche accompli par l’historien, directeur du Centre ­Pierre-Mendès-France à l’université ­Paris-I, qui met au jour des dizaines de documents inédits ou rarissimes, les incarnations d’Etienne Gilson se multiplient sans se résumer en aucune, laissant le « cher et inoubliable Gilson », comme l’écrivait Umberto Eco (1932-2016) dans la préface du Nom de la rose (Grasset, 1982), à sa réalité, à son mystère, pôle magnétique de ces trésors d’archives. Des lignes de force apparaissent cependant, qui permettent de ranger les éléments en quelques séries dont ressort, à défaut d’une vérité définitive, l’esquisse convaincante, vivante, d’un homme et d’un destin.
L’engagement dans la vie universitaire représente une de ces séries. Gilson, qui écrivait aussi bien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Claro a embarqué à bord du dernier Daniel Fohr, « Retour à Buenos Aires ».
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Le feuilleton. Chair rouge et cendres grises

Claro a embarqué à bord du dernier Daniel Fohr, « Retour à Buenos Aires ».



Le Monde
 |    12.04.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 10h15
    |

                            Claro (Ecrivain et traducteur)








                        



                                


                            
Retour à Buenos Aires, de Daniel Fohr, Slatkine & Cie, 224 p., 18 €.

On aurait tort de croire que dans le domaine de la fiction, simplicité égale insipidité. On le voit bien avec certains auteurs, qui parviennent à ladite insipidité à force de contorsions gênantes (la place me manque ici pour donner des noms), et confondent style et nougatine. Certes, il en est pour qui la simplicité est une pure affaire d’économie, et qui pensent donc l’atteindre en laissant la phrase traverser la pièce (la page) à petits pas (petits mots), comme sur des patins, histoire de ne rien salir – las, leur écriture alors n’est nullement blanche, juste transparente. Heureusement, et certains auteurs l’ont compris, la simplicité est avant tout affaire de grâce, d’équilibre. De même que marcher sur un fil tendu au-dessus du vide exige davantage qu’une aptitude à la marche et un certain courage, ne pas faire de vagues (inutiles) demande de solides connaissances en mécanique des fluides. C’est sans doute la raison pour laquelle les histoires simples racontées simplement ratent souvent leur but : le vertige que leur inspire leur propre vide les rend indigestes. Leur réduction à l’os a un goût de craie, scolaire qui plus est. Mais cessons de tourner autour du pot. Ce que je veux dire – plus simplement, donc –, c’est qu’on prend une belle leçon de simplicité en lisant l’impeccable Retour à Buenos Aires, de Daniel Fohr.
Le fil tendu ici est limpide : un homme, bibliothécaire de son état, embarque sur un porte-conteneurs au Havre afin ­d’aller répandre à Buenos Aires les cendres d’un parent, « l’Aviateur ». Il emporte également les quelques lettres échangées entre l’Aviateur et la femme que ce dernier aimait et qu’il devait rejoindre en Argentine – une histoire d’amour intense, brisée dans l’œuf au dernier moment par un télégramme laconique.
Voilà. Cent soixante-quinze pages sur le porte-conteneurs, vingt-cinq pages...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Comment, quand on est chirurgien, vivre avec la douleur de l’autre ? « Avant tout ne pas nuire » est un roman saisissant en forme d’introspection.
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Trauma de docteur

Comment, quand on est chirurgien, vivre avec la douleur de l’autre ? « Avant tout ne pas nuire » est un roman saisissant en forme d’introspection.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 10h00
    |

                            Bertrand Leclair (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Avant tout ne pas nuire. Corps étrangers, de Patrick Froehlich, Les Allusifs, 112 p., 11 €.
S’annonçant comme le premier volume d’une trilogie dévolue à la mémoire traumatique du médecin, Avant tout ne pas nuire marque une rupture avec les quatre livres publiés par Patrick Froehlich depuis Le Toison (Seuil, 2006). Malgré son caractère de fiction, ce bref et saisissant roman de l’éveil repose sur l’exercice d’introspection abrasif auquel se livre le narrateur dans son rapport à la douleur – la sienne, mais aussi celle des autres, à laquelle il se dit particulièrement sensible : « Ce partage procure, quand on soigne, l’avantage de la compréhension et l’inconvénient d’une trop grande sensibilité. » Car rien ne pèse autant que la douleur qu’il a pu être amené à infliger dans l’exercice de la chirurgie pédiatrique, d’autant qu’il a tardé à en prendre clairement conscience : d’où les longues nuits alcoolisées qu’il lui fallut traverser pour se supporter, étudiant, puis une vie de famille blessée par une irritabilité incontrôlable.
C’est d’ailleurs une question de sa fille adolescente, Véga, qui déclenche le récit, à propos d’une enfant que son père a dû opérer plusieurs fois, et qu’il a sauvée – non sans mal. « Tu n’as jamais fait mal à un enfant ? Dis-moi que tu n’as jamais fait mal à un enfant que tu soignes. » Son père s’entend répondre d’un non « peu articulé, guère audible, et dans ce manque d’affirmation il y avait, contenue, je ne peux le nier, une honte à laquelle j’étais confronté ».
Reproduction
Les métaphores médicales s’inviteraient à foison, à lire une écriture qui vise l’os, quitte à mettre, certaines pages, le nerf de l’émotion à vif. Aux yeux de l’auteur, de même que le médecin doit avant tout ne pas nuire, selon l’apocryphe serment d’Hippocrate, l’écrivain doit avant tout ne pas mentir : la fiction n’a de sens qu’à maintenir une tension...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Douglas Preston a participé, en 2015, à la découverte d’une cité précolombienne que tout le monde avait cherchée sans succès. Le journaliste américain raconte son aventure dans un livre, « La Cité perdue du dieu singe ».
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Au Honduras, l’aventurier de la Cité perdue


                      Douglas Preston a participé, en 2015, à la découverte d’une cité précolombienne que tout le monde avait cherchée sans succès. Le journaliste américain raconte son aventure dans un livre, « La Cité perdue du dieu singe ».



Le Monde
 |    12.04.2018 à 07h47
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 15h20
    |

            Samuel Blumenfeld








   


Douglas Preston aime aller loin. Et, si possible, là où personne ne s’est jamais rendu. A l’origine, à la fin des années 1970, le journaliste et romancier américain était un sédentaire, il préférait retracer les expéditions des autres. Responsable du catalogue des expositions au Musée américain d’histoire naturelle à New York, il avait entrepris de rédiger une histoire des explorateurs et de leurs expéditions à l’origine des collections réunies par son institution.
Dinosaurs in the attic. An Excursion into the American Museum of Natural History, écrit dans les années 1980, publié en 1993, reste le livre de référence pour qui veut se lancer dans une carrière à la Indiana Jones. Rien n’avait pourtant préparé le journaliste à lever l’un des derniers mystères de notre temps, soit la découverte en 2015 de la Cité blanche, ou Cité du dieu singe, qu’évoquait Hernán Cortés, le conquistador espagnol qui s’était emparé de l’Empire aztèque pour le compte de Charles Quint, et que personne à ce jour n’avait réussi à trouver. La quête de cette cité, située dans la jungle de la Mosquitia, dans le nord-est du Honduras, constitue le sujet de son nouveau livre, La Cité perdue du dieu singe, qui vient de paraître en France.
Comme une malédiction
A l’origine, Douglas Preston pensait que la réalité de cette ville bâtie par une civilisation précolombienne restait une illusion, le mirage de plusieurs générations d’explorateurs qui s’étaient fracassées sur ce Graal de l’archéologie. « Un explorateur était devenu fou. Un autre s’était suicidé. Un troisième, Théodore Morde, prétendait en avoir ramené plusieurs artefacts, mais il s’agissait d’une ruse pour toucher des subventions en Grande-Bretagne. Il ne s’est jamais véritablement approché de la cité et cherchait de l’or. Le plus étonnant est qu’il en avait trouvé, raconte le journaliste en visite à Paris. Puis la seconde guerre mondiale est arrivée, l’or de Théodore Morde ne lui servait plus à rien et il s’est suicidé. Je me disais donc qu’il y avait un livre à écrire sur cette quête impossible. Puis une nouvelle technologie, élaborée par la NASA, en 2012, nous a permis de conclure que la cité existait bel et bien. »
Douglas Preston pensait avoir été confronté à tous les impondérables durant sa carrière. Au Cambodge par exemple, où il était parti en 1995, pour le compte de National Geographic, à la découverte d’un temple situé en pleine jungle, où se réfugiaient les anciens rois d’Angkor, et encore géré par les khmers rouges. « Nous avions effectué le voyage avec quinze militaires cambodgiens, membres des forces spéciales, armés de fusil automatiques, de lance-roquettes et de grenades. Ils avaient encore plus peur que nous. »
« Personne n’y avait mis les pieds depuis cinq siècles. Le peuple, inconnu, qui a construit cette ville a disparu dans les années 1500, victime des maladies issues de l’ancien monde : oreillons, grippe, varicelle. » Douglas Preston
Le journaliste avait également eu accès à l’une des tombes, jamais ouvertes, de l’un des 52 fils de Ramsès II dans la Vallée des Rois en Egypte, qui donnera lieu à l’un de ses reportages les plus célèbres, publié dans The New Yorker en 1996. Mais rien ne s’approche des dangers auxquels il s’est exposé dans la jungle de la Mosquitia. « J’y ai passé neuf jours, neuf très longs jours. Je suis arrivé avec une équipe d’archéologues, des botanistes, des soldats des forces spéciales honduriennes. La Cité blanche se situe dans la jungle la plus épaisse au monde, à flanc de montagne, inaccessible en bateau. Le seul moyen de s’y rendre est en hélicoptère. Personne n’y avait mis les pieds depuis cinq siècles. Le peuple, inconnu, qui a construit cette ville a disparu dans les années 1500, victime des maladies issues de l’ancien monde : oreillons, grippe, varicelle, raconte-t-il aujourd’hui. Les animaux, jaguars et pumas, n’ayant jamais côtoyé un humain, n’ont pas cherché à nous attaquer. En revanche, les serpents, parmi les plus venimeux de la planète, restent une menace permanente. Enfin, il y a un parasite, baptisé Leishmania, particulièrement dangereux. Il mange votre peau, s’attaque à vos lèvres et à votre nez, jusqu’à ce que vous ayez un trou dans le visage. Ensuite, vous mourez. »

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                Découverte des vestiges d'une civilisation perdue au Honduras



Le président du Honduras avait songé à transformer ce territoire, désormais exploré, en écozone, accessible aux touristes, avant de renoncer à la suite de l’avis des médecins. Après ce reportage, Douglas Preston, lui, est retourné au Nouveau-Mexique, d’où il s’est péniblement extirpé de temps à autre pour de longs séjours à Washington afin de se faire soigner, avec succès, pour la leishmaniose contractée au Honduras. A un médicament près, la jungle de la Mosquitia allait devenir le lieu de son ultime expédition.
« La Cité perdue du dieu singe », de Douglas Preston, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Magali Mangin, Albin Michel, 384 p., 24 €.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Les 3 500 lots d’objets et meubles qui décoraient le palace parisien avant sa rénovation seront dispersés au cours d’une vente de cinq jours chez Artcurial, du 17 au 21 avril.
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Enchères : le Ritz se défait de son ancien mobilier

Les 3 500 lots d’objets et meubles qui décoraient le palace parisien avant sa rénovation seront dispersés au cours d’une vente de cinq jours chez Artcurial, du 17 au 21 avril.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 07h19
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 17h25
    |

                            Roxana Azimi








                        



   


Du mardi 17 au samedi 21 avril, Artcurial met en vente 3 500 lots de meubles et objets provenant de l’hôtel Ritz à Paris. Au menu : tabourets de bar, fauteuil de barbier du salon de beauté, casier de concierge, présentoir de verres, fauteuils, rideaux, etc. Avec des estimations de 100 à 5 000 euros, la maison de vente appartenant aux Dassault a toutes les chances de faire des étincelles.
« Il y a dans ces établissements un confort flamboyant, un côté spectaculaire, du panache » François Tajan, coprésident d’Artcurial
Le scénario – éprouvé – est toujours le même. Un grand établissement de luxe fait peau neuve. Et le temps du lifting – ou tout de suite après comme dans le cas du Ritz –, tout doit disparaître ! La mode a été lancée voilà une vingtaine d’années par Jacques Tajan. Le commissaire-priseur parisien orchestrait alors ses grandes ventes de prestige à l’hôtel George-V. A la fermeture du palace en 1997 pour un rafraîchissement intégral, il a été chargé d’en céder le fond. Résultat : plus de 20 millions de francs. « C’était du délire absolu », se souvient son fils, François Tajan. Ce dernier, coprésident d’Artcurial, a repris le flambeau en organisant les ventes du Crillon et du Plaza Athénée en 2013, et de l’Hôtel de Paris à Monaco en 2015.

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Tous ces grands hôtels ont un point commun : une décoration classique, avatar des styles Louis XVI, Empire et Napoléon III. « Il y a dans ces établissements un confort flamboyant, un côté spectaculaire, du panache, indique François Tajan. C’est un certain art de vivre, même s’il n’obéit pas aux canons de la modernité. » Bien que ridiculisé par l’irrésistible série télévisée de Jean-Michel Ribes, le « goût Palace » est plébiscité : ces ventes enregistrent 100 % de lots vendus.
Les grands hôtels font rêver
Artcurial a ainsi comptabilisé dix mille enchérisseurs lors de la vente du mobilier du Crillon. Ces acheteurs sont bien souvent occasionnels. « On ne les revoit plus jamais dans nos ventes », confie Fabien Béjean-Leibenson de la maison Pierre Bergé & Associés, organisatrice de la vente du Lutetia en 2014. Ce succès repose sur un seul ressort, le fétichisme. « Il y a une nostalgie pour ceux qui y ont séjourné et qui veulent une part de leurs souvenirs, et aussi pour ceux qui n’y sont pas allés et qui fantasment autour de la vie d’hôtel », résume François Tajan.

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Ces grands hôtels font rêver autant que les memorabilia des stars, parce qu’ils représentent une page d’histoire, plus ou moins glorieuse. Le Lutetia fut pendant l’Occupation le quartier général des renseignements généraux nazis, avant d’accueillir les déportés à leur retour des camps de concentration. Mais l’hôtel fut aussi fréquenté avant-guerre par de grands écrivains, tels qu’André Gide ou Antoine de Saint-Exupéry. Albert Cohen y a même écrit son roman le plus célèbre, Belle du Seigneur.
Inauguré en 1898, le Ritz fut le lieu de prédilection des têtes couronnées et des milliardaires américains, mais aussi d’écrivains tels que Marcel Proust, qui y rédigea quelques scènes de sa Recherche, ou Ernest Hemingway, pilier du bar dès les années 1920. Quelques films légendaires du cinéma américain y furent tournés, comme Un Américain à Paris ou Funny Face (Drôle de frimousse, titre français).
« La provenance peut décupler la valeur des objets »
Ces pedigrees font mouche. Lors de la vente de l’Hôtel de Paris en 2015, les pièces de la suite Winston Churchill, un fidèle de l’établissement monégasque, ont crevé le plafond. Un simple retirage d’une photo représentant l’ancien premier ministre britannique, estimé 100 euros, s’est adjugé pour 9 200 euros. Lors de la vente du Crillon, une enseigne du restaurant estimée 2 000 euros s’est adjugée 20 000 euros. « La provenance peut décupler la valeur des objets, car les gens veulent s’approprier une parcelle de ce monde », indique Stéphane Aubert, directeur associé d’Artcurial. N’était leur origine, certains sièges du Ritz estimés aujourd’hui autour de 500 euros ne vaudraient guère plus que 50 à 100 euros dans une vente courante.

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Ces dispersions sont toujours roboratives : 10 000 pièces en 3 500 lots pour l’Hôtel de Paris ; 3 000 lots pour le Lutetia ; 3 500 lots dans le cas du Ritz, qui seront vendus sur cinq jours. On pourrait frôler l’indigestion. Et pourtant, le public en redemande. « On ne pensait pas qu’un mobilier qui se répète de chambre en chambre se vendrait bien. Mais les gens n’étaient pas rassasiés après avoir vu cinquante fois le même canapé modèle corbeille », s’étonne encore Fabien Béjean-Leibenson.
« Un côté “prêt à installer” chez soi »
De manière très surprenante, les objets « de style », ou copies réalisées au XXe siècle, valent souvent plus cher que des originaux du XVIIIe ou XIXe siècle. « Beaucoup de ces meubles sont en très bon état car les établissements avaient leurs propres ateliers de tapisserie et d’ébénisterie, remarque François Tajan. C’est plus solide qu’un siège qui a deux cents ans. Il y a un côté “prêt à installer” chez soi. »

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Qu’en est-il pour le mobilier d’artiste, présent au compte-gouttes dans ces établissements ? Au Crillon, le bar tout en facettes de César s’est vendu 324 800 euros. Mais ces pièces souvent uniques sont moins prises d’assaut que les objets sériels plus modestes traduisant l’esprit Palace. « Les prix sont plus importants que le mobilier classique, entre 15 000 et 50 000 euros, remarque Fabien Béjean-Leibenson, et du coup on touche plutôt nos amateurs habituels d’œuvres d’art. » 
Ritz Paris, du 17 avril au 21 avril, Artcurial, Artcurial.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Histoire d’un livre. Il y a bientôt quarante ans, Richard Goulet entreprit de répertorier tous les penseurs antiques dans un dictionnaire. Le septième et dernier tome paraît.
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2 491 résurrections de philosophes antiques

Histoire d’un livre. Il y a bientôt quarante ans, Richard Goulet entreprit de répertorier tous les penseurs antiques dans un dictionnaire. Le septième et dernier tome paraît.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 07h01
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 11h04
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
Dictionnaire des philosophes antiques (tome VII). D’Ulpien à Zoticus, sous la direction de Richard Goulet, CNRS Editions, 1 472 p., 95 €.

C’est un peuple d’ombres que répertorie ce monumental Dictionnaire des philosophes antiques, dont le dernier volume vient de paraître. Silhouettes juste entrevues, œuvres perdues dont seul subsiste le titre, penseurs ne survivant que par une phrase, une anecdote, une mention sur une stèle ou un papyrus…
Au premier regard, rien qu’une poussière de détails. Mais ce sable est si abondant, parfois si coloré, qu’il finit par dessiner des dunes, des paysages parlants. On y entend des voix, on y discerne des courants, des écoles, une immense vie intellectuelle, diversifiée, fourmillante, bigarrée. ­Personne n’en avait mesuré ni l’ampleur ni la diversité.
Océan de sources
Imaginez : 2 491 philosophes antiques ! Combien en connaissez-vous ? La liste est courte. Presque tous, nous sommes bien en peine d’en nommer plus de vingt ou trente. Or ils sont ici cent fois plus nombreux, enseignant du VIe siècle avant notre ère au VIe siècle de notre ère, parlant grec, latin, arabe, hébreu, syriaque, nés dans des cités dispersées, du Péloponnèse à l’Asie mineure, de Rome à l’Egypte. En presque quarante ans de travail (le projet est né en 1981) et trente ans de publication (le premier volume est paru en 1989), la gigantesque masse d’informations réunies par ce Dictionnaire a transformé l’approche de la philosophie antique.
Est-ce un livre ? Les huit volumes, et le Supplément, 9 340 pages, occupent une étagère entière. Au point de départ de cette aventure, l’exigence d’un chercheur, Richard Goulet, aujourd’hui directeur de recherche émérite au CNRS. Au milieu des années 1970, élève de Pierre Hadot à l’Ecole pratique des hautes études, membre de l’équipe de recherche de Jean Pépin au CNRS, il travaillait sur le concept de « sympathie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Le romancier place sa « Petite Gauloise » sous la menace du terrorisme et de la déliquescence sociale. Anxiogène, féroce et brillant.
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Le jeu de massacre de Jérôme Leroy contre les institutions

Le romancier place sa « Petite Gauloise » sous la menace du terrorisme et de la déliquescence sociale. Anxiogène, féroce et brillant.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 07h01
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 09h59
    |

                            Stéphanie Dupays (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

La Petite Gauloise, de Jérôme Leroy, La Manufacture des livres, 142 p., 12,90 €.
Jérôme Leroy aime imaginer le pire. Placé sous le double patronage de Debord (« Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi, le terrorisme ») et de Pasolini (« Peut-être est-ce moi qui me trompe. Mais je continue à dire que nous sommes tous en danger »), son nouvel opus s’annonce aussi anxiogène qu’incisif.
Comme souvent chez l’écrivain, habile à mêler polar et anticipation, l’action se situe dans un futur très proche. Le cadre : une grande ville de l’ouest du pays, aux mains d’un parti d’extrême droite. La police est sous tension. Une nuit, une fusillade éclate dans un bar, la cité des 800 menace de s’enflammer et un attentat est à craindre. Avec sa troublante amie surnommée « la Petite Gauloise », qui sous des airs sages cache une rage sourde, le Combattant, un musulman radicalisé, trame quelque chose.
Proviseur neurasthénique
C’est dans cette atmosphère électrique qu’Alizé Lavaux, une auteure jeunesse, débarque pour une rencontre avec les élèves du lycée Charles-Tillon, coincé entre une autoroute et un centre commercial. Flavien Dubourg, le professeur de français, l’a invitée moins pour ses romans que pour son physique d’« elfe roux ». Dans le préfabriqué renommé classe provisoire, la tension de la ville gagne les lycéens, à l’exception de la mystérieuse Stacy Billon, unique bonne élève de la classe, lectrice de Rimbaud et objet des fantasmes de son entourage. Quand la sirène retentit annonçant une alerte attentat, la situation dérape de façon inattendue.
En moraliste déçu, Leroy dépeint une humanité peu reluisante. Dans La Petite Gauloise, on croise des flics dépassés, un proviseur neurasthénique, un prof frustré, des jeunes déboussolés. Mais le jeu de massacre vise moins ses personnages que les institutions : l’école, impuissante à contrecarrer...




                        

                        

