<FILE-date="2018/04/12/19">

<article-nb="2018/04/12/19-1">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Après les polémiques sur le glyphosate, la Commission européenne veut redorer son blason en réformant les règles de la sécurité sanitaire.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Bruxelles propose plus de transparence dans l’homologation des pesticides

Après les polémiques sur le glyphosate, la Commission européenne veut redorer son blason en réformant les règles de la sécurité sanitaire.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 18h01
    |

            Stéphane Foucart








                        



   


Après trois ans de controverses sur la sûreté du glyphosate, la Commission européenne veut redorer le blason du système de sécurité sanitaire de l’Union. Elle a présenté, mercredi 11 avril, son plan de réforme de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), régulièrement critiquée par les organisations non gouvernementales et les parlementaires européens pour son manque de transparence et sa proximité avec les industriels qu’elle régule.
Les propositions de réforme sont la réponse de Bruxelles à une Initiative citoyenne européenne lancée début 2017 par un collectif d’ONG, demandant l’interdiction du glyphosate et une refonte des procédures d’homologation des pesticides en Europe : l’initiative ayant rassemblé plus d’un million de signatures, la Commission était légalement tenue d’y apporter une réponse.
Le point saillant de la réforme proposée par Bruxelles garantit une transparence accrue. Celle-ci prévoit en effet la publication des données générées par les études industrielles fournies à l’appui des demandes d’homologation. Aujourd’hui, une société souhaitant mettre sur le marché un nouveau produit phytosanitaire, par exemple, doit fournir à l’EFSA des études réglementaires répondant à un certain cahier des charges, et évaluant la toxicité de sa molécule. Mais les données brutes de ces études demeurent confidentielles et ne peuvent pas être examinées par des scientifiques indépendants, des ONG, des sociétés savantes, etc.
L’agence pourrait voir son budget augmenter de 75 %
La proposition de la Commission « donnera un meilleur accès aux informations scientifiques soumises à l’EFSA », explique-t-on à Bruxelles. En outre, l’exécutif européen souhaite que des études supplémentaires puissent être conduites par les autorités sanitaires en cas de doutes et veut associer plus étroitement les Etats membres dans l’évaluation des substances entrant dans la chaîne alimentaire.
« Plus de transparence est évidemment appréciable, mais le diable est dans les détails, commente Martin Pigeon, chercheur à Corporate Europe Observatory (CEO), l’une des ONG à l’origine de l’Initiative citoyenne. Mais on ne sait pas encore précisément comment ces données pourront, ou ne pourront pas, être utilisées à des fins de réanalyse. On ignore notamment si les chercheurs qui voudront réanalyser les données seront soumis à l’autorisation des industriels, qui en demeurent les propriétaires. »
La réforme voulue par Bruxelles inclut également la création d’un registre des études conduites par l’industrie. Ce registre devrait permettre d’éviter que seuls les tests fournissant des résultats favorables ou rassurants soient in fine soumis aux autorités : toutes les études conduites devraient en effet être inscrites à ce registre. Un modèle inspiré de la réglementation en vigueur pour les études cliniques préalables à la mise sur le marché des médicaments.
« Pas les moyens de ses ambitions »
« Ce texte va dans le sens du combat que nous menons depuis plus d’un an maintenant et devra jeter les bases de nouvelles pratiques garantissant transparence et indépendance du processus décisionnel de l’Union », estime l’eurodéputé Eric Andrieu (groupe social-démocrate), président de la commission spéciale sur le système d’autorisation des pesticides en Europe. M. Andrieu rappelle que l’EFSA ne dispose que d’un budget de 80 millions d’euros par an, très inférieur à celui de son homologue américaine, et « n’a pas les moyens de ses ambitions ». La proposition de la Commission prévoit aussi une hausse considérable du budget de l’EFSA. L’agence basée à Parme (Italie) pourrait voir son budget augmenter de 62,5 millions d’euros, soit une hausse de 75 %.
Pour Greenpeace, une autre des ONG ayant porté l’initiative citoyenne qui a conduit à ce projet de réforme, celui-ci n’est pas suffisant. « La Commission n’a répondu qu’à un petit nombre de nos demandes, dit Franziska Achterberg. Par exemple, les tests réglementaires demeurent conduits par les industriels eux-mêmes, dans des conditions évidentes de conflits d’intérêts. Ce que nous voulons est que ces tests soient commandités par les pouvoirs publics. » M. Andrieu formule les mêmes réserves. « Ce texte ne règle pas tous les problèmes, à commencer par celui de l’objectivité des études de l’industrie, précise-t-il dans un communiqué. Les firmes gardent la mainmise sur les tests réalisés sur leurs propres produits. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-2">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ La mise en place du protocole WLTP en septembre 2018 risque d’augmenter le calcul des émissions de CO2, et d’accroître ainsi la fiscalité des véhicules.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Pollution : les flottes dans le flou à la veille de nouvelles homologations

La mise en place du protocole WLTP en septembre 2018 risque d’augmenter le calcul des émissions de CO2, et d’accroître ainsi la fiscalité des véhicules.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 18h00
    |

                            Jean-Pierre Lagarde








                        



                                


                            

Le 1er septembre, le protocole d’homologation WLTP (Worldwide Harmonized Light Vehicles Test Procedure, ou procédure d’essai mondiale harmonisée pour les voitures particulières et véhicules utilitaires légers, en français) ­s’appliquera à tous les nouveaux véhicules commercialisés.
Dans la foulée, s’ajoutera un second protocole baptisé RDE, effectuant en conditions réelles de circulation les tests et mesures d’homologation, proposant ainsi des résultats de consommations et d’émissions plus proches de la réalité. Si après le « dieselgate », ­chacun appelait de ses vœux une ­procédure de mesure des émissions polluantes plus proche des conditions réelles de conduite, son introduction aujourd’hui engendre de nombreuses incertitudes.
« Pour les entreprises, la question va se poser soit d’accélérer le renouvellement de leur parc, soit d’attendre et de prolonger les contrats de location existants. » Jean-Loup Savigny, directeur commercial et marketing de LeasePlan
La mesure réelle des consommations et des émissions de CO2 des véhicules mis sur le marché devrait en effet se traduire par une hausse de l’ordre de 20 % et augmenter d’autant la fiscalité liée à ces véhicules dans les flottes d’entreprise. Certains constructeurs ont relevé sur leur gamme une augmentation de 10 à 20 g/km de CO2 entre l’ancien et le nouveau mode de mesure. Inutile de dire qu’une adaptation de la fiscalité automobile à ce nouveau protocole d’homologation est très attendue par les entreprises.
D’autant que rares sont les témoignages des constructeurs automobiles ­pouvant rassurer les gestionnaires de parc et leur permettre de déterminer une politique de renouvellement de leur flotte cette année. Comme le suggère Jean-Loup Savigny, directeur ­commercial et marketing du loueur LeasePlan, « ces nouvelles procédures vont ­certainement conduire à une refonte des politiques de gestion des flottes car, si la fiscalité sur les véhicules...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-3">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, qualifie de « sérieuses » les nouvelles anomalies découvertes sur des soudures du réacteur de troisième génération.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

EPR de Flamanville : l’Autorité de sûreté nucléaire critique « un défaut de surveillance »

Le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, qualifie de « sérieuses » les nouvelles anomalies découvertes sur des soudures du réacteur de troisième génération.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 15h27
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 15h47
    |

            Pierre Le Hir








                        



   


Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Pierre-Franck Chevet, est revenu en des termes sévères, jeudi 12 avril au Sénat, sur les nouveaux défauts de soudure mis au jour mardi sur l’EPR de Flamanville (Manche). Des anomalies qu’il a jugées « sérieuses » devant l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, auquel il présentait le rapport annuel sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France.

        Lire aussi :
         

          De nouvelles anomalies détectées à l’EPR de Flamanville



Il avait déjà usé du même qualificatif en février, au sujet de premiers « écarts » détectés dans la réalisation de certaines soudures des tuyauteries reliant les générateurs de vapeur (au nombre de quatre sur l’EPR) vers la turbine. Trente-huit soudures étaient mises en cause. Mais, avait alors assuré EDF, il s’agissait d’écarts par rapport à un référentiel de « haute qualité », plus exigeant que les normes standard appliquées aux équipements sous pression nucléaires, si bien que selon l’électricien, ces circuits restaient « aptes à assurer leur mission en toute sûreté ».

        Lire aussi :
         

                Nouveaux déboires pour l’EPR de Flamanville



Le problème est en réalité plus étendu que ne le laissait alors entendre EDF. A la fin de mars, l’entreprise a en effet découvert, à l’occasion de la « visite complète initiale » préalable à la mise en service du réacteur de troisième génération, de nouveaux « écarts de qualité ». Et cette fois, non pas par rapport à des exigences de sûreté renforcées, mais par rapport à la réglementation normale pour ce type d’équipements.
150 soudures potentiellement concernées
Ces défauts portent sur l’ensemble du circuit secondaire principal du réacteur. Il ne s’agit donc plus seulement des sections évacuant la vapeur des générateurs vers la turbine, mais aussi des parties ramenant l’eau condensée vers les générateur de vapeur. Soit 350 mètres de tuyauteries. De ce fait, c’est la totalité des 150 soudures de ce circuit fermé qui est potentiellement concernée, y compris celles dont EDF avait affirmé, dans un premier temps, qu’elles restaient malgré tout bonnes pour le service.
L’ASN, qui a réalisé mardi une inspection du chantier de l’EPR normand, se montre particulièrement critique. « L’inspection a mis en évidence que l’organisation et les conditions de travail lors des contrôles de fin de fabrication ont globalement nui à la qualité des contrôles, écrit-elle dans une note d’information. Par ailleurs, une surveillance inadaptée de ces prestations par EDF et Framatome [ex-Areva NP] n’a pas permis d’identifier et de remédier aux difficultés rencontrées par les intervenants. »
Devant les parlementaires, Pierre-Franck Chevet a enfoncé le clou, déclarant qu’il y avait clairement « un défaut de surveillance » par EDF et Framatome. « Pour certaines soudures, on ne comprend pas comment les anomalies n’ont pas été détectées avant », a-t-il ajouté. Et d’expliquer que les vérification devront être étendues à « d’autres circuits sur l’EPR », au-delà du circuit secondaire principal.
« Situation anormale » et « alerte sérieuse »
Interrogé par Le Monde, Thierry Charles, directeur général adjoint de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), parle lui aussi d’une « situation anormale » et d’une « alerte sérieuse », dans la mesure où se conjuguent trois défaillances : des soudures mal réalisées, des contrôles de fabrication déficients et une surveillance par EDF « trop tardive ».
L’ASN attend désormais les résultats des « contrôles additionnels » annoncés par l’électricien sur les 150 soudures potentiellement suspectes, « afin d’indentifier précisément celles qui présentent des écarts de qualité ». Ces conclusions sont attendues pour la fin de mai. L’exploitant devra alors détailler les mesures correctives qu’il mettra en œuvre, celles-ci pouvant aller, précise l’IRSN, d’une simple reprise des soudures, dans l’hypothèse la plus favorable, au remplacement du circuit, dans le pire des cas.
D’où la prudence d’EDF, qui explique que ce n’est qu’à l’issue des vérifications et de l’instruction conduite par l’ASN que l’entreprise sera « en mesure de préciser si le projet nécessite un ajustement de son planning et de son coût ». Jusqu’à présent, le chargement de l’EPR en combustible nucléaire était programmé pour la fin du quatrième trimestre 2018, en vue d’une mise en exploitation dans le courant de 2019. Quant au coût de ce prototype, il a triplé depuis les premiers devis, passant de 3,3 milliards d’euros annoncés en 2005 à 10,5 milliards d’euros.
Auditionné mercredi par les commissions des finances et des affaires économiques de l’Assemblée nationale, le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, a réaffirmé que l’entreprise publique se plaçait « dans la perspective de construire de nouveaux EPR en France », en mettant en avant les avantages du nucléaire en matière d’émissions de gaz à effet de serre.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-4">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Yvon Chouinard, créateur québécois de la marque de vêtements de plein air Patagonia, part en croisade, dans une tribune au « Monde », contre les barrages, économiquement chers et écologiquement dangereux.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Nous devons accélérer le déploiement d’alternatives énergétiques plus propres et plus économiques que les barrages »

Yvon Chouinard, créateur québécois de la marque de vêtements de plein air Patagonia, part en croisade, dans une tribune au « Monde », contre les barrages, économiquement chers et écologiquement dangereux.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 14h00
    |

Yvon Chouinard (Fondateur de la marque de vêtements de plein air Patagonia et producteur exécutif des films DamNation et Blue Heart)







                        



                                


                            
Tribune. Les dernières rivières sauvages d’Europe courent un grave danger. Le risque ne provient pas d’une sécheresse excessive ou des déchets toxiques des usines, mais des barrages hydroélectriques qui prétendent nous apporter une énergie propre, verte et écologique. En réalité, ces barrages sont sales et leur impact destructeur dépasse de loin leur utilité.
Les rivières ne sont pas juste magnifiques ; elles sont les artères de la planète
De nos jours, l’électricité qu’ils génèrent pourrait être obtenue beaucoup plus efficacement à partir d’autres sources qui ne perturbent pas les rivières, ne détruisent pas les habitats et ne déplacent pas les habitants. Si ces projets malveillants ne sont pas stoppés, le dommage écologique et l’impact sur les communautés locales seront dévastateurs.
C’est mon intérêt pour les rivières, en tant que pêcheur passionné, qui m’a fait prendre conscience des dommages causés par les barrages. Les rivières ne sont pas juste magnifiques ; elles sont les artères de la planète. Elles transportent, de la terre vers les océans, des nutriments vitaux pour nourrir le plancton et les poissons. Elles fournissent de l’eau propre à des millions de personnes.
Au niveau le plus bas depuis un siècle
Chaque année, près de 200 millions de tonnes de carbone sont éliminées de l’atmosphère et transportées par les rivières jusque dans les océans, contribuant ainsi à la lutte contre le changement climatique (« How rivers ­regulate global carbon cycle », Woods Hole Oceanographic Institution, 13 mai 2015).
l’hydroélectricité provoque l’extinction de certaines espèces, déplace des communautés et contribue au changement climatique
Les barrages menacent cet équilibre. Contrairement à l’énergie solaire ou éolienne, l’hydroélectricité provoque l’extinction de certaines espèces, déplace des communautés et contribue au changement climatique. De nouvelles recherches scientifiques montrent que les réservoirs créés par les barrages...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-5">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ L’Hexagone dispose du deuxième domaine océanique au monde, mais accuse un énorme retard sur l’éolien offshore.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En France, le gisement inexploité des énergies marines

L’Hexagone dispose du deuxième domaine océanique au monde, mais accuse un énorme retard sur l’éolien offshore.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 12h47
    |

            Pierre Le Hir








                        



                                


                            

Avec plus de 11 millions de km2 d’espace océanique sous sa juridiction en métropole et dans les outre-mers – soit le deuxième domaine maritime après celui des Etats-Unis –, la France dispose d’un gisement d’« or bleu » presque inépuisable. Il reste pourtant, à ce jour, inexploité. L’ambition affichée par François Hollande, en 2012, de faire du pays « le leadeur européen des énergies marines renouvelables » s’est enlisée dans les sables. A l’exception de l’unique usine marémotrice de la Rance (Ille-et-Vilaine), en fonctionnement depuis 1966, l’Hexagone ne tire encore aucun kilowattheure de ses ressources marines.

En cale sèche, l’éolien offshore, déjà entravé par de multiples recours, est aujourd’hui plongé dans la tourmente par la volonté du gouvernement de renégocier à la baisse, voire d’annuler, les contrats des six premiers parcs attribués en 2012 et en 2014 par appels d’offres, pour un total de 3 gigawatts, au large des côtes normandes, bretonnes et vendéennes. EDF-Energies nouvelles (EDF-EN), associé aux trois projets les plus avancés – Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), Fécamp (Seine-Maritime) et Courseulles-sur-Mer (Calvados) –, espère néanmoins pouvoir lancer cette année les fabrications, ce qui permettrait une mise en service… en 2021. Cela, alors que plus de 4 000 éoliennes tournent déjà sur les côtes européennes. Mais la profession attend toujours l’appel d’offres promis dans la zone de Dunkerque (Nord), ainsi que celui annoncé au large d’Oléron (Charente-Maritime).
D’autres technologies au stade exploratoire

Tandis que la filière hydrolienne escompte elle aussi des appels d’offres pour prendre le large, une autre énergie marine se profile pourtant : l’éolien offshore non pas posé, mais flottant, qui donne accès à des sites plus éloignés et plus ventés, tout en réduisant l’impact visuel. Le premier prototype français, Floatgen, doit être installé prochainement au large du Croisic (Loire-Atlantique)....




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-6">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Dans la Garonne, un site teste le potentiel de l’énergie des courants. Un marché émergent mais prometteur.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Bordeaux, la filière hydrolienne se jette à l’eau

Dans la Garonne, un site teste le potentiel de l’énergie des courants. Un marché émergent mais prometteur.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 12h46
    |

            Pierre Le Hir (Bordeaux, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Sous le vieux Pont de pierre aux voûtes cuivrées, la Garonne charrie des eaux limoneuses. L’histoire – l’ouvrage, dû à Napoléon, fut le premier à enjamber le fleuve et reste l’un des emblèmes de la capitale girondine – rejoint ici l’innovation. Amarrée en aval des piles dont le passage étréci accélère l’écoulement, une plate-forme flottante oscille doucement. En son centre, un parallélépipède de huit tonnes est immergé : une hydrolienne, dont les pales sont actionnées par le courant comme celles d’une éolienne le sont par le vent.
Et du courant, il y en a à revendre. « Jusqu’à 3,5 mètres par seconde, avec un marnage [différence de niveau entre la pleine et la basse mer] de plus de 5 mètres en période de vives-eaux », indique Marlène Kiersnowski, responsable du développement du Site expérimental estuarien national pour l’essai et l’optimisation d’hydroliennes (Seeneoh).
Inaugurée début mars, cette installation accueille sa première machine, conçue par la société iséroise HydroQuest. Un ensemble de quatre turbines d’une puissance totale de 80 kilowatts, fonctionnant aussi bien au flot (marée montante) qu’au jusant (marée descendante). De quoi fournir en électricité verte, ou plutôt bleue, près d’une centaine de foyers. Symboliquement, les premiers postes de consommation, sur le réseau auquel la plate-forme est raccordée par un câble sous-marin, sont une « maison écocitoyenne » et une borne de recharge électrique.

Mais plus que pour générer des électrons, la machine est là pour être testée. « Pendant un an, nous allons étudier sa courbe de production, son comportement dans l’eau et son impact environnemental », précise Marc Lafosse, océanographe de formation et président du bureau d’études Energie de la Lune, principal actionnaire de Seeneoh. Le milieu saumâtre et turbide, corrosif et chargé de matières en suspension abrasives, va en effet soumettre l’hydrolienne à rude épreuve.
« Peu d’impact sur l’environnement »
De...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-7">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Après les affrontements de mercredi, les forces de l’ordre sécurisent la zone pour permettre le déblaiement de la trentaine de « squats » détruits ou en cours de destruction.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Notre-Dame-des-Landes : début des opérations de déblaiement de la ZAD

Après les affrontements de mercredi, les forces de l’ordre sécurisent la zone pour permettre le déblaiement de la trentaine de « squats » détruits ou en cours de destruction.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 10h38
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 11h58
   





                        



   


Après trois jours de heurts entre gendarmes mobiles et zadistes sur la « zone à défendre » (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes, l’ambiance était toute autre, jeudi 12 avril au matin, aucun affrontement n’ayant eu lieu, d’après des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP). Les forces de l’ordre, qui ont accru mercredi leur pression sur les occupants de la ZAD, travaillaient à sécuriser totalement la zone afin de permettre le déblaiement de la trentaine de « squats » détruits ou en cours de destruction.
Les accès routiers vers l’ancienne « zone d’aménagement différé » (ZAD), rebaptisée « zone à défendre » par les opposants au projet d’aéroport abandonné en janvier, étaient fermés à la circulation tôt jeudi matin. Aucune évacuation ou expulsion n’était en cours après une nuit « calme », avec trois blessés légers dans les rangs de la gendarmerie, selon les gendarmes.

   


Charge massive contre les opposants
Un hélicoptère de la gendarmerie et un drone survolaient la ZAD. Quelques personnes étaient regroupées sur des barricades autour du lieu-dit des « Vraies Rouges », théâtre mercredi d’affrontements. Une vingtaine de tracteurs « vigilants » étaient positionnés dans le champ du jardin médicinal « Le Rouge et le Noir » entre les « Fosses noires » et les « Vraies Rouges ». Seul incident à signaler, une barricade de pneus a été enflammée sur la nationale 165 vers 7 heures, occasionnant des bouchons entre Nantes et Vannes dans les deux sens de circulation.
Le 17 janvier, lorsqu’il a mis fin au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le premier ministre, Edouard Philippe, s’était engagé à éradiquer cette « zone de non droit ».

        Lire aussi :
         

                Violences à Notre-Dame-des-Landes : les deux camps cherchent une issue



Mercredi, les gendarmes ont lancé une charge massive contre les opposants, la plus importante depuis le début de leur intervention lundi à l’aube. Treize nouveaux habitats ont été évacués dans la journée, « soit 29 au total depuis le début de l’opération », selon la préfète des Pays de la Loire, Nicole Klein. Vingt-six habitats ont été détruits et trois étaient « en cours de destruction » mercredi soir, d’après la même source.
Lundi, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, avait évoqué une quarantaine « d’édifices » à détruire sur la ZAD et une « centaine » de personnes à déloger. Les autorités ont recensé 97 « squats », ou « lieux de vie » selon la terminologie des zadistes. La préfète a assuré lundi qu’aucun habitat « en dur » ne serait détruit.
Les opposants historiques battent le rappel

   


Dans le bocage souvent noyé sous les gaz lacrymogènes, les opposants historiques ont battu le rappel de leurs soutiens, choqués par l’ampleur de destructions occasionnées à leurs installations. Leur émotion a trouvé écho au Parlement européen, où les écologistes ont demandé un « rendez-vous en urgence » à Edouard Philippe. Se disant « choqu[és] » par « l’intervention brutale de près de 2 500 gendarmes », les eurodéputés écologistes soulignent que « les expulsions et les destructions sans discernement créent une situation de violence dont personne ne maîtrise les conséquences potentiellement dramatiques ».
L’importance de l’opération menée depuis lundi a poussé les opposants à durcir le ton. En rasant les lieux de vie installés autour de la D281, où se cristallisaient les tensions depuis l’abandon du projet d’aéroport, les gendarmes ont détruit au passage des projets agricoles collectifs.
L’intervention prévoit d’expulser toute personne n’ayant pas régularisé sa situation en déclarant de nouveaux projets agricoles individuels. La préfète a été assignée « en urgence » par un zadiste qui conteste la légalité de son expulsion, lundi, du lieu-dit des « 100 noms ». Une audience sur cette affaire se tenait jeudi matin devant le tribunal de grande instance de Nantes.

        Lire aussi :
         

                A Notre-Dame-des-Landes, pas de place pour « l’hésitation » selon Matignon






                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-8">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Réunis à Londres, 173 pays négocient les premiers objectifs chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le transport maritime, maillon faible du climat

Réunis à Londres, 173 pays négocient les premiers objectifs chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 10h11
    |

            Simon Roger








                        



                                


                            

Le transport maritime sera-t-il, cette fois, au rendez-vous ? Réunis à Londres, les 173 Etats membres de l’Organisation maritime internationale (OMI) doivent s’entendre, d’ici au 13 avril, sur des objectifs chiffrés de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. Le sujet, inscrit au calendrier des négociations de l’agence des Nations unies depuis deux ans, est d’autant plus pressant que le transport maritime est le dernier segment de l’économie mondiale à rester à l’écart de l’accord de Paris sur le climat.
Lorsque la communauté internationale a pris l’engagement, lors de la COP21, en décembre 2015, de contenir le réchauffement sous le seuil des 2 °C grâce aux contributions volontaires des Etats et des acteurs non étatiques, deux secteurs manquaient à l’appel, le fret maritime et le transport aérien. Depuis, l’organisation internationale de l’aviation civile a adopté en octobre 2016 un programme de réduction et de compensation de carbone qui devrait entrer progressivement en vigueur à partir de 2021. L’institution équivalente dans le transport maritime reste en revanche frappée d’immobilisme.

Une position de plus en plus difficile à tenir pour un secteur qui agrège près de 90 % du transport mondial de marchandises et est promis à un avenir florissant. Si aucune avancée ne conclut l’actuelle semaine de négociations, l’OMI prévoit une augmentation de ses émissions de 50 % à 250 % au mitan du siècle, suivant les perspectives de croissance. A cette date, la pollution due au transport maritime pourrait atteindre 17 % des émissions mondiales de CO2, alors qu’elle ne dépasse pas 3 % aujourd’hui.
« Nous sommes à la croisée des chemins, répète David Paul, ministre de l’environnement des îles Marshall, présent à Londres. Les décisions qui seront prises par l’OMI dans les jours qui viennent seront cruciales pour notre survie et pour le respect de la promesse faite dans l’accord de Paris. » Depuis plusieurs semaines,...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-9">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Non loin de Moscou, les habitants de Volokolamsk réunis dans un collectif tentent d’obtenir la fermeture d’une déchetterie toxique. Leur mouvement de révolte s’étend à d’autres villes.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 11/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


En Russie, une petite ville entre en révolte contre une décharge toxique

Non loin de Moscou, les habitants de Volokolamsk réunis dans un collectif tentent d’obtenir la fermeture d’une déchetterie toxique. Leur mouvement de révolte s’étend à d’autres villes.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 07h37
    |

            Isabelle Mandraud (Volokolamsk, Russie, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Le tribunal est minuscule mais ils n’étaient que cinq, quatre femmes et un homme, à se serrer sur un banc, mardi 10 avril, face à la juge. Des premiers plaignants, bientôt suivis par d’autres. Cinquante-six personnes à ce jour se disent prêtes à aller jusqu’au bout pour obtenir la fermeture de l’immense décharge à ciel ouvert qui borde leur ville, Volokolamsk.
Depuis des mois, cette paisible bourgade de 20 000 habitants, située à 129 kilomètres à l’ouest de Moscou, est entrée en rébellion ouverte contre la montagne de déchets accusée de répandre des émanations toxiques. Une nouvelle manifestation est prévue, samedi 14 avril, deux semaines à peine après un précédent rassemblement qui a poussé près d’un résident sur quatre à sortir dans la rue.
Dans la salle, l’audience préliminaire est expédiée en quelques minutes. Tous les dossiers vont être joints, annonce sèchement la magistrate en fixant le prochain rendez-vous au 7 mai. Avant de s’éclipser, le représentant de l’entreprise Iadrovo, gestionnaire de la déchetterie, conteste les certificats médicaux brandis par les plaignants qui réclament chacun 100 000 roubles (1 250 euros) de dédommagement. « Ils ne sont pas fiables », dit-il.
« Nous avons des preuves, des expertises de l’eau, de l’air, qui montrent la présence de métaux lourds, par exemple du lithium, du baryum, du cadmium », proteste sur le parvis du tribunal Ilia Lapkine, un juriste local qui dit lui-même avoir envoyé son fils de 6 ans à 300 kilomètres de là, chez ses grands-parents, pour le mettre à l’abri. Il n’est pas le seul.
Eloigner les enfants
Volokolamsk vit dans l’angoisse depuis qu’une partie de la population a été prise de malaises au début de l’année. En mars, 67 enfants, saisis de nausées, ont dû être brièvement hospitalisés. « Les miens ont commencé à tousser, ils avaient du mal à respirer et dès qu’ils sont allés à Moscou, ils n’avaient plus rien, témoigne Polina Elisseïeva, une jeune...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-10">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Analyse. L’écologie intégrale s’impose comme l’idéologie des nouveaux catholiques décroissants, observe Nicolas Truong, responsable des pages idées-débats du « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 11/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


La nouvelle écologie politique de droite

Analyse. L’écologie intégrale s’impose comme l’idéologie des nouveaux catholiques décroissants, observe Nicolas Truong, responsable des pages idées-débats du « Monde ».



Le Monde
 |    12.04.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 10h57
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            
L’écologie est un mot accroché aux lambeaux d’un parti en haillons. C’était pourtant un beau trou de verdure dans une vie politique presque exclusivement teintée de bleu, de rouge et de brun. C’est une idée qui court toujours, du géographe Elisée Reclus à l’agronome René Dumont ; une utopie qui se propage, du « contrat naturel » conceptualisé par le philosophe Michel Serres au mouvement des Colibris lancé par l’agriculteur Pierre Rabhi.
En France, le destin de l’écologie est associé à celui d’un parti politique, Europe Ecologie-Les Verts (EELV), qui devrait être porté par la lutte contre le réchauffement climatique ou la préservation de la biodiversité, mais qui agonise de ses querelles intestines, tiraillé entre culture de gouvernement et activisme citoyen, gauchisme culturel et défense de l’environnement.
L’écologie reste toutefois un terme que l’on revendique en politique, de Jean-Luc Mélenchon à Nicolas Hulot. Mais également – et c’est plus nouveau – du côté de Laurent Wauquiez. « Il y a une écologie de droite à construire », a ainsi assuré le président des Républicains (LR) lors de l’ascension du mont Mézenc (Haute-Loire), le 3 septembre 2017.
La nature est un don de Dieu
Le local contre le global, les produits du terroir contre les cultures hors-sol, l’intégrité de la nature humaine contre la démiurgie des manipulations génétiques : il est possible de tisser bien des liens entre l’écologisme et le conservatisme.
Longtemps restée à gauche, l’écologie est une idée en train de passer à droite. Et elle s’implante au cœur de sa frange la plus radicale. Avec un concept phare, « l’écologie intégrale ». Utilisé par le pape François dans son encyclique Laudato si’ (« Loué sois-tu ») sur la « sauvegarde de la maison commune » (2015), il signifie qu’« il est fondamental de chercher des solutions intégrales qui prennent en compte les interactions des systèmes naturels entre eux et avec les systèmes sociaux ».
Si...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-11">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ La publication livre des clés pour débusquer, marque par marque, sucres, sels, graisses, additifs, nitrites et pesticides cachés.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Les aliments qui « empoisonnent » au menu d’un hors-série de « 60 millions de consommateurs »

La publication livre des clés pour débusquer, marque par marque, sucres, sels, graisses, additifs, nitrites et pesticides cachés.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 02h01
   





                        



   


Dans un hors-série paraissant jeudi 12 avril, la revue 60 millions de consommateurs dénonce « les aliments qui empoisonnent ». La publication donne des clés pour débusquer, marque par marque, sucres, sels, graisses, additifs, nitrites et pesticides cachés. Du chocolat en poudre qui contient plus de sucre que de cacao, aux additifs interdits dans les yaourts, le magazine de l’Institut national de la consommation – établissement public dépendant du ministère en charge de la consommation – passe en revue plus de 100 produits de grande consommation, en lien avec la plupart des études santé publiées ces dernières années au niveau international.

        Lire aussi :
         

                « Entre santé et transparence, l’éternel dilemme »



Les « consommateurs sont bernés »
L’accusé numéro un, le sucre, est souvent dissimulé. Ainsi dans un flacon de ketchup Heinz de 700 grammes, on trouve huit tomates et 22 morceaux de sucre. Soit pour 20 g de sauce, autant de sucre que dans deux petits-beurre de la marque Lu.
Côté pesticides, la revue fait la somme des études parues ces dernières années, en conseillant pour les fruits et légumes frais de privilégier le bio, d’éplucher les fruits et légumes conventionnels et de brosser courgettes, aubergines et concombres. « Un passage sous l’eau ne suffit pas », insiste la publication.
Au rayon viande, la revue analyse et explique le « mécanisme pernicieux » du « trop de fer », ou comment, à trop forte dose, la substance contenue dans la viande rouge favorise l’apparition de cancers, notamment du sein pour les femmes. En résumé, elle préconise de ne pas consommer plus de 500 g de viande rouge par semaine, soit 70 g par jour, et moins pour les femmes après 50 ans.

        Lire aussi :
         

                Les aliments « ultratransformés » favoriseraient le cancer



Pour les yaourts, les « consommateurs sont bernés », estime 60 millions. Alors que la réglementation française y prohibe l’ajout d’additifs, les grandes marques en incorporent en quantité dans leurs yaourts aux fruits : « Le mélange de fruits sert en somme de cheval de Troie pour contourner la loi ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-12">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Après les particuliers et alors que la fin des avantages, notamment fiscaux, est amorcée, les flottes abandonnent progressivement ce carburant. Obligeant constructeurs et loueurs longue durée à s’adapter.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les entreprises gagnées par le désamour du diesel

Après les particuliers et alors que la fin des avantages, notamment fiscaux, est amorcée, les flottes abandonnent progressivement ce carburant. Obligeant constructeurs et loueurs longue durée à s’adapter.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 08h27
    |

                            Eric Gibory








                        



                                


                            

A écouter les constructeurs automobiles, le diesel vit ses dernières années. Selon plusieurs d’entre eux, le futur sera électrique et hybride ou ne sera pas. En ­attendant, le diesel n’a pas dit son dernier mot. En 2017, ce carburant a ­représenté près de la moitié des ventes (47,29 %) de véhicules neufs en France. Le constat est encore plus probant pour les seules entreprises, administrations et loueurs longue durée puisque ces derniers consacrent 84,56 % de leurs achats au diesel.
Un carburant pénalisé
Jusqu’en 2016, la fiscalité favorisait nettement ce carburant. Avec des consommations et des émissions de dioxyde de carbone (CO2) ­moindres que ­l’essence, le diesel bénéficiait d’un malus moins sévère. La taxe sur les ­véhicules de ­société (TVS), également indexée sur les émissions de CO2, jouait aussi en sa ­faveur. Autre avantage, les entreprises peuvent récupérer 80 % de la TVA sur leur facture de carburant alors que l’essence ne bénéficie pas du même privilège. Enfin, jusqu’à récemment, le diesel était beaucoup moins cher à la pompe.
Après les différentes attaques dont il a été victime, le diesel souffre d’une image négative. Face à la volée de bois vert, les gouvernements successifs ont revu leurs copies. Depuis le début de l’année, seuls les véhicules dont les émissions de CO2 ne dépassent pas les 20 grammes bénéficient d’un bonus. Dans les faits, ce coup de pouce est réservé aux seuls véhicules électriques. Autre revirement : depuis 2014, la pollution atmosphérique est également prise en compte dans le calcul de la TVS et pénalise davantage le diesel.
Enfin, concernant la possibilité de récupérer la TVA, attrait majeur du diesel, le gouvernement précédent a décidé d’un rééquilibrage en cinq ans. En 2017, la récupération de la TVA sur l’essence se faisait à hauteur de 10 %, puis de 20 % cette année, 40 % en 2019, 60 % en 2020 et 80 %, comme pour le diesel, à partir de 2021.
Un alignement de la fiscalité
Le gouvernement...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-13">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Six gardes ont été tués dans une embuscade. L’insécurité continue de peser sur l’avenir de la plus ancienne aire protégée d’Afrique.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤         

Compte rendu

En RDC, les gardes du parc naturel des Virunga face aux groupes armés

Six gardes ont été tués dans une embuscade. L’insécurité continue de peser sur l’avenir de la plus ancienne aire protégée d’Afrique.

Par                Laurence Caramel (Goma, RDC, envoyée spéciale)



LE MONDE
              datetime="2018-04-11T17:35:45+02:00"

        Le 11.04.2018 à 17h35






    
Des rangers du parc des Virunga, dans l’est de la République démocratique du Congo, en avril 2018.
Crédits : Laurence Caramel


Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le parc des Virunga, où ont trouvé refuge les derniers gorilles de montagne, est en deuil. Lundi 9 avril, six de ses gardes ont été tués dans une embuscade tendue par les Maï-Maï qui occupent le centre de la plus ancienne aire protégée d’Afrique.

        Lire aussi :
         

                L’électricité au secours des derniers gorilles de montagne



Cette attaque – la plus meurtrière enregistrée depuis plusieurs années – fait suite à la multiplication des affrontements avec les groupes armés au cours des derniers mois. Le 1er avril, un autre garde avait été tué alors qu’il protégeait le chantier de la centrale hydroélectrique de Luviro, au nord-ouest du parc. « Les groupes armés veulent saboter nos actions en faveur de la population, mais nous ne nous découragerons pas », nous avait confié le directeur adjoint du parc, Innocent Mburanumwe, de retour des funérailles.
Classé au patrimoine mondial en péril
Pour sauver cet espace de 7 800 km², niché au cœur d’une des régions les plus densément peuplées et les plus pauvres d’Afrique, l’Alliance Virunga, créée il y a dix ans, mise sur le développement économique des zones limitrophes du parc. L’accès à l’électricité pour les 4 millions de personnes qui y vivent est son initiative majeure. Outre l’amélioration des conditions de vie, elle doit permettre de tarir l’une des principales sources de revenus des groupes armés : le commerce du charbon de bois. Le pillage des forêts du parc pour la carbonisation rapporterait 34 millions de dollars par an (27,5 millions d’euros), selon les estimations.
L’Alliance réunit l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), des ONG de conservation, des bailleurs de fonds au premier rang desquels l’Union européenne et la fondation américaine Howard Buffett, ainsi que l’Unesco. Le parc – qui, outre les gorilles de montagne, héberge d’importantes populations d’éléphants, d’hippopotames, d’okapis, de chimpanzés – est classé au patrimoine mondial en péril depuis 1994.

        Lire aussi :
         

                « Donner aux grands singes un “droit à vivre” »



Depuis plus de vingt ans, il est le sanctuaire de plusieurs groupes armés. Outre les Maï-Maï, qui se financent essentiellement en prélevant des taxes sur les pêcheurs vivant sur les rives du lac Edouard, il abrite des groupes issus des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qui tiennent le trafic du charbon de bois. Ces hommes se nourrissent de viande de brousse et tuent parfois des éléphants pour leur ivoire, qu’ils écoulent en contrebande via l’Ouganda ou le Rwanda voisins.
Le Centre de recherche sur l’environnement, la démocratie et les droits de l’homme (Creddho), basé à Goma, a ainsi documenté un système très organisé de jetons mis en place par les milices pour contrôler que les pêcheurs se sont acquittés de leur redevance. « Chaque pirogue doit payer 10 000 francs congolais [5 euros] par semaine ; en échange, elle reçoit un jeton. Si un pêcheur est surpris sur le lac sans ce jeton, son embarcation, son téléphone, sa nourriture et ses autres effets lui sont confisqués », détaille sa coordinatrice, Florence Sitwaminya. Quelque 2 000 pirogues alimenteraient ce circuit.
Industrie du kidnapping
Les enlèvements sont aussi devenus une industrie hautement lucrative et touchent aussi bien le personnel des ONG internationales que le plus modeste des paysans ou encore les prêtres. Un représentant du diocèse de Goma a été libéré le 6 avril après plusieurs jours de détention contre le versement d’une rançon dont le montant n’a pas été révélé. Les ravisseurs réclamaient 500 000 dollars. Quelques jours auparavant, trois civils avaient été exécutés près de Rutshuru faute d’avoir pu réunir la somme demandée. Des familles racontent avoir dû s’endetter au-delà du supportable pour sauver leurs proches. Sur la nationale 2, la route principale qui traverse le parc, la circulation se fait depuis fin 2016 uniquement sous escorte des rangers et de l’armée.
Par la force des choses, les gardes se sont transformés en soldats garants de la sécurité des civils comme des animaux. « Nous avons dû apprendre à travailler autrement pour défendre le parc et nos frères », explique Innocent Mburanumwe, le ton grave et déterminé. Des formateurs belges ont entraîné ses hommes, dont le nombre s’élève aujourd’hui à près de 800 et qui ont reçu de meilleurs équipements. « Nous allons reprendre le contrôle du parc. C’est une question de temps », veut-il croire.

        Lire aussi :
         

                En RDC, le trafic du charbon de bois, sève de la guerre



Son espoir se fonde sur des signes encore ténus : la vie qui, malgré tout, s’améliore là où l’électricité et l’eau ont pu être installées, les touristes plus nombreux qu’il y a un an dans l’enclave des volcans Mikeno et Nyiragongo – tenue sous haute surveillance – et, plus que tout, le nombre de gorilles des montagnes qui continue d’augmenter, même si l’espèce reste classée en danger d’extinction.
A l’approche de la cinquantaine, ce fils de ranger, qui arpente les versants escarpés des Virunga depuis deux décennies, a connu tellement de moments sombres. « Nous n’accepterons jamais que des animaux meurent tant que nous serons en vie », assure-t-il. Dans ces rudes terres du Kivu, où l’engagement et l’abnégation de ces défenseurs de la nature forcent le respect, nul ne songerait à en douter. Cent soixante-quinze ont déjà donné leur vie.


<article-nb="2018/04/12/19-14">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ L’avocate et ancienne ministre de l’environnement lance une action collective pour demander un moratoire de l’installation des compteurs électriques communicants.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Linky : Corinne Lepage et un groupe d’avocats lancent une action collective contre le compteur électrique

L’avocate et ancienne ministre de l’environnement lance une action collective pour demander un moratoire de l’installation des compteurs électriques communicants.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 16h32
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 18h00
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


« Il est anormal d’exposer des gens à un risque, même s’il est très faible ou qu’il n’est pas encore connu. » C’est au nom du principe de précaution que l’ancienne candidate à la présidentielle de 2012, Corinne Lepage, a rejoint la bataille des opposants au compteur Linky.
Avec un groupe d’avocats, l’ancienne ministre de l’environnement d’Alain Juppé a lancé, lundi 9 avril, un appel à la ministre de la santé, Agnès Buzyn, ainsi qu’au ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot demandant de suspendre le déploiement de Linky par Enedis (Ex-ErDF, filiale d’EDF chargée de la distribution d’électricité). Si le gouvernement ne réagit pas à cet appel, ce collectif d’avocats menace de mener plusieurs actions juridiques pour défendre des particuliers et des communes refusant l’installation du compteur.
Depuis le début de son déploiement en 2015, le compteur Linky suscite des oppositions chez certains citoyens et dans certaines communes. Plus de 8 millions de compteurs ont déjà été installés, et le déploiement doit s’effectuer jusqu’en 2021.

        Lire aussi :
         

                Les 5 questions que pose le compteur Linky



Aucune étude officielle n’a permis de constater des dangers
Avec un collectif d’avocats, Mme Lepage a ouvert une plate-forme pour recueillir les témoignages de personnes électrosensibles, qui se disent perturbées par la proximité d’un compteur – ils affirment en avoir déjà reçu plus de 3 800. Le collectif entend ensuite obtenir en justice le droit pour ces plaignants de refuser la pose d’un compteur. « Si on a une jurisprudence favorable, Enedis sera obligé d’en tenir compte et d’arrêter la pose des compteurs », veut croire l’ancienne ministre et eurodéputée.
« Je ne dis pas que Linky est dangereux, parce que je n’en sais rien. Mais on commence toujours par nous dire qu’il n’y a aucun problème pour s’apercevoir, quinze ans plus tard, qu’il y en avait un… », explique Corinne Lepage au Monde.
A ce jour, aucune étude officielle n’a permis de constater des dangers pour la santé à cause du compteur Linky. Le travail effectué par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a estimé que les ondes émises par un compteur Linky étaient comparables à celles émises par d’autres équipements électriques (box Internet, lampes LED, chargeurs de portables…). L’Agence nationale des fréquences (ANFR) est arrivée aux mêmes conclusions.
Très difficile de refuser l’installation du compteur
« Les études actuelles ne sont pas suffisantes. Ce que l’on demande, c’est une étude complète sur le sujet », assure Corinne Lepage, qui s’appuie sur la dernière étude de l’Anses qui a récemment reconnu la réalité des troubles ressentis par les personnes électrosensibles, sans pour autant savoir à quoi les attribuer avec précision.
Autre argument battu en brèche par Mme Lepage : l’obligation d’accepter la pose d’un compteur Linky chez soi. « Il n’y a pas d’obligation légale de l’accepter. Le droit communautaire européen ne l’exige pas », assure Mme Lepage. « L’Allemagne ne l’impose pas à ses habitants, par exemple ». Dans les faits, il est pourtant très difficile pour les particuliers de refuser l’installation du compteur : ils ne sont pas propriétaires de leur compteur, qui se trouve souvent en dehors de leur logement. De même, plusieurs communes ayant pris des arrêtés demandant un moratoire de l’installation des compteurs Linky ont vu leurs décisions cassées en justice.
« Le minimum du principe de précaution, c’est de ne pas imposer aux gens un compteur dont ils ne veulent pas, alors qu’il n’est favorable qu’a Enedis et EDF », ajoute Mme Lepage, reprenant un argument de la Cour des comptes, qui a rendu en février un rapport très sévère sur l’absence de bénéfices pour les consommateurs du compteur.

        Lire aussi :
         

                Linky : la Cour des comptes dénonce le coût du programme







                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-15">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Le premier ministre Edouard Philippe a salué mercredi le « très grand professionnalisme » des gendarmes et écarté toute interruption des opérations.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Poursuite des affrontements au troisième jour des expulsions à Notre-Dame-des-Landes

Le premier ministre Edouard Philippe a salué mercredi le « très grand professionnalisme » des gendarmes et écarté toute interruption des opérations.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 16h20
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 22h40
   





                        



   


Au troisième jour des expulsions dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, la confrontation se poursuit entre gendarmes mobiles et zadistes retranchés derrière des barricades.
Reprise des heurts à l’aube
Les heurts ont repris mercredi peu avant 7 heures non loin de la D281, où se cristallisaient les tensions depuis l’abandon du projet d’aéroport. Les gendarmes épaulés d’un hélicoptère et d’un drone ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes et à effet de souffle aux divers projectiles (pierres, mottes de terre, bouteilles) lancés par quelque 70 zadistes massés derrière des barricades de fortune sur la route des « Fosses noires ». Les opposants ont mis le feu à l’une des quatre barricades puis à une carcasse de voiture et à des caravanes pour freiner la progression des gendarmes.
Les heurts se sont ensuite déplacés dans un champ voisin, où un face-à-face opposait toujours à la mi-journée 150 zadistes armés de boucliers artisanaux et de raquettes pour renvoyer les grenades aux forces de l’ordre. C’est dans ce petit carré de bocage partiellement boisé, qui jouxte la D281, que se concentrent les affrontements depuis lundi.
A proximité, au « camp des cheveux blancs », les opposants ont appelé à 13 heures à un « grand pique-nique de protestation ». D’après une porte-parole de la gendarmerie sur Franceinfo, « 150, 200 » personnes « sont venues renforcer » les zadistes.
Mobilisation des opposants historiques
En détruisant les lieux de vie installés autour de la D281, les gendarmes ont détruit au passage des projets agricoles collectifs. D’où la colère de l’Acipa, principale association d’opposants à l’ex-projet d’aéroport, et un sentiment de trahison exprimé mardi par des zadistes qui estiment avoir joué le jeu avec la préfecture et avoir été floués.
L’importance de l’opération a amené les opposants à appeler à la mobilisation. « Si ce soir la préfecture ne retire pas ses troupes, c’est la mobilisation générale », avait lancé mardi Julien Durand, porte-parole de l’Acipa.

        Reportage :
         

          Violences à Notre-Dame-des-Landes : les deux camps cherchent une issue



Bilan
Mardi, les heurts ont été plus violents que la veille, avec vingt-huit gendarmes blessés dont dix retournés sur le terrain, selon un dernier bilan officiel.
Selon le bilan mercredi matin de l’équipe médicale des zadistes, une vingtaine d’opposants ont été blessés, dont un a été hospitalisé, après une trentaine mardi, dont deux hospitalisés. Un photographe de l’Agence France-Presse a été légèrement blessé aux jambes par les éclats d’une grenade.
Selon la cour d’appel de Rennes, plusieurs enquêtes ont été ouvertes à la suite des blessures infligées lundi et mardi à treize gendarmes, essentiellement par des jets de projectiles.
Un mineur interpellé lundi matin pour jets de projectile a été placé en détention provisoire mardi par le parquet d’Angers et une autre personne a été placée en garde à vue mardi pour « participation à un attroupement », a précisé la cour d’appel.
Edouard Philippe répond à deux députés LRM
Edouard Philippe a salué mercredi le « très grand professionnalisme » des gendarmes et des forces de l’ordre qui mènent l’expulsion en écartant toute interruption des opérations. « Les opérations se déroulent conformément au calendrier qui avait été envisagé (…) les opérations vont se poursuivre dans le même esprit, avec la même fermeté et avec la même mesure », a déclaré le premier ministre lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.
Matthieu Orphelin et François-Michel Lambert, deux députés La République en marche (LRM) réclament « une pause » dans l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Mardi soir, le député des Bouches-du-Rhône François-Michel Lambert (LRM, issu des rangs écologistes) a demandé s’il n’était « pas temps de faire une pause dans l’opération » : « Il ne faudrait pas qu’un homme, une femme tombe », a-t-il déclaré sur Franceinfo. « Certains sont déterminés, je ne les cautionne absolument pas, mais à la fin, ça peut être un gendarme qui tombe, un journaliste… », a-t-il ajouté, soulignant que tout le monde « a en tête le drame de Sivens et de Rémi Fraisse ».
Calendrier
L’intervention pourrait « durer jusqu’à la fin de la semaine », selon le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, qui a mobilisé près de 2 500 gendarmes. Selon un communiqué de bilan de la préfète des Pays de la Loire, Nicole Klein, « 13 nouveaux squats ont été évacués » mercredi « soit 29 au total depuis le début de l’opération. Vingt-six sur ces 29 squats ont été détruits et trois sont en cours de destruction ». Elle avait annoncé que l’objectif était de démanteler « 30 à 40 » sites. Malgré les tensions, Mme Klein a assuré mardi soir que « le dialogue » n’était « absolument pas interrompu » et « reprendra[it] aussi vite que possible ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-16">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ L’évacuation violente et aveugle de la ZAD contredit les promesses de la préfète et met un terme au quasi sans-faute du gouvernement sur ce dossier délicat juge, dans une tribune au « Monde », le géographe Philippe Subra.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


NDDL : « On a un peu de mal à comprendre la logique de la stratégie gouvernementale »

L’évacuation violente et aveugle de la ZAD contredit les promesses de la préfète et met un terme au quasi sans-faute du gouvernement sur ce dossier délicat juge, dans une tribune au « Monde », le géographe Philippe Subra.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 16h00
    |

Philippe Subra (Professeur à l’Institut Français de Géopolitique, université Paris-VIII-Saint-Denis)







                        



                                


                            
Tribune. Jusque-là, c’était un sans-faute. En moins d’un an, le gouvernement d’Edouard Philippe avait réussi à mettre fin à un conflit de plus de vingt ans qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait su traiter. La nomination de trois médiateurs avait permis de calmer le jeu. Le contenu très équilibré de leur rapport avait ouvert le champ des choix possibles en montrant qu’il existait une alternative à la construction d’un nouvel aéroport pour améliorer la desserte aérienne de Nantes.
Les militants locaux historiques, agriculteurs ou zadistes modérés, qui avaient fait confiance au gouvernement, ont le sentiment d’avoir été trahis
La mise en scène de l’annonce de l’abandon du projet, le 17 janvier, avait achevé de convaincre une grande partie de l’opinion publique que ce choix était courageux et raisonnable. Et surtout, la décision de renoncer au projet de Notre-Dame-des-Landes (NDDL) avait scindé le camp des opposants et mis à mal l’alliance entre opposants locaux et zadistes, entraînant le retrait des premiers, qui n’avaient plus de raison de se battre.
Enfin, l’ouverture d’un processus de régularisation, visant ceux qui, parmi les zadistes, avaient un projet économique, agricole ou artisanal, avait introduit un second clivage, cette fois entre les zadistes eux-mêmes, isolant les plus radicaux – ceux qui ne rêvaient que d’en découdre avec les forces de l’ordre, d’affronter, projectiles à la main, l’Etat en personne.

En moins de 48 heures, les modalités de l’intervention des forces de l’ordre sur la ZAD [« zone à défendre »] ont gâché tous ces acquis. En s’attaquant non seulement aux squats radicaux et aux barricades qui barrent les routes de la ZAD, mais aussi à plusieurs lieux où s’étaient développés des projets collectifs, comme la ferme des 100 noms, l’Etat a réunifié au moins partiellement le camp des opposants. Ceux qui lui avaient fait confiance, militants locaux historiques, agriculteurs ou zadistes modérés, ont le sentiment...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-17">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ A la suite de la polémique autour du glyphosate, l’Union européenne souhaite rendre plus transparent le processus d’évaluation scientifique sur lequel se basent les autorisations.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Sécurité alimentaire : la Commission européenne dévoile ses propositions pour plus de transparence

A la suite de la polémique autour du glyphosate, l’Union européenne souhaite rendre plus transparent le processus d’évaluation scientifique sur lequel se basent les autorisations.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 14h30
   





                        


La Commission européenne, tirant les leçons de la polémique autour du renouvellement de la licence du glyphosate dans l’Union européenne (UE), a dévoilé mercredi 11 avril des propositions visant à rendre plus transparent le processus d’évaluation scientifique sur lequel se basent les autorisations en matière de sécurité alimentaire.
« Avec cette réforme, les citoyens auront accès immédiatement aux études scientifiques qui viennent en soutien des demandes d’autorisation », a assuré le commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis.
La réforme proposée par la Commission veut rendre publiques et accessibles les études d’évaluation des risques « à un stade précoce de la procédure ». Un registre serait créé, pour compiler toutes les études commandées par des entreprises requérant une autorisation, afin de « garantir qu’elles ne cachent pas des études défavorables ».
Elle donnerait aussi le pouvoir à la Commission de demander à l’Agence européenne pour la sécurité des aliments (EFSA) de commander des études supplémentaires « dans le cas de circonstances exceptionnelles, comme un haut degré de controverse autour d’une substance », souligne l’exécutif européen dans un document explicatif.
Renforcer la responsabilité des Etats
La Commission veut également renforcer la responsabilité des Etats membres au sein de l’EFSA, en leur demandant de présenter un ensemble de candidats parmi lesquels seraient choisis les experts des comités scientifiques de l’agence.
La réforme législative touche huit secteurs différents en lien avec la sécurité alimentaire : outre les produits phytosanitaires, elle concerne notamment la transparence en matière d’organismes génétiquement modifiés, d’additifs alimentaires (humains et animaux), de matériaux en contact avec la nourriture ou encore les « nouveaux aliments ».
La proposition de la Commission est désormais entre les mains des deux législateurs européens, le Parlement et le Conseil (les Etats membres).
« Il est nécessaire que les citoyens continuent de croire que le système (…) fonctionne bien », a souligné le vice-président de la Commission, Frans Timmermans, lors d’un point de presse. Il s’est félicité que l’action des citoyens européens puisse « avoir un impact direct sur l’agenda politique » de l’UE.
Initiative citoyenne européenne
En effet, c’est sous la pression d’une pétition (Initiative citoyenne européenne, ICE) signée par plus d’un million d’Européens, que Bruxelles avait promis, en décembre 2017, de revoir sa législation. Elle adoptait alors officiellement la nouvelle licence du glyphosate, clôturant plus de deux ans de bataille autour de cet herbicide controversé.

        Lire aussi :
         

                Glyphosate : le Parlement européen annonce une commission d’enquête



Les opposants et partisans du glyphosate se sont déchirés sur des études scientifiques portant sur le caractère cancérogène ou non de l’herbicide le plus utilisé au monde. L’EFSA l’a classé « probablement non cancérogène », ouvrant la voie à sa réautorisation dans l’Union européenne, quelques mois après l’avis contraire rendu par le Centre international de recherche sur le cancer, un organisme de l’Organisation mondiale de la santé.
Ses détracteurs ont argué que l’EFSA s’appuyait sur des études fournies par l’industrie phytosanitaire, et en particulier le grand groupe américain Monsanto, qui produit le glyphosate.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-18">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Sous peine de poursuites, les autorités sanitaires américaines enjoignent au laboratoire Bayer de mieux informer les patientes des effets secondaires.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Restrictions aux Etats-Unis pour le dispositif contraceptif Essure

Sous peine de poursuites, les autorités sanitaires américaines enjoignent au laboratoire Bayer de mieux informer les patientes des effets secondaires.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 11h36
    |

            Patricia Jolly








                        



   


Le dispositif contraceptif définitif Essure, distribué par le laboratoire allemand Bayer HealthCare et soupçonné de provoquer de graves effets secondaires, est désormais sous haute surveillance aux Etats-Unis, unique pays où il est encore commercialisé. Lundi 9 avril, les autorités sanitaires américaines ont enjoint à la multinationale de mieux informer les femmes des risques liés à l’utilisation du produit, sous peine de poursuites judiciaires : une décision sans précédent.
La Food and Drug Aministration (FDA), organisme qui délivre – entre autres – les autorisations de commercialisation des médicaments, a décidé qu’à ce jour, seules les patientes ayant lu et signé la brochure détaillant les risques liés à Essure pourront recevoir les implants. Ce document très technique de 22 pages devra être visé conjointement par le médecin qui réalisera l’acte.

        Lire aussi :
         

                Action de groupe contre les implants contraceptifs Essure



« La FDA fera respecter ces obligations et prendra les mesures appropriées en cas de manquement, y compris les sanctions pénales et civiles applicables », a précisé l’agence dans un communiqué sans pour autant demander le retrait du produit. « Malgré des efforts pour alerter les femmes sur les complications potentielles d’Essure, nous savons que certaines patientes ne reçoivent toujours pas ces informations importantes. C’est tout simplement inacceptable, a déclaré le docteur Scott Gottlieb, patron de la FDA dans le même texte. Chaque femme recevant ce dispositif devrait comprendre pleinement les risques qui y sont associés. »
Sur le marché depuis 2002, Essure est un dispositif de stérilisation implantable par les voies naturelles, unique en son genre. Composé de ressorts en fibres de polyéthylène, nickel, titane et acier inoxydable, il provoque une cicatrisation qui obstrue les trompes de Fallope. Alternative aux techniques chirurgicales telles que la ligature des trompes, ces implants ont été accueillis comme une formidable innovation et prescrits en première intention aux femmes demandeuses d’une contraception définitive et irréversible.
Bayer évoque « un dispositif sûr et efficace »
Selon Bayer HealthCare, le dispositif a été vendu à un million d’exemplaires dans le monde. Mais les signalements d’effets secondaires neurologiques, musculaires, hémorragiques et allergiques, liés à sa pose comme à sa composition, se sont multipliés ces dernières années. Des migrations des implants et des perforations d’organes ont conduit à des retraits qui imposent l’ablation des trompes, voire de l’utérus. Devant la recrudescence de signalements d’effets indésirables, Essure avait notamment été placé sous surveillance renforcée par les autorités sanitaires françaises en 2015.
En février 2016, la FDA avait ordonné à Bayer d’effectuer une étude sur le produit. Dés novembre 2016, l’agence avait également imposé la mise en garde la plus stricte sur l’emballage du dispositif. Selon la FDA, les ventes d’Essure ont chuté de 70 pourcent depuis l’annonce de ces premières restrictions. En septembre 2017, Bayer a cessé de commercialiser Essure partout dans le monde à l’exception des Etats-Unis, son marché le plus florissant, en précisant que sa décision était due à une baisse des ventes et non à une question de sécurité.
« Les patientes méritent l’information la plus précise et la plus complète afin de prendre les décisions liées à leur santé, et Bayer forme – et continue de former – les professionnels de santé à l’importance de conseiller de manière appropriée chaque patiente sur les bénéfices et les risques que présentent Essure, a plaidé le laboratoire dans un communiqué. La FDA a pu constater à de nombreuses reprises qu’Essure est un dispositif sûr et efficace qui met à la disposition des femmes un moyen de contraception de grande valeur. »
La FDA a reçu 12 000 signalements d’effets indésirables pour l’année 2017 dont 90 % liés à des interventions visant à ôter le dispositif. L’agence précise cependant que la plupart des doléances émanent d’avocats conseillant des patientes ayant entamé un recours en justice contre Bayer. Aux Etats-Unis, le laboratoire est visé par une action de groupe réunissant environ 16 000 femmes en raison de troubles supposément liés à l’utilisation d’Essure.
En France, l’association Resist (Réseau d’entraide, de soutien et d’informations sur la stérilisation tubaire), créée en 2016 et forte de 2 330 membres, a également assigné Bayer, le 8 mars, devant le TGI de Paris pour « faute de vigilance » et « commercialisation d’un produit défectueux » dans le cadre d’une action de groupe.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-19">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Selon une étude réalisée pour le compte d’EDF, une vaste majorité de Français attribuent à tort aux centrales nucléaires un rôle dans le réchauffement climatique.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ 
<article-nb="2018/04/12/19-20">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ L’exécutif campe sur une position de fermeté contre les zadistes, mais des députés de la majorité ont émis des réserves.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Notre-Dame-des-Landes, pas de place pour « l’hésitation » selon Matignon

L’exécutif campe sur une position de fermeté contre les zadistes, mais des députés de la majorité ont émis des réserves.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 12h12
    |

            Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

Au milieu des trois heures d’entretien qui l’attendent dans les jours qui viennent, Emmanuel Macron, comme tous ses prédécesseurs, n’échappera probablement pas à une salve de questions sur Notre-Dame-des-Landes. Le chef de l’Etat, qui pensait avoir réglé le gros du problème en décidant l’abandon du projet d’aéroport en janvier, se retrouve confronté au souci de l’évacuation de la « zone à défendre » (ZAD) et à un risque d’enlisement.
Alors que la violence des affrontements entre zadistes et force de l’ordre s’amplifie, le combat se déroule aussi sur le terrain de la communication pour le gouvernement, qui rejette la responsabilité des débordements sur les opposants. « Face à un tel déferlement de violence, la réponse d’un gouvernement républicain ne peut pas être l’hésitation, estime-t-on à Matignon. Ce qui se passe depuis deux jours ne fait que renforcer notre détermination. » Et d’appliquer à ce dossier le fameux « en même temps » présidentiel : « Le mot d’ordre du gouvernement a toujours été la modération et la fermeté. »

Mais les deux semblent difficilement compatibles. Au sein de la majorité, le doute traverse certains députés. Matthieu Orphelin, élu LRM du Maine-et-Loire et proche du ministre de la transition écologique Nicolas Hulot, plaide pour un arrêt des expulsions. « Il faut que l’opération soit suspendue, je suis maintenant inquiet pour tout le monde », a-t-il déclaré sur RCF, mercredi 11 avril. Cette sortie en agace certains : « C’est irresponsable, on donne des munitions aux zadistes en disant cela, on ne va pas laisser le truc pourrir, on joue gros là-dessus », juge un pilier du groupe à l’Assemblée nationale.
L’opposition s’est engouffrée dans la brèche, mercredi matin. Benoît Hamon, interrogé sur France inter, a dénoncé « le choix de la matraque ». « Sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, on a le deuxième épisode de “Gérard Collomb la revanche”, avec enfin...




                        

                        

