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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Les six personnes interpellées lundi dans l’affaire du meurtre d’un couple à son domicile en juin 2016 ont été remises en liberté.
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Meurtre de policiers à Magnanville : toutes les gardes à vue levées

Les six personnes interpellées lundi dans l’affaire du meurtre d’un couple à son domicile en juin 2016 ont été remises en liberté.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 17h36
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 18h19
   





                        



   


Les quatre dernières gardes à vue dans l’enquête sur l’assassinat djihadiste d’un commissaire adjoint et de sa compagne en 2016 à Magnanville (Yvelines) ont été levées jeudi 12 avril après-midi, a indiqué une source judiciaire.
La juge d’instruction a mis un terme à ces gardes à vue « en l’absence d’éléments suffisamment incriminants à ce stade », selon cette source. Une policière, ses deux enfants et une femme de leur entourage, déjà écrouée dans un autre dossier antiterroriste, étaient interrogés par les enquêteurs depuis lundi matin. Les gardes à vue de deux autres personnes, également interpellées lundi, avaient déjà été levées mardi et mercredi soir.
Une clé USB qui intrigue
La juge d’instruction avait ordonné ce coup de filet pour tenter d’établir comment le tueur avait choisi ses victimes et trouvé leur adresse. Le 13 juin 2016, Larossi Abballa, 25 ans, avait assassiné le couple à coups de couteau, sous les yeux de leur fils de 3 ans. Il avait été tué par les forces de l’ordre après avoir revendiqué son acte au nom de l’organisation Etat islamique (EI).
Parmi les personnes interpellées par la sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judiciaire se trouvaient une policière de 48 ans, ex-responsable départementale du syndicat Alliance, et ses deux enfants, de 26 et 30 ans, présentant selon les enquêteurs des « signes de radicalisation ».
Mina B., une jeune femme hébergée au printemps 2016 dans la famille de la policière, était également entendue. Cette dernière, âgée de 25 ans et fichée S (pour « sûreté de l’Etat »), est déjà mise en examen et placée en détention provisoire depuis octobre dans une enquête distincte, soupçonnée d’avoir aidé une candidate au djihad en zone irako-syrienne.

        Opinion :
         

          Fichés « S » : faut-il légiférer ?



Lors d’une perquisition à son domicile en avril 2017, les policiers ont retrouvé une clé USB d’où avait été effacée une liste remontant à 2008 de 2 626 agents des renseignements français. A ce stade, les enquêteurs ne savent pas si elle a consulté ce fichier, sur lequel ne figurent pas les noms des deux victimes de Magnanville, Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider. Egalement interpellé lundi, le frère de Mina B. a été remis en liberté mercredi soir. Mardi, un homme de 33 ans avait déjà été relâché.

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Trois mises en examen
Trois suspects sont par ailleurs mis en examen dans cette enquête, dont deux pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, Charaf-Din Aberouz et Saad Rajraji. Condamnés en 2013 aux côtés d’Abballa dans une filière afghano-pakistanaise de recrutement au jihad, ils sont soupçonnés d’avoir pu apporter un soutien logistique au tueur. Mais les enquêteurs ne retiennent pas leur complicité directe dans l’attaque, et les suspects ont finalement été relâchés sous contrôle judiciaire.
En revanche, les enquêteurs pensent avoir identifié un possible « deuxième homme » : Mohamed Aberouz, 24 ans. Ce frère cadet de Charaf Din Aberouz a été mis en examen pour « complicité d’assassinats terroristes » et incarcéré.

Les attaques terroristes en France depuis trois ans
Depuis 2015, les services de lutte antiterroriste ont recensé des dizaines de projets d’attaque sur le sol français. Voici une liste de ceux qui ont abouti :
7 janvier 2015 : 12 morts
Les frères Saïd et Chérif Kouachi assassinent douze personnes dans les locaux de Charlie Hebdo, à Paris : huit membres de la rédaction, un invité, deux policiers et un agent d’entretien de l’immeuble. Après deux jours de traque, ils sont tués par les forces de l’ordre à Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne).
8-9 janvier 2015 : 4 morts
Amedy Coulibaly, un proche des frères Kouachi, tue une policière municipale à Montrouge (Hauts-de-Seine) le 8 janvier. Le lendemain, il tue quatre personnes dans l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, à Paris, avant d’être abattu par les forces de police.
19 avril 2015 : 1 mort
Sid Ahmed Ghlam, un Algérien de 30 ans, est arrêté à Paris en possession d’une arme de poing et de plusieurs fusils d’assaut. Il a tué quelques heures plus tôt une jeune femme à Villejuif (Val-de-Marne). L’enquête a établi que son projet initial était de commettre une attaque contre une église de Villejuif.
26 juin 2015 : 1 mort
Yassin Salhi, 35 ans, décapite son patron avant de précipiter sa voiture contre un stock de bonbonnes de gaz dans une usine de Saint-Quentin-Fallavier (Isère).
13 novembre 2015 : 130 morts, plus de 400 blessés
Neuf djihadistes rentrés de Syrie en suivant la route des migrants mènent trois attaques simultanées devant le Stade de France, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), dans la salle du Bataclan et devant des terrasses de cafés à Paris. Les assaillants sont belges, français et irakiens. Le dixième membre du commando, Salah Abdeslam, sera arrêté quelques mois plus tard à Bruxelles.
13 juin 2016 : 2 morts
Larossi Abballa assassine un couple de policiers à leur domicile de Magnanville (Yvelines). Il est abattu par le RAID.
14 juillet 2016 : 86 morts et plus de 450 blessés
Un chauffeur de poids lourd tunisien, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, précipite son camion sur la foule massée sur la promenade des Anglais, à Nice (Alpes-Maritimes), pour assister au feu d’artifice du 14-Juillet. Il est abattu par des policiers tandis qu’il tire des coups de feu depuis la cabine.
26 juillet 2016 : 1 mort
Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean prennent en otage cinq personnes dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) avant d’égorger le père Hamel.
20 avril 2017 : 1 mort
Karim Cheurfi, 39 ans, tire au fusil d’assaut sur une fourgonnette de police stationnée sur les Champs-Elysées, à Paris. Il tue un policier et fait deux blessés avant d’être abattu.
1er octobre 2017 : 2 morts
Ahmed Hanachi, un Tunisien de 29 ans en situation irrégulière, tue deux jeunes femmes à l’aide d’un couteau sur le parvis de la gare Saint-Charles de Marseille (Bouches-du-Rhône).
23 mars 2018 : 3 morts
Après avoir attaqué les passagers d’une voiture puis des CRS à Carcassonne, Redouane Lakdim, un homme de 26 ans connu pour des faits de petite délinquance, s’est retranché dans le supermarché Super U de Trèbes, dans l’Aude, prenant des individus en otages. Il a été abattu quelques heures après. Un bilan du ministère de l’intérieur fait état de trois morts et au moins trois blessés dans ces attaques.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Depuis l’incendie qui a ravagé une partie du CHU, en novembre 2017, et le départ de l’hôpital de campagne, à la fin janvier, les patients sont gardés en observation dans deux grandes tentes installées sur le parking.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Claude Garcia, professeur de SES et auteur du blog « Profs mis en examen », revient sur ces sorties pédagogiques un peu spéciales qui ont « créé un légitime émoi » après la diffusion d’un reportage sur le sujet.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la juriste Mireille Delmas-Marty plaide pour une gouvernance mondiale du droit des migrations.
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édition abonné


Migrants : faire de l’hospitalité un principe

Dans une tribune au « Monde », la juriste Mireille Delmas-Marty plaide pour une gouvernance mondiale du droit des migrations.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 14h47
   





                        



                                


                            
Par Mireille Delmas-Marty, juriste, professeure émérite au Collège de France
Tribune. Face au désastre humanitaire qui accompagne les migrations humaines, l’hospitalité n’est pas affaire de morale ni de philanthropie. C’est une évidence et une urgence. L’évidence a été perçue dès le XVIIIe siècle par Kant, qui déduit un « principe d’hospitalité universelle » de la forme sphérique de la Terre : elle « oblige les êtres humains à se supporter parce que la dispersion à l’infini est impossible, et qu’originairement l’un n’a pas plus de droit que l’autre à une contrée ». A l’époque où Kant écrivait son Projet de paix perpétuelle (1795-1796), la population mondiale était d’environ un milliard d’humains – elle a dépassé sept milliards à présent.
Un siècle et demi plus tard, Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955), autre grand visionnaire, évoquera à son tour la surface fermée de la Terre : « La masse humaine, après une période d’expansion qui couvre tous les temps historiques, entre présentement (…) dans une phase de compression que nous pouvons essayer de régulariser, mais dont rien ne permet de prévoir qu’elle doive désormais se renverser àjamais. » Il ajoute que le « serrage de la masse humaine » conduit à une « montée simultanée du social, de la machine et de la pensée dont la triple marée nous soulève ».
Un défi planétaire
Aujourd’hui, cette triple marée pourrait nous submerger. Depuis 1950, la population a progressé d’environ un milliard tous les quinze ans, et cette accélération vertigineuse s’accompagne d’une urbanisation galopante : la population urbaine devrait doubler d’ici à 2050 pour atteindre 6,5 milliards d’habitants. Or, 95 % de cette croissance se situera dans des pays en développement. La mobilité humaine a déjà augmenté plus vite que la population, qu’il s’agisse des déplacements voulus ou forcés. S’ajoute l’accroissement du nombre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Le nombre d’étudiants étrangers en France a progressé de 4,6 % l’an dernier, selon Campus France. Une tendance qui pourrait se confirmer
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

La France reste attractive pour les étudiants du monde entier

Le nombre d’étudiants étrangers en France a progressé de 4,6 % l’an dernier, selon Campus France. Une tendance qui pourrait se confirmer



Le Monde
 |    12.04.2018 à 14h25
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 18h11
    |

            Adrien de Tricornot








                        



   


Premier pays d’accueil non anglophone pour les étudiants étrangers et quatrième destination mondiale selon l’Unesco, la France a enregistré des résultats encourageants pour l’année universitaire 2016-2017. Selon les derniers chiffres de Campus France, l’Agence française pour la promotion de l’enseignement supérieur, l’accueil et la mobilité internationale, publiés jeudi 12 avril, le nombre d’étudiants étrangers a progressé de 4,6 %, la plus forte hausse annuelle depuis cinq ans, pour atteindre 323 933 personnes.
Ce rebond est bienvenu car la mobilité diplômante continue à progresser rapidement dans le monde (+ 6,2 % l’an dernier selon Campus France), et la France a perdu du terrain continuellement depuis dix ans. Pourtant, les étudiants français sont de plus en plus nombreux à partir à l’étranger (plus de 80 000 pour l’année universitaire 2015-2016, soit une hausse de 41 % en cinq ans), et forment par exemple le premier contingent des départs par le programme européen Erasmus.
Selon les chiffres de Campus France, la majorité des étudiants étrangers sont des étudiantes (52,4 % en 2016-2017). Elles sont inscrites davantage que leurs consœurs françaises dans des filières de sciences fondamentales (un tiers y étudient, contre un quart des Françaises).
Le Maroc reste en tête des pays d’origine de ceux qui choisissent de venir étudier en France, devant la Chine, la Tunisie, l’Algérie et l’Italie. Même si 71 % des étudiants étrangers ont opté pour l’université en 2016-2017 (soit 231 120 personnes, en hausse de 5,1 % en cinq ans), les plus fortes progressions sont affichées par les grandes écoles, notamment celles de commerce qui ont recruté plus de 5 000 élèves supplémentaires, soit une hausse de 23,7 %.

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Talonnée par l’Allemagne, la France est encore la quatrième destination mondiale pour les étudiants en mobilité internationale (derrière les Etats-Unis, le Royaume Uni et l’Australie), sur l’année universitaire 2015-2016, selon des chiffres de l’Unesco, qui ne prend en compte que la mobilité « diplômante » (hors Erasmus par exemple). Elle comptabilisait 239 000 étudiants étrangers en France en 2015-2016 (contre 228 800 outre-Rhin, et 226 400 en Russie).

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La part de la France dans la mobilité étudiante mondiale n’a cessé de baisser (de 9,3 % à 6,7 % entre 2005 et 2015). Pour Béatrice Khaiat, directrice générale de Campus France, l’inflexion montrée par les derniers chiffres pourrait se confirmer :
« La France a mis énormément de temps à sortir de la circulaire Guéant. En restreignant la délivrance d’autorisations provisoire de séjour (APS), qui permettaient à un diplômé de travailler, cette circulaire a eu un impact bien au-delà des personnes concernées, en envoyant un signal négatif sur l’accueil en France. La tendance s’est maintenant inversée. Et les signaux envoyés par Emmanuel Macron depuis un an vont amplifier le mouvement. La France a la capacité de retrouver “sa” place de troisième destination mondiale pour la mobilité internationale diplômante. »
Elle souligne ainsi l’effet des différentes mesures annoncés ces derniers mois :
« Qu’il s’agisse des campagnes “Choose France” ou “Make our planet great again”, de la proposition faite à la Sorbonne de créer des parcours universitaires européens, des mesures pour la langue française ou de l’objectif de multiplier par deux le nombre d’étudiants venus des pays émergents en France, ou encore l’augmentation du nombre des visas de circulation pour les étudiants africains diplômés en France annoncée à Ouagadougou, je ressens que les messages positifs répétés depuis un an ont de l’écho ».
A l’université, les étudiants étrangers étudient globalement dans les mêmes filières que leurs collègues français même s’ils sont un peu plus nombreux en sciences économiques et surtout moins présents en santé (8 % au lieu de 14 %).
L’enjeu de la médecine
Dans cette filière, de nettes améliorations sont possibles, selon Mme Kaiat : « A l’université, l’attractivité de la médecine pour les étudiants étrangers est en baisse alors que nous avons un système de santé de qualité et que la formation des “french doctors” était encore récemment renommée. Il existe une énorme demande et nous l’avons perdue depuis 2010 en raison de changements réglementaires qui restreignent la pratique médicale dans le cadre de diplômes universitaires. Par ailleurs, le nombre de diplômes de formations médicales spécialisée proposées aux médecins étrangers a fortement diminué. »
Autre point d’attention : la baisse du nombre de doctorants (– 7,5 % en cinq ans) que Campus France attribue notamment à l’effet de la réduction de la durée moyenne des thèses mais qui accompagne aussi le recul global des inscriptions en doctorat à l’université. La France compte encore 23 949 doctorants étrangers, soit 41 % des jeunes chercheurs et la quatrième position mondiale en termes d’ouverture (devants les Etats-Unis : 32 % et l’Allemagne : 23,1 %).

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Parmi les relais de croissance de la destination France figurent, par ailleurs, la mise en avant – plus affirmée récemment – des formations professionnalisantes comme les lycées agricoles, adaptées à la demande des pays émergents.
Une « politique d’influence »
Le nombre de jeunes en « mobilité étudiante » (4,6 millions de personnes dans le monde) a progressé de 60 % en dix ans, et pourrait atteindre 9 millions en 2025 selon l’Unesco. Mais à peine 2,2 % de la population étudiante dans le monde étudient à l’étranger. Une population très convoitée. « Les pays qui progressent le plus fortement sont des “nouveaux entrants” de l’enseignement supérieur international, et qui s’engagent dans une politique d’influence, souligne Mme Khaiat. Ainsi, les plus fortes progressions dans l’accueil des étudiants étrangers concernent la Russie, dont l’écart avec l’Allemagne est désormais très faible, les Emirats arabes unis, l’Arabie saoudite, la Turquie, la Chine, ou, plus loin dans le classement, l’Iran ou le Ghana. »

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Avec sa stratégie dite du « rêve chinois », mise en œuvre par le président, Xi Jinping, l’empire du Milieu entend même devenir la deuxième destination d’accueil derrière les Etats-Unis d’ici à 2025. La compétition n’est pas terminée.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Onze professeurs et chercheurs, parmi lesquels Christian Baudelot, Philippe Meirieu et Thomas Piketty, s’élèvent, dans une tribune au « Monde », contre le projet ministériel de rabotage de l’enseignement de l’économie, de la sociologie et des sciences politiques au lycée.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Le risque de marginalisation et de dénaturation des sciences économiques et sociales au lycée est grand »

Onze professeurs et chercheurs, parmi lesquels Christian Baudelot, Philippe Meirieu et Thomas Piketty, s’élèvent, dans une tribune au « Monde », contre le projet ministériel de rabotage de l’enseignement de l’économie, de la sociologie et des sciences politiques au lycée.



Le Monde
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Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Panne de la croissance et persistance du chômage dans la vieille Europe, aggravation des inégalités de revenu et de patrimoine en France et au Royaume-Uni, montée des votes protestataires en Europe, remise en cause de la domination masculine, essor de la Chine, effets contrastés de la mondialisation, défis de la transition écologique…
L’enseignement ne représentera que des horaires faméliques en classe de seconde (1 h 30 par semaine)
Chaque jour, l’actualité nous rappelle la nécessité de disposer des outils d’analyse proposés par l’économie, la sociologie et la science politique afin de pouvoir mieux saisir les grandes questions contemporaines. Les sciences économiques et sociales (SES), dont l’objectif affirmé était d’ouvrir l’école sur le monde contemporain et de reconnaître une « troisième culture » entre les sciences dites dures et les lettres, cultivent cette ambition depuis maintenant plus de cinquante ans.
Pourtant, le projet de réforme du lycée présenté par le ministre de l’éducation nationale rabote l’enseignement des SES : réduit au statut de spécialité – donc en dehors des enseignements communs des élèves – et amputé de la « science politique » en classe de première et terminale générale, il ne représentera que des horaires faméliques en classe de seconde (1 h 30 par semaine), où la sociologie pourrait être réduite à portion congrue.

Pour les rédacteurs des premiers programmes de cette discipline scolaire, à la fin des années 1960, il s’agissait de « créer chez les élèves une certaine attitude intellectuelle » en adoptant une distance critique vis-à-vis de ses propres préjugés et de certaines représentations collectives plus ou moins erronées, grâce aux savoirs et aux outils des sciences sociales (analyses statistiques, observation, entretiens, etc.), mais aussi grâce à la hiérarchisation et au questionnement des sources. Qui peut ignorer que ce type d’apprentissage est on ne peut plus d’actualité,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ A Berd’huis, village de l’Orne, le chef de l’Etat a répondu aux questions de Jean-Pierre Pernaut, présentateur du journal télévisé de 13 heures.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Syrie, SNCF, hôpitaux, CSG…, ce qu’il faut retenir de l’interview d’Emmanuel Macron sur TF1

A Berd’huis, village de l’Orne, le chef de l’Etat a répondu aux questions de Jean-Pierre Pernaut, présentateur du journal télévisé de 13 heures.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 13h38
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 17h30
   





                        



   


C’est peu dire que sa prise de parole était attendue. Emmanuel Macron s’est exprimé, jeudi 12 avril, au cours du journal télévisé de 13 heures de TF1, délocalisé pour l’occasion dans le village normand de Berd’huis (Orne). Syrie, réforme de la SNCF, hôpitaux en crise, CSG, lutte contre le terrorisme…, le président de la République a fait le point sur différents dossiers.
SyrieSNCFL’hôpitalCSGTaxe d’habitationCulte musulmanEcole et ruralitéLimitation de la vitesse à 80 km/hNotre-Dame-des-Landes

        Lire :
         

          Emmanuel Macron sur TF1 pour convaincre retraités, ruraux et classes populaires



Syrie, « la preuve » des armes chimiques
Le président de la République a assuré que « nous avons la preuve que la semaine dernière des armes chimiques ont été utilisées par le régime de Bachar Al-Assad » sur la ville de la Douma, dans la banlieue de Damas, qui est retombée entièrement aux mains de l’armée syrienne jeudi 12 avril.
Pour autant, M. Macron a fait savoir que la France n’avait pas encore décidé d’une éventuelle réaction à cette attaque. « Nous aurons des décisions à prendre en temps voulu », a-t-il dit, ajoutant qu’il faut « tout faire pour qu’il y ait des cessez-le-feu ». Le chef de l’Etat a également dit avoir appelé « à plusieurs reprises » le président russe, Vladimir Poutine, allié de Bachar Al-Assad. « En aucun cas la France ne laissera une escalade se faire, ou quoi que soit qui puisse endommager la stabilité de la région », a-t-il encore dit.
SNCF : « Nous devons faire cette réforme »
Interrogé sur la grève à la SNCF, M. Macron s’est exprimé pour la première fois sur la réforme menée par le gouvernement, estimant qu’il faut « aller jusqu’au bout ». Ne pas le faire « serait une hypocrisie politique », a-t-il dit, arguant que l’ouverture à la concurrence est une exigence européenne.
« Je n’ai pas de mépris, ce ne sont pas des privilégiés », a déclaré M. Macron à propos des cheminots. « N’ayez pas de craintes illégitimes », a lancé le président à l’intention des syndicats : « La SNCF restera publique, les cheminots resteront cheminots. » La SNCF « sera une entreprise publique à capitaux publics », « ce sera dans la loi : 100 % de capitaux d’Etat », a-t-il dit.
« Tous les cheminots qui sont aujourd’hui en emploi, ils resteront dans le statut, c’est un contrat. On ne leur demande pas d’effort mais juste d’accepter que les nouveaux, on ne les prenne pas au statut. »

        Lire la discussion avec  secrétaire général de la CFDT :
         

          « Macron doit accepter un véritable débat démocratique »



M. Macron a rappelé que l’Etat prendrait sa part « des efforts », disant notamment que la dette de la SNCF « sera pour partie progressivement reprise ». Le président reconnaît ainsi que le passage en société anonyme (SA) de la SNCF, voté à l’Assemblée nationale mardi, implique une reprise de la dette. Le chiffre qui circule le plus est 35 milliards d’euros au minimum, pour que les ratios de l’entreprise soient compatibles avec un statut juridique de société par actions. L’Etat va aussi investir « 10 millions d’euros par jour pendant dix ans, pour entretenir les lignes », a-t-il dit.

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Pour l’hôpital, des mesures « cet été »
« Je veux vraiment rendre hommage à tous les personnels soignants, les médecins, les infirmières, les aides-soignantes, celles qui travaillent dans les Ehpad [établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes]. Ils vivent tous la mort au quotidien, nous leur devons quelque chose dans la société », a répondu M. Macron, interrogé sur sa capacité à entendre la détresse du personnel de la santé.

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Le chef de l’Etat n’a pas donné beaucoup d’éléments nouveaux à ce sujet, promettant toutefois qu’il ferait « à l’été » des annonces pour mettre « plus de moyens dans l’hôpital ». Pour M. Macron, il ne faut « pas mettre de l’argent sur un système qui n’est plus adapté ».
Le président a rappelé que le gouvernement allait « essayer de mieux organiser les choses », avec notamment la mise en place « de maisons de santé, pour que tout le monde n’aille pas aux urgences, parce que cela coûte plus cher à tout le monde ».
Pendant sa campagne présidentielle, le candidat Macron avait promis de limiter à 50 % la part de financement des hôpitaux à la tarification à l’activité (T2A). La réflexion engagée au ministère de la santé devrait aboutir à la fin de 2019.
Concernant le seul sujet des Ehpad, Emmanuel Macron a reconnu qu’il fallait « une transformation profonde » du système d’accueil des personnes âgées. « On sera au rendez-vous », a-t-il promis.

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La hausse de la CSG, un « besoin »
Après un reportage montrant des retraités qui déplorent la baisse de leur pouvoir d’achat, M. Macron a reconnu avoir « demandé un effort aux 60 % de personnes retraitées qui paient la CSG au taux normal ». « Cet effort, je l’ai annoncé en campagne », a rappelé le président de la République, qui va bientôt célébrer sa première année d’élection.
« Je veux expliquer à tous nos retraités : il n’y a pas de souverain mépris, j’ai besoin de vous, je fais appel à vous », a dit M. Macron, qui leur a rappelé que « vous passez dix ou quinze ans de plus à la retraite que vos parents en moyenne ».
Le chef de l’Etat a demandé aux retraités en colère de la « patience ». « Le 1er novembre, vous aurez un tiers de taxe d’habitation en moins. Et elle sera supprimée entièrement dans les trois ans. L’un dans l’autre, sur le pouvoir d’achat, vous allez vous y retrouver. » « Si on ne fait pas cet effort, dans cinq ou dix ans on n’arrivera plus à financer notre système de retraite », a dit le président.
Suppression de la taxe d’habitation : « Je n’ai aucun regret »
S’agissant de la suppression de la taxe d’habitation pour l’intégralité des foyers français, prévue pour après 2020, Emmanuel Macron n’a « aucun regret ». Il a martelé que « les économies de l’Etat serviront à compenser la [perte de la] taxe d’habitation pour les communes, à l’euro près ».
Confronté à la question de la redistribution des fruits de la croissance et de l’usage de la « cagnotte fiscale » — nom donné par l’opposition et par une partie de la majorité au surplus de recettes fiscales enregistré l’an dernier compte tenu du dynamisme économique —, le président s’est montré ferme.
Il a fermé la porte au rétablissement de la demi-part des veuves, pourtant réclamé sous condition de ressources par le député LRM Sacha Houlié, soutenu par une partie de la majorité. La suppression de ce dispositif a été décidée sous Nicolas Sarkozy et mise en œuvre progressivement sous François Hollande.

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Culte musulman : « le financement étranger » doit être « organisé sous le contrôle de l’Etat et transparent »
M. Macron a donné quelques indications sur les propositions qu’il prépare quant à l’organisation et au financement du culte musulman et qu’il présentera « dans les prochains mois ». Il a dit vouloir qu’à l’avenir, « le financement étranger [du culte musulman] soit organisé sous le contrôle de l’Etat et transparent. Je ne veux plus de mosquées qui s’ouvrent avec des financements cachés. Je ne veux plus de gens qui utilisent l’argent du pèlerinage [à La Mecque] pour financer n’importe quoi ». Il a dit avoir parlé de ce sujet deux jours plus tôt avec le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman. « Nous allons prendre des décisions conjointes », a-t-il dit.

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Ces indications demeurent encore imprécises, mais elles confirment l’intention prêtée au chef de l’Etat d’avoir en la matière une posture interventionniste. Elles laissent en suspens plusieurs questions de fond. Comment, par exemple, faire en sorte que l’Etat contrôle les financements cultuels étrangers ou les ressources issues du pèlerinage sans enfreindre la séparation entre l’Etat et les cultes voulue par la loi de 1905 ?
Interrogé sur le salafisme, M. Macron a répondu que « c’[était] un problème dans notre pays ». « Ce fondamentalisme-là, cet islam radical, comme disent certains, cet islamisme, ce n’est pas l’islam, mais c’est un problème. »
Le président a également évoqué les écoles privées hors contrat : « Nous allons mieux contrôler le hors-contrat ; on renforce le contrôle, on est intraitable. » Il fait ainsi référence à l’adoption récente de la proposition de loi portée par la sénatrice centriste Françoise Gatel « visant à simplifier et à mieux encadrer le régime d’ouverture des établissements privés hors contrat ». Mais il ne rappelle pas que parmi les treize cents établissements hors contrat recensés sur le territoire, trois cents s’affichent comme confessionnels, dont une quarantaine seulement comme musulmans. L’ancienne ministre de l’éducation Najat Vallaud-Belkacem (PS) avait tenté en son temps de mieux les encadrer, se heurtant aux lobbys de droite.
Ecole et ruralité : un « sujet de démographie »
« Il n’y a pas de fatalité mais il y a une organisation à trouver sur tous les territoires », a répondu M. Macron aux critiques qui le voient comme le « président des villes », au détriment des régions rurales.
« Il faut regarder les choses en face : on a un sujet de démographie », a reconnu M. Macron :
« A la rentrée prochaine, on aura 32 000 élèves en moins en CP et pourtant on va ouvrir près de 5 000 classes, dont 1 000 classes dans le rural. Alors que dans le rural, on va perdre 20 000 élèves de CP l’an prochain. »
Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, a fait état « de 200 à 300 classes » qui doivent fermer en septembre. A la mi-mars, le « solde officiel » évoqué Rue de Grenelle, dans les 47 départements les plus ruraux, se décomposait en 783 ouvertures de classe pour 990 fermetures.
Ces deux calculs se fondent sur l’estimation avancée de 20 000 élèves en moins à la rentrée dans les territoires ruraux. Cela n’empêche pas enseignants et parents d’avoir le sentiment que les zones rurales « paient le prix » des dédoublements des classes de CP (et, à la rentrée, en CE1), dans les réseaux d’éducation prioritaire — la mesure phare du candidat Macron.
Limitation de la vitesse à 80 km/h : « Si ce n’est pas efficace, on ne le garde pas »
« Notre sang s’est échauffé sur cette affaire », a répondu M. Macron aux critiques d’automobilistes. « Les Françaises et les Français, ça les ennuie toujours qu’on régule la route », a dit le président.
« Il y a des petites expérimentations qui ont été faites, et à chaque fois elles ont montré que c’était efficace », a affirmé M. Macron, promettant « une expérimentation à taille réelle au 1er juillet pour deux ans ». 
« Je prends ici deux engagements : durant ces deux ans, l’argent qui sera perçu, on le mettra pour les hôpitaux qui soignent les blessés de la route. On rendra transparents tous les résultats. Si ce n’est pas efficace, on ne le gardera pas. »
Développer l’intéressement dans les PME
Aujourd’hui, les entreprises qui ont négocié un accord d’intéressement avec leurs salariés doivent s’acquitter d’un forfait social. Il s’agit d’une cotisation à la charge de l’employeur dont le taux varie entre 20 % et 8 % selon la taille de l’entreprise. Le président de la République a annoncé sa suppression pure et simple pour les sociétés de moins de 250 personnes afin de mieux associer les salariés aux résultats.
« On a permis qu’il y ait plus de flexibilité [dans les entreprises], on doit permettre aussi quand ça va mieux que tout le monde puisse en profiter. »
Aujourd’hui, selon le ministère de l’économie, seules 16 % des entreprises de moins de 50 salariés ont un accord d’intéressement, et 22 % des entreprises entre 50 et 250 salariés.
Notre-Dame-des-Landes : « L’ordre républicain sera rétabli »
« L’ordre républicain sera rétabli », a répété le chef de l’Etat, fustigeant les gens qui « créent du trouble ». « Ils occupent illégalement des territoires publics. Ils n’ont plus de raison de le faire car il n’y aura pas d’aéroport », a-t-il dit lapidairement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Les organisateurs des Etats généraux de l’éducation dans les quartiers populaires demandent au ministre de l’éducation de rééquilibrer les moyens humains et financiers entre les territoires.
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« Dans les quartiers populaires, nos enfants n’ont droit qu’à un enseignement de moindre qualité »

Les organisateurs des Etats généraux de l’éducation dans les quartiers populaires demandent au ministre de l’éducation de rééquilibrer les moyens humains et financiers entre les territoires.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 12h13
    |

                            Mattea Battaglia








                        


Jérôme Decuq, enseignant et parent d’élève, est membre du comité d’organisation des Etats généraux de l’éducation dans les quartiers populaires, dont la deuxième édition a réuni à Créteil (Val-de-Marne), les 7 et 8 avril, parents mais aussi chercheurs et élus venus de Paris Montpellier, Toulouse… L’occasion de faire entendre les « voix du terrain », explique-t-il. Les organisateurs de cet événement demandent, jeudi 12 avril, à être reçus par le ministre de l’éducation pour lui remettre leurs préconisations.
Les Etats généraux de l’éducation dans les quartiers populaires ont permis de mettre des mots sur les injustices éducatives les plus criantes. Quelles sont-elles ?
Le constat est partagé par les familles des quartiers populaires : nos enfants n’ont droit qu’à un enseignement de moindre qualité. Il ne s’agit pas de taper sur le corps enseignant : nul n’ignore qu’il est plus difficile d’être affecté dans ces zones. Mais on ne doit pas pour autant occulter que nos quartiers sont plus concernés par les absences d’enseignants, plus concernés aussi par les départs d’enseignants, des équipes qui tournent, des chefs d’établissement qui ne font que passer… Quand un jeune prof commence à être bon, il s’en va – ou demande souvent à s’en aller.
Ce n’est pas qu’un ressenti : quand on compare la pyramide des âges des profs en ZEP et hors ZEP, les quelques chiffres disponibles sur les congés maladie ou les congés maternité, cela saute aux yeux. On ne dispose pas de données sur les congés formation, mais quand on est un jeune enseignant, on en a indiscutablement besoin…
Je le répète, il n’est pas question pour nous de pointer du doigt les professeurs. Mais il y a urgence : il nous faut équilibrer les moyens et trouver une solution globale pour que personne ne soit lésé.
Comment percevez-vous l’action engagée en faveur de la mixité scolaire par ce gouvernement ?
On ne la perçoit pas. Cela semble être un non-sujet pour ce gouvernement. Et c’est bien pour cela qu’on prend la parole.
Les classes de CP dédoublées en ZEP ne vont-elles pas dans le bon sens ?
Globalement, la mesure va dans le bon sens. Avec moins d’élèves, il semble plus facile d’obtenir une ambiance de travail plus favorable. On peut aussi imaginer des conditions d’enseignement plus attractives. Mais ce ne peut être l’alpha et l’oméga d’une politique d’éducation prioritaire.
D’autant qu’on entend, du terrain, s’exprimer des difficultés. Dans certaines écoles, on ne peut pas pousser les murs pour accueillir des classes de 12 élèves. Sans parler des possibles effets de vases communicants, y compris au sein des réseaux d’éducation prioritaire, où les dédoublements des classes de CP (et, bientôt, d’une partie des CE1) semble se faire au prix d’une augmentation des effectifs à d’autres niveaux – notamment en maternelle. Cela questionne la logique même de la mesure.
Que disent les familles des « expérimentations » lancées sous la gauche pour accroître la mixité dans les lieux les plus ségrégués ? Ont-elles survécu à l’alternance politique ?
Ces expérimentations semblent maintenues. Mais nos retours sont contrastés. A Montpellier, dans le quartier du Petit Bard, on a rebaptisé le collège, on y a inséré des filières dites attractives (sport, langues). Mais trop peu d’enfants du quartier y ont encore accès. On a aussi beaucoup échangé sur l’expérimentation menée à Toulouse, où un collège est en train de fermer ; ses élèves de 6e commencent à être répartis vers d’autres établissements. Et ça se passerait plutôt bien pour le moment. A Paris, trois secteurs multicollèges ont vu le jour, avec différents modes d’affection des élèves. Avec du courage politique, on peut agir.
On parle beaucoup d’Affelnet, logiciel d’affectation des collégiens tout juste reparamétré, à Paris, pour donner un « coup de pouce » aux enfants ayant suivi toute leur scolarité en éducation prioritaire. Une bonne chose selon vous ?
Ce bonus pour les élèves non boursiers de ZEP va dans le bon sens. Il fait partie des propositions que nous comptons remettre au ministre de l’éducation : un bonus de ce type devrait être généralisé à toutes les académies et pas seulement à Paris.

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Que dit ce « cahier de doléances » que vous vous apprêtez à remettre à M. Blanquer ?
La corrélation entre ségrégation et inégalités scolaires est attestée : dans les quartiers prioritaires, on sait que certaines familles sont tentées d’éviter le collège du secteur, mais c’est aussi le cas d’enseignants ou de chefs d’établissement. Contre la ségrégation urbaine, la loi SRU [solidarité et renouvellement urbain] agit depuis une quinzaine d’années. Mais il n’existe rien de très contraignant contre la ségrégation scolaire. A l’heure où tout le monde, y compris les politiques, martèle que c’est à l’école de développer le vivre-ensemble et de faire société, on ne peut s’en satisfaire. Renvoyer la balle à des élus locaux, tenus de rendre des comptes à leurs électeurs, peut difficilement aboutir à une politique ambitieuse.
Qu’attendez-vous, précisément, du ministre de l’éducation ?
Nous lui demandons qu’une loi en matière de mixité scolaire puisse s’appliquer dans des territoires identifiés comme ségrégués, loi impliquant les écoles privées, afin de garantir aux familles que tous les établissements se valent bien. Nous lui demandons aussi de rééquilibrer les moyens, notamment humains et financiers, entre les territoires. Quand on voit la faible dépense éducative pour un jeune défavorisé scolarisé en ZEP qui s’arrête au CAP comparée à celle d’un jeune de centre-ville qui ira jusqu’à bac + 5 en bénéficiant d’options en plus et à d’enseignants plus expérimentés, on se dit qu’on peut faire beaucoup mieux sur le plan de l’équité.
Il y a un vrai problème de déconnexion entre nos élites et les habitants des quartiers populaires. Peu d’élus sont passés par des ZEP ou ont des enfants scolarisés en éducation prioritaire. Notre initiative espère contribuer à renouer ce lien en faisant entendre les voix du terrain.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Alors que l’hôpital de Reims a décidé lundi d’un « arrêt des traitements » de Vincent Lambert, dans un état végétatif depuis 2008, la mère de ce dernier, qui s’oppose à la décision, en appelle au président.
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La mère de Vincent Lambert interpelle Emmanuel Macron dans une lettre ouverte

Alors que l’hôpital de Reims a décidé lundi d’un « arrêt des traitements » de Vincent Lambert, dans un état végétatif depuis 2008, la mère de ce dernier, qui s’oppose à la décision, en appelle au président.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 12h04
   





                        


« Mon fils a été condamné à mort ». Dans une lettre ouverte jeudi 12 avril dans Le Figaro, Viviane Lambert, mère de Vincent Lambert, a interpellé Emmanuel Macron sur le sort de son fils hospitalisé dans un état végétatif depuis 2008 alors que le centre hospitalier universitaire (CHU) de Reims a décidé lundi d’un « arrêt des traitements. »
« Mon fils n’a pas mérité d’être affamé et déshydraté (…) Vincent est handicapé mais il est vivant », a écrit Viviane Lambert dans cette tribune adressée au président de la République, trois jours après que le CHU de Reims (Marne) a décidé, au terme d’une quatrième procédure collégiale, un arrêt des traitements sous dix jours.

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La mise en œuvre de cette décision consisterait à supprimer l’hydratation et l’alimentation artificielles de Vincent Lambert, 41 ans et père de famille, qui se trouve dans un état végétatif irréversible à la suite d’un accident de voiture.
« Vincent n’est pas dans le coma, il n’est pas malade, il n’est pas branché (…) il respire sans assistance. Il se réveille le matin, et s’endort le soir », a expliqué Viviane Lambert, précisant que son état l’empêchait de « communiquer verbalement », mais qu’il avait « retrouvé » son « réflexe de déglutition » et pouvait être rééduqué :
« Il faut le faire selon des protocoles spécialisés, avec une équipe pluridisciplinaire, dans une unité spécialisée, dans le cadre d’un projet de vie en lien avec sa famille. »
Les parents de Vincent Lambert veulent que leur fils soit transféré dans un établissement spécialisé ; une demande rejetée par la Cour de cassation, en décembre 2017, qui avait rappelé que seule Rachel Lambert, sa femme et tutrice légale depuis 2016, pouvait décider.

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Cinq ans de déchirements
Depuis cinq ans, date de la première procédure collégiale et de l’ouverture du front judiciaire, la famille Lambert se déchire sur l’avenir du patient : ses parents et une partie de la fratrie sont opposés à sa fin de vie, tandis que son épouse, son neveu et d’autres frères et sœurs y sont favorables compte tenu des conclusions des médecins du CHU de Reims.
« S’il faut qu’il meure, ce n’est pas pour sa dignité : c’est par volonté euthanasique. Vincent va être sacrifié pour faire un exemple. Mon fils doit être un cas d’école », a aussi ajouté Mme Lambert, fervente catholique, qui a demandé à être reçue par Emmanuel Macron.
Par ailleurs son avocat avait annoncé lundi l’intention de ses clients de déposer un recours en référé libertés devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne pour tenter d’empêcher la mise en œuvre de l’arrêt des traitements.
Cette lettre ouverte vise « à ce que le président de la République fasse annuler une décision médicale, qui vient après une décision similaire qui avait été jugée légale et conventionnelle par le Conseil d’Etat et la Cour européenne des droits de l’homme » en 2014 et 2015, a réagi François Lambert, le neveu du patient.
En janvier 2017 il avait écrit à François Hollande pour qu’il intervienne auprès du CHU de Reims en vue d’un arrêt des soins, mais celui-ci lui avait répondu qu’il ne lui appartenait pas de décider.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Accueillir un stagiaire ou un salarié étranger chez soi permet de faire garder ses enfants à moindre coût. Mais la famille d’accueil doit respecter des obligations.
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Recruter un(e) jeune au pair, mode d’emploi

Accueillir un stagiaire ou un salarié étranger chez soi permet de faire garder ses enfants à moindre coût. Mais la famille d’accueil doit respecter des obligations.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 11h50
    |

                            Catherine Quignon








                        



                                


                            

L’été approchant, nombreuses sont les familles qui envisagent d’accueillir un jeune au pair. Une solution gagnant/gagnant : venu passer quelque temps en France pour apprendre la langue, le candidat est hébergé par une famille d’accueil. En échange du gîte et du couvert, il effectue quelques tâches domestiques (garde d’enfants, travaux ménagers…). Quant aux familles, elles bénéficient d’une aide pour garder leurs enfants tout en leur offrant un environnement bilingue.
Le plus souvent, le jeune au pair est accueilli en tant que « stagiaire aide familial étranger ». Si ce statut est plus souple que celui d’un salarié, il est néanmoins encadré pour éviter les abus. Le stagiaire doit obligatoirement être étranger et âgé de 17 à 30 ans (une dérogation peut être accordée pour des candidats plus âgés). Le but de son séjour étant d’apprendre la langue du pays, il lui faut être inscrit à des cours de français pour toute la durée du séjour. Quant à la période d’accueil, celle-ci peut s’étendre de trois mois à un an, avec une prolongation possible jusqu’à deux ans.
« Le stagiaire doit obligatoirement bénéficier d’une chambre individuelle », indique Bruno Bureau, directeur de l’agence de séjours au pair Oliver Twist. En ce qui concerne les tâches qui peuvent lui être confiées, là aussi tout n’est pas permis. Son rôle est d’abord de s’occuper des enfants : faire du baby-sitting, leur donner le bain, les aider à faire leurs devoirs…
Eventuellement, il peut effectuer quelques tâches ménagères en rapport avec les enfants, dans la limite d’un tiers de son temps de travail, qui au total ne doit pas excéder trente heures par semaine (5 heures journalières et un jour de repos obligatoire). Son temps doit être aménagé de façon à ce qu’il puisse suivre ses cours.
Les frais à prévoir
Si cette solution de garde d’enfants paraît bon marché, l’accueil d’un stagiaire au pair engendre néanmoins des frais. En plus du gîte et du couvert, il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Richard Ferrand, le patron du groupe majoritaire à l’Assemblée, a rappelé à l’ordre les élus les plus critiques envers le texte.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
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Loi Asile-immigration : le ton se durcit au sein de LRM

Richard Ferrand, le patron du groupe majoritaire à l’Assemblée, a rappelé à l’ordre les élus les plus critiques envers le texte.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 13h06
    |

            Manon Rescan








                        



                                


                            
Des députés libres de leur parole mais en même temps disciplinés. Le délicat équilibre sur lequel repose la vie du groupe La République en marche (LRM) à l’Assemblée nationale subit depuis quelques semaines d’importantes turbulences. A tel point que Richard Ferrand, président du groupe majoritaire, a durci le ton à l’égard de ses troupes ces derniers jours. A mots couverts, il a menacé d’exclusion ceux qui rechigneraient à soutenir la ligne politique du gouvernement. « On ne fait jamais d’omelettes sans casser des œufs, et s’il faut casser des œufs, je le ferai ! », a prévenu le député du Finistère lors d’une réunion du groupe qui s’est tenue mardi 11 avril.

La raison de ce sec rappel à l’ordre réside dans une situation inédite à l’échelle de la courte histoire du groupe LRM. Depuis plusieurs semaines, les tensions sont vives au sujet du projet de loi asile-immigration en cours d’examen à l’Assemblée. « C’est encore plus difficile de convaincre que pour l’ISF », relate un pilier de la majorité en référence au débat déjà délicat qui a eu lieu sur la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune à l’automne.
Une grappe de députés s’est détachée du collectif
Une partie des députés bataille pour adoucir le texte qu’ils jugent trop ferme à l’égard des demandeurs d’asile. Certains menacent également de s’y opposer lors de l’examen en Hémicycle qui débutera le 16 avril. « S’il n’y a pas d’avancées significatives, je voterai contre », a ainsi prévenu le député du Maine-et-Loire Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, lors de la même réunion de groupe. Il assure pour l’heure travailler à de « nouvelles avancées » sur le texte, sans s’avancer sur son vote.
Si la majorité des députés LRM se range derrière le compromis en cours de négociation avec Gérard Collomb, une grappe de députés s’est, elle, détachée du collectif lors de l’examen en commission des lois la semaine dernière. Une quinzaine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Le tribunal a montré les insuffisances de l’enquête, qui n’a pas prouvé qu’ils étaient les auteurs du sabotage d’une ligne de TGV en 2008.
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Procès de Tarnac : Julien Coupat et Yildune Lévy relaxés

Le tribunal a montré les insuffisances de l’enquête, qui n’a pas prouvé qu’ils étaient les auteurs du sabotage d’une ligne de TGV en 2008.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 16h29
    |

            Henri Seckel








                        



   


Dix ans après son déclenchement, « l’affaire de Tarnac » a enfin connu son épilogue : Julien Coupat et Yildune Lévy ont été relaxés, jeudi 12 avril, pour les faits de « dégradations » dont ils étaient accusés, à savoir le sabotage d’une ligne de TGV dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008 à Dhuisy, en Seine-et-Marne. Ils ont également été relaxés pour les faits d’« association de malfaiteurs ». La présidente de la 14e chambre du tribunal correctionnel de Paris, Corinne Goetzmann, les a reconnus coupables de « refus de se soumettre à un prélèvement biologique », délit pour lequel ils ont toutefois été dispensés de peine, compte tenu notamment de l’ancienneté des faits.
Six autres prévenus étaient jugés ; un seul a été condamné : Christophe Becker a été reconnu coupable de « recel de vol » [de cartes d’identité, en l’occurrence] et « tentative de falsification de documents administratifs ». Il a été condamné à quatre mois de prison avec sursis. Les cinq autres – Mathieu Burnel, Bertrand Deveaud, Elsa Hauck, Manon Glibert et Benjamin Rosoux –, qui comparaissaient soit pour « association de malfaiteurs », soit pour « refus de se soumettre à un prélèvement biologique », ont été relaxés. Voilà donc tout ce qui reste de la gigantesque affaire de Tarnac.

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                L’affaire de Tarnac résumée en 5 épisodes



« Dix années de procédure et d’instruction complètement à charge ont été balayées en trois semaines d’audience, a réagi Me Marie Dosé, l’avocate de Yildune Lévy. Les prétendues charges que le parquet a essayé de mettre en exergue n’ont pas supporté l’oralité des débats. » « C’est une humiliation pour les services de l’antiterrorisme de l’époque, pour le magistrat instructeur ainsi que pour le parquet antiterroriste, a quant à lui déclaré Me Jérémie Assous, qui défendait les sept autres prévenus, dont Julien Coupat. Le tribunal a rappelé ce que la défense n’a eu de cesse de dénoncer, et ce que le parquet n’a eu de cesse de camoufler, à savoir les malversations, les incohérences, les invraisemblances et l’incompétence des services enquêteurs. »
Les méthodes de l’antiterrorisme condamnées
« Le tribunal a sifflé la fin de la partie, a poursuivi Me Assous, et rappelé que le droit français était régi par un certain nombre de principes que vous ne pouvez pas bafouer, même si vous faites partie de la sous-direction antiterroriste. » De fait, le jugement rendu par Corinne Goetzmann sonne autant comme la relaxe des prévenus que comme une condamnation des méthodes policières, dont les audiences ont souligné le grand flou qui les entourait dans cette enquête.
Au cas où il ne l’avait pas été assez par la défense, le « PV 104 », pièce majeure de l’accusation, a été laminé par la présidente du tribunal, qui a dit tout le mal qu’elle pensait de ce procès-verbal de filature censé attester la présence du couple Coupat-Lévy les 7 et 8 novembre 2008 à proximité du lieu du sabotage : « Le PV 104 ne fournit que peu d’informations sur le comportement de Julien Coupat et Yildune Lévy la nuit des faits », a noté Corinne Goetzmann. Il en fournit bien plus sur « ce que les enquêteurs n’ont pas constaté », à savoir « l’achat des tubes [censés avoir servi à hisser un crochet sur la ligne de TGV sabotée], la présence des tubes dans la voiture, la pose du crochet sur la caténaire, ou le jet des tubes dans la Marne. Ce PV, dont la valeur probante est extrêmement ténue, ne démontre pas que Julien Coupat et Yildune Lévy seraient les auteurs des dégradations. »

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                Tarnac : le « PV 104 », atout et faiblesse de l’accusation



Le dénouement de ce procès, qui semblait de plus en plus évident au fil des audiences, ne l’était pas du tout en 2008, lors du déclenchement d’une affaire présentée comme relevant du terrorisme, et ce jusqu’à l’abandon de cette qualification en 2017. Au lendemain des interpellations des membres du « groupe de Tarnac », petit village de Corrèze où vivaient certains des prévenus, la ministre de l’intérieur de l’époque, Michèle Alliot-Marie, avait mis en avant les « risques de résurgence violente de l’extrême gauche ». Le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, évoquait, quant à lui, « une structure appelée “cellule invisible”, qui avait pour projet la lutte armée ». Corinne Goetzmann a balayé tout ça jeudi : « L’audience a permis de comprendre que le groupe de Tarnac était une fiction. »
Julien Coupat absent du tribunal
Dans son réquisitoire, à la fin mars, le procureur de la République, Olivier Christen, avait réclamé des peines mesurées : quatre ans d’emprisonnement dont quarante-deux mois avec sursis contre Julien Coupat, et deux ans dont vingt-deux mois avec sursis pour Yildune Lévy. Soit, respectivement, six mois et deux mois ferme : exactement la durée de la détention provisoire effectuée par l’un et l’autre au lendemain de leurs interpellations, en 2008.
Relaxés, Julien Coupat et Yildune Lévy sont donc fondés à réclamer des dédommagements pour ces mois passés en prison pour rien. De son côté, le procureur a le droit de réclamer un nouveau procès. « J’ose espérer que le parquet n’aura pas l’indécence d’interjeter appel, a toutefois lancé Me Dosé, parce que l’acharnement doit cesser, et qu’à force de se ridiculiser, la justice perd beaucoup. » « Le parquet est libre de faire ce qu’il veut, a estimé de son côté Me Assous. S’il veut persister à être roué de coups, libre à lui. »

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                Les plaidoiries au procès de Tarnac : « Il est temps de les libérer de ce fiasco ! »



Achevant de démontrer tout le respect qu’il porte à l’institution judiciaire, qui vient pourtant de le sauver de la déloyauté de l’enquête policière, Julien Coupat n’était pas venu au palais de justice de Paris pour entendre le jugement – tout comme cinq autres prévenus. Seuls Bertrand Deveaud et Yildune Lévy s’étaient déplacés jusqu’au tribunal. Cette dernière, à l’annonce de sa relaxe, a fermé les yeux et soupiré de soulagement, tandis que quelques applaudissements retentissaient dans la salle.
A la sortie, la jeune femme n’a pas souhaité revenir sur les trois semaines de procès ou sur le jugement. Elle a simplement déclaré : « S’il y a une chose à retenir, c’est qu’il ne faut jamais lâcher, jamais cesser de se battre contre toutes les machines à broyer, quelles qu’elles soient, de l’antiterrorisme jusqu’aux tractopelles à Notre-Dame-des-Landes. On est dans une époque où l’on cherche à réprimer tout ce qui échappe à l’ordre normal des choses. On nous dit tout le temps “allez, en marche !”, mais en marche vers quoi, à part la mort sociale, politique ou écologique ? »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Les conversations d’un directeur du centre pénitentiaire du Val-de-Marne mis en examen lèvent le voile sur une série de passe-droits accordés à des détenus.
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A la prison de Fresnes, le pouvoir de l’argent

Les conversations d’un directeur du centre pénitentiaire du Val-de-Marne mis en examen lèvent le voile sur une série de passe-droits accordés à des détenus.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 14h55
    |

            Jean-Baptiste Jacquin et 
Simon Piel








                        



                                


                            

Au téléphone depuis sa cellule de la division 3 à Fresnes (Val-de-Marne), Arnaud Mimran discute avec un ami détenu à Fleury-Mérogis (Essonne) : « Je te dis franchement, ici en vérité c’est la meilleure taule, on peut dire ce qu’on veut, hein. » La conversation est interceptée par la police en novembre 2017.
L’un des acteurs de la gigantesque fraude à la TVA sur le marché du carbone, pour laquelle il a été condamné en 2016 à huit ans de prison, raconte son quotidien sous les verrous de l’une des plus vieilles prisons de France, vétuste, insalubre et surpeuplée. Il fanfaronne, se gausse de ce que l’argent permet, ment aussi, sûrement, et décrit une détention faite de privilèges octroyés par certains membres du personnel pénitentiaire, au premier rang desquels Khalid El Khal, le directeur de la division 3 (D3), et Frédéric N., le chef de détention.
A l’en croire, il obtiendrait la visite de prostituées dans le cadre de ses parloirs, passerait à travers les fouilles de cellule sans risquer de sanctions si des objets interdits, comme le téléphone, venaient à y être découverts, et profiterait de sa proximité avec Khalid El Khal – qui lui apporterait régulièrement des croissants et des pains au chocolat – pour faire pression sur les surveillants qui seraient tentés de le contrarier.
Traitements de faveur
Arnaud Mimran n’apparaît toutefois guère reconnaissant de ce traitement de faveur. Il a en effet prévu de piéger un surveillant. Il s’en ouvre à son interlocuteur.
« Hé dis-moi, je t’ai appelé tout à l’heure, je voulais faire une rigolade. Je vais t’appeler mardi, je vais te passer quelqu’un au téléphone et toi tu dis que t’es banquier au CIC. Tu sais qui c’est le mec que je vais te passer ? C’est un surveillant qui veut un crédit (rires). (…) Oui tu lui dis tout, tu lui dis ben étant donné que vous êtes un ami d’une personne heu connue, donc bien évidemment on vous donnera les conditions les plus avantageuses. (…)...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Dans les grandes écoles, mais aussi à l’université, bon nombre d’étudiants peinent à trouver leur place, avec une mauvaise image ou considérés comme des « nobod(y) ».
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N’être personne ou être mal vu : radioscopie d’une angoisse étudiante

Dans les grandes écoles, mais aussi à l’université, bon nombre d’étudiants peinent à trouver leur place, avec une mauvaise image ou considérés comme des « nobod(y) ».



Le Monde
 |    12.04.2018 à 10h15
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 15h43
    |

            Soazig Le Nevé








                        



                                


                            

Goguenards, pendant la pièce de théâtre, ses camarades de promo lui ont demandé : « Eh, Mohamed*, tu ne serais pas en train de cacher une bombe par hasard ? » « Dans ma banlieue, on réagit violemment à un truc pareil, mais là, je savais qu’il ne fallait surtout pas être violent. Du coup, je n’ai pas su quoi faire, j’ai perdu tous mes moyens », relate le jeune homme. Cette scène, gravée dans sa mémoire, fait partie des dizaines d’autres qu’il a vécues lorsqu’il était élève en première année dans une grande école de commerce, l’Essec.
Lui, le banlieusard d’origine marocaine, issu d’une prépa à Cergy (Val-d’Oise) dont il était le tout premier à intégrer « une école du top 3 ». Lui en « baskets, jean, sweat à capuche » face à eux, « polo à blason et pull bleu marine ». « A la rentrée, cela a été très brusque. J’ai réalisé les choses lors de l’appel. Dès qu’on arrive à la lettre D s’enchaînent les doubles et triples particules… », se remémore le jeune diplômé. Quand un élève l’interpelle en citant une réplique d’un album d’Astérix et Obélix, Mohamed ne comprend rien et reste interdit. « Tu sais, il va falloir que tu maîtrises tous les codes si tu veux t’intégrer », s’entend-il répondre. « J’ai failli en parler à la psy de l’école, mais j’ai eu honte. Je me suis dit : “Non, tu vas gérer cela tout seul.” »
L’injonction de la dynamique de groupe
Son exutoire, ce sera la boxe, à l’Essec, avec un entraîneur maghrébin de banlieue, « qui, lui, n’avait aucun complexe ». « A la boxe, on est tous égaux, on enfile les gants et on s’entraîne. J’avais un élève aristo en face de moi et entre nous il n’y avait aucune autre considération que le sport. » Mohamed n’a pas de copains, ne va à aucune soirée et n’a été recruté par aucune des associations qu’il souhaitait rejoindre. « Mon réseau à moi, c’étaient les agents de sécurité, l’entraîneur de boxe et les femmes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ L’enquête de la chercheuse Hélène Le Bail, rendue publique jeudi, montre que la diminution du nombre de clients contraint les prostituées à baisser leurs tarifs et à se mettre en danger.
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Bilan sévère des effets de la loi de 2016 sur la prostitution

L’enquête de la chercheuse Hélène Le Bail, rendue publique jeudi, montre que la diminution du nombre de clients contraint les prostituées à baisser leurs tarifs et à se mettre en danger.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 10h02
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 10h57
    |

            Gaëlle Dupont








                        



   


Le constat est cinglant : « La loi sur la prostitution met en difficulté les personnes qu’elle était censée protéger mieux », résume Hélène Le Bail, chercheuse au CNRS et au Centre de recherches internationales de sciences (CERI). Cette dernière a effectué, depuis le vote de la loi le 13 avril 2016 et pour le compte d’une douzaine d’associations, une enquête fouillée auprès des personnes prostituées, rendue publique jeudi 12 avril.

        Lire aussi :
         

                Prostitution : le Parlement adopte définitivement la pénalisation des clients



Ces associations – parmi lesquelles Médecins du monde, les Amis du bus des femmes, le planning familial, le Syndicat des travailleurs du sexe (Strass) – ont toujours été opposées au texte, en particulier à la pénalisation des clients, redoutant ses conséquences. « Nous sommes partis sur des hypothèses d’impacts négatifs de la loi sur la santé et la sécurité des personnes, rapporte Hélène Le Bail, elle-même bénévole à Médecins du monde. Ces hypothèses se sont malheureusement confirmées. La réalité va même au-delà. »
Au total, soixante-dix entretiens individuels ont été menés, trente-huit personnes supplémentaires ont été interrogées au cours de réunions ciblées, une enquête quantitative a permis de recueillir l’opinion de 583 personnes prostituées et vingt-cinq associations ont été interrogées. Un échantillon non représentatif, mais significatif, en particulier pour une population qu’il n’est pas facile de contacter.
Des clients moins nombreux
L’un des principaux enseignements de l’enquête est que les clients, visés par une amende d’un montant maximal de 1 500 euros, sont moins nombreux – cela en dépit du faible nombre de verbalisations, puisqu’un peu plus de deux mille ont été sanctionnés. C’était l’objectif de la loi : lutter contre la prostitution en décourageant la demande.
Cependant, l’effet est moins net sur la prostitution qui passe par les annonces en ligne. En outre, la diminution de cette clientèle de rue s’accompagne d’une dégradation importante des conditions de vie, déjà très précaires des prostituées (des femmes dans 85 % des cas) : revenus en baisse, difficultés à se loger, voire à se nourrir, etc., selon l’enquête.
Des problèmes que confirment les témoignages rapportés, comme celui de Yacine*, un travesti algérien. « Il demande : “Combien c’est ?” Je lui dis : “30 euros”. Il me dit : “Ah non je n’ai que 10.” Moi, avant, je n’acceptais pas. Même mes copines n’acceptaient pas 10 euros. Mais maintenant je l’accepte. » Ou celui de la Nigériane Grace : « C’est différent parce qu’ils savent qu’il n’y a pas beaucoup de clients. Ils prennent des risques en venant me voir, donc ils veulent que je baisse les prix. » Certaines prostituées font beaucoup plus d’heures et les demandes de rapports sans préservatif sont plus nombreuses et plus acceptées pour tenter de combler la perte de revenus dans la rue.
Faute d’argent « on prend quand même le risque » 
Les « bons clients », qui respectent les règles établies au départ, se raréfient. « On n’a pas d’argent, donc si on rencontre des mauvais clients, on prend quand même le risque », témoigne Min, une Chinoise. La Française Marie a réfléchi à « peut-être accepter à nouveau des gens de [s] a black list ». Afin de rassurer leurs clients, les prostituées interrogées attendent dans des lieux plus isolés, plus sombres, ce qui augmente les risques de violence.
L’abrogation du délit de racolage, qui faisait partie de la loi, n’a pas amélioré la situation. Beaucoup restent inquiétées par la police, soit parce qu’elles n’ont pas de papiers (la grande majorité est étrangère), soit parce que les municipalités où elles travaillent ont pris des arrêtés antiprostitution.

        Lire :
         

          Pourquoi la prostitution en ligne échappe souvent aux poursuites



Dernier volet de la loi, les parcours de sortie de la prostitution, qui permettent d’octroyer une indemnité et un titre de séjour temporaire si la personne arrête son activité, ont mis longtemps à démarrer. Ils apparaissent pour l’heure peu attractifs pour la majorité des personnes interrogées, notamment en raison du faible montant de l’indemnité (330 euros par mois). Seule une cinquantaine de procédures ont été lancées ; certains dossiers ont été refusés en raison de réticences à délivrer des titres de séjour.
Les associations favorables au texte (Mouvement du nid, collectif Abolition 2012) continuent à défendre sa philosophie, et ont prévu des rassemblements jeudi pour réclamer « son application pleine et entière ».
* Les prénoms ont été modifiés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Une analyse est en cours pour savoir si l’augmentation du nombre de morts constatée à la morgue de l’hôpital en février et mars est due à la désorganisation des soins.
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Guadeloupe : après l’incendie au CHU, le risque de surmortalité au cœur des préoccupations

Une analyse est en cours pour savoir si l’augmentation du nombre de morts constatée à la morgue de l’hôpital en février et mars est due à la désorganisation des soins.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 08h45
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 17h09
    |

            Faustine Vincent (envoyée spéciale à Pointe-à-Pitre, Guadeloupe)








                        



                                


                            

« Ce n’est pas le moment de tomber malade ou d’avoir un accident. » Depuis l’incendie qui a détruit une partie du centre hospitalier universitaire (CHU) de la Guadeloupe, le 28 novembre 2017, la réflexion revient en boucle sur l’île antillaise. L’inquiétude de la population s’est encore aggravée après la diffusion, le 26 mars, d’un reportage d’Europe 1 rapportant « 43 décès supplémentaires en deux mois et demi », dont dix bébés, soit une « augmentation de 31 % par rapport à la même période l’an dernier ».

Ces chiffres ont été calculés par le syndicat UTS-UGTG du CHU en se fondant sur une copie du registre de la morgue de l’hôpital entre le 1er janvier et le 19 mars. « Le nombre de morts a augmenté à cette période par rapport à l’année précédente. C’est bien qu’il y a un problème de prise en charge des patients et de matériel depuis l’incendie », affirme Véronique Courtois, secrétaire adjointe du syndicat et membre du collectif de défense du CHU.
La question est cruciale, tant la crise qui secoue l’établissement depuis plus de quatre mois a généré la suspicion des habitants. L’agence régionale de santé (ARS) de Guadeloupe met toutefois en garde contre les conclusions hâtives. Sa directrice, Valérie Denux, insiste : 
« Ce chiffre de 43 morts ne veut rien dire ! Il faut corréler le taux de mortalité avec les causes des décès ; le registre de la morgue ne suffit pas. Des personnes qui y sont enregistrées peuvent aussi être décédées ailleurs. »
Perte de confiance de la population
De son côté, la commission médicale d’établissement, qui regroupe les médecins du CHU, s’est émue dans un communiqué de la diffusion « d’informations fausses et non vérifiées ». Scandalisé, Michel Carlès, chef de service de réanimation et anesthésie, cite le cas d’un patient qu’il a suivi, et dont la fille a témoigné sur la radio nationale.
« Selon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Dans « Le vieux monde est de retour. Enquête sur les nouveaux conservateurs », la journaliste Pascale Tournier décrit la sphère des jeunes néoconservateurs.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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Portrait d’une génération antimoderne

Dans « Le vieux monde est de retour. Enquête sur les nouveaux conservateurs », la journaliste Pascale Tournier décrit la sphère des jeunes néoconservateurs.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 10h57
    |

            Nicolas Truong








                        



                                


                            

Livre. Une révolution est en cours, mais elle n’est pas de velours. En France, des jeunes néoconservateurs veulent changer le monde. Et le repenser à nouveaux frais. Ces « anarchrists » et « catholiques identitaires » méthodiquement décrits par Pascale Tournier, rédactrice en chef adjointe au service actualité de La Vie, ne rêvent pas de Mai 68 mais de nouvelles limites.

Leurs ennemis ? Le progressisme, le multiculturalisme et le libéralisme. Leurs racines ? Chrétiennes, assurément. Leurs combats ? La lutte contre le mariage homosexuel, la PMA et la GPA, l’islamisation de la France ou la défense des chrétiens d’Orient. Leur doctrine ? « L’enracinement », concept puisé non sans abus chez la philosophe Simone Weil, réduit à l’idée que nous sommes des héritiers avant d’être des pionniers, qu’il y a des legs du passé (les racines, la culture, les territoires), et que tout n’est pas construit ou à inventer. Sans oublier, bien sûr, les notions plus habituelles de « souveraineté » et d’« identité ». Leur éthique ? Une décroissance qu’ils pratiquent en « révoltés BCBG ».
Un courant organisé et structuré
Orphelins de François Fillon et échaudés par les revirements de l’association Sens commun, ils se cherchent de nouveaux présidentiables, entre Laurent Wauquiez et Marion Maréchal-Le Pen. Surtout cantonné à la sphère des idées, le combat de certains d’entre eux, ouvertement identitaires, « peut flirter rapidement avec les thèses racistes du FN », explique l’auteure.
Moins catastrophiste, mélancolique, désespérée, outrancière ou déplorative que la précédente génération, la nouvelle « estime qu’elle peut gagner », assure Pascale Tournier. Contre la « déconstruction anthropologique » qui serait en cours avec les révolutions dans la filiation, des mères porteuses à l’homoparentalité, ces nouveaux « tories » conquièrent l’espace public.
« Ils disposent...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’essayiste Marianne Durano explique que face au règne des  technologies qui remplacent ce qui est naturel et gratuit en biens artificiels et marchands,  l’« écologie intégrale » est une idée salutaire, car elle propose d’accepter enfin nos limites.
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« Pour une alternative radicale au monde des technosciences »

Dans une tribune au « Monde », l’essayiste Marianne Durano explique que face au règne des  technologies qui remplacent ce qui est naturel et gratuit en biens artificiels et marchands,  l’« écologie intégrale » est une idée salutaire, car elle propose d’accepter enfin nos limites.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 10h57
    |

Marianne Durano (Membre de la revue "Limite")







                        



                                


                            

Tribune. « Il faut trouver la limite car la société est ouverte à tous les possibles, mais la manipulation et la fabrication du vivant ne peuvent s’étendre à l’infini sans remettre en cause l’idée même de l’homme et de la vie. » Cette phrase n’est pas tirée de l’encyclique Laudato si’ (« Loué sois-tu ») du pape François, mais du discours du président Macron devant la Conférence des évêques de France. Comment nier en effet que notre puissance technique grandissante bouleverse nos conditions d’existence ?

En novembre 2017, quinze mille scientifiques lançaient un cri d’alarme sur l’état de la planète, pointant huit domaines où les limites de ce que la biosphère est capable de supporter ont déjà été franchies.
Deux mois plus tard, s’ouvraient en France les Etats généraux de la bioéthique, intégrant officiellement au débat public de nouvelles transgressions anthropologiques : utilisation d’embryons humains pour la recherche médicale, sélection génétique préimplantatoire, développement des interfaces cerveau-machine, ouverture de la procréation médicale assistée (PMA) à des femmes fécondes, autoconservation ovocytaire, insémination postmortem, légalisation du suicide assisté, gestation par autrui, etc.
Au programme également, le recours au big data (mégadonnées) pour le diagnostic médical. Parallèlement, Emmanuel Macron annonçait un plan d’investissements publics de 1,5 milliard d’euros pour développer l’intelligence artificielle (IA).

Nous sentons confusément que tous ces événements participent d’une même dynamique, à laquelle la France participe à marche forcée. La définir, c’est mettre au jour les nouveaux clivages politiques qui structurent notre monde. C’est l’un des buts de l’écologie intégrale que nous défendons.
La technique crée le marché et le public
De la PMA au big data, en passant par la catastrophe écologique dont nous commençons péniblement à prendre conscience,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Plus de quatre mois après l’incendie qui a détruit une partie de l’hôpital, la prise en charge des patients reste chaotique, et le personnel est à bout.
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/04/2018
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Au CHU de la Guadeloupe, « on fait une médecine de catastrophe »

Plus de quatre mois après l’incendie qui a détruit une partie de l’hôpital, la prise en charge des patients reste chaotique, et le personnel est à bout.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 14h35
    |

            Faustine Vincent (envoyée spéciale à Pointe-à-Pitre, Guadeloupe)








                        



                                


                            

L’immense bâtisse à l’allure défraîchie se dresse vers le ciel au bout d’une allée plantée de palmiers. A l’entrée des urgences, deux grandes tentes ont été installées sur le parking. Une feuille collée sur la bâche indique les heures des visites.
Depuis l’incendie qui a ravagé une partie du CHU de la Guadeloupe, le 28 novembre 2017, et le départ de l’hôpital de campagne, fin janvier, c’est là que les patients sont gardés en observation. Ils peuvent y rester jusqu’à deux jours, à la vue des pompiers, des ambulanciers, du personnel soignant et des visiteurs qui s’y croisent en permanence.
Ce spectacle inhabituel ne rassure guère les Guadeloupéens. « Il y a des patients perfusés là-dedans, ça me fait flipper », confie Robert, venu accompagner sa sœur aux urgences. Cet ancien aide-soignant à Paris, de retour sur l’île depuis sa retraite, se dit éberlué par « le décalage du niveau de soins entre ici et la métropole ».
« Je n’arrive pas à croire qu’on est en France. On a l’impression d’être à Bagdad. On voulait absolument éviter de venir dans cet hôpital, mais on n’a pas eu le choix », lance sa voisine, dont le père attend depuis cinq heures sur un brancard. La comparaison est excessive, mais elle témoigne du malaise qui règne encore au CHU, plus de quatre mois après le sinistre.

Une situation « indigne »
Le feu, a priori d’origine humaine – une enquête est en cours –, a dévasté la maternité, les urgences, la réanimation et les blocs opératoires, restés tels quels, dans un amoncellement de matériaux noircis. L’hôpital ne tourne plus qu’à 60 % de ses capacités.
En attendant les travaux, une partie de l’offre de soins a été délocalisée dans d’autres locaux au sein de l’établissement et dans deux cliniques voisines, où le CHU loue des salles d’opération pour 100 000 euros chacune par mois – des négociations sont en cours avec les assurances pour qu’elles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Dans un entretien au « Monde », la philosophe s’inquiète de l’offensive menée par les mouvements antiavortement au nom d’une idéologie qui défie la nature.
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Elisabeth Badinter : « Il n’y a pas de féminisme sans laïcité »

Dans un entretien au « Monde », la philosophe s’inquiète de l’offensive menée par les mouvements antiavortement au nom d’une idéologie qui défie la nature.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 14h37
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            

Philosophe, Elisabeth Badinter n’a cessé de questionner les rapports entre les hommes et les femmes et de promouvoir un féminisme progressiste et républicain. Essayiste, elle s’attache à réfuter l’idée d’un amour maternel inné (L’Amour en plus, Flammarion, 1980), à défendre une ressemblance entre les sexes (L’un est l’autre, Odile Jacob, 1986), à étudier les racines de l’emprise des religions sur le corps des femmes ou bien encore à critiquer les impasses du néoféminisme (Fausse route, Odile Jacob, 2003).
Pour Le Monde, Elisabeth Badinter revient sur le mouvement #metoo et s’alarme de l’offensive d’une nouvelle droite catholique et identitaire contre les libertés des femmes, comme le droit à l’avortement.
Interdiction des relations sexuelles entre majeurs et moins de 15 ans, allongement des délais de prescription pour les crimes sexuels sur les mineurs, élargissement de la définition du harcèlement sexuel et moral, création d’une contravention d’outrage sexiste… Le projet de loi présenté par Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, et Nicole Belloubet, ministre de la justice, va-t-il dans le bon sens ?
Je suis contente que l’on ait tenu compte des avertissements du Conseil d’Etat contre les condamnations automatiques de jeunes majeurs qui auraient des relations sexuelles avec une adolescente de moins de 15 ans. En revanche, je regrette que l’âge du consentement soit fixé si tard et souhaite vivement que l’on tienne compte des observations du planning familial concernant les différences de maturité entre adolescents de 13 à 14 ans.

Enfin, la notion d’« outrage sexiste » me paraît englober des comportements très différents. Il me semble que l’on ne devrait sanctionner que les situations dangereuses, telles un homme qui vous suit de façon agressive ou des gestes inconvenants sur le corps des femmes. Mais pas les sifflements...




                        

                        

