<FILE-date="2018/04/12/19">

<article-nb="2018/04/12/19-1">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Les trois formations de gauche radicale française, espagnole et portugaise se réunissent jeudi à Lisbonne.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Elections européennes : La France insoumise s’allie avec Podemos et le Bloco

Les trois formations de gauche radicale française, espagnole et portugaise se réunissent jeudi à Lisbonne.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 15h56
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 17h59
    |

            Abel Mestre et 
Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


La gauche radicale s’organise en vue des élections européennes de mai 2019. Jeudi 12 avril se tient à Lisbonne une réunion actant la naissance d’un « mouvement commun » entre La France insoumise (LFI) de Jean-Luc Mélenchon, les Espagnols de Podemos et le Bloco portugais. « Jean-Luc Mélenchon sera à Lisbonne jeudi pour signer un document en compagnie notamment de Pablo Iglesias, de Podemos, et de Catarina Martins, de Bloco, détaille Manuel Bompard, chef d’orchestre de LFI. C’est une initiative programmatique commune, avec l’ambition d’élargir à d’autres pays. »
L’idée est que les trois formations lancent des campagnes communes dans leurs pays respectifs. La première concernera la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale. Une manière également pour les mélenchonistes de répondre à Benoît Hamon et son mouvement Génération. s, qui ont fait alliance avec DiEM25, la structure pilotée par Yanis Varoufakis, l’ancien ministre grec des finances.
L’initiative franco-ibérique en est encore à ses balbutiements. S’il ne peut y avoir de listes transnationales – constituées d’Européens éligibles sur l’ensemble du territoire de l’Union –, LFI verrait cependant d’un bon œil que des militants de Podemos et du Bloco se trouvent sur sa liste lors des élections de mai 2019, s’ils sont résidents en France. « Ce serait une bonne manière de montrer notre internationalisme », souligne M. Bompard.
« Plan A, plan B »
En Espagne, Podemos n’a pas voulu confirmer qu’il participera à une liste commune avec le Bloco et LFI, préférant attendre la réunion de jeudi pour dévoiler sa position.
Car, malgré les nombreuses proximités idéologiques et les liens d’amitiés entre les trois formations, un point d’achoppement existe : le fameux diptyque « plan A, plan B », défendu par LFI, qui est au cœur de son programme européen. Les Insoumis défendent l’idée d’un « plan A » – « sortie concertée des traités européens » et « négociation d’autres règles » – et d’un « plan B » – « sortie des traités européens unilatérale par la France » – en cas d’échec de la première méthode.
La formation de Pablo Iglesias ne pourrait pas accepter de voir figurer ce point dans un éventuel programme commun, tant l’attachement des Espagnols à la construction européenne reste forte. « 2019 est un rendez-vous fondamental pour la réarticulation de la politique européenne face à la montée de l’extrême droite sur le continent et la fermeture dogmatique de Bruxelles, se contente-t-on d’expliquer du côté de Podemos. Nous sommes appelés à jouer un rôle de référence et de direction pour articuler une alternative démocratique, populaire et en faveur des droits de l’homme et de la souveraineté des peuples. Dans ce sens, nous mènerons à bien plusieurs initiatives avec nos alliés. »
Résultat probable du compromis : il pourrait ne pas y avoir de mention du « plan B » dans le texte final. Manuel Bompard assure pour autant que LFI « n’abandonnera pas » cette ligne stratégique. « Le texte n’est pas encore terminé, assurait-il mardi soir. On va préciser des sujets de combats communs. Le plan A-plan B, c’est une stratégie nationale, ça n’a pas lieu d’être dans un texte comme celui-là. »

        Lire aussi :
         

                Mélenchon cherche encore sa place dans le mouvement social






                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-2">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Angela Merkel a réagi aux menaces française et américaine de frappes de représailles contre le régime syrien, accusé d’avoir mené, début avril, une nouvelle attaque chimique à Douma, en banlieue de Damas.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Berlin « ne participera pas à des actions militaires » contre le régime de Bachar Al-Assad

Angela Merkel a réagi aux menaces française et américaine de frappes de représailles contre le régime syrien, accusé d’avoir mené, début avril, une nouvelle attaque chimique à Douma, en banlieue de Damas.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 15h15
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 18h12
   





                        



   


Elle ne suivra pas la voie de Theresa May. La chancelière allemande, Angela Merkel, a assuré jeudi 12 avril que son pays « ne participera pas à des actions militaires » contre le régime de Bachar Al-Assad. Elle a cependant dit « soutenir tout ce qui est fait pour signifier que l’utilisation d’armes chimiques est inacceptable ».
Mme Merkel réagissait aux menaces de frappes de représailles formulées par la France et les Etats-Unis ces derniers jours après la récente attaque chimique présumée dans la ville rebelle de Douma, dans la Ghouta orientale, retombée jeudi aux mains de l’armée syrienne.
Emmanuel Macron est d’ailleurs resté ferme dans ses accusations, jeudi sur le plateau de TF1, en affirmant avoir « la preuve » que « des armes chimiques ont été utilisées, au moins du chlore, et qu’elles ont été utilisées par le régime de Bachar Al-Assad ». « Nous aurons des décisions à prendre en temps voulu, quand nous le jugerons le plus utile et le plus efficace », a-t-il ajouté.
Les premiers experts de l’Organisation internationale sur les armes chimiques (OIAC) devaient par ailleurs arriver en Syrie dès jeudi. L’OIAC se réunira lundi pour discuter de l’attaque chimique présumée qui a fait au moins quarante morts.

        Comprendre :
         

          Syrie : où se situe la « ligne rouge » sur les armes chimiques ?



« Evident » que Damas n’a pas détruit tout son arsenal chimique
« Nous devons maintenant reconnaître qu’il est évident que la destruction [des armes chimiques syriennes] n’a pas été totale », a toutefois insisté la chancelière allemande, alors que cet arsenal aurait dû être détruit en 2016.
L’Allemagne avait joué un rôle central dans cette destruction après une attaque chimique ayant tué des centaines de personnes dans la région de la Ghouta orientale, à l’est de Damas, en août 2013.

        Lire aussi :
         

                La confrontation Washington-Moscou sur le dossier syrien se durcit



Sans accord de la Chambre des députés, aucune opération de la Bundeswehr (l’armée allemande) à l’étranger ne peut avoir lieu. L’Allemagne a déployé des avions de reconnaissance et de ravitaillement au-dessus de la Syrie et de l’Irak, mais uniquement dans le cadre de la coalition internationale contre les groupes djihadistes.
La Russie, l’un des plus fidèles soutiens du régime syrien, a mis en garde les Occidentaux contre des opérations militaires, menaçant de « graves conséquences ».




                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-3">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Des milliers de morts chaque année : telle est la conséquence du durcissement de la politique ­migratoire européenne depuis deux décennies. Avant l’examen à l’Assemblée du projet de loi sur l’immigration, enquête auprès des chercheurs qui dénoncent le silence autour de cette hécatombe
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Pourquoi migrer tue

Des milliers de morts chaque année : telle est la conséquence du durcissement de la politique ­migratoire européenne depuis deux décennies. Avant l’examen à l’Assemblée du projet de loi sur l’immigration, enquête auprès des chercheurs qui dénoncent le silence autour de cette hécatombe



Le Monde
 |    12.04.2018 à 14h48
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            
En ce jour de juin 2017, des centaines de fragiles embarcations de papier flottent sur les eaux du canal de l’Ourcq, à Paris. Organisé par des associations et des artistes, ce « grand lâcher » de bateaux en origami rend hommage aux milliers de migrants disparus ces dernières années en Méditerranée. A 3 000 kilomètres de là, au large des côtes turques, un cimetière flottant évoque le souvenir des Syriens morts en mer en tentant de rejoindre l’Europe. Sur les pierres tombales amarrées près du rivage figurent les noms de 200 migrants engloutis par les flots – l’une d’elles est consacrée à Alan Kurdi, ce petit garçon de 3 ans dont le corps a été retrouvé sur une plage turque un matin de 2015.
« Une indifférence mêlée de résignation »
En offrant une sépulture symbolique aux milliers de réfugiés morts aux portes de l’Europe, les associations tentent de les extraire du silence et de l’oubli. « Structurelles, les morts aux frontières passent souvent inaperçues, souligne Antoine Pécoud, professeur de sociologie à l’université Paris-XIII, dans un travail réalisé en 2017 pour la Fondation pour les sciences sociales. Les migrants meurent en général dans des endroits peu accessibles ou dans des lieux périphériques, voire fermés. Beaucoup d’entre eux voyagent clandestinement et meurent tout aussi clandestinement. Même lorsque ces décès font l’objet d’une publicité médiatique, ils suscitent souvent une indifférence mêlée de résignation. »
Les migrants morts aux portes de l’Europe sont pourtant très nombreux. Si les estimations varient, les ordres de grandeur donnent le vertige. United for Intercultural Action, un réseau de plus de 500 associations européennes, a répertorié 17 000 décès entre 1993 et 2012. L’association Fortress Europ a comptabilisé plus de 27 000 morts de 1988 à 2016. Le consortium de journalistes The Migrants' Files évoque le chiffre de 35 000 victimes entre 2000 et 2016. Selon Olivier Clochard, codirecteur du laboratoire Migrinter...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-4">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Les habitants de l’île ont fait pression pour que les victimes du terrible naufrage de 2013 soient documentées, à défaut d’être identifiées.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Lampedusa hantée par les morts anonymes

Les habitants de l’île ont fait pression pour que les victimes du terrible naufrage de 2013 soient documentées, à défaut d’être identifiées.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 14h47
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            
Si la mort des migrants passe souvent inaperçue dans le débat public, elle imprègne longtemps la mémoire de ceux qui y ont été confrontés. « Aux îles Canaries, où j’ai travaillé, les gardiens du cimetière qui avaient enterré les morts de la migration des années 1990 se souvenaient très bien de ces drames, explique l’anthropologue ­Carolina ­Kobelinsky. Les habitants de Lampedusa ont, eux aussi, gardé une mémoire très concrète du naufrage de 2013, qui a fait plus de 300 morts : comme le montre le sociologue Guido Nicolosi dans Lampedusa. Les Damnés de la mer [L’Aube, 2017], ils racontent le souvenir des allées et venues et des odeurs, le fait que le poissonnier ait prêté son camion frigorifique pour le transport des cadavres, la mobilisation des fossoyeurs et des médecins de la ville. »
Ces morts anonymes hantent la mémoire des habitants à la manière de fantômes. Après le naufrage de Lampedusa, en octobre 2013, les 366 cercueils ne portaient que quelques brèves indications : « Mort numéro 31, sexe masculin, noir, probablement 30 ans » ; « Mort numéro 54, sexe féminin, noire, probablement 20 ans » ; « Mort numéro 11, sexe masculin, noir, probablement 3 ans ».
Impératif éthique
« C’est à cet anonymat que ne se résignent pas les acteurs de terrain, observe Evelyne Ritaine, chercheuse à Sciences Po Bordeaux, dans un article publié en juin 2017 par la revue Rhizome. Ce sont eux qui font pression pour que les corps soient documentés et que les gouvernements mettent au point des procédures médico-légales d’identification à la disposition des familles. »
Pour ne pas oublier ces morts sans nom et sans histoire, certains observateurs deviennent des « veilleurs de mémoire », selon le mot d’Evelyne ­Ritaine. « Pour eux, il y a un impératif éthique : que ces morts ne soient pas oubliés dans le tragique de l’événement du naufrage, mais aussi dans l’humanité de leur existence, souligne-t-elle....




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-5">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la juriste Mireille Delmas-Marty plaide pour une gouvernance mondiale du droit des migrations.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Migrants : faire de l’hospitalité un principe

Dans une tribune au « Monde », la juriste Mireille Delmas-Marty plaide pour une gouvernance mondiale du droit des migrations.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 14h47
   





                        



                                


                            
Par Mireille Delmas-Marty, juriste, professeure émérite au Collège de France
Tribune. Face au désastre humanitaire qui accompagne les migrations humaines, l’hospitalité n’est pas affaire de morale ni de philanthropie. C’est une évidence et une urgence. L’évidence a été perçue dès le XVIIIe siècle par Kant, qui déduit un « principe d’hospitalité universelle » de la forme sphérique de la Terre : elle « oblige les êtres humains à se supporter parce que la dispersion à l’infini est impossible, et qu’originairement l’un n’a pas plus de droit que l’autre à une contrée ». A l’époque où Kant écrivait son Projet de paix perpétuelle (1795-1796), la population mondiale était d’environ un milliard d’humains – elle a dépassé sept milliards à présent.
Un siècle et demi plus tard, Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955), autre grand visionnaire, évoquera à son tour la surface fermée de la Terre : « La masse humaine, après une période d’expansion qui couvre tous les temps historiques, entre présentement (…) dans une phase de compression que nous pouvons essayer de régulariser, mais dont rien ne permet de prévoir qu’elle doive désormais se renverser àjamais. » Il ajoute que le « serrage de la masse humaine » conduit à une « montée simultanée du social, de la machine et de la pensée dont la triple marée nous soulève ».
Un défi planétaire
Aujourd’hui, cette triple marée pourrait nous submerger. Depuis 1950, la population a progressé d’environ un milliard tous les quinze ans, et cette accélération vertigineuse s’accompagne d’une urbanisation galopante : la population urbaine devrait doubler d’ici à 2050 pour atteindre 6,5 milliards d’habitants. Or, 95 % de cette croissance se situera dans des pays en développement. La mobilité humaine a déjà augmenté plus vite que la population, qu’il s’agisse des déplacements voulus ou forcés. S’ajoute l’accroissement du nombre...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-6">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le gouvernement britannique a désigné la substance comme un agent innervant de type militaire de la famille Novitchok, de conception soviétique, et rendu ainsi Moscou responsable de l’attaque.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Skripal : les découvertes britanniques sur l’identité du poison utilisé en Angleterre confirmées

Le gouvernement britannique a désigné la substance comme un agent innervant de type militaire de la famille Novitchok, de conception soviétique, et rendu ainsi Moscou responsable de l’attaque.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 13h43
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 17h18
   





                        


L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a confirmé jeudi 12 avril les découvertes du gouvernement britannique sur l’identité du poison utilisé contre un ex-espion russe et sa fille en Angleterre, poussant Londres à réitérer ses accusations contre la Russie.
« Les résultats de l’analyse menée par les laboratoires désignés par l’OIAC (…) confirment les découvertes du Royaume-Uni quant à l’identité de l’agent chimique toxique utilisé à Salisbury qui a blessé grièvement trois personnes », a annoncé l’organisation dans un communiqué consulté par l’Agence France-Presse (AFP). La substance chimique est d’une « grande pureté », a-t-elle précisé sans toutefois établir de responsabilités.
Moscou dément toute implication
Le gouvernement britannique a désigné la substance comme un agent innervant de type militaire de la famille Novitchok, de conception soviétique, et rendu ainsi Moscou responsable de l’attaque contre l’ex-agent double russe Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, le 4 mars à Salisbury (sud-ouest).
Pour permettre à l’OIAC de procéder à ses propres analyses, la justice britannique avait autorisé en mars des prélèvements de sang sur les Skripal, ainsi que sur un policier britannique qui avait été intoxiqué en leur portant secours.
Moscou dément catégoriquement toute implication, dénonçant une « provocation » occidentale et une « campagne antirusse ». L’affaire a provoqué une grave crise diplomatique entre Moscou et les Occidentaux, qui s’est traduite par la plus importante vague d’expulsions croisées de diplomates de l’histoire.
Londres réitère ses accusations
S’appuyant sur ces conclusions, Londres a réitéré jeudi ses accusations contre Moscou.
« Il ne peut y avoir aucun doute sur ce qui a été utilisé et il n’y a pas d’explication alternative sur le responsable – seule la Russie a les moyens, le mobile et l’expérience en la matière », a déclaré le ministre des affaires étrangères britannique, Boris Johnson, dans un communiqué.
« Nous n’avons jamais douté de l’analyse menée par nos scientifiques de Porton Down », le laboratoire militaire britannique qui avait mis un nom sur le poison, a-t-il ajouté. « Le Kremlin doit apporter des réponses. »
Le chef de la diplomatie a convoqué une réunion de l’OIAC le 18 avril pour « étudier la suite ».
« Nous travaillerons sans relâche avec nos partenaires pour arrêter l’utilisation inadmissible d’armes de ce type et nous avons convoqué une session du conseil exécutif de l’OIAC pour mercredi prochain », a-t-il souligné.
La Russie exclue de l’enquête
L’OIAC a précisé que le nom et la structure de la substance chimique identifiée étaient contenus dans « le rapport classifié complet » disponible pour les Etats membres. Au début d’avril, la Russie n’était pas parvenue à convaincre l’organisation de l’inclure dans l’enquête sur l’empoisonnement des Skripal et avait porté le dossier devant le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies.
En septembre 2017, le président Vladimir Poutine avait déclaré que la Russie avait détruit ses dernières réserves d’armes chimiques héritées de l’époque de la guerre froide, conformément aux termes de la convention de 1997 sur l’interdiction des armes chimiques.
Ioulia Skripal a pu sortir de l’hôpital lundi, un mois et demi après son admission en soins intensifs dans un état critique. Le policier blessé avait, lui, déjà quitté l’hôpital.

        Lire :
         

          Youlia Skripal, la fille de l’ex-agent double russe, est sortie de l’hôpital



L’état de son père est en constante amélioration mais il reste hospitalisé, selon les médecins qui le suivent. Ioulia était venue de Russie lui rendre visite à Salisbury, où l’ex-espion vit après avoir fait l’objet d’un échange de prisonniers avec Moscou en 2010 alors qu’il purgeait une peine de treize ans de prison pour avoir collaboré avec les services britanniques.
Cet article a été modifié à la suite d’une précision de l’AFP : l’OIAC ne confirme pas « l’origine russe du poison » mais bien « les résultats obtenus par le Royaume-Uni ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-7">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Seuls quatre des onze personnes inculpées au début de la procédure comparaissent à Londres. Deux Français sont accusés d’être au cœur de cette affaire de manipulation d’un taux d’intérêt de référence.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Euribor : un procès privé des principaux prévenus

Seuls quatre des onze personnes inculpées au début de la procédure comparaissent à Londres. Deux Français sont accusés d’être au cœur de cette affaire de manipulation d’un taux d’intérêt de référence.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 12h10
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Dans la salle numéro six du tribunal de Southwark, à Londres, le box aux parois de verre blindé semblait bien vide, ce mercredi 11 avril, au procès de la manipulation de l’Euribor, un taux d’intérêt de référence. Seuls quatre des onze personnes inculpées au début de la procédure, en 2012, sont présentes. Quatre Allemands et deux Français ont refusé de se déplacer, estimant que les faits étaient prescrits ou qu’ils ne constituaient pas une infraction dans leurs pays. Un troisième Français, considéré par l’accusation comme le personnage central de la fraude, a, au contraire, plaidé coupable au dernier moment, début mars, dans un coup de théâtre qui a chamboulé l’audience. Ceux qui restent apparaissent comme des seconds couteaux de l’affaire : Achim Kraemer, qui travaillait pour Deutsche Bank, et Carlo Palombo, Colin Bermingham et Sisse Bohart, qui étaient chez Barclays.
C’est un bien curieux procès qui s’est ouvert lundi. Car pour le Serious Fraud Office (SFO), l’équivalent britannique du Parquet national financier en France, le scandale de l’Euribor constitue l’une des plus importantes fraudes financières récentes. Selon James Waddington, un avocat du SFO, un groupe de banquiers a « manipulé le système financier pour arnaquer de nombreuses personnes ». Les « principaux protagonistes » : deux Français, Christian Bittar, ancien tradeur star de Deutsche Bank, et « son vieil ami » Philippe Moryoussef, ancien tradeur à Barclays.
Boucs émissaires
Du côté des banquiers accusés, l’avocat de M. Moryoussef, Me François de Castro, dénonce au contraire des « violations graves et réitérées aux principes du procès équitable ». Selon lui, la justice britannique approche cette affaire de façon biaisée, refusant notamment le témoignage-clé des créateurs de l’Euribor, que les deux Français voulaient utiliser.
Etrangement, les faits, qui se situent entre 2005 et 2009, ne sont guère contestés. Mais les banquiers...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-8">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ De multiples points d’interrogation subsistent sur les circonstances exactes de la salve d’obus tombée sur l’enclave rebelle samedi, qui a fait au moins 34 morts.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

De nombreuses inconnues entourent encore l’attaque chimique de la Ghouta

De multiples points d’interrogation subsistent sur les circonstances exactes de la salve d’obus tombée sur l’enclave rebelle samedi, qui a fait au moins 34 morts.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 12h51
    |

            Laure Stephan (Beyrouth, correspondance)








                        



   


Que pourront encore trouver les enquêteurs de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), s’ils entrent à Douma ? La course contre la montre est lancée, pour faire la lumière sur l’attaque chimique du samedi 7 avril contre l’ultime bastion rebelle de la Ghouta orientale, imputée par les Occidentaux au régime syrien. « Les traces peuvent être effacées et chaque jour qui passe nous éloigne d’une compréhension précise de ce qui s’est passé », explique Olivier Lepick, spécialiste des armes chimiques et chercheur associé à la Fondation pour la recherche scientifique.

        Lire aussi :
         

                L’armée syrienne a repris le contrôle de la Ghouta orientale



De multiples points d’interrogation subsistent sur les circonstances exactes mais, sur la base de vidéos et de témoignages, le fil des événements peut être en partie retracé. Vendredi 6 avril, vingt-quatre heures avant l’attaque, Douma était soumise par les forces du régime à un nouveau déluge de feu qui succédait à des jours d’accalmie. Les troupes loyalistes entendaient faire plier les combattants du groupe rebelle Jaych Al-Islam qui refusait de quitter la ville. Le lendemain, c’est au milieu de salves d’obus que des agents chimiques auraient été utilisés par le régime.
De premiers témoins affirment qu’une odeur de chlore, un agent chimique déjà utilisé par le régime dans la Ghouta depuis le début de l’année selon des médecins et des activistes de l’opposition, s’est répandue dans le centre de Douma. Des centaines de blessés, souffrant notamment de troubles respiratoires, ont afflué vers des centres de soins, tandis que les corps de victimes – hommes, femmes, enfants – étaient découverts dans un immeuble d’habitation par des secouristes des casques blancs (le service civil de secouristes mis en place dans les régions sous contrôle de la rébellion) et des militants de l’opposition. Plusieurs dizaines de personnes ont péri dans l’attaque. Si les casques blancs avancent le chiffre de 43 morts, l’examen des sources permet de confirmer la présence de 34 cadavres sur le site de l’attaque.

        Lire aussi :
         

                Syrie : ces « casques blancs » qui « écoutent » les bombes



Se basant sur l’examen de vidéos filmées par des militants anti-Assad, le collectif de journalistes d’investigation Bellingcat a conclu que les victimes retrouvées au rez-de-chaussée et à l’étage du bâtiment ont été tuées par une munition constituée « d’un cylindre de gaz rempli par ce qui est très probablement du gaz de chlore » lancé par un hélicoptère. Si cette hypothèse était avérée, il s’agirait de l’utilisation la plus meurtrière de ce gaz généralement non létal et dont l’usage à répétition par le régime dans les zones tenues par la rébellion a été attesté par de multiples enquêtes de l’OIAC et de l’ONU.
Prompte enquête
Plusieurs instances onusiennes ont appelé à une enquête indépendante, seul moyen de déterminer les circonstances de l’attaque. L’Organisation mondiale de la santé a fait part de sa préoccupation, mercredi 11 avril, et a réclamé que ses équipes aient accès à Douma. Si l’autorité sanitaire de l’ONU « ne peut pas confirmer l’utilisation d’agents toxiques », comme l’indique un porte-parole joint par Le Monde, l’OMS s’alarme des informations transmises par ses « partenaires sur place ». 
D’après ces derniers, près de 500 personnes soignées ont présenté « des signes et symptômes faisant penser à une utilisation d’agents chimiques », tels qu’une « forte irritation des muqueuses, des problèmes respiratoires et des perturbations du système nerveux central des personnes exposées ». Peu après l’attaque de samedi, des sources médicales locales avaient alerté sur l’utilisation d’un agent neurotoxique bien plus puissant que le gaz de chlore, comme du gaz sarin.
A ce stade, seule une équipe russe s’est rendue lundi à Douma pour inspecter l’immeuble frappé par l’attaque chimique. L’enquête a été prompte : Moscou a conclu, mercredi, qu’aucun agent toxique n’avait été utilisé à Douma et a de nouveau accusé les secouristes des casques blancs d’avoir « mis en scène » l’attaque. Damas et Moscou ont nié tout recours aux armes chimiques dans la Ghouta orientale depuis le début de l’offensive du régime.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-9">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ L’opposition dénonce l’inertie du cabinet en place depuis un mois.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Angela Merkel cherche à surmonter les divisions au sein de sa coalition

L’opposition dénonce l’inertie du cabinet en place depuis un mois.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 10h55
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Etablir le calendrier des réformes : tel était l’objectif initial du séminaire de travail qui a réuni Angela Merkel et ses ministres, mardi 10 et mercredi 11 avril, au château de Meseberg, à une soixantaine de kilomètres au nord de Berlin. Comme elle l’avait expliqué avant l’entrée en fonction de son nouveau gouvernement, ce séminaire devait servir à fixer enfin les priorités de celui-ci à travers un agenda précis, après six mois interminables pendant lesquels Mme Merkel a consacré l’essentiel de son énergie à former une coalition.
En réalité, ces deux jours de retraite bucolique au bord d’un lac du Brandebourg auront servi à autre chose. Après un premier mois chaotique, au cours duquel plusieurs ministres ont étalé leurs désaccords en public, ce séminaire semble avoir surtout été l’occasion d’insuffler un peu d’esprit de collégialité au sein de l’équipe. « Le but était de mieux se connaître, d’établir notre capacité à travailler et d’apprendre ce que le monde extérieur attend de nous », a déclaré Mme Merkel, mercredi midi, lors d’une conférence de presse. « Nous ne nous réveillons pas le matin avec les mêmes idées. Mais ce que je retiens [de ces deux jours], c’est que la volonté de trouver des compromis est bien là », a-t-elle assuré. A ses côtés, le social-démocrate Olaf Scholz, vice-chancelier et ministre des finances, affichait la même sérénité. « Ce fut un bon séminaire », s’est félicité l’ancien maire de Hambourg, avant d’ajouter : « Pour ce qui est du “team building”, c’est réussi. Maintenant, on va pouvoir passer au reste. » 

Ce « reste » demeure pour l’instant assez flou. Sur le fond, M. Scholz et Mme Merkel se sont en effet contentés de répéter ce que l’on savait déjà. Comme il ne cesse de le marteler depuis sa prise de fonction, le premier a ainsi promis que le budget qu’il présentera le 2 mai sera sans déficit, conformément au principe du « zéro...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-10">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Non loin de Moscou, les habitants de Volokolamsk réunis dans un collectif tentent d’obtenir la fermeture d’une déchetterie toxique. Leur mouvement de révolte s’étend à d’autres villes.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 11/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


En Russie, une petite ville entre en révolte contre une décharge toxique

Non loin de Moscou, les habitants de Volokolamsk réunis dans un collectif tentent d’obtenir la fermeture d’une déchetterie toxique. Leur mouvement de révolte s’étend à d’autres villes.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 07h37
    |

            Isabelle Mandraud (Volokolamsk, Russie, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Le tribunal est minuscule mais ils n’étaient que cinq, quatre femmes et un homme, à se serrer sur un banc, mardi 10 avril, face à la juge. Des premiers plaignants, bientôt suivis par d’autres. Cinquante-six personnes à ce jour se disent prêtes à aller jusqu’au bout pour obtenir la fermeture de l’immense décharge à ciel ouvert qui borde leur ville, Volokolamsk.
Depuis des mois, cette paisible bourgade de 20 000 habitants, située à 129 kilomètres à l’ouest de Moscou, est entrée en rébellion ouverte contre la montagne de déchets accusée de répandre des émanations toxiques. Une nouvelle manifestation est prévue, samedi 14 avril, deux semaines à peine après un précédent rassemblement qui a poussé près d’un résident sur quatre à sortir dans la rue.
Dans la salle, l’audience préliminaire est expédiée en quelques minutes. Tous les dossiers vont être joints, annonce sèchement la magistrate en fixant le prochain rendez-vous au 7 mai. Avant de s’éclipser, le représentant de l’entreprise Iadrovo, gestionnaire de la déchetterie, conteste les certificats médicaux brandis par les plaignants qui réclament chacun 100 000 roubles (1 250 euros) de dédommagement. « Ils ne sont pas fiables », dit-il.
« Nous avons des preuves, des expertises de l’eau, de l’air, qui montrent la présence de métaux lourds, par exemple du lithium, du baryum, du cadmium », proteste sur le parvis du tribunal Ilia Lapkine, un juriste local qui dit lui-même avoir envoyé son fils de 6 ans à 300 kilomètres de là, chez ses grands-parents, pour le mettre à l’abri. Il n’est pas le seul.
Eloigner les enfants
Volokolamsk vit dans l’angoisse depuis qu’une partie de la population a été prise de malaises au début de l’année. En mars, 67 enfants, saisis de nausées, ont dû être brièvement hospitalisés. « Les miens ont commencé à tousser, ils avaient du mal à respirer et dès qu’ils sont allés à Moscou, ils n’avaient plus rien, témoigne Polina Elisseïeva, une jeune...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-11">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Dans une lettre adressée aux trente-deux évêques du pays, le pontife souhaite les convoquer à Rome pour discuter des résultats d’une enquête sur des cas d’abus sexuels.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Pédophilie au Chili : le pape reconnaît de « graves erreurs » d’appréciation

Dans une lettre adressée aux trente-deux évêques du pays, le pontife souhaite les convoquer à Rome pour discuter des résultats d’une enquête sur des cas d’abus sexuels.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 00h21
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 06h33
    |

            Cécile Chambraud








                        



   


C’est un mea culpa qui fera date dans l’histoire de ce pontificat. Le pape François reconnaît « avoir commis de graves erreurs d’appréciation et de perception » dans la crise qui secoue l’Eglise chilienne à propos d’accusations d’actes de pédophilie et d’agressions sexuelles portées contre certains des membres du clergé.
Le Vatican a rendu publique, mercredi soir 11 avril, la lettre tout à fait inhabituelle que le chef de l’Eglise catholique a adressée aux évêques chiliens, et dans laquelle il reconnaît ses torts. Datée du 8 avril, cette missive, et sa publication encore plus hors du commun, est un nouvel épisode dans cette affaire qui avait tourné au désastre pour le pape François, lors de sa visite au Chili, en janvier.

        Lire aussi :
         

                Au Chili, le pape François déçoit les victimes de prêtres pédophiles



Au cours de ce déplacement, le pape avait pris la défense de l’évêque Juan Barros. Nommé par François, en janvier 2015, à la tête du diocèse méridional d’Osorno, il est accusé par plusieurs personnes d’avoir couvert les agressions sexuelles commises pendant des années par un prêtre charismatique de Santiago, Fernando Karadima, condamné par l’Eglise pour pédophilie en 2011. En janvier, François s’était dit convaincu de l’innocence de Mgr Barros. Il avait accusé les victimes de calomnie et leur avait reproché de n’apporter aucune preuve à l’appui de leurs accusations.
Le pape François a écrit sa lettre aux évêques après avoir pris connaissance des 2 300 pages du rapport que lui ont remis ses deux envoyés spéciaux au Chili, Mgr Charles Scicluna, archevêque de Malte, et le père Jordi Bertomeu Farnos, membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Les deux ecclésiastiques avaient été dépêchés en catastrophe par le pontife lorsque, de retour à Rome, celui-ci s’était rendu compte des dégâts occasionnés par ses propos au Chili.

        Lire aussi :
         

          Après sa désastreuse visite au Chili, le pape riposte sur la pédophilie



« Manque d’information fiable et équilibrée »
Les deux envoyés spéciaux, indique le pape, ont collationné soixante-quatre témoignages et lui ont avoué s’être sentis « accablés par la douleur de tant de victimes de graves abus de conscience et de pouvoir et, en particulier, des abus sexuels commis par plusieurs personnes consacrées (…) à l’encontre de mineurs ». François impute, au moins en partie, son erreur d’appréciation à un « manque d’information fiable et équilibrée ».
« Après une lecture attentive du rapport, je crois pouvoir affirmer que tous les témoignages recueillis parlent de manière crue, sans additif ni édulcorant, de beaucoup de vies crucifiées, et je vous confesse que cela m’a causé douleur et honte », écrit le pape.
« Je demande à présent pardon à tous ceux que j’ai offensés et j’espère pouvoir le faire personnellement, dans les prochaines semaines, dans des rencontres que j’aurai avec des représentants des personnes rencontrées [par ses envoyés spéciaux] », ajoute Jorge Bergoglio.

        Lire aussi :
         

                La réforme du pape à l’épreuve de la pédophilie



Quelles seront les conséquences de la reconnaissance sans faux-fuyant de ce dysfonctionnement majeur de la hiérarchie catholique ?
Dans sa lettre, François invite les trente-deux évêques chiliens à se rendre à Rome, à une date encore indéterminée, pour « dialoguer » sur la base des conclusions de ce rapport et pour en tirer des conséquences pour l’avenir. Le nom de l’évêque Barros n’est pas cité dans la lettre, mais il est peu douteux qu’il soit sur la sellette. Cependant, l’ampleur de la reconnaissance des erreurs de la hiérarchie catholique laisse à penser que l’exercice d’autocritique auquel est conviée la hiérarchie chilienne dépassera largement son cas.
Manipuler par les « gauchistes »
Le pape pourrait aussi tirer les conséquences de ce que, comme il le mentionne lui-même, il a le sentiment d’avoir manqué, dans cette affaire, « d’information fiable et équilibrée ». Or la crise chilienne touche le Vatican au moins depuis janvier 2015 et la nomination de Mgr Barros dans le diocèse d’Osorno.
Aux personnes qui tentaient d’alerter le pape sur le trouble dans lequel cette nomination avait plongé le diocèse, le pape François répondait qu’il ne fallait pas se laisser manipuler par les « gauchistes ». Toutes les courroies de transmission entre le Chili et le Saint-Siège sont donc potentiellement en difficulté, qu’il s’agisse de la Conférence épiscopale chilienne ou de la nonciature. En attendant cette réunion, François a suggéré aux évêques chiliens de mettre leur Eglise « en état de prière ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-12">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ L’homme de 63 ans a été condamné mercredi à une peine de dix ans de réclusion pour son rôle dans les conflits sanglants en ex-Yougoslavie durant les années 1990.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

L’ultranationaliste serbe Vojislav Seselj condamné en appel pour crimes contre l’humanité

L’homme de 63 ans a été condamné mercredi à une peine de dix ans de réclusion pour son rôle dans les conflits sanglants en ex-Yougoslavie durant les années 1990.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 17h10
   





                        



   


Acquitté en première instance en 2016, l’ultranationaliste serbe Vojislav Seselj a été condamné en appel, mercredi 11 avril, pour crimes contre l’humanité par un tribunal des Nations unies qui le jugeait pour sa responsabilité dans les conflits sanglants en ex-Yougoslavie durant les années 1990.
Il a été reconnu coupable de « persécution », « déportation », « transferts forcés » de populations, des infractions qualifiées de « crimes contre l’humanité ». Et contrairement à ce qu’avaient estimé les juges en première instance, ses discours enflammés de 1991 à 1993, au début du conflit dans l’ex-Yougoslavie, ont bel et bien « incité à la violence » et « violé le droit à la sécurité » des populations non serbes, relève le jugement. De par « son influence sur la foule », « M. Seselj a contribué de manière substantielle au comportement de ceux qui ont perpétré » les crimes, poursuit le texte.
Partisan virulent de la Grande Serbie, député et fondateur du Parti radical serbe (SRS, extrême droite), M. Seselj a été condamné à dix ans de prison mais restera libre, la peine étant couverte par la détention déjà effectuée, a précisé le juge américain Theodor Meron qui présidait l’audience à La Haye. L’homme de 63 ans, qui était absent à ce procès en appel, a déjà effectué près de douze ans de prison entre février 2003 et novembre 2014, quand il avait été libéré pour raisons de santé.
« Fier des crimes »
Réagissant à sa condamnation, l’ultranationaliste s’est dit mercredi « fier des crimes qui [lui] sont imputés » par la justice internationale et a assuré qu’il était « prêt à les répéter à l’avenir ».
Pour ses détracteurs, M. Seselj a personnifié le nationalisme serbe pendant les conflits dans les Balkans, aux côtés notamment de l’ex-président serbe Slobodan Milosevic, mort en 2006 dans sa cellule à La Haye. Il lui a été reproché entre autres d’avoir encouragé ses troupes à « n’épargner personne » au cours du siège de la ville croate de Vukovar en 1991. Au total, la guerre avait fait 20 000 morts en Croatie et 100 000 en Bosnie.
Ancien vice-premier ministre de Milosevic, Seselj était resté son allié jusqu’à sa chute à l’automne 2000. Mais deux ans après Milosevic, le chef du SRS s’était livré à son tour en 2003 à la justice internationale. Il avait été autorisé à rentrer en Serbie en 2014 pour y être soigné d’un cancer.
Acquitté à la surprise générale en 2016
En mars 2016, il avait été acquitté au terme d’un procès de huit ans, en mars 2016, par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) de neuf chefs d’accusation pour un « nettoyage ethnique » ayant visé des Croates, des musulmans et autres non-Serbes dans les années 1990. A la surprise générale, le tribunal avait notamment jugé que ses discours ne procédaient pas d’un dessein criminel et qu’ils étaient destinés à renforcer le moral des troupes.
A l’époque, les trois juges, avaient considéré que l’ultranationaliste n’était pas « le chef hiérarchique » des milices de son Parti radical puisque celles-ci étaient passées sous le contrôle de l’armée, et qu’il n’était donc pas responsable de leurs actes.

        Lire aussi :
         

                Tout juste acquitté de crimes contre l’humanité, l’ultranationaliste Vojislav Seselj en lice pour les législatives serbes



L’accusation, qui avait rapidement interjeté appel, cherchait à renverser cet acquittement et à « casser le jugement, entaché de nombreuses erreurs, rendu par la chambre de première instance du TPIY ». Le dossier était désormais entre les mains du Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), compétent pour reprendre toute affaire du TPIY.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-13">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ « Le Monde des livres » publie en exclusivité des extraits du livre « Le Lambeau », de Philippe Lançon, grièvement blessé lors de l’attentat du 7 janvier 2015.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Philippe Lançon, miraculé de « Charlie Hebdo », raconte ce qu’il a vécu depuis l’attentat

« Le Monde des livres » publie en exclusivité des extraits du livre « Le Lambeau », de Philippe Lançon, grièvement blessé lors de l’attentat du 7 janvier 2015.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 14h52
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 09h52
   





                        



                                


                            

Le chroniqueur Philippe Lançon, grièvement blessé au visage lors de l’attaque de l’hebdomadaire satirique « Charlie Hebdo » le 7 janvier 2015, publie Le Lambeau. « Le Monde des livres » dévoile en exclusivité cinq extraits de cet ouvrage magistral, brûlant journal de deuil.
Brûlant ? Magistral ? Nous écrivons ces mots et déjà la honte rôde. Ce texte revenu d’entre les morts, allons-nous le traiter depuis l’autre rive, dans les termes et selon les usages du journaliste ordinaire, cet inconscient dont la vie, elle, a continué ?
Cela s’annonçait possible, puisque, en apparence, rien n’avait changé : nous avons vu Teresa Cremisi, l’éditrice de Philippe Lançon, qui nous a remis les épreuves du Lambeau ; nous avons appelé Pascale Richard, son attachée de presse chez Gallimard, pour lui dire notre souhait de publier les bonnes feuilles ; nous avons collectivement décidé d’en faire la « une » et fixé une date de parution.
Tout s’est passé comme si l’auteur appartenait encore à notre monde ordinaire, celui des vivants rivés à leur fausse sécurité, à leur sotte insouciance. Et pourtant, à mesure que nous avancions dans le livre, il devenait clair que la frivolité n’avait aucune place : les ponts étaient coupés. Le Lambeau décrit cette béance. Philippe Lançon y hisse chaque évocation intime au niveau d’une méditation universelle sur notre temps, nos existences, nos aveuglements.

Bonnes feuilles
« La nuit des rois », page 12. La veille, au théâtre
« Je suis devenu critique par hasard, je le suis resté par habitude et peut-être par insouciance. La critique m’a permis de penser – ou d’essayer de penser – ce que je voyais, et de lui donner une forme éphémère en l’écrivant. (…)
La critique me permet-elle de lutter contre l’oubli ? Bien sûr que non. J’ai vu bien des spectacles et lu bien des livres dont je ne me souviens pas, même après leur avoir consacré un article, sans doute parce qu’ils n’éveillaient...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-14">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ A la suite de la polémique autour du glyphosate, l’Union européenne souhaite rendre plus transparent le processus d’évaluation scientifique sur lequel se basent les autorisations.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Sécurité alimentaire : la Commission européenne dévoile ses propositions pour plus de transparence

A la suite de la polémique autour du glyphosate, l’Union européenne souhaite rendre plus transparent le processus d’évaluation scientifique sur lequel se basent les autorisations.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 14h30
   





                        


La Commission européenne, tirant les leçons de la polémique autour du renouvellement de la licence du glyphosate dans l’Union européenne (UE), a dévoilé mercredi 11 avril des propositions visant à rendre plus transparent le processus d’évaluation scientifique sur lequel se basent les autorisations en matière de sécurité alimentaire.
« Avec cette réforme, les citoyens auront accès immédiatement aux études scientifiques qui viennent en soutien des demandes d’autorisation », a assuré le commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis.
La réforme proposée par la Commission veut rendre publiques et accessibles les études d’évaluation des risques « à un stade précoce de la procédure ». Un registre serait créé, pour compiler toutes les études commandées par des entreprises requérant une autorisation, afin de « garantir qu’elles ne cachent pas des études défavorables ».
Elle donnerait aussi le pouvoir à la Commission de demander à l’Agence européenne pour la sécurité des aliments (EFSA) de commander des études supplémentaires « dans le cas de circonstances exceptionnelles, comme un haut degré de controverse autour d’une substance », souligne l’exécutif européen dans un document explicatif.
Renforcer la responsabilité des Etats
La Commission veut également renforcer la responsabilité des Etats membres au sein de l’EFSA, en leur demandant de présenter un ensemble de candidats parmi lesquels seraient choisis les experts des comités scientifiques de l’agence.
La réforme législative touche huit secteurs différents en lien avec la sécurité alimentaire : outre les produits phytosanitaires, elle concerne notamment la transparence en matière d’organismes génétiquement modifiés, d’additifs alimentaires (humains et animaux), de matériaux en contact avec la nourriture ou encore les « nouveaux aliments ».
La proposition de la Commission est désormais entre les mains des deux législateurs européens, le Parlement et le Conseil (les Etats membres).
« Il est nécessaire que les citoyens continuent de croire que le système (…) fonctionne bien », a souligné le vice-président de la Commission, Frans Timmermans, lors d’un point de presse. Il s’est félicité que l’action des citoyens européens puisse « avoir un impact direct sur l’agenda politique » de l’UE.
Initiative citoyenne européenne
En effet, c’est sous la pression d’une pétition (Initiative citoyenne européenne, ICE) signée par plus d’un million d’Européens, que Bruxelles avait promis, en décembre 2017, de revoir sa législation. Elle adoptait alors officiellement la nouvelle licence du glyphosate, clôturant plus de deux ans de bataille autour de cet herbicide controversé.

        Lire aussi :
         

                Glyphosate : le Parlement européen annonce une commission d’enquête



Les opposants et partisans du glyphosate se sont déchirés sur des études scientifiques portant sur le caractère cancérogène ou non de l’herbicide le plus utilisé au monde. L’EFSA l’a classé « probablement non cancérogène », ouvrant la voie à sa réautorisation dans l’Union européenne, quelques mois après l’avis contraire rendu par le Centre international de recherche sur le cancer, un organisme de l’Organisation mondiale de la santé.
Ses détracteurs ont argué que l’EFSA s’appuyait sur des études fournies par l’industrie phytosanitaire, et en particulier le grand groupe américain Monsanto, qui produit le glyphosate.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-15">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Trois Turcs qui travaillaient au Gabon dans une école du prédicateur ont été exfiltrés par les services secrets. Fin mars, une opération semblable au Kosovo avait permis à Ankara de mettre la main sur six ressortissants turcs.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


D’Afrique en Asie, la Turquie traque les gülénistes

Trois Turcs qui travaillaient au Gabon dans une école du prédicateur ont été exfiltrés par les services secrets. Fin mars, une opération semblable au Kosovo avait permis à Ankara de mettre la main sur six ressortissants turcs.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 11h35
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

Trois ressortissants turcs – Osman Özpınar, Ibrahim Akbas, Adnan ­Demirönal –, membres présumés du mouvement du ­prédicateur Fethullah Gülen, auquel Ankara attribue la paternité du coup d’Etat manqué de juillet 2016, ont tout récemment été exfiltrés par les services secrets d’Ankara (MIT) contre leur gré depuis le Gabon, où ils avaient été arrêtés, vers la Turquie.
Les trois hommes travaillaient à Libreville pour les écoles du mouvement Gülen, bien implanté sur le continent africain. Arrêtés à la mi-mars, maintenus en détention sans que leurs avocats aient eu la possibilité de consulter leurs dossiers d’accusation, ils ont été ramenés en Turquie avec leurs familles à bord d’un avion privé affrété par le MIT. Accusés d’appartenance « à une organisation terroriste armée », ils risquent plusieurs années de prison.
« Le Gabon a renvoyé trois importants membres du réseau Gülen. Où qu’ils aillent, nous les pourchasserons », s’est félicité le président turc, Recep Tayyip Erdogan, lors d’une intervention devant les ­députés de son Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur), mardi 10 avril. « Nous en avons reçu récemment six venant du Kosovo et trois du Gabon. Voyons d’où sortiront les prochains », a ajouté le chef d’Etat turc, visiblement ravi.

Depuis le coup d’Etat raté de 2016, les autorités turques ont lancé une véritable chasse aux sorcières contre les partisans du prédicateur Gülen. Installé aux Etats-Unis depuis 1999, ce dernier dément toute implication dans le putsch manqué. Plus de 55 000 personnes, dont des enseignants, des magistrats, des opposants et des journalistes critiques, ont été arrêtées sur des accusations de terrorisme dans le cadre des purges sans fin menées par les autorités.
Méthodes de barbouzes
Le 29 mars, six ressortissants turcs – cinq enseignants, un médecin – ont été arrêtés au Kosovo puis extradés – « enlevés », selon la presse kosovare – vers...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-16">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Dans sa chronique, Cécile Ducourtieux, du bureau européen du « Monde » à Bruxelles, revient sur l’accueil que les responsables européens ont réservé à Viktor Orban après sa victoire aux élections législatives hongroises, dimanche 8 avril
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« La vérité, c’est qu’Orban sert aussi les intérêts des dirigeants du PPE… »

Dans sa chronique, Cécile Ducourtieux, du bureau européen du « Monde » à Bruxelles, revient sur l’accueil que les responsables européens ont réservé à Viktor Orban après sa victoire aux élections législatives hongroises, dimanche 8 avril



Le Monde
 |    11.04.2018 à 11h12
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Chronique. La géographie politique des satisfecit, après l’écrasante victoire aux législatives, dimanche 8 avril, du souverainiste Viktor Orban, qui s’est assuré un troisième mandat à la tête du gouvernement hongrois, souligne à quel point le jeu auquel joue le Parti populaire européen (PPE) avec cet encombrant membre est dangereux.
Manfred Weber, le chef de file au Parlement de Strasbourg de la puissante confédération des droites modérées de l’Union, a certes félicité le Hongrois dont la formation, le Fidesz, est affiliée au PPE depuis 2004. Mais ce sont les extrêmes droites qui se sont le plus bruyamment manifestées. « Grande et nette victoire d’Orban en Hongrie », a tweeté, dès dimanche soir, Marine Le Pen.

Mêmes types de salutations de la part de l’islamophobe néerlandais Geert Wilders, ou de la députée allemande Beatrix von Storch, représentante de l’aile dure de l’AfD. « C’est un mauvais jour pour l’Union européenne, mais un bon pour l’Europe », a posté l’ex-eurodéputée.
Comment le PPE, une formation revendiquant encore sur son site Web son positionnement de « centre droit », peut-elle tolérer un leadeur devenu un véritable modèle des extrêmes droites européennes ? Un dirigeant, chantre de l’illibéralisme, qui, depuis son retour au pouvoir en 2010, soumet les médias publics à un contrôle éditorial étroit ?
Relents antisémites
Pourquoi la famille politique d’Angela Merkel, du chrétien-social Jean-Claude Juncker ou du très pondéré Michel Barnier, supporte t-elle qu’Orban tienne des discours xénophobes et développe des thèses complotistes de plus en plus délirantes, accusant « les technocrates de Bruxelles » et le financier d’origine hongroise George Soros de fomenter un plan pour submerger la Hongrie de migrants musulmans ?

« Nous avons affaire à un adversaire qui est différent de nous. Il n’agit pas ouvertement, mais caché, il n’est pas...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-17">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Les blocages autour de la région sous tutelle entravent toute réforme et recomposent la vie politique
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’Espagne paralysée par la crise catalane

Les blocages autour de la région sous tutelle entravent toute réforme et recomposent la vie politique



Le Monde
 |    11.04.2018 à 10h30
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Très souvent, Mariano Rajoy demande aux indépendantistes d’en « finir avec le spectacle » et de former un gouvernement qui « respecte l’Etat de droit, la loi et les décisions des tribunaux », s’ils veulent « renouer le dialogue. » En réalité, le premier ministre espagnol est encore loin d’avoir surmonté la crise catalane, qui, si elle a perdu de son intensité, plonge plus que jamais l’ensemble de l’Espagne dans une paralysie durable.
Les conséquences du conflit catalan sur la politique espagnole monopolisent les débats, conditionnent les intentions de vote, contaminent le positionnement des partis sur d’autres questions et gèlent des débats brûlants. En 2017, le gouvernement n’a approuvé que 13 lois, dont trois transpositions de directives européennes, une loi de budget et une loi du financement basque. Et aucune réforme majeure. Pis, son agenda politique est conditionné par les décisions judiciaires liées aux événements catalans, puisque M. Rajoy a, faute de dialogue avec les indépendantistes, délégué aux juges le soin de résoudre la poussée sécessionniste.
Six mois de retard
Très incertaine, l’adoption, avec beaucoup de retard, du budget 2018 illustre ce climat. Les travaux ont commencé avec plus de six mois de délai et sans aucune garantie que la loi de finance soit finalement approuvée au Congrès des députés. Le débat parlementaire aura lieu entre le 24 et le 26 avril. Le vote définitif, un mois plus tard. Certes, le gouvernement de Mariano Rajoy est parvenu à obtenir le soutien des libéraux de Ciudadanos. Mais il lui manque encore les voix des nationalistes basques du PNV pour compléter sa majorité.
Or ces derniers ont posé une condition à leur soutien : la levée de l’article 155 en Catalogne, c’est-à-dire la fin de la mise sous tutelle de la région rebelle. Mardi 10 avril, le président du PNV, Andoni Ortuzar, a plaidé pour que le gouvernement catalan se trouve « entre les mains légitimes des représentants...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-18">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ L’actuel PDG du groupe automobile, Matthias Müller, devrait céder son poste au patron de la marque Volkswagen, Herbert Diess.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Vers un changement de direction à la tête de Volkswagen

L’actuel PDG du groupe automobile, Matthias Müller, devrait céder son poste au patron de la marque Volkswagen, Herbert Diess.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 10h26
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

C’est un de ces revirements inattendus et brutaux dont Volkswagen (VW) a le secret. Mardi 10 avril, en début d’après-midi, le groupe automobile a annoncé dans un communiqué laconique « de probables changements dans sa structure de direction », dont « un remplacement possible du président du directoire ». Les grands quotidiens économiques allemands ont immédiatement traduit : selon leurs informations, Matthias Müller, actuel PDG du groupe, devrait quitter son poste et être remplacé par Herbert Diess, actuel patron de la marque Volkswagen. Ces changements devraient être entérinés lors d’un conseil de surveillance, vendredi 13 avril.
La décision surprend l’ensemble des observateurs. Matthias Müller était arrivé à la tête du groupe en septembre 2015, juste après la démission de Martin Winterkorn suite au scandale des moteurs diesel aux performances manipulées. L’ancien patron de Porsche affiche un bilan étincelant : en trois ans, il est parvenu à gérer les suites du scandale et à ramener son groupe au sommet. Mi-mars, lors de la conférence de presse annuelle, il a présenté les meilleurs résultats de l’histoire de Volkswagen : le chiffre d’affaires, les ventes et le résultat opérationnel, malgré les coûts des suites de l’affaire du diesel, ont atteint en 2017 des valeurs inégalées. VW peut à nouveau disputer le titre de premier constructeur automobile mondial à l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.

A la tête de l’énorme paquebot Volkswagen, il s’est appuyé sur la crise pour amorcer une série de réformes d’ampleur. Sur le plan organisationnel, il a réformé un groupe jusqu’ici ultra-centralisé. Sur le plan industriel, il a lancé une vaste stratégie d’électrification des gammes et d’investissement dans les services à la mobilité. « Nous sommes de nouveau à l’offensive, et nous allons le rester », avait-il déclaré. Mais l’offensive devrait se poursuivre sans lui. Malgré ses résultats, Matthias Müller paye apparemment...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-19">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Environ 1 500 demandeurs d’asile sont entassés canal Saint-Denis. Une situation indigne qui montre l’échec d’une politique qui privilégie les questions sécuritaires aux enjeux humanitaires, déplore dans une tribune Médecins du monde.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Migrants à Paris : « l’illustration de la faillite de l’Etat »

Environ 1 500 demandeurs d’asile sont entassés canal Saint-Denis. Une situation indigne qui montre l’échec d’une politique qui privilégie les questions sécuritaires aux enjeux humanitaires, déplore dans une tribune Médecins du monde.



Le Monde
 |    10.04.2018 à 17h26
 • Mis à jour le
10.04.2018 à 17h51
    |

Françoise Sivignon (Présidente de Médecins du monde) et Louis Barda (Coordinateur des actions de Médecins du monde à Paris)







                        



                                


                            

Tribune. Une fois de plus, un lieu d’indignité est apparu dans la capitale. Sur les bords du canal Saint-Denis, à deux pas de La Villette, environ 1 500 personnes migrantes, hommes, femmes et enfants, s’entassent sous des tentes collées les unes aux autres. Si ce campement a atteint cette taille alors que les consignes de la préfecture d’Ile-de-France sont d’éviter tout regroupement de personnes dans Paris, c’est pour une raison simple : dissimulé sous le périphérique, il est resté longtemps invisible aux yeux des Parisiens et des journalistes.
Ce campement est l’illustration de la faillite de la politique de l’Etat: 1 500 personnes laissées dans le dénuement le plus total, dans des conditions sanitaires catastrophiques, sans aucune information sur leurs droits et comment les obtenir. Il est devenu le symbole de cette « crise de l’accueil », de l’hypocrisie et de l’indignité avec laquelle la France laisse dans les rues ceux qui viennent chercher un répit, une protection. L’Etat cherche ainsi à faire disparaître les migrants et leurs besoins. Le respect des droits des personnes est oublié pour laisser avancer une machine à trier, à sélectionner, à renvoyer.
Hypocrisie
De quoi ce campement est-il le symptôme ? Tout d’abord, du mépris et de la violence avec lesquels l’Etat traite les migrants : dispersion, harcèlement, les pratiques des forces de l’ordre ont pour résultat de les forcer à l’invisibilité. Ils ne sont tolérés qu’une fois suffisamment éloignés, suffisamment cachés.

Ensuite de l’hypocrisie avec laquelle l’Etat traite la situation de ces populations extrêmement vulnérables, tout en affirmant par la voix du président de la République la volonté de « loger tout le monde », « d’accueillir avec humanité », d’être « le porte-parole de ceux que l’on n’entend pas ».
Ce même Etat prompt à s’indigner des exactions libyennes, ne fait guère de sentiments en mettant en place une politique de tri, de renvoi de...




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-20">
<filnamedate="20180412"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180412"><AAMMJJHH="2018041219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Deux jours après le triomphe de Viktor Orban aux législatives, l’un de ses ennemis, l’oligarque Lajos Simicska, ferme, entre autres, le journal « Magyar Nemzet »
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Hongrie : après la fermeture de plusieurs médias, la presse d’opposition en voie de disparition

Deux jours après le triomphe de Viktor Orban aux législatives, l’un de ses ennemis, l’oligarque Lajos Simicska, ferme, entre autres, le journal « Magyar Nemzet »



Le Monde
 |    10.04.2018 à 16h53
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 09h08
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



   


Lorsqu’ils ont appris que leur journal mettait la clé sous la porte, les rédacteurs du journal hongrois Magyar Nemzet (« nation hongroise ») se sont rassemblés pour une dernière photo de famille. Triste cliché, presque banal désormais. Deux jours seulement après les élections législatives, remportées une troisième fois par Viktor Orban, ce qu’il restait de presse d’opposition dans ce pays d’Europe centrale est en train de disparaître. L’oligarque Lajos Simicska a en effet annoncé, mardi 10 avril, qu’il jetait l’éponge et comptait fermer plusieurs des médias en sa possession.
Cet ennemi juré du premier ministre souverainiste invoque des « problèmes financiers ». Son quotidien conservateur, fondé il y a quatre-vingts ans, préparait, mardi, sa dernière édition, datée du 11 avril. Durant la campagne, il avait révélé des affaires de corruption supposée concernant le Fidesz, le parti de M. Orban. M. Simicska compte également faire cesser d’émettre une radio nommée Lanchid et vendre l’hebdomadaire Heti Valasz. Seule la chaîne de télévision Hir TV semble à ce stade épargnée. Elle doit subir une restructuration.

        Lire aussi :
         

                En Europe, l’extrême droite salue le succès de Viktor Orban en Hongrie



Jusqu’à 2015, Lajos Simicska appartenait au premier cercle du pouvoir. Ancien camarade de classe de M. Orban, il avait financé son parti, le Fidesz, avant de soudainement déclarer la « guerre totale » au chef du gouvernement, lui reprochant de vouloir mettre à genoux les journalistes s’accrochant à leur indépendance. Il avait mis ses médias – qui auparavant servaient complaisamment le pouvoir – au service de son combat très personnel à l’encontre de l’homme fort de la Hongrie, alors en perte de vitesse, avant que la crise des migrants ne le remette en selle. En affrontant le gouvernement, il a perdu tous les contrats publics qui lui permettaient, entre 2010 et 2014, d’éponger les dettes de ses entreprises de presse.
Et sa capitulation coïncide avec la démission de Gabor Vona, le chef du parti d’extrême droite Jobbik, après son revers aux législatives. Ce qui n’est pas un hasard, puisque M. Simicska, accusé par M. Orban de soutenir le Jobbik, « voulait faire tomber le gouvernement et soutenait un parti qui n’a pas gagné les élections », selon Mariann Öry, la chef du service étranger du Magyar Hirlap (« gazette hongroise »), un quotidien proche du premier ministre souverainiste. « Il n’a pas atteint son objectif politique, donc il ne veut pas dépenser plus d’argent, » a-t-elle réagi sur Twitter.
Bence Földi, un journaliste travaillant pour Magyar Nemzet affirme qu’un jeune député du parti LMP (écologiste), Peter Ungar, a déposé une offre pour racheter son journal (une centaine d’employés), Heti Valasz (une trentaine d’employés) et la Lanchid Radio (cinquante employés). Mais rien n’indique pour l’instant que Lajos Simicska acceptera de lui céder ses titres.

        Lire aussi :
         

                Triomphe d’Orban aux législatives : « Les Hongrois sont en quête de souveraineté »



En Hongrie, les chaînes publiques sont au service de l’exécutif, selon un rapport de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, et le monopole de l’information est donc désormais quasi complet. En 2016, le quotidien libéral Nepszabadsag (« liberté du peuple ») avait été racheté à son propriétaire autrichien par un proche de Viktor Orban. Puis ce fut au tour de plusieurs quotidiens régionaux, jusqu’en août 2017. A quelques exceptions, ils sont tous pro-Orban aujourd’hui. Or, leur influence est démontrée dans les zones rurales du pays.
Reste RTL Klub, fondé par le groupe allemand Bertelsmann. Installée depuis 1997 en Hongrie, elle échappe totalement à Viktor Orban, qui a essayé de l’étouffer en 2014 en lançant spécialement pour elle un projet de taxe exorbitante. Face au droit européen, le gouvernement hongrois avait dû reculer, et cette chaîne de télévision commerciale est toujours très regardée. Quelques sites Internet sont également actifs, mais leur audience est limitée. L’un d’entre eux, Index.hu, a toutefois réussi à devenir prescripteur. Pas suffisamment dans un champ de ruines : au classement mondial de la liberté de la presse, la Hongrie ne cesse de perdre du terrain. Elle figurait, en 2017, à la 71e place.



                            


                        

                        

