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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ EN UN GRAPHIQUE – Le nombre d’exécutions recensées par Amnesty International passe sous la barre des 1 000 personnes en 2017. Un chiffre qui ne tient toutefois pas compte de la Chine, pour laquelle les chiffres restent inconnus.
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Au moins 993 personnes ont été exécutées dans le monde en 2017

EN UN GRAPHIQUE – Le nombre d’exécutions recensées par Amnesty International passe sous la barre des 1 000 personnes en 2017. Un chiffre qui ne tient toutefois pas compte de la Chine, pour laquelle les chiffres restent inconnus.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 17h57
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12.04.2018 à 18h04
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                            Les Décodeurs








                        


L’ONG Amnesty International a recensé 993 exécutions dans le monde en 2017, soit légèrement moins qu’en 2016 (1 032 exécutions) et beaucoup moins qu’en 2015 (1 634 exécutions), selon un rapport de l’ONG concernant la pratique de la peine de mort dans le monde, publié jeudi 12 avril.
Ce nombre est toutefois à relativiser, car il n’intègre pas les exécutions en Chine, qu’Amnesty estime à « plusieurs milliers ». « Il s’avère impossible d’obtenir des chiffres précis sur l’application de la peine capitale dans le pays, ces données étant classées secret d’Etat », note le rapport.

   



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ En dépit des menaces de frappes « imminentes » de Donald Trump et de ses alliés occidentaux contre la Syrie, Moscou continue de vouloir consolider au plus vite le régime Assad.
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édition abonné


En proclamant la reddition de la Ghouta orientale, l’armée russe s’est substituée à Damas

En dépit des menaces de frappes « imminentes » de Donald Trump et de ses alliés occidentaux contre la Syrie, Moscou continue de vouloir consolider au plus vite le régime Assad.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 17h51
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

La Russie n’a pas laissé à son protégé Bachar Al-Assad le soin d’annoncer la reprise de la Ghouta orientale, dernier bastion de la rébellion syrienne dans la banlieue de Damas. C’est un général russe qui l’a proclamée, jeudi 12 avril au matin. « Un drapeau syrien a été hissé sur un bâtiment de la ville de Douma », a déclaré Youri Evtouchenko depuis le « centre russe pour la réconciliation en Syrie » qu’il dirige. La veille, déjà, l’armée russe avait annoncé le déploiement de sa police militaire dans cet ultime réduit de résistance de la Ghouta « pour assurer la sécurité et le maintien de l’ordre ». Et c’est à cette même armée que les derniers combattants du groupe Jaïch Al-Islam ont remis leurs armes.
La reddition de Douma, au cœur de graves tensions internationales depuis qu’une attaque chimique imputée au régime syrien y aurait causé la mort, le 7 avril, de dizaines de personnes, prend aujourd’hui valeur de démonstration. En dépit des menaces de frappes « imminentes » du président américain et de ses alliés britanniques et français, contre des lieux stratégiques syriens, Moscou ne dévie pas de sa route : consolider au plus vite, coûte que coûte, le régime Assad que Vladimir Poutine considère, depuis les révolutions arabes, comme un rempart pour la préservation de son propre pouvoir.

Sans l’appui de ses forces aériennes et de ses conseillers militaires sur le terrain, aucune reconquête du territoire syrien par le seul dirigeant « légitime » aux yeux de Moscou n’aurait été possible. « La situation en général dans la Ghouta-est est complètement stabilisée, assurait mercredi le général Viktor Poznikhir, chef adjoint du département des opérations russes. Les forces armées de la fédération de Russie, en liaison avec les autorités syriennes, terminent l’opération humanitaire de grande envergure dans la banlieue de Damas. Cependant, le succès de la Russie et de la Syrie ne convient pas à tous. »
Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Libye, Syrie, Mali, Sahara occidental : le ministre des affaires étrangères insiste sur le refus d’Alger de toute ingérence dans les crises régionales.
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Entretien

Abdelkader Messahel : « Le problème qui se pose à la Syrie doit être réglé dans le cadre syrien »

Libye, Syrie, Mali, Sahara occidental : le ministre des affaires étrangères insiste sur le refus d’Alger de toute ingérence dans les crises régionales.

Charlotte Bozonnet
    



LE MONDE
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        Le 12.04.2018 à 17h45

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        Mis à jour le 12.04.2018 à 17h55






                        

Crédits : JACQUES DEMARTHON / AFP


                    

A l’heure où le Front de libération nationale (FLN) a appelé Abdelaziz Bouteflika à briguer un cinquième mandat présidentiel malgré les interrogations concernant son état de santé, le ministre algérien des affaires étrangères, Abdelkader Messahel, était en visite à Paris du 9 au 11 avril. Il y a notamment rencontré son homologue, Jean-Yves Le Drian.
A la tête de la diplomatie algérienne depuis mai 2017, Abdelkader Messahel a accordé, mercredi 11 avril, un entretien au Monde dans lequel il revient sur les différentes crises régionales.

La France s’entretient avec certains de ses partenaires sur de possibles frappes ciblées en Syrie. Quelle est votre position sur cette question ?
Nous suivons avec attention la dégradation de la situation en Syrie. Nous avons discuté avec le ministre français des affaires étrangères et avec d’autres partenaires. Nous avons toujours pensé que le problème qui se pose à la Syrie doit être réglé dans le cadre syrien.
Nous faisons bien sûr la différence entre la lutte contre le terrorisme, qui est une obligation pour tous, et des conflits nés de clivages internes. Dans ce cas-là, la solution est à trouver dans le cadre du dialogue, du respect de la souveraineté des peuples et des Etats, sans ingérence d’où qu’elle vienne.
En Libye, comment expliquez-vous la difficulté à mettre sur pied un dialogue national ?
On revient au problème des ingérences dans les affaires internes des Etats. Le processus en Libye est contrarié par trop d’agendas qui ne permettent pas à la volonté du peuple libyen d’aboutir selon la stratégie arrêtée par les Nations unies. La solution doit venir d’un dialogue entre Libyens. Ce pays a suffisamment de compétences pour cela. La preuve : la semaine dernière, deux grandes villes qui étaient pratiquement en guerre, Zintan et Misrata, ont trouvé des solutions. C’est un pas très important.

Quel...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ A plus de deux ans de la prochaine échance présidentielle, la bataille pour la succession d’Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2010, a déjà commencé.
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Décryptage

La présidentielle ivoirienne de 2020 est dans toutes les têtes

A plus de deux ans de la prochaine échance présidentielle, la bataille pour la succession d’Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2010, a déjà commencé.

Charlotte Bozonnet (Abidjan, envoyée spéciale)
    



LE MONDE
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        Le 12.04.2018 à 17h19

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        Mis à jour le 12.04.2018 à 18h39






                        

Crédits : ISSOUF SANOGO/AFP


                    

Ils y pensent tous les matins en se rasant. Alassane Ouattara, élu président de la Côte d’Ivoire en 2010 au terme d’une décennie de crise politique et militaire, achèvera en 2020 les deux mandats que lui autorisait la Constitution sous laquelle il avait été élu. Certains de ses proches font valoir que l’adoption, en 2016, d’une nouvelle loi fondamentale créant la IIIe République a remis les compteurs à zéro et lui permettrait d’être candidat. Et, alors qu’il avait assuré en 2015 qu’il quitterait le pouvoir à l’issue de ce deuxième quinquennat, le chef de l’Etat se montre désormais plus flou sur ses intentions. Mais pour les caciques des deux partis au pouvoir, l’heure de se positionner pour la succession a sonné.

Depuis plusieurs mois déjà, la formation présidentielle, le Rassemblement des républicains (RDR), et son allié, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), ont commencé à croiser le fer. Tous deux gouvernent ensemble depuis sept ans au sein d’une alliance appelée le « RHDP », le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix. Lors de la présidentielle de 2010, le PDCI s’était rallié au second tour à Alassane Ouattara. Il lui a encore apporté son soutien en 2015. Cette fois, le parti de l’ex-chef de l’Etat Henri Konan Bédié estime que c’est son tour de prendre la tête de l’alliance.
« En 2015, le président Bédié a accepté [de ne pas présenter de candidat et de soutenir le RDR] pour garantir la paix et avec la promesse d’une alternance en 2020. Il a déjà été difficile de faire accepter cela à nos militants, explique Noël Akossi Bendjo, numéro deux du secrétariat exécutif du PDCI et maire du Plateau, le quartier des affaires à Abidjan. Une alliance ne peut pas profiter à un seul parti. »
« Rien ne nous sépare »
M. Bendjo dresse un bilan sévère de la présidence d’« ADO », surnom de l’actuel chef de l’Etat, pointant une croissance économique « qui ne se ressent pas...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Reprise du fief rebelle de la Ghouta, attaque chimique…, deux journalistes du « Monde » ont répondu aux questions d’internautes sur la situation dans le pays, en guerre depuis sept ans.
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Syrie : « Avec la reprise de Douma, Bachar Al-Assad est désormais maître de sa capitale »

Reprise du fief rebelle de la Ghouta, attaque chimique…, deux journalistes du « Monde » ont répondu aux questions d’internautes sur la situation dans le pays, en guerre depuis sept ans.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 17h16
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 18h41
   





                        



   


La reprise de Douma, dans la banlieue de Damas, jeudi 12 avril, couronne le processus de redressement du pouvoir de Bachar Al-Assad. Mais l’attaque chimique contre le fief rebelle suscite de vives tensions entre la Russie et les Etats-Unis, les seconds menaçant le régime syrien de frappes punitives. Lors d’un tchat avec des internautes, les journalistes du Monde Allan Kaval et Marc Semo ont fait le point sur la situation.
VS : La France va-t-elle répondre à l’attaque chimique en Syrie ?
Marc Semo : C’est probable, car Paris n’a cessé de rappeler que l’on ne peut accepter la banalisation de l’emploi des armes chimiques, et Emmanuel Macron en a fait explicitement une « ligne rouge ». Sa crédibilité comme celle de Washington sont en jeu. Mais le cadre, la durée, l’ampleur de l’opération sont encore en discussion. Il s’agit de ne pas se limiter à une frappe ponctuelle comme celle faite par les Etats-Unis il y a un an, mais en même temps d’éviter une escalade.
Bolkonsky : Quelles sont les preuves de l’utilisation de l’arme chimique par les autorités syriennes ?
Allan Kaval : A ce stade, il est n’est pas possible de recueillir les preuves matérielles de manière indépendante. Il faudrait pouvoir effectuer des prélèvements sur le site de l’attaque — un immeuble d’habitation — et sur les corps. Or la zone est à présent sous contrôle russe.

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Kassagi : A part ne pas perdre la face, si la ligne rouge a bien été franchie, à quoi peut servir une frappe française, maintenant que la guerre a été gagnée par Bachar Al-Assad ?
M. S. : Il ne s’agit pas seulement de rappeler clairement que l’emploi de l’arme chimique ne restera pas impuni. La guerre est certes plus ou moins gagnée par le régime, mais elle n’est pas finie. Si l’on ne fait rien, Damas pourra de nouveau utiliser ces armes pour reconquérir la zone d’Idlib, dans le Nord-Ouest, ou de Deraa, dans le Sud. Les armes chimiques pourraient être utilisées ailleurs et par d’autres…
Ce n’est pas une coïncidence si les services secrets russes ont employé sur le sol britannique du poison Novitchok pour tenter d’éliminer un ex-agent double. C’est aussi une manière de voir jusqu’où il est possible d’aller face aux démocraties occidentales.
JdLF : Quelle légitimité internationale aurait une attaque occidentale contre les forces syriennes ?
M. S. : C’est tout le problème ! La violation par Damas de ses engagements au sein de l’OIAC (Organisation internationale pour l’interdiction des armes chimiques) ne suffit pas pour fonder légalement une intervention sans mandat du Conseil de sécurité de l’ONU. La participation aux frappes de la coalition en Syrie contre l’EI était justifiée par la menace directe que représentait le groupe djihadiste. Mais l’arme chimique n’est pas une menace directe pour la France.
Cyp44 : Pouvez-vous nous expliquer la situation au Moyen-Orient ? Je ne comprends rien !
M. S. : Pour résumer, il y a maintenant en Syrie au moins cinq conflits imbriqués :
une guerre entre la rébellion, désormais aux abois, et le régime ;une guerre menée par la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis et où la France est très active contre l’EI ;une lutte des Kurdes, qui ont le soutien des Occidentaux, car ils sont les alliés sur le terrain contre l’EI, mais que la Turquie, soutien des rebelles antirégime, veut écraser ;un conflit qui monte entre les puissances régionales, opposant notamment l’Iran et Israël, toujours plus inquiet de la présence croissante de forces iraniennes en Syrie avec le régime ;et un bras de fer international entre les grandes puissances.

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BFR : Que reste-t-il de la rébellion ?
A. K. : Les groupes armés désignés sous l’expression d’« Armée syrienne libre » n’ont jamais constitué une entité militaire unifiée. Après la chute définitive de la Ghouta, il reste des poches rebelles dans les zones dominées par le régime. Ces petits territoires peuvent être repris rapidement, par les armes ou au moyen d’accords de reddition. Il existe des emprises rebelles plus vastes autour de Deraa, près de la frontière jordanienne, ainsi que sur le plateau du Golan.
Dans le gouvernorat d’Idlib, des groupes rebelles coexistent avec des factions djihadistes. Et certains groupes armés issus de la rébellion, et se réclamant encore de l’Armée syrienne libre, servent de supplétifs aux forces turques qui contrôlent des territoires dans le gouvernorat d’Alep, dont l’ancienne enclave kurde d’Afrin. Ces groupes sont sous commandement turc et ont pour vocation essentielle de combattre les Kurdes.
Internaute : Quel objectif maintenant pour les forces d’Assad ?
A. K. : La question des frappes occidentales mise à part, le régime est lancé dans une dynamique de reconquête. Il est désormais maître de sa capitale. Et la reprise de Douma marque la fin d’une phase : celle de la reprise de la Syrie dite « utile », une dorsale urbaine qui court de Damas à Alep en passant par Homs et Hama.
Les représentants du régime ont déclaré que leur objectif final était la reconquête totale du pays. Cette vision politique connaît cependant de fortes limites militaires. Le régime ne peut entreprendre d’offensive majeure sans le soutien appuyé de son allié russe. A Idlib, Moscou voit d’un œil favorable la constitution d’une zone d’influence turque connectée aux territoires indirectement administrés par la Turquie du gouvernorat d’Alep. Concernant le Golan, la Russie n’a pas intérêt à ce stade à laisser le régime soutenu par son autre parrain, l’Iran, menacer directement Israël.

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JS : Où en sont les forces armées turques dans leur volonté de s’attaquer à la région de Manbij (et celle de Kobané) tenue par les Kurdes ?
A. K. : L’envoi de forces supplémentaires de la coalition internationale contre l’EI auprès des Forces démocratiques syriennes, qui tiennent Manbij, semble avoir mis un coup d’arrêt au positionnement offensif d’Ankara. Malgré les déclarations du président américain sur un retrait prochain de Syrie, Washington et, dans une moindre mesure, Paris, ont envoyé un signal clair à la Turquie : Manbij demeure dans la zone d’intérêt de la coalition.
Kobané, qui abrite des installations militaires importantes de la coalition, reste à ce stade hors d’atteinte des forces armées turques et de leurs supplétifs syriens.
Antoine : Je ne comprends pas le positionnement de la Russie envers la Syrie. Quels sont ses intérêts ?
M. S. : C’est une question de prestige d’abord. Même à l’époque de l’URSS, Damas était le principal point d’appui de Moscou dans la région, surtout après que l’Egypte eut basculé, au milieu des années 1970, dans le camp américain. C’est aussi au travers de son intervention en Syrie à l’automne 2015 pour sauver le régime — avec 5 000 hommes et de l’aviation — que Moscou a retrouvé, comme le voulait Vladimir Poutine, son rang de grande puissance parlant d’égal à égal avec Washington — même s’il ne faut pas oublier que le PIB russe équivaut, les bonnes années, à celui de l’Italie.
Dans ce contexte, le Kremlin ne peut plus faire marche arrière : lâcher le régime serait aussi sa défaite. Poutine sait qu’il risque l’enlisement s’il ne réussit pas à transformer son succès militaire en succès diplomatique avec un plan de paix. Mais il n’y arrive pas. En Géorgie ou en Ukraine, Moscou a pu geler le conflit. En Syrie, compte tenu de la multiplicité des acteurs, cela est impossible.

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Grégoire : Pourquoi la Russie n’exige-t-elle pas le départ du dictateur Assad ?
M. S. : Probablement parce qu’ils n’ont pas encore réussi à lui trouver un remplaçant crédible à même de garantir la stabilité du régime, qui est leur obsession. En outre, les Iraniens, qui sont désormais les vrais patrons dans l’appareil sécuritaire à Damas, continuent de le soutenir à fond.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Le choix de Mike Pompeo comme secrétaire d’Etat est loin de faire l’unanimité. Par le passé, l’actuel patron de la CIA s’est illustré par ses prises de position ultraconservatrices.
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Audition au Sénat sous tension pour le futur patron de la diplomatie américaine

Le choix de Mike Pompeo comme secrétaire d’Etat est loin de faire l’unanimité. Par le passé, l’actuel patron de la CIA s’est illustré par ses prises de position ultraconservatrices.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 16h17
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 17h47
   





                        



   


Difficile de ne pas y voir un certain sens du timing. A partir du jeudi 12 avril, le Sénat américain auditionne Mike Pompeo, que Donald Trump avait nommé directeur de la CIA en 2017, afin de valider ou non sa nomination comme secrétaire d’Etat. En pleine interrogation sur une éventuelle riposte militaire américaine à l’attaque chimique du régime syrien, le probable futur patron de la diplomatie américaine est attendu au tournant, un mois après l’éviction de Rex Tillerson.
Signe de l’enjeu, Mike Pompeo, 54 ans, a téléphoné aux anciens secrétaires d’Etat démocrates Hillary Clinton et John Kerry – contre lesquels il avait été très critique par le passé – afin d’obtenir des conseils avant son audition par le Sénat, révèle Politico. Un geste qui s’inscrit dans une « offensive de charme » menée ces derniers jours par le patron de la CIA, souligne le site d’informations américain, qui y voit là une tentative pour « assagir son image sulfureuse » de « faucon ». Et pour montrer qu’il constitue le principal espoir de recadrer la politique extérieure de l’administration Trump.

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Déclarations sulfureuses
Le choix de Mike Pompeo est, certes, loin de faire l’unanimité. Par le passé, cet ancien militaire, élu du Kansas, s’est souvent illustré par ses prises de position ultraconservatrices. Au Congrès, il soutient à demi-mot le recours à la torture par l’armée américaine et les services de renseignement. Il s’illustre aussi comme farouche soutien des programmes de surveillance de la National Security Agency (NSA), jugeant que le lanceur d’alerte Edward Snowden mérite la peine de mort pour trahison.

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Opposé à l’accord avec l’Iran, Mike Pompeo est aussi particulièrement véhément vis-à-vis de la Corée du Nord ou de l’accord pour le climat de Paris. Nommé à la tête de la CIA après l’élection de Donald Trump, il avait défini sa ligne : « Pour que la CIA connaisse le succès, elle doit être agressive, brutale, implacable et impitoyable ».
« Présage de renouveau »
Ces déclarations sulfureuses lui valent aujourd’hui une campagne d’opposition forte, y compris dans les rangs républicains. Le sénateur du Kentucky, Rand Paul, a prévenu qu’il s’opposerait à sa nomination, et tente de convaincre d’autres sénateurs d’en faire de même.
« Si l’initiative de Rand Paul s’ajoutait à l’opposition des démocrates, Pompeo serait le premier secrétaire d’Etat choisi à ne pas être approuvé », prévient le Washington Post, qui s’inquiète des conséquences d’un rejet éventuel :
« L’urgence absolue du moment oblige surtout à voir combien le département d’Etat a besoin d’un dirigeant, et que Pompeo, bien qu’imparfait, doit commencer à travailler le plus tôt possible. »
A l’unisson, le New York Times rappelle que refuser de valider la nomination de Mike Pompeo serait « une rebuffade très gênante ». Pour le quotidien, l’ancien directeur de la CIA est en effet un « présage de renouveau » au vu de « l’état de délabrement dans lequel Rex Tillerson a laissé le poste, traitant avec mépris les diplomates les plus expérimentés, réduisant les effectifs, et menant à l’échec le projet de réorganisation ». 
Enjeux urgents
Les enjeux sont nombreux et urgents pour l’administration américaine : Donald Trump doit se prononcer le 12 mai sur l’avenir de l’accord nucléaire iranien, puis rencontrer le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un fin mai ou début juin, tandis que, dans le même temps, l’ambassade américaine en Israël doit être transférée à Jérusalem.

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A ces dossiers s’ajoutent l’affaire de l’ingérence russe dans l’élection de Donald Trump, mais aussi, depuis le 7 avril, l’enjeu d’une réaction américaine face au dirigeant syrien, Bachar Al-Assad, accusé d’avoir de nouveau bombardé son peuple avec des armes chimiques.
A quoi ressemblerait le « style Pompeo » au département d’Etat ? L’audition de jeudi devrait permettre d’en savoir davantage sur les engagements du candidat, qui devra réussir à garder la confiance de Donald Trump tout en tempérant ses élans belliqueux récurrents, et sa propension à jeter de l’huile sur le feu. Son prédécesseur, Rex Tillerson, avait échoué à trouver sa place dans l’équation.

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Mike Pompeo devra, en outre, composer avec un troisième homme, le nouveau conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche depuis mars, John Bolton – néoconservateur et grand défenseur des guerres préventives.

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En 2016, Mike Pompeo avait été confirmé à l’unanimité par le Sénat pour son poste à la CIA. Cette fois, il risque d’avoir plus de mal à faire consensus. Mais le sénateur républicain Lindsey Graham a prévenu : « Si vous pensez que la diplomatie est un élément important de la sécurité intérieure, alors nous avons besoin d’un secrétaire d’Etat. Et si vous voulez retirer la diplomatie et le département d’Etat de la table, alors vous feriez mieux d’acheter vite plus de bombes. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ La compagnie, dont la dette de plus de 1 milliard d’euros a été restructurée, dévoile une stratégie offensive avec, notamment, une nouvelle liaison Nairobi-New York.
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Décryptage

Kenya Airways veut redécoller en Afrique et au-delà

La compagnie, dont la dette de plus de 1 milliard d’euros a été restructurée, dévoile une stratégie offensive avec, notamment, une nouvelle liaison Nairobi-New York.

Par                                            Marion Douet (Nairobi, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-04-12T16:11:22+02:00"

        Le 12.04.2018 à 16h11






    
Un Boeing 777-300ER de Kenya Airways à l’aéroport international Jomo-Kenyatta de Nairobi, en 2013.
Crédits : Noor Khamis / REUTERS


« Seulement » 6,1 milliards de shillings kényans (près de 49 millions d’euros) de pertes. Le chiffre peut sembler abyssal mais, pour Kenya Airways, les résultats publiés fin mars et portant sur les neuf derniers mois de l’année 2017 témoignent au contraire d’une nette amélioration. Car la compagnie nationale revient de loin.
En 2016, on l’avait plus que jamais crue proche de la faillite. Alors plombée par une dette de plus de 1 milliard d’euros après des achats pléthoriques d’avions et souffrant de la chute du tourisme dans un pays touché par les attaques terroristes, elle avait publié des pertes de 26,2 milliards de shillings kényans pour l’exercice annuel 2015-2016 (clos le 31 mars). Jamais une entreprise kényane n’avait réalisé une aussi piètre performance.
Dette restructurée
Kenya Airways respire donc un peu, après une année 2017 très mouvementée. En juin, un nouveau directeur général, le Polonais Sebastian Mikosz, avait été nommé pour tenter de redresser la barre. Sa recette : réduire radicalement les coûts et augmenter le nombre de passagers. Immédiatement mise en œuvre, elle a, selon lui, déjà contribué à améliorer nettement la rentabilité du groupe.
De plus, l’entreprise a bénéficié en novembre 2017 d’une restructuration de sa dette, ce qui va alléger ses charges. Un processus au cours duquel l’Etat et les banques ont pris le contrôle de cette société cotée, dont ils détiennent désormais respectivement 48,9 % et 38,1 % du capital.
Sur cette base, 2018 s’annonce comme une année cruciale. « Nous devons encore prouver que nous pouvons être rentables, a déclaré Sebastian Mikosz début mars. C’est là le plus grand défi pour nous, dans un environnement où nous faisons face à une intense compétition. »

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Car, empêtré dans ses difficultés, l’ancien leader a perdu du terrain. La compagnie, qui s’est donné pour slogan « The Pride of Africa » (« La fierté de l’Afrique »), n’est plus que la troisième du continent, derrière South African Airways et Ethiopian Airlines. En 2015-2016 – période noire pour Kenya Airways –, cette dernière affichait même des bénéfices records avec 6 milliards de birrs, soit environ 240 millions d’euros.
« De plus, Kenya Airways fait aussi face à la concurrence de compagnies non africaines comme Emirates qui, grâce à son réseau mondial, est en mesure de proposer des prix très bas », ajoute Aly-Khan Satchu, fondateur de la société de conseil Rich Management, notant qu’Emirates et Etihad ont la mainmise sur le transport de marchandises au Kenya. Preuve de l’intérêt des acteurs internationaux, le groupe Air France-KLM vient d’ouvrir une liaison directe Paris-Nairobi et de renforcer son partenariat commercial avec Kenya Airways, dont il est actionnaire à 7,8 %.
Nouvelle ligne Nairobi-New York
Dans ce contexte de forte compétition, et profitant de cette éclaircie, la direction de « KQ » (le code aéroportuaire et surnom de la compagnie) vient d’annoncer une stratégie de développement offensive. Pour maximiser les revenus, elle compte cibler les clients de la classe business et créer une classe économie premium, mais aussi, et surtout, ouvrir de nouvelles lignes.
La première d’entre elles fait déjà grand bruit : un Nairobi-New York, dont le vol inaugural est annoncé pour octobre. Au-delà du prestige de cette destination, la nouvelle liaison doit rapporter pas moins de « 100 millions de dollars [environ 80 millions d’euros] de revenus » annuels. Elle s’adresse à la fois aux touristes américains (dont le nombre devrait augmenter après que le département d’Etat a amélioré ses recommandations aux voyageurs concernant le Kenya), aux hommes d’affaires et aux employés de l’ONU, dont le siège régional est à Nairobi.
Au total, pas moins de vingt nouvelles destinations sont envisagées d’ici à cinq ans, notamment en Europe et dans l’océan Indien (comme l’île Maurice, une porte d’entrée du marché asiatique).

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La compagnie a-t-elle les moyens de ses ambitions ? Selon une source impliquée dans la restructuration de la dette, tous les actionnaires n’étaient pas convaincus par cette politique d’expansion, certains plaidant pour un recentrage sur le marché intérieur et l’Afrique de l’Est, « potentiellement plus rentables ». « Le problème, c’est que les Etats utilisent toujours les compagnies aériennes comme un instrument de puissance », poursuit cette source.
Une tendance qui pourrait s’accentuer maintenant que le gouvernement est le premier actionnaire de Kenya Airways. Mais, sur ce terrain, il trouvera encore son voisin éthiopien. Les autorités d’Addis-Abeba possèdent la totalité du capital d’Ethiopian Airlines et réinvestissent l’ensemble des bénéfices de l’entreprise dans son développement. Elles font par ailleurs construire actuellement un nouveau terminal à l’aéroport de la capitale éthiopienne. De quoi contribuer à conforter l’avance de leur champion dans la course au ciel africain.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Cette décision s’inscrit dans le processus de réflexion débuté il y a quelques années par l’Allemagne sur son passé colonial.
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Compte rendu

Berlin va rebaptiser des rues évoquant la colonisation allemande en Afrique

Cette décision s’inscrit dans le processus de réflexion débuté il y a quelques années par l’Allemagne sur son passé colonial.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-04-12T15:51:56+02:00"

        Le 12.04.2018 à 15h51






    
Photographie prise vers 1900 au cours de la guerre allemande de 1904-1908 contre les Herero et les Nama en Namibie.
Crédits : HANDOUT/AFP


Berlin va rebaptiser plusieurs rues rappelant la colonisation allemande en Afrique et honorer à la place des militants africains de l’indépendance, une étape dans le travail tardif de l’Allemagne sur son passé colonial.
Après plus de dix ans de débats, les partis de gauche de l’arrondissement de Mitte (sociaux-démocrates, Verts et gauche radicale) ont adopté, mercredi soir 11 avril, un texte préconisant de changer les noms de quatre rues du secteur surnommé le « quartier africain », a indiqué à l’AFP une porte-parole de la ville de Berlin, Melita Ersek. « La décision finale devrait intervenir dans un mois », a-t-elle ajouté.

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Le texte préconise notamment de débaptiser les rues portant les noms de plusieurs personnalités liées à l’occupation brutale de la Namibie (1884-1918), où les Allemands ont tué entre 1904 et 1908 plusieurs dizaines de milliers de membres des tribus herero et nama. Un massacre que les historiens considèrent comme le premier génocide du XXe siècle.
Les noms de combattants
« Le “quartier africain” glorifie toujours le colonialisme allemand et ses crimes. Ce n’est pas compatible avec notre conception de la démocratie et porte atteinte de façon durable à la réputation de la ville de Berlin », souligne le texte.
Les rues visées sont la Petersallee, hommage à Carl Peters, le fondateur de l’Afrique allemande de l’Est, l’actuelle Tanzanie ; la place Nachtigal, du nom de Gustav Nachtigal, qui avait notamment annexé en 1884 le Cameroun et le Togo ; et la rue Lüderitz, d’après Adolf Lüderitz, fondateur de l’Afrique allemande du Sud-Ouest.

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A leur place, les plaques porteront les noms de combattants contre l’occupation coloniale allemande : Rudolf Manga Bell, héros de l’indépendance camerounaise ; Anna Mungunda, une Herero résistante aux Allemands ; Cornelius Frederiks, chef des Nama ; ou encore Maji-Maji, nom donné au soulèvement de tribus d’Afrique orientale contre les autorités coloniales allemandes (1905-1907).


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Angela Merkel a réagi aux menaces française et américaine de frappes de représailles contre le régime syrien, accusé d’avoir mené, début avril, une nouvelle attaque chimique à Douma, en banlieue de Damas.
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Berlin « ne participera pas à des actions militaires » contre le régime de Bachar Al-Assad

Angela Merkel a réagi aux menaces française et américaine de frappes de représailles contre le régime syrien, accusé d’avoir mené, début avril, une nouvelle attaque chimique à Douma, en banlieue de Damas.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 15h15
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 18h12
   





                        



   


Elle ne suivra pas la voie de Theresa May. La chancelière allemande, Angela Merkel, a assuré jeudi 12 avril que son pays « ne participera pas à des actions militaires » contre le régime de Bachar Al-Assad. Elle a cependant dit « soutenir tout ce qui est fait pour signifier que l’utilisation d’armes chimiques est inacceptable ».
Mme Merkel réagissait aux menaces de frappes de représailles formulées par la France et les Etats-Unis ces derniers jours après la récente attaque chimique présumée dans la ville rebelle de Douma, dans la Ghouta orientale, retombée jeudi aux mains de l’armée syrienne.
Emmanuel Macron est d’ailleurs resté ferme dans ses accusations, jeudi sur le plateau de TF1, en affirmant avoir « la preuve » que « des armes chimiques ont été utilisées, au moins du chlore, et qu’elles ont été utilisées par le régime de Bachar Al-Assad ». « Nous aurons des décisions à prendre en temps voulu, quand nous le jugerons le plus utile et le plus efficace », a-t-il ajouté.
Les premiers experts de l’Organisation internationale sur les armes chimiques (OIAC) devaient par ailleurs arriver en Syrie dès jeudi. L’OIAC se réunira lundi pour discuter de l’attaque chimique présumée qui a fait au moins quarante morts.

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« Evident » que Damas n’a pas détruit tout son arsenal chimique
« Nous devons maintenant reconnaître qu’il est évident que la destruction [des armes chimiques syriennes] n’a pas été totale », a toutefois insisté la chancelière allemande, alors que cet arsenal aurait dû être détruit en 2016.
L’Allemagne avait joué un rôle central dans cette destruction après une attaque chimique ayant tué des centaines de personnes dans la région de la Ghouta orientale, à l’est de Damas, en août 2013.

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Sans accord de la Chambre des députés, aucune opération de la Bundeswehr (l’armée allemande) à l’étranger ne peut avoir lieu. L’Allemagne a déployé des avions de reconnaissance et de ravitaillement au-dessus de la Syrie et de l’Irak, mais uniquement dans le cadre de la coalition internationale contre les groupes djihadistes.
La Russie, l’un des plus fidèles soutiens du régime syrien, a mis en garde les Occidentaux contre des opérations militaires, menaçant de « graves conséquences ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Chute de la Ghouta orientale, possibilités de bombardements occidentaux… Nos journalistes Allan Kaval et Marc Semo vous répondent.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Des milliers de morts chaque année : telle est la conséquence du durcissement de la politique ­migratoire européenne depuis deux décennies. Avant l’examen à l’Assemblée du projet de loi sur l’immigration, enquête auprès des chercheurs qui dénoncent le silence autour de cette hécatombe
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Pourquoi migrer tue

Des milliers de morts chaque année : telle est la conséquence du durcissement de la politique ­migratoire européenne depuis deux décennies. Avant l’examen à l’Assemblée du projet de loi sur l’immigration, enquête auprès des chercheurs qui dénoncent le silence autour de cette hécatombe



Le Monde
 |    12.04.2018 à 14h48
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            
En ce jour de juin 2017, des centaines de fragiles embarcations de papier flottent sur les eaux du canal de l’Ourcq, à Paris. Organisé par des associations et des artistes, ce « grand lâcher » de bateaux en origami rend hommage aux milliers de migrants disparus ces dernières années en Méditerranée. A 3 000 kilomètres de là, au large des côtes turques, un cimetière flottant évoque le souvenir des Syriens morts en mer en tentant de rejoindre l’Europe. Sur les pierres tombales amarrées près du rivage figurent les noms de 200 migrants engloutis par les flots – l’une d’elles est consacrée à Alan Kurdi, ce petit garçon de 3 ans dont le corps a été retrouvé sur une plage turque un matin de 2015.
« Une indifférence mêlée de résignation »
En offrant une sépulture symbolique aux milliers de réfugiés morts aux portes de l’Europe, les associations tentent de les extraire du silence et de l’oubli. « Structurelles, les morts aux frontières passent souvent inaperçues, souligne Antoine Pécoud, professeur de sociologie à l’université Paris-XIII, dans un travail réalisé en 2017 pour la Fondation pour les sciences sociales. Les migrants meurent en général dans des endroits peu accessibles ou dans des lieux périphériques, voire fermés. Beaucoup d’entre eux voyagent clandestinement et meurent tout aussi clandestinement. Même lorsque ces décès font l’objet d’une publicité médiatique, ils suscitent souvent une indifférence mêlée de résignation. »
Les migrants morts aux portes de l’Europe sont pourtant très nombreux. Si les estimations varient, les ordres de grandeur donnent le vertige. United for Intercultural Action, un réseau de plus de 500 associations européennes, a répertorié 17 000 décès entre 1993 et 2012. L’association Fortress Europ a comptabilisé plus de 27 000 morts de 1988 à 2016. Le consortium de journalistes The Migrants' Files évoque le chiffre de 35 000 victimes entre 2000 et 2016. Selon Olivier Clochard, codirecteur du laboratoire Migrinter...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Les habitants de l’île ont fait pression pour que les victimes du terrible naufrage de 2013 soient documentées, à défaut d’être identifiées.
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Lampedusa hantée par les morts anonymes

Les habitants de l’île ont fait pression pour que les victimes du terrible naufrage de 2013 soient documentées, à défaut d’être identifiées.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 14h47
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            
Si la mort des migrants passe souvent inaperçue dans le débat public, elle imprègne longtemps la mémoire de ceux qui y ont été confrontés. « Aux îles Canaries, où j’ai travaillé, les gardiens du cimetière qui avaient enterré les morts de la migration des années 1990 se souvenaient très bien de ces drames, explique l’anthropologue ­Carolina ­Kobelinsky. Les habitants de Lampedusa ont, eux aussi, gardé une mémoire très concrète du naufrage de 2013, qui a fait plus de 300 morts : comme le montre le sociologue Guido Nicolosi dans Lampedusa. Les Damnés de la mer [L’Aube, 2017], ils racontent le souvenir des allées et venues et des odeurs, le fait que le poissonnier ait prêté son camion frigorifique pour le transport des cadavres, la mobilisation des fossoyeurs et des médecins de la ville. »
Ces morts anonymes hantent la mémoire des habitants à la manière de fantômes. Après le naufrage de Lampedusa, en octobre 2013, les 366 cercueils ne portaient que quelques brèves indications : « Mort numéro 31, sexe masculin, noir, probablement 30 ans » ; « Mort numéro 54, sexe féminin, noire, probablement 20 ans » ; « Mort numéro 11, sexe masculin, noir, probablement 3 ans ».
Impératif éthique
« C’est à cet anonymat que ne se résignent pas les acteurs de terrain, observe Evelyne Ritaine, chercheuse à Sciences Po Bordeaux, dans un article publié en juin 2017 par la revue Rhizome. Ce sont eux qui font pression pour que les corps soient documentés et que les gouvernements mettent au point des procédures médico-légales d’identification à la disposition des familles. »
Pour ne pas oublier ces morts sans nom et sans histoire, certains observateurs deviennent des « veilleurs de mémoire », selon le mot d’Evelyne ­Ritaine. « Pour eux, il y a un impératif éthique : que ces morts ne soient pas oubliés dans le tragique de l’événement du naufrage, mais aussi dans l’humanité de leur existence, souligne-t-elle....




                        

                        


<article-nb="2018/04/12/19-13">
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le nombre d’étudiants étrangers en France a progressé de 4,6 % l’an dernier, selon Campus France. Une tendance qui pourrait se confirmer
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La France reste attractive pour les étudiants du monde entier

Le nombre d’étudiants étrangers en France a progressé de 4,6 % l’an dernier, selon Campus France. Une tendance qui pourrait se confirmer



Le Monde
 |    12.04.2018 à 14h25
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 18h11
    |

            Adrien de Tricornot








                        



   


Premier pays d’accueil non anglophone pour les étudiants étrangers et quatrième destination mondiale selon l’Unesco, la France a enregistré des résultats encourageants pour l’année universitaire 2016-2017. Selon les derniers chiffres de Campus France, l’Agence française pour la promotion de l’enseignement supérieur, l’accueil et la mobilité internationale, publiés jeudi 12 avril, le nombre d’étudiants étrangers a progressé de 4,6 %, la plus forte hausse annuelle depuis cinq ans, pour atteindre 323 933 personnes.
Ce rebond est bienvenu car la mobilité diplômante continue à progresser rapidement dans le monde (+ 6,2 % l’an dernier selon Campus France), et la France a perdu du terrain continuellement depuis dix ans. Pourtant, les étudiants français sont de plus en plus nombreux à partir à l’étranger (plus de 80 000 pour l’année universitaire 2015-2016, soit une hausse de 41 % en cinq ans), et forment par exemple le premier contingent des départs par le programme européen Erasmus.
Selon les chiffres de Campus France, la majorité des étudiants étrangers sont des étudiantes (52,4 % en 2016-2017). Elles sont inscrites davantage que leurs consœurs françaises dans des filières de sciences fondamentales (un tiers y étudient, contre un quart des Françaises).
Le Maroc reste en tête des pays d’origine de ceux qui choisissent de venir étudier en France, devant la Chine, la Tunisie, l’Algérie et l’Italie. Même si 71 % des étudiants étrangers ont opté pour l’université en 2016-2017 (soit 231 120 personnes, en hausse de 5,1 % en cinq ans), les plus fortes progressions sont affichées par les grandes écoles, notamment celles de commerce qui ont recruté plus de 5 000 élèves supplémentaires, soit une hausse de 23,7 %.

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Talonnée par l’Allemagne, la France est encore la quatrième destination mondiale pour les étudiants en mobilité internationale (derrière les Etats-Unis, le Royaume Uni et l’Australie), sur l’année universitaire 2015-2016, selon des chiffres de l’Unesco, qui ne prend en compte que la mobilité « diplômante » (hors Erasmus par exemple). Elle comptabilisait 239 000 étudiants étrangers en France en 2015-2016 (contre 228 800 outre-Rhin, et 226 400 en Russie).

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La part de la France dans la mobilité étudiante mondiale n’a cessé de baisser (de 9,3 % à 6,7 % entre 2005 et 2015). Pour Béatrice Khaiat, directrice générale de Campus France, l’inflexion montrée par les derniers chiffres pourrait se confirmer :
« La France a mis énormément de temps à sortir de la circulaire Guéant. En restreignant la délivrance d’autorisations provisoire de séjour (APS), qui permettaient à un diplômé de travailler, cette circulaire a eu un impact bien au-delà des personnes concernées, en envoyant un signal négatif sur l’accueil en France. La tendance s’est maintenant inversée. Et les signaux envoyés par Emmanuel Macron depuis un an vont amplifier le mouvement. La France a la capacité de retrouver “sa” place de troisième destination mondiale pour la mobilité internationale diplômante. »
Elle souligne ainsi l’effet des différentes mesures annoncés ces derniers mois :
« Qu’il s’agisse des campagnes “Choose France” ou “Make our planet great again”, de la proposition faite à la Sorbonne de créer des parcours universitaires européens, des mesures pour la langue française ou de l’objectif de multiplier par deux le nombre d’étudiants venus des pays émergents en France, ou encore l’augmentation du nombre des visas de circulation pour les étudiants africains diplômés en France annoncée à Ouagadougou, je ressens que les messages positifs répétés depuis un an ont de l’écho ».
A l’université, les étudiants étrangers étudient globalement dans les mêmes filières que leurs collègues français même s’ils sont un peu plus nombreux en sciences économiques et surtout moins présents en santé (8 % au lieu de 14 %).
L’enjeu de la médecine
Dans cette filière, de nettes améliorations sont possibles, selon Mme Kaiat : « A l’université, l’attractivité de la médecine pour les étudiants étrangers est en baisse alors que nous avons un système de santé de qualité et que la formation des “french doctors” était encore récemment renommée. Il existe une énorme demande et nous l’avons perdue depuis 2010 en raison de changements réglementaires qui restreignent la pratique médicale dans le cadre de diplômes universitaires. Par ailleurs, le nombre de diplômes de formations médicales spécialisée proposées aux médecins étrangers a fortement diminué. »
Autre point d’attention : la baisse du nombre de doctorants (– 7,5 % en cinq ans) que Campus France attribue notamment à l’effet de la réduction de la durée moyenne des thèses mais qui accompagne aussi le recul global des inscriptions en doctorat à l’université. La France compte encore 23 949 doctorants étrangers, soit 41 % des jeunes chercheurs et la quatrième position mondiale en termes d’ouverture (devants les Etats-Unis : 32 % et l’Allemagne : 23,1 %).

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Parmi les relais de croissance de la destination France figurent, par ailleurs, la mise en avant – plus affirmée récemment – des formations professionnalisantes comme les lycées agricoles, adaptées à la demande des pays émergents.
Une « politique d’influence »
Le nombre de jeunes en « mobilité étudiante » (4,6 millions de personnes dans le monde) a progressé de 60 % en dix ans, et pourrait atteindre 9 millions en 2025 selon l’Unesco. Mais à peine 2,2 % de la population étudiante dans le monde étudient à l’étranger. Une population très convoitée. « Les pays qui progressent le plus fortement sont des “nouveaux entrants” de l’enseignement supérieur international, et qui s’engagent dans une politique d’influence, souligne Mme Khaiat. Ainsi, les plus fortes progressions dans l’accueil des étudiants étrangers concernent la Russie, dont l’écart avec l’Allemagne est désormais très faible, les Emirats arabes unis, l’Arabie saoudite, la Turquie, la Chine, ou, plus loin dans le classement, l’Iran ou le Ghana. »

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Avec sa stratégie dite du « rêve chinois », mise en œuvre par le président, Xi Jinping, l’empire du Milieu entend même devenir la deuxième destination d’accueil derrière les Etats-Unis d’ici à 2025. La compétition n’est pas terminée.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Une exposition itinérante rend hommage aux dizaines de milliers de personnes mortes à cause de cachets antidouleur aux Etats-Unis.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Les économistes Luc Behaghel et Esther Duflo prônent, dans une tribune au « Monde », une « modernisation » de l’aide publique française aux pays en développement, qui soit enfin basée sur des méthodes d’évaluation scientifiques.
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« L’aide publique au développement des anciens pays riches est en passe de devenir marginale »

Les économistes Luc Behaghel et Esther Duflo prônent, dans une tribune au « Monde », une « modernisation » de l’aide publique française aux pays en développement, qui soit enfin basée sur des méthodes d’évaluation scientifiques.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 14h14
    |

Luc Behaghel (Chercheur à l’Ecole d’économie de Paris et à l’Abdul Latif Jameel Poverty Action Lab (J-PAL) et Esther Duflo (Chercheuse à l’Ecole d’...







                        



                                


                            
Tribune. Emmanuel Macron a confié au député Hervé Berville (LRM) une mission de réflexion sur la modernisation de la politique d’aide publique au développement (APD). Economistes du développement, nous pensons que c’est une opportunité à saisir pour que le rapport de cette mission ne trouve pas sa place, comme les précédents, sur le plus haut rayon de la bibliothèque. Les deux mots phares de la réflexion semblent être « modernisation » et « redevabilité » (accountability, en anglais). Qu’entend-on par là ?
Les ressources apportées sont de plus en plus modestes face aux ressources domestiques, publiques et privées, dont ces pays disposent
La nécessité de moderniser l’aide au développement est reconnue au-delà de nos frontières : jusqu’en 2018, la coauteure de cette tribune appartenait à une commission chargée par le président Barack Obama de plancher sur cette question. Nos propositions s’inspirent d’une partie des recommandations de cette commission, qui n’ont pas eu le temps d’être mises en œuvre aux Etats-Unis mais qui restent pertinentes.
Le constat de départ est clair : l’APD des anciens pays riches est en passe de devenir marginale. Même si l’objectif de consacrer 0,55 % puis 0,7 % du PIB français à l’APD était atteint, les ressources apportées sont de plus en plus modestes face aux ressources domestiques, publiques et privées, dont ces pays disposent, et aux sommes de plus en plus importantes qui leur sont consacrées par des pays émergents (Brésil, Inde, Chine).
« Capital patient  » de l’innovation
Si nous continuons à faire ce que nous faisons, nos efforts deviendront un détail sans conséquences. Pourquoi s’encombrer d’une aide au développement, dans ces conditions ? Pas pour se substituer aux ressources domestiques afin de payer des dépenses de fonctionnement ou des investissements « évidents ». Ni pour donner des leçons et des prescriptions depuis l’extérieur. D’où la nécessité d’une modernisation en profondeur.
Moderniser...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le gouvernement britannique a désigné la substance comme un agent innervant de type militaire de la famille Novitchok, de conception soviétique, et rendu ainsi Moscou responsable de l’attaque.
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Skripal : les découvertes britanniques sur l’identité du poison utilisé en Angleterre confirmées

Le gouvernement britannique a désigné la substance comme un agent innervant de type militaire de la famille Novitchok, de conception soviétique, et rendu ainsi Moscou responsable de l’attaque.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 13h43
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 17h18
   





                        


L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a confirmé jeudi 12 avril les découvertes du gouvernement britannique sur l’identité du poison utilisé contre un ex-espion russe et sa fille en Angleterre, poussant Londres à réitérer ses accusations contre la Russie.
« Les résultats de l’analyse menée par les laboratoires désignés par l’OIAC (…) confirment les découvertes du Royaume-Uni quant à l’identité de l’agent chimique toxique utilisé à Salisbury qui a blessé grièvement trois personnes », a annoncé l’organisation dans un communiqué consulté par l’Agence France-Presse (AFP). La substance chimique est d’une « grande pureté », a-t-elle précisé sans toutefois établir de responsabilités.
Moscou dément toute implication
Le gouvernement britannique a désigné la substance comme un agent innervant de type militaire de la famille Novitchok, de conception soviétique, et rendu ainsi Moscou responsable de l’attaque contre l’ex-agent double russe Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, le 4 mars à Salisbury (sud-ouest).
Pour permettre à l’OIAC de procéder à ses propres analyses, la justice britannique avait autorisé en mars des prélèvements de sang sur les Skripal, ainsi que sur un policier britannique qui avait été intoxiqué en leur portant secours.
Moscou dément catégoriquement toute implication, dénonçant une « provocation » occidentale et une « campagne antirusse ». L’affaire a provoqué une grave crise diplomatique entre Moscou et les Occidentaux, qui s’est traduite par la plus importante vague d’expulsions croisées de diplomates de l’histoire.
Londres réitère ses accusations
S’appuyant sur ces conclusions, Londres a réitéré jeudi ses accusations contre Moscou.
« Il ne peut y avoir aucun doute sur ce qui a été utilisé et il n’y a pas d’explication alternative sur le responsable – seule la Russie a les moyens, le mobile et l’expérience en la matière », a déclaré le ministre des affaires étrangères britannique, Boris Johnson, dans un communiqué.
« Nous n’avons jamais douté de l’analyse menée par nos scientifiques de Porton Down », le laboratoire militaire britannique qui avait mis un nom sur le poison, a-t-il ajouté. « Le Kremlin doit apporter des réponses. »
Le chef de la diplomatie a convoqué une réunion de l’OIAC le 18 avril pour « étudier la suite ».
« Nous travaillerons sans relâche avec nos partenaires pour arrêter l’utilisation inadmissible d’armes de ce type et nous avons convoqué une session du conseil exécutif de l’OIAC pour mercredi prochain », a-t-il souligné.
La Russie exclue de l’enquête
L’OIAC a précisé que le nom et la structure de la substance chimique identifiée étaient contenus dans « le rapport classifié complet » disponible pour les Etats membres. Au début d’avril, la Russie n’était pas parvenue à convaincre l’organisation de l’inclure dans l’enquête sur l’empoisonnement des Skripal et avait porté le dossier devant le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies.
En septembre 2017, le président Vladimir Poutine avait déclaré que la Russie avait détruit ses dernières réserves d’armes chimiques héritées de l’époque de la guerre froide, conformément aux termes de la convention de 1997 sur l’interdiction des armes chimiques.
Ioulia Skripal a pu sortir de l’hôpital lundi, un mois et demi après son admission en soins intensifs dans un état critique. Le policier blessé avait, lui, déjà quitté l’hôpital.

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          Youlia Skripal, la fille de l’ex-agent double russe, est sortie de l’hôpital



L’état de son père est en constante amélioration mais il reste hospitalisé, selon les médecins qui le suivent. Ioulia était venue de Russie lui rendre visite à Salisbury, où l’ex-espion vit après avoir fait l’objet d’un échange de prisonniers avec Moscou en 2010 alors qu’il purgeait une peine de treize ans de prison pour avoir collaboré avec les services britanniques.
Cet article a été modifié à la suite d’une précision de l’AFP : l’OIAC ne confirme pas « l’origine russe du poison » mais bien « les résultats obtenus par le Royaume-Uni ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ A Berd’huis, village de l’Orne, le chef de l’Etat a répondu aux questions de Jean-Pierre Pernaut, présentateur du journal télévisé de 13 heures.
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Syrie, SNCF, hôpitaux, CSG…, ce qu’il faut retenir de l’interview d’Emmanuel Macron sur TF1

A Berd’huis, village de l’Orne, le chef de l’Etat a répondu aux questions de Jean-Pierre Pernaut, présentateur du journal télévisé de 13 heures.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 13h38
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 17h30
   





                        



   


C’est peu dire que sa prise de parole était attendue. Emmanuel Macron s’est exprimé, jeudi 12 avril, au cours du journal télévisé de 13 heures de TF1, délocalisé pour l’occasion dans le village normand de Berd’huis (Orne). Syrie, réforme de la SNCF, hôpitaux en crise, CSG, lutte contre le terrorisme…, le président de la République a fait le point sur différents dossiers.
SyrieSNCFL’hôpitalCSGTaxe d’habitationCulte musulmanEcole et ruralitéLimitation de la vitesse à 80 km/hNotre-Dame-des-Landes

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          Emmanuel Macron sur TF1 pour convaincre retraités, ruraux et classes populaires



Syrie, « la preuve » des armes chimiques
Le président de la République a assuré que « nous avons la preuve que la semaine dernière des armes chimiques ont été utilisées par le régime de Bachar Al-Assad » sur la ville de la Douma, dans la banlieue de Damas, qui est retombée entièrement aux mains de l’armée syrienne jeudi 12 avril.
Pour autant, M. Macron a fait savoir que la France n’avait pas encore décidé d’une éventuelle réaction à cette attaque. « Nous aurons des décisions à prendre en temps voulu », a-t-il dit, ajoutant qu’il faut « tout faire pour qu’il y ait des cessez-le-feu ». Le chef de l’Etat a également dit avoir appelé « à plusieurs reprises » le président russe, Vladimir Poutine, allié de Bachar Al-Assad. « En aucun cas la France ne laissera une escalade se faire, ou quoi que soit qui puisse endommager la stabilité de la région », a-t-il encore dit.
SNCF : « Nous devons faire cette réforme »
Interrogé sur la grève à la SNCF, M. Macron s’est exprimé pour la première fois sur la réforme menée par le gouvernement, estimant qu’il faut « aller jusqu’au bout ». Ne pas le faire « serait une hypocrisie politique », a-t-il dit, arguant que l’ouverture à la concurrence est une exigence européenne.
« Je n’ai pas de mépris, ce ne sont pas des privilégiés », a déclaré M. Macron à propos des cheminots. « N’ayez pas de craintes illégitimes », a lancé le président à l’intention des syndicats : « La SNCF restera publique, les cheminots resteront cheminots. » La SNCF « sera une entreprise publique à capitaux publics », « ce sera dans la loi : 100 % de capitaux d’Etat », a-t-il dit.
« Tous les cheminots qui sont aujourd’hui en emploi, ils resteront dans le statut, c’est un contrat. On ne leur demande pas d’effort mais juste d’accepter que les nouveaux, on ne les prenne pas au statut. »

        Lire la discussion avec  secrétaire général de la CFDT :
         

          « Macron doit accepter un véritable débat démocratique »



M. Macron a rappelé que l’Etat prendrait sa part « des efforts », disant notamment que la dette de la SNCF « sera pour partie progressivement reprise ». Le président reconnaît ainsi que le passage en société anonyme (SA) de la SNCF, voté à l’Assemblée nationale mardi, implique une reprise de la dette. Le chiffre qui circule le plus est 35 milliards d’euros au minimum, pour que les ratios de l’entreprise soient compatibles avec un statut juridique de société par actions. L’Etat va aussi investir « 10 millions d’euros par jour pendant dix ans, pour entretenir les lignes », a-t-il dit.

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Pour l’hôpital, des mesures « cet été »
« Je veux vraiment rendre hommage à tous les personnels soignants, les médecins, les infirmières, les aides-soignantes, celles qui travaillent dans les Ehpad [établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes]. Ils vivent tous la mort au quotidien, nous leur devons quelque chose dans la société », a répondu M. Macron, interrogé sur sa capacité à entendre la détresse du personnel de la santé.

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Le chef de l’Etat n’a pas donné beaucoup d’éléments nouveaux à ce sujet, promettant toutefois qu’il ferait « à l’été » des annonces pour mettre « plus de moyens dans l’hôpital ». Pour M. Macron, il ne faut « pas mettre de l’argent sur un système qui n’est plus adapté ».
Le président a rappelé que le gouvernement allait « essayer de mieux organiser les choses », avec notamment la mise en place « de maisons de santé, pour que tout le monde n’aille pas aux urgences, parce que cela coûte plus cher à tout le monde ».
Pendant sa campagne présidentielle, le candidat Macron avait promis de limiter à 50 % la part de financement des hôpitaux à la tarification à l’activité (T2A). La réflexion engagée au ministère de la santé devrait aboutir à la fin de 2019.
Concernant le seul sujet des Ehpad, Emmanuel Macron a reconnu qu’il fallait « une transformation profonde » du système d’accueil des personnes âgées. « On sera au rendez-vous », a-t-il promis.

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La hausse de la CSG, un « besoin »
Après un reportage montrant des retraités qui déplorent la baisse de leur pouvoir d’achat, M. Macron a reconnu avoir « demandé un effort aux 60 % de personnes retraitées qui paient la CSG au taux normal ». « Cet effort, je l’ai annoncé en campagne », a rappelé le président de la République, qui va bientôt célébrer sa première année d’élection.
« Je veux expliquer à tous nos retraités : il n’y a pas de souverain mépris, j’ai besoin de vous, je fais appel à vous », a dit M. Macron, qui leur a rappelé que « vous passez dix ou quinze ans de plus à la retraite que vos parents en moyenne ».
Le chef de l’Etat a demandé aux retraités en colère de la « patience ». « Le 1er novembre, vous aurez un tiers de taxe d’habitation en moins. Et elle sera supprimée entièrement dans les trois ans. L’un dans l’autre, sur le pouvoir d’achat, vous allez vous y retrouver. » « Si on ne fait pas cet effort, dans cinq ou dix ans on n’arrivera plus à financer notre système de retraite », a dit le président.
Suppression de la taxe d’habitation : « Je n’ai aucun regret »
S’agissant de la suppression de la taxe d’habitation pour l’intégralité des foyers français, prévue pour après 2020, Emmanuel Macron n’a « aucun regret ». Il a martelé que « les économies de l’Etat serviront à compenser la [perte de la] taxe d’habitation pour les communes, à l’euro près ».
Confronté à la question de la redistribution des fruits de la croissance et de l’usage de la « cagnotte fiscale » — nom donné par l’opposition et par une partie de la majorité au surplus de recettes fiscales enregistré l’an dernier compte tenu du dynamisme économique —, le président s’est montré ferme.
Il a fermé la porte au rétablissement de la demi-part des veuves, pourtant réclamé sous condition de ressources par le député LRM Sacha Houlié, soutenu par une partie de la majorité. La suppression de ce dispositif a été décidée sous Nicolas Sarkozy et mise en œuvre progressivement sous François Hollande.

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Culte musulman : « le financement étranger » doit être « organisé sous le contrôle de l’Etat et transparent »
M. Macron a donné quelques indications sur les propositions qu’il prépare quant à l’organisation et au financement du culte musulman et qu’il présentera « dans les prochains mois ». Il a dit vouloir qu’à l’avenir, « le financement étranger [du culte musulman] soit organisé sous le contrôle de l’Etat et transparent. Je ne veux plus de mosquées qui s’ouvrent avec des financements cachés. Je ne veux plus de gens qui utilisent l’argent du pèlerinage [à La Mecque] pour financer n’importe quoi ». Il a dit avoir parlé de ce sujet deux jours plus tôt avec le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman. « Nous allons prendre des décisions conjointes », a-t-il dit.

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Ces indications demeurent encore imprécises, mais elles confirment l’intention prêtée au chef de l’Etat d’avoir en la matière une posture interventionniste. Elles laissent en suspens plusieurs questions de fond. Comment, par exemple, faire en sorte que l’Etat contrôle les financements cultuels étrangers ou les ressources issues du pèlerinage sans enfreindre la séparation entre l’Etat et les cultes voulue par la loi de 1905 ?
Interrogé sur le salafisme, M. Macron a répondu que « c’[était] un problème dans notre pays ». « Ce fondamentalisme-là, cet islam radical, comme disent certains, cet islamisme, ce n’est pas l’islam, mais c’est un problème. »
Le président a également évoqué les écoles privées hors contrat : « Nous allons mieux contrôler le hors-contrat ; on renforce le contrôle, on est intraitable. » Il fait ainsi référence à l’adoption récente de la proposition de loi portée par la sénatrice centriste Françoise Gatel « visant à simplifier et à mieux encadrer le régime d’ouverture des établissements privés hors contrat ». Mais il ne rappelle pas que parmi les treize cents établissements hors contrat recensés sur le territoire, trois cents s’affichent comme confessionnels, dont une quarantaine seulement comme musulmans. L’ancienne ministre de l’éducation Najat Vallaud-Belkacem (PS) avait tenté en son temps de mieux les encadrer, se heurtant aux lobbys de droite.
Ecole et ruralité : un « sujet de démographie »
« Il n’y a pas de fatalité mais il y a une organisation à trouver sur tous les territoires », a répondu M. Macron aux critiques qui le voient comme le « président des villes », au détriment des régions rurales.
« Il faut regarder les choses en face : on a un sujet de démographie », a reconnu M. Macron :
« A la rentrée prochaine, on aura 32 000 élèves en moins en CP et pourtant on va ouvrir près de 5 000 classes, dont 1 000 classes dans le rural. Alors que dans le rural, on va perdre 20 000 élèves de CP l’an prochain. »
Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, a fait état « de 200 à 300 classes » qui doivent fermer en septembre. A la mi-mars, le « solde officiel » évoqué Rue de Grenelle, dans les 47 départements les plus ruraux, se décomposait en 783 ouvertures de classe pour 990 fermetures.
Ces deux calculs se fondent sur l’estimation avancée de 20 000 élèves en moins à la rentrée dans les territoires ruraux. Cela n’empêche pas enseignants et parents d’avoir le sentiment que les zones rurales « paient le prix » des dédoublements des classes de CP (et, à la rentrée, en CE1), dans les réseaux d’éducation prioritaire — la mesure phare du candidat Macron.
Limitation de la vitesse à 80 km/h : « Si ce n’est pas efficace, on ne le garde pas »
« Notre sang s’est échauffé sur cette affaire », a répondu M. Macron aux critiques d’automobilistes. « Les Françaises et les Français, ça les ennuie toujours qu’on régule la route », a dit le président.
« Il y a des petites expérimentations qui ont été faites, et à chaque fois elles ont montré que c’était efficace », a affirmé M. Macron, promettant « une expérimentation à taille réelle au 1er juillet pour deux ans ». 
« Je prends ici deux engagements : durant ces deux ans, l’argent qui sera perçu, on le mettra pour les hôpitaux qui soignent les blessés de la route. On rendra transparents tous les résultats. Si ce n’est pas efficace, on ne le gardera pas. »
Développer l’intéressement dans les PME
Aujourd’hui, les entreprises qui ont négocié un accord d’intéressement avec leurs salariés doivent s’acquitter d’un forfait social. Il s’agit d’une cotisation à la charge de l’employeur dont le taux varie entre 20 % et 8 % selon la taille de l’entreprise. Le président de la République a annoncé sa suppression pure et simple pour les sociétés de moins de 250 personnes afin de mieux associer les salariés aux résultats.
« On a permis qu’il y ait plus de flexibilité [dans les entreprises], on doit permettre aussi quand ça va mieux que tout le monde puisse en profiter. »
Aujourd’hui, selon le ministère de l’économie, seules 16 % des entreprises de moins de 50 salariés ont un accord d’intéressement, et 22 % des entreprises entre 50 et 250 salariés.
Notre-Dame-des-Landes : « L’ordre républicain sera rétabli »
« L’ordre républicain sera rétabli », a répété le chef de l’Etat, fustigeant les gens qui « créent du trouble ». « Ils occupent illégalement des territoires publics. Ils n’ont plus de raison de le faire car il n’y aura pas d’aéroport », a-t-il dit lapidairement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ D’origine oromo, Abiy Ahmed a été bien accueilli à Ambo, un des foyers des manifestations anti-gouvernementales qui agitent le pays depuis 2015.
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Compte rendu

En région Oromia, le nouveau premier ministre éthiopien appelle à la patience

D’origine oromo, Abiy Ahmed a été bien accueilli à Ambo, un des foyers des manifestations anti-gouvernementales qui agitent le pays depuis 2015.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-04-12T13:06:02+02:00"

        Le 12.04.2018 à 13h06






    
Le nouveau premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, en visite à Ambo, en région Oromia, le 11 avril 2018.
Crédits : TIKSA NEGERI / REUTERS


Tout un symbole. C’est depuis Ambo (ouest), l’un des foyers des manifestations anti-gouvernementales ayant mené à la chute de son prédécesseur, que le nouveau premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a demandé au peuple, mercredi 11 avril, de lui laisser le temps de mettre en place les réformes promises.
Investi le 2 avril, M. Abiy est le premier chef du gouvernement de l’Ethiopie contemporaine issu de la communauté oromo, la plus importante du pays. Or c’est en région Oromia (ouest et sud), dans laquelle est située Ambo, que les manifestations anti-gouvernementales avaient débuté fin 2015 avant de s’étendre à d’autres zones, dont la région Amhara (nord).

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La répression de ces rassemblements, les plus importants depuis la prise de pouvoir du Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF), en 1991, avait fait au moins 940 morts et mené à des dizaines de milliers d’arrestations.
« Main dans la main »
Comme il le fait depuis sa prise de fonctions, M. Abiy a joué l’apaisement mercredi devant des milliers de personnes réunies dans un stade de la ville universitaire d’Ambo. Il a notamment salué les qeerroo, terme utilisé pour désigner les jeunes Oromo qui ont mené des manifestations parfois violentes ainsi que des grèves, voyant en eux « le bouclier du peuple oromo ».
« Nous sommes désormais sur la voie du changement et de l’amour, a déclaré le premier ministre, âgé de 42 ans. Nous avons besoin de votre contribution, nous voulons travailler avec vous, main dans la main […], et nous voulons concrétiser nos promesses. Je vous demande de nous donner du temps pour nous préparer suffisamment, et j’ai confiance dans le fait que les qeerroo vont nous donner assez de temps pour organiser notre action. »

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C’est par des dizaines de cavaliers en habit traditionnel et une foule pleine d’espoir que le chef du gouvernement a été reçu mercredi. Il y a un an à peine, les étudiants ne souhaitaient parler aux journalistes que plusieurs kilomètres à l’extérieur de la cité, craignant d’être repérés par les autorités. « C’est la première fois que la personne la plus puissante d’Ethiopie visite Ambo », s’est réjoui Almaz Bulcha, un habitant de la ville, dont l’enthousiasme reflétait les espoirs placés en M. Abiy par la communauté oromo. « Les autres leaders n’aimaient pas venir parce qu’ils avaient peur. »
Etat d’urgence
Les manifestations débutées fin 2015 exprimaient une frustration des Oromo et des Amhara, qui représentent 60 % de la population et s’estimaient marginalisés dans les instances du pouvoir. Elles étaient également porteuses de revendications d’une jeunesse avide de libertés individuelles. L’état d’urgence instauré entre octobre 2016 et août 2017 avait ramené un calme relatif, au prix de milliers d’arrestations, mais n’avait pas apaisé l’ardeur des manifestants.

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Dans le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique, beaucoup espèrent prudemment que le nouveau premier ministre sera le garant d’une plus grande ouverture, alors que la coalition au pouvoir, l’EPRDF, est accusée de dérives autoritaires par les organisations de défense des droits humains.
Depuis son investiture, onze opposants et blogueurs ont été libérés et l’accès à Internet, qui avait été coupé en dehors de la capitale pour entraver la communication entre manifestants, a été rétabli. Le 7 avril, Abiy Ahmed s’est rendu dans le sud du pays pour tenter de réconcilier les communautés somalies et oromo dont les affrontements en 2017 avaient fait plusieurs centaines de morts.

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Mais les observateurs soulignent aussi que l’état d’urgence décrété après la démission surprise de son prédécesseur, Hailemariam Desalegn, le 15 février, est toujours en vigueur. Et dans la foule à Ambo, nombreux étaient ceux qui guettaient les prochaines décisions du premier ministre. « Cela ne suffit pas d’être dirigeant, avertissait ainsi Dejenu Taye, un étudiant. Maintenant, je me réjouis à l’idée qu’il tienne ses promesses. »


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Compte rendu

L’ONU menace les opposants à la paix au Mali de sanctions

En janvier, l’ONU avait accordé jusqu’à fin mars aux parties maliennes pour montrer des avancées dans l’application de l’accord de paix signé en 2015.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 12.04.2018 à 12h13






    
Un convoi de la Minusma, dans la région de Gao, au Mali, en février 2017.
Crédits : Handout/Reuters


L’ONU va prochainement entreprendre d’identifier les Maliens qui font obstruction à la paix dans leur pays en vue de leur imposer des sanctions, ont affirmé mercredi 11 avril la France et les Etats-Unis, alors que la Russie a mis en garde contre toute précipitation. « Les retards conséquents » dans l’application de l’accord de paix de 2015 « nous conduisent à devoir aller plus loin », a estimé l’ambassadeur français à l’ONU, François Delattre, lors d’une réunion du Conseil de sécurité sur le Mali.
« Aucun progrès substantiel n’a été réalisé dans l’application de l’accord et nous souhaitons travailler avec nos partenaires pour identifier les responsables et prendre les mesures qui s’imposent », a abondé Amy Tachco, diplomate américaine. L’ambassadrice britannique Karen Pierce a apporté son « soutien » à l’identification de « ceux qui font obstruction, retardent ou menacent l’application de l’accord de paix, afin de leur imposer des sanctions ».
« Une mesure de dernier recours »
« La France engagera avec ses partenaires dès les prochaines semaines (…) un travail visant à identifier ceux qui font obstruction à la mise en œuvre de l’accord de paix », a précisé M. Delattre. L’objectif, selon lui, est de viser « dans un premier temps une série de responsables qui nuisent à l’application de l’accord sur le terrain, notamment par leur collusion avec des groupes terroristes ou des activités de trafic ».

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Lors d’une rencontre ultérieure avec des médias, l’émissaire de l’ONU au Mali Mahamat Saleh Annadif a précisé que des sanctions étaient « un levier extrêmement important » pour pousser le Mali à la paix. A l’origine, c’est le Mali qui a demandé à l’ONU de prévoir un régime général de sanctions, a-t-il rappelé. Selon lui, si des sanctions étaient imposées, elles pourraient viser des individus figurant dans les trois parties signataires de l’accord de paix : le gouvernement malien, la Plateforme des mouvements d’autodéfense et la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA).
« L’utilisation directe de sanctions doit être une mesure de dernier recours », a estimé lors de la réunion de l’ONU l’ambassadeur russe adjoint, Dimitri Polyanski, mettant en garde contre toute « hâte ». « Il est de l’intérêt des parties maliennes d’appliquer l’accord de paix » et « le maintien de la sécurité est prioritaire », a-t-il dit.

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Présent au Conseil de sécurité, le ministre malien des affaires étrangères Tieman Hubert Coulibaly a défendu l’action de son gouvernement, assurant que « les petits pas » accomplis pour « rétablir la confiance entre les acteurs » étaient « des pas sûrs ». Il est « temps de passer des promesses aux actes en respectant les échéances convenues », a souligné devant le Conseil de sécurité Mahamat Saleh Annadif.
102 casques bleus tués depuis juillet 2013
L’opération de paix au Mali (quelque 13 000 militaires et policiers) est l’une des plus meurtrières pour l’ONU dans le monde. Depuis le déploiement des casques bleus en juillet 2013, l’organisation déplore 102 morts dans ses rangs, victimes d’actes hostiles. Plusieurs pays, comme l’Ethiopie ou la Suède, ont aussi affiché leur insatisfaction. La Chine a appelé « à un rôle constructif du comité de sanctions » de l’ONU, tout en demandant « à la communauté internationale de respecter la souveraineté du Mali ». Les Pays-Bas ont relevé que « les progrès étaient bien trop lents et depuis trop longtemps ». « Nous ne devons pas reculer devant l’application des sanctions », a estimé l’ambassadeur néerlandais Karel Van Oosterom.

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En janvier, l’ONU avait accordé jusqu’à fin mars aux parties maliennes pour montrer des avancées dans l’application de l’accord de paix signé en 2015, faute de quoi elles s’exposeraient à des sanctions pour obstruction. En septembre 2017, à la suite d’une demande de Bamako, le Conseil de sécurité avait adopté un régime général de sanctions face au risque d’effondrement de l’accord de paix. Parmi les sanctions éventuelles, l’ONU peut décréter des interdictions de visas et geler des avoirs.
L’accord de paix de 2015 a été signé par le gouvernement malien avec des coalitions de groupes armés. Il était destiné à mettre fin aux combats mais les rebelles et des groupes djihadistes (comme Al-Qaida au Maghreb islamique), déjà visés par des sanctions, restent très actifs. Des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de la Minusma. Un scrutin municipal est prévu en avril, puis une élection présidentielle le 29 juillet suivie de législatives. Le chef de la diplomatie malienne a promis des élections « transparentes » et « inclusives ».


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Editorial. L’audition de Mark Zuckerberg par les parlementaires américains a au moins démontré une chose : l’autorégulation ne permettra pas de sécuriser les données des utilisateurs.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Le mea culpa de Facebook ne suffira pas

Editorial. L’audition de Mark Zuckerberg par les parlementaires américains a au moins démontré une chose : l’autorégulation ne permettra pas de sécuriser les données des utilisateurs.



Le Monde
 |    12.04.2018 à 11h26
 • Mis à jour le
12.04.2018 à 18h35
   





                        



   


Editorial du « Monde ». « I’m sorry. » Voilà les trois mots qui résument le mieux les auditions de Mark Zuckerberg devant le Sénat des Etats-Unis puis face à la Chambre des représentants, les 10 et 11 avril. A 33 ans, l’âge du Christ, le fondateur de Facebook s’est livré à une expiation qui s’est bornée à de plates excuses à propos du scandale Cambridge Analytica, esquivant les questions les plus gênantes par une litanie de « Mon équipe reviendra vers vous avec plus de précisions. »
Le jeune milliardaire n’a en effet apporté que peu d’explications sur ce que le réseau social entend mettre en place pour protéger les données personnelles de ses utilisateurs. En 2016, celles de 87 millions d’entre eux ont été utilisées à leur insu par ce cabinet d’études afin de peser sur l’élection présidentielle américaine. Comme un enfant pris la main dans le sac, M. Zuckerberg s’est contenté de dire pardon en promettant qu’il ne recommencerait pas.

Mais le patron de Facebook est-il davantage désolé qu’en 2003, lorsque, étudiant à Harvard, il avait créé Facemash, un site qui se proposait d’évaluer les étudiantes sur leur physique ? Les excuses de M. Zuckerberg sont-elles plus sincères que celles qu’il avait présentées en 2006, en lançant News Feed, une fonctionnalité qui permet à chacun de traquer les faits et gestes de ses « amis » ? Que vaut ce nouveau mea culpa comparé à celui de 2007, lorsque le réseau social avait créé Beacon, une plate-forme publicitaire qui collectait des données à partir d’achats effectués sur des sites partenaires de Facebook ?
Suspicion d’insincérité
Quid de l’acte de contrition de 2009 à propos de la tentative de s’approprier à vie les contenus postés par les utilisateurs ? Que penser des regrets exprimés en 2010 après avoir transféré leurs données à Microsoft et Yelp ? Enfin, M. Zuckerberg se sent-il plus fautif qu’en 2017, quand il était venu à résipiscence après avoir servi de vecteur à la propagande russe et de diffuseur de fausses nouvelles lors de l’élection présidentielle américaine ?

A force, ce chapelet de regrets ne fait qu’entretenir une suspicion d’insincérité. Et si l’éternel pénitent n’était qu’un dangereux récidiviste ? M. Zuckerberg s’est fixé la « mission » de connecter la planète et de « rapprocher » les hommes. Mais, quatorze ans après la création de Facebook, force est de constater qu’il a consacré son énergie à utiliser la vie privée des gens à des fins commerciales, plus qu’à la protéger.
Un combat ni naïf ni hostile
Dire que le créateur a été dépassé par sa créature serait bien indulgent. Le comportement de Facebook n’est ni une erreur de jeunesse ni un accident de parcours. La collecte des données des utilisateurs est au cœur du modèle économique du réseau social. Le PDG a eu beau répéter au cours des auditions que Facebook ne les vend pas, ce sont bien elles qui ont permis au groupe de peser 480 milliards de dollars (390 milliards d’eu­ros) en Bourse et à Mark Zuckerberg d’amasser une fortune de 64 milliards de dollars.
Ces auditions ont au moins démontré une chose : au regard de ce qui s’est passé ces dernières années, l’autorégulation ne permettra pas de sécuriser les données des utilisateurs. Jusqu’à présent, l’Europe était accusée d’adopter une attitude défensive en tentant de mieux contrôler les géants du Web, faute de pouvoir les concurrencer avec ses propres entreprises. Les Etats-Unis se rendent compte à présent que ce combat n’est ni naïf ni hostile à l’innovation. Il est seulement la condition sine qua non pour que celle-ci se développe en harmonie avec la démocratie.

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