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<article-nb="2018/04/11/19-1">
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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Cette maladie neurodégénérative survient en général autour de la soixantaine mais, dans de très rares cas, elle touche des sujets beaucoup plus jeunes.
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<article-nb="2018/04/11/19-2">
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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Une prophylaxie préexposition au VIH a été proposée hors du cadre hospitalier pour éviter la transmission lors de rapports  des personnes transgenres.
<filname="PROF-env_sciences-2"> ¤                     
                                                   
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Sida : une prévention hors les murs pour les transgenres

Une prophylaxie préexposition au VIH a été proposée hors du cadre hospitalier pour éviter la transmission lors de rapports  des personnes transgenres.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 16h11
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
Sous toutes les latitudes, les actions de prévention contre le virus du sida (VIH) buttent sur une difficulté : atteindre certains groupes de population ayant un risque d’être infectés supérieur à celui de la population générale, mais à l’écart des structures sanitaires. Faute de voir ­venir à lui ces groupes, l’hôpital, où se pratique le dépistage anonyme et gratuit des infections sexuellement transmissibles, doit alors travailler hors les murs.
Depuis la fin 2017, une équipe parisienne des hôpitaux universitaires Saint-Louis - Lariboisière - Fernand Widal (AP-HP) expérimente une prescription hors les mursde la prophylaxie préexposition (mieux connue sous le sigle ­anglais PrEP) à des personnes transgenres. La PrEP consiste pour une personne séronégative à prendre des médicaments anti-VIH avant des rapports à risque. Elle permet une protection ­efficace contre la transmission du VIH, mais pas contre les autres agents d’infections sexuellement transmissibles.
Les premiers résultats de cette action originale, soutenue par le Sidaction et Vers Paris sans sida (Mairie de Paris), abondent dans le sens de la faisabilité de ce type d’intervention, estiment ses concepteurs. Ils ont été présentés lors de la Conférence internationale francophone VIH/hépatites (Afravih), qui s’est tenue à Bordeaux du 4 au 7 avril.
Difficile accès à la prévention
En France, avant de pouvoir être renouvelée par un médecin généraliste, la première prescription d’une PrEP doit être faite par un service hospitalier spécialisé dans la prise en charge des personnes infectées par le VIH ou dans un centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic des infections par le VIH, les virus des hépatites virales et les agents des infections sexuellement transmissibles (CeGIDD, qui depuis 2016 a pris la suite des centres de dépistage anonyme et gratuit ou CDAG). Si une personne ne vient pas à l’hôpital ou au CeGIDD, elle ne pourra pas en pratique avoir accès à ce mode de prévention.
L’étude...




                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-3">
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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Selon une étude réalisée pour le compte d’EDF, une vaste majorité de Français attribuent à tort aux centrales nucléaires un rôle dans le réchauffement climatique.
<filname="PROF-env_sciences-3"> ¤ 
<article-nb="2018/04/11/19-4">
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ L’ingestion d’un très épicé « Carolina Reaper » a provoqué de violentes céphalées chez un Américain.
<filname="PROF-env_sciences-4"> ¤ 
<article-nb="2018/04/11/19-5">
<filnamedate="20180411"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180411"><AAMMJJHH="2018041119">
<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Quatrième volet de la collection « Génie des mathématiques », Gottfried Wilhelm Leibniz, inventeur sans égal qui commença les maths à l’âge de 26 ans.
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤                     
                                                   
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Leibniz, un créateur insatiable

Quatrième volet de la collection « Génie des mathématiques », Gottfried Wilhelm Leibniz, inventeur sans égal qui commença les maths à l’âge de 26 ans.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 09h30
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 10h42
    |

                            David Rabouin (Chargé de recherche au CNRS (Laboratoire Sphere, UMR 7219)








                        



                                


                            
Collection « Génie des mathématiques ». « Il y a longtemps que je sçais que vous êtes universel, la théologie, l’histoire, les droits des princes, la recherche des mines, etc. sont votre occupation ordinaire et a peine avez-vous quelques momens pour les employer aux mathematiques et a la phisique. » Ainsi s’adresse le marquis de l’Hospital à Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716) au début de l’année 1693.
Au vu des 8 000 folios que ce dernier a laissés de recherches mathématiques, la plupart inédites de son vivant, et au vu de l’inventivité débridée qui s’y manifeste, on a peine à croire que ce n’était là qu’une petite partie de sa production.
Et pourtant, il est bien vrai que Leibniz n’était pas mathématicien de profession, ni même philosophe ou professeur, mais, depuis 1676, conseiller à la cour de Hanovre et bibliothécaire des ducs de Brunswick-Lunebourg. L’Hospital, qui le connaît comme créateur du calcul infinitésimal (publié pour la première fois en 1684 dans les Acta Eruditorum), sait ­visiblement aussi qu’il a passé une grande partie de son temps à œuvrer à l’Union des Eglises – qui était alors affaire de diplomatie autant que de théologie –, à élaborer un plan d’assèchement des mines du Hartz, ou encore à effectuer des ­recherches historiques sur la famille des Guelfes (qui l’ont conduit à un grand voyage dans le sud de l’Allemagne et en Italie de 1687 à 1690).
Production philosophique
Sans parler de sa production philosophique, dont il a alors laissé percevoir les premiers éléments dans quelques articles et dans sa correspondance avec le janséniste Antoine Arnauld. Mais il sait aussi – peut-être par Christian Huygens, qui fut le maître de Leibniz en mathématiques à Paris au début des années 1670 – à quel point ce qu’il a entrevu avec le calcul différentiel et intégral n’est qu’un ­petit aperçu d’une créativité qui impressionne encore aujourd’hui par son audace et sa modernité. Il a fallu attendre la...




                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-6">
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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ L’activité physique pratiquée de façon intense peut devenir une drogue. Et les accros au sport seraient plus vulnérables à d’autres addictions, comme ­l’alcool.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/04/2018
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De la passion à l’addiction au sport

L’activité physique pratiquée de façon intense peut devenir une drogue. Et les accros au sport seraient plus vulnérables à d’autres addictions, comme ­l’alcool.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 11h48
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Voilà des mois que cette chronique vante les 1 001 bienfaits de l’activité physique pour la santé, s’efforce de convaincre qu’il s’agit d’une pilule universelle pour malades et bien-portants, de la petite enfance au grand âge.
Pour autant, comme tout médicament puissant, il ne faut pas ­minimiser ses risques d’effets indésirables et de dépendance. Besoin d’une pratique de plus en plus intensive pour se sentir bien, poursuite des séances malgré une blessure, entraînements quotidiens aux dépens de la vie familiale ou sociale… peuvent être des signes d’alerte d’une bigorexie, dénomination de l’addiction au sport.
Contraction de big (« gros », en anglais) et orexis (« appétit » ou « désir », en grec), ce néologisme a d’abord été utilisé pour les culturistes accros à leur pratique et cherchant sans cesse à augmenter leur masse musculaire. « Depuis peu, cette dernière composante a disparu, et ce terme a été étendu à tous les contextes sportifs, notamment aux sports d’endurance », explique le médecin du sport Stéphane Cascua dans la revue SantéSportMagazine. Le culte de l’image corporelle peut alors s’inverser. « Les athlètes ne s’orientent plus vers la prise de masse musculaire, mais plutôt vers une extrême minceur », poursuit-il.
Contrairement à une rumeur persistante, la bigorexie n’a pas été reconnue officiellement par l’Organisation mondiale de la santé en 2011. Le diagnostic, clinique, peut être orienté par des échelles d’évaluation. L’EDS-R (Exercise Dependance Scale-Revised) permet un dépistage par autoquestionnaire en vingt et une questions, quelle que soit la discipline.
Troubles du comportement alimentaire
Pour explorer l’addiction au sport et son contexte, la psychiatre et addictologue Julie Bajard et une équipe de psychiatres du CHU de Saint-Etienne ont mené récemment une enquête nationale par questionnaires validés auprès de 1 283 personnes :...




                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-7">
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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Chez la souris et le singe, une molécule, également en cours d’évaluation dans Alzheimer, semble renforcer les capacités du cerveau lésé à récupérer après une lésion.
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Accidents vasculaires cérébraux  :  un nouvel espoir de récupération ?

Chez la souris et le singe, une molécule, également en cours d’évaluation dans Alzheimer, semble renforcer les capacités du cerveau lésé à récupérer après une lésion.



Le Monde
 |    10.04.2018 à 13h34
    |

                            Florence Rosier








                        



                                


                            
Comment, après un accident vasculaire cérébral (AVC), favoriser la récupération du cerveau lésé ? L’enjeu n’est pas mince : chaque année en France, 150 000 personnes sont frappées par cette « foudre cérébrale ». Une sur deux en gardera un handicap neurologique plus ou moins sévère. Au total, plus de 500 000 hommes et femmes vivent avec des séquelles d’AVC en France.
Une étude publiée dans Science, le 6 avril, livre une piste inédite. Chez la souris et le singe, l’administration orale d’une petite molécule, l’edonerpic maleate, dans les jours et semaines qui suivent un accident cérébral, semble favoriser la récupération motrice – à condition d’être couplée à une rééducation. « C’est un signal encourageant, inhabituel dans ce type ­d’expérience », commente prudemment le professeur Eric Jouvent, neurologue à l’hôpital Lariboisière (AP-HP, Paris). « C’est évidemment intéressant, mais on est encore loin des essais cliniques », juge de son côté le professeur Alain Yelnik, chef du service de médecine physique et de réadaptation de l’hôpital Fernand-Widal.
Interventions en urgence
Depuis vingt ans, de remarquables progrès ont été accomplis dans la prise en charge de la phase aiguë de l’AVC ischémique – qui résulte de l’occlusion d’une artère irriguant le cerveau. Le but est de ­déboucher rapidement l’artère ­occluse. La stratégie de référence est la thrombolyse intraveineuse, développée à la fin des années 1990 : elle consiste à dissoudre biochimiquement le caillot coupable – un « Destop » sur nos artères, en somme. La seconde stratégie, la thrombectomie, a vu son efficacité démontrée en 2015 : c’est la méthode du « tire-bouchon », une extraction mécanique du caillot.


Malgré leur efficacité spectaculaire,ces interventions doivent être réalisées le plus tôt possible, dans les premières heures après l’accident. Autre limite : « Ces deux interventions ne concernent que 10 % à 20 %...




                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-8">
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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Pour le catalogue des planètes ­extrasolaires Exoplanet.eu, référence mondiale en la matière, un des défis consiste à s’adapter aux quantités de données qui explosent.
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L’Encyclopédie des exoplanètes face au défi des découvertes de masse

Pour le catalogue des planètes ­extrasolaires Exoplanet.eu, référence mondiale en la matière, un des défis consiste à s’adapter aux quantités de données qui explosent.



Le Monde
 |    10.04.2018 à 13h07
 • Mis à jour le
10.04.2018 à 13h11
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            
Chaque jour que le cosmos fait, Jean Schneider consacre deux heures de sa matinée à ce qu’il appelle « un scan de la littérature ». En clair, cet astrophysicien passe en revue toutes les études publiées quotidiennement sur les exoplanètes. Objectif : maintenir à jour, sur le site Exoplanet.eu, son « Encyclopédie des planètes ­extrasolaires », référence mondiale en la matière.
Bien qu’il soit âgé de 77 ans et officiellement à la retraite, Jean Schneider, toujours très actif, a conservé un bureau à l’observatoire de Meudon (Hauts-de-Seine). Son encyclopédie est née d’une intuition, avant même que l’on ne détecte la première planète tournant autour d’une autre étoile que le Soleil. « Dès la fin des années 1980, il y avait des astres intéressants », se souvient Jean Schneider : des planètes découvertes autour de pulsars (cadavres d’étoiles formés de neutrons et tournoyant sur eux-mêmes) ; un objet de onze fois la masse de Jupiter, qu’on avait alors pris pour une naine brune, une étoile avortée ; les perturbations du disque de poussières entourant la jeune étoile Bêta Pictoris, dont on pouvait imaginer qu’elles étaient dues à la présence d’un compagnon planétaire…

Le Jean Schneider de 1994 sent « que le contexte est prometteur. Et à la même époque je découvre le Web. Je me dis qu’un catalogue sur Internet sera plus intéressant car on pourra le modifier au jour le jour, tandis que, sur le papier, les nouvelles versions arrivent toujours quelques mois plus tard. L’idée est aussi de créer une communauté unie, mondiale, multilingue ». Après s’être formé à Internet, l’astrophysicien ouvre son site en février 1995, soit quelques mois avant que, en octobre de la même année, les Suisses Michel Mayor et Didier Queloz n’annoncent au monde entier la découverte d’une exoplanète géante, 51 Pegasi-b, tournant autour de l’étoile 51 de la constellation de ­Pégase. En lançant son encyclopédie en ligne, Jean Schneider se disait « qu’avec...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ La recherche d’exoplanètes s’accompagne d’un objectif ultime en astronomie : la découverte de biosignatures.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤                     
                                                   
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Y a-t-il de la vie ailleurs dans l’Univers ?

La recherche d’exoplanètes s’accompagne d’un objectif ultime en astronomie : la découverte de biosignatures.



Le Monde
 |    10.04.2018 à 12h53
 • Mis à jour le
10.04.2018 à 13h11
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            
Si la détection et la caractérisation des exoplanètes attirent autant de chercheurs, c’est parce qu’au bout de cette quête se niche un des objectifs ultimes de l’astronomie, la réponse à la question millénaire : « Y a-t-il de la vie ailleurs dans l’Univers ? » « Ce serait le fin du fin, le Graal », résume Pierre-Olivier Lagage, astrophysicien au CEA et coresponsable de l’instrument MIRI, une des caméras du futur télescope spatial ­James-Webb (JWST). Ce dernier aura ­notamment la tâche d’analyser l’atmosphère de quelques exoplanètes.
La méthode consiste à attendre que la planète passe devant son soleil. A ce ­moment précis, les gaz qui composent l’atmosphère exoplanétaire absorbent une partie de la lumière émise en arrière-plan par l’étoile. Le spectre de celle-ci comporte alors des lacunes, des petites raies noires qui trahissent les molécules présentes dans ladite atmosphère.

Dans cette analyse du spectre les chercheurs espèrent lire des biosignatures, les marques de molécules indiquant la vie. En se basant sur l’exemple de la Terre où la photosynthèse a insufflé du dioxygène dans l’air, on a longtemps rêvé qu’il suffirait, pour crier « Eurêka ! », de ­détecter cette molécule ou de l’ozone (composé de trois atomes d’oxygène). Cependant, comme l’explique Michaël Gillon, spécialiste des exoplanètes à l’université de Liège (Belgique) et qui travaille sur la mission Cheops, « la nature est piégeuse. Des processus abiotiques, c’est-à-dire sans vie, peuvent intervenir : la lumière UV de l’étoile peut ainsi briser les molécules d’eau sur sa planète et on aura de ­l’oxygène dans l’atmosphère sans aucune photosynthèse. »
Recherche de biosignatures
« L’oxygène ou l’ozone ne seront pas des ­signatures suffisantes, confirme Pierre-Olivier Lagage. Il faudra trouver certaines molécules dans certaines proportions, qui seront le signe d’une chimie impossible à expliquer sans biologie. » Cela pourra être un cocktail...




                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-10">
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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ TESS, un satellite mis en orbite  le 16  avril, inaugure une génération de télescopes qui vont industrialiser la découverte de planètes extrasolaires. L’objectif ultime : détecter des traces  de vie dans l’Univers.
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 09/04/2018
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La chasse aux exoplanètes entre dans l’ère industrielle

TESS, un satellite mis en orbite  le 16  avril, inaugure une génération de télescopes qui vont industrialiser la découverte de planètes extrasolaires. L’objectif ultime : détecter des traces  de vie dans l’Univers.



Le Monde
 |    10.04.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
10.04.2018 à 13h11
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            

Si tout va bien, le 16 avril, la fusée Falcon-9 de la société SpaceX lancera pour la première fois de sa jeune histoire une mission astronomique. Commandé par la NASA, le satellite TESS (Transiting Exoplanet Survey Satellite) est équipé de quatre caméras qui, pendant un minimum de deux ans, observeront quelque 200 000 petites étoiles proches. L’objectif : détecter de minuscules baisses de luminosité de ces astres, dues au passage – appelé transit dans le jargon astronomique – d’une planète devant leur disque. Au cours de sa mission, TESS devrait ainsi découvrir des milliers et des milliers de ces planètes extrasolaires, celles qui tournent autour d’autres étoiles que notre Soleil.
Depuis la détection de la première d’entre elles en 1995, une nouvelle discipline, l’exoplanétologie, a éclos dans le champ de l’astronomie et, comme le résume Sébastien Charnoz, astrophysicien à l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP), elle connaît « une grosse dynamique ». Presque un euphémisme. En deux décennies, les instruments au sol se sont multipliés, notamment ceux qui tentent de débusquer les exoplanètes par la technique dite de la vitesse radiale. Elle part du principe que, si une étoile est dotée d’un compagnon, elle tourne autour du centre de gravité du couple qu’elle constitue avec lui. L’étoile passe donc son temps à s’éloigner puis à se rapprocher de nous : la méthode de la vitesse radiale consiste à détecter ces mouvements de va-et-vient, infimes vus de chez nous.
L’autre grande méthode de détection, celle des transits, qu’exploitera TESS, est plus récente et a connu un développement rapide grâce à deux missions spatiales. Tout d’abord avec le pionnier européen – à forte coloration française – Corot, lancé en 2006. Celui-ci n’a toutefois repéré que quelques poignées de planètes extrasolaires, et c’est surtout grâce au télescope Kepler de la NASA, en orbite depuis 2009, que la méthode des transits s’est imposée comme la plus grande pourvoyeuse...




                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-11">
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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Le renouvellement d’abonnements des organismes de recherche auprès de revues scientifiques donne lieu à d’âpres négociations.
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Le bras de fer est engagé entre chercheurs et éditeurs

Le renouvellement d’abonnements des organismes de recherche auprès de revues scientifiques donne lieu à d’âpres négociations.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 15h58
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 16h00
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Le 1er avril, les laboratoires français ont failli être privés de l’accès à une bonne partie de la littérature scientifique à cause de l’échec des négociations entre les institutions de recherche, représentées par le consortium Couperin, et l’un des trois plus gros éditeurs de journaux de recherche, Springer ­Nature. De facto, le sursis de trois mois accordé par l’éditeur cessait. Mais le 4 avril, dans un communiqué, l’entreprise née en 2015 du rapprochement entre les éditeurs Springer et Nature, indiquait, « nous envisageons une autre proposition et durant cette période, les journaux resteront ­accessibles ».
Ce sont 1 185 périodiques qui sont concernés, dont des références dans certains domaines comme Journal of Materials science, Diabetologia, Oecologia…, mais pas les journaux du groupe Nature, dont le contrat d’accès, conclu séparément fin 2017, court jusqu’en 2019. « C’est l’une de nos trois plus grosses négociations, avec Elsevier et Wiley », rappelle Grégory Colcanap, coordonnateur de Couperin et directeur de la bibliothèque de l’université d’Evry-Val-d’Essonne. En jeu, environ 5 millions d’euros concernant le contrat Springer, et un ­total de près de 100 millions d’euros, tout éditeurs confondus.
L’épisode révèle une fois de plus l’extrême tension sur ce sujet de l’accès aux revues scientifiques. L’un des problèmes est connu : les chercheurs sont une clientèle captive à qui les éditeurs, souvent des entreprises à buts lucratifs, font payer de plus en plus chers l’accès à leur propre production, souvent financée sur des fonds publics.
L’association européenne des bibliothèques, Liber, estime à 8 % les augmentations annuelles des abonnements. Le marché mondial est d’une trentaine de milliards d’euros pour plus de 2,5 millions d’articles publiés chaque ­année. Le plus important éditeur, Elsevier, a encore dégagé en 2017 une marge de plus de 36 % et un milliard d’euros de bénéfices.
Alors,...




                        

                        


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La RATP expérimente un bus autonome

Un test est en cours dans un dépôt de la RATP pour permettre aux véhicules de trouver eux-mêmes leur place et d’éviter les retards en début et fin de service.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 15h22
    |

                            Vahé Ter Minassian








                        



                                


                            
Le bus a quitté le « poste de charge ». Le conducteur chargé de garantir la sécurité de l’expérience, bras croisés, laisse le véhicule de douze mètres de long avancer vers la rampe ­d’accès qui conduit aux sous-sols du dépôt de la RATP. Un premier virage en épingle à cheveux. Un ­second. Et l’engin autoguidé débouche dans un vaste parking souterrain dont il parcourt à 8 km/h les allées à la recherche de la place « 443 » qui lui a été assignée. Avant. Arrière. Stop. Le voilà garé.
Organisée le 30 mars au centre RATP de Lagny, dans le 20e arrondissement de Paris, cette démonstration de stationnement d’un bus sans intervention humaine est une première mondiale. Rares sont en effet les prototypes de ­véhicules « autonomes » capables de se passer du GPS pour manœuvrer dans un milieu souterrain. Et jamais d’une telle taille et sans aménagement préalable du site où ils sont destinés à circuler.
Développée par la RATP, l’industriel Iveco BUS et le laboratoire LIST du CEA, dans le cadre du programme européen « EBSF2 », cette expérimentation bénéficie desdernières innovations en matière d’intelligence artificielle et de ­robotique dans les domaines de la reconnaissance de forme, de la visualisation 3D et du contrôle commande et planification. Celles-civisent, selon François Gaspard, du CEA List, à « réduire le temps que consacrent les conducteurs à récupérer ou à restituer leur autobus ».
Un centre comme celui de Lagny regroupe une flotte de 200 véhicules dont la grande majorité rejoint, en début de matinée, le terminus des lignes avant de revenir le soir passer la nuit à l’abri. Conséquence : « A certaines heures, le trafic à l’intérieur du dépôt frise la ­congestion », indique Clément Lucchesi, chef de projet à la RATP. Arrêts intempestifs, ralentissements, multiplications des manœuvres dans un espace exigu allongent inutilement les délais de prise en charge et de rendu du matériel.
Cartes 3D de l’environnement
D’où...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Cette informaticienne, pionnière des réseaux de neurones, organise  des compétitions entre ces outils dont elle veut mettre la puissance à la portée de chacun.
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Isabelle Guyon veut démocratiser l’intelligence artificielle

Cette informaticienne, pionnière des réseaux de neurones, organise  des compétitions entre ces outils dont elle veut mettre la puissance à la portée de chacun.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
10.04.2018 à 11h50
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Isabelle Guyon préfère rester dans l’ombre. Pourtant impossible de ne pas la ­remarquer avec son col et ses manchettes blanches à dentelle. Surtout, impossible d’ignorer son rôle dans le domaine à la mode de l’intelligence artificielle, version ­apprentissage automatique ou machine, qui promet de bouleverser bien des domaines en santé (diagnostic précoce, meilleurs traitements, détections d’effets secondaires), transport (véhicules autonomes)…
L’hebdomadaire L’Usine nouvelle l’a qualifiée en février de « gourou » et de pionnière dans un numéro consacré aux 100 Français de l’intelligence artificielle. En effet, en 1988, après une scolarité d’ingénieur à l’ESPCI, elle soutient sa thèse sur les réseaux de neurones artificiels, « l’une des premières en France à l’époque », ­selon Gérard Dreyfus, son directeur de thèse.
Ces objets mathématiques sont devenus l’une des techniques phares de l’apprentissage automatique. Grâce à des exemples, l’algorithme trouve les meilleurs paramètres qui conviennent à la réalisation de tâches – étiqueter des photos, identifier une tumeur précoce dans une image, traduire des phrases, gagner au jeu de go… « C’était l’une de mes meilleures étudiantes. Toujours pleine d’idées et très créative », se souvient Gérard Dreyfus.
Après la thèse, elle poursuit un parcours ­classique : post-doc aux Etats-Unis, création ­d’entreprise et, en 2016, retour en France pour un poste de professeur à Paris-Saclay. Dans les détails, c’est beaucoup moins classique.
« J’étais à l’origine attirée par la physique et la chimie, avec Marie Curie comme “modèle”. Mais j’étais aussi attirée par la biologie et en ­général la modélisation des systèmes indépendamment de leur réalisation physique (la ­“cybernétique”). D’où mon choix des neurones artificiels, puis d’autres modèles d’apprentissage », décrit la chercheuse, devenue finalement informaticienne, ce qui n’est pas si courant pour une femme.
Création...



                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Chaque hiver, de novembre à avril, l’immense mammifère marin se lance dans de vastes improvisations sonores. Une équipe internationale en révèle la richesse.
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La baleine boréale, chanteuse de jazz

Chaque hiver, de novembre à avril, l’immense mammifère marin se lance dans de vastes improvisations sonores. Une équipe internationale en révèle la richesse.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 16h00
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Zoologie. Le chant des baleines… L’expression fait rêver les amoureux de la nature depuis des décennies. Plus précisément depuis qu’en 1971, deux biologistes américains, Roger Payne et Scott McVay, ont décrit l’imposant registre sonore des baleines à bosse durant la saison des amours. Une note de base aiguë, une modulation des fréquences ou des amplitudes, le tout formant un motif variable au cours de l’année : l’immense mammifère marin semblait cacher un virtuose du bel canto. Mais un artiste peut en cacher un autre. Dans un article publié mardi 3 avril par la revue Biology Letters, une équipe internationale met en lumière les exploits d’un autre géant des mers.

« Si le chant des baleines à bosse est comme la musique classique, celui des baleines boréales, c’est du jazz », résume l’auteure principale de l’étude, Kate Stafford. Océanographe au département de physique appliquée de l’université du Washington, elle avait déjà révélé en 2012 qu’à l’est du Groenland, cette espèce chantait 24 heures sur 24 pendant cinq mois. Mais l’annonce avait surtout marqué par la performance. Une de plus, pourrait-on dire. Capable d’atteindre 20 mètres de long – qui en font le deuxième plus gros animal après sa cousine la baleine bleue – et l’âge canonique de 200 ans, l’imposant cétacé peut aussi briser une couche de glace d’un demi-mètre d’épaisseur, ce qui présente, il est vrai, quelque utilité lorsque l’on vit toute l’année dans les mers du Grand Nord.
Cette fois Kate Stafford, soutenue par des collègues norvégiens, a plongé ses micros sous-marins de l’autre côté du continent blanc, sur la rive ouest, et les a laissés tourner pendant cinq saisons. A l’aide de spectrogrammes – des images reproduisant les fréquences et intensités sonores – elle a ensuite analysé en détail trois années de vocalises. « J’avais déjà effectué des enregistrements en 2008-2009 et je m’attendais à retrouver les mêmes motifs, comme pour les baleines...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Souvent combattus, rarement remémorés, les arthropodes à pinces sont pourtant ce qui se rapproche le plus de l’avatar de jeu vidéo parfait.
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Les crabes dans les jeux vidéo, un ennemi à ne pas chasser

Souvent combattus, rarement remémorés, les arthropodes à pinces sont pourtant ce qui se rapproche le plus de l’avatar de jeu vidéo parfait.





Le Monde
 |    08.04.2018 à 10h00
    |

            William Audureau





Oubliez Smash Bros., Soul Calibur et Street Fighter. Le futur roi du jeu de combat s’appelle peut-être FightCrab, un simulateur d’escarmouches entre crustacés décapodes, dont l’annonce en mars a suscité bon nombre d’articles amusés dans la presse spécialisée. Comprenez donc : deux brachyoures s’y jettent carapace la première dans d’intenses duels d’escrime, de judo ou encore de combat à la masse.

Dans un monde où incarner une chèvre, une tranche de pain ou un caillou fait partie du quotidien ronronnant des joueurs, il s’agit d’un petit événement : rarissimes sont les jeux qui proposent de se glisser dans l’exosquelette d’un futur surimi.
Des crabes dans tous les grands jeux

   


Pourtant, l’animal que l’on appelle cangrejo en espagnol et chʼosh bikágí ntłʼizí en navajo est loin d’être un nouveau venu dans le monde des pixels. Dès 1978, les premiers crabes de l’espace dansaient dans les cieux de Space Invaders. Le crustacé fête d’ailleurs discrètement cette année sa quatrième décennie d’existence vidéoludique.
C’est peu dire que sa ludographie est prestigieuse : on l’a vu faire le charleston dans Mario Bros., le tango dans The Legend of Zelda, ou encore la K dance dans Sonic the Hedgehog (c’est une image, ils marchent tous en pas chassé). C’est simple, aucun autre arthropode virtuel n’a agité ses pinces dans autant de décors prestigieux.
Les crabes de pixels ont, par ailleurs, leurs propres tops 10, comme ici sur Gamefaqs ou là sur GameRadar, récompensant des ennemis sentant aussi bon l’air marin que ceux de Blaster Master, Borderlands ou encore Skyrim.

Une figure de l’étrangeté

   


Un peu à la manière du poulpe, son cousin multipode, il est d’abord le genre de créature foutraque dont on peine à imaginer que Mère Nature tournait à l’eau gazeuse le jour de sa conception — afin de ne pas céder au bipédocentrisme, rappelons que les crabes penseraient très probablement la même chose de nous, si leur carapace leur permettait de lever la tête.
« Il y a une sorte d’évidence du crabe », observe Alexis Blanchet, maître de conférences à Paris-Sorbonne et spécialiste du jeu vidéo. « Le cinéma a ses monstres cultes, comme le requin ou l’araignée. Le crabe est une autre figure de l’étrangeté, d’autant qu’il se rapproche aussi du pou et de l’acarien. »
S’il fallait prouver le sentiment d’incongruité que suscite son anatomie, rappelons qu’il apparaît monté d’une tête de tigre sur l’affiche du jeu Impossible Creatures et d’un masque de Dark Vador, du clown de Ça ou encore d’une statue de l’île de Pâques dans la vidéo virale « A frightened boy ».

Spectre du cancer ou gentil crustacé
Pourquoi se moquer ainsi du crabe ? Peut-être d’abord pour en conjurer la menace. Dans la tradition occidentale, le karkinos grec désigne, en effet, par métaphore, à la fois l’animal et le cancer. Un héritage de leur étymologie commune, issue de la mythologie grecque, qui raconte que la constellation du Cancer a été créée à partir des cendres d’un crabe écrasé par Hercule, et de la littérature médicale antique, qui comparaît les veinules d’une tumeur aux membres du décapode.
Les traces en jeu vidéo sont toutefois rarissimes. C’est qu’au Japon, le crabe (kani) n’a aucun rapport avec la tumeur (gan). « Là-bas, c’est un animal ultra-populaire que les enfants adorent, resitue Julien Bouvard, maître de conférences en civilisation japonaise à Lyon-III. Ils veulent le prendre en photo, imitent le signe de ses pinces, lisent des comptines sur kani-san. C’est un animal vu comme plutôt inoffensif et plutôt gentil, à protéger. »
« Une sorte de rat des plages »
Peut-être est-ce la raison pour laquelle dans les jeux vidéo, le décapode rouge est le plus souvent un ennemi plutôt comique et inoffensif, placé dans les niveaux les plus simples. Une sorte de menu fretin, estime Mathieu Triclot, maître de conférences en philosophie à Sochaux-Montbelliard :
« On n’est pas loin du degré zéro de l’ennemi. Il fait partie d’un bestiaire élémentaire, comme le rat ou l’araignée, des bestioles qui vont enquiquiner le joueur de bas niveau. A ce titre, le crabe est une sorte de rat des plages. Là où le rat hante la ville, l’araignée la cave, le crabe est l’antagoniste du rivage. » 

   


Mais le crustacé est aussi un type de boss récurrent, de Banjo & Kazooie à Dark Souls, et ce n’est pas un hasard. « Ici, on a une nouvelle formule sémiologique : c’est l’ennemi en armure, avec une mobilité limitée. On sait que ça va être usant de passer la carapace, décrypte Mathieu Triclot. C’est le substitut marin du chevalier en armure. »
L’enquiquineur des sables sait alors se faire imposant, il revêt dans les sentai à la Power Rangers la forme de crustacés mutants et dans les jeux vidéo, celle d’une ribambelle de crustacés disproportionnés.
Celui de Genji 2 est sans doute le plus connu de tous. Ce « Giant Enemy Crab » présenté par Sony au Salon du jeu vidéo de l’E3, en 2006, est même resté dans les mémoires, alors que le constructeur promettait un jeu fidèle à l’histoire du Japon. Sa phrase d’accompagnement : « Un crabe géant ! Attaquez son point faible pour un maximum de dégâts » qui l’a introduit est aujourd’hui un mème sur Internet.

Un animal conçu pour la 2D
D’une manière générale, le brachyoure défie souvent le joueur en un contre un. Il faut dire que cet étonnant bretteur partage avec les épéistes un mode de déplacement unique, dans une seule dimension. La sienne est souvent latérale – une des raisons pour laquelle cet ennemi convient parfaitement aux jeux en 2D.
Un petit titre amateur comme Crabby Catcher ou un classique des smartphones comme Mr. Crab montrent d’ailleurs à quel point, dans ce type de représentations, un arthropode à chélipèdes et un banal Homo sapiens sapiens sont parfaitement interchangeables.

« Comme toujours, le jeu vidéo s’oriente vers des objets qui le servent dans son propos, remarque Alexis Blanchet. Le crabe est à la fois l’insectoïde dans lequel on trouve des traits d’hostilité, l’animal dont le déplacement correspond à une vue en deux dimensions, et une créature facile à représenter. » Accessoirement, dans nombre de jeux en vue subjective, sous le nom de strafing, les déplacements en crabe font partie intégrante des stratégies de survie.
Le double un peu gauche du joueur
C’est tout le paradoxe de cette créature visuellement étrange, mais aux attributs et au mode de fonctionnement si proches du joueur de jeux d’action. Si l’on met de côté leur aspect, quelle différence entre un chevalier armé et armuré avançant de gauche à droite, et un innocent crabe en vadrouille ? De même, dans FightCrab, l’avatar crustacé n’est foncièrement pas si éloigné des guerriers en haubert du jeu d’action d’Ubisoft For Honor. 
Le soir, quand le joueur exsangue éteint sa partie, se délaissant de ses kilooctets d’épées légendaires, d’armures futuristes et de cyberlames extraterrestres, lui dort dans sa cuirasse de combat, ses pinces prêtes à l’emploi. Son exosquelette fait de lui un combattant amélioré, sorte d’avatar cyberpunk qui aurait déjà fusionné avec son armure et ses armes, prêt à jouer.
« On pourrait voir dans le crabe une sorte de double, un peu gauche, du joueur », corrobore Mathieu Triclot. L’été, sur la plage, ne les écrasez pas : les crabes sont les doubles cosmiques des gameurs, d’innocents avatars égarés dans la réalité, dont ils tentent tant bien que mal d’apprendre les règles.


        Lire aussi :
         

          Les poulpes dans les jeux vidéo







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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Un collectif de personnalités lance « un cri » pour empêcher la disparition des grands singes, qui ne sont plus que quelques milliers.
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« Donner aux grands singes un “droit à vivre” »

Un collectif de personnalités lance « un cri » pour empêcher la disparition des grands singes, qui ne sont plus que quelques milliers.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 10h24
    |

Collectif







                        



   


Tribune. Notre pays doit s’engager à tout faire pour sauver les derniers grands singes vivant à l’état sauvage sur notre planète. Dans une trentaine d’années à peine, si nous ne faisons rien, ils auront disparu. Déjà, ils ne sont plus que quelques milliers à vivre, ou plutôt survivre, dans les forêts d’Afrique et d’Asie du Sud-Est.
Tous les enfants qui ont eu la chance de visiter un Muséum ont appris et compris la terrible histoire du dodo. Et, nous, adultes, restons sans voix devant les reproductions grandeur nature de cet oiseau, exterminé il y a à peine trois cents ans. Nous ne verrons jamais de dodo. Combien d’entre nous se sont dit que les hommes d’alors étaient stupides, qu’ils ne savaient pas la faute irréparable qu’ils étaient en train de commettre ?
Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas qu’ils sont braconnés, piégés, massacrés
Mais dans vingt à cinquante ans, nous aurons peut-être à pleurer la disparition des orangs-outans, des gorilles et des chimpanzés. Nous nous dirons que nous avons été stupides, mais nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas qu’ils sont braconnés, piégés, massacrés, et qu’on détruit leurs habitats, les forêts tropicales, où vivent aussi 70 % des plantes de la planète et 80 % des insectes. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas que nous partageons avec eux plus de 98 % de notre patrimoine génétique, faisant d’eux et de nous les membres d’une seule et même famille : les Hominidés.
Nous savons aujourd’hui que le plus proche parent du chimpanzé n’est pas le gorille… mais l’humain ! Nous ne pourrons pas dire que nous avons ignoré qu’ils étaient « des nôtres » et qu’à ce titre, c’est notre conscience d’humains qui aurait dû être ébranlée. Nous ne pourrons pas dire que nous n’avions pas remarqué que leur regard, leurs mains, leurs oreilles sont si similaires aux nôtres. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas que leurs capacités cognitives et psychiques, que leurs comportements sociaux et affectifs, étaient si proches des nôtres.
Cousins d’évolution
Nous nous émerveillons de découvrir qu’ils savent sélectionner des plantes médicinales pour se soigner, fabriquer des outils pour se nourrir, qu’ils ont des cultures, pratiquent la danse de la pluie, mais nous les laissons disparaître… Au cours des cinquante dernières années – alors que nous commencions seulement à découvrir ces incroyables cousins en les observant en Afrique et en Asie – 70 % de leurs effectifs disparaissaient dans leur habitat naturel. Et, avec eux, les trésors de la forêt tropicale, vitale aussi pour nous, humains.
En participant à leur régénération, les grands singes sont les jardiniers de ces forêts dont dépendent directement des millions de personnes parmi les plus pauvres de la planète et, indirectement, l’humanité entière. Notre avenir est lié au leur, nous avons besoin d’eux pour ralentir le changement climatique.
Ici, nos actions et notre consommation les déciment. Là-bas, nos entreprises les abîment. Donnons à la France la chance d’être pionnière dans ces initiatives et de les porter à l’International
C’est notre conscience, notre responsabilité, et notre humanité profonde en réalité, qui nous dictent l’impérieuse nécessité de lancer aujourd’hui ce cri. Nous voulons alerter toutes celles et ceux qui peuvent agir de le faire maintenant et par tous les moyens dont ils disposent.
En effet, nous pouvons dès maintenant, ici et là-bas, réduire les menaces qui pèsent sur nos cousins d’évolution, sauver avec eux, pour eux et pour nous, la biodiversité dont les forêts tropicales sont le refuge, et amorcer plus largement la reconnaissance d’un minimum de droits pour des espèces menacées, emblématiques et porte-drapeau de la biodiversité.
Car, nous ne pouvons nier le rôle que nous jouons dans leur disparition. Ici, nos actions et notre consommation les déciment. Là-bas, nos entreprises les abîment. Donnons à la France la chance d’être pionnière dans ces initiatives et de les porter à l’International.
Le levier fort du symbole
C’est un plan d’urgence composé de mesures concrètes qu’il nous faut entreprendre. Que la France prenne, sur cette cause, le leadership à l’International et à l’Unesco en portant le projet d’une résolution reconnaissant une valeur particulière des grands singes comme espèces patrimoine mondial de l’Humanité. Qu’elle prenne l’engagement d’un objectif de « zéro déforestation » des habitats des grands singes en Afrique et en Asie, notamment au travers de sa commande publique. Qu’elle mette en œuvre toutes les mesures destinées à stopper le commerce illégal d’espèces de Grands Singes, de minerais (notamment le coltan) et d’espèces végétales de leur habitat.
Proposer au Parlement l’adoption d’une loi reconnaissant, dans notre droit, aux sept espèces de grands singes, un statut législatif particulier de « personnes non humaines »
Qu’elle porte au niveau européen un objectif de réduction massive de l’usage de l’huile de palme, en particulier dans les agro-carburants. Que sur son territoire soit, dorénavant, clairement interdit l’usage des grands singes dans les cirques et les spectacles, sur les plateaux TV et dans les publicités. Que les entreprises françaises fassent tout ce qui est de leur responsabilité pour les protéger et ne pas leur nuire et à leur habitat. Que ces actions soient reconnues et valorisées au travers d’un label « Ape-safe ». Que tous, Etats, collectivités locales, entreprises, orientent leurs programmes d’aides financières en direction des projets et des pays qui protègent et restaurent les forêts tropicales.
Cher Nicolas Hulot, nous comptons sur vous pour mettre la sauvegarde des grands singes à l’ordre du jour de vos projets prioritaires pour la préservation de la biodiversité et l’amélioration de la condition animale. Le gouvernement doit actionner un levier fort : celui du symbole. Proposer au Parlement l’adoption d’une loi reconnaissant, dans notre droit, aux sept espèces de grands singes, un statut législatif particulier de « personnes non humaines ». Par cette loi, et aussi par le plan d’action d’urgence que nous avons esquissé ici, la France portera un symbole très fort : celui de donner aux grands singes un « droit à vivre ».
Liste des signataires : Nathalie Baye (actrice) ; Sabrina Krief (professeure du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), spécialiste de l’écologie des chimpanzés) ; Laurence Parisot (présidente d’honneur du Medef) ; Patrick Roger (chocolatier et sculpteur) et Yann Wehrling (conseiller de Paris et conseiller régional d’Ile de France). Et : Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la culture ; Serge Bahuchet, professeur du MNHN, éco-anthropologue ; Erwan Balanant, député du Finistère ; Alain Baraton, jardinier en chef du parc du château de Versailles ; Brigitte Bardot, présidente de la Fondation Brigitte Bardot ; Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres, ancienne ministre de l’écologie ; Claude Beata, vétérinaire spécialiste du comportement des animaux ; Jean-Michel Bertrand, réalisateur, auteur de La Vallée des Loups ; Bruno Bich, ex-PDG du groupe Bic ; Gilles Bœuf, professeur Sorbonne-Universités, spécialiste de biologie marine ; Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) ; Norin Chai, vétérinaire en chef de la ménagerie du Jardin des plantes, MNHN ; Frédérique Chlous, professeure du MNHN, anthropologue ; Yves Coppens, professeur au Collège de France, paléontologue, membre de l’Académie des Sciences ; Emmanuelle Cosse, ancienne ministre du logement ; Denis Couvet, professeur du MNHN, écologue ; Ronan Dantec, sénateur de Loire-Atlantique ; Cécile de France, actrice ; Barbara Demeneix, professeur du MNHN, spécialiste des perturbateurs endocriniens ; Boris Diaw, international français de Basket ; Loic Dombreval, député des Alpes Maritimes, président du groupe Etude condition animale à l’Assemblée nationale ; Albert Dupontel, réalisateur et acteur ; Patricia Gallerneau, députée de Vendée, vice-présidente du groupe Etude condition animale à l’Assemblée nationale ; Hyppolite Girardot, acteur ; Arnaud Gossement, avocat ; Thomas Grenon, directeur général du Laboratoire national de métrologie et d’essais ; Florent Guhl, directeur de l’Agence Bio ; Francis Hallé, botaniste spécialiste des forêts tropicales ; Evelyne Heyer, professeure du MNHN, anthropologue ; Annabelle Jaeger, présidente du comité français de la Fondation Prince Albert II de Monaco ; Jean Jouzel, climatologue, membre de l’Académie des Sciences ; Mélanie Laurent, actrice ; Maud Lelievre, déléguée générale des Eco-Maires ; Shelly Masi, maître de conférences du MNHN, spécialiste du comportement des gorilles ; Philippe Michel-Kleisbauer, député du Var ; Jean-Pierre Mignard, avocat ; Nicolas Vanier, écrivain, voyageur du froid, écrivain, réalisateur ; Pascal Picq, maître de conférences au Collège de France, paléoanthropologue ; Emmanuelle Pouydebat, directrice de recherches au CNRS et au MNHN, biologiste de l’évolution des comportements des animaux ; Audrey Pulvar, présidente de la Fondation pour la nature et l’homme ; Richard Ramos, député du Loiret ; Charlotte Rampling, actrice ; Jacques Rocher, président de la Fondation Yves Rocher ; François Sarano, océanologue ; Louis Schweitzer, Président de la Fondation droit animal, éthique et sciences ; Benoit Solès, comédien ; Eric Straumann, député du Haut-Rhin ; Laurence Vichnievsky, députée du Puy-de-Dôme, ancienne magistrate ; Cédric Villani, mathématicien, député de l’Essonne, membre de l’Académie des Sciences.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ La figure, que l’on surnomme « la casserole » ou « le chariot », peut être utilisée comme une véritable table d’orientation céleste.
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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Etienne Ghys, directeur de recherche au CNRS, dévoile la vie et l’œuvre du plus prolifique des mathématiciens, Leonhard Euler.
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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Au menu : explorer Mars avec des robots abeilles, débat sur la formation de neurones chez l’adulte, l’effet d’une bombe atomique sur votre ville, etc.
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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ La part mondiale des publications de la France a baissé, à 3,2 %, et l’Hexagone est dépassé par la Chine et l’Inde.
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édition abonné


La France glisse à la septième place des publications scientifiques

La part mondiale des publications de la France a baissé, à 3,2 %, et l’Hexagone est dépassé par la Chine et l’Inde.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h38
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                            Sylvestre Huet








                        



                                


                            

En volume, bravo. En insertion internationale aussi. Mais en pourcentage, ça baisse. Voilà un résumé de la performance française. A première vue, celle du nombre d’articles publiés, tout va bien. Entre 2000 et 2015, les laboratoires ont en effet augmenté de 40 % leur nombre de publications, passées de 41 000 à 57 000. Des études qui sont en majorité le fruit de coopérations européennes et internationales. Et des points forts, en particulier en mathématiques, spécialité ancienne où la France pointe au troisième rang avec 6,5 % des publications, dépassée uniquement par les Etats-Unis et la Chine.
L’effort de la science française est d’autant plus notable que la dépense publique de recherche dans l’Hexagone n’a pas suivi la même évolution, puisqu’elle a diminué, à 0,8 % du PIB. Les effectifs des organismes de recherche ont, dans l’ensemble, stagné, le CNRS affichant une baisse de 10 % en dix ans, selon son ex-président Alain Fuchs. Seul le nombre d’universitaires a augmenté, mais cette évolution est plus guidée par l’afflux des étudiants que par une stratégie de recherche.
Tâches peu productives
De ces évolutions, on peut estimer que la « productivité » des laboratoires français a augmenté, avec un nombre d’articles plus élevé par scientifique et par euro dépensé. Ce résultat est d’autant plus remarquable que les scientifiques ont été contraints de mobiliser leur temps et leur énergie pour des tâches peu productives. En cause, la réforme des universités et les appels d’offres compétitifs pour financer les laboratoires. Le taux de succès de ces derniers est, par ailleurs, dérisoire : seuls 10 % des projets en lice dans le programme non thématique de l’Agence nationale de la recherche ont ainsi trouvé un financement.

Pourtant, malgré cet effort, la part mondiale des publications de la France a baissé, à 3,2 %, et le pays a, en moins de quinze ans, glissé du 5e au 7e rang, dépassé par la Chine et l’Inde. Plus significatif :...




                        

                        

