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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. A travers des témoignages, Claire Lajeunie dessine dans toute sa diversité le tableau sensible de vies précaires (sur France 5 à 20 h 55).
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TV – « Pauvres de nous »

Notre choix du soir. A travers des témoignages, Claire Lajeunie dessine dans toute sa diversité le tableau sensible de vies précaires (sur France 5 à 20 h 55).



Le Monde
 |    11.04.2018 à 17h45
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur France 5 à 20 h 55



Il y a parfois, au détour d’une soirée télé, des programmes qui bousculent, dérangent, poussent à la réflexion. Le documentaire de Claire Lajeunie est de ceux-là. La réalisatrice, habituée aux sujets délicats – femmes sans domicile fixe, ­enfants maltraités, mères célibataires, malades mentaux –, donne ici la parole à des hommes et à des ­femmes aux origines sociales et aux parcours très différents, mais dont le point commun est la ­pauvreté financière.
Les statistiques ­distillées à bon escient suscitent la stupeur, même si aucune donnée chiffrée ne provoque autant d’émotion que la parole de ceux qui ­témoignent ici. Aujourd’hui, neuf ­millions de personnes (un ­Français sur sept) vivent sous le seuil de pauvreté, avec moins de 1 015 euros par mois. Un enfant sur cinq est en ­situation de grande précarité. Des centaines de ­milliers de gens ­doivent se ­débrouiller avec l’équivalent de 7 euros par jour. Hors chômage, les travailleurs pauvres sont ­estimés à deux millions. ­Enfin, un million de personnes âgées ont moins de 1 000 euros par mois pour subvenir à leurs ­besoins.
La force de ce documentaire tient d’abord au choix des ­personnes qui parlent de leurs difficultés à s’en sortir. De Matteo (12 ans) et sa sœur Maeva (15 ans), près d’Angers, à Marianne (62 ans), de Tourcoing ; de Sébastien (33 ans), à Strasbourg, à ­Isabelle (54 ans), près de ­Mulhouse, en passant par Erwan (45 ans), à ­Paris, toutes et tous ­expriment, devant la caméra, des sentiments complexes. Que ce soit la ­tristesse, la colère, la honte, la joie de pouvoir s’offrir un petit plaisir ou la peur de ce qui les attend, les mots frappent au cœur.
« Pauvrophobie »
« Dans ce pays, il y a une espèce de pauvrophobie qui s’installe », ­estime Sébastien, titulaire de deux masters, hébergé dans un ­logement social après avoir vécu six mois dans sa voiture à la suite de la perte d’un emploi confortable, trois ans plus tôt. Une fois tout payé, ce trentenaire doit jongler avec l’équivalent de 6,60 euros par jour. Créateur d’un journal en ­ligne (L’Archipel des sans-voix), il participe à des réunions avec d’autres personnes en difficulté financière.« C’est pas parce qu’on est pauvre qu’on est débile ! Au CNRS de Grenoble, on a des chercheurs qui sont au RSA », rappelle à juste titre l’un des participants.

   


Matteo, gamin au regard triste et à la voix douce, vit au sein d’une famille recomposée dont les ­revenus s’élèvent à 800 euros par mois. « C’est un peu difficile ­l’argent. On vit avec très peu, mais on se débrouille. » Se débrouiller ? Il faut bien. « Il me manque à peu près 800 euros par mois. C’est pas facile à mon âge de demander de l’argent à sa mère », résume Erwan, kiosquier à Paris, divorcé et père d’une fille dont il s’occupe avec attention. L’argent qui ­man­que pour l’essentiel – pas le superflu –, c’est aussi le quotidien d’Isabelle, une jeune grand-mère énergique qui, après avoir ­longtemps travaillé en usine, multiplie les ménages et survit avec 460 euros. « Quand tu es dans la misère, tu apprends à te priver de tout. C’est épuisant, usant. » Marianne, également retraitée, perçoit une retraite de 672 euros. « J’ai habité à Paris, gagné beaucoup d’argent, tout claqué », se rappelle-t-elle en souriant. Tombée gravement malade, elle n’a pas retrouvé d’emploi stable. Ses enfants l’aident énormément. La France pauvre ? Elle n’est peut-être pas en marche, mais elle est debout.
Pauvres de nous, de Claire Lajeunie (France, 2018, 65 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A voir aussi ce soir. Le légendaire animateur du « Late Show » propose désormais un rendez-vous mensuel sur Netflix (à la demande).
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TV – « My Next Guest Needs no Introduction » : le nouveau talk de David Letterman

A voir aussi ce soir. Le légendaire animateur du « Late Show » propose désormais un rendez-vous mensuel sur Netflix (à la demande).



Le Monde
 |    11.04.2018 à 17h30
    |

            Renaud Machart








                        


Talk-show sur Netflix à la demande

A sa création, en 1997, ­Net­flix comptait une trentaine d’employés et proposait de la ­location par ­correspondance de DVD au public nord-américain. Vingt et un ans plus tard, ce vidéoclub est devenu une gigantesque plate-forme ­digitale mondiale de vidéos à la demande par ­abonnement.
Les derniers chiffres – que ­Net­flix ne communique jamais ­offi­ciel­lement – montrent qu’aux Etats-Unis, la courbe de pro­gression de ses abonnements ­­a dépassé celle des souscriptions à la télévision payante. En France, où Netflix est disponible depuis 2014, le site gagnerait 100 000 abonnés supplémentaires ­chaque mois, ­selon le quotidien Libération, pour un total estimé à près de 3,5 millions de comptes – et 118 millions d’abonnés dans le monde.
Il n’est donc pas étonnant que l’entreprise américaine rafle la mise en signant de gros contrats avec de grands noms : en matière de séries, Shonda Rhimes (Grey’s Anatomy) et Ryan Murphy (Glee) donneront la primeur à la plate-forme pour leurs productions à ­venir. ­L’animatrice de talk-show ­Chelsea Handler a pour sa part quitté le petit écran pour livrer à Netflix un­ rendez-vous à la grande liberté de parole.

   


Encore plus connu du grand ­public que cette dernière, David Letterman fut, durant trente-trois ans, le légendaire ­animateur de l’émission de fin de soirée (« Late Night ») de NBC puis de (« Late Show ») sur CBS. Après son retrait, en 2015, le journaliste n’a pas ­résisté longtemps : en ­janvier, ­Letterman lançait le ­premier des six épisodes d’une ­série mensuelle : My Next Guest Needs no Introduction (« Mon prochain invité n’a pas besoin d’être présenté »).
Les quatre épisodes à ce jour ­disponibles sont consacrés à ­Barack Obama, à George Clooney, à la ­militante pakistanaise Prix Nobel de la paix, Malala Yousafzai, et au rappeur Jay-Z. La plus-value du passage à Netflix est ­évidente : ­Letterman, qui, à la ­télévision, ­suivait les codes du talk-show avec des vedettes en promotion – ­dialogues et blagues préparées, entretiens courts et du tac-au tac – prend son temps et traite de sujets graves.
Netflix semble décidément être devenu l’endroit où il faut être. A tel point que Barack Obama ­lui-même y produirait bientôt une émission du même type – une concurrence directe pour Let­terman, qui fit de l’ancien ­prés­i­dent des Etats-Unis son premier invité de marque…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ La chaîne cryptée offrira gratuitement à compter du 26 avril un accès au catalogue musical de Deutsche Grammophon.
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Deutsche Grammophon, cadeau de Canal+

La chaîne cryptée offrira gratuitement à compter du 26 avril un accès au catalogue musical de Deutsche Grammophon.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 17h26
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 17h34
    |

            Nicole Vulser








                        



   


Que peuvent donc avoir en commun Jessye Norman et Cyril Hanouna ? La réponse sera donnée le 26 avril, jour du lancement officiel de Deutsche Grammophon +. Ce nouveau service de streaming et de vidéo à la demande consacré à la musique classique et à l’opéra sera proposé gratuitement aux abonnés de Canal+, à condition qu’ils soient équipés d’un décodeur haute définition.
Pour une fois, deux filiales de Vivendi – Canal + et Universal Music, la maison mère de Deutsche Grammophon – travaillent de concert. Une des rares synergies internes au sein du groupe de Vincent Bolloré. Dans un premier temps, 150 albums, soit une toute petite partie du prestigieux catalogue de musique classique sera accessible, avant une montée en charge progressive de l’offre. Au programme : des albums enregistrés en haute résolution ou en Dolby Atmos, des nouveautés du « label jaune », mais aussi des captations d’opéras, de concerts ou de symphonies. S’y ajouteront des playlists réalisées par les artistes maison comme Camille Thomas, Nemanja Radulovic, Gaëlle Arquez, les sœurs Labèque ou encore Julie Fuch, ainsi que des vidéos courtes ou encore des thématiques mensuelles comme le focus sur Claude Debussy à l’occasion du centenaire de sa mort ou l’année Bernstein…
Un environnement encombré
Fondé à Hanovre en 1898, Deutsche Grammophon reste aujourd’hui le plus ancien éditeur de musique enregistrée. Le label qui a procédé à la première captation d’Enrico Caruso en 1902 ou a signé successivement Herbert von Karajan, Dietrich Fischer-Diskau, Leonard Bernstein ou Pierre Boulez. Le Dr Clemens Trautmann, président de Deutsche Grammophon, fera le voyage pour le lancement officiel de ce nouveau service.
Une chaîne de plus consacrée à la musique arrive donc dans un environnement encombré qui compte déjà Mezzo, Classica, Brava, Medici. TV, Musique classique… Sans compter que les mélomanes avertis apprécient aussi une plateforme de streaming musical comme Qobuz, qui propose une qualité d’écoute exceptionnelle et un gigantesque répertoire d’œuvres musicales, ou des stations de radios gratuites comme France Musique et Radio Classique. La direction du label, consciente que les supports physiques ne sont plus depuis longtemps à la fête, entend ainsi conquérir, à peu de frais, un nouveau public.
De son côté, Canal+ souhaite-t-elle ripoliner son image avec cette opération ? Se redonner un vernis plus culturel pour gommer quelque peu l’effet des humoristes un peu lourds ou des footeux inhérents à la chaîne payante ? Peut-être.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Philippe Lançon, miraculé de l’attentat contre « Charlie Hebdo », raconte dans « Le Lambeau » ce qu’il a vécu depuis janvier 2015. Magistral.
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Après « Charlie », le journal du deuil

Philippe Lançon, miraculé de l’attentat contre « Charlie Hebdo », raconte dans « Le Lambeau » ce qu’il a vécu depuis janvier 2015. Magistral.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 14h52
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 17h56
    |

            Jean Birnbaum








                        



                                


                            

Au matin du 7 janvier 2015, peu de temps avant de se trouver collé au sol, la tête dans une mare de sang, Philippe Lançon était assis chez lui. Il écrivait un e-mail à Claire Devarrieux, qui dirige le service « Livres » au quotidien Libération. Dans ce message, le critique littéraire raillait les « bavardages » de ses confrères à propos de Michel Houellebecq, dont le nouveau roman, Soumission, sortait le jour même, et avec lequel il avait rendez-vous à la fin de la semaine. « Cela laisse du champ, samedi, pour un entretien que j’espère plus raisonnable et précis », se félicitait-il. Trois ans ont passé et Lançon y revient aujourd’hui sans grande fierté : « Ces phrases anodines, plutôt méprisantes et non dépourvues d’autosatisfaction, je les ai écrites comme si la vie allait continuer (…). Ce sont les derniers mots d’un journaliste ordinaire et d’un inconscient », note-t-il dans Le Lambeau, livre magistral, brûlant journal de deuil.

Vérité physiologique
Brûlant ? Magistral ? Nous écrivons ces mots et déjà la honte rôde. Ce texte revenu d’entre les morts, allons-nous le traiter depuis l’autre rive, dans les termes et selon les usages du journaliste ordinaire, cet inconscient dont la vie, elle, a continué ? Cela s’annonçait possible, puisque, en apparence, rien n’avait changé : nous avons vu Teresa Cremisi, l’éditrice de Philippe Lançon, qui nous a remis les épreuves du Lambeau ; nous avons appelé Pascale Richard, son attachée de presse chez Gallimard, pour lui dire notre souhait de publier les bonnes feuilles ; nous avons collectivement décidé d’en faire la « une » et fixé une date de parution. Tout s’est passé comme si l’auteur appartenait encore à notre monde ordinaire, celui des vivants rivés à leur fausse sécurité, à leur sotte insouciance. Et pourtant, à mesure que nous avancions dans le livre, il devenait clair que la frivolité n’avait aucune place : les ponts étaient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ « Le Monde des livres » publie en exclusivité des extraits du livre « Le Lambeau », de Philippe Lançon, grièvement blessé lors de l’attentat du 7 janvier 2015.
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Philippe Lançon, miraculé de « Charlie Hebdo », raconte ce qu’il a vécu depuis l’attentat

« Le Monde des livres » publie en exclusivité des extraits du livre « Le Lambeau », de Philippe Lançon, grièvement blessé lors de l’attentat du 7 janvier 2015.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 14h52
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 15h57
   





                        



                                


                            

Le chroniqueur Philippe Lançon, grièvement blessé au visage lors de l’attaque de l’hebdomadaire satirique « Charlie Hebdo » le 7 janvier 2015, publie Le Lambeau. « Le Monde des livres » dévoile en exclusivité cinq extraits de cet ouvrage magistral, brûlant journal de deuil.
Brûlant ? Magistral ? Nous écrivons ces mots et déjà la honte rôde. Ce texte revenu d’entre les morts, allons-nous le traiter depuis l’autre rive, dans les termes et selon les usages du journaliste ordinaire, cet inconscient dont la vie, elle, a continué ?
Cela s’annonçait possible, puisque, en apparence, rien n’avait changé : nous avons vu Teresa Cremisi, l’éditrice de Philippe Lançon, qui nous a remis les épreuves du Lambeau ; nous avons appelé Pascale Richard, son attachée de presse chez Gallimard, pour lui dire notre souhait de publier les bonnes feuilles ; nous avons collectivement décidé d’en faire la « une » et fixé une date de parution.
Tout s’est passé comme si l’auteur appartenait encore à notre monde ordinaire, celui des vivants rivés à leur fausse sécurité, à leur sotte insouciance. Et pourtant, à mesure que nous avancions dans le livre, il devenait clair que la frivolité n’avait aucune place : les ponts étaient coupés. Le Lambeau décrit cette béance. Philippe Lançon y hisse chaque évocation intime au niveau d’une méditation universelle sur notre temps, nos existences, nos aveuglements.

Le Lambeau, de Philippe Lançon, Gallimard, 512 p., 21 €. En librairie le 12 avril.
« La nuit des rois », page 12. La veille, au théâtre
« Je suis devenu critique par hasard, je le suis resté par habitude et peut-être par insouciance. La critique m’a permis de penser – ou d’essayer de penser – ce que je voyais, et de lui donner une forme éphémère en l’écrivant. (…)
La critique me permet-elle de lutter contre l’oubli ? Bien sûr que non. J’ai vu bien des spectacles et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le périodique intellectuel et culturel avait ouvert ses colonnes à un chroniqueur conservateur, avant de le licencier quelques semaines plus tard.
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Le magazine américain « The Atlantic » s’essaye à la diversité des opinions… et recule

Le périodique intellectuel et culturel avait ouvert ses colonnes à un chroniqueur conservateur, avant de le licencier quelques semaines plus tard.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 11h57
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 13h41
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


La question taraude une bonne partie de la presse américaine depuis l’élection surprise de Donald Trump. Ne serait-elle pas tombée dans le piège d’un entre-soi intellectuel qui l’aurait empêchée de voir les Etats-Unis tels qu’ils sont ? Jeffrey Goldberg, le rédacteur en chef du magazine The Atlantic, souvent privilégié par l’ancien président démocrate Barack Obama pendant son passage à la Maison Blanche, a tenté d’y répondre par un traitement de choc. Il a choisi, en mars, d’ouvrir les colonnes de cette publication réputée à une plume au vitriol, celle de Kevin Williamson, un polémiste redoutable, ancien chroniqueur de la National Review qui a longtemps été le creuset du conservatisme américain.
Comme l’arrivée de Bret Stephens, alors au Wall Street Journal, au New York Times, un an plus tôt, celle du transfuge n’est pas passée inaperçue, loin s’en faut. L’intrépide disposait pourtant d’un visa en bonne et due forme, puisqu’il s’était rangé pendant la présidentielle dans le camp des never trumpers rassemblant les intellectuels et membres d’anciennes administrations républicaines révulsés par le style et les thèmes défendus par l’ancienne star de la téléréalité. Un laissez-passer néanmoins insuffisant pour les lecteurs du magazine, qui abrite déjà depuis longtemps une ancienne « plume » de George W. Bush, David Frum.
« Les mauvaises idées ne méritent pas d’être débattues »
Les adversaires de cette ouverture éditoriale n’ont pas eu à chercher beaucoup pour instruire un procès en illégitimité. Hostile à l’avortement (comme au droit à choisir son identité de genre), Kevin Williamson avait ainsi défendu en 2014 une position particulièrement radicale, selon laquelle toute interruption volontaire de grossesse constitue, pour la femme qui y a recours, un homicide prémédité, passible selon lui du même châtiment qu’un assassinat. Provocateur, le conservateur avait même fait part de sa faiblesse pour la pendaison, jugeant l’injection létale un peu aseptisée. Jeudi 5 avril, Jeffrey Goldberg a mis fin à la collaboration avec Kevin Williamson.
Le limogeage a suscité autant de tumulte que le débauchage
Le limogeage a suscité autant de tumulte que le débauchage. Dans les colonnes du Washington Post, Ruth Marcus, qui défend des positions opposées à celles de Kevin Williamson sur l’avortement, a pris la défense de sa cohérence intellectuelle. Une partie de l’aile gauche américaine, en revanche, s’en est bruyamment réjouie. « Les mauvaises idées ne méritent pas d’être débattues », a tranché un contributeur du Huffington Post, Noah Berlatsky. Une partie de la droite y a vu la preuve de l’intolérance du camp d’en face, sans s’interroger outre mesure sur sa propre capacité à entendre d’autres arguments que ses propres slogans.
Les never trumpers républicains ont fait assaut d’amertume. Erick Erickson, du site The Resurgent, a considéré que l’épisode rappelle qu’« une bonne partie du conservatisme américain se trouve ghettoïsé non pas par choix, mais à la suite de demandes actives de la gauche pour que la droite soit réduite au silence ». Kevin Williamson « a été embauché pour la même raison qu’il a été congédié : il a des opinions bien senties et il les exprime très bien », s’est lamenté Jonah Goldberg, de la National Review. Les tranchées de la guerre culturelle américaine ont probablement un bel avenir devant elles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Le président de la République multiplie les initiatives pour peser à l’étranger par l’entremise de la richesse culturelle française.
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Emmanuel Macron et le « soft power » de l’art

Le président de la République multiplie les initiatives pour peser à l’étranger par l’entremise de la richesse culturelle française.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 10h07
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 10h08
    |

                            Philippe Dagen et 
Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

Au menu, servi dans de la ­porcelaine de Sèvres : ravioles végétales au foie gras et croustillant de saint-jacques aux olives noires. Ce mardi 13 mars, Emmanuel Macron reçoit à l’Elysée l’aristocratie des directeurs de musée parisiens. Tous sont attablés autour du chef de l’Etat et de son épouse, Brigitte, sous les ors du salon Murat : Jean-Luc Martinez (Louvre), Stéphane Martin (Quai Branly), Laurence des Cars (Orsay), Serge Lasvignes (Centre Pompidou), Sophie Makariou (Guimet), Laurent Le Bon (Picasso)… Catherine Pégard, ex-conseillère de Nicolas Sarkozy devenue présidente du château de Versailles, à la place de choix, à la gauche du maître des lieux.

Mais ce n’est pas à un déjeuner mondain qu’Emmanuel Macron a convié ses hôtes. Le chef de l’Etat veut les mettre au service d’un soft power qu’il entend développer, quitte à bousculer leurs habitudes. ­Observateur attentif de la geste présidentielle et notamment de celle du général de Gaulle, ­l’ancien ministre de l’économie en est persuadé : la culture est un « avantage comparatif » dans la compétition mondiale et il serait idiot de ne pas s’en servir. « La culture permet d’avoir une influence au-delà de son rang économique et géopolitique, explique-t-il. Il faut inventer une nouvelle grammaire de l’influence internationale et la culture en fait partie. »
Emmanuel Macron : « Il faut inventer une nouvelle grammaire de l’influence internationale et la culture en fait partie »
Utiliser le patrimoine pour doper sa ­diplo­matie ? L’idée n’est pas nouvelle. En 1963, ­André Malraux avait accompagné La Joconde aux Etats-Unis, réclamée par le couple Kennedy. En 2010, Nicolas Sarkozy a rendu à la Corée du Sud 297 manuscrits royaux du XIXe siècle, au grand dam de la Bibliothèque nationale, mise devant le fait accompli. « Je vois beaucoup de continuité dans la diplomatie culturelle de la France », estime Jean-Luc Martinez, le président-directeur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le projet du chef de l’Etat de renvoyer dans leur pays des œuvres prises au fil des conquêtes coloniales a mis en émoi musées et marchands.
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Diplomatie des musées : inquiétudes au sujet des restitutions africaines

Le projet du chef de l’Etat de renvoyer dans leur pays des œuvres prises au fil des conquêtes coloniales a mis en émoi musées et marchands.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 10h06
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 13h31
    |

                            Philippe Dagen et 
Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

Le 28 novembre 2017, à Ouagadougou (Burkina Faso), Emmanuel Macron déclare : « Le patrimoine africain ne peut pas être uniquement dans des collections privées et des musées européens. [Il] doit être mis en valeur à Paris, mais aussi à Dakar, à Lagos, à Cotonou, ce sera une de mes priorités. (…) Je veux que, d’ici cinq ans, les conditions soient ­réunies pour des restitutions ­temporaires ou définitives du ­patrimoine africain en Afrique. » Le mot « restitution » est lancé.

Il fait peur. A peine l’allocution diffusée, des directeurs de musée européens appellent leurs homologues français pour dire leur ­inquiétude. Le British Museum sera-t-il sommé une fois de plus de rendre à la Grèce les marbres du Parthénon ? Le soin de couper court à de telles extensions du discours est alors confié à ­Sté­phane Martin, qui préside au destin du Musée du quai Branly, à ­Paris. Le 7 décembre 2017, dans Le Monde, il affirme la « spécificité de la situation du patrimoine africain : il n’est plus en Afrique, et il est le seul dans cette situation. » Ce qui est incontestable : les œuvres – statues, masques, art mobilier, tissus, etc. – ont été enlevées en masse à partir du XIXe siècle au fil des conquêtes coloniales.

Trocs ou ventes que la position inégale du vendeur et de l’acheteur rend suspects aujourd’hui, mais aussi vols et pillages, butins de conquêtes et d’expéditions « punitives ». Ces « collectes » ­ali­mentent d’une part les musées – le Quai Branly, le Musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren, en Belgique, le British Museum à Londres – et, d’autre part, un commerce devenu important après la première guerre mondiale. Les réactions les plus virulentes sont donc venues de marchands.

Biens inaliénables
Le 22 mars, l’Elysée annonce qu’une mission de réflexion est confiée à l’historienne française Bénédicte Savoy, spécialiste des pillages napoléoniens, et à l’économiste...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Le dramaturge présente à Arras sa pièce « TBM », une histoire d’amour entre un Palestinien et un Israélien.
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Théâtre : Yuval Rozman mêle le rire à la tragédie

Le dramaturge présente à Arras sa pièce « TBM », une histoire d’amour entre un Palestinien et un Israélien.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 10h02
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 16h02
    |

            Brigitte Salino








                        



                                


                            

Les initiales TBM ont une double signification : elles désignent les tunnel boring machines, ces engins énormes qui servent à creuser des tunnels, et « très bien monté », une expression qu’emploient les hommes dans les annonces de rencontres sexuelles. Ce double sens, on le retrouve dans un spectacle de Yuval Rozman, Tunnel ­Boring Machine, qui est présenté à Arras après être passé au festival Artdanthé, à Vanves (Hauts-de-Seine), où on l’a découvert, un soir de mars. Ce fut une surprise : une histoire d’amour entre un Palestinien et un Israélien dans un de ces tunnels creusés depuis la bande de Gaza, dont certains servent de « baisodromes ». Mais ce n’est pas ce côté sulfureux qui domine dans le spectacle de Yuval Rozman. Plus forte est la dimension politique, les tentatives et l’impossibilité de franchir la barrière de l’incompréhension, et la haine ­entre Israéliens et Palestiniens.
Il y a quelque chose de sale, d’éclaté et de « bordélique » dans Tunnel Boring Machine. Et aussi une vie éclatante de désirs : la mise en scène et le décor enserrent les comédiens dans des tubulures, « comme dans une boîte de nuit de Berlin où des gens défoncés essayeraient de parler du conflit israélo-palestinien en dansant », lance Yuval Rozman, un samedi matin, au Carillon.

C’est lui qui a choisi ce café parisien proche de la République, où il a des souvenirs de nuits folles et magnifiques, et où certains de ses proches se trouvaient, le 13 novembre 2015 : « Je ne pensais pas, en quittant Israël, que je verrais un jour des attentats à Paris », reconnaît Yuval Rozman, qui aura 34 ans le 26 avril. Ses yeux sont bleus, ses cheveux noirs, et il se distingue par une façon directe de s’exprimer qui fait qu’il a préféré quitter son pays.
Dans un de ses tout premiers spectacles, Cabaret Voltaire, il mettait en cause « Benyamin Nétanyahou, l’occupation des territoires palestiniens et la culture...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Une création scénique riche mais déséquilibrée autour de Schubert.
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A Paris, la péniche La Pop embarque pour un voyage d’hiver luxuriant

Une création scénique riche mais déséquilibrée autour de Schubert.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 09h37
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 09h39
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

Pendant plus de trente ans, la Péniche Opéra a attiré dans ses cales les amateurs de productions lyriques hors norme, intimistes et souvent ouvertes à la musique contemporaine. Le bâtiment, jadis piloté par Mireille Larroche, est toujours amarré au même endroit, dans le bassin de La Villette, à Paris, mais il a changé d’équipage et de pavillon. Dirigée depuis 2016 par Olivier Michel et Geoffroy Jourdain (le tandem administrateur-chef de chœur qui préside, par ailleurs, aux destinées de l’ensemble Les Cris de Paris), la péniche, désormais baptisée La Pop, se définit comme « incubateur des musiques de scène » et se fait fort de ne présenter au public que des créations, lors de deux sessions, en automne et au printemps.
C’est dans ce cadre qu’était donnée, mardi 10 avril, la première représentation de Voyage d’hiver (une pièce de théâtre), spectacle cosigné par deux jeunes artistes, la metteuse en scène Clara Chabalier et le compositeur Sébastien Gaxie. Pour l’une comme pour l’autre, un matériau de qualité supérieure : des textes d’Elfriede Jelinek, Prix Nobel de littérature, et le célèbre cycle de Franz Schubert, Winterreise (Voyage d’hiver), pour voix et piano. La confrontation commence par un sommet d’intensité expressive. Une femme souffrant de troubles de l’anxiété parle d’elle-même et de l’immobilité. Elle apparaît par le biais d’une vidéo projetée sur un écran derrière lequel une chanteuse et un pianiste interprètent des bribes de lieder. Chaque phrase (empruntée à Moi l’étrangère ou à Sur Schubert, de Jelinek) fait mouche et conditionne l’écoute de la musique. L’auteur du poème Winterreise serait un « déserteur », le compositeur une « énigme ». Suivent des développements d’une psychologie étincelante.
Théâtre à deux vitesses
On croit s’installer dans une sorte de lecture mi-poétique, mi-intellectuelle quand l’humain, en chair et en os, fait irruption sur le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ La ministre de la culture a précisé son « plan bibliothèques ».
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Ouverture des bibliothèques le dimanche : Françoise Nyssen prône la souplesse

La ministre de la culture a précisé son « plan bibliothèques ».



Le Monde
 |    11.04.2018 à 09h23
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 10h16
    |

            Sandrine Blanchard








                        



   


Le rapport d’Erik Orsenna consacré à l’avenir des bibliothèques, remis le 20 février à Emmanuel Macron et Françoise Nyssen, ne finira pas, a priori, dans un tiroir. Devant un parterre de professionnels de la lecture publique, réuni dans l’auditorium du Grand Palais, à Paris, la ministre de la culture a précisé, mardi 10 avril, la teneur du « plan bibliothèques » qu’elle entend mettre en œuvre après la mission menée par l’académicien. « Les bibliothèques doivent ouvrir plus et devenir des maisons de services publics culturels », a-t-elle défendu en annonçant que cent cinquante bibliothèques volontaires ont déjà présenté des projets de transformation.

        Lire le compte-rendu :
         

          Vers l’ouverture des bibliothèques le dimanche



Sur la sempiternelle question de l’élargissement des horaires, la flexibilité est plus que jamais le mot d’ordre. « Il ne s’agit pas d’imposer à tous les établissements d’ouvrir le dimanche ou de doubler le volume horaire », a précisé Mme Nyssen. Les petites communes sont davantage appelées à « adapter » leurs horaires qu’à les étendre et, globalement, il n’est pas question de se focaliser sur le dimanche. L’extension pourra se faire en soirée, le samedi matin, ou entre 12 heures et 14 heures, en fonction des besoins des territoires. « C’est à vous de décider et à nous de vous accompagner », a résumé la ministre. Quelques objectifs « de progression » sont avancés, mais il ne s’agit pas de « règles », s’est-elle empressée de nuancer : un accroissement horaire de 20 % dans les villes de plus de 20 000 habitants, et une ouverture moyenne de cinquante heures par semaine pour les villes de plus de cent mille habitants.
Adhésion des collectivités locales et du personnel
Tant de souplesse et si peu de jacobinisme visent à faciliter l’adhésion des collectivités locales et du personnel à ces mesures. Une heure avant l’intervention de Mme Nyssen, Agnès Le Brun, vice-présidente de l’Association des maires de France et maire (Les Républicains) de Morlaix, défendait la nécessité que « le consentement vienne de la base » et rappelait la contradiction gouvernementale à reconnaître les compétences des maires pour gérer les bibliothèques tout en diminuant les dotations des collectivités.

        Lire le décryptage :
         

          Le rapport Orsenna préconise d’ouvrir trois bibliothèques universitaires le dimanche à Paris



Car, derrière l’extension des horaires, qui nécessite personnels et frais de fonctionnement supplémentaires, se pose la question du financement et de la qualité des emplois créés. Sur la plate-forme de consultation participative sur les bibliothèques, de nombreux professionnels s’inquiètent du fait qu’une ouverture plus grande des établissements se fasse au prix d’une « déprofessionnalisation et d’une précarisation de l’emploi ». Pour l’heure, les 8 millions d’euros supplémentaires obtenus au titre de la dotation générale de décentralisation devraient permettre de soutenir deux cents projets d’extension d’horaires. C’est peu au regard des 7 700 bibliothèques municipales, dont seulement cent trente sont ouvertes le dimanche. « Je me bagarrerai pour la pérennité de cette aide », promet Françoise Nyssen. De son côté, Agnès Le Brun, qui garde en mémoire les difficultés budgétaires lors de l’aménagement des rythmes scolaires, met en garde contre le risque d’un « simple amorçage financier sans lendemain ».
« Efforts partagés »
Pour montrer que « les efforts seront partagés » et que « l’exemple sera donné », la ministre a aussi repris la proposition du rapport Orsenna d’ouvrir davantage les bibliothèques universitaires (BU). Deux BU (contre une seule actuellement) seront ouvertes le dimanche à Paris à la rentrée 2018, et un appel à projets sera lancé pour de nouvelles ouvertures dominicales en 2019. « L’articulation entre BU et bibliothèques municipales est cruciale pour les étudiants », a insisté Noël Corbin, inspecteur général des affaires culturelles, qui a participé à la rédaction du rapport Orsenna.
Quant à la notion de « maisons de services publics culturels », elle recouvre les nouvelles missions que seront amenées à développer les bibliothèques. « Ces établissements, qui ne sont plus seulement des lieux où on emprunte un livre ou un DVD, peuvent jouer un rôle central dans plusieurs grands combats de société », a affirmé la ministre. Ainsi, pour réduire les inégalités d’accès à la culture, chaque école sera appelée à nouer un partenariat avec une bibliothèque de proximité. Pour améliorer l’inclusion des primo-arrivants, une bibliothèque par département sera référente pour l’apprentissage du français. Et, pour lutter contre les « fake news », une éducation à l’information sera proposée dans au moins trois bibliothèques par département et au moins une bibliothèque par ville de cent mille habitants. Quatre cents services civiques seront consacrés spécifiquement à ces formations.

        Lire le récit :
         

          Françoise Nyssen, une novice à l’épreuve du pouvoir






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le sextuor parisien disco-pop, qui vient de publier son premier album, « Matahari », est le groupe dont bruisse le Tout-Paris.
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L’Impératrice, une « French touch » pas si fraîche

Le sextuor parisien disco-pop, qui vient de publier son premier album, « Matahari », est le groupe dont bruisse le Tout-Paris.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 08h40
    |

            Bruno Lesprit








                        



                                


                            

C’est le groupe dont bruisse le Tout-Paris, et plus seulement : L’Impératrice, sextuor parisien disco-pop, qui vient de publier son premier album, Matahari (Microqlima Records/PIAS). A un train de sénateur puisque les premiers pas de la souveraine remontent à 2012. L’attente aura fait enfler la hype, avec des millions de vues sur Internet et une tournée en cours dont l’agenda ne cesse de s’allonger. Les faux novices ont joué deux soirs de suite, début avril, dans un Casino de Paris à guichets fermés avant de mettre le cap sur le Sud, l’Ouest et les festivals. Retour prévu dans la capitale en janvier 2019 pour une consécration au temple de l’Olympia.

Avec son nom, la formation bénéficie de l’air du temps, en vouant un culte à la féminité, présentée comme légère, sensuelle et sophistiquée, en opposition à un envers supposément viril, fruste, bourrin. « C’est frais » est l’expression qui revient le plus souvent au sujet de la nouvelle merveille de la « French touch » attirant fashionistas, hipsters et curieux dans la salle parisienne. Après un numéro de danseuse orientale à l’ancienne, L’Impératrice fait vibrer les murs avec une entrée en matière funk en diable.
Chic et postmoderne
Point fort, la rythmique avec énorme beat disco – charleston et grosse caisse au supplice – et un dialogue incessant entre les « cocottes » (figures sur une corde) du guitariste Achille Trocellier, émule de Nile Rodgers (Chic), et le groove puissant du bassiste David Gaugué. Derrière eux, deux claviéristes comblent l’espace musical par une sorte de panorama du synthétiseur, des nappes érotiques telles que les tissait Cerrone dans les années 1970 aux pianotages à deux doigts de la décennie suivante. Les références sont aussi cinématographiques, avec emprunts au easy listening de Francis Lai et de Vladimir Cosma. Pour une touche plus moderne, les breaks renvoient à l’electro-rock de Justice, joués avec des instruments et non des platines.

C’est...




                        

                        


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« Southern Belle » : Taelor F., déesse du chaos

Le documentariste Nicolas Peduzzi suit la dérive d’une jeune millionnaire texane, dont il cherche à comprendre les failles.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 07h39
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Dans ce documentaire, qui est aussi son premier long-métrage, Nicolas Peduzzi nous plonge dans le monde de Taelor F., jeune millionnaire texane qui le traverse comme un ange de l’Apocalypse. Des rondeurs camouflées dans de petites robes évasées, de jolies jambes fines invariablement juchées sur des plates-formes, des boucles d’or lui dégoulinant jusqu’au creux des reins, le sac Vuitton greffé au bras et la cigarette au bec, Taelor se pose là. Cette créature dont le regard semble s’ancrer dans la nuit des temps, qui tend au monde le miroir de son vide, de sa violence absurde, évolue au milieu d’une meute de rednecks racistes, sexistes, imbibés d’alcool, de drogue, fascinés par les armes à feu.

        Lire l’entretien avec Nicolas Peduzzi :
         

          « S’attacher à des personnages qui ont des défauts »



Nicolas Peduzzi les a suivis dans leurs virées, dont il restitue l’atmosphère chaotique par flashs. De la cocaïne partout sur la table en plein après-midi, des fusils qui traînent dans tous les coins, des bouteilles d’alcool qu’on ­siphonne au goulot. Tiens, si on allait « buter des Noirs » et « lever quelques putes », lance un des types à la cantonade. « Mais non, je blague, bébé », souffle-t-il à l’oreille de Taelor. Taelor s’en fout. Taelor est anesthésiée. Taelor est une survivante, rescapée du simulacre de télé-poubelle américaine dans lequel elle a grandi, dont elle est le pur produit.
Une certaine idée de l’enfer
Son père a fait fortune dans l’immobilier. Il est mort quand elle avait 14 ans, peu de temps après avoir divorcé de sa mère. Celle-ci aurait alors consacré son énergie à disputer à la gamine l’héritage dont elle s’est retrouvée l’unique légataire – 500 millions de dollars, tout de même –, la ­faisant interner dans un hôpital psychiatrique où on l’aurait droguée, pendant des mois, à haute dose. Le film ne cherche pas à restituer les faits dans leur exactitude. Comment le pourrait-il dans ce monde où l’idée de vérité s’est dissoute dans les vapeurs d’alcool et la morale vérolée de la télé-réalité ? A partir des bribes de récit que la jeune femme livre de son histoire, des images de son quotidien montées comme dans un reportage de MTV, il traque en revanche la vérité de son héroïne.
On retrouve la petite bande la nuit, sur un parking. Celui qui parlait de « buter des Noirs » prête son téléphone à un homme noir en détresse. C’est lui encore qu’on voit chanter à tue-tête, au clair de lune, sur le porche d’une maison de campagne, ce vieil air de country : « Les gens me demandent pourquoi je me défonce : parce que c’est une tradition familiale ! » Puis il se lance dans une longue déclaration d’amour à Taelor, célébrant cet insondable malheur qu’ils ont en partage, la force de caractère de la jeune femme, son génie singulier… Faisant mine de lui répondre, celle-ci se lance à son tour dans un monologue, tandis qu’il poursuit le sien. Aucun des deux n’écoute l’autre. Ils ne parlent que pour eux-mêmes. Une certaine idée de l’enfer émane de cette scène. Ce n’est pas la seule.
Taelor est vivante. Brisée mais bouleversante, comme sa voix qui résonne dans la salle vide d’un karaoké poisseux
Comme toutes les autres, cette nuit qui les aura aussi vus partir dans la brousse à la chasse au lièvre, à bord d’un pick-up transformé en tank de safari, fait place au jour. Taelor se réveille, découvre les bêtes tuées, disposées en rang d’oignon devant la maison. Délicatement, comme si elle ­accomplissait une forme de rituel, elle ferme les yeux de chacune. Taelor est vivante. Brisée mais bouleversante, comme sa voix qui résonne dans la salle vide d’un karaoké poisseux, chantant à pleins poumons A Change is Gonna Come, de Sam Cooke. Comme cette Marilyn des shopping malls qu’elle devient le temps d’un hit de Julio Iglesias craché par son autoradio, en se ­livrant sur le parking désert d’un hypermarché à un numéro de danse sidérant. Ressortie avec la carapace d’une héroïne de Mad Max du tas de cendres qui restait de sa vie, Taelor porte en bandoulière un désespoir teinté d’une fierté punk et chérit tout à la fois la mémoire d’un temps si proche et pourtant si lointain où elle éprouvait encore des sentiments.
Dans ce film qui, sans elle, n’aurait guère plus de profondeur qu’un reportage à la « Strip-tease », elle fait souffler un vent cassavetien. La mélancolie ravageuse qui sourd sous son masque d’indifférence la rend à la fois attachante et sublime. L’Amérique fracassée de Trump a trouvé sa Gena Rowlands.

Documentaire français de Nicolas Peduzzi (1 h 30). Sur le Web : www.septiemefactory.com/southern-belle



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Le réalisateur revient sur le tournage de son premier film, « Southern Belle », sur l’héritière d’un milliardaire texan, prénommée Taelor.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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Nicolas Peduzzi : « Le cinéma permet de s’attacher à des personnages qui ont des défauts »

Le réalisateur revient sur le tournage de son premier film, « Southern Belle », sur l’héritière d’un milliardaire texan, prénommée Taelor.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 07h38
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 12h18
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Une sorte de nonchalance bienvenue ambiance la rencontre avec Nicolas ­Peduzzi, auteur d’un film trash sur l’héritière d’un milliardaire texan, prénommée Taelor. Ce grand garçon calme, trompant peut-être son monde, ne donne l’impression ni de vouloir maîtriser l’art de la communication, ni d’avoir forcé le destin pour réaliser son premier long-métrage, pas davantage d’avoir remué ciel et terre pour obtenir le Grand Prix de la compétition française qui a couronné Southern Belle au Festival international du documentaire de Marseille (FID).

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Je l’ai rencontré avec Taelor, son personnage principal, qui était ma petite amie pendant deux ans aux Etats-Unis. Mais elle avait de tels problèmes d’addiction qu’elle n’arrivait plus à fonctionner et moi-même je n’arrivais plus à l’aider. Malgré notre ­séparation, Taelor est quelqu’un qu’on n’oublie pas. Nous sommes restés amis. C’est un personnage tellement excentrique, tellement peu commun, à la fois si vivante et si détruite, que l’idée de faire quelque chose avec elle m’est venue très tôt, et m’a poursuivi longtemps. J’avais en tête Gena Rowlands, ce genre de femme. Sauf qu’avec Taelor, tout est réel. Et en même temps, tout tend vers la fiction : son histoire stupéfiante, son conflit atroce avec sa mère, son internement forcé, ses amis politiquement terrifiants. On ne sait d’ailleurs jamais vraiment tout à fait ce qui est vrai ou faux avec elle, et je crois qu’elle-même, parfois, ne le sait plus.
Ces personnages très « limites » animent un film qui, parce qu’il ne ­cherche pas à édulcorer leur décadence, est lui aussi très limite. Avez-vous conscience d’avoir réalisé une œuvre qui pourrait rebuter les ­spectateurs ?
Oui, bien sûr. Certains ont reproché au film son intérêt pour la « pauvre petite fille riche ». Beaucoup d’autres, heureusement, ont été touchés par Taelor, ont vu l’immense détresse qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Les réalisateurs Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval signent un documentaire rare et précieux sur la « jungle ».
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« L’Héroïque Lande » : à Calais, la fin d’un monde

Les réalisateurs Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval signent un documentaire rare et précieux sur la « jungle ».



Le Monde
 |    11.04.2018 à 07h35
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Dès 2006, le réalisateur Nicolas Klotz, en col­laboration avec Elisabeth Perceval, mettait sur le devant de la scène cinéma­tographique française la question des réfugiés et de la politique d’accueil les concernant. Le film s’intitulait La Blessure. C’était, entre l’accueil brutal à Roissy et la vie d’un squat à Paris, une fiction documentée pleine de beauté insolente et de rage poétique, qui s’in­surgeait contre la manière particulièrement violente et cynique dont on traitait, dans notre pays, la personne humaine.
Douze ans plus tard, on reconnaîtra sans mal le style enlevé, l’ambition lyrique et la position morale des coréalisateurs dans L’Héroïque Lande. La frontière brûle, nouveau film sur le sujet, passé cette fois-ci avec armes et bagages du côté documentaire, sans abandonner pour autant le souci esthétique ni les amorces de fiction.
On se trouve ici dans la « jungle » calaisienne, où douze mille réfugiés dans l’attente d’une improbable délivrance sont confinés à l’hiver 2016. Le film, tourné de janvier 2016 à février 2017, semble ­remonter des entrailles d’une ville-monde grouillante de vie, et en même temps portant avec elle très fortement les possibilités de son effacement (qui adviendra). Tentes de fortune, humanité en veille constante, boutiques précaires, tendresse des babioles et des loupiotes, froid qui mord, braseros dans la nuit, boulanger à demeure, troc de puces de téléphone, installations de bric et de broc, réchauds portatifs, tout un chez-soi bricolé les pieds dans la boue…
Une histoire souvent terrifiante
Parmi des foules indistinctes et mouvantes, des personnages reviennent. Le film est suffisamment long, suffisamment posé, pour qu’on les identifie. Ils se nomment Yared, Zeid, Dawitt, Almaz. Ils prennent l’apparence, par exemple, d’une jeune fille qui n’aime rien tant qu’à taquiner son amant et rêver d’un avenir commun plus apaisé. Ils viennent de Syrie, d’Afghanistan, d’Ethiopie, d’Erythrée. Ils parlent, par bribes, de leur histoire, souvent terrifiante, du désespoir infini qui, sournoisement, les saisit.
Ils n’en possèdent pas moins la lueur de leur jeunesse, cette légèreté en dépit de tout, cet espoir en dépit du pire, qui brûle au fond des yeux. Qu’il en faille si peu, de ces yeux, de ces visages, pour nous rappeler à notre fraternité avec eux rend, par contraste, démentielles les raisons qui cherchent à nous la faire oublier.
Yared, Zeid, Dawitt, Almaz… n’en possèdent pas moins la lueur de leur jeunesse, cette légèreté en dépit de tout, cet espoir en dépit du pire, qui brûle au fond des yeux
C’est auprès d’eux que le film se réalise, au plus près, dans ce paysage exclusif qui est le leur, circonscrit par les barbelés, creusé par la nuit, interminable comme la lande, fermé plutôt qu’ouvert sur l’horizon béant. Des policiers passent, inutilement provocateurs et agressifs devant le grand malheur du monde, dispensateurs de honte. Des bateaux et des ferries passent au loin, inaccessibles, tels de grands rêves de fer qui glissent silencieusement et s’abîment dans la brume. Pendant ce temps, la « jungle » se réduit comme peau de chagrin : première destruction de la zone sud au printemps 2016, évacuation totale à l’automne.
Il en restera donc ce film, en ceci rare et précieux, d’ailleurs plus atmosphérique qu’informatif, plus sensible aux êtres, au cadrage, aux sons, aux éléments, au paysage qu’à la tenue d’une chronique ­digne de ce nom. Son propos, d’évidence, fut d’accompagner, de conférer une tenue, de mettre un peu de beauté dans ce désordre, de rendre ceux-là que nous ne voyons pas à leur humanité, c’est-à-dire à notre condition ­commune. La musique – Rihanna (Diamonds), Christophe (Dangereuse), Brahms (Concerto pour piano n° 2), Leonard Cohen (Stanger Song) – y aide beaucoup. L’Héroïque Lande nous fait ainsi entrer à pas de loup dans ces temps futurs qui ont déjà commencé, dans cette ère où il faudra, décidément, choisir de vivre ou de mourir ensemble sur cette lande qu’on appelle la terre, et qu’il dépend encore un peu de nous qu’elle nous nourrisse ou qu’elle nous vomisse.
Exister ou disparaître, telle est l’unique dramaturgie de ce film, telle est l’unique question qu’il nous pose. La « jungle » a été rasée. Un homme seul, silhouette gracieuse, danse sur le rivage. Derrière lui, un bateau, le dernier peut-être, traverse l’écran. Tout est calme, tout est pâle. Leonard chante. Une brume blanche estompe la frontière entre terre et mer, dévore le paysage. Nous sommes à la fin du monde. A moins que ce ne soit le début d’un autre.

Documentaire français de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval (3 h 45). Sur le Web : www.shellac-altern.org/films/437



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ La cinéaste s’essaie à la sitcom familiale dans l’environnement explosif de South Central.
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« Kings » : Deniz Gamze Ergüven perdue dans un ghetto

La cinéaste s’essaie à la sitcom familiale dans l’environnement explosif de South Central.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 07h34
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Un moment, on croit retrouver ce qui faisait la force de Mustang, le premier long-métrage de Deniz Gamze Ergüven : un intérieur surpeuplé où se frottent, se caressent et se heurtent des êtres qui n’osent s’aventurer dans le monde. Mais Kings se situe loin des rivages de la mer Noire, où grandissaient les jeunes filles de Mustang. Le territoire sur lequel s’est aventurée la réalisatrice turque (désormais française, aussi) est l’un des plus périlleux qui s’offre aux cinéastes qui ne sont pas nés dans la communauté afro-américaine. On est à South Central, ghetto de Los Angeles, en 1992, dans les jours qui précèdent le verdict dans le procès des policiers qui ont torturé l’automobiliste afro-américain Rodney King. Et malgré la bravoure de l’auteure, il n’est guère de piège que tend cet environnement explosif dans lequel elle ne tombe.

        Lire le portrait dans « M » :
         

          Deniz Gamze Ergüven, cinéaste de toutes ses forces



L’intérieur, c’est l’appartement de Millie (Halle Berry). C’est une femme merveilleuse : elle a recueilli une demi-douzaine d’enfants (orphelins, fils ou filles de détenus, de toxicomanes…), et, pour nourrir tout ce monde, fait cuire des gâteaux qu’elle livre dans le quartier. Les aînés sont adolescents, les petits parlent à peine. C’est donc en campant ce décor que la réalisatrice entretient, un temps, l’espoir du spectateur. Halle Berry joue une femme toujours sur le point d’être débordée (par ses ouailles, l’administration, le temps qui passe), et, dans le petit espace où vit la fratrie improvisée, on devine les dynamiques qui unissent ou divisent les enfants.

        Lire le portrait (paru en juin 2015) :
         

          Deniz Gamze Ergüven, impatiente inflexible



Le projet de Deniz Gamze Ergüven n’est pas de faire de ce microcosme l’image du monde qui bouillonne à l’extérieur, mais plutôt d’organiser l’affrontement entre ces deux univers. C’est ce mouvement qui défait le film.
Ruptures de ton
Au tout début de Kings, elle choisit de mettre en scène la mort de Latasha Harlins, survenue au printemps 1991. L’adolescente afro-américaine fut tuée d’une balle dans la tête par une boutiquière née en Corée, qui accusait la jeune fille d’avoir volé une brique de jus d’orange. La tireuse fut condamnée à une amende et à des travaux d’intérêt général. Comment faire tenir dans le même espace l’espèce de sitcom familiale qu’esquisse la réalisatrice au début de son film et la tragédie qui gronde, des mois durant, avant d’exploser, à partir du 29 avril 1992, date de l’acquittement des policiers qui avaient passé à tabac Rodney King ?
La tâche était surhumaine. Deniz Gamze Ergüven ne l’a pas allégée en introduisant dans son récit un personnage et des ruptures de ton qui finissent par empêcher de le prendre tout à fait au sérieux. Le personnage, c’est celui d’Obie (Daniel Craig), un écrivain qui se définit comme le seul Blanc du quartier. Peut-être est-il venu à South Central pour nourrir son inspiration – à moins que les loyers du reste de la métropole ne l’aient contraint à ce choix. Le scénario n’en dira rien, pas plus que ce qui conduit Millie à se comporter comme une dame patronnesse du ghetto, incapable de résister aux attraits d’un cas social.
Virage burlesque
Ces zones d’ombre du scénario ne laissent qu’une explication plausible à l’idylle qui se noue entre Millie et Obie : pour ses débuts à Hollywood (enfin, dans les alentours), on ne peut gâcher le concours de deux têtes d’affiche. Peut-être parce que Deniz Gamze Ergüven est consciente de l’incongruité de la situation (on parle d’un épisode de guerre civile, qui a conduit à la destruction du cadre de vie de dizaines de milliers de personnes, et le film s’en sert pour esquisser une comédie romantique entre Catwoman et 007), Kings prend alors un virage burlesque, le long d’une séquence qui voit les deux vedettes enchaînées à un lampadaire par un policier, et leur libération grâce aux performances athlétiques de la star masculine, qui, pour arriver à ses fins, a besoin de débarrasser sa collègue de son pantalon.
Le geste est audacieux, mais on se souviendra surtout de son effet destructeur. Ce qu’il y a de convaincant dans Kings (entre autres le personnage de Nicole, que joue Rachel Hilson, adolescente en voie d’autodestruction) est comme effacé par les dérapages qui font sortir le film du chemin que semblait s’être assigné la réalisatrice.

Film français et chinois de Deniz Gamze Ergüven. Avec Halle Berry, Daniel Craig, Lamar Johnson, Rachel Hilson (1 h 31). Sur le Web : www.advitamdistribution.com/films/kings



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Onze ans après le 4e volet de la saga de Luc Besson, le nouvel opus, avec une équipe d’acteurs renouvelée, peine à convaincre.
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« Taxi 5 » : retour sans vrombissement dans la cité phocéenne

Onze ans après le 4e volet de la saga créée par Luc Besson, le nouvel opus, avec une équipe d’acteurs renouvelée, peine à convaincre.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 07h32
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 08h04
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Les franchises comiques françaises à fort capital de sympathie se comptent sur les doigts d’une main. Leur bonne santé transgénérationnelle explique leur tendance, même tardive, à la résurrection, rarement pour le meilleur. Les Bronzés étaient ainsi réapparus en 2006, après vingt-sept ans d’éclipse, Les Visiteurs en 2016, à la suite de dix-huit années d’errance spatio-temporelle. Rien d’inoubliable. Il ne manquait plus que Taxi, comédie d’action marseillaise imaginée, écrite et coproduite en des temps préhis­toriques par Luc Besson, dont la course, inaugurée sous la ­conduite de Gérard Pirès, en 1998, fut stoppée au quatrième titre, en 2007, alors que Gérard Krawczyk était au volant. Le rapport de rentabilité en explique peut-être l’arrêt, le premier opus, financé à hauteur de 8 millions d’euros, ayant généré 6,5 millions de spectateurs, le quatrième « chutant » à 4 millions d’entrées pour une mise de 17 millions d’euros.
L’écurie « Taxi » revient aujourd’hui, mais se distingue – comme le souligne le titre, « La Relève » – en misant sur le renouvellement de ses équipes
En tout état de cause, l’écurie Taxi revient aujourd’hui, mais se distingue – comme le souligne le titre, La Relève – en misant sur le renouvellement de ses équipes. Exit, donc, Samy Naceri (Daniel, le dingue), Frédéric Diefenthal (Emilien, le gentil flic) et Marion Cotillard (Lily, la fiancée du précédent), celle-ci ayant déjà pris la poudre d’escampette au film précédent. Bernard Farcy (l’indécrottable commissaire Gilbert) est donc un des rares survivants – encore a-t-il dû quitter la police pour exercer sa sagacité comme maire de Marseille. Tout cela relève donc de la prise de risques, étant donné la popularité que ce quatuor avait conquise dans le cœur des fans de la franchise.
Luc Besson, qu’on retrouve à la coécriture du film, a visiblement voulu passer un coup de peinture fraîche sur le véhicule (qui reste curieusement une Peugeot 407, alors que tout change autour d’elle) et parler aux nouvelles ­générations. Franck Gastambide a donc été choisi pour réaliser le film, fort du succès de ses deux longs-métrages, Les Kaïra (2012) et Pattaya (2016), dispensateurs d’une image plus contemporaine de l’humour des cités. Il y interprète un super-flic parisien muté à la police municipale marseillaise. A ses côtés se trouve ­l’humoriste Malik Bentalha, alias Eddy Maklouf, censément le petit-neveu du mythique Daniel. Se glisse également Sabrina Ouazani, qui interprète la sœur de ce dernier, par ailleurs gonfleuse de moteur hors pair.
Un tandem qui manque de jus
Les méchants étrangers du jour – après être venus de Germanie, du Japon, de Chine et de Belgique – sont des mafieux napolitains dévalisant, au volant de bolides transalpins, les joailleries de la cité phocéenne. Toutefois, le résultat de cette nouvelle alchimie ne ­convainc pas vraiment. Le film semble moins écrit, les personnages moins attachants, l’intrigue est délaissée, les dialogues inégaux, l’action sans éclat. Le tandem principal manque de jus, avec un Franck Gastambide qui prend le volant sans retrouver le feu et la dinguerie du conducteur originel, et un Malik Bentalha qui paie son écot comique (rendant grâce à Elie Semoun) sans trouver la profondeur d’un caractère. Quant aux méchants – viendraient-ils de la série Gomorra –, ils manquent ­singulièrement de tenue.
La meilleure part du film vient donc de la fine équipe de la police municipale marseillaise et de ses remarquables interprètes. Cons­tituée d’un idiot logorrhéique, d’un nain agressif, d’une obèse nymphomane, d’un pervers incontrôlable et d’un grand dadais adepte des farces et attrapes, cette exécrable bande de seconds couteaux élève l’humour lourdingue du film (un festival de vomi, de caca et de crachats) vers l’absurde et le cartoon, horizon dont il eût été plaisant qu’il prenne plus hardiment la direction.

Film français de Franck Gastambide. Avec Franck Gastambide, Malik Bentalha, Bernard Farcy, Ramzy Bedia, Sabrina Ouazani (1 h 42). Sur le Web : www.europacorp.com/fr/films/taxi5 et www.arpselection.com/category/tous-nos-films/comedie/taxi-5-429.html



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda mène une réflexion austère sur l’éthique et la justice.
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« The Third Murder » : un coupable trop parfait

Le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda mène une réflexion austère sur l’éthique et la justice.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 07h31
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Un homme a été arrêté pour un meurtre brutal, celui de son patron, assommé et brûlé. Son avocat utilise tous les ressorts de la procédure pour accroître sa notoriété, tout en essayant de découvrir la vérité. En plein milieu de son procès, l’accusé, qui risque la peine de mort, va revenir, en effet, sur ses propres aveux.
Qu’est-ce qui guide ce comportement inattendu ? L’avocat, dont la pureté des intentions apparaît parfois douteuse, est-il lui-même l’objet d’une manipulation orchestrée par un personnage particulièrement pervers ?
Dimension démonstrative et rhétorique
Le nouveau film de Kore-eda est tout autant une austère réflexion sur l’éthique et la justice qu’une interrogation proprement métaphysique sur la notion de culpabilité elle-même. Le meurtre est-il justifiable ? Le Mal est-il toujours absolu ? La dimension un peu démonstrative et rhétorique de The Third Murder est compensée par l’intense interprétation de Koji Yakusho, le comédien fétiche d’Imamura sur ses derniers films ainsi que de Kiyoshi Kurosawa.
Film japonais d’Hirokazu Kore-eda. Avec Koji Yakusho, Masaharu Fukuyama, Suzu Hirose (2 h 05). Sur le Web : www.le-pacte.com/france/news/detail/the-third-murder



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Pour son premier long-métrage en tant que réalisateur, l’acteur Nicolas Giraud s’abîme dans l’image de la jeune Clara Ponsot.
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« Du soleil dans mes yeux » : trop jolie pour être vraie

Pour son premier long-métrage en tant que réalisateur, l’acteur Nicolas Giraud s’abîme dans l’image de la jeune Clara Ponsot.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 07h29
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


L’avis du « Monde » – on peut éviter
S’il y a bien une chose qui s’exprime dans ce premier long-métrage de l’acteur Nicolas Giraud, c’est la fascination que lui inspire Clara Ponsot, jeune actrice qu’il scrute sous toutes les coutures pendant une heure et demie, magnifiant dans chaque plan son corps sensuel, son visage pulpeux, ses grands yeux de chat…
Pour cette raison même, on peine à croire au personnage qu’elle incarne : une jeune veuve traumatisée, fraîchement sortie d’un long séjour en hôpital psychiatrique, qui vient récupérer, après une longue période de séparation, son fils chez sa belle-mère (Hélène Vincent), et fait la connaissance d’un marin de passage (interprété par Nicolas Giraud lui-même, qui est à l’origine acteur).
Drame psychologique naturaliste
Quand bien même y croirait-on qu’on aurait du mal à s’y intéresser tant ce drame psychologique naturaliste semblant sorti du tréfonds des années 1990 laisse peu de place au spectateur : jeu d’acteurs tout en componction, dialogues chuchotés, lumière poudrée estompant la misère des décors, intimisme douceâtre, non-dits qui en disent long… Ecrasée par tant d’esprit de sérieux, verrouillée par une dramaturgie mécanique, l’intrigue en reste au stade de l’esquisse. Une manière comme une autre d’inviter le public à s’abîmer dans l’image de la jolie Clara Ponsot.

Film français de Nicolas Giraud. Avec Clara Ponsot, Hélène Vincent, Nicolas Giraud (1 h 26). Sur le Web : www.mc4-distribution.fr/film.php?id_film=2



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Chaque semaine, dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 10/04/2018
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De « L’Ile aux chiens » à la « jungle » de Calais : un mercredi au cinéma

Chaque semaine, dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 07h54
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Nos trois coups de cœur ce mercredi : le film d’animation de Wes Anderson et deux documentaires français.
CRÉDO CANIN POUR LA DIGNITÉ DES VIVANTS : « L’Ile aux chiens », de Wes Anderson

L’animation réussit bien à Wes Anderson, dandy texan et auteur d’une petite dizaine de films élégants et tirés à quatre épingles. Huit ans après Fantastic Mr. Fox (2010), c’est la deuxième fois qu’il s’adonne à l’animation en volume.
L’Ile aux chiens se déroule dans un Japon dystopique, pays réinventé dont l’esthétique cérémonieuse offre un terrain de jeu idéal aux compositions frontales et guindées du cinéaste. Dans la mégalopole fantaisiste de Megasaki, le maire Kobayashi décrète le bannissement de tous les chiens sur une île-décharge du littoral, à la suite d’une épidémie de grippe canine qui sème l’insalubrité. Par démagogie, il y envoie son chien, nommé Spots. C’est compter sans l’attachement de son fils, Atari, qui fugue illico en direction de l’île pour retrouver son compagnon.
Une effervescence romanesque menée tambour battant, où le simple fait de raconter devient en soi une entreprise gigogne et ludique, dans un contexte de mise au rebut des objets comme des êtres vivants qui est quant à lui clairement politique. Mathieu Macheret
« L’Ile aux chiens », film d’animation américain et allemand de Wes Anderson. Avec les voix de Bryan Cranston, Edward Norton (1 h 41).
CALAIS, PAVANE POUR UNE « JUNGLE » DÉFUNTE : « L’Héroïque Lande », de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval

Images de la « jungle » calaisienne, où douze mille réfugiés dans l’attente d’une improbable délivrance sont confinés à l’hiver 2016. Les cinéastes Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval les ont rejoints. Le film, tourné de janvier 2016 à février 2017, semble ­remonter des entrailles d’une ville-monde grouillante de vie, et en même temps portant les possibilités de son effacement (qui adviendra).
Tentes de fortune, humanité en veille constante, boutiques précaires, tendresse des babioles et des loupiotes, froid qui mord, braseros dans la nuit, boulanger à demeure, troc de puces de téléphone, installations de bric et de broc, réchauds portatifs, tout un chez-soi bricolé les pieds dans la boue. Parmi des foules indistinctes et mouvantes, des personnages reviennent. Le film est assez long, suffisamment travaillé pour qu’on les identifie. Ils ont la lueur de la jeunesse, cette légèreté en dépit de tout, cet espoir en dépit du pire, qui brûle au fond des yeux. Qu’il en faille si peu, de ces yeux, de ces visages, pour nous rappeler à notre fraternité avec eux rend, par contraste, démentielles les raisons qui cherchent à nous la faire oublier.
Film infiniment précieux donc, qui confère une tenue, met un peu de beauté dans notre désordre, rend ceux-là mêmes qu’on voudrait nous interdire de voir à leur humanité, à leur fragilité, c’est-à-dire à notre condition ­commune. Jacques Mandelbaum
« L’Héroïque Lande », documentaire français de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval (3 h 45).
SUPERHÉROÏNE DU MAUVAIS RÊVE AMÉRICAIN : « Southern Belle », de Nicolas Peduzzi

Dans ce documentaire, qui est aussi son premier long-métrage, Nicolas Peduzzi nous plonge dans le monde de Taelor F., jeune millionnaire texane qui le traverse comme un ange de l’Apocalypse. Des rondeurs camouflées dans de petites robes évasées, de jolies jambes fines invariablement juchées sur des plates-formes, des boucles d’or lui dégoulinant jusqu’au creux des reins, le sac Vuitton greffé au bras et la cigarette au bec, Taelor se pose là.
Elle est une survivante, rescapée du simulacre de télé-poubelle dans lequel elle a grandi, dont elle est le pur produit. Son père a fait fortune dans l’immobilier. Il est mort quand elle avait 14 ans, peu de temps après avoir divorcé de sa mère. Celle-ci aurait alors consacré son énergie à disputer à la gamine l’héritage dont elle s’est retrouvée l’unique légataire.
Dans ce film qui, sans elle, n’aurait guère plus de profondeur qu’un reportage à la « Strip-tease », elle fait souffler un vent cassavetien. La mélancolie ravageuse qui sourd sous son masque d’indifférence la rend à la fois attachante et sublime. L’Amérique fracassée de Trump a trouvé sa Gena Rowlands. Isabelle Regnier
« Southern Belle », documentaire français de Nicolas Peduzzi (1 h 30).

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 11 avril)
L’Héroïque Lande. La frontière brûle, documentaire français de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval (à ne pas manquer)L’Ile aux chiens, film d’animation américain et allemand de Wes Anderson (à ne pas manquer)Southern Belle, documentaire français de Nicolas Peduzzi (à voir)Kings, film français et chinois de Deniz Gamze Ergüven (pourquoi pas)Luna, film français d’Elsa Diringer (pourquoi pas)Taxi 5 : La Relève, film français de Franck Gastambide (pourquoi pas)The Third Murder, film japonais d’Hirokazu Kore-eda (pourquoi pas)Du soleil dans mes yeux, film français de Nicolas Giraud (on peut éviter)
Nous n’avons pas vu :
On a 20 ans pour changer le monde, documentaire français d’Hélène MédiguePlutôt mourir que mourir, documentaire français de Natacha NisicSherlock Gnomes, film d’animation américain de John Stevenson





                            


                        

                        

