<FILE-date="2018/04/11/19">

<article-nb="2018/04/11/19-1">
<filnamedate="20180411"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180411"><AAMMJJHH="2018041119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ L’avocate et ancienne ministre de l’environnement lance une action collective pour demander un moratoire de l’installation des compteurs électriques communicants.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Linky : Corinne Lepage et un groupe d’avocats lancent une action collective contre le compteur électrique

L’avocate et ancienne ministre de l’environnement lance une action collective pour demander un moratoire de l’installation des compteurs électriques communicants.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 16h32
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 18h00
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


« Il est anormal d’exposer des gens à un risque, même s’il est très faible ou qu’il n’est pas encore connu. » C’est au nom du principe de précaution que l’ancienne candidate à la présidentielle de 2012, Corinne Lepage, a rejoint la bataille des opposants au compteur Linky.
Avec un groupe d’avocats, l’ancienne ministre de l’environnement d’Alain Juppé a lancé, lundi 9 avril, un appel à la ministre de la santé, Agnès Buzyn, ainsi qu’au ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot demandant de suspendre le déploiement de Linky par Enedis (Ex-ErDF, filiale d’EDF chargée de la distribution d’électricité). Si le gouvernement ne réagit pas à cet appel, ce collectif d’avocats menace de mener plusieurs actions juridiques pour défendre des particuliers et des communes refusant l’installation du compteur.
Depuis le début de son déploiement en 2015, le compteur Linky suscite des oppositions chez certains citoyens et dans certaines communes. Plus de 8 millions de compteurs ont déjà été installés, et le déploiement doit s’effectuer jusqu’en 2021.

        Lire aussi :
         

                Les 5 questions que pose le compteur Linky



Aucune étude officielle n’a permis de constater des dangers
Avec un collectif d’avocats, Mme Lepage a ouvert une plate-forme pour recueillir les témoignages de personnes électrosensibles, qui se disent perturbées par la proximité d’un compteur – ils affirment en avoir déjà reçu plus de 3 800. Le collectif entend ensuite obtenir en justice le droit pour ces plaignants de refuser la pose d’un compteur. « Si on a une jurisprudence favorable, Enedis sera obligé d’en tenir compte et d’arrêter la pose des compteurs », veut croire l’ancienne ministre et eurodéputée.
« Je ne dis pas que Linky est dangereux, parce que je n’en sais rien. Mais on commence toujours par nous dire qu’il n’y a aucun problème pour s’apercevoir, quinze ans plus tard, qu’il y en avait un… », explique Corinne Lepage au Monde.
A ce jour, aucune étude officielle n’a permis de constater des dangers pour la santé à cause du compteur Linky. Le travail effectué par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a estimé que les ondes émises par un compteur Linky étaient comparables à celles émises par d’autres équipements électriques (box Internet, lampes LED, chargeurs de portables…). L’Agence nationale des fréquences (ANFR) est arrivée aux mêmes conclusions.
Très difficile de refuser l’installation du compteur
« Les études actuelles ne sont pas suffisantes. Ce que l’on demande, c’est une étude complète sur le sujet », assure Corinne Lepage, qui s’appuie sur la dernière étude de l’Anses qui a récemment reconnu la réalité des troubles ressentis par les personnes électrosensibles, sans pour autant savoir à quoi les attribuer avec précision.
Autre argument battu en brèche par Mme Lepage : l’obligation d’accepter la pose d’un compteur Linky chez soi. « Il n’y a pas d’obligation légale de l’accepter. Le droit communautaire européen ne l’exige pas », assure Mme Lepage. « L’Allemagne ne l’impose pas à ses habitants, par exemple ». Dans les faits, il est pourtant très difficile pour les particuliers de refuser l’installation du compteur : ils ne sont pas propriétaires de leur compteur, qui se trouve souvent en dehors de leur logement. De même, plusieurs communes ayant pris des arrêtés demandant un moratoire de l’installation des compteurs Linky ont vu leurs décisions cassées en justice.
« Le minimum du principe de précaution, c’est de ne pas imposer aux gens un compteur dont ils ne veulent pas, alors qu’il n’est favorable qu’a Enedis et EDF », ajoute Mme Lepage, reprenant un argument de la Cour des comptes, qui a rendu en février un rapport très sévère sur l’absence de bénéfices pour les consommateurs du compteur.

        Lire aussi :
         

                Linky : la Cour des comptes dénonce le coût du programme







                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-2">
<filnamedate="20180411"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180411"><AAMMJJHH="2018041119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ L’évacuation violente et aveugle de la ZAD contredit les promesses de la préfète et met un terme au quasi sans-faute du gouvernement sur ce dossier délicat juge, dans une tribune au « Monde », le géographe Philippe Subra.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


NDDL : « On a un peu de mal à comprendre la logique de la stratégie gouvernementale »

L’évacuation violente et aveugle de la ZAD contredit les promesses de la préfète et met un terme au quasi sans-faute du gouvernement sur ce dossier délicat juge, dans une tribune au « Monde », le géographe Philippe Subra.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 16h00
    |

Philippe Subra (Professeur à l’Institut Français de Géopolitique, université Paris-VIII-Saint-Denis)







                        



                                


                            
Tribune. Jusque-là, c’était un sans-faute. En moins d’un an, le gouvernement d’Edouard Philippe avait réussi à mettre fin à un conflit de plus de vingt ans qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait su traiter. La nomination de trois médiateurs avait permis de calmer le jeu. Le contenu très équilibré de leur rapport avait ouvert le champ des choix possibles en montrant qu’il existait une alternative à la construction d’un nouvel aéroport pour améliorer la desserte aérienne de Nantes.
Les militants locaux historiques, agriculteurs ou zadistes modérés, qui avaient fait confiance au gouvernement, ont le sentiment d’avoir été trahis
La mise en scène de l’annonce de l’abandon du projet, le 17 janvier, avait achevé de convaincre une grande partie de l’opinion publique que ce choix était courageux et raisonnable. Et surtout, la décision de renoncer au projet de Notre-Dame-des-Landes (NDDL) avait scindé le camp des opposants et mis à mal l’alliance entre opposants locaux et zadistes, entraînant le retrait des premiers, qui n’avaient plus de raison de se battre.
Enfin, l’ouverture d’un processus de régularisation, visant ceux qui, parmi les zadistes, avaient un projet économique, agricole ou artisanal, avait introduit un second clivage, cette fois entre les zadistes eux-mêmes, isolant les plus radicaux – ceux qui ne rêvaient que d’en découdre avec les forces de l’ordre, d’affronter, projectiles à la main, l’Etat en personne.

En moins de 48 heures, les modalités de l’intervention des forces de l’ordre sur la ZAD [« zone à défendre »] ont gâché tous ces acquis. En s’attaquant non seulement aux squats radicaux et aux barricades qui barrent les routes de la ZAD, mais aussi à plusieurs lieux où s’étaient développés des projets collectifs, comme la ferme des 100 noms, l’Etat a réunifié au moins partiellement le camp des opposants. Ceux qui lui avaient fait confiance, militants locaux historiques, agriculteurs ou zadistes modérés, ont le sentiment...




                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-3">
<filnamedate="20180411"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180411"><AAMMJJHH="2018041119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans son discours, Macron n’a fait qu’appeler le culte catholique à prendre part au débat public en espérant que les autres cultes, notamment le rite musulman, lui emboîteront le pas, expliquent les dirigeants d’Artemis, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Pour faire date, le discours du président aux Bernardins devra s’accompagner d’initiatives publiques »

Dans son discours, Macron n’a fait qu’appeler le culte catholique à prendre part au débat public en espérant que les autres cultes, notamment le rite musulman, lui emboîteront le pas, expliquent les dirigeants d’Artemis, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    11.04.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 16h06
    |

Jules Boyadjian (Président d'Artemis) et Katia Mebtouche (Directrice d'Artemis)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis qu’il a prononcé son discours à la Conférence des Evêques de France, réhabilitant la religion catholique dans l’espace public, le président Macron est l’objet de plusieurs procès : procès politique, il serait venu donner quitus aux positions les plus conservatrices portées par l’Eglise catholique sur les questions de société ; procès en clientélisme, il serait venu ostensiblement séduire un électorat qui lui était a priori défavorable ; procès institutionnel, il se serait placé en contravention brutale avec l’héritage séculaire de la République, celui-ci flirtant dangereusement avec le procès en forfaiture.
La parole du président aux Bernardins est une main tendue à tous ceux qui perçoivent la religion comme un refuge dans une société ultralibérale dénuée de cadre
Ces lectures du discours du 9 avril doivent nous conduire à nous interroger. On peut y trouver, parmi certains de leurs auteurs, une honnêteté qu’il n’y a pas lieu de discuter au sein de progressistes qui ont placé leurs combats en faveur de l’égalité des droits dans le creuset de 1905. Ceux-ci percevraient dans les institutions un rempart contre la communauté des croyants, sans se rendre compte que la séparation de l’Eglise et de l’Etat ne signifie pas qu’ils ne sauraient faire bon ménage.
D’autres, les plus véhéments, ont fait mine d’oublier depuis trop longtemps ce que signifie le principe de laïcité : séparer le spirituel et le temporel en deux entités distinctes de l’Etat et, de ce fait, garantir, dans le pluralisme, l’égale distance entre celui-ci et chacune des religions. Ils abreuvent quotidiennement le débat public jusqu’à plus soif, au nom d’une prétendue résurgence républicaine, de propositions en contradiction majeure avec les droits et libertés garantis par la Déclaration des Droits de l’Homme.
Chaque outrage à ce principe est une invitation à ce que la pratique religieuse s’enferme dans une expression communautaire, avec de funestes conséquences...




                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-4">
<filnamedate="20180411"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180411"><AAMMJJHH="2018041119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ « La tentation du commerce administré revient en force », observe le directeur du Centre d’études prospectives et d’informations internationales dans un entretien au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Sébastien Jean : « Il n’y a pas de pays riches fermés »

« La tentation du commerce administré revient en force », observe le directeur du Centre d’études prospectives et d’informations internationales dans un entretien au « Monde ».



Le Monde
 |    11.04.2018 à 12h20
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 16h08
    |

            Claire Guélaud et 
Marie de Vergès








                        



                                


                            

Economiste, spécialiste du commerce international, Sébastien Jean est directeur du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), qui fête ses 40 ans jeudi 12 avril. A l’occasion de cet événement, auquel Le Monde s’est associé, est organisée une conférence sur « La France et l’Europe dans la mondialisation » à laquelle participent plusieurs experts comme Pascal Lamy (ex-directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, OMC) Benoît Cœuré (Banque centrale européenne), Claudia Buch (Bundesbank) ou encore François Bourguignon (Paris School of Economics).
A-t-on déjà connu un épisode si aigu de tensions commerciales ?
La période actuelle m’évoque le précédent de l’époque [Ronald] Reagan, quand les Américains se sont tout d’un coup sentis menacés dans leur leadership économique par la concurrence japonaise. L’administration Reagan avait réagi en prenant des mesures de protection commerciale assez larges à l’encontre du Japon. Cet épisode avait débouché sur des accords importants de restriction volontaire aux exportations.
Dans l’affaire actuelle des droits sur l’acier et l’aluminium, la Corée a d’ailleurs signé avec les Etats-Unis un accord prévoyant une restriction quantitative de ses exportations. La tentation du commerce administré revient en force. En revanche, derrière la confrontation commerciale avec Pékin, se profile un enjeu stratégique qui n’existait pas dans les années 1980 avec le Japon. Pour [Donald] Trump et son administration, les questions économiques sont aussi géostratégiques. C’est le symptôme d’une ère où le leadership économique et politique des Etats-Unis n’est plus sans rival.
Sommes-nous au début d’une guerre commerciale ?
Je ne parlerais pas de guerre commerciale, car il s’agit d’annonces plus que d’actes. Le plus sérieux dans l’épisode actuel concerne les accusations des Américains contre la Chine en matière de...




                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-5">
<filnamedate="20180411"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180411"><AAMMJJHH="2018041119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Pour le sociologue Philippe Portier, le chef de l’Etat tient un discours explicite sur la laïcité.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Le discours de Macron marque bien la centralité du catholicisme dans la constitution de la nation française »

Pour le sociologue Philippe Portier, le chef de l’Etat tient un discours explicite sur la laïcité.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 14h55
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            
Directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études et directeur du Groupe sociétés, religions, laïcités, le sociologue Philippe Portier analyse la nouveauté du discours d’Emmanuel Macron sur le catholicisme et la laïcité que le président de la République a prononcé devant les évêques, lundi 9 avril.
Emmanuel Macron attribue-t-il une place particulière au catholicisme par rapport aux autres religions ?
Emmanuel Macron présente l’Etat et l’Eglise comme devant être en situation d’alliance. C’est un discours traditionnel dans le langage catholique. Deux éléments de son propos renvoient à un langage d’Eglise où s’affirme la spécificité du catholicisme dans la société française. Le premier, c’est qu’il parle de l’Eglise comme étant, à côté de l’Etat, dépositaire d’un ordre qui a sa propre juridiction.

L’Eglise et l’Etat sont deux sociétés autonomes relevant chacune d’un ordre de juridiction spécifique. Il n’a pas utilisé ce langage avec les juifs, les musulmans ou les protestants. Cela renvoie à l’auto-compréhension de l’Eglise, qui ne s’analyse pas comme une communauté de croyance comme les autres, mais comme la dépositaire de la parole du Christ et ayant, vis-à-vis de l’Etat, un ordre de juridiction spécifique. Le président de la République a repris là les catégories de la théologie politique.
Le second élément, que l’on ne retrouve pas dans les discours aux autres communautés de foi, c’est l’association constante entre nation et religion catholique. Il a parlé des racines chrétiennes de la France comme d’une sorte d’évidence historique. Ce discours marque bien la centralité du catholicisme dans la constitution de la nation française.
Cette particularité accordée au catholicisme a-t-elle des répercussions pour les autres cultes ?
Sûrement. Pour Emmanuel Macron, toutes les religions participent au concert national. Mais il ne cesse de mettre en évidence le fait que le catholicisme...




                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-6">
<filnamedate="20180411"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180411"><AAMMJJHH="2018041119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans sa chronique, Cécile Ducourtieux, du bureau européen du « Monde » à Bruxelles, revient sur l’accueil que les responsables européens ont réservé à Viktor Orban après sa victoire aux élections législatives hongroises, dimanche 8 avril
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« La vérité, c’est qu’Orban sert aussi les intérêts des dirigeants du PPE… »

Dans sa chronique, Cécile Ducourtieux, du bureau européen du « Monde » à Bruxelles, revient sur l’accueil que les responsables européens ont réservé à Viktor Orban après sa victoire aux élections législatives hongroises, dimanche 8 avril



Le Monde
 |    11.04.2018 à 11h12
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Chronique. La géographie politique des satisfecit, après l’écrasante victoire aux législatives, dimanche 8 avril, du souverainiste Viktor Orban, qui s’est assuré un troisième mandat à la tête du gouvernement hongrois, souligne à quel point le jeu auquel joue le Parti populaire européen (PPE) avec cet encombrant membre est dangereux.
Manfred Weber, le chef de file au Parlement de Strasbourg de la puissante confédération des droites modérées de l’Union, a certes félicité le Hongrois dont la formation, le Fidesz, est affiliée au PPE depuis 2004. Mais ce sont les extrêmes droites qui se sont le plus bruyamment manifestées. « Grande et nette victoire d’Orban en Hongrie », a tweeté, dès dimanche soir, Marine Le Pen.

Mêmes types de salutations de la part de l’islamophobe néerlandais Geert Wilders, ou de la députée allemande Beatrix von Storch, représentante de l’aile dure de l’AfD. « C’est un mauvais jour pour l’Union européenne, mais un bon pour l’Europe », a posté l’ex-eurodéputée.
Comment le PPE, une formation revendiquant encore sur son site Web son positionnement de « centre droit », peut-elle tolérer un leadeur devenu un véritable modèle des extrêmes droites européennes ? Un dirigeant, chantre de l’illibéralisme, qui, depuis son retour au pouvoir en 2010, soumet les médias publics à un contrôle éditorial étroit ?
Relents antisémites
Pourquoi la famille politique d’Angela Merkel, du chrétien-social Jean-Claude Juncker ou du très pondéré Michel Barnier, supporte t-elle qu’Orban tienne des discours xénophobes et développe des thèses complotistes de plus en plus délirantes, accusant « les technocrates de Bruxelles » et le financier d’origine hongroise George Soros de fomenter un plan pour submerger la Hongrie de migrants musulmans ?

« Nous avons affaire à un adversaire qui est différent de nous. Il n’agit pas ouvertement, mais caché, il n’est pas...




                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-7">
<filnamedate="20180411"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180411"><AAMMJJHH="2018041119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans cette chronique, le juriste Francis Kessler rappelle que le droit de grève n’est pas absolu. Il doit, selon la jurisprudence, impliquer « un arrêt total du travail en vue de faire aboutir des revendications professionnelles ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La grève à la SNCF est-elle licite ?

Dans cette chronique, le juriste Francis Kessler rappelle que le droit de grève n’est pas absolu. Il doit, selon la jurisprudence, impliquer « un arrêt total du travail en vue de faire aboutir des revendications professionnelles ».



Le Monde
 |    11.04.2018 à 11h07
    |

                            Francis Kessler (Maître de conférences à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Question de droit social. Le droit de grève prévu par le droit international ratifié par la France est, aux termes de l’alinéa 7 du préambule de la Constitution, un droit constitutionnel « qui s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent ». Ce droit individuel qui s’exerce collectivement conduit à la suspension de la relation de travail et de la rémunération jusqu’à la fin du mouvement. Précision : tout licenciement prononcé du seul fait de la grève est nul de plein droit.
Ce droit de grève n’est cependant pas absolu. Il doit, selon la jurisprudence, impliquer « un arrêt total du travail en vue de faire aboutir des revendications professionnelles ». Tout mouvement qui ne répond pas à cette définition n’est pas une grève et conduit à la perte des protections qui y sont attachées.
Tel est le cas de l’exécution partielle ou volontairement défectueuse du travail. De façon constante, la chambre sociale de la Cour de cassation estime, en ce cas, « qu’il n’y a pas arrêt de travail quand le travail est exécuté au ralenti ou dans des conditions défectueuses ». Appelées « grèves perlées », ces différentes situations sont requalifiées par les tribunaux en exécution fautive du contrat de travail pouvant donner lieu à une sanction disciplinaire.
A l’inverse, en 2011 la Cour de cassation a jugé « que des arrêts courts et répétés, quelque dommageables qu’ils soient pour la production, ne peuvent, en principe, être considérés comme un exercice illicite du droit de grève ».
Possibilité d’abus
La formule de cet arrêt laisse ouverte la possibilité de l’abus de faire grève. La haute juridiction judiciaire avait ainsi déjà précisé, dans un arrêt du 18 janvier 1995, que « ce n’est qu’au cas où la grève entraîne ou risque d’entraîner la désorganisation de l’entreprise qu’elle dégénère en abus ». Toutefois, une telle désorganisation n’a, au vu du caractère de droit fondamental de la grève,...




                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-8">
<filnamedate="20180411"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180411"><AAMMJJHH="2018041119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans cette chronique hebdomadaire, notre correspondant à Pékin Brice Pedroletti, revient sur les points de désaccord et de crispation entre la Chine et les pays européens « occidentaux » sur le projet phare du président Xi Jinping.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Europe : « Le casse-tête chinois des “nouvelles routes de la soie” »

Dans cette chronique hebdomadaire, notre correspondant à Pékin Brice Pedroletti, revient sur les points de désaccord et de crispation entre la Chine et les pays européens « occidentaux » sur le projet phare du président Xi Jinping.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 11h31
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. Les « nouvelles routes de la soie » sont un vrai casse-tête chinois pour les Européens. Car le projet phare du président Xi Jinping est une offre alléchante : il fait miroiter aux Etats participants des investissements en infrastructures, ou de possibles commandes en partage avec les groupes chinois dans les pays tiers pour leurs propres entreprises.
Or, c’est aussi une tentative de « globalisation aux caractéristiques chinoises », selon les mots de l’ambassadeur allemand en Chine : il s’agit, pour Pékin, de tisser un nouvel ordre économique mondial plus accommodant pour ses besoins et ses intérêts. Et de constituer une solide base arrière en cas de guerre commerciale – comme celle qui se profile avec les Etats-Unis.

Cette vaste entreprise a pour cheville ouvrière un memorandum of understanding (MoU), c’est-à-dire un « protocole d’accord » sur les « nouvelles routes de la soie », que la Chine cherche à signer, en bilatéral bien sûr, avec le plus grand nombre de pays participants. Un protocole d’accord certes non contraignant, mais qui rend public un engagement de chacun des pays sur des principes convenus mutuellement.
« Principes sacro-saints »
L’un des seuls exemplaires dévoilés à ce jour est celui signé en mars 2017 avec la Nouvelle-Zélande, seul pays occidental développé à l’avoir fait pour l’instant. En apparence, rien d’inquiétant dans les termes utilisés. A moins d’aborder la question sous l’angle de ce que la chercheuse Alice Ekman, de l’Institut français des relations internationales (IFRI), appelle « le fossé grandissant de définition » entre les notions de gouvernance (comme « libre-échange », « état de droit »…) employées par la diplomatie chinoise et ce qu’elles désignent pour la plupart des pays occidentaux.
Car toute une partie de l’Union européenne (UE), en l’occurrence son noyau historique et occidental, est plus que réticente à signer ces MoU chinois sans...




                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-9">
<filnamedate="20180411"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180411"><AAMMJJHH="2018041119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Editorial. En exprimant devant les évêques de France le souhait de « réparer » le lien « abîmé entre l’Eglise et l’Etat », Emmanuel Macron est tombé dans une provocation excessive.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Emmanuel Macron, l’Eglise et la politique

Editorial. En exprimant devant les évêques de France le souhait de « réparer » le lien « abîmé entre l’Eglise et l’Etat », Emmanuel Macron est tombé dans une provocation excessive.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 14h48
   





                        



Editorial du « Monde ». Depuis son élection, Emmanuel Macron était sommé, par beaucoup, de clarifier sa position sur la laïcité et le rôle des religions dans la cité. Etranges sommations, en réalité, tant la philosophie du chef de l’Etat en la matière, durant sa campagne et depuis, a été constante et explicite. En témoignent son livre-programme Révolution, puis ses interventions en juin 2017 devant le Conseil français du culte musulman, en septembre devant les protestants, en décembre lors d’une rencontre avec les représentants de tous les cultes et, il y a un mois, lors du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France.

        Lire aussi :
         

                Macron veut « réparer le lien » entre l’Eglise catholique et l’Etat



Restaient les catholiques. Mobilisant sans fausse pudeur sa culture chrétienne, forgée autant par son éducation chez les jésuites que par son compagnonnage avec le philosophe protestant Paul Ricœur, le président de la République leur a longuement tendu la main, lundi 9 avril, lors du discours qu’il a prononcé au Collège des Bernardins, à l’invitation de la Conférence des évêques de France.
Inédite tant dans la forme que dans le ton – seul Nicolas Sarkozy, avant lui, s’était risqué à ce genre d’exercice en 2007 dans son discours du Latran –, cette rencontre était de nature à hérisser tous ceux, défenseurs d’une laïcité pure et dure, qui soupçonnent le chef de l’Etat d’être partisan d’accommodements trop complaisants avec les religions. Cela a d’autant moins manqué que M. Macron a, dès ses premiers mots, bravé ses détracteurs en exprimant « le sentiment que le lien entre l’Eglise et l’Etat s’est abîmé et qu’il nous importe de le réparer ». Et qu’il a longuement disserté, ensuite, sur « la sève catholique » qui a irrigué l’histoire de France, minimisant au passage le long combat de l’Eglise contre les Lumières et la République.
Bronca inévitable
Chez tous ceux qui jugent que le lien entre Etat et Eglise a été tranché, une fois pour toutes, par la loi de 1905 posant les bases de la laïcité à la française, la bronca était inévitable. De Jean-Luc Mélenchon à Olivier Faure, de Benoît Hamon aux francs-maçons du Grand Orient de France, tous ont fustigé ces affirmations.

        Lire aussi :
         

                Laïcité : « Emmanuel Macron a franchi la ligne rouge », selon Jean-Luc Mélenchon



Délibérée, la provocation présidentielle n’en était pas moins excessive, car elle a largement occulté le reste du propos. Le chef de l’Etat a, en effet, rappelé sans ambiguïté cette « règle d’airain qui ne souffre aucun compromis » : « Mon rôle est de m’assurer que chaque citoyen ait la liberté absolue de croire comme de ne pas croire, mais je lui demanderai de la même façon et toujours de respecter absolument, et sans compromis aucun, toutes les lois de la République. » Il a par ailleurs réaffirmé, sans surprise, qu’il n’entendait être « ni l’inventeur ni le promoteur d’une religion d’Etat substituant à la transcendance divine un credo républicain ».
En outre, cette bravade présidentielle a quelque peu masqué le message du chef de l’Etat. Celui-ci, en réalité, s’est moins adressé à l’Eglise (et ses rapports avec l’Etat) qu’aux catholiques (et leur place dans la société). Fustigeant l’attitude des responsables politiques qui, depuis des années, se sont « ingéniés soit à instrumentaliser » les catholiques « pour des raisons trop évidemment électoralistes », soit à les « ignorer » ou à les reléguer « au rang de minorité militante », Emmanuel Macron s’est employé à les rassurer pour mieux tenter de les séduire, contre l’attraction qu’exercent sur bon nombre d’entre eux la droite et l’extrême droite. A cet égard, le message présidentiel était beaucoup plus politique que spirituel.

        Lire aussi :
         

                « Emmanuel Macron ne cache pas, à titre personnel, une relation particulière au catholicisme »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-10">
<filnamedate="20180411"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180411"><AAMMJJHH="2018041119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Le président invite les catholiques à rompre avec la « logique d’enfermement » et à investir le débat public, analyse la sociologue des religions Danièle Hervieu-Léger dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Emmanuel Macron aux évêques : « Un discours hors norme »

Le président invite les catholiques à rompre avec la « logique d’enfermement » et à investir le débat public, analyse la sociologue des religions Danièle Hervieu-Léger dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    11.04.2018 à 09h42
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 10h05
    |

Danièle Hervieu-Léger (Sociologue des religions, directrice d’études à l’EHESS)







                        



                                


                            
Tribune. Avant que tout discours ait été prononcé, le seul fait que le président Macron ait accepté, après des rencontres avec d’autres dignitaires des cultes, l’invitation de la Conférence des évêques de France à s’exprimer devant elle avait suscité des anticipations contrastées : celles de ceux qui dénonçaient par avance un manquement à la laïcité, et celles de ceux qui, en sens inverse, en espéraient des gages communautaires.
Il est certain que le contenu de l’allocution d’un président de la République osant les mots de « transcendance » ou de « salut » a peu de chances d’apaiser les passions. Le propos, de fait, est hors norme. De quoi s’agit-il ? Son trait le plus frappant est la conviction forte qui s’y exprime de ce que la foi catholique n’est pas une simple « opinion », et de ce que l’Eglise n’est pas réductible a une « famille de pensée » invitée à vivre dans une bulle étanche au monde qui l’environne.
Le discours du président intègre l’idée selon laquelle toute foi religieuse participe, pour celui qui s’en réclame, de la construction de son rapport au monde. Il atteste en même temps que le catholicisme – comme toute religion, selon Max Weber – est un « mode d’agir en communauté ». Dire cela, c’est avancer aussi que l’idée d’une pure « privatisation » de la croyance est une vue de l’esprit. Car la croyance n’est elle-même qu’une composante de ce rapport singulier au monde à laquelle la foi introduit le fidèle.
Est-ce manquer à la laïcité que de le reconnaître ? La laïcité n’a pas été mise en place pour réduire sans reste cette singularité du religieux : elle a été construite pour empêcher que le mode propre d’agir en communauté que celle-ci définit puisse prévaloir, de quelque manière que ce soit, sur les règles que la communauté des citoyens se donne à elle-même. Ceci vaut pour le catholicisme romain autant que pour toutes les autres confessions présentes dans la société religieusement plurielle qu’est...




                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-11">
<filnamedate="20180411"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180411"><AAMMJJHH="2018041119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le président de l’Observatoire de la laïcité, pour qui la séparation de l’Eglise et de l’Etat n’interdit pas le dialogue avec les cultes, estime que les propos du chef de l’Etat sont conformes à ce qu’est la laïcité inscrite dans notre droit.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Jean-Louis Bianco : « Nous devons nous en tenir à la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat »

Dans une tribune au « Monde », le président de l’Observatoire de la laïcité, pour qui la séparation de l’Eglise et de l’Etat n’interdit pas le dialogue avec les cultes, estime que les propos du chef de l’Etat sont conformes à ce qu’est la laïcité inscrite dans notre droit.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 16h24
    |

Jean-Louis Bianco (président de l'Observatoire de la laïcité)







                        



                                


                            

[Dans un discours inédit devant les évêques de France, lundi 9 avril, à Paris, le président Emmanuel Macron a déclaré qu’il souhaitait « réparer » le « lien abîmé » entre l’Eglise et l’Etat. Attendu depuis un certain temps sur sa vision de la laïcité, le chef de l’Etat a précisé que cette dernière « n’a certainement pas pour fonction de nier le spirituel ». Alors que le président a appelé les catholiques, « profondément méconnus » par les politiques, à « réinvestir la scène politique, nationale comme européenne », une partie de la gauche met en garde contre tout risque de remise en cause de la laïcité, et s’interroge sur le sens du mot « lien » à restaurer entre l’Eglise et l’Etat.]
Tribune. Le discours du président de la République prononcé lundi 9 avril devant la conférence des évêques de France au collège des Bernardins a suscité de vives réactions par rapport au principe de laïcité.
Parlons donc de laïcité et de laïcité seulement. D’abord une remarque de méthode : ce serait un grand progrès démocratique si nous étions capables de ne pas réduire l’information à des tweets (en l’espèce, ceux relayant partiellement le discours du président) ni le débat à des tweets sur des tweets.

Ma seule question est : est-ce que le principe de laïcité a été respecté ou non ? L’interrogation est logique au vu de quelques tweets qui ne permettaient pas de contextualiser les propos. Mais qu’a dit exactement le président ? Il a d’abord rappelé la séparation et la distinction des pouvoirs : « L’Etat et l’Eglise appartiennent à deux ordres institutionnels différents, ils n’exercent pas leur mandat sur le même plan ».
Il a ensuite donné une définition très claire de la laïcité : « Mon rôle est de m’assurer que chaque citoyen ait la liberté absolue de croire comme de ne pas croire, mais je lui demanderai de la même façon, et toujours, de respecter absolument et sans compromis aucun toutes les lois de la...




                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-12">
<filnamedate="20180411"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180411"><AAMMJJHH="2018041119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ L’activité physique pratiquée de façon intense peut devenir une drogue. Et les accros au sport seraient plus vulnérables à d’autres addictions, comme ­l’alcool.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 10/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


De la passion à l’addiction au sport

L’activité physique pratiquée de façon intense peut devenir une drogue. Et les accros au sport seraient plus vulnérables à d’autres addictions, comme ­l’alcool.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 11h48
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Voilà des mois que cette chronique vante les 1 001 bienfaits de l’activité physique pour la santé, s’efforce de convaincre qu’il s’agit d’une pilule universelle pour malades et bien-portants, de la petite enfance au grand âge.
Pour autant, comme tout médicament puissant, il ne faut pas ­minimiser ses risques d’effets indésirables et de dépendance. Besoin d’une pratique de plus en plus intensive pour se sentir bien, poursuite des séances malgré une blessure, entraînements quotidiens aux dépens de la vie familiale ou sociale… peuvent être des signes d’alerte d’une bigorexie, dénomination de l’addiction au sport.
Contraction de big (« gros », en anglais) et orexis (« appétit » ou « désir », en grec), ce néologisme a d’abord été utilisé pour les culturistes accros à leur pratique et cherchant sans cesse à augmenter leur masse musculaire. « Depuis peu, cette dernière composante a disparu, et ce terme a été étendu à tous les contextes sportifs, notamment aux sports d’endurance », explique le médecin du sport Stéphane Cascua dans la revue SantéSportMagazine. Le culte de l’image corporelle peut alors s’inverser. « Les athlètes ne s’orientent plus vers la prise de masse musculaire, mais plutôt vers une extrême minceur », poursuit-il.
Contrairement à une rumeur persistante, la bigorexie n’a pas été reconnue officiellement par l’Organisation mondiale de la santé en 2011. Le diagnostic, clinique, peut être orienté par des échelles d’évaluation. L’EDS-R (Exercise Dependance Scale-Revised) permet un dépistage par autoquestionnaire en vingt et une questions, quelle que soit la discipline.
Troubles du comportement alimentaire
Pour explorer l’addiction au sport et son contexte, la psychiatre et addictologue Julie Bajard et une équipe de psychiatres du CHU de Saint-Etienne ont mené récemment une enquête nationale par questionnaires validés auprès de 1 283 personnes :...




                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-13">
<filnamedate="20180411"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180411"><AAMMJJHH="2018041119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre des transports estime que la réforme ferroviaire proposée par le gouvernement est certes à hauts risques sociaux, mais courageuse et nécessaire.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 10/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Dominique Bussereau : « La SNCF ne doit pas se tromper de siècle »

Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre des transports estime que la réforme ferroviaire proposée par le gouvernement est certes à hauts risques sociaux, mais courageuse et nécessaire.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 12h08
    |

Dominique Bussereau (Président du conseil départemental de Charente-Maritime)







                        



                                


                            

Tribune. Jamais, dans le conflit social actuel, la jolie formule de Louis Armand n’aura été autant d’actualité : « Le chemin de fer sera le moyen de transport du XXIe siècle, s’il parvient à survivre au XXe siècle », disait ce « patron » emblématique de la SNCF de 1949 à 1958.
Aujourd’hui, partout dans le monde, on construit des lignes à grande vitesse et de fret, des réseaux métropolitains ; jamais la SNCF, les acteurs du transport public français et nos industries ferroviaires n’ont été autant prisés en Europe, aux Etats-Unis, en Asie et en Océanie. Et pourtant, jamais le matraquage de la SNCF n’a été aussi fort.
Notre système ferroviaire est à la croisée des voies, avec une douloureuse interrogation : le retour au XXe siècle et au conservatisme, ou la marche accélérée vers la modernisation et la meilleure satisfaction des clients. La réforme proposée par le gouvernement d’Edouard Philippe est puissante, à hauts risques sociaux, mais courageuse, déterminée et surtout déterminante.
Après cinq années de quasi-immobilisme, la marche à franchir est haute, et il n’existe pas de paliers intermédiaires. Trois grands dossiers sont sur la table : l’ouverture à la concurrence, la réorganisation de la SNCF, la vie professionnelle de ses agents – que l’on résume parfois trop sommairement au débat sur le statut des cheminots.
Aujourd’hui, il faut trancher
Tous ces dossiers sont ouverts depuis longtemps. Je les ai eus en charge au gouvernement avec Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac, sans que, parfois, les décisions essentielles n’aient pu être prises, du fait de la crise financière de 2008 pour l’un ou par un choix de modération pour l’autre.
Ne plus embaucher au statut ? Les dirigeants de la SNCF m’en parlaient déjà il y a dix ans. Réformer les structures de la SNCF, tirer toutes les conséquences des décisions européennes ? C’était écrit dans les programmes d’Alain...




                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-14">
<filnamedate="20180411"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180411"><AAMMJJHH="2018041119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le philosophe catholique Denis Moreau voit dans le discours du président à la Conférence des évêques de France un geste d’apaisement bienvenu après La Manif pour tous.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 10/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Discours aux évêques : « Emmanuel Macron nous tend la main »

Dans un entretien au « Monde », le philosophe catholique Denis Moreau voit dans le discours du président à la Conférence des évêques de France un geste d’apaisement bienvenu après La Manif pour tous.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 16h25
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            

Denis Moreau est professeur d’histoire de la philosophie moderne et de philosophie de la religion à l’université de Nantes. Il est notamment l’auteur de Comment peut-on être catholique ? (Seuil, 368 pages, 22 euros).
Dans son discours prononcé devant la Conférence des évêques de France, le président de la République Emmanuel Macron a affirmé que « le lien entre l’Eglise et l’Etat s’est abîmé ». Etes-vous du même avis ?
Oui. C’est une chose que je ressens depuis cinq ou six ans. Certes, il y a eu, au cours des trente dernières années, des moments de tension, mais il me semble que l’on a récemment vécu un durcissement du discours, sans trouver le moyen d’apaiser les relations entre les catholiques et l’Etat.
On se souvient par exemple que, en 1984, le projet de loi Savary pour l’école laïque et publique a suscité un vaste mouvement de protestation catholique. Deux millions de personnes sont descendues dans la rue. Le gouvernement a retiré ce projet de loi et le calme est revenu. En 1993-1994, la volonté de réviser la loi Falloux, afin de permettre aux collectivités locales de financer au-delà de 10 % la construction d’écoles privées, provoque de nouvelles manifestations, cette fois-ci organisées par les défenseurs de la laïcité. Le gouvernement a également fait le choix de reculer.

La Manif pour tous représente cependant une rupture. Comme on le sait, une partie des catholiques rejetaient le mariage pour tous, ce qui était leur droit. Ils sont descendus dans la rue, ce qui me paraît normal, car manifester est une modalité courante d’expression des désaccords politiques. Mais à partir du moment où il est apparu que le gouvernement ne céderait pas, il était contraire à la concorde civile de continuer à manifester.
Si l’on considère, comme l’enseigne l’Eglise, qu’un catholique doit rechercher le « bien commun », et que la concorde civile en est une composante essentielle, à ce moment-là, le mouvement...




                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-15">
<filnamedate="20180411"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180411"><AAMMJJHH="2018041119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le secrétaire général de la CGT dénonce, mercredi, les « provocations » du gouvernement et appelle à « une vraie discussion ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 10/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Philippe Martinez : « Macron doit descendre de son piédestal »

Dans un entretien au « Monde », le secrétaire général de la CGT dénonce, mercredi, les « provocations » du gouvernement et appelle à « une vraie discussion ».



Le Monde
 |    11.04.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 11h19
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières et 
Michel Noblecourt








                        



                                


                            

L’Assemblée nationale a adopté, mardi 10 avril, l’article premier de la réforme ferroviaire, autorisant le gouvernement à transformer juridiquement la SNCF et à mettre fin au statut des cheminots pour les nouveaux embauchés. Alors que le conflit se poursuit dans l’entreprise publique, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, dénonce les « provocations » du gouvernement et l’appelle à « une vraie discussion ».
Emmanuel Macron doit s’exprimer à deux reprises cette semaine dans des médias. Qu’en attendez-vous ?
Il veut essayer de rayonner sur un panel de Français très large mais c’est d’abord une opération de communication. Que le président de la République soit obligé de monter au créneau deux fois dans la même semaine, je ne sais pas si c’est un signe de force. Mais peut-être va-t-il nous annoncer de nouvelles choses.
Espérez-vous des ouvertures ?
Macron doit descendre de son piédestal et écouter un peu plus cette France qui n’est pas contente. Et qu’il ne réponde pas qu’il faut réduire les dépenses publiques à des infirmières lui disant qu’elles sont là pour soigner des gens. C’est un discours complètement décalé.
Comment voyez-vous l’évolution du conflit ?
Le gouvernement voulait limiter le débat au statut des cheminots. Or celui-ci s’est déporté sur des questions essentielles. Qu’est-ce que c’est qu’un service public ferroviaire ? Pourquoi faut-il un statut de l’entreprise qui verrouille cette notion de service public ? Pourquoi la dette est à ce niveau à la SNCF et qui est responsable, sachant que ce ne sont pas les cheminots ? Qu’est-ce qui est du ressort des traités européens et qu’est-ce qui relève de la souveraineté nationale ?
La CGT a contribué à recentrer le débat en mettant sur la table son projet pour l’évolution de l’entreprise. Tant que le gouvernement refuse – et on n’est pas les seuls à le dire – d’avoir une vraie discussion,...




                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-16">
<filnamedate="20180411"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180411"><AAMMJJHH="2018041119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le philosophe rappelle que les religions n’ont pas le monopole de la vie spirituelle et que les humanistes athées ou agnostiques ont les mêmes droits que les Eglises.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 10/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Henri Peña-Ruiz : « M. Macron se doit de traiter à égalité toutes les convictions spirituelles »

Dans une tribune au « Monde », le philosophe rappelle que les religions n’ont pas le monopole de la vie spirituelle et que les humanistes athées ou agnostiques ont les mêmes droits que les Eglises.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 10h14
    |

Henri Pena-Ruiz







                        



                                


                            

[Dans un discours inédit devant les évêques de France, lundi 9 avril, à Paris, le président Emmanuel Macron a déclaré qu’il souhaitait « réparer » le « lien abîmé » entre l’Eglise et l’Etat. Attendu depuis un certain temps sur sa vision de la laïcité, le chef de l’Etat a précisé que cette dernière « n’a certainement pas pour fonction de nier le spirituel ». Alors que le président a appelé les catholiques, « profondément méconnus » par les politiques, à « réinvestir la scène politique, nationale comme européenne », une partie de la gauche met en garde contre tout risque de remise en cause de la laïcité, et s’interroge sur le sens du mot « lien » à restaurer entre l’Eglise et l’Etat.]
Tribune. Le philosophe Hegel, pourtant chrétien, s’insurgeait que les Eglises veuillent confiner l’Etat dans un rôle d’intendance matérielle et se réserver le monopole de la vie spirituelle. Il voyait dans celle-ci l’ensemble de la culture humaine, incluant les arts, la religion, la philosophie et les humanismes, bref les humanités.

Aujourd’hui, le même courant semble animer les Eglises, et le président de la République Emmanuel Macron vient de leur prêter main-forte. Pourquoi en effet réserver aux religions les questions portant sur le sens et les valeurs ? Pourquoi calomnier la laïcité en sous-entendant qu’elle serait antireligieuse et qu’elle exclurait les religieux des débats démocratiques ? Quels faits précis peut-il invoquer pour étayer de tels propos ? Aucun. Il est trop facile de s’acharner sur une caricature.
Ne privilégier aucune religion
Naguère le cardinal Jean-Marie Lustiger a milité publiquement, très librement, contre la pilule abortive dite « pilule du lendemain ». Plus récemment, l’Eglise catholique n’a nullement été empêchée de faire campagne contre le mariage pour tous.
Dans les deux cas, après le débat démocratique, les représentants du peuple ont tranché. Pourquoi formuler contre l’Etat laïque une...




                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-17">
<filnamedate="20180411"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180411"><AAMMJJHH="2018041119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans « La Grande Peur des catholiques de France », le spécialiste des questions religieuses Henri Tincq s’interroge sur l’évolution des positions politiques de l’Eglise catholique française ses trente dernières années.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’Eglise catholique doit retrouver sa tradition d’humanisme et d’ouverture

Dans « La Grande Peur des catholiques de France », le spécialiste des questions religieuses Henri Tincq s’interroge sur l’évolution des positions politiques de l’Eglise catholique française ses trente dernières années.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 10h20
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

En 1985, alors que, l’année précédente, le Front national a obtenu 11 % des suffrages aux élections européennes, le cardinal Jean-Marie Lustiger (1926-2007) s’emporte à la télévision : « La haine du frère dont la peau est d’une autre couleur (…), la haine du frère qui n’est pas né ici (…), la haine du frère ? Lui, un enfant de Dieu comme vous ! Mais n’avez-vous pas honte ? » 
Trente ans plus tard, Marine Le Pen affronte Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle de 2017. La Conférence des évêques de France, à son habitude, publie un communiqué pour éclairer le choix des catholiques. Mais pour la première fois depuis que le Front national s’est imposé sur la scène électorale, elle n’appelle pas à lui faire barrage.
Une phase de bouillonnement
Que s’est-il passé dans l’Eglise catholique française entre ces deux dates ? Henri Tincq (né en 1945), ancien spécialiste des informations religieuses au Monde (1985-2008), aujourd’hui chroniqueur pour le site Slate, consacre un essai dense, très bien informé, à cette question. Pour le journaliste, il s’agit de comprendre, bien sûr.
Mais l’homme, le catholique engagé apparaît souvent dans ces pages pleines de souffle et de rage, qui laissent affleurer une tristesse intime, et une colère. « Je ne reconnais plus cette Eglise qui, pour moi, était le centre du monde », écrit-il en ouverture de La Grande Peur des catholiques de France – une Eglise qui lui semble avoir « renoncé à une part essentielle de son histoire, de son humanité, de sa tradition sociale, progressiste, œcuménique, missionnaire ». L’enquête qui commence sera, aussi, une enquête sur lui-même, sur ce qui l’a constitué, et qui s’évanouit peu à peu.
Il observe, plus finement, une dynamique du catholicisme conservateur, voire radical
Dans l’affaire du communiqué, tout s’est passé, analyse-t-il, « comme si l’épiscopat français était désormais...




                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-18">
<filnamedate="20180411"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180411"><AAMMJJHH="2018041119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ L’universitaire Matthieu Caron et l’ancienne questeure à l’Assemblée nationale, Marie-Françoise Clergeau, expliquent, dans une tribune au « Monde », que le Parlement français fait figure de parent pauvre des grandes démocraties parlementaires.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Accorder davantage de moyens aux collaborateurs, c’est doter le Parlement de davantage de pouvoirs »

L’universitaire Matthieu Caron et l’ancienne questeure à l’Assemblée nationale, Marie-Françoise Clergeau, expliquent, dans une tribune au « Monde », que le Parlement français fait figure de parent pauvre des grandes démocraties parlementaires.



Le Monde
 |    10.04.2018 à 18h17
 • Mis à jour le
10.04.2018 à 18h26
    |

Marie-Françoise Clergeau (Ancienne questeure de l'Assemblée nationale) et Matthieu Caron (Maître de conférences en droit public à l'université de V...







                        



                                


                            

Tribune. Au train où vont les choses, la France pourrait (enfin !) être dotée d’un statut des collaborateurs parlementaires d’ici à quelques mois. Tel sera le cas si les dix-neuf propositions du groupe de travail du président de Rugy, sur les conditions de travail à l’Assemblée, rendues publiques en décembre 2017, sont toutes adoptées au cours de l’année. Pour l’heure, la décision du bureau de l’Assemblée du 24 janvier 2018, qui a consisté à augmenter le crédit collaborateur de 9 618 à 10 581 euros, semble attester d’une telle volonté politique.
On aurait grand tort de croire qu’il s’agit là d’une question subalterne pour la démocratie. Accorder davantage de moyens aux collaborateurs, c’est doter les parlementaires eux-mêmes de davantage de pouvoirs. A une époque où il est malheureusement question de réduire significativement le nombre de députés et de sénateurs, la revalorisation du poids des équipes politiques de nos représentants est politiquement existentielle en termes de souveraineté, de dignité et d’exemplarité parlementaires.
Un Parlement souverain est, en effet, un Parlement qui doit disposer de moyens considérables. Ainsi, l’augmentation du crédit collaborateur de 10 %, décidée en janvier, paraît-elle relativement insuffisante. Car elle consiste en une simple revalorisation salariale là où une réévaluation globale des moyens parlementaires s’avère indispensable.
Qu’on en juge : au Bundestag allemand, le crédit collaborateur avoisine les 20 000 euros ; au Parlement européen, il s’élève à 25 000 euros quand, aux Etats-Unis, il atteint les 60 000 dollars (48 620 euros) !
Acquérir de nouveaux bâtiments
Ainsi, un représentant américain peut-il s’entourer de dix-huit collaborateurs, tandis qu’un sénateur américain recrute en moyenne jusqu’à trente-quatre assistants ! Avec 10 000 euros et cinq collaborateurs, le Parlement français fait figure de parent pauvre des grandes démocraties parlementaires. Face à la...




                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-19">
<filnamedate="20180411"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180411"><AAMMJJHH="2018041119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Environ 1 500 demandeurs d’asile sont entassés canal Saint-Denis. Une situation indigne qui montre l’échec d’une politique qui privilégie les questions sécuritaires aux enjeux humanitaires, déplore dans une tribune Médecins du monde.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Migrants à Paris : « l’illustration de la faillite de l’Etat »

Environ 1 500 demandeurs d’asile sont entassés canal Saint-Denis. Une situation indigne qui montre l’échec d’une politique qui privilégie les questions sécuritaires aux enjeux humanitaires, déplore dans une tribune Médecins du monde.



Le Monde
 |    10.04.2018 à 17h26
 • Mis à jour le
10.04.2018 à 17h51
    |

Françoise Sivignon (Présidente de Médecins du monde) et Louis Barda (Coordinateur des actions de Médecins du monde à Paris)







                        



                                


                            

Tribune. Une fois de plus, un lieu d’indignité est apparu dans la capitale. Sur les bords du canal Saint-Denis, à deux pas de La Villette, environ 1 500 personnes migrantes, hommes, femmes et enfants, s’entassent sous des tentes collées les unes aux autres. Si ce campement a atteint cette taille alors que les consignes de la préfecture d’Ile-de-France sont d’éviter tout regroupement de personnes dans Paris, c’est pour une raison simple : dissimulé sous le périphérique, il est resté longtemps invisible aux yeux des Parisiens et des journalistes.
Ce campement est l’illustration de la faillite de la politique de l’Etat: 1 500 personnes laissées dans le dénuement le plus total, dans des conditions sanitaires catastrophiques, sans aucune information sur leurs droits et comment les obtenir. Il est devenu le symbole de cette « crise de l’accueil », de l’hypocrisie et de l’indignité avec laquelle la France laisse dans les rues ceux qui viennent chercher un répit, une protection. L’Etat cherche ainsi à faire disparaître les migrants et leurs besoins. Le respect des droits des personnes est oublié pour laisser avancer une machine à trier, à sélectionner, à renvoyer.
Hypocrisie
De quoi ce campement est-il le symptôme ? Tout d’abord, du mépris et de la violence avec lesquels l’Etat traite les migrants : dispersion, harcèlement, les pratiques des forces de l’ordre ont pour résultat de les forcer à l’invisibilité. Ils ne sont tolérés qu’une fois suffisamment éloignés, suffisamment cachés.

Ensuite de l’hypocrisie avec laquelle l’Etat traite la situation de ces populations extrêmement vulnérables, tout en affirmant par la voix du président de la République la volonté de « loger tout le monde », « d’accueillir avec humanité », d’être « le porte-parole de ceux que l’on n’entend pas ».
Ce même Etat prompt à s’indigner des exactions libyennes, ne fait guère de sentiments en mettant en place une politique de tri, de renvoi de...




                        

                        


<article-nb="2018/04/11/19-20">
<filnamedate="20180411"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180411"><AAMMJJHH="2018041119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le rédacteur en chef de la revue « Etudes » François Euvé revient sur le discours prononcé par Emmanuel Macron le 9 avril devant les évêques de France. Il insiste sur la nécessité – et la difficulté – pour les catholiques de prendre part au débat politique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Il faut « que les catholiques soient une force de proposition »

Dans une tribune au « Monde », le rédacteur en chef de la revue « Etudes » François Euvé revient sur le discours prononcé par Emmanuel Macron le 9 avril devant les évêques de France. Il insiste sur la nécessité – et la difficulté – pour les catholiques de prendre part au débat politique.



Le Monde
 |    10.04.2018 à 17h00
    |

François Euvé (Rédacteur en chef de la revue "Etudes")







                        



                                


                            

Tribune. Osant braver « les sceptiques de chaque bord », le président Emmanuel Macron a adressé aux catholiques un appel à s’engager résolument dans le débat politique. Entre l’ignorance des uns et l’instrumentalisation des autres, les lobbys et les replis, et malgré l’importante déclaration des évêques de novembre 2016, « Retrouver le sens du politique », un tel engagement n’est pas toujours facile.
Un apport chrétien est pourtant pertinent dans la mesure où le débat politique est de plus en plus marqué par un questionnement qui affecte la nature même de l’humain. Qu’il s’agisse de l’impact des nouvelles technologies sur la manipulation du vivant, de l’accueil de populations migrantes ou du rapport de l’humanité à son environnement, c’est une représentation de la personne humaine qui est en cause.

Comme le rappelle le philosophe Jean-Marc Ferry, les Etats modernes sont bien équipés sur le plan du droit mais ils se trouvent démunis « devant les manquements à la fraternité et à la solidarité » (La Raison et la Foi, Pocket, 2016). Pour éclairer la réflexion, les grandes traditions de sagesse, parmi lesquelles le christianisme (dont l’expression française est majoritairement catholique) disposent de ressources dont il serait dommage de se priver.
Cela suppose deux conditions : que le discours de l’Eglise ne se situe pas en position de surplomb ; que les catholiques soient une force de proposition et pas seulement de défense ou de conservation.
Par nature « dogmatiques » ?
La vie politique doit pouvoir intégrer l’expression d’une composante religieuse (au sens large), sans pour autant renoncer aux principes laïcs qui permettent précisément des expressions plurielles. Aucun retour nostalgique aux époques de chrétienté ne doit être envisagé. La reconnaissance des convictions – dans leur pluralité – suppose qu’elles s’inscrivent dans le cadre balisé par les trois principes de civilité,...




                        

                        

