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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ L’avocate et ancienne ministre de l’environnement lance une action collective pour demander un moratoire de l’installation des compteurs électriques communicants.
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Linky : Corinne Lepage et un groupe d’avocats lancent une action collective contre le compteur électrique

L’avocate et ancienne ministre de l’environnement lance une action collective pour demander un moratoire de l’installation des compteurs électriques communicants.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 16h32
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 18h00
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


« Il est anormal d’exposer des gens à un risque, même s’il est très faible ou qu’il n’est pas encore connu. » C’est au nom du principe de précaution que l’ancienne candidate à la présidentielle de 2012, Corinne Lepage, a rejoint la bataille des opposants au compteur Linky.
Avec un groupe d’avocats, l’ancienne ministre de l’environnement d’Alain Juppé a lancé, lundi 9 avril, un appel à la ministre de la santé, Agnès Buzyn, ainsi qu’au ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot demandant de suspendre le déploiement de Linky par Enedis (Ex-ErDF, filiale d’EDF chargée de la distribution d’électricité). Si le gouvernement ne réagit pas à cet appel, ce collectif d’avocats menace de mener plusieurs actions juridiques pour défendre des particuliers et des communes refusant l’installation du compteur.
Depuis le début de son déploiement en 2015, le compteur Linky suscite des oppositions chez certains citoyens et dans certaines communes. Plus de 8 millions de compteurs ont déjà été installés, et le déploiement doit s’effectuer jusqu’en 2021.

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                Les 5 questions que pose le compteur Linky



Aucune étude officielle n’a permis de constater des dangers
Avec un collectif d’avocats, Mme Lepage a ouvert une plate-forme pour recueillir les témoignages de personnes électrosensibles, qui se disent perturbées par la proximité d’un compteur – ils affirment en avoir déjà reçu plus de 3 800. Le collectif entend ensuite obtenir en justice le droit pour ces plaignants de refuser la pose d’un compteur. « Si on a une jurisprudence favorable, Enedis sera obligé d’en tenir compte et d’arrêter la pose des compteurs », veut croire l’ancienne ministre et eurodéputée.
« Je ne dis pas que Linky est dangereux, parce que je n’en sais rien. Mais on commence toujours par nous dire qu’il n’y a aucun problème pour s’apercevoir, quinze ans plus tard, qu’il y en avait un… », explique Corinne Lepage au Monde.
A ce jour, aucune étude officielle n’a permis de constater des dangers pour la santé à cause du compteur Linky. Le travail effectué par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a estimé que les ondes émises par un compteur Linky étaient comparables à celles émises par d’autres équipements électriques (box Internet, lampes LED, chargeurs de portables…). L’Agence nationale des fréquences (ANFR) est arrivée aux mêmes conclusions.
Très difficile de refuser l’installation du compteur
« Les études actuelles ne sont pas suffisantes. Ce que l’on demande, c’est une étude complète sur le sujet », assure Corinne Lepage, qui s’appuie sur la dernière étude de l’Anses qui a récemment reconnu la réalité des troubles ressentis par les personnes électrosensibles, sans pour autant savoir à quoi les attribuer avec précision.
Autre argument battu en brèche par Mme Lepage : l’obligation d’accepter la pose d’un compteur Linky chez soi. « Il n’y a pas d’obligation légale de l’accepter. Le droit communautaire européen ne l’exige pas », assure Mme Lepage. « L’Allemagne ne l’impose pas à ses habitants, par exemple ». Dans les faits, il est pourtant très difficile pour les particuliers de refuser l’installation du compteur : ils ne sont pas propriétaires de leur compteur, qui se trouve souvent en dehors de leur logement. De même, plusieurs communes ayant pris des arrêtés demandant un moratoire de l’installation des compteurs Linky ont vu leurs décisions cassées en justice.
« Le minimum du principe de précaution, c’est de ne pas imposer aux gens un compteur dont ils ne veulent pas, alors qu’il n’est favorable qu’a Enedis et EDF », ajoute Mme Lepage, reprenant un argument de la Cour des comptes, qui a rendu en février un rapport très sévère sur l’absence de bénéfices pour les consommateurs du compteur.

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                Linky : la Cour des comptes dénonce le coût du programme







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Le premier ministre Edouard Philippe a salué mercredi le « très grand professionnalisme » des gendarmes et écarté toute interruption des opérations.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Poursuite des affrontements au troisième jour des expulsions à Notre-Dame-des-Landes

Le premier ministre Edouard Philippe a salué mercredi le « très grand professionnalisme » des gendarmes et écarté toute interruption des opérations.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 16h20
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 17h59
   





                        



   


Au troisième jour des expulsions dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, la confrontation se poursuit entre gendarmes mobiles et zadistes retranchés derrière des barricades.
Reprise des heurts à l’aube
Les heurts ont repris mercredi peu avant 7 heures non loin de la D281, où se cristallisaient les tensions depuis l’abandon du projet d’aéroport. Les gendarmes épaulés d’un hélicoptère et d’un drone ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes et à effet de souffle aux divers projectiles (pierres, mottes de terre, bouteilles) lancés par quelque 70 zadistes massés derrière des barricades de fortune sur la route des « Fosses noires ». Les opposants ont mis le feu à l’une des quatre barricades puis à une carcasse de voiture et à des caravanes pour freiner la progression des gendarmes.
Les heurts se sont ensuite déplacés dans un champ voisin, où un face-à-face opposait toujours à la mi-journée 150 zadistes armés de boucliers artisanaux et de raquettes pour renvoyer les grenades aux forces de l’ordre. C’est dans ce petit carré de bocage partiellement boisé, qui jouxte la D281, que se concentrent les affrontements depuis lundi.
A proximité, au « camp des cheveux blancs », les opposants ont appelé à 13 heures à un « grand pique-nique de protestation ». D’après une porte-parole de la gendarmerie sur Franceinfo, « 150, 200 » personnes « sont venues renforcer » les zadistes.
Mobilisation des opposants historiques
En détruisant les lieux de vie installés autour de la D281, les gendarmes ont détruit au passage des projets agricoles collectifs. D’où la colère de l’Acipa, principale association d’opposants à l’ex-projet d’aéroport, et un sentiment de trahison exprimé mardi par des zadistes qui estiment avoir joué le jeu avec la préfecture et avoir été floués.
L’importance de l’opération a amené les opposants à appeler à la mobilisation. « Si ce soir la préfecture ne retire pas ses troupes, c’est la mobilisation générale », avait lancé mardi Julien Durand, porte-parole de l’Acipa.

        Reportage :
         

          Violences à Notre-Dame-des-Landes : les deux camps cherchent une issue



Bilan
Mardi, les heurts ont été plus violents que la veille, avec vingt-huit gendarmes blessés dont dix retournés sur le terrain, selon un dernier bilan officiel.
Selon le bilan mercredi matin de l’équipe médicale des zadistes, une vingtaine d’opposants ont été blessés, dont un a été hospitalisé, après une trentaine mardi, dont deux hospitalisés. Un photographe de l’Agence France-Presse a été légèrement blessé aux jambes par les éclats d’une grenade.
Selon la cour d’appel de Rennes, plusieurs enquêtes ont été ouvertes à la suite des blessures infligées lundi et mardi à treize gendarmes, essentiellement par des jets de projectiles.
Un mineur interpellé lundi matin pour jets de projectile a été placé en détention provisoire mardi par le parquet d’Angers et une autre personne a été placée en garde à vue mardi pour « participation à un attroupement », a précisé la cour d’appel.
Edouard Philippe répond à deux députés LRM
Edouard Philippe a salué mercredi le « très grand professionnalisme » des gendarmes et des forces de l’ordre qui mènent l’expulsion en écartant toute interruption des opérations. « Les opérations se déroulent conformément au calendrier qui avait été envisagé (…) les opérations vont se poursuivre dans le même esprit, avec la même fermeté et avec la même mesure », a déclaré le premier ministre lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.
Matthieu Orphelin et François-Michel Lambert, deux députés La République en marche (LRM) réclament « une pause » dans l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Mardi soir, le député des Bouches-du-Rhône François-Michel Lambert (LRM, issu des rangs écologistes) a demandé s’il n’était « pas temps de faire une pause dans l’opération » : « Il ne faudrait pas qu’un homme, une femme tombe », a-t-il déclaré sur Franceinfo. « Certains sont déterminés, je ne les cautionne absolument pas, mais à la fin, ça peut être un gendarme qui tombe, un journaliste… », a-t-il ajouté, soulignant que tout le monde « a en tête le drame de Sivens et de Rémi Fraisse ».
Calendrier
L’intervention pourrait « durer jusqu’à la fin de la semaine », selon le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, qui a mobilisé près de 2 500 gendarmes. Selon la préfecture, 16 sites ont été évacués lundi et mardi. Parmi eux, 15 ont été démolis. La préfète de la région, Nicole Klein, a annoncé mardi que l’objectif était de démanteler « 30 à 40 » sites. Malgré les tensions, Mme Klein a assuré mardi soir que « le dialogue » n’était « absolument pas interrompu » et « reprendra[it] aussi vite que possible ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ L’évacuation violente et aveugle de la ZAD contredit les promesses de la préfète et met un terme au quasi sans-faute du gouvernement sur ce dossier délicat juge, dans une tribune au « Monde », le géographe Philippe Subra.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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NDDL : « On a un peu de mal à comprendre la logique de la stratégie gouvernementale »

L’évacuation violente et aveugle de la ZAD contredit les promesses de la préfète et met un terme au quasi sans-faute du gouvernement sur ce dossier délicat juge, dans une tribune au « Monde », le géographe Philippe Subra.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 16h00
    |

Philippe Subra (Professeur à l’Institut Français de Géopolitique, université Paris-VIII-Saint-Denis)







                        



                                


                            
Tribune. Jusque-là, c’était un sans-faute. En moins d’un an, le gouvernement d’Edouard Philippe avait réussi à mettre fin à un conflit de plus de vingt ans qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait su traiter. La nomination de trois médiateurs avait permis de calmer le jeu. Le contenu très équilibré de leur rapport avait ouvert le champ des choix possibles en montrant qu’il existait une alternative à la construction d’un nouvel aéroport pour améliorer la desserte aérienne de Nantes.
Les militants locaux historiques, agriculteurs ou zadistes modérés, qui avaient fait confiance au gouvernement, ont le sentiment d’avoir été trahis
La mise en scène de l’annonce de l’abandon du projet, le 17 janvier, avait achevé de convaincre une grande partie de l’opinion publique que ce choix était courageux et raisonnable. Et surtout, la décision de renoncer au projet de Notre-Dame-des-Landes (NDDL) avait scindé le camp des opposants et mis à mal l’alliance entre opposants locaux et zadistes, entraînant le retrait des premiers, qui n’avaient plus de raison de se battre.
Enfin, l’ouverture d’un processus de régularisation, visant ceux qui, parmi les zadistes, avaient un projet économique, agricole ou artisanal, avait introduit un second clivage, cette fois entre les zadistes eux-mêmes, isolant les plus radicaux – ceux qui ne rêvaient que d’en découdre avec les forces de l’ordre, d’affronter, projectiles à la main, l’Etat en personne.

En moins de 48 heures, les modalités de l’intervention des forces de l’ordre sur la ZAD [« zone à défendre »] ont gâché tous ces acquis. En s’attaquant non seulement aux squats radicaux et aux barricades qui barrent les routes de la ZAD, mais aussi à plusieurs lieux où s’étaient développés des projets collectifs, comme la ferme des 100 noms, l’Etat a réunifié au moins partiellement le camp des opposants. Ceux qui lui avaient fait confiance, militants locaux historiques, agriculteurs ou zadistes modérés, ont le sentiment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Dans son discours, Macron n’a fait qu’appeler le culte catholique à prendre part au débat public en espérant que les autres cultes, notamment le rite musulman, lui emboîteront le pas, expliquent les dirigeants d’Artemis, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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« Pour faire date, le discours du président aux Bernardins devra s’accompagner d’initiatives publiques »

Dans son discours, Macron n’a fait qu’appeler le culte catholique à prendre part au débat public en espérant que les autres cultes, notamment le rite musulman, lui emboîteront le pas, expliquent les dirigeants d’Artemis, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    11.04.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 16h06
    |

Jules Boyadjian (Président d'Artemis) et Katia Mebtouche (Directrice d'Artemis)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis qu’il a prononcé son discours à la Conférence des Evêques de France, réhabilitant la religion catholique dans l’espace public, le président Macron est l’objet de plusieurs procès : procès politique, il serait venu donner quitus aux positions les plus conservatrices portées par l’Eglise catholique sur les questions de société ; procès en clientélisme, il serait venu ostensiblement séduire un électorat qui lui était a priori défavorable ; procès institutionnel, il se serait placé en contravention brutale avec l’héritage séculaire de la République, celui-ci flirtant dangereusement avec le procès en forfaiture.
La parole du président aux Bernardins est une main tendue à tous ceux qui perçoivent la religion comme un refuge dans une société ultralibérale dénuée de cadre
Ces lectures du discours du 9 avril doivent nous conduire à nous interroger. On peut y trouver, parmi certains de leurs auteurs, une honnêteté qu’il n’y a pas lieu de discuter au sein de progressistes qui ont placé leurs combats en faveur de l’égalité des droits dans le creuset de 1905. Ceux-ci percevraient dans les institutions un rempart contre la communauté des croyants, sans se rendre compte que la séparation de l’Eglise et de l’Etat ne signifie pas qu’ils ne sauraient faire bon ménage.
D’autres, les plus véhéments, ont fait mine d’oublier depuis trop longtemps ce que signifie le principe de laïcité : séparer le spirituel et le temporel en deux entités distinctes de l’Etat et, de ce fait, garantir, dans le pluralisme, l’égale distance entre celui-ci et chacune des religions. Ils abreuvent quotidiennement le débat public jusqu’à plus soif, au nom d’une prétendue résurgence républicaine, de propositions en contradiction majeure avec les droits et libertés garantis par la Déclaration des Droits de l’Homme.
Chaque outrage à ce principe est une invitation à ce que la pratique religieuse s’enferme dans une expression communautaire, avec de funestes conséquences...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ En 2013, grâce à une jurisprudence favorable au consommateur, une nouvelle spécialité est apparue sur le marché, celle de la contestation des prêts immobiliers contenant des erreurs formelles. Elle a permis de revoir à la baisse le taux d’intérêt de nombre d’emprunts. Mais, pour limiter l’explosion du contentieux, les juges ont depuis adopté un point de vue plus favorable aux banques.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Une prophylaxie préexposition au VIH a été proposée hors du cadre hospitalier pour éviter la transmission lors de rapports  des personnes transgenres.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Sida : une prévention hors les murs pour les transgenres

Une prophylaxie préexposition au VIH a été proposée hors du cadre hospitalier pour éviter la transmission lors de rapports  des personnes transgenres.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 16h11
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
Sous toutes les latitudes, les actions de prévention contre le virus du sida (VIH) buttent sur une difficulté : atteindre certains groupes de population ayant un risque d’être infectés supérieur à celui de la population générale, mais à l’écart des structures sanitaires. Faute de voir ­venir à lui ces groupes, l’hôpital, où se pratique le dépistage anonyme et gratuit des infections sexuellement transmissibles, doit alors travailler hors les murs.
Depuis la fin 2017, une équipe parisienne des hôpitaux universitaires Saint-Louis - Lariboisière - Fernand Widal (AP-HP) expérimente une prescription hors les mursde la prophylaxie préexposition (mieux connue sous le sigle ­anglais PrEP) à des personnes transgenres. La PrEP consiste pour une personne séronégative à prendre des médicaments anti-VIH avant des rapports à risque. Elle permet une protection ­efficace contre la transmission du VIH, mais pas contre les autres agents d’infections sexuellement transmissibles.
Les premiers résultats de cette action originale, soutenue par le Sidaction et Vers Paris sans sida (Mairie de Paris), abondent dans le sens de la faisabilité de ce type d’intervention, estiment ses concepteurs. Ils ont été présentés lors de la Conférence internationale francophone VIH/hépatites (Afravih), qui s’est tenue à Bordeaux du 4 au 7 avril.
Difficile accès à la prévention
En France, avant de pouvoir être renouvelée par un médecin généraliste, la première prescription d’une PrEP doit être faite par un service hospitalier spécialisé dans la prise en charge des personnes infectées par le VIH ou dans un centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic des infections par le VIH, les virus des hépatites virales et les agents des infections sexuellement transmissibles (CeGIDD, qui depuis 2016 a pris la suite des centres de dépistage anonyme et gratuit ou CDAG). Si une personne ne vient pas à l’hôpital ou au CeGIDD, elle ne pourra pas en pratique avoir accès à ce mode de prévention.
L’étude...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ « Le Monde des livres » publie en exclusivité des extraits du livre « Le Lambeau », de Philippe Lançon, grièvement blessé lors de l’attentat du 7 janvier 2015.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Philippe Lançon, miraculé de « Charlie Hebdo », raconte ce qu’il a vécu depuis l’attentat

« Le Monde des livres » publie en exclusivité des extraits du livre « Le Lambeau », de Philippe Lançon, grièvement blessé lors de l’attentat du 7 janvier 2015.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 14h52
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 15h57
   





                        



                                


                            

Le chroniqueur Philippe Lançon, grièvement blessé au visage lors de l’attaque de l’hebdomadaire satirique « Charlie Hebdo » le 7 janvier 2015, publie Le Lambeau. « Le Monde des livres » dévoile en exclusivité cinq extraits de cet ouvrage magistral, brûlant journal de deuil.
Brûlant ? Magistral ? Nous écrivons ces mots et déjà la honte rôde. Ce texte revenu d’entre les morts, allons-nous le traiter depuis l’autre rive, dans les termes et selon les usages du journaliste ordinaire, cet inconscient dont la vie, elle, a continué ?
Cela s’annonçait possible, puisque, en apparence, rien n’avait changé : nous avons vu Teresa Cremisi, l’éditrice de Philippe Lançon, qui nous a remis les épreuves du Lambeau ; nous avons appelé Pascale Richard, son attachée de presse chez Gallimard, pour lui dire notre souhait de publier les bonnes feuilles ; nous avons collectivement décidé d’en faire la « une » et fixé une date de parution.
Tout s’est passé comme si l’auteur appartenait encore à notre monde ordinaire, celui des vivants rivés à leur fausse sécurité, à leur sotte insouciance. Et pourtant, à mesure que nous avancions dans le livre, il devenait clair que la frivolité n’avait aucune place : les ponts étaient coupés. Le Lambeau décrit cette béance. Philippe Lançon y hisse chaque évocation intime au niveau d’une méditation universelle sur notre temps, nos existences, nos aveuglements.

Le Lambeau, de Philippe Lançon, Gallimard, 512 p., 21 €. En librairie le 12 avril.
« La nuit des rois », page 12. La veille, au théâtre
« Je suis devenu critique par hasard, je le suis resté par habitude et peut-être par insouciance. La critique m’a permis de penser – ou d’essayer de penser – ce que je voyais, et de lui donner une forme éphémère en l’écrivant. (…)
La critique me permet-elle de lutter contre l’oubli ? Bien sûr que non. J’ai vu bien des spectacles et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ A Paris, une manifestation nationale est organisée. Des avocats de Lille, Reims, Châlons-en-Champagne ou encore Dijon ont fait le déplacement.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Nouvelle journée de mobilisation contre la réforme de la justice

A Paris, une manifestation nationale est organisée. Des avocats de Lille, Reims, Châlons-en-Champagne ou encore Dijon ont fait le déplacement.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 14h51
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 16h05
   





                        


Magistrats, greffiers et surtout avocats étaient à nouveau mobilisés dans les juridictions mercredi 11 avril, avec des rassemblements et des renvois d’audience, contre le projet de réforme de la justice, qui doit être présenté le 18 avril en conseil des ministres.
Une manifestation nationale a également débuté en début d’après-midi à Paris à l’appel des principaux syndicats. Notre journaliste spécialiste des questions de justice, Jean-Baptiste Jacquin, est sur place :

Début de la manifestation #JusticeMorte à Paris. Jérôme Gavaudan (conférence des bâtonniers) avec Christiane Féral-… https://t.co/p7kzIeVbtI— JBJacquin (@JB Jacquin)


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Suivis par les magistrats avec Virginie Duval (USM) et Katia Dubreuil (SM) #JusticeMorte https://t.co/2wzQf4GTlr— JBJacquin (@JB Jacquin)


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La banderole de tête ne porte aucun signe syndical: « pour une justice de qualité et accessible » #JusticeMorte https://t.co/q9ctbUl19q— JBJacquin (@JB Jacquin)


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Des avocats ont quitté Lille, Reims, Châlons-en-Champagne ou encore Dijon pour rejoindre le cortège national.

De nombreux barreaux ont amené les avocats en car https://t.co/iV2ae0ad4M— JBJacquin (@JB Jacquin)


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Des mobilisations sont également organisées dans de nombreuses juridictions en France.
A Nice, où une grève illimitée perturbe fortement l’activité du tribunal depuis jeudi, une centaine d’avocats se sont rassemblés devant le tribunal de grande instance mercredi matin.
A Châlons-en-Champagne (Marne), les avocats ont mis en place une grève en pointillé à l’image de la SNCF.
A Saintes (Charente-Maritime), les 87 avocats du barreau ont eux aussi organisé un mouvement de grève deux jours par semaine.
Les avocats s’inquiètent principalement d’une fermeture de tribunaux d’instance, même si la ministre de la justice, Nicole Belloubet, a répété qu’« aucun lieu de justice ne sera fermé ».

        Lire notre reportage à Pau :
         

          « C’est un désert judiciaire qui s’annonce »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Malgré le recentrage du dispositif Pinel et les prix toujours aussi hauts, l’investissement locatif demeure un bon placement pour qui sait repérer les territoires d’avenir.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Investir dans le neuf reste une bonne idée en 2018

Malgré le recentrage du dispositif Pinel et les prix toujours aussi hauts, l’investissement locatif demeure un bon placement pour qui sait repérer les territoires d’avenir.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 14h15
    |

                            Ludovic Clerima








                        



   


L’alignement des planètes est-il toujours d’actualité ? En 2017, tous les signaux étaient au vert pour qui voulait investir dans l’immobilier neuf. Mais avec la menace de la hausse des taux, les prix qui ne reculent pas et le recentrage du dispositif Pinel, l’année 2018 est-elle encore favorable à la pierre ? « Pas de panique ! », répondent en cœur les professionnels.
« Le cadrage du Pinel sur les zones tendues est une excellente nouvelle », assure Philippe Plaza, directeur général d’Eiffage Immobilier. « Plus encore, c’est l’annonce du maintien du dispositif pour 4 ans qui est de nature à rassurer les investisseurs. Ce qu’ils demandaient, c’était de la stabilité. Je pense qu’ils ont été entendus. » Le promoteur veut par ailleurs croire que les prix du neuf ont atteint un plafond. « Le problème vient du foncier qui est trop cher. S’il continuait à augmenter, les professionnels devraient rogner sur leurs marges, mais je ne crois pas qu’ils portent cette hausse sur les prix. »

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                Emprunter sur trente-cinq ans, une solution pour les primo-accédants ?



Quant à la hausse des taux tant redoutée, elle tarde à se manifester. Selon l’observatoire Crédit Logement CSA, en février, les taux de crédit immobilier dans le neuf s’établissaient en moyenne à 1,48 % toutes durées confondues, hors frais d’assurances, contre 1,53 % en janvier. Reste à savoir sur quel type de placement se tourner. « Il faut miser sur les douze grandes métropoles régionales comme Nantes, Marseille, Bordeaux, Lille… C’est là qu’on a besoin de logements et même si les prix sont parfois élevés, la démographie fait que les risques sont minimes », assure Philippe Jossé, président du directoire de Cogedim.
Repérer les territoires d’avenir
Que les petits budgets se rassurent. Des stratégies existent pour trouver des logements moins chers : « Il faut miser, dans ces métropoles, sur la première couronne où les prix sont plus doux et les loyers pas nécessairement moins faibles. Si le bien est situé près des transports, des rentabilités de l’ordre de 3,50 % à 3,60 % sont à espérer, à l’exemple de villes comme Argenteuil, Aubervilliers et toutes celles qui seront desservies par le Grand Paris. Idem pour Nantes avec la commune de Saint-Herblain. À cela il faudra ajouter les abattements fiscaux pour ceux qui feraient un Pinel », conseille Franck Vignaud, directeur du Laboratoire de l’immobilier, conseiller en investissement immobilier.

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                Immobilier : vers un atterrissage en douceur



Car il est bon d’être capable de se projeter pour repérer les territoires d’avenir : « Prenez Angoulême. On voit de plus en plus de personnes s’y installer grâce à la LGV qui relie cette ville à Bordeaux en 25 minutes. Investir dans l’idée de revendre beaucoup plus tard est loin d’être une mauvaise idée. Vous avez le même phénomène avec Saint-Nazaire, qui devient un marché de report pour ceux qui ne peuvent pas acheter à Rennes et où le prix du mètre carré est sensiblement plus faible », analyse Marc Julien, fondateur de Pierre Invest, courtier en immobilier neuf.
Enfin, si le dispositif Pinel concerne près de 54 % des ventes dans le neuf en 2017, il n’est pas la seule méthode pour investir. Le Censi-Bouvard, en vigueur jusqu’au 31 décembre 2018, permet d’acheter des résidences étudiantes ou seniors. A la clé ? Une déduction d’impôt de 11 % du coût du bien et la possibilité de récupérer la TVA. Sans oublier l’achat dans le neuf sans passer par aucun dispositif. De quoi personnaliser, selon ses besoins, son plan d’investissement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Lundi, l’intervention de forces de l’ordre dans un bâtiment de l’université occupé par des opposants à la réforme de l’université avait dégénéré.
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Faculté de Nanterre : trois étudiants seront jugés pour violences envers des policiers

Lundi, l’intervention de forces de l’ordre dans un bâtiment de l’université occupé par des opposants à la réforme de l’université avait dégénéré.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 14h07
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 18h06
    |

            Eric Nunès et 
Soren Seelow








                        



   


« Libérez nos camarades ! », scandaient, mardi 10 avril en début d’après midi, environ deux cents étudiants, enseignants et membres du personnel administratif de l’université de Nanterre, massés devant le commissariat de police de la ville. Tous étaient venus soutenir sept étudiants arrêtés lundi 9 avril lors d’une opération de police à l’université de Nanterre. Ces derniers ont tous été libérés mardi, avec des fortunes diverses.
L’un, entendu en audition libre, est ressorti sans aucune charge. Deux autres, placés en garde à vue pour « dégradation en réunion », en l’occurrence des jets de peinture et une porte dégondée, sont poursuivis en enquête préliminaire, a fait savoir au Monde le parquet de Nanterre. Après avoir un temps envisagé de porter plainte contre X, l’université de Nanterre a fait savoir au Monde qu’aucune plainte ne serait finalement déposée.
Quatre autres étudiants, âgés de 20 à 29 ans, étaient poursuivis pour « violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique ». L’un a bénéficié d’un classement sans suite, faute de preuve, et les trois autres ont été déférés mardi vers 17 heures et libérés dans l’attente de leur procès, prévu d’ici à deux mois. Seuls deux d’entre eux, qui ne sont pas étudiants à Nanterre, ont été placés sous contrôle judiciaire, une mesure leur interdisant de se rendre dans l’établissement.

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                A la fac de Nanterre, l’intervention des CRS renforce la protestation



Lors de l’assemblée générale qui s’est tenue à Nanterre, mardi 10 avril, plusieurs étudiants et enseignants avaient pointé la responsabilité du président de l’université, Jean-François Balaudé, dans cette opération de police et demandé sa démission. La présidence de Nanterre a tenu à expliquer au Monde sa version des faits, assurant qu’à aucun moment il n’a été question de « piéger » des étudiants réunis en assemblée générale.
Selon le récit de la présidence de l’université, « un groupe d’une trentaine de personnes a fait irruption dans l’enceinte de l’université lundi vers 6 heures du matin », conduisant la direction à appeler les forces de l’ordre. A l’arrivée des CRS, ce petit groupe se serait réfugié sur le toit, contraignant les policiers à se replier et à interrompre leur opération pour raisons de sécurité.
Quelques heures plus tard, ce petit groupe aurait ouvert un accès du bâtiment, permettant à un groupe plus conséquent d’étudiants rassemblés sur le campus de les rejoindre dans le hall. Les policiers seraient alors intervenus contre un groupe d’individus bien plus important que celui qui avait motivé leur déplacement. « Il n’y avait pas d’assemblée générale dans un amphi, précise la présidence de Nanterre. Cette intervention a eu lieu dans le hall du bâtiment, et n’était motivée à l’origine que par l’intrusion d’une trentaine d’individus plus tôt dans la matinée ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Martine Landry, retraitée, encourt jusqu’à 30 000 euros d’amende et cinq ans de prison pour avoir aidé deux migrants mineurs. Son procès se tient mardi à Nice.
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Une militante d’Amnesty International poursuivie pour « délit de solidarité »

Martine Landry, retraitée, encourt jusqu’à 30 000 euros d’amende et cinq ans de prison pour avoir aidé deux migrants mineurs. Son procès se tient mardi à Nice.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 13h02
    |

                            Le Monde.fr








                        



   


Martine Landry, retraitée de 73 ans et membre d’Amnesty International, doit comparaître mercredi 11 avril devant le tribunal correctionnel de Nice pour « délit de solidarité ». Les faits remontent au 28 juillet 2017 : ce jour-là, la police italienne renvoie à pied deux mineurs étrangers, âgés de 15 ans et d’origine guinéenne, vers la France. Martine Landry les accompagne jusqu’au poste de la police aux frontières.
La retraitée, également membre de l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé), reçoit ensuite une convocation du tribunal correctionnel de Nice. Elle est accusée d’« avoir facilité l’entrée de deux mineurs étrangers en situation irrégulière […], en ayant pris en charge et convoyé pédestrement ces deux mineurs du poste frontière côté Italie au poste frontière côté France ». 
L’intéressée conteste cette version et affirme avoir accompagné les deux mineurs une fois qu’ils avaient franchi la frontière, mais pas depuis l’Italie.
Le procès de Martine Landry « doit être l’occasion pour le gouvernement français de modifier sa législation qui permet, comme cette situation le démontre, de criminaliser l’aide apportée par des citoyens pour protéger les droits des personnes migrantes et réfugiées », affirme Amnesty International. L’ONG précise que la militante est « expérimentée, respectueuse du droit et connaît parfaitement le cadre juridique dans lequel son action s’inscrit ».
Martine Landry encourt jusqu’à 30 000 euros d’amende et cinq ans d’emprisonnement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Des praticiens dénoncent les sanctions qui leur ont été infligées. Elles devaient comparaître mercredi 11 avril devant la chambre nationale disciplinaire du conseil de l’ordre des médecins.
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Sanctionnées pour avoir établi un lien entre santé et travail d’un salarié, deux médecins font appel

Des praticiens dénoncent les sanctions qui leur ont été infligées. Elles devaient comparaître mercredi 11 avril devant la chambre nationale disciplinaire du conseil de l’ordre des médecins.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 12h07
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 15h02
    |

            Francine Aizicovici








                        



                                


                            

Karine Djemil, médecin du travail en Seine-Saint-Denis, devait comparaître mercredi 11 avril devant la chambre nationale disciplinaire du conseil de l’ordre des médecins. Elle fait appel de la sanction de six mois d’interdiction d’exercer que lui a infligée, en première instance, la juridiction d’Ile-de-France le 18 janvier 2016. Quelle faute a-t-elle commise ? Dans ses écrits intégrés aux dossiers médicaux de deux salariées exerçant dans deux entreprises différentes, elle a établi, explique-t-elle, un lien entre leur grave souffrance (avec tentatives de suicide, syndromes dépressifs sévères…) et le harcèlement sexuel et moral subi à leur travail. Or faire ce lien, pour l’ordre des médecins, est une faute. Peu importe le cheminement du médecin pour y parvenir.
Depuis plusieurs années, ce type d’affaire se multiplie, visant les médecins du travail, mais aussi les généralistes et les spécialistes. Gaël Nayt, psychiatre, a ainsi été sanctionnée le 1er mars d’une interdiction d’exercer de trois mois dont deux avec sursis. Elle aussi fait appel. « L’ordre des médecins se montre ici résolument aux côtés des employeurs, dénonce l’Union syndicale de la psychiatrie.
Le président de la chambre disciplinaire avait en outre ordonné une expertise psychiatrique du docteur Djemil, dont le résultat avait démontré qu’elle avait conservé toute compétence pour exercer. En réaction à ce qu’ils nomment « un acharnement », l’association Santé et médecine du travail (a-SMT), ainsi que la CGT et plusieurs associations et syndicats de médecins et de patients, ont appellé à un rassemblement le 11 avril devant le conseil national de l’ordre des médecins en soutien au docteur Djemil.
« Mes écrits et mes décisions ont reposé sur l’écoute attentive des salariées et l’étude de leurs conditions de travail ainsi que sur un faisceau d’indices, c’est mon métier », souligne Mme Djemil. Elle dispose de preuves concrètes comme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Pour le sociologue Philippe Portier, le chef de l’Etat tient un discours explicite sur la laïcité.
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« Le discours de Macron marque bien la centralité du catholicisme dans la constitution de la nation française »

Pour le sociologue Philippe Portier, le chef de l’Etat tient un discours explicite sur la laïcité.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 14h55
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            
Directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études et directeur du Groupe sociétés, religions, laïcités, le sociologue Philippe Portier analyse la nouveauté du discours d’Emmanuel Macron sur le catholicisme et la laïcité que le président de la République a prononcé devant les évêques, lundi 9 avril.
Emmanuel Macron attribue-t-il une place particulière au catholicisme par rapport aux autres religions ?
Emmanuel Macron présente l’Etat et l’Eglise comme devant être en situation d’alliance. C’est un discours traditionnel dans le langage catholique. Deux éléments de son propos renvoient à un langage d’Eglise où s’affirme la spécificité du catholicisme dans la société française. Le premier, c’est qu’il parle de l’Eglise comme étant, à côté de l’Etat, dépositaire d’un ordre qui a sa propre juridiction.

L’Eglise et l’Etat sont deux sociétés autonomes relevant chacune d’un ordre de juridiction spécifique. Il n’a pas utilisé ce langage avec les juifs, les musulmans ou les protestants. Cela renvoie à l’auto-compréhension de l’Eglise, qui ne s’analyse pas comme une communauté de croyance comme les autres, mais comme la dépositaire de la parole du Christ et ayant, vis-à-vis de l’Etat, un ordre de juridiction spécifique. Le président de la République a repris là les catégories de la théologie politique.
Le second élément, que l’on ne retrouve pas dans les discours aux autres communautés de foi, c’est l’association constante entre nation et religion catholique. Il a parlé des racines chrétiennes de la France comme d’une sorte d’évidence historique. Ce discours marque bien la centralité du catholicisme dans la constitution de la nation française.
Cette particularité accordée au catholicisme a-t-elle des répercussions pour les autres cultes ?
Sûrement. Pour Emmanuel Macron, toutes les religions participent au concert national. Mais il ne cesse de mettre en évidence le fait que le catholicisme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Ces diplômes en deux ans ont été mis en place par Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur, qui a présidé l’université de Nice entre 2012 et 2017. Des étudiants et des professeurs critiquent cette « privatisation ».
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A l’université de Nice, des masters à 4 000 euros qui passent mal

Ces diplômes en deux ans ont été mis en place par Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur, qui a présidé l’université de Nice entre 2012 et 2017. Des étudiants et des professeurs critiquent cette « privatisation ».



Le Monde
 |    11.04.2018 à 11h53
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 11h55
    |

                            Sofia Fischer








                        


« Etudiants de toutes les facs, unissons-nous », pouvait-on lire mardi 10 avril sur le tableau lors de la dernière assemblée générale du collectif Sauve ta fac 06, qui a voté dans la foulée le blocage du conseil d’administration de l’université de Nice Sophia-Antipolis. Alors que la mobilisation se poursuit dans une quinzaine d’établissements en France, l’ambiance est de plus en plus tendue sur le campus Valrose.
« Merde à Vidal et à ses sbires », souffle-t-on dans les rangées d’étudiants présents à l’assemblée générale. Les étudiants protestent contre la réforme de Parcoursup mais aussi (et surtout) contre l’instauration dans leur établissement de nouveaux diplômes à 4 000 euros, remplaçant à partir de la rentrée prochaine trois parcours de masters de biologie dont les tarifs étaient calqués sur ceux en vigueur actuellement, soit 256 euros. Or, ces diplômes – baptisés diplômes d’établissement suivis en deux ans et qui donneront lieu à des équivalences nationales de masters – ont été mis en place par Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur, qui a présidé cette université entre 2012 et 2017. Une pétition « Non aux masters payants à Nice », a déjà été signée par 1 600 personnes dont 400 enseignants-chercheurs.
Jean-Marc Gambaudo, président de l’université Côte d’Azur, tente de tempérer : « Les diplômes d’établissement payants dans les universités existent depuis longtemps », même s’il concède leur caractère assez « inédit » en sciences. « On est clairement dans une logique de privatisation puisqu’on transforme une formation qui était publique – et donc quasiment gratuite – en une formation payante », explique Elisabeth Lemaire, directeur de recherche CNRS et membre du collectif Sauve ta fac 06. L’administration n’a cessé de dire qu’il s’agissait ici d’une « expérimentation ».
Fuite en avant
La crainte de beaucoup d’élèves et de professeurs est que cela soit, à terme, généralisé par la ministre. « Elle se sert de Nice comme laboratoire pour ensuite étendre cela au niveau national », assène Jérémie, un étudiant faisant partie du collectif mobilisé. « Pas question », répond Jean-Marc Gambaudo. « Nous avons conscience de la mission de l’université. Mais ce n’est pas en attendant l’argent de l’Etat indéfiniment que l’on va être sauvés. »
Car comme beaucoup d’universités aujourd’hui, Nice est en grande difficulté financière. Le nombre d’étudiants n’a cessé d’augmenter (+2 % en trois ans), sans recevoir les moyens nécessaires. A Valrose, tout le monde s’accorde sur le fait qu’il faut trouver des solutions, et vite. Pierre Chantelot, secrétaire national du SNESUP-FSU (syndicat national de l’enseignement supérieur) : « Nous sommes d’accord avec le constat que fait M. Gambaudo. L’université est en faillite. Mais ce ne sont pas aux étudiants de remplir les caisses. » Il dénonce une fuite en avant : « L’administration a ouvert la boîte de Pandore. A long terme, ça sera deux, quatre, six masters payants… et les étudiants seront de plus en plus nombreux à devoir payer pour faire leurs études. »
Une crainte partagée par certains professeurs de l’université Sophia-Antipolis. « Le ministère veut laisser les universités se financer toutes seules progressivement. Il ne faut pas laisser entrer le loup dans la bergerie », assure Laurent Michel, maître de conférences en mathématiques, et très impliqué dans la mobilisation. Didier Forcioli, professeur de génétique, enseigne dans un de ces masters de biologie qui deviendra payant à la rentrée prochaine. Il a refusé de participer à la future maquette. « A partir du moment où c’est devenu évident que cela deviendrait payant pour les étudiants, j’ai décidé de ne plus l’enseigner », explique-t-il.
Mais pour Paola Furla, future responsable de ces nouveaux diplômes, l’argent est nécessaire pour faire tourner des parcours qui manquaient cruellement de moyens. « Ces 4 000 euros, c’est pour louer des bateaux, aller en mer, leur faire faire des expériences… » Tout en rappelant qu’un système de bourse serait mis en place pour les étudiants européens « brillants » dont les parents auraient des revenus peu élevés.

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                Réforme des universités : déblocage voté à Nice, violences à Nantes et Grenoble






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Sous peine de poursuites, les autorités sanitaires américaines enjoignent au laboratoire Bayer de mieux informer les patientes des effets secondaires.
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Restrictions aux Etats-Unis pour le dispositif contraceptif Essure

Sous peine de poursuites, les autorités sanitaires américaines enjoignent au laboratoire Bayer de mieux informer les patientes des effets secondaires.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 11h36
    |

            Patricia Jolly








                        



   


Le dispositif contraceptif définitif Essure, distribué par le laboratoire allemand Bayer HealthCare et soupçonné de provoquer de graves effets secondaires, est désormais sous haute surveillance aux Etats-Unis, unique pays où il est encore commercialisé. Lundi 9 avril, les autorités sanitaires américaines ont enjoint à la multinationale de mieux informer les femmes des risques liés à l’utilisation du produit, sous peine de poursuites judiciaires : une décision sans précédent.
La Food and Drug Aministration (FDA), organisme qui délivre – entre autres – les autorisations de commercialisation des médicaments, a décidé qu’à ce jour, seules les patientes ayant lu et signé la brochure détaillant les risques liés à Essure pourront recevoir les implants. Ce document très technique de 22 pages devra être visé conjointement par le médecin qui réalisera l’acte.

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                Action de groupe contre les implants contraceptifs Essure



« La FDA fera respecter ces obligations et prendra les mesures appropriées en cas de manquement, y compris les sanctions pénales et civiles applicables », a précisé l’agence dans un communiqué sans pour autant demander le retrait du produit. « Malgré des efforts pour alerter les femmes sur les complications potentielles d’Essure, nous savons que certaines patientes ne reçoivent toujours pas ces informations importantes. C’est tout simplement inacceptable, a déclaré le docteur Scott Gottlieb, patron de la FDA dans le même texte. Chaque femme recevant ce dispositif devrait comprendre pleinement les risques qui y sont associés. »
Sur le marché depuis 2002, Essure est un dispositif de stérilisation implantable par les voies naturelles, unique en son genre. Composé de ressorts en fibres de polyéthylène, nickel, titane et acier inoxydable, il provoque une cicatrisation qui obstrue les trompes de Fallope. Alternative aux techniques chirurgicales telles que la ligature des trompes, ces implants ont été accueillis comme une formidable innovation et prescrits en première intention aux femmes demandeuses d’une contraception définitive et irréversible.
Bayer évoque « un dispositif sûr et efficace »
Selon Bayer HealthCare, le dispositif a été vendu à un million d’exemplaires dans le monde. Mais les signalements d’effets secondaires neurologiques, musculaires, hémorragiques et allergiques, liés à sa pose comme à sa composition, se sont multipliés ces dernières années. Des migrations des implants et des perforations d’organes ont conduit à des retraits qui imposent l’ablation des trompes, voire de l’utérus. Devant la recrudescence de signalements d’effets indésirables, Essure avait notamment été placé sous surveillance renforcée par les autorités sanitaires françaises en 2015.
En février 2016, la FDA avait ordonné à Bayer d’effectuer une étude sur le produit. Dés novembre 2016, l’agence avait également imposé la mise en garde la plus stricte sur l’emballage du dispositif. Selon la FDA, les ventes d’Essure ont chuté de 70 pourcent depuis l’annonce de ces premières restrictions. En septembre 2017, Bayer a cessé de commercialiser Essure partout dans le monde à l’exception des Etats-Unis, son marché le plus florissant, en précisant que sa décision était due à une baisse des ventes et non à une question de sécurité.
« Les patientes méritent l’information la plus précise et la plus complète afin de prendre les décisions liées à leur santé, et Bayer forme – et continue de former – les professionnels de santé à l’importance de conseiller de manière appropriée chaque patiente sur les bénéfices et les risques que présentent Essure, a plaidé le laboratoire dans un communiqué. La FDA a pu constater à de nombreuses reprises qu’Essure est un dispositif sûr et efficace qui met à la disposition des femmes un moyen de contraception de grande valeur. »
La FDA a reçu 12 000 signalements d’effets indésirables pour l’année 2017 dont 90 % liés à des interventions visant à ôter le dispositif. L’agence précise cependant que la plupart des doléances émanent d’avocats conseillant des patientes ayant entamé un recours en justice contre Bayer. Aux Etats-Unis, le laboratoire est visé par une action de groupe réunissant environ 16 000 femmes en raison de troubles supposément liés à l’utilisation d’Essure.
En France, l’association Resist (Réseau d’entraide, de soutien et d’informations sur la stérilisation tubaire), créée en 2016 et forte de 2 330 membres, a également assigné Bayer, le 8 mars, devant le TGI de Paris pour « faute de vigilance » et « commercialisation d’un produit défectueux » dans le cadre d’une action de groupe.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Dans un avis rendu à la Cour de cassation, une magistrate donne raison à l’homme d’affaires qui souhaite poursuivre en justice un policier de la brigade financière dont il conteste le rapport dans l’affaire de l’arbitrage Tapie-Crédit lyonnais.
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Affaire Adidas : un avis rendu en faveur de Bernard Tapie

Dans un avis rendu à la Cour de cassation, une magistrate donne raison à l’homme d’affaires qui souhaite poursuivre en justice un policier de la brigade financière dont il conteste le rapport dans l’affaire de l’arbitrage Tapie-Crédit lyonnais.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 11h35
    |

            Gérard Davet et 
Fabrice Lhomme








                        



                                


                            
Entre Bernard Tapie et les magistrats, les relations sont en général tendues. Il faut dire que les décisions judiciaires rendues en faveur de l’homme d’affaires sont assez rares, ces derniers temps. Et, pourtant, l’avocate générale Solange Moracchini vient d’apporter un peu de réconfort à M. Tapie, reclus en son domicile parisien pour lutter contre un cancer à l’estomac.
Dans un avis rendu à la Cour de cassation – qui se prononcera définitivement en mai –, la magistrate est venue à l’appui de l’homme d’affaires, dans un combat très personnel qu’il mène depuis longtemps contre un haut responsable policier, le commandant Yves-Marie L’Hélias. Celui-ci, en poste à la brigade financière, avait remis un rapport de synthèse le 9 juillet 2014, dans le cadre de l’affaire de l’arbitrage Tapie-Crédit lyonnais. La conclusion de ce document – révélé par Le Monde le 11 septembre 2014 – était sans appel : « Les faits ayant pu être établis par les investigations ne permettent pas de donner crédit à la thèse de M. Tapie et aux conclusions des arbitres. » Autrement dit : Bernard Tapie n’aurait pas été lésé dans la revente d’Adidas au Crédit lyonnais en 1993 et l’arbitrage rendu en sa faveur n’aurait donc pas eu lieu d’être.
Contestant en bloc ce rapport, Tapie avait déposé, le 20 juillet 2015, une plainte avec constitution de partie civile en dénonçant des faux en écriture publique. Un an plus tard, le juge d’instruction avait rendu une ordonnance de refus d’informer, aux motifs que les faits ne pouvaient recevoir aucune qualification pénale. Une décision confirmée par la chambre de l’instruction de Paris le 1er juin 2017. M. Tapie s’était, dès lors, pourvu en cassation.
« Rapport litigieux »
Dans son avis, généralement suivi par la Cour de cassation, l’avocate générale lui donne désormais raison et pourrait ainsi permettre à un juge d’instruction d’enquêter sur le travail de la brigade financière dans le cadre de l’affaire Tapie. Mme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Les deux lycéennes de Pontoise, dans le Val-d’Oise, sont les invitées de l’émission « Questions directes », mercredi soir sur France 2.
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Shanley Clemot MacLaren et Hajar Errami, « copines de lutte » contre le harcèlement sexuel

Les deux lycéennes de Pontoise, dans le Val-d’Oise, sont les invitées de l’émission « Questions directes », mercredi soir sur France 2.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 11h24
    |

                            Sofia Fischer








                        



   


Convenir d’un rendez-vous avec ces deux lycéennes s’est avéré plus compliqué que de rencontrer un ministre : entre les révisions pour le baccalauréat, les petits boulots et les dossiers qu’elles montent pour lutter contre le sexisme dans les établissements scolaires, les jeunes filles n’ont plus le temps « pour quoi que ce soit ».
Shanley Clemot MacLaren, piercing au nez et cheveux roses, et Hajar Errami, tenue élégante et chignon perché sur le crâne, ont toutes deux 19 ans. Mercredi 11 avril, elles iront directement de leur lycée aux locaux de France 2, où elles ont été invitées à témoigner pour la nouvelle émission de débat animée par Julian Bugier, « Question directes ». Plusieurs fois reportée, celle-ci devait avoir lieu en présence de la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa.
Mais le 4 avril, Shanley Clemot MacLaren a publié sur Twitter un SMS d’un membre de l’émission lui indiquant que, finalement, la secrétaire d’Etat ne viendrait pas, car elle « refuse de venir débattre avec des personnes qui risqueraient de la bousculer un peu ». Une version démentie par le cabinet de Mme Schiappa et par le service de presse de France Télévisions, qui mettent en avant des raisons purement organisationnelles, d’agenda.
Deux jeunes femmes, deux parcours
Quoi qu’il en soit, Shanley Clemot MacLaren et Hajar Errami seront là, elles, pour représenter la jeune génération dans cette émission qui portera sur les moyens de lutter contre le sexisme. La première est en terminale littéraire, issue d’une famille bilingue, d’un père travaillant à la RATP et d’une mère anglophone, professeure à l’université ; la seconde, en terminale sciences et technologies du management et de la gestion (STMG), a grandi en foyer dans l’Oise avec son frère aîné.
Les deux lycéennes ne se fréquentaient que de loin, jusqu’à ce jour de décembre 2017 où elles ont organisé un blocus pour dénoncer le harcèlement sexuel subi dans leur établissement, le lycée Camille-Pissaro, à Pontoise (Val-d’Oise). Depuis, elles sont « copines de lutte ». Ce jour-là, Hajar Errami, « courageuse et libre » selon la banderole qu’elle tenait, racontait : « Quand une fille passe au tableau, c’est systématiquement accompagné de commentaires de la part des garçons, qui peuvent aller du “sale pute” à “matez-moi ce cul, je le baiserais bien”. Quand ils ne miment pas des actes inappropriés avec leur sexe… ». Le tout « sous les yeux » des professeurs qui resteraient souvent impassibles.
Trois mois après, les filles se félicitent que leur lutte ait payé : même si elles attendent toujours l’intervention de la brigade de prévention de la délinquance pour rappeler la loi aux élèves, promise par le conseil d’administration, le problème a été reconnu par les encadrants et la situation s’est quelque peu assainie. Elles préparent avec l’Union nationale des lycéens, qui a rejoint leur lutte, des interventions dans des classes pour sensibiliser les étudiants à la question.
Des rumeurs sexistes au cas de viol
A Camille-Pissaro, elles ont été identifiées, par l’administration comme par les élèves, comme des personnes-ressources sur ces questions. « Des filles viennent nous voir dans les couloirs pour nous raconter leurs soucis, nous poser des questions, demander conseil », raconte Shanley Clemot MacLaren. Cela peut aller d’une rumeur sexiste qui circule sur le réseau social Snapchat à, parfois, des cas de viol en soirée. « Je n’ai pas toutes les réponses, avoue la jeune femme. J’ai cherché des numéros d’associations, parfois je suis obligée de les diriger vers des personnes plus compétentes. » 
Le duo n’est pas d’accord sur tout. Selon Shanley Clemot MacLaren, la fille d’universitaire, on ne naît pas féministe, on le devient. Pour Hajar Errami, c’est tout l’inverse.
Shanley a connu un premier amoureux toxique et violent, qui finira par l’agresser physiquement, ce qui la conduira à porter plainte :
« J’ai mis du temps à me reconstruire. J’ai cru que c’était une relation malsaine classique. Et puis j’ai fait beaucoup de recherches, j’ai trouvé des milliers d’autres femmes qui avaient subi les mêmes choses que moi, et j’ai compris que ce n’était pas quelque chose de personnel, mais que c’était structurel : c’était une des nombreuses conséquences du sexisme. »
Elle « se pose alors un tas de questions » sur « toutes ces choses auxquelles [elle s’était] habituée » : « Pourquoi les garçons qui enchaînent les conquêtes sont des héros, et les filles des “putes” ? Pourquoi je me prends si régulièrement des mains [aux fesses] dans le bus ? » 
Hajar Errami, qu’une enfance en foyer a obligée à se prendre en charge très tôt, assure, elle, que le féminisme a toujours « fait partie de sa nature » :
« Je ne comprends même pas qu’on me qualifie de féministe. Il ne devrait même pas y avoir de mot pour cela. Je suis une femme et je lutte pour les femmes, c’est ce qu’il y a de plus naturel. »
A la différence de Shanley Clemot MacLaren, elle se souvient d’avoir été en colère depuis toujours face aux agressions du quotidien et aux discriminations d’une manière générale.
Se positionner sur les grandes thématiques
Conscientes que le débat féministe n’est pas exempt de divisions internes, elles tentent de se positionner sur les grandes thématiques. Quid de la prostitution ? De la pornographie ? Du voile ? Shanley Clemot MacLaren s’est fixé le défi de se poser à elle-même une grande question par semaine sur ces grands sujets. Elles se renseignent, impriment des articles de presse qu’elles rangent dans un classeur, écoutent des discours sur YouTube. Elles tâtonnent.
En section littéraire, Shanley Clemot MacLaren a découvert très tôt Olympe de Gouges (1748-1793) et Simone de Beauvoir (1908-1986). Hajar Errami, elle, s’inspire davantage des icônes venues des Etats-Unis, comme la célèbre présentatrice Oprah Winfrey ou les actrices Emma Watson ou Jennifer Lawrence.
Depuis qu’elles ont été contactées par France 2 pour participer au grand débat, elles étudient les budgets alloués au secrétariat pour l’égalité, lisent des portraits de Marlène Schiappa, scrutent de près son projet de loi contre les violences sexuelles et sexistes, dévoilé le 20 mars en conseil des ministres. Mercredi, elles ont un seul but : faire comprendre aux « politiques » qu’il ne sert à rien de s’attarder sur les « conséquences » du sexisme si on n'investit pas dans la prévention.
« J’ai l’impression que les adultes passent leur vie à faire le bilan des choses, des conséquences du sexisme ambiant, mais personne ne parle des vraies questions, s’exaspère Shanley Clemot MacLaren. Comment va-t-on éduquer les petits garçons – et les petites filles – à l’avenir pour éviter ce genre de constats ? »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Dans cette chronique, le juriste Francis Kessler rappelle que le droit de grève n’est pas absolu. Il doit, selon la jurisprudence, impliquer « un arrêt total du travail en vue de faire aboutir des revendications professionnelles ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
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La grève à la SNCF est-elle licite ?

Dans cette chronique, le juriste Francis Kessler rappelle que le droit de grève n’est pas absolu. Il doit, selon la jurisprudence, impliquer « un arrêt total du travail en vue de faire aboutir des revendications professionnelles ».



Le Monde
 |    11.04.2018 à 11h07
    |

                            Francis Kessler (Maître de conférences à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Question de droit social. Le droit de grève prévu par le droit international ratifié par la France est, aux termes de l’alinéa 7 du préambule de la Constitution, un droit constitutionnel « qui s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent ». Ce droit individuel qui s’exerce collectivement conduit à la suspension de la relation de travail et de la rémunération jusqu’à la fin du mouvement. Précision : tout licenciement prononcé du seul fait de la grève est nul de plein droit.
Ce droit de grève n’est cependant pas absolu. Il doit, selon la jurisprudence, impliquer « un arrêt total du travail en vue de faire aboutir des revendications professionnelles ». Tout mouvement qui ne répond pas à cette définition n’est pas une grève et conduit à la perte des protections qui y sont attachées.
Tel est le cas de l’exécution partielle ou volontairement défectueuse du travail. De façon constante, la chambre sociale de la Cour de cassation estime, en ce cas, « qu’il n’y a pas arrêt de travail quand le travail est exécuté au ralenti ou dans des conditions défectueuses ». Appelées « grèves perlées », ces différentes situations sont requalifiées par les tribunaux en exécution fautive du contrat de travail pouvant donner lieu à une sanction disciplinaire.
A l’inverse, en 2011 la Cour de cassation a jugé « que des arrêts courts et répétés, quelque dommageables qu’ils soient pour la production, ne peuvent, en principe, être considérés comme un exercice illicite du droit de grève ».
Possibilité d’abus
La formule de cet arrêt laisse ouverte la possibilité de l’abus de faire grève. La haute juridiction judiciaire avait ainsi déjà précisé, dans un arrêt du 18 janvier 1995, que « ce n’est qu’au cas où la grève entraîne ou risque d’entraîner la désorganisation de l’entreprise qu’elle dégénère en abus ». Toutefois, une telle désorganisation n’a, au vu du caractère de droit fondamental de la grève,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Les saisines de l’autorité administrative indépendante ont connu une hausse de 7,8 % en un an, et de 17,3 % depuis 2015.
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Le Défenseur des droits toujours plus sollicité

Les saisines de l’autorité administrative indépendante ont connu une hausse de 7,8 % en un an, et de 17,3 % depuis 2015.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 11h33
   





                        



   


Le Défenseur des droits a publié, mercredi 11 avril, son rapport d’activité pour l’année 2017. L’an dernier, les saisines de l’autorité administrative indépendante, dont les missions se sont étendues à la protection des lanceurs d’alerte, ont connu une hausse de 7,8 % en un an, et de 17,3 % depuis 2015, avec plus de 140 000 demandes d’intervention, près de 94 000 dossiers de réclamation et quelque 51 000 appels aux plates-formes de conseil.
Les maux de la société sont nombreux, a souligné Jacques Toubon, le Défenseur des droits, au micro de France Inter. « Replis identitaires, relégations sociales, culturelles et économiques, des discriminations (qui) continuent. Le pays souffre d’un retrait des services publics », a-t-il dit, relevant que « l’accès au droit semble plus difficile, plus complexe et plus rare » dans certaines régions.
Fracture numérique
La dématérialisation des documents et l’usage devenu indispensable d’Internet pour les démarches administratives ne sont pas suffisants pour pallier la fermeture des services publics. Ainsi, le Défenseur des droits s’alarme-t-il dans son rapport de la « marginalisation probable des personnes les plus vulnérables touchées par la “fracture numérique” ».
Les relations entre usagers et services publics concernent différentes institutions : les CAF (caisses d’allocation familiale) ; CPAM (caisses primaires d’assurance maladie) ; Pôle Emploi ; RSI (Sécurité sociale des indépendants) ou encore l’Urssaf, rappelle le rapport d’activité de l’institution créée en 2011, indépendante de l’Etat.
« A l’heure du digital et du numérique, nombre de nos concitoyens sont “perdus” dans leurs démarches », témoigne dans le document Bernard Luminet, un des délégués rattachés au Défenseur des droits, décrivant « la naissance d’incompréhensions, différends et conflits » qui peuvent en découler.
Droits des enfants
Accès à l’éducation scolaire, à la cantine, aux soins, violences…, près de 2 960 dossiers ont par ailleurs concerné la défense des droits des enfants, contre 2 600 en 2016, soit une hausse de plus de 13 % en un an. « Plus de 8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté (dont) 3 millions d’enfants », a rappelé Jacques Toubon.
Enfin, pour la première fois depuis la loi du 9 décembre 2016, le Défenseur des droits est chargé de « l’orientation et la protection des lanceurs d’alerte », soit toute personne qui de façon désintéressée dénonce un « crime, délit, violation grave et manifeste de la loi, une menace ou un préjudice grave pour l’intérêt général ».
Soixante et onze saisines, concernant aussi bien le secteur public que des entreprises privées, ont concerné des lanceurs d’alerte en 2017, selon le rapport.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Editorial. En exprimant devant les évêques de France le souhait de « réparer » le lien « abîmé entre l’Eglise et l’Etat », Emmanuel Macron est tombé dans une provocation excessive.
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Emmanuel Macron, l’Eglise et la politique

Editorial. En exprimant devant les évêques de France le souhait de « réparer » le lien « abîmé entre l’Eglise et l’Etat », Emmanuel Macron est tombé dans une provocation excessive.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 14h48
   





                        



Editorial du « Monde ». Depuis son élection, Emmanuel Macron était sommé, par beaucoup, de clarifier sa position sur la laïcité et le rôle des religions dans la cité. Etranges sommations, en réalité, tant la philosophie du chef de l’Etat en la matière, durant sa campagne et depuis, a été constante et explicite. En témoignent son livre-programme Révolution, puis ses interventions en juin 2017 devant le Conseil français du culte musulman, en septembre devant les protestants, en décembre lors d’une rencontre avec les représentants de tous les cultes et, il y a un mois, lors du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France.

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Restaient les catholiques. Mobilisant sans fausse pudeur sa culture chrétienne, forgée autant par son éducation chez les jésuites que par son compagnonnage avec le philosophe protestant Paul Ricœur, le président de la République leur a longuement tendu la main, lundi 9 avril, lors du discours qu’il a prononcé au Collège des Bernardins, à l’invitation de la Conférence des évêques de France.
Inédite tant dans la forme que dans le ton – seul Nicolas Sarkozy, avant lui, s’était risqué à ce genre d’exercice en 2007 dans son discours du Latran –, cette rencontre était de nature à hérisser tous ceux, défenseurs d’une laïcité pure et dure, qui soupçonnent le chef de l’Etat d’être partisan d’accommodements trop complaisants avec les religions. Cela a d’autant moins manqué que M. Macron a, dès ses premiers mots, bravé ses détracteurs en exprimant « le sentiment que le lien entre l’Eglise et l’Etat s’est abîmé et qu’il nous importe de le réparer ». Et qu’il a longuement disserté, ensuite, sur « la sève catholique » qui a irrigué l’histoire de France, minimisant au passage le long combat de l’Eglise contre les Lumières et la République.
Bronca inévitable
Chez tous ceux qui jugent que le lien entre Etat et Eglise a été tranché, une fois pour toutes, par la loi de 1905 posant les bases de la laïcité à la française, la bronca était inévitable. De Jean-Luc Mélenchon à Olivier Faure, de Benoît Hamon aux francs-maçons du Grand Orient de France, tous ont fustigé ces affirmations.

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Délibérée, la provocation présidentielle n’en était pas moins excessive, car elle a largement occulté le reste du propos. Le chef de l’Etat a, en effet, rappelé sans ambiguïté cette « règle d’airain qui ne souffre aucun compromis » : « Mon rôle est de m’assurer que chaque citoyen ait la liberté absolue de croire comme de ne pas croire, mais je lui demanderai de la même façon et toujours de respecter absolument, et sans compromis aucun, toutes les lois de la République. » Il a par ailleurs réaffirmé, sans surprise, qu’il n’entendait être « ni l’inventeur ni le promoteur d’une religion d’Etat substituant à la transcendance divine un credo républicain ».
En outre, cette bravade présidentielle a quelque peu masqué le message du chef de l’Etat. Celui-ci, en réalité, s’est moins adressé à l’Eglise (et ses rapports avec l’Etat) qu’aux catholiques (et leur place dans la société). Fustigeant l’attitude des responsables politiques qui, depuis des années, se sont « ingéniés soit à instrumentaliser » les catholiques « pour des raisons trop évidemment électoralistes », soit à les « ignorer » ou à les reléguer « au rang de minorité militante », Emmanuel Macron s’est employé à les rassurer pour mieux tenter de les séduire, contre l’attraction qu’exercent sur bon nombre d’entre eux la droite et l’extrême droite. A cet égard, le message présidentiel était beaucoup plus politique que spirituel.

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