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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ L’homme de 63 ans a été condamné mercredi à une peine de dix ans de réclusion pour son rôle dans les conflits sanglants en ex-Yougoslavie durant les années 1990.
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L’ultranationaliste serbe Vojislav Seselj condamné en appel pour crimes contre l’humanité

L’homme de 63 ans a été condamné mercredi à une peine de dix ans de réclusion pour son rôle dans les conflits sanglants en ex-Yougoslavie durant les années 1990.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 17h10
   





                        



   


Acquitté en première instance en 2016, l’ultranationaliste serbe Vojislav Seselj a été condamné en appel, mercredi 11 avril, pour crimes contre l’humanité par un tribunal des Nations unies qui le jugeait pour sa responsabilité dans les conflits sanglants en ex-Yougoslavie durant les années 1990.
Il a été reconnu coupable de « persécution », « déportation », « transferts forcés » de populations, des infractions qualifiées de « crimes contre l’humanité ». Et contrairement à ce qu’avaient estimé les juges en première instance, ses discours enflammés de 1991 à 1993, au début du conflit dans l’ex-Yougoslavie, ont bel et bien « incité à la violence » et « violé le droit à la sécurité » des populations non serbes, relève le jugement. De par « son influence sur la foule », « M. Seselj a contribué de manière substantielle au comportement de ceux qui ont perpétré » les crimes, poursuit le texte.
Partisan virulent de la Grande Serbie, député et fondateur du Parti radical serbe (SRS, extrême droite), M. Seselj a été condamné à dix ans de prison mais restera libre, la peine étant couverte par la détention déjà effectuée, a précisé le juge américain Theodor Meron qui présidait l’audience à La Haye. L’homme de 63 ans, qui était absent à ce procès en appel, a déjà effectué près de douze ans de prison entre février 2003 et novembre 2014, quand il avait été libéré pour raisons de santé.
« Fier des crimes »
Réagissant à sa condamnation, l’ultranationaliste s’est dit mercredi « fier des crimes qui [lui] sont imputés » par la justice internationale et a assuré qu’il était « prêt à les répéter à l’avenir ».
Pour ses détracteurs, M. Seselj a personnifié le nationalisme serbe pendant les conflits dans les Balkans, aux côtés notamment de l’ex-président serbe Slobodan Milosevic, mort en 2006 dans sa cellule à La Haye. Il lui a été reproché entre autres d’avoir encouragé ses troupes à « n’épargner personne » au cours du siège de la ville croate de Vukovar en 1991. Au total, la guerre avait fait 20 000 morts en Croatie et 100 000 en Bosnie.
Ancien vice-premier ministre de Milosevic, Seselj était resté son allié jusqu’à sa chute à l’automne 2000. Mais deux ans après Milosevic, le chef du SRS s’était livré à son tour en 2003 à la justice internationale. Il avait été autorisé à rentrer en Serbie en 2014 pour y être soigné d’un cancer.
Acquitté à la surprise générale en 2016
En mars 2016, il avait été acquitté au terme d’un procès de huit ans, en mars 2016, par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) de neuf chefs d’accusation pour un « nettoyage ethnique » ayant visé des Croates, des musulmans et autres non-Serbes dans les années 1990. A la surprise générale, le tribunal avait notamment jugé que ses discours ne procédaient pas d’un dessein criminel et qu’ils étaient destinés à renforcer le moral des troupes.
A l’époque, les trois juges, avaient considéré que l’ultranationaliste n’était pas « le chef hiérarchique » des milices de son Parti radical puisque celles-ci étaient passées sous le contrôle de l’armée, et qu’il n’était donc pas responsable de leurs actes.

        Lire aussi :
         

                Tout juste acquitté de crimes contre l’humanité, l’ultranationaliste Vojislav Seselj en lice pour les législatives serbes



L’accusation, qui avait rapidement interjeté appel, cherchait à renverser cet acquittement et à « casser le jugement, entaché de nombreuses erreurs, rendu par la chambre de première instance du TPIY ». Le dossier était désormais entre les mains du Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), compétent pour reprendre toute affaire du TPIY.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ « Le Monde des livres » publie en exclusivité des extraits du livre « Le Lambeau », de Philippe Lançon, grièvement blessé lors de l’attentat du 7 janvier 2015.
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Philippe Lançon, miraculé de « Charlie Hebdo », raconte ce qu’il a vécu depuis l’attentat

« Le Monde des livres » publie en exclusivité des extraits du livre « Le Lambeau », de Philippe Lançon, grièvement blessé lors de l’attentat du 7 janvier 2015.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 14h52
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 15h57
   





                        



                                


                            

Le chroniqueur Philippe Lançon, grièvement blessé au visage lors de l’attaque de l’hebdomadaire satirique « Charlie Hebdo » le 7 janvier 2015, publie Le Lambeau. « Le Monde des livres » dévoile en exclusivité cinq extraits de cet ouvrage magistral, brûlant journal de deuil.
Brûlant ? Magistral ? Nous écrivons ces mots et déjà la honte rôde. Ce texte revenu d’entre les morts, allons-nous le traiter depuis l’autre rive, dans les termes et selon les usages du journaliste ordinaire, cet inconscient dont la vie, elle, a continué ?
Cela s’annonçait possible, puisque, en apparence, rien n’avait changé : nous avons vu Teresa Cremisi, l’éditrice de Philippe Lançon, qui nous a remis les épreuves du Lambeau ; nous avons appelé Pascale Richard, son attachée de presse chez Gallimard, pour lui dire notre souhait de publier les bonnes feuilles ; nous avons collectivement décidé d’en faire la « une » et fixé une date de parution.
Tout s’est passé comme si l’auteur appartenait encore à notre monde ordinaire, celui des vivants rivés à leur fausse sécurité, à leur sotte insouciance. Et pourtant, à mesure que nous avancions dans le livre, il devenait clair que la frivolité n’avait aucune place : les ponts étaient coupés. Le Lambeau décrit cette béance. Philippe Lançon y hisse chaque évocation intime au niveau d’une méditation universelle sur notre temps, nos existences, nos aveuglements.

Le Lambeau, de Philippe Lançon, Gallimard, 512 p., 21 €. En librairie le 12 avril.
« La nuit des rois », page 12. La veille, au théâtre
« Je suis devenu critique par hasard, je le suis resté par habitude et peut-être par insouciance. La critique m’a permis de penser – ou d’essayer de penser – ce que je voyais, et de lui donner une forme éphémère en l’écrivant. (…)
La critique me permet-elle de lutter contre l’oubli ? Bien sûr que non. J’ai vu bien des spectacles et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ A la suite de la polémique autour du glyphosate, l’Union européenne souhaite rendre plus transparent le processus d’évaluation scientifique sur lequel se basent les autorisations.
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Sécurité alimentaire : la Commission européenne dévoile ses propositions pour plus de transparence

A la suite de la polémique autour du glyphosate, l’Union européenne souhaite rendre plus transparent le processus d’évaluation scientifique sur lequel se basent les autorisations.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 14h30
   





                        


La Commission européenne, tirant les leçons de la polémique autour du renouvellement de la licence du glyphosate dans l’Union européenne (UE), a dévoilé mercredi 11 avril des propositions visant à rendre plus transparent le processus d’évaluation scientifique sur lequel se basent les autorisations en matière de sécurité alimentaire.
« Avec cette réforme, les citoyens auront accès immédiatement aux études scientifiques qui viennent en soutien des demandes d’autorisation », a assuré le commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis.
La réforme proposée par la Commission veut rendre publiques et accessibles les études d’évaluation des risques « à un stade précoce de la procédure ». Un registre serait créé, pour compiler toutes les études commandées par des entreprises requérant une autorisation, afin de « garantir qu’elles ne cachent pas des études défavorables ».
Elle donnerait aussi le pouvoir à la Commission de demander à l’Agence européenne pour la sécurité des aliments (EFSA) de commander des études supplémentaires « dans le cas de circonstances exceptionnelles, comme un haut degré de controverse autour d’une substance », souligne l’exécutif européen dans un document explicatif.
Renforcer la responsabilité des Etats
La Commission veut également renforcer la responsabilité des Etats membres au sein de l’EFSA, en leur demandant de présenter un ensemble de candidats parmi lesquels seraient choisis les experts des comités scientifiques de l’agence.
La réforme législative touche huit secteurs différents en lien avec la sécurité alimentaire : outre les produits phytosanitaires, elle concerne notamment la transparence en matière d’organismes génétiquement modifiés, d’additifs alimentaires (humains et animaux), de matériaux en contact avec la nourriture ou encore les « nouveaux aliments ».
La proposition de la Commission est désormais entre les mains des deux législateurs européens, le Parlement et le Conseil (les Etats membres).
« Il est nécessaire que les citoyens continuent de croire que le système (…) fonctionne bien », a souligné le vice-président de la Commission, Frans Timmermans, lors d’un point de presse. Il s’est félicité que l’action des citoyens européens puisse « avoir un impact direct sur l’agenda politique » de l’UE.
Initiative citoyenne européenne
En effet, c’est sous la pression d’une pétition (Initiative citoyenne européenne, ICE) signée par plus d’un million d’Européens, que Bruxelles avait promis, en décembre 2017, de revoir sa législation. Elle adoptait alors officiellement la nouvelle licence du glyphosate, clôturant plus de deux ans de bataille autour de cet herbicide controversé.

        Lire aussi :
         

                Glyphosate : le Parlement européen annonce une commission d’enquête



Les opposants et partisans du glyphosate se sont déchirés sur des études scientifiques portant sur le caractère cancérogène ou non de l’herbicide le plus utilisé au monde. L’EFSA l’a classé « probablement non cancérogène », ouvrant la voie à sa réautorisation dans l’Union européenne, quelques mois après l’avis contraire rendu par le Centre international de recherche sur le cancer, un organisme de l’Organisation mondiale de la santé.
Ses détracteurs ont argué que l’EFSA s’appuyait sur des études fournies par l’industrie phytosanitaire, et en particulier le grand groupe américain Monsanto, qui produit le glyphosate.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Trois Turcs qui travaillaient au Gabon dans une école du prédicateur ont été exfiltrés par les services secrets. Fin mars, une opération semblable au Kosovo avait permis à Ankara de mettre la main sur six ressortissants turcs.
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D’Afrique en Asie, la Turquie traque les gülénistes

Trois Turcs qui travaillaient au Gabon dans une école du prédicateur ont été exfiltrés par les services secrets. Fin mars, une opération semblable au Kosovo avait permis à Ankara de mettre la main sur six ressortissants turcs.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 11h35
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

Trois ressortissants turcs – Osman Özpınar, Ibrahim Akbas, Adnan ­Demirönal –, membres présumés du mouvement du ­prédicateur Fethullah Gülen, auquel Ankara attribue la paternité du coup d’Etat manqué de juillet 2016, ont tout récemment été exfiltrés par les services secrets d’Ankara (MIT) contre leur gré depuis le Gabon, où ils avaient été arrêtés, vers la Turquie.
Les trois hommes travaillaient à Libreville pour les écoles du mouvement Gülen, bien implanté sur le continent africain. Arrêtés à la mi-mars, maintenus en détention sans que leurs avocats aient eu la possibilité de consulter leurs dossiers d’accusation, ils ont été ramenés en Turquie avec leurs familles à bord d’un avion privé affrété par le MIT. Accusés d’appartenance « à une organisation terroriste armée », ils risquent plusieurs années de prison.
« Le Gabon a renvoyé trois importants membres du réseau Gülen. Où qu’ils aillent, nous les pourchasserons », s’est félicité le président turc, Recep Tayyip Erdogan, lors d’une intervention devant les ­députés de son Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur), mardi 10 avril. « Nous en avons reçu récemment six venant du Kosovo et trois du Gabon. Voyons d’où sortiront les prochains », a ajouté le chef d’Etat turc, visiblement ravi.

Depuis le coup d’Etat raté de 2016, les autorités turques ont lancé une véritable chasse aux sorcières contre les partisans du prédicateur Gülen. Installé aux Etats-Unis depuis 1999, ce dernier dément toute implication dans le putsch manqué. Plus de 55 000 personnes, dont des enseignants, des magistrats, des opposants et des journalistes critiques, ont été arrêtées sur des accusations de terrorisme dans le cadre des purges sans fin menées par les autorités.
Méthodes de barbouzes
Le 29 mars, six ressortissants turcs – cinq enseignants, un médecin – ont été arrêtés au Kosovo puis extradés – « enlevés », selon la presse kosovare – vers...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Dans sa chronique, Cécile Ducourtieux, du bureau européen du « Monde » à Bruxelles, revient sur l’accueil que les responsables européens ont réservé à Viktor Orban après sa victoire aux élections législatives hongroises, dimanche 8 avril
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« La vérité, c’est qu’Orban sert aussi les intérêts des dirigeants du PPE… »

Dans sa chronique, Cécile Ducourtieux, du bureau européen du « Monde » à Bruxelles, revient sur l’accueil que les responsables européens ont réservé à Viktor Orban après sa victoire aux élections législatives hongroises, dimanche 8 avril



Le Monde
 |    11.04.2018 à 11h12
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Chronique. La géographie politique des satisfecit, après l’écrasante victoire aux législatives, dimanche 8 avril, du souverainiste Viktor Orban, qui s’est assuré un troisième mandat à la tête du gouvernement hongrois, souligne à quel point le jeu auquel joue le Parti populaire européen (PPE) avec cet encombrant membre est dangereux.
Manfred Weber, le chef de file au Parlement de Strasbourg de la puissante confédération des droites modérées de l’Union, a certes félicité le Hongrois dont la formation, le Fidesz, est affiliée au PPE depuis 2004. Mais ce sont les extrêmes droites qui se sont le plus bruyamment manifestées. « Grande et nette victoire d’Orban en Hongrie », a tweeté, dès dimanche soir, Marine Le Pen.

Mêmes types de salutations de la part de l’islamophobe néerlandais Geert Wilders, ou de la députée allemande Beatrix von Storch, représentante de l’aile dure de l’AfD. « C’est un mauvais jour pour l’Union européenne, mais un bon pour l’Europe », a posté l’ex-eurodéputée.
Comment le PPE, une formation revendiquant encore sur son site Web son positionnement de « centre droit », peut-elle tolérer un leadeur devenu un véritable modèle des extrêmes droites européennes ? Un dirigeant, chantre de l’illibéralisme, qui, depuis son retour au pouvoir en 2010, soumet les médias publics à un contrôle éditorial étroit ?
Relents antisémites
Pourquoi la famille politique d’Angela Merkel, du chrétien-social Jean-Claude Juncker ou du très pondéré Michel Barnier, supporte t-elle qu’Orban tienne des discours xénophobes et développe des thèses complotistes de plus en plus délirantes, accusant « les technocrates de Bruxelles » et le financier d’origine hongroise George Soros de fomenter un plan pour submerger la Hongrie de migrants musulmans ?

« Nous avons affaire à un adversaire qui est différent de nous. Il n’agit pas ouvertement, mais caché, il n’est pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Les blocages autour de la région sous tutelle entravent toute réforme et recomposent la vie politique
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L’Espagne paralysée par la crise catalane

Les blocages autour de la région sous tutelle entravent toute réforme et recomposent la vie politique



Le Monde
 |    11.04.2018 à 10h30
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Très souvent, Mariano Rajoy demande aux indépendantistes d’en « finir avec le spectacle » et de former un gouvernement qui « respecte l’Etat de droit, la loi et les décisions des tribunaux », s’ils veulent « renouer le dialogue. » En réalité, le premier ministre espagnol est encore loin d’avoir surmonté la crise catalane, qui, si elle a perdu de son intensité, plonge plus que jamais l’ensemble de l’Espagne dans une paralysie durable.
Les conséquences du conflit catalan sur la politique espagnole monopolisent les débats, conditionnent les intentions de vote, contaminent le positionnement des partis sur d’autres questions et gèlent des débats brûlants. En 2017, le gouvernement n’a approuvé que 13 lois, dont trois transpositions de directives européennes, une loi de budget et une loi du financement basque. Et aucune réforme majeure. Pis, son agenda politique est conditionné par les décisions judiciaires liées aux événements catalans, puisque M. Rajoy a, faute de dialogue avec les indépendantistes, délégué aux juges le soin de résoudre la poussée sécessionniste.
Six mois de retard
Très incertaine, l’adoption, avec beaucoup de retard, du budget 2018 illustre ce climat. Les travaux ont commencé avec plus de six mois de délai et sans aucune garantie que la loi de finance soit finalement approuvée au Congrès des députés. Le débat parlementaire aura lieu entre le 24 et le 26 avril. Le vote définitif, un mois plus tard. Certes, le gouvernement de Mariano Rajoy est parvenu à obtenir le soutien des libéraux de Ciudadanos. Mais il lui manque encore les voix des nationalistes basques du PNV pour compléter sa majorité.
Or ces derniers ont posé une condition à leur soutien : la levée de l’article 155 en Catalogne, c’est-à-dire la fin de la mise sous tutelle de la région rebelle. Mardi 10 avril, le président du PNV, Andoni Ortuzar, a plaidé pour que le gouvernement catalan se trouve « entre les mains légitimes des représentants...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ L’actuel PDG du groupe automobile, Matthias Müller, devrait céder son poste au patron de la marque Volkswagen, Herbert Diess.
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Vers un changement de direction à la tête de Volkswagen

L’actuel PDG du groupe automobile, Matthias Müller, devrait céder son poste au patron de la marque Volkswagen, Herbert Diess.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 10h26
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

C’est un de ces revirements inattendus et brutaux dont Volkswagen (VW) a le secret. Mardi 10 avril, en début d’après-midi, le groupe automobile a annoncé dans un communiqué laconique « de probables changements dans sa structure de direction », dont « un remplacement possible du président du directoire ». Les grands quotidiens économiques allemands ont immédiatement traduit : selon leurs informations, Matthias Müller, actuel PDG du groupe, devrait quitter son poste et être remplacé par Herbert Diess, actuel patron de la marque Volkswagen. Ces changements devraient être entérinés lors d’un conseil de surveillance, vendredi 13 avril.
La décision surprend l’ensemble des observateurs. Matthias Müller était arrivé à la tête du groupe en septembre 2015, juste après la démission de Martin Winterkorn suite au scandale des moteurs diesel aux performances manipulées. L’ancien patron de Porsche affiche un bilan étincelant : en trois ans, il est parvenu à gérer les suites du scandale et à ramener son groupe au sommet. Mi-mars, lors de la conférence de presse annuelle, il a présenté les meilleurs résultats de l’histoire de Volkswagen : le chiffre d’affaires, les ventes et le résultat opérationnel, malgré les coûts des suites de l’affaire du diesel, ont atteint en 2017 des valeurs inégalées. VW peut à nouveau disputer le titre de premier constructeur automobile mondial à l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.

A la tête de l’énorme paquebot Volkswagen, il s’est appuyé sur la crise pour amorcer une série de réformes d’ampleur. Sur le plan organisationnel, il a réformé un groupe jusqu’ici ultra-centralisé. Sur le plan industriel, il a lancé une vaste stratégie d’électrification des gammes et d’investissement dans les services à la mobilité. « Nous sommes de nouveau à l’offensive, et nous allons le rester », avait-il déclaré. Mais l’offensive devrait se poursuivre sans lui. Malgré ses résultats, Matthias Müller paye apparemment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Environ 1 500 demandeurs d’asile sont entassés canal Saint-Denis. Une situation indigne qui montre l’échec d’une politique qui privilégie les questions sécuritaires aux enjeux humanitaires, déplore dans une tribune Médecins du monde.
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Migrants à Paris : « l’illustration de la faillite de l’Etat »

Environ 1 500 demandeurs d’asile sont entassés canal Saint-Denis. Une situation indigne qui montre l’échec d’une politique qui privilégie les questions sécuritaires aux enjeux humanitaires, déplore dans une tribune Médecins du monde.



Le Monde
 |    10.04.2018 à 17h26
 • Mis à jour le
10.04.2018 à 17h51
    |

Françoise Sivignon (Présidente de Médecins du monde) et Louis Barda (Coordinateur des actions de Médecins du monde à Paris)







                        



                                


                            

Tribune. Une fois de plus, un lieu d’indignité est apparu dans la capitale. Sur les bords du canal Saint-Denis, à deux pas de La Villette, environ 1 500 personnes migrantes, hommes, femmes et enfants, s’entassent sous des tentes collées les unes aux autres. Si ce campement a atteint cette taille alors que les consignes de la préfecture d’Ile-de-France sont d’éviter tout regroupement de personnes dans Paris, c’est pour une raison simple : dissimulé sous le périphérique, il est resté longtemps invisible aux yeux des Parisiens et des journalistes.
Ce campement est l’illustration de la faillite de la politique de l’Etat: 1 500 personnes laissées dans le dénuement le plus total, dans des conditions sanitaires catastrophiques, sans aucune information sur leurs droits et comment les obtenir. Il est devenu le symbole de cette « crise de l’accueil », de l’hypocrisie et de l’indignité avec laquelle la France laisse dans les rues ceux qui viennent chercher un répit, une protection. L’Etat cherche ainsi à faire disparaître les migrants et leurs besoins. Le respect des droits des personnes est oublié pour laisser avancer une machine à trier, à sélectionner, à renvoyer.
Hypocrisie
De quoi ce campement est-il le symptôme ? Tout d’abord, du mépris et de la violence avec lesquels l’Etat traite les migrants : dispersion, harcèlement, les pratiques des forces de l’ordre ont pour résultat de les forcer à l’invisibilité. Ils ne sont tolérés qu’une fois suffisamment éloignés, suffisamment cachés.

Ensuite de l’hypocrisie avec laquelle l’Etat traite la situation de ces populations extrêmement vulnérables, tout en affirmant par la voix du président de la République la volonté de « loger tout le monde », « d’accueillir avec humanité », d’être « le porte-parole de ceux que l’on n’entend pas ».
Ce même Etat prompt à s’indigner des exactions libyennes, ne fait guère de sentiments en mettant en place une politique de tri, de renvoi de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Deux jours après le triomphe de Viktor Orban aux législatives, l’un de ses ennemis, l’oligarque Lajos Simicska, ferme, entre autres, le journal « Magyar Nemzet »
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Hongrie : après la fermeture de plusieurs médias, la presse d’opposition en voie de disparition

Deux jours après le triomphe de Viktor Orban aux législatives, l’un de ses ennemis, l’oligarque Lajos Simicska, ferme, entre autres, le journal « Magyar Nemzet »



Le Monde
 |    10.04.2018 à 16h53
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 09h08
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



   


Lorsqu’ils ont appris que leur journal mettait la clé sous la porte, les rédacteurs du journal hongrois Magyar Nemzet (« nation hongroise ») se sont rassemblés pour une dernière photo de famille. Triste cliché, presque banal désormais. Deux jours seulement après les élections législatives, remportées une troisième fois par Viktor Orban, ce qu’il restait de presse d’opposition dans ce pays d’Europe centrale est en train de disparaître. L’oligarque Lajos Simicska a en effet annoncé, mardi 10 avril, qu’il jetait l’éponge et comptait fermer plusieurs des médias en sa possession.
Cet ennemi juré du premier ministre souverainiste invoque des « problèmes financiers ». Son quotidien conservateur, fondé il y a quatre-vingts ans, préparait, mardi, sa dernière édition, datée du 11 avril. Durant la campagne, il avait révélé des affaires de corruption supposée concernant le Fidesz, le parti de M. Orban. M. Simicska compte également faire cesser d’émettre une radio nommée Lanchid et vendre l’hebdomadaire Heti Valasz. Seule la chaîne de télévision Hir TV semble à ce stade épargnée. Elle doit subir une restructuration.

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Jusqu’à 2015, Lajos Simicska appartenait au premier cercle du pouvoir. Ancien camarade de classe de M. Orban, il avait financé son parti, le Fidesz, avant de soudainement déclarer la « guerre totale » au chef du gouvernement, lui reprochant de vouloir mettre à genoux les journalistes s’accrochant à leur indépendance. Il avait mis ses médias – qui auparavant servaient complaisamment le pouvoir – au service de son combat très personnel à l’encontre de l’homme fort de la Hongrie, alors en perte de vitesse, avant que la crise des migrants ne le remette en selle. En affrontant le gouvernement, il a perdu tous les contrats publics qui lui permettaient, entre 2010 et 2014, d’éponger les dettes de ses entreprises de presse.
Et sa capitulation coïncide avec la démission de Gabor Vona, le chef du parti d’extrême droite Jobbik, après son revers aux législatives. Ce qui n’est pas un hasard, puisque M. Simicska, accusé par M. Orban de soutenir le Jobbik, « voulait faire tomber le gouvernement et soutenait un parti qui n’a pas gagné les élections », selon Mariann Öry, la chef du service étranger du Magyar Hirlap (« gazette hongroise »), un quotidien proche du premier ministre souverainiste. « Il n’a pas atteint son objectif politique, donc il ne veut pas dépenser plus d’argent, » a-t-elle réagi sur Twitter.
Bence Földi, un journaliste travaillant pour Magyar Nemzet affirme qu’un jeune député du parti LMP (écologiste), Peter Ungar, a déposé une offre pour racheter son journal (une centaine d’employés), Heti Valasz (une trentaine d’employés) et la Lanchid Radio (cinquante employés). Mais rien n’indique pour l’instant que Lajos Simicska acceptera de lui céder ses titres.

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En Hongrie, les chaînes publiques sont au service de l’exécutif, selon un rapport de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, et le monopole de l’information est donc désormais quasi complet. En 2016, le quotidien libéral Nepszabadsag (« liberté du peuple ») avait été racheté à son propriétaire autrichien par un proche de Viktor Orban. Puis ce fut au tour de plusieurs quotidiens régionaux, jusqu’en août 2017. A quelques exceptions, ils sont tous pro-Orban aujourd’hui. Or, leur influence est démontrée dans les zones rurales du pays.
Reste RTL Klub, fondé par le groupe allemand Bertelsmann. Installée depuis 1997 en Hongrie, elle échappe totalement à Viktor Orban, qui a essayé de l’étouffer en 2014 en lançant spécialement pour elle un projet de taxe exorbitante. Face au droit européen, le gouvernement hongrois avait dû reculer, et cette chaîne de télévision commerciale est toujours très regardée. Quelques sites Internet sont également actifs, mais leur audience est limitée. L’un d’entre eux, Index.hu, a toutefois réussi à devenir prescripteur. Pas suffisamment dans un champ de ruines : au classement mondial de la liberté de la presse, la Hongrie ne cesse de perdre du terrain. Elle figurait, en 2017, à la 71e place.



                            


                        

                        


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Compte rendu

Trois partisans présumés de Gülen arrêtés au Gabon et ramenés en Turquie

Les services secrets turcs traquent à l’étranger les soutiens du prédicateur, qu’Ankara accuse d’avoir inspiré le putsch manqué de 2016.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-04-10T14:51:50+02:00"

        Le 10.04.2018 à 14h51






    
Un manifestant brandit une effigie de Fethullah Gülen, accusé d’être le cerveau du putsch manqué de juillet 2016, lors d’une cérémonie commémorant la tentative de coup d’Etat à Istanbul, en Turquie, le 15 juillet 2017.
Crédits : Osman Orsal / REUTERS


Trois partisans présumés de Fethullah Gülen, accusé par Ankara d’être le cerveau du putsch manqué de 2016, ont été ramenés en Turquie par les services secrets turcs (MIT) après avoir été arrêtés au Gabon, ont indiqué leurs avocats et le président Recep Tayyip Erdogan, mardi 10 avril.
« Trois importants [gülenistes] du Gabon ont été livrés à notre pays », a ainsi déclaré le chef de l’Etat turc lors d’un discours au Parlement devant son parti, l’AKP.

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Les trois hommes ont été ramenés de Libreville à bord d’un avion privé par les services secrets, avait précisé un peu plus tôt l’agence étatique turque Anadolu.
« Ils ont été arrêtés le 15 mars à Libreville. Ils ont été détenus pendant vingt-trois jours sans que les avocats aient pu avoir accès au dossier et sans qu’ils sachent ce qui leur était reproché », a affirmé à l’AFP l’un de leurs avocats, dénonçant un « traitement inhumain et dégradant ».
« Expulsion barbare »
Les trois hommes, qui travaillaient pour l’école internationale La Lumière dans la capitale gabonaise, ont été expulsés avec leurs familles, selon leurs avocats, qui dénombrent au total treize personnes transférées en Turquie.
« Nous ne sommes pas capables de dire précisément ce qui justifiait leur détention et ce qui a [conduit] à leur expulsion barbare, déplore un deuxième avocat de la défense. Malheureusement, on peut observer que […] les autorités gabonaises étaient sous la dictée des pratiques et de la volonté des autorités turques. »

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Un Franco-Turc a également été entendu dans le cadre de cette affaire, selon des sources proches de l’enquête à Libreville.
Les trois hommes ramenés du Gabon sont poursuivis en Turquie pour « appartenance à une organisation terroriste armée », précise Anadolu, qui ajoute que l’un d’eux est accusé d’avoir été responsable des transferts d’argent en provenance d’Europe et vers l’Afrique pour le compte des gülenistes.

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Le vaste ensemble d’écoles gérées par le réseau Gülen, particulièrement actif en Afrique et en Asie centrale, constitue l’un des principaux leviers d’influence du prédicateur.
Des transferts depuis « 18 pays différents »
Depuis la tentative de coup d’Etat menée dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016, les autorités turques traquent sans relâche les partisans présumés de ce dernier. Fethullah Gülen, qui réside depuis vingt ans aux Etats-Unis, dément son implication. Plus de 55 000 personnes, dont des opposants prokurdes et des journalistes critiques, ont été arrêtées dans le cadre de purges d’envergure menées sous l’état d’urgence instauré au lendemain du putsch manqué.

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Le porte-parole du gouvernement, Bekir Bozdag, a annoncé récemment que, depuis juillet 2016, les services secrets turcs « ont empaqueté 80 [partisans de Gülen] dans 18 pays différents et les ont ramenés en Turquie ».
Fin mars, le MIT a ainsi transféré cinq enseignants et un médecin turcs vivant au Kosovo au cours d’une opération secrète qui a provoqué une crise politique à Pristina, où les médias dénoncent un « enlèvement ». Le président turc a répondu à sa manière : « Nous en avons reçu six du Kosovo, trois du Gabon. Nos services de renseignements les pourchassent. Voyons d’où sortiront les prochains. »


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Ving ans après l’accord de paix, le député nord-irlandais juge que la voie du Brexit choisie par Londres risque de conduire l’Irlande au désastre.
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Irlande du Nord : « Nous obtiendrons l’unité irlandaise », dit Gerry Adams

Ving ans après l’accord de paix, le député nord-irlandais juge que la voie du Brexit choisie par Londres risque de conduire l’Irlande au désastre.



Le Monde
 |    10.04.2018 à 11h49
 • Mis à jour le
10.04.2018 à 13h24
    |

            Philippe Bernard (Belfast - envoyé spécial)








                        



                                


                            

Gerry Adams, 69 ans, député Sinn Fein au Parlement de la République d’Irlande, a été pendant plus de trente ans l’un des dirigeants de la lutte des républicains d’Irlande du Nord contre les Britanniques, avant de devenir l’un des artisans de l’accord de paix signé en 1998. Considéré comme un héros chez les catholiques, il est vu comme un terroriste par nombre de protestants.
Personnage complexe, il a défendu l’usage politique de la violence mais n’a jamais reconnu avoir dirigé l’Armée républicaine irlandaise (IRA), admettant seulement son rôle à la tête du Sinn Fein, dont l’IRA était l’aile militaire clandestine et qui est aujourd’hui le seul parti politique présent tant au nord qu’au sud de l’Irlande. En février, il a passé le relais à la génération post-guerre civile en cédant la présidence du Sinn Fein à la députée Mary Lou McDonald, 48 ans.

Vingt ans après la signature de l’accord de paix, le 10 avril 1998, 61 % des habitants d’Irlande du Nord disent se sentir davantage en sécurité qu’auparavant, mais les institutions destinées à partager le pouvoir sont bloquées depuis plus d’un an, des murs séparant les quartiers catholiques et protestants ont été rehaussés, et moins de 6 % des enfants fréquentent une école où les deux communautés se mélangent. La paix est-elle en danger ?
Non, le processus de paix est sur les rails. Rien n’est acquis et il faut continuer à y travailler, mais aucun Irlandais du Nord ne défend le retour au conflit. Les républicains autrefois engagés dans la lutte armée ont approuvé l’accord de paix parce qu’ils ont estimé qu’il n’y avait aucune alternative. Donc il n’existe plus aucune excuse pour la lutte armée.
Un mouvement dissident de l’IRA dissoute a attaqué la police le jour de Pâques, et une « nouvelle IRA » revendique des meurtres. Vous ne les prenez pas au sérieux ?
On ne peut pas ignorer ces groupuscules ni sous-estimer leur capacité à mener des actions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Le choix de Theresa May de sortir de l’UE implique le rétablissement de contrôles douaniers à la frontière entre les deux Irlandes devenue frontière extérieure de l’UE.
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Le Brexit ébranle vingt années de paix en Irlande

Le choix de Theresa May de sortir de l’UE implique le rétablissement de contrôles douaniers à la frontière entre les deux Irlandes devenue frontière extérieure de l’UE.



Le Monde
 |    10.04.2018 à 11h33
 • Mis à jour le
10.04.2018 à 14h08
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Sans le Brexit, la commémoration du vingtième anniversaire de l’accord de Belfast qui a mis fin à trois décennies de guerre civile en Irlande du Nord serait probablement passée inaperçue. Après tout, l’accord de paix signé le 10 avril 1998, jour du Vendredi saint, porte bien son nom puisque la violence a quasi disparu dans cette province britannique où plus de 3 600 personnes ont trouvé la mort entre 1969 et 1998, au point que le taux de criminalité y est aujourd’hui plus faible qu’au Royaume-Uni.
Négocié sous les auspices des dirigeants britannique et américain d’alors, Tony Blair et Bill Clinton, l’accord dit du Vendredi saint a instauré le partage du pouvoir régional à Belfast entre les protestants, dont la plupart veulent rester dans le Royaume-Uni (unionistes), et les catholiques, qui s’identifient à la République d’Irlande (républicains).

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Approuvé par référendum au nord comme au sud, il est le fruit d’un savant compromis : Dublin a renoncé à revendiquer l’Irlande du Nord tandis que Londres a accepté qu’un vote populaire puisse dans l’avenir mener à la réunification et donc à la perte de sa province. L’IRA et les groupes paramilitaires protestants ont été démantelés des deux côtés.
Mais la première conséquence concrète de l’accord de 1998, la suppression de la frontière militarisée qui balafrait l’île, est aujourd’hui menacée par le Brexit. Le choix de Theresa May de sortir du marché unique européen et de l’union douanière implique le rétablissement de contrôles douaniers à la frontière entre les deux Irlandes devenue frontière extérieure de l’UE.
« Défi fondamental »
Or, les postes-frontières risquent de servir de cibles aux groupuscules paramilitaires résiduels. Certes la première ministre jure qu’il n’est pas question de rétablir une frontière physique en Irlande. Mais les contrôles automatisés qu’elle promet relèvent selon l’UE de la « pensée magique » et sa proposition de faire effectuer les contrôles de l’UE par des fonctionnaires britanniques n’est pas prise au sérieux.
Quant à la solution d’un statut spécial maintenant l’Irlande du Nord dans le marché unique européen, défendue par le gouvernement de Dublin, elle ne fait que reporter la frontière en mer d’Irlande, entre l’île et la Grande-Bretagne et constitue un casus belli pour les unionistes. Des mois de négociations à Bruxelles n’ont d’ailleurs pas permis de résoudre cette équation irlandaise qui risque, au pire, de faire capoter le Brexit.

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Alors que l’Irlande du nord a voté à 55,8 % pour rester dans l’UE, le Brexit imposé et négocié par Londres remet plus globalement en cause l’équilibre de la paix. L’appartenance conjointe à l’Union européenne avait permis de relativiser les questions identitaires. L’accord de 1998 permet à tous les habitants de l’île d’obtenir un passeport de la République d’Irlande et donc aux Nord-Irlandais d’acquérir la double nationalité britannique et irlandaise. Conserveront-ils ce droit après le Brexit ? Nul ne le sait.
Lundi, à la veille de la commémoration de l’anniversaire de l’accord de paix, Tony Blair a estimé que « le Brexit pose un défi fondamental au concept qui est au cœur de l’accord du Vendredi saint ». Mais au sein du gouvernement de Theresa May phagocyté par le Brexit, l’avenir de la lointaine province fait l’objet d’une extraordinaire indifférence. La question de la frontière irlandaise semble être traitée comme un simple problème de gestion de flux de camions, alors qu’elle tend de nouveau les débats sur l’identité irlandaise.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ En visite en Pologne, Frans Timmermans, le vice-président de la Commission européenne, n’a pas obtenu les concessions espérées.
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Bruxelles et Varsovie jouent la détente sur l’Etat de droit

En visite en Pologne, Frans Timmermans, le vice-président de la Commission européenne, n’a pas obtenu les concessions espérées.



Le Monde
 |    10.04.2018 à 11h09
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



                                


                            

Entre la Commission européenne et le gouvernement polonais, l’heure est à la détente et à la volonté de sortie de crise. La visite à Varsovie du premier vice-président de l’exécutif européen, Frans Timmermans, lundi 9 avril, a confirmé ce qui était pressenti depuis quelques semaines déjà : les deux parties semblent se diriger lentement mais sûrement vers un accord.
L’objectif est de tourner la page de l’article 7 des traités et de la procédure de « sauvegarde de l’Etat de droit » enclenchée à l’encontre de Varsovie, en janvier 2016. Une crise larvée devenue encombrante pour bien des partenaires européens, au premier rang desquels Berlin. Une visite prochaine du président de la Commission, Jean-Claude Juncker, à Varsovie, pourrait marquer ce point final.

Côté polonais, l’opération de séduction, marquée par l’arrivée du polyglotte Mateusz Morawiecki à la tête du gouvernement, et l’éviction des ministres les plus radicaux semble avoir porté ses fruits. « Les changements dans le gouvernement ont engendré un changement positif d’atmosphère dans nos relations, a remarqué Frans Timmermans. J’accueille avec joie l’ouverture au dialogue du gouvernement. »
« J’accueille avec joie l’ouverture au dialogue du gouvernement polonais », a assuré Frans Timmermans, le vice-président de la Commission européenne
Voilà pour la forme. Mais sur le fond, M. Timmermans n’a pour l’heure pas obtenu les concessions supplémentaires qu’il était venu chercher. « Nous voyons un certain nombre d’évolutions, mais pas encore la fin de ce processus. Nous avons d’autres attentes », a-t-il souligné. La Commission a dû s’accommoder du fait que les dégâts institutionnels à Varsovie – de la mainmise sur le tribunal constitutionnel à la réforme controversée de la justice – ont pris un caractère quasi irréparable. Face à ces faits accomplis, elle a revu ses exigences à la baisse.
Les annonces faites, le 22 mars, d’amendements aux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Les europhobes récupèrent la réélection du dirigeant hongrois, pourtant affilié à la droite classique européenne.
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En Europe, l’extrême droite salue le succès de Viktor Orban en Hongrie

Les europhobes récupèrent la réélection du dirigeant hongrois, pourtant affilié à la droite classique européenne.



Le Monde
 |    10.04.2018 à 10h54
 • Mis à jour le
10.04.2018 à 20h57
    |

            Philippe Ricard et 
                                Blaise Gauquelin (Budapest, envoyé spécial)








                        



                                


                            

L’embarras de ses homologues européens, même de droite, est palpable, les félicitations des figures d’extrême droite, au contraire, sont chaleureuses. La réélection, dimanche 8 avril, de Viktor Orban à la tête du gouvernement hongrois avec 48,8 % des suffrages, et la majorité des deux tiers regagnée par son parti au Parlement suscitent des réactions à la mesure de la dérive du dirigeant souverainiste.
Figure controversée de la droite conservatrice au sein de l’Union européenne, le chef de l’exécutif est devenu, au fil de sa croisade contre l’immigration africaine et musulmane, le héraut d’une extrême droite en quête de relais au sommet du pouvoir.
Au lendemain de sa victoire éclatante, la gêne dominait, lundi, au sein de sa famille politique d’origine, le Parti populaire européen (PPE), qui dirige les trois institutions bruxelloises, le Parlement, la Commission et le Conseil européen. Manfred Weber, le président du groupe des eurodéputés conservateurs, l’a d’abord félicité, avant de devoir, sous le feu des critiques, corriger le tir : « Viktor Orban doit respecter les lignes rouges fixées par le PPE et les valeurs européennes. S’il le fait, il peut rester dans le jeu. Sinon, il sera exclu du PPE », a-t-il averti.

L’eurodéputé bavarois, membre de la CSU, formation alliée à la chancelière Merkel, sait que le dirigeant hongrois divise ses troupes parlementaires, même si son groupe, le plus important de l’hémicycle, n’a jamais considéré sérieusement l’hypothèse d’une exclusion du chef du Fidesz.
A ce jour, l’agacement que le dirigeant hongrois suscite à Bruxelles s’accompagne plutôt de diplomatiques mises en garde quant au respect des valeurs fondamentales. « L’Union européenne est une union (…) La défense de ces valeurs et de ces principes est un devoir commun de tous les Etats membres sans exception », a insisté le porte-parole du président de la commission, Jean-Claude Juncker, lundi.
Le président...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Seize mois après la perte de son sanctuaire de Syrte, l’organisation djihadiste exploite l’impasse en Libye pour se réorganiser.
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En Libye, l’Etat islamique affaibli mais toujours actif

Seize mois après la perte de son sanctuaire de Syrte, l’organisation djihadiste exploite l’impasse en Libye pour se réorganiser.



Le Monde
 |    10.04.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
10.04.2018 à 10h53
    |

            Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)








                        



                                


                            

Sur le papier, l’offensive est déclenchée. « Tempête de la patrie » est le nom donné par le gouvernement de Tripoli à l’opération lancée le 2 avril contre les réseaux résiduels de l’organisation Etat islamique (EI) en Libye. Très affaiblie depuis la chute en décembre 2016 de son sanctuaire territorial autour de Syrte, au centre du littoral libyen, l’organisation djihadiste n’a pourtant pas disparu du théâtre libyen, continuant de se manifester à intervalles réguliers par des coups de main.
Le déclenchement de l’opération survient quelques jours après l’attentat-suicide, le 29 mars, contre un checkpoint de l’Armée nationale libyenne (ANL) à l’entrée d’Ajdabiya – 420 km à l’Est de Syrte – qui a fait huit morts. Une précédente attaque, le 9 mars, contre une position de l’ANL du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est libyen, avait fait trois blessés dans cette même zone d’Ajdabiya.

Si la réalité opérationnelle de « Tempête de la patrie » reste à démontrer, le fait que Tripoli ait ressenti la nécessité de la déclencher illustre la prise de conscience grandissante du risque d’un réveil de l’EI en Libye. Un autre indicateur de cette inquiétude est la promptitude avec laquelle les Etats-Unis lancent désormais des raids aériens contre toute position djihadiste identifiée. Depuis janvier 2017, Africom – le commandement américain pour l’Afrique – a frappé à huit reprises des cibles en Libye. La plus récente, le 24 mars, était dirigée contre un groupe lié Al-Qaida pour le Maghreb islamique (AQMI), tuant notamment l’un de ses cadres, un certain Mousa Abou Daoud.
Matière à interrogations
Les sept autres raids aériens visaient des noyaux de l’EI, dont trois étaient concentrés autour de la localité d’Al-Fuqaha, située à 200 km au nord-est de Sebha, la capitale du Fezzan (Libye méridionale). « L’Etat islamique en Libye demeure une énorme menace terroriste, mais il est probablement incapable de s’emparer d’importants centres de population...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ L’écart de coût entre la main-d’œuvre française et allemande s’est resserré en  2017.
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Le coût d’un salarié européen varie de 1 à 10

L’écart de coût entre la main-d’œuvre française et allemande s’est resserré en  2017.



Le Monde
 |    10.04.2018 à 10h27
 • Mis à jour le
10.04.2018 à 18h13
    |

            Marie Charrel








                        



   


La convergence des économies européennes prendra encore du temps : en 2017, le coût d’un salarié a varié de 1 à 10 au sein l’Union européenne, selon les chiffres publiés, lundi 9 avril, par Eurostat. Dans le détail, les coûts horaires de la main-d’œuvre dans l’économie marchande s’établissent à 4,90 euros en Bulgarie et à 43,60 euros au Danemark. Entre ces deux extrêmes, ils sont de 36,60 euros en France, 34,60 euros en Allemagne, 27,30 euros en Italie ou 14,20 euros en Grèce.
Dans l’ensemble, les coûts horaires de la main-d’œuvre, qui comprennent les rémunérations (salaires, primes) et les coûts non salariaux tels que les cotisations sociales patronales, ont progressé de 1,9 % dans la zone euro en 2017, après 1,4 % en 2016. Des chiffres à manipuler avec précaution. « Ils ne donnent qu’une vue partielle des évolutions salariales et ne disent rien de la compétitivité hors coût, relative à l’innovation et à la qualité », souligne Etienne Lehmann, économiste à Paris-II-Panthéon-Assas.
Ces chiffres reflètent aussi les différents choix de modèle social. La France est la championne des coûts non salariaux (32,8 % du total des coûts de la main-d’œuvre), car le financement de notre protection sociale repose surtout sur les cotisations. Au Danemark, où ce dernier dépend essentiellement de l’impôt, la part des coûts non salariaux est de 13,8 % seulement.

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Ces précautions prises en compte, les statistiques d’Eurostat éclairent les trajectoires économiques des pays de l’UE ces dernières années. « Sans surprise, le coût du travail stagne depuis 2012 en Italie et en Espagne : le taux de chômage élevé et l’austérité ont pesé sur les salaires », illustre Xavier Timbeau, directeur de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Le même constat est valable en Grèce et au Portugal. En Allemagne, au quasi-plein-emploi depuis deux ans, le coût horaire a en revanche progressé de 11,8 % entre 2012 et 2017 dans le secteur marchand, contre 5,6 % en France, selon les calculs de l’institut de conjoncture Coe-Rexecode, proche du patronat.
Dynamisme des rémunérations en Europe centrale et de l’Est
Cela tient à la revalorisation du salaire minimum allemand, entrée en vigueur début 2017, et aux augmentations négociées par le syndicat IG Metall. Mais pas seulement. « En France, l’instauration du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi [CICE] et du pacte de responsabilité ont contribué à modérer la hausse des coûts non salariaux dès 2014 », explique Denis Ferrand, directeur général de Coe-Rexecode. Du coup, l’écart entre le coût de la main-d’œuvre français et allemand (secteur marchand) s’est resserré : il était de 2 euros en 2017 contre 3,90 euros en 2012. Mieux : dans l’industrie, le coût horaire est moins élevé de ce côté-ci du Rhin depuis 2015. L’an passé, il était de 38,80 euros chez nous, contre 40,20 euros chez nos voisins.
Mais cela pourrait ne pas durer : le dispositif du CICE, qui se transformera en baisse de charges durable pour les entreprises dès 2019, est un peu moins généreux pour les employeurs tricolores depuis le 1er janvier. Cela devrait se traduire par une légère remontée du coût du travail. « Peut-être, mais la véritable question est de comprendre pourquoi la modération des deux dernières années en France ne s’est pas encore traduite par des gains de parts de marché à l’étranger », souligne M. Timbeau. Probablement parce que la compétitivité de nos produits à l’exportation ne dépend pas seulement du coût du travail…
Au reste, les chiffres d’Eurostat confirment une autre évolution notable : le dynamisme des rémunérations en Europe centrale et de l’Est, en partie lié au rattrapage de ces économies. Le coût horaire de la main-d’œuvre a bondi de 17,1 % en Roumanie l’an passé, de 12 % en Bulgarie, de 9,2 % en Hongrie et de 8,4 % en République tchèque. Une bonne nouvelle pour le pouvoir d’achat des salariés. Mais la pénurie de main-d’œuvre dans ces pays commence à inquiéter les entreprises locales. « Si elles se poursuivent, ces fortes hausses de salaires pourraient également poser question pour les groupes occidentaux qui ont délocalisé des activités vers l’Est pour des raisons de coût », souligne Denis Ferrand.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Dans le sillage d’Oleg Deripaska, le patron de la société d’aluminium Rusal, des oligarques ont vu leurs actifs fondre en une journée, entraînant la Bourse de Moscou dans leur chute.
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Tempête boursière en Russie après les nouvelles sanctions américaines

Dans le sillage d’Oleg Deripaska, le patron de la société d’aluminium Rusal, des oligarques ont vu leurs actifs fondre en une journée, entraînant la Bourse de Moscou dans leur chute.



Le Monde
 |    10.04.2018 à 10h27
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Les marchés financiers en Russie ont viré au rouge, lundi 9 avril, trois jours après l’annonce de nouvelles sanctions américaines contre 24 oligarques et responsables politiques russes proches du président Vladimir Poutine, et contre 14 groupes et entreprises soupçonnés d’être liés à des « activités malveillantes » envers les démocraties occidentales. Tout en haut de l’affiche adoptée dans le cadre de la loi « Contre les adversaires de l’Amérique » (CAATSA), Oleg Deripaska, 50 ans, surnommé le « roi de l’aluminium », a subi les pertes les plus grosses, évaluées au total par l’agence Bloomberg à 16 milliards de dollars (13 milliards d’euros) parmi les 50 hommes d’affaires russes les plus riches. Une somme partie en fumée en quelques heures.
Coté à Hongkong, Rusal, l’un des premiers producteurs mondiaux d’aluminium avec 6 % du marché, a fini la journée en chute de 50,4 %. Détenu par M. Deripaska, le groupe, qui réalisait jusqu’ici 14 % de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis, pourrait être dans l’incapacité d’honorer les échéances sur sa dette. « Tout est compliqué chez nous, témoignait, lundi, la direction de Rusal sur son compte Facebook. Nous avons beaucoup de travail, et l’entreprise étudie différents scénarios d’action dans l’intérêt du business, des actionnaires et de nos partenaires (…) Le management travaille pour minimiser les risques. » 
A la Bourse de Londres, la holding En+ de M. Deripaska, qui avait été la première société russe à y faire son entrée, en novembre 2017, après les premières sanctions adoptées contre la Russie dans la foulée des événements en Ukraine de 2014, s’est également effondrée, perdant 34,2 % de sa valeur.
« On a compris l’échelle de la menace possible »
Le magnat russe, soupçonné d’avoir été en lien avec Paul Manafort, l’ancien conseiller de Donald Trump, est dans le collimateur de Washington, qui enquête sur l’ingérence russe lors de l’élection présidentielle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Le hedge fund veut contrer le français, premier actionnaire de l’opérateur, à l’Assemblée générale du 24 avril.
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Telecom Italia : le fonds activiste Elliott accroît la pression sur Vivendi

Le hedge fund veut contrer le français, premier actionnaire de l’opérateur, à l’Assemblée générale du 24 avril.



Le Monde
 |    10.04.2018 à 10h18
 • Mis à jour le
10.04.2018 à 10h58
    |

            Sandrine Cassini








                        



                                


                            

Entre Vivendi et Elliott, le conflit se durcit. Le groupe de médias et le fonds activiste s’affrontent depuis le 6 mars, date où le hedge fund a révélé avoir pris 5 % du capital de Telecom Italia, qui compte comme premier actionnaire Vivendi, détenteur de 24 % des parts. Le fonds reproche au groupe de médias la chute du cours de 36 % depuis qu’il est entré au conseil, en décembre 2015.

Lundi 9 avril, Elliott a révélé détenir quasiment 9 % du capital de l’opérateur transalpin, avec une option lui permettant de monter à 13,73 %. Il espère faire entrer au conseil, le 24 avril, lors de l’assemblée générale des actionnaires, 6 administrateurs indépendants, afin de réduire le poids des représentants de Vivendi et d’écarter le président exécutif, Arnaud de Puyfontaine, allié de Vincent Bolloré.
En face, le conseil d’administration de Telecom Italia, qui s’est réuni lundi, a annoncé vouloir mener une action en justice afin de bloquer l’arrivée d’Elliott dans la gouvernance. Le 22 mars, tous les administrateurs de Vivendi avaient démissionné. Objectif de la manœuvre : repousser au 4 mai l’assemblée générale et renouveler entièrement la gouvernance de l’entreprise. Dans l’esprit de Vincent Bolloré, il s’agissait de pousser Elliott à présenter un « véritable projet industriel » et une équipe de gestion, et pas seulement des administrateurs indépendants.
Vivendi gomme la coloration française du conseil
Mais les auditeurs de Telecom Italia ont validé la demande du hedge fund et, répondant à des critiques formulées par l’opérateur italien, ont répété lundi qu’ils étaient prêts à aller devant n’importe quelle juridiction pour justifier la légitimité de leur décision. L’assemblée générale du 24 avril aura lieu, même si une inconnue demeure sur la suite juridique du conflit.
Pour séduire les actionnaires, Vivendi a publié la semaine dernière une liste de nouveaux administrateurs gommant la coloration très française de l’actuel conseil,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Le mouvement, à l’appel du syndicat Verdi qui réclame des hausses de salaires, touche mardi plusieurs aéroports allemands. Lufthansa a supprimé plus de 800 vols.
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En Allemagne, les grèves d’avertissement dans le secteur public perturbent le transport aérien

Le mouvement, à l’appel du syndicat Verdi qui réclame des hausses de salaires, touche mardi plusieurs aéroports allemands. Lufthansa a supprimé plus de 800 vols.



Le Monde
 |    10.04.2018 à 10h01
 • Mis à jour le
10.04.2018 à 10h13
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


En Allemagne aussi, les voyageurs vont subir de fortes perturbations pour cause de grève. Actuellement en négociation avec les communes et l’Etat fédéral pour une hausse des salaires dans la fonction publique, le syndicat Verdi a étendu les grèves d’avertissement aux services de sécurité au sol et aux pompiers dans plusieurs aéroports allemands, régis par des conventions collectives du service public. En conséquence, mardi 10 avril, la compagnie aérienne Lufthansa a annoncé la suppression de plus de 800 vols, soit la moitié de ceux prévus ce jour-là. Les aéroports de Munich, Cologne et Brème sont touchés par le mouvement et 90 000 passagers doivent renoncer à leur voyage. Des grèves ont aussi été programmées dans les transports en commun, les crèches, le ramassage des ordures et les hôpitaux de plusieurs villes et régions, dont Berlin, la Bavière et la Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

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Pourquoi ce mouvement ? 
Verdi lutte actuellement pour obtenir de fortes augmentations pour les salariés de la fonction publique, fonctionnaires et contractuels. Il s’agit de 2,3 millions de personnes, employées par les communes allemandes et l’Etat fédéral. Verdi réclame 6 à 11,4 % d’augmentation, selon les groupes tarifaires. Il surfe sur la récente victoire d’IG Metall, le puissant syndicat allemand de la métallurgie, qui a arraché début février un accord inédit sur le droit à la semaine de 28 heures – pour une durée limitée – et une hausse des salaires de 4,3 %, après avoir exigé initialement 6 %.

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Qu’est ce qu’une grève d’avertissement ?
Il s’agit d’une journée de grève censée augmenter la pression sur les employeurs dans les négociations actuelles, avant la dernière des trois séries de négociations salariales du secteur, prévue les 15 et 16 avril.
Ce n’est pas la première grève d’avertissement organisée par Verdi ce printemps. Depuis le mois de mars, selon les informations du syndicat, 70 000 salariés des écoles maternelles et crèches, des pôles emploi, des sociétés de transports en commun et d’autres entreprises publiques ont participé aux grèves.
Le mouvement se radicalise-t-il ?
Le blocage des aéroports est un moyen de pression particulièrement puissant et marque une radicalisation du conflit. « Les employeurs n’ont jusqu’ici fait aucune proposition », a justifié Frank Bsirske, président du syndicat Verdi, qui compte presque deux millions de membres.
Le syndicat profite du fait que certaines sociétés d’aéroport sont membres de la fédération patronale des communes. Fraport, l’entreprise qui gère l’aéroport de Francfort, compte ainsi 12 000 salariés régis par la convention collective du service public. Mais la méthode est très contestée, car elle a des conséquences sur des tiers non impliqués dans la négociation tarifaire : les compagnies aériennes.
Lufthansa, à qui cette grève coûte très cher, a vigoureusement protesté. Elle avait conclu fin 2017 un accord sur les salaires avec le syndicat, qui implique normalement l’absence de grève sur une durée déterminée. Celle de mardi est une désagréable surprise pour la compagnie allemande. « Il est totalement inacceptable que le syndicat étende son conflit sur le dos des passagers. Les responsables politiques doivent définir des règles claires pour les grèves et les conflits du travail », a déclaré Bettina Volkens, directrice des ressources humaines chez Lufthansa. Les compagnies exigent depuis plusieurs années que les domaines sensibles comme le transport soient dotés de règles plus sévères pour le recours au droit de grève.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Elle a quitté lundi l’établissement où elle était soignée avec son père depuis son empoisonnement par un agent innervant et avait été conduite dans un endroit sûr, selon la BBC.
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Youlia Skripal, la fille de l’ex-agent double russe, est sortie de l’hôpital

Elle a quitté lundi l’établissement où elle était soignée avec son père depuis son empoisonnement par un agent innervant et avait été conduite dans un endroit sûr, selon la BBC.



Le Monde
 |    10.04.2018 à 09h55
 • Mis à jour le
10.04.2018 à 10h54
   





                        


Youlia Skripal, qui comme son père a été empoisonnée à Salisbury dans le sud de l’Angleterre, est sortie de l’hôpital où elle avait été admise après avoir été retrouvée inconsciente, a annoncé mardi 10 avril l’établissement hospitalier. La BBC a précisé qu’elle était sortie de l’hôpital lundi et avait été conduite dans un endroit sûr, tandis que son père restait hospitalisé.

Sky Sources say Yulia Skripal is being discharged from hospital after she had issued a statement to say her strengt… https://t.co/SQxTnTOFzN— SkyNewsBreak (@Sky News Breaking)


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Youlia Skripal, 33 ans, a été empoisonnée le 4 mars, tout comme son père, l’ex-agent double russe Sergueï Skripal, 66 ans. Tous deux sont sortis de l’état critique dans lequel l’attaque à l’agent innervant Novitchok dont ils ont été victimes les avait plongés. « [Le] père [de Youlia] a également fait de bons progrès bien qu’il se rétablisse plus lentement, a déclaré mardi Christine Blanshard, la directrice générale adjointe de l’hôpital. Nous espérons qu’il pourra sortir de l’hôpital le moment venu. »
La Grande-Bretagne juge fortement probable que l’empoisonnement ait été commis par la Russie, mais Moscou dément catégoriquement, et cette affaire a provoqué une nouvelle crise diplomatique entre l’Occident et la Russie, qui s’est traduite par la plus importante vague d’expulsions croisées de diplomates de l’histoire.

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