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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ En 2013, les élus britanniques avaient désavoué le projet de frappes contre le régime Al-Assad, après une précédente attaque chimique.
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Theresa May temporise avant d’envisager des frappes en Syrie sans vote au Parlement

En 2013, les élus britanniques avaient désavoué le projet de frappes contre le régime Al-Assad, après une précédente attaque chimique.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 15h39
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 15h51
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Downing Street l’assure : Theresa May est prête à s’engager en Syrie, même sans attendre un éventuel accord du Parlement. La première ministre britannique, lors de conversations téléphoniques, mardi 10 avril, s’est mise d’accord avec les présidents américain et français sur « la nécessité pour la communauté internationale d’une réponse » aux attaques en Syrie « afin de faire respecter l’interdiction mondiale de l’usage des armes chimiques », détaille un communiqué officiel.
Les avions Tornado sont prêts à décoller de la base militaire britannique d’Akrotiri (sud de Chypre). Mais Mme May, souvent raillée pour son caractère excessivement méthodique et sa lenteur à décider, semble prendre son temps pour réunir les arguments dont elle pourrait avoir besoin si elle se heurtait à des critiques parlementaires. Le communiqué de Downing Street évoque prudemment les « informations à confirmer » faisant état d’une attaque à l’arme chimique à Douma, près de Damas.

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Plusieurs élus conservateurs de haut vol l’incitent à passer à l’action sans attendre l’accord de Westminster. Tom Tugendhat, le président de la commission des affaires étrangères des Communes, affirme que des frappes visant des stocks syriens d’armes chimiques « ne nécessiteraient pas » un vote des députés. Pour Dominic Grieve, député conservateur et ancien procureur général, des frappes limitées peuvent être lancées sans approbation du Parlement, mais ce ne serait pas le cas d’une campagne plus large en Syrie.
La question se complique du fait que le Parlement n’est pas en session et ne sera réuni qu’à partir de lundi 16 avril. D’où l’idée d’un débat et d’un vote rétrospectif si des frappes étaient décidées avant cette date. « Le Parlement devrait débattre de cette crise au début de la semaine prochaine, mais cela ne doit pas servir de prétexte à l’inaction ou à un retard », estime Nick Boles, député conservateur et ancien ministre.
« Etant donné notre bilan… »
Formellement, aucun texte n’oblige Mme May à consulter le Parlement. Mais une pratique s’est établie depuis la guerre en Irak, selon laquelle le déploiement de troupes britanniques exige un débat et un vote des députés. En 2011 pourtant, les Britanniques s’étaient associés à l’intervention de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) en Libye deux jours avant un vote à Westminster.
La décision que Theresa May doit prendre renvoie à un souvenir cuisant pour les conservateurs. En 2013, David Cameron, son prédécesseur, avait été mis en minorité aux Communes lors d’un vote sur des frappes aériennes destinées – déjà – à punir le régime de Bachar Al-Assad pour l’usage d’armes chimiques. Ce vote avait conduit Barack Obama à renoncer à intervenir, alors que François Hollande y était favorable.
A l’époque, certains députés conservateurs et libéraux de la majorité s’étaient alliés aux travaillistes d’Ed Miliband, opposés aux frappes. Ce précédent donne à réfléchir à Mme May, dont la majorité parlementaire est autrement plus mince que celle de M. Cameron.
Certains élus conservateurs sont toujours réticents aujourd’hui, mettant en garde contre le risque d’escalade avec la Russie. « Le Parlement a le droit de poser toutes les questions, surtout étant donné le bilan de nos précédentes interventions dans la région », a déclaré John Barron, élu de l’Essex. Quant au Parti travailliste, il est divisé. Son chef, Jeremy Corbyn, s’opposera très probablement aux frappes, lui qui, depuis des décennies, a voté contre toutes les interventions militaires, depuis les Malouines jusqu’à l’Irak, la Libye et la Syrie. Il estime que des frappes en Syrie nécessitent un mandat de l’Organisation des Nations unies, qui se trouve faire l’objet d’un veto de la Russie.
Le mauvais climat de l’affaire Skripal
En 2015, le Parlement britannique avait largement approuvé les frappes visant l’organisation Etat islamique (EI) en Syrie. Beaucoup de députés travaillistes s’étaient alors joints aux conservateurs dans ce sens. Mais Emily Thornberry, actuelle ministre des affaires étrangères du cabinet fantôme (opposition), estime que ce vote visait exclusivement l’EI et ne vaut pas pour bombarder les forces gouvernementales.
Tout porte à croire cependant que Theresa May remporterait aujourd’hui un vote sur les frappes. D’une part parce que des élus travaillistes estiment aujourd’hui que le vote de 2013 était une erreur ; mais surtout en raison du climat généré par l’affaire de l’empoisonnement, à Salisbury le 4 mars, de l’agent double Sergueï Skripal et de sa fille Youlia, dénoncé par Londres comme « la première attaque à l’arme chimique en Europe depuis la seconde guerre mondiale ».

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De même que la première ministre a pu affirmer qu’il n’existait « aucune alternative plausible » à l’implication de la Russie à Salisbury, elle veut pouvoir être aussi affirmative à propos de la Syrie. Mais après avoir amplement tiré avantage en politique intérieure de sa fermeté face à Moscou et obtenu la solidarité de plus de 25 pays dans l’affaire Skripal, elle étonnerait en reculant après le carnage de Douma.
Un dernier facteur entre en jeu : la traditionnelle compétition avec la France. Certains critiques de Mme May soulignent que Donald Trump a parlé à deux reprises à Emmanuel Macron avant de joindre la première ministre au téléphone, signe que cette dernière serait hors jeu. Un diplomate britannique cité par la BBC remarque que le président français fait tout ce qu’il peut « pour être le chef européen à qui Trump murmure à l’oreille », et que sa relation avec le cousin américain est plus chaleureuse que celle entretenue par Mme May.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Du « New York Times » à la presse spécialisée dans les technologies, la prestation de Mark Zuckerberg face au Sénat a été suivie de près par les médias américains.
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« La victoire par l’ennui » : la presse américaine commente l’audition du patron de Facebook

Du « New York Times » à la presse spécialisée dans les technologies, la prestation de Mark Zuckerberg face au Sénat a été suivie de près par les médias américains.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 15h33
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 18h35
   





                        



   


« Le témoignage ennuyeux de Zuckerberg est une grande victoire pour Facebook » Le titre de TechCrunch, site d’information de référence sur les nouvelles technologies, résume bien l’état d’esprit de la presse spécialisée au lendemain de l’audition de Mark Zuckerberg devant le Sénat américain, mardi 10 avril.
Le patron de Facebook devait s’expliquer à la suite du scandale Cambridge Analytica, dans lequel les données de 87 millions d’utilisateurs du réseau social ont été aspirées par cette entreprise spécialisée dans l’influence politique, et proche de Donald Trump. Un grand oral aux enjeux historiques pour Facebook et pour son jeune dirigeant.

        Notre analyse :
         

          Sous pression des sénateurs américains, Mark Zuckerberg fait face



« Il a réussi à endormir le Sénat »
« Mark Zuckerberg a déroulé son script d’excuses, a redéballé sa liste de nouvelles mesures et a, globalement, réussi à endormir le Sénat. Et cela représente un succès pour Facebook. […] La moitié du temps, Zuckerberg a simplement paraphrasé des posts de blog et des déclarations qu’il avait déjà faites. L’autre moitié du temps, il a vaguement expliqué comment marchaient des fonctionnalités basiques de Facebook. »
Le journaliste Josh Constine, acide, semble déçu de n’avoir « rien appris de transcendant ». « Les réponses répétitives de Zuckerberg donnent l’impression qu’il ne reste pas grand-chose à creuser, que ce soit vrai ou non. » Et il finit en assénant : « Les sénateurs n’avaient pas fait leurs devoirs, mais Zuckerberg, si. »
Sur Recode, autre site spécialisé de référence, le journaliste Kurt Wagner abonde dans ce sens : « Je ne crois pas que quiconque ait regardé cela soit plus en colère contre Facebook après qu’avant l’audition. Et cela ressemble à une victoire. » Autre raison de se réjouir, selon lui, pour Facebook :
« Beaucoup de sénateurs ont dit qu’ils avaient hâte de travailler avec Zuckerberg sur toute réglementation qui pourrait être envisagée. Ce qui est une autre raison de voir la performance de Zuckerberg comme une victoire. Si les sénateurs veulent travailler avec Zuckerberg, et pas contre lui, c’est une bonne nouvelle pour Facebook. »
Un chroniqueur politique du Washington Post, Dana Milbank, estime toutefois que « le garçon milliardaire de Facebook a laissé les questions difficiles pour les adultes ». Il énumère les multiples questions auxquelles Mark Zuckerberg, expliquant qu’il n’avait pas les éléments précis en tête, s’est contenté de répondre : « Mon équipe reviendra vers vous sur ce sujet. »
« Zuckerberg est venu avec un message clé en main pour ceux qui veulent réglementer Facebook : “Faites-moi confiance.” […] Le problème, c’est qu’à chaque fois que les questions étaient dures, Zuckerberg a montré clairement qu’on ne pouvait pas lui faire confiance pour y apporter des réponses. »

        Lire :
         

          Les questions auxquelles n’a pas répondu Mark Zuckerberg



Carton rouge pour les sénateurs
Le même Washington Post, tout comme le site Vox, a toutefois mis en évidence que, finalement, contrairement aux attentes, ce sont peut-être les sénateurs qui ont donné, ce mardi, une mauvaise performance.
« Ce n’est pas vraiment le comportement de Zuckerberg qui a retenu l’attention. […] Le plus notable, c’étaient les questions posées par les sénateurs, qui étaient, parfois, incohérentes ou confuses, sur des sujets de base », écrit Vox.
Comme lorsque le sénateur Orrin Hatch a demandé au patron de Facebook : « Comment faites-vous pour gagner de l’argent si les utilisateurs ne paient pas pour vos services ? » « Monsieur le sénateur, nous affichons des publicités », lui a répondu, Mark Zuckerberg, tentant poliment de cacher sa stupéfaction.
« Beaucoup de questions des parlementaires laissent entendre qu’ils en sont encore à essayer de comprendre les bases du fonctionnement de la plate-forme », déplore le média, soulignant que ceux-ci, avec leur moyenne d’âge de 62 ans, « ne sont pas vraiment des digital natives ». « Les sénateurs semblent d’accord sur l’idée qu’il faut réparer quelque chose chez Facebook. Ils n’ont juste aucune idée de quoi. » Or, souligne Vox, « si les parlementaires veulent réglementer Facebook, il faudra qu’ils soient sur la même longueur d’onde sur les problèmes qu’ils essaient de régler ». Même discours du côté du Washington Post : « Les membres du Congrès ne peuvent pas réglementer Facebook. Ils ne le comprennent pas. »
« Les données personnelles de Mark Zuckerberg dévoilées »

Photo of Zuck's notes, by AP's @andyharnik https://t.co/wF0WAkDdI4— becket (@Stefan Becket)


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Quelques minutes après la fin de l’audition, une photographie faisait le tour des réseaux sociaux : celle des notes de Mark Zuckerberg, laissées malencontreusement ouvertes sur sa table, à portée des photographes, à l’issue des cinq heures d’interrogatoire. « Les propres données personnelles de Mark Zuckerberg dévoilées », titre avec malice, à ce sujet, le New York Times.
« Le jour où M. Zuckerberg affronte les questions des sénateurs sur la façon dont son entreprise a protégé les données de ses utilisateurs, il voit les siennes dévoilées. »
On y apprend notamment que Mark Zuckerberg avait anticipé d’éventuelles questions sur sa démission. Aucune n’a été posée à ce sujet. Et après la réussite du patron de Facebook dans l’exercice périlleux de ce face-à-face avec les sénateurs, la question semble s’éloigner un peu. Les députés, qui doivent le recevoir à leur tour mercredi après-midi à la Chambre des représentants, la lui poseront peut-être.

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                Facebook : cinq moments forts de l’audition de Mark Zuckerberg devant le Sénat américain







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT Cheminots, a répondu à vos questions sur le mouvement de grève à la SNCF et le projet de réforme du gouvernement.
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Grève à la SNCF : « Macron doit accepter un véritable débat démocratique »

Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT Cheminots, a répondu à vos questions sur le mouvement de grève à la SNCF et le projet de réforme du gouvernement.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 15h40
   





                        



   


Alors qu’a débuté la deuxième semaine de grève à la SNCF, toujours très suivie par les cheminots, Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT Cheminots, a répondu aux questions des lecteurs du Monde sur le mouvement et le projet de réforme du gouvernement.

        Lire :
         

          Que contient le projet de loi sur la réforme de la SNCF, dont l’examen débute à l’Assemblée ?



John : Bonjour après deux semaines de mouvement ou en sont les négos, les concertations avec le gouvernement ?
Didier Aubert : La CFDT est pleinement engagée dans les négociations et a proposé une vingtaine d’amendements au projet de loi en discussion. A ce stade, certains amendements portés par des parlementaires ont été rejetés. Le gouvernement en regarde certains autres, mais nous n’avons pas encore eu de retour.
Les amendements portés par la CFDT concernent, dans un premier temps, l’ouverture à la concurrence. La CFDT Cheminots n’y est pas favorable mais notre responsabilité d’organisation syndicale nous impose de protéger les salariés du secteur ferroviaire et d’apporter les garanties de régulations maximales dans un marché ouvert. Une proposition essentielle concerne les garanties de transfert et le libre choix des salariés. Sur ce point très important nous n’avons pas de réponse.
Paul : Qu’attendez-vous de l’intervention d’Emmanuel Macron, demain jeudi 12 avril, au journal de 13 heures sur TF1 ?
Didier Aubert : Que le gouvernement arrête de jouer l’opinion publique et que les vraies questions soient posées pour assurer un véritable avenir au ferroviaire. Le président de la République doit revenir sur la méthode en acceptant un véritable débat démocratique, respectueux de toutes les parties prenantes (Parlement, usagers, organisations syndicales…). La CFDT Cheminots attend qu’une véritable négociation soit engagée. Nous y sommes prêts et les propositions que nous avons formulées en attestent. Des annonces concrètes sur le financement durable permettant un développement du ferroviaire doivent par ailleurs être faites.
Luc : Quelles avancées permettraient selon vous de débloquer la situation ?
Didier Aubert : Il faut impérativement des annonces claires et concrètes pour un financement durable du système. Par ailleurs, il faut que le gouvernement revienne sur ses postures et arrête de se focaliser sur le statut des cheminots qui n’est pas une cause des dysfonctionnements du système. Il faut donc des garanties sociales fortes dans l’ouverture à la concurrence.
La CFDT Cheminots a fait des propositions sur tous ces points, notamment en portant des dispositions permettant de créer un « bouclier social » et continue d’exiger et d’œuvrer pour une convention collective de la branche ferroviaire qui soit de haut niveau. C’est une condition indispensable pour éviter le dumping social dans le cadre de l’ouverture à la concurrence. Par ailleurs, la réforme de 2014 avait permis de garantir l’unité sociale et le caractère indissociable et solidaire du groupe public ferroviaire. Ces principes doivent être réaffirmés et inscrits en dur dans la nouvelle loi. Or, la transformation en société anonyme fait courir un risque d’éclatement social et économique.
JCS : L’Etat (c’est-à-dire nous les Français) est prêt à reprendre la dette si une solution est proposée pour éviter le déficit annuel de 3 milliards d’euros. Que proposez-vous ? 
Didier Aubert : Il faut avant tout préciser que dans les 3 milliards d’euros, il y a 1,6 milliard d’euros qui sont des frais financiers directement liés à la charge de la dette de SNCF Réseau. Aujourd’hui, les péages (ce que l’opérateur ferroviaire paie pour faire rouler ses trains) ne permettent pas de couvrir le coût complet de l’infrastructure. En Allemagne, il y a 1,5 fois plus de subventions publiques consacrées au renouvellement du réseau. Nous avons en France un retard chronique de régénération du réseau. Cela nécessite de forts investissements qui doivent être financés.
Pour la CFDT Cheminots, il faut impérativement une fiscalité écologique sur le transport routier qui permette de financer ces investissements. Pour mémoire, en Allemagne toujours, une telle taxe existe et rapporte 4,5 milliards d’euros par an.
P Cayus : Pourquoi pensez-vous que la concurrence n’est pas la bonne solution ?
Didier Aubert : Nous avons, en France, l’expérience de l’ouverture à la concurrence du fret. Cela a abouti à une diminution de la part modale du transport de marchandises par rail et ce au profit de la route. Cela est vrai pour toutes les entreprises ferroviaires qui interviennent sur le marché. Il faut aussi rappeler que pour qu’il y ait ouverture à la concurrence il faut que le réseau soit en état optimal. Cela renvoie à la question de l’obligation d’investissement. Dans les autres pays européens qui ont ouvert à la concurrence, les contributions publiques sont 2 à 3 fois supérieures. Il faut expliquer aux citoyens que l’ouverture à la concurrence, c’est payer une première fois pour le réseau et une seconde fois pour des opérateurs privés qui n’iront logiquement que sur les marchés rentables.
Ailleurs, les prix payés par les usagers sont bien supérieurs à ceux pratiqués en France. Par exemple, en Allemagne le prix du billet est de 13,1 centimes par passager au kilomètre contre 12,5 centimes en France. Ensuite, en Allemagne la satisfaction des voyageurs est inférieure à celle constatée en France selon l’Eurobaromètre. Au Royaume-Uni, 60 % des citoyens demandent la renationalisation des chemins de fer.
Pour finir, l’ouverture à la concurrence pose des questions d’organisation du trafic et d’exploitation qui ne sont jamais présentées.
Alexandre : Aujourd’hui la SNCF embauche des personnes sous contrat. Plutôt que se battre pour le maintient du statut n’aurait-il pas été plus judicieux de se battre pour une convention collective aussi avantageuse que le statut ?
Didier Aubert : La réforme de 2014 avait prévu la négociation d’une convention collective de branche ferroviaire. Cette démarche est en cours et elle est percutée par la décision unilatérale du gouvernement de supprimer le statut sans s’assurer du succès d’une telle négociation. On peut noter, du côté de la direction de la SNCF, la volonté de s’opposer à un cadre social de haut niveau s’inspirant du statut actuel.
Grrr : Grève perlée : emmerdement maximum. Avez-vous bien conscience du ras le bol des usagers ?
Didier Aubert : Oui nous sommes bien conscients de la gêne pour les voyageurs. C’est aussi pour cela que nous avons organisé le mouvement actuel qui n’engendre pas une interruption continue du service. Le début du mouvement actuel a été précédé par une période conséquente (un mois !) pour éviter la grève.
Le gouvernement n’a pas utilisé cette période pour négocier et donner du sens et du contenu à sa réforme. Aujourd’hui, malgré toutes les propositions de la CFDT Cheminots, le gouvernement ne fait rien pour la cessation de ce mouvement.
Danielk : Pourquoi ne pas organiser la grève autour de la gratuité des trains ? ce qui rendrait votre mouvement beaucoup plus populaire.
Didier Aubert : C’est illégal. La CFDT cheminots l’a fait en 1989. Des agents ont été condamnés. A la CFDT, nous sommes respectueux du droit.
Pepy : On entend plus beaucoup parler de Guillaume Pepy, le patron de la SNCF ? Quel est son rôle dans cette négociation ? N’est-il pas écarté ?
Didier Aubert : Nous avons toutes les raisons de penser que Guillaume Pepy est l’inspirateur de cette réforme, sur les grandes orientations dogmatiques du projet. Il est le grand absent dans le sens de la défense de son entreprise publique et du corps social cheminot. Il n’avait pas partagé les orientations de la réforme de 2014. Nous pensons qu’il cherche à obtenir aujourd’hui ce qu’il n’a pas eu hier au risque de l’éclatement du groupe public ferroviaire.
Pierre : La SNCF, société nationale, est propriété de tous les Français, y compris sa dette donc. Pourquoi ne demandez-vous pas que nous, les Français, puissions être associés aux débats de façon moderne, directe ?
Didier Aubert : C’est ce que nous demandons. Depuis l’annonce du gouvernement, la CFDT a réclamé qu’un large débat posant toutes les questions et défis pour trouver des solutions durables au transport public ferroviaire soit ouvert.
La CFDT constate que le débat parlementaire est réduit à sa portion la plus congrue et que la négociation avec les parties prenantes ne produit pas d’effets. Tout comme vous, nous le déplorons.

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                Comment l’ouverture du rail à la concurrence s’est faite en Europe






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ A 33 ans, l’attaquant du Real Madrid fait enfin l’unanimité. Méritée pour un homme qui vaut mieux que sa caricature, estime notre journaliste Alexandre Pedro.
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Cristiano Ronaldo, génie enfin compris

A 33 ans, l’attaquant du Real Madrid fait enfin l’unanimité. Méritée pour un homme qui vaut mieux que sa caricature, estime notre journaliste Alexandre Pedro.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 15h07
    |

                            Alexandre Pedro








                        



   


Chronique. Depuis qu’il est s’envolé dans le ciel de Turin pour inscrire le plus beau but de sa carrière, Cristiano Ronaldo éprouve, à 33 ans, une sensation nouvelle pour lui avant de retrouver, mercredi 11 avril au soir, la Juventus en quarts de finale retour de la Ligue des champions (victoire 3-0 du Real à l’aller). L’homme aux cinq Ballons d’or fait enfin l’unanimité, lui qui a passé sa carrière à diviser par son caractère branché sur le total ego et par ses crises existentielles pour obtenir une nouvelle revalorisation salariale.

[📺 VIDEO] 🏆 #JUVRMA
😳 Quand l'Allianz Stadium se lève comme un seul homme pour ovationner Cristiano Ronaldo 
— beinsports_FR (@beIN SPORTS)


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Calimero sur les bords, le Portugais se vivait comme un incompris par une foule, pensait-il, aveugle face à son talent et à ses performances. « C’est parce que je suis riche, beau et que je suis un grand joueur qu’on me siffle. Les gens sont jaloux de moi. Je ne vois aucune autre explication », lâchait-il après un match du Real Madrid à Zagreb en 2011, blessé par les sifflets du public croate et les « Messi, Messi » descendant des tribunes.
Passé le temps de la stupéfaction engendrée par son second but, le public turinois a lui applaudi celui qui venait sans doute de ruiner les chances de qualification de son équipe pour les demi-finales. Il y a bien sûr la magie de l’instant et l’intelligence émotionnelle d’une foule, mais on peut y voir aussi une parabole sur la nouvelle perception générale du joueur et du personnage. Ronaldo a forcé cette admiration par ses statistiques affolantes, bien sûr, mais aussi par sa volonté de fer de refuser son déclin physique ou en se réinventant sur le terrain. Mais cela ne dit pas tout.

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          L’incroyable but de Cristiano Ronaldo



Parce qu’il travaillait plus que les autres — ce que tous ses entraîneurs et coéquipiers reconnaissent — Ronaldo pensait que l’amour et le respect du public allaient automatiquement de pair. Il ne comprenait pas pourquoi le mauvais rôle lui revenait dans cette rivalité qui l’obsède avec Lionel Messi, quand l’Argentin donne le sentiment de flotter au-dessus avec l’indifférence et le mutisme qui le caractérisent.
Un garçon qui pleure
Alors que Messi est une page blanche sur laquelle on ne sait jamais trop quoi écrire, en dehors de son génie sportif, Ronaldo a toujours été un livre ouvert. Les joies, les peines, les caprices : tout est raconté et surligné. Le natif de Madère est à la fois ce coéquipier apprécié de tous, un philanthrope discret mais généreux, un cadet prévenant ouvrant un musée à sa gloire à Funchal, pour mieux le confier à son frère aîné, qui se bat contre la toxicomanie, mais il est aussi un contribuable fâché avec le fisc espagnol et capable dans le même temps de se plaindre auprès du magazine Forbes d’avoir… sous-estimé sa fortune.
Dans le fond, le personnage est touchant par ses contradictions et par sa maladresse, qui contrastent avec cette armure de muscles forgée avec les années. Reviennent alors en mémoire ses larmes qui jalonnent sa carrière depuis la finale perdue par son Portugal (à domicile) contre la Grèce, en 2004, jusqu’à celles après sa sortie prématurée face aux Bleus douze ans plus tard. « J’ai le visage qui brille ? C’est normal, j’ai beaucoup pleuré aujourd’hui », s’excusera-t-il après la victoire. Il avait passé les dernières minutes de cette finale sur le banc de touche, un genou bandé, à haranguer tel un possédé ses coéquipiers, laissant le rôle de héros de la nation à Eder, qui passait par là.

Ce soir-là, à Saint-Denis, au milieu d’une nuée de papillons, le monde découvrait une star touchante, altruiste, un « millionnaire en short » peut-être, mais heureux comme un gamin d’avoir donné à son petit pays de 10 millions d’habitants ce moment de bonheur.
Le lendemain, Cristiano Ronaldo partait pour Lisbonne avec sur le siège voisin le trophée du vainqueur et postait sur son compte Instagram une photographie avec ce commentaire : « Te amo. » Difficile de complètement détester cet homme-là.



                            


                        

                        


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« Le Monde » révèle comment la Russie a, selon l’Agence mondiale antidopage, corrompu les dirigeants de la Fédération internationale afin de protéger ses intérêts et ses sportifs.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 17h51
    |

            Clément Guillou








                        



                                


                            

Combien de grosses coupures peut-on faire rentrer dans une petite valise diplomatique ? Le débat n’est pas tranché quand Grigori Rodchenkov, le directeur du laboratoire antidopage de Moscou, entre dans la pièce. Alexander Tikhonov, vice-président de la Fédération internationale de biathlon (IBU), soutient qu’une telle mallette peut renfermer entre 200 000 et 300 000 dollars (entre 160 000 et 240 000 euros). Alexander Kravtsov, chef de mission de la Russie pour les Jeux olympiques de Sotchi de 2014, estime qu’on peut y faire tenir jusqu’à 400 000 dollars.
La question est importante : il s’agit d’estimer le montant qui a été remis au Norvégien Anders Besseberg, président de l’IBU, pour s’assurer de son soutien aux intérêts russes dans le biathlon.
La scène est présumée avoir eu lieu à l’été 2013. Elle a été relatée aux enquêteurs de l’Agence mondiale antidopage (AMA) par Grigori Rodchenkov lui-même, désormais lanceur d’alerte réfugié aux Etats-Unis. Selon un rapport confidentiel de l’AMA, que Le Monde a pu consulter, la Russie a noyauté depuis plusieurs années la Fédération internationale de biathlon selon un schéma similaire à celui éprouvé dans l’athlétisme.
Les enquêteurs ont recueilli les témoignages d’un informateur anonyme puis de Grigori Rodchenkov sur les relations entre les dirigeants du sport russe et ceux de l’IBU : le président Anders Besseberg et sa secrétaire générale, l’Allemande Nicole Resch. Mardi 10 avril, les polices autrichienne et norvégienne ont procédé à des perquisitions, a annoncé l’AMA dans un communiqué, respectivement au siège de l’IBU à Salzbourg et au domicile d’Anders Besseberg. La fédération internationale de biathlon a precisé dans un communiqué que Nicole Resch avait demandé à se mettre en retrait de ses fonctions pour la durée de l’enquête, qui pourrait remettre en cause le retour en grâce de la Russie dans le sport international.
« Complices dans la machination »
Anders Besseberg et Nicole...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ A Paris, une manifestation nationale est organisée. Des avocats de Lille, Reims, Châlons-en-Champagne ou encore Dijon ont fait le déplacement.
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Nouvelle journée de mobilisation contre la réforme de la justice

A Paris, une manifestation nationale est organisée. Des avocats de Lille, Reims, Châlons-en-Champagne ou encore Dijon ont fait le déplacement.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 14h51
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 16h05
   





                        


Magistrats, greffiers et surtout avocats étaient à nouveau mobilisés dans les juridictions mercredi 11 avril, avec des rassemblements et des renvois d’audience, contre le projet de réforme de la justice, qui doit être présenté le 18 avril en conseil des ministres.
Une manifestation nationale a également débuté en début d’après-midi à Paris à l’appel des principaux syndicats. Notre journaliste spécialiste des questions de justice, Jean-Baptiste Jacquin, est sur place :

Début de la manifestation #JusticeMorte à Paris. Jérôme Gavaudan (conférence des bâtonniers) avec Christiane Féral-… https://t.co/p7kzIeVbtI— JBJacquin (@JB Jacquin)


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Suivis par les magistrats avec Virginie Duval (USM) et Katia Dubreuil (SM) #JusticeMorte https://t.co/2wzQf4GTlr— JBJacquin (@JB Jacquin)


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La banderole de tête ne porte aucun signe syndical: « pour une justice de qualité et accessible » #JusticeMorte https://t.co/q9ctbUl19q— JBJacquin (@JB Jacquin)


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Des avocats ont quitté Lille, Reims, Châlons-en-Champagne ou encore Dijon pour rejoindre le cortège national.

De nombreux barreaux ont amené les avocats en car https://t.co/iV2ae0ad4M— JBJacquin (@JB Jacquin)


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Des mobilisations sont également organisées dans de nombreuses juridictions en France.
A Nice, où une grève illimitée perturbe fortement l’activité du tribunal depuis jeudi, une centaine d’avocats se sont rassemblés devant le tribunal de grande instance mercredi matin.
A Châlons-en-Champagne (Marne), les avocats ont mis en place une grève en pointillé à l’image de la SNCF.
A Saintes (Charente-Maritime), les 87 avocats du barreau ont eux aussi organisé un mouvement de grève deux jours par semaine.
Les avocats s’inquiètent principalement d’une fermeture de tribunaux d’instance, même si la ministre de la justice, Nicole Belloubet, a répété qu’« aucun lieu de justice ne sera fermé ».

        Lire notre reportage à Pau :
         

          « C’est un désert judiciaire qui s’annonce »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Philippe Lançon, miraculé de l’attentat contre « Charlie Hebdo », raconte dans « Le Lambeau » ce qu’il a vécu depuis janvier 2015. Magistral.
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édition abonné


Après « Charlie », le journal du deuil

Philippe Lançon, miraculé de l’attentat contre « Charlie Hebdo », raconte dans « Le Lambeau » ce qu’il a vécu depuis janvier 2015. Magistral.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 14h52
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 17h56
    |

            Jean Birnbaum








                        



                                


                            

Au matin du 7 janvier 2015, peu de temps avant de se trouver collé au sol, la tête dans une mare de sang, Philippe Lançon était assis chez lui. Il écrivait un e-mail à Claire Devarrieux, qui dirige le service « Livres » au quotidien Libération. Dans ce message, le critique littéraire raillait les « bavardages » de ses confrères à propos de Michel Houellebecq, dont le nouveau roman, Soumission, sortait le jour même, et avec lequel il avait rendez-vous à la fin de la semaine. « Cela laisse du champ, samedi, pour un entretien que j’espère plus raisonnable et précis », se félicitait-il. Trois ans ont passé et Lançon y revient aujourd’hui sans grande fierté : « Ces phrases anodines, plutôt méprisantes et non dépourvues d’autosatisfaction, je les ai écrites comme si la vie allait continuer (…). Ce sont les derniers mots d’un journaliste ordinaire et d’un inconscient », note-t-il dans Le Lambeau, livre magistral, brûlant journal de deuil.

Vérité physiologique
Brûlant ? Magistral ? Nous écrivons ces mots et déjà la honte rôde. Ce texte revenu d’entre les morts, allons-nous le traiter depuis l’autre rive, dans les termes et selon les usages du journaliste ordinaire, cet inconscient dont la vie, elle, a continué ? Cela s’annonçait possible, puisque, en apparence, rien n’avait changé : nous avons vu Teresa Cremisi, l’éditrice de Philippe Lançon, qui nous a remis les épreuves du Lambeau ; nous avons appelé Pascale Richard, son attachée de presse chez Gallimard, pour lui dire notre souhait de publier les bonnes feuilles ; nous avons collectivement décidé d’en faire la « une » et fixé une date de parution. Tout s’est passé comme si l’auteur appartenait encore à notre monde ordinaire, celui des vivants rivés à leur fausse sécurité, à leur sotte insouciance. Et pourtant, à mesure que nous avancions dans le livre, il devenait clair que la frivolité n’avait aucune place : les ponts étaient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ L’appareil s’est écrasé peu après son décollage de la base aérienne de Boufarik, près d’Alger. Aucune hypothèse n’a été pour l’heure avancée pour expliquer l’accident.
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Compte rendu

257 morts dans le crash d’un avion militaire algérien

L’appareil s’est écrasé peu après son décollage de la base aérienne de Boufarik, près d’Alger. Aucune hypothèse n’a été pour l’heure avancée pour expliquer l’accident.


Le Monde.fr avec AFP, AP et Reuters
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        Le 11.04.2018 à 10h48

     •
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        Mis à jour le 11.04.2018 à 17h36








L’accident d’un avion militaire algérien, qui s’est écrasé mercredi 11 avril au matin après son décollage près d’Alger, a fait 257 morts, majoritairement des militaires et des membres de leurs familles, a annoncé le ministère de la défense algérien. Aucune hypothèse n’est pour l’heure avancée pour expliquer l’accident.
Les victimes sont les dix membres d’équipage et 247 passagers, « dont la plupart sont des personnels de l’armée nationale populaire ainsi que des membres de leurs familles », précise le ministère, sans faire état d’éventuels survivants.
Vol Boufarik-Tindouf-Béchar
Les flammes qui ont ravagé la quasi-totalité de l’avion sont désormais éteintes. L’épave calcinée et noircie de l’appareil gît dans une zone inhabitée, un champ situé à une centaine de mètres des murs d’enceinte de la base aérienne.
Le vice-ministre de la défense algérien, également chef d’état-major de l’armée nationale populaire, le général Ahmed Gaïd Salah, s’est rendu sur les lieux de l’accident et a ordonné la mise en place « immédiate d’une commission d’enquête afin de déterminer les circonstances de l’accident ».
L’appareil est un Iliouchine IL-76, un quadriréacteur civil ou militaire de fabrication soviétique puis russe. Selon le site Internet du constructeur, l’IL-76 peut transporter entre 126 et 225 passagers, selon les versions.
L’appareil assurait un vol Boufarik-Tindouf-Béchar. Tindouf, à 1 800 km d’Alger, près des frontières du Maroc et du Sahara occidental, abrite de nombreux camps de réfugiés sahraouis, ainsi que le siège d’administration de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), proclamée en 1976 par les indépendantistes du Front Polisario. Béchar, à 1 000 km environ au sud-ouest d’Alger, abrite une importante base militaire, près de la frontière, fermée, entre l’Algérie et le Maroc, les deux frères ennemis du Maghreb.
Plusieurs appareils de l’armée algérienne se sont écrasés ces dernières années, faisant des dizaines de victimes.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Le premier ministre Edouard Philippe a salué mercredi le « très grand professionnalisme » des gendarmes et écarté toute interruption des opérations.
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Poursuite des affrontements au troisième jour des expulsions à Notre-Dame-des-Landes

Le premier ministre Edouard Philippe a salué mercredi le « très grand professionnalisme » des gendarmes et écarté toute interruption des opérations.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 16h20
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 17h59
   





                        



   


Au troisième jour des expulsions dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, la confrontation se poursuit entre gendarmes mobiles et zadistes retranchés derrière des barricades.
Reprise des heurts à l’aube
Les heurts ont repris mercredi peu avant 7 heures non loin de la D281, où se cristallisaient les tensions depuis l’abandon du projet d’aéroport. Les gendarmes épaulés d’un hélicoptère et d’un drone ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes et à effet de souffle aux divers projectiles (pierres, mottes de terre, bouteilles) lancés par quelque 70 zadistes massés derrière des barricades de fortune sur la route des « Fosses noires ». Les opposants ont mis le feu à l’une des quatre barricades puis à une carcasse de voiture et à des caravanes pour freiner la progression des gendarmes.
Les heurts se sont ensuite déplacés dans un champ voisin, où un face-à-face opposait toujours à la mi-journée 150 zadistes armés de boucliers artisanaux et de raquettes pour renvoyer les grenades aux forces de l’ordre. C’est dans ce petit carré de bocage partiellement boisé, qui jouxte la D281, que se concentrent les affrontements depuis lundi.
A proximité, au « camp des cheveux blancs », les opposants ont appelé à 13 heures à un « grand pique-nique de protestation ». D’après une porte-parole de la gendarmerie sur Franceinfo, « 150, 200 » personnes « sont venues renforcer » les zadistes.
Mobilisation des opposants historiques
En détruisant les lieux de vie installés autour de la D281, les gendarmes ont détruit au passage des projets agricoles collectifs. D’où la colère de l’Acipa, principale association d’opposants à l’ex-projet d’aéroport, et un sentiment de trahison exprimé mardi par des zadistes qui estiment avoir joué le jeu avec la préfecture et avoir été floués.
L’importance de l’opération a amené les opposants à appeler à la mobilisation. « Si ce soir la préfecture ne retire pas ses troupes, c’est la mobilisation générale », avait lancé mardi Julien Durand, porte-parole de l’Acipa.

        Reportage :
         

          Violences à Notre-Dame-des-Landes : les deux camps cherchent une issue



Bilan
Mardi, les heurts ont été plus violents que la veille, avec vingt-huit gendarmes blessés dont dix retournés sur le terrain, selon un dernier bilan officiel.
Selon le bilan mercredi matin de l’équipe médicale des zadistes, une vingtaine d’opposants ont été blessés, dont un a été hospitalisé, après une trentaine mardi, dont deux hospitalisés. Un photographe de l’Agence France-Presse a été légèrement blessé aux jambes par les éclats d’une grenade.
Selon la cour d’appel de Rennes, plusieurs enquêtes ont été ouvertes à la suite des blessures infligées lundi et mardi à treize gendarmes, essentiellement par des jets de projectiles.
Un mineur interpellé lundi matin pour jets de projectile a été placé en détention provisoire mardi par le parquet d’Angers et une autre personne a été placée en garde à vue mardi pour « participation à un attroupement », a précisé la cour d’appel.
Edouard Philippe répond à deux députés LRM
Edouard Philippe a salué mercredi le « très grand professionnalisme » des gendarmes et des forces de l’ordre qui mènent l’expulsion en écartant toute interruption des opérations. « Les opérations se déroulent conformément au calendrier qui avait été envisagé (…) les opérations vont se poursuivre dans le même esprit, avec la même fermeté et avec la même mesure », a déclaré le premier ministre lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.
Matthieu Orphelin et François-Michel Lambert, deux députés La République en marche (LRM) réclament « une pause » dans l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Mardi soir, le député des Bouches-du-Rhône François-Michel Lambert (LRM, issu des rangs écologistes) a demandé s’il n’était « pas temps de faire une pause dans l’opération » : « Il ne faudrait pas qu’un homme, une femme tombe », a-t-il déclaré sur Franceinfo. « Certains sont déterminés, je ne les cautionne absolument pas, mais à la fin, ça peut être un gendarme qui tombe, un journaliste… », a-t-il ajouté, soulignant que tout le monde « a en tête le drame de Sivens et de Rémi Fraisse ».
Calendrier
L’intervention pourrait « durer jusqu’à la fin de la semaine », selon le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, qui a mobilisé près de 2 500 gendarmes. Selon la préfecture, 16 sites ont été évacués lundi et mardi. Parmi eux, 15 ont été démolis. La préfète de la région, Nicole Klein, a annoncé mardi que l’objectif était de démanteler « 30 à 40 » sites. Malgré les tensions, Mme Klein a assuré mardi soir que « le dialogue » n’était « absolument pas interrompu » et « reprendra[it] aussi vite que possible ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Si la plupart de ces comptes sont restés confidentiels, quelques-uns, relayant des articles ou des images de divers bords politiques, ont connu une réelle popularité.
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Reddit a supprimé 994 comptes suspectés de propagande pour le compte de la Russie

Si la plupart de ces comptes sont restés confidentiels, quelques-uns, relayant des articles ou des images de divers bords politiques, ont connu une réelle popularité.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 18h06
   





                        



   


« Ces derniers mois, j’ai été très frustré de ne pas pouvoir partager avec vous nos découvertes concernant la Russie, et je suis content de pouvoir enfin le faire. » C’est Steve Huffman, cofondateur et actuel président de Reddit, qui se confie ainsi dans les commentaires d’une annonce publiée mardi 10 avril sur le plus gros forum du monde.
Après avoir rapidement évoqué le mois dernier la suppression de « centaines de faux comptes », celui que les utilisateurs du site surnomment « Spez » a ainsi profité d’un rapport publié sur le blog de Reddit sur la question du respect de la vie privée pour revenir plus longuement sur la question des comptes suspectés d’être pilotés à distance par l’agence de propagande russe, l’Internet Research Agency.
Selon lui, 944 comptes Reddit de ce type auraient été bannis de la plate-forme ces derniers mois et ces dernières années. Des comptes qui auraient pu poster environ 14 000 liens, images, articles, ou vidéos.
« Nous nous sommes appuyés [pour les identifier] sur un certain nombre de signaux : des créations de comptes suspectes, des usages étranges (partage d’un même compte entre plusieurs utilisateurs), des manipulations de votes [Reddit], etc. Nous avons aussi confronté nos découvertes aux listes rendues publiques par d’autres entreprises, comme Twitter. »
Ces 944 faux comptes ont-ils eu une influence sur les utilisateurs de Reddit ? M. Huffman n’en a pas la preuve, et rappelle d’ailleurs que moitié d’entre eux auraient été identifiés et supprimés avant l’élection présidentielle américaine de 2016.
En outre, 70 % de ces profils auraient de toute façon été virtuellement invisibles, n’ayant reçu aucun « upvote » ou « downvote », des points positifs ou négatifs que les utilisateurs de Reddit peuvent attribuer aux contenus qu’ils trouvent intéressants ou au contraire inappropriés, et qui leur confèrent plus ou moins de visibilité.
Toutefois, parmi ceux qui auraient toutefois réussi à échapper à la modération avant l’élection, sept auraient connu une « audience significative », c’est-à-dire, selon les critères de M. Huffman, un score de plus de 10 000 points de « karma » (une mesure utilisée sur Reddit pour mesurer la popularité d’un message ou d’un contributeur).
Des attaques anti-Clinton
Si ces 944 comptes suspectés de servir la propagande russe ont été bannis, l’historique de leurs messages et contributions reste encore temporairement accessible « aux modérateurs, aux enquêteurs et à tous [les utilisateurs de Reddit] qui voudraient les voir par eux-mêmes », explique Steve « Spez » Huffman.
On peut notamment y découvrir les messages de Rubinjer, de loin le plus populaire de ces comptes, actif de novembre 2015 à juin 2017. Parmi ceux-ci, des GIF animés et autres montages humoristiques typiques de la culture Web, postés dans des sections politiquement neutres de Reddit.
Mais d’autres de ces messages, postés sur r/the_donald, la section de Reddit dédiée aux supporteurs de Donald Trump, critiquent vertement Ted Cruz (concurrent de M. Trump à la primaire républicaine), Hillary Clinton ou les féministes. Comme cette image demandant : « Qui préféreriez vous avoir pour président ? Ce caillou ou Hillary ? »

   


Un utilisateur de Reddit le calcule : si, parmi les 49 faux comptes les plus importants repérés par Reddit, huit sont ouvertement conservateurs, sept publient plutôt du contenu jugé progressiste (notamment antiraciste), et la plupart des autres, s’ils n’ont pas d’inclinaison politique clairement identifiable, se contentent de critiquer l’état actuel de l’Amérique.
Une stratégie à rapprocher de celle décrite par Joel Kaplan, responsable des politiques publiques de Facebook, qui déclarait en octobre au New York Times que, plutôt que de promouvoir les idées d’un bord politique, « les publicités et les comptes [identifiés par Facebook] visaient à amplifier des sujets de controverse sur l’ensemble du spectre politique ».
D’ailleurs, selon M. Huffman, outre les sections de Reddit d’extrême droite ou d’extrême gauche, ces comptes louches ont largement contribué aux très inoffensives sections r/funny ou/GIF, où sont généralement postés des images amusantes, où encore r/aww, le royaume des photos de chiots et de chatons.
Comme le souligne dans ces mêmes commentaires un modérateur des forums r/funny et r/GIF, poster sur des sections politiquement neutres de Reddit serait une pratique courante, visant dans un premier temps à rendre plus crédibles de faux comptes, qui sont ensuite revendus à des entreprises publicitaires et des organismes de propagande.
Interpellé par les utilisateurs
Interpellé par les utilisateurs du site sur le cas de la très active et influente section r/the_donald de Reddit, M. Huffman a reconnu que le forum des supporteurs les plus inconditionnels du président états-unien était surveillé de près.
« Mais nous ne croyons pas qu’ils contreviennent présentement aux règles du site. Cela ne veut pas dire que nous approuvons leur position. Dans bien des cas, leur point de vue et leurs valeurs sont contraires aux miennes, mais leur permettre d’exister est ce qui permet de garantir l’authenticité de Reddit. »
De la même façon, le président de Reddit a expliqué surveiller attentivement la section du forum consacrée à la guerre en Syrie, suspectée par certains utilisateurs d’être « noyautée par une communauté d’utilisateurs prorusses et pro-Assad ».
Une autre question a retenu l’attention de M. Huffman : « Sur une échelle de 1 à 944, à quel point êtes-vous heureux aujourd’hui de ne pas être Mark Zuckerberg [qui comparaissait au même moment devant les sénateurs américains] ? », lui a ainsi demandé un certain jumja. « 943, a répondu le président de Reddit. J’enlève un point, parce que ma mère aurait sans doute aimé voir ça… »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Le PDG de l’Agence France-Presse a invoqué mercredi l’absence de soutien de l’Etat.
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AFP : Emmanuel Hoog retire sa candidature pour un troisième mandat

Le PDG de l’Agence France-Presse a invoqué mercredi l’absence de soutien de l’Etat.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 16h13
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 17h06
    |

            François Bougon








                        


Le président-directeur général de l’Agence France-Presse (AFP), Emmanuel Hoog, en lice pour un nouveau mandat, a annoncé, à la surprise générale, le retrait de sa candidature mercredi 11 avril, invoquant une absence de soutien de l’Etat.
M. Hoog, 55 ans, qui dirigeait l’agence de presse depuis 2010, a fait part de sa décision dans une lettre adressée aux membres du conseil d’administration (CA) qui devaient l’auditionner : « Jusqu’à ces dernières heures, j’ai cherché à avoir un soutien clair, précis et engagé de la part de la majorité des administrateurs. Aujourd’hui je n’ai pu obtenir cette réponse du premier soutien de l’AFP », écrit-il, avant de mettre en avant son bilan – « C’est sous ma présidence que l’AFP a connu le meilleur chiffre d’affaires de son histoire. »
Un autre candidat
La position de M. Hoog, qui jugeait les besoins de financement de l’AFP à 60 millions d’euros, avait été fragilisée par l’annonce d’une perte de 4,8 millions d’euros en 2017, après 5 millions en 2016. Mardi, lors d’un conseil d’administration qui devait valider les comptes de l’AFP, la présidente de la commission financière de l’agence avait dressé un bilan critique. L’Etat avait annoncé avoir versé en janvier la moitié de sa contribution annuelle.
Un autre candidat lui est opposé, Fabrice Fries, ancien dirigeant de Publicis Consultants. Ce dernier était auditionné par le CA mercredi après-midi. Pour être désigné, il doit obtenir 13 voix parmi les 18 membres.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ L’avocate et ancienne ministre de l’environnement lance une action collective pour demander un moratoire de l’installation des compteurs électriques communicants.
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Linky : Corinne Lepage et un groupe d’avocats lancent une action collective contre le compteur électrique

L’avocate et ancienne ministre de l’environnement lance une action collective pour demander un moratoire de l’installation des compteurs électriques communicants.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 16h32
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 18h00
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


« Il est anormal d’exposer des gens à un risque, même s’il est très faible ou qu’il n’est pas encore connu. » C’est au nom du principe de précaution que l’ancienne candidate à la présidentielle de 2012, Corinne Lepage, a rejoint la bataille des opposants au compteur Linky.
Avec un groupe d’avocats, l’ancienne ministre de l’environnement d’Alain Juppé a lancé, lundi 9 avril, un appel à la ministre de la santé, Agnès Buzyn, ainsi qu’au ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot demandant de suspendre le déploiement de Linky par Enedis (Ex-ErDF, filiale d’EDF chargée de la distribution d’électricité). Si le gouvernement ne réagit pas à cet appel, ce collectif d’avocats menace de mener plusieurs actions juridiques pour défendre des particuliers et des communes refusant l’installation du compteur.
Depuis le début de son déploiement en 2015, le compteur Linky suscite des oppositions chez certains citoyens et dans certaines communes. Plus de 8 millions de compteurs ont déjà été installés, et le déploiement doit s’effectuer jusqu’en 2021.

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                Les 5 questions que pose le compteur Linky



Aucune étude officielle n’a permis de constater des dangers
Avec un collectif d’avocats, Mme Lepage a ouvert une plate-forme pour recueillir les témoignages de personnes électrosensibles, qui se disent perturbées par la proximité d’un compteur – ils affirment en avoir déjà reçu plus de 3 800. Le collectif entend ensuite obtenir en justice le droit pour ces plaignants de refuser la pose d’un compteur. « Si on a une jurisprudence favorable, Enedis sera obligé d’en tenir compte et d’arrêter la pose des compteurs », veut croire l’ancienne ministre et eurodéputée.
« Je ne dis pas que Linky est dangereux, parce que je n’en sais rien. Mais on commence toujours par nous dire qu’il n’y a aucun problème pour s’apercevoir, quinze ans plus tard, qu’il y en avait un… », explique Corinne Lepage au Monde.
A ce jour, aucune étude officielle n’a permis de constater des dangers pour la santé à cause du compteur Linky. Le travail effectué par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a estimé que les ondes émises par un compteur Linky étaient comparables à celles émises par d’autres équipements électriques (box Internet, lampes LED, chargeurs de portables…). L’Agence nationale des fréquences (ANFR) est arrivée aux mêmes conclusions.
Très difficile de refuser l’installation du compteur
« Les études actuelles ne sont pas suffisantes. Ce que l’on demande, c’est une étude complète sur le sujet », assure Corinne Lepage, qui s’appuie sur la dernière étude de l’Anses qui a récemment reconnu la réalité des troubles ressentis par les personnes électrosensibles, sans pour autant savoir à quoi les attribuer avec précision.
Autre argument battu en brèche par Mme Lepage : l’obligation d’accepter la pose d’un compteur Linky chez soi. « Il n’y a pas d’obligation légale de l’accepter. Le droit communautaire européen ne l’exige pas », assure Mme Lepage. « L’Allemagne ne l’impose pas à ses habitants, par exemple ». Dans les faits, il est pourtant très difficile pour les particuliers de refuser l’installation du compteur : ils ne sont pas propriétaires de leur compteur, qui se trouve souvent en dehors de leur logement. De même, plusieurs communes ayant pris des arrêtés demandant un moratoire de l’installation des compteurs Linky ont vu leurs décisions cassées en justice.
« Le minimum du principe de précaution, c’est de ne pas imposer aux gens un compteur dont ils ne veulent pas, alors qu’il n’est favorable qu’a Enedis et EDF », ajoute Mme Lepage, reprenant un argument de la Cour des comptes, qui a rendu en février un rapport très sévère sur l’absence de bénéfices pour les consommateurs du compteur.

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                Linky : la Cour des comptes dénonce le coût du programme







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Le nouveau film de Wes Anderson évoque l’exclusion dans un Japon dystopique où les chiens sont bannis sur une île-décharge.
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« L’Ile aux chiens » : résistance canine à la mise au rebut

Le nouveau film de Wes Anderson évoque l’exclusion dans un Japon dystopique où les chiens sont bannis sur une île-décharge.



Le Monde
 |    10.04.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 17h38
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
L’animation réussit bien à Wes Anderson, dandy texan et auteur d’une petite dizaine de films élégants et tirés à quatre épingles. Huit ans après Fantastic Mr. Fox (2010), c’est la deuxième fois qu’il recourt au stop-motion (« animation en volume »), technique qui consiste à photographier image par image des figurines façonnées à la main, dans des décors en modèles réduits. Façon de se débarrasser du corps des comédiens et d’évacuer toute matière vivante, pour laisser libre cours à ses obsessions ornementales (on a parfois reproché à Wes Anderson de construire ses films comme des maisons de poupées) ? Non, car l’animation touche au cœur de ce cinéma ­maniaque, qui voit dans la fixité le comble du mouvement, dans la pose l’apogée du geste, dans l’image la pointe du récit, et retrouve le vivant par des voies détournées. L’animation renvoie surtout à la primeur enfantine des fables, de celles qui n’hésitent pas, par exemple, à faire dialoguer humains et animaux, comme issus d’un même moule.

        Lire la rencontre :
         

          Wes Anderson, le maître-chien



L’Ile aux chiens se déroule dans un Japon dystopique, pays réinventé dont l’esthétique cérémonieuse offre un terrain de jeu idéal aux compositions frontales et guindées du cinéaste. Dans la mégalopole fantaisiste de Megasaki, le maire Kobayashi décrète le bannissement de tous les chiens sur une île-décharge du littoral, à la suite d’une épidémie de grippe canine qui sème l’insalubrité. Par démagogie, il y envoie son chien, nommé Spots. C’est sans compter sur l’attachement de son fils, Atari, qui fugue illico en direction de l’île pour retrouver son compagnon. Sur place, il s’allie avec cinq chiens galeux, et plus particulièrement avec Chef, le maverick de la bande, dans une quête mettant bientôt au jour les malversations électoralistes de Kobayashi.
Un récit à tiroirs
Mais retracer ainsi l’intrigue centrale ne rend pas complètement justice à un récit à tiroirs, qui se déploie en une riche arborescence de flash-back et de digressions enchevêtrés. Le film multiplie les protocoles narratifs et scéniques, jusqu’à cette idée jubilatoire de mettre en scène, pardes commentateurs assermentés, la traduction du japonais (langue des personnages) vers l’anglais (langue originale du film). De plus, l’odyssée des chiens se trouve innervée par un réseau de sous-intrigues, retraçant les divers courants de résistance qui s’opposent à l’édile tyrannique : un groupuscule de jeunes ­activistes « pro-chiens », un parti d’opposition muselé, un scientifique (le professeur Watanabe) sur la voie d’un vaccin… Le tout dans une effervescence romanesque menée tambour battant, où le simple fait de raconter devient en soi une entreprise gigogne et ludique.

   


La plus grande beauté de L’Ile aux chiens réside toutefois dans son rendu plastique, ayant la richesse d’une grande symphonie de formes et de matières. L’exubérance décorative d’Anderson, ici démultipliée, enlumine chaque image d’une multitude de détails picturaux, qui sollicitent l’œil du spectateur dans une grande orgie de signes. On est convié à « toucher » l’image du regard, à se promener dans ses labyrinthes et ses synesthésies : le pelage pouilleux des chiens, les ordures et la vermine de l’île, les nuages filandreux de poussière, les luisances… Autant de textures suggérées par l’emploi d’autres matériaux et merveilleusement figurées par le talent des animateurs-sculpteurs.
Un terrain politique
Pourtant, cette efflorescence formelle se fonde bel et bien sur un terrain politique – chose jusqu’alors assez inhabituelle dans le cinéma de Wes Anderson. Si le personnage du maire évoque clairement la récente vague des leadeurs populistes, l’exclusion et la relégation des chiens, parqués dans une jungle à ciel ouvert, semblent désigner une autre forme d’actualité : celle des crises migratoires qui font des ravages un peu partout dans le monde.
Plus largement, l’île apparaît comme le symptôme général d’une mise au rebut, dont le monde occidental est devenu le producteur massif ; rebut matériel, animal, humain, sans quoi les grandes métropoles ne savent plus prospérer, et signe d’un dérèglement profond, à l’image des monstrueux amoncellements de déchets qui parsèment la décharge. Contre cela et contre toute démagogie politique, les personnages de Wes Anderson nous montrent la seule réponse appropriée : résistance, recherche, empathie, intelligence et loyauté.

Film d’animation américain et allemand de Wes Anderson. Avec les voix de Bryan Cranston, Edward Norton (1 h 41). Sur le Web : www.isleofdogsmovie.com et www.facebook.com/20thCenturyFoxFrance

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 11 avril)
L’Héroïque Lande. La frontière brûle, documentaire français de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval (à ne pas manquer)L’Ile aux chiens, film d’animation américain et allemand de Wes Anderson (à ne pas manquer)Southern Belle, documentaire français de Nicolas Peduzzi (à voir)Kings, film français et chinois de Deniz Gamze Ergüven (pourquoi pas)Luna, film français d’Elsa Diringer (pourquoi pas)Taxi 5 : La Relève, film français de Franck Gastambide (pourquoi pas)The Third Murder, film japonais d’Hirokazu Kore-eda (pourquoi pas)Du soleil dans mes yeux, film français de Nicolas Giraud (on peut éviter)
Nous n’avons pas vu :
On a 20 ans pour changer le monde, documentaire français d’Hélène MédiguePlutôt mourir que mourir, documentaire français de Natacha NisicSherlock Gnomes, film d’animation américain de John Stevenson





                            


                        

                        


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édition abonné


En Chine, le fichage high-tech des citoyens

Pékin fait appel aux nouvelles technologies pour établir des listes noires, du dissident au mauvais payeur.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 11h20
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            

L’avocat chinois Liang Xiaojun a pris l’habitude d’être retenu avant de prendre l’avion – et parfois empêché d’embarquer. Début mars, l’avertissement « condamné pour séparatisme » est apparu sur la machine utilisée par la police pour scanner sa carte d’identité avant qu’il s’envole pour la région de Mongolie intérieure. Or, précise-t-il, « je n’ai jamais été accusé ni condamné pour séparatisme ». Peut-être est-ce en lien avec l’un de ses clients : il représente un Tibétain jugé en janvier pour incitation au séparatisme. « A moins que ce soit ce que j’écris sur la messagerie WeChat ? », s’interroge M. Liang.
On l’a finalement laissé embarquer. Pas comme en août 2015, lorsqu’il avait été carrément empêché de s’envoler pour un semestre d’études à New York. L’ordinateur affichait : « Danger pour la sécurité nationale. » Sans doute, devine-t-il, parce qu’il était proche de certains des avocats des droits de l’homme arrêtés quelques semaines plus tôt.
Les déboires de M. Liang sont typiques des personnes que leurs activités « sensibles » placent sur des listes noires secrètes, aux critères mystérieux. A ce titre, elles servent de cobayes à l’ambitieux système de « crédit social » que la Chine met en place depuis 2014 : celui-ci se construit pour l’instant autour d’une sanction principale, l’interdiction d’emprunter un avion ou un train.
Mise à l’index
Environ dix millions de passagers du transport aérien et quatre millions du ferroviaire se sont vu imposer entre 2013 et mars 2018 des restrictions partielles ou totales à l’achat de billets pour n’avoir pas exécuté la décision de justice à laquelle ils ont été condamnés après épuisement des recours. Parmi eux, 6,2 millions furent entièrement interdits d’avion.
Cette mise à l’index des inculpés ou débiteurs défaillants par les cours de justice répond certes à un problème bien réel : la difficulté pour l’Etat chinois de faire appliquer les décisions de justice....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ L’auteure afroféministe française Kiyémis publie un recueil de poésie, hommage aux féministes noires.
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Kiyémis : « Parler de l’oppression des femmes noires, c’est parler de l’oppression de l’humanité »



LE MONDE
              datetime="2018-04-11T17:29:14+02:00"

        Le 11.04.2018 à 17h29






Durée : 03:51 | 

Kiyémis est l’une des afroféministes françaises les plus prolifiques. Sur son blog, « Les Bavardages de Kiyémis », elle aborde les questions d’intersectionnalité, de racisme et de féminisme. Son premier recueil de poèmes, A nos humanités révoltées (Métagraphes) publié récemment, est une ode à la sororité et au féminisme. Une poésie engagée qui rend aussi hommage aux pionnières de l’afroféminisme tombées dans l’oubli.


                

                     Les images de l’épave de l’avion qui s’est écrasé en Algérie

                

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Le club de football parisien aurait bénéficié de contrats avantageux grâce à des sponsors proches de ses propriétaires qataris.
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Le PSG menacé de sanctions pour des contrats surévalués, affirme le « Financial Times »

Le club de football parisien aurait bénéficié de contrats avantageux grâce à des sponsors proches de ses propriétaires qataris.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 17h42
   





                        



   


Le Paris-Saint-Germain (PSG) a-t-il surévalué des contrats de 200 millions d’euros de sponsoring grâce à des entreprises proches des propriétaires du club ? C’est du moins ce qu’affirment plusieurs sources au Financial Times, dans un article publié mercredi 11 avril. Si les faits sont confirmés, le club pourrait subir des sanctions pour n’avoir pas respecté le fair-play financier de l’UEFA.
Sollicité par l’Agence France-Presse, l’UEFA a opposé un « no comment » à ces informations. « L’UEFA ne commente pas sur des enquêtes en cours », a seulement réagi un porte-parole de l’instance continentale. Le PSG n’était pas joignable dans l’immédiat pour réagir mercredi après-midi.
Le Financial Times cite plusieurs sources pour affirmer que l’instance de contrôle financier des clubs (ICFC), chargée de faire respecter le fair-play financier mis en place par l’UEFA au début des années 2010, a nommé le cabinet indépendant Octagon (spécialisé dans le marketing sportif) pour estimer les contrats passés par le club parisien. Ces contrats auraient été établis avec des parties liées, c’est-à-dire des entreprises ou des organismes proches de son actionnaire, l’état qatari. Le journal spécialisé en économique cite deux connaisseurs du dossier selon qui ces contrats ont été « significativement surévalués » par rapport au prix du marché.

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Qu’est-ce que le fair-play financier de l’UEFA ?
Le fair-play financier stipule qu’un club participant aux compétitions organisées par l’UEFA (Ligue des champions, Europa League) ne peut dépenser plus qu’il ne gagne ni afficher un déficit supérieur à 30 millions d’euros cumulé sur trois exercices.
L’UEFA avait ouvert au début de septembre une enquête à l’encontre du PSG, à la suite de son mercato record de l’été dernier : le recrutement du Brésilien Neymar contre 222 millions d’euros et du Français Kylian Mbappé pour 180 millions d’euros. Le club est censé trouver une cinquantaine de millions d’euros d’ici au 30 juin, pour échapper à une sanction.
Le PSG avait déjà été sanctionné en 2014 à la suite d’un contrat passé avec l’office du tourisme du Qatar, que l’UEFA avait jugé surévalué. Les sanctions (lourde amende, restriction de joueurs inscrits en Ligue des champions, etc.) ont été levées depuis.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ A la suite de la polémique autour du glyphosate, l’Union européenne souhaite rendre plus transparent le processus d’évaluation scientifique sur lequel se basent les autorisations.
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Sécurité alimentaire : la Commission européenne dévoile ses propositions pour plus de transparence

A la suite de la polémique autour du glyphosate, l’Union européenne souhaite rendre plus transparent le processus d’évaluation scientifique sur lequel se basent les autorisations.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 14h30
   





                        


La Commission européenne, tirant les leçons de la polémique autour du renouvellement de la licence du glyphosate dans l’Union européenne (UE), a dévoilé mercredi 11 avril des propositions visant à rendre plus transparent le processus d’évaluation scientifique sur lequel se basent les autorisations en matière de sécurité alimentaire.
« Avec cette réforme, les citoyens auront accès immédiatement aux études scientifiques qui viennent en soutien des demandes d’autorisation », a assuré le commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis.
La réforme proposée par la Commission veut rendre publiques et accessibles les études d’évaluation des risques « à un stade précoce de la procédure ». Un registre serait créé, pour compiler toutes les études commandées par des entreprises requérant une autorisation, afin de « garantir qu’elles ne cachent pas des études défavorables ».
Elle donnerait aussi le pouvoir à la Commission de demander à l’Agence européenne pour la sécurité des aliments (EFSA) de commander des études supplémentaires « dans le cas de circonstances exceptionnelles, comme un haut degré de controverse autour d’une substance », souligne l’exécutif européen dans un document explicatif.
Renforcer la responsabilité des Etats
La Commission veut également renforcer la responsabilité des Etats membres au sein de l’EFSA, en leur demandant de présenter un ensemble de candidats parmi lesquels seraient choisis les experts des comités scientifiques de l’agence.
La réforme législative touche huit secteurs différents en lien avec la sécurité alimentaire : outre les produits phytosanitaires, elle concerne notamment la transparence en matière d’organismes génétiquement modifiés, d’additifs alimentaires (humains et animaux), de matériaux en contact avec la nourriture ou encore les « nouveaux aliments ».
La proposition de la Commission est désormais entre les mains des deux législateurs européens, le Parlement et le Conseil (les Etats membres).
« Il est nécessaire que les citoyens continuent de croire que le système (…) fonctionne bien », a souligné le vice-président de la Commission, Frans Timmermans, lors d’un point de presse. Il s’est félicité que l’action des citoyens européens puisse « avoir un impact direct sur l’agenda politique » de l’UE.
Initiative citoyenne européenne
En effet, c’est sous la pression d’une pétition (Initiative citoyenne européenne, ICE) signée par plus d’un million d’Européens, que Bruxelles avait promis, en décembre 2017, de revoir sa législation. Elle adoptait alors officiellement la nouvelle licence du glyphosate, clôturant plus de deux ans de bataille autour de cet herbicide controversé.

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                Glyphosate : le Parlement européen annonce une commission d’enquête



Les opposants et partisans du glyphosate se sont déchirés sur des études scientifiques portant sur le caractère cancérogène ou non de l’herbicide le plus utilisé au monde. L’EFSA l’a classé « probablement non cancérogène », ouvrant la voie à sa réautorisation dans l’Union européenne, quelques mois après l’avis contraire rendu par le Centre international de recherche sur le cancer, un organisme de l’Organisation mondiale de la santé.
Ses détracteurs ont argué que l’EFSA s’appuyait sur des études fournies par l’industrie phytosanitaire, et en particulier le grand groupe américain Monsanto, qui produit le glyphosate.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Lundi, l’intervention de forces de l’ordre dans un bâtiment de l’université occupé par des opposants à la réforme de l’université avait dégénéré.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Faculté de Nanterre : trois étudiants seront jugés pour violences envers des policiers

Lundi, l’intervention de forces de l’ordre dans un bâtiment de l’université occupé par des opposants à la réforme de l’université avait dégénéré.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 14h07
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 18h06
    |

            Eric Nunès et 
Soren Seelow








                        



   


« Libérez nos camarades ! », scandaient, mardi 10 avril en début d’après midi, environ deux cents étudiants, enseignants et membres du personnel administratif de l’université de Nanterre, massés devant le commissariat de police de la ville. Tous étaient venus soutenir sept étudiants arrêtés lundi 9 avril lors d’une opération de police à l’université de Nanterre. Ces derniers ont tous été libérés mardi, avec des fortunes diverses.
L’un, entendu en audition libre, est ressorti sans aucune charge. Deux autres, placés en garde à vue pour « dégradation en réunion », en l’occurrence des jets de peinture et une porte dégondée, sont poursuivis en enquête préliminaire, a fait savoir au Monde le parquet de Nanterre. Après avoir un temps envisagé de porter plainte contre X, l’université de Nanterre a fait savoir au Monde qu’aucune plainte ne serait finalement déposée.
Quatre autres étudiants, âgés de 20 à 29 ans, étaient poursuivis pour « violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique ». L’un a bénéficié d’un classement sans suite, faute de preuve, et les trois autres ont été déférés mardi vers 17 heures et libérés dans l’attente de leur procès, prévu d’ici à deux mois. Seuls deux d’entre eux, qui ne sont pas étudiants à Nanterre, ont été placés sous contrôle judiciaire, une mesure leur interdisant de se rendre dans l’établissement.

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Lors de l’assemblée générale qui s’est tenue à Nanterre, mardi 10 avril, plusieurs étudiants et enseignants avaient pointé la responsabilité du président de l’université, Jean-François Balaudé, dans cette opération de police et demandé sa démission. La présidence de Nanterre a tenu à expliquer au Monde sa version des faits, assurant qu’à aucun moment il n’a été question de « piéger » des étudiants réunis en assemblée générale.
Selon le récit de la présidence de l’université, « un groupe d’une trentaine de personnes a fait irruption dans l’enceinte de l’université lundi vers 6 heures du matin », conduisant la direction à appeler les forces de l’ordre. A l’arrivée des CRS, ce petit groupe se serait réfugié sur le toit, contraignant les policiers à se replier et à interrompre leur opération pour raisons de sécurité.
Quelques heures plus tard, ce petit groupe aurait ouvert un accès du bâtiment, permettant à un groupe plus conséquent d’étudiants rassemblés sur le campus de les rejoindre dans le hall. Les policiers seraient alors intervenus contre un groupe d’individus bien plus important que celui qui avait motivé leur déplacement. « Il n’y avait pas d’assemblée générale dans un amphi, précise la présidence de Nanterre. Cette intervention a eu lieu dans le hall du bâtiment, et n’était motivée à l’origine que par l’intrusion d’une trentaine d’individus plus tôt dans la matinée ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Ces diplômes en deux ans ont été mis en place par Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur, qui a présidé l’université de Nice entre 2012 et 2017. Des étudiants et des professeurs critiquent cette « privatisation ».
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A l’université de Nice, des masters à 4 000 euros qui passent mal

Ces diplômes en deux ans ont été mis en place par Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur, qui a présidé l’université de Nice entre 2012 et 2017. Des étudiants et des professeurs critiquent cette « privatisation ».



Le Monde
 |    11.04.2018 à 11h53
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 11h55
    |

                            Sofia Fischer








                        


« Etudiants de toutes les facs, unissons-nous », pouvait-on lire mardi 10 avril sur le tableau lors de la dernière assemblée générale du collectif Sauve ta fac 06, qui a voté dans la foulée le blocage du conseil d’administration de l’université de Nice Sophia-Antipolis. Alors que la mobilisation se poursuit dans une quinzaine d’établissements en France, l’ambiance est de plus en plus tendue sur le campus Valrose.
« Merde à Vidal et à ses sbires », souffle-t-on dans les rangées d’étudiants présents à l’assemblée générale. Les étudiants protestent contre la réforme de Parcoursup mais aussi (et surtout) contre l’instauration dans leur établissement de nouveaux diplômes à 4 000 euros, remplaçant à partir de la rentrée prochaine trois parcours de masters de biologie dont les tarifs étaient calqués sur ceux en vigueur actuellement, soit 256 euros. Or, ces diplômes – baptisés diplômes d’établissement suivis en deux ans et qui donneront lieu à des équivalences nationales de masters – ont été mis en place par Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur, qui a présidé cette université entre 2012 et 2017. Une pétition « Non aux masters payants à Nice », a déjà été signée par 1 600 personnes dont 400 enseignants-chercheurs.
Jean-Marc Gambaudo, président de l’université Côte d’Azur, tente de tempérer : « Les diplômes d’établissement payants dans les universités existent depuis longtemps », même s’il concède leur caractère assez « inédit » en sciences. « On est clairement dans une logique de privatisation puisqu’on transforme une formation qui était publique – et donc quasiment gratuite – en une formation payante », explique Elisabeth Lemaire, directeur de recherche CNRS et membre du collectif Sauve ta fac 06. L’administration n’a cessé de dire qu’il s’agissait ici d’une « expérimentation ».
Fuite en avant
La crainte de beaucoup d’élèves et de professeurs est que cela soit, à terme, généralisé par la ministre. « Elle se sert de Nice comme laboratoire pour ensuite étendre cela au niveau national », assène Jérémie, un étudiant faisant partie du collectif mobilisé. « Pas question », répond Jean-Marc Gambaudo. « Nous avons conscience de la mission de l’université. Mais ce n’est pas en attendant l’argent de l’Etat indéfiniment que l’on va être sauvés. »
Car comme beaucoup d’universités aujourd’hui, Nice est en grande difficulté financière. Le nombre d’étudiants n’a cessé d’augmenter (+2 % en trois ans), sans recevoir les moyens nécessaires. A Valrose, tout le monde s’accorde sur le fait qu’il faut trouver des solutions, et vite. Pierre Chantelot, secrétaire national du SNESUP-FSU (syndicat national de l’enseignement supérieur) : « Nous sommes d’accord avec le constat que fait M. Gambaudo. L’université est en faillite. Mais ce ne sont pas aux étudiants de remplir les caisses. » Il dénonce une fuite en avant : « L’administration a ouvert la boîte de Pandore. A long terme, ça sera deux, quatre, six masters payants… et les étudiants seront de plus en plus nombreux à devoir payer pour faire leurs études. »
Une crainte partagée par certains professeurs de l’université Sophia-Antipolis. « Le ministère veut laisser les universités se financer toutes seules progressivement. Il ne faut pas laisser entrer le loup dans la bergerie », assure Laurent Michel, maître de conférences en mathématiques, et très impliqué dans la mobilisation. Didier Forcioli, professeur de génétique, enseigne dans un de ces masters de biologie qui deviendra payant à la rentrée prochaine. Il a refusé de participer à la future maquette. « A partir du moment où c’est devenu évident que cela deviendrait payant pour les étudiants, j’ai décidé de ne plus l’enseigner », explique-t-il.
Mais pour Paola Furla, future responsable de ces nouveaux diplômes, l’argent est nécessaire pour faire tourner des parcours qui manquaient cruellement de moyens. « Ces 4 000 euros, c’est pour louer des bateaux, aller en mer, leur faire faire des expériences… » Tout en rappelant qu’un système de bourse serait mis en place pour les étudiants européens « brillants » dont les parents auraient des revenus peu élevés.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Le réalisateur revient sur le tournage de son premier film, « Southern Belle », sur l’héritière d’un milliardaire texan, prénommée Taelor.
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Nicolas Peduzzi : « Le cinéma permet de s’attacher à des personnages qui ont des défauts »

Le réalisateur revient sur le tournage de son premier film, « Southern Belle », sur l’héritière d’un milliardaire texan, prénommée Taelor.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 07h38
 • Mis à jour le
11.04.2018 à 12h18
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Une sorte de nonchalance bienvenue ambiance la rencontre avec Nicolas ­Peduzzi, auteur d’un film trash sur l’héritière d’un milliardaire texan, prénommée Taelor. Ce grand garçon calme, trompant peut-être son monde, ne donne l’impression ni de vouloir maîtriser l’art de la communication, ni d’avoir forcé le destin pour réaliser son premier long-métrage, pas davantage d’avoir remué ciel et terre pour obtenir le Grand Prix de la compétition française qui a couronné Southern Belle au Festival international du documentaire de Marseille (FID).

Comment avez-vous rencontré votre sujet ?
Je l’ai rencontré avec Taelor, son personnage principal, qui était ma petite amie pendant deux ans aux Etats-Unis. Mais elle avait de tels problèmes d’addiction qu’elle n’arrivait plus à fonctionner et moi-même je n’arrivais plus à l’aider. Malgré notre ­séparation, Taelor est quelqu’un qu’on n’oublie pas. Nous sommes restés amis. C’est un personnage tellement excentrique, tellement peu commun, à la fois si vivante et si détruite, que l’idée de faire quelque chose avec elle m’est venue très tôt, et m’a poursuivi longtemps. J’avais en tête Gena Rowlands, ce genre de femme. Sauf qu’avec Taelor, tout est réel. Et en même temps, tout tend vers la fiction : son histoire stupéfiante, son conflit atroce avec sa mère, son internement forcé, ses amis politiquement terrifiants. On ne sait d’ailleurs jamais vraiment tout à fait ce qui est vrai ou faux avec elle, et je crois qu’elle-même, parfois, ne le sait plus.
Ces personnages très « limites » animent un film qui, parce qu’il ne ­cherche pas à édulcorer leur décadence, est lui aussi très limite. Avez-vous conscience d’avoir réalisé une œuvre qui pourrait rebuter les ­spectateurs ?
Oui, bien sûr. Certains ont reproché au film son intérêt pour la « pauvre petite fille riche ». Beaucoup d’autres, heureusement, ont été touchés par Taelor, ont vu l’immense détresse qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ L’homme de 63 ans a été condamné mercredi à une peine de dix ans de réclusion pour son rôle dans les conflits sanglants en ex-Yougoslavie durant les années 1990.
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L’ultranationaliste serbe Vojislav Seselj condamné en appel pour crimes contre l’humanité

L’homme de 63 ans a été condamné mercredi à une peine de dix ans de réclusion pour son rôle dans les conflits sanglants en ex-Yougoslavie durant les années 1990.



Le Monde
 |    11.04.2018 à 17h10
   





                        



   


Acquitté en première instance en 2016, l’ultranationaliste serbe Vojislav Seselj a été condamné en appel, mercredi 11 avril, pour crimes contre l’humanité par un tribunal des Nations unies qui le jugeait pour sa responsabilité dans les conflits sanglants en ex-Yougoslavie durant les années 1990.
Il a été reconnu coupable de « persécution », « déportation », « transferts forcés » de populations, des infractions qualifiées de « crimes contre l’humanité ». Et contrairement à ce qu’avaient estimé les juges en première instance, ses discours enflammés de 1991 à 1993, au début du conflit dans l’ex-Yougoslavie, ont bel et bien « incité à la violence » et « violé le droit à la sécurité » des populations non serbes, relève le jugement. De par « son influence sur la foule », « M. Seselj a contribué de manière substantielle au comportement de ceux qui ont perpétré » les crimes, poursuit le texte.
Partisan virulent de la Grande Serbie, député et fondateur du Parti radical serbe (SRS, extrême droite), M. Seselj a été condamné à dix ans de prison mais restera libre, la peine étant couverte par la détention déjà effectuée, a précisé le juge américain Theodor Meron qui présidait l’audience à La Haye. L’homme de 63 ans, qui était absent à ce procès en appel, a déjà effectué près de douze ans de prison entre février 2003 et novembre 2014, quand il avait été libéré pour raisons de santé.
« Fier des crimes »
Réagissant à sa condamnation, l’ultranationaliste s’est dit mercredi « fier des crimes qui [lui] sont imputés » par la justice internationale et a assuré qu’il était « prêt à les répéter à l’avenir ».
Pour ses détracteurs, M. Seselj a personnifié le nationalisme serbe pendant les conflits dans les Balkans, aux côtés notamment de l’ex-président serbe Slobodan Milosevic, mort en 2006 dans sa cellule à La Haye. Il lui a été reproché entre autres d’avoir encouragé ses troupes à « n’épargner personne » au cours du siège de la ville croate de Vukovar en 1991. Au total, la guerre avait fait 20 000 morts en Croatie et 100 000 en Bosnie.
Ancien vice-premier ministre de Milosevic, Seselj était resté son allié jusqu’à sa chute à l’automne 2000. Mais deux ans après Milosevic, le chef du SRS s’était livré à son tour en 2003 à la justice internationale. Il avait été autorisé à rentrer en Serbie en 2014 pour y être soigné d’un cancer.
Acquitté à la surprise générale en 2016
En mars 2016, il avait été acquitté au terme d’un procès de huit ans, en mars 2016, par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) de neuf chefs d’accusation pour un « nettoyage ethnique » ayant visé des Croates, des musulmans et autres non-Serbes dans les années 1990. A la surprise générale, le tribunal avait notamment jugé que ses discours ne procédaient pas d’un dessein criminel et qu’ils étaient destinés à renforcer le moral des troupes.
A l’époque, les trois juges, avaient considéré que l’ultranationaliste n’était pas « le chef hiérarchique » des milices de son Parti radical puisque celles-ci étaient passées sous le contrôle de l’armée, et qu’il n’était donc pas responsable de leurs actes.

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L’accusation, qui avait rapidement interjeté appel, cherchait à renverser cet acquittement et à « casser le jugement, entaché de nombreuses erreurs, rendu par la chambre de première instance du TPIY ». Le dossier était désormais entre les mains du Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), compétent pour reprendre toute affaire du TPIY.



                            


                        

                        

