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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Le renouvellement d’abonnements des organismes de recherche auprès de revues scientifiques donne lieu à d’âpres négociations.
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Le bras de fer est engagé entre chercheurs et éditeurs

Le renouvellement d’abonnements des organismes de recherche auprès de revues scientifiques donne lieu à d’âpres négociations.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 15h58
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 16h00
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Le 1er avril, les laboratoires français ont failli être privés de l’accès à une bonne partie de la littérature scientifique à cause de l’échec des négociations entre les institutions de recherche, représentées par le consortium Couperin, et l’un des trois plus gros éditeurs de journaux de recherche, Springer ­Nature. De facto, le sursis de trois mois accordé par l’éditeur cessait. Mais le 4 avril, dans un communiqué, l’entreprise née en 2015 du rapprochement entre les éditeurs Springer et Nature, indiquait, « nous envisageons une autre proposition et durant cette période, les journaux resteront ­accessibles ».
Ce sont 1 185 périodiques qui sont concernés, dont des références dans certains domaines comme Journal of Materials science, Diabetologia, Oecologia…, mais pas les journaux du groupe Nature, dont le contrat d’accès, conclu séparément fin 2017, court jusqu’en 2019. « C’est l’une de nos trois plus grosses négociations, avec Elsevier et Wiley », rappelle Grégory Colcanap, coordonnateur de Couperin et directeur de la bibliothèque de l’université d’Evry-Val-d’Essonne. En jeu, environ 5 millions d’euros concernant le contrat Springer, et un ­total de près de 100 millions d’euros, tout éditeurs confondus.
L’épisode révèle une fois de plus l’extrême tension sur ce sujet de l’accès aux revues scientifiques. L’un des problèmes est connu : les chercheurs sont une clientèle captive à qui les éditeurs, souvent des entreprises à buts lucratifs, font payer de plus en plus chers l’accès à leur propre production, souvent financée sur des fonds publics.
L’association européenne des bibliothèques, Liber, estime à 8 % les augmentations annuelles des abonnements. Le marché mondial est d’une trentaine de milliards d’euros pour plus de 2,5 millions d’articles publiés chaque ­année. Le plus important éditeur, Elsevier, a encore dégagé en 2017 une marge de plus de 36 % et un milliard d’euros de bénéfices.
Alors,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Un test est en cours dans un dépôt de la RATP pour permettre aux véhicules de trouver eux-mêmes leur place et d’éviter les retards en début et fin de service.
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La RATP expérimente un bus autonome

Un test est en cours dans un dépôt de la RATP pour permettre aux véhicules de trouver eux-mêmes leur place et d’éviter les retards en début et fin de service.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 15h22
    |

                            Vahé Ter Minassian








                        



                                


                            
Le bus a quitté le « poste de charge ». Le conducteur chargé de garantir la sécurité de l’expérience, bras croisés, laisse le véhicule de douze mètres de long avancer vers la rampe ­d’accès qui conduit aux sous-sols du dépôt de la RATP. Un premier virage en épingle à cheveux. Un ­second. Et l’engin autoguidé débouche dans un vaste parking souterrain dont il parcourt à 8 km/h les allées à la recherche de la place « 443 » qui lui a été assignée. Avant. Arrière. Stop. Le voilà garé.
Organisée le 30 mars au centre RATP de Lagny, dans le 20e arrondissement de Paris, cette démonstration de stationnement d’un bus sans intervention humaine est une première mondiale. Rares sont en effet les prototypes de ­véhicules « autonomes » capables de se passer du GPS pour manœuvrer dans un milieu souterrain. Et jamais d’une telle taille et sans aménagement préalable du site où ils sont destinés à circuler.
Développée par la RATP, l’industriel Iveco BUS et le laboratoire LIST du CEA, dans le cadre du programme européen « EBSF2 », cette expérimentation bénéficie desdernières innovations en matière d’intelligence artificielle et de ­robotique dans les domaines de la reconnaissance de forme, de la visualisation 3D et du contrôle commande et planification. Celles-civisent, selon François Gaspard, du CEA List, à « réduire le temps que consacrent les conducteurs à récupérer ou à restituer leur autobus ».
Un centre comme celui de Lagny regroupe une flotte de 200 véhicules dont la grande majorité rejoint, en début de matinée, le terminus des lignes avant de revenir le soir passer la nuit à l’abri. Conséquence : « A certaines heures, le trafic à l’intérieur du dépôt frise la ­congestion », indique Clément Lucchesi, chef de projet à la RATP. Arrêts intempestifs, ralentissements, multiplications des manœuvres dans un espace exigu allongent inutilement les délais de prise en charge et de rendu du matériel.
Cartes 3D de l’environnement
D’où...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Cette informaticienne, pionnière des réseaux de neurones, organise  des compétitions entre ces outils dont elle veut mettre la puissance à la portée de chacun.
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Isabelle Guyon veut démocratiser l’intelligence artificielle

Cette informaticienne, pionnière des réseaux de neurones, organise  des compétitions entre ces outils dont elle veut mettre la puissance à la portée de chacun.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 18h00
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Isabelle Guyon préfère rester dans l’ombre. Pourtant impossible de ne pas la ­remarquer avec son col et ses manchettes blanches à dentelle. Surtout, impossible d’ignorer son rôle dans le domaine à la mode de l’intelligence artificielle, version ­apprentissage automatique ou machine, qui promet de bouleverser bien des domaines en santé (diagnostic précoce, meilleurs traitements, détections d’effets secondaires), transport (véhicules autonomes)…
L’hebdomadaire L’Usine nouvelle l’a qualifiée en février de « gourou » et de pionnière dans un numéro consacré aux 100 Français de l’intelligence artificielle. En effet, en 1988, après une scolarité d’ingénieur à l’ESPCI, elle soutient sa thèse sur les réseaux de neurones artificiels, « l’une des premières en France à l’époque », ­selon Gérard Dreyfus, son directeur de thèse. Ces objets mathématiques sont devenus l’une des techniques phares de l’apprentissage automatique. Grâce à des exemples, l’algorithme trouve les meilleurs paramètres qui conviennent à la réalisation de tâches – étiqueter des photos, identifier une tumeur précoce dans une image, traduire des phrases, gagner au jeu de go… « C’était l’une de mes meilleures étudiantes. Toujours pleine d’idées et très créative », se souvient Gérard Dreyfus.
Après la thèse, elle poursuit un parcours ­classique : post-doc aux Etats-Unis, création ­d’entreprise et, en 2016, retour en France pour un poste de professeur à Paris-Saclay. Dans les détails, c’est beaucoup moins classique.
« J’étais à l’origine attirée par la physique et la chimie, avec Marie Curie comme “modèle”. Mais j’étais aussi attirée par la biologie et en ­général la modélisation des systèmes indépendamment de leur réalisation physique (la ­“cybernétique”). D’où mon choix des neurones artificiels, puis d’autres modèles d’apprentissage », décrit la chercheuse, devenue finalement informaticienne, ce qui n’est pas si courant pour une femme.
Création...



                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Chaque hiver, de novembre à avril, l’immense mammifère marin se lance dans de vastes improvisations sonores. Une équipe internationale en révèle la richesse.
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La baleine boréale, chanteuse de jazz

Chaque hiver, de novembre à avril, l’immense mammifère marin se lance dans de vastes improvisations sonores. Une équipe internationale en révèle la richesse.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 16h00
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Zoologie. Le chant des baleines… L’expression fait rêver les amoureux de la nature depuis des décennies. Plus précisément depuis qu’en 1971, deux biologistes américains, Roger Payne et Scott McVay, ont décrit l’imposant registre sonore des baleines à bosse durant la saison des amours. Une note de base aiguë, une modulation des fréquences ou des amplitudes, le tout formant un motif variable au cours de l’année : l’immense mammifère marin semblait cacher un virtuose du bel canto. Mais un artiste peut en cacher un autre. Dans un article publié mardi 3 avril par la revue Biology Letters, une équipe internationale met en lumière les exploits d’un autre géant des mers.

« Si le chant des baleines à bosse est comme la musique classique, celui des baleines boréales, c’est du jazz », résume l’auteure principale de l’étude, Kate Stafford. Océanographe au département de physique appliquée de l’université du Washington, elle avait déjà révélé en 2012 qu’à l’est du Groenland, cette espèce chantait 24 heures sur 24 pendant cinq mois. Mais l’annonce avait surtout marqué par la performance. Une de plus, pourrait-on dire. Capable d’atteindre 20 mètres de long – qui en font le deuxième plus gros animal après sa cousine la baleine bleue – et l’âge canonique de 200 ans, l’imposant cétacé peut aussi briser une couche de glace d’un demi-mètre d’épaisseur, ce qui présente, il est vrai, quelque utilité lorsque l’on vit toute l’année dans les mers du Grand Nord.
Cette fois Kate Stafford, soutenue par des collègues norvégiens, a plongé ses micros sous-marins de l’autre côté du continent blanc, sur la rive ouest, et les a laissés tourner pendant cinq saisons. A l’aide de spectrogrammes – des images reproduisant les fréquences et intensités sonores – elle a ensuite analysé en détail trois années de vocalises. « J’avais déjà effectué des enregistrements en 2008-2009 et je m’attendais à retrouver les mêmes motifs, comme pour les baleines...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Souvent combattus, rarement remémorés, les arthropodes à pinces sont pourtant ce qui se rapproche le plus de l’avatar de jeu vidéo parfait.
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Les crabes dans les jeux vidéo, un ennemi à ne pas chasser

Souvent combattus, rarement remémorés, les arthropodes à pinces sont pourtant ce qui se rapproche le plus de l’avatar de jeu vidéo parfait.





Le Monde
 |    08.04.2018 à 10h00
    |

            William Audureau





Oubliez Smash Bros., Soul Calibur et Street Fighter. Le futur roi du jeu de combat s’appelle peut-être FightCrab, un simulateur d’escarmouches entre crustacés décapodes, dont l’annonce en mars a suscité bon nombre d’articles amusés dans la presse spécialisée. Comprenez donc : deux brachyoures s’y jettent carapace la première dans d’intenses duels d’escrime, de judo ou encore de combat à la masse.

Dans un monde où incarner une chèvre, une tranche de pain ou un caillou fait partie du quotidien ronronnant des joueurs, il s’agit d’un petit événement : rarissimes sont les jeux qui proposent de se glisser dans l’exosquelette d’un futur surimi.
Des crabes dans tous les grands jeux

   


Pourtant, l’animal que l’on appelle cangrejo en espagnol et chʼosh bikágí ntłʼizí en navajo est loin d’être un nouveau venu dans le monde des pixels. Dès 1978, les premiers crabes de l’espace dansaient dans les cieux de Space Invaders. Le crustacé fête d’ailleurs discrètement cette année sa quatrième décennie d’existence vidéoludique.
C’est peu dire que sa ludographie est prestigieuse : on l’a vu faire le charleston dans Mario Bros., le tango dans The Legend of Zelda, ou encore la K dance dans Sonic the Hedgehog (c’est une image, ils marchent tous en pas chassé). C’est simple, aucun autre arthropode virtuel n’a agité ses pinces dans autant de décors prestigieux.
Les crabes de pixels ont, par ailleurs, leurs propres tops 10, comme ici sur Gamefaqs ou là sur GameRadar, récompensant des ennemis sentant aussi bon l’air marin que ceux de Blaster Master, Borderlands ou encore Skyrim.

Une figure de l’étrangeté

   


Un peu à la manière du poulpe, son cousin multipode, il est d’abord le genre de créature foutraque dont on peine à imaginer que Mère Nature tournait à l’eau gazeuse le jour de sa conception — afin de ne pas céder au bipédocentrisme, rappelons que les crabes penseraient très probablement la même chose de nous, si leur carapace leur permettait de lever la tête.
« Il y a une sorte d’évidence du crabe », observe Alexis Blanchet, maître de conférences à Paris-Sorbonne et spécialiste du jeu vidéo. « Le cinéma a ses monstres cultes, comme le requin ou l’araignée. Le crabe est une autre figure de l’étrangeté, d’autant qu’il se rapproche aussi du pou et de l’acarien. »
S’il fallait prouver le sentiment d’incongruité que suscite son anatomie, rappelons qu’il apparaît monté d’une tête de tigre sur l’affiche du jeu Impossible Creatures et d’un masque de Dark Vador, du clown de Ça ou encore d’une statue de l’île de Pâques dans la vidéo virale « A frightened boy ».

Spectre du cancer ou gentil crustacé
Pourquoi se moquer ainsi du crabe ? Peut-être d’abord pour en conjurer la menace. Dans la tradition occidentale, le karkinos grec désigne, en effet, par métaphore, à la fois l’animal et le cancer. Un héritage de leur étymologie commune, issue de la mythologie grecque, qui raconte que la constellation du Cancer a été créée à partir des cendres d’un crabe écrasé par Hercule, et de la littérature médicale antique, qui comparaît les veinules d’une tumeur aux membres du décapode.
Les traces en jeu vidéo sont toutefois rarissimes. C’est qu’au Japon, le crabe (kani) n’a aucun rapport avec la tumeur (gan). « Là-bas, c’est un animal ultra-populaire que les enfants adorent, resitue Julien Bouvard, maître de conférences en civilisation japonaise à Lyon-III. Ils veulent le prendre en photo, imitent le signe de ses pinces, lisent des comptines sur kani-san. C’est un animal vu comme plutôt inoffensif et plutôt gentil, à protéger. »
« Une sorte de rat des plages »
Peut-être est-ce la raison pour laquelle dans les jeux vidéo, le décapode rouge est le plus souvent un ennemi plutôt comique et inoffensif, placé dans les niveaux les plus simples. Une sorte de menu fretin, estime Mathieu Triclot, maître de conférences en philosophie à Sochaux-Montbelliard :
« On n’est pas loin du degré zéro de l’ennemi. Il fait partie d’un bestiaire élémentaire, comme le rat ou l’araignée, des bestioles qui vont enquiquiner le joueur de bas niveau. A ce titre, le crabe est une sorte de rat des plages. Là où le rat hante la ville, l’araignée la cave, le crabe est l’antagoniste du rivage. » 

   


Mais le crustacé est aussi un type de boss récurrent, de Banjo & Kazooie à Dark Souls, et ce n’est pas un hasard. « Ici, on a une nouvelle formule sémiologique : c’est l’ennemi en armure, avec une mobilité limitée. On sait que ça va être usant de passer la carapace, décrypte Mathieu Triclot. C’est le substitut marin du chevalier en armure. »
L’enquiquineur des sables sait alors se faire imposant, il revêt dans les sentai à la Power Rangers la forme de crustacés mutants et dans les jeux vidéo, celle d’une ribambelle de crustacés disproportionnés.
Celui de Genji 2 est sans doute le plus connu de tous. Ce « Giant Enemy Crab » présenté par Sony au Salon du jeu vidéo de l’E3, en 2006, est même resté dans les mémoires, alors que le constructeur promettait un jeu fidèle à l’histoire du Japon. Sa phrase d’accompagnement : « Un crabe géant ! Attaquez son point faible pour un maximum de dégâts » qui l’a introduit est aujourd’hui un mème sur Internet.

Un animal conçu pour la 2D
D’une manière générale, le brachyoure défie souvent le joueur en un contre un. Il faut dire que cet étonnant bretteur partage avec les épéistes un mode de déplacement unique, dans une seule dimension. La sienne est souvent latérale – une des raisons pour laquelle cet ennemi convient parfaitement aux jeux en 2D.
Un petit titre amateur comme Crabby Catcher ou un classique des smartphones comme Mr. Crab montrent d’ailleurs à quel point, dans ce type de représentations, un arthropode à chélipèdes et un banal Homo sapiens sapiens sont parfaitement interchangeables.

« Comme toujours, le jeu vidéo s’oriente vers des objets qui le servent dans son propos, remarque Alexis Blanchet. Le crabe est à la fois l’insectoïde dans lequel on trouve des traits d’hostilité, l’animal dont le déplacement correspond à une vue en deux dimensions, et une créature facile à représenter. » Accessoirement, dans nombre de jeux en vue subjective, sous le nom de strafing, les déplacements en crabe font partie intégrante des stratégies de survie.
Le double un peu gauche du joueur
C’est tout le paradoxe de cette créature visuellement étrange, mais aux attributs et au mode de fonctionnement si proches du joueur de jeux d’action. Si l’on met de côté leur aspect, quelle différence entre un chevalier armé et armuré avançant de gauche à droite, et un innocent crabe en vadrouille ? De même, dans FightCrab, l’avatar crustacé n’est foncièrement pas si éloigné des guerriers en haubert du jeu d’action d’Ubisoft For Honor. 
Le soir, quand le joueur exsangue éteint sa partie, se délaissant de ses kilooctets d’épées légendaires, d’armures futuristes et de cyberlames extraterrestres, lui dort dans sa cuirasse de combat, ses pinces prêtes à l’emploi. Son exosquelette fait de lui un combattant amélioré, sorte d’avatar cyberpunk qui aurait déjà fusionné avec son armure et ses armes, prêt à jouer.
« On pourrait voir dans le crabe une sorte de double, un peu gauche, du joueur », corrobore Mathieu Triclot. L’été, sur la plage, ne les écrasez pas : les crabes sont les doubles cosmiques des gameurs, d’innocents avatars égarés dans la réalité, dont ils tentent tant bien que mal d’apprendre les règles.


        Lire aussi :
         

          Les poulpes dans les jeux vidéo







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« Donner aux grands singes un “droit à vivre” »

Un collectif de personnalités lance « un cri » pour empêcher la disparition des grands singes, qui ne sont plus que quelques milliers.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 10h24
    |

Collectif







                        



   


Tribune. Notre pays doit s’engager à tout faire pour sauver les derniers grands singes vivant à l’état sauvage sur notre planète. Dans une trentaine d’années à peine, si nous ne faisons rien, ils auront disparu. Déjà, ils ne sont plus que quelques milliers à vivre, ou plutôt survivre, dans les forêts d’Afrique et d’Asie du Sud-Est.
Tous les enfants qui ont eu la chance de visiter un Muséum ont appris et compris la terrible histoire du dodo. Et, nous, adultes, restons sans voix devant les reproductions grandeur nature de cet oiseau, exterminé il y a à peine trois cents ans. Nous ne verrons jamais de dodo. Combien d’entre nous se sont dit que les hommes d’alors étaient stupides, qu’ils ne savaient pas la faute irréparable qu’ils étaient en train de commettre ?
Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas qu’ils sont braconnés, piégés, massacrés
Mais dans vingt à cinquante ans, nous aurons peut-être à pleurer la disparition des orangs-outans, des gorilles et des chimpanzés. Nous nous dirons que nous avons été stupides, mais nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas qu’ils sont braconnés, piégés, massacrés, et qu’on détruit leurs habitats, les forêts tropicales, où vivent aussi 70 % des plantes de la planète et 80 % des insectes. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas que nous partageons avec eux plus de 98 % de notre patrimoine génétique, faisant d’eux et de nous les membres d’une seule et même famille : les Hominidés.
Nous savons aujourd’hui que le plus proche parent du chimpanzé n’est pas le gorille… mais l’humain ! Nous ne pourrons pas dire que nous avons ignoré qu’ils étaient « des nôtres » et qu’à ce titre, c’est notre conscience d’humains qui aurait dû être ébranlée. Nous ne pourrons pas dire que nous n’avions pas remarqué que leur regard, leurs mains, leurs oreilles sont si similaires aux nôtres. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas que leurs capacités cognitives et psychiques, que leurs comportements sociaux et affectifs, étaient si proches des nôtres.
Cousins d’évolution
Nous nous émerveillons de découvrir qu’ils savent sélectionner des plantes médicinales pour se soigner, fabriquer des outils pour se nourrir, qu’ils ont des cultures, pratiquent la danse de la pluie, mais nous les laissons disparaître… Au cours des cinquante dernières années – alors que nous commencions seulement à découvrir ces incroyables cousins en les observant en Afrique et en Asie – 70 % de leurs effectifs disparaissaient dans leur habitat naturel. Et, avec eux, les trésors de la forêt tropicale, vitale aussi pour nous, humains.
En participant à leur régénération, les grands singes sont les jardiniers de ces forêts dont dépendent directement des millions de personnes parmi les plus pauvres de la planète et, indirectement, l’humanité entière. Notre avenir est lié au leur, nous avons besoin d’eux pour ralentir le changement climatique.
Ici, nos actions et notre consommation les déciment. Là-bas, nos entreprises les abîment. Donnons à la France la chance d’être pionnière dans ces initiatives et de les porter à l’International
C’est notre conscience, notre responsabilité, et notre humanité profonde en réalité, qui nous dictent l’impérieuse nécessité de lancer aujourd’hui ce cri. Nous voulons alerter toutes celles et ceux qui peuvent agir de le faire maintenant et par tous les moyens dont ils disposent.
En effet, nous pouvons dès maintenant, ici et là-bas, réduire les menaces qui pèsent sur nos cousins d’évolution, sauver avec eux, pour eux et pour nous, la biodiversité dont les forêts tropicales sont le refuge, et amorcer plus largement la reconnaissance d’un minimum de droits pour des espèces menacées, emblématiques et porte-drapeau de la biodiversité.
Car, nous ne pouvons nier le rôle que nous jouons dans leur disparition. Ici, nos actions et notre consommation les déciment. Là-bas, nos entreprises les abîment. Donnons à la France la chance d’être pionnière dans ces initiatives et de les porter à l’International.
Le levier fort du symbole
C’est un plan d’urgence composé de mesures concrètes qu’il nous faut entreprendre. Que la France prenne, sur cette cause, le leadership à l’International et à l’Unesco en portant le projet d’une résolution reconnaissant une valeur particulière des grands singes comme espèces patrimoine mondial de l’Humanité. Qu’elle prenne l’engagement d’un objectif de « zéro déforestation » des habitats des grands singes en Afrique et en Asie, notamment au travers de sa commande publique. Qu’elle mette en œuvre toutes les mesures destinées à stopper le commerce illégal d’espèces de Grands Singes, de minerais (notamment le coltan) et d’espèces végétales de leur habitat.
Proposer au Parlement l’adoption d’une loi reconnaissant, dans notre droit, aux sept espèces de grands singes, un statut législatif particulier de « personnes non humaines »
Qu’elle porte au niveau européen un objectif de réduction massive de l’usage de l’huile de palme, en particulier dans les agro-carburants. Que sur son territoire soit, dorénavant, clairement interdit l’usage des grands singes dans les cirques et les spectacles, sur les plateaux TV et dans les publicités. Que les entreprises françaises fassent tout ce qui est de leur responsabilité pour les protéger et ne pas leur nuire et à leur habitat. Que ces actions soient reconnues et valorisées au travers d’un label « Ape-safe ». Que tous, Etats, collectivités locales, entreprises, orientent leurs programmes d’aides financières en direction des projets et des pays qui protègent et restaurent les forêts tropicales.
Cher Nicolas Hulot, nous comptons sur vous pour mettre la sauvegarde des grands singes à l’ordre du jour de vos projets prioritaires pour la préservation de la biodiversité et l’amélioration de la condition animale. Le gouvernement doit actionner un levier fort : celui du symbole. Proposer au Parlement l’adoption d’une loi reconnaissant, dans notre droit, aux sept espèces de grands singes, un statut législatif particulier de « personnes non humaines ». Par cette loi, et aussi par le plan d’action d’urgence que nous avons esquissé ici, la France portera un symbole très fort : celui de donner aux grands singes un « droit à vivre ».
Liste des signataires : Nathalie Baye (actrice) ; Sabrina Krief (professeure du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), spécialiste de l’écologie des chimpanzés) ; Laurence Parisot (présidente d’honneur du Medef) ; Patrick Roger (chocolatier et sculpteur) et Yann Wehrling (conseiller de Paris et conseiller régional d’Ile de France). Et : Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la culture ; Serge Bahuchet, professeur du MNHN, éco-anthropologue ; Erwan Balanant, député du Finistère ; Alain Baraton, jardinier en chef du parc du château de Versailles ; Brigitte Bardot, présidente de la Fondation Brigitte Bardot ; Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres, ancienne ministre de l’écologie ; Claude Beata, vétérinaire spécialiste du comportement des animaux ; Jean-Michel Bertrand, réalisateur, auteur de La Vallée des Loups ; Bruno Bich, ex-PDG du groupe Bic ; Gilles Bœuf, professeur Sorbonne-Universités, spécialiste de biologie marine ; Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) ; Norin Chai, vétérinaire en chef de la ménagerie du Jardin des plantes, MNHN ; Frédérique Chlous, professeure du MNHN, anthropologue ; Yves Coppens, professeur au Collège de France, paléontologue, membre de l’Académie des Sciences ; Emmanuelle Cosse, ancienne ministre du logement ; Denis Couvet, professeur du MNHN, écologue ; Ronan Dantec, sénateur de Loire-Atlantique ; Cécile de France, actrice ; Barbara Demeneix, professeur du MNHN, spécialiste des perturbateurs endocriniens ; Boris Diaw, international français de Basket ; Loic Dombreval, député des Alpes Maritimes, président du groupe Etude condition animale à l’Assemblée nationale ; Albert Dupontel, réalisateur et acteur ; Patricia Gallerneau, députée de Vendée, vice-présidente du groupe Etude condition animale à l’Assemblée nationale ; Hyppolite Girardot, acteur ; Arnaud Gossement, avocat ; Thomas Grenon, directeur général du Laboratoire national de métrologie et d’essais ; Florent Guhl, directeur de l’Agence Bio ; Francis Hallé, botaniste spécialiste des forêts tropicales ; Evelyne Heyer, professeure du MNHN, anthropologue ; Annabelle Jaeger, présidente du comité français de la Fondation Prince Albert II de Monaco ; Jean Jouzel, climatologue, membre de l’Académie des Sciences ; Mélanie Laurent, actrice ; Maud Lelievre, déléguée générale des Eco-Maires ; Shelly Masi, maître de conférences du MNHN, spécialiste du comportement des gorilles ; Philippe Michel-Kleisbauer, député du Var ; Jean-Pierre Mignard, avocat ; Nicolas Vanier, écrivain, voyageur du froid, écrivain, réalisateur ; Pascal Picq, maître de conférences au Collège de France, paléoanthropologue ; Emmanuelle Pouydebat, directrice de recherches au CNRS et au MNHN, biologiste de l’évolution des comportements des animaux ; Audrey Pulvar, présidente de la Fondation pour la nature et l’homme ; Richard Ramos, député du Loiret ; Charlotte Rampling, actrice ; Jacques Rocher, président de la Fondation Yves Rocher ; François Sarano, océanologue ; Louis Schweitzer, Président de la Fondation droit animal, éthique et sciences ; Benoit Solès, comédien ; Eric Straumann, député du Haut-Rhin ; Laurence Vichnievsky, députée du Puy-de-Dôme, ancienne magistrate ; Cédric Villani, mathématicien, député de l’Essonne, membre de l’Académie des Sciences.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ La figure, que l’on surnomme « la casserole » ou « le chariot », peut être utilisée comme une véritable table d’orientation céleste.
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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Etienne Ghys, directeur de recherche au CNRS, dévoile la vie et l’œuvre du plus prolifique des mathématiciens, Leonhard Euler.
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<article-nb="2018/04/09/19-9">
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Au menu : explorer Mars avec des robots abeilles, débat sur la formation de neurones chez l’adulte, l’effet d’une bombe atomique sur votre ville, etc.
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<article-nb="2018/04/09/19-10">
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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ La part mondiale des publications de la France a baissé, à 3,2 %, et l’Hexagone est dépassé par la Chine et l’Inde.
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La France glisse à la septième place des publications scientifiques

La part mondiale des publications de la France a baissé, à 3,2 %, et l’Hexagone est dépassé par la Chine et l’Inde.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h38
    |

                            Sylvestre Huet








                        



                                


                            

En volume, bravo. En insertion internationale aussi. Mais en pourcentage, ça baisse. Voilà un résumé de la performance française. A première vue, celle du nombre d’articles publiés, tout va bien. Entre 2000 et 2015, les laboratoires ont en effet augmenté de 40 % leur nombre de publications, passées de 41 000 à 57 000. Des études qui sont en majorité le fruit de coopérations européennes et internationales. Et des points forts, en particulier en mathématiques, spécialité ancienne où la France pointe au troisième rang avec 6,5 % des publications, dépassée uniquement par les Etats-Unis et la Chine.
L’effort de la science française est d’autant plus notable que la dépense publique de recherche dans l’Hexagone n’a pas suivi la même évolution, puisqu’elle a diminué, à 0,8 % du PIB. Les effectifs des organismes de recherche ont, dans l’ensemble, stagné, le CNRS affichant une baisse de 10 % en dix ans, selon son ex-président Alain Fuchs. Seul le nombre d’universitaires a augmenté, mais cette évolution est plus guidée par l’afflux des étudiants que par une stratégie de recherche.
Tâches peu productives
De ces évolutions, on peut estimer que la « productivité » des laboratoires français a augmenté, avec un nombre d’articles plus élevé par scientifique et par euro dépensé. Ce résultat est d’autant plus remarquable que les scientifiques ont été contraints de mobiliser leur temps et leur énergie pour des tâches peu productives. En cause, la réforme des universités et les appels d’offres compétitifs pour financer les laboratoires. Le taux de succès de ces derniers est, par ailleurs, dérisoire : seuls 10 % des projets en lice dans le programme non thématique de l’Agence nationale de la recherche ont ainsi trouvé un financement.

Pourtant, malgré cet effort, la part mondiale des publications de la France a baissé, à 3,2 %, et le pays a, en moins de quinze ans, glissé du 5e au 7e rang, dépassé par la Chine et l’Inde. Plus significatif :...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Le centre expertise autisme adultes de l’hôpital de Niort a mis au point un guide d’accompagnement environnemental.
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A Niort, un centre pour autistes « focalisé sur la personne, plus que sur le handicap »

Le centre expertise autisme adultes de l’hôpital de Niort a mis au point un guide d’accompagnement environnemental.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 11h49
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Ce vendredi 30 mars, l’équipe du centre d’expertisme d’autisme adultes (CEAA) de l’hôpital de Niort (Deux-Sèvres) est préoccupée. La veille, un agent a été agressé par un jeune adulte atteint d’autisme. Le matin même, après la toilette, il avait le regard inquiet, sans raison apparente. Mais apparemment rien de plus. Il est donc placé dans un espace d’apaisement. Un peu plus tard, il retourne dans une zone de vie plus vaste, visiblement apaisé. On entend ses cris et ses rires qui n’en sont peut-être pas. La fenêtre est masquée pour éviter toute source d’excitabilité.
« Les patients accueillis ici sont souvent des cas complexes, avec des troubles envahissants du développement, des situations parfois extrêmement compliquées, comme des auto-mutilations qui peuvent remettre en cause le pronostic vital, des fonctionnements itératifs ou de l’agressivité », explique le psychiatre Dominique Fiard, responsable de cet établissement et qui a coprésidé le groupe de travail de la Haute Autorité de santé sur les recommandations de bonnes pratiques pour l’adulte autiste, rendues publiques en février. Ces situations peuvent affecter profondément la famille, les structures… qui demandent des soutiens. Le centre peut accueillir une douzaine de patients, pour des séjours plus ou moins longs ou en hôpital de jour.

Pour comprendre ce qui a déclenché l’agression, cinq personnes de l’équipe (psychiatre, psychologue, médecin, aide-soignant, aide médico-psychologique) essaient de remonter le film de cet épisode, car manifestement les prémices n’ont pas été perçues. « Cela peut être un problème somatique, ou autre chose. Une chose est sûre, la seule compétence de la psychiatrie ne suffit pas », reconnaît sans prétention Dominique Fiard. Une fois passé l’événement, l’objectif principal est de faire diminuer le seuil de surexcitation et de rétablir la communication. Il faut coûte que coûte rétablir la relation avec le patient. La musique, le sport peuvent...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Menaçant de supplanter les Etats-Unis, la recherche chinoise a beaucoup progressé en qualité.
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Recherche scientifique : la Chine numéro deux mondial, la France dépassée par l’Inde

Menaçant de supplanter les Etats-Unis, la recherche chinoise a beaucoup progressé en qualité.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 13h04
    |

                            Sylvestre Huet








                        



                                


                            

Photographier le rapport des forces scientifiques mondiales. Et retracer quinze ans d’évolution. C’est ce que permet le rapport sur « la position scientifique de la France dans le monde, 2000-2015 » qu’a rendu public, jeudi 5 avril, l’Observatoire des sciences et des techniques (OST) dirigé par Frédérique Sachwald. Une étude bibliométrique, fondée sur les données du « Web of Science ». Ce dernier recense l’essentiel des articles parus dans les revues scientifiques. Une étude qui se veut uniquement « factuelle », souligne Michel Cosnard, le président du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCeres) dont l’OST dépend, puisqu’elle « ne propose aucune conclusion, ou décision, mais des données à analyser par qui le voudra. »

La prudence de Michel Cosnard s’explique. Le sujet est brûlant, car tout commentaire cherchera à relier les performances scientifiques aux politiques publiques qui en sont à l’origine. Ceci dans un monde où la puissance économique, militaire, diplomatique ou culturelle trouve sa source dans le savoir et les technologies. Ainsi, en 2000, l’Union européenne voulait, à travers la « stratégie de Lisbonne », devenir « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique » et voyait dans l’effort de recherche et d’innovation la clé de sa future position mondiale.
Quinze ans après cette date-pivot, où en est le monde de la science ? Les faits saillants du rapport indiquent un glissement du rapport des forces. Tel un bulldozer, la science chinoise bouscule les hiérarchies établies au siècle dernier et s’impose comme une nouvelle grande puissance. Les Etats-Unis voient s’effriter leur hégémonie, éclatante il y a un demi-siècle. Le Japon, longtemps second, s’écroule. Des pays émergent : Inde, Iran, Brésil, Corée du Sud. Espagne et Italie se renforcent. La France ? Elle ne pointe désormais qu’au 7e rang, dépassée par la Chine, mais aussi...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Spica, l’astre le plus brillant de cet astérisme, est en réalité une étoile double.
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<article-nb="2018/04/09/19-14">
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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Le traitement que suivait une épileptique saoudienne a provoqué chez elle des accès de rires involontaires dans des situations non associées à la joie.
<filname="PROF-env_sciences-14"> ¤ 
<article-nb="2018/04/09/19-15">
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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Selon une étude de l’Observatoire des sciences et des techniques, la Chine est devenue, ces dernières années, la deuxième puissance scientifique mondiale.
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<article-nb="2018/04/09/19-16">
<filnamedate="20180409"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180409"><AAMMJJHH="2018040919">
<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Les représentations liées à cette maladie  entretiennent « une discrimination quasi systématique, parfois inconsciente », déplore le psychiatre Nicolas Rainteau, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤                     
                                                   
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Dépassons les stéréotypes négatifs associés au mot « schizophrénie »

Les représentations liées à cette maladie  entretiennent « une discrimination quasi systématique, parfois inconsciente », déplore le psychiatre Nicolas Rainteau, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    05.04.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 17h09
    |

Docteur Nicolas Rainteau (Chef de clinique assistant au CHU de Montpellier)







                        



                                


                            

Tribune. Accepteriez-vous de travailler avec une personne atteinte de schizophrénie ? D’être son ­colocataire, son voisin, son copain, sa copine ? La recommanderiez-vous pour un travail ou bien pour louer un appartement ?
Quelle serait votre réponse à ces questions ? Si vous ne savez pas, avez un doute, alors prenez le temps de lire ces lignes. Voici l’échange que j’ai eu il y a quelques jours avec Margaux, une usagère de l’hôpital de jour qui venait de passer un entretien d’embauche.
« Cela s’est très bien passé, j’ai pu ­parler de tout de manière très franche et très ouverte. C’était un peu compliqué au début et j’étais assez stressée, mais je suis plutôt confiante, je suis ­hypercontente.
– Génial, du coup, vous avez pu ­évoquer votre diagnostic de schizophrénie avec eux ?
– Oh là là ! Non, faut pas déconner ! Ça, je le garde pour moi, cette maladie fait encore trop peur, je risquerais de ne pas être embauchée. »
Malheureusement, Margaux a raison. Aujourd’hui, ce ne sont pas les symptômes de la schizophrénie qui pourraient l’empêcher de retravailler. En effet, depuis plusieurs mois, elle va bien. Les voix qui s’en prenaient à elle ont disparu et les idées de persécution se sont petit à petit atténuées.
C’est au jour le jour que l’étiquette liée à la schizophrénie se dresse, tel un mur infranchissable
Et puis Margaux n’a pas ménagé sa peine, parce que le traitement ne fait pas tout. Entraînement aux habiletés sociales pour retrouver la facilité ­d’interagir avec les autres et être capable d’affronter un entretien d’embauche. Travail sur la mémoire, la concentration, l’organisation de la pensée. Toutes ces capacités insidieusement touchées par la schizophrénie et qui demandent aux patients une volonté de tous les instants pour reprendre le dessus.
Mais, à force d’acharnement, Margaux était prête le jour J. Et ce boulot qu’elle a décroché est la juste ­récompense d’un...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Ces oiseaux ont une représentation innée du nombre d’objets qu’ils ont sous les yeux. Le dénombrement ne serait ainsi pas l’apanage des primates, expliquent les généticiens Benjamin Prud’homme et Nicolas Gompel.
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Les « capacités mathématiques étonnantes » du corbeau

Ces oiseaux ont une représentation innée du nombre d’objets qu’ils ont sous les yeux. Le dénombrement ne serait ainsi pas l’apanage des primates, expliquent les généticiens Benjamin Prud’homme et Nicolas Gompel.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 11h12
    |

                            Benjamin Prud'homme (Généticien,  Institut de biologie du développement de Marseille-Luminy CNRS) et 
                            Nicolas Gompel (Généticien, LMU de Munich)








                        



                                


                            

Carte blanche. Si moins de cinq objets traînent sur la ­table du salon, un rapide coup d’œil suffit à les dénombrer sans réfléchir. Longtemps avant d’avoir appris à compter ses bonbons sur le bout des doigts comme dans une photo à la Doisneau, l’enfant est aussi ­capable, de manière innée, de recenser quelques objets.
Cette faculté cognitive, considérée comme une caractéristique des primates, est permise par des neurones du cortex préfrontal. D’autres animaux, tels les oiseaux, peuvent apprendre à compter. Mais savent-ils dénombrer sans avoir appris à le faire ? Des chercheurs de l’université de Tübingen, en ­Allemagne, se sont posé la question et ont ­publié leur étonnante découverte dans la ­revue Current Biology, en ligne le 15 mars.
Andreas Nieder et son équipe ont cherché à savoir s’il existait chez les corbeaux des neurones capables de compter. Dans leurs expériences, les chercheurs présentent à des corbeaux des images avec des points de couleur. Le nombre de points, leurs tailles et leurs positions sur l’image sont aléatoires.
Pour s’assurer que les corbeaux regardent bien les images, tout en évitant qu’ils ­apprennent à reconnaître les nombres (le projet porte sur le sens inné des nombres), les chercheurs recourent à la ruse. Ils focalisent l’attention visuelle des corbeaux en les entraînant à distinguer des couleurs.
Mouvement de tête
Chaque corbeau se voit présenter d’abord une image avec des points d’une certaine couleur, puis une seconde image, soit avec des points de la même couleur, soit d’une autre couleur. Si la première et la seconde image sont de la même couleur, le corbeau peut le signaler en bougeant la tête, et reçoit alors une récompense.
Si en revanche le corbeau bouge la tête alors que les images ont des couleurs différentes, il ne reçoit rien. Les corbeaux testés, aussi malins que gourmands, apprennent très vite à reconnaître les couleurs. Surtout, leurs mouvements de tête...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Le biologiste et philosophe Eric Bapteste propose de réorienter la recherche évolutive pour rendre compte du fonctionnement en réseaux du monde vivant. Ambitieux et passionnant !
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Les entrelacs du vivant

Le biologiste et philosophe Eric Bapteste propose de réorienter la recherche évolutive pour rendre compte du fonctionnement en réseaux du monde vivant. Ambitieux et passionnant !



Le Monde
 |    04.04.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 10h45
    |

            Hervé Morin








                        



                                


                            
Le livre. La première image évoquant l’évolution est celle d’une marche inexorable qui conduit d’une vie informe à la création la plus exquise, Homo sapiens, en passant par un cortège de singes plus ou moins redressés. La deuxième, moins caricaturale, évoque un arbre dont les embranchements innombrables partent des lignées les plus anciennes vers les ramifications actuelles.
Ces deux ­modes de représentation ont eu leur utilité pour faire comprendre les relations au sein du vivant. Mais ils sont dépassés et doivent céder la place à des schémas dynamiques ­capables de rendre compte de processus au sein de réseaux finement intriqués, à toutes les échelles, de l’atome à la planète entière.
Tel est le programme ambitieux proposé par le biologiste et philosophe Eric Bapteste dans Tous entrelacés, un ouvrage qui propose tout simplement aux évolutionnistes de ­repenser leur discipline. L’arbre des espèces, pour foisonnant qu’il soit, ne suffit pas à ­décrire le vivant de façon adéquate : il s’intéresse avant tout aux lignées et à leurs relations, alors que la vie est un réseau, un collectif qui co-construit son évolution.
Réorienter l’« enquête évolutive »
Nous autres, les eucaryotes – faits de cellules dotées de noyaux –, sommes des chimères, rappelle Eric Bapteste : nos cellules sont elles-mêmes le résultat d’un emboîtement de cellules, dont les patrimoines génétiques se sont mêlés. De plus, nous sommes ensemencés avant même la naissance par des microbes qui sont autant de partenaires vitaux : ce collectif porte le doux nom d’holobionte. On voyait ces microbes comme des ennemis, parfois mortels, on les découvre cobâtisseurs de notre immunité, de nos comportements.
La lutte pour la vie, concept fondamental du darwinisme, fait donc écran à une compréhension plus complète des relations ­entre les différents composants du vivant. Ce fonctionnement en communautés laisse la place à des mécanismes d’évolution chers...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ L’initiative politique du président Macron sur l’IA pourrait trouver un relais dans la puissance technologique de l’industrie allemande, si celle-ci s’éveille enfin à cet enjeu stratégique, observe Stefan Heumann, codirecteur d’un think tank, dans une tribune au « Monde ».
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Intelligence artificielle : « L’Europe a besoin d’une ambition française soutenue par le moteur économique allemand »

L’initiative politique du président Macron sur l’IA pourrait trouver un relais dans la puissance technologique de l’industrie allemande, si celle-ci s’éveille enfin à cet enjeu stratégique, observe Stefan Heumann, codirecteur d’un think tank, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    04.04.2018 à 14h00
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Stefan Heumann (Codirecteur de la Stiftung Neue Verantwortung (Fondation nouvelle responsabilité)







                        



                                


                            
Tribune. Après avoir assisté à un forum sur l’intelligence artificielle (IA), à Pékin, en janvier, le président français, Emmanuel Macron, a annoncé que l’Europe avait besoin d’une stratégie nationale en matière de big data et d’IA, afin d’être en mesure de rivaliser avec la Chine et les Etats-Unis, et de façonner l’avenir des marchés de la technologie autour des valeurs européennes. Il a réaffirmé cet objectif lors de la présentation, le 29 mars, du rapport du mathématicien et député (LRM) Cédric Villani sur l’intelligence artificielle.
e siècle
Mais pour y parvenir, il va devoir convaincre l’Allemagne d’opérer un virage stratégique radical dans son approche traditionnellement « lente et prudente » des enjeux de la transition technologique. Ce dont l’Europe a besoin en matière d’IA, c’est d’une ambition française soutenue par le moteur économique allemand.
Il ne fait plus aucun doute que la donnée sera le vecteur central de l’économie du XXIe siècle et que l’IA en sera la technologie-clé. La question est de savoir quels pays et quelles entreprises y parviendront les premiers, et quelles règles gouverneront à l’avenir ces nouveaux marchés. Les grands groupes technologiques de la Silicon Valley et de la Chine ont compris l’importance stratégique de cette innovation. Selon un rapport de McKinsey, ces groupes ont investi sur la seule année 2016 un montant compris entre 20 et 30 milliards de dollars (entre 16,3 et 24,4 milliards d’euros) en recherche et développement (R&D) dans l’IA.
L’Europe à la traîne
En 2017, les start-up chinoises ont capté pour la première fois davantage d’investissements en capital-risque que leurs rivales américaines. Mais contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis, où ce sont les grands groupes technologiques qui mobilisent la majeure partie des ressources, en Chine, le gouvernement n’abandonne...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Le professeur Rémy Nizard constate, dans une tribune au « Monde », que l’hôpital public est à bout de souffle. Il identifie six pistes à suivre afin de sortir de la situation actuelle, parmi lesquelles la remise en cause des 35 heures pour les médecins salariés moyennant des compensations.
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« L’hôpital public est à l’agonie »

Le professeur Rémy Nizard constate, dans une tribune au « Monde », que l’hôpital public est à bout de souffle. Il identifie six pistes à suivre afin de sortir de la situation actuelle, parmi lesquelles la remise en cause des 35 heures pour les médecins salariés moyennant des compensations.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 11h46
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 12h18
    |

Rémy Nizard (Chef du service de chirurgie orthopédique et traumatologie, hôpital Lariboisière)







                        



                                


                            

Tribune. L’hôpital public est une cocotte-minute prête à exploser. Après trente-quatre ans d’observation de tous les changements, parfois voulus mais le plus souvent subis, il convient de dresser un bilan très préoccupant.
Je dois constater que le système est à l’agonie, il s’est épuisé, s’est échoué maintenant, sur la tarification à l’activité qui a constitué l’estocade. Ce mode de financement a eu la vertu de remettre un sens économiquement pertinent à l’activité hospitalière, il a permis un gain de productivité nécessaire à l’époque où il a été initié. Mais aujourd’hui à force de pression et d’injonctions paradoxales, il mène à l’épuisement des soignants et au désengagement qui s’y associe.
Les tragiques événements dans différents hôpitaux en France, même s’ils ne peuvent être analysés à la seule aune du travail hospitalier intense, sont des signaux d’alarme à prendre en compte. Comme responsable élu d’une communauté médicale, je vois tous les jours les conséquences de cette course sans fin vers un idéal inaccessible : faire parfait pour tout avec des moyens qui, par la force de l’objectif national de dépenses d’assurance-maladie (Ondam), diminuent.
Le royaume de l’injonction paradoxale
La catastrophe de l’application des 35 heures a désorganisé un équilibre fragile en limitant les nécessaires temps d’échanges et de lien social. L’hôpital est devenu le royaume de l’injonction paradoxale. Ceci s’exprime à tous les niveaux dans tous les métiers. Les cadres, tout d’abord, pris entre le marteau d’une direction exigeante et l’enclume d’infirmiers coincés par un travail lourd physiquement et émotionnellement qui leur font remonter leurs difficultés.
Les infirmiers et infirmières, eux aussi pris entre des patients dont l’exigence est légitimement montée, des cadences accélérées liées aux progrès médicaux qui diminuent le temps passé par les patients à l’hôpital au profit d’une rotation plus rapide, des moyens humains...




                        

                        

