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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. La suite de la série produite par Ridley Scott est plus vive, plus subtile, et colle à l’actualité socio-politique nord-américaine (sur Amazon Vidéo à la demande).
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TV – « The Good Fight », plus forte que « The Good Wife »

Notre choix du soir. La suite de la série produite par Ridley Scott est plus vive, plus subtile, et colle à l’actualité socio-politique nord-américaine (sur Amazon Vidéo à la demande).



Le Monde
 |    09.04.2018 à 17h45
    |

            Renaud Machart








                        


Série sur Amazon Vidéo à la demande

Alors que les cinq premiers épisodes de sa deuxième saison ont été diffusés par CBS, aux Etats-Unis, la saison 1 de The Good Fight vient d’être ajoutée au catalogue du site de vidéos à la demande d’Amazon. Cette série, signée des créateurs de The Good Wife, Robert et Michelle King, ­auxquels s’est adjoint Phil Alden Robinson, constitue la suite de cette dernière.
Beaucoup des personnages de The Good Wife (2009-2016), coproduite par Ridley Scott, ont disparu, notamment l’héroïne principale, Alicia Florrick (Julianna Margulies). Celle-ci laisse la primeur à l’avocate Diane Lockhardt (épatante Christine Baranski), présente au cours des sept saisons de The Good Wife.
Cabinet d’avocats afro-américain
Diane fait valoir ses droits à la retraite et envisage de prendre ses quartiers dans une sublime maison en Provence. Ruinée soudainement par une arnaque financière à la Bernard Madoff, elle doit renoncer à ce projet. Son ancien cabinet refuse de la réengager et d’autres portes se ferment : Diane est la marraine de la fille de l’auteur de cette chaîne de Ponzi, et sa candidature voit son prestige anéanti par le soufre du scandale.
Collant au fait politique, The Good Fight commence par l’annonce de l’élection de Donald Trump, qui laisse défaite Diane Lockhart devant son écran de télévision (elle a soutenu financièrement la campagne d’Hillary Clinton). Au fil de cette vive saison (deux fois moins longue que celles de The Good Wife), et de la suivante, encore inédite en France, le président décrié en devient un insistant personnage en creux.
The Good Fight fait aussi un portrait subtil d’un cabinet afro-américain, où les Blancs ne sont pas toujours les bienvenus, et où voter Donald Trump n’est décidément pas la chose à faire, ainsi que ­l’apprendra à ses dépens l’un des ­associés de cette firme. Diane ­Lockhardt, qui autrefois défendait la police dans des affaires de violence envers des Noirs, se trouve à présent au service des victimes.

   


Collant de manière quasi synchrone avec l’actualité socio-politique, The Good Fight évoque le mouvement #metoo, les « fake  news », ainsi que les violences et agressions sexuelles faites aux femmes (l’affaire Weinstein est même citée lors de la saison 2). Tout en y mêlant, comme dans The Good Wife, les aventures et mésaventures sentimentales des protagonistes.
On retrouve Marissa (Sarah Steele), la fille d’Eli Gold, dont les qualités de fine mouche vont la mener au rang d’enquêtrice, ainsi que Lucca Quinn (Cush Jumbo), entre autres visages familiers. Certains avocats et juges connus au cours de The Good Wife réapparaissent, dans des rôles de composition toujours aussi savoureux.
On notera aussi l’arrivée de Bernadette Peters, délicieuse de fausseté (comme dans la série Mozart in the Jungle), qui incarne l’épouse du fraudeur, et, surtout, celle de Rose Leslie (Downton Abbey, Game of Thrones). La jeune actrice britannique, pâle et diaphane, joue la fille (en couple lesbien) de l’arnaqueur de Diane. Cette jeune avocate, victime collatérale des agissements paternels et traînée dans la boue par la presse de caniveau et les réseaux sociaux, ne s’en laisse pas conter et devient une dure à cuire dont le personnage se construit grâce à une finesse de jeu extrêmement attachante.
The Good Fight, saison 1, série créée par Robert King, Michelle King et Phil Alden Robinson. Avec Christine Baranski, Rose Leslie, Cush Jumbo (EU., 2017, 10 × 49-53 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Fragilisés par les baisses de financement et les délocalisations, des professionnels de la post-production protestent avant le Festival.
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Monteurs, mixeurs et bruiteurs en grève avant Cannes

Fragilisés par les baisses de financement et les délocalisations, des professionnels de la post-production protestent avant le Festival.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 17h45
    |

            Clarisse Fabre








                        



   


C’est l’autre grève, inattendue, invisible du public, mais qui pourrait donner quelques sueurs froides aux producteurs de cinéma, à un mois du Festival de Cannes (du 8 au 19 mai). Des monteurs, des monteurs son, des bruiteurs et des mixeurs ont décidé de faire grève, du 10 au 12 avril, pour dénoncer l’évolution de leurs conditions de travail. Ces professionnels de la post-production, qui interviennent après le tournage, dans l’ombre, veulent faire valoir leur rôle dans le processus de fabrication d’un film, alors que les délocalisations du montage-son, du bruitage et du mixage, tout particulièrement vers la Belgique, menacent tout un pan de l’industrie française du cinéma.

        Lire le décryptage :
         

          Calendrier modifié et interdiction des selfies sur le tapis rouge pour Cannes 2018



La mobilisation est soutenue par l’Association des artistes bruiteurs (ADAB), l’Association des mixeurs (ADM), l’Association française du son à l’image (AFSI) et Les Monteurs associés (LMA), tandis qu’une assemblée générale est prévue mardi 10 avril à la Maison des Métallos, à Paris.
La grève ne s’est pas déclenchée du jour au lendemain, elle a fini par s’imposer, explique Didier Lesage, président de l’Association des mixeurs. « Cela fait deux ans que nous alertons les syndicats de producteurs que sont l’UPC, le SPI et l’API. On le sait, il y a moins d’argent dans le cinéma. Mais les métiers de la post-production, qui ont toujours été moins organisés, sont aujourd’hui particulièrement fragiles. »
Négociation délicate
Chacun de ces métiers a une histoire spécifique. Les revendications des mixeurs ne sont pas tout à fait les mêmes que celles des monteurs, ce qui rend la négociation délicate. Mais il existe un dénominateur commun. Contrairement aux professionnels du tournage, qui constituent un collectif sur un plateau et peuvent installer un rapport de force face au producteur ou au réalisateur, les monteurs, mixeurs et bruiteurs se trouvent dans des relations plus individualisées, qui peuvent générer des inégalités.
La profession de monteur, historiquement féminine, a toujours été sous-payée. Les indemnités repas ne sont pas toujours versées, et les heures supplémentaires pas souvent – parfois même jamais – payées. En revanche, les mixeurs, issus pour la plupart des grandes écoles de cinéma (Fémis, Louis-Lumière…), sont davantage considérés et mieux lotis financièrement, de même que les bruiteurs, perles rares puisqu’ils ne sont qu’une trentaine dans le cinéma français. Pour son travail sur un film, un mixeur peut ainsi gagner 3 000 euros par semaine, alors qu’un chef monteur est rémunéré 1 640 euros la semaine, et un monteur son 1 440 euros. Ce dernier est un peu le « parent pauvre ».
Un monteur son : «  Mes Césars n’ont rien changé à ma rémunération, ils servent juste à caler les livres chez moi ! »
Un monteur son qui a remporté plusieurs Césars dans sa carrière, et souhaite rester anonyme, fait ce constat grinçant : « En dépit de notre expérience, on continue souvent d’être payé au tarif minimum. Mes Césars n’ont rien changé à ma rémunération, ils servent juste à caler les livres chez moi ! ». Précisons que ces professionnels sont embauchés sur des durées courtes, quelques semaines tout au plus, et alternent des périodes d’emploi et de chômage.
La renégociation de la convention collective du cinéma, en novembre 2013, a durci la situation : une nouvelle grille salariale a été instaurée, avec des minima différents selon le budget du film. Les mixeurs, qui négociaient jusque-là leur salaire de gré à gré, ont vu leur rémunération baisser de 35 % depuis l’entrée en vigueur du texte, voire de 60 % sur les productions plus modestes. Quand ce n’est pas le smic qui s’applique pour les jeunes mixeurs lorsqu’ils sont embauchés sur une troisième catégorie de films, plus fragiles encore, avec des budgets de moins d’un million d’euros…
Sentiment de « déclassement »
Ce sentiment de « déclassement » est aggravé par la crainte de perdre son emploi, poursuit le mixeur Didier Lesage : « Depuis une dizaine d’années, on voit régulièrement des films nous échapper. Le mixage va se faire à l’étranger, tandis que des auditoriums mettent la clé sous la porte en France. Ce contexte nous a conduits à nous fédérer. Une première demi-journée de grève a eu lieu le 23 mars 2017, puis une journée entière cette année le 16 janvier. Faute de réponse satisfaisante, nous avons décidé d’accentuer le mouvement ». Pour préserver leur métier, les mixeurs et monteurs sons demandent à être reconnus en tant que « cadre collaborateur de création », une appellation aujourd’hui réservée à six chefs de poste (directeur de la photographie, chef décorateur, chef monteur, etc.).
Pour le mixeur Stéphane Thiébaut, qui vient de recevoir le César du meilleur son pour Barbara, de Mathieu Amalric, il y a urgence à « repenser le travail ». « Avant, les monteurs image inventaient un dispositif de post-production propre à chaque film. Et leur présence jusqu’à la fabrication finale de la copie assurait la transmission des volontés fondamentales du réalisateur. Petit à petit, cette pratique s’est perdue pour faire des économies », regrette celui qui dirige le département Son à la Fémis.
« Certains producteurs continuent de faire très bien leur métier, mais trop souvent, hélas, c’est une logique comptable qui est à l’œuvre : l’argent est divisé en semaines de travail, le temps de chaque étape, montage, montage son, bruitage, mixage est déterminé sans concertation. Un dispositif de post-production ne peut pas être l’application d’un tableau Excel, il faut quelqu’un aux manettes qui orchestre ça et permette à chacun de travailler correctement et surtout d’inventer encore. Sinon on passera définitivement de la haute couture au prêt-à-porter et tous les films se ressembleront ! »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ 72 concerts et une cinquantaine de conférences ont animé cette manifestation.
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A Lisbonne, le « showcase festival » du MIL, porte d’entrée des marchés lusophones

72 concerts et une cinquantaine de conférences ont animé cette manifestation.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 14h38
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 14h49
    |

                            Stéphane Davet (Lisbonne (Portugal)








                        



   


Il y a encore une demi-douzaine d’années, le quartier de Cais do Sobré, situé autour de la gare du même nom, posée en bord de Tage, au pied du Bairro alto, avait piètre réputation. A deux pas du désormais très couru Mercado da Ribeira, le marché et « food hall » géant sponsorisé par le magazine Time Out, la chaussée peinte en rose de la rue Nova do Carvalho Santo est aujourd’hui l’un des pôles d’attraction de ce secteur, devenu l’un des plus animés de Lisbonne.
Si une boîte de strip-tease reste en activité, les autres « bars à filles » de la rue se sont transformés en clubs et salles de concerts accueillant les meilleurs DJ et groupes internationaux. Du 5 au 7 avril, c’est dans cette rue et son proche périmètre que se déroulaient les 72 concerts et la cinquantaine de conférences de la deuxième édition du MIL – ou Lisbon International Music Network –, un « showcase festival » voué à la découverte des scènes et des marchés lusophones.
Depuis les années 2000, ce genre d’événement présentant de nouveaux artistes aux professionnels du spectacle et du disque s’est multiplié en Europe. Avec ces quelque 600 pros accrédités, le MIL est loin d’atteindre les quelque 5 000 participants fréquentant chacun des quatre principaux festivals du genre : Eurosonic, à Groningue (Pays-Bas), Reeperbahn, à Hambourg (Allemagne), The Great Escape, à Brighton (Angleterre), et le MaMa, organisé à Paris.
« Travailler sur des marchés à défricher »
« Le but n’est pas de concurrencer ces événements, mais de permettre aux gens de travailler sur des marchés à défricher », explique Fernando Ladeiro-Marques, directeur du MaMa, à Paris, et cofondateur du MIL. Depuis vingt-cinq ans, ce Français d’origine portugaise milite, au sein de sa structure Gato Loco Productions, pour la création de réseaux internationaux s’affranchissant du monopole anglo-saxon dans le monde de la pop.
Après avoir participé au lancement de salons et de « showcase festivals », tels le BAM, à Barcelone, le Rock Pop Bratislava, en Slovaquie, le Green Energy, à Dublin, en Irlande, le Sim, à Sao Paulo, au Brésil, ou le Dong Dong, à Pékin, Fernando Ladeiro-Marques s’est associé avec un partenaire lisboète, Pedro Azevedo, directeur de la salle Musicbox – un club étonnant, situé à l’intérieur d’une arche d’un pont enjambant la ruo Nova do Carvalho Santo – et de la maison de production, CTL (Cultural Trend Lisbon), pour créer le MIL.
Le Portugal et sa capitale sont devenus un pôle majeur d’attraction touristique et culturelle
Au-delà des motivations affectives, le Franco-Portugais justifie ce choix par plusieurs constats. Si, avec ses 11 millions d’habitants, le marché portugais est étroit et peu structuré en terme d’industrie musicale, le pays et sa capitale sont devenus un pôle majeur d’attraction touristique et culturelle. Une effervescence, une douceur de vivre (et des avantages fiscaux) pouvant expliquer l’installation à Lisbonne, d’artistes tels Madonna, Harrison Ford, Inès de la Fressange, Philippe Starck, Eric Cantona et Rachida Brakni ou Florent Pagny…
Longtemps mal connue, la scène musicale portugaise semble se professionnaliser et se régénérer, d’autant qu’elle est irriguée par quantité d’artistes lusophones venus du Brésil ou d’anciennes colonies africaines (Mozambique, Angola, Cap-Vert, Guinée-Bissau) pour qui le Portugal demeure la porte d’accès naturelle à l’Europe.
La puissance sensuelle du groupe Boogarins
Si la programmation du MIL convie des artistes européens et leurs producteurs, dans le but de les faire découvrir à un public et des professionnels portugais (des Français comme les groupes Ko Ko Mo et Joon Moon ou la chanteuse Corine, ont d’ailleurs fait bel effet), elle cherche naturellement à amplifier les échanges avec le Brésil. Dans l’espoir de mieux comprendre le plus vaste des marchés lusophones et, bien sûr, de révéler de nouvelles têtes de son immense vivier musical. Originaire de Goiana, dans l’état du Pernambouc, au nord-est du Brésil, le groupe Boogarins commence, par exemple, à se faire un nom au Portugal. Dans un Musicbox plein à craquer, son rock psychédélique, héritier des pionniers tropicalistes d’Os Mutantes, possède suffisamment de puissance sensuelle pour espérer s’exporter plus au nord de l’Europe.

Si leur apport est une vieille tradition, beaucoup de musiciens de l’Afrique lusophone ont longtemps joué, au Portugal, pour un public communautaire. « L’avènement des musiques urbaines a bouleversé la donne », analyse Fernando Ladeiro-Marques. « Les cultures électro et hip-hop ont accéléré les fusions de styles et le mélange du public ». A la suite de précurseurs comme Buraka Som Sistema, une nouvelle génération télescope les cultures et accroît son potentiel international. A l’instar de l’Angolais Diron Animal, originaire du ghetto de Cazenga, dans la banlieue de Luanda, qui, après un début de carrière dans son pays (le groupe Throes + The Shine), a débarqué sur les rives du Tage afin d’ouvrir de nouvelles perspectives à ses mélanges tourbillonnants de kuduro –ce hip-hop angolais très électro –, de funk, de rock et de house music. Ambianceur infatigable, paré de costumes scintillants, il a mis le feu au B’Leza, la plus grande salle du MIL, avec les titres sudatoires de son premier album solo, Alone (Soundway Records).

Métissages et découvertes
De manière générale, les métissages ont enrichi nombre des découvertes programmées dans les clubs de Cais do Sobré. Parmi elles, les groupes d’une importante délégation espagnole – la cumbia rock hypnotique des Candeloros, l’afro-pop, sous influence Vampire Weekend, du groupe masqué Zulu Zulu –, décidée à secouer les rapports traditionnellement frileux avec le voisin portugais.

Marqué lui aussi par l’afro-beat, mais plus encore par le jazz west-coast, une pop spatiale, les harmonies chorales et symphonies de poche chères à Sufjan Stevens, le Lisboète Bruno Pernadas, aux chansons resplendissantes, accompagnées d’un chatoyant orchestre de huit musiciens, aura été une autre preuve de la pertinence du MIL.

Sur le Web : millisboa.com/mil



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Charlotte Gainsbourg, qui en est la propriétaire, a relancé, en février, l’idée d’ouvrir au public la maison qu’habita son père de 1969 à 1991.
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Au 5 bis, rue de Verneuil, un musée Gainsbourg toujours imaginaire

Charlotte Gainsbourg, qui en est la propriétaire, a relancé, en février, l’idée d’ouvrir au public la maison qu’habita son père de 1969 à 1991.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 08h26
    |

            Bruno Lesprit








                        



                                


                            

Après la canonisation, la muséification ? Charlotte Gainsbourg, qui en est la propriétaire, a relancé, en février, sur France Inter, l’idée d’ouvrir au public la maison qu’habita Serge Gainsbourg de 1969 à sa mort, en 1991 – à l’exception de la chambre à coucher. L’actrice y est retournée récemment pour tourner le clip de « Lying With You » – extrait de son album Rest, paru en novembre 2017 –, chanson où elle s’adresse à son père. Ce musée est un serpent de mer. Charlotte Gainsbourg en avait parlé au Monde, en 2007 – « depuis quinze ans, nous y songeons » –, en évoquant un projet de l’architecte Jean Nouvel.

La façade du 5 bis, rue de Verneuil, dans le 6e arrondissement, est un must du street art parisien, vivant et coloré, qui contraste avec l’intérieur, dont les murs noirs (idée piquée à Dali) sont restés inoccupés. A quelques nuances près, les 130 m2 demeurent tels qu’ils étaient à la disparition de Gainsbourg, jusqu’aux mégots dans le cendrier. « Je ne sais pas ce que c’est : un sitting-room, une salle de musique, un bordel, un musée… », hésitait-il pour présenter son repaire. Plutôt un cabinet de curiosités, riche de milliers de bibelots en tout genre.

En attendant d’hypothétiques visites, les admirateurs et les curieux peuvent se rendre à la Galerie de l’Instant, à Paris, où sont exposées des photographies de Tony Frank consacrées au lieu, avec ou sans ses occupants. L’auteur, entre autres, de la pochette de l’album Histoire de Melody Nelson – dont il se dit aujourd’hui « plus fier que de la photo du cul de Polnareff » – a réalisé, à la demande de Charlotte Gainsbourg, « une sorte d’inventaire » consigné dans un beau livre, Gainsbourg, 5 bis rue de Verneuil.
Une lettre de Chopin, un dessin de Dali
« J’ai bossé avec un chef électro de cinéma pour garder l’ambiance, avec toutes ces lumières, explique Tony...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Derrière la célèbre adresse du 5 bis, rue de Verneuil à Paris, dans le 7e arrondissement, se cachait le refuge de l’artiste.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ L’artiste aurait eu 90 ans le 2 avril. Célébré bien au-delà de nos frontières, il fascine toujours autant.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/04/2018
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Gainsbourg, je t’aime… eux aussi

L’artiste aurait eu 90 ans le 2 avril. Célébré bien au-delà de nos frontières, il fascine toujours autant.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 08h28
    |

            Bruno Lesprit








                        



                                


                            

A quoi reconnaît-on un disparu bien vivant ? On marque non seulement l’anniversaire de sa mort mais aussi de celui de sa naissance. Serge Gainsbourg aurait eu 90 ans le 2 avril, s’il n’avait eu la prescience de faire « pas long feu » sous son régime de croisière alcoolo-tabagique. La maison de disques Mercury profite de l’aubaine pour éditer 90 séquences, une compilation en 4 CD. Pour l’« inédit », un DVD bonus offre d’entendre les témoignages de Jane Birkin, Etienne Daho ou Alain Chamfort. Légère impression de déjà-vu.
C’est la Sorbonne qui apporte du neuf. Pendant trois journées, du 9 au 11 avril, son Collegium Musicae organise le premier colloque international consacré à l’artiste, avec une trentaine d’intervenants et un conséquent contingent britanno-américain. Le sujet y est en effet présenté comme « l’auteur-compositeur qui a le plus contribué au rayonnement des musiques populaires françaises à l’étranger depuis la fin de la seconde guerre mondiale ». Ronflante, l’assertion n’en est pas moins exacte.
Depuis sa mort, le 2 mars 1991, le revival Gainsbourg est permanent. Une vingtaine de livres le concernant ont paru, dont deux biographies en anglais. « J’ai l’impression que la place qu’il occupe en France est équivalente à celle des Beatles en Grande-Bretagne et de Bob Dylan aux Etats-Unis », compare Oliver Julien, maître d’œuvre de « Serge G. : An International Conference on Serge Gainsbourg ». « C’est en tout cas par lui qu’a été officialisée en 2010 l’entrée des musiques populaires à l’université, d’un point de vue à la fois sociologique, musicologique et culturel. » 

« Là où il passe, il démode tout le monde »
On a peine à croire que son œuvre – en dehors du coup d’éclat, en 1969, de Je t’aime… moi non plus – ait été négligée de son vivant jusqu’à l’album Aux armes et caetera (1979), un premier disque d’or (100 000 exemplaires) obtenu à l’âge...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     


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Concerts et festivals de printemps : notre sélection musicale

Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…



Le Monde
 |    09.04.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 07h47
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
A vos agendas, le moment est venu de réserver vos billets pour votre pélerinage annuel à Villette Sonique ou de voir s’il ne reste pas une petite place au festival de jazz Banlieues Bleues. Pas envie de bouger du canapé ? Jetez donc un coup d’oeil au dernier clip de Melody’s Echo Chamber.
TROIS CONCERTS :
Le « Paris-Moscou » de Christian-Pierre La Marca et Lise de la Salle, Salle Gaveau, à Paris, le 11 avril

   


Il y a toujours eu depuis le XVIIIe siècle, entre Paris et Moscou, comme en amour, une fascination nourrie de passions communes mais aussi de fortes dissentions de tempéraments. En témoignent les pages choisies par le violoncelliste Christian-Pierre La Marca et la pianiste Lise de la Salle. C’est ainsi que la souple mélodie fauréenne (Elégie, Pavane, Sicilienne) affronte la furia romantique de Rachmaninov, les transcriptions d’airs d’opéra démontrant au contraire un XIXe siècle pétri d’affinités – de Saint-Saëns (Samson et Dalila) à Stravinski (Mavra), en passant par Massenet (Werther), Prokofiev (L’amour des trois oranges), ou Tchaïkovski. Les deux jeunes Français, qui viennent de sortir chez Sony Music un album intitulé Paris-Moscou (le quatrième du violoncelliste), seront en concert Salle Gaveau, le 11 avril. Marie-Aude Roux
Christian-Pierre La Marca (violoncelle), Lise de la Salle (piano), Salle Gaveau, 45 rue La Boétie, Paris 8e. Mo Mirosmesnil. Tél. : 01-48-24-16-97. Mercredi 11 avril, à 20 h 30. De 22 € à 55 €.
Hugh Coltman, au Bataclan, à Paris, le 12 avril et à Shiltigheim, le 20 avril 

Après un album très abouti consacré au répertoire du chanteur et pianiste Nat King Cole (1919-1965), beau succès critique et commercial en 2015, c’est aux musiques de La Nouvelle-Orléans que le chanteur, guitariste, pianiste et harmoniciste britannique Hugh Coltman s’est intéressé pour son dernier album en date, Who’s Happy ? (Okeh/Sony Music) publié début mars. Un recueil de compositions originales dans les croisements de styles, jazz, blues, soul, zydeco, fanfares etc. caractéristiques de la grande cité de La Louisiane. Avec Coltman, le guitariste Freddy Koella, un ensemble de vents de fière allure, le batteur Raphaël Chassin. Un disque qui trouve un prolongement sur scène pour quelques concerts d’avril à juillet, de Coltman avec une formation proche de celle qui a participé à l’enregistrement. Sylvain Siclier
Le Bataclan, 50 bd Voltaire, Paris 11e. Mo Oberkampf. Jeudi 12 avril, à 20 heures. De 25 € à 30 €. Salle des fêtes de Schiltigheim (Bas-Rhin), avenue de la 2ème Division-Blindée. Tél. : 03-88-83-84-85. Vendredi 20 avril, à 20 h 30. De 23 € à 26 €.
UN FESTIVAL : Banlieues bleues, en Seine-Saint-Denis, derniers jours, du 9 au 13 avril

   


Commencée le 16 mars avec le pianiste Abdullah Ibrahim, la 35e édition du festival Banlieues bleues, organisée dans plusieurs villes de Seine-Saint-Denis, aborde sa dernière semaine avec un double programme, ce lundi 9 avril, qui permettra d’entendre à La Dynamo, à Pantin, le trio slovène Sirom, puis le groupe américain Natural Information Society mené par le contrebassiste Joshua Abrams. Mardi 10, toujours à La Dynamo, c’est la formation suisse Orchestre tout puissant Marcel Duchamp XXL, qui est attendue, « grand orchestre de bal savant », indique le programme. Mercredi 11, à l’Espace 93 Victor-Hugo de Clichy-sous-Bois, le groupe Papanosh sera rejoint par le saxophoniste Roy Nathanson et le chanteur Napoleon Maddox. Jeudi 12, à nouveau un double concert à La Dynamo, avec le collectif Anarchist Republic of Bzzz (Etats-Unis, France, Turquie, Pays-Bas, Royaume-Uni) mené par le guitariste et flûtiste Seb El Zin, puis le quartette néerlandais The Ex, près de quarante ans d’activisme musical. Clôture à la MC93 de Bobigny, vendredi 13 avril, pour une soirée « Ethiopiques », du nom de la collection d’albums consacrés à la musique éthiopienne des années 1960 à nos jours (trente albums depuis 1998). S. Si.
Festival Banlieues bleues, en Seine-Saint-Denis, dernière semaine, du lundi 9 au vendredi 13 avril. De 10 € à 16 €, concert de clôture vendredi 13, de 12 € à 20 €.
UNE VIDÉO : « Breathe In, Breathe Out », par Melody’s Echo Chamber 

Nous étions tombés sous le charme en 2012 du premier album de Melody’s Echo Chamber, émoi doublé d’une certaine fierté en apprenant que se cachait derrière cet alias une musicienne française, Melody Prochet. Si le parrainage de Kevin Parker (gourou australien de Tame Impala) avait contribué à la rayonnance internationale du disque, il ne saurait réduire au second plan le talent de la chanteuse et multi-instrumentiste, chantre d’une pop psychédélique brillamment remise au goût du jour via l’usage de nappes synthétiques et guitares aux sons étrangement parasités.
La sortie de son deuxième album, intitulé Bon Voyage, initialement prévue en 2017, et repoussée suite à de sérieux ennuis de santé, est attendue pour le 15 juin sur le label Domino. Pour cette nouvelle invitation au voyage, Melody Prochet a collaboré avec les musiciens suédois Reine Fiske (Dungen) et Fredrik Swahn (The Amazing). Son ensorcelant nouveau single, Breathe in, Breathe Out, est accompagné d’un film d’animation réalisé par Daniel Foothead qui nous transporte dans un monde parallèle et mystique, clin d’œil manifeste aux bandes dessinées hallucinées de Moebius et Alejandro Jodorowsky. Franck Colombani
À RÉSERVER : le festival Villette sonique à Paris, du 25 au 30 mai

   


Depuis 2006, le festival Villette sonique, organisé sur le site du Parc de La Villette, à Paris, s’évertue à faire bouger les lignes, en stimulant la rencontre entre avant-garde musicale et un public large. Et le succès est au rendez-vous, avec en moyenne une dizaine de milliers de spectateurs payants dans les salles et entre 15 000 et 30 000 sur le parc pour les concerts gratuits organisés le week-end. On craignait que l’identité musicale de cette édition 2018, prévue du 25 au 30 mai, soit mise en péril suite au départ d’Etienne Blanchot, l’un de ses créateurs chargé de la direction artistique. Mais la programmation, assurée désormais par l’équipe de Super ! (responsable notamment du Pitchfork Music Festival) couplée à celle de La Route du Rock, ne déçoit pas.
Si se distinguent quelques têtes d’affiche rock plus familières que d’accoutumée (Mogwai, Deerhunter, Car Seat Headrest...), le public plus exigeant trouvera de quoi assouvir sa curiosité à travers la trentaine de concerts gratuits proposés (le rock défricheur de The Sea and Cake et Hookworms, l’accordéoniste Mario Batkovic, le R’n’B dévergondé d’Abra...). Parmi les cinq soirées payantes réparties à la Grande Halle de la Villette, au Trabendo et au Cabaret sauvage, celle du 26 mai marquera le retour des légendes rennaise Marquis de Sade, accompagnés de la mystique chanteuse et joueuse d’orgue Anna Von Hasswolff, ainsi que le collectif mordu de krautrock Exploded View. Autre moment attendu, celui des concerts gratuits en plein air sur les pelouses du parc de La Villette (les 26 et 27 mai), abandonnés ces deux dernières années pour cause de plan Vigipirate. Si toutefois on regrette toujours la présence de la scène installée sous le bruyant périphérique, on retrouvera avec plaisir celle de la pelouse du Cercle Nord. F. C.
Festival Villette Sonique, Parc de La Villette, Paris 19e. Soirées payantes : Mogwai, John Hopkins, James Holden, le 25 mai à La Grande Halle de La Villette (35 €) ; Car Seat Headrest, Naked Giant, le 26 mai au Trabendo (20,90 €) ; Marquis de Sade, Anna Von Hausswolff, Exploded View, le 26 mai à La Grande Halle de la Villette (35 €) ; Deerhunter, Misnight Sister, le 29 mai au Trabendo (26 €) ; John Maus, Flat Worms, Kate NV, le 30 mai au Trabendo (26 €)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ L’hommage à Mai 68, au Théâtre de Nanterre, a été inauguré par un « dancewalk » du chorégraphe « Foofwa ».
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Les Amandiers s’emparent du legs de 1968

L’hommage à Mai 68, au Théâtre de Nanterre, a été inauguré par un « dancewalk » du chorégraphe « Foofwa ».



Le Monde
 |    08.04.2018 à 18h55
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 17h25
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

Cinquante ans après, la chienlit danse. Samedi 7 avril, les badauds qui se pressaient au soleil le long d’un axe ralliant le très actif Centre culturel suisse dans le Marais, à Paris, et le Théâtre Nanterre-Amandiers, à Nanterre (Hauts-de-Seine), pouvaient assister à une étonnante déambulade : emmenée par le danseur et chorégraphe suisse « Foofwa », une petite troupe armée d’un mégaphone « dancewalkait » (de dancewalk, marche dansée), sautant d’un trottoir à l’autre, prenant des pauses, virevoltant, se jetant par terre, poussant de petits cris ou des slogans pour reliant 13 kilomètres et, cinq heures plus loin, le théâtre où, jusqu’au 27 mai, on célèbre Mai 68.
« Nous sommes implantés sur un territoire dont l’ADN remonte sans cesse », s’amuse son directeur, Philippe Quesne, dont les parents se sont aimés sur les barricades et qui, dans cet esprit, chaque printemps, cherche à ouvrir aux quatre vents les portes de son Centre dramatique national. « Comme l’Odéon en 1968, dit-il, le théâtre de Nanterre sera cette année occupé par des artistes et des chercheurs. » Et une kyrielle de dynamiteurs. A commencer par le plus littéral d’entre eux, Roman Signer, 80 ans cette année, qui, depuis toujours, manie l’explosif pour faire œuvre. On y croisera Bruno Latour pour des Ateliers de politique terrienne et Angela Davis en guest-star. On ira se perdre dans le village Hoodoo des frères Chapuisat, constructeurs de ténébreuses et immenses cabanes matricielles. Pascale Murtin (Grand Magasin) animera un concert dispersé dans la nature, la Serbe Sanja Mitrovic créera My Revolution is Better Than Yours, Gwenaël Morin rendra hommage au Living Theater…

Le week-end du 12 mai, il faudra même rallier ce creuset situationniste avec son duvet pour assister au marathon de vingt-six heures du plasticien Massimo Furlan (concept-café philo que l’on avait découvert en 2012, au Théâtre de la Cité internationale) avec, cette...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Notre choix du soir. Un portrait du chorégraphe français, par le biais d’archives rares et d’entretiens avec ses danseurs (sur Arte à 23 h 35).
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TV – « Maurice Béjart, l’âme de la danse »

Notre choix du soir. Un portrait du chorégraphe français, par le biais d’archives rares et d’entretiens avec ses danseurs (sur Arte à 23 h 35).



Le Monde
 |    08.04.2018 à 18h00
    |

            Renaud Machart








                        


Documentaire sur Arte à 23 h 35

Maurice Béjart (1927-2007) était le chorégraphe de son époque le plus connu du grand public francophone. Son passage au « Grand Echiquier », en mai 1980, l’émission de Jacques Chancel, l’avait fait mieux découvrir encore en France. Mais Béjart et son regard bleu acier étaient déjà familiers pour le public depuis 1967, date à laquelle il crée le ballet Messe pour le temps présent (musique de Pierre Henry), que Jean Vilar lui avait demandé pour le Festival d’Avignon.
Pourtant, ainsi que le rappelle l’excellent documentaire écrit par Henri de Gerlache, Maurice Béjart, l’âme de la danse – diffusé sur Arte dimanche 8 avril – la France l’avait peu encouragé. Petit et « bas de cul », comme dit son cousin, le fils du philosophe Gaston Berger est montré comme l’exemple à ne pas suivre par ses professeurs.
Il tient bon et, sans aide publique, fonde sa propre compagnie. En 1955, il crée l’événement avec Symphonie pour un homme seul, pièce de musique concrète de Pierre Henry et Pierre Schaeffer. Béjart développe un langage incarné, sensuel, érotique et même ouvertement sexuel.
Un homme complexe
En 1959, le directeur du Théâtre de La Monnaie de Bruxelles, Maurice Huisman, lui demande de chorégraphier Le Sacre du printemps, de Stravinsky. L’année suivante, le Ballet du XXe siècle est fondé et s’installe en résidence dans l’institution. A Bruxelles, Béjart ouvrira aussi, en 1970, l’école Mudra (« geste » en sanskrit), que fréquenteront tant de chorégraphes importants d’aujourd’hui.
Gerard Mortier – le successeur de Huisman à La Monnaie, en 1981 – et Béjart ne s’entendent pas. Le chorégraphe quitte les lieux six ans plus tard. La France est prête à l’accueillir mais il préfère la Suisse et fonde le Béjart Ballet Lausanne.
Ce film fait intervenir des anciens danseurs et collaborateurs de Béjart. Tous décrivent assez subtilement la complexité de cet homme, qui disait : « La seule continuité que j’ai avec moi-même, c’est que je cherche toujours. »
De nombreux extraits d’archives apportent une solide et utile documentation à ce documentaire de plus d’une heure à propos de celui qui, en conclusion, est si joliment qualifié d’« écrivain du geste ».
Maurice Béjart, l’âme de la danse, d’Henri de Gerlache et Jean de Garrigues (Fr.-Sui.-Belg., 2017, 65mn).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ L’Ensemble 2e2m exhume « La Conférence des oiseaux », premier ouvrage lyrique du compositeur Michaël Levinas.
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Au Théâtre de l’Athénée, une fable à plumes

L’Ensemble 2e2m exhume « La Conférence des oiseaux », premier ouvrage lyrique du compositeur Michaël Levinas.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 17h02
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 09h44
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

Les contes orientaux ont souvent inspiré des œuvres musicales. Celui qui est à l’origine de La Conférence des oiseaux, donnée au Théâtre de l’Athénée, à Paris, émane de la production de Farid Al-Din Attar, poète persan du XIIIe siècle. L’histoire est simple et suggestive. A l’instigation d’une huppe farouche, des milliers d’oiseaux s’engagent dans le périlleux voyage qui doit leur permettre de retrouver leur roi, Simorgh, que personne n’a jamais vu. La quête ouvre bien évidemment sur des considérations philosophiques. Son dénouement fait un peu de ce ­Simorgh le parent du célèbre phénix d’Arabie, qui a le pouvoir de renaître de ses cendres.
La partition, conçue en 1985 par Michaël Levinas (alors âgé de 36 ans), a dû, elle aussi, posséder cette vertu pour réapparaître aujourd’hui dans toute sa splendeur électronique, alors que la technologie d’antan n’est plus exploitable. Toutefois, si l’opération réalisée dans les studios lyonnais du Grame – à savoir, la numérisation des bandes magnétiques – a déterminé la base de la métamorphose, elle n’en constitue pas la réincarnation la plus impressionnante de l’œuvre sur la scène de l’Athénée. La Conférence des oiseaux doit en effet autant se voir que s’entendre.
Michaël Levinas y a intimement associé mots, gestes et sons. Trois interprètes se partagent la projection du texte. Une soprano (pour le rôle central de la huppe, entre autres), un comédien (qui, du paon au hibou, prête sa voix et son corps à une demi-douzaine d’oiseaux) et un récitant (qui introduit et commente les principales étapes de l’action). Toute une palette de la voix chantée et parlée mise au service d’un genre… qui reste à définir.
Fascinantes envolées
Ni opéra ni théâtre musical, pas davantage oratorio ou cantate profane, La Conférence des oiseaux est le premier opus d’un art lyrique que le compositeur a abordé à plusieurs reprises par la suite, mais jamais de cette façon, à la fois ouverte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ La mise en valeur de ce site classé au patrimoine de l’Unesco sera confiée à une nouvelle agence tricolore.
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Un accord franco-saoudien pour développer Al-Ula

La mise en valeur de ce site classé au patrimoine de l’Unesco sera confiée à une nouvelle agence tricolore.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 15h07
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 09h59
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Après avoir vendu son savoir-faire à Abou Dhabi pour la construction du Louvre des sables, la France s’apprête à signer, mardi 10 avril, un accord de dix ans avec l’Arabie saoudite pour le développement du site archéologique d’Al-Ula, ouvert au public depuis 2008. Un chantier chiffré entre 50 et 100 milliards d’euros, dont une part – à négocier – tombera dans les caisses de l’Etat français. L’annonce sera faite au cours de la visite en France du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman (« MBS »).

Le site d’Al-Ula – une zone désertique située à 1 heure 30 d’avion de Riyad, vaste comme la Belgique – compte des paysages d’une grande variété, des parois de roches volcaniques noires et des canyons ocre rouge, des étendues de sable blanc et des palmeraies. Surtout, il abrite des ruines nabatéennes à coupler le souffle, comparables à celles de Pétra, en Jordanie.
Tout commence à l’été 2017, quand le prince héritier met en place une commission royale pour le site d’Al-Ula. A sa tête, l’un de ses proches, le prince Bader Ben Abdullah Ben Mohammed, celui-là même qui, selon le New York Times se serait porté acquéreur du Salvator Mundi, attribué à Léonard de Vinci et destiné à enrichir la collection du Louvre Abu Dhabi. Egalement mobilisé : le très tonique Amr Al-Madani, CEO (Chief Executive Officer) au profil très anglo-saxon. L’idée, qui s’inscrit dans la Vision 2030 de « MBS », est simple : faire de ce site un haut lieu de la culture et du tourisme, mais aussi une zone franche, vecteur de transformation sociale et économique d’un pays qui avait jusque-là gommé toutes ses racines préislamiques.
L’activité touristique étant loin d’être le point fort du royaume wahhabite, « MBS » s’est tourné vers un pays expert en la matière, la France. Après un premier échange avec le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, Emmanuel Macron prend le relais début novembre 2017 et missionne Gérard Mestrallet, président...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le Musée d’art de Lima souhaitait présenter des œuvres populaires évoquant la sale guerre entre le Sentier lumineux et l’armée. Les autorités ont interdit l’exposition pour « apologie du terrorisme ».
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Le Pérou censure son art de mémoire

Le Musée d’art de Lima souhaitait présenter des œuvres populaires évoquant la sale guerre entre le Sentier lumineux et l’armée. Les autorités ont interdit l’exposition pour « apologie du terrorisme ».



Le Monde
 |    08.04.2018 à 06h30
    |

                            Paulo A. Paranagua (Lima, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Un vent de censure souffle sur le Pérou. Le grief brandi par les censeurs est l’« apologie du terrorisme ». Pas celui des djihadistes, mais celui de la guérilla maoïste du Sentier lumineux, qui précipita les Péruviens dans une terreur sanglante entre 1980 et 2000. Selon la Commission de la vérité et de la réconciliation, ces années de plomb ont fait plus de 69 000 morts ou disparus. Beaucoup ont été pris entre les feux des guérilleros et des militaires engagés dans une « sale guerre ».
L’irruption brutale des maoïstes et des militaires
Trois décennies plus tard, des artistes populaires ont voulu témoigner. Le district de Sarhua, berceau du Sentier lumineux, a particulièrement souffert. Cette communauté est connue pour ses tablas peintes sur bois. Ces tablettes, d’abord destinées à décorer les maisons locales, sont devenues des tableaux aux formats plus classiques. Une série d’une trentaine d’œuvres, dues notamment à l’artiste Primitivo Evanan, 73 ans, évoque l’irruption brutale des maoïstes et des militaires dans la vie des paysans.
L’ONG américaine qui les avait acquises les a données au Musée d’art de Lima (MALI). Mais la douane les a saisies fin 2017, sous l’infamante charge d’« apologie du terrorisme ». L’affaire a été transmise à la Direction antiterroriste de la police. Depuis, le MALI a récupéré les tableaux, mais ils restent interdits au public.
Un tabloïd a lancé la polémique, en janvier, titrant sur un « projet d’exposition proterroriste » déjoué par les autorités. La controverse a mobilisé des partisans de l’ancien autocrate Alberto Fujimori (1990-2000), condamné pour crimes contre l’humanité, qui a bénéficié en décembre 2017 d’une grâce présidentielle. Les fujimoristes revendiquent sans états d’âme leur victoire contre les ­terrucos (terroristes). La chroniqueuse Cecilia Blume, proche de l’ancien président Pedro Pablo Kuczynski, s’est prononcée, elle aussi, contre la présentation des tableaux de Sarhua,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Notre choix du soir. Cette création du grand chef et compositeur américain est un portrait-type de l’époque qui la vit naître (sur Arte Concert à la demande).
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TV – « Mass », de Bernstein, une œuvre pop, classique et hippie

Notre choix du soir. Cette création du grand chef et compositeur américain est un portrait-type de l’époque qui la vit naître (sur Arte Concert à la demande).



Le Monde
 |    07.04.2018 à 18h00
    |

            Renaud Machart








                        


Concert sur Arte Concert à la demande

Mass (1969-1971), de Leonard Bernstein (1918-1990), n’est pas une messe – dans le sens liturgique, catholique et romain du terme – mais une célébration tous azimuts, hippie en diable et très typique de son époque en pleine ébullition sociétale et créatrice. Mass est inclassable : ni vraiment classique ni vraiment pop, mais un peu tout cela et plus encore.
Au cours de l’année du début de sa composition, 1969, les réfrigérateurs explosent à la fin de Zabriskie Point, le film psychédélique de Michelangelo Antonioni, les drag-queens finissent par se rebeller contre les descentes de police au bar Stonewall, de New York. C’est aussi le moment du festival de Woodstock. Le tout sur fond de guerre au Vietnam, de drogue et de Flower Power.
Bernstein, très grand chef d’orchestre, était un compositeur doué mais inégal, dont l’image était à son goût trop liée à West Side Story (1957, porté au grand écran en 1961). A la fin de sa carrière, il interdisait même qu’on parle de lui comme du « compositeur de West Side Story ». Pourtant, ce musical est ce qu’il a écrit de mieux et la meilleure comédie musicale de tous les temps.
Indéniable et solide préparation
Mais Bernstein cherchait toujours midi à quatorze heures, et, en compliquant les choses à dessein, il échouait souvent dans sa quête du chef-d’œuvre transgenre. Mass veut tout concilier, au risque du bariolage et du kitsch œcuméniques. Pourtant le miracle s’accomplit. Et cette longue « composition dramatique » constitue peut-être le meilleur portrait du janusien et protéiforme compositeur.

Ce concert est le résultat d’une indéniable et solide préparation : les chanteurs – à l’exception du grand chœur – chantent de mémoire et fournissent un jeu scénique convaincant. Le « célébrant », incarné par Jubilant Sykes, est émouvant, ainsi que le chœur Aedes, de Mathieu Romano, impeccable dans ses ensembles ou dans ses interventions solistes (parfois redoutables de difficulté).
Wayne Marshall, formidable musicien (pianiste et organiste), n’est peut-être pas le chef d’orchestre le plus précis que l’on connaisse, mais cette captation donne une belle image de l’œuvre paradoxale et attachante qu’est Mass.
Mass, de Leonard Bernstein, captation de concert réalisée par François-René Martin. Arte Concert à la demande jusqu’au 21 mars 2020.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ A voir aussi ce soir. Dans sa tentative d’éclairer l’exercice du pouvoir par la science, ce documentaire peine à convaincre (sur Public Sénat à 23 h 30).
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TV – « Le pouvoir nuit-il gravement au cerveau ? »

A voir aussi ce soir. Dans sa tentative d’éclairer l’exercice du pouvoir par la science, ce documentaire peine à convaincre (sur Public Sénat à 23 h 30).



Le Monde
 |    07.04.2018 à 17h45
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur Public Sénat à 23 h 30



Depuis dix ans, dans son magazine « Déshabillons-les », sur ­Pu­blic Sénat, Hélène Risser passe au crible les discours, gestuelles et images des politiques en faisant appel à des philosophes, des sémiologues ou des psycho­logues. Riche matière que celle-ci, surtout en cette décennie marquée par deux quinquennats émaillés de dérapages verbaux, de confidences surprenantes ou de décisions incompréhensibles, qui ont affaibli une fonction que, ­chacun à sa manière, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont tenté de modifier. Comme si le pouvoir et les nouvelles conditions dans lesquelles il s’exerce ­depuis quelques années – en raison notamment de l’accélération du temps politique et médiatique – avaient affecté leur cerveau.
­Hélène Risser, épaulée par la journaliste Hélène Fresnel, a mené l’enquête, en s’appuyant sur les dernières recherches qui ont été conduites en psychologie et en neurosciences sur la manière dont le cocktail pouvoir, solitude et stress influe sur le comportement et la prise de décision.
Phénomène de cour, tout-puissance, isolement
Hybride dans son propos – mi-scientifique, mi-politique – autant que dans sa forme, qui alterne entretiens avec des proches de Nicolas Sarkozy, de François Hollande, d’Emmanuel Macron et ceux avec des scientifiques (neurologue, éthologue, psychanalyste, psychologue…), cette enquête suit l’évolution de ces deux présidences, ainsi que les débuts de celle d’Emmanuel Macron. Elle tente aussi de saisir comment la vie au « Palais » avec son phénomène de cour, le sentiment de toute-puissance, l’isolement ou encore la pression et le stress ont conduit au fameux « Casse-toi, pauvre con », lancé par Nicolas Sarkozy à un homme qui refusait de lui serrer la main au ­Salon de l’agriculture. Ou encore à l’intervention incongrue de François Hollande dans l’affaire Leonarda, puis ses longues confidences aux journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme dans « Un président ne devrait pas dire ça… » (Stock, 2016).

   


L’idée de faire appel à des scientifiques pour démontrer les incidences du pouvoir sur le cerveau de nos présidents était en soi doublement séduisante, par son ­approche et son questionnement. Et pour le moins ambitieuse. Trop peut-être. Sinon comment comprendre que cette enquête ne se démarque fina­lement que peu des analyses ­connues et rebattues. Comme celle qui ­consiste à dire que le cadre monarchique élyséen et sa charge symbolique mettent à distance le chef de l’Etat non seulement des citoyens, mais également de son entourage, isolement contribuant à nourrir la méfiance, voire l’hostilité. Ou qu’une forme d’impunité autorise à favoriser ses proches, à l’image de Nicolas Sarkozy confiant à son fils Jean, encore étudiant, la direction de l’Epad de la Défense. Sans parler du cheminement de pensée des auteurs, qui n’apparaît pas toujours très clairement.
Paradoxalement, c’est moins du côté des scientifiques que des intervenants politiques, tels ­Patrick Devedjian, savoureux dans ses formules, Aquilino Morelle, conseiller de François Hollande, Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, ou Gilles Savary, ex-député so­cialiste, que l’on trouvera finalement les analyses les plus éclairantes et ­significatives.
Le pouvoir nuit-il gravement au cerveau ?, d’Hélène Fresnel et Hélène Risser (Fr., 2018, 55 min)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ La performance est à l’honneur dans le centre d’art avec la 4e édition de Do Disturb.
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Le Palais de Tokyo performe tout le week-end

La performance est à l’honneur dans le centre d’art avec la 4e édition de Do Disturb.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 16h27
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 17h50
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



   


La 4e édition du festival de performances Do Disturb a ouvert en fanfare et sous le soleil, vendredi 6 avril, devant le Palais de Tokyo, à Paris. Pas n’importe quelle fanfare, un Marching Band social et transatlantique créé par l’artiste Frédéric Nauczyciel et le vogueur Marquis Revlon, entre Baltimore et La Courneuve. Et qui fait joyeusement voler en éclats normes et clichés par son énergie festive, mêlant tous les âges, tous les corps, pompom girls and boys et des instruments inattendus (accordéon, violon) entre les cuivres.
Do Disturb est devenu une promesse de pépites internationales de la performance dénichées par la commissaire générale de l’événement, Vittoria Matarrese, mais il est préférable d’être en forme pour se plonger dans son grand chaos apparent. Les propositions s’y enchaînent ou se carambolent à un rythme endiablé, et le défi consiste à se perdre, tout en étant au bon endroit au bon moment.
Pour une entrée en douceur, une option : aller à l’Institut d’esthétique. Ce large espace prodigue soins et attentions sous la houlette d’Emile Degorce-Dumas, Vincent Voillat et Haily Grenet, qui ont invité de nombreux artistes mêlant comme eux questions d’esthétique corporelle et notions d’esthétique artistiques. Avec poésie ou un humour féroce.
Yoga et comédons
Au programme : un masque à la bave d’escargot, réputée excellente pour la peau, mais avec des escargots déposés à même le visage, une cabine de sauna qui enveloppe le corps de chaleur et de musique, avec un DJ set dédié, en live, un coiffeur psychédélique, une manucure engagée, où l’on discute politique et cuticule. Sensibles, s’abstenir de passer dans la cabine des comédons, à moins d’avoir envie de découvrir leurs qualités plastiques révélées en gros plan par Wim Delvoye.
Des séances de méditation sont accessibles en continu, il suffit de s’installer sur l’un des matelas de yoga, de prendre un casque et de se laisser guider par la voix : « Respirez profondément, ressentez pleinement votre narcissisme et votre indifférence totale mais harmonieuse au monde qui vous entoure… »
Relaxation plus radicale encore : le public peut expérimenter une thérapie pratiquée en Corée, et qui consiste à faire le mort… en assistant à son propre enterrement. Un cercueil est à disposition, ainsi que des chaises pour les proches, chargés de dire tout le bien qu’ils pensaient du défunt.
On peut passer des heures dans cet Institut où la performance la plus étrange est certainement celle de la chanteuse lyrique et ventriloque Mathilde Fernandez. Installée sur une table de chirurgie esthétique, elle compose un hymne glaçant à la jeunesse éternelle. Ne pas rater non plus, la cabine Maxime Rossi, qui partage en flashs lumineux les visions colorées que lui procurent ses orgasmes, du vert sapin au rose fluo.
Corps à corps dans la glaise
Hors de cette bulle, il y a du sport – avec les invraisemblables catcheuses féministes du collectif FLOW, de Los Angeles, une salle de MMA, sport de combat où tous les coups sont permis, et où les femmes sont invitées à se défouler –, et de nombreux moments de grâce. Par exemple, en compagnie de Zadie Xa, jeune artiste d’origine coréenne née au Canada et qui vit à Londres. C’est son identité métissée qu’elle traduit par la danse, la musique et des costumes fantasmagoriques, mixant traditions asiatiques et glamour pop.
Moment de grâce aussi, mais dans les airs pour le duo de circassiennes Pauline Barboux et Jeanne Ragu, plutôt habituées à se suspendre en extérieur, dans des festivals de rue ou en pleine nature. Ou corps à corps, plus terre à terre, chez Florence Peak, où les performeuses, nues, rejouent dans six tonnes de glaise étalée au sol le scandale provoqué en 1913 par le Sacre du printemps de Stravinski.
Le corps de l’artiste afghane Kubra Khademi reste, lui, immobile : ses formes féminines sont exacerbées à la façon d’une ancestrale statuette de la fécondité, grâce à du sel remplissant ses habits, et se dissolvent lentement sous l’effet d’une douche.

        Lire aussi :
         

                Vittoria Matarrese : « Il y a un retour du texte dans la performance »



Ce sont deux « coups de foudre artistiques » du festival, et de fait, il serait dommage de passer à côté. D’abord Jamila Johnson Small, la prochaine artiste en résidence au Palais de Tokyo. Cette plasticienne, danseuse, mannequin et musicienne venue de Londres, prend immédiatement possession de la salle 37 lorsqu’elle pénètre dans cet unique espace clos du Palais de Tokyo. Ses micromouvements saccadés, son corps androgyne, sa peau noire recouverte de plastique brillant ou dénudé, l’éclairage jaune stroboscopique, l’obscurité et la fumée, le mixage live : elle dynamite tous les codes, sociaux comme artistiques, envoûtement garanti.
Le travail du New-yorkais Jeremy Nedd, lui aussi inédit en France, se découvre en live et en vidéo. Sur scène, ses performeuses, aux gestes dédoublés, déconstruisent l’idée de sample et de plagiat dans la danse, notamment dans les chorégraphies de Beyoncé. Sur un mur, on le voit décliner son recensement des poses du rap, un langage corporel d’autant plus savoureux qu’il est ici décontextualisé, regardé pour lui-même.
Communion avec des pommes de terre
Un étage plus haut, plusieurs performeurs venus du Brésil se côtoient dans une sorte de théâtre de l’absurde : le Russo-Brésilien Fyodor Povlov, enseveli sous une montagne de pommes de terre, tente d’entrer en communion avec ce tubercule qui fait le lien entre ses deux pays d’origine. Une quête identitaire qui laisse les visiteurs médusés. A côté, ces derniers sont invités à « fusiller » avec du ciment frais Marcelo Cidade qui lit, nu, la liste des mesures du nouveau gouvernement néolibéral brésilien.
Autre pays, autre prisme social : la Sud-Africaine Gabrielle Goliath soulève le tabou des violences faites aux femmes dans son pays, et notamment les assassinats non élucidés (par laxisme). Des chanteuses lyriques, habillées de noir, se succèdent sur une estrade pour tenir une note unique une heure durant dans une longue et émotionnelle plainte chorale. Un texte permet au public de découvrir qui était la femme à qui est dédié cet hommage. Cette fois, il s’agit de Joan, une transexuelle tuée en 2015.
Impossible d’être exhaustif, d’autant qu’entre les projets qui se jouent ponctuellement chaque jour évoluent des « marathoniens », qui œuvrent par infiltrations et perturbent les déambulations des visiteurs d’interventions loufoques ou grinçantes.
Le point d’orgue du festival, dimanche soir, sera une pièce du Dance On Ensemble, une compagnie d’anciens danseurs professionnels de ballet venue de Berlin et pilotée par l’Américain Christopher Roman, qui fut directeur adjoint de la Forsythe Company. Ces corps qui ont dépassé la limite d’âge du ballet ont encore de l’émotion à partager.
Do Disturb, de midi à minuit jusqu’au dimanche 8 avril au Palais de Tokyo, 13, avenue du Président-Wilson, Paris 16e.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Yassine Belattar a inauguré, vendredi, la première édition de ce mini-festival au cours duquel se produiront notamment, jusqu’à dimanche, Smaïn et Haroun.
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L’Institut du monde arabe s’ouvre à l’humour

Yassine Belattar a inauguré, vendredi, la première édition de ce mini-festival au cours duquel se produiront notamment, jusqu’à dimanche, Smaïn et Haroun.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h39
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 13h54
    |

            Sandrine Blanchard








                        


« C’est très sulfureux de venir me voir », lance Yassine Belattar aux 370 spectateurs réunis, vendredi 6 avril, dans l’auditorium de l’Institut du monde arabe (IMA) à Paris. Accusé, en décembre 2017 par l’hebdomadaire Marianne, d’« entretenir le déni de l’islamisme », décrit, à la fin du mois de mars par Valeurs actuelles, comme le « Dieudonné de Macron », l’humoriste rétorque : « vous allez voir que, dans deux mois, j’aurais tué Kennedy. »
Devant un public cosmopolite, où l’on croise l’ancien footballeur international Lilian Thuram, créateur de la fondation Education contre le racisme et Latifa Ibn Ziaten, la mère d’Imad, l’un des militaires assassiné à Toulouse en 2012 par le terroriste Mohammed Merah, Yassine Belattar inaugure le premier « week-end humour » de l’IMA. « Il n’était que temps d’ouvrir nos portes au rire. “Enfin !”, pourrait-on dire », justifie Jack Lang. « Pour avoir sillonné les routes du monde arabe, j’ai souvent savouré, des chauffeurs aux bistrotiers en passant par les intellectuels, leur sens aigu de l’humour qui permet à beaucoup de ces peuples de résister », poursuit, lyrique, le président de l’Institut.

        Lire aussi « Un apéro avec… » Yassine Belattar :
         

          « L’ignominie de l’époque, c’est la surenchère »



Le Français d’origine marocaine Yassine Belattar, avec, en première partie, l’humoriste française d’origine tunisienne Samia Orosemane, ont donc ouvert le bal de ce nouveau rendez-vous « pour rire de tout et de tous » appelé à être renouvelé chaque année. « Nous ouvrons les portes de l’Institut à toutes les expressions artistiques pour élargir et diversifier le public », explique Jack Lang, citant la carte blanche à Oxmo Puccino, la nuit de la poésie ou l’Arabic Sound System récemment organisés. « Le rire est un élément, évident et normal, parmi d’autres », insiste-t-il. Pour cette première édition, l’IMA n’a programmé que des artistes qui se produisent en France – Mademoiselle Dalila et Smaïn samedi 7 avril, Wary Nichen et Haroun dimanche 8 avril – et envisage, l’année prochaine, d’inviter des humoristes du monde arabe.
« Cela fait quinze ans que ma carrière est un bordel »
« On ne savait pas qu’on avait un institut ! », s’amuse Yassine Belattar avant de s’embarquer pour deux heures de show alternant commentaires de l’actualité, sketchs et interaction avec la salle. Actuellement dans « l’œil du cyclone », l’humoriste – qui a soutenu Emmanuel Macron pendant les présidentielles et qui vient d’être nommé au Conseil présidentiel des villes –, revient régulièrement sur les attaques les plus folles dont il est la cible sur les réseaux sociaux. « J’ai été très affecté d’avoir été qualifié d’antisémite et d’islamiste », insiste-t-il, sans rire cette fois. « Cela fait quinze ans que ma carrière est un bordel », constate celui qui est aussi animateur sur radio Nova. Mais ces dernières semaines, les coups portés à ce comique français de confession musulmane qui revendique une France de la diversité et s’engage politiquement n’ont jamais été aussi durs. Son tempérament parfois orageux peut agacer, son goût pour les projecteurs peut paraître excessif, mais rien de ce qu’il dit sur scène ne relève du « néoracisme », dont l’accuse certains.
Tout au long de son spectacle, en grande partie identique à celui qu’il présentait avant la polémique, il fustige les « terroristes tarés », se moque de la « racaille », charrie les coutumes des Maghrébins et des Noirs, refuse l’étiquette de « représentant de la banlieue » (où il ne vit plus depuis longtemps), rappelle que la « musulmanie » n’est pas un pays, fait applaudir les parents issus de l’immigration et les professeurs qui travaillent en banlieue.
Avant de quitter le plateau et de se prêter à une séance de selfies avec les spectateurs qui l’attendent dans le hall, Yassine Belattar annonce qu’il va bientôt arrêter ce one-man-show et qu’il consacrera son prochain spectacle à l’éducation de ses trois enfants. Début mai, ajoute-t-il, il accompagnera Latifa Ibn Ziaten à Carcassonne, dans le quartier du djihadiste de l’Aude, Radouane Lakdim, pour promouvoir la laïcité et la paix.
« Week-end humour » à l’Institut du monde arabe, jusqu’au dimanche 8 avril.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le groupe était l’un des cinq finalistes de ce tremplin destiné à repérer des nouveaux talents des « musiques actuelles ».
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The Psychotic Monks lauréat du prix Chorus 2018

Le groupe était l’un des cinq finalistes de ce tremplin destiné à repérer des nouveaux talents des « musiques actuelles ».



Le Monde
 |    07.04.2018 à 13h27
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 10h04
    |

            Sylvain Siclier








                        



   


Vendredi 6 avril, lors de la finale du prix Chorus, tremplin destiné à repérer des nouveaux talents des « musiques actuelles », il n’y aura pas eu de mention du nom de Jacques Higelin, décédé le jour même. Aucun des cinq groupes qui se sont succédé au Riffx et au Tutti – deux des petites salles de La Seine musicale, sur l’île Seguin, à Boulogne-Billancourt, où est organisé le festival Chorus des Hauts-de-Seine – n’a inscrit à sa prestation une reprise qui aurait été décidée au dernier moment. Ces cinq groupes disposaient chacun d’un court programme de trente minutes pour convaincre un jury d’une dizaine de personnes et le public.
A l’applaudimètre de cette jeune audience, peut-être parce que ce serait le plus proche de ce qu’ils écoutent quotidiennement, le trio Thé Vanille, plutôt pop ; Faire, autre trio, plutôt dans l’option électro dansante ; et Aloïse Sauvage, seule en scène, qui déclenche des séquences mélodiques et rythmiques pour accompagner son parler-chanter. D’Aloïse Sauvage a déjà été repéré un refrain, « Aphone/A force d’être à fond », repris en chœur. Avec, en plus, le rock puissant du duo Equipe de foot (un guitariste, un batteur) ; celui bruitiste, expérimental du quartette The Psychotics Monks : la finale du prix Chorus reflète bien ce qui agite les musiques actuellement.

Bouillonnement et déflagrations
Particularité de ce prix, mis en place depuis plusieurs années, chaque groupe passe un entretien avec le jury à l’issue des concerts et avant la délibération. « Ce n’est pas un grand oral, c’est assez détendu, précise David Ambibard, programmateur du festival. C’est un moyen d’évaluer les groupes au-delà du concert, de sentir où ils en sont dans leur développement. A la marge, c’est une rencontre qui peut influer quand il y a des hésitations des jurés après une prestation, si l’on sent de la conviction, une envie, de la sincérité. »
Tard dans la nuit, le jury a fait connaître son choix : c’est The Psychotics Monks, groupe parisien extrême, qui est le lauréat du prix Chorus 2018, doté de la somme de 10 000 euros pour son accompagnement professionnel. Le groupe a déjà enregistré un album, sorti en avril 2017. Le concert est un terrain de jeu qui en densifie le propos. On songe alors parfois aux déflagrations du groupe allemand Faust, aux recherches vers l’intensité sonore du Japonais Keiji Haino. Le chant, en anglais, y est un des éléments d’un bouillonnement renforcé par les deux guitaristes, en saturation et effets Larsen, le bassiste et claviériste et le batteur. Quelques moments calmes, avant des relances, des sursauts. L’improvisation semble y avoir une place importante, dans un cadre établi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Notre chroniqueur a encore frappé : après les vestiaires de Nathalie Baye et Mark Zuckerberg, Marc Beaugé scrute celui de l’animateur de « The Voice » qui aime le noir.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Créé par le Scottish Opera, « BambinO » réinvente le langage et les traditions de l’art lyrique pour les bébés de 6 à 18 mois. Les spectateurs installés sur scène sont libres de chanter, parler, gambader. Au Centquatre du 13 au 20 avril.
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Opéra pour mélomanes en couches-culottes


                      Créé par le Scottish Opera, « BambinO » réinvente le langage et les traditions de l’art lyrique pour les bébés de 6 à 18 mois. Les spectateurs installés sur scène sont libres de chanter, parler, gambader. Au Centquatre du 13 au 20 avril.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 12h15
    |

                            Valentin Pérez








   


Séances de brainstorming, recherches techniques, répétitions générales… Le Scottish Opera a travaillé par étapes pour créer BambinO, un opéra pour bébés, qui arrive à Paris. En apparence, la forme est celle, classique, d’un petit opéra. Deux actes, un entracte, une histoire portée par une partition… Sauf que les spectateurs de BambinO possèdent une singularité : ils ont entre 6 et 18 mois. Cette production pour bébés débarque à Paris, programmée par le Théâtre du Châtelet et accueillie au Centquatre.
En 2009, l’institution écossaise avait déjà mis en scène BabyO, un spectacle d’initiation musicale. Cette fois, le projet est plus ambitieux. Jane Davidson, chargée de l’éducation artistique au Scottish Opera, lance, début 2016, l’idée d’une véritable pièce pour les tout-petits. « La commande était claire : une partition opératique, avec un cadre narratif qui puisse être compréhensible par les bébés, raconte le compositeur Lliam Paterson, 26 ans, espoir de l’opéra britannique. Avec le metteur en scène, Phelim McDermott, nous avons commencé par un brainstorming pour établir l’histoire. » Centrée sur l’oiseau Uccellina (Charlotte Hoather), elle déroule, en onomatopées et quelques mots d’italien, une intrigue simple : la naissance de son enfant Pulcino (Timothy Connor), l’exploration de la terre, l’envol du petit qui doit finalement quitter le nid pour le ciel…
« C’est un spectacle qui permet d’initier à l’opéra des très jeunes et qui prouve que la musique est universelle, par-delà les langues et les âges. » Ruth Mackenzie, directrice du Théâtre du Châtelet
« Avant de m’atteler à la composition, j’ai lu beaucoup d’ouvrages scientifiques sur le développement auditif. J’ai décidé de privilégier des sons évolutifs qui varient de l’aigu au grave, de mettre en valeur les voyelles… Des éléments plus faciles à mémoriser et à reproduire pour les bébés. » Pour nourrir sa créativité, il se tourne vers Verdi ou Puccini. Une fois la musique établie, un séminaire d’une semaine se tient à Glasgow, en décembre 2016, permettant de tester l’opéra sur dix petits cobayes volontaires. « Nous avons observé leurs réactions et demandé un retour à leurs parents, explique Lliam Paterson. Pour moi qui ne suis pas père, c’était instructif et ça m’a confirmé que nous étions sur la bonne voie. » Au fil des quelques ajustements, la mise en scène se rode. Il est décidé d’installer les spectateurs en culottes courtes à même le plateau – leurs accompagnants étant assis tout autour, en léger retrait – et de les laisser libres de chanter, parler, se déplacer, toucher les interprètes ou les accessoires.
Après la première, donnée au Manchester International Festival en juillet 2017, les critiques anglais applaudissent. Ruth Mackenzie, qui dirige le Théâtre du Châtelet, découvre la performance de trente-cinq minutes à Wigan. « Tout était limpide, pour les bébés comme pour les adultes, se souvient-elle. C’est un spectacle qui permet véritablement d’initier à l’opéra des très jeunes et qui prouve que la musique est universelle, par-delà les langues et les âges. » Sur son invitation, voilà la joyeuse troupe à Paris. Une façon éclatante de rafraîchir le public, alors que l’âge moyen du spectateur d’opéra en France affiche 51,5 ans (Les Forces musicales et Traces TPI, 2017). Même tous réunis, les trente jeunes chanceux qui pourront assister à chaque représentation n’atteignent pas un tel âge.
« BambinO », au Centquatre, 5, rue Curial, Paris 19e. Du 13 au 20 avril (complet). www.104.fr



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Le monde audiovisuel à l’heure de la réalité virtuelle

Les chaînes de télévision, en quête d’une audience plus jeune, s’intéressent de plus en plus à cette nouvelle technologie.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 12h12
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 13h46
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                            Mathieu Ait Lachkar et 
                            Camille Langlade








                        



                                


                            

Aucun événement consacré à la télévision n’échappe à un espace « nouvelles technologies ». Parmi elles, la réalité virtuelle occupe désormais une bonne place. Elle apparaît même comme l’une des vedettes du Marché international des programmes de télévision (MIPTV), qui se tiendra à Cannes du 9 au 12 avril. Sa directrice, Laurine Garaude, explique : « Cela fait maintenant trois ans que l’on accélère le développement autour de la VR [initiales de l’anglais virtual reality, réalité virtuelle]. Il est essentiel, dans un marché de contenus comme le MIPTV, de réunir l’ensemble des acteurs qui travaillent à la recherche de nouvelles narrations. »
Cette technologie immersive, capable d’offrir à l’utilisateur une plongée dans un univers à 360 degrés – essentiellement grâce à un casque – fait réfléchir les diffuseurs de contenus, qui observent l’essor des nouveaux modes de consommation de l’image. « Les téléspectateurs, surtout les jeunes adultes, sont de plus en plus nombreux à consommer des contenus vidéo hors de l’écran de la télévision et à délaisser les programmes qui y sont diffusés, constate Pierre Block de Friberg, chargé du pôle Nouvelles écritures de France Télévisions. Il y a une grande appétence pour les nouvelles technologies. »

Bien loin des créneaux horaires imposés par les grilles de programme, les chaînes pourraient chercher à (re)conquérir une audience plus large, et surtout plus jeune. La réflexion est engagée chez Arte : « L’idée pour nous est d’aller à la rencontre d’un public qui ne regarde pas particulièrement Arte à la télévision, mais qui s’intéresse à des narrations et des points de vue originaux », indique Gilles Freissinier, directeur du développement numérique d’Arte France.
Son homologue Pierre Block de Friberg reconnaît quant à lui que « la réalité virtuelle accompagne ces changements d’usages. Elle permet de repenser la narration audiovisuelle, avec...




                        

                        

