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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Norman Steinberg et Jennifer Westacott, coprésidents du Forum Australie-Canada, estiment que l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste, ratifié le 8 mars, montre qu’il est possible d’éviter une guerre commerciale.
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« Défendre le ­commerce n’est pas seulement une obligation commerciale, c’est une décision morale »

Dans une tribune au « Monde », Norman Steinberg et Jennifer Westacott, coprésidents du Forum Australie-Canada, estiment que l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste, ratifié le 8 mars, montre qu’il est possible d’éviter une guerre commerciale.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 17h23
    |

Jennifer Westacott (Directrice générale du Business Council of Australia et coprésidente australienne du Forum AusCan) et Norman Steinberg (Préside...







                        



   


Tribune. Confrontées au spectre d’une nouvelle guerre commerciale et à celui du protectionnisme populiste à l’œuvre dans certaines parties du monde, onze nations ont ratifié le 8 mars au Chili l’un des accords de libre-échange les plus exhaustifs à ce jour, l’Accord de parte­nariat transpacifique global et progressiste (PTPGP).
Aujourd’hui, ce message est plus important que jamais. Nos deux pays, l’Australie et le Canada, signataires de cet accord, partagent un patrimoine commun, des ­principes démocratiques libéraux, une vision commune et une confiance dans la force écono­mique du commerce mondial. Un commerce ouvert et libéral a contribué à bâtir des communautés prospères en Australie et au Canada, en leur offrant plus de possibilités que dans toute l’histoire de l’humanité, en améliorant leur niveau de vie et en donnant naissance à deux des nations les plus riches au monde.
A travers le monde, des échanges plus ouverts et plus libres ont sorti environ un milliard de personnes de l’extrême pauvreté
Quoi qu’ils ne soient pas immédiatement perceptibles, les avantages du commerce entre nos deux nations sont clairs. Les investissements bilatéraux dépassent 80 milliards de dollars canadiens [environ 50,4 milliards d’eu­ros]. Que vous vous rendiez au ­travail dans un train canadien à Brisbane, ou que vous soyez un Canadien ou une Canadienne employé par une entreprise australienne à Montréal, c’est une chose qui mérite d’être protégée.
Mais l’histoire du commerce concerne bien plus que nos deux nations. A travers le monde, des échanges plus ouverts et plus libres ont sorti environ un milliard de personnes de l’extrême pauvreté. Pour nous, défendre le ­commerce n’est pas seulement une obligation commerciale ; c’est une décision morale.
Le protectionnisme du passé
Cependant, les défis liés à l’instabilité mondiale, aux changements technologiques rapides et au mécontentement à l’égard des institutions persistent. Quoique les prémices d’un rétablissement économique mondial se fassent aujourd’hui sentir, après des années de croissance au ralenti, certains se sentent encore floués.
La perturbation des vieux secteurs d’activité a incité les gens à chercher une solution facile à leurs déboires économiques
Il n’est pas surprenant que, dans un monde marqué par des ­changements aussi rapides, certaines communautés d’Amérique du Nord et d’Australie se sentent menacées, assiégées, et, dans certains cas, de plus en plus attirées vers le protectionnisme du passé. La perturbation des vieux secteurs d’activité, combinée à la création de nouvelles industries et à de nouvelles façons de travailler, a incité les gens à chercher une solution facile à leurs déboires économiques.
Toutefois, la véritable menace qui plane sur notre relance économique mondiale provient de l’accroissement des mesures commerciales protectionnistes et de la révolte contre un système commercial multilatéral fondé sur des règles. Nous ne pouvons pas faire la sourde oreille aux appels lancés depuis les Etats-Unis, la plus importante économie occidentale au monde, pour retourner à la sombre époque des marchés protégés et des barrières commerciales.
Spirale nuisible
Cependant, nous ne pouvons pas non plus riposter et provoquer une guerre commerciale, car une telle rivalité nous entraînerait rapidement dans l’engrenage de la pauvreté. Il est impératif que le ­Canada, l’Australie et d’autres pays partageant les mêmes vues collaborent pour repousser cette menace contre la libéralisation du commerce mondial et le système fondé sur des règles qui l’appuie depuis si longtemps.

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                Le Partenariat transpacifique relancé sans Washington



Cette spirale menant à des ­mesures commerciales où l’on se rend coup pour coup et où chacun fait cavalier seul nuirait irrémédiablement à l’économie mondiale, en particulier aux nations de taille moyenne et aux plus petites, qui dépendent en majeure partie du commerce. Le Canada et l’Australie figurent clairement dans cette catégorie. Nous courons un risque réel. Nous avons beaucoup en commun. En tant qu’économies de taille moyenne, le commerce constitue la force vive de nos économies car il génère les revenus élevés auxquels s’attendent nos populations.
Front commun
Le sort de l’économie canadienne est étroitement lié à celui des Etats-Unis, son principal partenaire commercial, tandis que l’Australie dépend largement des marchés d’exportation en Chine et au Japon. Tous ces marchés risquent d’être touchés directement ou indirectement par des mesures protectionnistes.
Certains détracteurs avaient affirmé que le projet n’aboutirait jamais à la suite du retrait des états-Unis du Partenariat transpacifique
Dans ce contexte, on ne saurait exagérer l’importance de la décision prise par le Canada, l’Australie et neuf autres nations de la communauté transpacifique de faire front commun. L’accord du 8 mars éliminera 98 % des tarifs douaniers entre les pays membres et facilitera le commerce et les investissements d’un bout à l’autre de cette région dynamique.
Certains détracteurs avaient affirmé que le projet n’aboutirait jamais à la suite du retrait des Etats-Unis du Partenariat transpacifique, mais un travail acharné et de la persévérance ont prouvé le ­contraire. Les onze pays devraient être félicités pour leur courage et leur résolution à faire profiter leurs populations des avantages d’un marché plus libre.

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                Guerre commerciale : « Pour l’Europe, c’est un moment de vérité » face à Washington



Le Forum AusCan, qui se tiendra en juillet à Montréal, rassemblera chefs d’entreprise, leadeurs politiques et associatifs afin de renforcer et resserrer les liens entre nos deux démocraties libérales, démontrant ainsi leur engagement commun envers les valeurs qui ont fait prospérer le monde.
Cette tribune a été publiée à l’origine dans « Le Monde » du 29 mars.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ A travers l’étude du Service des contrôles techniques, un organe ultrasecret de surveillance pour identifier les dissidents, repérer les ennemis d’Etat et faire la chasse aux juifs dès 1940, Antoine Lefébure restitue une histoire tragique de la France de Vichy.
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Les années noires des correspondances entre Français

A travers l’étude du Service des contrôles techniques, un organe ultrasecret de surveillance pour identifier les dissidents, repérer les ennemis d’Etat et faire la chasse aux juifs dès 1940, Antoine Lefébure restitue une histoire tragique de la France de Vichy.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 16h20
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 16h57
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            

Livre. Au lendemain de l’installation de l’Etat français à Vichy, le 10 juillet 1940, le maréchal Pétain, qui dispose des pleins pouvoirs, demande au Service des contrôles techniques (SCT) de lui rapporter ce que les Français disent et écrivent sur lui. Il décide donc de séparer le SCT du ministère de la guerre et d’en faire un organe ultrasecret de surveillance pour identifier les dissidents, repérer les ennemis d’Etat et faire la chasse aux juifs.
Cette arme redoutable que fut le SCT, Antoine Lefébure la connaît bien : en 1993, il avait publié Les Conversations secrètes des Français sous l’Occupation, chez Plon. Vingt-cinq ans plus tard, il s’est replongé dans le sujet après que le gouvernement de François Hollande eut décidé, en décembre 2015, d’ouvrir aux chercheurs l’ensemble des archives les plus secrètes de la seconde guerre mondiale.
Lettres de condamnés à mort
L’ouvrage qui ressort aujourd’hui chez Tallandier est donc une version considérablement remaniée : l’auteur, spécialiste de l’histoire des technologies de communication, dit avoir trié plus de trois cent mille lettres et interceptions téléphoniques produites entre 1937 et 1945. Finalement, il a porté son attention sur trente mille d’entre elles faisant écho aux événements tragiques de la période.
Parmi celles-ci, une lettre d’un père expliquant à une parente les motivations de son fils qui a choisi de rejoindre la Légion tricolore aux côtés des Allemands ; une conversation téléphonique entre deux Marseillais sur des actes de résistance qui ne se définissent pas encore comme tels ou encore des lettres de condamnés à mort, victimes de la répression du régime de Vichy.
Antoine Lefébure dit n’avoir identifié qu’un nombre très limité de lettres de dénonciation. Les arrestations de juifs et de résistants « n’étaient la plupart du temps que les conséquences de l’activité sinistre des “contrôles techniques” », soutient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Rapport d’étonnement. Great Place to Work vient de distinguer 79 entreprises françaises œuvrant au bien-être de leurs collaborateurs – gage d’efficience, selon ce cabinet de conseil. Le message peine à passer.
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Les employés heureux font les entreprises rentables

Rapport d’étonnement. Great Place to Work vient de distinguer 79 entreprises françaises œuvrant au bien-être de leurs collaborateurs – gage d’efficience, selon ce cabinet de conseil. Le message peine à passer.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 14h26
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Un endroit agréable où travailler, c’est ce que chacun de nous souhaite. Tout employé rêve de trouver la boîte accueillante où il fait bon faire son ouvrage. Filiale française d’un réseau international de cabinets de conseil en ressources humaines, un label au nom plaisant identifie ces entreprises : Great Place to Work, basé à San Francisco. Le 27 mars, comme chaque année depuis seize ans, ils ont distingué 79 sociétés « pour leur engagement quotidien, concret et durable en faveur du bien-être de leurs collaborateurs par la création d’environnement où il fait bon travailler ».
L’importance du bien-être au travail
Quelles sont ces perles ? Deux cent quarante-quatre entreprises ont concouru pour être certifiées. Parmi elles, 12 mastodontes de plus de 5 000 salariés. C’est peu. Le directeur du label, Patrick Dumoulin, fait justement remarquer : « Les très grands groupes n’ont pas encore pris la mesure de l’importance du bien-être au travail. » En effet ! Seuls 4 géants ont été validés : Decathlon, Kiabi, Leroy Merlin, McDonald’s. En revanche, en dépit d’un ticket d’entrée d’au moins 3 000 euros, 64 sociétés moyennes (de 500 à 5 000 employés) et 168 petites (de 50 à 500) étaient candidates à la certification. Soixante-quinze d’entre elles ont été retenues – parmi celles-ci : Adidas, le site d’annonces ­Leboncoin, Hyatt France, Dell Technologies, quelques start-up…
Pour Patrick Dumoulin, ces résultats sont révélateurs : « Une bonne qualité de vie au travail se reflète dans la qualité du service apporté aux clients (…) si l’on en croit notre palmarès, dans lequel on retrouve de nombreux acteurs de la distribution spécialisée (Kiabi, Adidas), de l’hôtellerie (Hyatt) ou de services aux particuliers (L’Olivier assurance auto, Leboncoin). » Vous l’aurez compris : le label Great Place to Work entend faire passer un message – et du conseil rétribué – aux entrepreneurs : le bien-être au travail est le gage d’une entreprise plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Sans nier les difficultés du secteur, l’ancien ministre socialiste des affaires sociales Claude Evin estime, dans une tribune au « Monde », qu’on ne pourra les résoudre sans poursuivre les réformes structurelles engagées.
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Il faut que « notre système de santé continue de se réformer pour s’adapter à des besoins de patients qui évoluent »

Sans nier les difficultés du secteur, l’ancien ministre socialiste des affaires sociales Claude Evin estime, dans une tribune au « Monde », qu’on ne pourra les résoudre sans poursuivre les réformes structurelles engagées.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 12h27
    |

Claude Evin (Ancien ministre des affaires sociales et de la solidarité en 1988-1991)







                        



                                


                            

Tribune. La publication d’un livre de témoignages de médecins en souffrance dans leur exercice professionnel, amplifiée par la « une » d’un hebdomadaire, et de nombreuses reprises journalistiques donnent un nouveau coup de projecteur sur une réalité que personne ne saurait nier : oui ; il existe des professionnels de santé qui se trouvent marginalisés dans leur établissement, qui se trouvent en « burn-out » ou qui, pour certains, face à de trop lourdes remises en cause, en viennent à des décisions personnelles extrêmes (Hôpitaux en détresse, patients en danger, sous la direction de Philippe Halimi et Christian Marescaux, avec Eric Maitrot et Bernard Nicolas, Flammarion).
Peut-on pour autant réduire les causes de ces situations à la pression financière qui pèse sur les établissements de santé ? Si cette pression existe, le malaise de ces professionnels trouve souvent son origine dans des causes nombreuses et diverses. Elles ne sauraient être de la seule responsabilité de l’institution hospitalière, de telle ou telle hiérarchie administrative ou médicale. Elle peut aussi, disons les choses clairement, être le fait de comportements individuels aussi bien de collègues que de la personne concernée elle-même.

Quelques mots concernant la pression financière qui pèse sur le système de santé. Arrêtons tout d’abord avec cette appréciation si souvent rabâchée par certains : l’hôpital serait soumis à un objectif de rentabilité. L’hôpital n’a pas à être rentable. Aucun pouvoir public ou tutelle n’a fixé à un établissement de santé public un tel objectif.
Continuer les réformes
Retenons tout simplement que notre système de santé est financé par la collectivité à travers l’Assurance-maladie. Demander à ceux qui perçoivent ce type de financement de justifier de l’utilisation de leurs recettes est tout simplement conforme à l’intérêt général. D’autant que, pour prendre en charge des maladies chroniques, nous avons besoin...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ L’économiste Paul Jorion préconise dans sa chronique d’étendre à l’ensemble de la population le bénéfice de la mécanisation en socialisant par un impôt une part de la valeur ajoutée créée par les machines, qui serait redistribué entre tous sous la forme d’un service universel de base.
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« Une Europe du travail et de “l’état de bien-être” »

L’économiste Paul Jorion préconise dans sa chronique d’étendre à l’ensemble de la population le bénéfice de la mécanisation en socialisant par un impôt une part de la valeur ajoutée créée par les machines, qui serait redistribué entre tous sous la forme d’un service universel de base.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 11h39
    |

                            Paul Jorion (Economiste et anthropologue, professeur associé à l’Université catholique de Lille)








                        



                                


                            

Marchés. Que reste-t-il du rêve européen ? Si peu ! Au point que, quand le choix est offert à un peuple de l’Union, celui-ci exprime le plus souvent son rejet. Ce fut le cas aux élections qui viennent de se tenir en Hongrie, après les législatives du 4 mars en Italie ou lors du référendum dit du Brexit au Royaume-Uni en 2016, mettant en péril la démocratie dans des dérives nauséabondes.
Pourquoi le populisme ? Pour deux raisons, qui chacune exacerbe les interactions par nature difficiles au sein de nos sociétés, héritières de communautés dont le mode traditionnel de réciprocité relève soit, négativement, de la loi du talion (œil pour œil, dent pour dent), soit, positivement, de l’amour du prochain (tendre l’autre joue). L’absence de réciprocité s’y joue aussi dans la non-reconnaissance de l’autre comme personne humaine à part entière.
La première cause du populisme, c’est la peur qu’engendre la concurrence toujours plus forte pour des emplois sur un marché du travail qui se rétrécit comme peau de chagrin avec l’avancée du numérique. Une peur à laquelle les gouvernements ont renoncé à répondre, préférant botter en touche sous prétexte que les évaluations du nombre de postes condamnés divergent. Mais la question devient oiseuse lorsqu’on s’accorde à dire que ce chiffre sera énorme…
La seconde cause est plus sournoise : c’est le délitement de l’Etat-providence. Au lieu d’être fondé sur une réduction résolue de la disparité des patrimoines, son financement reste essentiellement assuré par les contributions des salariés, complété par l’endettement de l’Etat. Ceci au nom du dogme du « ruissellement », jamais vérifié, ni jamais autant démenti par les faits, avec la réduction rampante du pouvoir d’achat des populations. Sauf, paradoxalement, en Chine.
Mise à plat
La revalorisation de l’Europe aux yeux de ses citoyens passe par une mise à plat de ces deux questions : celle du travail et celle de « l’Etat de bien-être »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Editorial. L’ampleur de la victoire du parti de Victor Orban au scrutin législatif hongrois de dimanche constitue un avertissement sérieux pour Bruxelles.
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Le défi hongrois à l’Europe, après la victoire du populiste Viktor Orban

Editorial. L’ampleur de la victoire du parti de Victor Orban au scrutin législatif hongrois de dimanche constitue un avertissement sérieux pour Bruxelles.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 12h42
   





                        



   


Editorial du « Monde ». A un an des prochaines élections européennes, la victoire éclatante de Viktor Orban et de son parti de droite souverainiste, le Fidesz, au scrutin législatif hongrois du dimanche 8 avril est un événement important à double titre : elle sera interprétée comme un solide encouragement pour les partis populistes de l’UE et elle constitue un avertissement sérieux pour Bruxelles.
L’ampleur de la victoire de M. Orban, que souligne une très forte participation électorale, a en effet dépassé ses espérances. Le décompte de 99 % des bulletins de vote accordait lundi matin 48,5 % des suffrages exprimés au parti du premier ministre hongrois, garantissant au Fidesz et à son petit parti allié la majorité des deux tiers au Parlement nécessaire pour modifier la Constitution. A 54 ans, Viktor Orban aborde donc en position de force son troisième mandat consécutif – le quatrième à la tête de la Hongrie – à l’issue d’une campagne essentiellement menée sur le thème du spectre du « grand remplacement » de la population européenne par l’immigration.

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                Hongrie : le nationaliste Viktor Orban triomphe aux législatives



M. Orban a toujours été, pour le meilleur et pour le pire, le trublion de l’Europe. A 26 ans, en 1989, jeune militant démocrate qui aspirait à voir son pays rejoindre l’Europe de la liberté, il transgressait la stratégie de modération de l’opposition anticommuniste en réclamant haut et fort le départ des troupes soviétiques de la Hongrie. Son accession au pouvoir, cependant, marqua le début d’une dérive du centre droit vers une droite nationaliste et antiélites.
Après un passage dans l’opposition et le naufrage des ex-communistes reconvertis en socialistes au gouvernement, Viktor Orban, de retour au pouvoir en 2010, a progressivement installé sa marque à Budapest : une politique économique nationaliste, refusant les préceptes de l’austérité, des médias et un pouvoir judiciaire largement sous contrôle, une critique quasi permanente du « joug » de Bruxelles, un rapprochement avec Moscou.
Discours xénophobe et dérive autoritaire
La crise des réfugiés de 2015, qui a vu des centaines de milliers de demandeurs d’asile traverser la Hongrie sur le chemin de l’Allemagne, et la tentative de l’UE d’imposer des quotas de réfugiés par pays lui ont servi de détonateur pour exploiter la peur de l’immigration, du multiethnisme et de l’islam au sein de son électorat : ce thème, obsessionnel dans la campagne de 2018, était absent de ses campagnes précédentes. Assorti d’une offensive contre les ONG en général et celles du milliardaire américain d’origine hongroise George Soros en particulier, ce discours a fait de M. Orban le chef de file de la droite identitaire en Europe. Depuis 2015, il a trouvé un puissant allié dans le parti Droit et justice (PiS) désormais au pouvoir en Pologne.

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                « La droite identitaire devient mainstream. Elle évince la droite classique, et pas seulement en Europe centrale »



Le défi pour l’UE, dont les valeurs fondatrices sont ouvertement remises en cause par le pouvoir hongrois, est donc clair. Bruxelles a, jusqu’ici, attaqué Varsovie mais ménagé Budapest, pour deux raisons essentielles : la petite Hongrie (9,8 millions d’habitants) compte moins que l’ambitieuse Pologne (38 millions) et, surtout, le Fidesz de M. Orban est membre du Parti populaire européen (PPE), qui rassemble les formations de centre droit des pays de l’UE, au premier rang desquelles la CDU-CSU d’Angela Merkel et Les Républicains français. Il est grand temps que le PPE condamne expressément le discours xénophobe et la dérive autoritaire de son partenaire hongrois.
Viktor Orban érige Bruxelles en bouc émissaire à Budapest, mais rentre dans le rang lorsqu’il retrouve ses homologues à Bruxelles. Si l’opinion publique hongroise soutient de toute évidence son premier ministre, elle est aussi très largement pro-européenne, consciente des dividendes économiques et de sécurité que lui apporte l’appartenance à l’UE. Puisque Viktor Orban ne veut pas quitter l’Europe, celle-ci doit fermement lui rappeler les conditions politiques de son maintien dans la famille européenne.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Le président de Michelin estime que la révolution digitale a accéléré la nécessaire prise en compte de l’intérêt général.
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Jean-Dominique Senard : « Sans cadre stratégique, le numérique apportera plus de chaos »

Le président de Michelin estime que la révolution digitale a accéléré la nécessaire prise en compte de l’intérêt général.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 11h15
    |

            Annie Kahn








                        



   


Entretien. Jean-Dominique Senard, président de Michelin, est le cosignataire, avec Nicole Notat, du rapport de la mission Entreprise et intérêt général, remis le 9 mars au gouvernement. Il propose d’intégrer de nouvelles préoccupations sociales et environnementales dans l’objet de l’entreprise, qui ne se limiterait donc plus au seul intérêt pour l’actionnaire.
Le déploiement du numérique a-t-il contribué à ce souhait de formulation d’une « raison d’être » pour l’entreprise ?
Je ne crois pas que ce soit l’événement fondamental. Mais le numérique a été un accélérateur. Il a provoqué une prise de conscience plus large, plus aiguë, de la nécessité d’élargir l’objet de l’entreprise à de nouveaux enjeux sociaux, environnementaux et sociétaux.
La génération Y, en quête de sens, plus mobile, plus intéressée par l’entreprenariat – rendu plus facile grâce au numérique – que par le salariat dans un grand groupe, n’a-t-elle pas aussi joué un rôle ?
Effectivement. Beaucoup de salariés ont une vraie soif de sens. Ce qui se vit à l’intérieur de l’entreprise, porté par la révolution numérique, provoque un besoin de réflexion sur le sens, le bien-être au travail. C’est pourquoi nous pensons qu’il faut que l’entreprise explicite sa raison d’être, sa motivation, ce qui la tire vers le haut. Car le digital amplifie sa réputation. Tout le monde est concerné. Cette évolution a aussi un impact considérable sur l’organisation du travail. Il faut sortir des principes de command and control vers plus de responsabilisation, dans un cadre stratégique bien défini, avec une organisation souple et légère. Sinon, la digitalisation apportera plus de chaos que de simplification.

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Car, dans le monde industriel, le partage des données à l’intérieur des usines élève le niveau de conscience et de responsabilité des salariés. Grâce à la psychologie cognitive, les ouvriers nous disent comment ils veulent interagir avec les machines. Il faut étudier l’impact humain du digital dans les usines et les entreprises. Il ne faut pas rater cette dimension.
Mais il ne faut pas opposer start-up et grands groupes. Les grandes entreprises génèrent des start-up internes. Chez Michelin, à Clermont-Ferrand, nous avons un incubateur qui héberge également des start-up externes au groupe. Ce qui créé une véritable osmose.
L’entreprise d’aujourd’hui doit faire face à de nouveaux défis en matière de prévoyance, de formation, de défense de l’environnement.
Les technologies numériques soulèvent également des craintes. Peur d’atteintes à la vie privée, des manipulations des opinions. La transparence (des données collectées, des algorithmes utilisés) apparaît comme une réponse. Mais est-elle compatible avec le besoin de confidentialité des entreprises ?
Il est clair qu’il faut pouvoir accéder à de grandes masses de données et les partager. Chez Michelin, cette évolution a été significative avec le partage de la recherche à travers des plates-formes. Cette obligation d’ouverture donne lieu à des débats intenses, en raison des craintes de voir l’entreprise dépouillée de son savoir-faire, de ses capacités d’innovation. Il faut être extrêmement vigilant car on se doit de maîtriser complètement le processus. Ce qui est vrai pour les données personnelles l’est aussi pour les données de l’entreprise.

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Michelin a longtemps eu la réputation d’être une entreprise paternaliste et secrète. Peut-on dire qu’il y a une filiation entre le paternalisme d’hier et l’humanisme, revendiqué par son dirigeant, d’aujourd’hui ?
Le paternalisme avant-guerre était reconnu pour le meilleur. L’entreprise avait pris à sa charge un nombre de sujets énorme : école, logement, santé. C’était une forme de compensation au développement du taylorisme, par une vision humaniste. Après la seconde guerre mondiale, l’Etat-providence a repris la main. Et, en même temps, le groupe s’est développé à l’étranger. Puis, à partir des années 1990, l’Etat-providence a connu des défaillances.
Donc, l’entreprise d’aujourd’hui doit faire face à de nouveaux défis en matière de prévoyance, de formation, de défense de l’environnement. On retrouve alors un nouvel humanisme qui intègre les préoccupations sociales et environnementales dans la vie de l’entreprise, un humanisme refondé et rénové.
Ce supplément a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec le think tank Culture numérique.

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                Programme de la conférence






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Depuis le 22 mars, nous assistons à une montée de la mobilisation étudiante. Cependant, elle est encore loin d’être comparable à certains grands mouvements passés, souligne dans une tribune au « Monde » Hugo Melchior, doctorant en histoire à l’université de Rennes-II.
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« On ne peut être que frappé par l’absence des lycéens lors des journées de mobilisation »

Depuis le 22 mars, nous assistons à une montée de la mobilisation étudiante. Cependant, elle est encore loin d’être comparable à certains grands mouvements passés, souligne dans une tribune au « Monde » Hugo Melchior, doctorant en histoire à l’université de Rennes-II.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 10h25
    |

Hugo Melchior (Doctorant en histoire politique contemporaine à l'université Rennes-II)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis la journée de manifestation réussie des fonctionnaires le 22 mars, et surtout après les violences physiques très médiatisées survenues à la fac de droit de Montpellier à l’endroit d’étudiants protestataires, sans oublier les interventions policières sur plusieurs sites (Bordeaux, Dijon, Grenoble), on a assisté dans plusieurs universités à l’augmentation spectaculaire du nombre de personnes présentes dans les assemblées générales étudiantes (AG) : 1 000 étudiants à Paris-I-Tolbiac, 3 000 à Toulouse-Le Mirail, 1 000 à Nancy, 3 000 à Montpellier, 1 300 à Nantes.
Ces étudiants mobilisés réclament l’abrogation de la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants (ORE), accusée d’instaurer la sélection à l’entrée de l’université publique, d’aggraver sa segmentation sociale par l’exclusion prévisible des bacheliers issus des filières professionnelles et technologiques, et par là même de remettre en cause « le service public de l’enseignement supérieur ouvert à tous les bacheliers ».
On a atteint ainsi dans ces universités des niveaux d’affluence qu’on n’avait plus vus depuis l’automne 2010, lorsque des dizaines de milliers d’étudiants et de lycéens s’étaient mobilisés aux côtés des salariés et des fonctionnaires contre la réforme remettant en cause l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans, et même, pour certains établissements, depuis 2009, à l’occasion de la mobilisation contre le décret sur le statut des enseignants-chercheurs, la formation des futurs enseignants, et la loi-cadre LRU, promulguée en août 2007, qui impose, depuis une décennie, un nouveau paradigme à l’université française.
« Grèves avec blocage »
Toutefois, ce ne sont encore que quelques universités sur les 73 concernées, au point que même les AG des universités de Limoges et de Tours, pourtant bloquées depuis le mardi 4 avril, n’ont pas réuni plus de 200 à 300 étudiants. Ainsi, si cette poussée, autant significative qu’inattendue,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ A mesure que s’accumulent les dérapages des GAFA, notre journaliste Jean-Michel Bezat se demande, dans sa chronique, s’il faut aller jusqu’à démanteler ces quasi-monopoles.
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« Et s’il fallait protéger les géants du Net contre leurs propres dérives mais aussi contre la concurrence ? »

A mesure que s’accumulent les dérapages des GAFA, notre journaliste Jean-Michel Bezat se demande, dans sa chronique, s’il faut aller jusqu’à démanteler ces quasi-monopoles.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 11h42
    |

            Jean-Michel Bezat (journaliste au Monde)








                        



                                


                            
Chronique. Emmanuel Macron a posé le bon diagnostic, après d’autres : la première vie des géants d’Internet touche à sa fin. Sans contrôle des autorités, emportés par une exubérance irrationnelle qu’on reprochait jusqu’à présent aux seuls marchés financiers, ils présentaient tous les symptômes de potentats saisis par l’hubris. « C’était une espèce de “phase-test” sans aucune réglementation, pendant laquelle ils étaient en position de fixer toutes les règles », déplore le président de la République dans un long entretien publié début avril par le magazine technologique Wired.

A l’heure de l’explosion annoncée de l’intelligence artificielle dans des domaines aussi sensibles que la santé, la défense, les transports, l’énergie ou la finance, prévient-il, les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) et les nouveaux venus doivent réaliser qu’« il n’est pas tenable de vivre dans un monde où nul ne rend des comptes de façon démocratique ». Il leur faudra désormais « faire avec les gouvernements » dans une démarche que M. Macron souhaite « collaborative » pour ne pas stériliser l’innovation.
Ce sera plus probablement un rapport de force et les autorités seront aidées dans leur combat par la défiance croissante à l’égard des « Big Tech ». Leur réputation est malmenée, selon le sondage de Harris (28 500 adultes américains interrogés en décembre-janvier). Le géant de l’e-commerce Amazon prend certes la première place. Mais Apple recule de la 5e à la 29e place, et Google de la 8e à la 28e. Quant à Facebook, il ne pointe plus qu’au 51e rang, alors qu’un Américain sur deux ne lui fait plus confiance sur sa rigueur dans le partage des données. Le doute a aussi gagné les Européens.

Des patrons sur la sellette
Naguère considérés comme des gourous intouchables, leurs patrons sont sur la sellette, pour des motifs différents. Mark Zuckerberg,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Pour l’anthropologue Sherry Turkle qui a étudié nos relations avec les nouvelles technologies, nous sommes aveuglés par une passion pour ce réseau social.
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« Facebook n’a jamais essayé de donner à ses utilisateurs un réel contrôle de leurs données »

Pour l’anthropologue Sherry Turkle qui a étudié nos relations avec les nouvelles technologies, nous sommes aveuglés par une passion pour ce réseau social.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 09h48
    |

Sherry Turkle (Professeure au Massachusetts Institute of Technology)







                        



                                


                            
Tribune. J’étudie l’attitude des Américains envers les réseaux sociaux depuis leur apparition. Dès le début, un fort lien s’est noué entre les réseaux sociaux et les Américains qui avaient soif de relations sans engagement. Grâce à ces technologies, nous sommes toujours ensemble, mais seuls, protégés par la distance qui nous sépare des autres.
Avec le temps, ce lien a donné lieu à une véritable histoire d’amour : quand ce que les réseaux sociaux réclamaient était contraire aux valeurs défendues de longue date par le peuple américain – le droit à la vie privée et au contrôle des informations nous concernant –, nous avons fermé les yeux.
A ses débuts, Facebook projetait une image remarquablement américaine. Avec « Je partage donc je suis » pour doctrine, Facebook collait parfaitement au désir qu’ont les Américains de se présenter aux autres tels qu’ils voudraient paraître, et qui s’efforcent ensuite du mieux qu’ils peuvent de devenir ces personnes-là. Nous prêchons l’authenticité, mais nous contrôlons étroitement notre image.
Autosurveillance
A travers cette culture de la performance permanente est apparu un fantasme de maîtrise parfaite. Les utilisateurs de Facebook, quoiqu’on ait pu leur dire, imaginaient pouvoir contrôler qui consultait leur profil, et qui avait accès à leur monde. Fiction collective en quelque sorte, car on commençait à savoir que cela n’était pas vrai. La façon dont fonctionnait Facebook, le modèle économique qui avait rendu les réseaux sociaux lucratifs n’étaient plus que des secrets de polichinelle.
Si c’est gratuit pour vous, c’est simplement parce qu’on vous a acheté, virtuellement, corps et âme. Facebook n’a été gratuit que parce qu’il vendait ce que ses usagers disaient d’eux-mêmes. Peu importe la manière dont étaient configurés vos paramètres de confidentialité, les données personnelles restaient pour Facebook des choses à vendre.
J’ai pu observer comment les Américains, comprenant...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Livre. A travers un dialogue avec le journaliste Denis Lafay, le secrétaire général de la CFDT invite à repenser le rapport à l’emploi.
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Laurent Berger veut réenchanter le monde du travail

Livre. A travers un dialogue avec le journaliste Denis Lafay, le secrétaire général de la CFDT invite à repenser le rapport à l’emploi.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 05h00
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 11h22
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            

C’est un message qu’il ne cesse pas de marteler. « Le syndicalisme est mortel et doit se réinventer s’il veut échapper au péril », avertit une nouvelle fois Laurent Berger dans ce livre Au boulot !.  Face à un monde du travail en transformation permanente, avec de nombreuses inconnues, le secrétaire général de la CFDT sonne l’alerte : « Si nous laissons le syndicalisme devenir l’expression de la seule minorité des travailleurs des grands groupes et administrations, il perdra en pertinence et pourrait disparaître avec eux si le tissu économique change. » 
L’ouvrage est un manifeste pour réenchanter le travail, un sujet qui sera au cœur du congrès confédéral de la CFDT à Rennes, du 4 au 8 juin. Le leader syndical y sollicitera un troisième – et sans doute dernier – mandat de quatre ans.
Au-delà de cette thématique, le syndicaliste né en 1968 esquisse une nouvelle société et veut « refonder le progressisme » afin de « chercher le bien-être, la prospérité, l’émancipation, la capacité de chacun à être acteur de sa vie, plutôt que le productivisme et la croissance à tout prix ». Laurent Berger dialogue avec Denis Lafay, qui dirige la collection « Le monde en soi » aux Editions de l’Aube.
Loin d’être un faire-valoir, le journaliste joue plutôt le poil à gratter et lui porte souvent la contradiction. En 2016, la CFDT s’est livrée à une vaste enquête, « Parlons travail », auprès de 200 000 personnes. Il en ressortait que les Français « aiment leur travail » tout en jugeant qu’il peut être dangereux pour leur santé.
Le travail comme « expérience fondatrice de l’individu »
Pour Laurent Berger, les syndicats « obnubilés » par l’emploi ont « oublié » le travail ou se focalisent sur son « mal-être » et jamais sur le « bien-être » qu’il peut procurer. « On peut aimer son travail et souffrir de son travail, assure-t-il,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ L’équilibre instable entre Israël et le Hamas pourrait être compromis par la « marche du retour », lancée le 30 mars, explique Jean-Pierre Filiu.
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<article-nb="2018/04/09/19-13">
<filnamedate="20180409"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180409"><AAMMJJHH="2018040919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Un collectif de personnalités lance « un cri » pour empêcher la disparition des grands singes, qui ne sont plus que quelques milliers.
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« Donner aux grands singes un “droit à vivre” »

Un collectif de personnalités lance « un cri » pour empêcher la disparition des grands singes, qui ne sont plus que quelques milliers.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 10h24
    |

Collectif







                        



   


Tribune. Notre pays doit s’engager à tout faire pour sauver les derniers grands singes vivant à l’état sauvage sur notre planète. Dans une trentaine d’années à peine, si nous ne faisons rien, ils auront disparu. Déjà, ils ne sont plus que quelques milliers à vivre, ou plutôt survivre, dans les forêts d’Afrique et d’Asie du Sud-Est.
Tous les enfants qui ont eu la chance de visiter un Muséum ont appris et compris la terrible histoire du dodo. Et, nous, adultes, restons sans voix devant les reproductions grandeur nature de cet oiseau, exterminé il y a à peine trois cents ans. Nous ne verrons jamais de dodo. Combien d’entre nous se sont dit que les hommes d’alors étaient stupides, qu’ils ne savaient pas la faute irréparable qu’ils étaient en train de commettre ?
Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas qu’ils sont braconnés, piégés, massacrés
Mais dans vingt à cinquante ans, nous aurons peut-être à pleurer la disparition des orangs-outans, des gorilles et des chimpanzés. Nous nous dirons que nous avons été stupides, mais nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas qu’ils sont braconnés, piégés, massacrés, et qu’on détruit leurs habitats, les forêts tropicales, où vivent aussi 70 % des plantes de la planète et 80 % des insectes. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas que nous partageons avec eux plus de 98 % de notre patrimoine génétique, faisant d’eux et de nous les membres d’une seule et même famille : les Hominidés.
Nous savons aujourd’hui que le plus proche parent du chimpanzé n’est pas le gorille… mais l’humain ! Nous ne pourrons pas dire que nous avons ignoré qu’ils étaient « des nôtres » et qu’à ce titre, c’est notre conscience d’humains qui aurait dû être ébranlée. Nous ne pourrons pas dire que nous n’avions pas remarqué que leur regard, leurs mains, leurs oreilles sont si similaires aux nôtres. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas que leurs capacités cognitives et psychiques, que leurs comportements sociaux et affectifs, étaient si proches des nôtres.
Cousins d’évolution
Nous nous émerveillons de découvrir qu’ils savent sélectionner des plantes médicinales pour se soigner, fabriquer des outils pour se nourrir, qu’ils ont des cultures, pratiquent la danse de la pluie, mais nous les laissons disparaître… Au cours des cinquante dernières années – alors que nous commencions seulement à découvrir ces incroyables cousins en les observant en Afrique et en Asie – 70 % de leurs effectifs disparaissaient dans leur habitat naturel. Et, avec eux, les trésors de la forêt tropicale, vitale aussi pour nous, humains.
En participant à leur régénération, les grands singes sont les jardiniers de ces forêts dont dépendent directement des millions de personnes parmi les plus pauvres de la planète et, indirectement, l’humanité entière. Notre avenir est lié au leur, nous avons besoin d’eux pour ralentir le changement climatique.
Ici, nos actions et notre consommation les déciment. Là-bas, nos entreprises les abîment. Donnons à la France la chance d’être pionnière dans ces initiatives et de les porter à l’International
C’est notre conscience, notre responsabilité, et notre humanité profonde en réalité, qui nous dictent l’impérieuse nécessité de lancer aujourd’hui ce cri. Nous voulons alerter toutes celles et ceux qui peuvent agir de le faire maintenant et par tous les moyens dont ils disposent.
En effet, nous pouvons dès maintenant, ici et là-bas, réduire les menaces qui pèsent sur nos cousins d’évolution, sauver avec eux, pour eux et pour nous, la biodiversité dont les forêts tropicales sont le refuge, et amorcer plus largement la reconnaissance d’un minimum de droits pour des espèces menacées, emblématiques et porte-drapeau de la biodiversité.
Car, nous ne pouvons nier le rôle que nous jouons dans leur disparition. Ici, nos actions et notre consommation les déciment. Là-bas, nos entreprises les abîment. Donnons à la France la chance d’être pionnière dans ces initiatives et de les porter à l’International.
Le levier fort du symbole
C’est un plan d’urgence composé de mesures concrètes qu’il nous faut entreprendre. Que la France prenne, sur cette cause, le leadership à l’International et à l’Unesco en portant le projet d’une résolution reconnaissant une valeur particulière des grands singes comme espèces patrimoine mondial de l’Humanité. Qu’elle prenne l’engagement d’un objectif de « zéro déforestation » des habitats des grands singes en Afrique et en Asie, notamment au travers de sa commande publique. Qu’elle mette en œuvre toutes les mesures destinées à stopper le commerce illégal d’espèces de Grands Singes, de minerais (notamment le coltan) et d’espèces végétales de leur habitat.
Proposer au Parlement l’adoption d’une loi reconnaissant, dans notre droit, aux sept espèces de grands singes, un statut législatif particulier de « personnes non humaines »
Qu’elle porte au niveau européen un objectif de réduction massive de l’usage de l’huile de palme, en particulier dans les agro-carburants. Que sur son territoire soit, dorénavant, clairement interdit l’usage des grands singes dans les cirques et les spectacles, sur les plateaux TV et dans les publicités. Que les entreprises françaises fassent tout ce qui est de leur responsabilité pour les protéger et ne pas leur nuire et à leur habitat. Que ces actions soient reconnues et valorisées au travers d’un label « Ape-safe ». Que tous, Etats, collectivités locales, entreprises, orientent leurs programmes d’aides financières en direction des projets et des pays qui protègent et restaurent les forêts tropicales.
Cher Nicolas Hulot, nous comptons sur vous pour mettre la sauvegarde des grands singes à l’ordre du jour de vos projets prioritaires pour la préservation de la biodiversité et l’amélioration de la condition animale. Le gouvernement doit actionner un levier fort : celui du symbole. Proposer au Parlement l’adoption d’une loi reconnaissant, dans notre droit, aux sept espèces de grands singes, un statut législatif particulier de « personnes non humaines ». Par cette loi, et aussi par le plan d’action d’urgence que nous avons esquissé ici, la France portera un symbole très fort : celui de donner aux grands singes un « droit à vivre ».
Liste des signataires : Nathalie Baye (actrice) ; Sabrina Krief (professeure du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), spécialiste de l’écologie des chimpanzés) ; Laurence Parisot (présidente d’honneur du Medef) ; Patrick Roger (chocolatier et sculpteur) et Yann Wehrling (conseiller de Paris et conseiller régional d’Ile de France). Et : Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la culture ; Serge Bahuchet, professeur du MNHN, éco-anthropologue ; Erwan Balanant, député du Finistère ; Alain Baraton, jardinier en chef du parc du château de Versailles ; Brigitte Bardot, présidente de la Fondation Brigitte Bardot ; Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres, ancienne ministre de l’écologie ; Claude Beata, vétérinaire spécialiste du comportement des animaux ; Jean-Michel Bertrand, réalisateur, auteur de La Vallée des Loups ; Bruno Bich, ex-PDG du groupe Bic ; Gilles Bœuf, professeur Sorbonne-Universités, spécialiste de biologie marine ; Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) ; Norin Chai, vétérinaire en chef de la ménagerie du Jardin des plantes, MNHN ; Frédérique Chlous, professeure du MNHN, anthropologue ; Yves Coppens, professeur au Collège de France, paléontologue, membre de l’Académie des Sciences ; Emmanuelle Cosse, ancienne ministre du logement ; Denis Couvet, professeur du MNHN, écologue ; Ronan Dantec, sénateur de Loire-Atlantique ; Cécile de France, actrice ; Barbara Demeneix, professeur du MNHN, spécialiste des perturbateurs endocriniens ; Boris Diaw, international français de Basket ; Loic Dombreval, député des Alpes Maritimes, président du groupe Etude condition animale à l’Assemblée nationale ; Albert Dupontel, réalisateur et acteur ; Patricia Gallerneau, députée de Vendée, vice-présidente du groupe Etude condition animale à l’Assemblée nationale ; Hyppolite Girardot, acteur ; Arnaud Gossement, avocat ; Thomas Grenon, directeur général du Laboratoire national de métrologie et d’essais ; Florent Guhl, directeur de l’Agence Bio ; Francis Hallé, botaniste spécialiste des forêts tropicales ; Evelyne Heyer, professeure du MNHN, anthropologue ; Annabelle Jaeger, présidente du comité français de la Fondation Prince Albert II de Monaco ; Jean Jouzel, climatologue, membre de l’Académie des Sciences ; Mélanie Laurent, actrice ; Maud Lelievre, déléguée générale des Eco-Maires ; Shelly Masi, maître de conférences du MNHN, spécialiste du comportement des gorilles ; Philippe Michel-Kleisbauer, député du Var ; Jean-Pierre Mignard, avocat ; Nicolas Vanier, écrivain, voyageur du froid, écrivain, réalisateur ; Pascal Picq, maître de conférences au Collège de France, paléoanthropologue ; Emmanuelle Pouydebat, directrice de recherches au CNRS et au MNHN, biologiste de l’évolution des comportements des animaux ; Audrey Pulvar, présidente de la Fondation pour la nature et l’homme ; Richard Ramos, député du Loiret ; Charlotte Rampling, actrice ; Jacques Rocher, président de la Fondation Yves Rocher ; François Sarano, océanologue ; Louis Schweitzer, Président de la Fondation droit animal, éthique et sciences ; Benoit Solès, comédien ; Eric Straumann, député du Haut-Rhin ; Laurence Vichnievsky, députée du Puy-de-Dôme, ancienne magistrate ; Cédric Villani, mathématicien, député de l’Essonne, membre de l’Académie des Sciences.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Députée hongroise indépendante, Zsuzsanna Szelényi explique, dans une tribune au « Monde », les enjeux européens des élections du 8 avril et pourquoi l’opposition ne parvient pas à s’unir face au premier ministre Viktor Orban.
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Hongrie : « L’opposition doit croire à la possibilité d’une victoire aux législatives »

Députée hongroise indépendante, Zsuzsanna Szelényi explique, dans une tribune au « Monde », les enjeux européens des élections du 8 avril et pourquoi l’opposition ne parvient pas à s’unir face au premier ministre Viktor Orban.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 07h00
    |

Zsuzsanna Szelényi (Députée du Fidesz de 1990 à 1994, puis du parti Together depuis 2014, parti qu'elle a quitté en 2017. Elle n'est pas candidate ...







                        



                                


                            
Tribune. Les élections législatives hongroises sont imminentes. Le scrutin aura lieu de 8 avril. Les enjeux sont importants : l’Etat illibéral de Viktor Orban continuera-t-il d’exister au sein de l’Union européenne ou l’opposition multipartite parviendra-t-elle à arracher la majorité à Orban ? La question va bien au-delà des seuls intérêts du peuple hongrois – si Orban continue à diriger son gouvernement de parti unique, il poursuivra sans relâche ses efforts en vue de transformer l’Union européenne.
au cours des dernières semaines, plusieurs scandales présumés de corruption liés au gouvernement ont été révélés
En février a eu lieu un événement historique dans la ville agricole de Hódmezővásárhely. Dans une élection municipale partielle, un candidat indépendant soutenu par l’ensemble des partis d’opposition a battu le candidat du Fidesz-Union civique hongroise, le parti d’Orban, dans ce qui était jusqu’alors un de ses fiefs. Le Fidesz peut donc être battu.
On peut relever d’autres signes encourageants pour l’opposition : au cours des dernières semaines, plusieurs scandales présumés de corruption liés au gouvernement ont été révélés. Nous avons ainsi appris que le premier ministre adjoint aimait se rendre en Suède pour s’offrir de coûteuses parties de chasse en hélicoptère. Le chef de cabinet du premier ministre Viktor Orban a acheté un château mais a prétendu qu’il n’en était rien. Même la famille d’Orban est éclaboussée par le scandale : l’Office européen de lutte antifraude a récemment ouvert une enquête sur une société appartenant au gendre d’Orban, accusé d’usage frauduleux systématique des fonds de cohésion de l’Union européenne. Ces affaires ont sérieusement écorné l’image du Fidesz.
Situation politique désastreuse
L’opposition hongroise peut-elle tirer avantage de ces événements ? Frustrés par les huit années durant lesquelles Orban a bénéficié d’une majorité qualifiée, pâtissant de leur éparpillement et de leur méfiance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Cette semaine, dans la série « Je ne serais pas arrivé là si… », le biologiste Jacques Testart raconte pourquoi il est devenu un lanceur d’alerte.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/04/2018
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Jacques Testart : « Nous allons vers une humanité à deux vitesses »

Cette semaine, dans la série « Je ne serais pas arrivé là si… », le biologiste Jacques Testart raconte pourquoi il est devenu un lanceur d’alerte.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 08h27
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Père scientifique d’Amandine, le premier bébé-éprouvette français né en 1982, le biologiste Jacques Testart n’a cessé depuis lors de dénoncer les risques d’eugénisme de la procréation médicalement assistée (PMA). Alors que se tiennent les Etats généraux de la bioéthique, il nourrit le projet de rendre les choix de la science plus démocratiques. Et dénonce, dans son dernier ouvrage, « les promesses suicidaires des transhumanistes ».
Je ne serais pas arrivé là si…
Si je n’avais pas été, enfant, un trappeur de banlieue. J’adorais capturer les animaux vivants. On vivait dans le « 9-3 », à Pierrefitte. À cette époque, il y avait à côté de chez nous un grand terrain vague avec des vaches, et je passais mes journées à y pister les hannetons, les mésanges ou les mulots. Parfois seul, parfois avec le fils du boucher du coin. On était un peu sadiques avec ces bestioles, j’ai presque honte quand j’y repense : on pouvait guetter les merles pour voir où ils faisaient leur nid, attendre que les petits soient assez gros, les tuer et les amener à ma mère pour lui demander de les faire cuire ! Elle était horrifiée ! Mais je ne serais pas non plus arrivé là si je n’avais pas commencé, vers 12 ans, à lire Jean Rostand. Il m’a aidé à faire des choix.
De trappeur, Rostand vous a rendu naturaliste ?
Il m’a permis de comprendre que ce que je voulais faire, c’était m’occuper du vivant. J’ai enchaîné avec La Vie des abeilles, de Maurice Maeterlinck, puis avec Jean-Henri Fabre et sa merveilleuse écriture. Mais ce que Rostand avait de plus à mes yeux, c’est qu’il était athée. Je m’y retrouvais. Je n’ai jamais eu d’éducation religieuse, je ne suis pas baptisé… Pour moi, Dieu, c’était un rigolo !
Vous avez grandi avec sept frères et sœurs… Famille nombreuse, famille heureuse ?
Les rapports étaient assez froids entre nous, on n’était ni affectueux ni démonstratifs. On s’entraidait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Le Musée d’art de Lima souhaitait présenter des œuvres populaires évoquant la sale guerre entre le Sentier lumineux et l’armée. Les autorités ont interdit l’exposition pour « apologie du terrorisme ».
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Le Pérou censure son art de mémoire

Le Musée d’art de Lima souhaitait présenter des œuvres populaires évoquant la sale guerre entre le Sentier lumineux et l’armée. Les autorités ont interdit l’exposition pour « apologie du terrorisme ».



Le Monde
 |    08.04.2018 à 06h30
    |

                            Paulo A. Paranagua (Lima, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Un vent de censure souffle sur le Pérou. Le grief brandi par les censeurs est l’« apologie du terrorisme ». Pas celui des djihadistes, mais celui de la guérilla maoïste du Sentier lumineux, qui précipita les Péruviens dans une terreur sanglante entre 1980 et 2000. Selon la Commission de la vérité et de la réconciliation, ces années de plomb ont fait plus de 69 000 morts ou disparus. Beaucoup ont été pris entre les feux des guérilleros et des militaires engagés dans une « sale guerre ».
L’irruption brutale des maoïstes et des militaires
Trois décennies plus tard, des artistes populaires ont voulu témoigner. Le district de Sarhua, berceau du Sentier lumineux, a particulièrement souffert. Cette communauté est connue pour ses tablas peintes sur bois. Ces tablettes, d’abord destinées à décorer les maisons locales, sont devenues des tableaux aux formats plus classiques. Une série d’une trentaine d’œuvres, dues notamment à l’artiste Primitivo Evanan, 73 ans, évoque l’irruption brutale des maoïstes et des militaires dans la vie des paysans.
L’ONG américaine qui les avait acquises les a données au Musée d’art de Lima (MALI). Mais la douane les a saisies fin 2017, sous l’infamante charge d’« apologie du terrorisme ». L’affaire a été transmise à la Direction antiterroriste de la police. Depuis, le MALI a récupéré les tableaux, mais ils restent interdits au public.
Un tabloïd a lancé la polémique, en janvier, titrant sur un « projet d’exposition proterroriste » déjoué par les autorités. La controverse a mobilisé des partisans de l’ancien autocrate Alberto Fujimori (1990-2000), condamné pour crimes contre l’humanité, qui a bénéficié en décembre 2017 d’une grâce présidentielle. Les fujimoristes revendiquent sans états d’âme leur victoire contre les ­terrucos (terroristes). La chroniqueuse Cecilia Blume, proche de l’ancien président Pedro Pablo Kuczynski, s’est prononcée, elle aussi, contre la présentation des tableaux de Sarhua,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ En ces temps de mobilisation des cheminots, l’historien Sylvain Venayre rappelle que, dès ses origines, le train s’est inscrit dans un imaginaire du progrès.
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Une révolution sur les rails

En ces temps de mobilisation des cheminots, l’historien Sylvain Venayre rappelle que, dès ses origines, le train s’est inscrit dans un imaginaire du progrès.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 06h30
   





                        



                                


                            
Par Sylvain Venayre
La mobilisation des cheminots contre les projets du gouvernement d’Edouard Philippe annonce le retour d’inépuisables controverses. Il y sera question de liberté, d’égalité et de l’histoire longue des grèves dans les chemins de fer. Les mêmes faits y seront tantôt désignés comme le résultat de luttes sociales, tantôt comme des privilèges. On rappellera que la SNCF est née en 1937 d’une nationalisation voulue par le Front populaire, au temps où les socialistes refusaient encore la république « bourgeoise », et peut-être aussi qu’une partie de son personnel résista aux côtés du Parti communiste pendant la seconde guerre mondiale. Bref, lâchons le mot : d’une façon ou d’une autre, on parlera de cette passion française, la révolution.
On s’est longtemps amusé de ce rapport de juin 1836 dans lequel le savant Arago énumérait les inconvénients et les dangers de la traversée des tunnels
Et pourquoi pas ? Depuis son avènement au XIXe siècle, le chemin de fer a quelque chose à voir avec la révolution. Il y eut d’abord, le 25 avril 1837, l’ouverture de la ligne entre Paris et Saint-Germain-en-Laye, considérée comme le point de départ de ce qu’on a vite appelé la « révolution » du chemin de fer en France. On s’est longtemps amusé de ce rapport de juin 1836 dans lequel le savant Arago énumérait les inconvénients et les dangers de la traversée des tunnels, à cause de la fumée des locomotives et des écarts entre les températures intérieure et extérieure.
On a également ironisé sur le mot d’Adolphe Thiers, pour qui le chemin de fer de Paris à Saint-Germain ne serait jamais qu’un « joujou » pour l’amusement des Parisiens – et que d’ailleurs on ne trouverait pas assez de fer pour construire des lignes importantes. C’est comme si le train était né, d’abord, d’un désir de la technique, que les inventeurs et les ingénieurs auraient seuls compris et dont l’assouvissement n’aurait pu se faire qu’après l’âpre lutte d’un peuple éclairé contre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Spécialiste des nouvelles technologies, Claire Gérardin pointe dans une tribune au « Monde » les avancées fulgurantes des technologies d’immersion, capables de tromper tous les sens humains.
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« La réalité virtuelle soulève plusieurs questions d’ordre éthique »

Spécialiste des nouvelles technologies, Claire Gérardin pointe dans une tribune au « Monde » les avancées fulgurantes des technologies d’immersion, capables de tromper tous les sens humains.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h15
    |

Claire Gérardin (Conseillère en communication, spécialisée sur les nouvelles technologies et leurs impacts sociétaux.)







                        



                                


                            

Tribune. Le succès du dernier film de Steven Spielberg, Ready Player One, et la multiplication des casques et applications immersives, montrent une forte recrudescence d’intérêt pour la réalité virtuelle. C’est un outil puissant au service de nombreux usages, un formidable levier d’innovation, mais il est important de se familiariser avec ses potentiels effets sur le psychisme. Car des études ont démontré la manière et l’intensité avec laquelle elle peut influencer certains de nos comportements. Soulevant ainsi plusieurs questions d’ordre éthique, comme souvent en matière de nouvelles technologies.
Cela fait presque soixante ans que la science s’intéresse à tout ce qui permet de reproduire le réel de manière virtuelle. Son ancêtre est la conception assistée par ordinateur (CAO), inventée dans les années 1990 dans les secteurs de l’industrie et de l’ingénierie pour concevoir et tester virtuellement des prototypes avant de les construire (avions, voiture, bâtiments, etc.).
Puis elle a servi à développer les simulateurs de vol, dans les années 1995, et différents dispositifs de formation (conduite de TGV, opérations chirurgicales, etc.). Il faudra attendre que les puissances de calcul des ordinateurs augmentent, c’est-à-dire les années 2010-2015, pour pouvoir aller au-delà de ces applications : jeux vidéo, traitement de phobies, rééducation physique, visites de lieux ou encore boutiques virtuelles.
Un état proche de l’hypnose
Comme pour toute nouvelle technologie aux usages multiples et prometteurs, les concepteurs et utilisateurs de la réalité virtuelle doivent connaître les questions éthiques qu’elles soulèvent. C’est l’avis de Bahman Ajang, psychologue cognitiviste et technophile. Invité à partager son expertise au salon Virtuality 2018, il a présenté, sur la base d’études scientifiques, les impacts potentiels de la réalité virtuelle sur le psychisme.
les stimulus virtuels passent au premier plan de la conscience,...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Pour les avocats David Epaud et Eric Ader, le secret des affaires ne doit pas laisser l’occasion d’entraver la compétition loyale entre acteurs économiques.
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« Le secret des affaires ne doit pas restreindre de façon déloyale l’accès au marché »

Pour les avocats David Epaud et Eric Ader, le secret des affaires ne doit pas laisser l’occasion d’entraver la compétition loyale entre acteurs économiques.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h15
   





                        



                                


                            
Tribune. Le Parlement français va adopter une loi sur la protection du secret des affaires. Le texte voté par l’Assemblée nationale a été transmis au Sénat, prélude à une rapide entrée en vigueur. Il s’agit de transposer une directive européenne de 2016 dans le droit français. Autrement, passé le 9 juin, la France sera en infraction. Les jeux sont-ils déjà faits ? Rien ne va plus ?
Assurément non, ce n’est pas la fin de l’histoire. A lire tant la directive que la proposition de loi qui lui colle étroitement, on assiste à un subtil numéro d’équilibrisme, dont le succès dépendra de la qualité de l’exécution.
Certes, la mise en place de mécanismes harmonisés de protection des savoir-faire de nos entreprises ne prête guère à grands débats. Les pratiques de certains opérateurs, issus de blocs économiques (Chine, Etats-Unis…) qui semblent chaque jour moins partenaires que concurrents, ont été suffisamment dénoncées.
Un nœud d’intérêts à la fois légitimes et contradictoires
Mais le sujet reste un nœud d’intérêts à la fois légitimes et contradictoires. On connaît ceux tenant à la protection du travail des journalistes, ou de l’action des lanceurs d’alerte.
Moins discutée, mais tout aussi sensible est la question de savoir si ce texte de loi ne va pas poser des difficultés nouvelles de concurrence. La crainte peut paraître paradoxale. Elle ne l’est pas. Car la question de la protection des informations n’est pas à sens unique.
D’un côté, la concurrence par les mérites appelle un certain degré de secret ou d’exclusivité. Un échange d’informations peut ainsi constituer une entente anticoncurrentielle. Les droits de propriété intellectuelle (brevets…) encouragent et récompensent l’innovation en conférant un monopole d’exploitation opposable aux concurrents.
De ce point de vue, la protection du secret des affaires peut aller dans le sens d’une concurrence loyale, justifiant d’imposer aux mauvais joueurs des dommages et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’entrepreneur Benjamin Zenou estime que la création de valeur ne repose plus sur les produits et services. Pour exister au-delà de leurs produits, les entreprises doivent entrer dans « l’industrialisation du récit ».
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« Nous assistons à un changement de modèle, avec l’entrée dans l’économie de l’expérience »

Dans une tribune au « Monde », l’entrepreneur Benjamin Zenou estime que la création de valeur ne repose plus sur les produits et services. Pour exister au-delà de leurs produits, les entreprises doivent entrer dans « l’industrialisation du récit ».



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h00
    |

Benjamin Zenou (Président de SimpliField, entreprise spécialisée dans la numérisation des espaces commerciaux)







                        



                                


                            

Tribune. Le 22 février, Brian Chesky, PDG d’Airbnb, conviait la presse au lancement en grande pompe d’Airbnb Plus et de Beyond Airbnb, deux offres de « nouvelles expériences haut de gamme », avec des prestations proches de celles d’un hôtel de luxe : serviettes et produits de beauté dans la salle de bains, deux oreillers par personne dans les lits, conciergerie… On pourrait y voir de simples services additionnels, en fait il s’agit d’un changement de modèle, un virage vers l’économie de l’expérience.
Selon ce concept théorisé en 1998 par Joseph Pine et James Gilmore, deux économistes américains, la création de valeur ne repose plus sur les produits et les services – qui se sont banalisés –, mais sur la création d’expériences singulières, mémorables et économiquement mises en valeur. D’Apple à Amazon en passant par Uber, ce modèle a été adopté par les poids lourds de l’économie mondiale.
Lors d’un entretien sur LinkedIn, Angela Ahrendts, vice-présidente marketing d’Apple, faisait le constat suivant : « Il fut un temps où il y avait la règle des 80/20 : 80 % de shopping et 20 % d’expérience. Cette règle doit s’inverser aujourd’hui. »
Depuis, l’ancienne firme de Steve Jobs a agi sur le fond – en lançant le programme « Today at Apple », qui transforme les Apple Store en lieux de vie et de formation – et sur la forme – en remplaçant le terme « store » par les vocables « avenue », « forum ». Ce nouveau tropisme pour l’expérience est presque une question de survie.
Culture du narcissisme
Les normes de consommation héritées des années 1960-1970 – fondées sur le prix et la mise à disposition de produits – ont perdu leur autorité avec la mise en minorité des baby-boomeurs. Selon les chiffres du bureau du recensement des Etats-Unis, les millennials, les 18-35 ans, sont devenus le groupe d’âge le plus nombreux dans ce pays. Une nouvelle majorité démographique qui invite à repenser les modes de consommation.
Comme...




                        

                        

